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 Sucker for pain | (Rhys)

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Sucker for pain | (Rhys)    Mar 14 Mar - 20:00



❝ Sucker for pain
I'm searching for something that I can't reach. I don't like them innocent. I don't want no face fresh. Begging, let me be your taste test. I like the sad eyes, bad guys. Mouth full of white lies. Kiss me in the corridor, but quick to tell me goodbye. You say that you're no good for me. Cause I'm always tugging at your sleeve. And I swear I hate you when you leave. But I like it anyway

Sous les auspices d’une chambre moite, elle se rhabille. Délicate dans ses manières, droite au centre du désordre décadent qui règne dans la pièce. Ce lit défait en unique témoin du lascif ayant étendu ses mains sales sur sa peau laiteuse. Les paupières closes sur l’ignoble de sa vie, les gestes sont ceux d’une automate. Précis et mécaniques, l’habitude installée dans ses doigts, la rousse ne prend plus la peine de regarder ce qu’elle fait. L’inscription est marquée à même la chair, dans les fibres de son être à la manière de ce châtiment qu’elle s’inflige et qui se répète à chaque nouvelle journée qu’elle doit affronter. Seule face au rien, elle se console en se murmurant que ce n’est rien, qu’elle est née pour ça, elle qui a été bafouée et malmenée. La main se pose doucement sur le ventre, effleure la peau distraitement. Les pensées dévient, varient au grès de ses envies, peuvent se lire sur la surface lisse de son visage déroutant d’expressivité. C’est un retour dans le monde du sale qui lui laisse un arrière-goût amer, le repos qu’elle s’octroie une fois tous les mois lorsque le féminin mal incrusté dans sa chaire la rattrape et souille ses cuisses. La gène de ne pas être entièrement elle la fait soupirer et elle retire brusquement sa main lorsque des coups légers heurtent la porte. Une jolie brune passe alors la tête dans l’entrebâillement, annonce qu’elle doit se presser, l’arrivée du prochain client étant imminente. Lyn acquiesce d’un délicat mouvement de tête et se lève avec souplesse pour récupérer ses affaires éparpillées sur le plancher usé. Sans un mot et dans un silence total, la prostituée quitte la chambre miteuse, laisse en unique trace de sa présence les relents suaves de son parfum entêtant. Perdus au milieu des senteurs acres et fauves du repaire de la débauche consommée, effacée pour être à nouveau dévorée sans pudeur.

Il n’est pas comme les autres. Ce milicien ayant choisi de venir se perdre dans le dédale de ces désirs réprimés, entre les cuisses d’une inconnue croisée au détour d’une soirée clandestine. Elle lui a tout raconté, la rencontre et les promesses échangés au gré d’une séduction factice. Ce manque qu’elle a perçu dans les pupilles du soldat, et le besoin irrépressible de le prendre pour cible. Résistante, comme elle, comme Regan. Alliée connue et soutenue, Lyn n’a pu qu’approuver la démarche. Elle en frissonne encore, de l’envie sale dans le ventre. Cette vilenie pernicieuse qui la rend mauvaise, attise ces appétits brutaux que l’homme abrite dans sa poitrine morte. Cette soif insatiable de vengeance qui perdure et s’éternise malgré les années passées. Il oublie parfois, son objectif premier et se perd dans la résistance pour ce qu’elle est vraiment. Une quête de liberté et de justice, au nom du peuple et non pas au nom souillé d’une seule. Il oublie mais Son visage lui revient aussitôt, la caresse de sa voix dans les méandres de son esprit fatigué et les larmes qui viennent perler sur ses cils. La douleur que la jolie rousse partage avec son double masculin, celle qui suinte le temps d’un regard perdu dans le miroir et plisse le coin de ses lèvres dans un joli rictus triste. Dans un battement de pied contre le plancher de la chambre voisine à celle qu’elle occupait plus tôt, la rouquine se reprend. Remet de l’ordre dans ses boucles froissées, rafraîchit du mieux qu’elle peut un maquillage léger mais pourtant bien présent. A peine de quoi dissimuler les taches de rousseur, affreusement présentes quoi qu’elle fasse pour les effacer. Les secondes s’étendent dans un silence odieusement troublé par les soupirs et les râles des autres couples dans les chambres environnantes. Elle a du dégoût sur la langue, comme une vieille pilule qui ne parvient pas à passer. L’insensible qui ressent malgré tout l’ampleur de ce déchet qu’il devient à mesure que passent ses nuits dans les entrailles de la luxure. Dans un léger raclement de gorge, Lyn s’arrache de la contemplation stupide de son propre reflet, traîne des pieds sur le plancher pour se rapprocher de la fenêtre. Admirer le temps morose au dehors, le décor qui se peint d’un gris sinistre, l’humidité sur la vitre et une pluie fine qui commence à tomber pour tenter de laver les péchés de ceux foulant la rue malfamée.

Elle s’apprête à quitter la proximité de la fenêtre lorsqu’une silhouette attire son attention. Si souvent aperçue, étudiée du coin de l’œil sous le couvert de ses cils. Ancré dans la mémoire présente et passé du résistant, l’homme fait partit de son univers. Indéniablement, il s’y accroche et refuse de le laisser filer malgré toute la douleur qu’il a pu lui causer. L’attachement d’un fou qui pousse le cœur à battre légèrement plus fort dans la poitrine. Lyn bat des cils dans l’espoir de se tromper, d’avoir confondu mais plus elle insiste à suivre les pas du soldat qui se rapproche, plus elle comprend. Qu’il est celui que son amie à l’intention d’user jusqu’à la cassure. Jouer avec ses addictions pour mieux le détruire ensuite. Il va payer pour tous ceux qu’elles ne pourront pas approcher. Endosser les torts et mourir pour l’exemple. Le cadavre que l’on placarde sur la porte en guise d’avertissement pour ceux qui viendront marcher sur ses pas. L’horreur la cloue sur place, et elle sent le vent de la panique se lever doucement dans son ventre. Se trahir pour le sauver signerait sa perte. Le laisser mourir sans rien faire, elle ne peut s’y résoudre. Sa haine refuse de laisser d’autres mains s’occuper du traître. Le dilemme la ronge, Lyn qui s’abîme les pieds sur le plancher à parcourir la pièce dans son entier avec l’espoir de trouver une solution. Elle pourrait s’en aller, s’éclipser une fois le couple trop occupé dans la pièce d’à côté et ne plus y penser. Oublier que la maison face à la sienne restera vide à jamais. Ou juste occupée par une petite fille morte depuis bien longtemps, enchaînée dans le garage de ses parents, avide de chair humaine. Le résistant veut sa mort c’est certain, mais en triste évidence, il réalise qu’il ne supportera pas la disparition définitive du soldat. Pas quand il ne lui reste plus que lui pour partager ses torts, ses peines et ses douleurs. Résignée, la rouquine s’assoit sur le lit en poussant un soupir, face à la porte derrière laquelle la tragédie va se jouer. L’échafaud du mal, elle se glissera de l’autre côté du voile pour prendre la place de son acolyte. La convaincra avec un habile mensonge et décider une fois seule du sort qu’elle réservera vraiment à l’officier.

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❝ Naufragé dans la nuit



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MessageSujet: Re: Sucker for pain | (Rhys)    Sam 18 Mar - 13:32

Les lèvres gercées s'égarent contre le liquide amer. S’y brûlent. L’alcool fort réchauffe l’enveloppe glacée l’espace de quelques secondes mais le réconfort se disperse aussi vite. Il n’est pas encore assez saoul pour oublier. Pour atteindre l’instant salvateur où son esprit embrumé s’imagine avoir encore une famille. Quelqu’un à perdre. Quelqu’un pour lui cracher au visage qu’il n’est qu’un vulgaire ivrogne. Mais ses actions n’ont plus aucune conséquence depuis des mois. Il peut rentrer ivre, se heurter violemment aux meubles dans l’obscurité, détruire les vieux bibelots avec maladresse. Sa femme n’est plus là pour l’insulter, pour le traiter d’épave. Seul son spectre hante les pièces. Leur maison aux allures de cimetière. C’est la raison pour laquelle l’islandais continue de fuir, de rester le moins souvent possible chez lui. Mauvais père juste présent pour nourrir sa progéniture, lui offrir des sacrifices vivants. C’est certainement pour cela qu’il a tant besoin de boire, de se noyer dans son verre. Juste pour que la débauche efface le souvenir de ses crimes abominables. Le bruit des mâchoires acérées, qui arrachent la chair fraiche. La bouille enfantine maculée d’hémoglobine. Le monstre dont il nettoie la bouche barbouillée de sang soir après soir.

Sous couverture, le milicien n’a pas à cœur d’accomplir sa mission. Même lui n’est pas dupe. Il n’est là que pour assouvir ses propres vices, et non pour mettre un terme à ceux des autres. C’est d’abord son parfum entêtant qu’il remarque, avant même de tourner la tête. Les narines s’imprègnent des émanations féminines, trop proches pour être ignorées. Les mèches sombres frôlent son épaule alors qu’elle se penche pour lui susurrer une flatterie hypocrite. Il se doute de ce qu’elle est. Du plaisir qu’elle s’échine à procurer à des minables comme lui, en échange de quelques billets verts. Il le lit sur son visage grossièrement maquillé, le devine avec sa voix semblant toute droit sortie d’une publicité pour téléphone rose. Professionnelle jusqu’au bout des ongles, elle ne s’offusque pas de son cynisme, fait mine de le trouver drôle. Même en étant conscient qu’elle joue la comédie, il ne peut pas s’empêcher d’apprécier. Rompu à une solitude forcée depuis bien trop longtemps pour se montrer vraiment difficile. Même si elle empeste la luxure et l’absence de sincérité. L’aguicheuse l’accapare sans pudeur, laisse ses serpents enjôleurs courir le long de sa cuisse. Met en valeur son décolleté plongeant, pour attirer les prunelles claires vers ses atouts principaux. Elle se relève de son tabouret, sensuelle, et lui glisse une invitation appuyée dans le creux de l’oreille. La mordille au passage, pour accentuer l’envie. La prostituée ne laisse rien au hasard, s’assure de tout mettre en œuvre pour l’attraper dans ses filets. Pour le convaincre de venir combler un manque flagrant en sa compagnie. La silhouette féline s’évade ensuite, disparait dans la fumée du bar clandestin. Le désir inassouvi ancré dans les rétines de sa victime frustrée.

