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 Counting Stars || Tristou

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ANIMAL I HAVE BECOME

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MessageSujet: Counting Stars || Tristou   Mar 28 Mar - 3:04




 
 
Tristan & Lazlo
featuring


-C'est décidé, je sais déjà où je vais t'amener ! On se rejoint ce soir au petit jardin public au Nord d'ici, à deux rues de l'Arène. Ca évitera à Gandalf ou à n'importe qui d'autre de nous voir ensemble, ou de savoir ce qu'on fait.

Un point de rendez-vous suffisamment proche pour que personne ne se perde, et suffisamment éloigné de leur lieu de travail pour éviter les regards indiscrets. Un bon deal, assurément. Tout du moins c'était ce qu'il lui semblait. Sentant bien que le sorcier n'était pas contre la proposition, Lazlo avait haussé des sourcils railleurs, un éclair de malice traversant ses iris céruléens.

-A ce soir, Kayiman le Sphinx.

Sa voix était un souffle. Un murmure plein de promesses, celles d'une soirée qu'il espérait instructive pour son compagnon comme pour lui-même. Celle de l'initier à la vie moderne avec tout ce qu'elle avait à offrir, quelles que soient les conditions qu'ils subissaient tous. Après tout, la Terre ne s'était pas arrêtée de tourner quand bien même les portes de l'Enf... De Darkness Falls s'étaient ouvertes. Le sol ne s'était pas embrasé, le ciel ne s'était pas teinté de pourpre, les harpies, les démons, n'étaient pas sortis des tréfonds de ce lieu réputé dangereux pour arpenter la planète en semant le chaos. Alors tout était bon, en ce qui le concernait. Ils avaient encore l'opportunité de vivre relativement normalement, et s'il n'était pas certain que cela dure, il était tout disposé à ne rien laisser filer. Ne pas gâcher sa chance. Jamais.
C'était ça, cette promesse, dans sa voix, dans ses gestes. Dans le regard qu'il posa au creux des prunelles sombres, insondables, de Kayiman. La promesse que le monde n'avait pas fini de vivre, et ses habitants avec. La pause était terminée mais pas leurs projets. Loin, bien loin de là. Tournant les talons, il adressa un léger signe de la main à son nouvel ami avant de rejoindre rapidement les couloirs menant à son lieu de travail. L'accompagnaient, rythmant ses pas enjoués, les battements tonitruants d'un cœur surexcité à la perspective de jouer les guides spatio-temporels.


La journée s'étira, longue, élastique, avec ses périodes creuses et ses périodes d'extrême activité. Une nouvelle journée à gratter sur son calepin en espérant être suffisant, en espérant être dans les règles. En espérant pouvoir rester suffisamment longtemps dans cet antre de la torture qu'était le Colosseum juste pour pouvoir s'offrir, juste après, le miracle de la liberté retrouvée. Il n'avait pourtant pas travaillé bien longtemps à l'Arène. Mais tout ce qu'il y avait déjà vécu, toutes les horreurs auxquelles ils assistaient tous au quotidien, lui laissait penser qu'il était pieds et poings liés à ce système depuis bien des années. Lazlo se sentait aussi jeune que vieux. Aussi naïf que blasé. Aussi perdu qu'affreusement sûr. Ce métier creusait les âmes, renforçait les amertumes en concentrant les ivresses. Ce travail mélangeait le bon grain à l'ivraie, le bon salaire au meurtre. Moutons esclaves d'un système qui les engraissait, ils fournissaient tous des mots, des paroles éphémères et désuètes pour conforter leurs pairs ovins dans la sensation qu'il y avait une certaine justice, quelque part, dans toute cette mascarade. Alors qu'eux, ils savaient que non.
Des vendeurs de rêve. C'était comme ça qu'on lui avait présenté le métier, quand il avait passé son entretien d'embauche. Ils étaient tous des vendeurs de rêve, et devaient, de leurs petits doigts, fournir l'illusion que l'horreur était un plaisir. Provoquer l'envie, provoquer le désir d'un public qui n'avait usuellement pas le goût du sang humain. Ils n'étaient pas des vendeurs de rêve, non. Ils étaient des vendeurs de chair humaine, à une clientèle de cannibales toujours plus affamés. Toujours plus insatiables. Des charognards, ils étaient tous des charognards, en fin de compte. Ils se nourrissaient tous sur la douleur, sur l'horreur, sur ce que l'humanité avait de plus vil à proposer. Et ils n'y voyaient aucun problème.
Cet emploi le prenait à la gorge. Mais, les moments où ce qu'il voyait dans l'Arène devenait trop abject, trop insupportable, son regard glissait jusqu'à la petite porte sombre, au fond de leur poste d'observation. Et Lazlo de se dire qu'assister aux Jeux était bien loin de la cruelle tâche de façonner tous les pièges, toutes les illusions, qui prenaient la vie de chacun des concurrents de cette misérable supercherie.

Il bouillonnait, quand il sortit du Colosseum, le pas bien trop rapide pour ses lymphatiques collègues. Sa démarche était bondissante, non seulement à cause de toutes ces macabres révélations que son emploi lui donnait au quotidien, mais aussi parce qu'un vent d'excitation avait soufflé sous ses mèches blondes. Si la journée était sombre, la nuit s'annonçait lumineuse. Porteuse de toutes ces promesses, de toute cette lumière qu'était la vie. D'un mouvement rapide de la main, il avait pris congé auprès de ses collègues. Collègues qui s'étaient amusés à interpréter son agitation comme un potentiel rendez-vous galant. Lazlo avait tenté de se dépêtrer comme il pouvait de la situation, prétextant que non, non, non, il s'agissait juste de retrouver son petit neveu qu'il n'avait pas vu depuis longtemps, mais ses aînés n'en avaient cure. Selon eux, -et ils avaient raison-, il ne pouvait s'agir que de quelqu'un. Ils avaient prononcé le terme de cette façon particulière, avec cette légère pointe d'insistance railleuse, qui signifiait que le quelqu'un en question avait des charmes tous particuliers. Et si Lazlo avait nié en bloc, ils avaient, partiellement, raison.
Parce que Kayiman était une promesse. La promesse de résoudre un peu plus de ce mystère qui l'entourait, d'en apprendre un peu plus sur ce spectre aux lèvres douces et à la voix de velours. De combler ce manque d'informations sur un monde entier qui s'était ouvert à lui quelques jours plus tôt, dont il n'arrivait pas même à appréhender l'intégralité. Alors oui, il mourrait d'envie de filer. Et lorsque les railleries recommencèrent alors qu'il s'apprêtait à partir, le blond s'était contenté d'un sourire en coin et avait taillé la route.

