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 Going Under (Saskia/Milan)

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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Masculin
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les petits papiers
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MessageSujet: Going Under (Saskia/Milan)   Mar 28 Mar - 10:34


« Loterie du RP »


   
   
Saskia & Milan
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« The time will come, when you'll have to rise
   above the best, improve yourself, your spirit never dies!
   Farewell, I've gone, to take my throne above
   Don't weep for me because
   This will be the labor of my love
   Here we are, don't turn away now
   We are the warriors that built this town
»

   C’est une journée comme toutes les autres. Du moins, avait-elle débuté normalement pour vous. Vous déambulez dans les rues, croisez peut-être même la milice. L’endroit vous semble sécurisé, la quiétude relative vous cueillant malgré vous tandis que vous progressez. Vos pensées vagabondent, votre esprit peut-être même s’engourdit quand des silhouettes s’approchent soudainement. Vous ne les apercevez que tardivement. Leurs démarches sont incertaines, ils titubent. Vous n’y prêtez peut-être pas attention avant de les entendre. Des grognements, des râles vous parviennent. Quand l’odeur de putréfaction harcèle  ultimement vos sens, la panique vous emporte. Des zombies ont pénétré dans l’enceinte de la ville. Le quartier assiégé par une horde de macchabées, vous n’avez pas d’autres choix que de courir pour sauver votre vie, n’ayant à votre disposition aucune arme adaptée pour une exécution massive. Encerclé, bloqué dans une impasse, il ne vous reste qu’une seule solution pour éviter la mort certaine. La bouche d’égout la plus proche a déjà été ouverte, sans doute par une autre âme passant par là. Il ne vous reste plus qu’à plonger sous terre. C’est ainsi que vous vous retrouvez piégés alors dans un dédale sombre et ragoûtant.  Il parait qu’ici on peut croiser toute sorte de créatures, on dit même que c’est hanté. Ou que la résistance en a fait un de ses bastions. Vous n’êtes pas certains d’être plus à l’abri ici qu’à l’extérieur mais c’est votre meilleure chance. Dans votre infortune, vous êtes accompagné d’un autre égaré. Tous deux devez retrouver la surface, vous assurez d'avoir semé les morts vivants. Et tout ça, sans savoir ce qui se terre dans ces entrailles putrides, sans savoir ce que vous pourriez y découvrir ou y affronter.

   Ordre de passage:
   1 - Saskia E. Amberly
   2 - Milan Cohen

   

   
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MessageSujet: Re: Going Under (Saskia/Milan)   Mer 29 Mar - 18:08


« Out of the frying pan and into the deadly pit filled with sharks who are wielding chainsaws with killer kittens stapled to them. »

 
Saskia & Milan
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Peu de monde dans les rues. Étrange, peut-être, elle ne sait pas. Elle sait juste qu'elle n'aime pas cet endroit. Où est la nature, où sont les décombres, les gens aux regards creux et brillants, où est l'aura de destruction ? Ces grands bâtiments, cette pierre brillante, ils la dérangent, grondement au fond de sa gorge difficilement retenu derrière ses dents. Et ces quelques gens qui passent, bien vêtus, le dos droits, le regard sûr... Ils se croient en haut de l'échelle alimentaire. Des membres de ce Gouvernement dont elle ne connait pas la face, peut-être. Envie de se transformer, de les approcher, de les blesser. Pour tester leur réaction, si ils se laisseront faire tels des proies tout juste bonnes à apaiser sa soif, ou si ils se défendront, lui offriront un combat dans lequel se perdre, sauront ouvrir son corps et la blesser, lui mettre le goût de son propre sang dans la bouche. Mais non, il faut rester humaine, posée, observer à la place, comptant le nombre de gens qu'elle croise, les bâtiments, tout ce qui attire son attention, pour se divertir de l'envie d'abimer les surfaces trop lisses. C'est étouffant comme lieu, trop tranquille aussi. Avec ces uniformes occasionnels... ils seraient tellement plus beaux, repeints de rouge, poisseux de sang et d'organes, l'odeur de la chair exposée montant dans l'air.

Parlant d'odeur... son visage se relève, narines palpitant, aspirant l'air, nez frémissant, analysant les effluves qui lui parviennent alors que son corps et ses oreilles se tendent. Le vent souffle dans son dos, porte l'odeur avec lui, de chair morte, de décomposition, celle plus grasse et collante de la matière grise. Une odeur familière, qu'elle ignore un instant avant que l'ouïe n'y joigne son propre avertissement. Pas lents, trainant, raclant contre le sol au lieu de se soulever et de marquer le tempo de pas animés. Odeur mortifère, annonciatrice des rôdeurs. Pas si rôdeurs, apparemment, s'ils sont dans la ville, râle sauvage s'arrachant à sa gorge alors que sa main se porte à sa ceinture puis ses bottes. Pas d'armes à feu, à peine un coutelas, planqué contre sa peau, manquant s'y enfoncer de moment en moment. Rien qui serve face à ce genre de saloperie, pas sans risquer de se faire mordre ou griffer. De finir dans leurs estomacs ou leurs rangs, ou pire, de perdre sa deuxième peau. Jamais. L'idée même lui lève le ventre, métamorphe résistant à l'envie de se fondre dans le glouton en elle. Il ne pourrait rien, lui non plus.

Premiers hurlements, un corps attrapé, sang emplissant sa vision alors qu'elle observe, adrénaline se déversant à flots dans ses veines et électrisant ses nerfs, muscles se tendant et se relâchant rythmiquement. Rouge, sur les dents d'une des horreurs, dévoilées par une bouche aux lèvres absentes. Visage dévoré. Pas une belle façon de finir parmi leurs rangs, voile de pitié sur son cœur qui disparait l'instant suivant. Autre chose à penser. Comment survivre, leur échapper, y'a pas de corps à proximité dans lequel se vautrer pour les distraire, trop de gens autour pour pouvoir sacrifier quelqu'un sans laisser de témoins, rien qui traine qui puisse servir pour éclater un crâne et liquéfier une cervelle d'infecté. Scheisse. Faut courir à la place, muscles se tendant une dernière fois, volte-face faite pour s'éloigner des mains qui se tendent et cherchent un corps à saisir. Pas un neurone à frotter entre eux, avec toutes les cervelles qu'ils bouffent on pourrait le croire pourtant, mais non, pas un pour sauver l'autre. S'éloigner de là où l'espace est ouvert et les laisse s'éparpiller en un front, passer par une rue trop large et propre pour être qualifiée de ruelle à la place. Gott... ils ont rien de mieux à foutre ? Et ils se plaignent de crever de faim, après. Ils avaient qu'à profiter de la richesse du bayou, au lieu de foutre du marbre partout. Ou alors ils croyaient que le marbre, ça se bouffe ? A croire qu'ils ont que leur brutalité pour eux, ces types... Si elle avait le temps, elle en aurait probablement mal au crâne. Mais un peu trop occupée à sauver sa peau pour ça. Priorités.

Cercle au sol, plus sombre que la pierre claire. Bouche d'égouts, au milieu du minéral lisse et pâle. Logique. L'oasis au milieu du désert en ce moment, probablement la tâche au milieu du saint des saints le reste du temps. Bouche d'égouts. Ouverte. Elle a été doublée, elle s'en moque, plongeant dans le vide. Ses jambes ploient alors qu'elle se réceptionne, corps roulant en avant pour répartir le choc, instinctivement. Vêtements et corps récupérant l'odeur du lieu, la faisant éternuer lorsqu'elle frappe son nez, main passant sous son nez avant de se rappeler que c'était une mauvaise idée. Décomposition, gaz, pourriture, déjections, toute une symphonie nauséeuse qui parvient à son cerveau et qui la rend nauséeuse, une deuxième odeur dessous, presque imperceptible tant la première est puissante, visage se redressant pour trouver sa source, moue contrariée tombant aussitôt sur ses traits en la voyant.

La journée n'était pas encore assez pourrie, il fallait qu'elle écope d'un crétin suicidaire pas fichu de sortir d'un sac en papier en prime. Merveilleux... "T'as une arme sur toi ? Fusil, révolver, hache, batte, masse, un truc utile ?" Inutile de dire bonjour, c'est pas le moment et elle a pas envie, il s'en remettra. Ou elle le laissera derrière, ce sera plus simple que de devoir se trainer un tel fardeau, main frottant son front, sensation gluante au toucher qui la fait frissonner avant d'être enregistré, reconnue. Dégueulasse. C'est des égouts, elle se lavera plus tard. Un plongeon dans le Mississipi ou le Salvador, dans une fontaine sinon, juste pour les emmerder. Avec un peu de chance, ils se mettront assez en colère pour la lancer dans une de leurs arènes, là où elle pourra se défouler et laisser libre champ au glouton. Le nourrir en telles quantités qu'il en sera écœuré. Plus tard. Si elle survit. Ils survivent, elle suppose, regard peu convaincu lancé à l'incapable qui lui fait face. Merveilleux. Enfin... collaborer. Avec un peu de chance, ils devront se battre, répandre le sang, ou ils trouveront quelque chose de plus approprié pour se défendre. Un tuyau jointé serait le bienvenu, yeux brillants à cette idée, sourire glissant sur ses lèvres, mains se fermant et se refermant, doigts s'étirant avant de se refermer en griffes. L'envie de goûter au sang qui monte. A celui du type qui lui fait face, peut-être même. La journée ne sera peut-être pas entièrement perdue, alors. Si ils survivent. Douche froide sur l'envie meurtrière montante, nouveau regard à ce qui les entoure. "Un moyen de se repérer dans le coin ? Une cache d'arme, un truc utile ?" Bras désormais croisés, tête penchée. Attendant. Pas convaincue qu'il puisse être utile, ce gamin qui n'est pas fichue d'empêcher sa proie de lui échapper, mais prête à lui offrir une chance, pour augmenter les siennes.

Spoiler:
 
   

   
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MessageSujet: Re: Going Under (Saskia/Milan)   Mer 29 Mar - 22:16



Murderer
I'm about to hunt you down through, The big black hole right behind you, And I'm about to cut your wings away, 'Cause I've been finding out, Where you've broken in, And I will take you out, When I close you in



Les pas étaient traînant, usés par la frustration de l'échec. Son frère hantait ses pensées ces derniers jours, plus que le meurtrier des Cohen n'était capable de le faire. Aucune piste. Aucune trace. C'était comme si le néant l'avait englouti, jusqu'à effacer son nom du registre de la vie, jusqu'à ternir son souvenir. Milan avait à peine l'impression de se remémorer le son de sa voix, alors qu'il avait tant besoin de l'entendre clamer que son comportement était inacceptable. Il avait malmené un jeune homme ce jour là, simplement parce qu'il avait par le passé côtoyé son aîné et que le cadet l'avait soupçonné d'avoir en sa possession quelques informations qui lui permettraient de le retrouver. Il lui avait affirmé le contraire, il ne l'avait pas cru. Désillusion. La journée n'avait pas été productive, alors sa démarche délicate l'avait mené dans les rues bondées de la Nouvelle-Orléans, là où son esprit pouvait bondir d'une silhouette à une autre pour lui éviter de ne se concentrer que sur la fraternelle fuyante. Il n'avait plus le désir d'y songer, encore moins de ressasser et se laissait donc happer par l'agitation, pour que ses pensées les plus sombres s'engourdissent. Il déambulait entre les passants qui semblaient tous si pressés, sans aucun but à atteindre. Marcher pour marcher. Savourait cette errance en contemplant la foule piétiner le pavé sans vraiment la voir. Se laissait doucement bercer par un sentiment de vide absolu, si rare depuis la grande tragédie de son existence.

Le peuple se pressait d'avantage, sans que l'orphelin n'en comprenne la raison. Son regard inquisiteur finit par détailler plus attentivement le décor filant tout autour de lui, parmi lequel des ombres décharnées et chancelantes se faufilaient mollement. Son oreille enfin attentive captura des sons qu'il ne connaissait que trop bien, des sons caverneux, porteurs de massacre sanglant. Les morts-vivants avaient pénétré l'enceinte de la ville, c'était si incroyable que le voleur d'énergie eut grande peine à réaliser l'urgence. Le corps figé au milieu des civils dont les chairs étaient rongées par les premiers rôdeurs, il observait le sang couler de leurs plaies béantes d'un oeil bien terne. Ne réagit que lorsque l'un d'eux s'approcha suffisamment près pour enclencher l'instinct qui prit le pas sur la surprise. Avec fluidité, deux lames aux reflets d'argent, finement taillées, surgirent de ses sombres chaussures montantes pour venir se loger dans chacune des tempes du macchabée qui se dressait devant lui. Le coeur battait pourtant lentement, le comportement demeurait serein face à la panique qui gagnait la ville prison. Milan inspira puis prit conscience de la gangrène qui se répandait trop rapidement dans les ruelles, trop facilement. Une horde impossible à contrer fourmillait devant ses yeux étrangement paisibles. Pas de panique, mais de la réflexion. S'adonner à l'affolement général n'était pas envisageable, au risque de terminer sous les crocs avides et affamés de ces cannibales à l'odeur putride.

