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 Ghost of the past (ft darko)

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MessageSujet: Ghost of the past (ft darko)   Mar 18 Avr - 15:44


« I feel so close to you right now »

Darkenna
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Discrète, Sienna se faufile tel un serpent ondule pour se frayer un chemin parmi la foule. Cette dernière est particulièrement dense ce soir. Et pour cause, les concerts de jazz qui se déroulent sous les étoiles étincelantes alimentent la vague humaine. De plus en plus alarmante. La métaphore préfère la tranquillité des rues désertes à l’agitation des nuits bruyantes. Pourtant ce n’est pas faute de supporter la musique criarde en fond sonore, le brouhaha général en rappel et l’odeur insalubre des mâles dans le cadre de son travail. C’est justement pour ce dernier qu’elle se retrouve noyée au milieu de la populace. Suite à la récente explosion d'un de ses bars dans le nord de la ville, il lui faut trouver un remplaçant. Si cette idée ne l’enchante guère, ses états d’âme ne sont pas à l’ordre du jour. A cet instant précis, tout ce qui l’intéresse est d’échapper au bastringue. L’hybride trouve refuge au sein d’un club ayant -déjà par le passé- attiré son attention. D’un regard, elle parcourt la salle au décor particulièrement sobre. D’une certaine façon, cela lui apporte du charme. Les lumières tamisées l’incitent à s’installer au comptoir.

Bien que pour une fois, sa tenue recouvre une grande partie de la surface de sa peau, cela ne semble pas faire une grande différence. Le charme reptilien opère de lui-même. Les prédateurs se succèdent à ses côtés, plus fades les uns que les autres. Ils ignorent que les rôles sont inversés, ne concevant les épines de la rose qu’ils tentent désespérément de cueillir. Si leurs vaines tentatives l’agacent profondément, elles se révèlent tout de même positives. En effet, c’est un argument de poids pour soutenir son embauche. La jeune femme, persuadée de pouvoir décrocher un contrat ici, peut enfin quitter les lieux. Elle prend soin de terminer son verre avant, ignorant encore quelques instants la horde qui s’agglutine autour de sa silhouette. Ses yeux font un dernier tour du propriétaire lorsqu’ils s’arrêtent brusquement en route. Un détail perturbant les retient captifs. Une silhouette. Un visage. Un regard. Instinctivement, les souvenirs remontent à la surface. Une langue étrangère, presque oubliée, s’éveille dans les profondeurs de sa mémoire. Des notes mélodieuses. Un accent chantant. Des mots qui se répètent au creux de sa tête. Et un prénom surgit entre les images, les sons et les odeurs. Darko.

Surprise, elle l’est forcément. Quelque ébranlée aussi par ces retrouvailles inattendues. L’animal vibre au fond de ses tripes, réclame de se transformer mais l’humaine maintient le contrôle. Consciente qu’il serait imprudent de révéler sa nature. Obnubilée par la présence du russe dans les parages, Sienna ne voit plus que lui. Les autres sont devenus des ombres projetées sur les murs, irréelles. Des centaines de questions interférent le cours de ses pensées, manifestant d’un réel intérêt à son égard. L’affection du taïpan ne s’est pas dissipée avec les années, bien au contraire, elle existe toujours quelque part sous les remparts de glace. Entre l’essence de sa double nature. De toute évidence, il n’est pas capable de la reconnaître sous cette forme. Le magnétiseur ignore tout de sa véritable identité. Inconnue. Anonyme. Il ne peut deviner le reptile qui se dissimule sous ses traits fins et sa peau épurée. Exit les écailles bleutées et la langue fourchue. Seul son regard émeraude demeure intact. Lueur incandescente. Elle se ravive si près de ce fantôme. Rappel de sa vie antérieure. Le présent et le passé se mélangent l’espace d’un instant. Et ses iris s’accrochent si profondément aux siens qu’on pourrait presque les entendre raconter une histoire. Leur histoire.



Citation :
Ce message est destiné à toutes personnes susceptibles de vouloir plagier ne serait-ce qu’une phrase de ce rp m’appartenant. Sachez que cette action est un crime punissable par la loi et que je n’aurai aucun problème à la faire intervenir si vous décidez de ne pas respecter le droit à la propriété intellectuelle comme le disposent les articles L122-1, L122-4, L335-2, L335-3, L335-9.


