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 Le corps et le cœur. [Perséphone]

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MessageSujet: Le corps et le cœur. [Perséphone]   Dim 19 Mar - 16:57

Un cliquetis atone et monotone vibrait dans le hall d'entrée du cabinet tandis que je me lassais à attendre avachi sur une des chaises qui accompagnaient le bureau. Elle était en retard. Ou bien était-je en avance? D'un subtil haussement de l'œil, je scrutai ma pendule qui s'étouffait dans les secondes et agonisait dans les minutes. J'aurai du changer la pile hier. Mais quelque chose de plus, légèrement,  intéressant m'avait amené à révisé mes plans.
Une visite de Perséphone, qui souhaitait comme à son habitude quérir mes services et désirer que je la leste de quelques preuves embarrassantes. La demande avait piqué mon intérêt, d'autant plus qu'elle tombait à pic.
Il fallait que je la voie.

Et je la vis, passer le palier de la porte, elle et sa bonde crinière qui l'espace d'un instant illumina la tapisserie terne de la morgue. On aurait dit un soleil dans la nuit. Un soleil qui m'apportait un corps en décomposition dans le coffre de sa voiture.
"Bonjour Perséphone. Toujours aussi charmante. Alors, que m'apportes-tu de beau aujourd'hui? Des fleurs? Des petits chocolats? Ou bien un baiser pour égayer mes pensées?"
Je ne tarda guère à m'approcher d'elle tout en lui adressant un regard soutenu avant de me diriger vers le véhicule garé devant l'établissement:
"Et bien, tu me gâtes! Un cadavre gorgé de pus et de vers. Tu as toujours su me combler, ma belle Perséphone. Je me demande ce qui lui est arrivé? Ce ne serait pas... une tentative de nécromancie tout de même? Perséphone, voyons."

Un grand sourire ornait mon visage tandis que je m'affairai à transporter le corps au sein de la morgue. Une belle paperasse m'attendait, à expliquer les circonstances "naturelles" de la mort du pauvre homme tandis que celui-ci demeurait déjà bien en dehors du domaine du vivant. Un bon moment plus tard, je me retrouvais sur la table d'autopsie, Perséphone à mes côtés, tandis que je m'affairais à diagnostiquer mon patient:
"Voyons voir comment nous allons pouvoir nous arranger avec celui-ci. On ne peut pas dire que tu as lésiné. La plupart de ses blessures présentent du sang coagulé avec des lésions certainement faits à l'arme blanche... et vu que celui-ci ne coagule guère plus après la mort, j'en déduis que tu l'as gardé en vie un sacré moment. Bravo. Mais essayait-tu de le sauver ou de le tuer?"

Un blanc vint emplir le creux de la pièce, mon regard pesant sur son visage à discerner la moindre réaction. Bien que sa réponse ne m'intéressait guère, la faire mariner ainsi un instant était un petit plaisir auquel je ne savais refuser.
"Bah, qui suis-je pour juger? Nous avons tous nos petits secrets. Cela me fait d'ailleurs penser! Il faut que je te montre quelque chose. Je suis sûr que ça va t'intéresser!"
Déposant mes outils sur le coin de la table, je me dépêchai de changer de tenue et de passer un coup sur mes mains.
Ensuite je l'invitai à me joindre dans la pièce suivante où un petit laboratoire y faisait office, avec ses assortiments de fioles et de flacons. Je lui tendis alors une seringue, au contenu d'un jaune effaré. Mon visage prit alors une profonde teinte sérieuse, tout en prononçant ses mots:
"Je suis désolé Perséphone."

