AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 I need a hero [Joe]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1921
↳ Points : 521
↳ Arrivé depuis le : 23/01/2017
↳ Age : 25
↳ Avatar : Tom Hardy
↳ Age du Personnage : 33 ans.
↳ Métier : Souteneur pour la Niflheim, au Little Darlings.
↳ Opinion Politique : Contre le gouvernement, vit de la transgression des règles.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général, 2 - Sarcasme, 8
↳ Playlist : MARILYN MANSON - Coma Black, A Place In The Dirt, The Fight Song *
RAMMSTEIN- Feuer Frei *
KORN - Freak On A Leash, Right Now, Punishment Time, Somebody Someone *
LA CANAILLE, La Colère *
IMAGINE DRAGONS, Shot *
SKILLET, Monster *
↳ Citation : « I am not loved. I am not a beautiful soul. I am not a good-natured, giving person. I am not anybody's savior. »
↳ Multicomptes : Aucun.
↳ Couleur RP : #996633



les petits papiers
↳ Copyright: Avatar : DANDELION / Code Signa : XynPapple
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: I need a hero [Joe]   Jeu 1 Fév - 22:36

La moue feint de s'agacer sur mon visage lorsque je lance un regard à Shae. De ces coups d’œil rendus fatigués par l'alcool, l'esprit demeure pourtant suffisamment vif pour assumer une discussion pleine de souvenirs. Plissant les yeux, le sourire sur mes lèvres s'étire. Bavard, je l'ai toujours été – tout dépend de ce que j'ai à dire sur le moment. Gonflant la poitrine dans un soupir légèrement embrumé, les doigts serrés sur le métal froid, je n'ai pas l'intention de voir le tourniquet s'arrêter. Pourtant le mouvement s'alanguit, perd de son inertie sans que je m'en rende compte. Marchant à côté, l'allure moribonde, je me perds dans les mots de l'avocate. Ingurgitant ses quelques confidences, j'acquiesce, soudain muet. Rebecca. Curieux, j'ai envie de relever ; mais il y a quelque chose dans son soupir, dans l'intonation qu'elle avait prise, dans ce petit silence qui suit la révélation. Il y a quelque chose qui m'impose le silence – après tout, qu'importe ? Ce doit être une proche, Shae le dit à demi-mots. Détournant le regard un instant, je le perds dans le parc ; elle a vécu de vraies saloperies et même si je n'en connais pas les détails, ça n'est pas une nouveauté. L'histoire attachée à cette femme doit en faire partie.
Alors je réponds à son sourire lorsque, du coin de l’œil, je vois la bouteille danser près de moi. Une nouvelle gorgée brûlante – combien en ai-je eues, tout au long de la journée ? L'estomac réchauffé d'un foyer factice, le sourire s'imprime sur mon visage, fantomatique.

À ses nouvelles paroles j'acquiesce lentement, fixe les mirettes sur le visage qui me fait face. « Ouais. » Lâché-je brusquement, grave. C'est une prise de conscience idiote, que je me fais beaucoup trop souvent pour en être étonné – mais, ouais. Ponctuant sa réflexion de quelques acquiescements, je me contente finalement d'un haussement d'épaules comme unique réponse. Évidemment. À ce constat non plus, pas de grande nouveauté ; pourtant, l'alcool imprime ses mots dans mon esprit, échauffé et vaporeux. Trempées dans quelques gouttes d'alcool, toutes ces petites discussions prennent une toute autre dimension. Très réelle. « J'me suis gâché la vie pendant des années, sans jamais m'dire que l'enfer, c'était pas c'qu'on vivait à l'époque. Et maintenant, j'crois que je vais mieux que jamais. D'ailleurs, y a pas grand-monde qui s'plaint de sa condition, alors que c'est... » La galère, la merde noire – c'est quoi ? La fin de ce si joli monde, celui de nos doux souvenirs. Engloutis avec, ils ne subsistent que dans les bribes de conversation que l'on daigne leur accorder de temps en temps, lorsqu'on a un coup dans le nez. « Peut-être qu'on avait besoin d'ça pour réaliser que la vie, c'est pas si merdique. » Amusé, c'est un drôle de rictus qui se dessine sur mes lèvres.
S'agissant de sa dernière petite confession, je demeure muet, hochant imperceptiblement la tête dans la semi-obscurité qui nous entoure. Partageant avec elle le soulagement de ne pas être étreint par la solitude, je ne peux qu'approuver la blonde. Des individus, des inconnus, des proches, j'en vois tous les jours. Ça n'empêche pas la solitude de me croquer ; avec Shae, la discussion est beaucoup plus simple que ce à quoi j'aurais pu m'attendre.

Un baiser échoué sur la joue, je n'en démords pas de cette bonne humeur qui m'engloutit tranquillement. C'est agréable, c'est rassurant. Puis je ris, moqueur. « Sentimentale, n'utilise pas les mots qui fâchent. » Lui tournant le dos, je cherche les vieilles balançoires dans la pénombre, puis vais m'y asseoir. La structure en métal grince sous mon poids et, du pied, je tape le second siège suspendu, signifiant à Shae qu'elle est invitée à m'y rejoindre. Si j'exprime, dès les premières secondes, une petite retenue une fois installé, j'oublie rapidement de m'inquiéter de l'état de détérioration de la balançoire. Les pieds touchant largement la terre, je ne me balance pas vraiment, mais qu'importe. Reportant les yeux vers Shae, je l'observe. Élevée par des nounous, s'enfuyant du foyer dès que possible, je me demande si elle a vraiment joui d'une enfance normale. Inutile de chercher les parents abusifs, me dis-je ; j'avais les miens sur le dos en permanence, et j'ai fait exactement la même chose qu'elle. Il fallait échapper à cet endroit, ce repère familial étouffant.