Dernière édition par Sienna Griffins le Lun 22 Mai - 14:35, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Ghost of the past (ft darko)   Jeu 20 Avr - 20:07

« T'as un ticket. »
Agacé, le Russe roule des billes vers le plafond, tâchant de se détacher des silhouettes masculines agglutinées autour de la jeune femme en question.
« Dis pas n'importe quoi. Et arrête de la regarder, bordel. »
Jefferson rajuste ses lorgnons, comme s'il provoquait son interlocuteur en scrutant avec insistance la demoiselle au comptoir.
« Je suis sérieux. C'est elle qui t'a repéré. Elle a des coups d’œil furtifs pour ton aura de mâle alpha. Tiens, là encore, regarde ! »
Et, sans discrétion aucune, l'alchimiste prévient son acolyte d'une bourrade pour lui désigner les pupilles de la belle inconnue. Mais les corps d'anonymes s'interposent entre elle et lui, et les regards se manquent.

Le Russe grommelle et tire son compère un peu à l'écart, l'avertissant à voix basse en murmurant à son oreille.
« J'te préviens. Si tu cesses pas immédiatement de me rabattre les oreilles avec cette gonzesse, j'te casse les dents et crois-moi, ce sera un sacré handicap pour tes prochaines soirées foireuses. De toute façon c'était une mauvaise idée de venir ici, toi tu restes pour te dégoter une nana si ça te chante, moi j'm'emmerde, et faut que je nourrisse Karl. Je rentre. »
Et, sans autre forme de cérémonie, malgré les protestations de Jefferson, il le congédie d'un geste un peu sec de la main, s'avançant vers le comptoir pour déposer son verre vide.

C'est vrai que c'était une mauvaise idée d'accompagner son voisin de palier dans sa chasse à la femelle d'un soir. Depuis quelques temps, Jefferson subit les affres de la solitude mais, trop timide ou trop original pour espérer attirer les charmes d'une femme selon ses propres dires, il refusait obstinément de sortir à la recherche d'une conquête d'un soir, si Darko ne venait pas avec lui.
« Tu m'as eu à l'usure, mais là j'abdique. Salut. » Une insistance nécessaire, puisque l'esseulé s'acharne à vouloir retenir le Russe, s'accrochant à son bras comme à une bouée de sauvetage.

Le visage du magnétiseur est fermé lorsqu'il pousse son récipient sur le comptoir, et ses prunelles sont de glace lorsqu'elles croisent par hasard le regard de la jeune femme dont lui parlait son compère. Les prunelles s'accrochent quelques secondes de trop, sans qu'il ne parviennent à se détacher de l'hypnotique lueur dans les yeux d'émeraude, et une sensation chaleureuse et familière électrise son échine. Sans qu'il n'en comprenne la raison, sa mauvaise humeur latente s'évapore aussitôt, et son agacement fond comme neige au soleil lorsqu'il se plonge dans le regard vert, sans paraître gêné qu'elle le scrute ainsi avec insistance. Comme une vieille habitude. Quelque chose qui couverait au fond de lui depuis des années, et dont il ne se serait jamais dépêtré.

Aussi subitement que la météo de la Nouvelle-Orléans ces dernières années, il change de direction comme d'avis et, alors que ses pas s'apprêtaient à le guider hors du club, il se rapproche l'air de rien et s'accoude au comptoir aux côtés de la belle inconnue.
« Hey, c'est… c'est marrant, vous avez… c'est comme si… » Il s'interrompt à temps, ayant manqué de peu de tomber dans la vulgaire et banale tentative d'approche séductrice : Hey, on se serait pas déjà rencontrés quelque part…?

Troublé, Darko s'éclaircit la gorge, son regard oscillant de son verre vide au visage de l'inconnue, non sans en ressentir une certaine gêne. Il a bien conscience que l'aura de la femme attire les prédateurs, dont les corps se meuvent lentement autour d'eux, leurs pupilles transperçant la silhouette féminine convoitée.
Agacé par tous ces êtres humains gravitant autour d'eux, Darko relève la tête et darde tous ces requins d'un regard noir, défiant quiconque de parasiter son tête-à-tête.