Les armes furent à nouveau dissimulées contre ses chevilles, puis leur détenteur recula jusqu'à buter contre une bouche d'égouts. Cette dernière était ouverte et laissait apercevoir le fond des sous-terrains duquel remontaient des effluves presque aussi nauséabondes que les créatures en décomposition. Néanmoins, l'idée de s'y glisser lui paraissait aussi sensée qu'elle l'avait été pour ceux qui l'avaient précédé. La sécurité relative qui en émanait était attrayante, l'acculé bondit dans la pénombre, sans se soucier une seule seconde des rumeurs inquiétantes que ces lieux inspiraient aux moins téméraires. Les raclements des gorges mortes ne devinrent plus qu'un bruit sourd au dessus de son visage aux aguets, concentré sur l'obscurité qui s'étendait devant lui. Il fit claquer ses semelles jusqu'à pouvoir s'adosser contre le béton froid à quelques mètres, puis réajusta sa veste en cuir avant de faire glisser la fermeture jusqu'à son cou. Les tunnels, en plus d'être lugubres, étaient glacés. Un frisson le parcourait pendant qu'une silhouette chutait à ses côtés, pour se rattraper souplement. L'homme, lui, quitta aussitôt la paroi, se baissa légèrement en direction de ses pieds, se tenant prêt à dégainer et à trancher, avant de se raviser. Il se mordilla brièvement la lèvre inférieure de sa denture contrariée. Ses rétines accrochaient celles de l'intruse qu'il reconnut, bien malheureusement. Elle lui avait fait perdre une cible importante, une de celles qui auraient pu lui fournir une indication sur la direction à prendre pour dénicher son aîné. La rancoeur était grande et les traits de la jeune femme lui arrachèrent une moue méprisante. Les mots qui cascadèrent de sa bouche détestable ne firent qu'accentuer son mécontentement. Le hasard était vraiment un sale con.

L'orphelin épousa à nouveau la cloison de son grand dos mince et croisa les bras à son tour, le tout dans une attitude de froide exaspération. Il reluqua sa compagnie avec dédain, puis lâcha un bref ricanement avant de lui répondre de son ton le plus glacé. « J'ai l'air d'un rat d'égout ? ». Comme s'il connaissait sur le bout de ses doigts des villes les dédales de cet endroit répugnant où la flore visqueuse côtoyait une faune encore non identifiée. Non jeune sauvage, il ne te sortirait pas le plan des égouts de la Nouvelle-Orléans. Cela dit, une arme... Il se rapprocha de son acolyte d'infortune, sortit habilement l'une de ses lames puis la lui dévoila en la tenant innocemment entre son pouce et son index. « Je sors toujours couvert, mais je ne suis pas sûr que ce soit de bon augure pour toi, je pourrais te confondre avec un zombie et te la planter par inadvertance. Ou bien te couper la langue, intentionnellement cette fois-ci ». Ses prunelles balayèrent le vide au dessus de leurs têtes, les râlements se rapprochaient, certainement attirés par les sons de leurs échanges. « A moins que tu ne cesses de jacasser, ça ce serait un truc utile ». Sur ce précieux conseil, il saisit son arme à pleine poignée puis grimpa à l'échelle pour tenter de refermer la bouche derrière eux, avant que la carcasse insatiable ne se laisse tomber dans l'ouverture. Ses phalanges se crispèrent sur l'objet qu'il tira de toutes ses forces. L'effort était intense, semblait durer une éternité pendant que le métal qui écorchait le bitume créait un énorme raffut. Le piège se referma finalement dans un ramdam, les privant de leur unique source de lumière. Heureusement, son don lui permettrait de se repérer dans l'obscurité. Satisfait, il rejoignit l'autre, empoigna sa deuxième lame, puis commença à tracer son chemin avant de se retourner. « Tous les tunnels ont un bout, on finira obligatoirement par tomber dessus ». On, qui signifiait qu'il était prêt à mettre sa rancune de côté pour qu'ils s'entre-aident, parce que la faute pour laquelle il la jugeait coupable ne méritait pas qu'il ne soucie guère de son sort. Milan n'était pas un homme qui tournait le dos au genre humain, quand celui-ci ne se trouvait pas entre lui et ses sources d'informations. Pour l'heure, il n'avait plus aucune raison de la condamner. Paré à l'acceptation d'une alliance qu'il aurait pensée improbable, il réamorça sa marche, puis se figea brusquement. Il battit exagérément des paupières, plissa un regard aveuglé. Sa vision nocturne se détraqua, le plongea dans un noir total. Il soupira profondément pour préserver son sang froid et déclara sur un ton toujours serein, avec une touche interrogatrice. « Je ne vois plus rien ». Ce qui compliquait grandement leur tâche. Par contre, il percevait sans mal un grognement sourd qui provenait des profondeurs, sur leur chemin. Il jeta une oeillade là où il sentait la présence de la jeune femme, pour s'assurer qu'il n'était pas le seul à l'avoir entendu.


Dernière édition par Milan Cohen le Dim 2 Avr - 15:51, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Going Under (Saskia/Milan)   Jeu 30 Mar - 14:01


« Out of the frying pan and into the deadly pit filled with sharks who are wielding chainsaws with killer kittens stapled to them. »

 
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L'air d'un rat d'égout ? Il veut une réponse ? Il est plus propre qu'elle, ouais, mais sinon... fin, non. Un rat d'égout, ça a des bons instincts, ça va pas se jeter dans la gueule d'un rôdeur pour elle ne sait pas quelle raison. Franchement, si il voulait crever, y'avait des meilleures méthodes que ça, surtout si c'était pour changer d'avis en court de route. M'enfin. Une lame devant elle, tenue entre deux doigts, le geste confortable, menace l'accompagnant qui lui tire un gloussement ravi, éphémère. Râles qui s'insinuent par la bouche d'égout ouverte, odeur de la peau qui se détache des corps en lambeaux, du sang et de leurs victimes, pas trainant qui ne se rappellent pas comment courir ou marcher, l'équilibre une notion révolue. Ils sont déjà là ? Ils ont fait vite, sourcil incrédule se levant. Personne a su s'échapper, leurs gardiens sont pas intervenus ? Tu parles d'une forteresse. Rôdeurs en leur sein, personne pour ralentir leur avancée. Elle a une excuse pour ses armes limitées elle au moins, ramener une arme à feu dans l'enceinte aurait été mal vu. Elle le regrette, brutalement, physiquement. Et elle se mord la lèvre tandis que ses yeux s'accrochant au gosse qui s'acharne à replacer le lourd couvercle de fonte dans son écrin. Sans l'aider. L'échelle est trop étroite pour eux deux de toutes façons. Et elle a autre chose à penser, à calculer, yeux s'accoutumant lentement à la lumière qui diminue. N'empêche. Il commente le bruit qu'elle fait en parlant et crée un boucan impossible qui force ses mains à se plaquer contre ses oreilles pour tenter de l'étouffer, elle est où la logique, hein ? "Tain, tu tiens à crever ou quoi ? Tu crois pas que c'est assez la merde pour pas leur envoyer une invitation avec directions en prime, Dummkopf ?"

Réplique irritée tandis qu'elle tente de comprendre comment les rôdeurs ont atterri là et ce que ça implique. Une faille dans les murs ? Si ils sont dans la ville, est-ce que ça veut dire qu'il y en a au campement aussi ? Des têtes vont valser, si c'est le cas. De rôdeurs, à coups de hache si elle en trouve une, pour venger tous les blessés et morts possibles. Des crétins derrière leurs murs, pour leur inutilité, bien la peine d'avoir la réputation d'être assoiffés de sang. De tout ceux qui croiseront son chemin et ne seront pas ceux à qui elle tient, vraiment. L'obscurité est totale désormais, maigres rayons lumineux tentant de se faufiler à travers les trous percés dans le disque de métal, jouant le long de ses yeux. Le monde est gris et flou mais le monde est là, iris annihilés par ses pupilles dilatées alors qu'elle observe. Ne pas se focaliser sur ce qui bouge, observer du coin de l'oeil, instincts acquis désormais alors que son coutelas trouve sa main, la poignée enroulée de corde confortable au creux de sa paume. L'odeur du sang séché qui en monte, du métal chauffé par sa peau. Rassurant, alors que son visage se tourne vers blondinet, lentement, son expression immobile.

Il part pour marcher, elle reste immobile, juste un murmure de gorge en réponse à sa remarque. Il a demandé son silence, elle lui offre, en parti en accord avec sa logique, en parti par envie de lui courir sur les nerfs. Rôdeurs au-dessus, et un son qui parvient de loin, de là où l'idiot veut aller. Ok, il va vraiment falloir collaborer, donc, si ils veulent s'en sertir, tête s'inclinant en un réflexe machinale, narines palpitant alors qu'elle essaie de séparer les odeurs. Sans succès, celle du lieu est trop puissante, assez pour quasiment couvrir celle du type devant elle. "Fait sens." Un élan de maturité, deux mots qui scellent l'alliance temporaire et le font de nouveau marcher, pour s'arrêter. Les mots qui éclairent la situation. Il n'y voit pas. Et elle soupire, main montant à ses yeux. Elle déteste d'avance ce qu'elle va devoir faire, alors qu'elle s'arrête à sa hauteur, regard traçant les profondeurs. Une méfiance persistance envers lui, la situation qui fait monter l'anxiété et la contrarie de ne pas être en face de quelque chose dans lequel planter ses crocs pour régler le problème, l'odeur qui continue d'envahir son nez, les pas des rôdeurs au-dessus d'eux, leurs râles, trop stupides pour comprendre que le couvercle de la bouche d'égout peut être retiré, les sons qui proviennent de l'obscurité, grognements sourds, qui semblent n'être ni humains ni animaux mais autres...

"J'y vois, vaguement. En gris, et pas très net, mais c'est déjà ça. Et ouais, j'entends. Les rôdeurs sont toujours au-dessus, au fait. Un plan ? Le son a l'air de venir de devant uniquement, mais ça veut pas dire qu'il y a rien si on part dans l'autre sans..."
Pas un murmure ni un chuchotement, parler bas tend étrangement à porter plus loin, parfois, comme si la voix voulait compenser d'avoir dû baisser de volume. Juste les mots calmes, détachés, sans intonation. Monocorde, alors qu'elle continue d'essayer de percer le voile gris. Pas qu'il y ait beaucoup de succès, éléments du tunnel se fondant les uns dans les autres, tirant un grondement à sa propre gorge. De nouveau le besoin de planter ses crocs qu'elle part, de déchiqueter quelque chose, pour récupérer un peu de contrôle sur la situation, être en situation de force. Cette soumission à la situation, l'idée d'être enfermée ici, aucune issue visible, un allié dont elle se serait passé à ses côtés dont l'utilité majeure est les lames qu'il a sur lui, trop. L'avant-bras qui monte à sa bouche, dents s'y enfonçant sans ménagement, goût des résidus de tunnel envahissant son nez tant il est puissant avant de laisser la place à celui de son sang, apaisant. Elle le lape, doucement, dents s'écartant progressivement, langue nettoyant la plaie et absorbant tout le fluide, petits coups rapides, posés, peau commençant à se reconstruire lorsqu'elle relâche le membre. Un peu plus calme maintenant, langue passant sur ses dents alors qu'elle peut sentir ses muscles se détendre. Que l'autre pense ce qu'il veut, s'il l'a seulement vue faire. Elle en doute. Nouveau grognement au loin, vague mouvement dans la distance, illusion d'optique ou réalité, difficile de savoir dans ce monde de gris et de brume. Avoir une meilleure vue de nuit ça n'aide pas grand chose, quand elle est faite de formes aux détails liquides qui se fondent dans les structures environnantes. Sa main se referme sur le bras de l'autre, le contact neutre hormis pour la manière dont elle l'incite à se reculer.

"Si tous les tunnels ont une sortie, ils ont une entrée aussi. Tu sais quoi ? Vaut mieux en tenter une autre, je crois. C'tunnel là est un poil trop vivant à mon gout."
Et ça se rapproche, fait se hérisser sa peau alors que le grognement semble ramper, gagner du terrain, impossiblement lentement mais en gagnant malgré tout. Pas envie d'être dans les parages quand il débarquera, ou même de voir le truc qui peut produire ce genre de sons. Juste l'envie de se tirer hors de ce foutu lieu et de retrouver l'air qui circule et apporte une multitude d'odeurs au lieu de stagner, de rentrer au campement et de se perdre au milieu de ses cultures, de sentir l'odeur du maïs, de fixer les plants de tomates, de se transformer pour aller jouer au milieu des chevaux et bovins, les bêtes désormais habituées à sa présence la laissant faire. Mais non, faut se reculer à la place, se détourner, embarquant l'autre avec elle, et faire son possible pour creuser la distance quand les choses ne deviennent nettes quand elles sont bien trop près d'elle et que leurs pas ne parviennent pas à être entièrement silencieux, trop de choses qui couvrent le sol d'une pellicule glissante qui refuse d'absorber le son de leurs pas.
   

