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 (Camille) | All that great heart lying still and slowly dying

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↳ Playlist : Dance of Fate - Epica | Take the Day - Turisas | Scaretale - Nightwish | The Parting Glass - Peter Hollens | 5th Symphony (mvt 1) - Beethoven | Yma O Hyd - Dafydd Iwan | Piano Concerto n°2 - Shostakovich | Nuages - Debussy
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MessageSujet: (Camille) | All that great heart lying still and slowly dying   Sam 18 Mar - 18:28

All that great heart lying still and slowly dying

Anastasia & Camille

On peut me taxer de bien des défauts. Je suis vulgaire, agressive, n'ai aucune éducation ni notion de la bienséance, j'ai tué suffisamment de gus dans ma vie pour que les portes du Paradis me soient fermées – si tant est que le vieux barbu et toutes ces conneries d'âme existent – et je n'ai aucun sens moral. J'vous l'accorde, ça commence à faire pas mal. Faut pourtant pas croire que je suis insensible à tout ou sans cœur. Un cœur, j'en ai un, et ces derniers temps, il me fait faux bond. Il bat la chamade pour lui, s'anime de colère et de passion pour ses foutus sourires qui m'font flancher, et il oscille sans discontinuer entre la haine et l'amour. Ça m'rappelle je sais plus quel imbécile qui aurait écrit "L'amour est une rose. Chaque pétale une illusion. Chaque épine une réalité." Pathétique... Et pourtant, je me retrouver étrangement dans cette citation. Car c'est bien ce cœur qui s'anime et s'embrase dès que je m'adonne à ce plaisir de petite fille : la danse. Avant de savoir mener la valse avec mes adversaires, avant même d'apprendre à danser le tango pour mieux les poignarder dans le dos, j'ai passé des heures entières à répéter scrupuleusement des pas compliqués, sans jamais m'accorder de répit ni m'autoriser un gémissement de douleur lorsque mes chaussons de danse me faisaient souffrir à s'en retrouver tâchés de sang. Si mon histoire n'avait pas été celle que l'on connaît j'aurais aimé entrer au Bolchoï, briller parmi les meilleurs, connaître une fastueuse carrière de danseuse étoile, emmerder la presse, me promettre de jamais toucher à toutes ces saloperies que prennent la plupart des danseuses pour garder la forme et la ligne... J'aurais aimé tout ça.

Seulement, ce rêve, il s'est envolé le jour où j'ai fait mon entrée au KGB. La danse, c'est pas vraiment l'genre de la maison. En revanche, une gamine teigneuse, qui ne vise que l'excellence et dont l'agilité n'est plus à vanter, ça ça les a branché. Quel âge j'avais, le jour où j'ai dis adieu à mes rêves ? Je ne sais plus. Ça remonte à si loin... J'ai parfois même l'impression que j'invente tout ça. Jusqu'à ce que j'enfile mes vieux chaussons de danse et entende le parquet poussiéreux craquer à leur contact. Ça fait bien quelques mois que j'ai repéré ce vieux complexe sportif laissé à l'abandon après l'Apocalypse. Un gymnase où le vent s'engouffre en hurlant à travers les persiennes brisées, une piscine depuis longtemps vidée de son eau et hantée par les fantômes de nageurs plus ou moins talentueux, des courts de tennis envahit par les feuilles et de vieux arbustes rabougris... Y a vraiment rien d'engageant ici. Et puis il y a ce studio de danse, avec ces grands miroirs salis par les années, dont certains ont même fini en morceaux sur un vieux parquet défraîchis et couvert d'une épaisse couche de poussière. Le vieil autoradio qui devait probablement hurler aussi bien du Prokofiev que du Elvis a cessé de fonctionner bien avant mon arrivée, et lorsque je m'y rends, c'est dans ma tête qu'elle se passe, la musique. J'y fais entrer tout un orchestre, me rejoue le Lac des Cygnes, puis zappe les tutus romantiques pour m'attaquer au Sacre du Printemps, et ainsi de suite... Je suis toujours restée assez chauvine là-dessus : la danse, je la conçois comme un ballet, le ballet, je le conçois russe, alors forcément, la musique ne peut venir que de mes chères steppes sibériennes.

