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 Life has a hopeful undertone [PV Nolan]

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MessageSujet: Life has a hopeful undertone [PV Nolan]   Lun 20 Mar - 1:16

Life has a hopeful undertone
○  I am not as fine as I seem, pardon. Me for yelling, I'm telling you green gardens are not what's growing in my psyche. It's a different me, a difficult beast feasting on burnt-down trees. Freeze frame please, let me paint a mental picture portrait. Something you won't forget, it's all about my forehead. And how it is a door that holds back contents that make Pandora's Box's contents look non-violent. Behind my eyelids are islands of violence, my mind's ship-wrecked. This is the only land my mind could find.


L’impulsion n’a de commencement que la fin de son hôte. Les jours s’apparentent aux nuits. Le temps se rallonge, se compresse. De secondes en minutes, il ne perçoit plus les différences. Les visages fusionnent à l’instar des conversations, des dates. Le parasite s’alimente du désespoir, la détresse rend ses humeurs plus inégales, dérangeantes. Trop souvent oppressantes. Le pacifiste voit son contrôle s’amoindrir, ses réactions basculer dans la disproportion. A cran depuis trop longtemps, des semaines maintenant, il a atteint peu à peu le point de rupture. Confiné depuis plus de quarante-huit heures dans sa maudite demeure hantée par le souvenir de sa famille brisée, le rédacteur s’enfonce dans une douce mélancolie. Il tente d’abrutir son esprit avec tout ce qu’il a sous la main. Comprimés, alcool. Ses rares moments de totale lucidité le ramènent inéluctablement aux récentes tragédies. Le corps de Rhys au bout de cette corde, les restes de sa sœur auxquels il a été exposé. Se mêlent à toute cette cacophonie d’horreurs, les autres angoisses passées, mal suturées. Mackenzie piégée dans cette arène, Nolan coincé et jugé. C’est vers ce dernier que ses songes voguent alors qu’il avise sa réserve de liqueurs amaigrie, son stock de gélules réduit. S’hébéter ou affronter la réalité ? Aucun réconfort du côté de son ami, pas la moindre trace de vie à vrai dire. Au début de la libération, la compréhension a été impérieuse. Besoin de solitude, d’un repli mérité après une telle épreuve. Alors Elias l’a respecté bien qu’il en a crevé de rester en retrait. Ses inquiétudes pour son beau-frère occupent déjà assez d’espace pour y ajouter celles du retour non-annoncé de Nolan. Ce silence ne peut présager que le pire. Après la tentative de suicide du changeur, l’imagination fertile du damné se permet toutes les alternatives les plus morbides.

Son regard tombe sans mal sur Gavin, chien de l’intéressé qu’il a recueilli peu de temps après son arrestation. Trop occupé à causer une succession de dégâts en bondissant sur Gustave pour réaliser que le maitre des lieux s’active. Le grec range sa bouteille, déchiffonne maladroitement ses traits rongés par l’épuisement en rassemblant un peu d’eau au creux de ses paumes. Quelques inspirations précipitées, les mains tremblantes quand il attrape la laisse de la bête qu’il l’attache très vite au collier. L’hésitation chassée par cette soudaine nécessité de mettre fin à la fuite du sorcier. Enhardi par la rage née du désespoir, le rédacteur rejette sa veste sur ses épaules, traine comme il peut sa guibole vers la sortie. Dans l’embrasure de la porte, les doutes ressurgissent. Il ignore s’il pourra en encaisser davantage, s’il pourra toiser la souffrance de son comparse, s’il pourra contenir la sienne. Les idées de plus en plus imprécises forment un brouillard mental qui entretient le néant. Ça ne peut plus durer pourtant, s’entend-il penser. Poser un acte, résoudre un des tiraillements pour pouvoir se concentrer sur les autres. Il tient fermement l’attache du clébard entre ses doigts quand il se propulse vers l’avant. Déterminé à tirer cette histoire au clair, à rétablir un semblant de contact avec l’informaticien.

La vérité, c’est qu’il a besoin de lui. La solitude lui réussit mal, l’isolement provoque des dommages certains sur son optimisme. Il ne se ressource pas dans le silence, il se laisse mourir. Autrefois, Carley lui épargnait ces moments d’absence. Désormais, sur qui peut-il compter pour être relevé ? La dealeuse effleure sans arrêt ses pensées, les habite sans mal mais il se voit mal atterrir dans un état aussi déplorable devant sa porte. Il ne se sent pas capable de lui déballer sa somme d’ennuis, surtout après les atrocités subies. La faire fuir serait bien son dernier souhait. Le besoin de conserver le peu de dignité qu’il lui reste face à la belle, par fierté, détruit toutes les options auxquelles il aurait aimé pourtant s'adonner. Par nécessité. Ne pas être cet homme pathétique, le père indigne, le fils raté. Dans les yeux de Mackenzie, il veut perdurer sous cette forme intouchée, celle qui semble exempte de lourds pêchés. Qu’une question de temps avant que son image ne soit définitivement ébréchée. Les failles ont déjà débuté. Mais il conserve ce qu’il peut aussi longtemps que cela lui est possible. Elle est un rayon de soleil, aveuglant et bienveillant. Baigné dans cette lumière et cette chaleur, il se prépare néanmoins à l’éclipse totale. Convaincu que ses erreurs les rattraperont. Pour l’heure, il ne veut pas y penser.

La fatigue ralentit considérablement son allure et la créature ne semble pas des plus empressées à retrouver son foyer. La nervosité survient quand le quartier malfamé est atteint. Un coin qu’il ne recommanderait pas et dans lequel il voit très mal son allié évoluer. La cigarette au bout des lèvres et la résolution incertaine, il s’avance vers le perron convoité, ignorant quelques voix à proximité qui veulent réclamer son attention déjà bien vacillante. Face à la paroi, le journaliste tente de rassembler ses cheminements, de construire des phrases, brisant sa spontanéité habituelle par choix. Trop instable pour se faire confiance, bien trop démoli par les cocktails médicamenteux qu’il s’est imposé ces deux derniers jours, pour faire preuve de patience autant que de calme. Se sentant, pourtant, aussi peu préparé qu’il l’était quelques secondes auparavant, il se met à déposer son poing contre la surface, y laisse quelques coups empressés et attend, Gavin à ses pieds. Le mégot s’écrase au sol avant que l’entrée ne lui soit délivrée. La gueule de bois qu’il se traine s’additionne à la douleur constante de sa jambe. Autant de distractions que de frustrations. Cette rencontre est essentielle, sans doute. Mais elle risque d’être désastreuse, rassurement. Venir au plus mauvais moment pour des motifs nébuleux. Il ne sait pas s’il est là pour s’enquérir de la santé de son acolyte, pour se plaindre de l'absence de nouvelles ou bien pour s'épancher lui-même. Pas plus sûr que le soulagement suffira à rétablir son flegme habituel. Elias est en guerre contre le monde depuis des semaines. Il serait mal avisé de l’apprendre à Nolan de cette manière, maintenant. Alors qu'il vient lui-même d'être libéré de son enfer.
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MessageSujet: Re: Life has a hopeful undertone [PV Nolan]   Dim 26 Mar - 0:24

Life has a hopeful undertone

Elias & Nolan

C’est étrange. C’est étrange de se réveiller et de voir au plafond ces fissures que je ne connais plus par cœur et qui, pourtant, sont des constellations rassurantes. C’est étrange de se réveiller dans ce lit, dans cette chambre, entre ses murs au papier peint douteux, à la propreté plus que douteuse. C’est étrange de s’endormir dans le bruit d’un quartier agité par une vie nocturne des plus dangereuses, c’est étrange d’entendre la cage d’escalier résonner de courses, de jurons, d’insultes et de chutes, de chuchotis et de hurlements. C’est étrange de sentir cette odeur de renfermé, d’herbes, de pourriture et de gasoil. C’est étrange de retrouver une garde-robe constituée de tee-shirt, de jeans à des degrés d’usure divers, c’est étrange de retrouver une cuisine où s’entasse de la vaisselle ébréchée, quelques aliments périmés et conserves entreposées. C’est étrange, finalement, de retrouver mon chez-moi.

Etrange. Rassurant. Stressant. Oppressant. Culpabilisant. Culpabilisant. Effroyablement culpabilisant, putain. Deux semaines, deux semaines que je suis surpris de me réveiller là, deux semaines que je m’habille, que je cherche une cravate, que je cherche une chemise, que j’enfile mes fringues en me demandant si je passe un déguisement ou si mon déguisement, justement, me colle encore à la peau. Deux semaines que je me regarde dans la glace, que je traverse mes quelques mètres carrés pour atteindre la porte. Deux semaines que ma main se pose sur la poignée, et se rétracte. Recule. Abandonne. Rongée par la culpabilité, rongée par des regards que je sens se poser sur moi, par des regards que j’imagine mais qui me consument au mieux de colère, au pire de pitié et de soutien. Je devrais me réveiller en sursaut, je devrais craindre le moindre bruit, je devrais savourer le seul confort de dormir dans un lit, avec une couette et un matelas douillet, aussi miteux qu’il soit. Je devrais être un survivant. Et au lieu de tout cela, je me contente de me redresser avec des courbatures, de me languir du confort de mon frère et de regretter les armoires remplies de nourriture. Au lieu de cela, je continue à agir comme si j’étais Liam, et sans retrouver qui je suis. Et ça me terrifie. Le silence de l’appartement me terrifie aussi. L’absence de chats. L’absence de Gavin. L’absence des visites de Nataliya. L’absence d’emploi du temps, l’absence d’instructions, l’absence de tout, l’omniprésence du reste. Il faudrait que je reprenne ma vie d’avant mais elle a le goût amer de l’inaccessible, de l’inatteignable. Liam a voulu se libérer, nous libérer, il n’a fait que m’enfermer davantage dans un entre-deux. J’ai perdu de ma substance, je n’ai jamais rien eu de la sienne. J’ai perdu en identité, il a retrouvé la sienne. Je me redresse dans mon lit pour me prendre la tête, incapable non seulement de me remettre à dormir mais plus encore de sortir de cet appartement dans lequel je me suis enfermé dès mon retour.

Je brûle d’envie de revoir Elias. De lui expliquer. De mettre des mots sur mes regrets, des regards sur mes excuses, des larmes sur mes doutes et surtout, surtout, de mettre un visage sur celui de mon meilleur ami que j’imagine tantôt rongé par la colère et la trahison, tantôt défait par cette même trahison et cette même colère. Les deux sentiments sont présents, à chaque fois, parce que je ne peux concevoir les choses autrement. Comment vivrais-je la situation si nos rôles étaient inversés ? Mal, très mal, cela va bien évidemment sans dire. Mal, au point de ne plus être capable de le regarder dans les yeux sans lui renvoyer en plein visage une rancœur sans précédent ? Je pousse un gémissement en me prenant à nouveau la tête entre les mains pour m’aveugler un instant. Deux semaines, deux semaines et chaque jour, je me convaincs que le prochain sera le bon, que je parviendrais à surmonter mon appréhension et ma culpabilité pour franchir le pas, retourner au Blackbird et vivre cette liberté illusoire dont mon frère m’a si brillamment drapé. Chaque jour, chaque soir, chaque nuit, chaque minute, je me convaincs que lorsque les aiguilles de l’horloge vibreront à nouveau pour se décaler un peu plus sur la droite, je retrouverai mon courage et je me lèverai, je franchirai cette porte et… ce ne sera pas maintenant. Une seconde. Pas maintenant non plus. Un vertige lorsque je me lève, un vertige qui me rappelle que si je peux me permettre de laisser le temps s’étirer, s’écouler, que je peux me permettre de gaspiller le temps qui m’écarte de l’inévitable, je cours contre la montre sur un tout autre plan : l’empoisonnement de mon sang par mes reins a beau être ralentie, combattu, refrénée par des potions que j’improvise sur la base d’un talent incertain, il n’est qu’une question de jours avant que des médecins s’étonnent de ne pas voir le ministre Wiggins se présenter à nouveau à l’hôpital pour purger ses veines. Il n’est qu’une question de jours et non de mois avant que de mon côté, ce sosie, ce clone, ce jumeau imparfait du ministre, je ne défaille une seconde fois. Et que la supercherie explose, encore, aux yeux de tous. Encore et définitivement. Un nouveau gémissement affligé, je me traîne jusqu’à la cuisine verser dans un verre encore coloré de la décoction de la veille une nouvelle rasade de ce qu’on pourrait comparer sans trop à… mieux vaut éviter ce genre de rapprochement, finalement, sans quoi je serai incapable de finir ma ration. J’en suis à lutter pour en boire les dernières gouttes sans taper du pied et me rouler au sol dans un caprice digne des plus grands comédiens dans la catégorie 3-5 ans quand un battement me prend au dépourvu. Me distrait. Récidive. Quelqu’un ?

Je considère mon verre, la porte, à nouveau mon verre que je laisse tomber dans l’évier avant de m’essuyer la bouche d’un mouvement de bras, et un froncement de sourcils. Mes réflexes me hurlent de me méfier mais avec deux d’tension : comme un automate, j’ai déjà franchi la distance et commencé à tourner la poignée lorsqu’ils se manifestent et me chuchotent que ça pourrait être… n’importe qui, derrière la porte. Grande nouvelle. J’hésite. Je doute. Mais Liam réfléchirait. Liam douterait. Nolan, lui, ouvrirait la porte sans se méfier, comme un gros con. C’est ce qui me décide à ouvrir la porte, comme un gros teubé, de la manière la moins naturelle possible certes, mais j’ose espérer de la manière qui devrait être naturelle. Qui le redeviendra peut-être un jour. On y croit. J’en suis encore à m’en convaincre que mes yeux heurtent ceux de mon vis-à-vis. Ça pouvait être n’importe qui derrière la porte. De Natalie Portman à Lucky Luke en passant par le dealer du rez-de-chaussée. Mais non. Il fallait que ce soit lui. Mes poumons semblent s’affaisser. J’ouvre la bouche, sans parvenir à respirer. Juste à souffler. « Elias ? » Un aboiement me répond. « Gavin ? » Bravo, Nolan, tu te souviens de deux prénoms. Je déglutis en me décalant sur le côté, comme une invitation à entrer. Qu’est-ce que je pourrais faire d’autre ? Je suis écartelé entre la retenue systématique de mon frère, mon envie de prendre mon meilleur ami dans mes bras pour me convaincre que c’est bel et bien lui, le besoin de m’accroupir pour retrouver mon chien et le souhait aussi brusque que présent de disparaître, là, maintenant, tout de suite, pour reporter encore un peu nos retrouvailles.

