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 Under pressure [Tobias] /!\

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WILDHUNTER

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STARSET - Demons ♭ KORN - Evolution ♭ SLIPKNOT - Disasterpiece ♭ SIA - Free me ♭ WOODKID - Iron ♭ BEAR McCREARY - A nation of thieves ♭ NICK CAVE - Avalanche ♭ KODA - New blood ♭ HIDDEN CITIZENS - Paint It Black ♭ SABATON - Out of control ♭ RAG'N' BONE MAN - Hard came the rain ♭ POP EVIL - Monster You Made

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MessageSujet: Under pressure [Tobias] /!   Mer 5 Avr - 18:43

under pressure we're breaking

feat Tobias madsen & leslie Maclean
You're the pulse in my veins. You're the war that I wage. Can you change me? From the monster you made me? This is the world you've created. The product of what I've become

novembre 2015 Environs du Lac Salvador

Traine la patte et parle à n’en plus finir. Irritant à force de l’ouvrir pour un rien, sans arrêt. Il fracasse les nerfs, bousille la patience avec juste quelques mots. Et ces putains de mètres qui semblent ne pas vouloir passer. A se traîner à vitesse d’escargot à cause d’un foutu éclopé, il va falloir passer une nouvelle nuit dehors. Loin du camp. Hors de question de compter sur lui pour un quelconque sentiment de sécurité, me l’avoir collé sur le dos est la pire erreur que les autres pouvaient faire. Le duo inutile, inapte à collaborer. De ces longs jours d’errance avec lui, je n’en retire que des envies de meurtres. Le besoin pressant de lui fracasser sa gueule d’ange et son sourire de benêt. Arracher ces maudites boucles et les lui faire bouffer pour qu’il se la ferme enfin. Lui apprendre la discrétion, celle que l’on est en droit d’attendre quand on se retrouve en plein milieu d’un territoire hostile à la tombée du jour. J’en rage, bute du bout de la semelle dans une pierre qui part s’écraser contre un tronc. « - Si tu pouvais mettre autant d’ardeur à avancer que tu en mets à causer, on serait déjà rentré… Magne-toi. » Je le crache sans un regard en arrière, il ne mérite pas que je me donne cette peine. Petit con qui a réussi à faire détaler notre repas. Le gibier inconscient du danger qui se trame, la lame prête à frapper pour s’abaisser dans un élan de surprise lorsque l’animal détale. Affolé par le manque de discrétion flagrant du coéquipier aussi doué pour la survie qu’une souris dans une pièce remplie de chats. Abruti fini qui s’engage dans un monologue long à crever pour se justifier. Je n’ai rien écouté, je m’en foutais royalement. Se faire violence pour éviter de lui lancer le couteau à la figure, viser la jugulaire pour voir le sang exploser en gerbes écarlates une fois la lame dans la chair. J’en frissonne encore, des images de mort dansant devant les yeux. Les tripes qui se tordent sous l’appel assassin, et j’en serre les dents pour ravaler mon envie de faire volte-face et le massacrer comme il le mérite. C’est à Zilpha que je pense à chaque fois que je peux poser les yeux sur lui. Enflure qui a eu l’audace de toucher à ma fille d’une manière qui me répugne. La mettre enceinte, et faire partie du tableau qui l’aura poussé à mettre un terme à ses jours. Accabler le petit ami pour ne pas faire face au tort qui pèse sur mes épaules. Le père trop faible pour résister à des charmes évidents. Sa belle gueule et son regard envoûtant, au point que ça en devient douloureux de l’admettre. Je grogne de colère au milieu du néant, accélère l’allure sans même m’en rendre compte. Qu’il se perde, j’en ai rien à foutre.

L’infection finit par ralentir sensiblement le pas, les poumons en feu obligent la respiration à s’accélérer. Rattrapé par ma propre faiblesse, la vermine dans le corps qui me revient en pleine face quand elle devrait se taire. Je fais preuve de discrétion pour prendre mon traitement depuis le départ du camp, joue avec la corde quitte à finir par me pendre comme un imbécile. Je voulais retrouver la sureté du campement et la solitude qui va avec pour faire couler à flot les cachets sans craindre qu’on me tombe dessus. La sueur contre la peau, elle glisse et me brûle les yeux. L’éclat d’un sourire mort sur les lèvres, ma propre situation qui me donne envie de me rire au nez tant c’est ridicule. Je ne peux décemment pas dévoiler ma faiblesse au gamin. Lui offrir une quelconque arme à retourner contre moi quand l’envie viendra germer dans son petit cerveau pernicieux. Je me borne à continuer d’avancer, parcourant le décor du regard dans l’espoir de trouver un endroit où s’arrêter pour la nuit.

« - On ira pas plus loin. »
C’est un ordre déguisé qui claque. Le coin fera l’affaire, il y a sûrement mieux dans les environs mais je n’ai plus ni le courage ni la force de continuer à errer pour rien. Il fait presque nuit, les précieuses minutes qu’il nous reste se doivent d’être utilisées pour monter un simulacre de camp. Et rien d’autre. Le chargement se pose à terre avec précaution, libère mes épaules d’un poids qui commençait à devenir gênant après autant de temps. « - Tu arriveras à sécuriser le périmètre ou je dois te tenir la main ? » Le regard se pose enfin sur lui. Première depuis de longues heures. Les frissons craquent sous la peau. Le trouble au ventre et des fourmillements dans les phalanges qui ne demandent qu’à cogner. Sans attendre de réponse, je m’attèle à monter la tente, m’occuper mains et cerveau pour effacer la rage. Il est aussi irritant qu’un maudit moustique. Un incapable à mes yeux qui étrangement parvient à survivre malgré tout. Les pires sont les plus tenaces, il en est la preuve vivante. Laborieux exercice maintes fois exécuté et pourtant je dois m’y reprendre à deux fois avant de parvenir à monter cette foutue tente correctement. Il dormira dehors, l’humidité ambiante fera du bien à sa chevelure de princesse Disney. La lanterne électrique en guise de feu, juste bonne à éclairer une zone infiniment ridicule. Insuffisante pour se sentir rassuré, suffisante pour éviter d’être trop facilement repéré. Assis à même la terre humide, l’absence de Tobias pour laisser s’échapper un lourd soupir de lassitude. Faiblesse latente dans le geste, la main hésitante qui vient se plaquer contre la tignasse pour y remettre de l’ordre. Et faire passer l’orage dans un raclement de gorge lorsque les pas se rapprochent. Poser sur le visage le masque du dédain et de la froideur, le regard qui suit les gestes sans vraiment y prêter attention. Je me suis autorisé à fouiller dans ces réserves volées entre les murs d’une petite bourgade en ruines. Les doigts agrippés contre le métal froid d’une boite de conserve, j’ai l’hésitation dans la tête. La résignation qui s’amorce lorsque les paupières se ferment un instant. La cécité pour ne pas être le témoin de ce que je m’apprête à faire.

« - Abstiens-toi du moindre commentaire, je t’ai assez entendu ces dernières semaines. » Le petit mot gentil accompagne le lancer de la boite dans sa direction. C’est une règle, de ne pas se servir dans les butins. Et j’ai honte de la rompre à cause de lui, mais dans son état, si je veux espérer pouvoir reprendre la route dès l’aube, il en a besoin. Hors de question de me le coltiner deux jours de plus, même à son rythme, demain nous sommes de retour au camp.

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Dernière édition par Leslie MacLean le Dim 21 Mai - 15:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Under pressure [Tobias] /!\   Jeu 13 Avr - 1:22

Les reproches fusent, claquent contre ses tempes. Contrairement à lui, qui cherche à combler tous les blancs pour éviter de trop réfléchir, l’irlandais économise sa salive. Privilégie les piques ponctuelles et acérées. Loin de s’attendrir devant ses tentatives répétées pour rendre l’atmosphère moins électrique. Le climat désastreux ne fait au contraire qu’empirer. Il ne parvient qu’à déclencher sa hargne, au point de rendre son manque de discrétion contagieux. Le rouquin peste, envoie valser les pierres qui ont le malheur de se trouver sur son chemin. A défaut de pouvoir lui éclater violemment le crâne à la place. Le fracasser jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que de la bouillie. Si Tobias entretient sa réputation de moulin à paroles, c’est bien plus pour l’irriter que dans l’espoir de se faire pardonner la fuite du gibier. Ronger ses nerfs jusqu’à la cassure. Faire rejaillir la brute, pour se remémorer combien il peut le débecter. La pourriture qu'il incarne, qui a détruit cruellement sa vie. Enterrer l’humain sous une couche monstrueuse de crasse, pour ne pas flancher le moment venu. C’est sans doute la dernière opportunité qu’il aura avant des lustres d’en finir avec son tortionnaire. D’accomplir le crime prémédité qu’il n’a fait que repousser encore et encore depuis qu’ils sont partis. Anéantir une fois pour toutes l’emprise étrange du scélérat sur lui. Le vil manège fonctionne à merveille. Presque trop bien.

En dépit de sa détermination à maintenir le même rythme, sa jambe chancèle à de multiples reprises. Il la traine comme un boulet, se retient au pauvre bâton qu’il a ramassé pour ne pas trébucher. Les élancements d’affliction sont de plus en plus vifs à mesure qu’ils avancent, mais il se refuse néanmoins à le signaler. Il se persuade qu’il peut tenir. Se fixe des distances à atteindre pour s’occuper l’esprit. Il est hors de question d’admettre sa faiblesse devant l’ennemi, de lui donner une occasion supplémentaire de ricaner. Il s’est rendu assez ridicule depuis le début de l’expédition sans avoir à en rajouter. L’injonction implicite est une épreuve et un soulagement. Il n’a aucune envie de passer une nuit de plus avec ce sale type. Mais s’ils persistent, il ne tardera pas à s’étaler par terre comme une vulgaire carpette. Les seules répliques qui s’échappent de ses lèvres n’ont pour unique but que de le rabaisser, inlassablement. Elles lui laissent un arrière-goût acide en travers de la trachée. « - Je devrais m’en sortir, trop aimable de t’en inquiéter. » Grogne le danois, avant de s’enfoncer à nouveau dans les bois. Le massacre de zombies pour se défouler. C’est la tête rousse qu’il visualise à chaque fois que sa dague se plante dans un morceau de chair. Qui décuple sa rage. Il erre un bon moment dans la nature hostile, avant de se décider à rejoindre le camp de fortune. Il aurait préféré étirer la distraction indéfiniment plutôt que de retourner près du démon. S’asseoir sur une punaise ou un clou plutôt qu’à côté de Lui.

L’animosité palpable l’irrite avant même que son acolyte n’ait prononcé le moindre mot désagréable. Il sent venir la douleur comme une piqure d’ortie. Le simple frôlement d’abord, puis la démangeaison corrosive, qui donne envie de gratter jusqu’à faire saigner la peau. La boite est attrapée par pur réflexe alors qu’il vient de s’installer à une distance respectable de l’ancien toxicomane. Il lit machinalement l’étiquette, avant de plonger ses prunelles claires dans celles de l’ours bourru. « - Quoi, t’as besoin d’aide pour ouvrir ta conserve, Papy ? » Susurre-t-il d’un ton faussement mielleux, les rétines ravagées par le feu qui lèche ses entrailles. Un sourire factice dessiné sur les lèvres. La colère qui ne demande qu’à grandir, alimentée depuis des jours par le comportement irascible du donneur d’ordres. Le simple fait qu’il veuille le réduire au silence l’encourage à se montrer loquace, là où il se serait sinon surement abstenu de tout commentaire. « - Tu veux pas faire d’efforts. Très bien, arrêtons de faire semblant d’être civilisés. » Il le crache, les tripes bousillées par le mélange de fureur et de rancœur. Il ne s’est pas évadé de sa cellule pour continuer de se faire traiter comme un minable par lui.