La femme se figea, incapable de comprendre quoi que ce soit tandis que je m'efforçai de maintenir l'illusion que celle-ci ne perçoit pas la seringue qui pique son bras. L'illusion brisa juste après que le contenu de celle-ci vint rejoindre le sang dans ses veines et qu'une profonde terreur s'imprimait sur les traits de son visage. Je ne me rappelle plus si elle cria. Mais je sais qu'elle s'écroula l'instant d'après au sol, complètement paralysée, incapable de bouger le moindre doigt, la moindre paupière.
Elle était comme morte. Et pourtant toujours consciente.
"Je sais que tu m'écoutes toujours Perséphone. Le liquide que je t'ai injecté devrait te garder dans cet état une bonne journée, ton corps refusera complètement de t'écouter jusque là. Vois-tu, je t'ai rendu un service, je voulais donc t'en demander un en retour. Des personnes auxquelles je me suis récemment associé mènent des expériences "curieuses" envers les morts et j'ai besoin de savoir de quoi il en retourne. Je vais donc t'introduire là-bas, parmi d'autres cadavres et tu te chargeras de me transmettre un maximum d'informations sur le résultat de leurs manipulations. Ne t'en fais pas, ils commencent toujours par les hommes. Tu devrais pouvoir t'échapper avant qu'ils ne s'en prennent à toi, la salle où ils entreposent leurs matériaux inutilisés étant relativement peu gardée."

Un petit sourire ancrait le coin de mes lèvres:
"Toutefois, au cas où je me trompe, j'espère pour toi qu'ils seront plus raisonnables que toi et...tes expériences."
Et sur ces mots, je la couvris d'un drap qui l'a plongea dans les ténèbres.
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MASTER OF ILLUSIONS

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MessageSujet: Re: Le corps et le cœur. [Perséphone]   Dim 9 Avr - 17:44


Eamon&Perséphone




Un sentiment de haine. Un petit quelque chose que je ressentais contre moi-même. Depuis que j'avais retrouvé Bal ici - Jehan comme il s’appelait réellement - je rêvais de le détruire. Et pourtant, en sa présence je me retrouvais inéluctablement réduite à l'état d'une enfant. Cet homme avait une aura incroyable, puissante, déstabilisante que je ne comprenais pas et qui me dépassait définitivement. Je détestais ça autant que je l'admirais. Cet être machiavélique qui m'avait formé, ce monstre qui ne faisait que détruire... Moi aussi je voulais le démolir, pièce par pièce, voir s'échapper de son corps chacune de ses gouttes de sang. Pourtant j'avais encore besoin de lui. A travers le Gouvernement certes, mais tout de même, je me doutais bien qu'il le prenait directement comme une demande de ma part. Ce qui, bien entendu, ne faisait qu'exacerber plus encore ma colère...

Passant finalement la porte de la morgue après m'être gonflée d'une grande inspiration qui, je l'espérais, renfermait un pourcentage de molécules de courage plus important que de CO2, je lançai rapidement un regard que je voulais le plus indifférent possible sur Jehan avant de totalement me désintéresser de lui en apparence. Je n'étais en aucun cas là ni par plaisir ni par réelle volonté propre, alors si je pouvais au moins m'éviter ses paroles vénéneuses, je n'allais pas hésiter à faire la sourde oreille ! Pourtant il était bien difficile de détourner pleinement son attention lorsque l'on se retrouvait ainsi seul face à quelqu'un qui s'adressait directement à nous et de toute manière, il me semblait que même si je n'avais pas intercepté un traitre mot de tout son baratin, l'intention m'aurait tout de même frappé comme la foudre. C'était peut-être son attitude, peut-être sa voix, quoi qu'il en soit il n'avait pas besoin de dire un mot de plus pour que je me sente mal à l'aise et que j'ai de violentes envie d'y mettre fin.

Pourtant je me devais d'être patiente. Et machinalement je le suivais quand nécessaire, d'une pièce à l'autre sans me départir de cet air indifférent un tantinet agacé. Finissant par l'observer manier habilement ses instruments de torture sur un corps déjà refroidit depuis bien longtemps. C'était passionnant, j'étais certaine que je pourrais apprendre de lui. Que je pourrais apprendre beaucoup de choses. Je devinais des années d'expériences en médecine... Ou bien une capacité incroyable à réussir tout ce qu'il entreprenait. J'avais eu ça aussi un jour... Et puis on m'avait tuée. La chance ne m'avait pas suivie en Enfer. Je ne pouvais pas lui en vouloir pour ça.

"Cela me fait d'ailleurs penser! Il faut que je te montre quelque chose. Je suis sûr que ça va t'intéresser!"

Sortant de mon attrait hypnotique concernant ses manipulations du cadavre au moment même où ses gestes s'arrêtèrent, je fut presque comme réveillée en sursaut.

- Surprends moi...

