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 (joe) It's so hard to breathe, we better take cover

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MessageSujet: (joe) It's so hard to breathe, we better take cover   Jeu 13 Avr - 22:57


j’ai tant de fous et des vipères sur la peau, où vont les silences des rivières j’ai vu la lagune et l’enfer,
au repos entre la falaise et l’hier mon corps est tendu sur la pierre des sanglots où vont les nuances des prières (...)
±

Elle habite un studio de trente mètres carrés dans un immeuble décrépit situé au nord de la Nouvelle Orléans. Elle pourrait se permettre un peu plus grand si seulement elle ne claquait pas toutes ses tunes en substances illicites. Mais Maggie se trouve à sa place dans ce quartier poussiéreux et malfamé. La jeune femme n'est pas effrayée par les lieux et sa population, elle ne rase pas les murs, ne baisse pas les yeux. Elle connait tout le monde et tout le monde connait la prostituée du troisième au sourire sans joie. Même qu'elle l'aime son petit studio et ne laisse personne le qualifier de miteux. Elle affectionne la tapisserie déchirée et jaunie par la cigarette, le plafond fissuré et le carrelage dépareillé. Elle en a fait son sanctuaire, son havre de paix. Chez elle, Maggie pleure des rivières et lacs, elle rit aux éclats, elle hurle à s'en brûler la gorge, elle soupire d'ennuie, murmure ses pensées et susurres ses désirs. Parfois elle reste juste allongée sur le sol recouvert de nombreux tapis, aux couleurs et motifs divers, qu'elle a trouvé un peu partout dans la ville. Immobile, une clope entre les lèvres, les yeux rivés sur un point imaginaire elle refait le monde. Justement, la voila qui se lève.

La jeune femme est contrariée par le temps qui ne passe pas. Elle s'entête à fusiller l'horloge du regard comme si cela suffirait à faire avancer les aiguilles un peut plus vite. Elle aimerait déclencher une course folle, voir à travers sa fenêtre le soleil décliner rapidement. Mais ce dernier continue de la narguer de ses rayons orangés. Maggie fait la grimace, écrase sa cigarettes dans une coupelle déjà pleine de mégots et s'en allume une autre. Le studio est un aquarium dans lequel on distingue parfaitement les volutes de fumée ondoyer avec paraisse. Se trouver ici donnerait le cancer à un non-fumeur. Quand ses mains commencent à trembler elle se sert un verre de whisky bon marché, celui de l'épicerie au bout de la rue. Elle le boit sec parce que son congélateur n'a jamais fonctionné, même après avoir été frappé plusieurs fois avec un marteau. Allez comprendre. Un verre, puis deux, l'alcool lui brûle le gosier, réchauffe son ventre lui procurant une chaleur bien trop éphémère. Mais pour quelques minutes ses tremblements cessent, et la voilà persuadée que tout ira bien.

Pour penser à autre chose Maggie choisit une craie de couleur bleu, grimpe sur le canapé et trace des courbes sur la tapisserie. Différentes couleurs tâchent déjà le bout de ses doigts et la totalité des murs du petit studio sont recouverts de dessins. On dirait ceux d'une enfant, parfois ils représentent quelque chose ou quelqu'un et souvent ne sont que des gribouillis informent. Il n'y a que dans les toilettes que l'on retrouve des mots et des phrases. Il s'agit de paroles de chansons, de poèmes, de pensées. Les siennes et ceux des autres. La jeune femme n'est pas une artiste sans toile et sans peinture, c'est juste... Juste que ça lui fait du bien à Maggie. Elle cache les imperfections visibles de couleurs chatoyantes. Elle se dit alors qu'elle aimerait pouvoir en faire de même avec son corps émacié par la dépendance. Elle sait que cela est impossible, c'est pourquoi elle a décroché les miroirs et qu'elle les a recouvert d'un drap. Oubliés dans un coin de la pièce, cela fait un an qu'elle n'y a pas touché. Et c'est très bien comme ça.