   
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MessageSujet: Re: Going Under (Saskia/Milan)   Jeu 30 Mar - 18:19



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Un plan, alors qu’elle évoquait que l’endroit semblait sans issu ? Devant, derrière, peu importait la direction à prendre finalement quand chacune d’elles débouchait sur une aura étrange et terrifiante. Sur un danger qu’ils ne pouvaient discerner mais qu’ils sentaient tout proche. L’atmosphère était hostile, eux beaucoup trop vulnérables quand ils n’avaient rien d’autre que des lames et leurs ongles pour se défendre. Ne pas voir la menace, mais la sentir peser sur soi, à l’affût du moindre faux pas, crispait le corps prêt à en découdre et mettait les nerfs à vif. Ne plus rien distinguer dans cette obscurité n’aidait en rien à combatte ce sentiment d’impuissance qui tendait à faire vibrer un coeur un tantinet moins serein. L’audition fonctionnait toujours aussi bien et il écoutait avec une attention particulière chaque bruit, même le plus infime, qui laissait des échos presque imperceptibles caresser le béton. D'abord lointains, puis de plus en plus proches, de plus en plus distincts, mais rien qu’il n’avait déjà entendu. Et il n’avait pas l’envie de découvrir le visage qui se dissimulait derrière ces intonations sinistres.  Pourtant, il tentait vaguement d’imaginer ce à quoi ce dernier pouvait ressembler, parce qu’il était plus facile de combattre l’ennemi quand on savait à quoi on devait faire face. Vaine tentative avortée par une odeur familière, le sang coulait près de lui, tout frais. Son regard tenta de se poser sur sa voisine, pour ne rencontrer une nouvelle fois que les ténèbres frustrantes. Diable, c'était sûrement cette satanée brèche qui devait faire des siennes, les bruits à ce sujet allaient bon train chez les créatures de l'ombre. Les pensées du blondinet devinrent fugitives, tournoyèrent soudainement vers une amertume qui lui déroba quelques traits chagrinés. Il s'était privé de son humanité pour ça ? Pour que les pouvoirs qu'il avait acquis en épousant le monstre ne deviennent finalement qu'une force aléatoire, qui le laissait parfois choir dans la faiblesse qu'il s'était efforcé d'éradiquer ? Ses poings se contractaient contre les gardes de ses lames, la colère et la déconvenue pointèrent dans le silence, insaisissables. Il avait perdu son frère suites à cette... erreur. Il avait peut-être fait fuir sa seule famille pour une cause qui ne semblait plus en valoir la peine. C'était injuste, douloureux. Du sang humain qu'il fallait s'injecter pour y remédier disaient les ignominies de son genre, mais encore fallait-il pouvoir briser sa propre morale que les dérives de la vengeance n'avait pas encore totalement annihilée. Pas encore...

Le jeune homme ferma les yeux, chassa ses mauvaises ondes, la situation ne permettait pas ce genre d'égarement. Ses paupières battirent à plusieurs reprises, des formes commençaient à se laisser entrevoir, bien que manquant gravement de netteté. Il cru apercevoir son acolyte se livrer à une scène quelque peu... curieuse. S'en détourna aussi rapidement qu'il l'avait observée, les penchants étrangers ne le concernaient pas. Les questions n'effleuraient même pas ses lèvres, il préféra s'abandonner à l'indifférence, unique sentiment que l'autre lui inspirait malgré leur avancée commune dans les profondeurs urbaines. Se rappela que le hasard ne lui avait pas vraiment laissé d'autre choix que celui là, puis se concentra sur la légère pression exercée sur son bras, sur les paroles qui franchissaient les lippes de la brunette, fades, néanmoins sensées. Lui qui entendait également les étrangetés se rapprocher n'avait pas plus envie de s'y confronter. D'un pas, il recula, acquiesçant à sa remarque. Les morts-vivants avaient l'air beaucoup plus commodes que les ombres qui prenaient vie. Sans omettre qu'il ne craignait plus les effets de leurs morsures, bien que l'idée de se faire dévorer n'était pas franchement reluisante.

Puis les ombres se mirent à danser sur les parois. Allures inhumaines auxquelles se liaient des prunelles qui semblaient projeter des étincelles directement puisées dans le feu de l'Enfer. C'était si surréaliste, pourtant les entités se mirent à peser lourdement sur ses épaules que les températures en chute libre faisaient frémir. Un souffle rauque, régulier, continuait de combler une distance de moins en moins rassurante. Milan recula d'un deuxième pas, d'un geste félin, à l'allure de velours. Une angoisse sourde l'enveloppait peu à peu, sans qu'il ne la manifeste. Les méninges bouillonnaient pendant qu'il essayait de les creuser. La sauvage avait demandé un plan, mais aucun ne parvenait à se révéler. Quoique... « Il faut qu'on descende ». S'enfoncer plus encore dans les profondeurs des sous-terrains n'était pas vraiment tranquilisant au premier abord, pourtant. « Les rebelles ont fait des égouts leurs quartiers, si on les trouve, on sera guidés vers la sortie ». Un silence. Une moue hésitante. Sa compagne de mésaventures méritait de connaître l'entièreté des éléments. « Ce ne sont que des rumeurs et si elles sont vraies, on a une chance sur deux que nous laisser repartir entiers après avoir déniché leur planque ne soit pas l'option qu'ils favorisent ». Avaient-ils d'autre choix que de provoquer la chance ? Lui préférait faire face à l'Homme plutôt qu'à... ces choses qui grondaient dans la nuit des tunnels.

Au dessus d'eux, le béton se fissurait, croulant sous le poids des morts qui s'étaient rassemblés. Les fondations des égouts n'étaient pas connues pour leur grande solidité. De la poussière retombait sur leurs chevelures, menaçante, annonciatrice d'une plausible catastrophe qu'il préférait éviter. Un énième pas en arrière pendant qu'il levait la tête pour zieuter la fine pluie pierreuse. La terre paraissait presque trembler. Prudemment, il rejoint la bouche d'égout, se demandant si rejoindre la surface n'était finalement pas la décision la moins épouvantable. Le métal racla le sol, le piège qu'il avait refermé sur eux s'ouvrit dans la précipitation, agressa ses rétines accommodées à l'obscurité que la lumière pénétra violemment. Un homme d'une belle carrure se laissa lourdement tomber. Ses chairs étaient creusées par de nombreuses morsures, l'hémoglobine maculait sa silhouette agonisante. Le condamné leur lança un regard implorant, mais déjà Milan s'éloignait dans l'autre sens, d'autres corps suivant l'entrée du premier, morts depuis longtemps, marchant pourtant parmi les vivants, achevant leur travail commencé sur l'étranger. Les rôdeurs s'engouffraient dans la faille, se brisaient à leurs pieds pour se relever disloqués et les désirer de leurs regards voilés et voraces. Leurs grondements gutturaux emplissaient les dédales, se répercutaient sur la pierre froide pour se répandre au loin. Il lança une oeillade vers l'unique conduit qui leur était encore possible d'emprunter, riva ses prunelles azurées vers sa compagnie dans un haussement d'épaules résigné, puis s'élança vers l'inconnu.


Dernière édition par Milan Cohen le Dim 2 Avr - 15:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Going Under (Saskia/Milan)   Ven 31 Mar - 23:50


« Out of the frying pan and into the deadly pit filled with sharks who are wielding chainsaws with killer kittens stapled to them. »

 
Saskia & Milan
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Deux gamins perdus qui reculent, regards traçant les ténèbres alors que les ombres dansent et que les sons se rapprochent, pression envahissant l'espace, semblant appuyer le long des os, comme si quelque monstre s'affaissait sur elle en l'entourant de ses bras, son souffle rauque au creux de son oreille, prêt à se fondre en elle et prendre possession de ses corps et de ses sens. Dans le monde gris, les formes oscillent comme les flammes d'une torche abandonnée dans la brise, tandis qu'ils reculent, encore. Au-dessus, les bruits de pas trainants qui commencent à former une véritable cacophonie même à travers le béton, pluie de débris s'effondrant du plafond, en une poussière fine, forçant les yeux à se fermer et à pleurer, les visages à s'abaisser, corps tendus et en posture défensive semblant presque se soumettre. Mais. Quoique ce soit qui manipule les ombres et opprime l'air, il semble les sous-estimer, autant qu'elle semble avoir sous-estimer son compagnon. Il ne panique pas, ne part pas en hurlant, la réaction sans surprise quand elle se souvient de la manière dont il l'a confrontée lorsqu'ils se sont trouvés devant leur proie et de celle dont il s'est comme jeté dans les crocs grands ouverts d'un zombie. Elle aurait dû s'en douter, pour le coup, qu'il ne se serait pas effondré, mais la confirmation est la bienvenue. Ses lames ne servent pas qu'à faire de la décoration et de l'intimidation, si il peut rester calme ne fut-ce qu'en apparence, il ne sera peut-être pas trop handicapant comme fardeau alors. Surtout que... Elle laisse ses yeux couler vers lui, Saskia, alors qu'il commence à parler, cils isolant ses rétines des débris qui pleuvent sous la mer de rôdeurs qui se forme au-dessus d'eux.

Descendre. Égouts en catacombes, réseau souterrain à plusieurs étages. Un instant, l'interrogation, s'ils vont jusqu'en dehors de la ville, s'ils rejoignent les tunnels dans lesquels ces gens aiment à s'enfoncer pour circuler plus vite. Ce serait pratique pour les rebelles, s'ils vivent sous terre. Et bon à savoir pour eux aussi, le genre d'information utile à ceux qui vivent en dehors des murs. Une manière de mettre les membres du campement les plus faibles ou malades à l'abri, les bêtes qu'ils peuvent prendre avec eux aussi, en cas d'attaque de rôdeurs, pendant que ceux qui le peuvent les repoussent, sans avoir à s'endetter. Utile. Si ceux qui vivent dans les tunnels le veulent bien, esprit de la métamorphe complétant aisément la phrase du blond pendant qu'il marque un temps. Rebelles, survivants, hors-la-loi. Méfiants, donc. Ils n'aimeront pas savoir leur asile découvert, qu'importe les circonstances. Au-dehors, la réaction aurait été la même. Trouver un camp caché est automatiquement suspect, paranoïa une réalité du quotidien. La garantie de la survie. L'étranger est une menace, la menace doit être recrutée ou éliminer, la logique est simple mais solide. Avec ou contre nous. Le monde en noir et blanc, pour pallier à l'inconnu. Dommage qu'elle ne puisse voir qu'en nuances de gris, pour l'instant... "Une chance sur trois. Ils peuvent tenter de nous recruter aussi, nous y contraindre. Une manière d'être sûr, notre loyauté contre leur aide." Épaules qui se haussent, indifférentes. "Ce sont des humains, quelques capacités qu'ils puissent avoir à côté. Ils seront plus faciles à éliminer que des zombies, si les choses en viennent là." Un mort de plus ou un de moins, quelle importance ? Elle ne va certainement pas commencer à compter. Surtout si il s'agit de sa vie contre la leur.

Au-dessus, la terre tremble toujours, le couvercle aimantant les rôdeurs, les incitant à se rapprocher, à s'y masser, survivants tentant sans doute de l'atteindre, en attirant toujours plus vers elle. Le voleur d'énergie s'arrête dessous, attend, tandis qu'elle s'appuie contre une paroi moussue de matières dont elle préfère ignorer l'origine. Lumière aveuglante quand la plaque est arrachée, corps tombant au sol. Partiellement dévoré déjà, regard froid glissant vers lui, avant de se tourner vers son allié qui s'éloigne. Des rôdeurs suivent l'homme au sol, tombant de l'ouverture en une cascade de cadavres accompagnés du claquement sec de leurs os qui se brisent, leurs colonnes vertébrales qui cèdent, du son visqueux de leurs chairs qui se détachent, incapable d'enregistrer les blessures qu'ils s'infligent, trop chanceux et la distance trop courte pour parvenir à exploser leurs têtes contre la surface lorsqu'ils entrent en contact avec. Le regard de son allié qui continue de s'éloigner qui croise le sien un instant avant qu'il s'élance dans les ténèbres, son regard à elle qui se repose vers l'homme dévoré vivant, vers un rôdeur qui s'approche d'elle persuadé de trouver une proie facile. Le grondement qui provient de derrière les corps toujours présent, les ombres toujours mouvantes. Elle se détourne, corps s'élançant à la suite du voleur d'énergie, longues enjambées qui zigzaguent parfois pour éviter une zone particulièrement humide, vision nocturne si trouble puisse-t-elle être son alliée pour le rattraper, souffle s'échappant en exhalations régulières de ses narines, les nettoyant au passage de l'odeur avant qu'elle les envahisse de nouveau. Distance qui se réduit entre eux, alors que certaines des créatures redressent la tête, intéressées, course s'accélérant encore, le cœur qui bat contre ses côtes, la langue qui se plaque derrière ses dents serrées, ses doigts qui se crispent autour du coutelas.

"Si t'as la foi, prie pour que le truc derrière fasse la peau aux rôdeurs, ça augmenterait peut-être nos chances de nous en sortir."
Ils auraient dû achever l'homme, l'embarquer. Avec tant de morsures, il se serait probablement transformé, un lame dans le cerveau au moment idéal, et ils auraient eu un camouflage. L'odeur du lieu n'est pas suffisante pour que les rôdeurs perdent leur trace apparemment, main se fermant de nouveau sur le bras du blond, le forçant à s'arrêter. Ces saloperies marchent assez lentement pour qu'ils puissent se le permettre, un instant, métamorphe l'entrainant dans un maigre recoin de la paroi, nulle présence ni ombre étrange s'y dissimulant. "Faut qu'on en détruise un. On ne nous laissera pas vivre si il y a une chance qu'on les ait attiré vers les rebelles, personne ne croira que ce n'est pas délibéré. Si on sent comme eux, ils retourneront vers la surface. Plus proche, plus de cerveaux à bouffer. C'est pas à nous de faire le nettoyage." Plutôt celui du Gouvernement et des Peacekeeper, même si voir la masse lente se rapprocher la fait douter de leurs capacités. Pourquoi les admirer, si ils ne peuvent pas gérer une situation aussi basique ? Ils doivent bien avoir des armes à feu... et à défaut, avec tout ce marbre autour, un trébuchet ou une catapulte doivent bien fonctionner autour, les gravats ne sont pas ce qui manque pas dans leur ville en cage. A moins d'avoir peur d'abimer les façades... Rien qui ne lui inspire confiance, vraiment. Une première faille dans l'admiration, occasion de constater leur violence de première main tombant en cendres face à leur absence de réaction. À croire que c'était calculé...

