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 Nobody said it was easy

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MessageSujet: Nobody said it was easy   Mer 19 Avr - 13:27


« Nobody said it was easy»


   
   
Jack & Camille
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"T'es un de ces petits merdeux de rebelle, c'est ça ?"

Je lève les yeux, surpris, vers mon collègue. Un rebelle ? Ce gamin ? Vraiment ?
Je n'ai pas le temps de réfléchir davantage qu'une douleur sourde me fait me plier en deux et lâcher ma prise. Groumpf.
Rapide, le gars. Le coup dans l'estomac je ne l'avais pas vu venir. Petit enfoiré de mes deux. Enfin, ça aurait pu être pire... je remercie le ciel pour mes testicules intactes et me redresse tandis que le gosse prend la fuite. Mon binôme du jour, lui aussi étalé par terre, sort son arme et je ne peux rien faire pour l'en empêcher. Il tire. Deux fois.

"Je crois que je l'ai eu." Grimace-t-il en se frottant les côtes.

"Ouais, c'est ça, comme si tu savais viser. Laisse, je vais voir."

Je n'attends pas sa réponse et cours jusqu'au coin de la ruelle. Merde. Il l'a touché à l'épaule.
Je m'approche du gosse à genoux sur le sol, qui n'est pas si jeune que ça d'ailleurs, une petite vingtaine sûrement. S'il fait partie de la résistance et qu'on le ramène, il va être interrogé, peut-être même torturé et avec sa blessure, pas sûr qu'il tienne très longtemps.

Lorsqu'il me voit il se relève pénible et commence à reculer mais je parviens à l'attraper par le col :

"Lâchez-moi ! Lâchez-moi !"

"Ferme là, je vais t'aider mais tu dois la fermer ! Ok ?"

Je ne sais pas si c'est la peur, la douleur ou juste la connerie mais il continue à se débattre et à me crier dessus. Je ne peux pas risquer qu'on l'entende.

"Putain mais ferme ta gueule !" Je gronde férocement en le relevant et en l'attirant près du mur.

"Espèce de pourri !"

"Fais chier, ta gueule ! C'est pas possible d'être aussi con !"

Un bon crochet du droit le met KO, ravivant par la même occasion de vieilles douleurs. Je déplie et replie mes doigts plusieurs fois, comme pour m'assurer que tout fonctionne à peu près correctement et planque le corps inconscient dans un coin, derrière une benne puis je refais demi-tour pour rejoindre mon collègue :

"T'es qu'un branquignole, il s'est tiré !"

Je l'aide à se relever tandis qu'il jure et je lui demande un peu plus gentiment :

"Ça va, rien de cassé ?"

"A part mon orgueil froissé, ça va. Se faire ramasser par un gamin…"

Je ne réponds rien car je pourrais dire pareil, on était deux et il a quand même réussi à s'enfuir. Enfin… presque.

"On l'a sous-estimé, ça arrive. T'inquiète, il refera une connerie et on l'aura la prochaine fois."

Il grommèle tandis que je lui tapote l'épaule d'un air amusé :

"Allez, Papi, rentre au QG, je vais encore faire un tour voir s'il s'est pas planqué quelque part et je te retrouve là-bas."

"Il t'emmerde le papi !"


Je lui fais mon plus beau sourire et m'assure qu'il reprend la direction inverse avant de retourner dans l'allée.

J'espère que je ne fais pas une connerie monumentale mais il est trop tard pour ça. Maintenant, il s'agit d'être discret. Heureusement pour moi, le soleil est en train de se coucher et le crépuscule devrait permettre à ce qu'on ne me remarque pas trop. Car on risque de trouver assez louche que je me ballade avec un gars inconscient sur l'épaule.

