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 (morienster) If by my life or death I can protect you, I will.

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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

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↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement; il croit en la justice, il croit en la nécessité d'un pouvoir centralisé et totalitaire; il n'a jamais rien connu d'autres et ne conçoit pas qu'autre chose puisse fonctionner
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
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↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
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MessageSujet: (morienster) If by my life or death I can protect you, I will.    Sam 22 Avr - 1:02

Ma voix claque. « Fouillez l’immeuble, trouvez-les » Une pause, je consulte du regard mon second à cet occasion. « Il me les faut vivant, j’ai des questions à leur poser. » Je suis au pied d’un bâtiment décrépis, salis par l’âge, la pollution, l’apocalypse, l’humanité. Un bâtiment sans âme, duquel sortent malgré tout les bruits de la vie et d’une activité intense, de familles et de réfugiés entassés dans leur misère et leur crasse, dans les drogues passées sous le manteau, un marché noir de nourritures, de potions, de sang et d’alcool, un marché noir de bons et mauvais procédés, de vies achetées pour une bouchée de pain, d’âmes vendues dans un crachat parce que de toute manière, il ne leur restait rien d’autre. Plus rien qu’un souffle dans leur poitrine, plus rien d’autre qu’un souffle d’honneur, ténue, que les Parques, les juges, jurés et bourreaux tranchent aveuglément dans des ricanements. Les battements de cœur qui résonnent dans l’immeuble sont nombreux, mais aucun ne m’intéressent. Ce sont ceux des morts-vivants qui justifient ma venue, ce sont ceux des créatures à peine moins méprisables que les sorciers, ce sont ceux des bêtes mordues et transformées qui m’ont fait me déplacer jusqu’ici. Des informations tombées sous le secret quelques heures plus tôt, une descente plus ou moins discrète, plus ou moins officielles et me voilà, bras croisés, le loup aux aguets, à observer une équipe de mes hommes se disperser dans le hall puis dans les étages à la recherche des quatre individus dont les descriptions ont été crachées un peu plus tôt sur des feuilles de papier, dans une encre aussi sombre que leur sang.  

Mes yeux délaissent finalement les murs, se reportent sur la rue bouclée, sur les ruelles enveloppées d’ombre à la lumière montante d’une lune descendante. Se reportent sur un goudron décharné, éventré, sur des dalles noircies du sang et de la crasse d’une humanité échouée au bord de la route. La vue m’a été rendue, je contemple chaque jour un peu plus un dégoût et un écœurement qui ne me manquaient guère. Je ferme les yeux, avant de plaquer un mouchoir sur ma bouche et mon nez pour filtrer des odeurs agressives et suppurantes, pour éloigner de mon esprit la réalité de la place. La réalité de ce que tout cela sous-entendu. Je me repais de luxe, je me repais de propreté, je me vautre dans un cadre de vie qui ne me ressemble en rien. Et si j’en avais conscience, je ne m’en suis véritablement rendu compte qu’il y a quelques semaines, lorsqu’une discussion a déposé un goût âcre dans ma gorge que je n’arrive ni à ignorer, ni à faire disparaître. Un goût âcre qui assèche ce que je bois, putréfie ce que je mange, s’insinue dans mes veines pour asphyxier mes poumons et alourdir ma cage thoracique. Un goût âcre assorti d’une séparation déplaisante. Un goût âcre qui se rappelle sans cesse à mon bon souvenir, qui me force à ouvrir les yeux sur des évidences pointées par Noah. Des évidences pointées par Violet. Des évidences étranglées par mon orgueil et ces voiles d’illusion que je laisse tomber sur mes paupières pour m’y envelopper et me protéger. Des voiles destinés à se transformer en linceul. Des siècles plus tôt, je vivais de luxe et de festins mais malgré tout, j’étais plus proche de ces habitats insalubres que de cette tour d’argent et d’ivoire dans laquelle je me suis enfermé de mon propre-chef, recroquevillé dans une suffisance et une faiblesse écœurante, encore une fois, d’affliction et d’auto apitoiement. Des siècles plus tôt, j’étais un Seigneur par le sang, par l’âme, la noblesse et le mépris. Désormais, ces ordres que je crache sont pour un Gouvernement qui me tient en laisse, en lequel je crois mais en lequel, aussi, je doute.  Désormais, ces ordres que j’exécute sont édictés sous la menace doucereuse d’une puce continuellement active dans mon avant-bras, en sommeil depuis des mois mais toujours présente. J’ignore qui je sers, j’ignore qui je souhaite servir, j’ignore même si j’accepte réellement de servir qui que ce soit. La seule chose dont je parvienne à être certain et conscient, actuellement, c’est de la nécessité de mes actes, de la nécessité de cette arrestation à laquelle on procède, de la nécessité, enfin, de cette distance que je m’impose et de ce statisme auquel je me contrains, sans lien aucun avec le reste de mes impératifs. Je ne ferai pas le premier pas, c’est une promesse que je lui ai faite, portée par la colère, la susceptibilité et une vexation qui ne s’apaise en rien. Les premiers pas, je ne les fais guère et les quelques entorses à ce principe que j’ai pu faire ne se sont soldées que par des échecs. Les premiers pas, je ne les fais pas. Je ne les fais plus. Je ne les ferai plus.