Doigts qui se referment un instant sur le bras de blondinet, ordre détaché de ne pas bouger, et elle s'élance, distance parcourue pour rejoindre le premier corps animé. Les conduites aquatiques sont profondes, assez pour qu'ils ne puissent pas rejoindre apparemment une fois plongés dans la mer brune, leur odorat elle l'espère assez anéantis pour qu'ils ne puissent plus rien sentir non plus. Et les rebords sont étroits, assez pour assurer qu'ils ne puissent être que trois de front en se serrant, main se refermant sur celui qui mène la danse, lame s'enfonçant dans son orbite puis sa tempe, pieds reculant, l'entrainant, agrandissant de nouveau la distance. Elle ne sait pas si il était plus frais, plus intelligent de son vivant, autre chose, mais il était plus réactif, dents claquant menaçant près de son visage, manquant son oreille, trouvant une tresse à la place, la sectionnant. Il se gèle dans ses veines le sang de Saskia alors qu'enfin il s'affaisse, sans vie, mains le maintenant contre elle alors qu'elle rejoint l'alcôve, sueur glacée couvrant sa peau. "Das... war dumm." Ils ont un corps avec lequel couvrir leur odeur, mais c'était stupide comme idée, sa tresse sectionnée encore entre les dents du cadavre l'illustration de ce à quoi elle a réchappé, lame desserrant la mâchoire pour récupérer les brins sombres avant d'ouvrir le corps, mains y plongeant sans hésitation pour s'en couvrir. L'odeur est atroce, emplit sa gorge, si puissante qu'elle peut la goûter, mais ça aidera, alors que la substance se répand le long de son corps et colle à sa peau, la noie. C'est répugnant. C'est nécessaire. Et ses yeux restent fixés sur les corps lents qui s'approchent, le son derrière qui pulse, mélodie sous les accords humides des pieds trainants. Juste un coup d'oeil à son compagnon, pour s'assurer qu'il a compris qu'il devait se couvrir des restes du rôdeur lui aussi.

Spoiler:
 
   

   


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MessageSujet: Re: Going Under (Saskia/Milan)   Dim 2 Avr - 16:45



Murderer
I'm about to hunt you down through, The big black hole right behind you, And I'm about to cut your wings away, 'Cause I've been finding out, Where you've broken in, And I will take you out, When I close you in



Elle avait exprimé tout haut ce qu'il pensait tout bas, les unissant sur une même longueur. Ne s'était pas cachée d'être si facilement capable de donner la mort à un homme quand il avait préféré garder cette pensée pour lui. Tuer. Massacrer. Ces mots écorchaient les lèvres du fils du grand vendeur d'armes qui les ravalait chaque fois qu'ils l'effleuraient. S'y livrer était déjà difficile à encaisser, alors l'évoquer avec tant d'aisance... Il se sentait comme le monstre qui se cachait derrière un costume de haute couture pour que personne ne réalise vraiment l’ignominie qu'il renfermait, le sang qu'il avait sur les mains. Se parer d'un semblant de pureté pour masquer la souillure. N'émettre aucun commentaire quand une autre invoquait la faucheuse, quand le silence laissait pourtant planer le sous-entendu d'une sinistre acceptation. Détourner un regard coupable que les ombres rendaient de toutes manières indiscernable, qui se révélait tout aussi déterminé à s'adonner à la bassesse qu'il condamnait malgré tout. Celui qui s'égarait dans le vaste univers ténébreux, qui s'accrochait désespérément à une lueur vacillante d'humanité pour ne pas se perdre complètement, n'osait déjà plus observer son propre reflet dans le miroir de l'âme. Et cette femme, si sûre d'elle, qui suggérait la tuerie avec autant d'indifférence, s'y contemplait-elle encore ? Ou le monde ne laissait-il plus la moindre place aux cas de conscience ? Qui était-elle et qu'avait-elle vécu pour citer l'hécatombe si froidement ? Tant de questions qui l'accaparaient pendant qu'il courait pour sa vie, en espérant toujours dénicher ceux que les rumeurs mentionnaient, en se résignant au combat s'ils décidaient d'en arriver là, conscient que celle avec qui il partageait ces sombres moments ne serait pas la voix de la raison qui le sauverait de cette abjection, mais plutôt celle qui le pousserait à s'y fondre pleinement. Parce que non, il n'y aurait certainement pas de troisième option, la cause rebelle était une cause du coeur, une conviction, un choix et non une soumission à l'instar du gouvernement contre lequel était livrée la bataille. Un choix qu'il aurait adopté, en d'autres circonstances, en d'autres temps si la vengeance ne prenait pas déjà toute son attention. Il prenait le risque considéré de tuer ceux pour qui, finalement, il avait du respect, voire une profonde admiration. Un peu plus, l'obscurité voilait les derniers pans de son innocence. Pitoyable. Toutefois, il n’en dit rien, se taire laissait flotter l'illusion d’un espoir de fou.

« La foi, c'est pour les faibles » maugréa t-il entre deux bouffées d’oxygène, le sang pulsant contre ses tempes, son palpitant martelant sa cage thoracique sous l’effet de la course et de l’adrénaline. La foi n’avait jamais sauvé personne, mais n’avait de cesse d’insinuer un sentiment de sécurité chez ceux qui la pratiquaient, alors qu’elle les rendait indubitablement vulnérables. Cernés par l’Enfer quand ils pensaient pouvoir atteindre le Paradis, c’était à cela que se résumait la foi pour Milan, à la plus grande arnaque de l’histoire. Puis, si ce qui rôdait dans les ténèbres détenait le pouvoir d’exterminer toute une horde de morts-vivants, en demeurant suffisamment valide pour les atteindre ensuite, il n’y avait plus le moindre soupçon d’espoir pour eux. Le grand blond, s’il avait eu la foi, aurait plutôt prié pour que la meute de macchabées ne fasse qu’une bouchée de l’ombre qui les menaçait.

La fuite cessa, intimée par une idée sauvageonne et répugnante qui germait soudain dans l’esprit de l’acolyte. Décidément, d’où sortait-elle cette fille ? Le vengeur la discerna s’éloigner sans tenter de lui emboîter le pas, reprit son souffle pendant qu’il réfléchissait à une alternative. Maudit ces incapables de miliciens qui s’étaient laissés déborder avec un peu trop de facilités en se réappropriant la critique de la survivante. Jamais un tel fléau n’aurait dû pénétrer l’enceinte de la grande ville prison. Comment une foule monstrueuse d’une telle ampleur avait-elle pu franchir les frontières quand il était presque impossible de se faufiler en dehors de ces murs ? Une faille ? Quand bien-même, les protecteurs auraient dû pouvoir la contenir, au lieu de la laisser s’accaparer le coeur de la forteresse. Ca n’avait pas le moindre sens... Ce gouvernement n’en avait jamais eu. L'américain soupira dans la nuit, sceptique.

Le corps répugnant fut presque déposé à ses pieds comme un trophée, accompagné de mots étrangers à l’intonation quelque peu échaudée. Les effluves putrides lui firent détourner les narines, ses sourcils se arquèrent fugacement, l'homme était désabusé. La scène ressemblait à un vieux film d'horreur où une bande de désespérés un peu cinglés s'habillaient de tripes pourries pour se fondre dans la masse cadavérique. Milan se remémora ce passage avec dégoût, et avec désillusion quand il se souvint que cette idée de génie s'était terminée par un échec cuisant, par un festin royal pour le troupeau de charogne qui avait remarqué leur présence. La natte logée dans la mâchoire du décomposé ne l'aida pas plus à approuver cette théorie que la décoiffée tentait de lui faire embrasser. Etait-elle déjà passée à la pratique avant ce jour ? L'interrogation resterait en suspens, parce que le jeune videur d'énergie n'était pas si certain de vouloir le savoir... Résigné, un tantinet motivé par la détermination de cette combattante qui n'avait pas froid aux yeux, il s'agenouilla près de la dépouille et l'observa quelques instants au travers sa vision crépusculaire qui avait recouvré toute sa fonction, bien que la pénombre faiblissait au fur et à mesure qu'ils s'enfonçaient dans les tunnels. Il était bienheureux de ne pas discerner la moindre couleur, cette grisaille rendait la pourriture moins répulsive. « C’est ce qu’on appelle un plan tiré par les cheveux » lâcha t-il un peu froidement avec un brin d'humour aigre, enclin à s'y plier de très mauvais coeur. « Que le sacrifice de ta jolie natte n'ait pas été vain ». Ses armes furent rengainées, puis ses mains plongèrent dans les entrailles avant de venir se frotter contre sa tignasse pâle qu'il recouvrit, avec une moue ombrageuse. Cette journée allait finir d'achever son humeur.

Lorsqu'il se redressa, ils avaient l'odeur et l'apparence de ceux qu'ils tentaient de fuir. Et ces derniers n'étaient plus qu'à quelques mètres, soudainement moins intéressés par leurs proies, ce qui n'empêcha Milan d'éviter de provoquer la chance. A son tour, il saisit le bras de la métamorphe et l'incita à reculer prudemment jusqu'à la sortie de l'alcôve, puis à poursuivre leur chemin, cette fois avec une lenteur précautionneuse, pour que nul bruit trop prononcé ne parvienne aux oreilles carnassières. Le jeune homme se retourna à plusieurs reprises pour constater que les rôdeurs avaient mis un terme à leur progression. Il ne voyait plus rien, un noir absolu avait envahi les sous-terrains, plus le moindre grain de clarté ne pouvait se frayer un chemin dans ce labyrinthe de pierres glacées, rendant sa capacité oculaire inutile. L'orphelin se fia donc à son ouïe fine pour constater que, derrière eux, plus rien ne semblait piétiner leurs empreintes. Il palpa le béton poreux pour continuer d'avancer posément dans ce réseau d'aveugles en s'assurant que l'autre suivait correctement ses traces, le tout dans un silence avisé. Il sentait l'air de plus en plus lourd et putride, de plus en plus suffocant. L'atmosphère glaciale se réchauffait pour les agresser d'une chaleur moite. La mousse sur les parois était plus abondante, beaucoup plus visqueuse, le contraignit à retirer ses doigts pour se guider et à ne se fier qu'à son instinct.

Sous ses semelles, le sol était friable. Des craquements filaient dans l'air pour venir alerter son oreille attentive. Un étrange pressentiment l'immobilisa soudain. Il fit part de ses inquiétudes à la sauvage de sa voix presque murmurée. « Il faut reculer, j'ai l'impression que ça va céder ». Tous les sens aux aguets. Un pas délicat en arrière pour se rendre aussi léger qu'une plume. La galerie s'effondra, entraînant subitement les malheureux dans une autre plus profonde, là où une eau visqueuse et nauséabonde stagnait sans cesse, dans un vacarme assourdissant dont les échos furent longs et grondants. Une nuée de poussières remplit l'espace, retomba avec paresse sur les corps maculés de morceaux de rôdeurs, se mêla avec mollesse au liquide fétide que la pluie de gravats faisait onduler.
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MessageSujet: Re: Going Under (Saskia/Milan)   Mer 5 Avr - 2:40


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Un plan tiré par les cheveux. Il n'a rien trouvé de mieux, comme blague ? Elle lève les yeux au ciel, Saskia, retient un sourire et un rire amusés. Le jeu de mots est pathétique, l'effort est bienvenue, moment tout en lévitation quand la fin approche, dans les pas trainants des rôdeurs en approche. Protestation lui échappant, plainte enfantine, murmure teinté de contrariété. "Je voulais juste acheter quelques livres... C'est quoi cette ville où on ne peut même pas faire des courses sans tomber sur des rôdeurs ?" Les bras rouges entrailles se croisent, le pied tapote, yeux accrochés au blond qui la rejoint dans le monde puant de ceux qui préfèrent leur survie aux regrets et questions morales. A quoi ça servirait, de toutes façons ? Son premier acte en tant que glouton a été de découvrir le goût du sang humain, animal vicieux détruisant ceux qui avaient enfermé l'humaine qu'elle ne se souvenait plus être dans sa quête de liberté, le premier instant de son retour à l'humanité s'est fait de même, goût d'un de ses congénères dans la bouche, abolissant les tabous avec lesquels elle a grandi, tout ce que la société avait pu lui inculquer, la laissant à jamais animale, même sous cette apparence qu'elle a de jeune femme aux grands yeux clairs, presque métalliques dans leur sauvagerie, tels la lame de sa dague. Elle ne sait pas si son compagnon est comme elle, dépourvu de remords à l'idée de prendre une vie depuis si longtemps déjà, aussi indifférent à l'idée de prendre la vie d'un humain que celle d'un rôdeur ou d'un animal, seul l'acte mortel comptant, le plaisir de se savoir prédateur et non proie, de sentir le dernier souffle passer entre les lèvres qui se détendent, de gouter au sang, de survivre. Une minute de plus, une heure de plus, un jour de plus, quelle importance ? La durée ne compte pas. Juste la survie. Elle ne sait pas si il l'a déjà compris, celui qui croit que la foi est pour les faibles, au lieu de comprendre qu'elle sert un but, permet aux prédateurs de marcher au milieu de leurs proies sans les alerter outre mesure de sa mesure, offre un vernis de civilisation parfois bienvenu. Au moins il finit de se couvrir des entrailles, odeurs occultées perturbant les rôdeurs qui se reculent. Retournent vers l'odeur la plus proche, celle de la surface, grouillante de corps qui n'ont pas la moindre idée du sort qui les attend. Un véritable buffet, dont elle ne comprend pas la raison. Ils vivent à ce point dans l'illusion, ces gens, qu'ils ne savent pas survivre ?