D'un ton plus bas, il poursuit son amorce auprès de celle qui le trouble.
« Navré, je suis assez mauvais en technique d'approche. Et tous ces hommes qui ne cessent de vous regarder me mettent profondément mal à l'aise. » Le démon s'agite sous sa peau, et guette tout autant que lui les mouvements de ses semblables. Le geste déplacé d'un impudent le fait sortir de ses gonds et, d'un coup de poing envoyé contre le bras de l'opportun, il dévie la main qui s'avançait vers les courbes de la jeune femme.
« J'te déconseille de persévérer sur cette voie, l'ami. »
Etonné lui-même de sa prise d'initiative et de la voix rauque qui s'est échappée de sa gorge, il regarde presque sans comprendre le poing qui s'est abattu contre le membre de l'inconnu. L'homme le défie désormais de ses yeux de feu, attisé par le coup, et crache une insulte aux pieds de Darko, visiblement décidé à en découdre avec lui. Sans réfléchir, le jeune homme presse le bras de l'inconnue et l'attire plus loin, craignant que la situation ne dérape.
« Venez, éloignons-nous. Je ne veux pas créer de grabuge avec celui-là. Je suis plutôt mauvais à la bagarre. » Un sourire poli bien que forcé, et il l'entraîne entre les autres clients, espérant échapper à la colère du prétendant défié.
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MessageSujet: Re: Ghost of the past (ft darko)   Lun 1 Mai - 22:01


« I feel so close to you right now »

Darkenna
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La foule agglutinée de part et d’autre du club l’empêche d’établir un contact visuel. Chaque fois que ses yeux semblent s'accrocher aux siens, une silhouette vient y mettre fin. Comme un jeu sournois qui se répète sans cesse, ne lui laissant aucun répit. Bien qu’elle n’en montre rien, cela commence doucement à l’agacer. Le destin est bien trop farceur à son goût. Pourtant, c’est probablement lui qui est à l’origine de leurs retrouvailles. Sienna s’apprête à se lever de son tabouret quand Darko la devance de quelques secondes, manifestant son intention de quitter les lieux. Il disparaît subitement de son champ de vision tel un fantôme se volatilisant à l’approche du présent, piégé dans les affres du passé. La métaphore le cherche un instant, au milieu des visages inconnus. Hélas, aucune correspondance ne s'effectue. Lorsqu’il percute subitement son regard. Juste comme ça, d’un seul coup, sans prévenir. Elle suspend ses prunelles aux siennes, refusant de lâcher prise. Son front plisse légèrement sous la pression exercée par ses paupières qui ne clignent déjà plus. Et alors qu’il approche finalement, devinant l’intention au bord de ses lèvres, son cœur se met à battre bien plus fort que les instruments de jazz. La nostalgie s’insinue au creux de son esprit mais c’est l’émotion qui prend le dessus.

Sa voix n’a pas changé, elle est identique à ses souvenirs. Cela la chambarde quelque peu. D'ordinaire la jeune femme évite de replonger aussi profondément dans les méandres de sa mémoire mais cette fois-ci, c’est instinctif. Son cerveau tente de recoller les morceaux au fil de ses mots. « Comme si ? » Sienna se contente de reprendre un morceau de sa phrase, l’incitant à poursuivre pour que jamais il ne s’arrête de lui parler. « Ne vous excusez pas voyons, votre approche est bien plus… » Quel serait le bon terme à employer ? L’hésitation ne dure qu’un fragment de seconde. « pertinente que la leur… » Des encouragements qui visent à nourrir cette conversation. Il l’ignore encore à ce moment précis mais sa vie est sur le point d’être chamboulée. Son ignorance le rend touchant d’une certaine façon. Elle pourrait presque l’envier de ne rien savoir. Cela doit avoir un côté plaisant, une sensation de légèreté parfois bafouée par un manque évident. Si tu savais. Le cours de ses pensées est brutalement interféré par le geste déplacé d’un homme agglutiné au bar. Une espèce de goujat qui peine à retenir son attention. La métaphore se prépare à intervenir quand la situation lui file entre les doigts. Il s’avère que Darko ressent toujours le besoin de la protéger. Comme si cette prédisposition était ancrée sous sa peau à la manière d'un code génétique.