Alors cette odeur sucrée qui me parvient, portée par une légère brise, cette odeur reconnaissable par son impact sur mes papilles olfactives, cette odeur qui me distrait, qui me pousse à respirer, à emplir mes poumons comme un noyé en recherche d’oxygène, cette odeur, je l’ignore. Je m’oblige à en détacher mon esprit, alors même qu’elle se fait insistante. Joueuse. Que mes sens se tendent dans sa direction, guettent une voix, guettent des pas, guettent un sourire. Mes yeux ont beau rester fixé sur la porte d’entrée de l’immeuble de laquelle vont sortir d’ici quelques minutes mes hommes et leurs proies, tout le reste de mon corps et de mon attention est tourné dans une toute autre direction. Un éclat de voix, je respire. Reconnaissable. Des propos, des pas… Un ton qui monte. Qui se tend, tout comme mes muscles. Tout comme mes poumons qui se bloquent. On me parle, je n’entends plus. J’ai fermé les yeux pour écouter, pour me concentrer, pour me débarrasser du superflu. Des mots, des éclats de voix. Un cri. Je fais brusquement volteface, ma respiration s’étrangle dans ma trachée, ma vue se heurte à une semi-obscurité et pire que tout, à une distance qui me sépare d’une silhouette aux contours flous, mais à la chevelure reconnaissable. Trop loin. Trop loin de moi. Trop proche. Trop proche de celui qui la touche. Un craquement, fluide. Une douleur, teintée de familiarité. Une agression des sens, une lumière qui éclate, des traces qui se posent devant moi. L’homme s’est recroquevillé sous l’attaque du loup.

De l’homme, il ne reste plus rien. De l’homme, ne restent que des vêtements tombés au sol, déchirés, lacérés par des griffes et des crocs. De l’homme, ne restent que des éclats brisés de doute et de confusion, d’orgueil et d’hésitation. Le loup ne s’embarrasse pas de ces fardeaux, le loup ne vit que dans le présent, le loup ne se laisse porter que par un instinct brûlant, un instant brillant, que par son souffle et ses pulsions les plus primaires. Quelques bonds, ses pattes se délient. Quelques bonds, il avale les mètres. Quelques bonds, il épuise la distance qui le séparait de la violence. Quelques bonds, il retrousse des babines et dévoile des crocs puissants qui ne demandent qu’à mordre, qu’à goûter au sang. Ennemi, proie, cible, prédateur, concurrent, imposteur. Les mots n’ont pas de sens quand le loup prend le contrôle, l’homme est en retrait, l’homme est carnassier, l’homme est animal et colère, l’homme est inquiétude, l’homme est tout ce que le loup n’est pas, tout ce dont le loup n’a pas besoin pour courir, sauter, abattre ses soixante kg de muscles et de poils sur l’agresseur, mordre à sentir craquer dans sa mâchoire l’os d’un bras. Le loup ne s’encombre de rien, ne s’alourdit de rien. Ne se laisse ralentir par aucune morale, aucun scrupule, juste l’instinct, juste la volonté qui ne fait peut être jamais défaut à l’homme mais qui manque si souvent de ployer sous les pressions qu’exercent son orgueil et tous ces liens qui en font une créature sociable. Le loup a les crocs rougis de sang lorsqu’il lâche le bras et s’éloigne d’un dernier bond. Oreilles plaquées en arrière, mâchoire ouverte. L’agressivité est perçante, le langage corporel de l’animal est universel. Il guette un mouvement. Il guette le mouvement de trop. Celui qui le verra se jeter sur l’ennemi une seconde fois, celui qui le verra se jeter à sa gorge où pulse un sang rythmé par un cœur affolé. Du bras, il ne reste qu’un membre pendant, inerte, à l’hémorragie tangible, qui affole le museau de l’animal. L’homme sait pourquoi il est là, pour qui il est là, mais le loup, lui, est concentré. L’homme veut s’intercaler entre le blessé et la femme, le loup esquisse quelques pas, tendu d’agressivité et de menace. Recule, hurle l’animal dans une posture explicité. Recule, cours, fuis, meurs mais éloigne-toi. Un lourd grognement naît au fond de la gorge du loup, mise en garde supplémentaire soufflée par l’homme.