Le soleil se couchait doucement sur New York, prolongeant l'ombre des gratte-ciels jusqu'à l'infini. Jusqu'à l'autre bout de la Terre, là où son extrémité se perd dans l'espace, là où l'esprit et la compréhension ne peut pas les rattraper. Le petit parc où les deux jeunes hommes devaient se retrouver ne semblait pas craindre l'arrivée de la pénombre, pourtant. Nombre de badauds continuaient d'errer avec sérénité, et il dépassa quelques enfants accompagnés de leurs gardiens s'égosiller gaiement autour d'un ballon qui avait vu des jours meilleurs. Conscient que Kayiman ne devait pas être bien familier avec l'endroit, le blond baguenauda quelques instants avant de rejoindre l'entrée la plus proche du Colosseum. Un banc providentiel semblait n'attendre que lui, aussi choisit-il de s'y installer. La sérénité ambiante apaisait ses doutes, apaisait toute l'horreur qu'il avait vue à longueur de journée. Apaisait les tourments de son âme encore trop jeune pour être entièrement viciée par cette normalité anormale. Les gamins tapaient dans leur ballon, leurs éclats de rire, de voix, faisant écho à un musicien non loin de lui. La guitare de ce dernier répondait au chant des oiseaux, juste au-dessus de lui. Les arbres, centenaires, étendaient leur cime au-dessus de sa tête comme le toit d'une cathédrale, amplifiant les sons, assoupissant ses pensées. Un sourire évanescent creusa ses lèvres charnues alors qu'il se laissait porter. Malgré l'horreur, il y avait toujours de la beauté dans le monde. Il suffisait de savoir où la trouver.

Le sol en terre battue vibrait sous ses semelles, et, les paupières toujours closes, il sentait que quelqu'un approchait de son banc. Rouvrant les yeux, il aperçut la silhouette sombre de Kayiman, tranchant avec l'embrouillamini de couleurs, de formes, de vie, tout autour d'eux. Et pourtant, le vent frais avait donné un soupçon de rouge sur ses pommettes saillantes. Avaient apporté une légère teinte rosacée sur ses lèvres épaisses. Lazlo lui adressa un sourire radieux, chaud comme une nuit d'été.

-Tu as réussi à te libérer, c'est parfait ça !

Il était sincèrement heureux de le revoir enfin. Un plaisir qu'il ne cacha pas une seconde, qu'il amplifia, même, alors qu'il s'écartait pour l'inviter à s'installer sur le banc. Il était certain qu'une multitude de nouvelles questions s'étaient éveillées sous les mèches sombres de son compagnon, juste le temps de traverser les rues en direction du parc. Des questions qu'il avait hâte d'entendre, auxquelles il avait hâte de répondre. Ramenant ses jambes sur le banc pour s'installer en tailleur, il en profita pour déboutonner son col, se libérant du carcan de ses propres vêtements trop guindés. Avant de prendre une profonde inspiration, son regard vagabondant sur tous ses congénères qui vivaient tranquillement leur vie dans le parc.

-Regarde bien tout autour de nous. C'est ça, une partie de la vie. J'suis sûr qu'à part quelques détails technologiques, au final, on a tous eu les mêmes envies de ton temps comme de celui-là. Être libres, comme ces gamins, là-bas. Même si j'serais curieux de savoir si les parcs étaient exactement pareils là d'où tu viens.

Bon, normalement c'était à Kayiman de poser des questions. C'était tout du moins comme ça qu'il avait envisagé le début de leur soirée initiatique, mais au final, il était tout aussi incapable de respecter les règles générales du genre humain que ses propres résolutions. Contemplant encore un instant les gamins, il inspira profondément l'air environnant. Des odeurs de nourriture commençaient à monter tout autour d'eux, lointaines, portées par le vent. Les restaurants alentours qui se préparaient pour des soirées toutes plus ordinaires les unes que les autres. Les bars qui tiraient leurs tables et leurs chaises, prêts à accueillir une foule d'âmes en peine, au désespoir de pouvoir s'amuser ne serait-ce qu'un peu.
Mais la nuit était encore jeune, et eux aussi. Lazlo se retourna vers son nouvel ami, incapable d'empêcher ce sourire crâne, libéré, de rester vissé sur son visage.

-Y'a des trucs que tu vois qui te semblent bizarres, déjà ? Dis-moi tout. J'suis ton guide, après tout !

Il voulait savoir. Il voulait tout savoir. Il prenait ce monde comme il venait, parce que c'était le sien, mais sa curiosité était titillée par le fait que Kayiman n'était pas de ce monde-là. Qu'il venait d'un autre temps, peut-être même d'un autre monde. Qu'il y avait dans tout ce qu'il connaissait par coeur, tout ce qu'il prenait pour acquis, un petit soupçon d'inconnu qui aurait pu marquer le sorcier. Redécouvrir le monde par les yeux d'un étranger. Une sensation qui, malgré sa jeunesse, lui donnait la sensation de pouvoir apporter quelque chose à cet être de poésie, de magie, qu'était le brun. C'était peut-être présomptueux de sa part. Peut-être irréaliste. Et pourtant il éprouvait une envie profonde de lui faire plaisir. Juste ça. Juste lui apprendre à découvrir une nouvelle fraction de l'humanité, transmettre ses propres connaissances pour voir le regard de Kayiman s'illuminer une nouvelle fois de cet éclat magnifique de l'émerveillement.
Un éclat spontané, innocent, qui offrait au sorcier une beauté singulière. Le monde avait toujours de la beauté, il suffisait de savoir où la trouver. Et elle éclatait toujours plus dans ces magnifiques yeux de chat, aussi sombres que la nuit, et aussi lumineux que mille soleils.

 



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MessageSujet: Re: Counting Stars || Tristou   Sam 8 Avr - 19:46


« Rules and regulations, who needs them ? »


 
 
Lazlo et Kayiman
featuring

Depuis sa libération, l'échappé de Darkness Fall n'avait eu que très peu l'occasion d'errer dans la jungle New-yorkaise. Son regard méfiant scrutait les environs alors qu'il s'avançait le long des chemins carrelés, à l’affût du moindre piège. Les réflexes avaient la dent dure mais, même s'il restait en permanence sur le qui vive, la démarche de Kayiman restait fière et arrogante. Son costume sombre et étroit rendait sa silhouette plus haute alors qu'il se perdait un peu dans le dédale de ces rues inconnues. Il répugnait à demander son chemin aux passants et préférait se fier à son intuition, suivant la description de Lazlo en marchant droit vers le Nord. La surprise du jeune homme blond concernant sa liberté de mouvement l'avait passablement troublé. S'il n'avait pas pris la peine de répondre à ses excuses maladroites, Kayiman n'en était pas moins resté méditatif. Encore une fois, il regrettait de s'être trop livré, détestant plus que jamais cette situation où les sorciers avaient été dévoilés, leurs sombres secrets exposés au monde. Il ne pouvait pourtant rien changer à l'Histoire : l'existence des mages était aujourd'hui révélée et ses semblables - ainsi que les humains ordinaires - devaient tous s'adapter à ce bouleversement mondial. D'un point de vue plus personnel cependant, Kay était partagé entre l'emballement et une certaine appréhension à l'idée de partager une entrevue privée avec cet étrange garçon.