Bon résumons. J'ai un gamin rebelle blessé par balle qu'il faut soigner et protéger. Qu'est-ce que je fais ?
L'hôpital n'est pas loin mais ce serait trop risqué. A moins que… je regarde autour de moi pour me repérer et me souviens que la petite infirmière ne vit pas très loin. C'était quoi déjà son nom ? Ka quelque chose ? Kam… Camille !
Ce sera plus rapide d'aller chez elle. Bon c'est un peu culotté de ma part de me pointer sans prévenir. En plus, je ne suis même pas sûr qu'elle soit là. Mais ça vaut le coup d'essayer.
Mon uniforme aura au moins le mérite d'éloigner les curieux. Et au pire, je peux toujours prétendre avoir rattrapé un fuyard et le ramener à l'hôpital avant d'aller l'interroger. Bref, j'improviserai si besoin.

Je ne croise quasiment personne, ce qui m'arrange. Le gamin commence à peser lourd et j'accélère le pas. Je préfèrerais éviter qu'il se réveille et se mette à brailler au milieu de la rue. Dans quoi je me suis encore fourré, franchement ?

J'hésite quelques instants, pour être sûr de rentrer dans le bon immeuble. Je me dirige grâce à mes souvenirs et fini par atterrir devant une porte qui me semble vaguement familière. Lorsque je pousse la porte du bâtiment avec mon épaule j'entends un bruit sourd. Aoutch, ça c'était sa tête contre le chambranle de la porte. Bon bah tant pis, ça peut pas être pire que ce qu'il a déjà, il se réveillera juste avec une bosse supplémentaire. Enfin, s'il se réveille…

J'arrive finalement devant ce que je pense être la porte d'entrée de Camille. Bon allez, y'a plus le choix. Ayant les mains prises par le gamin que j'ai descendu de mon épaule, je frappe trois coups à la porte avec mon pied. On a fait plus discret, mais le gosse est pâle et je n'ai plus de temps à perdre.

J'attends que la porte s'ouvre, non sans une certaine inquiétude. Elle peut tout à fait m'envoyer chier, je le sais. Mais le petit a besoin d'aide et Camille, eh bien, aider les autres, c'est sa spécialité, non ?

Quand j'entrevois son visage, je place un sourire sur le mien, comme si c'était tout à fait normal que je sois là :

"Surprise…"

Puis je redeviens un peu plus sérieux et déclare calmement :

"J'ai besoin de ton aide. Enfin…" Je baisse les yeux vers le poids mort dans mes bras dont l'épaule saigne abondamment. "IL a besoin de ton aide…"




   


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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy   Mar 25 Avr - 18:32


“No one is useless in this world who lightens the burdens of another.”



Jack & Camille
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Après une garde de nuit éprouvante Camille a pu rentrer chez elle, installée devant un livre au fond de son canapé, un thé brûlant en main, en simple débardeur et  short de pyjama elle grignote un cookie en essayant de se concentrer sur les mots qui dansent devant ses yeux puis finit par abandonner, poser le thé et laisser ses yeux se fermer.

Les ténèbres envahissent bien vite ses rêves, comme toujours et les coups sourds retentissant à la porte sont un soulagement. Elle se lève, intriguée, personne ne vient jamais chez elle, d'ailleurs cela se voit l'endroit est....euh....Comment décrire cela....

Sur la console près de la porte règne un désordre savamment organisé, à savoir un manteau qu'elle remettra probablement bientôt, un sac à main plein, des clefs qui menacent de tomber sur les chaussures jetées au sol en entrant.
C'est l'endroit le mieux rangé de la maison. Sur la table des calepins envahissent l'espace, sur le canapé coussins et plaids se disputent la place, du moins ceux que la sieste n'a pas envoyé par terre. La tasse de thé est le seul élément de vaisselle présent toutefois, c'est bordélique mais propre. La cuisine qu'on ne voit pas est rangée, la chambre aussi puisqu'elle ne l'utilise que fort peu. Le placard qui sert de dressing est, quant à lui, une cause perdue depuis longtemps, véritable caverne d'Ali Baba il faut un diplôme de spéléologie pour trouver un objet précis. D'où des tenues parfois...Excentriques et dépareillées.