Que ferait Liam ? Il esquiverait peut-être. Tournerait très certainement la situation à son avantage. Ou juste… il faut que je cesse de chercher ce que ferait mon frère en une telle situation. Il faut que je recommence à ne plus réfléchir, à juste être moi, comme je sais si bien l’être en présent de Giulietta. Les gens normaux n’ont pas besoin de réfléchir pour savoir comment réagir. Ils font, voilà tout. Sois stupide, Nolan. Sois débile, sois spontané, sois ridicule, sois toi, Nolan. Juste toi. Et Nolan, que ferait-il dans cette situation ? « Tu veux boire un truc ? Genre un reste de jus d’orange ou une infusion d’ortie ? Il doit me rester une conserve de champignons et un pot de confiture de rhubarbe, si tu veux du plus consistant. Ou alors on peut toujours se rabattre sur un de ces biscuits tout rassis qui survivraient à une explosion nucléaire. » Voilà. Dans ce genre de situation, je parle. Pour ne rien dire, le plus souvent. Mais toujours de manière très fluide. Et très stupide. « Comment va ? » Une autre question stupide. C’est bien, je m’encourage mentalement, continue comme ça mon loukoum, et bientôt tout rentrera dans l’ordre. Ou presque. Parce qu’Elias… lui mentir va m’être insupportable.

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He says save me, save me; She says maybe, maybe… She starts to turn away when he says… Promise me you’ll never let us go Push me, Crush me, Then save me, save me She stops walking, walking; He stops falling, falling He looks her in the eyes and he says… - ©️ by anaëlle.
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MessageSujet: Re: Life has a hopeful undertone [PV Nolan]   Mer 5 Avr - 2:36

L’intervalle suffit à apaiser l’exaspération. Dès l’instant où les pas se font entendre, le soulagement se propage, engourdit ses membres plus efficacement que n’importe quel médicament. Les quelques secondes précédant le verdict, l’ont replacé dans une situation similaire où l’entrée n’a pu lui être correctement délivrée. Rhys au bout de sa corde, une vision cauchemardesque qui le poursuit perpétuellement. Image d’autant plus nette face à cette paroi, dans l’attente d’une réaction. Ainsi quand il perçoit le bruit, son pouls ralentit, rend un peu de sa bienveillance coutumière à ses traits crispés. Irrationnel de croire que les drames vont s’enchainer et pourtant, il ne fait qu’anticiper la prochaine tragédie désormais. Convaincu que l’accalmie n’existe plus. Les doigts se resserrent sur la laisse alors que la tête de Nolan émerge. Le réconfort se poursuit durant une poignée de secondes supplémentaire avant que la colère ne ressurgisse, abruptement. Un simple prénom murmuré, une invitation tacite et puis, de la maladresse d’ordinaire attendrissante. Mais pour l’heure, affreusement irritante. Le damné sent ses nerfs s’écorcher contre les paroles du sorcier. Il ne remue pas les lèvres, ne le salue même pas. Il franchit simplement le seuil de sa démarche incertaine en emportant la bête avec lui. Et puis, il attend. Son silence évoque le malaise, la menace qui gronde. Se taire lui demande, après tout, une énergie considérable d’ordinaire. Il ne doit faire aucun effort pour retenir son flot de paroles. L’acidité râpe son palais, grignote la langue. C’est à peine s’il peut encore envisager aligner deux mots dans ces conditions. Son attachement pour l’ingénieur le retient tout juste d’imploser, de recracher sa hargne sans le moindre scrupule. Hôte d’un parasite, il est soumis au bon vouloir de cette rage cependant, enfant de la détresse, mère de sa déficience physique. Il ne sait déjà plus comment il fait pour tenir encore debout. La gravité se réinvente sans cesse ces derniers temps.

Son mutisme s’efface dès que la question fatale tombe néanmoins. Un couperet pour son sang-froid déjà bien absent. Le déclencheur. Comment il va ? Un rire plus proche du ricanement que de l'hilarité survient. « Je ne sais pas. A toi de me le dire, Nolan ? » Les premiers mots à outrepasser ses lèvres serrées, sont glacials. Un ton qui ne lui ressemble pas, sec, empreint d’amertume. Il jette plus la laisse du chien qu’il ne la tend à son meilleur ami. Les yeux accusent, acculent. Tout dans la normalité exprimée par le sorcier l’insulte, l’incommode. Le renvoie à l’enfer qu’ils ont respectivement traversé. Le grec se souvient parfaitement de leur dernière entrevue, quand les fers entravaient les poignets alliés. Ne lui a-t-il pas paru suffisamment inquiet ? Suffisamment affecté ?  De toute évidence, tout ça ne compte pas. Est-ce qu’il est comme tous les autres, à lui tourner le dos à la moindre épreuve ? Profondément blessé, bien plus désorienté et désemparé, le brun s’élance en direction de son interlocuteur, rangeant sa compassion naturelle, son empathie habituelle. « Ça a l’air de plutôt bien aller à ce que je vois pour toi. Tu es toujours debout. Tu sembles entier, tu sembles être toujours toi-même même ce qui compte tenu des circonstances difficiles, relève du miracle. J’en déduis que ce n’est pas à cause de blessures graves que je n’ai pas eu l’honneur de croiser ta route ces deux dernières semaines. Tu ne sembles pas non plus aphasique, apathique ou affublé de tout autre terme qui suggérerait l’état de choc implicite au silence. Clairement pas sur le point de te suicider non plus, apparemment. » La dernière parole lui échappe. Une mauvaise note pour une partition déjà mal rédigée. Aucun accord valable, aucune harmonie. Tout sonne faux. Le choc ébranle tout le squelette. Tout se mélange une fois de plus, une fois de trop. Rhys, Nolan, Mackenzie, Louiza. Livide, il recule de plusieurs pas, titube jusqu’au meuble le plus proche pour venir s’y appuyer, parvenir à soutenir son propre poids. Sa faiblesse physique fait redoubler sa férocité verbale. S’il se met à culpabiliser, à remettre en cause son comportement insensé, il ne sait pas comment il fera encore pour ne pas s’effondrer.

Ce n’est déjà plus qu’une question de survie. Qu’une nécessité pour ne pas terminer à terre. « Alors tu as des suggestions sur mon état ? A moins que tu ne veuilles me vendre une autre infusion en priant pour que ça fasse passer la pilule ? Je m’en fiche de ce qu’il y a ou n’y a pas dans tes placards. C’est ce qui se passe dans ta tête qui m’intéresse, tu vois. Ce qui fait que tu n’aies même pas jugé bon de m’avertir de ta libération. Putain, Nolan, t’étais bien là, avec moi dans cette pièce. Tu m’as entendu, écouté, oserais-je même espérer. Je ne racontais pas de conneries, je ne t’en raconte jamais. J’étais mort d’inquiétude. J’ai tenté de contacter toutes les personnes que je connaissais pour te sortir de là, je me suis démené pour trouver une solution. J’ai cru que… » Les paupières basculent, le souffle se perd. Un murmure enrobé par sa vulnérabilité très vite chassé par une réaction diamétralement opposée. Le poing s’abat contre la surface qu’il a prise en otage. Ses ongles rongent la paume très vite. Chaque muscle est sollicité pour maintenir la tension en place, pour s’assurer qu’il puisse tenir la distance. Quand bien même, plus rien ne semble encore tenir autour de lui. « Je croyais que j’allais même plus te revoir après ça. Que j’allais te perdre toi aussi. Mais t’as cru que je plaisantais ou quoi ? Tu m’as pris pour qui ? Qui est-ce que je suis pour toi ? Un seul mot aurait suffi. Je vais bien, pas envie de parler. Ne t’en fais pas, je suis sorti, je me repose. N’importe quoi. J’aurais pris n’importe quoi. » Ses accents désespérés divulguent plus d’attachement qu’il ne le souhaiterait. Bien incapable de demeurer distant et imperturbable. Les émotions trop vives, son chagrin trop ancré. Il leur en veut tellement qu’il en crève à chaque second un peu plus de ne pas pouvoir l’exprimer correctement. A Louiza pour s’être offerte au danger. A Rhys pour avoir cherché à se tuer. Et à Nolan pour lui avoir laissé croire que la spirale morbide se répéterait ainsi. Un seul coupable sous ses prunelles, un seul bouc émissaire. Et la soirée ne fait que débuter. Le journaliste s’attend aux justifications, il les convoite même. Pouvoir poursuivre cette démence, laisser libre cours à ce qui se terre sous son crâne depuis trop longtemps. Relâcher d’une façon ou d’une autre le poids qu’il se traine. Ou du moins l’alléger, juste un peu pour pouvoir continuer d’avancer au lieu de stagner. Entre les doutes, les erreurs, les crimes et les silences.
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MessageSujet: Re: Life has a hopeful undertone [PV Nolan]   Lun 17 Avr - 10:31

Life has a hopeful undertone

Elias & Nolan

Cet homme, qui me fait face, qui se tient devant moi, dans l’embrasure de la porte, cet homme, qui tient dans sa main une laisse et au bout de cette laisse mon chien, cet homme est l’homme que j’ai le plus trahi, dans toute cette histoire. Cet homme est mon meilleur ami, celui à qui je dois le plus de choses, celui à qui j’ai le plus demandé. Cet homme est celui qui m’a dit, explicitement, de ne pas aller voir Liam. Et cet homme, c’est celui que je n’ai pas écouté. Entendu, mais pas écouté. Ignoré. Ma culpabilité est un poids sur ma poitrine, un bégaiement au bord des lèvres, une hésitation qui se propage dans mes veines comme la sentence promise à tous ceux qui trahissent. J’ai toujours eu la trahison en horreur, le pardon difficile, plus encore depuis le merci de Liam qui m’a livré à la chaise électrique. J’ai toujours eu la trahison en horreur : je contemple dans les yeux d’Elias une haine qu’il me vouera très certainement sans plus tarder s’il apprend un jour la vérité. Pas un mot. Pas un mot quand je trébuche dans ma connerie, me laisse aller à un bavardage épuisant de naturel, épuisant d’une spontanéité que je ne suis pas sûr d’avoir véritablement retrouvé. Pas un mot, il ne m’offre pas un mot. Rien à quoi me raccrocher, juste son silence que je sens accusateur. Sait-il déjà la vérité ? Sait-il à quel point je suis un hypocrite, à quel point je l’ai trahi lui, j’ai trahi nos principes, notre amitié, les fondements même de l’honnêteté, à quel point… mes propos sont déconnectés de mes pensées, je serais bien incapable de répéter tout ce que je viens de dire si on me le demandait. Tout ce que je sais, c’est que je raconte des conneries pour endiguer mon malaise, comme on appliquerait des mouchoirs sales pour faire cesser une hémorragie. C’est mignon, c’est touchant mais c’est inutile. Ça n’a aucune autre utilité que d’augmenter les risques d’infections. Mais il y a l’intention, et l’intention compte, non ? Je lutte pour ne pas donner à Elias un regard suppliant. Je lutte et je doute, je lutte et je cède, je lutte et je vacille. Douloureusement. Son silence est insupportable, acide et redoutable, son silence est à mes oreilles la plus violente des plaidoiries. Comment va? L'avocat de la défense fait une faible tentative pour se sortir de cette nasse qui l'étrangle. La parole n'est plus à l'accusé, elle est au plaignant qui, lui, ne la gaspille pas stupidement.