Peut-être qu’il peut ressentir la proximité entre eux sans même en avoir conscience ? Cette hypothèse nourrit sa curiosité bien qu’elle n’en laisse rien paraître à l’heure actuelle, se contentant de suivre le russe. Sienna ne remercie jamais les individus qui lui viennent en aide, pour la simple et bonne raison que leur intervention n’est pas nécessaire. Elle commence à croire qu’ils le font plus pour eux que pour elle. Ont-ils besoin de se prouver quelque chose ? Ils sont les seuls à pouvoir y répondre. « Et si je vous disais qu’on s’est déjà rencontrés quelque part… » Alors même qu’ils parviennent à se poser dans un recoin plus serein du club, la jeune femme soulève une probabilité des plus intéressantes. Elle ne peut s’empêcher d’afficher un sourire amusé sur ses lippes en soutenant le poids de son regard interrogateur. « Me croiriez-vous ? » Ses yeux décortiquent les traits de son visage, à l'affût de la moindre expression prête à s’implanter dessus. Va-t-il écouter cette petite voix, au fond de sa tête, qui lui susurre des mots rassurants ? Va-t-il écouter cette petite voix, au fond de sa tête, qui lui murmure des menaces lancinantes ? Pile ou face ? La pièce est dans ses mains.




Citation :
Ce message est destiné à toutes personnes susceptibles de vouloir plagier ne serait-ce qu’une phrase de ce rp m’appartenant. Sachez que cette action est un crime punissable par la loi et que je n’aurai aucun problème à la faire intervenir si vous décidez de ne pas respecter le droit à la propriété intellectuelle comme le disposent les articles L122-1, L122-4, L335-2, L335-3, L335-9.


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MessageSujet: Re: Ghost of the past (ft darko)   Sam 6 Mai - 18:35

Le trouble instille le chaos dans sa conscience déjà morcelée par le parasite démoniaque. Certains soirs, il perd les pédales, il décarouche, il divague, délire, décompense ; il devient un Autre et la réalité n'est plus qu'une notion vague et fantasmagorique. La folie sommeillant en lui domine alors son être tout entier, et les choses ne sont plus ce qu'elles paraissaient être l'instant d'avant. Son âme corrompue croit reconnaître des personnes avec lesquelles il n'a, en vérité, jamais été lié. Son esprit lui murmure des convictions invraisemblables, son corps l'assaille de désirs indécents. Il se perd en lui-même. Ses prunelles s'assombrissent et reflètent la brume de ses pensées désarticulées. La confusion déforme ses traits parfois si durs et, durant quelques instants, dans ces moments de possession pure, l'on pourrait presque croire avoir affaire à un simple d'esprit, tant son visage s'avère inexpressif, les iris vides de toute humanité.

Puis l'homme se reprend et plonge de nouveau avec attention son regard dans celui de son interlocutrice. Animée par la même volonté que lui, elle a pris le soin de les éloigner de la tourmente et de s'installer dans un coin plus isolé, à l'écart du tumulte sonore et des corps qui se bousculent, se frôlent de trop près. Darko n'a jamais été particulièrement tactile. Sans toutefois développer une aversion pour ce genre de rapprochements, il fait partie de ces hommes qui aiment aller à l'essentiel, sans geste superflu. Chaque mouvement est porté par une utilité immédiate, tangible. Il est parfois un être légèrement ennuyeux, tant la mécanique de son corps est savamment orchestrée par une méthode presque scientifique.

Pas ce soir.

Quelques gestes hésitants ou imprécis trahissent le trouble dont il est victime. Il la regarde, profondément, ne sait s'il ferait mieux de poser ses mains sur la table ou sur ses cuisses, ignore tout autant quelle intonation utiliser en sa présence. Une voix familière lui dicte de s'adresser à elle comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Une autre, plus rationnelle, lui commande de se montrer prudent et poli, et de ne pas trop abuser de la patience de cette femme. Pourtant, c'est elle qui insiste. Le relance. Souligne ses mots comme s'ils étaient chargés d'importance. Il devine que quelque chose la trouble, elle aussi. Ou alors joue-t-elle le jeu, pour se moquer de lui ? Pour se divertir ?