En apercevant les cimes des arbres se balancer entre deux immeubles, les yeux noirs s'illuminèrent et Kayiman pressa le pas. Le scintillement rougeoyant du soleil se reflétait contre les façades lisses des buildings et les odeurs printanières de fleurs fraîchement écloses volèrent jusqu'à lui. Dès qu'il eut passé la grille d'entrée du parc, le regard aiguisé du sorcier s'arrêta sur une silhouette, nonchalamment installée sur un banc ; les dernières lueurs du soleil brillaient dans la chevelure dorée. Un sourire de satisfaction s'ébaucha sur ses lèvres, l'enthousiasme prenant le pas sur le reste, comme un traqueur sur la piste de sa proie.

Le sorcier maîtrisait la cadence de son pas. Il affichait un air de chat blasé face à la multitude, cheminant d'un pas silencieux et félin, comme sur un fil invisible. Il se faufila dans l'allée en laissant tomber une vague œillade sur les enfants qui gênaient son avancée, comme s'il venait d'apercevoir de jeunes porcelets se roulant dans la fange. La guitare du musicien éveilla un intérêt dans les yeux sombres, juste avant que ses muscles ne se crispent insensiblement. Il ne s'arrêta pas avant d'avoir rejoint Lazlo auprès du banc, répondant à son chaleureux sourire par un infime signe de tête. Durant quelques secondes flottantes, il observa la brise jouer dans les cheveux courts de celui qui parlait de libération. Sans lui répondre, Kay soupesa avec incertitude les émotions contraires qui naissaient en lui. L'inconfort le happait alors qu'il voyait Lazlo si à l'aise dans ce monde, si ancré à cette réalité tandis que lui n'en faisait nullement partie. Paradoxalement, sa présence lui évoquait un sentiment agréable qui lui donnait l'envie d'être là, lui aussi. Alors, il s'installa sur le banc sans plus attendre, ramenant aussitôt ses jambes sous lui souplement, dans un mimétisme à demi conscient. « Je n'étais pas prisonnier. » Souffla-t-il. Les règles strictes imposées aux travailleurs du Colloseum était plus floues au dehors, rien n'empêchait les mages d'aller et venir à leur guise et de discuter avec ceux qu'ils voulaient. Kayiman effleura distraitement sa nuque. Il n'oubliait pas ce poids invisible que le gouvernement lui imposait en permanence, par l'entremise de cette puce de surveillance.

Assis de biais sur le banc, il faisait face à Lazlo qu'il dévorait de ses billes noires, l'observant ouvrir son col. Son regard glissa posément dans l'échancrure. De son coté, il ne prit pas la peine de modifier sa tenue, toujours austère, la rigidité de celle-ci tranchant avec sa posture presque infantile, les mains jointes contre ses cuisses croisées en tailleur. Il écouta Lazlo parler sans prendre la peine de tourner le visage pour observer la scène décrite, restant accroché aux mouvements des lèvres du Community Manager, des expressions de son visage, des éclats chaleureux dans ses yeux. Lazlo avait l'air d'aimer se trouver là. Lorsque le blond rencontra à nouveau le regard insensible du sorcier, ce fut pour prononcer une question plus directe, dans un nouveau sourire rayonnant. Dis-moi tout. Kayiman cilla légèrement mais ne se retourna toujours pas, niant ce monde étrange qui les entourait pour se focaliser exclusivement sur les yeux céruléens. Il hésita un moment, avant de répondre dans un murmure sans timbre.

« Tout. »

Ayant ainsi répondu à la lettre à cette demande, Kayiman n'aurait pu prononcer de réponse plus juste que celle là. Car tout, absolument tout lui paraissait bizarre dans ce qu'il voyait. Il était rare qu'il se montre aussi sincère dans ce genre de confession, préférant garder pour lui ce que lui inspirait le monde. Mais le lien qu'il avait commencé à tisser avec ce garçon différait fortement de ses autres rencontres. Sans doute que la franchise naturelle et innocente de Lazlo le rassurait à bien des égards et le plaçait dans une sorte de relation de confiance. Cela étant, il n'était pas sûr d'avoir envie de disséquer ses ressentis pour autant, ni même d'être seulement capable de le faire.

Dans le sentier baigné de la douce lueur du soir, quelques moineaux pépiaient, en quête de miettes de pain et Kayiman les surveillait de l'angle de son regard. Lorsqu'il perçu le bruit de froissements d'ailes, il se redressa doucement sur le banc, changeant de position en étendant ses longues jambes pour s'asseoir en équilibre sur le haut du dossier. L'illusionniste s'acharna a conserver la maîtrise de ses émotions, en dépit des battements légèrement plus rapides de son cœur. Ses yeux ténébreux se tournèrent vers les petits volatiles qui se tordirent aussitôt de douleur dans des cris effrayés, comme s'ils se faisaient écraser par un cruel ennemi invisible. Après quelques spasmes, ils s'envolèrent pour fuir avec terreur, à tire d'ailes. Redressant le menton dans une moue dégoûtée, Kayiman s’efforça de respirer doucement. Puis, il reprit la conversation comme si de rien n'était.

« Là d'où je viens, il n'y avait pas de parc. » Mais le damné avait séjourné si longtemps dans les enfers, que les références à Darkness Fall lui venaient en priorité. Il réfléchit quelques secondes avant d'ajouter. « Il y en avait peut-être dans ma jeunesse. Les gens venaient au parc pour... étendre leur linge ou ce genre de chose. Ils chantaient souvent. Les enfants jouaient. Certaines choses sont pareilles. » Quelques souvenirs lui revenaient de ces rares instants où il s'était rendu au square près de l'orphelinat, voyant les gens battre les tapis tandis qu'il se dissimulait sous les jupons d'Helix. Il aimait cette cachette, personne ne l'y dénichait et il était bien tranquille. Mais Kayiman n'avait pas encore décidé s'il aimait ou non le parc de Lazlo. Il y avait bien trop de monde à son goût. Trop de bruit aussi. Ces choses le mettaient mal à l'aise et l'empêchait de savourer la beauté du jardin qu'il appréciait malgré tout, notamment les formes de ces arbres qui créaient une alcôve de verdure tout autour d'eux. Kayiman n'avait jamais été à New-York durant sa première vie et s'il la connaissait de réputation, il savait qu'il s'agissait d'une ville particulièrement trépidante et bondée. Pouvait-on réellement apprécier ce genre de chose ?