Un ricanement tient lieu de rire, asperge mes tentatives d'une bile amère. Je grimace. « Je ne sais pas. A toi de me le dire, Nolan ? » Je grimace, je balbutie « Co... comment ça ? » Mais j'abandonne bien vite. La parole n'est plus à l'accusé, qu'on a dit, et j'ai malheureusement un souvenir trop vif de procès pour ne pas l'ignorer. J'attrape in extremis la laisse de Gavin lorsqu'il me la jette, je saisis le prétexte à pleine main pour m'accroupir, ignorer son regard et libérer mon chien. Lâche, je me fais l'effet d'un lâche. Pourtant, ça ne peut pas être une trace plus que résiduelle d'une personnalité gémellaire qui me colle à la peau, non. Parce que si Liam a peut-être été suffisamment lâche pendant des années pour me foutre sur le dos toutes ses conneries, mais il ne l'est plus, clairement plus, à présent. La lâcheté dont je me fais le porte-drapeau avec honte, alors que mes doigts s'activent sur la laisse, plonge dans les poils de mon berger allemand qui, lui, indifférent à la loque qu'est son maître, me saute dans les bras, cette lâcheté est mienne. Douloureusement mienne. A toi de me le dire. Je suis supposé sortir de prison. Être amaigri. Affaibli. Traumatisé. Et si je suis effectivement amaigri et affaibli, la prison n'en est en aucun cas la raison. Je suis écœurant d'hypocrisie. Et de toute évidence, c'est bien ça qu'Elias remarque. « Ça a l’air de plutôt bien aller à ce que je vois pour toi. Tu es toujours debout. Tu sembles entier, tu sembles être toujours toi-même même ce qui compte tenu des circonstances difficiles, relève du miracle. J’en déduis que ce n’est pas à cause de blessures graves que je n’ai pas eu l’honneur de croiser ta route ces deux dernières semaines. Tu ne sembles pas non plus aphasique, apathique ou affublé de tout autre terme qui suggérerait l’état de choc implicite au silence. Clairement pas sur le point de te suicider non plus, apparemment. » Je recule sous ses attaques si posées, si calmes, si lucides et ciblées. Je recule, je me relève avec déséquilibre, j'ai la gorge sèche, le regard fuyant et les lèvres mordues de culpabilité. Coupable, coupable, coupable. Je n'aurais jamais dû revenir chez moi, revenir dans ma vie. Redevenir Nolan. « Elias, doux Jésus ! Je... juste... » Sur le point de me suicider ? Non, bon sang, non, jamais, jamais. Je n'y ai jamais songé, je sais parfaitement que je n'y songerai jamais. Ma santé fragile m'a convaincu plus d'une fois que je n'aurais jamais besoin d'un suicide pour abréger ma vie, et que ce n'est même pas souhaitable. Il faut la chérir, bien au contraire. Et ne pas trop la foutre en l'air. Ce que je ne fais absolument pas, d'ailleurs. Je m’occupe juste de foutre en l’air tout ce que à quoi je tiens. « Alors tu as des suggestions sur mon état ? » J’ouvre la bouche dans une inspiration, j’expire sans prononcer un mot. De toute manière, Elias n’a pas fini. Et je n’ai rien pour me défendre. Des suggestions sur son état ? Aucune. Beaucoup trop. Le regard que je lui lance doit être éloquent, c’est un regard d’appel à l’aide, nuancé par une réserve qui me colle à la peau, une distance encore présence, cette distance même que le ministre Wiggins m’a imposée pendant trop longtemps pour que ce soit sans conséquence. Un regard qui me ressemble sans me ressembler. Un regard qui se voile, parce qu’Elias ne mérite pas ça. « A moins que tu ne veuilles me vendre une autre infusion en priant pour que ça fasse passer la pilule ? Je m’en fiche de ce qu’il y a ou n’y a pas dans tes placards. C’est ce qui se passe dans ta tête qui m’intéresse, tu vois. » Ce qui se passe dans ma tête ? C’est un bazar total, ma tête. Un bordel pas possible. C’est le Bronx, ma tête, c’est les favelas, ma tête, c’est un tsunami couplé à un Leviator déchaîné. C’est… « Ce qui fait que tu n’aies même pas jugé bon de m’avertir de ta libération. Putain, Nolan, t’étais bien là, avec moi dans cette pièce. » C’est un point d’interrogation aussi, que forment immédiatement mes sourcils avant que je ne me reprenne par réflexe. Pendant un instant, la colère d’Elias a révélé le vrai Nolan, je le sais, mais aussitôt Noliam l’a submergé. Je m’écarte. T’étais bien là, avec moi, dans cette pièce. Je pense à son bureau, lorsqu’il m’a dit de ne pas aller voir Liam. Mais… j’ai comme l’impression que ce n’est pas à ça qu’il fait référence. Sauf qu’on ne s’est pas vu, après, non ? « Tu m’as entendu, écouté, oserais-je même espérer. Je ne racontais pas de conneries, je ne t’en raconte jamais. » « Je sais… » « J’étais mort d’inquiétude. J’ai tenté de contacter toutes les personnes que je connaissais pour te sortir de là, je me suis démené pour trouver une solution. J’ai cru que… » Derrière le masque fragile, je me sens m’effondrer. S’il s’appuie contre un meuble, moi c’est un mur que mon dos heurte, sous les grands yeux d’un Gavin qui me réclame de l’attention. Te sortir de là. Il a vu Liam. Il a vu Nolan. Il a vu Noliam. Il ferme les yeux, je m’autorise à ne pas écouter la fin de sa phrase en me prenant la tête entre les mains. « Je croyais que j’allais même plus te revoir après ça. Que j’allais te perdre toi aussi. Mais t’as cru que je plaisantais ou quoi ? Tu m’as pris pour qui ? Qui est-ce que je suis pour toi ? Un seul mot aurait suffi. Je vais bien, pas envie de parler. Ne t’en fais pas, je suis sorti, je me repose. N’importe quoi. J’aurais pris n’importe quoi. » Intérieurement, je tremble. Je tremble de me rendre compte que ma trahison ne s’est pas arrêtée à une illusion, à un jeu de comédiens et de rôles dont Elias aurait été un simple spectateur. Spectateur abusé, comme tous les autres, mais spectateur tenu à distance par le quatrième mur. Je tremble de voir que loin de se cantonner à un écran, ma trahison a rongé jusqu’à mon intimité, s’est infiltrée en profondeur dans la vie de Nolan, s’est attaquée à mon amitié, s’est jouée de l’inquiétude d’Elias en le rendant acteur de l’abus dont il a été la victime. Plus de frontières, l’agression a été totale, n’a épargné aucun recoin, aucune ombre, aucun jardin secret. Tout a été perverti. T’as cru que je plaisantais ?. Je n’ai rien cru. Je n’ai rien su. Il m’a revu. Pour moi, il est resté une ombre à distance, que j’ai tenté de contacter sans succès, sans aller plus loin qu’une envie, hormis une fois avec Moira où ma tentative s’est soldée par un échec étouffé des cendres du Bones. J’attends quelques secondes qu’Elias continue mais le silence se moque de moi.

Le silence crisse d’un éclat de rire et d’un doigt pointé dans ma direction. Traître, qu’il me fait. Traître renchérit mon cœur qui bat dans ma poitrine comme des tambours sacrificiels imposant aux accusés d’avancer jusqu’à l’échafaud. Qu’est-ce que je peux dire à Elias ? Rien, rien pour le moment. Je ne peux que balbutier. « Je… je vais te chercher de l’eau… » Une fuite dans la cuisine, le front qui s’appuie contre un des placards surélevés, un soupir et un verre rempli d’une eau plus ou moins propre que crachote encore mon robinet, dont je tente de masquer le goût amer par l’ajout de quelques pincées issues de mes réserves d’ingrédients pour des potions dont je ne comprends que les grandes lignes mais que je bois pourtant tous les matins. Je reviens dans le hall, je me jette dans le salon avec mes deux verres remplis pour la forme et glissés sur la table basse. « Je… je suis désolé, Elias. » Désolé pour beaucoup de choses. « Je ne pensais pas que tu t’inquièterais comme ça, je… tu as raison, j’avais besoin de faire le point, de reprendre mes marques, de… » Jusque-là, aucun mensonge, juste une vérité partiellement révélée pour qu’il comble de lui-même les silences. La suite, en revanche, va être bien plus douloureusement. Mentir me semble la seule option. Une option sur laquelle jamais Nolan ne se serait penché sérieusement mais que je ne peux désormais que considérer. Une option qui… « J’ai perdu le compte des jours, j’ai perdu tous mes repères en… en prison » Je commence avec prudence. En soi… ce n’est toujours pas tout à fait faux. L’appartement, l’enveloppe et la fonction de mon frère étaient une prison. Quant au décompte des jours… ils ont filé sans que je n’y prenne garde, emporté dans le tourbillon d’une pression et d’une inquiétude constante, de réflexes à acquérir, de complexité à comprendre… « Je n’ai jamais cru que tu plaisantais. Tu l’as dit, je sais très bien que tu ne racontes jamais de conneries, je ne… je ne… » Je ne sais juste pas ce que tu as pu dire à mon frère. « Je… je n’ai pas vécu l’enfer, Elias. J’ai juste vécu un purgatoire voué à expier mes… conneries. » Mes mots, je le sens bien, ne sont que du vent. Dénués de toute spontanéité, de toute honnêteté sans fard, ce ne sont que des coquilles vides qui se brisent en éclat de mensonge vain dès qu’elles touchent le sol. La réalité les fracasse, elles ne survivent pas hors de ma bouche et je le sens bien. Ce sont des souffles qui disparaissent une fois expirés. Invisibles, ils ne laissent aucune trace autre qu’une odeur de trahison et d’amertume. Je rends les armes en baissant les bras. En me passant la main dans les cheveux. En tirant sur mon tee-shirt sans trop savoir pourquoi, juste pour diffuser un peu de cette nervosité qui fourmille sur mon épiderme, irrite mes sens et embrase mes doutes. « J’avais honte » Je finis par souffler. « J’ai honte… de ce que je t’ai fait subir, de ce que j’aurais pu vous faire subir si on m’avait fait parler contre… contre toi. Contre le Blackbird. J’y repense sans cesse. Je ne peux plus te regarde en face, Elias. Je vous ai tous trahi lorsque j’ai pris la décision d’aller voir Liam. » Je soupire en fixant mes yeux dans les siens, me contredisant sans plus de cérémonie. « Alors, franchement, Elias, je n’en ai rien à faire de comment je vais moi, et tu ne devrais pas t’intéresser à ce qu’il se passe dans ma tête à moi. » Je rajoute dans un murmure un vague « De toute manière, tu n’aimerais pas ce que tu y trouverais. » qui n’est destiné qu’au fantôme de Liam.

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MessageSujet: Re: Life has a hopeful undertone [PV Nolan]   Dim 23 Avr - 0:10

La tempête ravage l’horizon et à leurs pieds, s’échouent les débris de leur complicité. Qui se noie et qui atteint le rivage ? Elias n’en a jamais été aussi peu certain. A voir Nolan prendre la fuite, à se voir aussi prompt au conflit avec lui. Plus rien ne tourne rond. Il n’y a déjà plus que les récents événements pour virevolter au-dessus du crâne et l’étreinte du vide comme unique consolation. Le grec se retient une fois de plus de hurler, de fracasser quelque chose. Ses mains contiennent bien mal chaque émotion, elles vibrent sous le poids de l’affliction. Au prix d’un effort colossal, il se déloge de son point d’appui, exécute quelques pas en direction du premier siège à sa portée. Il s’y laisse choir, le front cueilli par ses paumes tremblantes. Vainement, le damné cherche à étouffer cette colère insoutenable qui dévore l’apathie mais ne lui offre plus le loisir d’adopter une attitude à peu près raisonnée. Les cheminements s’empilent, se mélangent, se réinventent. La fatigue l’accable une nouvelle fois. La gueule de bois le poursuit, la sobriété bien que relative habille très mal ses succubes. Plus de déguisements, plus de masques. Il ne s'agit plus d'un carnaval. Ses inspirations précipitées ne calment à aucun moment le cœur en déroute. Il bat si mal dans sa poitrine, ne martèle que sa peine grandissante. Un chagrin qui ne passe pas, qui n’a de visage que celui de Louiza. La rage pourrait se métamorphoser en sanglots sans qu’il n’en ait conscient mais Nolan réapparait, sectionne jusqu’à l’envie de s’apitoyer bêtement. Il relève à peine les yeux vers son acolyte, avise vaguement le verre proposé sans jamais bouger toutefois. Son regard s’oriente sur la concoction étrange de l’ingénieur. Une part de lui s’interroge, l’autre ne veut pas comprendre. Trop d’informations à digérer. Notamment dans celles que son hôte lui délivre très vite à la suite. Elias sait qu’il lui ment. Il le sent. Le parasite déployant toutes ses facultés.

Une mauvaise tonalité, des excuses médiocres, autant de justifications bancales qui râpent les nerfs déjà usés du rédacteur. Le mutisme de ce dernier annonce une fois de plus, la menace sous-jacente. Il écoute, absorbe les paroles. Discerne sans mal le malaise dans l’attitude de son comparse. Un peu de compassion, plus de rancœur encore. Entre l’humain et la vermine, le combat n’a jamais été plus inégal. Ses intonations s’extirpent sèchement, un ton qu’il n’a réservé qu’à Carley jusqu’alors et à Rhys aussi sans aucun doute. Ceux qui ont été suffisamment proches de lui pour l’atteindre, le heurter. L’amocher d’une façon ou d’une autre. « Et donc tu fuis lâchement ? Je vois que tu prends vraiment à cœur le ressenti d'autrui, Nolan. J’en suis ravi. » Lui-même se reconnait à peine dans cette amertume. Les doigts claquent contre les accoudoirs. « Quelle partie de ce gros mensonge est réel hein ? Depuis quand tu me mens d’ailleurs ? » L’austérité du timbre ébranlée par l’émotion. L’être en proie au déchirement. Une dualité éreintante qu’il ne peut déjà plus assoupir à coup d’ébriété. Il se relève pour palier à cette nervosité maladive, exécute quelques pas en direction opposée. Il s’éloigne volontairement de son ami pour ne plus annoter la douleur adverse. Ne pouvant déjà pas gérer la sienne efficacement, il se voit mal porter sur ses épaules, celle de celui qu’il juge être fautif. « J’en ai rien à faire de tes histoires familiales. Il ne s’agit pas du Blackbird non plus. La seule trahison à déplorer, c’est celle que tu me sers à l’instant. Je sais que tu ne dis pas la vérité. » Le regard devient inquisiteur, il tient plus de la chose qui loge en lui que de sa vraie personnalité. Jamais, le trentenaire ne pousserait volontairement quelqu'un à bout de cette manière. « Qui suis-je pour la réclamer ? Seulement l’imbécile qui s’est rongé les sangs pendant que tu … C’est quoi encore les termes exacts ? Ha oui, que tu prenais tes repères. » Il déplore immédiatement ce manque de sensibilité mais ne peut pas réparer ça pour autant. Il n’a pas la force de mettre en veille le démon immatériel qui se nourrit du pire, écarte le meilleur.