« Mmh, un jour j'suis parti au ski. T'as du y aller toi aussi, petite riche – disons que t'étais dans ton joli chalet, avec toutes tes nounous, et moi j'étais avec l'école. Le collège, plutôt. C'était la première fois qu'j'enfilais des skis, que je profitais vraiment d'la neige, mais j'ai dit que j'avais des années d'expérience, parce que... » Feignant une moue de supériorité, je hausse les épaules. « J'avais douze ans mais ils m'auraient foutus dans le groupe des Piou-piou, quoi, j'pouvais clairement pas assumer ça. Tout s'passait correctement, même si j'étais un peu en galère dans la poudreuse, jusqu'à c'qu'on monte une petite piste. Mais bon, il a fallu redescendre... » Je souris, amusé. « Ils ont tous dévalé la putain de piste, et moi j'suis resté tout en haut comme un con, incapable de bouger. Tout l'monde s'est mis à m'appeler de loin, à m'faire des signes ; ils attendaient, quoi. Ça m'a jamais dérangé d'être au centre de l'attention, mais là c'était vraiment pas l'moment ; peut-être qu'ils savaient que j'aimais bien m'rendre intéressant, maintenant que j'y pense... Bref, le temps passe et j'suis toujours là-haut, bloqué. Évidemment, y a un moniteur qui vient me chercher. J'ai du m'accrocher à lui pour redescendre... » Les yeux roulent dans leurs orbites. « Mais bon, c'est pas fini. J'arrive en bas avec tout l'monde, un peu échauffé par mon échec cuisant, tu vois. Un peu fatigué par le voyage jusqu'à la station de ski, un peu stressé, tout ça... Ça monte ça monte, et je chiale devant toute la classe. » La moue est rieuse, railleuse envers cet enfant prétentieux et suintant de fierté mal placée. Le souvenir n'est pas particulièrement hilarant, mais il m'a marqué et, au fond, il m'amuse toujours. Dramatique, j'ajoute : « Encore un petit souvenir que tu m'auras extirpé cette nuit, Shae. »

Haussant à nouveau les épaules, je bois une petite gorgée d'alcool, très superflue, avant que la bouteille ne rejoigne le sol. « On fait un concours : celui qui s'balance le plus haut gagne. » Ne sachant pas vraiment l'enjeu de la défaite, ni de la victoire, je m'installe. Celui qui se balance le plus haut, ou celui qui parvient à garder son estomac en place, d'ailleurs.

_________________
LOVE IS EVIL
SIN IS SINCERE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4257-joseph-townsend http://www.mercy-in-darkness.org/t4636-punishment-time

Invité
Invité

avatar





MessageSujet: Re: I need a hero [Joe]   Ven 9 Fév - 19:12

« Sentimentale, n'utilise pas les mots qui fâchent. »
Shae sourit et hausse les épaules. C’est un mot qui fâche, sentimentale ? Avec Joe, probablement. Il a l’air d’être plutôt le genre de mec à masquer ses sentiments, à ne pas les assumer. Shae est différente. Elle a appris à embrasser ses sentiments, à s’exprimer. Sauf avec Garret, mais c’est une autre histoire. Ceci dit, cette remarque mise à part, Joseph n’a pas l’air fâché qu’elle s’exprime. Ils se sont bien trouvés, cette nuit. Peut-être qu’il a, comme elle, le besoin de ne pas se sentir seul. C’est que ça peut arriver facilement, dans cette ville. On a beau être entouré d’un tas de personnes, qu’on connait plus ou moins bien, on reste quand même seul parfois. Quand tout le monde rentre chez soi, que la politique s’en mêle, que la méfiance jaillit sous les sourires. Shae ne sera jamais comme les autres, parce qu’elle connait la magie et la maitrise. Et elle ne peut en parler qu’à quelques personnes de confiance, triées sur le volet, parce que sa nature même peut la faire tuer. Il y a des fanatiques qui persistent à croire que les mages sont coupables de tous les maux de l’univers, et seraient prêts à tuer un tas d’innocents mages pour « nettoyer les rues ». Une fois qu’il n’y aura plus d’infectés, elle sera peut-être parmi les prochains sur la liste. Puis ce sera les métamorphes. Les alliés sont rares, au final. Et pour Joe, ça doit être pareil. Oh, il mène un boulot lucratif, après tout, des prostituées, il y en a toujours eu, il y en aura toujours, le monde ne tourne pas sans. A priori, il ne sait pas comment tourner sans. Mais beaucoup rejettent cette activité, et beaucoup doivent mépriser Joseph pour ce qu’il fait au quotidien. Après tout, Shae l’a elle-même méprisée, avant ce soir, avant d’apprendre à le connaitre. Alors, les gens, comme elle, comme lui, pouvaient se sentir facilement seuls. Et des fois, ils se trouvaient et étaient moins seuls. Juste une nuit, c’était déjà bien. C’était déjà beaucoup. Elle s’installe sur la balançoire voisine de celle de Joe. Les deux engins ont largement dépassé leur date de maintenance. Et leur date de remplacement. Mais il n’y en a pas de rechange. Shae sent le métal des chaines grincer lorqu’elle s’assoit, mais tant pis. Ca tiendra le temps que ça tiendra, pas vrai ?
Et Joseph lui raconta une autre histoire, et Shae rit. Il a un talent indéniable pour raconter. Les récits deviennent épiques, et drôles, et son ton bourru en devient formidable. Il transforme une histoire du quotidien en aventure, et Shae adore ça. Elle n’a jamais été une conteuse. Une oratrice, certes, mais uniquement quand il s’agit de défendre un cas. Convaincre, c’est son truc. Raconter, elle est nulle pour ça.  
« Pauvre petit Joseph. Ca a dû être super difficile ! C’est ça d’être présomptueux. »
Et en même temps, elle s’imagine tellement bien le comportement de Joseph à l’époque. Comme aujourd’hui. Ce n’est pas de la présomption, elle le sait. C’est de la fierté. Avec les années et le métier qu’elle exerce, Shae a appris un peu à décoder les gens. Indispensable quand on veut monter un dossier solide. Et elle reconnait la fierté chez Joseph. Pas une fierté mal placée. La fierté de celui qui veut bien faire, être le plus fort, être le plus grand, parce que c’est comme ça. Elle-même a voulu être la meilleure, réussir tous les sorts, toutes les incantations, plus vite, plus fort. Quand on voit où ça l’a menée, ce n’était peut-être pas l’idée du siècle. Mais elle comprend. Si elle n’était pas la meilleure, elle avait l’impression de n’être personne. Les raisons sont peut-être différentes pour Joe, mais elle imagine que le sentiment est à peu près le même.