Prononcé avec une voix peu convaincue. Si j'avais su, je n'aurais sûrement pas évoqué cette requête. Suivant les gestes de l'homme, je le précédais dans une pièce adjacente. L'instant d'après, Bal me tendait une seringue.


"Je suis désolé Perséphone."


Une nouvelle sensation dérangeante me traversa. Peut-être parce que cet homme ne pouvait pas être désolé. Non. Je ne comprenais pas. C'était comme si le liquide me fascinait. Ou me perturbait ou....
C'était trop tard. L'instant d'après, lorsque je me rendis compte qu'il venait de me vider le contenu du verre dans le bras, tous mes membres se mirent à se rigidifier. Je n'étais plus qu'une statue de marbre. Sa poupée de cire qu'il s'était lui-même fabriqué en l'espace d'un tour de passe-passe et une fois de plus je n'avais rien vu venir. Je m'en voulais, peut-être même plus que je ne lui en voulais. Mais le suicide n'était pas une option alors il faudrait bien que je le tue un jour.
Toutes ses pensées me traversèrent alors que perdu de son équilibre, mon corps basculait en arrière. J'avais beau être aussi dure qu'une pierre, la douleur me traversa toute entière. Apparemment le sol était toujours plus fort que moi. Chacun des mots de l'homme s'imprimait dans ma tête comme de jolies conditions d'utilisations. Accompagnées des effets secondaires. Quel bel enfoiré. Un drap vient ensuite couvrir mon visage et ce fut le noir total.

Le voyage fut désagréable. J'étais immobilisée, trimballée dans tous les sens dans ce corps rigidifié par une fausse mort, ne pouvant me raccrocher à rien, ne pouvant ni cligner des yeux, ni me gratter la cuisse qui me démangeait violemment. Quand les freins de la voiture hurlèrent, la lumière se fit bientôt plus vive et des voix résonnèrent autour de moi. Je ne pris même pas la peine d'essayer de les distinguer ou de les comprendre. Je m'en contre fichais. Je n'allais pas faire le boulot qu'on me demandait. Pourquoi est-ce que je ferais ça après tout ce qu'il m'avait fait et me faisait encore ? On me déplaçait. On me découvrit tout à coup. La lumière passa d'un blanc ocre à travers le drap à éblouissant.. J’eus le réflexe de vouloir fermer les yeux mais fut incapable de le faire. Quand je regardais au maximum sur mon côté je voyais la silhouette d'un cadavre, mais je ne pouvais pas non plus tourner la tête. En revanche j'entendais des voix. Nous, cadavres, étions apparemment stockés dans la même pièce que celle dans lesquelles se passaient les opérations ou peu importe ce qu'ils faisaient. Un travail sûrement rapide donc. Ils ne devaient pas stocker les cadavres trop longtemps sinon nous aurions été réfrigérés. Ou gardé ailleurs au moins. Qui savait ce qui pouvait bien sortir des morts...
Quoi qu'il en soit, même si je ne pouvais pas clairement voir ce qui m'entourait, mon ouïe était encore tout à faire opérationnelle et je pouvais entendre chacune des choses que me le permettait ma position. Apparemment les... personnes chez qui je me trouvais s'occupaient d'un autre corps. J'entendais de temps en temps les ordres qu'ils se lançaient. Je ne comprenais rien à rien. Jusqu'à ce que soudain, des hurlements s'élevèrent. Quelque chose de sinistre. De presque inhumain. Non, de définitivement inhumain. Des exclamations de satisfaction retentir, contrastant clairement avec les grognements lugubres qui ne s'arrêtaient plus.
Au bout de quelques minutes, les cris diminuèrent, comme si on éloignait le corps... Si tout du moins ce n'était plus qu'un corps.
Il fallut encore plusieurs cadavres pour que je sois certaine de ce qu'on faisait ici. En réalité, le premier mort se mettant soudain à hurler aurait suffit, mais comme je ne pouvais de toute façon pas bouger... Alors bon...
Pourtant le temps passait et mes membres ne répondaient toujours pas. S'ils ramenaient les morts à la vie, que se passerait-il avec moi ? Soudain je sentis des mains agripper mes chevilles. Eh merde.

_________________


Craziness is a Cure.
©️ by Sun  


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