Il concéda à son voisin un regard curieux, baissant la tête vers lui, du haut de son promontoire avant de poursuivre, d'un ton toujours bas. « As-tu toujours vécu ici ? Est-ce que tu jouais comme ces enfants ?» Il lui proposa ces questions d'un ton détaché avant de replonger dans le silence, épiant ses gestes. Devant eux, un des petits enfants couru pour aller ramasser la balle. Ses cheveux étaient aussi clairs que ceux de Lazlo. Il riait avec une joie insouciante en frappant le ballon de toutes ses forces avant de courir pour rejoindre les autres qui l'entouraient en criant joyeusement.

Lazlo donnait l'impression de vouloir effacer les différences, de gommer les écarts créés par les siècles pour mieux souligner les choses immuables de la vie. Tout comme il avait tenté d'atténuer les différences entre sorciers et humains. Aucun d'entre eux n'avaient de cornes. Et Kayiman essayait de se représenter les choses au travers de la vision optimiste du jeune homme au sourire lumineux. S'il faisait abstraction de ces énormes immeubles, bien trop hauts, qui entouraient le parc et semblaient frôler le ciel. Si les machines bruyantes qui roulaient dans les rues étaient remplacées par le son des sabots des chevaux et le roulement des charrettes. Si d'autres vêtements recouvraient les corps des passants, des enfants, des promeneurs... Quelque chose n'allait pas cependant. Parce qu'en dépit de ses efforts imaginatifs, Kayiman ne parvenait pas à s'imaginer lui, à la place de ces enfants.

Ses yeux apprécièrent l'ensemble de la scène, jusqu'à s'arrêter sur deux jeunes filles qui passaient devant eux, revêtues de robes si courtes qu'elles lui arrivaient en haut des cuisses. Il les observa, sans la moindre gêne, entre curiosité détachée et attention redoutable, considérant leurs contours avec la même objectivité que pour le reste du paysage. Il attarda son regard sur leurs jambes sans se soucier de leurs réactions, quelques interrogations flânant dans son esprit. Ainsi, il se décida à évoquer sa réflexion à celui qui se définissait comme son guide dans ce monde nouveau. Sa voix était toujours douce, sans émotion particulière. « En venant jusqu'ici, j'ai croisé l'une de ces jeunes femmes sans jupon qui m'a demandé si je voulais sa photo. J'ai trouvé cela étrange, entre autres choses. » Peut-être s'agissait-il d'une nouvelle mode narcissique, usitée dans la ville de New-York, que d'échanger des images de soi-même. Bien-sûr, il ne s'agissait là que d'un détail anodin mais cette profusion de bizarreries dans les us et coutumes ne faisaient que raviver ce sentiment de n'être qu'un étranger perdu dans le peuple des humains. « Je sais ce qu'est une photographie. » Crut-il bon de préciser à l'intention de Lazlo, bien que ces inventions ne cessaient de provoquer sa curiosité.

La brise légère apportait avec elle des effluves variées qui s'échappaient de cuisines invisibles, par delà la barrière des arbres. Mais l'appétit plus carnassier qui brillait par instant dans les yeux sombres du crocodile ne se portaient pas sur la nourriture. Lazlo l'appelait le sphinx mais ce monstre n'était-il pas un fléau, tueur d'hommes ? Tout en caressant sa proie du regard, il ne pu s'empêcher de songer qu'il eut été plaisant de le lier à lui par le biais d'un sortilège. Néanmoins, il ne le connaissait que depuis quelques jours et remisa cette pensée dans un coin de son esprit. Plongeant la main dans la poche de sa veste, il en sortit son étui à cigarettes et le présenta à son nouvel ami avant d'en extraire une pour lui-même. « Tes rêves d'enfants se sont-ils réalisés, Lazlo le guide ? Es-tu libre ? » S'emparant de son briquet, il embrasa sa cigarette, sondant son regard. La liberté était probablement le vœu le plus honorable qui vaille la peine d'y consacrer sa vie mais en profitaient-ils vraiment ?
 



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MessageSujet: Re: Counting Stars || Tristou   Ven 16 Juin - 1:05


Tout. Il aurait dû y penser, que Kayiman répondrait aussi généralement à sa proposition. Parce que c’était tout ce qu’il y avait de plus logique en soit. Après tout, ce monde entier devait être à des années lumières de ce que le sorcier connaissait, et Lazlo avait été bien naïf de croire que la vie n’avait pas changé à ce point. Peut-être que les finalités de l’espèce Humaine -et non humaine, puisque maintenant il devait considérer cette éventualité- étaient toujours les mêmes après des dizaines, peut-être même des centaines d’années. Mais tout dans ce parc devait être un anachronisme pour son sombre ami. Tout, des vêtements aux attitudes des gens, en passant par leur discours, par les publicités qui nappaient les journaux ou aux téléphones portables. Pourtant, la réponse avait été si spontanée, si directe qu’il ne put retenir un éclat de rire. Tout. Le monde, peut-être même le blond, tout était différent. Tout était matière à questionnement, tout était matière à explication. Et le Community Manager était plus que ravi de pouvoir donner un semblant de réponse à son partenaire.

-Ca fait un sacré paquet de détails, ça, on va en avoir pour des années avant que j’aie réussi à tout t’expliquer ! T’as pas des trucs un peu plus précis ? Parce que là franchement j’sais même pas par quoi commencer !

Un regard pétillant de malice posé sur son comparse, il l’observa changer de position et étirer ses longues jambes avec l’indolence d’un chat. Ses membres longs, son accoutrement tout noir, tranchaient avec les innombrables preuves de vie qui parsemaient le parc. Mais ses vêtements sombres dévoilaient plus qu’ils ne le laissaient entendre, dessinant la courbe de membres nerveux, bien plus puissants qu’il n’y semblait, sous le pantalon noir de jais. Suivant le regard sombre de son nouvel ami, il observa les deux petits oiseaux qui pépiaient joyeusement à leurs pieds. Jusqu’à ce qu’ils soient pris de spasmes et poussent de petits cris de douleur, avant de s’envoler à tire d’aile pour s’éloigner d’eux. Surpris, Lazlo posa un regard interrogatif sur Kayiman. Etait-il responsable de... De quoi pouvait-il être responsable, d’ailleurs ? C’était comme si chacun des oiseaux avait été pris d’une vague de douleur subite. Rien d’explicable ou de compréhensible. Et l’expression imperturbable de son compagnon non-humain ne lui donnait absolument aucune explication plausible ou preuve de sa culpabilité.
Perplexe, le blond décida qu’il valait mieux lâcher l’affaire. Le monde tel qu’il l’avait toujours connu venait de changer, il ne s’en rendait que trop bien depuis qu’il avait commencé à travailler dans au Colosseum. Alors il devait se faire à l’idée qu’il y avait un énorme paquet de trucs qu’il ne s’expliquerait probablement jamais entièrement. Ou jamais tout court, maintenant qu’il y pensait.

