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 Crash meeting ♦ Carter

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MessageSujet: Crash meeting ♦ Carter   Ven 31 Mar - 14:19


« Don’t be scared. Don’t let them see.  »

 
Saskia & Carter
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Odeurs. Qui s'emmêlent dans les airs, qui se croisent et se mélangent le temps d'un contact, qui oscillent au-dessus des peaux et des objets, un concert perpétuel et fascinant. Comment est-ce qu'ils font pour ne pas s'arrêter constamment, ces gens, pour ne pas avoir constamment leur nez collé à quelque chose, rester concentrés sur leur quotidien ? Elle peut deviner pourquoi, se souvient de l'époque où seules les roses et les violettes, l'odeur du chocolat chaud et des viennoiseries, du pain de seigle chaud et beurré et de la charcuterie comptaient, celle du parfum de sa mère et de l'après-rasage teinté de whisky de son père, de l'herbe fraiche et de la lessive, des corps couverts de riches étoffes et de senteurs toutes aussi élaborées les unes que les autres qui entraient en collision les unes avec les autres et palpitaient dans les crânes en une migraine, impossibles à séparer les unes des autres. Elle ne la regrette pas cette époque, alors qu'elle erre, enregistre autant de nuances qu'elle le peut, juste pour s'occuper, parce qu'elles seront peut-être utiles plus tard. Les humains sentent comme les autres désormais, pas qu'elle ait jamais été très douée pour les distinguer, le parfum qui monte de leur peau une carte d'identité qui ne donne pas de réels détails mais qu'elle aime malgré tout tenter de déchiffrer. Et il fait beau, maintenant, la terre et la pierre et les débris séchant après l'averse, leur odeur reprenant le dessus et la régalant. Ça ne vaut pas l'odeur des cultures après la pluie ni celle de la forêt, mais c'est agréable, distrait de l'ombre perpétuelle qu'elle peut sentir planer sur elle même une fois loin des murs, irritante, étouffante.

La ville s'assume de plus en plus à mesure qu'elle marche et monte vers le Nord, traces d'usure faisant leur apparition, débris se multipliant. C'est sa vraie face qu'elle révèle, sa laideur et sa vieillesse. Elle n'est pas faite pour survivre, encerclée comme elle l'est. Des poissons dans un bocal, tournant désespérément pour attirer l'attention de qui voudra bien prendre pitié d'eux, mettre fin à leurs souffrances ou les prolonger. Des gens pressés autour d'un corps à terre, appelant, demandant qui est médecin, parlant d'hôpital, d'opération, d'ambulance, de pompiers, deux notes commençant à meugler, à s'approcher alors qu'elle commence à courir, aveugle. Loin d'eux. Loin d'eux et de leurs requêtes, le souvenir de leurs mots la poussant, les notes pressant contre son dos et la faisant se ruer de rue et rue, bâtiments s'abimant plus encore, jusqu'à lui faire enjamber quelques marches, se précipiter en haut d'un escalier, étages avalés. Fuir la scène, fuir les sons, fuir la peur qui la talonne et raccourcit son souffle, sans logique. Elle ne craignait rien, la peur d'être emportée avec plus forte que tout. Plus jamais.

La porte claquée derrière elle sans succès, plus de gonds pour y parvenir, pieds trébuchant sur une pile de dossiers et la précipitant à terre, corps se courbant d'instinct. Une odeur qui en émane, inconnu, des sons de vie dans la pièce. Odeur d'un chien, qui fait se froncer son nez et lui tire un éternuement, montant des papiers eux-mêmes, odeur d'un corps, halètements et respiration, grincement de ressorts. Elle redresse la tête, doucement, un bras frotte sans ménagement ses yeux. Mèches détachées pendant devant ses yeux, rouge à ses joues de la course folle, peur et méfiance dans ses yeux, membres repliés contre elle, crispés, tendus, prêts à se défaire et bondir au moindre geste. Petite fille aux aguets, terrifiée par le monstre dans son placard et la silhouette qui se dessine à travers la voile déchiré des larmes ravalées. A se demander comment elle a évité toute trace de ce monde de blanc et de douleur qui l'effraie tant, avec ses odeurs de médicaments et ses mains indifférentes qui serrent sa gorge ou placent les électrodes contre sa peau en prétendant vouloir lui venir en aide.

