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 We are the fire that won't burn out ♦ Leslie

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MessageSujet: We are the fire that won't burn out ♦ Leslie   Dim 2 Avr - 0:20


« We create, we destroy, we create, we are slaves to nothing but the blood on our hands  »

 
Saskia & Leslie
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Lumière grise, toujours, alors qu'enfin les murs de la ville s'éloignent derrière elle. Le monde tout en nuances, les odeurs qui dansent dans l'air froid, sa peau rincée à la va-vite, juste de quoi libérer son visage, gelée, humide. L'envie de se fondre dans l'animal, de détruire peau et vêtements, tout ce qui la raccroche dans la journée. Elle court à la place, silhouette zigzaguant d'ombre en ombre, grimpant lestement dans un arbre avant de bondir de nouveau au sol, adrénaline retombé laissant derrière lui l'euphorie. Elle est ivre d'être en vie, d'être hors de ces murs, de pouvoir retrouver ce qui est devenu sa tanière. Dévorer la distance dans un trajet qu'elle connait par cœur, oreilles aux aguets et nez frémissant pour éviter toute nouvelle rencontre malvenue. Enfin, enfin, les rives du Salvador, course s'accélérant pour se lancer dans ses eaux, sans crainte, corps plongeant sous la surface jusqu'à pouvoir refermer ses paumes dans la vase, si étrangement chaude contre sa peau. Les étoffes se gorgent d'eau, s'alourdissent et l'entravent sans qu'elle s'en préoccupe, yeux grands ouverts savourant la vision si trouble et obscure. A peine quelques rayons de lune qui percent les profondeurs pour la sauver de l'aveuglement, plantes oscillant dans son sillage, objets abandonnés dans les profondeurs, ossements, carcasse de véhicule, ce qui semble presque être un arbre poussant sous l'eau, doigts courant sur sa surface avant que ses bottes s'enfoncent dans la vase sablonneuse qui aussitôt tente de l'étreindre. La gorge qui se fait douloureuse sous le manque d'air, le ciel au-dessus d'elle, l'appelant. Genoux qui ploient, mains qui se ferment une dernière fois dans ce qui plus tard sera limon prêt à enrichir ses cultures, et elle fond, remonte, corps crevant le lac telle un poignard.

Un instant elle se laisse flotter sur le dos, mains passant dans ses tresses et les emportant avec elles, mèches dénouées se purifiant de tous résidus de rôdeur avant qu'elle rejoigne la berge. Envie de s'y effondrer, d'abandonner ses vêtements souillés aux profondeurs, de se couvrir de vase et de replonger pour se nettoyer plus avant. A la place, elle se contraint à se redresser, vêtements pesant contre son corps, eau pesant dans ses cheveux, boue pesant autour de ses chevilles à chaque pas. Envie de changer de peau, de grimper dans un arbre et de s'y abandonner au sommeil, de ce repos du prédateur certain de ne pouvoir être égalé, être atteint par quoi que ce soit, qu'importe la mèche qui danse le long de son oreille, si courte comparée au reste, testament de la mâchoire des presque-vivants et de sa chance. C'est un testament, mais un dont elle se serait volontiers passé, tandis qu'elle inspecte bovins et chevaux, mains palpant les pis pour s'assurer qu'ils ont bien été traits, baiser sonore laissé sur un museau humide surmonté d'un regard doux bordé de long cils recourbés, la robe souris se fondant dans les nuances nocturnes, doigts errant le long de jambes solides et élancées, vérifiant les sabots, main se retirant vivement lorsque des dents trop gourmandes tentent de se refermer dessus. Ils vont bien, toutes ces créatures vivantes qui se sont faites à elle et la laissent jouer en leur sein quelque soit sa forme, sourire glissant sur ses lèvres tandis qu'elle leur abandonne ses bottes à mâchonner et saute la barrière, pieds nus plongeant dans la terre et l'entrainant vers ses cultures. Elles sont le plus importantes, objectif de la journée de faire certains des semis, plan indiquant clairement la répartition qu'elle voulait laissé à ses agriculteurs avec ses consignes et instructions. De surveiller les quelques nouvelles recrues qu'ils avaient, surtout.

Là où son regard porte, elle peut les deviner, les semis, panneaux précisant ce que la terre dissimule. Ses enjambées mangent la distance, esprit calculant les écartements de plantations en plantations, doigts plongeant un instant dans le sol et montant à sa bouche, la terre grasse envahissant sa bouche, riche de limon, sablonneuse, noire contre ses doigts. Elle se lèche les lèvres, le sable râpant contre, dents et bouches gardant la trace de la terre même une fois essuyés contre son bras, la noircissant. Tout semble bon pour l'instant, jusqu'au maïs. Deux types, comme voulu, le maïs sucré pour eux, le maïs à grains pour les bêtes. Censés avoir 100 mètres au moins entre eux, pour éviter les croisements impropres à la consommation, impossibles à ingérer et rattraper. Elle ignore si elle a mal écrit, n'a pas assez souligné, a oublié un zéro, si ils sont trop lents pour savoir lire ou n'ont jamais su. Elle sait juste ce qu'elle voit, les plantations trop proches, trahies par leurs panneaux. Elle leur aura littéralement martelé l'importance des panneaux dans la tête, elle sait que cette erreur là n'en est pas une. C'est le reste, l'erreur. Sa nuit de repos qui s'évanouit en fumée, la possibilité de se changer et de rejoindre Diwali ou de se recroqueviller sur le toit de sa caravane sous une couverture pour dormir, mains fermées autour de poignard et pistolet, pour une nuit passée à déterrer les semailles pour les refaire, à se retenir d'aller trouver ses agriculteurs pour leur ouvrir la gorge de ses crocs qu'importe l'affection exaspérée qu'elle leur porte le reste du temps. La terre travaillée pour rien, les graines qui vont se perdre quand elles sont si précieuses, le retard, la fatigue. Le hurlement qui monte dans sa gorge, elle ne peut pas le laisser s'échapper, Saskia, pas à cette heure, pas ici, et elle n'en veut que plus du sang dans sa bouche, si chaud, qui coule le long de sa gorge et la nourrit.

Mais non. Pas même l'option de commencer à déterrer de suite, pas après sa trop longue absence, qu'importe les circonstances. Lisbeth dormira à cette heure, ne lui laissera pas même une chance de parler, de croiser son regard, et elle se rend compte qu'elle ne veut pas la voir non plus. Ne veut pas la confirmation qu'elle n'a pas noté son absence autrement que par les commentaires de ses agriculteurs, qu'elle se moque de savoir ce qui a pu amener ce qui devait durer deux heures à peine à durer si longtemps. Pas ce soir, front s'abaissant, bras se nouant autour d'elle. Pas quand elle a déjà les nerfs à feu, que la colère et la fatigue et la contrariété et le désir stupide d'une voix qui lui demande où est-ce qu'elle était bien passée lui mettent ses peaux à vif. A la place, c'est la caravane de Leslie qu'elle approche, toquant rapidement à la porte et attendant, corps s'ébrouant. Sourire instinctif, en voyant qu'il est là, qui se fait gêné à l'idée de l'avoir aspergé avant qu'elle se faufile à l'intérieur. Trop chaud dans ses veines, un brin mal à l'aise. Son territoire, pas le sien. Son autorité, pas la sienne. Elle s'en hérisse, d'avance, se redresse, poings se crispant, en préparation de... elle ne sait pas. C'est tellement plus facile à gérer de jour, quand elle peut voir les cheveux blonds au coin de ses yeux, que l'animation du camp la pousse en avant, que la rébellion et le besoin de se confronter prennent le dessus. C'est tellement plus compliqué de nuit, quand le monde retrouve brutalement ses couleurs après avoir passé tant de temps vêtu de gris, que la réalité reprend le dessus, que ses défenses sont au plus bas. Elle aurait dû attendre demain. Elle aurait dû aller dormir, rester dans ses champs pour les soigner. Tout mais pas venir ici. Elle sent déjà la colère de Leslie, la dispute imminente, les reproches pour le retard qui pour une fois était hors de tout contrôle. Comme si elle était dans le bureau de son père, reproches tombant comme des pierres de ses lèvres, sans lui laisser une chance de parler. D'instinct, elle sait. Que lui aura remarqué. Ne lui laissera pas forcément pour autant le temps d'ouvrir la bouche.

Pas envie que ça se reproduise, pas ce soir, pas cette nuit, pas après tout ça.

"Un des crétins que tu m'as collé a manqué mettre tous les plants de maïs en l'air, je vais passer ma nuit à réparer sa connerie une fois sortie d'ici, en espérant avoir fini d'ici le début de la journée. Je compte voir qui exactement s'occupait d'eux, mais t'étonnes pas de les trouver devant toi demain pour un changement temporaire de poste. Et oui je sais, j'aurais dû rentrer beaucoup plus tôt. Y'a eu un imprévu."


Si elle peut appeler être coincée sous terre avec des zombies et autres joyeusetés un imprévu. Pas qu'elle compte lui donner les détails. Une tête arrachée et lancée loin de ses épaules, ça serait difficile à régénérer, vu qu'elle n'est pas encore rôdeuse. Et ne compte pas le devenir.
 

 
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MessageSujet: Re: We are the fire that won't burn out ♦ Leslie   Lun 3 Avr - 18:01


Bande de gamins qui pleurnichent dès que le doudou disparaît. Foutus mômes. La plupart pouvant néanmoins se targuer d’avoir l’étiquette alliés sur le front, un semblant de respect gagné au fil des jours passés à se traîner dans la même merde tous ensembles. Quand pour une autre petite partie, la distance reste de mise. Mauvais parent qui ne dispense à ces gamins que de la méfiance. Le défaut accroché à la rétine et au cœur. D’avoir trop souffert il ne reste plus rien de bon sous la peau, juste un néant sanglant, avide de dévorer tout ce qui passe à portée. Contrôler l’esprit et se retrouver dominé par le monstre enfermé à l’intérieur, il suffit d’apprendre à vivre avec. Comme tout le reste. Comme cette merde qui dévore et fatigue un peu plus chaque jour. La faiblesse à fleur de nerfs qui force à serrer les mâchoires pour ne pas craquer. L’appel de la brutalité à la moindre contrariété, le besoin viscéral de faire saigner pour se faire respecter. J’ai appris à faire trembler d’une simple œillade, le charisme ancré au corps en meilleure défense, les couloirs de la prison en guise de terrain de jeu. L’entraînement à briser les esprits les plus fragiles comme les plus forts. Ils s’y sont tous casser les dents, les uns après les autres, la conscience qui s’effrite pour contraindre l’animal à ployer devant son maître. Jusqu’à en devenir ignoble et détestable, enfiler à chaque nouvelle journée le manteau de crasse et poser sur la rétine des lentilles de noirceur et de glace. Ce rôle abandonné derrière les murs qu’il faut reprendre au sein d’un nouveau groupe. Journée de merde en prime pour achever un esprit déjà fatigué. Ils se seront appliqués à réduire en miettes les pauvres morceaux de ma patience, ces petits merdeux et leurs plantes vertes. En l’absence de la supérieure, sans Lisbeth ou Maria pour faire office d’oreille attentive, ils ont finalement opté pour la seule option disponible sur place. Le second qui n’y connait foutre rien en plantation et autres graines. La seule plante qu’il aura été capable de faire pousser lui servait à se détruire gentiment le cerveau. Ma came à portée de main, la pensée nostalgique fait courir des frissons contre ma peau. J’en ai le goût sur la langue, la saveur de cette fumée âcre qui bousille les poumons et la trachée. L’explosion jouissive des neurones qui se démolissent pour ouvrir les portes des délires les plus affolants. J’ai le regret dans la poitrine, la faiblesse qui s’invite dans l’équation. Et l’envie folle de replonger. Ce serait si facile, il suffirait de faire une escale furtive en direction des réserves. Un aller-retour discret et se défoncer le crâne jusqu’à ne plus pouvoir penser.