Les pas, prudents, la main sans griffes autour de son bras, qui incite, guide. Elle la suit en silence, les pieds bougeant sans plus de son qu'un bruissement alors qu'ils quittent le refuge, de l’alcôve, de la lumière, le monde se grisant plus avant à mesure que les sources de lumière disparaissent, regard nyctalope peinant à briser l'obscurité, nulle lumière pour se heurter à ses pupilles, aveuglement finissant par prendre le dessus. Terrible et terrifiant, après si longtemps passé sans avoir à recroiser les ténèbres. Elle ne les aime pas, n'aime pas devoir se reposer sur ses oreilles et son nez uniquement, trop saturés des sons et odeurs propres aux égouts pour parvenir à distinguer le reste. Le clapotis du liquide presque stagnant lorsque quelque rat y plonge ou qu'une bulle à l'odeur sulfure remonte à la surface pour se crever. L'odeur du rôdeur sur leurs peaux, de la moisissure et de la fétidité autour. Les sens brouillés, aussi aveugles au final que ses yeux. Obligée de suivre docilement qu'une enfant celui qui n'a qu'une peau, main dans la sienne, pour ne pas se perdre alors que les doigts libres se raccrochent à la pierre gluante des murs comme à une ligne de vie, le contact de la mousse répugnant mais nécessaire. Jusqu'à l'arrêt, infimes craquements autant d'alertes, murmure d'assentiment suivant. Reculer. Lever le pied, se faire léger, exhalation dans l'espoir stupide de peser moins lourd, mains qui se relâche. Pour sentir le sol de pierre qui disparait sous ses pieds, ne laisser que le vide, galerie toute entière cédant, tentation de changer prenant le dessus, restreinte dans un élan de lucidité. Pour chuter, pierres heurtant les corps avec rudesse, eau visqueuse et glacée les enfermant dans sa prison. Se débattre, retenir le réflexe d'inspirer, crever la surface, pour respirer, tousser en aspirant la poussière qui envahit l'air et se colle partout, cracher pour chasser le gout du liquide. Les vêtements pèsent lourd autour de son corps, tentent de l'attirer dans les profondeurs, tandis qu'elle tend l'oreille, tend de percevoir les clapotements d'un humain qui se maintient à la surface par-dessus ceux de l'eau troublée par la roche et le béton qui s'y sont enfoncés, finissant par fermer sa main autour d'un bras et le tirer, se rappelant de justesse de ne pas serrer trop fort. L'eau n'est plus stagnante, oscille et vit, permet de se repérer à défaut d'autre chose, en suivant les sons d'où elle se brise contre un rebord.

Il faut y pousser le blond, à tâtons, avant de s'y hisser à son tour, jurons aux accents germaniques glissant d'entre ses dents aussi aisément que l'eau qui s'y est infiltrée en dépit de ses efforts. Des éclats de pierre qui s'enfoncent dans ses paumes, l'odeur renforcée de la moisissure et de la stagnation, de l'eau croupie et de la poussière. Et une odeur en dessous, infime, légère, prête à disparaître à tout instant. Légèrement plus fraiche, moins étouffante. La promesse d'un courant d'air, assez pour la faire se redresser, chercher son allié de malheur à l'aveuglette. "Ça valait bien la peine d'aller faire la peau à un rôdeur... J'espère qu'ils sont assez loin pour ne plus pouvoir nous sentir, désormais. Ils sont trop stupides pour avoir pu être attirés par le son, normalement. Croise les doigts pour que la chance veuille bien de nous cette fois." Murmure, précipité, tandis qu'elle attrape son poignet et prend les devants, pas aveugles et précautionneux, suivant l'odeur infime de l'air, nez humant avec acharnement jusqu'à se retrouver face un croisement. Les mains qui hésitent, tracent le béton, nez humant d'un côté puis de l'autre, incapable de déterminer lequel contient la trace de brise. Trop proches l'un de l'autre, et elle se tourne vers l'autre inhumain, l'expression perdue.

"Je n'arrive pas à sentir de quel côté est le courant d'air..."


Hésitation. Avant que l'oreille ne tressaille, n'entende, pression de la main se resserrant. L'ouïe fine qui a perçu ce qu'elle n'aurait pas dû entendre, le visage qui se tourne et laisse les yeux tracer les ténèbres. L'impression qu'elles bougent, se mouvent, trop sombres pour distinguer si c'est le fruit de la fatigue et de l'imagination ou de la réalité. L'alarme monte d'un cran, se cède en un nouveau murmure. "Dis-moi que tu ne l'entends pas et que quoique ce soit ne nous a pas réellement retrouvés, pas si vite..." Si il l'entend aussi, si quoique ce soit les a bien suivis, est ce qui fait se mouvoir les ombres derrière eux... Elle n'est pas certaine qu'ils parviennent à sortir vivants d'ici. Hésitation. La crainte, aveugle, qu'elle ne l'ait pas rêvé. Qui fait se lier ses doigts un instant à ceux du voleur d'énergie pour l'entrainer dans un tunnel au hasard, impossiblement lentement, son souffle suspendu dans ses poumons pour tenter de prolonger le silence, le rendre plus épais encore. Elle craint jusqu'aux mouvements de leurs corps, l'air qu'ils déplacent, tout un ennemi possible désormais, une source de danger. Elle déteste cette situation. Se sentir proie, plutôt que prédateur. C'est contre-nature.
   

   
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MessageSujet: Re: Going Under (Saskia/Milan)   Mer 5 Avr - 13:31



Murderer
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La pierre pesa trop lourdement sur son index et son majeur, lui retourna les doigts dans un craquement douloureux. Désorienté par la chute et par le mal, il épousa la surface dans un souffle un peu étouffé, se laissa guider jusqu'au rebord par la brunette avant de se hisser et de calmer sa respiration. Le ras le bol s'empara de ses traits que les ténèbres dissimulaient, ses lèvres se pincèrent avec exaspération pendant qu'il écoutait l'espérance de l'acolyte, assis sur le béton. De sa main saine, il tira sa tignasse pâle en arrière puis saisit l'invalide, hésita quelques secondes avant d'enserrer ses extrémités blessées qu'il remit sèchement dans leurs alignements. Ses paupières se crispèrent sur un visage tendu. La souffrance fut vive mais brève, ne serait plus qu'un mauvais souvenir d'ici peu, chassée par sa capacité à guérir plus rapidement qu'auparavant. Il expira profondément, répondit à sa compagnie. « On pue tellement l'égout maintenant qu'on se fond dans le décor, ils n'ont plus rien à flairer ». Les odeurs se mêlaient et se confondaient, feraient passer leur chemin à toute une horde en alerte. C'était répugnant. Lassé, Milan se prit quelques secondes pour digérer toute cette merde, vite avortées par un énième contact sur son poignet qui le contraignit à se relever et à poursuivre leur avancée dans l'obscur labyrinthe, à tâtons, à la poursuite de ce qui s'apparentait de plus en plus à une chimère. A la quête d'un courant d'air salvateur qu'ils se mirent à traquer laborieusement, plutôt lamentables dans leur rôle de pisteurs. Courir après du vent... Lui tentait plutôt de chercher la moindre petite bribe de lumière, trop opprimé par cette obscurité qui commençait à effleurer l'insupportable. Trop étranglé. Trop vulnérable. Trop peu à l'aise avec ses autres sens qui n'étaient pas suffisamment aiguisés pour lui permettre une défense efficace. « Je ne sens plus rien ». Totalement perdu par ces effluves qui ne rendaient plus rien distinct, par cette froideur sur ses chairs trempées qui lui donnaient l'impression de ressentir l'air glacé dans toutes les directions, il n'était plus qu'un enfant égaré dans la nuit.

Néanmoins ce bruit, lui, était saisissable. Il se détachait du néant avec une aisance effrayante, lui déroba un frisson le long de son échine. « Mais ça, je l'entends clairement... ». Echine qui se pliait au fur et à mesure de leurs pas pressés et silencieux dans un réseau de tunnels de plus en plus étroits. Ne pas savoir ce qui les pistait rendait la partie de chasse non seulement inéquitable, mais aussi particulièrement stressante. Plus accoutumé à pourchasser autrui qu'à être lui-même talonné, l'orphelin fut délié de tous ses repères. Enlaçait ces doigts qui s'entre-mêlaient aux siens pour ne les libérer que lorsqu'une lueur à peine perceptible se heurta à ses prunelles qui se dilatèrent. « Par là » chuchota t-il avec impatience avant de s'élancer dans la galerie plus spacieuse d'où provenait l'once de lumière et donc le sentiment de réconfort qui l'enveloppait. Dans leurs pas, le son toujours hostile persévérait, sur leurs traces, déterminé à ne leur offrir aucune distance. Puis aucun échappatoire...

Un juron fut brusquement projeté contre une grille en ferraille. Des barreaux, derrière lesquels se trouvaient un grand espace et la pénombre bienvenue leur faisaient obstacle. Devant se dressait un désir inaccessible qui leur faudrait pourtant atteindre, car derrière eux continuait de progresser la présence menaçante. Ses doigts encerclèrent le métal, poussèrent, tirèrent, poussèrent, tirèrent... Tentèrent de les faire céder sans résultat. Un coup de pied fut lancé, puis un deuxième, sans que la frontière ne cède. Acculés comme des bêtes traquées, des proies d'un monstre sans visage, le piège se referma sur leurs corps condamnés. Le vengeur s'adossa contre le fer et s'arma à nouveau de ses lames jumelles, au tranchant sûrement futile face à la créature prête à les débusquer. Les leçons d'Ambre la combattante n'avaient jamais portées sur autre chose que les hommes... La lutte qui se préparait contre l'inconnu le laissait choir dans une attente anxieuse. L'arrière de son crâne à la chevelure poisseuse épousa la rouille, sa prise devint plus vigoureuse sur les gardes de ses armes. Son regard nerveux captura les ombres qui dansaient sur le bas plafond, glissa ensuite jusqu'à la sienne pour en prendre le contrôle. Toute son attention s'ancra dans cette tâche pendant qu'il faisait appel à ses dons particuliers, en espérant qu'ils perdurent suffisamment pour devenir une précieuse alliée lors de la bataille à venir. Que la brèche ne s'applique pas à rompre le lien qui le rattachait à la source de son pouvoir... Et que celui de cette femme s'avère de bon augure. « Je ne sais pas ce que tu es, mais c’est le moment de le montrer. Si par chance t’es une métamorphe, j’espère que c’est quelque chose de gros... ». Un peu de chance qu'elle disait; c'était l'heure d'espérer.

Les yeux flamboyants réapparurent dans les ténèbres, des formes distordues s'étirèrent jusqu'à leurs pieds, sans que rien de tangible ne se faufile d'entre les noirceurs qui les renfermaient. Celle de l'orphelin fondit donc sur ces dernières pour les chasser, mais disparue dans la masse grandissante, avalée. Elles remontèrent lentement sur leurs tibias, les agrippèrent d'abord légèrement, puis l'étau se referma subitement. Le videur d'énergie fut tiré violemment vers les profondeurs, il s'écrasa lourdement sur le dos dans une plainte sourde, le souffle coupé. Ses armes volèrent et chutèrent dans un tintement sur la pierre. Le corps endolori se redressa sur ses coudes, l'oeillade déconcertée embrassa le vide, se posa sur les ombres qui cheminaient jusqu'à son cou. Les griffes intouchables commencèrent à se rétracter autour de sa trachée, il rampa hâtivement jusqu'à buter contre la grille avant de se relever dans un mouvement saccadé, le coeur battant. A son tour de laisser germer une idée un peu folle. « Ce ne sont que des ombres ». Il ramassa ses lames promptement, recula derechef. « Pas de lumière, pas d'ombre ». Ses rétines déterminées contemplaient l'obscurité. « Il faut plonger ». Se jeter dans la nuit. « C'est un pari. Si on s'en sort vivants, je te les offre tes bouquins ». Un pari risqué mais il ne voyait plus d'autre alternative, opta donc pour la logique en espérant ressortir vainqueur de cette folie peut-être pas si démente. Il tendit sa main ouverte vers la changeuse. Parée à accueillir la sienne, dans une recherche d'assentiment, sa paume n'attendait plus que celle de l'autre pour foncer droit devant.
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MessageSujet: Re: Going Under (Saskia/Milan)   Sam 8 Avr - 20:31


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Scheisse. Ils y sont jusqu'au cou, dans tous les sens possibles du terme, confirmation du blond une condamnation. Il les a retrouvé, la source du son et de la crainte, regard croisant celui de son compagnon qu'elle ne devine plus que vaguement. Les mains se retrouvent, se joignent, la course reprend. Par là, qu'il a dit, et c'est par là qu'ils vont. Un peu de lumière, si maigre, à peine assez pour voir de vagues formes ondulantes, des murs plus éloignées, le tunnel plus large. L'image incongrue lue dans un livre, alors qu'elle errait et fouillait des demeures abandonnées, qui lui revient à l'esprit. Comme une naissance à l'envers. Merveilleuse expérience, elle ne recommande pas, surtout avec la mère qu'elle a. Doute qu'elle ne regrette pas lui avoir donné la vie. Pensées stupides, apportées par la course, l'adrénaline, pas jumeaux se répercutant autour d'eux, discrets mais pourtant bien trop bruyants. Quelques clapotis, d'autres bruits parasites, qui annoncent leur position, leurs mouvements. Le son qui les poursuit, sans fin. Il couvre tout, au bout d'un moment. Les respirations, les battements de cœur. Le bruit de leurs corps qui heurtent la grille métallique et les jurons murmurés, désespérés de voir la liberté et la sécurité leur échapper. Le métal est froid et humide contre sa peau alors que les barres tremblent d'être secouées avec l'énergie du désespoir, laisse échapper une plainte grinçante sans leur offrir le moindre asile. Piégés. Comme des rats. Elle n'apprécie ni l'image ni la situation. Les rats, elle en a assez mangé pour savoir comment ils finissent en général.