Les yeux clignent, le monde gagne encore en netteté. Un appartement, papiers répandus autour d'elle, un homme dans la pièce, son odeur inconnue, ses traits étrangers. A part quelques détails, dans la mâchoire, dans les yeux, qui lui laissent une sensation de vague familiarité. Homme vu de loin, dans son uniforme de Peacekeeper tout juste bon à finir tâché de son sang ou de celui de ses victimes en un excès de violence qu'elle mourrait pour pouvoir mieux l'observer, le vent emportant son odeur, les traits brouillés par sa tenue. Juste une minute, avant qu'elle fasse demi-tour et prenne la fuite, sortant de son immobilité pour se préserver, laissant le corps d'un rôdeur désormais bel et bien mort répandu au sol, pieds l'emportant plus loin encore des murs et du camp, dans les terres hostiles qu'elle aime vadrouiller. Diversion. Peur de l'arme à son côté, de comment la situation pourrait être lue, qu'il soit décidé qu'une balle vaut mieux que la possibilité qu'elle puisse se repaître d'énergie ou avoir été blessée par le cadavre animé. De nouveau l'appréhension qui monte, peur d'être blessée, de devoir finir dans un hôpital au lieu d'avoir le temps de rentrer ou de pouvoir se laisser guérir seule. L'agressivité qui monte avec, tempérée par la situation, par la terreur qui reste accrochée à ses nerfs.

Elle a besoin de sortir, elle a besoin de fuir, regard cherchant désespérément une issue alors que la peur l'empêche d'analyser correctement son environnement, corps se redressant pour mieux se placer dans un coin, dents dévoilées, poings crispés, animal piégé prêt à attaquer au moindre geste. Sa fourrure bruisse sous sa peau, ne demande qu'à émerger, l'humaine ne pensant qu'à fuir, trouver une autre issue que la porte battante, l'animal prêt à attaquer, son corps restant figé au final. Juste le silence, brisé par les sons environnants, juste les odeurs, juste sa peau qui tremble et son cerveau qui tourne en rond et panique, incapable de décider quelle part d'elle privilégier, la piégeant plus avant.

No man's land, obligée d'attendre, de dépendre de l'homme inconnu. Terreur, de sa réaction, haine, d'être à sa merci. La petite fille éternellement courbée sous les attentes et déceptions de ses parents en dépit de sa rébellion apparente attendant, transportée dans le passée.
   

   
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↳ Métier : Officiellement, peacekeeper à temps plein. Officieusement, informateur auprès des plus offrants.
↳ Opinion Politique : Pour être honnête, t'en as rien à foutre. La seule et unique chose qui importe à tes yeux, c'est de sauver ta peau. Tu es ni contre, ni pour. Tu te dis que cela pourrait être pire. Tu te dis être maître de tes choix. Personne ne peut avoir la prétention de te dompter. Tu joues double-jeu. L'autorité ne représente rien à tes yeux, tu ne t'y plies que pour les avantages que t'apporte ta position.
↳ Playlist : heathens ; twenty-one pilots » centuries ; fall out boys » animal i have become ; three days grace » paint it black ; rolling stones.
↳ Citation : « please don't make any sudden moves, you don't know the half of the abuse »
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MessageSujet: Re: Crash meeting ♦ Carter   Jeu 13 Avr - 18:09



crash meeting
Don't be scared. Don't let them see.


Le silence règne en maître dans l'espace clos de ton appartement. Le tic-tac régulier occupe la trotteuse de cette horloge, accroché sur le mur. C'est bien la seule chose que tu t'es donné la peine d'accrocher, le seul élément de décoration, d'ailleurs. Ces lieux ne sont qu'un point de repère lorsque tu ignores où passer la nuit, quand tu n'es pas avec un cul sur pattes. Ramener tes coups d'un soir ici, ce n'est pas ton truc. Les maisons closes ne le sont pas plus. Ce que t'aimes, c'est découvrir des lieux insolites dans cette ville qui dépérit au fil du temps. Découvrir des maisons abandonnées, une ruelle mal éclairée, un toit caché par les branchages d'un vieil arbre. Tu secoues la tête. Ces pensées ne sont qu'un parasite. Le bordel, aussi. Pourtant, il semble qu'une tornade est retournée ton habitation dans les moindres recoins. Des dossiers entiers sont éparpillés sur le parquet flottant, sur la table basse. Des feuilles volantes dans chaque coin de la pièce, sans aucun numéro de page, aucun indice quant à la pile à laquelle elle appartient. C'est un véritable carnage Les lignes imprimées noires sur blanc refusent de te donner l'information que tu recherches sur cet homme que tu traques depuis des semaines. Tu as la sensation de connaître le moindre détail de sa vie, pourtant, t'as le sentiment que quelque chose t'échappe. Que t'es passé à côté d'une information essentielle. Tu es à l'affût du moindre mot qui pourrait te donner un indice, une piste à suivre, une proie à traquer, comme un lion traque un zèbre.  
 