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MessageSujet: Re: (morienster) If by my life or death I can protect you, I will.    Jeu 27 Avr - 10:57

If by my life or death I can protect you, I will.
Rafael&Violet
Cheveux blonds dans le vent, l’air triste, le pas hésitant, Violet ne se rendit même pas compte qu’elle avait mis les pieds dans l’un des quartiers les plus mal famé de la Nouvelle-Orléans. Elle s’en fichait, elle voulait le retrouver. Une petite boule de poils qui n’avait peut-être aucune valeur pour un étranger, mais qui pour elle était beaucoup. Son compagnon du quotidien. Cilaos –son chat- avait disparu depuis des jours. Si au début Violet n’y prêta pas une grande attention, au fil du temps l’inquiétude commença à naître en elle. Une inquiétude qui finit par la ronger. Depuis qu’elle s’était faite agressée la jeune femme n’arrivait plus à penser correctement. Elle enchaînait les maladresses, peinait à se souvenir des dossiers de ses patients. Elle avait continué à remplir la gamelle du félin jusqu’à ce que le débordement inhabituel de cette dernière l’interpelle. Et si c’était cette jeune femme qui lui avait pris son chat ? Et si Violet le retrouvait égorgé en guise d’avertissement ? Le simple fait d’imaginer sa petite boule de poil pataugeant dans son propre sang lui provoqua un haut-le-cœur. Lui n’avait rien demandé le pauvre. La cruauté envers les animaux faisait parti des choses qui répugnaient Violet. Un soir de déprime, la jeune femme en avait eu marre d’attendre le retour de son animal et elle décida d’aller le chercher coûte que coûte.

Quittant son immeuble qui longeait le quartier malfamé de Treme, l’ergothérapeute commença sa quête. Elle n’avait pas grand espoir. La ville était immense et cela faisait des jours que le félin avait disparu. Le soir était tombé depuis un moment déjà, laissant place à une brise fraîche qui contrastait avec la moiteur des lieux. Dans ses recherches la mexicaine ne se rendit pas compte qu’elle s’avançait vers une terre inconnue. Une terre puante et infréquentable pour quelqu’un comme elle. Malgré les curieuses rencontres qu’elle fit sur son chemin, Violet n’avait de cesse d’appeler son chat. Elle était à bout de force, elle n’en pouvait plus de cette situation. L’épée de Damocles qui flânait au dessus de sa tête était devenue invivable. A tout moment elle s’attendait à voir cette jeune fille débarquer afin de lui trancher la gorge de son épée. A cette pensée, Violet sentit son cœur s’emballer. Le stress crispa ses muscles pendant que la panique lui brouillait le ventre. De plus elle se rendit compte qu’elle était complètement perdue. Elle avait marché sans relâche, fouillant chaque ruelle crasseuse qui croisait son chemin. Elle avait soigneusement évité les ivrognes qui tentèrent de l’accoster, lui faisant perdre du temps. Si bien que l’aube n’était pas loin lorsque sa crise de panique l’immobilisa dans une petite rue vide de monde. La jeune femme crut mourir de chaud, elle tira le col de son pull. Bien sûr que le temps était bien trop clément pour qu’un pull soit de rigueur. C’était l’un des seuls moyens que Violet avait trouvé afin de masquer sa cicatrice. Afin d’éviter les questions indiscrètes de ses collègues et les bruits de couloir malsains qui pourraient en découler.