[…]

Un sale pressentiment se creuse dans ses tripes alors qu’une pluie fine s’abat sur sa carcasse sinistre. L’instinct lui hurle de faire demi-tour, de ne pas se compromettre davantage. Mais les pulsions primaires de l’homme l’incitent à poursuivre la même direction. A entrer dans le bâtiment insalubre. Les gémissements écœurants écorchent ses tempes à peine entré. Les râles masculins déplaisants et les actrices qui en rajoutent, dans l’espoir probable que le supplice ne s’éternise pas. Une honte cuisante s’accroche à sa peau, sans pour autant le convaincre de s’éloigner en sens inverse. Presque mécaniquement, il suit les indications données, grimpe l’étage supérieur pour rejoindre la chambre de la tentatrice. Elle l’attend déjà, un sourire affable sur les lippes. Une once de mesquinerie dans les pupilles. La lueur folle danse, passe à tort pour de la convoitise. « - Je savais que tu viendrais. » Se vante-t-elle, visiblement très fière d’elle. La brune écrase brutalement sa bouche contre la sienne en le privant de l’opportunité de répliquer. Réveille la faim qui lèche ses reins pour mieux pousser son bassin à épouser le sien.

Le couple éphémère se replie à l’intérieur, sans prendre la peine de vraiment claquer la porte. Les phalanges insatiables capturent les courbes affriolantes, s’en approprient la moindre parcelle. La dépravée le déleste des étoffes qui peuvent le recouvrir, s’arrange pour rester bien plus habillée que lui. Le détail qui devrait lui mettre la puce à l’oreille mais auquel il ne prête pas attention, le cerveau ailleurs. Elle le repousse sans délicatesse contre le matelas miteux, s’installe à califourchon sur lui. Contre les draps sales, rongés par le stupre. La position sulfureuse lui laisse une vue imprenable. Les doigts baladeurs longent les cuisses qu’il s’apprête à souiller, sont arrêtés avant d’avoir pu se glisser sous la robe trop courte. Avec une force qu’il ne lui soupçonnait pas, elle attrape ses mains et les positionne au dessus du crâne du militaire. La créature infernale détourne son attention en attrapant à nouveau ses lèvres et en se pressant davantage contre lui. Elle en profite pour récupérer les menottes sournoisement planquées sous l’oreiller, et emprisonne ses poignets aux barreaux de la tête de lit. Plaque sa paume contre sa bouche pour le réduire au silence. « - Ne résiste pas, c’est pour ton bien. Tu vas adorer et en redemander, tu verras… » Lui glisse-t-elle sur un ton lascif, en déposant un baiser contre son cou avant de recouvrir ses yeux d’un bandeau noir pour le priver de la vue. Il n’est plus en mesure d’exercer aucun contrôle. « - J’en doute. Retire-moi ça. Tout de suite. Surtout si tu veux te faire payer. » Gronde t’il, subitement bien refroidi, en dépit du frottement toujours agréable du corps frêle contre le sien. Il sent le piège avilissant se refermer sur lui, pauvre imbécile. Les doigts remuent, se heurtent au métal froid. Le contact de l’argent incendie l’épiderme du métamorphe, le fait grimacer de douleur. Le milicien remue brutalement ses guiboles pour faire basculer sa geôlière, et l’écarter de lui. « - Ah ça plait tout de suite moins aux salopards comme toi de perdre le contrôle, pas vrai ? » Ricane-t-elle, toujours solidement amarrée à ses hanches. Les intonations sont délestées de toute trace de séduction, polaires. La résistante ne prend plus la peine de simuler une quelconque attirance, le revirement brusque d’attitude dévoilant ses mauvaises intentions.

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There is a swelling storm. And I’m caught up in the middle of it all. And it takes control. Of the person that I thought I was. But there is a light. In the dark. And I feel its warmth. In my hands. In my heart. Why can’t I hold on. It comes and goes in waves. It always does. We watch as our young hearts fade into the flood. And freedom. And falling. The feeling I thought was set in stone. It slips through my fingers. Trying hard to let go.
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MessageSujet: Re: Sucker for pain | (Rhys)    Sam 18 Mar - 19:31


Froissé le tissu léger de sa robe tant ses doigts serrent et abîment. Repliés à en mourir contre l’albâtre de ses cuisses. L’attente la ronge, fait germer dans les méandres de son esprit les images de ce qui pourra se jouer derrière cette porte qu’elle fixe à s’en abîmer ses jolis yeux. Ridicule. Elle est affreusement ridicule, pauvre créature piégée entre sa haine et son attachement dégradant. Elle en esquisse un sourire, se moque de sa propre situation, s’insurge et se presse de quitter les lieux lorsque les murmures de nouveau duo lui volètent jusqu’aux oreilles. Ses paupières se ferment doucement, et le sourire s’étiole. S’affaisse en un rictus peiné, déçue de le voir sombrer aussi facilement. Jalouse aussi peut-être de ne pas être celle pour qui il s’embrase sans réfléchir un seul instant. Elle ou lui, peu importe, les reins se tiraillent et le ventre s’embrase lentement. Les échos d’une pensée sale qu’elle s’efforce d’ignorer, l’oublier pour la laisser là où elle doit être. Dans les limbes de leur passé commun, la curiosité malsaine en écho d’un temps révolu et rien de plus. Lyn qui s’efforce dans une profonde inspiration de chasser les parasites. Elle ferme son cœur, le flot continu de ses pensées impures et se redresse. Etire les vertèbres qui murmurent sous l’injure, joue doucement des épaules et croise les jambes avec une sensualité fauve. La séduction accrochée au moindre geste de la débauchée, l’actrice au jeu finement rôdé à force d’avoir été trop joué. Elle n’y fait même plus attention, comme un odieux réflexe dont on ne cherche même plus à se défaire. Les phalanges craquent lorsqu’elles se resserrent encore un peu plus et les sourcils se froncent. Dans l’espoir de s’enfermer dans l’ombre, ne pas entendre les discours étouffés qui lui parviennent.

Elle se lève, de l’automatisme dans le geste et se rapproche de la porte. La main se pose doucement sur la poignée mais elle ne parvient pas à l’actionner. Comme bloqué quelque part dans son esprit, le geste est absent. Mort dans sa poitrine quand le cœur s’affole pourtant. Un nouveau sourire amer sur les lèvres, la jolie rousse et son indécision. Ils sont deux à hésiter. L’un comme l’autre rongés par le vice. L’envie folle d’échanger les rôles et de meurtrir le mâle ridiculement soumis à ses envies. Aussi sales et pitoyables que tous les autres. Refusant d’offrir à une autre le plaisir d’avoir fait tomber le parjure. Le silence retombé l’inquiète, la pousse en avant. Boucles de feu chatouillant le panneau de bois miteux, l’oreille qui effleure sans oser vraiment s’y poser. Il n’y a que les chuchotements d’un lit grinçant qui saluent sa curiosité. Les frissons courent le long de l’échine pâle et lentement la main se retire de la poignée. Du fond de son âme, elle vient de faire son choix. Abandonne la lutte qui se menait sous sa peau et se résigne, elle qui n’a pas sa place dans cette histoire. Le prestige laissé à une autre, la peur au ventre d’apprendre que le soldat ne respire plus. Le retrait s’amorce mais se brise lorsque les notes graves d’une voix masculine s’élèvent, la plainte d’une douleur difficilement supportable mais que l’on s’efforce de contenir. Le cœur battant à tout rompre dans la poitrine, la rouquine rebrousse chemin et actionne la mécanique. Ouvre avec toutes les précautions la maudite porte et se glisse à l’intérieur de la chambre insalubre. Les pupilles évitent de se poser sur le lit, pudeur démente ancrée aux cils, elle agite doucement la main en direction de la brune. Réitère le geste jusqu’à ce que sa présence soit remarquée. Tortionnaire qui se retire non sans prendre le temps de murmurer à l’oreille du supplicié, alanguie dans ses gestes, la provocation facile qui atteint la cible en plein cœur. Le corps en feu qui se retrouve à la merci du froid. Les mots s’échangent sous le couvert de murmures difficilement audibles, un hochement de tête déçu scelle la discussion de la débauche et la brune se faufile hors de la pièce. Du sang sur ses doigts fins, la promesse d’une vengeance offerte par la rousse.

Elle reste muette et immobile, tourne le dos au lit du parjure. Pour finalement se décider à rejoindre l’infortune. Lyn dont les pupilles s’accrochent à la proie, caressent du bout des cils les lignes masculines qu’elle connait pourtant déjà mais dont la redécouverte sème le chaos contre ses reins. Lascive, l’enjôleuse reprend la place de la brune, emprisonne de ses cuisses pâles les hanches du soldat. Elle le domine, s’abreuve de ce qui s’étend sous ses yeux, cette faiblesse sale qui suinte et fait courir d’irrépressibles frissons de satisfaction. Le goût d’une étrange victoire sur la langue et l’amer de ce sang qui se mêle au stupre déjà présent sur les draps. Besoin fou de rajouter de nouvelles plaies à celles déjà présentes, ouvertes ou non. Faire souffrir pour oublier qu’elle aussi, elle a mal. Dans un souffle, la rousse se penche. Ses mains en appui contre le torse dénudé, la caresse de ses lèvres contre la gorge honteusement offerte. Si facile à abîmer, la tentation scandaleuse qui s’appuie contre sa peau. Elle sent pulser le cœur au travers des veines qu’elle effleure. Elle a les mains qui se promènent, caressent la peau, détaillent les contours des cicatrices qu’elles rencontrent. Les indécentes qui se glissent le long du ventre, un peu plus bas à chaque seconde qui passent. Délaissant la gorge, la bouche enjôleuse vient se suspendre près de l’oreille, la caresse des boucles fauves contre la joue masculine.