La voix monte d’une octave, l’index pointé vers l’autre homme, l’accusant, l’acculant toujours plus. « Je m’en fiche que tu sois désolé ou que t’aies honte. Ce n’est pas comme ça que tu vas effacer ces dernières semaines d’angoisse. Et en effet, il y a des chances pour que tes pensées ne me plaisent pas. Mais j’ai le droit de savoir, non ? Je croyais que toi et moi, on se faisait confiance. Je pensais aussi que ça serait vers moi que tu te tournerais en cas de difficulté. Faut croire que j’ai été le seul abruti à penser ça. » Un rire sarcastique lui échappe. Il se ressemble de moins en moins.

Un coup d’œil vers son reflet, vers la créature qui le toise et la lucidité perce, juste assez pour qu’il ait la décence d’envisager un repli. Avant de faire quelque chose de regrettable, il se sent capable de tous les excès. Il traine sa guibole défaillante en direction du hall. Prêt à partir. Lunatique à l’extrême cependant, il s’immobilise à mi-chemin et avale plusieurs goulées d’air. Revient sur ses pas ultimement pour se placer face au sorcier, derrière le dossier du siège qu’il vient de quitter. Il passe pour un dément mais s’en moque pour l’instant. Sans trop savoir à quelle émotion se ranger, sans réellement réfléchir, il poursuit cette discussion qui prend toujours plus des allures de confrontation. «  Tu ne pensais pas que je m’inquiéterais à ce point ? Est-ce que tu me connais seulement ? Que tu ne me racontes pas tes querelles fraternelles, c’est une chose mais que tu me tiennes à l’écart de ton jugement… Après tout ce que tu m’as dit l’autre jour, sur ta santé en plus… » Les prunelles accrochent l’herbe médicinal flottant dans le récipient. La paume retrouve le front frénétiquement. Les horreurs encombrent son esprit, il rêverait de pouvoir s’en défaire. De tout lui raconter. Pourtant, rien ne va en ce sens. Au lieu de retrouver un ami, il s’échine à faire de lui, un ennemi. Une cause à tout ce qu’il se déroule en ce moment. « Il s’est passé beaucoup de choses pendant que t’étais là-bas à croupir en prison. Ça n’aurait pas été de trop que tu te manifestes à défaut de t’enquérir des dernières nouvelles, rappeler simplement au monde que tu n’avais pas succombé aurait déjà été un bon début. Je ne voulais pas venir te faire la morale. Mais j’en peux plus de courir après les gens et j’aurais jamais cru devoir un jour, jouer à ça avec toi. » Les reproches subsistent. Il se maudira dans les heures qui suivront quand le silence titillera la mémoire et que la culpabilité lui fera regretter chaque syllabe. En attendant, il est là, debout malgré la douleur dans la jambe. Malgré son manque de repères. Malgré son état physique et mental. Malgré son envie de partir, de tout oublier, vite. De toutes les façons qu’il pourra dénicher.  
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MessageSujet: Re: Life has a hopeful undertone [PV Nolan]   Jeu 11 Mai - 23:17

Life has a hopeful undertone

Elias & Nolan

Je fuis. Une première fois. Une énième fois. Certainement pas la dernière. Je fuis, je trouve refuge dans ma cuisine, prends le temps de réfléchir. De respirer. De chercher une solution, sans aucun effet. Je prends le temps de fuir, de chercher ce que je suis supposé faire. J’ai fui. Pour aller chercher de l’eau, pour me couper de son regard. De sa présence. Je m’appuie au plan de travail, mes yeux partent à la recherche d’une porte de sortie, égratigne mes meubles déjà écaillés, griffent une vitre obscurcie par la poussière et, autant se le dire, un certain laisser aller côté ménage. Sans succès. Toujours sans succès. Alors quand je reviens dans le salon, c’est avec de l’eau croupie aromatisée à la va-vite avec des copeaux d’herbes douteuses, dans deux verres ébréchés, qui tremblent et que je dépose sur la table basse sans beaucoup de délicatesse. L’important, ce n’est pas ce qu’on voit, c’est l’intention, non ? Je suis désolé, Elias. Il paraît que c’est toujours mieux de s’excuser lorsqu’on a fait une connerie, on va dire que cette règle s’applique aussi lorsqu’on en a fait un nombre incalculable. Lorsqu’on porte sur soi la culpabilité d’une bonne tripotée de mensonges, d’erreurs et de trahisons. Tout ce que j’ai toujours détesté. Bien sûr que je savais qu’il allait s’inquiéter. J’avais besoin de faire le point, oui, mais j’avais surtout besoin de me terrer dans mon coin et d’oublier, d’oublier tout le reste, pour faire comme si j’avais la capacité de remonter le temps, de fermer les yeux et que tout se soit arrangé à mon réveil. Sauf que je ne peux pas faire ça. Je peux juste me faire croire ça… et encore. Ça ne marche pas. Ça n’a jamais marché. Et ça ne marche même pas sur Elias, je le lis dans son regard. Rien ne fonctionne, il reste silencieux alors que je m’empêtre dans des excuses, des mensonges, lorsque je m’étrangle dans mes doutes et mes mots, lorsque je bafouille, lorsque je lutte, je lutte bien trop pour ne pas me réfugier dans la personnalité d’un Liam, bien plus apte que moi à se relever de tout ça. Je n’existe pas. Je n’existe plus. Je suis un esprit brisé, une personnalité refoulée, une personne rejetée dans un corps prêté à un autre pour jouer le jeu d’une double-vie, d’un dédoublement malsain. Je n’ai pas vécu l’enfer, non. Je suis coincé au purgatoire, et je le mérite. Je suis coincé dans un miroir, dans un reflet imparfait. Je meurs à petits feux, aussi, j’ai honte. Enfin. Si honte.

Pourquoi est-ce que je n’ai pas donné signe de vie ? Parce que j’avais honte. Parce que j’ai toujours honte. Je souffle, je confesse un aveu. « Et donc tu fuis lâchement ? Je vois que tu prends vraiment à cœur le ressenti d'autrui, Nolan. J’en suis ravi. » Je déglutis devant le jugement. Faites entrer l’accusé, faites laminer l’accusé, placez le devant un miroir qu’il puisse voir dans ses yeux le goût âcre de la trahison. « Quelle partie de ce gros mensonge est réel hein ? Depuis quand tu me mens d’ailleurs ? » Je cesse de respirer. « Quoi ? Je… » Je m’arrête tout de suite avant de lui mentir. A nouveau. Depuis quand est-ce que je lui mens ? Il s’éloigne, je me lève, sans pour autant avoir le culot de le suivre. « J’en ai rien à faire de tes histoires familiales. Il ne s’agit pas du Blackbird non plus. La seule trahison à déplorer, c’est celle que tu me sers à l’instant. Je sais que tu ne dis pas la vérité. » Mes lèvres articulent un nouveau je suis désolé dans lequel je ne mets pas suffisamment de force pour qu’il s’entende. Pour qu’il prenne vie. Mes excuses meurent sur mes lèvres, échouées sur la plage et le désert de ma culpabilité. Je baisse les yeux, je baisse la tête sous le regard inquisiteur d’Elias, attrapant un verre et y trempant mes lèvres, sans pour autant aller jusqu’à en boire une seule gorgée - je ne suis pas encore désespéré à ce point. Je crois.

« Qui suis-je pour la réclamer ? Seulement l’imbécile qui s’est rongé les sangs pendant que tu … C’est quoi encore les termes exacts ? Ha oui, que tu prenais tes repères. » Je serre les dent sous l’accusation directe, que je considère à mi-chemin entre une moquerie, un sarcasme et une reproche. L’imbécile. J’encaisse, en silence. En silence. Parce que Liam prend le dessus, parce que c’est plus simple, à cet instant, de me comporter avec le détachement de mon frère, avec cette distance que j’ai appris à imposer. Avec cet éloignement indifférent. J’ai envie de lui hurler qu’il n’est pas un imbécile mais une part de moi, distordue, sait que ce serait inutile. Futile. Infantile. Alors je me tais. Alors je l’écoute. Alors j’encaisse. Sans parler. Sans en rajouter. Sans jeter d’huile sur un brasier qui n’a pas besoin de moi pour tout consumer de la patience de mon meilleur ami. « Je m’en fiche que tu sois désolé ou que t’aies honte. Ce n’est pas comme ça que tu vas effacer ces dernières semaines d’angoisse. Et en effet, il y a des chances pour que tes pensées ne me plaisent pas. Mais j’ai le droit de savoir, non ? Je croyais que toi et moi, on se faisait confiance. Je pensais aussi que ça serait vers moi que tu te tournerais en cas de difficulté. Faut croire que j’ai été le seul abruti à penser ça. » Ce serait un mensonge que de m’étonner de ne pas le reconnaître, alors que je ne me reconnais pas moi-même, mais le fait est que… son rire n’a rien d’Eliasien. Rien de ce que je connais chez lui. La trahison, ma trahison, nous a emmenés visiblement dans des terres arides et inconnues, dans lesquelles je cours sans savoir où aller, histoire de me perdre davantage encore. Que s’est-il passé pendant que je me prélassais dans la peau de mon jumeau ? Je le suis du regard. Il est allé le voir, j’en ai désormais la certitude. Mais pas que… pas que ça… «  Tu ne pensais pas que je m'inquiéterais à ce point ? Est-ce que tu me connais seulement ? Que tu ne me racontes pas tes querelles fraternelles, c’est une chose mais que tu me tiennes à l’écart de ton jugement… Après tout ce que tu m’as dit l’autre jour, sur ta santé en plus… » Je grimace, croise les bras sur ma poitrine pour condenser, dissiper, me recroqueviller dans le malaise de mon hospitalisation silencieuse.  « Il s’est passé beaucoup de choses pendant que t’étais là-bas à croupir en prison. Ça n’aurait pas été de trop que tu te manifestes à défaut de t'enquérir des dernières nouvelles, rappeler simplement au monde que tu n’avais pas succombé aurait déjà été un bon début. Je ne voulais pas venir te faire la morale. Mais j’en peux plus de courir après les gens et j’aurais jamais cru devoir un jour, jouer à ça avec toi. » Mes bras se décroisent sous cette sortie, je me sens mal. Si mal. Et pourtant, je me lève, je délie mes membres, je fais un pas, je pose mes doigts sur son épaule. Prêt à ouvrir la bouche sans savoir ce que je compte lui dire. Et ça ne manque pas : mes doigts se referment en soutien, comme pour montrer leur présence, mes lèvres se referment également mais en silence.

Et je me réfugie, pleinement, dans ce rôle que j’ai appris à jouer. Je ne sais plus être Nolan. J’ai peur d’être Nolan. C’est plus simple, tellement plus simple, d’être Liam. Définitivement plus simple de me cacher derrière une illusion. Je recule. Je mets de la distance entre moi et mon meilleur ami, tant physiquement que dans mon regard. Depuis quand est-ce que je lui mens ? Depuis que je suis incapable de regarder la vérité dans les yeux. Que s’est-il passé ces derniers mois ? Est-ce que je le connais ? Est-ce qu’il me connaît ? « Je ne suis pas allé en prison, Elias. » La pâleur de ma voix ressort sous celle de Liam. Ma voix. Notre voix. Un murmure bien trop audible, bien trop clair. Il veut la vérité ? « Ou plutôt, si j’y suis allé… je n’y suis pas resté. » Je m’adosse contre un mur, croise les bras sur ma poitrine. « Tu veux la vérité ? La vérité, c’est que Liam m’a volé ma condamnation. Et moi, j’ai craché sur mon honneur en me pliant à son petit jeu, parce que je n’avais pas masse de choix. La vérité, c’est que lorsqu’il est sorti de l’arène, lorsqu’il est venu réclamer sa vie et son identité, j’avais pas envie de revenir. » Et ce n’est pas un mensonge.

Ce n’est pas un mensonge. Je n’avais pas envie de revenir, parce que j’étais bien, dans le luxe, dans une routine qui ne m’appartenait pas. J’étais bien, parce que ce n’était pas moi qui vivais, c’était Liam, et que c’était plus simple. J’étais bien, parce que lorsque je me regardais dans la glace, je savais qui je voyais, je n’existais plus. Et je n’avais pas envie de délaisser ça, pour ne pas avoir à regarder sous le masque. « Si je comprends bien, tu es venu me voir en prison. Et tu m’as parlé. Tu as parlé à Liam, pendant que je faisais des ronds de jambe à des ministres. Tu t’es inquiété pour moi, alors que j’allais bien. Tu comprends pourquoi j’avais pas envie, pas envie de te voir, pas envie de te regarder dans les yeux, pas envie de te faire un signe de vie ? » Je décroise mes bras un instant, pour mieux les recroiser. Continuer à me retrancher derrière cette muraille dressée. « Mais t’as raison. J’aurais dû venir aux nouvelles. Nolan serait venu aux nouvelles. » J’hausse les épaules. « Moi… je ne sais même plus ce que je dois penser de moi. » Je soupire. « Voilà, t’es content ? Satisfait, heureux, rassuré ? » Il s’est passé beaucoup de choses pendant que t’étais là-bas à croupir en prison. J’hésite. L’enchaînement n’a pas lieu d’être, mais ses mots persistent à mon oreille. « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » Qu’est-ce qu’il s’est passé pour que toi aussi, tu te fasses avoir ? Qu’est-ce qu’il s’est passé pour que les choses soient tendues au point que j’en vienne à te dire une vérité dangereuse ? Pour que tout simplement… qu’est-ce qu’il s’est passé pour que tu m’en veuilles autant pour mon silence ?