Chasser l’idée parasite dans un soupir. Ces instants de faiblesses qui reviennent inlassablement, avec l’espoir de me voir céder pour mieux se tirer. Se faire oublier et recommencer à s’agiter sous mon nez. Un coup d’œil au-dehors, les pupilles qui se posent sur les éclats sanglants du crépuscule. La fin du jour qui apporte avec elle ce calme qui envahit le camp dès l’arrivée de la nuit. Après la tempête de la journée, ce silence a quelque chose de surréaliste, d’affreusement appréciable. M’enliser dans la solitude salvatrice, les pages d’un bouquin écorné à force d’avoir été lu. Par moi, par d’autres. Lui qui a trôné sur l’étagère d’une maison hors de prix aujourd’hui en ruines. L’abandon entre les lignes au point d’en perdre la notion du temps, et se retrouver à lever les yeux vers une fenêtre désespérément noir. Rattraper par la nuit et les relents de fatigue qu’elle entraîne. Stupidement absorbé dans une lecture au point d’en oublier l’heure fatidique de la prise de ces cachets dont je me gave. J’en ai la haine au ventre, à chaque fois que les couvercles en plastique s’ouvrent et déversent leur contenu sur la petite table. Même un drogué n’avalerait pas autant de merde en une seule prise, lavée par un torrent de flotte pour tout faire passer dans les règles. Et fermer les paupières ensuite, pour entendre chaque cachet trébucher dans la trachée, s’échouer au fond du ventre pour mieux se faire démolir et s’introduire dans le système. Maudite merde. Pauvre con.

Les coups contre la porte me font sursauter comme un môme pris en pleine faute. J’en grogne, balance d’un revers de main les petites boites orange dans leur planque, et ouvre le bouquin abandonné à une page au hasard. La patte se traîne jusqu’à la porte, j’oscille entre cracher à la gueule de l’imbécile qui vient me déranger à une heure pareille ou l’inviter à enter pour lui refaire le portrait dans les règles. Aucune des deux options, je reconnais la flagrance qui se faufile à l’intérieur. Masquée par les senteurs de la terre humide et des bêtes. J’ai rangé dans un coin de ma tête les parfums de chacun. Coller les étiquettes sur des individus olfactifs pour ne pas avoir à réfléchir quand l’un d’eux s’approche. Reconnaître les siens à la manière d’une bête et éviter le massacre facile. L’avantage d’être un monstre. Du plat de la main qui cogne contre le panneau de bois, j’ouvre la porte sur la gamine aussi trempée qu’une éponge sortie de l’eau. J’ai un nœud dans la gorge, la blonde remplacée par une petite rousse le temps d’un battement de cils. Ma propre gamine ayant décidée de passer des heures sous une averse dans l’espoir d’attraper une grenouille. Rentrée trempée dans la caravane pour s’enrouler dans sa serviette favorite, des perles de flotte dans les mèches rousses. L’instant de tendresse qui se colle sur le visage mais qui s’efface dans un battement de cœur, le mirage disparait une fois Saskia à l’intérieur. Elle ne me laisse pas le temps de l’ouvrir, lance la conversation sans une hésitation, récite son texte et moi je prends le temps de me rassoir une fois le discours terminé. Laisse retomber le silence seulement troublé par le clapotis des gouttes d’eau qu’elle laisse tomber sur le sol en faux parquet.

« - Le retour de l’agricultrice prodigue… C’est un plaisir de te revoir parmi nous Saskia. » L’ironie s’invite dans la voix et le sourire qui accompagne les mots. L’acerbe sur le bout de la langue, prendre le temps de revenir sur ce qu’elle a pu dire en arrivant avant de continuer à répliquer. Je laisse mes doigts tapoter contre la couverture abîmée du bouquin, perdu dans la contemplation du rien. « - Permet-moi de rectifier : un des crétins que je t’ai collé a manqué mettre tous les plans de maïs en l’air parce qu’il a du faire ton travail à ta place, parce que tu n’étais pas là pour le faire. » J’insiste sur les mots, relève les yeux pour l’accabler d’un regard noir. « - Je peux savoir pour qui tu te prends ? Personne ne changera de poste, surtout pas parce qu’une gamine capricieuse préfère prendre l’air au lieu d’accepter ses responsabilités. Tu as tout un groupe qui compte sur toi, et tu décides de faire quoi à la place ? Barboter dans la flotte et te coller de la terre sur le visage ? » Le ton monte légèrement, malgré moi. Elever la voix juste assez pour écraser l’autre, fracasser les répliques et faire ployer l’impudence. Se lever ensuite, pour renforcer le poids qui pèse sur les épaules de la gamine. « - Je me contrefous de ton imprévu, Saskia. » Le dernier coup tombe. Les reins en appui contre la table, debout face à elle. Les bras se croisent contre ma poitrine et le regard se fait inquisiteur. Détaille la silhouette trempée dans le moindre détail, incisif. « - Tu croyais vraiment que ton absence allait passer inaperçue ? Aussi longtemps ? Qu’est-ce que tu foutais ? » En deux pauvres phrases, je trouve le moyen de me contredire. Faire vibrer le timbre de colère pour tomber l’inspiration suivante dans les notes d’une inquiétude sincère. Elle m’agace cette môme, ça grouille toujours sous la peau, menace de repartir au moindre mot de travers. Mais l’inquiétude est bien présente. Qu’elle ne revienne pas, et c’est toute la communauté qui en souffrira. Sa mère, même si elle s’en fout pour l’instant de sa gosse. Et moi au passage, parce que je me prends stupidement d’affection pour elle.

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MessageSujet: Re: We are the fire that won't burn out ♦ Leslie   Mer 5 Avr - 2:41


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L'intérieur d'une caravane. Rien de grandiose, rien de luxueux, rien avec quoi elle ne soit pas visuellement familière, les applications partiellement inconnues encore, insignifiantes à ses yeux, inintéressantes dans leurs promesses de confort. Rien qui ressemble à une grande pièce aux sombres murs tapissés de chêne et de bibliothèque aux étagères emplies de livres reliés de cuir et de feuille d'or, lourds rideaux de velours se drapant en plis épais autour de la fenêtre pour mieux encadrer le bureau de chêne massif aux poignées de bronze, la silhouette de son père installée dans son fauteuil, le visage voilé par le soleil dans son dos, l'expression illisible. Elle s'y retrouve malgré tout, Saskia. Traits de Leslie oscillant devant ses yeux, se durcissant, se creusant de déception, cheveux se poivrant. Petite fille devant son père, forcée de garder son dos droit dans son corset, sa tête ployée vers le sol, laissant pleuvoir les reproches. Parce qu'elle est montée dans un arbre, a joué avec l'enfant d'un servant, a ignoré un de ses précepteurs, a tiré les boucles d'une fille de son rang, a tâché sa robe, a volé un fruit, a chanté une comptine à la mélodie circulaire et au vocabulaire gras plutôt que l'élégante chanson favorisée par le maître de musique, a peint sur le mur et non sur sa toile, a mis une grenouille dans les délicates chaussures de sa mère, a parlé sans autorisation devant des invités, tant d'autres crimes encore. Gamine insubordonnée, désobéissante, jamais là où elle devrait être, pas assez docile. Dans les reproches de Leslie, dans son attitude, elle revoit son père, l'entend.

Irresponsable, égoïste, capricieuse... Les phrases tombent, les reproches avec, langage corporel rajoutant à l'intimidation, corps se relevant, en un geste qui ne fait que renforcer l'impression d'avoir fait un pas en arrière et traverser le temps. Il sent la colère, Leslie. L'inquiétude. La douleur. D'autres choses, les odeurs du camp encore accrochées à sa peau, la vague odeur de ses agriculteurs aussi. Ça fait sens, elle suppose. Ils se soucient constamment de savoir où elle disparaît, même quand elle les en informe, et elle ne leur a pas donné de détails particuliers aujourd'hui, juste leurs instructions, pas assez claires apparemment. N'empêche. Elle comprend un peu mieux maintenant. C'est plus logique, tandis qu'elle sent l'indignation qui monte, le mélange d'émotions familières, les dents qui se serrent et les mains qui se crispent et refusent de se refermer autour de sa taille pour se rassurer, ses pieds nus dont les orteils se font griffes contre le sol. C'est un effort de rester humaine, de ne pas glisser dans sa seconde peau et lui sauter à la gorge, alors qu'elle sent ses yeux brûler. De rage, pas de tristesse. La rébellion qui lève la tête, l'indocilité, qui lui raidit la nuque et fait se redresser son visage, yeux clairs flamboyants. Il peut parler autant qu'il veut, elle s'en moque. Il ne va pas changer le responsable d'équipe ? Pas grave, elle trouvera qui sait et le mettra ailleurs. Il verra bien si il est plus doué pour traire les vaches que pour planter le maïs, tiens. Il aura intérêt, si il tient à rester entier. Elle n'est pas au-dessus d'user de la peur ou de la violence pour faire entendre sa voix. A son âge apparent, avec son inexpérience, elle n'a pas le choix, de toutes manières. Peut-être pour ça, que le voleur d'énergie ne parvient pas à faire ployer son échine, en plus de l'habitude des gens qui veulent la briser. Parce qu'elle connait trop bien ce fonctionnement. Son front se plisse, son visage se bute. Elle ne s'excusera pas, se contente de ravaler les mots de protestation. Elle ne s'excusera pas, elle ne lui donnera pas raison, même si il a quelques points acceptables.

N'empêche. Ils sont fatigants, parfois. A oublier. Qu'elle n'a pas grandi dans un monde où on lui a appris à prendre soin de la terre. Que parfois elle a une bonne raison de disparaitre. Comme se mettre en quête de livres sur l'élevage ou l'agriculture, les plantes, l'irrigation, toutes ces choses qu'elle doit déduire et deviner autrement, raccommoder à partir de ce que lui disent ceux de ses agriculteurs qui l'étaient déjà avant, même si elle s'avoue se laisser distraire par la ville aussi. Ils croient quoi, qu'elle apprend par osmose, que les fermiers qu'elle a pu tuer pendant qu'elle était glouton lui ont appris son métier en glissant dans sa gueule ? Bonne blague. Nouvelle gifle. Il s'en fout. Elle se raidit, ravale le nœud, visage impassible. Comme si elle s'attendait à autre chose...