« - Pauvre milicien corrompu par les avances d’une de ces biches qu’il adore jeter en pâture aux lions… » Le ton reprend à s’y méprendre les intonations lascives de la brunette, mime le timbre de l’autre pour brouiller les pistes. Orienter les sens aiguisés de la créature sur une fausse direction même si la débauchée est certaine que le doute ne durera pas longtemps. L’écho d’un sourire dans les paroles, les dents viennent meurtrir la chair fragile de l’oreille. Elle en dessine la ligne du bout de la langue, affolante dont les phalanges décident de se poser sur la dernière étoffe encore en jeu. Le feu sous les doigts, le cœur au bord des lèvres.

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MessageSujet: Re: Sucker for pain | (Rhys)    Jeu 23 Mar - 12:31

Les nerfs lâchent. Un à un. Sa tortionnaire les sectionne avec une précision redoutable. Aveugle, les mains menottées, les jambes bloquées. L'islandais ne donne pas cher de sa peau. L’amazone est en position de force, et il ne peut rien y faire. Pris le plus stupidement du monde à son propre piège. Elle jubile, il le sait parfaitement. Il l'entend dans le grain de sa voix, le ressent dans le balancement de ses hanches. Le timbre est polaire, mais elle exulte, contient difficilement son euphorie. Sa fierté immense d’avoir capturé si facilement un soldat entre ses filets. Il ne peut pas croire qu’il va terminer comme ça, crevé comme un chien par une prostituée. Après tout ce qu’il a pu endurer. C’est pourtant souvent ça, la vie. On survit à une guerre, pour décéder stupidement dans un accident domestique. L’ironie amère qui ne cesse de sévir. Le suicidaire devrait se sentir soulagé mais il ne trouve que de la rage dans ses viscères. Il lui reste finalement peut être encore un semblant d’instinct de survie. Ou trop d’orgueil pour accepter de ne pas choisir quand et comment en finir. De n’être qu’un jouet à malmener entre les phalanges d’une pure sadique. La honte suinte de sa trachée, inonde son palais. La perte de contrôle fait trembler ses membres, de haine plus que d’angoisse. Il regrette d’avoir les mains prises. De ne pas pouvoir enserrer la gorge frêle de la trainée jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus remuer. Il ne prend même plus la peine d’aboyer des ordres, convaincu qu’il ne ferait que l’encourager.

La lame s’enfonce dans la chair pâle comme dans du beurre, trace des arabesques écarlates. Les gencives se serrent à s’en fracturer la mâchoire, retiennent les plaintes d’affliction pour les transformer en vulgaires râles. Il se concentre pour retenir sa souffrance, pour ne pas lui offrir satisfaction. Le milicien cherche à la décevoir, mais ne peut se retenir lorsque la dague pénètre plus en profondeur l’épiderme. L’aveu de faiblesse lui fait plus mal que la souffrance physique. Les genoux cherchent vainement à se débattre, bloqués par les cuisses de la dépravée. Il sent soudainement le contact du métal froid contre sa joue, passer sous le tissu noir. L'arme blanche se rapproche de la peau fragile des paupières, qu’il ferme autant qu’il peut pour en entraver le passage. Prête à extraire les prunelles de leurs globes oculaires. Avant de la retirer subitement, sans qu’il comprenne pourquoi. « - Ce n’est que le début. Tu vas me supplier de t’achever avant que j’en ai terminé. » La promesse cruelle caresse les tympans, chuchotée sur un ton lascif.  Le murmure infâme le fait frémir malgré lui.

Le torse en feu, il accueille avec soulagement le retrait de la résistante. Les muscles se tendent, alors que le traqueur s’efforce de repérer le moindre bruit. La raison pour laquelle elle est descendue du lit. Des sons infimes lui parviennent, sans qu’il soit en mesure de réellement les identifier. Les murs fins captent les gémissements sonores en provenance des autres pièces, l’empêchent de réellement se concentrer. Il croit entendre des pas s’éloigner, mais ne pourrait pas en jurer tant la discrétion est de mise. Un silence de mort s’abat sur lui, fait s’accélérer le forcené dans sa poitrine. Le malheureux organe s’affole, cherche à s’échapper de sa cage thoracique avec une vigueur démesurée. Les guiboles qui s’étaient repliées s’allongent à nouveau de force, pliant sous le poids de l’ennemie. Le manège abject prend toutefois une toute autre tournure. La violence brute est délaissée, remplacée par une torture différente. Les lèvres aguicheuses frôlent la gorge, la brûlent avec une langueur déroutante. Les serpents curieux glissent contre les plaies ouvertes, en raclent les bordures. Le manège sensuel ravive la douleur des blessures à vif. Il détourne la tête lorsqu’il sent les boucles chatouiller son visage, tentant inutilement d’esquiver la bouche corrosive.

Ce sont les notes singulières de son parfum qui le frappent en premier. Plus fruitées et subtiles que celles de la créature sournoise qui l’a séquestré. Affreusement familières. Puis les intonations sulfureuses, proches sans tout à fait l’être de celles de la brunette. Qui récitent un sarcasme ressemblant à s’y méprendre à une de ses anciennes répliques. Le souffle se coupe, alors que l’esprit analyse à toute vitesse les similitudes troublantes. La mémoire qui joue des tours, et la crainte de devenir fou. L’enjôleuse ne laisse pas le temps de la réflexion, embrouille ses sens en repartant à l’assaut. Elle mordille suavement son oreille, avant d’en redessiner les courbes avec sa langue. Le jeu sensuel est plaisant pour le corps masculin, embrase mécaniquement les reins. Mais c’est le dégoût qui supplante les pulsions primaires, qui ronge violemment ses entrailles. Privé de consentement, il ne peut que subir. Un frisson mêlé de désir et de répulsion lacère son échine, tord l’abdomen alors que les doigts pervers s’accaparent le dernier morceau de tissu. Comme une menace sourde. « - A quoi tu joues ? C’est à ça qu’elle sert, ta mise en scène dégueulasse ? T’as l’intention de me sauter en t’assurant que je me vide bien de mon sang avant de m’égorger peut être ? C’est ça qui t’excite ? » Crache t’il hargneusement, en remuant les hanches pour essayer de se soustraire aux phalanges indécentes. Le frottement involontaire le fait grimacer, ne lui a jamais tant fait regretter d’être un homme. Soumis aux bassesses dégradantes de la machine, qui mime l’acceptation même quand le refus torpille les tripes. « - Tant de préparation pour pouvoir me tripoter impunément... Pour un peu j’en serais presque flatté. Tu veux pas me détacher pour que j’applaudisse ? Tu dois être salement en manque en ce moment dis donc. » Persifle t’il, en espérant puérilement atteindre son ego. « - Pourquoi tu me laisses les yeux bandés, t’as la trouille de renoncer si tu t’y plonge, Lyn ? » Le prénom est susurré avec une fausse conviction. Il doute, en dépit des signes flagrants. Il ne fait que tenter sa chance. S’il se trompe, il n’aura pas l’air plus idiot qu’il ne l’est déjà. Il espère néanmoins avoir vu juste, tout au fond de lui. S’il s’agit du rouquin, il a l’infime espoir d’être épargné, d’améliorer les probabilités. De réussir une fois de plus à retarder une vengeance n’ayant que trop duré.

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MessageSujet: Re: Sucker for pain | (Rhys)    Dim 26 Mar - 15:26


Faiblesse dans les membres, les pupilles qui s’efforcent de ne pas s’attarder sur les estampilles écarlates, malgré ses doigts qui s’y perdent. Caressant avec une douceur lente les chairs abîmées, malmenées par la folie d’une autre. Elle s’en veut, d’avoir attendue autant de temps avant d’intervenir. Elle s’en veut de ne pas avoir eu l’idée plus tôt, user de cette faiblesse propre au masculin pour assouvir son besoin de vengeance. Se souiller encore plus pour laver l’offense faite à une autre. Y penser fait germer la honte sur la langue perdue contre la peau du pauvre client, ravive la brûlure contre l’annulaire privé de son alliance. Elle en esquisse un rictus amer, resserre instinctivement ses cuisses contre les hanches de son partenaire d’infortune. Le manège indécent éveille les sens, l’écho d’une envie malsaine qui se lit sans même prendre la peine d’en ouvrir l’ouvrage. Cette bassesse folle qui ronge le rouquin au même titre que l’islandais, à chaque fois qu’un autre paie pour se l’approprier. L’absence de contrôle sur un corps supposé lui appartenir, l’invitation à la débauche permise quand l’esprit se révulse et hurle à l’infamie. Les crachats ne l’atteignent pas, maîtresse de l’instant qui préfère rester sourde face aux menaces. La hargne qui se distille dans les mots et les gestes, ces hanches qui se heurtent contre les siennes dans l’espoir de se libérer. Elle en soupire, honteuse contre la peau de supplicié. L’ébauche d’un contact trop intime dont les échos font germer de l’étrange contre ses reins. Le ventre coupable qui murmure et embrase les entrailles. Curiosité déplacée qui brise la rouquine, tiraille les sens et détruit la raison. Elle le déteste, pour ce qu’il lui fait subir. Ce tout et ce rien ignoble qui déchire depuis le premier instant. Cette haine viscérale qui se couple à ces relents d’inédits crades. La déclaration fielleuse s’installe dans sa tête, un murmure suave qu’elle retient en se mordant la langue pour ne pas se trahir plus qu’elle ne peut déjà l’avoir fait.