Tes yeux te brûlent. La lumière est faiblarde, et les quelques ampoules qui bordent la rue sous ta fenêtre n'illuminent pas plus ton salon. Tu passes une main sur ton visage épuisé par cette journée interminable. Tu pourrais aller te coucher, tirer le drap sur ton corps glacé par la fraîcheur de ces derniers, fermer les yeux et t'avancer lentement vers le pays des songes. Mais tu sais que ce ne sera que de courte durée. Cette enquête que tu mènes occupe ton esprit jour et nuit. Ton inconscient te la rappelle dans tes rêves, dans tes cauchemars. Tu es capable d'imaginer le meilleur scénario, comme le pire. Un soupire glisse entre tes lèvres pour s'échapper dans l'atmosphère. Dernière gorgée de whisky avalé, et tu lèves tes fesses de ce sofa défoncé par le temps et les nombreuses fois où tu t'es affalé dedans pour rejoindre ta petite cuisine. T'ouvres la porte du réfrigérateur comme un automate, t'espères pas trouver du caviar dans le bac légumes, juste de quoi te nourrir, n'ayant pas mangé depuis la veille. Un maigre encas sur une assiette, tu retournes dans ton bazar sans nom. Les cernes sous tes yeux trahissent la fatigue qui prend possession de ton esprit et de ton corps, mais tu ne lâcheras pas le morceau. Tu as trop besoin de ces informations. Ton travail ne tourne qu'autour de lui. Tes supérieurs ne te parlent que de lui, ne demandent que des nouvelles sur ce dossier. Pourquoi est-il si important ? Pourquoi es-tu le seul sur cette affaire ? Assiette en équilibre sur un large tas de feuilles, tu grignotes un peu. Tu picores quelques miettes de pains, veillant à ne pas tâcher le moindre document. Nouveau soupir.  
 
La porte s'ouvre dans un fracas énorme, te faisant sursauter. Arès sort de la chambre pour te venir à ta rescousse. Il aboie sans s'arrêter. Dans un réflexe, tu attrapes ton arme de service, toujours accrochée à ta ceinture, et la pointes sur la silhouette qui pénètre dans ton appartement. L'assiette se brise sur le sol, les bris de verre se mêlant à un étrange mélange visqueux. Sécurité retirée. Une simple pression de l'index et la balle part s'écraser dans son dos. L'adrénaline fuse dans tes vaisseaux sanguins. Les sourcils froncés, t'analyses la situation à une vitesse folle. Tu regardes sa tenue, son allure, les traits de son visage alors qu'elle se tourne vers toi. Elle. Une jeune femme. Tu comprends vite sa détresse dans ses yeux qui cherchent une issue de secours, dans sa posture qui frôle les murs, les rase. Tu ne dis rien. Les mots sont futiles. Ce ne serait que bourdonnement à ses oreilles. Tu te redresses et recules de quelques pas : tu ne veux pas l'effrayer davantage. Tu vois en elle la possibilité de te changer les idées, de te rendre utile ne serait-ce qu'une seule fois. Alors tu mets la sécurité sur ce revolver, lèves une main en l'air, lui faisant signe que tu ne tenteras rien, l'autre rangeant l'arme dans ton dos, sous ton t-shirt. Tes mains vers le ciel, tu oses un maigre pas dans sa direction. Tu ouvres la bouche, pour la refermer aussitôt. Tu tentes une approche douce, alors que ton chien desserre pas les crocs, grognant, craignant une attaque. « Tu ne crains rien. Je ne vais pas te faire de mal. Lui, non plus. » Tu fais un signe à Arès pour qu'il se couche en silence. « Comment tu t'appelles ? » Tes pas suppriment la distance qui vous sépare petit à petit. Tu poses une main sur ton torse pour te désigner. « Carter. Le chien, c'est Arès. On ne te fera rien. Qu'est-ce que tu fuis ? » dis-tu d'une voix calme. Ce comportement ne te ressemble pas. Mais elle semble si jeune, si innocente.  



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MessageSujet: Re: Crash meeting ♦ Carter   Dim 23 Avr - 0:30


« Don’t be scared. Don’t let them see. »