Mal.

Coincés. Et obligée de soupirer en réponse à la question du blond. "Je doute fort qu'un glouton nous soit d'une quelconque utilité. Ma mâchoire n'est pas tout à fait assez forte pour les barreaux, et il n'y a encore rien à mordre devant." Pas de chance, décidément. Qu'est-ce qu'elle ne donnerait pas pour avoir un humain ou un rôdeur devant elle, quelque chose qu'elle puisse actuellement tuer, égorger, frapper, massacrer. Quelque chose qui la libère de ce sentiment d'impuissance. Pas même l'option de fondre dans sa deuxième peau, pas en l'absence d'un adversaire tangible. Probablement pas même dans ces circonstances. L'odorat trop fin, la crainte de s'incapaciter elle-même, de perdre la défense pourtant maigre de ses vêtements pour rien. Le coutelas retrouve sa main à la place, corps se tassant, muscles se tendant, prête à frapper alors que ses lèvres se retroussent et dévoilent ses dents en une grimace sauvage.

L'attaque vient de partout, de nulle part, masse sombre remontant le long des membres, gelant la peau, si tangible alors qu'elle capture ses jambes, si inerte lorsque la lame de son arme plonge dedans et entaille sa chair à la place, lui tirant un juron. L'étreinte qui remonte encore et encore tandis que sa chair commence à guérir, lentement. Trop lentement, doigts obscurs effleurant sa mâchoire avant de la tirer, brutalement, garde enroulée de corde manquant de peu être lâchée sous la surprise, juron sonore résonnant contre les parois pour aller se perdre dans les ténèbres. Et la prison qui se desserre, la voix du voleur d'énergie qui s'élève de nouveau. Des ombres. Face auxquelles le glouton ne pourra définitivement rien. L'idée. Folle, suicidaire. Qui lui tire un sourire sauvage. La promesse. Qui la fait rire, léger, métallique. Comme son arme. "Très bien. Mais ça attendra un autre jour, si tu veux bien. Pour ma part, je t'aiderai à pister une proie si l'on s'en sort." Serment sans poids réel, rien ne garantit qu'ils survivent ou qu'il ait quelqu'un à traquer dont il a l'odeur sur un objet. Ça ne change rien, sa paume n'en retrouve pas moins une fois encore la sienne, le coutelas de nouveau rangé contre sa peau. Nul désir de le perdre si elle peut l'éviter.

Courir, de nouveau. Pour trouver la couverture des ténèbres cette fois, là où leurs yeux redeviennent aveugles et où seul l'instinct peut les guider. Les ombres tentent de les attraper, moins tangibles alors que la faible lumière disparait. Puis le vide, la chute, de nouveau. Des égouts, ça a des niveaux. Des chutes et des détours, des passerelles et des galeries, des tunnels et des canalisations. Dans lesquelles ils tombent, s'enfoncent, marée d'obscurité autour d'eux, odeur qui colle à la peau autant que les matières qui lui donnent ses effluves, plus de lumière pour nourrir les ombres, plus de repères pour demander où l'on va échouer. Ce sont des égouts, ils auront forcément une sortie. Les profondeurs du Mississippi peut-être, avec ses courants, prêt à les emporter loin de la ville et de ses murs. Ce serait gênant pour le blond. Pour tout ce qu'elle trouve qu'il sait se servir de ses crocs, il n'en reste pas moins que c'est un animal domestique. Il ne pourrait pas survivre hors des murs, pas seul. Et elle n'a aucune envie de l'adopter et d'en faire un membre de la Communauté. Elle garde juste sa main dans la sienne, une ligne qui les relie, tandis qu'elle accepte de continuer à lui faire confiance, de continuer à se reposer sur lui. Elle peut sentir un courant qui les tire vers l'avant, regards parcourant les ténèbres sans qu'un seul éclat lumineux vienne fournir à ses pupilles de quoi les percer.

"Si c'était des ombres, il devait y avoir un voleur d'énergie derrière, non ? Peut-être que c'était un rebelle ? Ou y a t'il aussi des criminels plus standards qui se dissimulent en ce lieu ?"
Murmurer, pendant que l'on dérive, avant de heurter une paroi lorsque la galerie se divise en deux de nouveau, courant se renforçant. Une poignée métallique que sa main trouve, qui se révèle être une échelle, ses muscles qui hurlent tandis qu'elle tire l'autre créature vers elle et l'aide à tâtons à s'y accrocher. La noirceur est totale, ils n'auront probablement jamais été plus saufs en ce lieu. Il y a une sombre ironie là-dedans, qui l'aurait fait pleurer de rire en d'autres circonstances. Mais avant, il faut décider. Tenter d'escalader l'échelle et de découvrir ce qui se cache une fois à son sommet, ou se laisser emporter par le courant puant et tiède, et voir si il les amène à une quelconque évacuation. Elle préfèrerait encore l'échelle, murmure noyé de sarcasme tandis qu'il lui échappe. Risquer de se noyer dans la merde n'est pas une fin très attrayante.
   

   
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MessageSujet: Re: Going Under (Saskia/Milan)   Mar 11 Avr - 22:48



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Le deal lui arracha un sourire, ironique quand on se rappelait que leur première rencontre était justement le fruit d'un hasard cueilli lors d'une chasse, que la seule proie qui l'avait intéressé ces derniers temps était celle-là même que la brune avait laissé filer juste sous leurs nez - c'était de sa faute à elle, uniquement, il n'en démordrait pas -. Pourtant, il ne ressentait plus la moindre bribe de colère à son égard. Cette fuite main dans la main dans les sous-terrains, pour leurs vies, avait rendu ce déboire si futile. Néanmoins il s'accrocha à cette promesse qui n'en était pas vraiment une, parce que si celle-ci ne promettait pas de trophée en bout de course, elle assurait tout de même leur survie, pour l'heure si incertaine. Petit espoir de fou dans cet immense trou noir qui n'avait pas de fin.

Un bras s'écorchant le long de la paroi qu'il ne lâchait pas un seul instant pour ne pas heurter un mur en pleine face, les doigts libres liés à ceux de la sauvageonne, l'orphelin galopait dans les dédales avec le regard totalement aveugle. Les pieds dans une pellicule d'eau vaseuse, à l'odeur dont on finirait presque par s'accoutumer à force de parcourir les profondeurs des égouts, les chutes et les dérapages se faisaient nombreux et laissaient des marques que la brèche et ses effets empêchaient de s'estomper. Cette escapade dans les labyrinthes semblait durer une éternité pendant que le jeune citadin ne lâchait rien, ni l'espoir de tomber sur une sortie salutaire, ni la main de la changeuse. Les bruits angoissants perduraient mais la menace ne semblait plus si terrifiante depuis qu'il avait compris que l'obscurité, d'abord effrayante, s'avérait finalement le refuge qui les protégeait des nuisibles. Elle demeurait oppressante et le temps passé dans son coeur n'arrangeait pas cette sensation d'être privé de son oxygène. Alors Milan pressait toujours plus leur échappée, la rendait de plus en plus difficile dans un enchevêtrement de galeries déjà bien complexe, jusqu'à ce que le chuchotement de la métamorphe ne le fasse considérablement ralentir. Sans cesser toutefois de tracer leur route à l'aveuglette, il exprima à son tour son ressenti. « Je ne pense pas, si c'était le cas soit il était très puissant, soit ils étaient plusieurs, mais ça tient pas la route. On nous aurait lâché les basques depuis un bon moment déjà, ou dirigés d'une manière ou d'une autre vers la sortie si le but était de leur éviter une visite surprise de leur cachette secrète. Ou tuer par d'autres moyens si on nous avait voulu morts ». Cette supposition était invraisemblable, lui n'y croyait pas. Il réfléchissait à d'autres perspectives quand ils se retrouvèrent une énième fois devant un choix à faire, gauche ou droite. « Je n'ai jamais entendu parler d'un réseau de criminels dans les égouts, mais y a des bruits qui courent sur des... ». Impossible de mettre des mots sur des créatures qui, en plus de ne pas être tangibles, n'avaient pas encore hérité d'une description. Sûrement que ceux qui s'y étaient confrontés n'avaient rien vu ou n'étaient plus là pour en parler. « Je ne sais pas trop quoi te dire en fait, on raconte que c'est hanté et que des choses rôdent dans l'ombre. On vit vraiment dans une drôle d'époque ». Une ère de dingues, où tout ce à quoi la population n'avait jamais voulu croire se mettait finalement à fouler leur terre. Des zombies, des monstres, des fantômes, l'Enfer, les croyances n'avaient plus de limite.

Le geste de la brune l'entraîna, sa peau vint au contact du métal. L'élément fut rassurant après tout ce trop plein de béton froid et poreux qui avait fini par lui égratigner l'épiderme. Milan s'y accrocha sans hésitation en fermant éphémèrement son regard noyé par les Ténèbres, appréciant ce léger courant d'air qui lui caressait ses pommettes un peu trop saillantes. Il avait dans un premier temps formulé le souhait de descendre plus bas, mais s'y résoudre n'avait pas été fructueux. Remonter lui semblait donc une idée qui se valait tout autant. Sans un mot, il se détacha de la brunette, puis commença à se hisser sur les barreaux de fer en incitant la demoiselle à le suivre. C'était rouillé, glissant, instable. Chaque mouvement faisait trembler l'objet, laissait s'échapper quelques échos de retombée pierreuse qui se séparait de la paroi à laquelle l'échelle était rattachée. Le danger se laissait sentir à des kilomètres, le gros triangle d'alarme étincelait dans la nuit au dessus de leurs têtes, pourtant le survivant continua son escalade silencieuse, pressant la sauvage à sa suite. Ils étaient presque arrivés au bout. Presque...

Elle s'arracha du pan bétonné, entraînant avec elle une giboulée de gravats et les deux malheureux. Le dessus de la galerie céda à son tour, tout s'effondra encore une fois. Le vengeur atterrit durement sur son dos déjà malmené, le souffle coupé, avant de se protéger la tête de ses bras. Une douleur au flanc le tétanisa. Le bruit du métal et de la pierre cessa enfin, mais laissait le voleur statufié, allongé parmi les décombres. Les secondes s'éternisèrent, à moins qu'elles n'étaient des minutes. Milan avait perdu toute notion lorsqu'il s'assit péniblement en se débarrassant des petits blocs de béton qui s'étaient écroulés sur son corps, heureusement sans être assez lourds pour faire du dégât. Ses doigts s'arrêtèrent juste en dessous de ses côtes, là où une fine tige de fer rouillée s'était plantée. Prenant son courage à deux mains, il la retira lentement en cessant de respirer, le visage figé dans une moue torturée. Sa paume couvrit sa blessure, appuyait instinctivement sur cette dernière alors qu'il reprenait difficilement son souffle tout en cherchant à capter l'aura de sa compagne d'infortune. Il aurait voulu l'appeler mais... « Je ne connais même pas ton nom ». Susurre crispé qui attendait une réponse, avec l'espoir que la destinataire s'en était sortie indemne.
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MessageSujet: Re: Going Under (Saskia/Milan)   Mar 18 Avr - 0:59


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Pas besoin de mots pour comprendre ce qu'il ne dit pas. Des monstres échappés des profondeurs de Darkness Falls réfugiés dans les égouts, comme les zombies l'ont fait lorsqu'ils ont émergé de ses portes accompagnés des premiers voleurs d'énergie. Sauf qu'ils n'ont aucune raison d'être là, à l'intérieur des murs, si la cité est si bien protégée que ça, nouveau coup de ciseau dans les rumeur qui entourent le lieu, à moins qu'il y ait un quelconque passage, une faille dans les murs tant vantés qu'on leur agiterait presque sous le nez, à eux qui vivent au dehors, dans leurs caravanes, au milieu de la menace. Mais un monstre pareil, ils ne l'auraient jamais trompé, il n'aurait jamais renoncé aussi aisément. Peut-être... peut-être que si, on les guide vers la sortie. A travers les détours et les tours du labyrinthe, dans les galeries noires, de telle sorte qu'ils ne puissent jamais retracer leur itinéraire et tenter de là d'explorer plus avant le lieu en quête du repère de ceux qui s'y dissimulent. C'est trop suspect, de les retrouver si aisément et pourtant qu'ils soient toujours en vie, tout juste enserrés un instant avant d'être relâchés suffisamment pour pouvoir s'échapper. Il y a quelque chose de louche là-dedans, de trop facile, alors qu'ils courent, alors qu'elle le ramène contre l'échelle et le sent aisément qui commence à y grimper, glouton humanisé le suivant de près.