Oui. Elle s'attendait à ce qu'il remarque. Celle qui s'en fout, c'est Lisbeth, c'est sa mère, pas Leslie, aussi bourru et dur qu'il soit, qu'importe la figure de son père qu'il peint devant ses yeux quand il est comme ça. Les bras croisés, le visage fermé. Elle reste muette, mâchoires serrées à en craquer, regard qui refuse de ciller, de ployer, tension dans chaque ligne de son corps qui tremble de ne pas exploser dans un excès de rage et de contrariété, de fourrure et de crocs. Elle était bien, en glouton, pourquoi il a fallu que sa mère sorte de là-bas. C'était plus simple, en glouton. Au moins, elle ne le savait pas, qu'elle était un nuisible, une bête à surveiller ou à abattre, tout juste digne d'une balle dans le corps. Elle s'en foutait, des gens. Ils n'étaient que des proies ou des menaces. Pas toutes ces histoires d'émotions qui la fatiguent et sont trop difficiles à gérer. Ravaler la protestation, la plainte enfantine qui veut lui échapper. Ne pas pouvoir empêcher ses traits de glisser un instant dans une expression douloureuse en l'entendant poursuivre, en entendant ses questions. Espoir. Qu'il demande sincèrement, qu'il ait été inquiet, quelque part. Pour elle, pas juste parce qu'elle gère les agriculteurs et qu'il se moque éperdument de la terre. Traits qui se lissent ensuite, retournent à leurs accents têtus de gamine qui ne veut pas donner raison à celui qui a de l'autorité sur elle, qui a la logique et l'évidence de son côté. Mais avec cette étincelle dans les yeux, fragile. C'est pour ça, qu'elle va le voir lui, plutôt que d'aller confronter sa mère, dans ses moments. Pour ces quelques miettes d'attention. Pathétique. Il n'empêche. Ses lèvres se détendent un brin, ses doigts se desserrent un peu. Elle est plus aisément brisée par l'inquiétude et le souci que par les reproches, Saskia. Combien de temps avant que Leslie s'en rende compte et s'en serve contre elle, pour la faire marcher au pas, comme il fait en intimidant les autres ?

"J'essayais de rentrer au camp. Il apparait que c'est difficile à faire, quand tu te retrouves entourée de rôdeurs dans une ville censée être impossible d'accès pour eux et que t'as qu'une dague sur toi. Qui l'eut crû." Et que tu te traines un gars qui ne sait même pas comment faire en sorte de les perdre. Encore qu'elle a une meilleure opinion de lui, maintenant. Survivre fait ça, apparemment. "Je pensais y passer deux heures tout au plus, chercher des livres pour m'aider à assurer le meilleur rendement possible des semailles, et j'ai fini dans des égouts à essayer de rester en vie et en une pièce à la place. Si j'avais su, j'aurai pris une machette. Ou une arme à feu. Ou attendu un autre jour de sorte à m'épargner ce cirque. Comment font-ils pour survivre, quand ils ignorent même qu'il faut se couvrir d'entrailles de rôdeur pour les tromper ? On ne leur apprend pas à leur échapper, là-dedans ?" L'idée la laisse incrédule, contrariété tombant pour laisser la gamine à nue, mains écartées, vulnérable, incertaine. La contrariété et la rébellion temporairement mises de côté, le temps de trouver des réponses. C'est normal, d'apprendre aux gens à se défendre contre les rôdeurs, non ? Ils savent comment les tuer et leur échapper, eux, au campement, et ils ont moins de gens, moins de moyens, moins de défenses ! Alors pourquoi pas eux ? Elle ne comprend pas, la gosse trop jeune encore aux sourcils froncés et au regard perdu, mèche si terriblement courte glissant devant ses yeux la faisant cligner en un mouvement réflexe. Ce devrait pourtant être évident, non, d'apprendre ça aux gens ?
 

 
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MessageSujet: Re: We are the fire that won't burn out ♦ Leslie   Sam 8 Avr - 21:30


Elle a la rébellion dans le regard, l’attitude de celle qui s’en fout et qui n’en fera qu’à sa tête. Cette expression familière trop de fois vu sur le visage d’une autre. Elles se ressemblent toutes les deux, Saskia et Zilpha. Téméraires et fragiles. Petites bornées, poussant les nerfs à bout. Irritantes et affreusement touchantes. Malgré les ressemblances, les choses sont bien plus compliquées avec elle qu’elles ne l’étaient avec ma fille. L’explication tombe. Celle que l’on ne veut pas vraiment entendre mais que l’on cherche malgré tout. Celle qui fait courir des frissons le long de l’échine, caresse sale qui laisse s’étendre le froid sur la peau. Rappelle des souvenirs qu’il serait préférable de laisser enterrés sous une couche de crasse, de merde et de haine. Le sourire crisse contre les lèvres, ce mirage d’amusement qui frôle la surface mais qui reste affreusement froid. « - Qui l'eut cru... » Le murmure m’est destiné. Lâché dans un souffle, les doigts venant gratter le menton. Jouer avec les poils qui s’y accrochent pour se perdre dans des pensées noires. C’est ma propre mésaventure qui me revient en pleine figure. Frôler la mort, tout en essayant vainement de lui échapper. Le temps a filé depuis mais les sensations sont toujours là, atroces. Comme si tout avait eu lieu la veille. Ce cauchemar récurrent qui garde éveillé et fait perler la sueur sur le front. La pourriture dans le veines en guise de rappel, au cas où je finirais un jour par oublier ce qui est arrivé. Je l’entends sans vraiment le faire, conscient de sa présence et pourtant ailleurs. Incapable de comprendre cette fascination que la ville peut exercer sur certains membres du clan. Ce besoin déroutant d’aller s’y perdre quand il n’y a rien de bon derrière les murs. Que malgré tout, il est plus facile de vivre ici, au dehors que là-bas. Elle ne comprend pas Saskia, parce qu’elle ne voit que la couche de vernis. Celle qui brille et attire. La violence que l’on agite sous le nez d’un être qui en a revendre dans le ventre. Des règles à ne plus savoir qu’en faire, elle se sentirait piégée là-bas. Emprisonnée sous des restrictions et des menaces à ne plus savoir qu’en faire.

Ses questions me prennent de cours. Ramène l’esprit dans la conservation, le sourcil qui se hausse pour accueillir les interrogations. Le regard qui se pose sur la gamine, et le cœur qui chancèle. L’incrédulité peinte sur la frimousse, sa force qui s’est fait la malle pour laisser le vulnérable la grignoter. Ce qui est évident pour nous, est une aberration pour eux. A vivre enfermé, on finit par se croire invincible. Trop protégés pour se sentir menacés, hormis des dangers intérieurs qu’il est aisé de mater avec l’aide de ces crétins en uniformes. L’aversion se peint sur les traits, l’esquisse d’un sourire cynique sur les lèvres. Je me contrefous de ce qu’ils peuvent apprendre ou non, qu’ils restent ignorants et stupides, pour leur malheur et notre propre bien, c’est mieux comme ça. « - Ils ignorent beaucoup de chose, enfermés comme ils sont derrière leurs jolis murs. Ils se croient invincibles grâce à ça, mais le système n'est jamais sans faille. C'est si facile de semer le chaos, une simple étincelle et tout explose. Personne n'apprend à se défendre face aux rôdeurs parce qu'ils sont persuadés qu'ils n'auront jamais à le faire. Les seuls problèmes qu’ils connaissent, viennent de l’intérieur. » Elle roule sur la langue, cette haine corrosive. Accrochée à la folie et à la raison, la rancœur de celui qui a tout perdu à cause de ces cons. « - On oublie facilement les horreurs du dehors quand on se croit en sécurité. Et ils se prétendent civilisés. » Reniflement de dédain et haussement d’épaule pour achever la discussion. J’ai fait partie du système pourtant. J’ai ignoré pendant un temps ce qui pouvait se passer au-dehors, préférant porter les œillères de la sécurité plutôt que de chercher à l’apprivoiser pour mieux lutter ensuite. J’oublie maintenant que j’ai été un de ces autres que je déteste. Un changement de décor pour effacer les derniers débris d’une vie fracassée. J’en lâche un soupir, la fatigue accrochée aux gestes, j’abandonne mon appui. Redresse la carcasse jusqu’à me rapprocher de la petite fugueuse. L’inquisition qui s’invite dans les pupilles et qui remarque la mèche de cheveux coupée court. Fronce les sourcils quand l’inquiétude et le doute viennent se peindre sur la trogne.

« - Tu n’as pas… Tu vas bien ? » La question s’arrache dans un murmure hésitant. J’ai perdu l’habitude des instants de faiblesse. De ces élans de tendresse ou de douceur réservés à une seule. Celle qui n’est plus là, celle que Saskia remplace. Parfois. Les phalanges hésitent, viennent prendre dans leur étau la pauvre mèche. Il n’y a pas besoin de réponse, elle n’a rien. L’évidence à laquelle on s’accroche pour ne pas avoir à affronter une nouvelle fois la fièvre. Même chez quelqu’un d’autre, la seule pensée me vrille le ventre et me noue la gorge. Elle n’a rien, hormis quelques cheveux en moins. Une frayeur de quelques instants qu’elle a déjà oublié. « - Tu vas derrière les murs, chercher des livres et tu finis... Dans les égouts ? Tu ne pouvais tout simplement pas faire comme tout le monde, un simple aller-retour, pour y rester le moins longtemps possible ? Il a fallu que tu fasses des détours. » Les pensées dites tout haut, et le contact qui s’éternise. Phalanges indociles se risquant à effleurer la pommette de la gamine. Ce n’est pas moi qu’elle aurait dû venir voir. Je ne suis rien pour elle, juste un supérieur censé être implacable et qui pourtant chancèle trop facilement. C’est devant sa mère qu’elle devrait se tenir en ce moment. Réciter ses phrases et poser ses questions à sa génitrice. Elle n’a pas du remarquer, l’absence. Ou si c’est le cas, elle s’en est cachée. Des histoires qui ne me regardent pas, qui ne m’intéressent pas. Comme un rappel à l’ordre revenu dont ne sait-où, les reproches s’inventent entre mes tempes. Ils s’y cognent avec hargne, crispent les mâchoires et font germer sur la langue l’acidité d’une colère reprenant ses droits. Trop démoli pour être capable de ressentir autre chose que cette vibration de rage permanente. La relâcher pour mieux reculer et l’accabler d’un regard noir.

« - Bon sang Saskia ! Tu as été inconsciente. »
Oui, elle doit le savoir ça. Trouve autre chose. « - Si les raids se font en équipe, ce n'est pas pour le plaisir de se coller un emmerdeur sur le dos pour se pourrir mutuellement. Tu n'as pas pensé une seconde à embarquer quelqu'un dans ta quête de bouquins ? Pour éviter les problèmes ? C'est bien joli de laisser des notes, mais à quoi ça sert quand tu te retrouves seule là-bas ? » Présence inutile que l’on préfère tous éviter. Parce que se retrouver à devoir collaborer donne l’impression de ne pas être libre. Je la comprends, mais son imprudence s’accroche et masque le reste. « - Pour ta gouverne, c’est moi qu’ils sont venus chercher, tes copains écolo. Et c’est moi qui leur ai dit de faire ce qu’ils ont fait. » Accuser le coup et se coller les torts sur la gueule. C’est en partie vrai, la note a été lue. Relue, par tous les cerveaux présents sur la scène de crime. La décision prise par un incapable mais qui a semblé ravir les connaisseurs. Je rajouterai des bouquins de jardinage à mes lectures, pour lui faire plaisir et éviter les fâcheux contretemps.