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Badum-badum-badum, battements de coeur qui résonnent dans leur cage osseuse, sonores, leurs vibrations se répandant dans son corps et trouvant un écho dans ses os. Goût épais et âcre de terreur dans sa bouche, comme un nuage de cendres qui étouffe et qui mue, qui devient pâte qui lie les mâchoires entre elles et bouche l'espace entre les mots. Il y a une arme pointée vers elle, qui fait s'agrandir le blanc de ses yeux et lui donne ce regard halluciné des bêtes prises au piège et des bad trips, la sensation que ses yeux vont se retourner d'un instant à l'autre, sauter de ses orbites pour prendre la fuite, une part d'elle au moins qui parviendra à s'échapper. Il y a une arme pointée vers elle et l'homme qui recule après s'être redressé, pour mieux viser peut-être elle ne sait pas, écho de voix parlant d'hôpital et de médecine dans les oreilles, de voix froides qui lui demandent si elle a décidé d'obéir aujourd'hui, noyant la logique. Pas même le réflexe de se transformer pour se protéger, ses yeux restent accrochés à l'arme à la place, un coup d'oeil bref vers le chien qui gronde et fait se découvrir ses dents avant de retourner à la vraie menace pour cligner des yeux. Plus d'arme, des mains en l'air à la place. Incompréhension. Pourquoi ? Il fait un pas, elle recule aussitôt, épaules se courbant, corps se tassant, se protégeant, gamine se terrant dans un coin de la kitchenette avec des yeux embrasés de peur et un teint cendreux de terreur. Elle attend, l'estomac crispé autour du bloc glacé qui s'y est logé.

Elle ne craint rien, qu'il dit, il ne va pas faire mal, ni le chien. Le glouton sous sa peau gronde, évidemment qu'ils ne vont pas leur faire mal, elle les tuerait avant qu'ils y parviennent. Un signe, le chien se couche, pas que ça l'empêche de garder un oeil méfiant dessus. On sait jamais, c'est pas une menace immédiate mais il est là, et c'est suffisant pour la braquer alors que l'homme se rapproche, encore. Une main sur le torse, comme un serment dont elle se moque éperdument. Elle se recule, encore, le dos qui épouse le meuble, les yeux qui virevoltent, la chair de poule qui hérisse sa peau et les nerfs qui agitent ses membres, la respiration saccadée, précipitée, panique qui retombe maintenant qu'elle est loin des mots médicaux mais qui reste là, maintenue par la présence de l'inconnu. Il aurait mieux valu que l'appartement soit vide, il l'aurait trouvé retourné à son retour, chien probablement égorgé et placards vidés de leurs denrées et médicaments, mais ça aurait été préférable pour la gamine effrayée.

"Arès... il n'a pas l'air d'un dieu vivant, pourtant." Encore moins d'un dieu de la Guerre, alors que la voix vibre et tremble dans l'air, épaissie par son accent aux notes germaniques toujours omniprésentes. Il lui donne envie de rire, à promettre qu'il ne lui fera rien. Tout le monde promet ça, et personne ne tient parole au final. Mais elle se souvient de l'arme, a peur qu'elle émerge de nouveau. Dans cette ville-prison, il est l'un des rares qui a réagi d'une manière qu'elle comprend en voyant débouler l'intruse, menaçant et prêt à défendre son territoire. Juste parce qu'il semble avoir changé de stratégie, ça ne change pas la première impression. Cet instinct de protection qui la rassure un peu, même lorsqu'il est utilisé pour se protéger d'elle. C'est du bon sens. Ça... abaisse la méfiance. Un peu. Pas que ses muscles se détendent pour si peu, toujours tendus à s'en déchirer, toujours prêts à frapper au moindre geste. « Saskia... » Elle aurait pu se présenter autrement, le deuxième prénom, celui élégant de son enfance, celui que son père préféré, plus noble, plus riche, plus proche de ce qu'il attendait d'elle. Mais Saskia, c'est qui elle est, qui elle a toujours été, et donner un autre nom ne lui traverse pas l'esprit. Si elle est chanceuse, il pensera que c'est un faux nom, ces deux syllabes. Pas qu'elle y pensera avant d'être rentrée en sécurité au campement.

"Ils voulaient appeler l'hôpital. Je ne veux pas retourner à l'hôpital. Ils disaient que c'est pour mon bien mais ça fait mal, ce qu'ils font. Ils écoutent pas. Ils sont mauvais." Echo de la gosse trop jeune quand elle a été enfermée entre quatre murs pour lui faire payer une métamorphose qui n'était pas de son fait. Elle ne ment pas, elle ne veut pas retourner dans un hôpital, plus jamais, et elle ne veut pas plus recroiser un médecin ni aucune personne de ce genre. Elle ne dit juste pas que l'hôpital dont elle parle est probablement une ruine désormais, si il n'a pas été détruit avec une si grande partie de l'Europe. Qu'il est sur un continent qui n'existe plus vraiment. C'est sans importance, quand la peur est toujours aussi forte, quand elle se souvient de l'électricité qui la parcourait, des mains qui la maintenaient en place pendant que l'eau l'étouffait, des sévices sous couverture de guérir. Ils mentent, dans les hôpitaux. Ils sont des monstres, dans les hôpitaux. Elle ne veut pas y retourner, et une part d'elle, cette part enfantine ou peut-être la part qui sait qu'elle a l'air d'une gamine aux grands yeux perdus absolument inoffensive quand elle est un prédateur temporairement piégé dans la peau d'une proie, la fait essayer de se reculer plus encore sans le moindre succès, sa voix tremblant sur la fin de ses phrases. "Ne m'y faites pas retourner... Je serai sage, je veux juste pas y retourner, Père ne dira rien, il ne m'y a mise que parce que je ne voulais pas faire comme il voulait." Père est mort, de toutes façons. Une toile invisible de mensonges tout en demi-vérités, qu'elle tisse instinctivement autour d'elle, pour se protéger. Pour survivre un autre jour.