« - Ça t’arracherait la gueule de te détendre un peu ? Tu crois que t’es pas tout autant une plaie à supporter peut être ? Avec ton humeur exécrable et ton autorité naturelle de petit dictateur ? Sauf qu’on est plus en prison, t’as plus aucun pouvoir sur moi ni sur qui que ce soit ici, alors je te conseille vivement de la mettre en veilleuse si tu veux pas bouffer de la ferraille ce soir. » L’arme improvisée est agitée devant l’œil aguerri, avant d’être brusquement tapée contre le sol. Les jointures de ses articulations en blanchissent, serrées autour du métal à s’en faire mal. Il doit se retenir de toutes ses forces de ne pas la jeter à la tronche du dégénéré, le défigurer. Lui faire perdre son charme envoûtant, ce charisme magnétique qui devrait le rendre insensible. « - Navré que ça te frustre autant d’avoir perdu si stupidement ta position privilégiée, mais il est hors de question que je te serve plus longtemps de défouloir. » La menace sous-jacente fait vibrer la mâchoire, les dents serrées à se l’exploser. L’attitude détestable de la teigne lui a coupé l’appétit, même s’il sait qu’il va devoir se résigner à engloutir le repas froid. Reprendre des forces pour ne pas s’effondrer comme une pauvre loque. Ni s’attirer les moqueries et les foudres de Leslie. « - Et puis c’est ça que t’appelle monter une tente, le pro de la survie ? Un scout de huit ans s’en serait mieux sorti que toi, on aura un sacré bol si elle nous tombe pas dessus pendant la nuit. » L’inspecteur des travaux finis jette un regard suspicieux à l’abri, en exagérant l’ampleur des dégâts. Que le roux incendiaire puisse lui sauter à la gorge le traverse pourtant. Un éclair vain de lucidité. Il le redoute autant qu’il l’espère. Le prétexte fumeux pour lui faire enfin ravaler son venin. Mettre un terme radical à la haine viscérale qui les consume tous les deux.

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MessageSujet: Re: Under pressure [Tobias] /!\   Sam 15 Avr - 17:26


Mes pauvres efforts qui ne servent à rien. Se montrer aimable face à un petit con et se prendre sa niaiserie en réponse. J’en serre les dents, les doigts qui se replient à s’en éclater les articulations et le soupir de désespoir qui vient rompre le silence.  Les phalanges se plaquent finalement contre les tempes pour atténuer l’afflux soudain de sang. « - Bon Dieu, j’aurais vraiment dû te démolir quand j’en ai eu l’occasion. » Ca s’arrache, se glisse entre les dents dans un murmure haineux. J’aurais dû le faire, pour de bon. Pitoyable créature qui n’a pas été capable de le briser comme il le méritait. Laisser les restes d’un incendie dans les reins, pour le sentir se raviver à chaque regard, s’éteindre à chaque fois qu’il l’ouvre. Ce calvaire qui perdure depuis le début, foutu danois et ses yeux couleur ciel, ses jolies lèvres roses bien pleines et ses belles anglaises… Putain de connerie. Le beau tableau qui se teinte de sang et se fracasse sous l’insistance des poings. De sa jolie gueule qu’il n’en reste rien pour effacer le tourment et ce trouble poisseux qu’il laisse sous la peau. C’est une sale addiction, pauvre toxicomane qui se retrouve à devoir faire face à un nouveau démon qu’aucune cure ne pourra faire disparaître. Son maudit sourire écorche ma patience, tant il pue l’ironie. Hypocrite, petit merdeux manipulateur. Je ne demandais rien, seulement qu’il se la ferme. Même ça, il semblerait que ce soit trop compliqué pour lui. Ses petites piques et ses menaces me font sourire. S’échappe alors l’ébauche d’un rire jaune lorsque la tirade s’achève.

« - Tu n’as toujours pas compris qu’ici ou là-bas, tu restes une petite merde ? Et à part pour débiter des âneries sans discontinuer, tu es d’une inutilité affligeante. Il en faut bien un, de petit dictateur dans ce genre d’expédition. Et tu serais déjà mort sans lui. » Le sourcil qui se lève et le regard qui s’accroche au sien. L’œillade entendue qui lui rappelle sa maladresse et ses conséquences. Du noir dans les pupilles qui se font de glace et deviennent les messagères de menaces silencieuses. L’insubordination et l’insolence, le mélange détonnant qui me lacère les nerfs. Il y plonge les deux pieds dedans et s’en barbouille la gueule pour me pousser à bout. M’agiter sous les nez les réminiscences de mon propre passé, l’adolescence perdue de vue depuis des lustres qui se reflète dans l’attitude du danois. « - Que ta liberté te donne des ailes et te rende encore plus stupide que tu peux déjà l’être, c’est ton droit. Mais puisqu’on en est à s’échanger des gentils conseils, à mon tour… Je te conseille juste de t’écraser si tu veux pas finir comme les macchabées qu’on a croisés tout à l'heure. » Le ton se fait lui aussi mielleux, s’accompagne d’un sourire tout aussi sympathique qu’hypocrite. Sa colère qui grouille sous la peau au même titre que la mienne, inutile d’être un spécialiste pour le savoir. Bouffés tous les deux par des années de haine, de la rancœur à n’en plus finir. Des supplices pour asperger le tout d'acide et rendre l’ensemble affreusement instable. Il me cherche, s’avance sur un terrain miné qui ne tardera pas à lui exploser à la gueule s’il continue sur sa lancée. Son commentaire m’arrache un grognement, et le regard qui se détourne pour s’abandonner dans la contemplation des ténèbres droit devant.

« - J’ai plus huit ans et je ne suis pas scout… Tu sais quoi demander pour ta prochaine expédition. » Le silence pour achever la réplique assassine. Les sourcils qui se froncent à mesure que les mots reviennent emplirent mon crâne. La langue claque contre le palais, signe évident d’un mécontentement harassant. « - Parce que la princesse s’imagine passer la nuit dedans sous prétexte qu’elle boitille ? Tu rêves gamin, c’est dehors que tu vas rester. Ça te fera du bien de prendre de l’air, après tout le temps que tu as passé enfermé, ce serait dommage de ne pas profiter du grand-air. » Je le susurre froidement, le timbre ronronnant des échos d’un plaisir malsain. Celui de le briser, même d’une manière aussi infime. A défaut de pouvoir pleinement le démolir comme il le mérite, comme je pouvais le faire il y a plus d’un an de cela. Une éternité à mes yeux. La semelle racle le sol lorsque les jambes se tendent, pour chasser l’inconfort avant de les replier et se pencher en avant. Menace implicite dans le mouvement du corps, le poids d’un regard aussi carnassier que le sourire venu se coller sur mes lèvres.

« - Même si te faire ravaler tes sarcasmes une bonne fois pour toute est une option affreusement tentante, tu ne vaux pas la peine de prendre un tel risque. Je n’ai aucunement envie d’avoir à expliquer aux autres pourquoi tu n’es pas avec moi. Ils ont eu la bonne idée de me refourguer un petit con de moulin à paroles, je fais avec. On est partis à deux, on rentrera tous les deux. Colle-toi ça dans le crâne. » Le penser était une chose. Le dire à voix haute me retourne l’estomac. La nausée vicieuse qui s’invite dans le système fatigué pour mieux le tourmenter. J’en ai de l’amertume sur la langue, ce goût dégueulasse qui me donne envie de cracher le dédain sur le sol à ses pieds. Rentrer seul, devoir rendre des comptes et voir ma place au sein du groupe menacée, hors de question. Aussi pénible l’évidence soit-elle, je dois le ramener avec moi. La pensée s’accroche à ma conscience depuis le départ, une rengaine qui passe et repasse à longueur de temps pour ne pas le laisser en arrière. Quand il aurait été si facile de le faire, le laisser dans sa merde au lieu de lui porter secours. Le ramasser avant qu’il se fracasse, avec en unique dommage sa jambe abîmée qui refait des siennes. Une inspiration à s’en péter les poumons pour chasser le malaise venu se coller dans le ventre et les paupières qui se ferment. Lourdes du poids d’une fatigue éreintante, la tension dans les nerfs qui épuise et abîme le reste.

« - Maintenant tu mets tes élans de petite teigne en veilleuse, on sait tous les deux que tu te pèterais les dents si tu tentais quoi que ce soit. Dans ton intérêt, comme le mien, tu manges et tu la fermes Tobias. » Une nouvelle menace qu’il n’entendra pas, j’en suis certain. L’âme à bout qui tente de s’offrir un semblant de paix pour éviter d'imploser. Perdre patience et le réduire au silence s’il s’échine à avancer sur cette route chaotique qu’il a décidé d’emprunter. Il ne serait pas le premier à vouloir m’éliminer. Ses petits copains de prison ont essayé, à l’intérieur ou au-dehors, tous sans succès. Une pauvre boite de conserve ne lui permettra pas d’y arriver c’est certain. Comme un réconfort factice, j’ai la main qui glisse contre la cuisse, se rapproche de la garde du poignard accroché à ma ceinture. Se rassurer avec le contact du métal froid. Anticiper dans les méandres d’une paranoïa folle les actes du danois irritant.

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MessageSujet: Re: Under pressure [Tobias] /!\   Lun 24 Avr - 18:17

Les frémissements de colère gagnent la carcasse entière, amplifiés par les répliques corrosives du tyran. Il a un mal fou à s’empêcher de trembler, comme en proie à une fièvre mortelle. Une pourriture qui le consume, le bousille de l’intérieur, mais qu’il doit pourtant contenir. Il ne sait pas ce qui le retient de lui sauter la gorge. Tenter sa chance, quitte à échouer, et terminer les os brisés. Ce n’est certainement pas la peur qui l’anime. Il ne se fait violence que pour ne pas laisser s’exprimer le monstre qu’il a créé. Celui qu’il a inventé de toutes pièces lors de son procès. Qu’il a fait naître en prison, en s’acharnant encore et encore à le détruire. A étouffer tout ce qu’il pouvait être avant d’échouer en taule. Celui que le danois est devenu pour survivre derrière les barreaux. Façonné par la souffrance et la haine. Il l’a rempli de rage, avant de fissurer la forteresse avec sa perversion outrancière. De permettre à la faiblesse de s’infiltrer dans les failles. L’armure bâtie à l’épreuve des émotions humaines inapte à les annihiler totalement. Le bouclier forgé dans la douleur, qui n’avait cessé inlassablement de se retourner contre lui. Les éclats du rire mauvais lui vrillent le crâne, résonnent encore alors même que des tirades infâmes l’ont remplacé. Des morceaux tranchants qui perforent la chair, éclatent les vaisseaux un à un.

Le monologue hargneux s’étend, s’étire, tandis qu’il ronge laborieusement son frein. Tout dans la gestuelle du rouquin inspire la méfiance et le danger. Il adopte la posture de ceux dont le seuil de tolérance est médiocre, lui intime de se tenir silencieux et tranquille. C’est mal connaitre la flamme, trop attirée par le baril de poudre pour s’en éloigner. « -  Répondre à une menace par d’autres menaces. Belle repartie, ya pas à tortiller. Voilà de quoi bien me rabattre le clapet. C’est tout ce que tu sais faire, cogner ou avertir que tu t’apprête à le faire. Je dois t’être redevable en plus ? Va crever, Leslie. » Crache t’il, un dédain extrême en travers des lèvres. Il refuse de ployer à nouveau devant le scélérat, d’obéir sagement pour éviter des coups. Il a suffisamment honte de ne pas le détester autant qu’il le voudrait pour rajouter la lâcheté à ses tares. De sentir cette attraction malsaine lécher ses reins en permanence, se mélanger à l’animosité palpable. De lui avoir donné les armes pour le rabaisser jusqu’à faire de la crasse une seconde peau. Comment avait-il pu se rabaisser à ce point ? Se vendre pour acheter de quoi supporter l’enfer carcéral ? Et pas à n’importe qui. A celui qui l’avait justement jeté là, en s’arrangeant constamment pour rendre son emprisonnement presque inhumain. Intolérable. « - Si tu veux être crédible, évite d’ailleurs de m’expliquer pourquoi t’as pas intérêt à le faire juste après, ça casse un peu le reste du discours. Tu brasses beaucoup de vent pour me rabâcher les mêmes conneries en boucle. Le moulin à paroles, à cet instant, on se demande franchement de qui il s’agit. » Les ongles raclent rudement la conserve, au lieu de s’en servir à un but plus utile. Rassasier sa faim ou sa soif de vengeance. Téméraire mais pas totalement suicidaire, il sait qu’il n’aurait pas le dessus. Pas avec sa guibole défaillante. Pas avec son gabarit non plus.