Le doute plane encore, les notes se cassent dans le timbre de l’islandais. Elle s’en amuse, se redresse lentement tout en venant plaquer ses mains contre le torse mutilé. Peau laiteuse contre écarlate, la lutte du gris et du noir dans ses rétines qui s’attardent un instant dans la contemplation de ce fascinant contraste. Il en deviendrait si facile. Continuer la tâche commencée par son amie, le faire saigner encore un peu plus et se retirer sans demander son reste. Personne n’ira chercher des explications, les cadavres sont légion dans cette partie de la ville. Un violent fantasme qui finit mal, et la créature qui s’en va sans demander son reste, en ayant pris soin de délester les poches de son contenu. Elle tapote des phalanges, pensive, gratte du bout de ses ongles les pourtours sanglants comme le ferait une enfant curieuse de voir les réactions que provoquent ses gestes. La torture s’achève dans une ondulation lascive du bassin, et l’examen méticuleux des ongles ensanglantés. « - Seulement de faire germer la frustration pour mieux te laisser te vider de ton sang. Je ne ferais qu’admirer le spectacle. » Souffle-t-elle, le pétillant d’un amusement lugubre, la caresse du sourire apposé sur ses lèvres dans la voix. « - Et entre nous, ce qui m’excite, c’est de voir crever les raclures dans ton genre. » Honteux aveu si proche de la vérité qu’il en fait frémir son timbre enjôleur. Regan l’insensible qui ne vibre que lorsqu’il est question de destruction, l’avènement d’un désir absent dans la souffrance des pions du Gouvernement. Leur mort en unique extase. « - De ce que je vois, le plus en manque ici, c’est toi. » Lâche-t-elle mutine, effleurant à peine de l’index l’indécence en éveil. L’islandais n’est pas le premier, et ne sera pas le dernier dans cette inconfortable situation. Cette discrétion que la rouquine envie à ces véritables créatures féminines, incroyables d’élégance quand le masculin n’est que vulgarité.

Les notes de sa dernière moquerie volètent encore dans l’air alors que le silence s’installe. Troublé par les rumeurs des autres occupants, Lyn reste immobile. Figée au-dessus du milicien entravé. Le feu de ses prunelles accrochées au tissu noir recouvrant les pupilles singulières, elle s’abandonne comme si elle pouvait les voir, un léger pli barrant son front. Le corps gracile se tend, fait hurler les ressors du lit miteux alors qu’elle se saisit de la lame abandonnée sur le chevet. Acier froid venant caresser la gorge du milicien, s’y appuyer jusqu’à faire saigner la peau abîmée. L’instant qui se suspend, l’intention de le détruire pour de bon contenue dans l’acier destructeur. Ce sont ses autres phalanges qui brisent l’instant, s’élèvent pour défaire doucement le tissu sombre et faire tomber le masque. Libérer la clarté de ces pupilles singulières dans lesquelles elle se perd un instant. « - Ravie de te revoir, Rhys. » Ronronnement enjôleur accompagné par l’esquisse d’un mystérieux sourire sur ses lèvres. « - Si je te détache, tu vas vouloir me faire payer ce qu’a pu te faire Pearl, pour ensuite détaler comme un lâche. Et moi, je devrais justifier l’absence du cadavre qui a été promis à la résistance. Pour ça il faudrait encore que tu m’épargnes… » Elle murmure la fin de sa phrase, l’accompagne d’un battement de cils et dans un soupir, Lyn se rétracte. Pose à nouveau la lame et féline, elle se relève. Arpente la chambre jusqu’à attraper une par une, les affaires de l’islandais. Petite voleuse qui s’emploie à lui faire les poches, s’assurer qu’il n’est pas armé. Elle a de l’élégance dans ce geste qui semble habituel. Les sourcils se froncent lorsque les doigts froissent, puis extirpent des bouts de papier. « - Tu espérais vraiment pouvoir te payer ses services avec si peu ? » L’incrédule sur le visage, les pupilles détaillent les billets et se posent finalement sur le changeur, un sourcil légèrement levé. « - Rhys, enfin… » Un claquement de langue en guise de conclusion, les billets qui retournent se terrer au fond de la poche du jean et la rouquine revient s’installer sur le bord du matelas, croise les jambes et s’obstine à gratter du bout des ongles une tache douteuse sur le drap froissé. « - Dis-moi, toi qui excelle dans les prises de décision… Que dois-je faire à présent ? Faire plaisir à tout le monde et t’assassiner ? Te laisser filer, dans ton... état ? » Elle s’adresse à lui sans vraiment le faire. Les questions s’échappent sans filet, Lyn qui se perd dans ses propres réflexions, incapable de s’arrêter sur une des options qui se proposent dans sa tête. Complexe et contradictoire, la rouquine dont les tourments se lisent dans le vert de ses prunelles abîmées. Sa haine, son indécision. La déroute et ses empreintes malsaines qui viennent graviter dans le regard qu’elle pose finalement sur l’islandais.

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MessageSujet: Re: Sucker for pain | (Rhys)    Jeu 30 Mar - 20:34

La honte s’étale en filets poisseux dans le creux de ses omoplates. Elle roule le long de son échine, s’accroche à la peau en y laissant son empreinte corrosive. Il n’était pas très fier en pénétrant dans l’enceinte du bâtiment. Il ne l’était pas plus contre les courbes de la prostituée. Pourtant trop occupé à les dévorer pour cerner le danger. Mais il n’aspire désormais plus qu’à creuser un trou pour s’y enfouir profondément. Mortifié, soumis aux bassesses d’un corps qu’il ne contrôle plus et esclave du français, il s’abhorre comme jamais. Il crèverait volontiers pour que le supplice s’arrête. Être capable de ressentir du désir envers celui qui lui a tout pris est plus effroyable que tout. Même si c’est purement mécanique, même si ce n’est qu’une question de toucher habile. La frustration germe déjà dans les entrailles, brûle les reins. Il a envie de l’étrangler. L’étouffer avec sa rage jusqu’à ce qu’il, ou elle, ne puisse plus le provoquer. Le titiller avec des pulsions malsaines alors que la trahison serait ultime s’ils y cédaient. Il est humilié de se retrouver là comme tous ces clients répugnants, qui ne sont pas capables de séduire quelqu’un sans monnayer une somme d’argent.

C’est plus simple au fond. Tromper sa solitude l’espace de quelques heures, sans la moindre complication. Sans nourrir spécialement le besoin d’y revenir, de créer une quelconque connexion. Assouvir seulement un instinct primaire, animal. Combler le vide. Bien plus facile que de faire semblant de s’intéresser à quelqu’un, d’essayer de faire naître une alchimie, une complicité. L’isolement lui pèse, mais il ne veut plus d’une relation suivie pour autant. Ni prendre le risque qu’une distraction passagère ne se mue en un lien solide, avant qu’il n’ait eu le temps de s’en rendre compte. L’erreur faite avec Calyxte, son soldat qu’il ne devait utiliser que pour le plaisir et la vengeance. La liaison adultère qui se transforme en drogue, qui rend affreusement dépendant. Qui s’étend sur des années parce qu’on aime encore trop sa femme pour la quitter, mais qu’on ne peut plus vivre sans son amant non plus. Qu’on est trop lâche pour choisir entre la stabilité et l’évasion. Pour quitter une routine qui nous fait du mal. Il les a perdus à présent. Tous les deux. Et l’idée même de les remplacer d’une manière ou d’une autre détruit les restes de son palpitant.

La chair diaphane tâchée par son infortune ne cesse de se faire abimer. Les ongles s’incrustent dans l’épiderme, le marquent dans leur sillage. Les plaies sont grattées, les rebords écartés comme pour les empêcher de se réparer. L’argent injecté dans les veines ralentit la cadence autant que la détermination de l’amazone à le martyriser. La voix sinistre et corruptrice le fait frémir, conforte ce qu’il suspectait. Les ennemis maudits. Inlassablement voués à se croiser, à se blesser, à se mutiler. Elle ne perd pas une occasion de l’abimer. Le doigt enjôleur effleure la virilité indigne, hypersensible après des mois de privations. L’islandais frissonne, se mord l’intérieur de la joue jusqu’au sang en étouffant un juron. Il regrette de ne pas disposer d’une paire de tenailles, pour lui sectionner ses jolies phalanges une à une. L’empêcher de le narguer odieusement. Fière d’attiser les braises même en l’absence de mérite. « - Tu parles, tu parles, mais tout ce que j’entends c’est du vent. T’es juste en train de gagner du temps, et d’en profiter un peu au passage, parce que tu sais aussi bien que moi que t’iras pas jusqu’au bout. » Crache t’il, en secouant ses mains comme un forcené dans l’espoir ridicule de décrocher les menottes du lit.  Il ne fait que gaspiller inutilement son énergie.