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MessageSujet: Re: Life has a hopeful undertone [PV Nolan]   Dim 21 Mai - 0:29

La vérité est un frisson qui déchire la peau. Un murmure qui contient de nombreux cris. Une main pressée contre le dos qui s'affaisse. Ni juste, ni diabolique, elle est pure dans sa conception. Uniquement souillée par la bouche qui la délivre, l’accable de circonstances et de conséquences. Certains la répudient ainsi, se complaisent dans un déni implacable pour lui échapper. Mais elle n’est pas une ennemie sans être toutefois être une alliée. On la maudit parce qu’elle est impitoyable. Se frayant toujours un chemin jusqu’au cœur des plus grands fugitifs. Elle veille à la sincérité, au maintien de la réalité. Elias l’a trop souvent détestée lui aussi par le passé. Quand il était bloqué sous ses draps trop blancs et qu’on lui expliquait que son fils, Bran, ne pourrait plus jamais se réveiller. Quand il était figé sur son perron et qu’on lui annonçait que Louiza n’était plus là, plus ici, plus là-bas. Nulle part. Quand le corps de Rhys se balançait sous ses yeux terrifiés et qu’il savait que plus rien ne serait jamais pareil. Lui aussi aurait préféré détourner le regard, oublier et poursuivre son existence en s’emmitouflant de beaux mensonges. Parfois, il s’en inventait pour parvenir à sortir du lit, pour avancer même quand le désespoir lui soufflait quelques idées macabres. La vérité ne peut pas le sauver. Le mensonge, encore moins mais c’est bien plus facile de prétendre. Plus simple de s’alimenter de chimères. Et aujourd’hui, à cet instant précis, le grec regrette de s’être offert en pâture à la vérité. Il aurait dû omettre ce qu’il a ressenti, aurait dû plutôt croire que l’ingénieur ne lui délivrerait que le nécessaire. Cependant, le rédacteur apprécie la franchise. Il ne supporte pas l’ignorance, n’admet pas l’hypocrisie. Alors il provoque lui-même son nouvel orage, entre dans l’œil du cyclone de son plein gré. Il n’est armé que de ses faiblesses et vêtu de quelques convictions qui s’effritent peu à peu, à mesure que la voix amplifie l’intensité de la tornade.  

Pendant de longues minutes, il tournoie au milieu de la salle. Ou la pièce tangue. Il ne sait plus. L’effarement ôte les couleurs du visage, la douleur crispe les traits. Trahison hurle la créature qu’il héberge encore. Un sentiment violent qui trouve racine dans bien d’autres désillusions. A croire que l’attachement le conduit toujours à cette létale conclusion. Ses souvenirs causent d’eux-mêmes de nouvelles meurtrissures. Ses bras entourant le jumeau, l’étreignant avec force. Ses mille mots de réconfort et ses promesses, tombés dans l’oreille de Liam sans qu’il ne le sache. Sans qu’il ne parvienne à percer le masque. La souffrance se fait sournoise, s’enroulant autour des artères, arrêtant les battements selon son bon vouloir. Pendant qu’il en crevait de savoir Nolan là-bas, lui errait, libre. Non, il ne l’était pas. Il était enchainé à son rôle, à celui d’un autre. Celui de son frère. Et mieux que quiconque, le grec devrait le comprendre la difficulté de cette situation. Mais cette petite voix est si rapidement étouffée par l’ampleur de sa détresse qu'il ne la perçoit pas. Ne demeure que les faits. Il ne lui a pas accordé sa confiance, pas permis le secret. Il l’a traité comme un étranger. Et ne l’a même pas assumé. Les paroles de Giulietta appuient la panique qui le saisit, résonnent comme une effroyable prophétie dans son crâne. Si Liam se pointe ici et prétend être lui, on saura pas faire la différence. Et il pourra tout foutre en l’air… Tout ton boulot. Le sorcier n’a pas seulement mis en danger la santé mentale du journaliste. Il a également mis en péril le Blackbird ainsi que tous ses employés. S’il avait mentionné ne fusse qu’un détail à ce propos lors de son entrevue avec le prisonnier, il aurait pu le mener sur la voie, l'inclure dans les confidences. Un ministre au courant de leur illégalité. Un désastre innommable.

Les poings serrés, la peau blanchie là où les phalanges craquent, il réalise qu’il s’est adossé au mur pour supporter le poids des révélations. Les prunelles s’orientent ultimement vers l’instigateur du chaos. Le ténor trahit les émotions brutes. « Comment as-tu osé ? Comment as-tu pu ? » Il déglutit avec difficulté, les membres tremblent dès que le contrôle lui échappe. Avant qu’il n’ait anticipé sa propre réaction, il se retrouve à retourner la table basse d’un coup de pied rageur, envoyant valser tout ce qu’il s’y trouvait. Le verre se brise au sol, répand son contenu et ça ne suffit pas. Non, ça ne résume pas le centième de la violence que son hôte a fait naître en son sein. Le pacifique détourné de sa route par le parasite, ne s’arrête pas là. « Quand je pense que j’étais désolé pour toi, pour toute cette histoire de Giulietta et de Liam. Quand je pense qu’elle m’avait avertie et que j’avais balayé le souci d’une main parce que je te faisais confiance, Nolan. T’es la première personne à qui j’aurais confié ma foutue existence aveuglément. » L’imparfait claque, ça lui fait tellement mal de l’employer. Ça écorche son palais, fait saigner le larynx. Il marche, de cette façon incohérente qui lui offre le loisir de goûter aux tiraillements de sa jambe défectueuse. Son poing s’abat contre le mur inutilement, son coude heurte tout aussi abruptement la bibliothèque. « Tu n’as même pas essayé de m’avertir. T’as même pas été foutu de me mettre dans le secret. On aurait pu perdre le journal. J’aurais pu tout perdre en essayant de sortir ton frère de là en croyant que c’était toi ! C’est comme ça que tu me remercies pour ma loyauté ? Après toutes ces années ? » Il hurle plus qu’il n’articule. « Rassuré de quoi, putain ? Tu ne nous as pas seulement trahis, tu nous as abandonné et tu ne l'as même pas assumé. Tu ne nous as pas averti. Tu ne sais même pas ce qui se passait, se passerait. Ce qui s'était dit. T'en as rien à foutre de nous. De moi. Et tu nous fais une crise identitaire par-dessus le marché ? Comme c’est pratique. » Un nouveau rire glacial et hystérique lui échappe, sort de la gorge d’un autre. De la bête qu’il abrite.

En quelques enjambées, il l’atteint, l’attrape par les épaules et ressert sa prise. Ses paumes s’orientent vers le visage de l’américain très vite, les pouces s’incrustant sous les pommettes pour le forcer à croiser son regard fou, enragé. « Alors dis-moi, quelle émotion tu crois détecter chez moi, hein ? » Les mains dispensent aussi vite le phénomène destructeur. L’instabilité est totale, l’emprise totale de la vermine sur l’humain. « Moi non plus, je sais plus qui t’es. Sûrement pas celui que j’ai connu. Il a dû crever quand t’as appuyé sur la détente. » La nécrose, il ne sait déjà plus s’il l’a souhaitée et ce songe l'effraie plus que tout ce qui s'est jusqu'alors enchainé. La vue des joues détériorées suffit à le sortir de sa transe. Il retire précipitamment ses doigts, fait un bond en arrière. Le corps animé de convulsions, les lèvres ne frémissant plus sous la fureur mais bien sous la terreur, il n’ose plus fixer ses iris sur son acolyte. « Merde. Merde. » La rétine balaie les autres dommages. La peur l’enserre. « Pardon. Je voulais pas… Je pensais pas… » Il rassemble ses mains tremblantes devant lui, les contemple, la nuque inclinée. « Je ne sais pas ce qu’il m’arrive. C’est pire depuis que Louiza est morte. » Il ne l’a sans doute jamais mentionnée, il n’a jamais réussi à parler de sa famille. Pas quand il pouvait l'éviter. C’est hors de propos, pas le moment pour ça. Il précise néanmoins pour la forme. « Ma sœur. » Une maigre justification, totalement illégitime pour ce qu’il vient de causer.

La culpabilité l’oblige à garder les yeux résolument figés sur ses doigts. Tu vois, y a pas que toi qui ne sait plus qui il est. Ni ce qu’il doit faire. Qu’il veut lui dire mais il n’y arrive pas, il ne parvient plus à reprendre pied. Le souffle s’éparpille sans plus d’avertissement, la crise de panique débute. Il n’arrive plus à respirer, il étouffe dans sa carcasse. Ils sont trop de deux là-dedans, trop à cohabiter avec un autre millier de démons intérieurs. Une paume s’appuie contre une paroi, l’autre comprime la poitrine. Il suffoque, émet des appels d’air inquiétants. Foutus médicaments qu’il n’a pas ingurgité. Maudite liqueur qui lui a fait défaut. Qu’est-ce qu’il fout là ? A accuser la mauvaise personne ? Il n'en sait plus rien. Et la confusion renforce le stress. Pas le bon lieu, pas la bonne heure pour s'effondrer. Peut-être le bon témoin pourtant. S'il n'a pas déjà tout gâché. S'il reste quelque chose de ce qu'ils ont pu partager par le passé.
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MessageSujet: Re: Life has a hopeful undertone [PV Nolan]   Dim 21 Mai - 16:15

Life has a hopeful undertone

Elias & Nolan

« Comment as-tu osé ? Comment as-tu pu ? » Ma plus grande crainte se cristallise sous mes yeux. Sous ses éclats de verre répandus sur le sol, sous cette table reversée brutalement qui me fait sursauté, sous ces accusations qui me font mal, si mal que j’en oublie de respirer. Comment ai-je pu oser, oser lui mentir, oser lui cacher tout ça, oser le laisser dans l’ignorance, dans le silence. En deux questions, Elias a réduit à néant ma colère, en deux questions, Elias fait ressorti mes plus vieux démons, en deux questions, Elias me brise en miettes, brise mon assurance, brise ma carapace fragile, cette illusion qui m’enveloppait sans sorcellerie aucune. Comment ai-je pu oser ? Je l’ignore moi-même. Je pâlis, je ne sais plus comment faire fonctionner mes poumons, je ne sais même plus bouger. Gavin est à mes pieds, terrifiés, menaçant comme lui seul sait l’être, devant cet éclat de fureur que je connaissais chez moi mais pas chez Elias. Pas chez mon meilleur ami. Pas chez lui. Comment ai-je pu oser ? Le Je sais pas que je veux lui offrir reste coincé dans ma gorge, dans une douleur sans nom que même mes yeux ne parviennent pas à traduire en larmes. Je ne sais plus qui je suis, je ne sais plus ce que je devais faire, je ne sais plus rien. Comment ai-je pu oser ? Elias a tout dit en deux questions. Il pourrait s’arrêter là, le mal est fait, le mal est là, le mal est dévoilé et la honte me consume de l’intérieur au même titre que la culpabilité. Traître, j’ai l’impression qu’à chacune de mes respirations les lettres de ce mot se gravent au fer rouge sur mon front pour mieux brûler ma chair et afficher aux yeux de tous ce que je suis. Elias pourrait s’arrêter là, tout est dit. Tout est dit. Il pourrait, mais non. Il ne s’arrête pas là. « Quand je pense que j’étais désolé pour toi, pour toute cette histoire de Giulietta et de Liam. » Je veux reculer, je veux respirer, tout m’en empêche. « Quand je pense qu’elle m’avait avertie et que j’avais balayé le souci d’une main parce que je te faisais confiance, Nolan. T’es la première personne à qui j’aurais confié ma foutue existence aveuglément. » La condamnation me pendait au nez, elle tombe. L’imparfait. La confiance. « Elias… » Ma voix n’est qu’un souffle fragile, un mince filet d’air qui se perd dans une supplique des plus lamentables. Je sursaute lorsque son poing se jette contre le mur. Je sursaute lorsque son coude part à la rencontre de ma bibliothèque dépareillée. « Elias… » « Tu n’as même pas essayé de m’avertir. T’as même pas été foutu de me mettre dans le secret. On aurait pu perdre le journal. J’aurais pu tout perdre en essayant de sortir ton frère de là en croyant que c’était toi ! C’est comme ça que tu me remercies pour ma loyauté ? Après toutes ces années ? » Les hurlements sont ceux de ma détresse, ses questions, ses accusations sont les tourments que je mérite. Je veux qu’il se calme, je veux qu’il se calme, qu’il me pardonne, je veux qu’il parte, qu’il m’oublie. C’est comme ça que tu me remercies pour ma loyauté, cette simple phrase est une gifle, une de plus. Et mes yeux restent secs alors tout en moi n’est qu’un torrent de larmes. Je ne vaux pas mieux que Liam. Je ne vaux pas mieux que mon frère, que mon jumeau, que mon traître personnel, que celui que je ne peux m’empêcher de protéger alors qu’il m’a tout pris. Mon job, ma vie, mon futur, Giulietta et maintenant lui. Maintenant Elias. « Rassuré de quoi, putain ? Tu ne nous as pas seulement trahis, tu nous as abandonnés et tu ne l'as même pas assumé. Tu ne nous as pas averti. Tu ne sais même pas ce qui se passait, se passerait. Ce qui s'était dit. T'en as rien à foutre de nous. De moi. Et tu nous fais une crise identitaire par-dessus le marché ? Comme c’est pratique. » Un tremblement s’étire dans mes muscles, se distille dans mes membres, dans ma gorge de plus en plus sèche. La peur, elle, enfle de concert avec le reste. La peur de le perdre. La peur d’être en train de le perdre définitivement, comme tous les autres. La peur de l’avoir déjà perdu. Irrémédiablement.