J'ouvre la porte et m'efface dès que j'aperçois le blessé, sans même vraiment regarder qui le porte, par réflexe. Quand il parle sa voix éveille un vague souvenir, je lève les yeux et son visage aussi m'est familier. N'est-ce pas celui qui m'a aidée il y a quelques temps déjà ? Je ne crois pas qu'on avait prévu de se revoir, cela dit, ou alors ça m'a échappé, je peux être un peu distraite parfois....

Je désigne la chambre du menton, mon matelas est plus dur qu'un brancard ça sera parfait pour le blessé, et puis ce matelas a, sans doute, déjà connu pire, c'est bien pour ça que je dors rarement là bas.



"Pose-le sur le lit, t'en fais pas pour le sang"

Je précise avant qu'il puisse objecter et me dirige vers la cuisine où j'ai un kit de premier secours un peu trop restreint, je le crains, pour cette blessure impressionnante.

Je les rejoins dans la chambre, ferme les rideaux pour éviter qu'un vis à vis trop curieux s'intéresse à cette histoire louche et commence à étudier la blessure tout en demandant :

"Il s'est passé quoi ? "


Il faudra, sans doute, attendre que le patient soit sauvé pour que Camille réalise que l'attitude de Jack est assez étrange, voire suspecte et surtout quelque peu impolie. Mais même si elle est de sexe féminin et donc capable de faire plusieurs choses en même temps Camille a tendance à se concentrer totalement sur sa tâche quand elle soigne quelqu'un, un détail a vite fait d'échapper à une vigilance partielle et les détails peuvent parfois faire la différence entre la vie et la mort.

C'est, sans doute, une fois les soins achevés qu'elle remarquera un détail pourtant bien visible, l'uniforme de son interlocuteur. Mais pour l'instant elle l'a à peine gratifié d'un regard et n'a pas montré qu'elle l'avait reconnu, elle se concentre sur cette épaule tout en observant du coin de l'oeil une bosse qui commence à prendre forme sur le crâne du jeune garçon.



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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy   Sam 29 Avr - 11:49


 



Jack & Camille
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Camille s'efface et je ne me le fais pas dire deux fois alors qu'elle m'explique où aller. Je porte le corps inconscient jusqu'à sa chambre et le dépose précautionneusement sur le lit. Elle nous rejoint avec un kit de premier secours et ferme les rideaux. Bon réflexe. Mieux vaut rester discret.  

Lorsqu'elle me demande se qu'il s'est passé, je ne sais pas à quel point je peux lui faire confiance, jusqu'où je peux aller. Mais il est trop tard pour ça, pas vrai ? Je suis là, en uniforme, chez une quasi inconnue avec un blessé grave. Je suis forcément dans la merde si elle décide d'en parler. Alors je dis quoi ?

"Il s'est prit une balle." Je réponds, laconique.

Mais alors que je la vois s’affairer sur le jeune, je me rends compte que je ne peux pas la laisser dans l'ignorance en débarquant comme ça sans prévenir. Alors après quelques instants, j'ajoute :

"Je crois qu'il est dans la résistance, mais c'est juste un gamin. La blessure avait l'air sérieuse et j'ai eu peur qu'il ne survive pas jusqu'au QG et j'étais pas loin alors... j'ai pensé que tu pourrais peut-être faire quelque chose."

Bon ce n'est pas tout à fait la vérité, mais je préfère rester sur mes gardes. Il faut que je teste ses réactions, que je vois comment elle réagit à tout ça avant de décider si je vais l'intégrer à ce chaos. En attendant, je veux laisser une chance à ce branquignole et Camille est sa meilleure option pour l'instant.

"Je peux aider ?"