Lorsqu’il cesse son manège puéril, le silence s’abat sur sa carcasse comme une chape de plomb. L’enveloppe gracile bouge, semble attraper quelque chose. La lame glaciale refroidit la gorge en feu, accélère vivement les battements de son cœur. La peur ronge les terminaisons nerveuses, lui fait regretter le défi lancé en l’air. Il déglutit difficilement, sent le métal écorcher la trachée. Le tissu sombre se retire, et les prunelles claires se heurtent aux émeraudes enivrantes. Il cherche à jauger ses intentions, à mesurer ses chances de s’en sortir, sans réel succès. Le résistant reste pour lui une énigme. Un mystère vivant qu’il croit parfois percer, mais dont il ne connait finalement que des bribes. Des morceaux encore trop peu nombreux pour être agencés, pour donner au puzzle une vue d’ensemble. Il ne peut pas le contredire. Evidemment qu’il va vouloir le lui faire payer. A lui comme à l’infecte manipulatrice qui l’a piégé. Toujours sous la menace du couteau, il ne réplique rien. Pas suffisamment suicidaire pour confirmer et aggraver son cas, alors qu’un geste sec suffirait à l’égorger. Il accueille le retrait de Lyn avec soulagement, sans pour autant que le départ ne détende ses muscles. Si elle quitte la pièce sans l’avoir détaché, son amie risque de revenir admirer son œuvre inachevée, et abréger pour de bon son existence. La convaincre de l’aider est vital, mais il ignore comment s’y prendre. L’expert des mots à court d’arguments.

Féline, la rouquine se dirige sans gêne vers ses affaires, les vêtements éparpillés sans se retourner. « - Touche à rien putain ! » S’exclame-t-il, de la fureur dans le timbre autant que dans les pupilles. La voleuse ne lui accorde aucun crédit, fouille les poches sans pudeur. La raillerie lui arrache des frissons de colère. S’il avait les mains libres, il attraperait et trainerait la tignasse écarlate sur le plancher poussiéreux pour la dissuader de recommencer ses larcins. Mais il est semblable à un infirme, bêtement attaché. Cloué à son matelas. « - Parce que tu crois que vous valez plus cher ? Ya presque que le métro de la ville qui vous est pas encore passé dessus, faut bien une remise pour le risque encouru à tringler la vermine. » Méprisant comme jamais. Les nerfs trop à vif pour maitriser les paroles qui dépassent sa pensée. « - Et pour ta gouverne, elle m’avait pas exposé ses tarifs. » Ne peut-il s’empêcher de se justifier, le plus pitoyablement du monde. « - T’as plutôt intérêt à me libérer, oui. Tu vas le faire tôt ou tard. Plus t’attends, plus ça m’irrite et plus t’hypothèque la survie de ta copine cinglée. De toi à moi, c’est pas très malin, vu mon état. » Chercher à l’intimider n’est pas dans son intérêt, mais il exècre trop sa position pour faire preuve de finesse. Pour ne pas se montrer ouvertement hostile. « - Je saurai me montrer reconnaissant. » Consent-il du bout des lèvres, en s’efforçant de mettre de l’eau dans son vin. Laborieux. « - Tu pourras même garder le fric. Promis je me retiendrai de te faire subir le ravalement de façade que tu mériterais. Pareil pour l’autre trainée. » Un mensonge fielleux, à ajouter à la liste interminable de ses fourberies. Il n’a absolument pas l’intention de laisser la dénommée Pearl s’en tirer à si bon compte. Pas après l’offense qu’il vient de subir. « - A moins que tu préfère honorer son engagement d’origine à sa place ? T’as de toute évidence pas évincé l’allumeuse de pacotille pour me liquider, alors… » Le félon susurre la proposition indécente, davantage pour se moquer que par réelle intention de l’aguicher. Certain de se faire refouler. La tête brûlée qui teste effrontément les limites. Parfait contraste, le regard noirci par la haine mord le sien, assassin.

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MessageSujet: Re: Sucker for pain | (Rhys)    Sam 1 Avr - 14:38


La cassure s’amorce sur le visage de la rouquine. A mesure que le venin pleut sur ses épaules, les échos de la haine s’invitent dans son monde. Le voile écarlate de sa colère, aveugle les pupilles d’émeraudes, appose sur les lèvres le simulacre d’un sourire de façade. Il piétine la bonne foi, le cœur que le rouquin a si piteusement laissé tomber à ses pieds en entrant dans la chambre pour le sauver. Une énième fois, quand il a les envies de meurtres inscrites dans sa chair depuis des années. Elle serre les dents et la féline se redresse, décroise avec lenteur ses jambes puis lisse les plis de sa robe. « - Tringler la vermine… J’admire ta délicatesse. » Lâche-t-elle, venimeuse, l’acide corrosif rongeant la finesse de ses traits. Secondes qui s’égrainent dans le sablier de sa déraison, les rouages de la réflexion s’assemblent et se démontent au rythme de ses inspirations. Le bousculement d’un tout qui se fait rien. « - Epargne-moi ton regard noir, Rhys. Je l’ai trop vu pour me sentir menacée. Et dans ta position, tu ressembles plus à un chaton sous une averse qu'au félin que tu réprimes. » Elle le murmure du bout des lèvres sans lui accorder le moindre regard. De la sécheresse dans sa voix enjôleuse, l’impatience souveraine face à ce poids qui pèse contre sa carcasse fragile. Ravageur, le silence revient se heurter contre les murs de la pièce insalubre. La débauché se rapproche, reprend sa place sur les hanches du soldat, indécente dans ses frôlements qui la brise presque autant que le corps en feu emprisonné entre ses cuisses. Brusque, la rouquine agrippe la mâchoire du soldat, l’oblige à relever le menton pour que les regards s’électrisent. « - C’est ça qui te frustre le plus n’est-ce pas ? D’être la victime d’une pauvre pute, à la merci de la moindre de ses envies… » Elle ne cherche pas à obtenir de réponse. Elle la connait déjà, partage la frustration et la colère face à cette volonté intrusive. Ce n’est qu’une provocation qui s’invite dans la discussion, la glace de ses paroles contre le brasier de ses reins.

« - Son engagement d’origine était de te tuer, certainement pas de te… Combler. » Elle le lâche dans un souffle, du cynisme contre la caresse de sa langue. La rouquine hausse une épaule, sensuelle, et repose son regard sur le soldat. Une ondulation assassine du bassin contre la ferveur masculine, le soupir qu’elle laisse s’apposer contre la joue abîmée. « - Sa cible depuis des jours, le soldat éploré facile à briser. J’étais prête à la suivre dans son massacre, juste et justifié. La laisser te saigner sans sourciller… » La tension fait vibrer sa voix, le féminin renouant avec le masculin dans un trébuchement fragile. Les phalanges libres se blessent contre la lame avant de s’en saisir. Le manège lascif pour troubler les sens et la vigilance du changeur, les ongles qui s’incrustent dans la peau fragile de ce menton qu’ils maintiennent. Les genoux se resserrent contre les hanches, lèvres effleurant celles de l’ennemi dans une caresse emplie de promesses lascives. L’appel du vice qui se ternit dans la morsure de l’acier contre la peau, menace cinglante déchirant la chair pour s’y frayer un passage jusqu’à la garde. Quelque part entre la cicatrice barrant l’abdomen et les reins, l’inatteignable sans une main secourable pour déloger la lame. Elle frissonne de ce plaisir malsain qui la ronge, s’amoncèle dans le creux de ses reins. L’ivresse d’un désir impérieux, l’asphyxie de l’appel de la mort du félon. Les lèvres se pressent contre leurs jumelles pour retenir les plaintes, cueillant du bout de la langue le sang qui s’en extirpe. Figée dans les limbes du temps, la scène s’éternise pour se briser dans l’écho d’un rire mort. Elle se redresse et remet avec délicatesse une mèche derrière son oreille. L’écarlate de la boucle se mêle au sang sur ses phalanges, Lyn l’indécente surplombe  sa victime, la pupille brillante de contradictions sales. Extirpée d’un simulacre de décolleté, la clé vient tourner dans la serrure d’une des menottes et libère la main opposée à la plaie. Anneau vide qui se referme contre le montant du lit, l’autre entrave resserrée à l’excès contre le poignet encore prisonnier.

« - J’espère, pour ta survie, que tu n’as pas forcé sur le dosage de la merde que tu t’injectes… » Elle tapote de l’index contre le métal rutilant, mutine. Dans une dernière provocation, Lyn se lève, effleure du bout des lèvres le front du soldat et se retire sans un mot. Referme la porte sur son cœur au bord de l’implosion, la mort dans la poitrine et l’indécence collée aux reins. Elle a la fièvre au corps, le masculin qui s’indigne et l’oblige à fermer les paupières pour recouvrer son calme. Inspirer à s’en fracturer les côtes, se vider l’esprit en chassant les images scabreuses accrochées à ses rétines pour faire retomber la honte. Désir inassouvie qui la laisse encore plus vide que d’ordinaire, la raclure de la frustration sur la langue, elle s’y blesse à chaque déglutition. Se jure que c’est ce qu’elle voulait. Le trépas du monstre dans un lit taché de sang et de foutre. La luxure ignoble en guise de linceul. Le résistant a pourtant les échos d’une voix familière dans les méandres de son crâne en fusion. Symphonie d’outre-tombe affolant le palpitant, les paupières se ferment avec plus de hargne encore pour faire taire la faiblesse. Rose et ses murmures, la présence qu’il s’invente dans ses délires fragiles. Les vagues du temps pour laver l’affront, ces minutes qui s’amoncèlent en un tas informe à ses pieds. Les ongles raclent contre la porte, elle soupire sa faiblesse et secoue la tête, dépitée. Nerfs à fleur de peau, la rouquine revient sur sa promesse de mort, franchie une seconde fois la ligne entre raison et démence. La colère fait claquer la porte, buter les pieds dans les vêtements éparses sur le sol.