Lorsque j'entre dans la pièce, le silence et cette familière odeur de poussière et de renfermé m'accueillent. Y a jamais personne qui vient ici. Les gens ont même tendance à dire que l'endroit est hanté. Que des conneries... Si j'devais commencer à flipper dès qu'un revenant décide de m'parler, je serais pas rendue ! Je pose mon sac contre les barres d'appui et fais le tour de la pièce en dénouant les muscles de mon cou et en agitant les bras pour m'échauffer. J'ai enfilé ce vieux collant de danse et ces guêtres bouffés par les mites pour être en condition. Je doute d'en trouver d'autres ici et de toute manière, j'y tiens trop pour m'en débarrasser. Tout comme cette paire de vieilles pointes usées que je sors de mon sac avec des gestes infiniment plus précautionneux. Je les enfile, et me voilà dans ma bulle. J'étire chaque muscle de mon corps dans un rituel mécanique, fait le vide autour de moi et, au bout d'une grosse demi-heure, m'élance sur la piste. Mes premiers pas sont un peu hésitants, je glisse sur la poussière qui recouvre le parquet mais bientôt, me voilà aussi à l'aise qu'une cinquantaine d'années plus tôt. Les vrilles et pirouettes s'enchaînent, le rythme m'enivre, et j'en oublie mes réflexes et mon instinct. S'il y a quelqu'un dans la pièce, je ne m'en rends pas compte à ce moment-là.

Les minutes défilent sans que je m'en rende compte, et lorsque enfin je cesse de pousser mon pauvre corps un peu rouillé dans ses retranchements, je suis essoufflée et mon front perle de sueur. Je me penche vers mon sac pour y attraper ma bouteille d'eau, et c'est alors que je la vois. Elle ne s'est pas cachée, elle s'est simplement assise là et semble concentrée sur un grand carnet à croquis. Qu'est-ce qu'elle fout là ? Mes doigts glissent de ma bouteille d'eau à mon arme et je me fige, la regardant droit dans les yeux. Au moindre geste, je dégaine, quand bien même a-t-elle l'air tout sauf belliqueuse. Alors, avec ma grâce et mon franc parler légendaire, je lui crache :

« J'peux savoir c'que tu fous là ? T'as pas un autre endroit où faire ton coloriage ? »

Je n'aime pas qu'on me voit danser. Je suis vulnérable dans ces moments-là, aussi bien physiquement que psychologiquement. Fébrile, je ne sais comment interpréter sa présence ici. Et si elle était là pour m'observer ? Si elle était l'une des pies rapporteuses de Georg ?

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Dernière édition par Anastasia N. Bolkonsky le Lun 24 Avr - 16:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Camille) | All that great heart lying still and slowly dying   Mer 22 Mar - 16:21


“And those who were seen dancing were thought to be insane by those who could not hear the music.”



Anastasia & Camille
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C'est jour de repos aujourd'hui pour Camille, certes dans ce nouvel enfer ce n'est pas une expression porteuse de sens, mais malgré tout c'est une journée à apprécier, une journée pour rester assise derrière une fenêtre qui s'ouvre sur un monde terne, perdue dans un livre qui s'ouvre sur un monde d'aventures. Ou bien une journée pour dessiner, rêver, danser, se perdre dans les rues et ruelles. Oui, c'est le programme qu'elle a choisi, elle prend dans sa besace un fruit, un carnet de dessin et le matériel nécessaire, enfile une paire de chaussures confortables et une tenue assortie puis tourne à droite au bout de sa rue, à gauche ensuite, puis à droite et ainsi de suite jusqu'à ne plus savoir, du tout, où elle est. C'est sa façon de découvrir des endroits nouveaux. Pas très sûr, c'est une évidence, mais elle tente de ne pas laisser la peur l'enfermer à nouveau, alors elle se force à prendre des décisions un peu idiotes parfois, pour affronter cette peur, la provoquer, lui dire qu'elle ne cédera pas. Jusqu'ici elle n'a pas eu trop de soucis, mais au fond elle sait que cela peut être dangereux.

Elle s'arrête un temps devant une fontaine autrefois fort belle sans doute et aujourd'hui délaissée. La mousse qui l'envahit, les herbes folles qui poussent autour d'elle la rendent, sans doute, plus belle encore qu'elle ne l'était autrefois, dans le monde gris et froid qu'elle a vu dans les livres. Alors elle s'arrête, dessine un moment puis, quand elle est satisfaite, reprend sa route, gauche, droite, gauche... Jusqu'à ce gymnase, elle entre d'un pas timide.

Mes pas résonnent sur le sol étrangement lisse, quelques empreintes cherchent à prouver que l'endroit n'est pas totalement abandonné, mais le silence les en empêche. J'avance doucement, l'endroit sent la poussière, la sueur, le passé. Je souris légèrement devant un cheval d'arçon puis continue vers un léger mouvement que j'ai aperçu du coin de l’œil.