Plus un seul sourire sur la mine renfrognée, seulement un regard meurtrier. Les allusions à son séjour à l’ombre lui font serrer la mâchoire à s’en éclater les gencives. La fourberie de l’attaque le rend malade. « - C’est la bouffe contre la nuit au sec maintenant ? Je te la laisse de bon cœur va ta tente, t’en as surement plus besoin à ton âge que moi. Si les piquets pouvaient te transpercer la gueule pendant ton sommeil, tous mes vœux seraient exaucés. » Lâche t’il froidement, peu désireux de se battre pour une place à l’intérieur. La bassesse de la manœuvre le révulse, mais l’irlandais ne pourra s’en prendre qu’à lui-même, si le bouclé s’effondre d’épuisement pendant qu’il doit monter la garde. Ou s’il se fait égorger dans son sommeil, au chaud dans son duvet. Si l’ancêtre n’est pas prêt à prendre le risque de rentrer sans lui, Tobias l’est. De plus en plus à mesure que le venin s’écoule impitoyablement de la bouche fielleuse. « - Tu sais quoi ? Je préfère être une petite merde plutôt qu’un vieux dégueulasse, dont la seule ambition dans la vie était d’abuser de sa position de pouvoir pour se sauter des détenus. » Il sait qu’il n’était pas le seul, à offrir ses faveurs en échange d’un semblant de paix. A abandonner sa décence dans le fond de sa cellule. Les rumeurs atroces qui ne manquaient jamais de lui inspirer la nausée.

« - Je salue l’effort, au passage. Te retenir de faire un massacre sans ta dose quotidienne de sévices à l’abri dans ta tour d’ivoire, ça doit considérablement te frustrer. Tu t’es mis sous calmants pour mieux tolérer la plèbe ? » Susurre t’il, un rictus glacial sur les lippes. C’est sans doute ce qui est le plus insupportable pour lui. De constater que son bourreau a parfaitement su s’intégrer, se faire respecter. Que son passé douteux n’entre pas dans l’équation. Les prunelles claires poignardent celles du démon, y insufflent tout le mépris qui torpille ses tripes. « - Mais ils finiront bien par te percer à jour et par découvrir la raclure de chiottes que t’es. Pour l’instant, ils ont pas cerné l’enflure suprême à laquelle ils ont affaire, mais en temps voulu je me ferai un plaisir de le leur prouver. A défaut de pouvoir le raconter à ta fille. » La grenade dégoupillée roule à ses pieds. Il regrette aussitôt son élan d’insolence. La provocation pure qui lui coûtera forcément cher. La plaie encore béante et infectée, qu’il vient de charcuter sans réfléchir. Pour l’atteindre, à n’importe quel prix. Sa main se dépose sur son piteux morceau de bois, au cas où il serait nécessaire de se relever en vitesse. L’autre vient tâter la lame accrochée à sa taille, se rassure avec le contact métallique. En regrettant de ne rien posséder de plus efficace et dissuasif à disposition.

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MessageSujet: Re: Under pressure [Tobias] /!\   Jeu 27 Avr - 21:05


Admirer les tentatives pour ne pas fléchir, le dédain qui se déverse à chaque parole. L’esquisse d’un sourire hypocrite sur lequel se coule des éclats d’une admiration fébrile. Le monstre charmé par l’audace de sa proie, il en hoche doucement la tête, convaincu par l’attitude et le crachat qui l’accompagne. Ce refus de flancher à nouveau, mais les nerfs qui se tendent sous la peau. Il pue la frustration et l’envie de cogner, se bousille à se retenir. « - Cette ingratitude… Tu tiendras pas bien longtemps parmi eux si tu continues de penser comme ça. » Le souffle s’échappe, une moue dépitée sur les lèvres. Ce n’est pas leur mode de fonctionnement. Cracher sur les siens dans l’espoir de sauver sa peau, n’être redevable à personne pour se croire libre. Le mode vie de ces autres derrière les murs, certainement pas de ceux qui ont eu l’idée de nous recueillir. Quand crever était certainement la seule chose qui nous tendait les bras dans ce maudit exil. Se plier aux règles le plus vite possible pour gagner la confiance et cette place si ardue à acquérir. Le petit nouveau ne le comprend pas, ne réalise peut-être pas non plus que ce raid est un test. Pour lui comme pour moi. Tester l’efficacité et l’esprit de groupe. La résistance de nos nerfs aussi, bien qu’ils étaient loin de se douter de ces élans communs qui nous enchaînent l’un à l’autre.  J’ai laissé tout ce tas d’immondices derrière moi, entre les murs. Les relents de souffre du vice enfermés dans un coin de la prison qui ne m’appartient plus. Un autre y a depuis pris ma place, aussi pourri, voir plus encore que son prédécesseur.

Le commentaire appose sur les lèvres un sourire en coin, moqueur à en crever. « - Et laisser une pauvre tente faire ce que tu n’as pas le courage de faire ? J’admire ton cran, avec plus de bonhommes dans ton genre, tout le camp pourrait dormir sur ses deux oreilles sans le moindre problème. » L’admiration feinte sur le visage, et les mains qui se rejoignent pour applaudir les talents de la nouvelle recrue. Une unique fois, quand dans la pupille s’incruste l’ironie. Ca racle contre la peau, dévore les reins et le cœur. Ce fil de lame sur lequel j’oscille dangereusement en sa présence. Premier instant fatidique où les regards se sont croisés, l’évidence qui se colle au cœur malgré tout ce qui tend à séparer, ce merdeux en âge d’être mon propre rejeton. L’attaque fait se cogner les dents, elles grincent et s’abîment. J’ai la honte qui s’arrache, des morceaux sanglants de chair purulente qui s’effondrent. Mes doigts se referment jusqu’à laisser les ongles s’incruster dans la paume et faire perler le sang, l’odieux rappel qui fait se mêler l’écœurement aux relents d’un plaisir sale. Arracher les faveurs crades à ces misérables en échange d’une incarcération meilleure. Les rumeurs qui circulent, enflent et éclatent, véridiques pour la plupart. Il a pourtant été le seul auquel je me sois si abjectement lié. J’ai la mémoire de sa peau ancrée à la mienne, les saveurs interdites en souvenir contre la langue, là où vient se poser la bile. « - Le vieux dégueulasse t’arrangeait bien quand il était question de t’offrir de quoi te tenir sur tes jambes sans grimacer de douleur. Et t’assurer la sécurité au milieu des autres. » Je le crache sans desserrer les dents, sans lui accorder un seul regard. Ravale ma faiblesse dans un battement de paupières, efface le trouble pour le noyer sous un torrent de haine. La colère sourde sous la peau pour y remplacer l’odieuse fascination qu’il exerce sur moi.

Elle explose, cette rage, lorsque le dernier mot vient écorcher mes oreilles. Ta fille. Le diable au corps, la réaction qui se fait immédiate. C’est toute la carcasse qui s’insurge, se redresse et se lève pour venir agripper le col du suicidaire dans un élan surprenant de rapidité. Le traîner à même le sol avant de le contraindre à lever son cul et fracasser son dos contre l’écorce du tronc le plus proche, les hanches qui se heurtent aux siennes. Et le bras en travers de sa gorge, prompt à écraser la trachée au moindre faux pas. De l’asphyxie dans ses poumons, la haine dans mes pupilles qui s’arrachent contre les siennes. « - Ne t’avises plus  d’en parler ou de seulement mentionner son nom. Si tu n’étais pas venu te foutre au milieu, rien ne se serait passé. Elle n’aurait pas… Elle serait… » J’ai la voix qui s’étrangle, s’échoue sur les récifs d’un chagrin encore trop intense pour être contenu quand la rage faisait vibrer l’ensemble sur les premières notes. Je compte les jours sans elle, cette absence qui me détruit et fait grandir le manque, exacerbe les élans de violence. La douleur se peint sur le visage, fait vaciller les prunelles jusqu’à lors durement accrochées aux siennes. De la faiblesse dans la prise, un morceau de l’agressivité comme soufflé par les mots.

« - Qu’est-ce que tu imagines ? Que ce sont des enfants de chœur et que je suis l’unique monstre du campement ? » Ce n’est qu’un murmure rêche qui s’arrache avec peine de la trachée malmenée. Amorcer la reconstruction de l’édifice si facilement brisé, remettre du poids contre sa gorge jusqu’à percevoir les échos de la douleur sur sa jolie gueule. Le regard effleure la ligne des lèvres, irrémédiablement attiré avant de revenir se heurter au sien. « - Ce sera ta parole contre la mienne Tobias. Tu n’as rien, aucune preuve pour avancer ce que tu pourras dire, seulement des racontars d’au-delà des murs, et ils s’en moquent. Crache ton venin sur moi devant les autres, et c’est votre place, à ta sœur et toi que tu risques. » Menace qui tombe dans un souffle, l’esquisse d’un sourire assassin sur les lippes. Mes doigts viennent s’accrocher à son menton, contraignent le danois à lever légèrement la tête. S’abîmer la gorge sous l’étau d’un bras toujours aussi pesant.

« - Et entre nous, ils auront tôt fait de trancher. Une raclure valide contre un petit menteur boiteux… Même toi, tu ne parierais pas sur tes chances de t’en sortir indemne si un procès devait avoir lieu entre nous. »
Pour chasser totalement la faiblesse, l’écho d’un rire amer s’arrache et je le relâche dans une saccade brusque. Serre le poing avec l’envie folle de frapper. Encore et encore jusqu’à le voir inerte sur le sol humide. Le goût du sang sur la langue, le cœur bat avec hargne et agite la respiration. J’en inspire pour faire taire la tempête et recule finalement, rage au ventre et phalanges tremblantes d’une frustration dégueulasse. Lourd soupire scellant l’instant, les pieds raclent la terre et le corps s’éloigne pour se rapprocher de son point de départ, ramasser au passage la pauvre lampe et la maudite conserve partie rouler devant la tante. Demain le supplice prendra fin.

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MessageSujet: Re: Under pressure [Tobias] /!\   Mer 3 Mai - 0:23

La leçon de morale passe dans une oreille pour ressortir par l’autre. En les éraflant cruellement au passage. Mieux vaut surement entendre ça que d’être sourd, mais il n’en est pas certain. L’irlandais a brisé sa vie avant même de le connaitre. En amplifiant inutilement le châtiment de son père, trop fragile pour le supporter. Si l’enquête a conclu au suicide, pour le fils il n’y aucun doute. Il s’agissait d’un meurtre. Le directeur l’y a poussé, jour après jour. Il est convaincu que Leslie s’en moque, qu’il s’est contenté de faire vider la cellule sans éprouver la moindre once de remords. Sans même s’avouer responsable. Encore moins coupable. Son erreur avait été de mettre un visage sur le monstre. De l’humaniser. Il aurait dû procéder à distance. Payer quelqu’un pour faire le sale boulot à sa place. Ne jamais le rencontrer et prendre le risque de l’apprécier. Ne pas se mettre à parler de tout et de rien autour d’un café. Se lover entre les griffes du diable. « - T’en fais pas, il n’y a qu’à toi que je réserve ce régime de faveur. » Crache-t-il, en plantant ses prunelles perçantes dans celles du rouquin. A quoi s’attend-t-il au juste ? A ce qu’il éprouve de la reconnaissance après l’enfer qu’il lui a fait vivre, sérieusement ? Le danois ignore délibérément le reste, l’insinuation sur sa prétendue lâcheté. Préfère le laisser croire qu’il n’en est pas capable, pour garder l’effet de surprise à son avantage.