Elle y revient. Elle prétend qu'ils se connaissent. Il s'emmure dans un long silence, disséquant la moindre expression faciale de la jeune femme. Bluffe-t-elle ? D'un geste perplexe, il lisse sa moustache de deux doigts précis.
« Mh… » Il ne craint pas que sa crédulité soit un aveu de faiblesse. Pas avec elle. Toujours cette foutue conviction absurde qu'il n'a rien à craindre d'elle. Et toujours cette méfiance, dans un second temps, lui faisant regretter ce désir d'abandon.
« Je suis assez bon physionomiste. Si nous nous étions déjà croisés, je m'en souviendrais. » Une certitude. Et pourtant, elle ne met pas en péril cette intime conviction qu'ils n'en sont pas à leur première rencontre.

Ses sourcils se froncent et il s'absente alors à lui-même, pour disparaître dans les méandres de son passé.
La voix de la femme, tout d'abord, retient son attention, mais même s'il la trouve tout à fait charmante, elle n'évoque rien dans ses souvenirs. Une fausse route. L'accent paraît chargé de la marque de plusieurs contrées, comme si cette femme portait en elle toute une symphonie du voyage. Il aime sa voix.
Mais ce qu'il aime par-dessus tout est l'éclat émeraude de ses yeux. Il n'est pas simplement conquis par leur lueur incandescente. Il sait qu'il y a autre chose, sous la neutralité de ce beau visage. Alors, il se risque à demander, afin d'explorer davantage.
« Nous serions-nous rencontrés en Russie ? C'est de là que je viens. » Le verbe est haut et trahit sa belle éducation. Mais si l'accent slave existe dans sa bouche, il ne le retrouve pas dans celle de son interlocutrice, malgré la blancheur de sa peau. Un soupir trahit son incompréhension. Puis, d'un geste irrité par son manquement mnésique, il hèle un serveur.
« Vous désirez boire quelque chose ? » Ce sera un lait chaud pour sa part. Une vieille habitude.

Puis soudain, un éclair de lucidité et il claque des doigts, une lueur victorieuse dans le regard.
« Je sais ! Vous étiez ma voisine de palier à New York, dans le Bronx ! » Nul ne saurait définir d'où provient cette nouvelle certitude erronée, issue d'une confusion entre l'animal et l'humain, bercée par cette impression de familiarité qu'il ressent en sa présence. « Nous ne nous sommes pas croisés bien souvent, mais un soir, mon serpent s'était échappé de l'appartement et vous avait filé une trouille bleue… vous vous souvenez ? » Satisfait, il scrute les émeraudes en quête d'une confirmation, un léger sourire aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Ghost of the past (ft darko)   Lun 8 Mai - 12:26


« I feel so close to you right now »

Darkenna
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Sienna ne le quitte plus du regard, incapable de se détourner une seule seconde de son visage. Craignant qu'il ne disparaisse subitement avant de connaître toute la vérité. Néanmoins, une question gravite autour de son esprit : est-il prêt à l'entendre ? Après toutes ces années, souhaite-t-il vraiment replonger dans les souvenirs de son passé ? Elle ignore encore la réponse mais il lui semble plutôt évident que la réponse va déterminer la suite de leur conversation. Pour l'instant, Darko se montre réceptif à la tournure des événements, sensible à ses propos au point de faire un effort de mémorisation pour se rappeler de sa morphologie faciale. C'est peine perdu mais il l'ignore encore. Et la jeune femme ne peut s'empêcher de penser que sa révélation risque profondément de le chambouler. S'il savait... si seulement il savait. « Je peux l'entendre à votre accent chantant. » Elle ne répond pas réellement à son interrogation, se contente de souligner l'évidence pour détourner son attention sans rien n'en laisser paraître. Cela ne le perturbe pas vraiment, déterminé à deviner son identité en cette douce soirée.