La voix feutrée de son ami se mêlait au bruissement des feuilles sous le vent. Décidant d’abandonner toute pensée rationnelle à ses paroles, il se laissa bercer par ces quelques souvenirs d’un passé qu’il n’aurait jamais pu connaître, un léger sourire aux lèvres. La voix de Kayiman semblait tout aussi proche que lointaine, aussi concrète qu’inaccessible. A l’instar de ce qu’il racontait, ces parcs, ces enfants, ces chansons du passé. Les paupières closes, il se prit à s’imaginer ce que ça pouvait être. Des femmes aux cheveux noués et aux lourdes robes brunes s’affairaient autour d’un lavoir, alors que des enfants couraient partout autour d’elles, leurs cris transcendant l’air et l’espace, se mêlant à ceux des enfants qui les environnaient. Des chants d’une autre époque s’élevaient au-dessus de l’eau savonneuse, des chants chrétiens se mêlaient au gospel de l’Amérique Noire. Quand il rouvrit finalement les yeux, un sourire évanescent aux lèvres, ce fut pour voir la cime des vieux arbres qui les surplombaient. Une cime qui n’était finalement pas si différente d’avant. La nature était toujours la même, même après tout ce temps. Même après que Kayiman lui ait avoué que sa jeunesse et là d’où il venait étaient deux lieux bien distincts, bien différents. Une séparation qui avait titillé sa curiosité, quand bien même la question ne tomberait pas tout de suite. Après tout, ils avaient tout leur temps, maintenant que la soirée commençait.
Guidant son attention de nouveau sur son ami, il ne se rendit pas tout de suite qu’il l’observait attentivement. Les amandes sombres de Kayiman glissaient sur son corps comme une pluie d’orage, chaude et entêtante, et il se surpris à soutenir son regard quelques brèves secondes d’interdit. Avant de se fendre d’un sourire et de passer sa main dans ses cheveux, les ébouriffant sous l’interrogation du sorcier.

-Non j’ai pas toujours vécu ici. En Amérique, disons. Ma famille vient de Norvège, on a déménagé quand j’étais petit. Y’avait un parc en bas de chez moi, à Oslo, un parc un peu comme celui-là. On y allait avec ma soeur pour jouer au ballon, tout enveloppés dans nos manteaux parce qu’il y faisait bien plus froid. Des fois, quand notre mère était de bonne humeur, on pouvait jouer avec les autres enfants. On faisait des bonhommes de neige immenses pour ensuite leur foncer dedans et les faire exploser, puis rouler dans la neige en riant aux éclats. La belle vie.

Laissant son regard divaguer, il observa distraitement les enfants alentours qui riaient aux éclats. Les temps avaient changé, le temps aussi, entre sa propre jeunesse et celle de ces bambins. Mais les jeux, s’ils n’étaient pas exactement les mêmes, étaient toujours là.

-J’me souviens quand on est arrivés en Amérique. La première chose qu’on a dite, que ce soit Dita ou moi, ça a été «Maman, on peut rentrer à la maison ? Il fait trop chaud ici !» Mais c’était fini, c’était notre nouvelle maison. Et même facilement vingt ans plus tard je continue de penser qu’il fait vraiment trop chaud ici !

Il pouffa doucement, déposant un regard pétillant de malice au creux des iris sombres de son compagnon. Attifé comme il l’était, dans tout ce noir, sans compter sa tignasse épaisse, Lazlo était persuadé qu’il devait comprendre la sensation. L’espace d’un instant, il se dit qu’il pouvait très bien lui proposer de se débarrasser de ses vêtements pour ne pas mourir un peu plus de chaud. Inconsciemment, sa langue glissa le long de sa lèvre inférieure à cette idée, avant que son bien étrange compagnon ne détourne son attention. Deux jeune femmes venaient de les dépasser, relativement peu vêtues. Ce qui n’était pas particulièrement choquant compte tenu de la température clémente qui régnait sur New York en cette si belle journée. Il faisait tellement chaud, en même temps. Elles avaient sorti leurs plus beaux shorts de leurs placards, et elles survivaient à la vague de chaleur. Une bonne initiative, à laquelle il regrettait de ne pas avoir pensé, affublé de sa maudite chemise.
Un sourire ourla le creux de ses lèvres devant la fascination que semblait provoquer leur accoutrement chez son compagnon. Jusqu’à ce que ce dernier reprenne la parole et explique les raisons de son «trouble». Des raisons si contemporaines qu’elles arrachèrent un nouvel éclat de rire franc au blond. Alors c’était donc ça. Kayiman avait fait les frais de la libération sexuelle. Incapable de se calmer, il l’écouta se rebiffer et admettre à demi-mot qu’il comprenait cette référence, ce qui n’eut pour autre effet que d’accentuer le fou rire du Norvégien. Hilare, ce dernier ne put s’empêcher de tapoter la cuisse fine de son partenaire, l’air compatissant, alors qu’il tentait vainement de se calmer.

-J’en doute pas une seconde, vieux, c’est vraiment tout à ton honneur mais... pfrrrrfr !

Décidément. Décidément il allait tout voir avec Kayiman. Décidément il était vraiment incapable de garder son sérieux devant l’air de chat vexé qui s’imprimait sur les traits fins de son compagnon. Il n’exprimait que très rarement ses émotions, Kayiman. Mais quand il le faisait, c’était une expérience d’une intensité rare. Au terme de quelques minutes, Lazlo finit par prendre sur lui et cumuler suffisamment de forces pour retrouver un semblant de sérieux. Ecrasant quelques larmes, naissantes, d’hilarité, il se concentra et s’efforça de ne pas repartir dans un éclat de rire en croisant l’expression indignée du brun.

-Ce que tu viens d’expérimenter, c’est... Typique de notre société. J’sais pas à ton époque, mais maintenant les femmes sont nettement plus libres de leur corps, de leur esprit, de leur éducation, d’à peu près pas mal de trucs. Bon, on continue tous encore à se battre pour qu’elles soient égales sur tout aux hommes, mais depuis la révolution sexuelle de 1969, elles sont nettement plus tranquilles. Libres de faire ce qu’elles veulent de leur corps, libres de dire merde aux mecs qui les reluquent, libres de porter des jupes courtes ou des pantalons voire même de se balader en culotte si elles en ont envie. Une bonne chose pour elles. Quant à la photo, elle te l’aurait jamais filée, c’est juste une expression pour dire que tu l’as matée un peu trop longtemps.