Un rire faux, cassant, s’extirpe de ses lèvres lorsque l’énormité sort de celles de son tortionnaire. Mentionner leur arrangement sordide lui a fait mal. Entendre que le pervers le protégeait en échange lui donne l’impression qu’on arrache ses entrailles à mains nues. « - M’assurer la sécurité au milieu des autres ?! Tu te fous de ma gueule ? Tu crois que je sais pas que tu commandais à certains de s’y mettre à plusieurs pour me passer à tabac ? Que t’as tout mis en œuvre pour aggraver mes conditions de détention ? C’était juste un putain de cercle vicieux. » Il se demande parfois si son père en est passé par là lui aussi. Se rabaisser plus bas que terre dans l’espoir illusoire d’atténuer son calvaire. La simple idée le révolte, le révulse. Il n’a jamais osé poser l'ignoble question au bourreau. Elle reste sur le bout de sa langue. L’arrière-goût ignoble qui perdure dans son palais. « - Mes jambes se seraient très bien portées si t’avais pas fait en sorte de les bousiller. Des mois de rééducation foutus en l’air juste parce que tu l’avais décidé. » Une année de souffrance réduite à néant. La guibole fracassée par les coups de pieds et de matraque. La douleur intolérable, qui l’avait poussé à se vendre pour tenter de survivre dans la jungle carcérale.

La mention de sa fille est un acte suicidaire, qu’il voudrait illico ravaler. Il n’a même pas le temps de se redresser, de se lever, que le fou est déjà là. Il l’agrippe, le traine comme un vulgaire sac à patates contre la terre. Le choc violent lui ravage l’échine. Le scandinave tente de se débattre, de se défaire de l’emprise de fer, mais il ne parvient même pas à le ralentir. Le dos est cogné contre le tronc d’arbre avec hargne, le bassin se fracasse contre le sien. Un râle de douleur s’échappe de sa gorge, s’y étrangle lorsque le bras vient brutalement écraser son cou. Il suffirait d’un rien pour qu’il l’asphyxie, le réduise définitivement au silence. L’éternel reproche se heurte contre ses tempes, le fait frémir. Celui qu’il n’admet pas mais qui lui fait éprouver une profonde culpabilité pourtant. Il n’était qu’un gamin au fond. Pas vraiment prêt à s’engager dans une relation si sérieuse. Encore moins à devenir père. Pas non plus à la perdre si stupidement. Trois morts volontaires depuis sa naissance. A croire qu’il est maudit. Qu’il a le don, indirectement ou non, de pousser ceux qu’il aime au désespoir. Il n’a jamais souhaité que le pire au roux teigneux, mais en cet instant, il est sincèrement désolé. La détresse qui se peint sur son visage le blesse, lui rappelle l’immense gâchis qu’il a causé. Il voulait se venger, oui. Mais pas de cette manière-là. Pas en causant la perte d’une innocente.

L’absence de réponse en unique défense, tant que sa trachée se fait broyer. Il frissonne d’effroi lorsque la menace sous-jacente est distillée. Personne ne quitte la Communauté. Ceux qui n’y ont plus leur place sont tués, pour empêcher qu’ils ébruitent son secret. C’est plus qu’un exil qu’ils risqueraient. C’est à la mort que son agresseur les enverrait. La pression sous sa mâchoire est trop forte pour qu’il parvienne à parler. La colère et la peur déchirent cependant le bleu intense de ses prunelles, traduisent le ressenti qu’il voudrait taire. Son palpitant martèle horriblement sa poitrine, n’aspire qu’à se décrocher de sa cage thoracique. Qu’il puisse arriver quoi que ce soit à Billie le terrifie. L’ennemi le relâche subitement. Les guiboles médiocres cèdent sous son poids. Il s’effondre lamentablement, s’écorche les paumes sur la racine de l’arbre. Des gouttes de sang en perlent aussitôt. Pitoyable, lamentable, il corrobore une énième fois ses insultes dégradantes. L’invalide pathétique, qu’on malmène comme une insignifiante poupée de chiffon. « - Si t’en es à ce point persuadé, pourquoi t’as besoin d’argumenter autant ? Laisse ma sœur en dehors de tes combines. » La question n'est qu'un cinglant sarcasme. L’ordre, en revanche, prend davantage des allures de supplique. L’intimidation ne fonctionne jamais sur le plus âgé. Mais il lui a déjà prouvé qu’il n’était pas dénué de toute forme de compassion. « - Continue de croire ce qui te permet de mieux dormir la nuit. J’ai jamais eu l’intention de lui faire le moindre mal et tu sais aussi bien que moi qu’elle était malade. » Souffle t’il doucement, les rétines résolument baissées au sol. Il s’en veut affreusement pour le drame. Mais s’il en a été l’élément déclencheur, il est convaincu qu’elle aurait fini par le faire, tôt ou tard.

C’est au prix d’un effort laborieux qu’il parvient à se remettre sur ses pattes. Il tente de garder un semblant de dignité en regagnant sa place, mais ne peut s’empêcher de boiter comme un misérable. « - Maniaque. » Grommelle-t-il entre ses dents, en récupérant la conserve reposée droite. « - Vaut mieux qu’on ne s’adresse plus la parole jusqu’à demain. » Admet t-il finalement en ouvrant la boite, l’orgueil en miettes et le cœur en jachère. Un regard noir lancé furtivement dans la direction de son assaillant. En souhaitant que l’autre n’en remette pas une couche pour souligner sa victoire.

[…]

Cela fait une poignée d’heures que ses nerfs se font grignoter par la haine. Assis dehors, il rumine dans sa barbe. Se repasse les évènements désastreux dans sa tête. Mesure le danger que représente la survie de l’impulsif. Il pourrait s’en prendre à sa cadette, à lui. Il ne mérite pas de s’en sortir. De se construire une nouvelle vie après les atrocités commises. Il ne lui faut pas longtemps avant de pénétrer avec une prudence infinie dans la tente. De se rapprocher du dormeur, de poser une lame à l’aube de sa gorge. Mais au moment de la lui trancher, une infime hésitation s’empare de lui. Suffisante pour permettre à la bête de s’éveiller.

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MessageSujet: Re: Under pressure [Tobias] /!\   Ven 5 Mai - 17:52


Ravaler la rancune, la mettre en sourdine et serrer les mâchoires pour s’efforcer de rester silencieux. Il n’y a plus rien à ajouter et pourtant tant de choses qui pourraient encore venir se heurter contre son audace. L’envie de cogner toujours accrochée aux phalanges, le cœur battant à tout rompre dans la poitrine pour distiller la soif de violence dans les veines. J’en rage, inapte à faire taire la tempête de hargne qui me ravage le crâne. Les dents grincent et les poings se serrent. Se contenter de lui lancer une œillade noire et assassine alors qu’il se rapproche, piteuse créature se dandinant sur sa patte blessée. La colère au ventre j’attrape mon sac à dos et sans lui accorder la moindre importance, je me réfugie sous la tente. Pour penser ces blessures ouvertes, l’hémorragie qui est en train de tout balayer. J’ai des relents de sel sous les paupières, ça brûle et ça broie le cœur. La frustration coléreuse qui s’exprime dans les gestes, oblige à s’y reprendre à plusieurs reprises avant de parvenir à étendre ce foutu duvet, ouvrir le sac et plonger la main dans la gueule ouverte pour y chercher mon trésor médical. Elle était malade. Le douloureux constat qui sonne comme une affreuse condamnation. Ces années d’angoisse passées à veiller sur elle, à m’assurer qu’elle prenait bien son traitement pour éviter le pire. Cette menace latente qui s’accroche aux épaules de tous ceux qui souffrent de ce mal dégueulasse. J’ai détesté sa mère pour ce cadeau empoisonné, et je me suis convaincu qu’elle échapperait à ce pire planqué dans l’ombre. Et pourtant, j’ai poussé ma propre gamine dans la tombe. La pensée me fait frissonner, un spasme douloureux qui agite toute la carcasse et les paupières se ferment. Souffrance qui se peint sur la figure le temps d’une inspiration chaotique, achever la détérioration dans un reniflement dédaigneux et faire valser les cachets dans le gosier. Laver la honte sous une gorgée de flotte, tout remettre en place et refermer le sac pour finalement s’allonger. Rester planté là à fixer le plafond de toile et espérer pour que la nuit soit courte. Ridiculement courte.

Submergé par la fatigue, le sommeil qui s’invite là où il ne devait faire que passer. L’esprit qui se perd et oublie où il se trouve, les menaces au-dehors, la relève d’un tour de garde qui se repousse. Les sens au point mort, rien ne m’avertit de sa présence. Seulement le froid soudain contre la gorge qui fait tressaillir le corps assoupi. Rien ne bouge, paupières résolument closes encore engourdies de sommeil et pourtant, un sourire en coin vient déjà se poser sur les lèvres. « - Je me demandais quand tu allais te décider à faire quelque chose. » Lâché dans un souffle, le murmure qui volète contre ses doigts. J’abandonne presque à regret ma cécité factice pour poser les yeux sur le danois téméraire. Tourner légèrement la tête et érafler la peau fragile contre la lame. Frissons et tressaillements, grisé par la menace, l’adrénaline qui commence doucement à pulser dans les veines. « - Tu es tombé sur une boite de conserve surprise et tu y as retrouvé une de tes couilles en cadeau ? Pour récupérer la seconde, il aurait fallu que tu nous fasses ce petit numéro au camp… Mais c’est déjà un début. » Se foutre gentiment de sa gueule, parce qu’il n’y a que ça à faire. Je me suis demandé, à chaque fois qu’une occasion a pu se présenter, ce qu’il attendait pour agir. Lui qui doit être autant rongé par la rancœur que je peux l’être. Cette haine sous-jacente qui empêche les muscles de se détendre lorsque l’autre est proche. Le besoin viscéral de le voir souffrir pour avoir l’impression de lui faire payer les horreurs commises.

« - Ca fait quoi… Douze ans que tu rumines ta petite vengeance ? Qu’est-ce que tu attends gamin ?  Tu veux que je le fasse à ta place peut-être ? » De la moquerie sur la langue, cynisme à fleur de peau et le sourcil qui se hausse. Les pupilles qui sondent les siennes pour se heurter aux fragments de l’hésitation. La pire erreur qu’il pouvait faire. Hésiter et offrir à sa victime l’occasion de s’octroyer un sursis. Infime, suspendre l’instant et ses motivations pour retourner la situation à mon avantage. L’immobile sortant de sa léthargie dans un spasme, frapper du coude dans la cuisse abîmée pour le voir flancher. Les muscles se tendent sous l’impulsion et les doigts s’accrochent au poignet, contraignent violemment la pauvre articulation à virer de bord. Flirter avec les limites de la physique et se déployer dans un angle douteux. Ca craque, c’est sale et ça me colle des fourmillements de jubilation dans les reins. La soif avide de la douleur sur le visage de l’autre, jusque dans les tréfonds de sa pupille. Je l’attire vers moi d’une saccade mal assurée, envoie la pogne qui retient la lame se fracasser au sol, encore et encore jusqu’à ce que les doigts cèdent et s’ouvrent enfin. Ma main libre vient agripper les mèches sombres avec hargne, contraignant la figure à se rapprocher du sol jusqu’à l’y plaquer sans la moindre douceur. Reprendre le dessus lorsque je finis par me redresser, emprisonner le corps entre les cuisses, son poignet toujours fermement maintenu entre mes doigts.

La carcasse se penche, se rapproche de celle de la proie et le souffle effleure la peau. « - J’imagine que c’est Billie qui t’as soufflé l’idée de profiter d’un raid où il n’y aurait que nous pour en finir. Et réparer l’injure que je vous ai faite. » Le murmure s’échappe, caresse l’oreille avec douceur. En contraste à côté de la poigne qui se resserre contre les bouclettes. La proximité me dévore le ventre, assassine les reins. Eveille les sens, le cœur dans la poitrine qui trébuche et frappe plus fort. Agite les relents d’instants passés, les égarements crades dans la cellule qui me collent encore à la peau, incrustés dans la mémoire. Le venin de ce désir honteux dans les veines, la privation qui renforce le besoin déroutant. L’obsession enfermée dans les pupilles d’un petit con. Asservit à ce jeu perfide que j’ai moi-même instauré entre nous. Pour le détruire, le réduire à l’état de rien. Certainement pas pour ressentir un vide affreux dans le ventre lorsque la séparation venait à s’éterniser. Faire passer les élans de violence pour du ressentiment, un supplice gratuit en représailles, dissimuler la honte sous ses blessures et le sang. « - Elle t’a sur-estimé, je suis certain qu’elle aurait été plus efficace que toi dans cette entreprise. » Je le lui jette à la figure, la moquerie emplie de dédain et de cynisme. Raclure de méchanceté sur la langue pour mieux faire peser sur ses épaules le poids de son échec. Charmante Billie restée au camp, attendant le retour du frère prodigue avec mon sang sur ses mains.