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MessageSujet: Re: Crash meeting ♦ Carter   Mar 16 Mai - 20:31



crash meeting
Don't be scared. Don't let them see.


Certains événements restent inexplicables, si l’on ne se donne pas la peine de creuser un minimum. Certains événements n’ont aucun sens, parce que personne ne souhaite leur en donner. Parfois, on s’imagine vivre quelques tragédies, pour pimenter notre quotidien, le rendre plus agréable. On se construit un temple des rêves, dans un coin de notre tête. On se crée un temple d’espérance pour ne pas sombrer dans les méandres de nos vies moroses. D’autres, se plongent corps et âme dans le boulot, uniquement parce que le travail est la seule véritable possession que l’on peut avoir. Que tu peux avoir. Tu te noies dans ces feuilles volantes, dans ces rapports à rédiger jusqu’à ce que l’encre de ton stylo se dessèche. Tu t’ennuies profondément dans cette vie, faite de terreur et d’angoisse, de sang qui coule dans les caniveaux, des disparitions inexpliquées, des créatures qui se cachent parmi nous. Un tas de facteurs, de variables parasites incontrôlables. La plupart du temps, on ferme les yeux parce qu’on se dit que c’est ainsi, que nous, pauvres mortels, ne pouvons rien y changer. Alors, tels les moutons de Panurge, on suit. On fait comme les autres. On refuse l’unicité pour se mêler à un seul et même groupe parce que l’on pense qu’ils n’accepteront pas nos différences, qu’ils ne les comprendront pas. C’est pour cela, qu’un tel Gouvernement s’est mis en place au sein de cette communauté apeurée. C’est ainsi qu’un tel Gouvernement, réprimant nos libertés primaires, peut prendre place dans le chaos : il ne fait que répondre aux peurs et aux angoisses de ses citoyens. Ce n’est qu’un événement parmi tant d’autres. Pour ce soir, l’événement que tu imaginais n’était pas une jeune femme aussi tremblante qu’une feuille, non, tu imaginais une attaque, une arrestation pour vices, pour homosexualité, luxure. Certainement pas, une jeune femme qui déboule dans ton minuscule appartement sans prévenir.

Tu ranges l’arme sous ton t-shirt, entre ton boxer et ton jean. Tu t’approches doucement. Tu ne veux pas l’inquiéter, la terroriser plus qu’elle ne l’est déjà. Arès se calme finalement, au bout de quelques longs minutes à grogner et à monter les crocs. Tu essayes de te montrer rassurant, bien que son état de choc semble prendre possession de la moindre de ses réactions. Elle est à fleur de peau. Tu vois bien que chaque mot qui sort de ta bouche fait les frais d’une analyse longue et méticuleuse. Tu t’accroupis devant elle, mais aucun contact. Tu ne sais pas où elle a traîné, tu ne sais pas comment elle pourrait réagir à la sensation de ta peau contre la sienne. Tu ne la lâches pas du regard. Tes pupilles l’observes attentivement, dans les moindres détails. Tu essayes d’en apprendre un maximum sur elle par le simple biais de l’observation. Ses mots t’arrachent un sourire malgré tout. « Ce n’est pas pour cette raison que je l’ai nommé ainsi. » Tu ne dis rien d’autre dans les minutes qui suivent, te contentant d’acquiescer lorsqu’elle te donne son prénom. Saskia. Prénom peu commun. Véritable identité ou mensonge, tu ne te poses pas la question. Il y a des choses plus importantes à éclaircir.