Ses doigts s'enroulent autour du métal, sentent ses aspérités et ses éclats, l'écume qui le recouvre comme la bave d'un prédateur ayant coulé dessus, les vibrations qui le parcourent à chaque nouveau barreau monté. L'odeur de la rouille et de la paroi humide et mousseuse monte à son nez même à travers le voile des odeurs collées à sa peau, forme un arrière-goût métallique et glacial au fond de sa gorge. De si près, elle sent la chaleur du corps du voleur d'énergie, le suivant pas à pas, barreau après barreau, les vibrations et protestations du métal le seul son alors qu'elle réalise qu'il aurait mieux valu attendre, laisser plus d'espace entre eux au lieu de concentrer leur masse, prière se formant dans son estomac pour que l'échelle tienne le coup. Ils sont presque en haut, presque en sécurité, presque, presque, presque au sommet, là où le sol sera plus solide et où les tremblements de l'échelle ne seront qu'un mauvais souvenir. Plus que quelques barreaux, et ils seront saufs, et tout ira bien, l'espace d'un instant au moins.

Un barreau, encore un. Accompagné d'un tremblement violent et du grincement terrible du métal qui s'arrache de ses gonds rouillés par le temps et l'humidité acide des matière qui emplissent le lieu. Basculement dans le vide une fois encore, cri instinctif s'arrachant à sa gorge, main se tendant pour tenter d'attraper son compagnon sans succès alors que les premières pierres fouettent son visage et ses membres pour y tracer un voile de coupures qui font affleurer le sang à la surface de sa peau. Vaguement, elle entend le grondement du plafond qui s'effondre, mains montant vainement devant son visage et son cou pour les préserver des morceaux de béton et pierre qui tombent à leur tour, douleur sourde dans son dos et son crâne au contact du sol, aussitôt noyée par d'autres douleurs. Celle lancinante dans son côté, qui raccourcit son souffle et rend ses mouvements minutes, pas assez brutale et assommante pour être une côté cassée mais indicatrice d'une côté fêlée par sa chute trop brutale. Celle pulsante et nauséeuse qui émane de son pied à la cheville écrasée sous un bloc de pierre, un deuxième moellon la seule chose qui aura évité à l'articulation de finir entièrement pulvérisée sous son poids. Elle a envie de vomir alors que son corps proteste la douleur et commence à se réparer, bien trop lentement, sueur glacée couvrant sa peau et râle d'agonie passant ses lèvres alors qu'elle se force à appuyer son pied valide sur un des blocs, douleur perçant son torse et volant son souffle, pierre bougeant bien trop lentement alors que son genou se plie et tente de libérer son pied.

La question du blond est presque ignorée, seul la faiblesse dans sa voix la poussant à répondre, dans un murmure rendu blanc par la douleur qui recouvre tout. "Saskia. Et toi ?" La pierre tombe, enfin, côte moins douloureuse à chaque minute qui passe tandis qu'elle se force à ramper en direction du souffle qu'elle peut entendre, mains trouvant les siennes à tâtons, texture et odeur du sang aussitôt reconnues. Elle les connait mieux qu'elle se connait, depuis le temps, qu'importe son épaisseur, sourcils se fronçant alors qu'un nouveau tremblement de douleur parcourt son corps, éclats d'os dans sa cheville se reformant impossiblement lentement, sans le moindre répit. L'hôpital lui manquerait presque, les vapeurs d'éther, les morceaux de cuir entre ses dents alors que l'électricité parcourait son corps. C'était moins douloureux que cet instant, où ses mains rejoignent celles de son compagnon d'infortune pour appuyer sur la plaie alors qu'elle ravale l'envie de devenir bête. Elle a trop mal pour changer de peau. "T'es blessé ailleurs ? J'ai une cheville écrasée, on pourra pas aller bien loin tant qu'elle sera pas plus réparée, et je guéris pas aussi vite que je voudrai dans cette peau. Dis-moi que tu régénères bien, s'il te plait... Je n'aime pas l'idée qu'on soit coincés ici, les blocs n'ont pas l'air d'être au plus stable. Mais on est pas en état de bouger non plus..." Merde. Merde merde merde merde merde merde merde. Putain. Ils sont coincés là, sans issue, sans moyen de stabiliser le béton et les pierres au-dessus d'eux, l'échelle une maigre poutre porteuse. "Que les choses soient claires, je t'interdis de mourir et de me laisser seule au milieu de cette situation. Si tu crèves, je me ferai un plaisir de me servir de toi comme rations de survie en attendant que quelqu'un me trébuche dessus ou que ma cheville soit guérie et me laisse tenter de dégager un passage. Verstehen ?" Si la menace peut le motiver à rester en vie, elle ne sera pas vaine, alors que son corps se tend. Des bruits qui se rapprochent, lentement. Rythmiques, doubles, écho moite du semelle, clapotis épais de l'eau. Des pas, alors qu'elle affaisse son corps au dessus de celui de son comparse, un maigre espace entre eux, ses lèvres retroussées et un râle menaçant prêt à émerger de sa gorge. Qu'ils viennent les sauver ou les tuer, elle sera prête, qu'importe la sueur qui parle à ses tempes et le blanc de ses yeux exorbités par la douleur de la guérison qui poursuit son trop long cheminement.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Going Under (Saskia/Milan)   Mar 18 Avr - 17:21



Murderer
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L'orphelin s'était promis de ne plus s'embarrasser d'autrui ni de ne rien ressentir, de ne plus s'attacher sous n'importe quelle forme que ce soit dans cette vie où il n'avait plus la moindre place pour tout ça et pourtant. Le réconfort qui l'enveloppa lorsque le silence poussiéreux fut anéanti par la voix de son acolyte fut bien accueilli. Non parce que, seul, il ne sortirait peut-être jamais vivant de ces couloirs sans fin, mais parce qu'elle était entière et qu'elle survivrait, simplement. Parce qu'il avait beau tenter de renier son empathie et de faire une parfaite union avec l'indifférence, il ne se déferait pas si facilement de cette parcelle d'humanité qui continuait de luire en lui. Des laissés pour compte, sur son chemin, il y en avait déjà eu quelques uns, des morts aussi sans doute, parce qu'il s'était choisi lui, parce qu'il avait favorisé sa vengeance. Toutefois la culpabilité latente était présente. Elle s'exprimait un jour chez celui qui n'était finalement qu'un gamin que la vie n'avait pas épargné, même brisé, et qui tentait de se glisser dans la peau d'un homme insensible qui ne lui seyait pas. Ce doux prénom qui lui parvenait avec soulagement jusqu'aux oreilles lui rappelait à quel point sa vendetta et son obsession tendaient à le métamorphoser en un genre qui n'était pas de son acabit. Malgré tout, il savait si bien faire semblant, jusqu'à se convaincre que les apparences s'étaient muées en vérité, jusqu'à ce qu'une jeune femme répondant au nom de Saskia lui rappelle que tout n'était finalement qu'une comédie qui finirait, malheureusement et fatalement, par l'engloutir. Par étouffer tout le bien qui survivait, envers et contre tout quand bien même il voulait le croire déjà mort, au profit d'un mal duquel il ne réchapperait pas. Les pensées entremêlées à la douleur de son flanc, il lui offrit son prénom à son tour, presque heureux de se présenter en tant que celui que le meurtre n'avait pas encore heurté, que le zombie n'avait pas encore mordu, que le monde et son enfer n'avaient pas encore pourri. « Milan ». Puis malheureux, parce que ce n'était qu'une utopie.

Les mains s'accrochaient de nouveau aux siennes, comme si le contact leur refusait leur liberté, cherchant toujours à les lier d'une manière ou d'une autre. Le citadin n'esquissa pas de geste, grimaça seulement lorsqu'elle fit pression sur la blessure, la fierté le poussant à se murer dans le silence plutôt que de laisser la souffrance s'exprimer. Il se concentra sur les paroles de la changeuse pendant que l'élan douloureux passait, reprit quelques couleurs dans l'obscurité. Offrit à la nuit un sourire encore un peu crispé mais surtout amusé lorsque la métamorphe s'abandonna à une menace qui n'en était pas vraiment une. Rassurant, il posa ses doigts restés libres contre son épaule, presque instinctivement. Son timbre et son attitude ne laissaient transparaître aucune inquiétude, pourtant il ne voyait plus d'échappatoire à leurs déboires. « Verstehen » répéta t-il en devinant le sens de ce mot qu'il écorcha de son accent américain, dédramatisant la situation. « Je ne suis pas sûr d'être vraiment comestible, même pour un glouton. Ecoute, je suis ravi de te donner l'envie de me bouffer mais ce n'est qu'une égratignure ». Certes c'était bien plus moche qu'une plaie aussi bénigne, mais il n'y laisserait pas non plus la vie, il avait pactisé avec le Diable pour ça. Pour que ce genre de désagréments ne soit plus un frein à sa vendetta et ne le précipite pas avant l'heure dans la Géhenne qui l'attendait.

Le new-yorkais n'eut même pas le temps de réfléchir à la situation désespérée dans laquelle ils s'étaient encore fourrés, des échos de pas retentissaient une énième fois non loin de leurs silhouettes fracassées. Celle de la brunette se rapprocha de la sienne, l'enivrant de l'aura qu'elle dégageait. Soudain, sa main repoussa la créature, doucement cela dit, sans ne plus se préoccuper des bruits alentours. Un danger plus pressant venait de s'annoncer. « Par contre Saskia, tu devrais garder un peu de distance ». Il se traîna sur le sol, recula légèrement à tâtons avec le mal figé sur ses traits blêmes. « Je pourrais guérir plus ou moins rapidement, mais pour ça il faudrait que je te vide de tes forces et dans cet état j'arriverai pas à me contrôler. Je commence déjà à avoir du mal à me maîtriser là ». Tout son corps appelait cette énergie qui lui était si proche, si... accessible. Tellement facile. Blessé, les rênes de cette malédiction échappait trop facilement au monstre qu'il était, l'instinct prenait le pas sur la volonté bien trop aisément. Milan avait peur que le contact ne termine par pomper le fluide vital de la sauvageonne qui ne méritait pas une telle prise de risques. Il ne permettrait pas qu'un pareil incident se produise, calmait du mieux qu'il pouvait ces pulsions qui désiraient si intensément s'exprimer. Lorsqu'il avait été assez fou pour se confronter au mort-vivant qu'il avait laissé planter ses dents carnassières dans sa chair encore humaine, il n'avait pas imaginé que résister quémanderait autant de volonté. Heureusement, il en débordait. C'était l'une de ses plus grandes qualités, lorsque son corps n'était pas abîmé, lorsque la maîtrise n'était pas maltraitée par un corps meurtri. « Je ne voudrais pas te faire du mal sans le vouloir ». Sa cheville cassée ne serait plus qu'un infime détail s'il tarissait sa source de vie.

Les pas se firent plus distincts, puis une lumière pâle se mit à briller. Une lueur qui devenait presque trop vive au fur et à mesure qu'elle se rapprochait. Elle devint plusieurs points lumineux qui dansaient dans les ténèbres. Des hommes en uniformes se dessinaient, lourdement armés. Toute une équipe de chasseurs d'ombres se déplaçait, en formation, aux aguets. A leurs côtés se tenaient deux civils tout aussi crasseux que les deux jeunes gens. Sa vision nyctalope ne le trompait plus. « Ils doivent nettoyer les égouts des rôdeurs qui s'y sont engouffrés ou chercher ceux qui, comme nous, ont été assez bêtes pour s'y croire à l'abri je suppose ». Sa paume recouvrit aussitôt sa plaie, tentait vainement de dissimuler le sang à la couleur beaucoup trop sombre pour être de nature humaine. Malgré le mal que cela lui procurait, le voleur d'énergie se releva, laissa une plainte sourde s'échapper pendant qu'il se laissait submerger par l'effort de ce simple geste. Il ne pouvait pas laisser ces hommes l'approcher, ou il serait condamné. Saskia, avec une cheville en vrac, ne craignait pas d'être démasquée. Elle serait conduite jusqu'à la sortie, escortée et en sécurité, puis tout bonnement relâchée. Alors, il la laissa aux soins de ces miliciens qu'il devait fuir à tous prix. Recula dans un murmure malgré le décor instable. « Tu es sauvée, Saskia ». Puis, il se traîna dans les décombres, rejoint la paroi pour se donner un point d'appui et laissa l'obscurité le happer, la crainte au ventre de ne jamais retrouver la sortie, plus encore d'être appréhendé par les forces de l'ordre qui continuaient d'avancer.
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MessageSujet: Re: Going Under (Saskia/Milan)   Dim 23 Avr - 0:32


« Out of the frying pan and into the deadly pit filled with sharks who are wielding chainsaws with killer kittens stapled to them. »

Saskia & Milan
featuring

Milan... le rapace qui plane haut dans le ciel, ses serres acérées prêtes à se refermer sur sa proie, qui surveille son territoire, avec sa silhouette élancée et ses ailes étroites, ses plumes entre brun et roux, le noir et le blanc qui les ornent. Étrange prénom, prénom gracieux. Un homme rapace et un fille couteau, étrange duo. Étrange situation, étrange journée. Ils sont tombés dans un monde parallèle, pour être passés de vouloir se tuer mutuellement pour s'être fait perdre une proie à plaisanter et se rassurer. Un rire lui échappe, d'entendre sa langue natale écorchée de la sorte, de l'idée qu'il pense ne pas être comestible. Au cours de ses années passées sous forme de glouton, et après encore, elle aura mangé pire. Ses infirmiers, des fermiers, d'autres encore. Affronté ses semblables à poils et à peau, d'autres, plus grands, plus intimidants, qui auront reculé devant elle au final. Il pense qu'elle ne pourrait pas le manger, quand elle n'aurait pas hésité s'il avait péri pour assurer sa survie ? Elle rit, doucement, et la bête en elle fait de même, tête renversée et gueule ouverte, crocs découverts, hilarité qui distrait de la douleur des os qui se reforment lentement, corps leur rappelant comment se placer. Qu'elle aime sa nature, maintenant qu'elle n'a plus de chaines. Ses yeux brillent lorsqu'ils se reposent sur Milan, de l'éclat de la tueuse née qui n'a pas honte de sa nature. "J'ai mangé plus coriace comme viande, crois-moi..." Il est jeune d'apparence, il serait plus digeste que certains. Il est des choses, néanmoins, qu'il vaut mieux garder secrètes. Tel le fait que la seule chair vivante qu'elle n'ait pas goûté est celle froide des rôdeurs. Elle ne prétend pas avoir goûté à tous les animaux, mais qu'importe. Elle a dévoré humains, prédateurs et proies. Au final, ils ont tous le même gout. Celui du sang qui enrobe sa langue et apaise sa soif.