Appuyée contre un mur, la jeune femme prit une grande inspiration. L’odeur nauséabond d’ordures et de crasse ne l’aida pas vraiment à s’apaiser. Une silhouette s’avança vers elle, Violet plissa les yeux. C’était un homme, grand et capuchonné. L’ergothérapeute devint pâle. « File moi ton fric blondasse. » lui intima-t-il. La mexicaine recula doucement, elle n’y croyait pas. Voilà maintenant qu’on l’agressait encore. Malgré la pénombre, Violet sut que l’homme n’était pas dans son état normal. A première vu il n’avait pas d’arme mais la jeune femme se savait perdante contre le moloss. Tremblante, elle continua de reculer, s’apprêtant à sortir son porte-monnaie. Elle n’en pouvait plus de tout ça, elle aurait voulu s’écrouler, qu’on la laisse tranquille. C’était de sa faute, elle n’avait pas fait attention à son chemin, elle n’était qu’une idiote.

Tandis que Violet crut en sa fin, quelque chose d’inattendue surgit du noir. Un loup. Surprise, l’ergothérapeute poussa un cri de terreur. Elle aurait encore préféré que cet homme la batte plutôt que de finir dans le ventre du canidé. Et que faisait-il là ? L’ergothérapeute frôla l’arrêt cardiaque. Depuis quand y avait-il des loups à la Nouvelle-Orléans. Des loups… A vrai dire elle en connaissait un de loup mais… Pas le temps de penser que l’animal s’élança, agrippant le bras de l’imprudent entre ses crocs. Violet eut un sursaut d’horreur. Des larmes bordaient le coin de ses paupières, son cœur battait à tout rompre. Le loup était venu la sauver. Elle ne rêvait pas. L’agresseur hurla de douleur, Violet serra les poings. Enfin elle comprit lorsque la bête continua de grogner après l’assaillant blessé. « Rafael ? Si c’est toi ne le tue pas s’il-te-plait… » supplia Violet. Dans un sens elle se demanda si elle ne faisait pas fausse route, si l’animal n’allait pas l’attaquer à son tour. Elle garda une certaine distance, manquant de se faire bousculer par l’homme en fuite. Il n’irait pas loin avec une blessure pareille. Il se viderait de son sang en un rien de temps.

Le choc fut total, Violet n’arriva pas à se calmer. Elle lâchait l’affaire, jetait l’éponge. Elle se laissa glisser contre le mur et pleura à chaudes larmes. Toute la pression de ces derniers jours avait été insoutenable. Et bien sûr que Rafael lui avait manqué, mais qu’aurait-il dit en voyant la cicatrice sur son cou ? Après qu’elle l’ait laissé seul dans ce restaurant, après qu’il se soit dévoilé ? « J’en ai marre, je veux que ça s’arrête. Si tu veux me tuer le loup, vas-y. Mais dépêchons nous avant que cette fille ne le fasse à ta place. Je veux rentrer, j’ai froid, je suis épuisée. » sanglota-t-elle en relevant les yeux vers l’animal. Animal qu’elle regardait avec admiration malgré elle. Bien sûr le sang coulant de ses crocs acérés n’était pas des plus rassurant, en dépit de ça, Violet se sentait étrangement en sécurité.



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MessageSujet: Re: (morienster) If by my life or death I can protect you, I will.    Dim 30 Avr - 12:08