« Non ça va, j'ai déjà bu. » Le visage froid de Sienna commence doucement à s'adoucir en la présence de Darko. Elle ne le remarque pas, bien trop focalisée sur les mots qui sortent de sa bouche, les traits qui dessinent son expression, les mouvements qui orientent ses yeux. Et puis, il vient effleurer la vérité, inconscient de sa propre avancée. Il évoque son serpent sans réaliser ce qui se déroule ici bas, forcé de considérer la situation avec un regard objectif, réaliste, logique. Néanmoins, la métamorphe sent qu'il se rapproche de plus en plus parce qu'elle perçoit tout comme lui, le lien indescriptible qui les relie à cet instant précis. Il ne porte aucun nom, transporte seulement le poids de leur histoire commune. Cette affection développée l'un près de l'autre, l'un contre l'autre. « Je m'en souviens oui. » De toute évidence, cet aveu va le conforter dans son idée, persuadé qu'elle est son ancienne voisine de palier. Cependant, Sienna ne compte pas s'arrêter là, considérant qu'il vient de faire un pas dans sa direction.

« La porte était entrouverte, juste assez pour laisser un courant d'air passer. » Les détails lui reviennent facilement, capable de circuler le long des souvenirs qui nourrissent sa mémoire vieille de plusieurs siècles. « Il y avait cette odeur exquise dans le couloir comme c'était le cas chaque fois qu'elle descendait les escaliers... » Un fin sourire étire ses lèvres alors que la jeune femme se remémore la scène, poursuivant son récit avec la ferme l'intention de semer le trouble dans l'esprit de Darko. Et ce, dans le but de l'inciter à reconsidérer ce qu'il croit. Elle souhaite l'amener à la vérité sans avoir à la confier, persuadée qu'au fond de lui, il la connaît déjà. « Une odeur délicieuse... j'ai longtemps cherché ce que c'était. » Sa peau gelée pourrait presque se réchauffer à la simple évocation de cette fragrance si délicate et parfumée, si chatoyante et satinée. « Un matin que je me promenais dans l'ouest de la Nouvelle-Orléans, près de ces maisons immenses aux jardins magnifiques, j'ai senti ce parfum. »

Et là, au milieu du brouhaha qui n'en finit plus, elle se met à chuchoter comme si un secret effleurait ses lippes. « C'était du jasmin. » Il est rare que Sienna tienne le silence à distance aussi longtemps, préférant généralement sa compagnie calme et apaisante au bruit de fond dénué de sens. Pourtant, cette fois-ci, elle ne parvient plus à s'arrêter, les mots se multiplient indépendamment de sa volonté. Jusqu'à venir percuter de plein fouet son interlocuteur désarmé.« Alors j'ai pensé à vous... à votre père aussi... à votre frère. Les hommes Vojnomir sont difficiles à oublier. » Son faciès se durcit sous le poids de la confession qui les plonge dans un moment d'intimité. Il est temps de le secouer, de déterminer s'il est prêt à passer de l'autre côté, se libérer de son ignorance. « Vous êtes comme une cicatrice. » Sienna se rapproche de la table pour saisir l'une de ses mains, provoquant une collision entre leurs températures corporelles. Lui, aussi chaud que le sang d'un humain coulant dans ses veines, elle, aussi froide qu'un reptile ayant besoin de trouver une source de chaleur. « C'est ici si je ne m'abuse...» Elle joint les paroles aux gestes, effleurant d'un doigt le poignet de Darko pour retracer l'endroit exact de sa morsure. Évoquant la seule fois où ses crocs de taïpan se sont plantés dans sa chair.