« On fait un concours : celui qui s'balance le plus haut gagne. »
Shae avise Joseph, lève le menton, provocatrice.
« Tu fais pas le poids. »
Elle pousse sur ses jambes et ses bras, et s’envole. Elle sent que l’alcool dans son estomac proteste un peu. Il n’est pas super d’accord. Elle sait que si elle continue, si elle va trop haut, elle risque de le regretter fort ensuite. Mais elle s’en fiche. Là, elle vole. Alors elle pousse, plus haut, plus haut, et si elle faisait le tour ?
Une chaine brise sous le poids. Shae perd l’équilibre, pousse un cri de stupeur, et part valdinguer avant de s’écrouler par terre, tête contre le sol, les bras croisés devant son visage par réflexe de survie. Le choc est rude, elle pousse un hoquet en touchant le sol. Et puis elle se met à rire. Un rire qu’elle ne maitrise plus. Elle est comme une gamine ravie de sa connerie. Elle pousse sur ses mains, grimace – elles doivent être un peu écorchées – et se tourne sur le dos, toujours en riant.
« C’était pas une bonne idée », lance-t-elle entre deux rires. En fait, c’était une excellente idée. Elle n’a pas ri comme ça depuis un moment. Elle ignore si c’est l’alcool ou la situation, probablement un peu des deux.
« Joe, tu m’aides à me mettre debout ? Si j’essaie je retombe sur mes fesses, vu mon état »
Revenir en haut Aller en bas

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1921
↳ Points : 521
↳ Arrivé depuis le : 23/01/2017
↳ Age : 25
↳ Avatar : Tom Hardy
↳ Age du Personnage : 33 ans.
↳ Métier : Souteneur pour la Niflheim, au Little Darlings.
↳ Opinion Politique : Contre le gouvernement, vit de la transgression des règles.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général, 2 - Sarcasme, 8
↳ Playlist : MARILYN MANSON - Coma Black, A Place In The Dirt, The Fight Song *
RAMMSTEIN- Feuer Frei *
KORN - Freak On A Leash, Right Now, Punishment Time, Somebody Someone *
LA CANAILLE, La Colère *
IMAGINE DRAGONS, Shot *
SKILLET, Monster *
↳ Citation : « I am not loved. I am not a beautiful soul. I am not a good-natured, giving person. I am not anybody's savior. »
↳ Multicomptes : Aucun.
↳ Couleur RP : #996633



les petits papiers
↳ Copyright: Avatar : DANDELION / Code Signa : XynPapple
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: I need a hero [Joe]   Dim 25 Mar - 19:49

Tu fais pas le poids. Nul besoin d'observer à nouveau sa silhouette pour m'assurer que Shae ne doit pas peser bien lourd. Gracile, la blonde pourra aisément s'élever dans l'obscurité de la nuit et disparaître dans les ombres. Quant à ma personne... Un sourire peint dans la barbe, je hausse les épaules. Lorsqu'elle se lance, je l'imite et la suis dans cette danse un peu désordonnée, guidée par la mélodie grinçante des chaînes rouillées. Comme prévu, elle décolle plus vite que moi – mais bientôt, je ne parviens plus à la regarder. L'alcool remue rapidement dans un estomac qui n'a connu, ce soir, que du liquide. Les vagues ondulent, remuent à chaque fois que je décolle et fouettent les parois de l'organe. Si le ventre gémit, il est pourtant facile de l'ignorer – le passe-temps est beaucoup trop agréable, et l'amusement grimpe à toute vitesse.
Ne vomis pas, c'est tout. Le résultat qu'aurait la pesanteur sur un dégueulis me retourne soudain l'estomac, alors que je n'y pensais plus – merde, je me prendrais tout sur la gueule, me dis-je brusquement. Et puis c'est une boucle sans fin, cette histoire de vomi, parce que plus j'y pense...

L'air frais, presque froid, me fouette le visage plus fort. C'est agréable, revigorant. Ça m'aide à oublier le mal, qui meurt petit à petit. Je pousse plus fort, imite celle à mes côtés qui semble prête à s'envoler. Ne tiens pas compte des mouvements inquiétants de la vieille structure en métal, qui gémit sous ce qu'on lui impose ce soir. Le cri s'élève et le corps de Shae disparaît littéralement dans les airs, tandis que le siège qu'elle occupait vient me heurter, désormais seulement rattaché à une seule chaîne. Je jure sans y penser et enfonce les pieds dans le sol dès que possible, réduisant toute l'inertie du mouvement à zéro. Je l'appelle, mettant une seconde à me redresser – la tête tourne, le ventre remue et les jambes n'assument plus vraiment leur rôle. Et puis, elle est immobile. Me redressant doucement, un frisson glacé me parcourt le corps – je l'appelle à nouveau, sans savoir pourquoi je n'accours pas. L'atmosphère, qui a changé en quelques secondes, bascule à nouveau lorsque c'est son rire que je distingue dans l'obscurité. Un soupir de soulagement se hâte hors de mes lèvres, pressé de soulager le poids qui naissait déjà sur mes entrailles. Assumer une nouvelle soirée fichue à cause de mes mauvaises idées n'aurait, vraiment, pas été bienvenu.