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MessageSujet: Re: We are the fire that won't burn out ♦ Leslie   Mer 12 Avr - 1:52


« We create, we destroy, we create, we are slaves to nothing but the blood on our hands  »

 
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Des murs en guise de défense, l'arrogance qui se substitue à l'art de survivre, le quotidien d'avant le retour à la vie des êtres surnaturels à la place de la réalité. C'est ça qui se cache derrière les murs, alors ? Des illusions, une violence de surface au lieu de celle promise par leurs jeux passés et les uniformes sombres de leurs Shadowhunters ? C'est ça la ville promise, au final ? Un aquarium empli de poissons rouges peint aux couleurs de piranhas, des crocs de carton collés dans leurs bouches, trônant sur leur empire d'algues et de guppys ? Non, ce n'est pas possible, qu'ils soient si faux. Pas avec les silhouettes noires qu'elle a pu entrapercevoir parfois, pas avec la méfiance chaque fois qu'elle pénètre dans la zone de décontamination, pas avec la mort qu'ils semaient. Qu'ils semaient. Même son esprit emploie le passé. Et Leslie est sorti de ces murs, non ? Certains le sont, en tout cas. Vivants, pas morts. Déterminés à mépriser le lieu et à le vouer aux gémonies, mais vivants. Peut-être que c'est un signe, déjà. Quel genre de gouvernement brutal laisse les gens partir, plutôt que les tuer ou les torturer jusqu'à briser la rébellion hors de leurs corps ? Mais en même temps... Non, elle ne veut pas y croire, trouble et réflexion jouant sur ses traits, sourcils se fronçant et lèvres se plissant, les yeux partis ailleurs, loin, derrière les murs, dans les rues poussiéreuses et les odeurs d'une multitude d'habitants. Elle ne peut pas croire que c'est un mensonge ou une illusion, et dans le même temps, leurs habitants n'ont pas de crocs, hormis ceux qu'ils ont d'eux-même fait pousser. Confusion, incompréhension. Des murs, ça n'est pas si solide que ça, pourtant, non ? Appuie suffisamment fort, suffisamment longtemps, et ça cède. Elle ne comprend pas. Elle ne comprend pas, et elle s'en irrite, nez se plissant avant que les yeux clignent. Question murmurée, mèche amputée saisie entre des doigts rugueux et familiers. Douceur. Du geste, de l'attention, de l'inquiétude devinée dans la question.

Ça la broie, Saskia. Pas l'habitude, pas de défenses. Juste envie de se fondre dans le toucher, d'en mémoriser les moindres nuances, de fondre en larmes et de hurler la terreur et la rage qu'elle a pu ressentir sous terre, la peur abjecte de sentir les dents du macchabée se refermer dans ses cheveux, de réaliser ce qui a manqué arriver, la mort, la transformation en un de ses semblables, la perte de la bête qui lui prête sa nature. De raconter la fuite, le sol qui s'effondre sous ses pieds, la grille qui bloque la fuite et piège, le dédale, la panique accrochée aux talons telle une seconde ombre tandis qu'on tente de retrouver une issue et de survivre, les sens constamment aux aguets, submergés, les voix murmurantes trop audibles dans les échos des tunnels, la chaleur de la main de celui qu'on aurait voulu tuer qui devient ligne de vie. L'impuissance. Comme on raconte ses malheurs et comment on en est venu à se blesser à un parent, comme elle n'a jamais réellement eu l'occasion de le faire, instinct enfantin remontant à la surface, seulement retenu par la barrière de sa fierté. Les phrases qui se poursuivent, qui réprimandent, accompagnée d'une caresse le long de sa joue qui noie son regard dans l'incompréhension et le besoin, la sensation plus fragile qu'une flammèche dansant dans le vent. Elle se sent ouverte aux quatre vents, entièrement exposée, faiblesses palpitant dans la brise.

C'est presque rassurant, de voir la colère se peindre de nouveau sur les traits, le contact se durcir avant de cesser. Ça rend une carapace à ses organes, de la solidité au sol de la caravane. Ça laisse un manque, en même temps, un petit goût amer de regret dans sa bouche. Pas assez. Jamais assez. Elle sait déjà que la question, que le toucher, que le souci dans les yeux et la voix et les doigts vont la suivre pendant son sommeil si elle a l'occasion de dormir et à travers la journée de demain, comme un souvenir fugace, une réminiscence de sa chair. Elle se prépare, à endurer de nouveau les reproches. Mains regrettant l'absence de poches tandis que ses bras se croisent et que ses doigts s'y ancrent pour cacher leurs tremblements, visage penchant vers l'avant pour voiler ses yeux de mèches humides et sombres, le silence en guise d'armure. Trop à vif pour la parole, trop fragile pour la parole. Il faut qu'elle se remette d'abord en colère, Saskia, que l'indignation remonte, l'obstination, que le glouton découvre de nouveau ses crocs et se redresse, de là où en elle il a roulé sur le dos, sa gorge et son ventre exposés, soumis et entièrement offert aux crocs et attaques en échange de possibles caresses.
Sauf que. Sauf qu'elle ne remonte pas, la colère. Qu'elle se retrouve là, à encaisser les mots, lucidité devant les yeux la forçant à les accepter et à ravaler ses protestations, au moins pour l'instant, plutôt que de couper l'homme. Temporairement, le temps qu'il finisse, sourcils se fronçant en entendant ses agriculteurs décrits comme écolos. Elle a du mal à saisir ce que le terme fait là. Ils ne sont pas écolos, non ? Juste agriculteurs, cultivateurs et éleveurs. Ce n'est pas ça, un écolo, non ? Elle n'est pas sûre, incompréhension jouant le long de son nez qui se plisse et de ses dents qui mordent sa lèvre un instant avant de relever les yeux sur Leslie. C'est lui qui a donné les consignes. Pourquoi ? Il n'y connait rien, question et constat lui échappant, spontanément, trop vite pour être rattrapés.

Merde.

Faire avec. Au moins la question était sans accent d'accusation, juste celui de l'incompréhension qui s'est accrochée à elle. Il n'empêche. Elle poursuit, alors, avec la détermination de quelqu'un décidé à entièrement se cramer les ailes, plutôt que de se contenter du bout des rémiges. Si il doit exploser, réellement s'énerver, autant lui donner une bonne raison. Ses ongles s'enfoncent dans sa peau, le glouton se remet sur ses pattes, son corps abaissé contre la neige de ses os, à l'affût. Incertain encore de s'il veut attaquer ou simplement observer, l'agressivité en berne. "Tu devrais venir une fois, observer. Voir ce que l'on fait dans les champs, comment on entraine les bêtes. Ils apprécieraient, et peut-être que tu aurais une idée plus claire de ce que l'on fait de la sorte ? Ils auraient certainement moins peur de te faire des suggestions si nécessaires, en tout cas." Parce qu'elle se doute trop aisément de ce qui a pu se passer, en sachant que Leslie a pris part à la décision. Ils auront été intimidés, par sa contenance, par cette aura qu'il a l'art de dégager qui demande de la fermer et de dégager le plus vite possible, idéalement en silence. "Et vraiment, prendre quelqu'un avec moi ? Pour aller chercher des livres en ville ? Qui que j'ai emmené dans cette situation n'aurait été qu'un fardeau, aurait été aussi désarmé que moi. Et serait peut-être mort, lorsque la horde nous a surpris ou lorsqu'elle nous est tombée dessus dans les égouts, lorsque nous avons été pourchassés par les ombres ou quand le sol a lâché sous nous, ou quand l'échelle a cédé et le mur avec. J'ai évité d'être trop blessée grâce à ma guérison, qu'est-ce qui se serait passé si il y avait l'un d'entre nous avec moi ? Au moins ce n'aurait pas été grave si le type avec moi mourrait. Je n'ai pas particulièrement envie d'être responsable de la mort d'un membre de la Communauté." Elle l'a intégrée pour en avoir tué, oui. Mais ils étaient des étrangers, alors, des menaces, des obstacles entre elle et les rôdeurs qu'elle poursuivait pour les achever. Ils n'étaient pas des compatriotes, des visages familiers, relations amicales ou tendues ou de tant d'autres couleurs alors, leurs odeurs n'étaient pas si familières qu'elle pouvait y deviner leurs humeurs si elle en faisait l'effort. Elle était en dehors de leur cercle, alors. Pas une d'entre eux. La différence est conséquente. Elle en oublie ce qu'elle en dit, alors que ses mains ont lâché ses bras pour mieux danser dans les airs, avant de passer dans ses cheveux. Le geste las et agité tout à la fois. "Je pensais que la règle ne s'appliquait qu'aux véritables raids, que leurs murs étaient sûrs. Ils s'en vantent certainement assez pour rendre l'idée crédible. J'ignore si les rôdeurs venaient de l'extérieur ou sortaient de leurs entrailles, mais je n'avais vraiment envisagé cette possibilité. Je serai plus prudente à l'avenir." Elle ne prendra toujours pas d'escorte. Pas si elle peut l'éviter. Elle a trop le goût de sa solitude pour ça, elle renâcle trop à être mise en laisse et à marcher au pas. Ils ne peuvent pas lui demander ça. Elle ne le supporterait pas.
 

 
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MessageSujet: Re: We are the fire that won't burn out ♦ Leslie   Sam 15 Avr - 16:53


Laisser passer les mots d’un être à l’autre. Attendre patiemment la fin des reproches avant de prendre le relais. Son silence m’irrite. Presque autant que ses paroles ou cette attitude qu’elle adopte. Nerfs à fleur de peau et patience mise à mal par trop de choses pour seulement parvenir à trouver un coupable. L’envie de la secouer pour qu’elle réagisse. A défaut, ce sont les pieds qui s’éloignent jusqu’à pousser le corps à revenir s’appuyer contre la pauvre table. La distance pour mieux apprécier la situation, quand l’instant de faiblesse reste gravé dans la chair. Cet anormal qui laisse un arrière-goût amer sur la langue, le souvenir de cet autre que je ne suis plus depuis des années. Se péter les dents et crisper la mâchoire jusqu’à ce qu’elle en devienne douloureuse pour ravaler l’amertume. Croiser les bras sur le torse et attendre, les pupilles sombres braquées sur la gamine. Petite chose fragile, debout au milieu d’une tâche de flotte sur le sol. Va falloir que je nettoie ce bordel ensuite. Un sourcil se lève, l’indignation qui se peint sur la figure à l’entente de ses mots. Le conseil qui prend des airs d’ordre, donné par une petite insolente. Ca se contracte encore plus, les dents qui grincent sous la force de ces muscles crispés à s’abîmer. Ils ont eu la trouille, c’est une certitude. Pas la peine d’être un génie pour le savoir, je me suis employé à faire ce qu’il fallait pour que la peur suinte, qu’ils en aient tous cette odeur sale qui satisfait le monstre sous la peau. Des relents de frayeur et les yeux qui grattent le sol, le rêve du tyran. La satisfaction éphémère d’arracher le respect d’un seul regard. Ne pas être un ami, ni un ennemi non plus, seulement une nécessité à laquelle il faut parfois se confronter quand rien d’autre ne permet de se sortir d’une mauvaise passe. Qu’ils l’ouvrent une seconde de trop et c’est potentiellement avec des chicots en moins qu’ils l’ouvriront la prochaine fois. Accorder quelques secondes d’entrevue et s’autoriser à cogner pour annoncer la fin du temps imparti. Je n’ai pas eu besoin de le faire aujourd’hui, la hargne reste là, insatisfaite. Dans les phalanges et dans le cœur. Elle obsède, fait vibrer les neurones. S’accroche à l’enveloppe dans son entier pour la rendre plus sombre qu’elle ne peut déjà l’être, craquèle dans des pupilles de glace qui se reposent doucement sur la changeuse.