Elle danse, majestueuse, fragile, sublime. Je l'observe un instant, une minute, une heure. Je m'assieds, sors mon matériel, commence à esquisser des traits que je voudrais aussi aériens qu'elle. Je n'ai rien dit, pas signalé ma présence, je suis restée sans voix je crois. Je ne regarde plus ma feuille, me contenant de suivre du regard ses mouvements, ses gestes gracieux. Ou bien peut être que je ne regarde que ma feuille et que j'imagine le ballet qu'elle joue. Je ne saurais dire, le monde, comme souvent face à la beauté, a cessé de tourner pour mieux apprécier cet instant.

Sa voix m'interpelle, m'arrache à ma bulle, le trait m'échappe, quitte la feuille, je sursaute comme prise en faute.
La question est légitime et je suis bien en peine d'y répondre, je murmure :


"Désolée.... Je suis arrivée par hasard"

Pas très convaincant mais c'est la vérité. Je dépose le matériel près de moi pour me relever, lentement. Cela doit faire un moment que je suis là, mes jambes sont toutes engourdies.

Je souris, timidement, face à l'inconnue et ajoute, comme si cela pouvait tout justifier :


"Je suis restée pour t'admirer....Désolée."




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MessageSujet: Re: (Camille) | All that great heart lying still and slowly dying   Mer 29 Mar - 14:41

All that great heart lying still and slowly dying

Anastasia & JCamille

Tous mes sens en alerte, je la fixe sans ciller. Ma main s'est refermée sur le manche de mon poignard, et je n'attends qu'un geste agressif de sa part pour m'en servir. Pourtant, rien en elle ne m'inquiète ni ne me fait penser à un agresseur. La seule odeur qu'hument mes narines est celle de la peur, le seul son que perçoivent mes oreilles est celui d'un cœur battant à tout rompre sous la surprise, et tout ce que mes yeux voient, c'est une jeune fille qui n'a rien fait d'autre pour m'offenser que chercher à croquer mes mouvements sur le papier. Il me faut cependant de longues secondes pour me persuader qu'elle n'a rien de dangereux, et je finis par me redresser, ma bouteille d'eau en main et non mon poignard. J'en avale une bonne moitié, m'essuie les lèvres du revers de la main et cherche une serviette dans mon sac pour éponger mon vsage.

« T'es arrivée là par hasard ? Sérieusement ? Ça t'arrive souvent de mettre les pieds dans des bâtiments désaffectés « par hasard », ou t'as juste un goût prononcé pour le morbide ? »

Si mon ton semble agressif, mon sourire se veut clairement moqueur. J'ai du mal à imaginer qu'on puisse se pointer ici sans un but particulier mais soit. Je veux bien lui laisser le bénéfice du doute, même si je trouve ça un peu con de choisir un lieu aussi délabrer pour venir faire du coloriage. Je repose la serviette sur mes épaules et commence à m'étirer à l'aide d'une vieille barre branlante accrochée à un miroir défraîchie.

« Si j'résume, tu es entrée ici par hasard, tu es arrivée jusqu'à cette salle par hasard... Et tu es restée là pour m'admirer ? Y a franchement pas de quoi. »

Elle est bancale, son histoire. Ma paranoïa et ma méfiance me hurlent de ne pas lui faire confiance et de douter de sa parole, quand bien même son récit serait-il vrai. La pauvre... Elle doit déjà me prendre pour une folle et pour le coup, je peux difficilement lui en vouloir. Mes yeux tombent sur son carnet à dessin et, bien élevée comme je le suis, je ne résiste pas à la tentation de m'en emparer pour commencer à le feuilleter. Je m'éloigne de quelques pas, mes mouvements limités par les chaussons à pointes, et commencer à détailler la finesse du trait et la justesse du regard. Elle a du talent, c'est le moins qu'on puisse dire. Du talent et un sens de l'observation assez bluffant.

« Pas mal, j'dois bien le reconnaître... »

J'en deviens curieuse et soudain, j'oublie mon idée de départ, qui était d'arracher et chiffonner les quelques croquis de moi, dans un excès de pudeur mal placée.

« Ça fait longtemps que tu... Dessines les gens à leur insu comme ça ? »

Qu'est-ce que j'ai à perdre ? A part une heure de ma trop longue existence, rien du tout. Je m'approche à nouveau, lui tend son carnet et me laisse glisser au sol face à elle, un sourire mutin sur les lèvres.

« Raconte-moi tout, j'ai rien d'autre à faire. C'est quoi ton p'tit nom ? »

Si avec ça elle n'est pas déjà partie en courant, c'est qu'elle a un potentiel sympathique supérieur à la moyenne.

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MessageSujet: Re: (Camille) | All that great heart lying still and slowly dying   Jeu 6 Avr - 21:21


“And those who were seen dancing were thought to be insane by those who could not hear the music.”