Il n’était pas parti pour faire un laïus sur le féminisme, mais il lui avait semblé nécessaire de tout expliquer rapidement au sorcier. Pour qu’il s’évite ce genre de déconvenues à l’avenir, et qu’il n’ait pas l’air aussi vexé si jamais on lui faisait encore une fois la réflexion qu’il était un peu beaucoup trop lourd à mater les gens inopinément. Mais son irritation, cette frustration manifeste, presque enfantine, devant cette incompréhension était charmante. Spontanément, le blond tendit la main pour caresser la joue ciselée du sorcier du bout des doigts. Frissonna en sentant sa peau fine, douce, sous leur pulpe.  

-T’es beau quand t’es vexé. Et t’es pas au bout de tes peines, t’as pas encore entendu quelqu’un te sortir un slogan de publicité en espérant que tu comprennes !

L’occurence venait de le percuter, mais c’était si... logique, en vérité. Logique qu’en cette ère où la télévision et les radios battaient leur plein, Kayiman finirait nécessairement par entendre quelqu’un lui chanter Mr Sandman (bring a dream~) voire s’entendre dire un bon vieux Wazza des familles. C’était ça aussi, cette époque. Les femmes étaient libres de s’habiller à leur convenance, et les esprits étaient viciés par la publicité. Une époque où les images avaient bien plus d’impact dans les esprits que la moindre réflexion personnelle. Et si Lazlo se doutait bien que la publicité existait déjà du temps de son compagnon, il supposait qu’ils étaient tout de même à des lieues d’être matraqués de messages poussant à la consommation comme cette époque l’était.
Dans un soupir, il retira sa main pour s’accouder de nouveau confortablement au banc. S’il plissait les yeux, il pouvait les apercevoir, les panneaux publicitaires. De lourdes enseignes lumineuses, leurs néons tranchant l’obscurité comme des soleils pour inciter les masses à toujours consommer d’avantage. Et ça marchait. La société de cette époque était viciée par cette nécessité abstraite de se laisser influencer par les commerçants. Se laisser influencer par les puissants. Et troquer la réflexion pour un confort illusoire et matérialiste.

-J’sais pas si t’as fait gaffe, mais de nos jours, on ne court plus après le bonheur. Enfin si, en vrai. Mais la définition a changé depuis ton époque. Enfin en soit j’en sais rien, c’est à toi de me le dire. Mais du coup de nos jours, on a tout le temps des messages de gens bien pensants qui nous disent comment vivre, quoi faire, quoi acheter pour accéder à un substrat de bonheur. Avant y’avait les doléances, tu pouvais financer ta place au Paradis en payant grassement ton curé. Maintenant, c’est des objets que t’achètes qui te garantissent un peu de bonheur, tu t’entoures d’un bon gros paquet de merdes, et tu oublies ce qui est essentiel. Que le bonheur ne passe pas par un téléphone portable dernier cri ou une paire de pompes, mais par les contacts humains. C’était comme ça aussi de ton temps ?

Si sa voix était toujours volontairement douce, son regard, lui, s’était durci. Les gamins qui jouaient innocemment tout autour d’eux étaient déjà viciés, eux aussi, exhibant leurs belles baskets Nike et jouant avec un ballon estampillé Adidas. Durant toute sa jeunesse, Lazlo avait été protégé de l’empire du consumérisme. Sa mère s’était toujours arrangée pour expliquer, simplement pour que ses enfants comprennent, que le matérialisme n’était pas la finalité de la vie. Qu’il fallait voir plus loin que ses désirs bassement consuméristes. Un état de faits auquel il adhérait plus que jamais maintenant qu’il était adulte.
Etrangement, cette situation s’appliquait aussi à cet emploi bancal, paradoxal, qui les reliait tous les deux. Par le biais des horreurs qui se diffusaient par le Gouvernement, ce dernier manipulait les esprits. Faisait croire aux téléspectateurs qu’il valait mieux pour eux de faire partie d’un monde où ils se tenaient loin des Arènes, plutôt que dedans. Qu’il fallait travailler dur pour ne pas être glané parmi la plèbe pour faire partie des nouveaux participants. Lazlo se referma, devenu plus sérieux par la force des choses. Ce système était une hérésie, un crime contre l’Humanité.

-On fait un peu pareil nous aussi, mine de rien. On contribue à aliéner les masses pour leur faire croire à une illusion de bonheur, en portant le message du Gouvernement. On les aveugle, tous ces idiots, en leur faisant croire que la vie est bien mieux s’ils se tiennent à carreau...

Le but n’était pas de pourrir l’ambiance, aussi passa-t-il sa main dans ses cheveux et soupira-t-il lourdement. Ils étaient là pour découvrir son monde, pas pour le refaire. Ca viendrait après, ça.
Il se retourna vers Kayiman et lui adressa un léger sourire, nettement plus engageant que cette intervention.

-T’as envie de bouger un peu ? Voir des trucs ? Un restau ou un bar ?


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MessageSujet: Re: Counting Stars || Tristou   Mar 8 Aoû - 21:44


« Rules and regulations, who needs them ? »


 
 
Lazlo et Kayiman
featuring

Certes, tout lui paraissait bizarre dans ce monde. Mais Kayiman avait sans doute vécu sa vie entière avec la sensation d'être un intrus. Il observait les éclats de rire de Lazlo qui semblaient s'échapper si facilement de sa jolie gorge. L'idée de l'entendre lui expliquer pendant des années les multiples détails étranges dans le fonctionnement du monde n'était pas désagréable. Assis en équilibre sur le sommet du banc, il essaya de se représenter la Norvège, ce pays inconnu qu'il n'aurait même pas pu situer sur une carte. Devant eux, les oiseaux s'étaient envolés et ne restaient que les enfants qui s'ébattaient joyeusement. La voix légère et enjouée de Lazlo faisait écho à leurs rires, dans une ambiance sereine où Kayiman s'imaginait le jeune enfant qu'il était. Un enfant qui avait grandi mais qui restait toujours aussi rieur. Pourtant, il semblait ne pas se gêner pour se moquer de lui et Kay arqua un sourcil, les lèvres pincées en le voyant prolonger ces éclats de rire qui montaient avec plus d'emphase. Ses yeux se posèrent sur la main audacieuse de l'insolent, venue se poser contre sa propre cuisse, avant de reporter sur lui un regard grave. Qu'y avait-il de si drôle là dedans ? Se redressant, il baissait sur Lazlo ses yeux sombres, conservant une allure majestueuse et résolument glaciale. Devrait-il museler l'insolent par un sortilège de son cru ? Ce ne fut pas nécessaire car le blond se lança dans de nouvelles explications qui laissèrent Kayiman perplexe. « Hé bien. » Il fronça les sourcils, un peu piqué, juste avant que la main de Lazlo ne caresse sa joue, dans un compliment pour le moins aventureux. Quelque peu décontenancé, le crocodile conserva un air stoïque, lui répondant d'une voix basse.