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MessageSujet: Re: Ghost of the past (ft darko)   Sam 13 Mai - 18:40

Elle décline poliment l'invitation, mais lui est déjà ailleurs, propulsé dans des souvenirs trop flous, à son plus grand désarroi. Un poing abattu sèchement sur la table témoigne des pulsions violentes qui l'habitent depuis quelques mois désormais. Une intrusion infime, un éclat sur le visage placide. Durant peut-être une seconde, ses prunelles s'animent d'une lueur démente. Mais la flamme meurt tout aussi vite et il redevient ce garçon tranquille, au caractère tempéré et aux gestes froids qu'elle a toujours connu.
« Attendez, ne dites rien, je vais retrouver… Votre nom, c'est… Ah, je l'ai sur le bout de la langue ! » Il peste et siffle entre ses dents, tâchant vainement de se souvenir du visage de cette voisine ophiophobe. Mais c'est tout juste s'il se remémore le son de sa voix, le métier qu'elle exerçait, les moments où ils se croisaient dans les parties communes. Il plisse le front, et son pouce et son index pincent le sommet de l'arête nasale, entre ses deux yeux. « Je suis sûr que je vais retrouver. C'était… c'était… »

Violente réminiscence.
Le jasmin fracture son esprit troublé.
Suspendu à ses lèvres, écrasé par le poids d'une révélation qui le dépasse, il ne réalise pas tout de suite qu'il revit l'instant au fil du récit qu'elle lui délivre. Il se souvient. La manière dont elle avait échappé à sa surveillance, happée, comme lui, par l'enivrante fragrance de la voisine d'en face. Comme si son corps reptilien n'avait été qu'une projection de son désir d'homme, vers cette femme dont il avait oublié jusqu'au visage. Il n'y avait que le jasmin entêtant. Le lien indéfectible, par lequel ils se retrouvent désormais face à face, à nouveau unis.

___________________

« T'es encore en train de parler à Boris ?! »
La voix de Jarek s'engouffre dans le salon, et la porte d'entrée claque lourdement derrière la silhouette robuste de son frère.
Le cadet s'insurge, maugréant dans sa barbe naissante, complètement avachi dans le sofa.
« ARRÊTE DE L'APPELER BORIS ! C'est une FEMELLE. »
Jarek s'affale à ses côtés, hilare.
« Une femelle ?! Qu'est-ce que t'en sais d'abord, que c'est une gonzesse ? C'est un putain de serpent. »
L'aîné jette un œil circonspect au reptile, enroulé sur lui-même dans le creux de l'abdomen de son cadet, torse nu devant la télévision. Cela pourrait être une soirée banale, si la faille de Darkness Fall n'avait pas bouleversé l'ordre du monde, quelques semaines plus tôt. Son frère avait l'air de regarder la rediffusion de l'une de ces émissions de télé-réalité niaises qu'il aimait visionner en secret, mais au fond de lui, il savait que Darko était préoccupé par la catastrophe du dehors. La Russie n'était plus qu'un nom sur une carte d'un autre temps. Leurs repères spatiaux avaient été anéantis. Lui était plus âgé, plus détaché des choses matérielles. Pas Darko. Son état de santé déclinait, depuis l'ouverture des portes des Enfers.

Il tapote prudemment la cuisse de son petit frère, préférant ne pas trop approcher la main de la gueule du reptile.
« Pourquoi tu la fous sur ton bide ? Papa lui avait acheté un terrarium qui a coûté la peau du cul. »
« Papa est mort. Ca fait un mois aujourd'hui. » La mâchoire de Darko se contracte. Il ne chialera pas. Pour sûr qu'il ne chialera pas. Les Vojnomir n'ont jamais fait dans l'épanchement des sentiments.
« Elle a peur de l'orage. Et, depuis qu'il y a eu la faille… c'est pire que tout. Elle est souvent agitée, à cause du climat, tu sais. Je pense qu'elle ressent certaines choses, des trucs qui nous échappent à nous. L'autre jour, elle m'a même mordu, regarde. » Il tend le poignet pour que Jarek puisse constater l'empreinte des crocs dans sa chair rougie. « Elle avait jamais fait ça avant. Ce soir-là, j'ai senti que quelque chose la troublait. J'ai voulu la rassurer, mais… j'ai pas dû bien m'y prendre. »