Les lèvres s'étirent en un sourire amusé, et puisque le rire de l'avocate ne s'éteint pas, puisqu'il est communicatif. Je ris, doucement, et plus fort, et j'aboie littéralement de rire après quelques secondes. Je revois, du coin de l’œil, son envolée. Son atterrissage misérable, cette pauvre chute ; ce qui m'inquiétait à l'instant me fait désormais rire à gorge déployée. Je l'observe rouler sur le dos et m'approche lentement, moqueur. « T'as fait un d'ces vols planés, ma pauvre vieille... » Ricané-je en m'accroupissant à ses côtés. « T'avais vraiment envie d'gagner, hein ? » Lui prenant les mains, je les observe en les tournant vers une faible source de lumière et les nettoie du peu de terre et de saleté qui côtoient les petites égratignures qui se dessinent sur ses paumes. « Bon réflexe. Tu faisais pas du saut en longueur, à la fac ? » La raillé-je, moqueur. Blague à part, ce réflexe l'aura épargnée de blessures certainement plus importantes qu'un peu de peau écorchée. Je l'aide seulement à se redresser pour le moment et entreprends d'observer son visage tranquillement, lui remets négligemment une mèche de cheveux derrière l'oreille.

En guise d'excuses, je lance : « Bon, j'ai pas toujours les idées les plus lumineuses. Tu m'diras, ça fait toujours des histoires débiles à raconter, comme la fois où t'avais tellement envie d'gagner que t'es partie chercher les étoiles. Quelle audace, quelle arrogance... » Je l'aide enfin à se relever en riant et place les mains près de ses épaules, faisant mine de la stabiliser. Puis je passe un bras autour de sa nuque et fais quelques pas dans le parc, là où nous ne sommes pas encore allés. Nous dirige vers une structure pour enfants, de celles qu'ils peuvent escalader – celle-ci à la forme d'un bateau. « Ces trucs ont que deux utilités : pour les gosses, c'est d'y jouer, forcément. Quand t'es plus gosse, tu vas là-dedans que pour des trucs sales. J'suis sûr que l'intérieur est tapissé d'initiales, c'est romantique... » J'ironise et abandonne Shae, fouillant mes poches à la recherche d'un briquet. Dans la fouille, quelques papiers s'éparpillent au sol – pour le moment, je n'en tiens pas compte. Demain, ils me manqueront. Ça m'apprendra à pas être ordonné.
Dès que j'ai le briquet en main, la flamme danse dans l'obscurité et je l'approche de la paroi brillante. Comme prévu, elle est tartinée d'inscriptions en tout genre. Certaines sont faites au marqueur, au feutre, et d'autres carrément gravées au couteau. Pour les faux amoureux les plus déterminés, me dis-je, sarcastique. « M & A, ils sont devenus quoi, d'après-toi ? » Jouer à inventer une vie à un inconnu, on le faisait tout le temps avec ma sœur. Pour oublier un peu la nôtre, de vie. Je reprends aussitôt et fais mine de raconter une histoire vraie : « Ils avaient quinze ans quand ils étaient là, tu sais ? Elle seize, en fait, parce qu'elle est née en début d'année, mais elle taisait souvent c'détail. Ils sont venus s'tripoter ici, comme tous les mercredis, mais elle voulait pas aller plus loin – pas maintenant, c'était trop tôt... » soufflé-je d'un air emprunté. « Alors il a gribouillé ça pour lui faire plaisir. Il pensait qu'il l'aimait, mais à ses yeux elle avait surtout un cul à s'faire retourner un aveugle. »

_________________
LOVE IS EVIL
SIN IS SINCERE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4257-joseph-townsend http://www.mercy-in-darkness.org/t4636-punishment-time

Invité
Invité

avatar





MessageSujet: Re: I need a hero [Joe]   Sam 14 Avr - 21:46

Joseph se moque d’elle, et Shae s’en fout. L’alcool aidant, elle ne ressent qu’à peine la douleur provoquée par les égratignures sur ses mains. Ses mains que Joseph saisit, puis inspecte. Elle hausse les épaules. « Jamais été une grande sportive », dit-elle simplement. Par contre, l’instinct de survie, elle connaissait bien. Son corps et son esprit étaient experts en auto-préservation. Certains soirs, comme ce soir, c’était utile, visiblement. Elle sourit alors que Joseph l’observe, ne bronche pas quand il remet une mèche en place. Il est très observateur, ce mec. Il prend le temps de regarder. Ou alors il est juste complètement bourré et son cerveau met plus longtemps à le mettre en action. Dans les deux cas, Shae aime bien. Elle a une certaine habitude d’être observée, pas de souci avec ça. Elle fait souvent exprès d’avoir une posture, un rire, une tenue vestimentaire qui attire les observations. Mais celle de Joseph semble différente. Il ne l’observe pas pour savoir comment l’aborder et la mettre dans son lit. C’était plus innocent, étonnant venant de lui.
« [color=#996633Bon, j'ai pas toujours les idées les plus lumineuses. Tu m'diras, ça fait toujours des histoires débiles à raconter, comme la fois où t'avais tellement envie d'gagner que t'es partie chercher les étoiles. Quelle audace, quelle arrogance..[/color]. »
Un petit rire s’échappe de la gorge de la jeune femme. Bon sang, elle doit être bourrée elle aussi, elle n’arrête pas de rire, même aux remarques débiles. Mais elle sait qu’elle racontera cette histoire un jour. Comment elle a essayé de faire le tour de la balançoire et a fini étalée par terre. Audace, arrogance, on se posait sûrement là. Elle était joueuse. Elle aimait les défis, même les plus stupides, même les plus enfantins.