Anastasia & Camille
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Une autre que Camille aurait, sans doute, remarqué la posture défensive d'Anastacia, mais Camille était bien trop émerveillée par la danseuse pour voir la guerrière. Malgré tout ce qu'elle avait vécu elle continuait de ne voir que le bon coté de la médaille. Peut être à cause de ce qu'elle avait vécu, peut être par instinct de survie au fond, allez savoir.

Anastacia s'éponge le visage, boit, Camille reste immobile et silencieuse, passager clandestin de cette étrange salle qui, manifestement, permet de voyager dans le temps. Finalement la danseuse parle à nouveau, d'un ton un peu sarcastique qui n'échappe pas totalement à Camille. Pas totalement mais tout de même assez pour qu'elle réponde d'un ton doux et sincère :

"A vrai dire...Oui. J'aime ces lieux, l'empreinte du passé qui y demeure parfois."

Elle s'étire, ses gestes toujours empreints d'une grâce que Camille lui envie un instant. Elle voudrait réagir à sa tirade, lui dire que si, il y a de quoi, mais ça sonnerait faux, si la danseuse ignore sa grâce ce n'est pas une inconnue qui la lui révélera. Alors Camille se contente de sourire, toujours assise par terre.

Il n'y a que quand Anastacia lui prend son carnet des mains qu'elle réagit.

Je  me redresse quand elle arrache mon carnet de croquis de mes mains. Je m'avance pour le lui reprendre mais elle s'éloigne et jouer au chat et à la souris ne me tente pas, je la laisse donc regarder, après tout c'est elle, donc elle en a le droit. Je retiens ma respiration espérant que le carnet demeurera intact à la fin de son examen.

Je hausse un sourcil étonné quand elle se fait plus aimable, quoiqu'encore emplie de jugement. Mais elle me rend mon carnet, s'installe comme si j'allais lui raconter une histoire intéressante, ce qui me semble peu probable, je n'ai pas grand chose de mon passé que je puisse, réellement, raconter, j'ai des mensonges créés à mesure des besoins, mais la vérité ne peut être dévoilée. Après tout je suis un vampire, ou quelque chose de semblable en tout cas.

"Camille. Et en général ils me voient...."


Elle est comme moi, capable d'oublier le monde extérieur quand l'art l'envahit. Je souris légèrement en tournant les feuilles du carnet pour lui montrer la meilleure esquisse, un seul trait de crayon liant et créant plusieurs danseuses tourbillonnant autour d'un cygne.

"J'entendais la musique."

C'est le seul compliment qui me semble à cet instant, à la hauteur de ses mouvements. Ce n'est pas grand chose, mais il y a des beautés que les mots ne savent décrire et en pleine apocalypse une femme qui danse à en oublier la fin du monde est belle.

"Je chante, si tu veux un accompagnement un jour. "

Je sais jouer du piano aussi mais en trouver un qui ne soit pas désaccordé  et / ou déjà à quelqu'un relèverait du miracle je présume.


Camille s'assied en tailleur face à Anastacia et lui demande son nom, rayonnant d'une joie naïve et enfantine face à cette étrange rencontre, se projetant déjà dans une belle amitié sans même savoir son prénom.



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MessageSujet: Re: (Camille) | All that great heart lying still and slowly dying   Lun 24 Avr - 17:20

All that great heart lying still and slowly dying

Anastasia & JCamille

Quand je danse, les réflexes de l’assassin ont tendance à s’endormir pour laisser la grâce s’exprimer, et dans cette sorte de léthargie, je me sens toujours libérée d’un poids immense. Je n’ai pas demandé à être ce que je suis et … Dans un sens, je pense que personne ne voudrait l’être. Prendre une première vite, c’est un traumatisme. Chaque muscle tremble lorsque le doigt se referme sur la gâchette du revolver, les pupilles se dilatent et le cœur bat à cent à l’heure. La détonation vrille les tympans et jamais Ô grand jamais on oublie cette vision d’effroi ou de stupeur sur le visage de la victime, pas plus qu’on est en mesure de supporter de voir un corps en bonne santé s’effondrer comme une poupée de chiffon. Prendre une vie c’est un traumatisme, ça oui. On s’en réveille la nuit, on en fait des cauchemars, on en vomit ses tripes… Et on finit par s’y habituer. Les morts d’accumulent, les meurtres s’alignent et vient un jour où tout ça n’a plus d’importance. Chaque visage se dépersonnalise, les noms deviennent des numéros, et on en perd la notion d’importance. On meurt à petit feu et c’est ça qui rend si indifférent. Quelque part, chaque fois que je prends une vie, un fragment de mon âme s’éteint et je le sais. Je pourrais bien sortir dans la rue et tirer sur tout ce qui bouge que ça me laisserait de marbre parce que j’ai été conditionnée ainsi, tout simplement ! C’est là tout l’art du formatage des assassins ! Nous rendre dociles et efficaces ! Pourtant, si Andreï et moi avons longtemps été les meilleures recrues du KGB, nous n’étions pas les plus faciles à dompter, loin de là. Mais faites d’un assassin réfractaire un métamorphe et vous verrez qu’il devient tout de suite beaucoup plus obéissant.