J’en ai l’esquisse d’un sourire amer sur les lèvres, le regard qui s’accroche à la figure malmenée sous mes doigts. Serpents qui se recroquevillent un peu plus dans la chair, appuient durement contre les os lorsque je me penche pour récupérer doucement la lame égarée. La pression s’efface pour mieux venir s’agripper au col et le contraindre à se redresser une seconde fois avec rudesse. La menace de l’acier contre sa peau et les souffles qui se mêlent. Phalanges qui tremblent contre la veste, la lame restant pourtant immobile contre sa gorge. Les pupilles qui s’accrochent aux siennes, la brulure de la haine et de l’envie qui y gravite, pernicieuse. La rage dans les veines, c’est la folie qui guide le geste. L’impulsion d’un manque assassin qui pousse les contraires à venir se sceller. Mes lèvres qui s’écrasent durement contre les siennes, de l’avide sur la langue. Des frissons sur la peau.

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MessageSujet: Re: Under pressure [Tobias] /!\   Lun 15 Mai - 18:51

La mort au bout des doigts, la délivrance à portée de main. Tout pourrait s’arrêter. L’emprise malsaine du tortionnaire. L’attirance putride. La peur qui glace les os et fige le sang dans les veines. La fin d’une traque qui n’aurait jamais dû s’éterniser autant. Les représailles tardives, pour laver l’honneur de son père. Le sien également. Il suffirait seulement d’appuyer davantage contre la lame. Tracer un trait net et profond contre la gorge offerte. Le regarder s’étrangler avec son propre cruor, sans retour arrière possible. Mais c’est une chose de le vouloir, de sentir la haine épouser la moindre fibre de son être. C’en est une autre de mettre ses sombres desseins à exécution. De devenir un monstre équivalent, en égorgeant un homme en toute conscience, avec l’esprit bien clair. Il s’en pensait capable en pénétrant dans l’abri de toile. Il l’est nettement moins désormais. Une seconde d’hésitation, c’est déjà trop, c’est déjà plus que ce qu’il peut se permettre. Le sourire un brin pervers qui se dessine sur le visage de l’irlandais annonce le pire. Promesse silencieuse résonnant à n’en plus finir dans les tréfonds de ses entrailles. Il sent que le tortionnaire jubile, de le sentir à ce point hésiter. Preuve, s’il y en avait encore besoin d’une, qu’il a parfaitement réussi à l’asservir.

Les moqueries volètent contre ses oreilles, odieuses et insupportables. La prise contre la dague se renforce, à en faire blanchir sévèrement ses articulations. Il vient à nouveau de s’enliser dans un joli bourbier. A croire qu’il ne dispose plus du moindre instinct de conservation. « - C’est plus fort que toi hein ? T’as besoin de me rabaisser pour te mettre en valeur même quand tu devrais faire profil bas. T’agresser en prenant le camp pour témoin, ce serait pas du courage, juste de la connerie pure. » Lâche t’il, le regard fielleux. Les railleries du rouquin aggravent dangereusement l’état de ses nerfs, tout en le paralysant complètement. Il se sait ridicule, pitoyable, inutile. Mais surtout inapte à mener sa vengeance à terme. A protéger sa cadette. S’il ne le tue pas là, il le regrettera. Tôt ou tard. S’il ne devait lui rester qu’une seule certitude, ce serait celle-là. Empêtré dans son immobilisme, il ne voit pas le premier coup venir. L’attaque facile contre la jambe amochée en taule par ses soins. Le râle de douleur s’étouffe dans sa trachée, alors qu’il agrippe son poignet pour le tordre dans un angle critique. Une grimace d’affliction déchire ses traits alors qu’il résiste de toutes ses forces, s’y accroche comme à un rocher en pleine tempête. Il refuse de perdre l’unique avantage qu’il lui reste. Mais le bourrin s’acharne, bousille ses doigts avec une violence inouïe. Les mêmes articulations fracassées sans vergogne des années auparavant, dans l’obscurité crade du mitard. Le métal finit par chuter dans un bruit sourd sur le sol, le danois vaincu par l’entêtement du fou. Son crâne se fait aplatir par terre, pendant que les hanches de la brute viennent enserrer les siennes.

Un rire amer vient le secouer, alors que le rustre pèse sur sa pauvre carcasse de tout son poids. Sa maudite guibole lui fait horriblement mal dans cette position, mais c’est surtout son ego qui se fait écraser comme un vulgaire raisin sec. Le souffle suave se répand dans son oreille, le fait frissonner malgré lui. Comme si son corps ne lui appartenait plus, réagissait instinctivement. Au manque qui le ronge depuis plus de deux ans. Le parasite ancré sournoisement sous sa chair, trop profondément pour l’en déloger sans faire une boucherie. Son esprit détraqué l’avait peut être lui-même inventé pour rendre cette forme de prostitution plus acceptable, moins sordide. Commencer à y ressentir du plaisir, même vicié, pour ne pas se sentir victime d’abus ignobles. Ou peut être que c’était déjà là, bien avant. Quelque part entre le cœur et les poumons, en sommeil. Lorsque Zilpha vivait encore, et qu’ils ne se résumaient pas à deux coquilles vides. Il suffit toujours d’un rien pour que les reins s’embrasent, se calcinent littéralement. « - T’imagine mal et tu deviens complètement parano. Qu’est ce que tu crois ? Que j’ai besoin d’elle pour avoir ce genre d’idée ? Tu te trompes. » Assure t’il, avec toute la force de persuasion qu’il peut puiser. Écarter sa petite sœur des potentielles représailles est vital. La préserver pour la sauver. Ils n’en sont pas à se faire des réunions privées pour élaborer le meilleur moyen de l’éliminer. Mais la brunette l’a pressé de sauter sur l’occasion lorsque la composition du raid leur a été imposée. Il aurait préféré masquer son point faible, ne pas paraitre si vulnérable. Inventer une histoire quelconque, nier le lien de parenté pour l'épargner. Il n’y est pas parvenu. Billie représente trop à ses yeux pour que l’évidence ne saute pas aux yeux de tous. Pour dissimuler combien il tient à elle, et la méfiance qu’il voue à tous ceux qui s’en approchent. Certains jours, il n’y a même qu’elle pour le tenir en vie. Elle mérite infiniment mieux qu’un monde où l’assassin de leur père respire le même air qu’eux, en toute liberté. « - Et parle pas trop vite, t’es pas encore rentré. » Crache t’il, mauvais, comme pour reporter l’attention sur lui. Au moment où les doigts s’enfoncent dans la mâchoire, s’y pressent hargneusement.

Le geôlier le redresse de force par le col de son blouson, lui impose le contact polaire du métal contre sa jugulaire. Ce n’est pas la menace qui rend la déglutition la plus difficile. C’est la contiguïté dévastatrice qui l'anéantit. L’addiction qui miroite dans les prunelles du drogué faussement sevré, qui se reflète dans les rétines claires de son assaillant. Le mélange honteux de désir et de haine. Il s’imprime dans le moindre recoin de son enveloppe, le tenaille rudement. Brise sa volonté en rendant illusoire l’espoir d’en réchapper. Il ne sait pas ce qu’il redoute le plus. L’acier glacial ou la convoitise teigneuse qui danse dans les pupilles ennemies. L’envie malsaine qui se mue en nœud coulant. Ses muscles se crispent, dans l’attente intolérable de la sentence. La cervelle en feu, le cœur en miettes, il se débecte. A ne pas parvenir à refouler l’atroce dépendance. Celle qui implose dans ses viscères à mesure que la respiration brûlante du démon caresse son épiderme.

Les lèvres criminelles se fracassent contre les siennes dans une impulsion rageuse, s’y abiment. La lame acérée l’égratigne dans la manœuvre, les perles pourpres roulent contre la clavicule. Le besoin primaire lui racle sauvagement les tripes, incendie la peau. La main valide attrape le poignet qui tient l’objet tranchant, en profite pour le détourner. Assoiffées d’arsenic, ses lippes répondent au baiser avec violence, en dépit de la répulsion qui gratte le ventre. L’abandon temporaire des armes l’écœure, mais il ne parvient pas plus que l’autre à se contrôler. Il ne pense plus à rien, seulement guidé par ses pulsions infectes, celles qui dépassent de loin son aversion. Il lui suffirait de s’écarter ne serait-ce qu’une minute du tyran pour qu’une vague de dégoût l’emporte, pour réaliser l’ampleur de son crime. Au lieu de ça, il se rapproche plus avant. A bout de souffle, sa bouche ne s’éloigne de la sienne que pour retirer sa propre veste, le cuir qui dévore le tissu et la chair en dessous. Les serpents enjôleurs se glissent sous le haut du roux, à l’abri contre le torse criblé de tâches de rousseur. Il le veut tellement que c’en est douloureux. Les lèvres avides reviennent capturer leurs partenaires irascibles, alors que les phalanges esquintées se cramponnent furieusement à sa nuque. L’exploration lascive s’étend plus bas, contre la boucle de sa ceinture. Il la défait avec un empressement abject. S’unir pour mieux se détruire. Ramener les humiliations cuisantes à la surface. L’écho lointain des étreintes obscènes entre les murs crades de la prison. S’avilir pour ne plus hésiter à la prochaine tentative de meurtre.

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MessageSujet: Re: Under pressure [Tobias] /!\   Dim 21 Mai - 15:20


Aux funérailles de la raison, j’enterre ma conscience et mon cœur. Achève de salir la mémoire de celle qui aura été la victime de ces instants d’égarements crades. J’ai le besoin de m’éloigner ancré sous la peau, le repousser avant qu’il ne soit vraiment trop tard et l’envie d’y parvenir morte au contact de ses lèvres. Tout le corps aux abois, à l’agonie sous les assauts impérieux de ce désir affolant. Mes mois d’abstinence qui me sautent à la gueule dans toute leur splendeur, et la douleur qui va avec. Elle vrille et bousille les reins, le ventre qui s’embrase et distille sa chaleur folle dans les veines. L’évidence qui blesse tant elle est pénible à supporter. Je le veux. Honteusement, avec une ardeur folle qui pousse les phalanges à présent libérées de la lame à venir s’accrocher à son visage pour le maintenir, l’empêcher de s’éloigner jusqu’à l’asphyxie. De la violence dans les gestes, fébriles et brutaux, soumis aux échos de ce chaos qui s’élève dans le corps. J’ai des frissons de dégoût sur la peau, de l’avide à en crever tant il m’obsède. Depuis le premier instant, la première conversation. La fascination démente dans le bleu de ses yeux. Ce petit con qui m’a fait tomber dans les limbes du vice, creuser encore plus loin jusqu’à plonger dans les ténèbres les plus complètes. Voyage sans retour, avilissant et ô combien plaisant. Je râle contre ses lèvres lorsqu’elles s’éloignent, le cœur battant à tout rompre dans la poitrine et les pupilles rongées de convoitise dévorant la silhouette. La veste qui tombe et les doigts qui se glissent contre ma propre peau. Décharges de convoitise, les muscles qui se tendent et le soupir qui se perd dans l’étreinte. La saveur de sa langue contre la mienne, l’explosion des sens et la fin de la lutte pour revenir à la raison.