Ce lourd grognement qui va en enflant provient du plus profond de la poitrine du loup. Menace, menace explicite, l’animal n’est pas une proie, l’animal n’est pas un charognard, l’animal n’est rien d’autre que l’Alpha de la meute, que le vecteur d’une volonté aiguillée par la colère d’un homme et l’analyse glacée du loup. Il grogne, il gronde, il menace, de son regard clair et de la noirceur de ses pupilles. Le sang est une constante dans sa gueule, extrait de force du bras de l’individu qui tremble, hésite, qui s’affaiblit aussi. Qui suinte, par tous les pores de sa peau, de l’odeur d’une victime et de la peur écœurante et enivrante. Enivrante. L’homme et le loup ne font qu’un, dans un équilibre sommaire, dans un équilibre plus que précaire entre bestialité et maîtrise. Maîtrise. Une maîtrise aussi difficilement saisissable qu’un rayon de lumière, aussi fragile que la conscience humaine lorsqu’il revêt cette forme. Le loup est violent, plus encore lorsqu’il se devient le prisme des émotions les plus brutes d’un homme qui refuse de pleinement les considérer, qui refuse le plus souvent de leur offrir le droit d’exister en tant que telles, et non autrement que comme des éléments perturbateurs, des parasites dont il se passerait bien. De l’homme, il ne reste présentement que des fragments épars. Le loup a bondi au travers de la vitre qui le séparait du monde, les éclats de verre sont fichés dans sa peau, enfoncés dans sa fourrure, les bords restent coupants mais le fait est que l’équilibre est en faveur de l’animal, pas de l’humain. En faveur de ce grognement qui s’intensifie de menace, indifférent à la femme. Plus rien ne l’entrave, si ce ne sont de minces filins de soie et de volonté. Si ce n’est un ton péremptoire. Protège-la. Protège-la, telle est l’injonction de l’humanité qu’hébergent ces muscles puissants, ces crocs rougis, cette respiration lourde, grave et agressive. Protège-la, tel est le seul ordre qui persiste. Il ne se transforme plus que rarement lorsque la lune ne l’appelle pas, même s’il en est des plus capables. Il ne se transforme plus que rarement, parce que l’animal en son sein est trop violent pour qu’il l’accepte de le libérer. C’est une arme, une arme et un outil, c’est un outil de destruction, c’est une mâchoire de mort plus que de protection. Ses pattes avancent dans une lenteur calculée, dans laquelle on peut reconnaître la prestance du Seigneur, cette rigidité noyée dans ses veines, cette droiture secrétée par son éducation. Le loup n’a nul regard pour la jeune femme. Elle n’a même pas de nom, elle n’a qu’une odeur, une odeur et une importance. Une importance des plus limpides, des plus troublantes. Une importance qui prend tout son sens, lorsqu’une voix désincarnée parvient aux oreilles de l’animal. « Rafael ? Si c’est toi ne le tue pas s’il-te-plait… » L’homme veut la regarder dans les yeux, l’animal s’attache à la priorité de l’instant. Surveiller sa cible, qui hésite, qui tremble, qui ne sait quelle option choisir.

Et finit par opter pour la fuite. Et la bousculade. Un soupir, le loup a bondi dans sa direction, détruit la distance en une fraction de seconde, mais s’immobilise presque aussitôt. Parce que des sanglots s’enroulent autour de ses pattes, viennent prêter main forte aux filins de volonté. L’animal n’est plus libre, l’animal n’est plus entièrement aux commandes, sa psyché bestiale se trouve affaiblie par les assauts de l’homme. Le loup se désintéresse de sa proie, fait volteface, s’approche prudemment de la jeune femme. Des larmes en cascade, des mots essoufflés. « J’en ai marre, je veux que ça s’arrête. Si tu veux me tuer le loup, vas-y. Mais dépêchons-nous avant que cette fille ne le fasse à ta place. Je veux rentrer, j’ai froid, je suis épuisée. » Pattes de velours, l’animal s’approche avec prudence. Son agressivité est là, latente. Sa dangerosité est là, manifeste. Mais l’éclat dans ses yeux est celui d’un homme qui a repris le contrôle, d’un homme-loup. Son museau heurte la main de la jeune femme. Avant que cette fille ne le fasse à ta place. L’animal hésite, l’homme a ses pensées plongées dans un brouillard temporel. Le loup vit dans l’instant présent, le loup peine à place des événements dans un ordre chronologique, lorsqu’il s’en souvient. Les conséquences imprègnent son comportement, les faits disparaissent tout simplement. Danger, voilà ce qu’il retient. Sécurité, voilà ce que promettent ses yeux, ses pattes sur le bras de la jeune femme, sa tête posée un instant. Avant de s’ébrouer. Sécurité, ils ne doivent pas rester ici. Sécurité, il doit s’assurer qu’elle va bien. Sécurité... le loup détourne le regard, recule. Se recroqueville dans un gémissement alors que sa fourrure le délaisse, alors que dans des craquements ses os se réorganisent dans une douleur innommable.