Même si l'affection de son frère pour son taïpan le dépasse, Jarek écoute religieusement ses paroles, conscient du bouleversement qu'ils avaient tous vécus. Et puis, dans le fond, il se moquait bien de la tendresse loufoque que pouvait porter Darko à son serpent. Il avait raison : leur père était mort, la Russie avait disparu, et eux-mêmes ne savaient plus trop à quoi se raccrocher. Une inquiétude partagée par son cadet.
« Jarek ? Si j'crève… tu t'en occuperas, pas vrai ? »
Les prunelles de Jarek se durcissent lorsqu'elles rencontrent la fêlure de celles de son frère.
« Tu vas pas crever, Darko. J'te promets que tu vas pas crever. » Il lui désigne le reptile sagement installé sur son ventre dénudé, se nourrissant de la chaleur de son maître. « Et tu pourras continuer à t'occuper de… »


_______________________


« … Hygée. » Il avait tenu à honorer son taïpan du nom de la déesse de la santé, fille d'Asclépios, lui-même dieu grec de la médecine. Jarek avait toujours trouvé cela prétentieux, et s'était évertué durant toutes ces années à appeler la dangereuse bestiole Boris, surnom presque nostalgique envers leur défunte patrie.

C'est le contact entre leurs peaux qui l'avait arraché à ses souvenirs, et il n'avait pu s'empêcher de retirer brusquement la main. Un réflexe incontrôlé, salutaire, car les émotions trop vives qui bouillonnent dans ses veines pourraient déclencher la nécrose, sur la peau glaciale de son interlocutrice.
« Désolé, je… Vaut mieux que tu fasses pas ça, enfin vous… » Il ne sait plus comment la nommer, comment s'adresser à elle ; n'ose plus relever les yeux de crainte de croiser ce regard si familier, les deux émeraudes auxquels il s'était confié si souvent, dans la solitude de sa chambre, comme si Hygée était une personne réelle, une amie digne de confiance à laquelle il pouvait révéler tous ses secrets, le moindre de ses états d'âme comme ses angoisses les plus enfouies.

D'un geste nerveux, il triture ses ongles, faisant craquer les articulations de ses mains. La chose est trop incroyable pour le rassurer. Foudroyé par la révélation, il ne peut que baisser les yeux vers la marque infime de son poignet, qu'il a conservée toute ces années, en souvenir d'elle. Elle est comme une cicatrice.
Un rire gêné finit par tuer le silence entre eux, et il relève la tête pour la regarder, malgré le trouble qu'elle distille en lui.
« Je savais bien que t'étais une femelle. » Il ne peut s'empêcher de la scruter, curieux de découvrir son visage de femme, ne manquant pas de le comparer avec la forme de sa tête de reptile, comme pour y déceler d'éventuelles similitudes. Mais c'est le regard qui le transperce, ces deux fentes reptiliennes qui paraissent le sonder jusqu'au plus profond de son âme et surtout, se souvenir de tous les secrets qu'il avait déposés entre ses anneaux protecteurs.
« Et que t'étais différente. » Il l'avait toujours su. Sensible au comportement de son taïpan, il savait qu'elle n'était pas comme les autres serpents pour lesquels il se passionnait. Elle était plus attentive, plus réceptive. Il y avait de la sagesse dans ses pupilles, au-delà de leur sauvage bestialité. Elle n'était pas la dangereuse bestiole dont son frère se méfiait.

Ses doigts survolent la plaie refermée de son poignet, d'un geste irrégulier.
« Pourquoi… Pourquoi tu t'es pas échappé ? Pourquoi être restée si longtemps enfermée ? Bon sang, si j'avais su… » Lui aurait-il pour autant offert la liberté ? N'aurait-il pas désiré, égoïstement, la conserver auprès de lui, elle, son unique confidente, la présence rassurante veillant sur sa santé défaillante, sur ses cauchemars les plus angoissants, dont même son frère n'avait jamais eu connaissance ? Se serait-il séparé de celle qui était devenu, au-delà de l'animal, une véritable compagnie ?

Hygée.
Il se sentait ridicule en se remémorant les sobriquets ridicules dont il l'affublait. Ma nymphe, ma déesse, l'Unique, tant de périphrases dont il n'avait jamais honoré la moindre femme. Il espère qu'elle a tout oublié. Qu'elle ne se souvient que des moments de complicité où elle se lovait contre sa chaleur durant les soirs d'orage, et qu'il frôlait ses écailles d'une main presque tendre, attentif à la moindre de ses réactions.
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Ghost of the past (ft darko)

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