La nuit est tombée dehors mais le temps ne passe toujours pas assez vite. La respiration de Maggie est saccadée, les battements de son cœur se sont accélérés. Ça cogne fort dans sa poitrine, c'est insoutenable. Elle se précipite vers la fenêtre qu'elle ouvre en grand et laisse l'air frais envahir la pièce. Il s'engouffre sous sa chemise, caresse son ventre et joue avec les mèches qui se sont échappés de sa queue de cheval. Malheureusement Maggie n'en ressent pas les bienfaits. Elle a trop chaud, elle transpire la prostituée victime de ses excès. Son corps se tord sous le manque et elle n'a plus rien pour se soulager. Plus rien à se mettre sous la dent, le frigo désespéramment vide. Occasionnellement remplit de plats à emportés.Joseph va arriver. Il va bientôt arriver. C'est ce qu'elle se répète en boucle, c'est son nouveau mantra. Il est vingt et une heure trente lorsque l'on cogne à la porte. Il n'a pas le temps de toquer une troisième fois Joe, Maggie s'efface pour le laisser entrer.

— Tu as une heure de retard.

Qu'elle murmure. La jeune femme est stoïque, presque blasée. Ce n'est pas un reproche, loin de là. Juste une constatation. Immobile devant lui, elle observe le sachet qu'il tient dans sa main gauche.
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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: Re: (joe) It's so hard to breathe, we better take cover   Mar 25 Avr - 19:46

C'est étrange. Assis à une table du club, largement accoudé sur la surface plane et froide, quelques coups d’œil sont lancés sur l'horloge. Les aiguilles sont pressées et le temps coule à toute vitesse dans le sablier d'une longue journée – je suis déjà en retard. J'acquiesce lentement, avec peu de vigueur, à ce que l'on me raconte. Des instructions, des paroles qui flottent dans l'air et rebondissent le long de mon esprit, qui ne m'atteignent pas vraiment. Alors je hoche la tête et souris avec empressement, de brèves actions qui se nichent rapidement dans une froideur incontrôlée. Je suis en retard et j'aurais bien du mal à rattraper les dizaines de minutes qui se sont écoulées par poignées. Incapable de me concentrer, je ne pense qu'à une chose – le sachet d'héroïne fourré dans la poche intérieure de ma veste, près de ma poitrine, contre le tissu si fin de mes vêtements que j'en discerne les contours rigides et anguleux. La lèvre se mord, les dents s'enfoncent dans la chair sans y penser. J'en apporte souvent à Maggie, à d'autres d'ailleurs, et c'est toujours aussi difficile. Difficile d'oublier que je n'en prends plus, que la promesse de ne plus y toucher a été faite, qu'une dizaine d'années est déjà passée depuis la fois qu'elle a souillé mes veines et que je l'ai acceptée bras ouverts, d'un plaisir non dissimulé. Après une déglutition difficile, je vois la silhouette qui me faisait face se lever et m'empresse de l'imiter, serre une main tendue et m'enveloppe de répliques rassurantes et générales, trop vagues pour qu'on soupçonne que j'étais absent de la discussion. Un nouveau sourire et je ferme la veste sur ma poitrine, vais m'accouder au bar et commande un verre, jette un dernier coup d’œil à l'horloge. Je suis très en retard.

Mes pas foulent le sol maculé du quartier pourri dans lequel je progresse, une cigarette sur laquelle je tire frénétiquement entre les lèvres. La nuit s'abat peu à peu au-dessus de nos têtes, le soleil termine sa journée et nous plonge dans une semi-obscurité réconfortante. Ce chemin est devenu une petite habitude à parcourir, les angles des immeubles semblent m'attendre à chaque fois que je les contourne. Je m'engouffre dans ce qui ressemble vaguement à un magasin, salue des commerçants qui me reconnaissent et je fais la discussion après avoir commandé. J'en ressors rapidement avec l'impression que l'odeur de friture ne quittera plus jamais mes fringues ni mes cheveux, alors qu'elle a à peine eu le temps de s'y accrocher, sangsue grasse et collante. Je n'y ai pas passé beaucoup de temps ; pourtant, les ombres de la nuit s'allongent dans la rue et avalent le peu de luminosité naturelle qui subsistait alors. Le pas se presse et je pénètre rapidement dans l'immeuble, grimpe les escaliers quatre à quatre, frappe à la porte. À peine ai-je le temps de faire rebondir mes phalanges sur le bois qu'elle s'ouvre à la volée, m'arrache un rictus amusé. J'ouvre ma veste et en retire le sachet de poudre blanche sous son regard las, ses paroles qui suintent d'une langueur patente. J'acquiesce à sa constatation, laisse courir mon regard dans son dos, sur la fenêtre ouverte sur le ciel sombre. « Souris, j'ai de la bouffe. » dis-je, en brandissant de ma main libre un petit sachet en papier plein de beignets qui a déjà absorbé une partie de leur graisse. Le père noël des saloperies, c'est moi.