Alors oui, ce que cette fille a vu en arrivant, ce n’est pas l’Anya que tout le monde connaît. C’est l’Anya qui exprime son mal-être et ses passions par le corps, l’Anya qui s’abandonne, l’Anya qui laisse la vulgarité au placard… L’Anya qui aurait pu entrer au Bolchoï si on ne l’avait pas vendue. Si tôt mon regard posé sur elle, le naturel revient et je ne peux m’empêcher de l’agresser d’entrée de jeu. Y en a pas des masses, des gens qui m’ont vues danser. Enfin du moins des gens qui ne sont pas morts de vieillesse depuis belle lurette ! Et v’là qu’elle me bave des conneries à base d’empreinte du passé. Sérieusement ?

« Je sais pas après quel passé tu coures, mais il est certainement pas très reluisant, vu c’qu’on trouve ici. Tout c’qu’on y trouve, ce sont des fantômes pris au piège, crois-moi. »

Y a de l’amertume dans ma voix, mais le monde qui nous entoure me laisse profondément amère. C’est comme si la poésie s’était envolée en même temps que la moitié des continents de cette putain de planète. Et puis toute cette morosité, je préfère la garder pour moi et subtilise à la demoiselle son carnet à dessins. Faut admettre qu’elle se débrouille pas mal. Elle a l’œil, et là où quelques traits chez moi ressemblent soit à du Picasso raté soit à d’la merde, chez elle ça semble prendre vie. Mon agressivité retombe comme un soufflé car une chose est sûre : ce n’est pas une artiste de pacotille. C’est quelqu’un qui voit sûrement le monde plus beau qu’il est, et encore gens de l’art, j’imagine qu’on ne peut que… Se comprendre ? Je n’irais pas jusque-là. Mais discuter ça oui. Alors, assise face à elle, je me fais curieuse, comme je sais si bien le faire. Elle est assez laconique, presque timide. Peut-être que je lui ai fait peur, avec mon agressivité ? Ça ne serait pas étonnant, je fais souvent cet effet-là. Alors je penche la tête sur le côté, mon sourire se voulant aimable et non moqueur.

« Tu entendais la musique ? Quel genre de musique ? »

Savoir percevoir la musique dans un lieu silencieux, ce n’est pas donné à tout le monde. Savoir l’entendre en voyant une danseuse, ça c’est peu commun. Aurait-elle reconnu les pas ? Je fini par me relever, les poings sur les hanches.

« Ca fait sûrement très cliché, mais c’était Chtchelkountchik, je crois que vous dites Casse-Noisette, ici. Tu connais ? C’est le même ramassis de connerie qu’on nous sert à toutes les sauces dans la moitié des ballets russes : l’amour, le triomphe sur le mal, blablabla… Mais c’est beau malgré tout. »

Écrire un ramassis de conneries n’a jamais empêché Tchaikovski de me faire rêver mais… L’amour, j’y crois plus trop. On se demande à cause de qui, tiens ! Je déambule dans la salle, les pointes de mes chaussons claquant sur le vieux parquet poussiéreux.

« Et donc tu chantes ? Qu’est-ce que tu connais comme chanson ? »

C’est vrai qu’un peu de musique égayerait un peu mes exercices et au fond… Si ce qu’elle chante me plaît, je peux bien me remettre à danser. Elle m’a déjà à l’œuvre, naïvement je me dis que je ne la reverrai jamais… Une part de moi trépigne d’envie de partager son talent et le mien, tandis que tout le reste me pousse à la méfiance et à l’égoïsme : c’est mon jardin secret.

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MessageSujet: Re: (Camille) | All that great heart lying still and slowly dying   Sam 29 Avr - 22:27


“And those who were seen dancing were thought to be insane by those who could not hear the music.”



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Le regard d'Anastasia se teinte d'amertume autant que sa voix, le passé peu reluisant c'est quelque chose qui échappe à Camille, le passé est, forcément, magnifique, non ? Par principe, il est embelli par son absence, par la nostalgie, par les souvenirs remaniés jour après jour. Et puis ce passé peut-il être bien pire que l'enfer dans lequel elle a passé les siècles précédents ? Ou que ce qu'ils vivent tous aujourd'hui ? Comment peut-il ne pas être magnifique, parfait ? Après tout ce passé il n'en reste pas grand chose, juste assez pour porter l'imagination.