Soudain, elle semble partir dans un autre monde. Une autre vérité à laquelle tu n’as pas accès. Une autre vérité dont le sol est jonché de traumatisme et de terreur. Tu te grattes le front, tandis que le chien pose sa tête sur la jambe tendue de Saskia. Ce clébard a cette tendresse que tu n’as pas, offre certainement les gestes de tendresse que l’on attend de l’autre lorsqu’une crise d’angoisse fait surface. Tu n’y penses pas, toi. Tu ne penses à rien de tout ça. Mais tu comprends rapidement de quoi il s’agit : une fugue en bonne et due forme. Tu te redresses, la laissant se replier sur elle-même contre le meuble de la petite kitchenette, et allumes le robinet d’eau fraîche qui déverse son liquide transparent dans un verre propre. Contenant que tu lui tends alors que ta voix reprend sa juste place dans la pièce. « Je ne t’emmènerais nulle part. Je n’appellerais pas l’hôpital, d’accord ? » Tu t’agenouilles devant elle, comme si en face de toi, ne se trouvait qu’une enfant égarée. Égarée, la demoiselle l’était, mais était-elle juste une enfant ? Tes paumes de mains levées vers le ciel, tu l’invites à se redresser, avec un peu d’aide. « Tu vas aller prendre une douche, pour te débarbouiller la figure, et te rafraîchir les idées, ok ? Tu ne crains rien, ici. Tu es en sécurité. Ensuite, tu me raconteras ce qu’il s’est passé. » dis-tu. Ta dernière phrase est une affirmation. Elle te dira ce qu’il s’est passé. Qu’elle le veuille ou non, Saskia devra te donner une version des faits.

Tu prends la tête de ce minuscule convoi vers la salle-de-bain. D’un signe de tête, tu l’invites à prendre possession des lieux. Une serviette propre que tu poses sur le rebord du lavabo, tu repars quelques courts instants et reviens, les bras chargés d’un change, certainement bien trop grand pour la jeune femme. Tu te dis que, de  toute façon, ce sera toujours mieux que ses vêtements sales. Tu l’observes, si frêle, si fragile, avant de baisser les yeux et de quitter la pièce. Tu ne pouvais pas te résigner à la mettre à la porte. Ce soir, t’avais le sentiment de faire une bonne action. T’avais le sentiment de faire quelque chose de bien pour ton prochain, de l’aider. Alors tu traînes des pieds jusqu’à l’entrée de ton appartement, et bloques le loquet de la grosse porte en bois.

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MessageSujet: Re: Crash meeting ♦ Carter   Ven 19 Mai - 0:08


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Il y a des odeurs dans l'appartement, différentes de celles qui envahissent ses souvenirs et les colorent. L'odeur de l'homme, l'odeur du chien dont la chaleur lui parvient comme de loin alors qu'il devient un poids contre sa jambe, ignorant apparemment du prédateur en elle qui en d'autres circonstances en aurait fait son repas sans se poser davantage de questions, pelage chaud et musqué qui joue le long de ses papilles et râpe le long de sa main quand elle pose une main dessus, à l'aveuglette, s'y accroche comme on s'accroche à un doudou ou une source de confort. Deviner le sang qui course à l'intérieur, sentir sa langue qui glisse un instant contre ses doigts, odeur et texture rejoignant le tableau peint par ses sens. Pas d'odeurs de corps en souffrance ou de médicaments à l'odeur entêtante et chloroforme, des accents ménagers, du papier et de l'encre, de la poussière et du cuir, de la poudre et des restes de nourriture, de déchets. L'endroit n'est pas immense, les odeurs se mêlent. Il manque l'odeur des chairs électrifiées, il manque trop d'odeurs, s'y raccrocher, se détacher, lentement. Ça n'aide pas la peur, mais ça aide. A rester là, ramassée, mains accrochées au chien et corps contracté, fourrure sous la peau, grondement sous les mots et griffes sous les ongles. Fixer l'homme et dédaigner le verre qu'il lui tend. Il y a quelque chose dedans, elle le sait. Un médicament, un liquide, quelque chose qu'elle ne peut pas sentir mais qui peut l'affaiblir. Ou juste de l'eau et ce sont les souvenirs qui parlent. N'empêche. Elle le fixe, le prend du bout des doigts. Attendre, prétendre, instinct de survie qui prend le dessus, ne pas obéir, ne pas fâcher non plus, monter le verre à ses lèvres sans les y tremper. Ça doit le satisfaire, il s'éloigne.