Comme j’ai pu perdre Giu’, comme j’ai perdu Liam il y a des années. Je sursaute, et je sursaute encore lorsqu’il ronge la distance entre nous, lorsqu’il m’attrape par les épaules sans que je ne sache faire le moindre mouvement de défense. Il est proche, si proche et pourtant si lointain. « Elias… qu’est ce qu’il t’arrive ? » Mes mots doivent être incompréhensibles mais mon regard, lui, est éloquent j’en suis certain. « Elias, tu me fais peur… » Il se heurte pourtant sans succès à la fureur d’un homme que j’ai toujours connu mesuré. Pacifique. Il n’est que colère, et cette colère, j’ai beau la mériter, je la subis avec la même violence qu’un fétu de paille pris dans une tempête. Je ne peux pas lutter, je ne veux pas lutter. Je ne peux que subir. Subir ses mains qui emprisonnent mon visage, qui le brûlent de leur violence. « Alors dis-moi, quelle émotion tu crois détecter chez moi, hein ? Moi non plus, je sais plus qui t’es. Sûrement pas celui que j’ai connu. Il a dû crever quand t’as appuyé sur la détente. » Trahison. La trahison est brutalement double. La trahison est brutalement en son sein, à lui aussi. Il a dû crever. Ce n’est pas que je l’aie perdu, c’est qu’il m’a tué. Que je me suis tué. Sous ses yeux. La trahison est totale, le carnage est à nos pieds, à nos mains. Mes larmes sont toujours absentes, mais je les sens perler sur mes joues brûlantes, consumées. Rongées. « Quelle émotion ? Je… je sais pas… la colère de toute évidence, la rancœur, la trahison, la trahison la plus complète… » je souffle, je souffle, au bord d’un gouffre. Je ne sais plus qui je suis, je ne sais plus ce que je suis, mais je sais qui il est, qui est Elias. Je ne sais juste actuellement plus qui j’ai en face de moi.

Un homme, en total contraste avec celui qui recule précipitamment, qui change brutalement d’attitude. La tempête est passée. La pluie tombe, salvatrice. Inespérée. Déstabilisante. Comme tout le reste. « Merde. Merde. Pardon. Je voulais pas… Je pensais pas… » Mes doigts grimpent à mes joues, y trouvent une douleur résiduelle, quelques poils d’une barbe mal rasée. « Je ne sais pas ce qu’il m’arrive. C’est pire depuis que Louiza est morte. » J’ai le regard perdu. Trop de choses, trop de choses sont dites, trop de choses sont hurlées, et un prénom, un prénom qui a dégringolé sans signe avant-coureur dans la conversation. « Ma sœur. » Sa sœur. Mon frère. Sa sœur. Je secoue la tête. Je ne comprends rien. Je comprends tout. Je crois comprendre. « Louiza… ta sœur… putain de merde… » Les mots d’usage se heurtent à mes lèvres, sans savoir comment se prononcer. « Qu’est-ce que tu ne voulais pas ? Qu’est-ce qu’il nous arrive, qu’est-ce qu’il t’arrive, Elias ? » Il n’y a pas d’accusation dans ma voix, il n’y a qu’un bégaiement latent, il n’y a qu’une interrogation palpable. « Tu voulais pas quoi ? Être aussi franc avec moi ? Crois-moi, tu as bien fait. Tu perds ta soeur, et moi je te trahis... Je mérite… je mérite chacun de tes mots. Je… » Je quoi ? Je suis en miettes, je suis brisé par le rejet, par la sentence, par ma culpabilité, par mon incompréhension. Je veux m’enfuir, je veux remonter le temps. Je veux tant de choses, mais rien de tout ça n’est possible. Rien ne peut, actuellement, faire cesser l’écho rieur de la colère d’Elias. Je te faisais confiance. J’essaye de rassembler les éclats coupants de mes pensées. « J’ai essayé, Elias, crois-moi. J’ai essayé de t’avertir. J’ai essayé de m’enfuir. J’ai essayé, les gens ne voyaient que Liam. » Piètre défense que voilà, je baisse les bras. Je baisse les bras, sans baisser le regard. « Qu’est-ce qu’il nous arrive, Elias ? Qu’est-ce qu’il t’arrive ? J’ai l’impression que nous sommes des putain d’étrangers, j’ai l’impression que… » De quoi ai-je donc l’impression ? Je souffle, un nuage se forme devant mes lèvres, comme en écho de tout ce que je peux ressentir, comme un hurlement, une illusion expulsée de mes poumons, forgées par mon incapacité à parler. « J’en ai pas rien à foutre de toi, Elias… bien au contraire… tu méritais pas ça… » Est-ce qu’un jour, je cesserai de pleurer dans de telles circonstances ? J’en doute. Mes yeux étaient restés secs jusque-là, ils laissent passer des larmes agressives depuis une poignée de secondes. Elias ne mérite pas ça. Ne mérite pas ma trahison. Ma voix hausse d’un ton, lorsque je répète, lorsque je hurle. « TU MERITAIS PAS CA, JE LE SAIS BIEN ! » Je décolle mon dos du mur. Il a reculé, et bien non. C’est moi qui avance. « Frappe moi ! Vas-y, frappe moi, t’en meurs d’envie, putain. Frappe moi, Elias ! C’est tout ce que je mérite, c’est ça ? Et bien, je suis bien d’accord. Vas-y, frappe moi ! » J’attrape son bras, pour me le foutre dans la gueule, maladroitement. Allez, Elias, frappe-moi, je suis sûr que ça va te faire du bien. Je ne sais même pas ce que j’attends, ce que je veux. Si, je sais ce que je veux. Je veux trouver une solution. Pour me sentir mieux. Je suis un putain d’égoïste. « Si je pouvais remonter le temps, je le ferais. Si je pouvais réparer quoique ce soit, pour t’épargner ça, je le ferai, crois-moi ! Mais je peux pas ! J’ai tourné le problème dans tous les sens ! Je ne peux pas ! Pourquoi tu crois que je voulais abattre Liam, hein ? Ce qu’il s’est passé, c’était mon pire cauchemar ! Je vous l’avais dit, merde ! »

Je fais un pas en arrière, entre le canapé et le mur. « Putain Elias, qu’est-ce que je peux faire, maintenant, hein ? Dis-moi… je t’en prie, dis-moi. Qu’est-ce que je peux faire ? J’ai plus d’existence, j’ai plus d’identité. Je t’ai plus toi, si je comprends bien. Qu’est-ce que je peux faire, hein ? » Je suis pathétique, à demander à Liam de me donner un but, à en demander un à Elias aussi. Je suis pathétique. Celui que j’ai connu a dû crever quand t’as appuyé sur la détente « Comment est-ce que je peux me faire pardonner, Elias ? S'il te plaît, dis-moi que je peux faire quelque chose ? »

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MessageSujet: Re: Life has a hopeful undertone [PV Nolan]   Lun 5 Juin - 2:29

Sur l’échafaud, Nolan accepte si docilement son châtiment qu’il en tord le cœur alourdit du grec. Il tend presque le cou pour recevoir le coup final, fatal. La respiration altérée par la panique, le rédacteur peine à émerger de ses enfers. Le démon chuchote toujours à son oreille de drôles de mots. Le contenu ne s’oriente déjà plus vers le défouloir, il se focalise sur l’hôte. La tristesse creuse les traits chiffonnés du damné, les mains défont quelques boutons de la chemise pendant que l'interlocuteur se répand en paroles insensées. Son invitation à lui infliger de nouvelles atrocités ne lui arrache qu’une grimace. Il doit réussir à aspirer l’air sans suffoquer pour contrer la débâcle initiée. Il met à profit les enseignements tirés de ces quelques séances inutiles chez une psy. De longues minutes sont nécessaires pour reprendre le contrôle de sa cage thoracique mais ultimement, il parvient à chasser les derniers relents de sa terreur. Les pas se hasardent à sillonner l’appartement alors. Tremblant de la tête aux pieds, le trentenaire se laisse choir dans le canapé, la tête posée entre les mains. Les paupières closes, il reprend avec difficulté, le cours d’une situation qui leur a, à tous deux, échappée. Le poids des années oblige ses épaules à renoncer à toute lutte contre la gravité. Effondré sur lui-même, Elias se met à vouloir oublier le décor. Avec un peu d’imagination, il peut visualiser son propre logis, s’imagine pouvoir basculer dans les coussins et étouffer les conflits en sombrant dans un sommeil agité. Entre ses doigts, il peut discerner les ravages qu’il a causés, la table retournée, les récipients éclatés au sol, les liquides formant des marées étranges contre ses semelles. La réalité lui arrache un son organique, à demi-grognement, à demi-gémissement. Il craint que ça ne s’empire dans les jours à venir. Ne peut tolérer de représenter un danger pour ses proches. A commencer par Clementine. Obtenir sa garde ne lui semble plus être qu’un vague rêve à jamais perdu. Rompu par ce qu’il devient. Jamais, il ne pourrait la laisser approcher de si près le danger.

Le corps animé de frissons, il se redresse pour affronter le regard voisin. La profonde affliction crispe ses traits. « Je ne vais pas te frapper, Nolan. Tu as perdu la tête ou quoi ? Tu ne crois pas que j’en ai fait assez, bon sang. Tu veux que j'ai combien de choses sur la conscience comme ça ? » Les dents grincent, les yeux accrochent les vestiges de son emportement. La culpabilité l’oblige à esquisser un geste en direction du massacre mais tout ce qu’il parvient à faire en se penchant, c’est à écorcher son doigt sur du verre brisé. Son dos heurte le dossier à nouveau, les iris traquent l’américain. « Et tu ne m’as pas perdu, ne sois pas stupide. » Son ton sec ne suggère en rien le pardon bien que la sincérité soit présente. La loyauté de l’européen défie ce que la colère bâtit. Les faux pas de l’ingénieur seront compris et acceptés sans doute plus tard. Pas aujourd’hui. Il n’a même plus envie de revenir sur le sujet, n’en peut plus de souffrir de ce manque de confiance. Le journaliste est inapte à digérer ses explications et à gérer sa détresse. Pas quand il cohabite si mal avec la sienne. Ses propos sortent avec cette dureté qui ne lui ressemble pas, comme si chaque syllabe lui coûtait. Comme si à chaque son, il puisait dans une énergie qu’il ne possédait déjà plus. « J’ai vu mon plus vieil ami se passer une corde autour du cou. Je t’assure que je ne tiens pas à revivre ça et que je refuse de perdre à nouveau quelqu’un. Alors tu vas devoir te calmer, pigé ? » Manque d’empathie évident, il ne veut même pas le notifier.

Écorché, il poursuit sans s’encombrer de toute autre réflexion. Le besoin de balancer ce qu’il traine d’une pièce à l’autre depuis des mois se fait impérieux. Après tout, son comparse ne peut pas être le seul à éjecter son ressenti. Lui aussi en crève de tout contenir, de tout ressasser. « C’est le mari de ma sœur. On ne sait pas exactement ce qui lui est arrivé, à ma sœur. Un accident ou un suicide. Elle est… » Il ferme les yeux juste un instant. « Était. Elle était instable. Et lui n’a pas pu le supporter. Peut-être par culpabilité ou peut-être parce qu’il n’avait plus rien à perdre ou à gagner, il est monté sur une chaise pour se pendre à la poutre de son salon. Comme ça, sans témoin et le jour de l’enterrement en plus. » Mettre en perspective toute la situation rend l’horreur tangible. La peine se multiplie, démantèle la rage, juste assez pour que le timbre s’adoucisse. Les yeux rivés sur le parquet, le conteur ignore ce qui le pousse à tout révéler de cette façon. Les réalités s’arrachent à la caboche hantée avec une facilité déconcertante cependant. « Je l’ai trouvé à temps... Mais je ne sais pas si ça servira à quelque chose, s'il va m'écouter, s'il ne va pas recommencer. Alors si tu tiens réellement à moi et que tu ne te fous pas de moi, Nolan, en attendant que je puisse trouver le courage de te pardonner et de te comprendre, tu vas me faire le plaisir d’arrêter de foutre ta vie en l’air pour un autre. Même si cet autre est ton frère. » L’injonction se fait plus autoritaire que prévue.