Mes transformations sont toujours moins supportables dans ce sens-là. Lorsque je retrouve mon humanité, le monde s’estompe autour de moi ; le seul de mes sens à s’avérer inchangé voir renforcé, et celui transporté dans mes veines. Mes muscles sont endoloris, ma peau est agressée par le souffle du vent, ma poitrine a beau se soulever à rythme régulier, mon cœur se débat dans ma cage thoracique. Et mes pensées, chaotiques, ne s’accommodent qu’à grand-peine à une transformation aussi psychologique que physiologique. Impossible de m’enfermer dans des armures, dans des murailles, dans des distances et des fossés, impossible de dresser entre moi et ma nature la plus profonde les moindres protections. Je suis aussi vulnérable qu’un nouveau-né. Mes yeux se lèvent vers Violet, dénués de contrôle, dénués de faux-semblants, hurlants de vérité et de sincérité. Hurlants de naturel. Le loup ne peut feindre, ne peut se lover dans de l’indifférence et de la distance. Le loup est un agresseur, le loup est un protecteur, le loup est d’une franchise pure et enivrante. « Je ne vous ferai jamais de mal, Violet. Avec moi, avec le loup… vous êtes en sécurité. Je vous raccompagner chez vous, vous n’avez rien à faire ici. » Je peine à reprendre le contrôle de mes pensées, plus que jamais. Quant à mes actes… eux aussi souhaitent échapper à ma vigilance, eux aussi veulent me voir me lever, la prendre dans mes bras et l’envelopper d’une protection spontanée. Seulement… la rue nous entoure, les regards peuvent se porter vers nous… je détourne une nouvelle fois le regard. « Nous parlerons une fois chez vous. » Mon dernier mot meurt dans le museau du loup retrouvé. Mais je reste présent, fermement présent. Patte de velours, je donne le ton en trottant dans la rue, comme pour mieux l’inviter à me suivre. Lui ordonner de me suivre. Plus vite nous serons dans un endroit sûr, plus vite je pourrai céder à mes impulsions et la prendre dans mes bras. Je ne ferai pas le premier pas. Depuis quand mes promesses et menaces n’ont plus la moindre valeur à mes yeux ?

Depuis qu’un sursaut d’inquiétude les a réduites à néant, très certainement.


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MessageSujet: Re: (morienster) If by my life or death I can protect you, I will.    Jeu 4 Mai - 9:56

If by my life or death I can protect you, I will.
Rafael&Violet
Si elle se crut dans un cauchemar durant quelques secondes fugaces, Violet comprit qu’il n’en était rien si ce n’est la réalité. La triste, étrange et incroyable réalité. Alors que ses larmes trempaient ses joues, le loup déterminé à stopper le fuyard fit demi-tour. L’ergothérapeute sanglotant sursauta lorsque le museau de l’animal effleura sa main. Elle n’y croyait pas ses yeux mais ce qu’elle avait pensé était bel et bien vrai. Affectueusement Violet caressa la tête de l’animal, un sourire nouveau au coin des lèvres. « J’en ai marre tu sais… » dit-elle en s’efforçant de stopper son chagrin. Pour en avoir marre elle en avait marre, elle n’en pouvait plus. Elle fut néanmoins bien contente que le loup l’ait trouvée. Qui sait ce qui serait advenue d’elle dans le cas contraire ? Elle s’en voulait un peu de ne pas avoir prêté attention à son chemin, de s’être perdue entre les ordures et les camés du coin. Dans l’esprit de la jeune femme, la scène n’aurait pas pu devenir plus surnaturelle qu’elle le paraissait déjà. Une preuve que Violet avait encore des choses à apprendre sur les créatures qui l’entouraient. Elle ne parut pas très rassurée lorsque le loup s’ébroua. Certes, elle n’avait plus de doute sur son identité réelle maintenant, mais c’était la première fois qu’elle l’admirait de ses yeux, et non à travers les dires de Rafael. L’intéressé d’ailleurs recula pour délaisser sa forme animale. Violet contempla le spectacle, l’air curieux et fasciné. Comment une telle prouesse était-elle possible ? Bientôt de la fourrure du loup il ne resta plus que la peau nue et un corps d’homme. Les regards se croisèrent, Violet ne dit mot. A vrai dire elle ne savait pas par quoi commencer. Elle sécha ses larmes avec ses doigts, légèrement gênée que Rafael ait du venir à son secours. Et puis finalement, la voix et surtout les mots rassurants que prononça l’italien la firent sourire.