« - Montre-toi reconnaissant et ferme là. Ravale tes sarcasmes et tes menaces, ou je te laisse vraiment crever comme le déchet que tu es. » Elle crache sa douleur, fait ployer le lit miteux en revenant s’y agenouiller. Sans ménagement ni douceur, elle retire la lame des chairs abîmés. Placarde violemment le drap agrippé entre ses doigts contre la plaie ouverte. Pression ferme pour endiguer le flot carmin, l’éclat d’une brûlante détermination dans les pupilles. La dernière entrave tombe, les cliquetis métalliques résonnant entre ses oreilles. « - C’est la dernière fois Rhys… » Le murmure s’échappe, l’inquiétude dans le timbre féminin. Elle se brise contre les reins, l’insensible qui guette d’un œil anxieux la trace noire sur le drap blanc. Attend la réplique vengeresse de celui qu’elle a condamné. Ses phalanges se font plus rudes contre la chair mutilée et intérieurement, elle peste. Se maudit de ne plus être capable de guérir les blessures comme le sorcier pouvait le faire. Juron qui s’échappe d’entre ses lèvres, l’accablement accroché à ses épaules qui finissent par ployer. Elle a les mots englués sur sa langue, tellement de choses à lui reprocher sans parvenir à les laisser s’échapper. Lui dire à quel point elle le déteste. Combien elle a besoin de lui. La putain ou le résistant, peu importe. Tous les deux enchaînés aux caprices d’un attachement sale, comme le changeur peut être soumis aux envies de la lune. Réparer les erreurs pour mieux en commettre de nouvelles, l’éternel recommencement de cette lutte absurde qu’ils mènent depuis l’odieuse nuit où tout a basculé. Elle le veut autant qu’elle le rejette, et ça la détruit.

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MessageSujet: Re: Sucker for pain | (Rhys)    Mar 4 Avr - 21:02

La débauchée revient se placer sur ses cuisses, attise sciemment les braises. N’en finit plus de siroter son venin. Il se maudit de ne pas avoir été assez rapide pour empêcher la première trainée de l’attacher. Il rêverait d’empoigner la peau opaline, la brûler pour mieux l’envoyer valser contre le plancher poussiéreux. Se débarrasser de la tentation au lieu de l’entretenir. « - Parce que tu voudrais dire ça comment ? Excuse mon manque de romantisme, mais j’aurais pu être plus vulgaire encore. » Ricane t’il. Il se moque royalement d’être courtois, délicat. De risquer d’écorcher son orgueil. La rage bouillonne bien trop ardemment au creux de ses veines pour se montrer mesuré. Pour enjoliver la réalité sordide. La plupart des hommes qui les payent ne sont pas en quête de douceur, d’affection. Ils ne sont là que pour évacuer leur frustration, se décharger de leurs pulsions. « - Le chaton sous une averse t’emmerde. Le plus pitoyable de nous deux, c’est toi, qui préfère me laisser attaché pour ne pas avoir à affronter les conséquences de vos actes. Ma lâcheté n’a absolument rien à envier à la tienne. » Il le lui crache au visage, sans une once de retenue. Secoue la tête pour se défaire vainement de l’emprise de sa main, avant de revenir poignarder les émeraudes de son regard glacé.  

La provocation pernicieuse persiste. Le mouvement enjôleur lui fait serrer les dents. Se concentrer pour taire toute envie primaire. Pour faire cesser les manœuvres aguicheuses, seulement perpétrées dans le but de l’irriter. De le titiller. Le soldat éploré. L’insulte rabaisse sa fierté, achève de le faire décuver. Il déteste être perçu comme un être faible, pathétique. Une épave dont les errances pitoyables n’échappent à personne. « - Qu’est ce qui a changé alors ? » Souffle-t-il contre les lèvres assassines. Impudentes prenant un malin plaisir à effleurer sa bouche. Douceur troublante en parfait contraste des ongles qui s’incrustent dans sa mâchoire comme dans du beurre. Les sens embrumés, il ne prend pas garde à la lame. N’en ressent la morsure polaire qu’une fois enfoncée dans son abdomen. Elle ranime une vieille douleur. Lui donne l’horrible sensation d’être retourné en arrière. Le tesson de verre qui déchire le ventre, et le géant qui se précipite. Qui agrippe son épaule, le retient pour empêcher le crâne de cogner l’asphalte juste avant qu’il ne sombre dans l’inconscience. Le râle d’affliction se meurt contre les lippes écarlates, qui se pressent avidement contre les siennes. Elles le condamnent au silence, étouffent le cri bloqué dans sa trachée. Il pourrait presque les sentir. Les lèvres de son amant à la place des usurpatrices. Le délicieux contact, égaré dans les limbes de sa mémoire. Au goût de cendres fumantes. Tout le reste du corps se refroidit, se frigorifie. Lyn se relève, le toise. Mais ce n’est plus son ombre à elle qu’il voit. C’est celle de Calyxte, démesurément imposante. Qui se penche, embrasse son front. Reproduit une habitude familière, tendre et protectrice. Il tend sa main libérée vers la silhouette floue pour le retenir, mais il n’attrape que du vide. « - Me laisse pas. » Ce n’est qu’un pauvre murmure, chevrotant et ridicule. Qui ne s’adresse qu’au sauveur, pas au tortionnaire. Celui auquel il aurait encore tant d’autres choses à dire. Tant d’excuses à faire, tant d’aveux à formuler. Mais il ne l’écoute pas, il ne s’arrête pas. Il claque la porte. L’abandonne seul avec ses démons. Avec la mort. Nulle transformation miracle en animal cette fois-ci. Celle qui pourrait lui sauver la vie est trop assommée par les litres d’argent pour réagir. Elle tente de se mouvoir, de remuer ses entrailles pour déclencher le mécanisme, mais le processus est affreusement rouillé.

De longues minutes s’écoulent. Font trembler de plus belle la misérable carcasse. Grelottant de fièvre, il alterne entre délire et éclairs de lucidité. Sa paume s’efforce de contenir l’hémorragie, s’empourpre à mesure que les minutes défilent. La colère remonte par vagues, le fait suffoquer. Et au moment où il s'attend au coup de grâce, le résistant revient. Le fracas le fait sursauter et un instant, il redoute que le rouquin ne vienne l’achever. Ce n’est pas pour autant qu’il se décide à le supplier ni même à obtempérer.« - Reconnaissant ? De quoi ? Tu viens de m’enfoncer une lame dans le ventre, va te faire foutre et bien profond. » Le couteau est arraché brutalement, aggravant la taille de la plaie. Il retient un gémissement, jure entre ses dents. Il va se vider de son sang dans les draps sales, il ne voit pas comment le carnage pourrait tourner autrement. Il n’entend pas l’anxiété dans son timbre, trop occupé à le haïr de tout son soul. Le tissu cherche à éponger la blessure, passe rapidement du blanc au pourpre. La dernière entrave est retirée et l’islandais ne réfléchit pas davantage avant de projeter son enveloppe vers la sienne. Comme un fauve retenu trop longtemps en cage. Ses phalanges s’enroulent autour des mèches cuivrées, tirent hargneusement la perruque pour ramener la figure vers lui. « - La dernière fois que quoi ? Que tu me chauffe ? Que tu fais mine de me tuer pour te raviser ? » Il articule les questions entre ses barrières de nacre, la voix entrecoupée par les piques intenses de douleur.  

« - Laisse-moi crever, t’en as assez fait. J’suis foutu de toute façon. Assume ce que tu voulais. » Grogne le militaire, haletant, avant de cogner la tête rousse contre le meuble le plus proche. Il y met toute l’énergie qu’il lui reste, frappe encore et encore jusqu’à ce que le dépravé flanche, tombe. Le traitre tente de descendre du lit, parvient à faire quelques pas avant de glisser lamentablement au sol. Il ignore la souffrance qui le tenaille, rampe jusqu’à la sortie. Il y parvient tout juste, mais son bras levé ne parvient pas à atteindre la poignée. Il ne manque rien, seulement quelques infimes centimètres. Même la force du désespoir ne parvient pas à lui donner des ailes. Il finit par renoncer, allongé sur le dos, une main sur la plaie. Un rire cassé s’extirpe de sa trachée en songeant à tout le mal qu’il vient de se donner, quand il était prêt à se pendre quelques semaines auparavant. C’est peut être l’envie de ne plus décevoir Elias qui le pousse à lutter. Ou simplement la vie qui n’en a pas fini avec un mauvais bougre comme lui. Il vient pourtant certainement de se condamner, en s’attaquant à nouveau à la seule personne capable de l’aider. Aussi stupidement que ça. Il vient de s’inventer sa propre bataille. De changer un allié en ennemi. Il est presque convaincu de le voir passer d’une minute à l’autre, l’enjamber pour s’en aller sans se retourner. Ou simplement l'égorger. Achever son œuvre, comme le français n’aurait jamais dû renoncer à le faire. Un gargouillis immonde de sang sort de sa gorge, l'oblige à se tourner sur le côté pour ne pas s'étrangler avec.

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MessageSujet: Re: Sucker for pain | (Rhys)    Ven 7 Avr - 20:44


La folie du geste étendue sous ses yeux, elle la voit sans parvenir à vraiment le faire. Comme spectatrice d’un odieux spectacle dont elle ne serait pas l’actrice. Lyn qui ressent dans les tréfonds de sa poitrine l’étrange douleur de sa faiblesse. La caresse de la honte contre sa peau, elle presse ses phalanges maculées de sang contre la plaie avec ferveur, espère la voir disparaître à force de s’y abîmer les doigts et le cœur. Elle a les excuses sur le bout de la langue mais ne parvient pas à les laisser s’échapper. Ce serait ployer l’échine face au tyran. S’abaisser quand l’insoumission est légion dans les fibres de cet être brisé. Regan qui refuse sans pour autant parvenir à trouver une autre chose à faire. A dire. Les paroles du milicien blessé la font frémir. Elle tremble, nerveuse, brisée. Lyn qui s’efforce de maintenir le sourire de façade qu’elle a posé sur ses lèvres pour ne laisser paraître le trouble qui la ronge. Tout ce qu’elle s’efforce de garder pour elle, la flammèche chancelante dans le fond de ses yeux verts. « - Tu devrais la fermer au lieu de débiter autant d’âneries. Si tu veux mourir plus vite, c’est la meilleure technique. » Le murmure s’échappe, passe la barrière des dents serrées à en rendre la mâchoire douloureuse. Trop concentrée sur la plaie, elle en oublie le reste et sursaute piteusement lorsque les phalanges à présent libres viennent s’accrocher aux boucles rousses. Hoquet de surprise, la main lâche le drap et vient s’agripper au poignet, fébrile, dans l’espoir de le voir lâcher prise. Elle sait, ce que ce genre de geste annonce. La soumission, le fracas du corps pour mieux le contraindre et le plier à une volonté qui n’est pas la sienne. Les sourcils se froncent et les traits se parent d’un savant mélange de dégoût et d’appréhension. Tout le corps qui recule lorsque l’ennemi se rapproche et grogne sa haine. Le souffle qui se suspend dans la poitrine et la douleur qui fuse lorsque le coup tant redouté arrive enfin. Poupée de chiffon, la rouquine qui chancèle et abandonne dans un soupir de douleur, misérable créature abandonnée sur le plancher miteux. Un filet de sang glissant contre sa tempe, une mèche s’échappant des cheveux en désordre. Et qui glisse, impassible le long de la joue. Le mélange du fer au sel, larmes de douleur vicieuses révélant la souffrance.