« - Parce que tu crois que j'en ai quelque chose à foutre de savoir comment on plante du maïs ? J'ai vraiment l'air d'être intéressé par ce genre de chose ? » Les questions se crachent, glaciales dans une ébauche de rire moqueur. Le dédain accroché à la gueule. Me prendre pour un con est la meilleure chose à faire si elle veut sortir de cette foutue caravane avec un bon coup de pied au cul. « - S'ils ne sont pas foutus de l'ouvrir par trouille, j'y peux rien. Si je les terrifie à ce point, ils avaient qu'à faire leur boulot sans rien demander à personne. Ou attendre que tu reviennes. Dis leur, pour la prochaine fois, de pas venir pleurer chez moi pour des histoires de jardinage. » L’exaspération gratte, se devine dans le timbre qui se fait plus grave. Roule sur les accents d’une colère difficilement contenue. Ca fait partit du contrat, gérer ce genre d’imprévu. C’est aussi pour ça qu’elle est là, la jolie gamine, s’occuper de cette partie-là du boulot pour éviter aux ignorants qui s'en moquent d’avoir à coller leur nez dedans. La suite des répliques m’arrache un rire amer. Ce petit rictus crade qui contient à lui tout seul toute l’ironie qui menace de lui éclater à la figure. « - Les malheurs de Saskia en ville. Tu les as accumulés, je dois dire que j'en serais presque à me sentir admiratif face à un tel compte-rendu héroïque. » L’esquisse d’un sourire en coin pour accompagner les mots, moqueur à en crever. Du cynisme à revendre face aux malheurs de la gamine. Pour ne pas avouer qu’une infime part de moi éprouve autre chose que du mépris envers son récit. Cette inquiétude latente, qui se devine bien souvent dans les gestes. Pour compenser l’ignorance de la génitrice, le vide qui démolit tout dans ma poitrine. J’en lâche un soupir puis abandonne mon appui de fortune pour mieux le contourner et finalement revenir à la case départ, cette maudite chaise sur laquelle je me rassois.

« - Ce n'est pas ce qui te dérangeait il y a quelques temps encore. De causer du tort à tes semblables. » Le constat s’inscrit dans la lignée des attaques précédentes, énoncé sans vraiment prendre la peine de la regarder. Le reproche qui n’en est pas vraiment un. Le monstre qui comprend, envie et partage cette folie latente. L’appel du sang pour apaiser les nerfs, combler les envies et satisfaire l’âme. La gamine et sa violence, petite sœur de la mienne. Cette ombre qui s’accroche et qui ne se déloge plus malgré tous les efforts pour renouer avec un semblant d’humanité. Pour ce qu’elle apporte celle-là. Elle s’aveugle et se borne. Attirée par les jolies promesses au point de croire toutes les conneries qui filtrent de ces murs. On m’a foutu dehors dans l’espoir de m’y voir crever. Y retourner, j’en rêve mais uniquement pour les briser. Les détruire un à un, tous autant qu’ils sont. Tout fracasser et cracher sur les ruines. Certainement pas y rester et se retrouver à nouveau enfermé. Plus maintenant.

« - Si tu commences à croire tout ce qui sort de ces foutus murs, tu vas finir par te prendre pour la reine du monde. Méfies-toi cependant, je doute qu’ils apprécient les animaux sauvages qui dévorent leurs maîtres. » Ca se lâche dans un souffle, jeté du bout des lèvres en un avertissement cynique qu’elle n’entendra pas. « - Je ne vais pas te forcer à embarquer un copain de sortie, tu n'écouteras pas de toute façon. » Perte de temps et de patience, au fond qu’elle retourne là-bas toute seule, j’en m’en fous. Le défaut du tyran qui se prend un peu trop d’affection pour une des âmes qu’il se doit de torturer. A la considérer comme une de ces gamines disparues, s’évertuer à y voir des similitudes quand elle ne devrait âtre qu’une simple étrangère. Cette blessure n’en devient que plus purulente. Infectée par le mépris envers ce vieux type qui se laisse berner, par le chagrin déroutant qui s’accroche malgré les années qui passe. Aucun parent ne devrait avoir à enterrer un enfant. Lisbeth et son attitude ridicule, inconsciente de sa chance quand je serais prêt à tuer pour une journée de plus avec Zilpha. Une seule putain de journée.

« - Pourquoi tu es là Saskia ? » La question s’invite au bout d’un long silence. En conclusion à mes divagations silencieuses. La tête qui se relève et le regard qui vient se poser abruptement sur la silhouette fragile. « - C’est chez ta mère que tu aurais dû aller voir pour te plaindre. Elle aurait été d’une oreille plus attentive, et je suis sûr, ravie de pouvoir venir me pourrir ensuite pour avoir pris la mauvaise décision. Je l’aurais bien reçu d’ailleurs. » Avec les honneurs qui incombent à son rang de semi-chef de clan. Féministe à deux balles qui se croit en droit d’ignorer les conseils de son second parce qu’il n’est pas en possession d’une paire de seins. Un brin comique, le constat me fait pourtant serrer les dents. Encore une fois. Ce serait tellement plus simple sans elle, foutue blonde au caractère de merde. Comme sa fille d’ailleurs, les mauvais tempéraments sont inscrits dans la génétique apparemment.

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MessageSujet: Re: We are the fire that won't burn out ♦ Leslie   Mar 18 Avr - 0:59


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Des gravats dans sa voix. Le moment de douceur est passé, le réconfort avec, même la colère pleine de reproches, emportant avec eux ce moment où elle a l'impression d'appartenir, d'être vue, de valoir quelque chose pour elle même plutôt que le rôle qui lui a été attribué, la partition qu'elle doit jouer. La colère et la rage ont repris leur place, orgueil froissé par une offre qu'elle n'aurait pas dû faire. Comme d'habitude. Il n'empêche, elle crispe les mâchoires à son tour, serre ses poings, lèvres prêtent à se retrousser sur des dents trop peu tranchantes pour lui déchirer les membres et yeux qui lancent des éclair bleutés. Ils sont des animaux, Leslie et elle. Pas des monstres comme certains doivent le penser, pas les démons que d'autres imaginent, tout de noirceur d'âme et de pulsions infernales, prêts à tout pour corrompre ceux qui les entourent. C'est inintéressant, la corruption. La violence lui est supérieure. Le rouge du sang dans la gorge et dans les yeux, les os qui se broient sous les poings et les mâchoires, le souffle qui se dissipe dans l'étreinte d'un râle ou de deux mains autour d'une gorge, le gluant des organes exposés à l'air ou la noirceur qui se répand sous la peau lorsqu'ils cèdent aux coups qui voudraient les rompre en milliers d'éclats de veines. La hargne de Leslie fait monter la sienne, ramène la gamine butée à la surface pour enterrer la poupée ébréchée qu'est Saskia en manque d'affection. Les choses retrouvent leur logique, ses dents grincent de nouveau les unes contre les autres. Les malheurs de Saskia... Elle a envie d'être une sorcière, brutalement, pour pouvoir lui montrer, lui faire sentir. A défaut, elle gronde, bas dans sa gorge, l'animal vibrant avec elle, le son jumeau. La vulnérabilité moquée, la vue qui palpite dans les coins de ses yeux, au rythme de son cœur, colérique et noire. Vivement de plonger de nouveau les mains dans la terre, de creuser et de déterrer, les gestes saccadés par les nerfs tendus, la peau se froissant comme son pelage. Ça calmera. Ça fera du bien. Ça fait toujours du bien, la terre, c'est fiable la terre, calme et certain, toujours loyal.

Soupir, Leslie, assis. Qui ne la domine plus de sa taille et de sa présence, tandis que la phrase tombe, meurtrière. Elle retrousse les lèvres, gronde de nouveau, irritation dans les yeux, doigts tremblants de ne pas pouvoir se transformer. La rage tient chaud, au moins, permet d'ignorer l'humidité de ses vêtements contre sa peau qui s'infiltre jusque dans ses os et promet de tomber malade. Un rhume ou autre chose, qui guérira vite mais engourdira ses membres demain. "Ne me prends pas pour ce que je ne suis pas. Je ne tiens plus à tuer quelqu'un d'ici sans provocation parce que je ne désire pas particulièrement quitter la Communauté. Les autres... ça dépend. Si tu penses que je vais derrière les murs pour faire du tourisme uniquement, tu te trompes." Ils ont dû perdre quelques résidents sous ses crocs, actuellement, pas qu'elle le regrette. Ça aurait pu être une occasion de mettre des gens en colère, de pouvoir se battre, mais non. Ils ont dû mettre ça sous le coup d'un animal sauvage, marques de crocs et chairs déchirées. Elle s'en moque. Elle enregistre l'avertissement par contre, de son ouïe affutée. Il vient de derrière les murs, Leslie, n'est-ce pas ? Comme d'autres. Tous la même haine du Gouvernement dans les yeux et les mots. Non, pas de la haine. Du mépris. Du dédain. La haine est trop passionnée, la haine est trop proche de l'amour. Ils veulent le voir s'effondrer, et se moquent de comment, ils se réjouiraient d'aider à sa perte autant que de sa perte même, sans instinct propriétaire envers sa destruction. Ça aussi, ça rend le Gouvernement derrière les murs fascinant. Qu'est-ce qu'il a fait, pour inspirer des pulsions homicidaires aussi passives ? Pour qu'ils soient si nombreux à se tirer appuyés contre un mur, les bras croisés tandis qu'ils le regardent se fissurer et s'effondrer sous le poids de sa violence et de ses erreurs ?
Elle veut savoir, et elle ne peut pas savoir avec quelqu'un dans les pattes. Et elle ne pourra plus fréquenter tous ces gens de derrière les murs qui sont si intéressants si elle a une ombre. Alors effectivement, il a raison Leslie. Elle n'écoutera pas, n'écoute déjà pas. Règle de base de la Communauté, éviter de sortir seul. La règle qu'elle brise constamment. Elle survit mieux seule, pour tout ce qu'elle a besoin d'être vue et entourée. Cycle sans fin qui la laisse constamment insatisfaite.

Silence, un moment. Brisé par Leslie, regard clair de la gamine volant à son visage avant qu'elle rit. Elle ne peut pas s'en empêcher. Un rire doux, sans vie, sans espoir. Acide et amer, plein de fêlures et de cassures. Qui fait penser au son des pleurs enfantins et des cris de détresse trop longtemps restés sans réponse. Une oreille plus attentive, sa mère ? La femme qui s'est réveillée et rappelée qu'elle avait une enfant à quelques semaines de la date à laquelle elle l'aurait perdue, la femme qui n'a rien trouvé pour montrer son amour à son enfant (comme si elle l'aimait... Elle n'aime pas, elle le sait, elle n'aime qu'elle, pas sa fille, si elle l'a aimé un jour c'est pour le reflet qu'elle lui offrait et la manière dont elle flattait son ego) que de la transformer pendant son sommeil, qui n'a jamais un sourire pour elle, ou un geste tendre ? Celle dont personne ne saurait qu'elle est sa mère, si il n'y avait pas la ressemblance dans leurs traits et le nom de famille partagé ? Elle ne peut s'en empêcher, elle rit. Leslie et sa violence et ses reproches et ses si rares caresses est plus un parent pour elle que sa propre mère ne l'aura jamais été. Pas qu'elle le lui dira un jour. Ou alors seulement devant Lisbeth, pour pouvoir observer ses traits et y chercher une cassure, l'ombre d'une blessure autre que celle de son orgueil. Elle rit, Saskia, en même temps qu'elle se mord la joue, cruellement, sang envahissant sa bouche et tâchant ses lèvres, la plaie déjà en train de se raccommoder. "M'écouter ? Elle ? Tu plaisantes, n'est-ce pas ? Jamais elle ne m'aurait ouvert à cette heure, plus encore alors que je suis trempée, il ne faudrait pas que je salisse l'intérieur de sa caravane." Sa voix n'est même pas amère pendant qu'elle parle. Juste incrédule, qu'il puisse croire ça. A croire qu'il ne connait pas sa génitrice. "Et combien même elle l'aurait fait, elle m'aurait sans doute reprochée de ne pas avoir fini ma course avant de rentrer. Ou simplement ne m'aurait pas cru, je n'ai pas de blessures apparentes après tout, rien qui puisse justifier mon récit à part mon retard. Elle m'aurait plutôt fait mettre en isolement pour avoir manqué à mes responsabilités. Tu ne crois pas ?" Une pause, un soupir. Ses épaules qui se haussent, faussement décontractées face à la suite, comme si elle ne pouvait pas goûter les cendres dans sa bouche, qui recouvrent le goût du sang. Gosse blonde de nouveau vulnérable, épaules rentrées, regard fuyant. Le visage froncé en une expression butée, alors que ses yeux se font limpides de trop de coups encaissés au cours de sa vie, hématomes oscillant dans ses prunelles. "Et puis... je ne voulais pas l'entendre me dire que ce n'était pas la peine de la déranger, quand mon absence était si peu importante qu'elle n'avait rien remarqué." La voix factuelle, sobre et monocorde. C'est la réalité, leur réalité. C'est comme ça.