«  Je ne sais pas quoi dire… Merci d’être venu, j’ai pas réalisé et je… »  balbutia-t-elle avant de hocher la tête.

Elle comprit qu’il valait mieux se taire et suivre l’homme loup. Les rues n’étaient pas sûres, et puis ce n’était pas le moment d’attirer les curieux. Alors sans attendre, reprenant ses esprits, la jeune femme suivit Rafael jusqu’à chez elle.

-
Appartement de Violet

Leur course les amena jusque dans l’antre de Violet. Un deux pièces modeste dans lequel Rafael n’avait pas souvent eu l’occasion de mettre les pieds. Une fois dans le salon, la jeune femme parut de nouveau gênée. « Ca te change de chez toi mh… Ne t’en fais pas Cilaos n’est pas là. Il est parti. Je l’ai cherché partout, c’est pour ça que j’étais dehors. J’ai peur qu’on lui ait fait du mal. »  avoua-t-elle tristement. Elle disparut furtivement avant de revenir un peignoir à la main qu’elle tendit à Rafael. « Tiens mets ça, tu vas finir par avoir froid. Enfin je ne sais pas si vous pouvez attraper froid mais… » elle haussa les épaules. Décidément la pauvre Violet était perturbée. En même temps en une soirée elle venait de vivre des choses éprouvantes. Elle avait vu Rafael sous sa forme animale pour la première fois, ce qui l’avait placée face à la réalité des choses. Non l’italien n’était pas un homme comme les autres, oui il était un changeur de forme, mi-humain mi-loup. En dépit du fait que Violet l’acceptait, elle n’en restait pas moins choquée. Même si dans l’histoire, Rafael n’était pas la cause unique de son état. Sans y prêter attention la jeune femme enleva son pull. La laine la grattait et la température convenable de son appartement lui avait donné chaud. Ses cheveux blonds retombèrent en pagaille devant son visage cerné, Violet les renvoya vers l’arrière de sa main droite. Elle en oublia presque la cicatrice qui marquait son cou. Un trait rouge qui mettait un certain temps à s’estomper. Cela ne la faisait néanmoins plus souffrir. La seule trace qu’il resterait de toute cette histoire serait, à terme, purement psychologique.

« Comment tu m’as trouvée Rafael ? » demanda finalement la mexicaine en se retournant vers l’homme-loup.

Elle sembla soudainement rassurée. Les traits de son visage s’adoucirent, la présence de Rafael tombait à point nommé. Après ces recherches vaines, Violet n’aurait pu supporter la solitude. Et il n’y avait qu’une personne capable de combler ce vide en l’instant. Au final cela lui importait peu la manière dont laquelle l’italien l’avait trouvée. L’ergothérapeute bénissait les dieux qu’il l’ait fait avant qu’il ne soit trop tard.



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MessageSujet: Re: (morienster) If by my life or death I can protect you, I will.    Dim 21 Mai - 0:35

Loup. Le loup est là. Le loup a pris les devants, le loup a pris le contrôle. Loup. Il est omniprésent, il ronge le contrôle de l’homme, il s’empare de tout, d’absolument tout. Fait sienne sa volonté. Fait siens ses désirs. Fait siennes ses angoisses, siennes ses inquiétudes. Le loup s’approprie les sentiments de l’homme, les transforme en sentiments de loup. Museau, regard, ses babines sont teintées de sang mais ses pupilles sont chargées d’humanité. Ses crocs ont goûté à la terreur de l’agresseur, ses rétines accrochent la victime, s’en approchent avec douceur, s’y perdent. Museau, regard, le loup n’est pas un animal inoffensif, mais c’est un protecteur. L’homme est là, l’homme veille, l’animal n’est pas un danger pour elle. Il s’est désintéressé de sa proie, pour elle. Il a quitté son enveloppe et sa prison pour elle. Il s’est recouvert de fourrure et s’est appuyé sur ses coussinets, pour elle. Le loup, l’homme, les deux peinent à coexister et pourtant ne font qu’un. Le cerveau de l’animal est déconstruit, comparé à celui de l’homme, simple et déconnecté de tout ce qui le charge, et pourtant même si le temps n’a plus de signification, même si les relations humaines n’ont plus de sens, même s’il s’attache à des futilités, ignore le primordial, une chose s’impose. Un léger gémissement lorsque la main de la femme se pose sur sa fourrure, sur sa tête. Un léger ronronnement, l’homme est pétris de honte mais le loup ne s’en soucie pas. Il est au-delà de ça. « J’en ai marre tu sais… » Il la fixe de ses grands yeux bleus. Le loup vit l’instant présent, refuse d’écouter l’homme inquiet. Refuse de céder… refuse tant de choses. L’homme presse, le loup recule. Pattes de velours, fourrure. Il s’ébroue.