Le brouillard se dissipe, au rythme de ses paupières battant le vent. Les doigts tremblant posés contre la plaie, le crâne en cimetière, prompt à se fissurer. La migraine qui s’injecte dans l’os jusqu’à faire vaciller tout l’édifice, c’est du rouge qui s’échappe doucement de sa narine. Elle renifle, efface la fêlure d’un revers de main, ce sombre contre la blancheur de sa peau lui vrille le ventre. Fébrile, Lyn papillonne des paupières jusqu’à effleurer la silhouette avachie du soldat. Vaincu au pied de la porte résolument close. Le laisser mourir, elle ne peut plus le faire. Pas cette fois, pas en ayant fait l’erreur de revenir vers lui. Au rire cassé qui s’élance dans le silence, elle a le cristal de celui de Rose dans les oreilles. Elle se moque de ce mari trop faible. Le rire et ses pleurs résonnant en écho dans sa tête, elle qui se sent trahit par la seule personne qui a pu compter pour elle. A bout de souffle, les paupières se ferment et les boucles rousses glissent sur le plancher. Féminin effacé d’un revers de main, l’illusion perdure dans la finesse des traits, les restants de maquillage sur la peau, dans la légèreté de la robe qu’il ne peut décemment pas enlever. « - Tu n’as pas encore compris ? Il n’y a rien à assumer, ce n’est pas ce que je voulais. Ni ce que je veux. C’est pourtant ce que tu mériterais mais je n’y arrive pas. » L’aveu se lâche dans un soupir vaincu. Le timbre renouant avec les graves, le sensuel toujours accroché aux paroles. Péniblement, le rouquin se remet debout. Reste un long moment en appui contre le meuble, tremblant de tous ses membres. Le monde tourne autour de lui, le sol prenant des airs de navire en pleine tempête. « - J’aurais dû la laisser faire, ce serait terminé maintenant… Tout aurait été tellement plus simple. C’était tellement stupide, bon sang. » Il s’en veut, s’accable et s’insurge. Contraint d’affronter son erreur, incapable de prendre la porte en laissant le soldat derrière, Regan ne peut que se résigner. A ouvrir le tiroir d’une commode miteuse, hésiter un instant avant de venir s’agenouiller auprès de l’islandais.

« - Tu es une véritable emmerde vivante. » Il le lâche sans lever la tête, le regard accroché au pot qu’il tente d’ouvrir. Echec de l’entreprise, les mains tremblent et doivent s’y reprendre avant de faire sauter le couvercle. Le résistant s’autorise enfin à jeter un regard à la plaie. Cicatrisation mâtée par l’argent commençant son œuvre. Péniblement. Trop lentement pour que cela soit rassurant. « - Tu te bousilles tout seul, à réprimer ce que tu es avec ces horreurs qui circulent. C’est ridicule de se condamner aussi stupidement. » Une main se pose sur l’épaule du soldat, les doigts s’y agrippent tandis que les autres recouvrent l’entaille du baume contenu dans le pot. « - Ca devrait brûler, un peu. » L’euphémisme pour cacher la douleur. Les piteux restes de sa sorcellerie disparue, ce que les incultes appellent remèdes de grand-mère. Accélérer la guérison, appeler les chairs à se réunir. Doucement, les phalanges lâchent l’épaule, suspendue dans le vide, elles dérivent finalement dans les mèches sombres, les écartent du visage fatigué. Echo d’une tendresse déplacée, le français qui se perd dans les rivages de ces pupilles singulières. « - J’imagine que ça sera suffisant pour expliquer à Pearl ton absence. Te croire mort et faire l’erreur de te détacher. Tu en profites pour t’en prendre à ta geôlière et tu tires, ça devrait être suffisant comme explication. » La plaie sur son front sera suffisante. Il s’en persuade mais au fond il sait, qu’elle n’acceptera pas l’échec. Comme lui ne l’aurait pas accepté si la victime avait été toute autre. Elle continuera, finira sûrement par retrouver la trace du soldat évadé. « - Il serait préférable que tu évites la vermine pendant quelque temps. Ce serait dommage que le métro finisse par te passer dessus pour t'achever. » L’acide s’échappe dans un souffle. La cinglante ironie de cet orgueil morcelé dans lequel le soldat a joyeusement sauté quelques instants plus tôt.

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MessageSujet: Re: Sucker for pain | (Rhys)    Jeu 13 Avr - 16:26

L’échine tournée sur le côté, avachi comme une vulgaire loque, le soldat entend sans la voir la victime de son excès de rage. Le timbre androgyne le fait frémir, déclenche un début de migraine. Comme une aiguille acérée lentement enfoncée dans son crâne. Il n’a plus envie de l’entendre se justifier, pester après lui-même de l’avoir encore sauvé. La situation vire presque à la blague récurrente. Tous les deux incapables de laisser l’autre mourir, même en se haïssant de toutes leurs forces. Comme si l’acte de détruire l’un pouvait entrainer l’anéantissement de l’autre. Ils sont ridicules, pitoyables. Inaptes à rendre justice aux êtres chers qu’ils ont perdu. La volonté vengeresse dissoute dans l’attachement qui continue de les lier. « - Epargne-moi tes états d’âme. » Grogne-t-il faiblement, en descendant sa main contre la plaie sanguinolente. Elle aspire toute son énergie, fait se refroidir son corps de plus en plus. Frigorifié, il claque sévèrement des dents. Appuie son front contre le plancher pour calmer le martèlement incessant contre ses tempes. Il discerne l’ombre de Regan au dessus de lui, mais ne tourne pas la tête pour autant. Il ne veut pas savoir ce qu’il trafique, ce qu’il va encore inventer pour lui pourrir la vie.

« - Merci du compliment, t’es pas mal non plus dans ton genre. » Maugréé t’il entre ses dents, en se maudissant d’avoir voulu mettre un terme à son abstinence forcée. D’avoir cru que payer une professionnelle était la solution. Le moyen idéal pour assouvir de basses pulsions sans risquer la moindre complication. Son poing se referme imperceptiblement alors qu’il se fait presque réprimander comme un gosse. Il sait qu’il est aussi stupide que dangereux de s’injecter de l’argent dans les veines à répétition. Qu’il doit cesser avant d’y laisser sa peau. Accepter de ne plus jamais redevenir humain. Cette seconde nature encore plus difficile à tolérer sans son créateur. « - Garde tes leçons de morale pour toi. Je connais déjà ton avis sur la question. J’avais pas prévu de me faire charcuter par deux cinglées à tour de rôle si tu veux tout savoir. » Le sarcasme mord les lèvres alors que les phalanges suaves s’enroulent autour de son épaule, le maintiennent tandis que le rebelle applique la pommade contre l’abdomen. Un gémissement de douleur racle bruyamment la gorge, le fait grimacer alors que ses ongles s’introduisent dans sa paume pour se retenir d’arracher la crème. Du sel pour arroser la blessure à vif. La brûlure ignoble fait perler des larmes d’affliction au creux de ses paupières. Il les maintient tant bien que mal à l’intérieur de ses yeux, refuse de les montrer au rouquin.

Les doigts fins écartent des mèches d’ébène collées sur son visage, avec une douceur dérangeante. Il frissonne violemment sous le contact, lance une œillade affolée et inquisitrice au français. Le geste est pour lui bien plus intime qu’un baiser fiévreux ou qu’une caresse compromettante. Terriblement déplacée, la tendresse lui tord le ventre. C’est néanmoins trop furtif pour qu’il puisse réagir, le rabrouer. La chaleur envahissante est déjà là, quelque part au creux de son palpitant. Elle réchauffe l’organe mort, lui fait l’effet d’un baume réparateur. C’est infime, c’est négligeable, mais c’est suffisant pour le faire se sentir plus vivant. Moins monstrueux. Ecorché, à nu, il se sent soudainement horriblement vulnérable. Il préfère sa hargne, son mépris. C’est moins agréable et apaisant que d’être son allié, son confident. Mais c’est toujours mieux que de sombrer sans défenses dans l’abime de ses prunelles. C’est toujours moins périlleux que de sentir son pauvre cœur s’accélérer, broyer atrocement ses côtes. Il ne veut pas de ça entre eux.