Joseph l’emmène vers la structure pour gosses. Ils auront plus de mal à retomber en enfance là, Shae ne passe pas dans la moitié des structures.
« Ces trucs ont que deux utilités : pour les gosses, c'est d'y jouer, forcément. Quand t'es plus gosse, tu vas là-dedans que pour des trucs sales. J'suis sûr que l'intérieur est tapissé d'initiales, c'est romantique... ». La jeune femme fronce les sourcils. Elle a tenté pas mal d’endroits, parfois étranges, mais les jeux pour enfants n’en font pas partie. Du sexe, là où des gosses jouent en toute innocence ? Elle avait des principes. Est-ce que Joe l’avait fait, lui ? Avait-il encore moins de scrupules qu’elle ? Elle ne demanda pas, ne souhaitait pas vraiment savoir.

« M & A, ils sont devenus quoi, d'après-toi ? »
Shae le regarde, sourire aux lèvres. M&A. Une inscription gravée là, un souvenir qu’on souhaite gravée et éternelle. Elle n’avait jamais eu le romantisme de le faire, même gamine. Shae avait toujours été plus pragmatique. Les relations durent le temps qu’elles durent, c’était stupide de vouloir les rendre éternelles. De les faire durer à tout prix. Et une fois qu’elles étaient finies, ces relations, on regrettait les inscriptions gravées dans le plastique pourri d’une aire de jeux. Parce que ça empêchait d’avancer. Le monde se souviendrait, d’une façon.

Mais Joseph la tire de ses réflexions en racontant l’histoire de M&A, tel un narrateur en voix off dans un documentaire. Et ce qui démarra en une histoire romantique tourna au cru. Shae éclate de rire, surprise par la conclusion.
« Bordel, Townsend, quelle élégance ! Pauvre M. Ou A. J’en sais rien. Disons M, parce qu’il était galant et a mis sont nom à elle d’abord. » Elle se tait quelques secondes, se prenant au jeu, s’imaginant l’histoire derrière le gribouillis. « Elle s’appelait Meredith. C’est mon deuxième prénom, donc c’est joli, ne pense même pas à t’en moquer. Lui, August. Elle l’a fait poireauter longtemps pour aller plus loin, et il aurait pu aller voir ailleurs. C’est pas les candidates qui manquaient pour se faire déflorer, il avait la côte. Mais elle avait un truc, comme on dit, et il l’a attendu, comme un con. Des mois. Et puis un jour, elle lui a avoué qu’elle avait rencontré quelqu’un d’autre, elle l’a planté là, est allée donner sa virginité au quaterback au bout de deux semaines. Il l’a larguée juste après, comme il l’avait fait avec toutes les autres avant. Elle est revenue en pleurant vers August, il l’a envoyée chier, naturellement. Alors elle venait ici, contempler les initiales, comme rappeler au destin que August lui avait fait une promesse, et peu importe si c’était elle qui avait merdé. Mais y’était trop tard. Elle aurait ptet dû réfléchir avant de le repousser. »

Shae secoue la tête légèrement. Elle commençait à divaguer et l’histoire de Meredith commençait à ressembler un peu trop à sa propre histoire. L’image de Garret s’imposa à elle. Garret qu’elle avait repoussé par peur, alors qu’elle ressentait quelque chose pour lui. Persuadée qu’ils auraient le temps, qu’elle aurait le temps de revenir. Mais il y avait eu l’Arène, et c’était trop tard, Garret avait disparu. Elle soupire, se tourne vers Joseph. Et dans un élan stupide, l’embrasse. Quelques secondes, juste pour se rappeler de ce que ça faisait. Pour oublier Garret.

Lorsqu’elle s’arrête, elle se pince les lèvres, presque comme une gamine qui vient de faire une connerie et le sait pertinemment.
« C’est plus sympa que je ne l’avais imaginé », dit-elle simplement avec un petit sourire en coin. « Tu crois qu’ils sont encore là, M et A ? Qu’ils reviennent parfois voir leur œuvre ? »
Détourner l’attention, repartir sur quelque chose. Laisser filer son impulsion. En espérant qu’il ne lui en veuille pas. Elle n’avait pas envie que la soirée s’arrête là.
Revenir en haut Aller en bas

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1921
↳ Points : 521
↳ Arrivé depuis le : 23/01/2017
↳ Age : 25
↳ Avatar : Tom Hardy
↳ Age du Personnage : 33 ans.
↳ Métier : Souteneur pour la Niflheim, au Little Darlings.
↳ Opinion Politique : Contre le gouvernement, vit de la transgression des règles.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général, 2 - Sarcasme, 8
↳ Playlist : MARILYN MANSON - Coma Black, A Place In The Dirt, The Fight Song *
RAMMSTEIN- Feuer Frei *
KORN - Freak On A Leash, Right Now, Punishment Time, Somebody Someone *
LA CANAILLE, La Colère *
IMAGINE DRAGONS, Shot *
SKILLET, Monster *
↳ Citation : « I am not loved. I am not a beautiful soul. I am not a good-natured, giving person. I am not anybody's savior. »
↳ Multicomptes : Aucun.
↳ Couleur RP : #996633



les petits papiers
↳ Copyright: Avatar : DANDELION / Code Signa : XynPapple
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: I need a hero [Joe]   Dim 27 Mai - 19:13