Elle hausse les épaules, doucement, pas pour mettre en doute ce que dit la danseuse, pas pour contester son amertume, après tout elle ignore tout de sa vie, de son passé, cette amertume a une source sans doute. Elle se contente de répondre :

"Peu importe, je le ré-invente. "

J'ai failli dire "je l'imagine", mais ce serait avouer que je ne le connais pas. Peut être que la phrase serait passée inaperçue, mais c'est peu probable, tout le monde se méfie de tout le monde et plus principalement des sorciers, des vampires, des métamorphes, bref de ceux qui sont différents. A raison sans doute, après tout j'affaiblis l'autre pour me nourrir, c'est malsain.

Mais je deviens plus......Non, n'exagérons pas, je deviens moins inapte à cacher ma nature, par la force des choses. Je fais plus attention aux mots qui parfois s'échappent de mes lèvres sans que mon cerveau ait été consulté.

Elle se fait moins brusque, je souris légèrement, la surprise est passée, elle s'ouvre davantage. Je fredonne légèrement quelques mesures du lac des cygnes et d'autres de Casse Noisette. La grande époque des ballets russes a attendu bien après ma mort pour éclore, mais j'ai, un peu, rattrapé mon retard depuis mon retour. J'écoute tout, je lis tout, je regarde tout, avide de connaissance, avide de comprendre ce monde, avide de retrouver les siècles perdus en Enfer. Mais la plus belle des musiques ne peut jamais couvrir le son de sa voix " tu es en dessous de tout" dit-elle encore et encore inlassablement, disque rayé depuis longtemps décédé.

Je me reprends, secoue la tête, observe la danseuse cynique


"C'est beau de chanter que l'amour triomphe, peu importe que ce ne soit pas vrai. L'art n'a pas besoin d'être réaliste, au contraire, un peu d'espoir, de beauté, de foi, c'est nécessaire, vital.   "

Je baisse les yeux, je m'emballe, non ? Oui, je m'emballe.

Elle regroupe ses genoux sous son menton, les enserre de ses mains, petite souris tentant de ne pas prendre d'espace dans ce lieu où elle est étrangère.

La dernière question trouve sa réponse :

"Tout....Enfin...Je peux improviser, je connais l'oeuvre de Vivaldi, un peu Tchaïkovski, d'autres, mais à une seule voix.... Sinon...Tout.  "

Elle hausse légèrement les épaules, incapable de préciser, tout c'est vaste, il y a encore tant de chanteurs dont elle ignore tout, mais à force de se renseigner elle connait, quand même, au moins de nom, les grandes idoles devenues célèbres tandis qu'elle errait dans le noir.

Elle s'enhardit légèrement et ajoute :

"Où tu as appris à danser comme ça ?  "

Parce qu'elle n'improvise pas, enfin....si, mais elle n'est, clairement, pas autodidacte, il y a de la discipline, de l'entrainement derrière cette grâce, une danseuse - piètre mais tout de même - sait reconnaître cela chez une camarade. Elle danse avec la légèreté de quelqu'un qui n'a plus besoin de réfléchir, quelqu'un pour qui les mouvements sont une évidence ancrée au plus profond de son être. Quelqu'un qui, sans doute, a dansé plusieurs heures par jour des années durant.

Camille réalise qu'elle ignore toujours le nom de l'inconnue, peut être que la question n'était pas la bienvenue, alors presque aussitôt elle se rétracte

"Désolée c'est probablement indiscret  "

Parce qu'après tout, elle serait bien en peine, elle, d'expliquer d'où elle sait ce qu'elle sait. Poser des questions c'est risquer de s'en voir poser en retour. Et ce n'est jamais une bonne idée.



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↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Dance of Fate - Epica | Take the Day - Turisas | Scaretale - Nightwish | The Parting Glass - Peter Hollens | 5th Symphony (mvt 1) - Beethoven | Yma O Hyd - Dafydd Iwan | Piano Concerto n°2 - Shostakovich | Nuages - Debussy
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MessageSujet: Re: (Camille) | All that great heart lying still and slowly dying   Dim 14 Mai - 23:13