L’islandais fait ce qu’il peut pour se recomposer un masque froid, insensible. Le milicien bascule sur le dos, permet à ses deux omoplates de se reposer contre le sol poussiéreux. « - Raconte-lui ce que tu veux, j’en ai rien à cirer. Tu veux pas aussi un mot d’excuse tant qu’on y est ? » Le ton est raide, abrupt. Tranche volontairement avec l’affection contenue dans l’impulsion précédente du débauché. Il ne se départit pas de son sale caractère, de son irritante insolence. « - Dommage pour qui ? Tu me fais quoi là, putain, une déclaration ? J’en ai ma claque de ton attitude de girouette. La prochaine fois que t’essaies de me buter, je te conseille d’aller jusqu’au bout, parce que je vais finir par prendre la décision à ta place. » L’éternelle rengaine, qui revient comme un boomerang. Il est fatigué des menaces de représailles qui se terminent toujours de façon incongrue. Lui est prêt à admettre qu’il n’en est pas capable. Mais il n’est pas question non plus de le laisser réessayer de le tuer sans se défendre. Ni de permettre au manège macabre de perdurer indéfiniment. « - Tu ferais mieux de planquer ta copine finie à l’urine aussi, parce que si je la retrouve, tu peux être sûr que l’issue sera moins favorable pour elle. Elle a grillé son numéro de charme, ce sera nettement plus compliqué de m’attacher à un lit la prochaine fois. » Crache t’il, encore plein de rancœur, l’orgueil piétiné par le piège humiliant.

Les sphères métalliques se perdent dans les émeraudes envoûtantes, avant de détailler les traits tuméfiés. L’entaille qui barre le haut du front n’est pas jolie à voir, pas plus que la ligne pourpre qui s’écoule dans la chevelure de feu. Sa main se lève, se suspend dans le vide sans finalement oser toucher la coupure, avant de glisser dans les fausses boucles rousses. Il les chasse pour mieux se rendre compte de l’ampleur des dégâts. Une pointe de culpabilité lui remue les viscères en songeant à sa folie passagère. « - Tu l’as mérité, mais je voulais pas abimer ton outil de travail. Je doute que ça change grand-chose pour tes clients mais bon… » Souffle t’il, sans retirer pourtant ses phalanges tâchées de sang de sa nuque. Elles s'y attardent plus longtemps que nécessaire. Il est presque sur le point de lui suggérer à nouveau de prendre son argent pour éponger en partie la perte à venir, mais un sursaut de souffrance contre son torse lui rappelle que son sauveur l’a sournoisement poignardé. Les chairs commencent à se rapprocher, tirent pour se refermer. Les serpents curieux retombent le long de sa jambe, alors qu’il essaie laborieusement de se redresser. De se relever dans l’espoir de quitter cette foutue chambre.

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There is a swelling storm. And I’m caught up in the middle of it all. And it takes control. Of the person that I thought I was. But there is a light. In the dark. And I feel its warmth. In my hands. In my heart. Why can’t I hold on. It comes and goes in waves. It always does. We watch as our young hearts fade into the flood. And freedom. And falling. The feeling I thought was set in stone. It slips through my fingers. Trying hard to let go.
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MessageSujet: Re: Sucker for pain | (Rhys)    Lun 17 Avr - 14:57


Un sursaut de recul face à la main qui se lève, de la méfiance dans les pupilles arrimées à celles du soldat blessé. L’insurgé se laisse faire, docile qui se plie à l’examen. L’ébauche d’un sourire sur les lèvres face à la réplique. Abîmer l’enveloppe pour satisfaire les envies crades, il s’y plie sans pouvoir s’y opposer. S’insurge à chaque nouvelle entaille sur sa peau, ces bleus qui colorent l’albâtre pâle. Malsaine habitude qui lui colle au corps comme la poisse de ces vices immondes qui le dévorent. Il soupire, ravagé par un afflux de honteux, des frissons d’une satisfaction absurde roulant le long de son échine. Fourmillements éphémères attisés par les phalanges abruptes contre sa nuque, le contact qui s’éternise. L’immobilisme par crainte de voir le contact se briser trop tôt. Une pointe d’irritation plisse le coin des lèvres lorsque le soldat se ravise. Victime de sa folie assassine, l’infortuné offrant une raison de plus à son ennemi de le détester. Il ne peut l’éliminer, l’évidence lui saute aux yeux dans cette chambre miteuse. Seulement le blesser pour mieux se raviser ensuite et lui porter secours lorsque la plaie est trop grave pour être laissée à l’abandon. Il ne peut venger celle qui lui a été si injustement arraché, lui qui se noie sous le flot tumultueux de cette pensée affreuse. Inapte à choisir son camp, l’anarchiste qui oscille entre le cœur et la raison. Pour avoir eu le malheur de laisser l’islandais prendre plus de place qu’il n’aurait dû le faire. Il l’a laissé entrer dans son monde chaotique sans éprouver une once de méfiance. Piétiné ses idéaux, les mettre au feu pour le laisser solitaire et perdu dans sa propre poitrine. L’attachement virulent qui empêche la main de porter le coup fatal. Libérer l’esprit de ses blessures, la soif de vengeance impossible à étancher et qui ne disparaîtra jamais. Ce trouble affolant caressant le ventre, embrasant les reins. L’ignorant effleurant pour la première fois de sa piteuse existence les contours d’un charme jusqu’à lors repoussant à ses yeux.

Privé de sa répartie, troublé outre mesure, Regan se mure dans le silence. Serre les dents et reste là, à contempler d’un regard absent le soldat qui peine à se remettre debout. Le cœur hurle, bat à tout rompre contre la carcasse fragilisée à l’excès. Lutter n’est plus une option, il n’en a plus la force. Chambre miteuse en champ de bataille, le drapeau blanc d’une guerre sans fin hissé dans le sang de l’un des opposants. Les sourcils se froncent face à l’indignation, ses phalanges se crispent contre ses genoux et brusquement, le français se penche en avant. La main se pose contre la cuisse dénudée, s’y accroche fermement dans l’esquisse d’un ordre silencieux. Intimer à l’immobilisme pour ne pas prendre le risque de déchirer les fils fragiles de ces chairs en train de se reconstruire. Le contact de la chair brûlante sous la pulpe de ses doigts, la fascination étrange dans les pupilles détaillant l’enveloppe blessée. Il en inspire, chasse le trouble dans un battement de paupières pour se relever péniblement. Malhabile sur ses jambes, son sang vicié par le venin de ses hésitations, le débauché s’éloigne. Puise dans les entrailles de son sac à dos abandonné dans un coin discret de la chambre pour revenir s’agenouiller près du supplicié. Muré dans le silence, de la fermeté dans les gestes, le résistant emprisonne la plaie sous la finesse de son étole bleutée. Bandage de fortune serré autour de l’abdomen. Côté sommaire de la chose qui appose un pli de consternation sur le front abîmé. La main s’accroche finalement au bras de l’islandais pour doucement l’aider à se relever et remettre ses vêtements. Mains tremblantes contre le corps fracassé, les pupilles s’accrochent et dévient, du trouble dans les éclats d’émeraude.

« - Elle ne te touchera pas, ne cherchera pas à te retrouver non plus, je m’en assurerais. » Sa voix s’arrache de sa gorge sèche, exercice pénible qui lui donne l’impression d’avoir des cristaux de verre ancrés dans sa trachée. Promesse qu’il s’efforcera de tenir, les mensonges s’assemblent déjà dans les méandres de son pauvre cerveau pour contrer la réplique vengeresse de sa comparse. Epuisé par ce qu’il vient de se passer, ce tourment qui le dévore, le débauché ne sait plus ce qu’il souhaite. Ce qu’il convient de faire. Alors il s’enlise dans ce qu’il sait faire le mieux, hésiter. Ouvre à nouveau la porte pour offrir la fuite à cet ennemi qui n’en plus vraiment un. Qui n’en a jamais été un non plus. Offre son aide et son support à la victime de sa folie malsaine. S’accroche difficilement à cette peau qu’il a pris soin de mutiler, la chaleur contre ses doigts morts pour lui offrir un dernier instant de réconfort. « - Pour ce que ça vaut, je suis désolé Rhys. » L’excuse murmurée pour pardonner le geste. Ces offenses qui se répètent à chaque rencontre, la danse incessante de ces adversaires voués à se briser sans jamais pouvoir se détruire. Le blessé contre sa carcasse abîmée, le résistant quitte la chambre, s’assure qu’ils sont bien seuls dans le couloir sale et pousse du bout des doigts le dernier rempart de cette prison viciée. La porte grince, s’ouvre sur la rue au-dehors pour laisser entrer un souffle d’air d’une fraîcheur qui le fait claquer des dents. Pluie fine changée en averse, lave les offenses sur le pavé et le sang qui finira par s’y écraser lorsque le soldat s’y avancera.

« - Fait attention. » Le souffle contre la joue abîmée, il a sa main qui se pose contre la nuque dans un élan de possessivité déplacée. La blessure dans sa poitrine, c’est toute sa chair qui se déchire lorsque la séparation devient réelle. Milicien poussé en avant par la volonté du résistant, il reste là, immobile sous le porche à suivre la silhouette malhabile jusqu’à ce qu’elle disparaisse de son champ de vision. Soupir contre les lèvres abîmées, les pieds raclent le plancher fatigué et se traînent jusqu’à la chambre. Tableau sanglant qui lui retourne l’estomac, ce noir qui s’accroche à ses rétines qu’importe ce qu’il peut regarder. La nuance assassine fait partie de son monde, l’alliée détestable dont on ne peut plus se passer. Sur les draps et le sol, contre la blancheur de ses doigts. La saveur sur la langue, les relents sales dans les narines. L’ensemble qui se mêle à la senteur fauve de cet autre qui le hante. L’enfer dans le cœur, Regan se change, délaisse le féminin pour reprendre son rôle de mâle qui l’écœure parfois. Pearl, occupée par un autre client, la luxure qui lui offre du temps. Il disparaît sans un regard en arrière, les épaules voutées sous l’averse, mâchoires serrées et pupilles rivées sur le sol détrempé.

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❝ Naufragé dans la nuit



On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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Sucker for pain | (Rhys)

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