Et elle se redresse, pour le laisser tomber dans l'évier avant de se recroqueviller de nouveau, yeux traquant le lieu où elle se trouve. Il a dit qu'il n'appellerait pas l’hôpital, mais elle ne le connait pas. Il peut mentir. C'est ce que font les gens, ils ont bien dit que c'était pour son bien. Respirer, étreindre de nouveau le chien, avant de se lever et de suivre, obéissante, bête qui reste collée à elle. C'est ça, alors, l'intérêt d'un animal de compagnie, avoir une source d'affection et de réconfort constamment à portée de main sans avoir à faire trop d'efforts. Les pauvres. Ses doigts effleurent la tête sans trop en avoir conscience, alors qu'elle observe la petite pièce. Baignoire, toilettes, évier, miroir au-dessus, des carreaux aux murs. Elle est rassurée de voir qu'il n'y a pas de douche. Reste debout, passive, amorphe, observe les vêtements qui lui sont laissés et l'homme tandis qu'il parle. Non, Carter. Le chien, Arès. Pas nommé après le dieu. Il y a un autre Arès, alors ? Elle se demande, reste muette, lèvres blanches et pincées, poupée de cire qui ne bouge que pour fermer la porte et s'y appuyer de tout son poids. Les vêtements sont ôtés à l'aveuglette, robinets ouverts sans soucis de la température, glouton prenant possession d'elle sitôt entrée dans la baignoire, eau trop froide qui lui coupe le souffle et fait émerger la bête. Elle n'aurait pas dû les régler à l'aveuglette, douche gelée qui s'abat sur sa peau ici et ailleurs, qui se répercute le long du carrelage en sons trop proches. La fourrure l'enveloppe et l'en isole, la bête s'allonge dans la cuve de faïence, tête entre ses pattes, corps recroquevillé, oreilles aux aguets malgré tout, le son métallique du loquet refermé qui se répercute dans ses tympans. Pas de fenêtre ici, ou plutôt si, un carré trop étroit même pour la bête, et un grondement monte dans sa gorge. Pris aux pièges, enfermés. Les griffes crissent contre la porcelaine alors qu'elle s'en extrait, reprend sa forme. L'eau encore gelée sur sa peau, qui lui fait tourner précipitamment les robinets, jusqu'à voir la vapeur s'élever et se ruer sous le jet, s'y affaisser. Il brûle sa peau, tire, la rougit, mais qu'importe. C'est différent du passé, ça chasse le froid des souvenirs, savon attrapé et frotté tout aussi rudement contre son corps. Laisser l'odeur monter à elle et la raccrocher, encore une, avant de passer la barre dans ses cheveux et sur son visage, piquant ses yeux ouverts de sa mousse mêlée à l'eau trop chaude.

Les vêtements sont trop grands, sans surprise, l'engloutissent, collent et plissent le long de sa peau encore humide alors qu'elle émerge enfin, les yeux méfiants et rouges, gonflés. Du savon et non des larmes, mais ça, il ne le saura jamais, l'homme. La brûlure de l'eau a éclairci ses idées, ranimé la gamine prête à tout pour survivre, la bête dont le premier réel souvenir est celui d'une gorge qui se déchire sous ses crocs et du sang qui emplit sa gueule, lui a donné les forces nécessaires pour s'avancer, prudente, le dos au mur, se rapprocher d'une issue en pas trainants et tendus avant de s'arrêter. La fenêtre est à portée de corps, le chien venu la rejoindre la fait de nouveau s'agenouiller pour le ramener contre elle, assoiffée de ce réconfort qu'il offre sans rien demander en échange avant de poser les yeux sur l'homme. La méfiance et la froideur dans les traits, qui tentent de cacher l'anxiété qui continue de vibrer sous sa peau en un rythme opposé à celui de la bête sans y parvenir. Trahie par la manière dont elle encore l'animal de ses bras et dont ses épaules se ramassent pour amortir un coup imaginaire. Qu'est-ce qu'il attend exactement, cet homme ? Il doit avoir une raison de lui offrir des vêtements, sa salle de bain, de laisser son chien s'approcher. Elle ne sait juste pas quoi et s'en frustre, gamine qui attaque d'instinct. Sa meilleure défense, qu'importe sa forme. La docilité l'a menée à se réveiller de l'autre côté de l'océan, nue et perdue. "Pourquoi aider ? Qu'est-ce que vous attendez ? Qu'est-ce que vous y gagnez ? Je ne vous connais même pas. Pourquoi vous aideriez si eux ils ne m'ont pas aidée ?" Curieuse de la réponse, décidée à repousser l'échéance de quand il faudra répondre. Le passé est encore trop emmêlé dans son esprit pour pouvoir être narré, la Communauté et la bête doivent rester ses secrets.
   

   
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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Re: Crash meeting ♦ Carter   Lun 5 Juin - 16:35



crash meeting
Don't be scared. Don't let them see.