L'image d'une histoire romantique naissante s'impose, fugace, à mon esprit. Ceux qui en font le plus sont souvent les moins honnêtes, me dis-je. Pour vivre heureux, vivons cachés. À mes yeux, ce n'est pas complètement faux. À trop s'exposer, on laisse nos brèches à la vue de n'importe quel serpent qui voudrait s'y insérer – et il y en a toujours un pour le faire. D'ailleurs, il n'y a que des gosses pour graver leurs initiales ; deux gamins émoustillés par une apparence flatteuse et des hormones en feu. Pourtant je souris. À une époque, c'était notre état à tous et d'une certaine manière, c'était agréable.
Haussant les sourcils, je penche le visage vers celui de l'avocate, pleine d'inspiration. Shae Meredith, vraiment ? Je ne m'en moque pas mais souris, amusé. Nous ne connaissons décidément absolument rien de l'autre. Affiché sur mes lèvres, le sourire amusé s'éteint peu à peu et se fait fantomatique à mesure que l'histoire se poursuit. Il n'y a bientôt plus rien de comique dans le récit que j'écoute, si ce n'est une ironie certainement amère, et je demeure silencieux. August et Meredith semblent assez tangibles et je ne sais pas si l'alcool leur donne de la profondeur ou si cette histoire est simplement teintée de souvenirs tenaces. Hochant vaguement la tête, penchée vers Shae, je l'observe conclure. Meredith aurait pu réfléchir, mais qu'est-ce que je sais de cette fille, après tout ? Balader quelqu'un de bien pour se retourner sur une ordure, voilà un schéma que je retrouve dans bon nombre de mes souvenirs, alors...

La frousse est une énergie inépuisable, un fuel à conneries. Sous les traits de Shae, une peine difficile à camoufler et la tristesse me semble belle, gracieuse sur son visage. Lorsque je ne me retourne pas sur des ordures, je m'attache à ceux qui sont brisés, un peu trop tiraillés par la vie, un peu trop noyés par le passé. C'est tellement plus simple de plonger avec eux.
Son baiser trouve une réplique rapide, réponse empressée à quelque chose d'étrange et pourtant inespéré. Il s'interrompt trop rapidement à mon goût et je l'imite, lèvres pincées pour différentes raisons néanmoins. Shae a raison – ce type d'interaction détend souvent l'atmosphère. Faire l'autruche, ça marche aussi très bien. Détournant les yeux, j'accepte silencieusement de faire comme si de rien n'était.
C'est plus sympa que je ne l'avais imaginé ; le baiser ou la soirée ? Qu'importe, je souris dans un haussement d'épaules. « C'est pour ça que j'agis d'cette façon. On s'attend toujours au pire avec moi, et finalement je déçois moins qu'prévu, c'est une tactique. L'histoire de ma vie... » L'amertume traîne sur ma langue et je l'ignore, poursuivant dans cette lancée. La déception que je cause aux autres est inscrite dans mes gènes, voué à emmerder tout mon monde. Et certains parviennent encore à être surpris dans le bon sens.

Secouant la tête, j'hésite néanmoins, ne sachant plus vraiment si on parle de cette Meredith ou de deux véritables inconnus. Dans un nouveau haussement d'épaules, je contemple les initiales une dernière fois et tranche : « Non, pas possible. Cette erreur du passé est belle et bien enterrée, ils ont su s'pardonner mutuellement pour avancer, mais revenir sur les lieux du crime serait trop... pénible. Inutile. M, elle avait plus trop confiance en elle ni en les hommes, mais elle est forte, elle a su passer outre. Lui, il a simplement attendu que la bonne fasse son apparition, tu vois. » Pensif, je songe que ces deux-là doivent être six pieds sous terre depuis un baille. « Ils se sont revus, tu sais. Y a quelques années. Ils se sont échangés quelques mots, rien de fou, parce qu'ils ont toujours su communiquer autrement qu'en bavassant. Il était avec sa femme et sa gosse, et M... elle s'est dit qu'elle aurait pu être à la place de cette gonzesse mais, eh, qui n'a jamais fait d'erreur ? » Tant pis pour leur fin heureuse, ces deux-là n'en auront pas de commune. Passant le bras dans le dos de Shae, une main se pose sur son épaule et je nous détourne de la structure pour enfants. Quelques pas en arrière et nous déambulons dans le parc, passant tantôt de l'obscurité à la lumière jaunâtre des lampadaires.

Bientôt le tour en est fait et nous revenons là où nous sommes arrivés. Me penchant, j'attrape une bouteille et bois une gorgée de liquide brûlant. Drogué, souffle la voix. Toujours drogué à quelque chose. Évacuant la pensée négative d'un mouvement de la tête, je l'incline finalement vers l'avocate. « C'est vrai qu'c'est sympa. Ç'aurait été marrant qu'on s'connaisse dans un autre contexte. » soufflé-je, l'esprit brumeux. Quitte à parler de vies inventées. « Pas dans un autre monde, juste un autre contexte. » Sous-entendu, Shae ne se serait jamais retournée sur un type comme moi. Difficile de savoir si moi-même je me serais retourné sur elle, au final. Mais dans d'autres circonstances, si nous avions vu le positif chez l'autre avant de sauter sur les saloperies que nous avons à offrir. Qui sait.
Levant les yeux au ciel, je me laisse engloutir par la voûte céleste – les paupières sont lourdes et le cadre, si paisible, m'alanguit. Un instant, je suis tenté de lui rappeler les souvenirs d'adolescence durant lesquels on s'endormait n'importe où à quelques heures à peine de l'aube, peut-être pour que l'idée d'observer les étoiles à mes côtés soit séduisante. Quelques voix m'interpellent cependant – plus loin, pas loin, de l'agitation. Comme si un groupe se dirigeait tout près de nous.