Trop tard pour reculer, les pulsions folles dictent les règles du jeu. Le posséder pour éviter de le fracasser, trouver là un semblant de paix avant le prochain orage. Du rude dans les doigts, mon pull qui s’arrache et tombe à terre. Sa chemise qui cède sous les assauts de ces mêmes phalanges, avides de le toucher à nouveau. Se brûler la pulpe des doigts jusqu’à y imprimer en nouvelles empreintes le moindre détail de sa peau. Venir y abîmer fiévreusement la mienne pour y apposer une marque indélébile. Il m’appartient. Jusque dans les tréfonds de son être. Je l’ai brisé, fracassé sans pudeur. Possédé à l’excès jusqu’à le marquer de ma présence. Le laisser se faire dévorer par mon absence au point de lui faire détester nos retrouvailles. L’asservir jusqu’à la folie, comme il a pu m’asservir. Dans ce jeu corrompu, les deux joueurs se sont perdus sans même réfléchir. Accrochés à leur ressentiment et à cette chose écœurante qui éveille les sens et les corps au moindre contact. Le ventre qui s’arrache et l’ardeur qui éclot entre mes cuisses, se presse contre ses hanches jusqu’à l’indécence. Mes doigts s’agrippent aux bouclettes, fermement. S’y cramponnent comme par crainte de le voir disparaître. Respiration en déroute mourant contre sa peau, les lèvres effleurant la ligne de sa gorge, le sang sur le bout de la langue. Abandonner la tignasse pour parcourir l’enveloppe, du lascif dans le geste jusqu’à atteindre le jean. Le défaire sans attendre, et le laisser glisser contre les hanches avec l’autre morceau de tissu qui achève de le dévêtir. La main qui se perd, explore les récifs d’un masculin affolé sous les assauts obscènes de mes phalanges. L’assurance dans ce geste tant de fois exécuté à l’ombre des barreaux. Le sentir se tendre et résister, ses soupirs crevant le silence. M’en mordre la lèvre pour refouler mon tourment, cette vague incendiaire qui me ravage le ventre. Jouer avec ses nerfs tout en détruisant les miens. J’en ai la carcasse qui tremble, soumise à l’impatience, à ce besoin malsain qui est en train de tout engloutir. Comme si la privation rendait l’instant encore plus exaltant, décuplait les sensations jusqu’à apposer la marque de la nouveauté sur une chose pourtant déjà mainte fois répétée. Jamais en liberté, jamais sans contrepartie.

Mettre l’instant d’égarement sur le compte des nerfs qui lâchent et de la haine pour se voiler la face. J’en râle contre sa peau, revient brusquement reprendre possession de ses lèvres. La rage au ventre, sur la langue et dans les caresses qui s’invitent encore à l’ombre de ses cuisses. Referme le jean et la ceinture sans lui accorder le moindre regard. M’accrocher les pupilles contre sa silhouette serait une erreur. Un nouveau souffle près de la flamme prompte à s’embraser à nouveau. A la manière de cette sensation de vide qui accompagne la disparition des effets d’une bonne dose d’héroïne, le retour à la réalité est affreusement douloureux.

Silence de mort encore hurlant des échos de ce qui a pu se passer sous ce chiffon de toile, ça hurle et crève contre mes tympans. Les traits qui se figent dans une profonde expression de gêne, la flammèche de la rage dans les pupilles, j’attrape mon pull et l’enfile. Avant de quitter la tente sans un mot, prendre mon tour de garde et serrer les dents dans l’attente de ce jour qui prendra trop de temps pour se lever. Merde.


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MessageSujet: Re: Under pressure [Tobias] /!\   Mer 31 Mai - 19:34

Marionnette soumise aux envies perverses de son tortionnaire, il se débecte. L’aversion racle sauvagement son palais, sans parvenir à enrayer ses ardeurs. Elle ne fait au contraire qu’alimenter sa frénésie, le besoin viscéral de se briser contre les reins du despote. De ne faire qu’un avec lui, pour se détruire mutuellement. Les lippes impures peinent à quitter les siennes, dévorent leurs campagnes avec une fougue sans précèdent. Les textiles gênants sont retirés avec un empressement excessif. Aucune gaucherie dans les mouvements pourtant. Ils se connaissent suffisamment pour ça, pour savoir ce que l’autre recherche et attend. Se redécouvrent tout en retrouvant de vieux automatismes, répétés encore et encore à l’ombre des barreaux.



Le corps se retire sans plus de cérémonie, s’éloigne de son enveloppe sans un mot. La séparation est subie comme un acte violent, lui déchire le cœur. Une vague de froid le submerge aussitôt, le fait frissonner affreusement. La chute est aussi rude que l’ascension. Le danois prend soin de ne pas se retourner, quitte à lui offrir encore un peu la vue de son fessier. Presque paralysé par la honte. Mis à nu, exposé dans tous les sens du terme. Vulnérable à en crever. Il attend fébrilement que son amant achève de s’habiller, guette les bruits pour ne pas avoir à reposer son regard sur lui. Ne s’autorise à reprendre une position plus décente qu’une fois certain qu’il se trouve à l’extérieur. L’odeur acre de stupre et de sueur lui vrille les narines, fait remonter la nausée le long de sa gorge. Il ne tarde pas à remettre ses vêtements à son tour, à la hâte. Rester sagement à l’intérieur serait une torture. Un rappel incessant de leur folie, aussi grisante que répugnante. Il a encore son goût sur la langue, l’épiderme échauffé par les restes d’extase. Il se sent horriblement sale, plus encore avec le tissu qui se colle à sa peau poisseuse. Il n’a rien pour se justifier. Pas d’excuse pour tromper sa conscience. Pas la moindre compensation. La douleur se démultiplie dans son myocarde, en songeant qu’il avait le choix. Cette fois-ci, plus que toutes les autres. Et qu’il n’a pas réfléchi plus d’une seconde avant de répondre aux avances de l’irlandais.  

Le couteau, triste témoin de sa vengeance ratée, est ramassé avant qu’il ne s’extirpe de l’abri de toile. Les prunelles azurées tombent forcément sur le chien de garde, se voilent d’une indicible colère. L’œillade mauvaise ne s’attarde pas plus longtemps, et sans un mot, il s’enfonce dans la forêt. Le plus loin possible des vestiges de sa luxure, dans l’obscurité la plus totale. C’est tout sauf prudent, mais il s’en moque. Qu’il crève seul, la carotide arrachée par un zombie qu’il n’aurait pas vu ni entendu approcher. Qu’il se perde, au risque de ne jamais pouvoir retourner sur ses pas. Il ne demande que ça. Que la fatalité s’en mêle, puisque lui n’est visiblement pas apte à retenir ses pulsions ignobles. Il veut mettre le plus de distance possible entre lui et le rouquin, peu enclin à se faire confiance. A passer sa nuit à gamberger à proximité. Il s’égare jusqu’à atteindre l’une des branches du fleuve. N’hésite pas très longtemps à se défaire de ses habits contaminés pour se plonger dans l’eau entièrement. Il n’a rien pour se désinfecter, mais c’est toujours mieux que de ne pas rincer la crasse. La salissure qui s’accroche, qui l’oblige à frotter comme un forcené. A gratter jusqu’à s’en arracher presque la peau. Rouge comme une écrevisse de s’être démesurément acharné. Le dégoût qu’il peut avoir de lui-même déborde de ses lèvres, le fait suffoquer. Ses dents claquent, il grelotte à n’en plus finir. Il reste planté là juste assez longtemps pour attraper la mort, tout en étant certain de s’en sortir. Les fringues lui paraissent toujours aussi dégueulasses, mais il se force néanmoins à les enfiler avant de s’asseoir contre un tronc d’arbre. Hors de question qu’il retourne au camp de fortune avant l’aube. Même si ce n’est pas conseillé, qu’il pourrait se faire surprendre seul par n’importe quel monstre errant dans les parages. Les rétines claires restent grandes ouvertes un long moment, hébétées, avant d’embrasser l’obscurité. Vaincues par la fatigue après une attente interminable.

[…]

Les membres ankylosés, gelés par la nuit inconfortable qu’il vient d’endurer, le scandinave se réveille en sursaut. Grimace en cherchant à se relever. Désorienté, tétanisé, il s’appuie contre l’écorce une poignée de minutes. Il a la tête qui tourne, l’impression désagréable que le sol va se dérober sous ses pieds. Ses boucles encore trempées et emmêlées complètent parfaitement son aspect de pauvre déterré. Son échine lui fait mal, réveille furtivement la douleur dans sa guibole, qu’il était parvenu à oublier. Un long soupir s’échappe de sa bouche, avant qu’il ne se décide à se remettre en route. A revenir vers celui qu’il aimerait retrouver éviscéré, les pupilles vitreuses et le pouls inexistant. Il n'envisage pas que l'irlandais puisse se porter autrement que comme un charme, alors que son amour-propre à lui agonise quelque part au creux de sa poitrine. Une plaie béante, dont le cruor s’obstine à jaillir. La mine sombre, il espère que Leslie lui épargnera tout commentaire désobligeant. Toute remarque sur sa petite escapade. L’ancien geôlier est trop imprévisible pour qu’il puisse anticiper ses réactions. Il l’imagine tout aussi bien se montrer moqueur que l’ignorer royalement. Une part de lui espère qu’il aura rompu sa promesse, filé sans lui. Qu’il n’aura pas à s’infliger sa présence gênante, chargée de lourds sous-entendus.

Mais la silhouette massive du tyran se dessine bien rapidement. Le piteux organe qui lui sert de palpitant s’emballe, martèle son torse impitoyablement. Il n’assume pas, absolument pas, leurs ébats putrides. Le délice suprême ressenti contre lui, l’envie de suspendre le temps pour étendre l’intermède lascif. La sensation terrible de se sentir enfin entier. C’est un supplice de s’en rappeler avec une précision si acérée. De regretter de ne plus y être. De sentir le vide, le manque, grossir à nouveau dans ses tripes. Comme si sa cervelle détraquée prenait un malin plaisir à lui faire ressasser sa vilénie. Il prend d’ailleurs garde de s’immobiliser à bonne distance du démon. « - On devrait se remettre en route. » Il le marmonne dans sa barbe, évite soigneusement de fixer l’objet de ses tourments. Le sac à dos abandonné est récupéré, balancé sur une épaule. Il observe avec amertume la tente, refuge de leurs bassesses. L’idée qu’elle puisse resservir à d’autres expéditions lui est insupportable. « - On devrait la faire cramer. Ou la détruire, j’en sais rien. Je refuse qu’on la ramène. » La supplique déguisée sèchement en ordre. Les billes haineuses poignardent celles de l’ennemi, tiraillées entre désir et répulsion. L’ex-directeur le trouve probablement ridicule, à accorder tant d’importance à une preuve matérielle de sa défaite. Comme si cela suffisait à revenir en arrière, à l’absoudre de la monumentale erreur commise. Il n’ose pas imaginer les retrouvailles avec Billie. La déception cuisante que ce serait pour sa sœur, d’apprendre qu’il s’est enchainé au bourreau de leur père. Qu’il a piétiné allègrement sa mémoire, troqué sa conscience en échange d’un instant fugace. Capable de vendre son âme au diable pour l’éphémère.