Elle se laisse reposer, en silence, écoute l'avertissement patiemment en dépit d'une froide indifférence en elle. Il n'est pas le premier voleur d'énergie qu'elle rencontre, elle a envie de le lui dire, en mots froids et cassants, qu'elle vit entourée de gens comme lui, et que sa génitrice et son supérieure le sont comme son amant est un sorcier et son camp tout entier entouré de la menace des rôdeurs. Par simple orgueil piqué qu'il la pense ignorante du danger que son absorption d'énergie représente. Mais. Les pas, qui se rapprochent, lentement, en échos humides et réguliers, militaires dans leur rythme, trop légers pourtant pour venir de leurs lourdes bottes. D'autres pas, plus légers, plus maladroits, des silhouettes qui se dessinent à travers les gravats. Assez de lumière pour qu'elle y voit de nouveau, sourcils se fronçant et tête pivotant vers Milan en entendant sa voix et le froissement du tissu. La théorie fait sens, hochement sec de tête l'approuvant alors qu'elle observe sa main couvrir sa plaie. Le sang. Ils en avaient parlé, dehors... ce lieu n'approuve pas les voleurs d'énergie. Illogique. Ils sont plus endurants, peuvent affronter les rôdeurs sans avoir à se concentrer pour esquiver leurs dents et griffes. Elle n'aime pas le voir reculer de la sorte, glouton grondant sous sa peau, se tendant, prêt à le défendre des nouveaux-venus, corps se trainant pour le suivre et dents s'enfonçant dans son propre avant-bras, manche remontée à la va-vite, pierre aux anglets utilisée pour agrandir la plaie.

"Si tu penses que je vais te laisser agoniser ici, tu ne me connais pas. Je tue mes ennemis et je protège mes alliés. Et tu n'es certainement plus un ennemi, après tout cela."
Le sang est frotté contre sa plaie, agrandie de nouveau lorsqu'elle cicatrise trop, dissimulant sa teinte et diluant sa texture, tandis qu'elle fait barrage de son corps, murmure frénétique s'échappant d'entre ses mâchoires crispées. Les premières odeurs lui parviennent, distantes, alors qu'ils continuent d'approcher, esquisse de grondement montant dans sa gorge, doigts se crispant sur la poussière et se formant en griffes qui restent piégées sous sa peau, corps se hérissant d'une chair de poule qui n'a hélas rien d'intimidant. La folie dans ses yeux, le goût de son sang sur sa langue, le glouton qui mâchonne ses os pour tenter d'en émerger, sa cheville qui se répare toujours, en éclats de douleur rouge le long de ses paupières. La raison n'est qu'un fil ténu, prêt à se briser au moindre geste menaçant envers Milan. Fardeau qu'il n'a sans doute pas demandé, mais qui repose néanmoins sur lui à son insu. Elle a la loyauté féroce et la rancune brutale, après tout, Saskia. Elle a l'attachement rapide et le renoncement lent. Et Milan, qu'il le veuille ou non, compte parmi les siens désormais, ceux qui peuvent parcourir son territoire sans crainte et compter sur ses crocs.

"Y'a des blessés ?" La voix est froide, dure, indifférente, lui laissant l'impression qu'il se moque de la réponse. Qu'il aimerait autant trouver des cadavres, pour ne pas avoir à dépenser d'énergie à les dégager de là, lèvres se retournant un bref instant et dévoilant crocs et gencives, agression au fond d'elle et sous sa surface. La contenir, pourtant, elle peut sentir le métal sur eux, l'odeur de la poudre, nulle odeur de rôdeurs accrochée à eux. Est-ce qu'ils les ont tué à distance ? Ou attendu qu'ils aient été détruits par les ombres mouvantes comme eux avaient manqué l'être ? Elle ne sait pas, mais elle se prend à hésiter, se reculer à son tour, mains se refermant sur Milan pour le replacer dans les ombres. Mouvements sinueux et silencieux de la bête, alors que l'enveloppe d'humanité abrite le voleur d'énergie et se replie sur elle-même, cheville protestant le mouvement ignorée. L'adrénaline et les endorphines dans son sang, qui anesthésient, ses yeux qui brillent d'un éclat métallique dans la lumière passagère d'une lampe et s'accrochent à ceux de son compagnon. Son nez frémit, enregistre les odeurs, ténues sous celles des égouts mais distinctes. Une note de sang, de métal, d'extérieur, une odeur étrangère qu'elle ne peut qu'associer à la violence ou la contrariété. Ce sont des odeurs qui parlent à la bête et à l'humaine, mais il faut ravaler l'envie. A la place, se fondre davantage dans les ombres, inciter par gestes Milan à tenter de les couvrir de la sienne, essayer de se fondre dans les gravats, main montant un instant à son nez pour le rassurer. Monde gris, mais assez de proximité pour se percevoir. Elle les sent, elle pourra suivre leur sillage, retracer leur piste. "Pas de réponse, quelqu'un veut s'amuser à déblayer tout ça ?" Le silence en guise de réponse, son souffle qui se fait court. Ils ont oublié de prendre un métamorphe avec eux, apparemment. Elle prie que ce soit le cas. Autrement, il faudra mentir, et couvrir Milan, et prier. Et elle a cessé de prier le jour où ses crocs se sont refermés autour de leur premier cou.

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MessageSujet: Re: Going Under (Saskia/Milan)   Jeu 27 Avr - 19:56



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Le corps s’arrêta contre la paroi, alors que celui de la métamorphe le rejoignait dans les ombres, se faufilant avec difficulté sur sa cheville blessée. La tension s’étendait, s’intensifiait, palpable jusqu’à offrir à l’orphelin une nouvelle scène d’automutilation. Cette fois, il voyait l’autre s’aider de ses crocs d'humaine pour pénétrer les chairs de son avant-bras, se concentrait sur ce geste étrange sans poser la moindre question. Ce monde avait engendré des tendances plutôt singulières chez toutes ces créatures nouvelles qui le parcouraient, victimes des tourments qui l’habitaient. Son regard embrassa l’indifférence, pour ne pas révéler une curiosité peut-être un peu trop malsaine, se figea sur les silhouettes toujours plus proches pendant qu’il écoutait avec attention les paroles féminines. Ses yeux teintés d’une froideur soudaine la dévisagèrent. Son murmure se fit grave. Le vengeur ne méritait pas qu'on se démène de la sorte pour lui, il avait perdu ce privilège quand il avait décidé que seul le Diable deviendrait son allié, jusqu’à ce que sa vendetta soit accomplie. « Je ne suis peut-être pas ton allié non plus, Saskia ». Une manière de tenter d'éloigner celle qui semblait prête à risquer sa vie pour un homme dont elle ne savait rien, parce qu'il ne désirait pas avoir son mal sur la conscience. Parce qu'il en était indigne et qu'il refusait de vivre avec cette possibilité, parce qu'il avait tourné le dos aux liens - de toutes sortes - et aux entraves qu'ils généraient. Pourtant, aussi soudainement qu'il avait haï l'étrangère qui s'était dressée sur son chemin, il s'était surpris à l'apprécier, puis à la considérer lui aussi comme une alliée qu'il rejetait malgré tout, reniant tout ce qu'il ressentait à l'égard de la demoiselle. Les sentiments se confrontaient, les bons, les mauvais, les extrêmes et les plus nuancés. Ces derniers temps, c'était toujours les plus obscurs qui ressortaient vainqueurs du combat qui torturait son esprit, quand son coeur saignait à la vision de cette sombre conclusion. Se fondre dans les ténèbres, pour devenir plus fort, était la solution choisie pour survivre à sa malheureuse existence. Alors, le ton changea, sans l'ébauche d'une explication pour la créature qui faisait barrage de son corps. Brutalement. Injustement. Il n'incitait à aucune forme de protestation. « Tu ne risqueras pas ta vie pour moi, s'il t'arrivait quoique ce soit... ». Un éclat métallique brilla dans son oeillade azurée, acéré. « Tu n'as pas le droit de me contraindre à vivre avec ça ». Il n'avait pas le luxe de ressentir une telle culpabilité. La sauvage se muait trop concrètement en obstacle sur la voie qu'il avait décidé de se tracer.

Le risque devint alors largement considéré. Le jeune gamin plein de sollicitude devint le monstre qu'il s'était façonné. Ses doigts se fermèrent sur le bras de la source d'énergie que la changeuse représentait, l'aspiraient ensuite en tentant de contrôler le flux. Le blessé sentait la vigueur sauvage traverser sa peau, se propager ensuite dans une inondation de chocs électriques agréables et vivifiants. C'était à la fois enivrant et terrifiant. Son regard se ferma un instant, offrit à l'inhumain la concentration nécessaire à sa maîtrise. Il en voulait plus. Tellement plus. S'obligea néanmoins à rompre le contact avant d'affaiblir plus encore l'innocente. L'effort était considérable, Milan en trembla, puis recula de quelques pas, avec la sensation d'une source de vie réapprovisionnée. « Je suis désolé ». Un mal indispensable. Sa plaie se contractait sous l'effet d'une cicatrisation surnaturelle. Elle mettrait quelques temps à totalement se refermer, mais la douleur était déjà plus supportable et la faiblesse dans ses membres amoindrie. Le sang ne coulait plus, mais souillait toujours ses vêtements beaucoup trop sombres pour le sauver de cette escorte. Cinq hommes armés, trois civils. Saskia ne les affronterait pas, ce n'était pas permis. Lui, cela dit...

Ses pouvoirs le galvanisaient dans la pénombre des torches qui valsaient sur sa silhouette si vulnérable qu'elle en était devenue hostile. Ses yeux n'étaient plus que des flammes dans la nuit qui jetaient des étincelles sur les uniformes qui le terrorisaient. Les ombres alentours commencèrent à subir son influence, à se plier à sa volonté encore fébrile. L'obscurité menaçante coula jusqu'aux pieds des miliciens que les rescapés alertèrent. Les fusils d'assauts furent pointés sur l'avancée ténébreuse, les regards alertés scrutèrent les décombres, les points lumineux s'agitèrent. Les ténèbres devinrent plus vastes, engloutissaient presque la lueur de leurs lampes. La panique gagna les survivants qui tentèrent de faire entendre aux hommes armés qu'ils leur avaient bien dit que les lieux étaient hantés, criant à qui voulait l'entendre qu'il fallait fuir les fantômes qui avaient happé certains de leurs compagnons disparus. La milice appela au calme mais les plus faibles reculaient déjà, au fur et à mesure que les ombres cheminaient. Un ordre de déploiement fut lancé, Milan le contra en saisissant la cheville de l'inspirateur. L'orphelin peinait, ses dons étaient encore le fruit d'un apprentissage qui n'était pas achevé, mais il ne lâcha rien, envoya l'homme à terre qui se releva presque aussitôt. En envoya un autre avant que les civils ne détalent dans le sens opposé, obligeant certains agents du gouvernement à reculer pendant que d'autres continuaient de scruter le néant. Le petit groupe venait de s'éparpiller, surpris par l'action d'un voleur d'énergie désespéré.

Un homme tira à l'aveuglette. Les balles sifflèrent près des deux jeunes gens sans parvenir à les viser. Le citadin s'accroupit rapidement, accrocha la chaussure du tireur qui dérapa sur le sol caillouteux sans cesser de faire pression sur sa gâchette. Les munitions se déversèrent sur les restes de plafond qui agonisèrent dans de sinistres craquements. La galerie allait finir de s'effondrer. Le repli fut ordonné, même hurlé dans les sous-terrains. Les militaires firent demi tour avant qu’une énième pluie de gravats ne frappe le sol déjà jonché, dressant une barrière entre les oppresseurs et les opprimés. Ou entre les sauveurs et les condamnés. Ce n’était pas l’effet escompté, pourtant le voleur fut soulagé. Toujours piégé mais délesté d’une angoisse à peine soutenable. Emprisonné dans les égouts, qui avaient forcément une issu, plutôt que dans la prison gouvernementale, sans l'espoir d'en réchapper. La pression chuta, le dos se colla contre le béton froid, la main sans plus aucune énergie vint derechef couvrir une blessure en rémission. Le souffle gagna en sérénité, le palpitant en lenteur et l'esprit en réflexion. Milan se tourna vers Saskia, rattrapé par la conscience de son acte. « Ca va aller ? ». Un silence. Un timbre assombrit qui s'ensuivit. « Tu aurais dû te choisir toi ». Plutôt que lui. Et que cet enfer.
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Going Under (Saskia/Milan)

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