La tête repart en avant, le front rencontre la paume indemne. Le regard s’attarde sur l’autre main, là où la coupure longe l’index. Trainée noire, nécrose visible. La voix redémarre. « Si tu veux faire quelque chose… Aide-moi à me sortir ce truc de la tête. » La vulnérabilité perce aussi brutalement que son ami a expulsé ses cris, l’a invité à le frapper. « Je ne sais pas ce qu’il m’arrive. Je n’aurais jamais réagi comme ça si j’avais été moi-même et tu sais que ce n’est pas moi, ça. » Vague mouvement en direction du chaos orchestré. Les poings se serrent à nouveau, les phalanges craquent. Les murmures esquissent les vérités. « J’ai la trouille. J’aurais pu réellement te blesser, je t’ai à moitié nécroser... Il ne faut pas que ça se reproduise. Mais je ne sais pas ce que je dois faire. Je ne sais pas ce que j’ai, s’il s’agit d’une infection ou d’autre chose mais ça n’a rien de normal, d’humain. Mon reflet… » Il n’arrive même pas à le décrire, renonce d’ailleurs bien vite à cette entreprise. « Je ne vais pas bien. Et ce truc ne m’aide pas. Il est apparu quelques mois après mon accident de voiture. Je croyais que je perdais les pédales, à cause de tout ça, de Bran, de Carley mais ça s’amplifie. Et ça n’est pas dans ma tête. Je ne suis pas le seul. » Mackenzie. Comme une fatalité, un coup du sort, qu’ils soient similaires sur ce point. Il veut parfois y voir un signe positif. Cherchant le bonheur là où il lui semble impossible à dénicher, borné comme il est. Ses confidences tentent d'établir un semblant d’espoir au milieu d'une obscurité implacable, il reste un éternel idéaliste. De ceux qui n'abandonnent jamais et qui se permettent de rêve à voix haute même en pleine descente. La solution à dénicher, il n'en doute pas. Et le premier pas se fait ici, en présence de la personne qui l'a déçu. Et pour qui il continuerait de se battre pourtant.
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MessageSujet: Re: Life has a hopeful undertone [PV Nolan]   Mer 21 Juin - 0:37

Life has a hopeful undertone

Elias & Nolan

Le comportement d’Elias ne lui ressemble pas, pas plus que le mien ne me correspond. Nous sommes de tornades, deux explosions mises au contact l’une de l’autre. Nous sommes deux amis, nous sommes supposés être deux amis, mais dans les faits… dans les faits, la colère gronde. Le silence tonne. Les non-dits hurlent comme des bourrasques de vent, pour mieux nous déstabiliser, pour mieux nous faire tomber, pour mieux nous écraser. Pour nous réduire à néant, nous empaler sur les vestiges de notre amitié, une amitié déjà malmenée par mes mensonges, par ma trahison, par sa fureur et mon accablement. Parce que ma culpabilité, je la revendique, je l’accepte, je l’assume, des larmes aux yeux, comme toujours. Ne serais-je jamais capable de garder la tête haute, d’accepter la sentence sans fondre en larmes ? Non, visiblement non. Cette capacité, je l’ai perdue lorsque j’ai réellement frôlé la mort, lorsque j’ai subi la pire des trahisons, cette trahison que je veux tant oublier, tant pardonner, sans être capable de passer outre malgré tout. Tout en étant capable de la nier lorsque je me trouve en présence de Liam. Il m’a trahi. Et maintenant, c’est à moi d’avoir trahi mon frère. Alors oui. Alors oui, je m’effondre, dans ma tête. Alors oui, derrière mes yeux, il n’y a que des ruines. Et derrière ceux d’Elias, j’en entraperçois aussi. Louiza est morte. Sa sœur est morte, et je n’ai pas là. Sa sœur est morte, et moi je n’étais même pas à ma place, à ma place à ses côtés pour le soutenir. Sa sœur est morte, et moi, je le trahissais doublement, de par mon absence déjà, de par mes mensonges ensuite. Et je l’ai trahi une troisième fois en gardant le silence. J’aurais pu me ramener en claquettes chaussettes au Blackbird que la trahison n’aurait pas été pire, je crois. Qu’est-ce qu’il nous arrive ? La question récidive dans ma gorge, dans ce balbutiement d’incompréhension qui me pousse à bégayer, dans mes pensées, dans mes phrases, dans mes mots. Qu’est-ce qu’il nous arrive ? Nos comportements ne nous ressemblent pas. Et j’ose croire que mes trahisons ne me ressemblent pas non plus. La douleur à ma joue s’évapore, mon regard affolé, lui, s’attarde. Vraiment.

J’ai essayé. Sur ma tombe, je suis sûr qu’il y aura une épitaphe de cet acabit. Nolan, celui qui aura passé sa vie à essayer, avec un petit dessin de Yoda agrémenté de do or not do, there is no try, je crois. J’ai essayé, maigre résumé de ma vie. J’ai essayé, j’ai échoué. Et nous sommes deux étrangers. Je ne reconnais plus Elias, je ne reconnais plus mon frère de cœur, je ne me reconnais moi-même plus. Noliam, entité hybride, entité monstrueuse. Elias, étranger, ami perdu, ami brisé, ami violent, ami… autre chose. Ma colère prend le dessus, éradique mes incertitudes, s’impose sur tout le reste. S’impose. Et exacerbe ma culpabilité. Bien sûr qu’Elias méritait pas ça. Il ne mérite rien, rien de tout ce qu’il lui arrive, de tout ce qu’il lui est arrivé. Alors qu’il me frappe, merde ! Nolan, celui qui aura essayé, qu’il me frappe parce que moi, je mérite sa colère. Ce qu’il s’est passé avec Liam, c’était ma hantise. Ce qu’il s’est passé, finalement, je l’avais prédit, et on ne m’a pas écouté. Tout est de ma faute, mais je l’avais vu venir, merde ! Un pas en arrière, je me rends compte que je ne supporte pas, je ne supporte plus rien. Je ne supporte pas de le savoir être un étranger pour moi, je ne supporte pas qu’il me déteste, je ne supporte pas de ne plus savoir ce que je veux, ce que je suis, ce que je fais. Je ne supporte plus grand-chose, et chaque pas que je fais m’est plus insupportable que tout le reste pour la simple et bonne raison que chaque pas que je fais m’enfonce davantage dans des sables mouvants dont je suis le prisonnier depuis bien trop de mois. Qu’est-ce que je peux faire, maintenant que tout est consumé, que tout est en cendre ? Qu’est-ce que je peux faire ? J’ai passé des semaines à voir ma conduite être dictée par Nataliya, par les impératifs de la vie de mon frère, j’ai passé des semaines à voir ma conduite être dictée par le jeu, par les apparences. Maintenant, maintenant que je suis obligé de regarder dans les yeux une amitié perdue et des ruines encore brûlantes, j’ai besoin qu’on me dise ce que je peux faire pour réparer tout ça. Qu’il me frappe, Elias, qu’il me punisse d’une manière ou d’une autre, parce que je le mérite.

Et parce que je ne mérite pas d’être emporté dans un cyclone d’incompréhension, comme maintenant. J’ai besoin de stabilité. J’ai besoin d’amitié. J’ai besoin de faire quelque chose. Même n’importe quoi. J’ai besoin d’avoir l’impression de payer, l’impression de rembourser. L’impression d’exister. D’avoir une bonne raison d’être encore là. « Je ne vais pas te frapper, Nolan. Tu as perdu la tête ou quoi ? Tu ne crois pas que j’en ai fait assez, bon sang. Tu veux que j'ai combien de choses sur la conscience comme ça ? » Je secoue la tête, une tête que non, je n’ai pas perdue. Pas encore. Malheureusement. « Tu n’as rien fait, Elias… » Je murmure, même, pour appuyer mes propos. Ses doigts ripent sur le verre brisé. « Et tu ne m’as pas perdu, ne sois pas stupide. » Là, je ne réponds rien, bien que ce ne soit pas l’envie qui me manque. Je ne l’ai pas perdu ? Connerie. Je l’ai trahi. « J’ai vu mon plus vieil ami se passer une corde autour du cou. Je t’assure que je ne tiens pas à revivre ça et que je refuse de perdre à nouveau quelqu’un. Alors tu vas devoir te calmer, pigé ? » Louiza, son plus vieil ami… je chancèle. « Tu m’étonnes que tu pètes les plombs » c’est tout ce que je trouve à dire avant qu’il ne poursuive. « C’est le mari de ma sœur. On ne sait pas exactement ce qui lui est arrivé, à ma sœur. Un accident ou un suicide. Elle est… Était. Elle était instable. Et lui n’a pas pu le supporter. Peut-être par culpabilité ou peut-être parce qu’il n’avait plus rien à perdre ou à gagner, il est monté sur une chaise pour se pendre à la poutre de son salon. Comme ça, sans témoin et le jour de l’enterrement en plus. » Je chancèle encore, retrouve le chemin d’un support où me laisser tomber, après avoir poussé du bout des doigts des débris et obstacles. Accident, suicide, suicide, accident, la vie d’Elias semble être une succession d’emmerdes. Et moi, je me suis rajouté dessus, comme la cerise sur le gâteau. Ou le cyanure sur la cantarella déjà mortelle. Elias poursuit, moi j’écoute. Je visualise, aussi, avec netteté. Je visualise si bien qu’une silhouette, semblable à la mienne, semblable à la sienne, s’impose à ma rétine, balancée au bout d’une corde, dans le dos d’Elias. Une illusion involontaire, une illusion pour me punir, encore une fois, de ne pas avoir été là quand il avait besoin de moi. Elle se trouble. Et moi je souffle. « Je l’ai trouvé à temps... Mais je ne sais pas si ça servira à quelque chose, s'il va m'écouter, s'il ne va pas recommencer. Alors si tu tiens réellement à moi et que tu ne te fous pas de moi, Nolan, en attendant que je puisse trouver le courage de te pardonner et de te comprendre, tu vas me faire le plaisir d’arrêter de foutre ta vie en l’air pour un autre. Même si cet autre est ton frère. » Je ferme les yeux, détourne le regard. Garde le silence, pour la simple raison que même si je n’ai absolument jamais envisagé d’attenter à mes jours, je sais pertinemment, ou plutôt j’ai appris à la dure, que je ne pourrais pas laisser Liam crever si je peux tout faire pour empêcher ça. Y compris me sacrifier. Je garde le silence pour ne pas lui mentir. Je garde le silence, et les yeux rivés sur lui. Sur son autre main où une trace noire est clairement visible.

« Si tu veux faire quelque chose… Aide-moi à me sortir ce truc de la tête. » Je fronce les sourcils. « Quel truc ? » Une main serre mes entrailles, les tord et les noue, comme d’autres donnaient vie à des ballons de baudruches en les transformant en animaux. « Je ne sais pas ce qu’il m’arrive. Je n’aurais jamais réagi comme ça si j’avais été moi-même et tu sais que ce n’est pas moi, ça. J’ai la trouille. J’aurais pu réellement te blesser, je t’ai à moitié nécrosé... Il ne faut pas que ça se reproduise. » « Nécrosé ? » Mes doigts se portent à mes joues, interprètent différemment, sans trop savoir pourquoi, la douleur d’un peu plus tôt. « Mais je ne sais pas ce que je dois faire. Je ne sais pas ce que j’ai, s’il s’agit d’une infection ou d’autre chose mais ça n’a rien de normal, d’humain. Mon reflet… » Mes mains se serrent, se torturent maladroitement, coudes appuyés sur mes genoux, penché en avant. « Ton reflet ? » Sorcellerie. Que disait ma mère ? Les esprits adorent les reflets, adorent les miroirs. Quelque chose dans le genre. Les yeux sont le miroir de l’âme, les miroirs sont les yeux des âmes, elle était particulièrement fan de ce genre de phrases complètement obscures. « Je ne vais pas bien. Et ce truc ne m’aide pas. Il est apparu quelques mois après mon accident de voiture. Je croyais que je perdais les pédales, à cause de tout ça, de Bran, de Carley mais ça s’amplifie. Et ça n’est pas dans ma tête. Je ne suis pas le seul. » Je fronce les sourcils. Attends qu’il poursuive, encore. Attends en vain. « T’es pas le seul… pas le seul dans ta tête ? » Ma main s’agite. « Non, rien, oublie ça. » Oublie mes conneries. Il a besoin de mon aide. Il a besoin de moi. Hors de question que je le trahisse encore une fois, hors de question que je le déçoive encore une fois. « Qu’est-ce que tu disais sur ton reflet ? » C’est tout ce que je trouve d’intelligent à dire pour le moment, je n’ai rien d’autre en stock. A défaut d’être un génie, je me lève pour m’accroupir aux pieds d’Elias, lui attraper la main. « Montre-moi ça. » J’essaye d’être autoritaire : je ne suis que pétri de doutes. Et pourtant, me voilà à murmurer quelques mots, quelques vieux souvenirs, les plus simples, parce que ce n’est pas grand-chose au final. La plaie se referme. « Je… » Je me lève à pieds joints. « Attends-moi là. » Attends quelques secondes : je file dans ma chambre, reviens avec un cahier d’école. Et ouais. « J’ai récupéré ça chez Liam. Il avait mes affaires. » Ma voix s’étrangle, inutile de m’étendre là-dessus. « C’est une partie de mes cours de machin. » J’ai toujours trouvé que parler de magie, c’était pas pertinent, et que sorcellerie, ça faisait trop Harry Potter. Sauf que j’ai déjà une cicatrice sur le bide, pas envie de m’en rajouter une sur le front, merci. « Il paraît que les grimoires, c’est plus classe, mais bon, c’est de la magie 3.0, exit les vieilleries et okay, je me la ferme. » Je feuillette le cahier grands carreaux à spirale – au format A4, d’ailleurs – et tombe sur le chapitre magnifiquement intitulé trucs bizarre 3.1.5, parce que tout ce que nous a appris notre mère a toujours été aussi organisé que mon cerveau. « Qu’est-ce qu’il a, ton reflet, Elias ? Il te dit coucou ? »

Je soupire devant ma propre connerie, toujours au rendez-vous, toujours là, dans un coin de ma tête, oklm pépère, prête à venir me poker pour glisser une punchline à ma place. J’ai vraiment envie de faire quelque chose, même si je n’ai jamais vraiment bien considéré mes dons en sorcellerie. J’ai toujours préféré ceux en magie de Liam, ses tours de passe-passe, bien avant que de quelconques capacités surnaturelles ne viennent dénaturer tout ça. « Si j’ai pu te soigne, c’est que t’es toujours réceptif. Ma mère m’a toujours dit que si on peut parler à quelqu’un, alors c’est pas encore totalement la merde. Donc c’est bon signe, non ? Enfin bref… j’sais pas trop ce que j’ai côté guérison, mais… les miroirs… c’est jamais anodin. »

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MessageSujet: Re: Life has a hopeful undertone [PV Nolan]   Jeu 10 Aoû - 1:29

Ce moment d’incertitude perdure. Celui qui précède la réaction, fait gonfler d’anxiété les poumons. Egaré entre deux mondes, nageant en eaux troubles, le grec reçoit le silence comme une de ces énièmes pilules. Un soulagement éphémère, des vibrations paisibles et persistantes, les problèmes grésillant plus loin. Un poison qui ne propage qu’une douce illusion, octroie un sursis à un organisme devenu dépendant. L’esprit malade se raccroche à la quiétude, embrasse cette impression vacillante de vide qui amène la sérénité. Le regard effleure le sol, s’arrête sur un point imaginaire. Sur une parcelle du parquet où les ravages se font, de préférence, absents . Si Nolan ne parle pas d’ici quelques secondes, cette paix factice se transformera en panique. Et s’il met en forme des syllabes imprécises ou se perd en jugement, la santé mentale d’Elias n’y survivra pas. Grenade qu’il a dégoupillée dans le salon, sa bouche comme unique compte à rebours et son corps comme seul réceptacle à la charge explosive. L’âme habitée par une entité, il transporte plus d’un danger. Mais tait ce fait en fermant les paupières, en caressant nerveusement le poing droit replié dans la paume gauche. Sans issue, cette situation écorche chaque seconde un peu plus les nerfs du damné. Il n’emprunte jamais les bonnes allées, se butte aux culs-de-sac et s’attend presque à ce qu’un miracle abatte les murs. La respiration s’appesantit une fois de plus. Son être entier devient son principal ennemi. Ça a débuté avec sa jambe et ça se poursuit avec l’esprit hanté. A croire que la chair transporte les échecs et les matérialise sous une forme ou l’autre, des rappels inconvenants. Peut-être mérités. Sûrement mérités. Les sourcils s’arquent, la détresse intervient. La main intacte soutient le front, l’autre git sur le genou alors que les sons dispersent la réflexion voisine.