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MessageSujet: Re: Under pressure [Tobias] /!\   Lun 5 Juin - 16:02


Repos en absence, l’éveil de l’esprit qui refuse d’offrir la paix au reste de l’édifice. Battements de cœur incessants qui en deviennent douloureux. Depuis qu’il a quitté la tente pour s’éloigner du camp de fortune. Se contenter de garder le silence, ne rien dire pour l’empêcher de s’éloigner, ne rien faire pour le retenir. Quand l'envie, le besoin de le faire hurle sous la peau, le regard qui se borne à contempler les silhouettes fantomatiques des arbres devant moi plutôt que de le suivre du regard. J’en ai mal jusque dans le plus misérable recoin de mon être. La saveur insupportable de sa peau encore sur la langue, à jamais incrustée. Sa chaleur en illusion contre le corps, l’impression sale et enivrante de toujours le sentir, de ne pas avoir rompu le contact. Plus que jamais. L’abandon qui se vit comme un manque affreux, l’extrême d’une relation chaotique et brutale. Relation, le seul intitulé apposé sur ce lien dégueulasse qui nous lie est risible. Ce n’est rien, juste un besoin déroutant de bousiller l’autre dans les règles. Il n’est rien, seulement un passe-temps qu’il est facile de briser, qu’importe le moyen utilisé pour y parvenir. Connerie. Ce serait tellement aisé si les choses étaient aussi simples. Sagement rangées dans la case de l’amusement factice, qui dure un temps et dont on s’ennuie. M’en lasser et trouver une autre victime à détruire quand le danois ne sera plus qu’un ramassis de rien. Ténacité ancrée dans ces nerfs que je me suis appliqué à bousiller, me tenir tête qu’importe l’instant et la menace. S’enliser dans cette attitude de petite teigne, des crachats de haine pour masquer tout le reste. Cette lueur folle dans ses pupilles en écho à celle qui anime les miennes. Ses élans de noirceur qui séduisent et m'asservissent. Blesser quelqu’un est certainement la forme la plus répugnante d’intimité. Elle enchaîne et rend captif. Avide de ces élans de souffrance et de rage brute. De cet ensemble qui prend tout son sens uniquement avec un seul et même partenaire. J’en ai des relents de colère accrochés au ventre, la haine sur la langue et la honte qui se distille au gré des secondes qui passent. Serrer la mâchoire et les dents jusqu’à les faire éclater, ravaler ce tout qui m’indispose, impuissant dans mes tentatives pour oublier l’opprobre. Ca suinte du moindre de mes pores, l’abjecte souvenir collé à la peau comme un parfum sale. Au moindre battement de cils, les flashs de cet instant de déroute obscène. L’obsession qui perdure, même aux premières lueurs du jour.

Je me suis perdu dans les limbes de mon propre cerveau. Achevé par la stupidité de mon geste, l’inconscience qui m’a pris aux tripes et tenue éveillée toute la nuit. L’échine raide, le corps ankylosé d’être resté prostré devant la tente. L’antre de l’ignoble, l’autel où s’est immolée la raison. Elle m’indispose presque autant que cette foret, ce foutu camp, ces fripes qui me collent à la peau. J’ai l’inconfort qui se fait pressant, le besoin affolant de mettre les voiles. Abandonner cet endroit sans un regard en arrière, et y jeter les restes de ce moment d’égarement dégradant. Oublier que l’envie reste là, pernicieuse, planquée dans un coin du cœur et prompte à en ressortir à la moindre occasion. Qu’il me hante, quoi que je puisse en penser. Fracassés, les muscles sortent de leur apathie et la carcasse se redresse, s’étire pour dissiper la léthargie. Se glisser une dernière fois dans la tente pour récupérer le sac à dos abandonné là et s’empresser de rejoindre l’extérieur. Il n’y a rien à faire, seulement à attendre qu'il daigne ramener ses fesses. Laver en partie l’affront sous de la flotte, prendre le risque de gaspiller le précieux liquide pour atténuer les traces de fatigue sur la gueule et les relents de vice qui s’y accroche. Remettre de l’ordre dans la tignasse et refermer nerveusement le sac. Rien à faire à part attendre, me dévorer le cœur à grand coup d’une angoisse déplacée, à redouter qu’il ne revienne pas. Boiteux de mes deux et ses envies d’escapade. J’en ai presque le regret de ne pas avoir cherché à le retenir qui vient me gratter le palais.

Les nerfs s’étirent et s’irritent, terrassés par l’attente qui se fait trop longue. Ces relents nauséeux d’angoisse dans la poitrine, la peur au ventre pour un pauvre misérable. Le haïr, tout simplement. Aspirer à le voir souffrir pour ce qu’il a pu faire, crever la gueule ouverte et cracher sur son cadavre pour parfaire le tableau d’une vengeance depuis longtemps fracassée. Certainement pas à redouter qu’il ne revienne pas, que quelque chose lui soit arrivé. J’en ai le pauvre palpitant qui trépigne lorsque la crevette sautillante apparaît enfin au milieu de la végétation. Sale gueule des mauvaises nuits, le môme qui boude face à son infortune. J’en ai envie, de me foutre de lui. Ca gratte contre ma langue mais rien ne vient, hormis le silence qui l’accueille. Il y aurait tant à dire pour le faire se sentir encore plus détestable qu’il ne doit l’être, mais l’attaquer revient à me blesser en même temps. Remuer la lame encore brûlante dans la plaie béante qui nous abime tous les deux. Poser des mots sur ce qui a pu se passer, quand l’instant se doit d’être enterré. Oublié, même si tout s’acharne à le rendre encore plus présent. Affreusement, douloureusement.

Approuver le marmonnement, et la gorge nouée se rapprocher de la tente pour entreprendre de la défaire. Geste figé dans le vide, prompt à agir mais gelé dans son élan devant son refus qui sonne comme une claque. J’ai le sourcil qui se hausse, l’ébauche d’un sourire cynique sur les lèvres et la tête qui se tourne légèrement pour me permettre de l’accabler du regard. « - Tu refuses ? » Ronronnement autoritaire, les vibratos d’un amusement noir dans la trachée. Et le regard du gamin qui se fait haineux face au mien. Le défi qui s’invite dans les pupilles, la carcasse qui se redresse et lentement se rapproche de l’insolent. J’hésite encore, entre le cogner pour lui faire ravaler son élan de témérité et le contraindre à ranger le camp pour rendre la douleur encore plus atroce à supporter. A défaut, c’est un petit paquet d’allumettes que j’extirpe de la poche de mon jean pour le lui coller dans la pogne. Tension sous-jacente dans le geste, du feu dans les reins et le souffle qui se suspend, les réminiscences de la nuit qui s’accrochent au cœur. « - Je t’en prie Tobias. Si ça peut alléger ta conscience, fais-toi plaisir. » Murmure amer, les quenottes qui se dévoilent et la main qui en profite pour tapoter l’épaule. Qu’il la détruise si ça l’amuse, je m’en contrefous. La pauvre distance qui nous sépare du camp sera l’occasion de trouver une excuse face à cette perte regrettable. Sans un regard, je récupère mon sac et entreprend de reprendre la route. S’éloigner du lieu du parjure, le cœur qui se serre malgré tout, la caresse des cendres encore tièdes contre les reins. Du vide dans l’estomac, la nausée qui s’invite dans l’équation bancale. Mes heures d’insomnie en guise de déclencheur, la vue se trouble et me voilà contraint de faire halte, trouver un appui salutaire contre l’écorce d’un arbre avant la chute. Ventre vide et fatigue, le mélange explosif quand on ne se nourrit que de cachets. La respiration en désordre, fermer les paupières pour ne pas voir le décor danser devant mes yeux et attendre que l’orage passe.

Le murmure des pas du danois me force à me redresser malgré l’évidente faiblesse, m’éloigner brusquement de mon appui au risque de m'effondrer. J’ai les jambes taillées dans du coton, la nausée qui s’accroche et retourne les entrailles au point d’en devenir harassante. L’approche pousse la carcasse à se remettre en route, dans un silence de plomb qui me détruit le cœur. Qu’il cause, putain. Qu’il l’ouvre comme il sait si bien le faire et crève ce calme de ses conneries irritantes. Rien que cette fois, l’autoriser à parler sans discontinuer jusqu’à ce que le camp se dessine à l’horizon. A défaut du campement, ce sont les lignes d’une bâtisse qui s’affichent devant mes yeux. Hésitantes et incertaines, comme sorties d’un mauvais rêve. Le pas qui ralenti sensiblement face à l’apparition et la carte des environs qui tente de s’apposer devant mes rétines. « - Tu te souviens être passé devant quoi que ce soit de civilisé quand nous sommes partis ? » La question se lâche dans un murmure tendu, perdu. Une sensation étrange qui s’invite sous ma peau, un malaise incertain qui rend la découverte encore plus dérangeante.

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MessageSujet: Re: Under pressure [Tobias] /!\   Sam 24 Juin - 12:03

Être n’importe où plutôt qu’ici, seul face à ce sale type. Seul face à ses contradictions. Les pulsions primaires assouvies, il ne lui reste plus que le dégoût. De lui-même. De l’autre. Les filets poisseux s’étendent, se resserrent autour de sa misérable carcasse pour l’étouffer. La honte suinte par le moindre de ses pores, englue son piteux myocarde de sa substance nocive. Il a l’envie folle d’un bain d’acide. S’arracher la peau, la faire fondre pour ne plus sentir l’odeur du tortionnaire sur son propre corps. Il aurait préféré trépasser de sa petite mort, pour ne pas avoir à affronter les conséquences de son abandon putride. Il ne sait même pas s’il aura le courage de regarder sa sœur en face une fois au campement. Il est convaincu qu’elle devinera l’affront, que son vice se verra comme le nez au milieu de la figure. C’est probablement ça qui lui fait le plus mal. La décevoir. Passer pour un pauvre minable auprès d’elle. Lancer une énième dispute, au risque de se fragiliser encore plus. Il n’a pas oublié les longs mois de silence, les œillades assassines, après l’avoir abandonnée pour rejoindre son ainé. Il sait qu’à ce jeu-là, Billie est bien plus rancunière et tenace que lui. Risquer de revivre un tel calvaire pour une étreinte à la durée ridicule lui semble complètement stupide à présent. Même si tout au fond de lui, il sait qu’il le referait. Que sa maudite enveloppe n’était pas de taille à éteindre les braises, endormies depuis trop longtemps au creux de ses reins. A lutter contre l’attirance sordide qui l’asservit depuis des années, trop impérieuse pour être ignorée éternellement.

Le tyran s’approche, l’écrase de toute sa hauteur. Il se fait violence pour ne pas reculer. Pour lui tenir tête, en dépit de la menace de se faire cogner. L’ex directeur l’a déjà rossé pour moins que ça. Une part de l’insolent recherche la confrontation. Goûter la douloureuse morsure de ses poings, et répliquer. Obtenir le prétexte pour le meurtrir. Comme s’il en avait besoin d’un. Les prunelles noircies par la rancœur, il observe le manège du rouquin sans broncher. Le paquet d’allumettes s’enfonce dans sa paume. Le frôlement qui l’accompagne lui fait l’effet d’une décharge électrique. Le tapotement contre l’épaule le crispe de la tête aux pieds. Ses coups auraient été moins difficiles à tolérer. Ils auraient eu le mérite d’être clairs, lui auraient peut être permis d’évacuer la rage dans ses viscères. La provocation subtile ne sert qu’à aggraver l’état de ses nerfs. Il laisse son amant s’éloigner, planté comme un imbécile au milieu des arbres. Il hésite un instant à tout brûler, avant de se rétracter. Pas suffisamment inconscient pour incendier une forêt entière, juste pour le plaisir d’effacer les traces de son parjure. Les allumettes restantes achèvent leur course dans la terre, trop souillées par la poigne de l’irlandais pour qu’il les conserve sur lui. Il envoie tout de même son pied valser dans la construction de tissu, jusqu’à ce que la tente s’effondre et ne ressemble plus à rien. Une perte inutile de temps et d’énergie sans doute, mais qui parvient à le soulager légèrement. Il ne se presse d’ailleurs pas le moins du monde pour rejoindre son compagnon d’infortune. Il voudrait qu’il soit déjà trop loin pour être rattrapé, et ne pas le revoir avant le retour au campement. Espérance futile.