Lui attrapant la main, abandonnant bouteilles et étoiles derrière nous, j'entraîne Shae vers la sortie du parc. Je n'ai pas envie de tenter le diable, de gâcher quoique ce soit, ni d'être apostrophé par n'importe qui. La démarche discrète, je longe les murs engloutis par l'obscurité, la main de l'avocate toujours dans la mienne.
Ce n'est que lorsque nous sommes suffisamment éloignés du parc que je marmonne : « J'avais pas envie qu'on soit emmerdés. La nuit, les gens s'transforment en connards. » De nos jours, la nuit obscurcit n'importe qui. Les rues sont un repaire à emmerdes. « On va s'rapprocher des beaux quartiers. T'y vis, hein ? Vous y faites quoi, la nuit ? » Comme si nous habitions deux mondes différents – quoique, c'est un peu le cas.

_________________
LOVE IS EVIL
SIN IS SINCERE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4257-joseph-townsend http://www.mercy-in-darkness.org/t4636-punishment-time

Invité
Invité

avatar





MessageSujet: Re: I need a hero [Joe]   Dim 10 Juin - 17:20

« C'est pour ça que j'agis d'cette façon. On s'attend toujours au pire avec moi, et finalement je déçois moins qu'prévu, c'est une tactique. L'histoire de ma vie... »
Shae sourit doucement. Joseph a dit ça sur un ton léger, mais elle sent qu’il y a quelque chose de plus. D’un peu résigné, un peu triste. Après tout, elle aussi l’avait jugé et s’attendait au pire. Townsend, c’était juste un mac sans aucune éducation qui se servait de ses poings plutôt que de son cerveau. Elle avait jugé sans connaitre. Elle s’était bien fait avoir, parce que Joseph se servait de son cerveau juste comme il fallait. Il était un peu brut, mais il y avait cette lueur dans ses yeux. Il avait du cœur et de l’esprit. Et elle s’en voulait, maintenant, de l’avoir jugé si rapidement. Elle s’en voulut davantage lorsqu’il reprit la parole, qu’il continua l’histoire des deux amants imaginaires. Qu’il la clôtura avec beauté et nostalgie. Qui n’a jamais fait d’erreur ? Elle regarda un instant ces initiales gravées dans le temps. Peut-être était-il temps qu’elle accepte aussi les siennes, d’erreur. Si Meredith avait su le faire, pourquoi Shae ne le pourrait-elle pas ? Quelqu’un lui avait dit, un jour, qu’on agissait toujours selon ce qu’on pensait être le mieux sur le moment. C’était ce qu’elle avait fait, à l’époque. Les choses avaient changé, ensuite. Mais lorsqu’elle avait fait ses choix, elle pensait faire les meilleurs possibles. Pour elle, pour les autres, pour les deux.

La jeune femme sursauta quand le bras de Joe vient se glisser dans son dos, l’emmenant loin de tout ça. Loin de ses pensées. Un geste bienvenu, parce qu’à trop s’y plonger, elle pourrait s’y noyer. Elle prit la bouteille tendue par Joe et lui adressa un clin d’œil lorsqu’il lui parla d’un autre contexte. Il avait raison. Ils auraient pu être amis, vraiment s’entendre, prendre le temps de se connaitre. Elle allait répondre quand elle entendit le groupe. Un regard vers Joseph : il les a entendus lui aussi. Il sauta aussitôt sur ses pieds et emmena Shae plus loin. Elle le suivit, docile, un peu inquiète. Mais pas apeurée ; après tout, il l’avait sauvée une fois, il pourra recommencer. Les rues sont globalement désertes, à part un passant ou deux et des chats errants. Mais mieux valait éviter les ennuis. Elle avait appris bien trop tôt que les gens étaient capables du pire envers les autres.

« On va s'rapprocher des beaux quartiers. T'y vis, hein ? Vous y faites quoi, la nuit ? »
L’avocate fronça les sourcils puis rit.
« Les beaux quartiers ? J’y bosse, oui, parce qu’on vient pas voir une avocate dans les quartiers qui craignent. Mais j’habite Bourbon Street. Plus proche des bars. Et la nuit, je sors. J’me fais aggresser. Sauvée in extremis par un mec un peu bourru. Je danse sur les tables. J’achète des bouteilles sous le bar, je vais au jardin d’enfants. Je me casse la gueule à la balançoire. Je réinvente le passé. »
Elle sourit. Sereine comme elle ne l’a pas été depuis un moment. C’était quand, la dernière fois qu’elle avait passé une aussi bonne soirée ? Qu’elle avait réussi à ne pas se laisser dominer par ses démons et les boulets qu’elle se traine ? Quand elle était sortie de l’Enfer, Shae s’était promis de vivre. Pas juste survivre. Mais saisir cette deuxième chance à pleins bras et l’embrasser comme il se devait. De vivre comme elle pouvait vivre. De ne rien regretter. Bon, pour les regrets, c’était foutu. Et cela faisait trop longtemps qu’elle avait manqué à cette promesse. Qu’elle avait à peine survécu, submergée par la peur de mourir. De mourir encore. Elle avait beaucoup perdu. Mais elle était encore vivante. Et Joseph lui avait, malgré lui, rappelé ça. Rappelé qu’elle avait le droit de danser sur les tables et faire un vol plané d’une vieille balançoire rouillée. Rappelé qu’elle avait le droit de raconter des conneries et de rire aux éclats.