« Oh... c'était donc une expression pour me signifier son mécontentement ? » Il trouvait ce jeu un peu sibyllin, d'autant qu'il ne possédait aucune photographie à lui offrir en retour. « Ma foi. » Il abaissa sur Lazlo un regard plus complaisant, bien qu'un peu rogue, acceptant cette caresse sans s'y soustraire le moins du monde. Tout de même, il avait bien fait de décliner la proposition de cette fille. «Et je ne suis nullement vexé, Lazlo le moqueur. »

Il resta silencieux, le fixant alors que Lazlo reculait pour contempler pensivement le fond du parc. Il avait beau être humain, il ne se sentait pas plus libre que le sorcier, visiblement. Ses explications sur la façon insidieuse dont une élite contrôlait les foules rendirent Kayiman silencieux pour mieux y réfléchir. Sans doute n'avait-il jamais pensé à cela dans le passé, et la question de Lazlo n'obtint qu'un léger haussement d'épaules de sa part. Le blond reprenait déjà, toujours aussi prolixe, enchaînant sur leur propre rôle dans la manipulation des masses. Kayiman venait d'allumer sa cigarette et se contenta de fumer en silence, troublé par la manière dont les pensées de ce jeune homme rejoignaient les siennes, aussi informulées et floues soient-elles dans son propre esprit. Lazlo paraissait léger et très jeune, à peine plus vieux que ces enfants insouciants devant eux, mais la lucidité de son analyse ne put que frapper le mage noir. Pourtant, le garçon retrouvait déjà ses airs détendus et espiègles, replongeant sans transition dans des projets bien moins sérieux. Kay se laissa glisser du dossier pour descendre d'un étage et se rasseoir à coté de son compagnon de soirée.

«Je n'ai ni faim ni soif. J'ignore ce que j'aimerais voir puisque je ne connais rien ici. Conduis-moi dans un lieu où les gens de New York s'amusent. »

Se redressant, il retourna un regard de défi envers Lazlo. Pourrait-il réussir à lui faire découvrir un lieu réellement digne d'intérêt ? Cela restait à voir. Il attendit que le blond se lève à son tour pour lui emboîter le pas en suivant la direction choisie au grès des sentiers du parc. En dépit de la chaleur estivale qui poussait jeunes et moins jeunes à s'étendre dans l'herbe à moitié dévêtus, Kayiman supportait chemise et veste, toujours impeccablement fermées. Il considéra un moment une jeune fille en tenue légère qui avançait dans leur direction, une cigarette non-allumée à la main. Son décolleté plongeant offrait une vue avantageuse sur ses courbes féminines. S'éloignant de son groupe d'amis, elle s'avança vers eux en désignant du regard la cigarette allumée dans la main du sorcier. « Salut ! Excuse moi mais t'aurais pas du feu, s'te plaît ? » Kayiman inclina la tête en arrière pour éviter ostensiblement de la regarder, fixant le sommet des arbres du parc. « J'en ai. » La fille attendit une seconde, cherchant son regard dans une moue incertaine. « Okay et donc... tu me passes ton briquet ? » Sans daigner lui offrir un regard, Kayiman lui répondit tout net. « Non. » La fille cilla un peu, ne sachant si elle devait rire ou l'insulter, le dévisageant avec incompréhension tandis que Kayiman reprenait posément. « Veux-tu ma photo ?»  Dit-il d'une voix sobre. Il attendit patiemment qu'elle daigne s'écarter pour lui permettre de passer, ce que la demoiselle ne tarda pas à faire, jetant un regard effaré vers Lazlo. Après un léger instant de flottement, la fille grommela  avant de rejoindre ses amis et Kayiman souffla sa fumée sans se retourner, un sourire satisfait aux lèvres. Tout en reprenant sa progression, il chercha le regard de Lazlo en savourant une bouffée de cigarette. « Alors dis-moi, avais-je l'air d'un New-Yorkais digne de ce nom ? »

Il haussa les épaules à cette boutade, il savait parfaitement qu'il y avait peu de chance qu'il fasse illusion. Néanmoins, le jeu était plaisant. Pourtant, ce qu'avait dit Lazlo le laissait méditatif. « J'ignore s'il s'agissait d'une expression typiquement féminine mais... je suis moi aussi pour l'égalité. » Kayiman n'avait jamais réellement réfléchi à la condition féminine autrefois, le garçon de dix-huit ans qu'il était ne se rendait pas compte de ces inégalités, mais quelques instants de réflexion lui avaient suffi pour se construire un avis bien tranché. Il n'aurait pu supporter qu'Helix soit lésée en quoique ce soit et qu'elle en pâtisse. Avait-elle souffert du manque de liberté en tant que femme dans ce lointain passé aux mœurs si différentes ? Il se promit de lui poser la question, une fois rentré. D'autres questions piquèrent sa curiosité et il sonda le visage de Lazlo avant de se décider à parler. « Si les femmes sont libres de porter des pantalons aujourd'hui, les hommes ont-ils le droit de porter des jupes ? » Cela paraissait logique. Néanmoins, il n'avait encore jamais vu de mâles revêtus de la sorte jusqu'ici. Poursuivant sur sa lancée, il plissa les yeux en déshabillant Lazlo du regard. « Et si tu en portais, serais-tu fâché que je te fixe trop longtemps ? Sache que j'aurais du mal à m'en priver. »  Il attarda quelques instant son regard sur Lazlo, une lueur mutine dans les yeux, avant de fixer son attention sur le chemin, plongeant l'une de ses mains en poche avec nonchalance.

Son regard flânait sur les alentours, sur les gens qu'ils croisaient, sur ces publicités lumineuses dont les enseignes brillaient d'autant plus au tomber du jour. Une fois le soleil couché, les réverbères s'étaient allumés un à un et offraient une atmosphère plus feutrée aux allées du parc qui embaumaient du parfum des plantes. Ainsi, ils poursuivirent la conversation tout en marchant. « Ton pays te manque-t-il, Lazlo le Norvégien ? Je n'ai jamais vu de neige. Ce doit-être fort intéressant à voir... Le contraste a du être aussi saisissant pour toi que pour moi, lorsque tu t'es retrouvé ici. Mais l'on s'adapte à tout, j'imagine. » Lazlo avait finit par s'habituer à cette ville trop chaude et sans neige, même si une part de lui souffrait encore de ces différences. Peut-être Kayiman pourrait-il réussir à s'habituer lui aussi, dans une certaine mesure, et au moins à donner le change vis à vis des gens modernes. En marchant au milieu de cette foule aux mœurs inconnues, la présence du jeune homme était agréable et réconfortante. Si Kayiman ne l'aurait jamais avoué, il le ressentait vaguement, au fond de lui-même.