Les épaules qui se haussent de nouveau, tandis qu'elle balaie l'idée d'avoir pu causer toute gêne. C'est Leslie, il en aura entendu d'autres, il en aura entendu pire, il voit de première main les interactions entre la mère et la fille surtout, si souvent arbitre ou oreille indifférente après coup. A la place, elle laisse ses yeux errer dans la caravane Saskia, s'approchant doucement de la table, pieds nus splich-splochant sur le sol, une main repoussant les mèches humides de ses cheveux dans son dos, les laissant gifler sa nuque et peser le long de sa colonne vertébrale en mèches épaisses assombries d'eau. Ça bat ce qui les noircissait lorsqu'elle a enfin émergé des égouts, grimace fugace sur le visage à ce souvenir avant que ses yeux se posent sur le livre, curiosité commençant à y flamber. L'appel des cultures qui ont besoin de son aide, et l'envie de rester encore un peu dans cette caravane pourtant. Que ce soit pour se verser de l'acide au visage ou pour espérer grappiller quelques miettes d'attention encore. "Tu lis quoi ?" Un spectre d'hésitation dans la voix, son corps partiellement recourbé sur lui-même, prêt à esquiver un coup ou une réplique cinglante. L'instinct qui se tient prêt à s'enfuir ou se défendre si nécessaire, incertain.  

 
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WILDHUNTER

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MessageSujet: Re: We are the fire that won't burn out ♦ Leslie   Ven 21 Avr - 20:56


La rancœur aveugle, consume. Elle s’accroche et dévore tout, brûle l’âme et le cœur pour n’en laisser qu’un désert de haine. Envers ces autres, à l’abri derrière les murs. Cette ville sanctuaire d’une vie. La mienne, depuis tant d’années que j’en ai perdu le compte. Cette ville qui m’a tout donné et tout pris sans détour. Elle se fout de ma gueule, l’insolente et tous ces cons qui se disent au pouvoir. Et ça m’agace de voir la gamine se laisser berner par ces belles promesses. Cette violence assumée qu’elle adore presque autant que moi. L’irritation sur la langue face à l’impuissance. La protéger d’elle-même et de ce qui l’attire quand je ne suis rien pour elle, hormis un supérieur. Protéger la môme qui n’a au fond besoin de personne. Petite blonde qui grogne et tremble de cette colère qui est train de s’emparer de sa carcasse. L’insolente qui ose seulement m’accabler d’un regard noir, la lutte qui se joue dans les pupilles qui s’accrochent et refusent de se baisser avant celles de l’autre. Elle provoque sa chance, Saskia l’impertinente et l’inconsciente. Ce serait si facile de la briser comme tous les autres. La contraindre à ployer, sous les assauts de cette violence qu’elle adore. Celle qu’elle croit connaître mais qui est bien différente de ce tressaillement qui gratte sa peau. Quand hausser le ton ne suffit plus, la fracasser pour de bon. Et m’attirer les foudres de sa mère qui pour une fois la remarquera peut-être. Quand il sera trop tard pour s’y intéresser. J’en frissonne malgré moi, et lui concède la victoire. Baisse les yeux pour regarder ailleurs, troublé. Ce ne sont que des envies passagères, à peine pensées et déjà oubliées. Incapable de lever la main sur ma propre fille quand elle dépassait les limites, inapte à faire de même avec la petite terreur devant moi. L’important reste malgré tout de laisser planer le doute. Qu’elle m’en croit capable pour ne pas perdre le peu d’autorité que je peux avoir sur elle.

L’infime soupir qui s’échappe malgré les dents serrées et les phalanges qui viennent se presser contre les paupières closes. Silence en guise de réponse le temps qu’elle se forme entre mes tempes. « - Je ne pense rien. J’ignore ce qui te motive à aller là-bas aussi souvent. Et je ne tiens pas vraiment à le savoir non plus, ça ne me regarde pas. » Elle ne serait pas la seule à multiplier les visites, à se perdre dans les rues pour mieux en ressortir. Je fais aussi partit de ceux qui s’y rendent plus qu’il ne le faudrait. Négociateur de ce qui est à mes yeux une détestable erreur. S’enfermer pour se protéger et se retrouver à la merci de cette politique tyrannique. C’est une connerie monstrueuse, un mal qu’il faudra changer en bien si l’accord vient à prendre forme. « - Ca ne me regarde pas si ce ne sont que des visites passagères, pour faire du tourisme ou que sais-je encore. En revanche si c’est pour nous causer du tort, ça me regardera. » La menace est implicite, ronronne dans le fond de la gorge et les pupilles reviennent se poser sur elle. L’écraser dans une œillade entendue, un sourcil qui se lève légèrement pour appuyer l’instant.  « - Et ces autres deviendront un bien infime souci pour toi, crois-moi. » Petite furie montrant les quenottes, l’esquisse d’un sourire faisant miroir à sa menace sur mes lèvres. Au concours des crocs les plus longs, je suis celui qui perdrait à coup sûr mais qu’importe. L’éclat de rire en réponse, me met affreusement mal à l’aise. Ca se désole et se détruit sous la peau, à mesure que les notes s’élève de cette poitrine abîmée. Fait s’effriter les traits de fer qui s’étiolent pendant un instant. L’inconfort perdure, au gré des phalanges qui se crispent malgré moi contre le lino de la pauvre petite table. Qu’elle cesse, j’en ai le crâne qui se fend et de l’acide sur la langue. De la peine à en faire pleurer la terre, pour elle. Pour moi. Pour ce que cette situation me rappelle, les souvenirs qui se fracassent et explosent en mille morceaux contre ma poitrine. Le cœur battant avec hargne et l’envie affolante de me relever. Casser l’hilarité blessée, agir comme je l’aurais fait avec ma propre môme, l’enlacer pour l’apaiser. Quitte à en souffrir ensuite, le retour de la colère qu’elle retient sous sa peau. J’en reste parfaitement immobile pourtant, impassible sur la surface, le regard qui s’efforce de rester sombre malgré la tempête qui sévit sous l’édifice de froideur.

« - Evidemment et salir l’intérieur de la mienne ne pose aucun problème ? » Question qui se lâche dans un souffle, la main s’agitant dans sa direction avec l’ébauche d’un dédain amer pour désigner le piteux spectacle qu’elle peut donner. La flotte qui goutte sur le sol, l’éponge de ses fringues et de sa tignasse, l’ensemble qui lui donne de faux airs de poupée fragile maltraitée par sa propriétaire. Par l’ignorance d’une mère qui me dépasse. Trop différents à ce niveau-là pour seulement parvenir à se comprendre. Ses paroles me font tiquer. Sourcil qui se hausse et toute la carcasse qui se redresse, poussée en avant par les mots qui se déversent, l’ombre de la menace dans le corps qui se penche légèrement au-dessus de la table qui grince sous le poids qu’elle doit soudain supporter. « - Rappelle-moi… Pourquoi je n’agis pas comme tu imagines qu’elle aurait pu le faire ? Après tout, c’est vrai. Rien ne me prouve que ce que tu avances soit vrai. Tu te retrouves face à des rôdeurs, et tu en réchappes sans une égratignure. Pardonne-moi mais quand on y regarde bien, ça ressemble à je ne sais quelle excuse pour te décharger de tes fonctions. » Je la crois pourtant, incontestablement. Stupidement peut-être aussi. Parce que je sais qu’il est impossible d’invoquer ces monstres pour en faire une excuse fragile. Ceux derrière les murs le feraient certainement, mais pas elle. Pas nous. Pas en ayant connaissance des risques encourus pour avoir eu l’audace de balancer un tel mensonge. Et encore moins en vivant sous la menace de ces monstres en liberté au-dehors. « - Tu es venue parce que tu savais, que je n’allais rien dire. Rien Lui dire. Parce que tu sais que ton… Lien avec elle te rend plus facilement excusable que n’importe quel autre ici. » Le timbre se fait inflexible, tranchant. Les paupières se ferment un bref instant, la cécité pour ne pas affronter la chute qui s’amorce. « - En ce qui me concerne du moins. »  Le voilà qui se lâche dans un souffle, ce maudit effondrement. Quand il est nécessaire de rester de marbre la petiote se rapproche, de la curiosité dans les pupilles. Le bruit de flotte qui accompagne son avancée m’irrite, fait grincer les dents et se replier un peu plus les phalanges sur elles-mêmes. Son attitude me fait esquisser un léger sourire, de l’amusement sur la gueule, la malice qui pétille dans la rétine. Elle reste là et pourtant, elle craint les réactions du tyran. Et ça l’amuse, le monstre, de la voir hésitante et de sentir les relents d’une peur instinctive sous sa peau.

« - La ferme des animaux…. Je te le conseille. Il peut s’avérer très… instructif.  » La main qui fait glisser le bouquin abîmé sur la table, juste devant elle. Et toute la carcasse qui se relève, avec cette lenteur qui écrase. Cette débauche de théâtralité qui rend le geste bien plus parlant que je ne sais qu’elle autre attaque. Contourner la pauvre table et la gamine, pieds nus contre le plancher humide jusqu’à faire claquer la porte d’un de ces minuscules placards. Revenir jusqu’à elle et lui tendre une serviette. « - Tu vas attraper la crève à rester plantée là comme ça. Et je doute qu’un coup de froid soit suffisant pour convaincre ta mère de croire à ta petite histoire. » S’autoriser à le regarder des pieds à la tête, le bras toujours tendu dans l’attente d’une réaction de sa part. « - Pitié Saskia, détends-toi, je ne vais pas te bouffer. Si j’avais voulu t’en coller une, je l’aurais déjà fait depuis longtemps au lieu de te faire la conversation. » J’ai de l’impatience dans la voix, des notes d’amusement qui crépitent et l’éclat d’une inquiétude trop évidente pour être factice dans le regard. Elle m’agace c’est un fait, comme à peu près tout le monde dans ce foutu camp. Parce qu’elle s’en fout de ce que je peux lui dire, s’échine à me faire chier en détournant les ordres. Paradoxalement, elle est celle dont la compagnie m’est le plus supportable.