Je m'avance et entre dans l'appartement, coule un regard sur Maggie. Le manque se lit dans les perles de sueur qui naissent à la racine de sa tignasse, dans l'ombre qui entoure ses mirettes, dans tout son corps amaigri et fatigué. Après avoir déposé furtivement les lèvres près de sa pommette, rapide baiser bourré d'émotions contradictoires, je pose tout sur la table et me dirige vers la cuisine, comme si j'étais chez moi. Attrape une cuillère, un briquet, de l'eau et toute la merde nécessaire qui traîne dans l'appartement, balance tout sur la table sans y jeter un coup d’œil supplémentaire, garde en main un verre. « Ça ira mieux dans cinq minutes. T'as rien pris depuis quand ? », je lui lance en la regardant longuement. Les émotions paradoxales reviennent au galop se heurter à mon esprit – j'ai de l'affection pour elle, d'une part parce que je l'apprécie depuis longtemps, d'autre part parce qu'elle éveille un drôle de chagrin au fond de mon ventre. Je l'aide à se droguer proprement, comme si ça faisait partie d'un soin ridicule que je lui apporte. Je lui souris et me détourne, m'empare de la bouffe grasse, sors une clope de mon paquet, cours vers la bouteille de whisky posée sur la table et m'entoure de toutes mes drogues négligeables pour ne pas lorgner trop fort sur la poudre blanche. Pendant qu'elle fait son affaire, mes yeux parcourent les murs au papier peint décrépi de l'appartement, cet appartement trop petit et un peu étouffant. La craie bleue s'est abandonnée ici et là, partout, et je n'y cherche aucune continuité. Maggie est complètement à l'ouest, me dis-je avec amertume. Son esprit bouffé et écorché m'attire inexorablement, alors qu'elle danse perpétuellement au bord du précipice. Elle a presque dix ans de moins que moi, elle est trop jeune et complètement paumée, et elle m'attire inéluctablement.

Je me glisse sans un mot aux toilettes, essaie de ne pas penser à ce qu'elle fait, à la seringue pleine et juteuse d'un misérable bonheur, comme une pomme pourrie à la peau brillante et savoureuse. La minuscule pièce est encore plus étouffante que le reste et je me perds vaguement dans les mots dessinés sur le mur. Le bruit de la chasse d'eau envahit la petite pièce et mes oreilles – j'espère qu'il va durer, s'éterniser jusqu'à ce qu'elle ait terminé, tout rangé, jusqu'à ce que la porte ne puisse s'ouvrir que sur le visage détendu de Maggie.

« Comment tu t'sens ? » Les mains ruisselantes d'eau après les avoir lavées, je les essuie sur mon jean et retourne près d'elle, passe une main sous son menton et glisse une mèche de cheveux derrière son oreille. Le whisky bon marché coule dans nos verres et je lui tends le sien, bois le mien sans conviction, réalise seulement à quel point il est mauvais et je grimace, tatillon. « Faut croire que je m'habitue au luxe... » dis-je, moqueur. Je récupère la cigarette abandonnée dans un cendrier et rapproche la nourriture. « Mange, tu fais peur à voir. Si Solveig te voyait... » Je roule des yeux et admire une peinture vivante dont j'ai moi-même dessiné certains traits. Une peinture fatiguée, pour ne pas dire un peu défraîchie. Solveig ne me porte déjà pas dans son cœur, elle en traduirait là une nouvelle forme de maltraitance de ma part envers Maggie. Mes billes marine courent finalement sur le plafond vieillot et abîmé et retournent sur les traces bleues le long du mur – un sourire amusé étire mes lèvres. « T'as de l'avenir dans l'art, tu devrais te reconvertir, tous les camés du quartier achèteront tes œuvres. » Y a bien qu'eux pour les apprécier. J'attends qu'elle se sente bien – la scène a ce goût de déjà-vu, cette sensation de connu et quasiment habituel. Comme à chaque fois que je lui apporte sa dose, j'enfile la bouffe sans la savourer et empile les mégots dans le cendrier, au moins pour les premières minutes.

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