Je me sens con à rester planter là à la regarder en pleine action et pourtant j'ai du mal à détacher mes yeux de ses mains. Ses gestes sont précis, elle ne tremble pas, on voit qu'elle a l'habitude.
Je laisse traîner mon regard autour de moi, dans ce petit appartement où règne un joyeux bordel et je commence seulement à réaliser ce que je viens de faire.
Putain, elle aurait pu ne pas être seule.
Elle pourrait être une pro-gouvernement extrémiste qui me dénoncera à la première heure.
Je prends tous les risques en venant ici. Elle peut ruiner ma vie et ma carrière, mettre ma famille en danger.

Je passe une main sur mon front pour essuyer le léger film de sueur qui y est installé. C'est nouveau pour moi, toute cette histoire de résistance. Je ne gère pas ça encore très bien. Je ne pourrai pas toujours aider, il faut que je trouve un moyen d'être plus discret mais aussi plus efficace. Je ne peux pas me trimballer avec des mecs inconscients sur l'épaule en uniforme. Il me faut des contacts dans la résistance. Il faut que j'en parle à Elias, il pourra peut-être me présenter quelques personnes.

Je reporte mon attention sur Camille. Elle a l'air de quelqu'un de bien, j'espère qu'elle pensera la même chose de moi et qu'elle me laissera le bénéfice du doute. Peut-être qu'on peut s'entraider. Le gosse est pâle comme la mort et le sang qui s'écoule de son épaule a déjà créé une tâche impressionnante sur les draps. Et merde...

"Tu crois qu'il va s'en sortir...?"

Je m'inquiète pour lui mais aussi, très égoïstement, pour moi. Ça me ferait chier qu'il clamse après tous les risques que je viens de prendre.




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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy   Mer 3 Mai - 15:16


“No one is useless in this world who lightens the burdens of another.”



Jack & Camille
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Les gestes précis de Camille ne laissent pas de doute sur son entrainement, malgré le retard qu'elle a du rattraper, après tout elle a passé quelques siècles coupés du monde et des progrès médicaux, elle a appris rapidement. Son don d'autrefois lui manque, soigner avec la magie était tout de même plus facile, même s'il fallait se cacher pour le faire. La médecine moderne est, certes, fort efficace, elle ne l'est pas autant qu'un sort bien maîtrisé.

La balle ayant eu la bonne idée de traverser l'épaule du jeune homme les soins sont, finalement, assez restreints, il faut désinfecter, recoudre, panser, bref rien de compliqué.

"Il a perdu beaucoup de sang"

Je constate, toujours concentrée sur mes mouvements. La blessure en elle-même n'est pas trop moche, bien délimitée, franche. Profonde, certes, mais loin de toute zone par trop essentielle. Mais il a perdu beaucoup de sang.

J'écoute distraitement la réponse de Jack, Résistance, un mot que j'entends sans vraiment y prêter attention en général, un mot qui m'est un peu étranger au fond. Pour résister il faut un courage que je n'ai pas. Ou peut être qu'il faut n'avoir aucun autre choix. Je ne sais pas.

Les mots finissent, toutefois, par s'aligner dans le bon ordre et par faire sens, au QG il aurait été interrogé, sa survie était compromise parce qu'elle n'aurait pas été essentielle. Je peine à croire que ce soit le sens des paroles de Jack mais j'ai beau les tourner et les retourner dans ma tête c'est la seule réponse logique.

"Tu as bien fait....Mais sans transfusion je ne peux rien garantir. "

L'occuper pour qu'il ne se perde pas dans la panique, la réflexion, le doute comme tous ceux qui se retrouvent confrontés à la maladie, la douleur, la mort. A l’hôpital on leur demande de rester à l'écart, ils tournent en rond comme des lions en cage selon l'expression consacrée, ils ruminent, s'énervent, s'inquiètent. Mais que peut-on leur faire faire ?

"Dans la salle de bain, tiroir du milieu, il y a des bandages."