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MessageSujet: Re: We are the fire that won't burn out ♦ Leslie   Mar 25 Avr - 0:46


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Saskia & Leslie
featuring

C'est petit, une caravane. Quatre murs, un sol, un plafond, une petite porte, une mince fenêtre. Pas grand chose, des roues immobiles, un lit engoncé, des placards qui ne mènent nul part, trop étroits et engoncés dans le pratique pour pouvoir jamais mener à un autre monde, assez grands pourtant pour conserver les spectres des cauchemars enfantins. Elles se ressemblent toutes, les caravanes de la Communauté, au final, certaines un peu moins exigües que d'autres mais toujours la même idée, la même base. Probablement délibéré. Elle se dit parfois, qu'elle envie ceux qui n'ont qu'une tente. Moins de barrière, moins de murs, moins de sensation d'étouffer quand les yeux s'ouvrent et la main touche la paroi. Elle se demande parfois, si les autres s'y sentent parfois en cage, eux aussi. Si ils songent à aller dormir sur le toit de métal gelé par la nuit ou brûlant de chaleur engrangée, une couverture et un oreiller avec eux, seules concessions au confort. Ou si ils sont trop à l'aise dans l'idée que la caravane est une récompense, une marque de statut, pour ça. Parfois. La plupart du temps, elle s'en moque, dévore juste l'idée de laisser la boite à roues à quelqu'un et réclamer la liberté de la tente. Juste pour la protection qu'elle offre. C'est ça le problème, avec les cages. Elles enferment, mais elles protègent aussi. Elles sont juste inutiles contre les monstres déjà à l'intérieur. Est-ce qu'ils le savent, en ville ? Peut-être. Peut-être pas. Pensées qui digressent, au fil des gouttes d'eau qui s'égarent le long de son visage.

Il n'empêche. Elle écoute, esprit revenu au présent. Rien ne prouve son histoire, elle le sait, oui. Elle sait aussi l'appréhension partagée par le camp entier que des rôdeurs les encerclent un jour, s'approchent trop prêts, en trop grandes quantités, alors que trop d'entre eux sont absents. la peur de se noyer sous leur nombre, et de finir dans leurs mâchoires avides, de subir la fièvre, la transformation, de voir le visage d'un camarade se vider de vie et devenir monstre. Ils forment une source de nourriture les rôdeurs, oui, donnés à certaines bêtes, cerveaux détruits et corps enterrés sous certaines de ses cultures pour servir de compost. Il n'empêche. Elle ne plaisanterait pas avec ça, pas eux, pas elle, et il le sait. Elle n'est pas sûre que sa mère le sache. Elle n'est pas sûre que sa mère ait ces angles vicieux et brutaux qui aident à comprendre l'omniprésence des rôdeurs, même après avoir été affectée par l'un d'eux. Elle n'est pas assez sauvage. Et surtout... "Je suis une bête à peau humaine. Comment est-ce que tu veux que je présente des preuves, quand je guéris de toutes manières ? Je ne vais certainement pas m'amuser à me faire griffer ou mordre juste pour avoir une fièvre attestant mes dires." Une côté fêlée, une cheville écrasée, rien à montrer pourtant d'autre qu'une mèche de cheveux raccourcie. Ces moments où sa nature joue contre elle, sa faculté à guérir heureusement épargnée même par les fluctuations de leurs pouvoirs. Une chance. L'indignation dans son ventre malgré tout, qu'on puisse ne pas la croire en se basant sur quelque chose au-delà de son contrôle, comme d'habitude. La bouche qui s'entrouvre pour poursuivre, se referme en entendant Leslie. Il a raison. A part la partie où elle est plus facilement excusable. Elle n'a pas l'impression que c'est le cas, Saskia. Plutôt que sa mère n'attend que de la voir trébucher, pour lui faire payer sa présence dans sa Communauté, le rappel perpétuel de son existence. Le murmure éclaircit les choses, lui coupe le souffle un instant, à peine perceptible aux oreilles. Il la laisse vulnérable, atrocement.

Assez pour la laisser tiraillée dans ses instincts contradictoires, pour la laisser afficher la crainte et la défensive et céder à l'envie double de fuir et de rester. Fixer le livre, qui glisse vers elle. La Ferme des Animaux. Elle ne le connait pas, ni lui ni son auteur, sans surprise, trop de choses manquées dans l'écoulement des années. La peau d'une bête n'est pas l'idéale pour se tenir au fait des dernières sorties littéraires, de l'évolution des mœurs et cultures, au-delà de l'évidence, de la disparition par endroit de certains de ses rivaux et proies favorites. La main qui se tend un instant vers le livre, doigts tremblant malgré elle, hésitant à toucher la couverture pourtant abimée déjà, regard accroché au papier pour ignorer l'ombre qui s'étend lentement au-dessus d'elle. Leslie qui se relève et écrase Saskia de sa présence, tandis qu'elle se force à garder dos droit et épaules détendues, qu'importe son regard posé ailleurs que sur lui. Ni soumise ni défiante, entre deux, hésitante, balançant. Il la déséquilibre, avec ses déclarations, plus qu'avec la menace qui émet de sa carcasse comme une onde chaude aux accents de sang. Il la déséquilibre avec ses gestes, oreilles tressaillant de l'instinct qui veut la faire se retourner en entendant le placard geindre puis claquer, regard s'accrochant à la serviette qui lui est tendue. Il ne ressemble à rien qu'elle comprenne, décidément. C'est déroutant, c'est enivrant, c'est quelque chose qui s'enroule autour d'elle en menottes et chaines et laisses invisibles. Les yeux qui la tracent, les émotions dans les traits et les regards, la sincérité dans la voix et les mots aux accents corrosifs et baumes. Elle hésite, main retournant un instant à son côté, doigts se crispant et décrispant, ambivalents. Avant de frapper, membre jaillissant et s'emparant du tissu, l'enroulant autour d'elle aussitôt, regard sombre défiant de lui reprendre.

Elle est grande autour d'elle, la serviette, doigts jouant avec son rebord, la maintenant autour d'elle, cheveux reposant sur elle pour laisser boire leur eau, corps se réchauffant ô si lentement du tissu qui pèse sur sa silhouette et s'approprie le froid sur sa peau et dans ses os. Sa manche glisse, dévoile la peau vierge de cicatrices. La vie d'enfant trop protégée et enfermée en dépit de ses efforts, aucune véritable cicatrice qui puisse attester d'un malheur autre que celui du quotidien, la vie d'adulte à cicatriser trop vite pour garder la trace de ses blessures. Juste des éclats tranchant dans ses yeux et son esprit, sanguinaires, destructeurs, pour elle ou les autres, pour elle et les autres. Sans importance. "Je ne suis pas sûre d'être vraiment comestible." Écho des mots entendus plus tôt, vague humour qui s'infiltre dans sa voix, avant de se faire plus sérieuse et de remercier pour la serviette. Gratitude une plaie dans son ton, ouverte et suppurante. Elle fait un effort malgré tout, accepte les mots de son aîné et se redresse, regard reconnaissant mais droit, gamine noyée dans l'éponge mais corps plus détendu, moins prêt à fuir ou se battre au moindre geste, au moindre mot menaçant. Elle offre sa confiance et sa docilité comme un rameau d'olivier, se drape davantage dans le présent et s'essuie les doigts sur son rebord, s'emparant du livre et le portant à son visage pour en lire la quatrième de couverture. Sourcils qui se froncent. "La deuxième guerre mondiale ? Ça veut dire qu'il y en a eu une autre avant ?" Lacunes qui montent à la surface en questions spontanées. Il n'y a pas de manuel permettant d'apprendre tout ce qui s'est passé entre une mort de l'humaine et un retour à elle-même, pas de cours d'histoire, rien, juste un vide. Une guerre ne veut rien dire pour un animal, ni même pour une enfant grandie enfermée dans une cage aux fausses allures de réalité. Elle n'apprécie pas pour autant d'être ignorante, n'en engrange pas moins chaque miette de connaissance. Patchwork d'éducation et d'adaptation, aux limites comme des sutures, formant des motifs insensés.

Fermer les yeux un instant, réfléchir. Occasion qui miroite devant ses yeux, scintille et l'appelle de ses reflets à la saisir, esprit cédant à son appel. Elle n'a plus ses yeux d'enfant quand elle révèle de nouveau son regard, Saskia, elle a remis son manteau de superviseur des agriculteurs en place, celui de la conspiratrice jouant dans les ombres de son sourire et l'éternelle crasse brune et sombre sous ses ongles, de terre et de sang. La nuit a ses secrets aussi, et personne pour les déranger ce soir tandis qu'elle se redresse plus avant, doigts délaissant le livre avec douceur pour venir jouer contre la table et y taper un rythme silencieux de la pulpe des doigts. Celui de son cœur qui s'est apaisé dans sa poitrine, avant qu'elle prenne la parole, voix songeuse. "Je me permets de changer de sujet, je sais que tu te fous de l'agriculture, mais pour le coup, je tiens à avoir ton avis. Qu'est-ce que je fais de mes vaches qui ont mangé des rôdeurs en plus de leur foin ? Est-ce que je risque une saillie le moment venu, et on marquera différemment leurs veaux, ou est-ce qu'on les laisse uniquement pour la viande de là-bas ? Je ne peux pas savoir à l'avance si elles sont assez affectées par ce qu'elles mangent pour que ça impacte leurs petits, mais si je ne les fais pas porter, cela veut dire sacrifier d'autres veaux pour eux, et limiter nos propres stocks." Elle est compliquée, leur manigance. Nourrir les bêtes différemment, c'est la partie simple. Le reste est plus dur à gérer. Les surveiller, s'inquiéter de si des bêtes peuvent en manger qui étaient gardées pour le campement, maintenant la possibilité de les faire saillir et mettre bas ou non. Vivement qu'ils commencent à en livrer, qu'il y ait plus d'espace pour réfléchir à tout ça...
 

 


Dernière édition par Saskia E. Amberly le Dim 14 Mai - 16:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: We are the fire that won't burn out ♦ Leslie   Mar 2 Mai - 20:50


Les mots blessent, plus qu’elle ne peut l’imaginer. Fierté d’être un monstre, ces bêtes de foire qui font trembler mais qu’il faut à tout prix éradiquer. L’humanité qui se fait regretter parfois, le temps d’un souvenir fugace d’un de ces plaisirs disparus. Juste une seconde avant de se dire que c’est mieux ainsi. Que la souffrance n’a pas été vaine, sinon la mort aurait été plus douce que de revenir cruellement affaibli et inutile. Mutilé par des abominations, ces semi-morts qui font trembler et entraînent la crainte là où ils raclent le sol de leurs ongles pourris. La fièvre assassine qui offre deux options, crever ou devenir une bête de foire. On se ressemble tous les deux, dans nos différences et dans ces dons qui rendent la plupart des blessures aussi anodines que des échardes de gosses dans les doigts. Celles qui cicatrisent sous les yeux, disparaissent pour ne rien laisser paraître sur la peau. Sa mère comprendrait, même en étant aussi bornée, ce serait stupide de ne pas la croire. Pas en sachant ce qu’elle est, ce qu’elle possède et qui la rend semblable à ceux qui ont été bouffés par ces maudits morts. « - Tu ne peux pas le faire, et il n’y a que ta bonne parole qui permette de prouver quoi que ce soit. C’est un avantage et un inconvénient, ce genre de capacité. » Les doigts qui s’agitent dans sa direction, la mienne ensuite. Foutues bestioles, foutu surnaturel. Quand on ne croit en rien, se retrouver de l’autre côté du miroir est une chose bien étrange. Déstabilisante au début, comme une erreur qui s’invite là où elle ne devrait pas. Une abomination folle qu’il faut à tout prix renier avant qu’elle ne prenne trop de place. Le rejet et cette haine sourde envers le reste du monde. Les macchabées pour m’avoir déchiqueté, ce foutu danois pour m’avoir condamné. Moi par-dessus tout le reste pour avoir lutté.