Mais en dépit de ses sourires et de ses rires, Lazlo ne se sentait pas libre et probablement n'était-il pas complètement heureux. En grande partie à cause de ce travail qu'il était contraint de faire pour aider sa mère et aussi à cause des publicités. Au vu de ce que le garçon venait de lui confier, Kayiman estima plus poli de ne pas lui proposer l'utilisation d'une de ces machines modernes pour se refroidir. N'appelait-on pas cela des ventilateurs ? Néanmoins, au delà de cela, il croyait comprendre ce que le blond ressentait. Les humains modernes étaient piégés dans un carcan, celui que ce nouveau monde leur imposait. Dès lors, en dépit de l'abolition de l'esclavage, de cette révolution sexuelle, des nouvelles libertés offertes, des multiples possibilités qu'offraient la vie moderne, hommes et femmes vivaient sous contrôle, en réalité. Et eux-mêmes participaient à ce matraquage télévisuel qui était censé rendre le peuple de plus en plus soumis sans même qu'ils ne s'en rendent vraiment compte.

Tout en discutant, ils sortirent du parc pour remonter l'avenue où les néons des buildings rendaient la nuit plus claire que le jour. Kayiman ne s'était jamais aventuré au centre ville où les gratte-ciel si hauts lui donnèrent une sensation de vertige écrasante. Il s'arrêta un moment pour contempler cette profusion de mouvements, de bruits, de couleurs et de lumières agressives. Les publicités, telles que Lazlo lui avaient décrites, étaient partout, en effet. Des noms qui ne lui évoquaient absolument rien luisaient dans le ciel comme s'il s'agissait de divinités. Si Kayiman en avait déjà aperçu plusieurs fois, cette partie de la ville était encore plus étourdissante que tout ce qu'il avait vu jusque là. Différents écrans affichaient des images lumineuses représentant des aigles où autres oiseaux et Kay secoua doucement la tête. Tout du moins, n'y avait-il aucun animal à bec et à plumes dans les environs, il n'avait donc rien à craindre. Il s'efforça de se reprendre très rapidement et de conserver une expression stoïque et imperturbable. Avisant Lazlo, il lui confia quelques mots à mi-voix.

« Rien de tout cela n'existait dans mon monde, je puis te l'assurer. Je suis né en 1801, pour peu que l'information ait une quelconque importance à tes yeux. Comprend donc qu'il y a en effet une multitude de détails qui me paraissent étranges. »

Lazlo avait du travail en matière d'explications. Tout en reprenant leur marche, Kayiman examinait les différentes publicités qui s'offraient à leurs yeux, avançant en levant le nez en l'air, au risque de se heurter au passants. Ces derniers étaient néanmoins tellement pressés qu'ils ne perdaient pas de temps à s'offusquer lorsqu'ils se faisaient bousculer. Au grès de ses observations, Kay remarqua entre autres choses une affiche lumineuse qui vantait les mérites d'un dentifrice et il resta un moment fasciné par la blancheur du sourire qui s'offrait à ses yeux. Il tourna ensuite son regard vers Lazlo qui souriait si souvent et songea qu'il devait probablement utiliser cette formidable pâte blanchissante. Son sourire n'avait en effet rien à envier à ceux qui s'affichaient sur cet immeuble géant. Il se laissa aller à un commentaire, presque murmuré. « Je connais cela. On utilisait notre doigt mouillé de vin autrefois pour appliquer ce genre de recette... une crème à base d'os desséché et de girofle en poudre. » Il se souvenait du jour où il avait lu la publicité révolutionnaire pour cette poudre blanchissante dans le journal. C'était tout de même fort différent de celles qui étaient imposées actuellement mais le principe était pareil. Sans doute n'avait-il jamais songé à posséder des choses en particulier jusqu'à aujourd'hui. Mais avec la profusion des annonces à la télévision, obligatoire dans chaque foyer, Kayiman avait lui-même l'envie de se procurer toutes ces choses. Les brosses à dent, les stylos à billes, les disques compacts... tout cela lui faisait envie, tout comme les voyages en avion et les voitures de sport. Dans sa jeunesse, il avait manqué de tout. Les orphelins mangeaient peu, se suffisant de pain noir et de pommes de terre. Ils dormaient sur des paillasses à même le sol et devaient se baigner dans la bassine de la pièce commune. Les murs étaient en mauvais état, la maison insalubre et humide, peuplée de trop d'enfants qui passaient l'essentiel de leur temps dans les rues sales à mendier. Toutefois, il préféra dissimuler ses pensées à Lazlo qui n'avait probablement que faire de connaître les détails de sa vie. D'autant plus que le blond se serait probablement moqué de lui encore une fois, le gredin.

Les écrans postés un peu partout en ville diffusaient bien évidemment en permanence les images des jeux télévisés qui s'étaient déroulés le jour même. On y voyait les illusions des sorciers auxquels les participants étaient soumis, on y entendait les commentaires enthousiastes de Danny Clocker, des commentaires rédigés par Lazlo et ses collègues. Kayiman ne releva pas. Néanmoins, il se rendait compte que le Community Manager sacrifiait ses propres valeurs en travaillant pour le gouvernement. Lui-même se moquait bien de manipuler une populace, aussi naïve soit-elle, mais il se garda de l'annoncer à Lazlo. Quel intérêt de le décevoir de la sorte ? Il n'avait pas envie de le heurter et de perdre ce contact si intéressant qui était né entre eux. Non. Il avait envie de poursuivre cette soirée en sa compagnie, quelle que soit la direction qu'elle emprunterait. Il se hasarda néanmoins à une proposition, d'un ton anodin. « Si ton travail actuel te gêne, tu pourrais postuler pour cette publicité de pâte blanchissante. »

Mais les pensées de Kayiman se dirigeaient déjà vers d'autres choses, tant sa curiosité était sollicitée de toute part. Marchant aux cotés de Lazlo le long de l'avenue, il constatait encore une fois l'audace des couples qui se tenaient enlacés sans complexe, s'embrassant en public ou empruntant des postures fort peu pudiques. Sans se soucier de les dévisager au passage, de multiples questions ne cessaient de s'allumer dans son esprit. Notamment au sujet de cette fameuse révolution sexuelle que Lazlo avait évoquée. Certaines affiches ne manquaient pas de l'intriguer, au vu du manque d'information sur l'usage de certains objets. Si par fierté, il s'était refusé à pénétrer dans le moindre magasin, il s'arrêta néanmoins devant l'un d'eux, happé par les différents appareils qui étaient proposés dans la vitrine.

« Dis moi. Est-ce bien avec cet objet qu'il est possible d'écouter de la musique ? » Il désigna du regard une série de casques sans fils, placés dans le présentoir de la boutique. L'envie de s'en procurer un le taraudait depuis bien longtemps mais sa fierté l'empêchait d'exposer son ignorance en la matière.
 



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