Ca ne l'occupera pas très longtemps, si ce n'est qu'il va devoir ouvrir tous les tiroirs et l'armoire puisqu'ils ne sont pas rangés là mais dans l'étagère du haut. 5 minutes, peut être, avec un peu de chance.

Il me demande s'il va s'en sortir, je hoche la tête, presque convaincue, presque convaincante. La blessure n'est plus un danger, la bosse sur le crâne non plus, mais la perte de sang...Ça va dépendre de lui maintenant, de sa volonté de survivre, de sa force.




Lorsqu'il revient avec les bandages j'ai fini mes soins, je panse le blessé avec soin et me relève, essuyant le sang de mes mains sur un drap qui, de toute façon, a connu des jours meilleurs, probablement avant ma naissance. Non qu'il soit sale, enfin il ne l'était pas avant, en tout cas, maintenant c'est une autre affaire, mais il est moche, un drap de grand mère avec de grosses fleurs aux couleurs pastels délavées, et il est usé jusqu'à la trame. Mais comme je ne dors jamais dans ce lit ce n'est pas vraiment un souci, je n'ai jamais cherché mieux. Ce sera l'occasion.

Je regarde enfin Jack et remarque, finalement, l'uniforme qu'il porte  probablement depuis son entrée.


"Peacekeeper ? Je ne savais pas. "

C'est dit sans la moindre animosité, l'opinion politique de Camille est encore assez peu développée, et puis Jack est venu chez elle pour sauver le gamin, donc il a un cœur capable de compassion, c'est probablement tout ce qui compte.

"Il a besoin de repos, je ne peux pas faire grand chose de plus, ça dépend de lui maintenant. Thé ? "

Elle se dirige vers la cuisine sans attendre la réponse, récupère sa tasse froide en passant tout en montrant d'un geste vague le canapé où Jack peut s'installer, à moins qu'il ne préfère une chaise. Dans les deux cas il faudra qu'il se fasse une place en délogeant les coussins ou les livres, selon son choix.





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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy   Lun 8 Mai - 22:04


 



Jack & Camille
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Jack continua à fixer les mains expertes de Camille, comme hypnotisé. Cela l'aidait à ne pas penser à tout le reste, c'était déjà bien assez compliqué comme ça. D'ailleurs, il n'était même pas sûr que cela serve à quelque chose en fin de compte. Si le gamin ne survivait pas, il aurait pris tous ces risques pour rien.
La jeune femme lui fit remarquer qu'il avait perdu beaucoup de sang et Jack grogna. Il savait, il était au courant, il en avait une bonne partie sur ses fringues, l'autre sur le lit et maintenant qu'il y pensait, il se demandait s'il n'avait pas laissé une jolie trace jusqu'ici, il faudrait qu'il vérifie ça en partant.

Camille parla de transfusion, mais bien sûr, ici ,aucun d'eux ne pouvait faire quoi que ce soit. Ils ne connaissaient pas le groupe sanguin du gosse et même si c'était le cas, elle n'était sûrement pas équipée pour ça.

Le peacekeeper se sentait agité et il serra et desserra machinalement ses phalanges dans un geste dont il n'avait même pas conscience.

Il cogitait beaucoup trop alors il demanda s'il pouvait rendre service d'une quelconque façon.
Il préférait être dans l'action que dans l'attente, ça avait toujours été comme ça. Même à l'époque où il était flic, il ne supportait pas de devoir attendre les résultats du labo ou des informations de la part de ses collègues, dès qu'il le pouvait, il revoyait les moindres détails d'une enquête en cours, allait faire du porte à porte pour essayer de compléter certains témoignages ou retournait examiner les preuves. Il ne tenait pas en place, même s'il ne savait pas exactement pourquoi. L'inaction l'avait toujours angoissé.
En réalité, c'était son impuissance et la frustration qu'elle générait qui le paralysaient. C'était pire depuis la mort de sa sœur. Il ne supportait pas de ne pas être occupé et c'est comme ça qu'il avait finit par sombrer dans l'alcool et la drogue. Maintenant il devait trouver d'autres moyens de gérer l'attente, de supporter le vide. Et visiblement, cela impliquait des tendances suicidaires très nettes puisqu'il se retrouvait dans la résistance. Entre ses écrits pour le Black Bird et maintenant ça... peu importe le nom de ce qu'il faisait actuellement, au moins, il n'était pas chez lui à ruminer ou à boire, c'était probablement une victoire... Enfin, ça dépendait pour qui.