All that great heart lying still and slowly dying

Anastasia & JCamille

Je relève un instant les yeux vers Camille. Le passé qu'on aimerait oublier, qu'est-ce qu'elle peut en savoir, elle ? Elle doit avoir quoi... la trentaine ? Guère moins que moi physiquement, mais je porte en réalité soixante-dix ans d'asservissement sur mes épaules, et c'est bien trop malgré toute l'énergie que je mets au quotidien pour prétendre que je vais bien et suis forte. Et puis qui sait ? Peut-être Camille est-elle comme moi ? Plus vieille qu'il n'y paraît ? Je scrute ses prunelles, cherche une réponse à cette question au fond de ses rétines, mais force est de constater que lire dans les yeux des gens, c'est la même connerie que de lire dans les feuilles de thé. Le passé est terne, violent et propice aux cauchemars, mais je ne suis pas certaine que l'avenir soit plus reluisant. Et merde... Suffirait que je formule mes pensées à voix haute pour qu'on me qualifie de dépressive, c'est ridicule. Alors comme ça elle réinvente le passé ? A quoi ça sert, à part se bercer d'illusions et vivre dans le déni ? Je me contente de hausser les épaules car après tout, elle fait ce qu'elle veut. Je n'ai pas la curiosité ni la sollicitude nécessaires pour lui poser davantage de questions à ce sujet et de toute manière, je préfère l'éviter. Evoquer la musique, voilà un sujet plus neutre et passionnant qui saura rapidement nous rejoindre. Dès qu'elle fredonne quelques notes du Lac des Cygnes, je sens mes pieds me démanger. Chaque pas, chaque mouvement est gravé dans ma chair comme un rituel bien rodé. Mon cerveau n'a même plus besoin de donner d'ordre à mes membres, ils sont capables de se mouvoir d'eux-mêmes sur ces musiques que j'ai entendu, écoutées et réécoutées jusqu'à l'écœurement mais qui font aujourd'hui partie de moi. Je pourrais me laisser emporter par la musique, mais sa remarque me fait sourire puis éclater de rire. Allons bon ! Une idéaliste, c'est bien ma veine !

« Te vexe pas, hin, mais on est en pleine Apocalypse... C'est pas du triomphe de l'amour, dont on a besoin, mais plutôt d'un miracle. Je comprends ce que tu veux dire, mais... Malgré la beauté de l'art, ça reste des contes, tout ça, c'est factice. »

Elle l'idéaliste, moi la fataliste. Quelque part, on se complète, tiens. L'ennui, c'est que j'ai cessé de voir le bon côté des choses le jour où j'ai compris que toute ma vie durant, j'appartiendrais à un fou furieux. J'prends les choses comme elles sont, comme elles viennent, mais je ne me fais pas d'illusions. Je préfère être surprise que déçue. La surprise du jour, c'est cette fille, cette petite demoiselle aux doigts de fée et à la jolie voix enjôleuse. C'est presque amusant tant c'est incongru. Et puis surtout, c'est drôle de voir une jeune femme de son âge dont le répertoire musical se dirige spontanément vers les grands maîtres classiques et non les soupes imbuvables qu'on nous servait à la radio avant l'Apocalypse. Ça devrait me mettre la puce à l'oreille quant à l'âge qu'elle a réellement mais pour le coup, ça m'échappe.

« Vivaldi, Tchaïkovski... Dis-moi, tu as un répertoire très classique... Tu chantais rien, avant le grand boum d'il y a cinq ans ? »

C'est que ça me turlupine, finalement, de savoir. Un peu comme tout. Trop curieuse, Anya, bien trop curieuse, et ce même quand c'est malvenu. Seulement visiblement, je ne suis pas la seule à être curieuse. Où j'ai appris à danser ? Je penche légèrement la tête sur le côté, silencieuse. Lui raconte toute l'histoire, ça serait lui dire que si je veux, je peux l'étrangler avec les rubans d'un de mes chaussons. Quoi que... Vu l'âge qu'ils ont, ils se casseraient avant même qu'elle ait l’hyoïde de fêlé. Tant pis pour ma comparaison qui se voulait classe, toujours est-il qu'elle n'a vraiment pas besoin de savoir que mon entraînement de danseuse a en partie servi les intérêts du KGB et desservi ceux de tous ceux que j'ai été contrainte d'abattre.

« Non c'est pas indiscret... Si tu m'avais demandé la taille de mon fut, j't'aurais sûrement pas répondu mais ça... Ça va. J'ai grandi en Russie, et l'une des grandes traditions russes, c'est le ballet. J'partageais mon temps entre l'école et la salle de danse, on devait être une dizaine de gamines comme ça. Notre rêve c'était d'entrer au Bolchoï, le grand cliché habituel, quoi. »

Et je ne me suis jamais présentée. J'aurais dû, si on m'avait laissé deux ans de plus, mais il fallu que des gens mal intentionnés décident pour moi. Adieu carrière de danseuse, au revoir les rêves étoilés, envolées les acclamations du public. Je hausse alors les épaules, inventant un bobard au fur et à mesure que je parle.