La langue claque d’agacement contre le palais en voyant la silhouette massive apparaitre, s’éloigner de son appui salvateur pour qu’il se retrouve à nouveau à lui emboiter les pas. Désagréable, la proximité fait courir des frissons d’aversion contre son échine. Les lèvres du danois restent résolument scellées, inaptes à crever le silence accablant. Le moulin à paroles n’a plus rien à raconter. La nausée le prend à la gorge dès qu’il songe à l’infamie qu’il a commise, reste bloquée dans son palais. L’arrière-goût amer et écœurant n’est pas propice à la discussion. Il aime mieux mastiquer son ressentiment. Et se porte bien mieux sans les railleries mesquines de son acolyte. Hors de question de tendre encore une fois le bâton pour se faire battre. L’interrogation l’irrite, le démange comme une poussée d’urticaire. La mâchoire se serre, fait crisser les rangées de nacre de mécontentement. « - Non. Et j’en ai rien à foutre. Fous moi la paix, on a assez cherché. On va pas rallonger l’expédition pour fouiller une ruine, j’ai assez donné. » Crache t’il, cinglant, sans même avoir jeté un œil sur le côté pour regarder la bâtisse. Le gamin capricieux qui fait sa crise d’adolescent et se refuse par avance à obéir. Il ne pense qu’à rentrer au plus vite. La curiosité l’emporte toutefois, et le pousse finalement à déporter ses rétines sur le bâtiment délabré. L’inscription « maison de retraite » abimée sur la façade le fait cependant ciller. Ils pourraient y trouver des médicaments. Des seringues d’insuline en particulier. Impossible de poursuivre son chemin à présent que l’idée s’est incrustée dans sa tête. « - Tout compte fait, on devrait surement y faire un petit tour. On sait jamais. Puis autant faire les repérages maintenant, peut être qu’ils auront une place pour toi, Papy, ça serait pas mal pour finir tes vieux jours tu crois pas ? » Le suicidaire le susurre cruellement, un rictus moqueur dessiné sur ses lippes. Les pupilles azurées effleurent celles de l’acariâtre, avant de s’éloigner vers la demeure sans attendre son reste.

La porte s’ouvre avec difficulté, cède après avoir fortement insisté. L’air rance et renfermé envahit ses narines aussitôt, le fait grimacer. La puanteur de mort est assez ignoble pour lui faire regretter son élan de bonne volonté. Il se maintient sur son objectif néanmoins, avise rapidement les lieux. Rien à signaler dans l’immédiat. La lame ayant lamentablement failli à sa mission la nuit précédente est extirpée de ses vêtements pour se visser à sa main. « - Je fouille le bas, t’as qu’à t’occuper du haut. » Suggère-t-il, avant de s’élancer dans le couloir le plus proche. Le scandinave inspecte les salles une à une, les saccage pour trouver ce qu’il cherche. Sans grand succès, jusqu’à atteindre la pièce de l’infirmerie. Il se montre moins prudent que pour les autres, l’ouvre à la volée sans avoir tendu l’oreille pour discerner d’éventuels grognements ou autres signes de danger, moins alerte avec la fatigue accumulée. C’est toute une tripotée de cadavres vivants qui l’attend. Agglutinés, les vieillards en lambeaux manquent de le faire trébucher. Il se rattrape de justesse pour éviter la chute, s’éloigne en arrière à toute vitesse pour retrouver en sens inverse de nouveaux zombies. Un cri au loin lui perce les tympans, affole son palpitant. Le couteau se plante sans hésiter dans les crânes défraichis, le bouclé enjambe les dépouilles pour rejoindre la sortie. Mais l’escalier s’est encombré à une vitesse redoutable. Des macchabées tombent même de l’étage, en quête de chair fraiche. Il avise facilement le roux, cerné de part en part en train de se débattre, la cheville immobilisée. Relativement à l’abri, il esquisse un pas en avant pour lui porter secours. Avant de se stopper net. D’y voir là l’occasion ultime pour assouvir sa vengeance. Pas de caresses indécentes pour le faire flancher cette fois, pas de feu irrésistible entre les cuisses. Juste lui et sa conscience. Lui et sa haine souveraine. Il hésite une seconde de plus, horriblement tiraillé entre son dessein meurtrier et son attachement envers l'homme. Puis fait demi-tour lorsque les crocs acérés d’un des monstres se plantent sauvagement dans une des jambes du despote. De détaler comme un lapin, en restant sourd aux suppliques et aux jurons. Le condamnant ainsi à mort. La sentence funeste lui broie les tripes, lui taillade furieusement le cœur. Il tremble comme un forcené, se déteste comme jamais. Les remords ignobles l’envahissent avec une force inouïe, s’accentuent démesurément à mesure que la distance se creuse. Il est trop tard pour renoncer. Trop tard pour le sauver. Il doit s'en persuader.

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MessageSujet: Re: Under pressure [Tobias] /!\   Mar 27 Juin - 19:51


L’insolence hérisse le poil, accable les nerfs mais je suis incapable de trouver la force de répliquer comme il le faudrait. J’ai appris à me taire face à un môme en pleine crise de nerfs, laissé passer la tempête jusqu’à ce que le bon sens revienne se coller entre les oreilles. Il est, au final, pas si différent d’un gamin turbulent. Pris de cours néanmoins par le changement d’avis, je cille stupidement et les dents crissent devant l’affront. Mauvaise blague qui passe mal, malgré l’habitude de son humour douteux. Cracher la haine qui ronge la langue, ou à défaut, se contenter de soutenir son regard impertinent, le lui rendre dans une œillade sombre et finalement se résoudre à lui emboiter le pas jusqu’aux portes de la bâtisse. Sanctuaire du vieux en fin de vie et état végétatif, j’en ai des frissons de dégoût sur la peau. L’impatience qui s’y glisse devant ses efforts pour tenter d’en percer l’entrée. Prompt à lui dire d’abandonner pour se tirer au plus vite au moment où le maudit panneau cède enfin et nous accueille à grand renfort d’une puanteur infâme. Nouveaux frissons, de répulsion et d’une crainte qui se fait virulente lorsque le pied se pose à l’intérieur. Nulle possibilité de répliquer. De lui faire ravaler son élan téméraire, l’idée de se séparer semble affreusement déplacée. Retenir l’envie sourde de le suivre et de lui faire perdre son insolence, elle frôle les tempes mais y meurt dans un soupir.

Inutile d’insister, plus vite la ruine sera fouillée, plus vite le retour au camp arrivera enfin. Gravir les marches en un exercice éreintant, le souffle qui se fait pesant dans la poitrine. J’en ai le cœur qui s’affole, la prudence en souvenir quelque part dans les gestes. Quelques portes sont poussées, plus par acquis de conscience que par véritable besoin d’y voir ce qu’il s’y trouve. Rien hormis de la poussière, d’anciennes chambres à la décoration dépassée pour rappeler aux occupants leurs vies d’antan. Ces relents de morts qui poursuivent, encore et encore, relèvent la nausée dans la trachée et poussent le corps à faire demi-tour lorsqu’une autre porte finit par s’ouvrir. Mauvais ravitailleur que je fais, mais peu importe. La mission a été accompli, ce n’était rien de plus qu’une erreur de venir se perdre dans cet endroit. J’en grogne d’agacement, colère contre ma propre bêtise d’avoir seulement ralentit l’allure et posé la maudite question. Ressentiment occupant toutes les pensées, achevant de détruire les restants de prudence qui pouvaient perdurer sous ma peau. Les doigts qui se détendent malgré moi autour de la garde de la lame. Revenir au point de départ, les escaliers en ligne de mire et la sortie en contrebas qui dégueule sa lumière dans un hall d’entrée sinistre à crever, même vu d’en haut. Le bois grince sous le pied, à chaque nouveau pas. Annonciateur de mon avancée, mauvais présage qui me fait frissonner. Nouveau craquement, lugubre et c’est une latte de plancher pourrie qui cède sous le poids soudain qu’elle doit supporter. Pris dans l’élan, le pied entraîne la cheville dans la bouche de bois béante. Entrave l’articulation, déchire le tissu et dénude la chair. La douleur fuse avec une violence qui me couple le souffle. Contrôler la souffrance, le cri ridicule qui s’arrache pourtant de ma trachée sans que je ne parvienne à le retenir. Chute évitée de justesse et les pupilles qui se baissent pour contempler les dégâts. C’est sale, sanglant et en ultime constat affolant, bousillé. Certainement fracturé.

Aussi empoté que les anciens décrépis ayant occupés ces murs, l’ironie de la chose s’appose comme une évidence. Oublier la souffrance et la changer en une hilarité nerveuse bête à pleurer. Premières notes d’un rire perdu qui s’étrangle quelque part dans la trachée lorsque du mouvement s’amorce dans le coin de l’œil. Réflexe assassin, les doigts se resserrent autour de la lame. J’en ai des relents de peur sous la peau, de la sueur de glace qui recouvre tout le corps. Les maudits cadavres traînant la patte et approchant déjà. J’ai le sang qui gueule contre les tempes, recouvre les bruits en contre-bas, les signaux qui ne trompent pas. Tobias est lui aussi dans la merde. Peur panique dans le ventre... Pour lui. Juste avant celle qui fracasse les côtes pour ma propre carcasse. Dans un élan de folie sourde, la jambe piégée tente de se soulever et s’extirper du piège. Tentative nulle qui ne fait qu’écorcher encore plus la chair déjà à vif. Je suis un vulgaire piège à zombie, à pisser le sang à quelques pauvres pas des escaliers. Hors d’usage et déjà envahi par la mort. Putain. Rien de mieux à faire que de défoncer quelques gueules pourries à coups de lame dans le crâne. Frapper avec hargne de l’autre pied pour tenter de faire céder un morceau de parquet.

L’angoisse accrochée au corps, la raison en hibernation, c’est l’instinct qui parle. L’odieuse survie qui s’enclenche et qui pousse le regard à se poser sur tout ce qui bouge à proximité. Hurler dans un élan de folie pure le nom du danois dans l’espoir futile d’obtenir son aide. L’absence de réponse qui me fait jurer avec plus d’ardeur, souffler les relents de peur et poser les yeux en direction de la maudite sortie. Si proche et pourtant si loin. Juste à temps pour apercevoir la silhouette du lapin trouillard prompt à prendre la fuite. Merdeux incapable de m’achever qui préfère laisser des zombies écervelés s’en charger. Petit con si tu crois que je vais t’offrir cette satisfaction. J’en peste avec plus de rage, démolis dans un élan de colère affolant les macchabés en approche. Sauvagerie en écho à celle de la créature ayant dépassé ma vigilance, les chicots pourris qui se plantent sans vergogne dans le mollet. Arrachent des lambeaux de peau et de muscle, s’acharnent à réduire la jambe en charpie. J’en perds l’équilibre, terrassé par la douleur, à genoux au milieu de la mort. Délicieuse ennemie qui me tend les bras, les gueules qui claquent à proximité. Le corps en souffrance, inapte à en ressentir d’avantage. Je brûle de l’intérieur, suffoque tant la chaleur est insoutenable. La conscience à moitié perdue, se démolir les mains ensanglantées contre le bois et le fracasser au mieux. La délivrance qui s’invite dans un râle douloureux, la lame qui se plante une nouvelle fois dans les crânes les plus proches et le corps qui recule. Se traîne péniblement à même le plancher jusqu’à atteindre les escaliers, la voie à présent dégagée, et les forces en fuite lorsqu’il est question de se relever. Fusent sous la peau, les élans de douleur font vaciller le décor dans de la brume. Pauvre vieux fracassé qui se traîne jusqu’au bas des marches et hors de cet enfer.

Sillage de sang à mesure que les pas hésitants s’éloignent du lieu du carnage, la survie qui ne tient qu’à un fil. A bout de force, la lame glisse de mes doigts écarlates et se plante dans la terre. La sueur me brûle les rétines, respirer est un supplice. Trébuche alors que les contours flous du camp se devinent droit devant, s’effondrer piteusement sur le côté de la route tracée par toutes les excursions menées jusqu’à présent. Et crever la gueule ouverte à quelques pas de la délivrance. Terrassé par la fièvre, ce maudit goût de sang sur la langue et la sensation poisseuse sur la peau. Je n’ai que les battements de mon cœur qui résonnent contre mes tempes. Affolé qui menace de ralentir sa course, l’inconscience qui me tend les bras. A moitié mort qui ne réagit même pas lorsque le sol vibre sous les pas qui se rapprochent. C’est une perte de temps et d’énergie, semi-cadavre certainement repéré par une des sentinelles en faction. Nulle maison de retraite en ligne de mire. Une balle dans la tête dans le pire des cas si le réveil se fait en claquant des dents, l’unique réflexe de ces écervelés qui auraient eu le mérite de me bouffer dans les règles. Soupir de douleur, papillonne des paupières avant de les fermer pour de bon, me noyer totalement sous les assauts de la fièvre. Tu la tiens ta victoire, gamin…

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