Camille l'envoya dans la salle de bain et il s'y rendit avec le soulagement d'avoir une mission à accomplir. Il fouilla soigneusement l'endroit qu'elle lui avait indiqué sans pourtant y trouver ce qu'il cherchait, mais au lieu de retourner dans la pièce pour importuner l'infirmière, il préféra continuer à chercher. Il lui fallut un moment pour trouver les bandages, sans même se rendre compte que ce n'était pas là où on lui avait indiqué. Il avait la tête bien trop ailleurs.  

Il lui ramena les bandages avec l'idiote satisfaction du devoir accompli et il était quasi sûr que c'était exactement ce qu'elle attendait. Cela l'avait au moins occupé quelques minutes, même si cela ne changerait pas grand chose.  La vie du gamin ne dépendait plus de lui mais elle semblait confiante quant à ses chances de survie et il décida qu'il n'avait pas d'autre choix que lui faire confiance. Cela suffit à le décrisper un peu.

Quand elle termina enfin et qu'elle le regarda, il mit un moment à comprendre ce qui avait attiré son attention, avant qu'elle n'évoque son uniforme. Il haussa les épaule avec une nonchalance feinte mais bien rodée:

"Personne n'est parfait." Tenta-t-il avec dérision. Et surtout pas lui, il en avait bien conscience.

Il resta planté là comme un con quand elle lui proposa du thé. Est-ce qu'il avait une gueule à boire du thé, sérieusement  ?  Alors il bugua un instant avant de répondre, alors même qu'elle s'était déjà dirigée vers la cuisine :

"Quoi ? Heu, ok, oui, merci."

Il ignorait pourquoi il avait dit oui, peut-être juste parce qu'il avait besoin de s'occuper et qu'à défaut d'une pinte de bière ou d'un whisky bien sec, une tasse de thé apaiserait au moins un peu la sécheresse de sa gorge.

Elle lui fit un vague geste pour qu'il s'installe mais partout où il posa les yeux, le chaos régnait. Il préféra rester debout et croisa les bras, ne pouvant s'empêcher d'observer autour de lui.
Le silence qui régnait le mit mal à l'aise et il chercha quelque chose à dire mais rien ne lui vint à part des platitudes. Il tomba sur un des ouvrages sur le canapé et il eut un sourire amusé :

"Intéressant comme lecture..."

Puis il se souvint qu'il était au milieu du salon d'une quasi étrangère, chez laquelle il avait débarqué sans prévenir alors qu'il faisait pratiquement nuit dehors et qu'il avait de la chance qu'elle n'ait pas encore appelé sa collègues pour signaler quelque chose de louche :

"Je suis désolé d'avoir débarqué sans prévenir. Je ne voulais pas te mettre dans une position difficile. Mais je te remercie de l'avoir aidé. S'il survit, ce sera grâce à toi."

Il avait un peu paniqué pour être honnête. C'était la première fois qu'il avait l'occasion d'aider quelqu'un de la résistance et il ne pouvait pas dire qu'il s'était particulièrement bien débrouillé. Il allait lui falloir un peu d'entraînement et beaucoup de self-control pour que ça se passe mieux à l'avenir. S'il ne fichait pas tout par terre d'ici là.