Elle haussa les épaules, presque innocemment.
« Et s’il est d’accord, je ramène mon sauveur chez moi, parce que j’ai une bonne bouteille dans mes placards et pas envie de rentrer dormir toute seule. S’il est pas d’accord, je lui donne rendez-vous la semaine suivante, histoire de continuer à refaire le monde. »
Et de vivre, encore un peu. Encore une fois. Jusqu’à ce qu’on ne l’autorise plus à vivre. Pour qu’elle puisse mourir encore en se disant qu’elle ne s’en était pas si mal sortie, finalement.
Revenir en haut Aller en bas

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1921
↳ Points : 521
↳ Arrivé depuis le : 23/01/2017
↳ Age : 25
↳ Avatar : Tom Hardy
↳ Age du Personnage : 33 ans.
↳ Métier : Souteneur pour la Niflheim, au Little Darlings.
↳ Opinion Politique : Contre le gouvernement, vit de la transgression des règles.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général, 2 - Sarcasme, 8
↳ Playlist : MARILYN MANSON - Coma Black, A Place In The Dirt, The Fight Song *
RAMMSTEIN- Feuer Frei *
KORN - Freak On A Leash, Right Now, Punishment Time, Somebody Someone *
LA CANAILLE, La Colère *
IMAGINE DRAGONS, Shot *
SKILLET, Monster *
↳ Citation : « I am not loved. I am not a beautiful soul. I am not a good-natured, giving person. I am not anybody's savior. »
↳ Multicomptes : Aucun.
↳ Couleur RP : #996633



les petits papiers
↳ Copyright: Avatar : DANDELION / Code Signa : XynPapple
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: I need a hero [Joe]   Ven 29 Juin - 15:46

Bourbon Street. Haussant les épaules, une moue se dessine sur mon visage. À mes yeux, ça fait partie des beaux-quartiers. Je ne réponds rien, préférant laisser ses mots s'entrelacer dans l'air frais de la ville. Rendu froid par l'absence du soleil, mais toujours un peu saturé, toujours souillé de ce qui pollue les rues. Je ris bêtement lorsqu'elle termine d'évoquer des instants qui s'évanouissent à peine et me contente d'acquiescer. Une belle soirée, semble-t-il. L'avocate semble détendue, un masque de sérénité recouvrant ses jolis traits ; un masque que je ne lui connaissais pas encore, taillé dans les heures qui viennent de s'écouler. Si ce n'est les dizaines de minutes qui viennent à peine de se passer, comme si elle avait eu du mal à repousser tracas et pudeur, remords et regrets. Un masque, parce que j'ai l'impression qu'il suffit d'une bourrasque pour que ne détale l'accalmie qui l'étreint.
Le bras retourne s'approprier ses épaules et je demeure silencieux. Jamais doué avec les mots, il a toujours été préférable que je me taise. Paraît-il que le silence sait être plus bavard que de longues tirades. Resserrant l'accolade, la main s'échoue près de son épaule et y dessine quelques caresses ; un effleurement, du bout des doigts. Un contact rassurant dont je fais une nécessité. Toucher, sentir la chaleur et la vie pulser pour se rappeler sans cesse qu'on subsiste et que la vie demeure, fut-elle si misérable.

La voix s'élève à nouveau, faible dans le silence, et m'arrache un sourire amusé. Manquant d'acquiescer avec peut-être un peu trop de spontanéité, je penche le visage vers le sien. Comme si je n'y avais pas pensé, comme si l'idée ne m'avait pas traversé l'esprit dans la soirée. Affamé de présence à mes côtés, ma faiblesse réside dans la chair et dieu sait qu'un rien me séduit. Mais Shae n'a eu de cesse, tout au long de la soirée, d'être séduisante sans avoir besoin de déployer trop d'efforts. La redécouverte d'une femme envers laquelle je pensais n'avoir que des griefs avait déjà bien amorcé la chose, mais pas seulement.
Et puis, bien sûr, la brisure d'une âme est tout à fait alléchante. Celles qui ont souffert, baignent encore dans une douleur invisible, et celles avec lesquelles rien de sérieux n'est possible ont tout mon intérêt. Comme toujours. Peut-être que le moule est fait depuis que je suis gosse, condamnée à errer auprès des éternels malheureux.
En un hochement de tête tout d'abord, je lui signifie ma réponse. « Ouais. Cette soirée mérite de s'terminer en beauté. » Pour cela, inutile d'attendre la semaine prochaine. Et puis, qui sait. Cette nuit est si agréable parce qu'on ne se connaissait pas, peut-être, et que ni réflexion ni logique n'ont été conviées. La spontanéité et la nouveauté ont quelque chose de doux sur la langue, qui peut rapidement se faire amer si le temps fait son oeuvre. Si l'on apprend à se découvrir et que l'on arrive pas à s'aimer, ou pas vraiment.

Elle me guide dans les rues peu animées de la ville et je reste assez silencieux. Il y a des moments où il vaut mieux se taire, je crois. J'ai dit beaucoup de conneries cette nuit, et le quart d'heure qui arrive est certainement voué à l'accalmie.
L'alcool achève de s'évaporer, libéré d'un estomac torturé ; je m'en fais la réflexion lorsque nous ralentissons le pas et que, vraisemblablement, nous nous rapprochons de son appartement. Et puisque nous avons refait le passé, les songes cherchent à transformer un futur qui ne verra jamais le jour. Mais dans un monde parallèle, peut-être qu'on aurait pu être quelque chose. Peut-être que les opposés s'attirent vraiment. Je n'ai pas connu suffisamment de femmes comme Shae pour en être certain, et je ne sais pas si ses errances l'ont menée vers beaucoup de mes congénères. La question muette reste en suspens et ne franchit pas le portail de l'immeuble en même temps que nous - peu importe. Ouais, cette nuit est belle et c'est tout ce qui compte.



SUJET TERMINÉ.

_________________
LOVE IS EVIL
SIN IS SINCERE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4257-joseph-townsend http://www.mercy-in-darkness.org/t4636-punishment-time

Contenu sponsorisé








MessageSujet: Re: I need a hero [Joe]   

Revenir en haut Aller en bas
 

I need a hero [Joe]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

 Sujets similaires

-
» hero system
» "HERO IK" Le repaire de la Liche (1 à 2 joueurs)
» - [ Be my Hero ] - - PV -
» BLAKE & FAME ▷ Do you wanna be my hero ?
» changer de sprite du hero

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Fifth Chapter :: Memories-