Arès s’installe contre la carcasse affaiblie de la demoiselle. Sa lourde tête se pose contre sa cuisse, se moquant de savoir si elle lui donnait son accord ou non, puis lèches ses longs doigts fins, en quête de la douceur de sa peau contre son pelage, contre le sommet de son crâne. Tu l’observes un instant avant de te redresser. Tu regardes la scène de haut, cette scène de confiance entre la bête et la sauvage, tu prends du recul pour réfléchir. Les mots semblent coincés dans sa gorge, emprisonnés par la peur que tu ne trahisses tes propres dires. Tu secoues la tête et soupires, comme si son cas n’avait rien d’isolé. Il ne l’était pas. Pourtant, il y avait quelque chose de différent dans sa manière de se tenir, de se comporter envers toi. Une position défensive, mais un détail, ce regard qui te transperce, comme si Saskia attendait le bon moment pour t’attaquer. Tu te pinces les lèvres, lui laisses la liberté de tenir le verre d’eau entre ses doigts et t’éloignes. Des questions tourbillonnent dans ton esprit. Un long questionnement sur son identité, son origine, sa peur de des hôpitaux et son apparence fait son chemin, sème les graines d’une réflexion que tu ne peux pas mener maintenant. Inconsciemment, ton jugement se creuse et prend forme. Néanmoins, tu choisis de délaisser ces pensées soucieuses pour le moment. Tu y réfléchiras plus tard. Sa dépouille se traîne jusqu’à la petite salle d’eau, où tu lui laisses de quoi se laver, se sécher et s’habiller. Tu claques la porte en sortant.

L’eau glisse dans le siphon dans la cabine de douche, elle se déverse sur la peau de la jeune femme dans une douce cascade. Tu devines ce contact chaleureux, ayant toi-même envie de te laisser porter dans la douce étreinte de l’eau tiède. Tu quittes le couloir, bercé par les bruits provenant de la salle-de-bain. Cela fait bien longtemps que le calme de cet appartement ne fut pas brisé, de quelques manières que ce soient. Tu fermes le loquet, le verrou. Maigre espoir, maigre tentative de retrouver le silence et la quiétude de l’endroit. Quelques pas qui te ramènent au salon pour ramasser ton sandwich, ruiné par l’apparition soudaine de la jeune femme. Tu le jettes dans la poubelle, poses le verre vide sur le comptoir, avant de le remplir à nouveau de son liquide brunâtre. Cul sec. Feu dans le fond de la gorge. Cul sec. Grimace. T’abandonnes ton côté protecteur et rassurant, au profit de l’homme alcoolique, hors-la-loi. Triste image. Tu finis par laisser ce verre, et ne boires qu’au goulot de la lourde bouteille, te vautrant nonchalamment dans ton vieux sofa. Ils diront que tu es un alcoolique, tu diras que le whisky t’aide à réfléchir. Tu soupires, en regardant la table basse, dégueulassée par la pile de documents que l’encre de ton stylo a noircit. Des recherches incessantes sur un seul et même homme depuis des semaines. Des semaines qu’il ne quitte pas tes pensées. Il est au centre de tes préoccupations. L’agacement n’en est plus grand. Sensation désagréable que ta vie ne tient qu’aux informations qu’il conserve bien sagement. Tu grognes et bois. Grogner et boire, c’est ce que tu fais de mieux quand tu ne baises pas.

Saskia, collé par Arès qui ne semble plus vouloir s’en détacher, interrompt le fil de ta pensée. Aussi inutile soit-elle. La fatigue trouve une place confortable sous tes yeux, creusant un peu plus ton épiderme. Tu passes une main sur ton visage et te frottes les paupières, comme si cela pouvait changer quelque chose à ton état. Exténué. Vanné. Crevé. Épuisé. Tu serres la bouteille dans tes bras, à défaut d’avoir un chien loyal, et fermes les yeux. L’alcool n’arrange rien à ton cas, mais t’en as rien à foutre. Quitte à vivre entre les murs de cette ville, quitte à subir l’enfer de cette apocalypse, autant le faire accompagné d’une bonne bouteille. Tu ouvres un œil au son de sa voix. Tu ne t’attendais certainement à un remerciement quel qu’il soit, mais une certaine reconnaissance n’aurait pas aucun mal à ton ego et à l’image que tu as de toi-même. « Pourquoi pas ? » te contentes-tu de répondre, mettant fin à ce flot incessant de questions. « J’y gagne rien, t’as raison. » Tu marques une pause pour lever les yeux vers elle, et ingurgiter un peu plus de cette liqueur qui te brûle les papilles. « Et te tirer à l’hôpital ne me ferait rien gagner non plus. Et « eux », qui sont-ils?Pourquoi as-tu si peur d’aller là-bas ? » T’essayes d’en savoir un peu plus sur elle, mais tu sais que tu n’auras aucune réponse si elle se braque et se renferme dans sa coquille. Pourtant, il y a quelque chose chez elle qui te donne envie de l’aider. « Tu peux rester ici quelques temps, à l’abri, ou retourner d’où tu viens. Tu es libre. Tu as le choix. »


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