Maintenant, il fallait qu'il réfléchisse à ce qu'il allait faire quand il se réveillerait. Peut-être que fouiller ses affaires en quête d'une pièce d'identité ne serait pas une mauvaise idée, mais il se voyait mal faire ça maintenant, sous les yeux de Camille alors qu'elle lui préparait un thé. Il ne réalisa même pas que le gosse murmurait quelque chose et même s'il l'avait entendu, il n'aurait su dire si c'était de façon consciente ou non. Il resta donc  planté là au beau milieu du salon, comme un con.




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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy   Sam 20 Mai - 18:00


“No one is useless in this world who lightens the burdens of another.”



Jack & Camille
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Camille n'a pas attendu la réponse pour aller faire du thé, mais l'hésitation de son "invité" ne lui a pas totalement échappée, alors quand elle revient dans le salon, trouvant Jack debout au milieu du chaos, elle porte un plateau avec une assiette de biscuits au chocolat, une théière fumante, deux tasses, deux verres et une bouteille de chartreuse, l'un des rares alcools qu'elle aime. C'est fort, mais le gout est délicieux. De toute façon à part de l'eau elle n'a rien d'autre à proposer, elle n'aime pas le café et réserve le chocolat chaud aux hivers pluvieux, avec des marshmallows. Et puis ce n'est pas comme si elle avait, réellement, besoin de s'alimenter ou de boire donc c'est juste une question de plaisir des sens.

Elle pose le plateau sur la table, libère une chaise en posant le bordel au sol dans un coin et murmure d'un ton d'excuse :

"Désolée je n'attendais pas de visite."

J'esquisse un mince sourire, mon bordel me plait, il me convient, je ne saurais expliquer pourquoi mais il me rassure, emplit la maison d'une certaine façon, l'habille, l'habite quand je ne suis pas là. Mais je n'ai pas l'habitude d'avoir des témoins de ce fouillis, je n'ai pas encore développée d'amitiés assez poussées pour qu'ils s'invitent chez moi.

Cela dit ce n'est pas non plus le cas de Jack normalement, d'ailleurs il s'est excusé pendant que l'eau chauffait. Je hausse légèrement les épaules, un peu à contre-temps :

"Tu as bien fait si tu n'avais pas confiance dans l'hopital."

A vrai dire je me demande s'il n'est pas un peu parano cela dit, c'est un peacekeeper qui aide un résistant, s'il le fait peut-il vraiment croire que les autres n'en feront pas autant ? Mais je me souviens, aussi, qu'on me dit toujours que je suis une idéaliste, il connait le système il en fait partie, s'il n'a pas confiance en l’hôpital peut être a-t-il raison ? Je ne sais pas vraiment laquelle des deux hypothèses est la bonne, j'ai envie de croire la première mais une petite voix au fond de moi murmure que j'ai probablement tort.

Je lui montre le plateau et me fait une petite place sur le canapé, genoux repliés contre ma poitrine, ma position favorite, pour prendre le moins de place possible en quelque sorte. Et puis ça me rassure d'être ainsi ramassée sur moi-même, comme si c'était une armure.

"J'ai bien peur de n'avoir que du thé ou de la chartreuse.... Mes placards sont vides. "

J'ajoute, un peu vite peut être

"Je manque de temps pour m'approvisionner."

Après tout je ne peux pas laisser croire que je ne mange pas, cela serait inquiétant. Il faudra vraiment que je devienne plus habile pour cacher ma nature.

"Tu crois vraiment que le gouvernement l'aurait laissé mourir ? "

Enfin le gouvernement, au sens large, le système disons. J'ai envie de croire, d'espérer, mais les rumeurs qui se frayent un chemin jusqu'à moi ne sont pas porteuses d'espoir, loin de là. Cela dit il y a bien des partisans de ce gouvernement, non ? Il doit bien y avoir des raisons ?


Camille n'est, clairement, pas très au fait de la politique actuelle, elle entend les plaintes, les critiques, les récriminations, certes mais les met généralement sur le compte de la frustration, la colère, l'envie, la mauvaise humeur, la peur, tout ce qui est sombre chez l'être humain, incapable de s'avouer que le système est pourri.


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