Les prunelles se relèvent et se plantent sur le menton de l’ingénieur, pas assez courageux pour dépasser ces courbes, atteindre l’iris. La question s’égare, se gomme. Le rédacteur hausse des épaules. L’interrogation suivante lui arrache une grimace quant à elle. La voix sort plus rauque, plus instable encore. « Je ne me vois plus, moi. Mais c’est une sorte de … Chose. Plutôt traumatisante, du genre film d’horreur. » Un rire nerveux et sans chaleur lui échappe. « Tu dois me prendre pour un fou. Je le suis peut-être devenu à force. Qu’est-ce que j’en sais hein ? » Les doigts de Nolan contre son épiderme le dérangent. Pour ajouter un peu de démence à l’ensemble, le trentenaire observe sa peau se refaire. Les yeux ronds, il la fixe plus de temps que nécessaire, note à peine la disparition de son ami de la pièce. Les quenottes grignotent la lèvre inférieure. La confusion s’étend davantage quand le propriétaire des lieux refait surface. Pas le temps de digérer le flot d’informations. L’œil se perd furtivement dans le regard adverse, en quête d’un semblant de réponse. Cet américain, un sorcier ? « Pourquoi tu ne m’as jamais rien dit ? » ne peut-il s’empêcher de demander. Les blessures invisibles refont surface, ce manque de confiance, de confidences. Ebranlé par ces secrets, l’européen sombre une fois de plus dans un chagrin qui le dépasse. « Non, mon reflet ne me ressemble juste pas. Enfin… J’espère. » Il ramasse la sueur sur ses tempes. « Enfin, je suis peut-être cette sorte de monstre, pour ce que j’en sais. Vu ce que j’ai fait subir à mon gosse… » Ses pensées sont à l’image de ce qu’il vit ou croit vivre. Incohérence absolue. « S’il y a bien quelque chose en moi, ça ne me parle pas. C’est plus… Je ne sais pas. Des sautes d’humeur, des impulsions qui ne viennent pas de moi. C’est comme si… Comme si tout ce qu’il y avait de négatif ressurgissait, comme s’il n’y avait plus que ça. Et la colère… » Respiration précipitée, erratique, vague geste de la main pour englober les dégâts matériels. « Ça ne me ressemble pas. » tente-t-il d’ajouter pour s’en convaincre également.

L’attention se porte sur l’objet qu’il a ramené, un frisson le parcourt. « Tu crois qu’il y aurait une solution… Une explication au moins dans ton truc ? » Il déglutit avant de se recroqueviller davantage sur son siège. La sorcellerie le fascine tout aussi sûrement qu’elle l’inquiète. Il ignore l’étendue de ces dons, ne connait pas les codes et donc pas les conséquences possibles. Il ne sait pas plus s’il peut encore placer confiance en quelqu’un qui a aligné les non-dits et les mensonges. Pas aujourd’hui en tout cas mais il n’a pas le choix au fond. En choisissant de se livrer, il a ouvert cette porte. La seule dont il dispose. Comme pour se le rappeler, il énonce la première raison au risque à saisir. « Tu te rends compte que je pourrais blesser ma fille rien qu’en la touchant, sans le vouloir. Je suis prêt à accepter tout ce que tu me proposeras, n’importe quoi pourvu que ça n’arrive jamais. » Le regard capte le sien, s’y agrippe avec férocité subitement. Le corps part vers l’avant les mains accrochent les bras voisins avec désespoir. Une supplique qu’il conclut d’une seule ligne. « Il faut que tu m’aides. » Le reste viendrait plus tard. La compréhension, les questions sur la nature révélée du magicien, le pardon. Plus facilement octroyé si son allié pouvait réellement l’extirper de ses ténèbres. Une dette pour laquelle il n’aurait pas trop d’une vie pour se racheter.
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MessageSujet: Re: Life has a hopeful undertone [PV Nolan]   Sam 2 Sep - 18:47

Life has a hopeful undertone

Elias & Nolan

« Je ne me vois plus, moi. Mais c’est une sorte de… Chose. Plutôt traumatisante, du genre film d’horreur. » Un rire nerveux lui échappe. Moi, je suis loin de sourire. Je suis loin de sourire, parce que je ne vois qu’une seule chose : je peux cesser, un instant, d’être impuissant. Je peux cesser, l’espace de quelques secondes, de me sentir nocif. Je peux, éventuellement, embrasser cette part de moi qui m’enquiquine pour aider, juste aider mon meilleur ami. Qu’est-ce qu’il disait sur son reflet ? Je ne me vois plus. J’essaye de chercher dans ma mémoire ce que ça peut signifier, mais ma mémoire est ce qu’elle est ; mais mon intérêt pour ces capacités dont j’ai hérité sont ce qu’elles sont, mais… D’abord, Nolan, d’abord s’occuper de ce que je peux gérer. De ce que je connais. De ce qui est pleinement à ma portée et non à l’horizon, sur un chemin foireux que je ne veux pas emprunter. Pas vraiment. D’abord, s’occuper de sa main. Accroupi, je le force à me la donner. Non, Elias, je ne compte pas te demander en mariage, mais… « Tu dois me prendre pour un fou. Je le suis peut-être devenu à force. Qu’est-ce que j’en sais hein ? » Cette fois, c’est à moi d’avoir un rire nerveux. Qui est fou d’entre nous ? Moi, et uniquement moi. Elias, il m’a tout l’air d’être juste un mec bien à qui on fait subir un peu trop de choses. Et je fais partie de ce on, et je continue, encore, parce que ses yeux écarquillés m’informent que de ça aussi, j’ai oublié de lui en parler. La plaie se referme. Je me redresse. Disparais avant qu’il n’ait le temps de me dire quoique ce soit. De me reprocher quoique ce soit. Trop, trop de choses. Je lui fais subir trop de choses. Liam lui fait subir d’autres choses. J’envisage, en croisant la fenêtre du regard, de fuir, de le laisser en plan, d’esquiver. De réellement tourner le dos à des explications, de disparaître dans la nature, de m’éloigner de tous ceux que je blesse, de les éloigner de Liam, de les éloigner des Wiggins, de les éloigner de mes doutes, de mes cachotteries, de mes conneries, de… Je me donne une claque : récupère un cahier dans un carton ramené de chez mon frère, au milieu duquel trône un vieux pingouin en peluche, quelques origamis, beaucoup de petites merdes inutiles, quelques livres usés à force d’avoir été lus, et des cahiers. A spirale. Grands carreaux. Petits carreaux. Sans carreaux. Mes cahiers.

Pas de grimoires. Juste des cahiers d’écolier. Récupérés chez mon frère, sans savoir pourquoi. Je lutte pour ne pas détourner le regard quand les pupilles d’Elias me frôlent. « Pourquoi tu ne m’as jamais rien dit ? » J’ouvre la bouche, envisage de la refermer sans parler. Finis par souffler : « Parce que je n’y ai pas pensé. » C’est tout aussi simple que cela. Pourquoi ne lui ai-je rien dit ? Parce que jusqu’à très récemment, je mettais un point d’honneur à oublier ce que je suis. Jusqu’à très récemment. Les illusions auraient pu me sauver la vie, ce jour-là, face à la chaise électrique. Les potions auraient pu servir aux premières heures de la rébellion active, les… j’ai juste voulu oublier. Et désormais, dépoussiérer tout ça devient une affaire de vie ou de mort. C’est comme ça. Et c’est aussi une affaire de vie ou de mort à cet instant : qu’est-ce qu’il a son putain de reflet ? « Non, mon reflet ne me ressemble juste pas. Enfin… J’espère. Enfin, je suis peut-être cette sorte de monstre, pour ce que j’en sais. Vu ce que j’ai fait subir à mon gosse… S’il y a bien quelque chose en moi, ça ne me parle pas. C’est plus… Je ne sais pas. Des sautes d’humeur, des impulsions qui ne viennent pas de moi. C’est comme si… Comme si tout ce qu’il y avait de négatif ressurgissait, comme s’il n’y avait plus que ça. Et la colère… Ça ne me ressemble pas. » La colère. Je me mords la lèvre, sans savoir quoi dire. Et avec foule de conneries sur le bout de la langue. Des conneries et quelques certitudes, heureusement, pour compenser. « Si tu vois quelque chose qui n’est pas toi dans la glace, Elias, c’est que ce n’est pas toi. C’est aussi simple que ça. Quoique tu puisses voir, ce n’est pas toi. » De toute manière, je le connais suffisamment pour savoir qu’en effet, ça ne le ressemble pas.

J’essaye de retrouver des passages intéressants dans cette pléthore de gribouillis qu’on appelle écriture, sans exactement savoir ce que je cherche. « Tu crois qu’il y aurait une solution… Une explication au moins dans ton truc ? » J’hausse les épaules. « Je sais pas. » J’en sais rien. Je n’en sais strictement rien. Liam saurait, lui. Mais Liam… Liam est hors de portée. Hors de question. Hors de tout et surtout hors de ma vie : qu’il y reste. « Tu te rends compte que je pourrais blesser ma fille rien qu’en la touchant, sans le vouloir. Je suis prêt à accepter tout ce que tu me proposeras, n’importe quoi pourvu que ça n’arrive jamais. Il faut que tu m’aides. » Les yeux sont le miroir de l’âme. Que voit-il dans les miens, là, maintenant, lorsqu’il capte mon regard pour me forcer à y voir son désespoir ? J’ai du mal à respirer, j’ai la gorge sèche. Et moi aussi, je suis désespéré. Désespéré à l’idée d’encore une fois le laisser tomber. D’encore une fois lui faillir. « Bien sûr que je vais t’aider, Elias. ». Bien sûr. C’est une promesse que je lui fais, avec la ferme intention de la tenir. « Je vais chercher. Je ne… Je ne m’arrêterai pas de chercher tant que je n’aurais pas trouver. Et on essayera. Et si ça ne marche pas, alors je chercherai encore. » Et il y a de la conviction dans ma voix.

Il y a la détermination de Nolan. Du vrai Nolan. Il y a la détermination désespérée du traitre qui veut se racheter. De celui qui a tout fait foiré et qui donnerait son âme, son être, sa vie pour réparer ses torts. « Je t’ai pas parlé de ce que je suis supposé savoir faire, parce que ça ne m’a jamais intéressé. Jusqu’à récemment, j’avais tout mis au placard. J’avais oublié que je pouvais faire ça. Je t’en ai pas pas parlé parce que je te faisais pas confiance, juste parce que ça ne m’a jamais paru important. Mais maintenant, maintenant si ça peut te rendre service, alors je vais m’y intéresser. Je vais devenir le sorcier que ma mère voulait que je sois. Je vais bosser, je vais expérimenter. Et je te le dis, je te le jure Elias, je ne m’arrêterai pas tant que ce ne sera pas résolu. Parce que tu mérites mieux que ce que je t’inflige, que ce que toute la merde du monde t’inflige. » Je le regarde droit dans les yeux. Je veux tellement être l’ami qu’il mérite, le frère qu’il mérite, l’allié qu’il mérite. Je veux tellement être à la hauteur de tout ce qu’il m’a donné quand j’ai eu besoin de lui. « Tu ne blesseras pas ta fille. »

Trois doigts viennent toucher le front d’Elias. Ma main arquée, cinq doigts crispés comme des griffes, viennent effleurer sa poitrine au niveau de son cœur. Je referme le poing, deux doigts comme une pince se saisissent de quelque chose d’immatériel et le jette sur le côté. « Ma mère faisait toujours ça pour chasser les mauvais esprits lorsque j’étais petit et que mes reins faisaient une rechute. Je ne sais pas ce que ça vaut. Mais on sait jamais. » C’est ridicule, ce sont sûrement que des gestes faits comme un rituel pour rassurer l’enfant que j’étais ou lui donner quelque chose auquel se raccrocher mais… On ne sait jamais. C’est ridicule, mais encore maintenant, finalement, je me raccroche à tous ces souvenirs. La sorcellerie a été omniprésente dans mon enfant, par ce genre de conneries. Peut-être… peut-être que finalement, j’en sais plus que je ne le pense. Peut-être que je peux trouver la solution sans Liam.

Peut-être. Quoiqu’il en soit… « Tu reveux quelque chose à boire ? » Un peu d’eau croupie, aromatisée aux trois herbes trouvées dans mes placards ?


Spoiler:
 

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