« -  Oublie la fièvre, ce serait un risque bien trop grand à courir pour quelques jours d’absence. » Ca se lâche dans un soupir brisé, la voix qui vacille sur les échos d’une douleur encore présente quelque part. Qui sera toujours là tant il est difficile d’oublier ce qui s’est passé. L’horreur qui court au fond du ventre, le corps qui sursaute et le cœur qui s‘affole au moindre bruit étrange. J’étais déjà brisé avant l’exil, je suis devenu un amas de fêlures depuis ce raid raté. Condamnation à mort qui laisse ses traces purulentes sous la peau, fait courir la crainte au point de devenir obsédante. J’aurais honte de le dire à voix haute, d’avoir à ce point peur de ce qui rôde au-dehors. De me sentir un tant soit peu à l’abri dans cette boite de conserve sur roues. En sureté au sein du camp, la panique dans la poitrine à chaque fois que je m’en éloigne. Elle ne comprendrait pas, la gamine avide de liberté et de grands espaces. La petite sauvage qui m’arrache la serviette comme un fauve arracherait sa pitance des doigts de son prétendu maître, de la menace dans ses yeux. La remarque moqueuse pour distiller de la légèreté, avant de remercier. Un infime hochement de tête en guise de réponse. Si elle savait, que pour moi, il n’y a que ce qui s’agite sous sa chair qui a du goût. Ces larcins qui se perpétuent dans la plus grande discrétion sur toutes les carcasses errant dans ce camp. Elle me rend curieux, et pendant un instant j’envisage. La possibilité démente de la toucher, enclencher la mécanique vicieuse et voler, dans sa force et sa mémoire. Des brides de cette autre vie, de ce qu’elle a été et ce qu’elle est. Saskia qui fascine, les pupilles brûlent et la détaillent avec une envie affolante. Le temps d’un battement de cœur erratique et le contact se brise dans un raclement de gorge confus.

L’anodin questionnement pour chasser la tentation. J’en hausse malgré moi un sourcil, surpris. Même un imbécile dans mon genre qui n’a pas fait l’effort d’aller plus loin que le collège le sait. A dû apprendre par cœur les tenants et les aboutissants de ces deux conflits ridicules. « - Il y en a eu deux, effectivement. Les grandes dates du vingtième siècle. Le propre de l’homme, se taper dessus pendant des années et entraîner tous les autres dans ses délires avec l’espoir que tout le monde suive. » C’est stupide, et pourtant affreusement juste. La tyrannie derrière les murs est une pâle et minuscule copie de ce principe d’asservissement dans la douleur. Assassiner les opposants et assujettir ceux trop fragiles pour faire face. Foutue humanité. Les doigts tapant sur la table, l’infime bruit pourtant obsédant. Il enfle, encore et encore jusqu’à prendre toute la place dans ma tête. La bouche s’ouvre pour lui dire d’arrêter, cracher l’ordre avec hargne. Elle se referme pourtant devant la réplique. La surprise se peint sur la figure et s’accompagne d’un moment de vide. Le corps se colle contre le placard et les doigts viennent distraitement jouer avec la barbe.

« - Excellente question… Je n’avais pas vraiment anticipé ce petit problème en imaginant la manœuvre. » Murmure pensif, le regard qui se perd dans le vague. Activer le raisonnement contre les tempes et le laisser se lire sur les traits. Ma petite blague assassine encore à l’état de gestation. Les risques encore trop grand pour se permettre de faire n’importe quoi. J’ai l’impatience au corps l’envie honteuse que les négociations s’achèvent enfin et que le commerce avec ces crétins commence. Obtenir leur protection et s’enfermer derrière les murs est une grossière erreur. Un appât charmant qui n’apportera rien de bon. Tous les voir crever, à petit feu, doucement, rongés par ce mal qu’ils ont vainement tenté d’éradiquer, j’en ai l’esquisse d’un sourire qui vient se plaquer sur mes lèvres. Le temps de laisser filtrer une unique note d’un rire cynique et recouvrer un semblant de sérieux. « - On ne peut pas se permettre d’ignorer la menace et infecter les nôtres… Encore moins de les voir mourir de faim à cause d’une entreprise hasardeuse... » C’est une évidence, et elle le sait, la gamine. Ce qui semblait si simple est en train de prendre des accents d’épreuve insurmontable, et c’est affreusement dérangeant comme sensation. C’est ma place au sein du groupe qui se joue, si le subterfuge venait à être découvert. La mienne, et la sienne. Si je tombe, Saskia tombera certainement avec moi. Dans ma quête aveugle de vengeance, je l’ai entraîné dans mon sillage sans vraiment réfléchir aux conséquences. Persuadé de la réussite de notre entreprise, l’échec en option inenvisageable. « - Prends le risque, et marque les petits autrement. Si par le plus grand des hasards l’alimentation touche la progéniture, elle sera réservée aux autres. Les bêtes nourries différemment ont été marqués d’une autre manière que les autres, c’est logique que les petits le soient aussi. Si des questions se posent, ça ne devrait pas être trop compliqué de trouver une raison bidon pour expliquer ce marquage. » De l’assurance dans le timbre pour masquer le doute. Je m’arrache les rétines de la contemplation du mur vide face à moi pour les laisser revenir se poser sur la changeuse.

« - C’est toi qui est en charge de tout ça… Qu’est-ce que tu ferais ? » Son avis pour appuyer mes directives ou les exploser. Novice à en crever dans ce domaine, la crainte de faire une grossière erreur qui se couple avec l’adrénaline accompagnant ce genre d’entreprise. C’est jouer avec une flamme près d’un baril de poudre. Se rapprocher, doucement et tenter sa chance jusqu’à ce que l’ensemble explose pour de bon. J’ai confiance en elle, c’est effroyable à dire, et ça blesse de le remarquer. Confiance en la fille plutôt qu’en la mère, quelle ironie.

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MessageSujet: Re: We are the fire that won't burn out ♦ Leslie   Dim 14 Mai - 16:52


« We create, we destroy, we create, we are slaves to nothing but the blood on our hands  »

 
Saskia & Leslie
featuring

Deux monstres en vis à vis dans la caravane, bien à l'abri derrière leurs façades d'humanité, la table entre eux qui recèle leurs plans et instaure une distance bienvenue. L’ambiguïté de l'inquiétude et de la soif d'attention qui laisse place aux conspirateurs aux mines songeuses, sérieuses, conscience de l'énormité et de la difficulté du plan. Nourrir une ville des zombies qu'elle craint. Projet fou s'il en est, obligée de trier ses hommes, de sélectionner les plus loyaux à leur supérieure comme au bras droit, de trouver mille et une manigances pour distraire l'attention de sa génitrice, aussitôt saisies comme autant d'occasions de forcer son regard à se poser sur elle. Obligée de s'inquiéter qu'ils soient découverts, que la nourriture ne soit pas assez re-morte, briser, broyer, pulvériser, mélanger à leurs céréales ou à leur eau. Obligée de marquer différemment, de penser des mois à l'avance, de s'inquiéter des rumeurs, de limiter les transferts de ses subordonnés du bétail vers les cultures, des cultures vers le bétail, tenter d'imperméabiliser les échanges entre eux pour limiter les bavardages sans révéler sa main. Numéro d'équilibriste s'il en est, excitant dans le danger constant, de quoi se sentir libre et vivante. Si quelqu'un les voyait, il croirait à une discussion innocente, le programme de la journée suivante, quelque chose, rythmes de vie étranges bien connus dans le campement. Tout se sait dans le camp, hormis les secrets les plus importants. Le prix de la vie en communauté.

Leslie qui réfléchit et prend la parole, Saskia qui appuie ses bras contre la table et se penche vers l'avant, attentive, chassant les intonations et les possibles murmures qui voudraient fuir ses oreilles. Les généralités d'abord, inévitables dans leur ennui, obligées de se voir ressasser pour embrayer le fil des réflexions pourtant. Elle aimerait pouvoir lui ouvrir le crâne en deux et y plonger ses mains, en extraire directement ses pensées, pour ne pas avoir à subir les lenteurs et les détours, la cadence des réflexions, comme si manger la moelle de son cerveau allait lui permettre de le deviner avant qu'il parle plutôt que le tuer. Regret, de ne le pouvoir, soulagement aussi. Encore une personne que même sa soif de sang se sent prête à épargner, attention qui se reporte sur le second et recompose ses mots, sons réflexifs accompagnant ses mots, vibrant dans sa gorge pour faire croire à des pensées plus sages qu'elle ne l'est. Prendre le risque, inventer une excuse si besoin, rester dans la lignée de ce qu'ils ont entamé, donc, doigts resserrant la serviette autour d'elle pour se réchauffer plus avant et se barricader de l'intérieur avant de laisser ses yeux se perdre le long du mur de métal.

"Ce que je pense ? Que tu as raison et que je vais prendre le risque. On verra comment les choses se développent, et de quelles quantités ils ont besoin, en fonction de ça, je pourrai peut-être directement séparer les bêtes, ce serait le plus pratique à terme, le plus sûr aussi. On y viendra, je pense..." Soupir, main qui passe dans ses cheveux. Rester ici ne sert plus à rien, serviette qui a absorbé le gros de l'humidité, livre devant elle, question qui a trouvé ses réponses, remontrance passée. La fatigue monte de nouveau, lui tire un bâillement et un soupir, serviette ôtée de ses épaules avant qu'une décision impulsive lui fasse replacer autour. Elle lui rendra un autre jour, lui lancera alors qu'il sera avec sa mère, juste pour voir leurs expressions, entendre la voix maternelle lui reprocher son manque de respect et de manières, menacer de l'envoyer en isolement pour lui apprendre à respecter la hiérarchie avant d'interroger sur pourquoi elle avait seulement le morceau de tissu éponge en sa possession. Nouveau soupir, main devant la bouche qui retombe et laisse place à un fin sourire alors qu'elle se saisit du livre du bout des doigts. "On a fait le tour, je suspecte. Merci pour le livre, je te le rendrai en même temps que la serviette. Si tu as des livres sur cette histoire de guerre, tu pourrais me les mettre de côté ? Que je comprenne ce qu'il s'est passé, ça semble assez important comme évènement pour que tout en ignorer puisse sembler suspect. Autant être trop prudente que pas assez, dans ce cas précis, non ?" C'est surtout une excuse pour revenir, trouver d'autres occasions de se perdre dans ce mélange d'affection et de brutalité. Mais ça, elle ne se l'avoue pas même à elle-même, alors qu'elle quitte la caravane pour rejoindre la sienne, regard courant sur le campement endormi et nez flairant les odeurs avant de refermer sa porte derrière elle, serviette abandonnée à ses pieds, rejointes par le gros de sa tenue. Le maïs attendra demain. Elle se glisse dans le lit à la place, allume la lampe tempête juste assez pour offrir à ses yeux le peu de lumière qui leur manquait pour se refaire acérés, et ouvre le livre.

Elle lit, page après page, en silence. Le finit, lève la tête vers la fenêtre, bâillement étirant sa mâchoire tandis qu'elle le clôt. Ferme les yeux et l'ouvrage, le temps d'une respiration. Avant de le rouvrir, et d'y plonger de nouveau.

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