« Je me suis sectionnée un tendon trois mois avant les concours, ça a mis fin à tous mes espoirs de carrière. C'est comme ça, ça arrive, et puis comme tu peux le voir ça n'm'empêche pas de continuer à danser. »

Ça aurait presque été moins dur d'arrêter à cause d'une blessure. En réalité, je ne me suis jamais rien cassé, ni même foulé, et depuis que je suis une métamorphe, mon corps se régénère si vite que la moindre blessure ne laisse aucune séquelle durable. Ça me rend amère, cette histoire, car si j'avais pu mener la vie dont je rêvais, je serais devenue danseuse, n'aurais pas été changée en coyote et surtout... Je n'aurais ni connu Andreï, ni Georg. Il y a des moments où j'aimerais perdre la mémoire pour ne plus me souvenir d'eux ni des soixante dernières années, mais je sais que c'est impossible, à moins de me prendre un coup monumental sur la tête. Lassée de passer pour la danseuse ratée qui pleure sur son passé, je me relève, m'étire à nouveau et esquisse un sourire.

« Tiens... Plutôt que de m'écouter raconter ma vie qui n'a rien de palpitant, ça te dit, un jeu ? Chante-moi le premier truc qui te passe par la tête et je vais tenter d'improviser un truc dessus, d'accord ? »

_________________


We are going to die, and that makes us the lucky ones. Most people are never going to die because they are never going to be born.
The potential people who could have been here in my place but who will in fact never see the light of day outnumber the sand grains of Sahara.

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MessageSujet: Re: (Camille) | All that great heart lying still and slowly dying   Dim 21 Mai - 15:46


“And those who were seen dancing were thought to be insane by those who could not hear the music.”



Anastasia & Camille
featuring


Camille observe la danseuse qui rit, souriant elle-même. Même si c'est un peu moqueur c'est un rire, c'est toujours ça de pris, elle qui semblait si triste et fermée peu avant. Camille apprécie les petites victoires.

Perdues au milieu d'un vieux gymnase éventré par les ans cet éclat de rire rebondit le long des miroirs brisés, des barres arrachées, du sol poussiéreux. L'espace d'un instant l'endroit reprend vie, en fermant les yeux Camille peut voir la pièce tel qu'elle était avant, lumineuse, agrandie par les miroirs, emplies de petites filles aux yeux brillants et à l'air concentré, sourires et chignons s'emmêlant dans une pirouette. Un simple éclat de rire, un peu moqueur, rappelle un passé où l'enfance avait encore droit de cité.

" Un miracle...Oui...Mais j'y crois aussi. C'est plus facile d'avancer quand on a un espoir, si ridicule soit-il auquel s'accrocher. On ne peut pas survivre dans cette apocalypse  si on ne croit pas, un peu, au fond, qu'il peut changer. "


Enfin, si, on peut, quand on sait que la mort est pire encore que l'apocalypse. Mais je ne peux pas lui dire cela. Et puis...Peut être qu'avec tout ce qui se passe l'enfer n'existe plus, après tout nous en sommes sortis, c'est mauvais signe, non, pour un enfer ? Quand tout le monde en sort.

Non que je sois spécialiste en enfer, si ma vie n'était pas paradisiaque et si ma mort fut une torture bien trop longue, je n'ai jamais su créer d'enfer pour les autres, ni de paradis, malheureusement, j'aimerais bien. Je crée des petites bulles de légèreté, comme là avec la danseuse de ballet, mais cela ne dure jamais.

Sa question suivante me fait baisser la tête, mais je réponds quelques instants plus tard avec un léger sourire d'excuse :


" J'avais des parents mélomanes, et soyons honnêtes la musique d'il y a quelques années n'arrive pas à la cheville des grands compositeurs classiques, ou d'Elvis, les Beatles, Louis Amstrong, Ray Charles..."

Un mensonge de plus, perdu dans une masse de vérités insipides, j'ai perdu le compte, mais ils sont essentiels, pour ma survie, et ils ne blessent personne après tout, ce n'est pas comme si nous étions amies, confidentes.

Elle même répond à ma question, pas si indiscrète finalement, je me sens d'autant plus coupable, encore qu'après tout elle peut mentir aussi. Le Ballet Russe, voilà une vie qui m'aurait séduite si j'avais pu la connaitre. Bon je suis née avant cette époque bénie et pas dans le bon pays, mais détails que tout cela.

" C'est.... Des milliards de petites filles rêvent de vivre cela. Sans connaitre les sacrifices que cela demande, surement. Cela a du être passionnant."

Elle change de sujet et je souris, l'idée me séduit, chanter me réjouit, la voir danser me réjouit.

Je me lève, m'étire un instant et  commence par un classique de jazz au rythme assez rapide, pour lui dégourdir les jambes. Je marque la mesure du talon et frappe dans mes mains, balançant légèrement mes épaules sans danser réellement, juste parce que la musique m'emporte.




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