Et laisse place à l’homme. Les sensations s’estompent, mes pensées s’éclaircissent, le basculement de bête à être humain a beau avoir une saveur familière depuis le temps, je suis déstabilisé. Muscles endoloris, pensées confuses et pourtant limpides, comme extirpées d’un liquide poisseux. Mes yeux se heurtent à ceux de Violet, je formule à haute voix ce que l’animal souhaitait communiquer. Je lutte, je lutte pour ne pas franchir la distance qui nous sépare. Je lutte pour me concentrer sur l’important. Sa protection. Sa présence ici. Ma présence ici. Le sang qui subsiste dans ma gueule, excite mes papilles, asphyxie mes sens d’un goût métallique. Avec moi, elle est en sécurité. Avec le loup, également. Mais sa place n’est pas dans ce quartier, sa place n’est pas dans la rue, pas à cette heure, pas seule. Sa place est chez elle et les mots meurent dans la gueule sans attendre de réponse, en un soupir, l’animal est à nouveau là, prédominant. «  Je ne sais pas quoi dire… Merci d’être venu, j’ai pas réalisé et je… » Il hoche la tête, trottine en avant pour ouvrir la marche et initier le mouvement. Loup. Protecteur. C’est sous cette enveloppe qu’il se révèle très certainement tel qu’il est en profondeur. Loup. Protecteur. Alpha. Mais avant tout chef de meute. Directif, mais doux. Violent mais soucieux. Protecteur, infiniment protecteur.

L’appartement de la jeune femme est bientôt devant eux, deux pièces réparties sur quelques mètres carrés. Un salon, le loup sent l’odeur écœurante d’un félin, dévoile ses crocs, prend ses aises sur son nouveau territoire qu’il parcourt sans y penser, avant que l’homme ne reprenne un contrôle plein et entier sur la situation, avant que l’homme ne le rappelle à l’ordre. A nouveau, la fourrure disparaît. A nouveau, on l’étrangle, on le prive des odeurs, on le prive de sa vue, on le prive de bien des choses et il laisse la place à l’homme. Je me redresse lentement. « Ca te change de chez toi mh… Ne t’en fais pas Cilaos n’est pas là. Il est parti. Je l’ai cherché partout, c’est pour ça que j’étais dehors. J’ai peur qu’on lui ait fait du mal. » Un froncement de sourcils, je l’observe disparaître, revenir avec un peignoir que j’attrape sans y penser. Cilaos. Son chat, si mes souvenirs sont bons. L’odeur rance et datée qu’a sentie le loup, à n’en pas douter. Bon débarras. « Tiens mets ça, tu vas finir par avoir froid. Enfin je ne sais pas si vous pouvez attraper froid mais… » J’enfile le peignoir sans plus tarder. Son haussement d’épaules est charmant, attire sur mes lèvres un sourire qui n’a pas lieu d’être. Je suis ici alors que je ne devais pas faire le premier pas. Je me suis parjuré dans un mouvement d’humeur, j’ai rompu ma promesse, ma menace, ma sentence dans un soupir infime, sans la moindre hésitation. Et tout cela pour quoi ? Pour la défendre parce qu’elle était dehors, à la recherche d’une bestiole sans le moindre intérêt ? Mes pas me guident contre un meuble pour m’y appuyer, je me refuse à céder à cette impulsion qui me pousse à la prendre dans mes bras. Les questions, je n’en doute pas une seule seconde, vont bientôt affluer en nombre. Tant de son côté que du mien. Elles sont déjà là, d’ailleurs, dans cette phrase inachevée, dans ce qu’elle me confie sans y penser, dans l’absence du chat, dans son inquiétude, dans sa nervosité, dans… dans son visage cerné, cette blessure à sa nuque. Mes yeux s’y attardent. Et je reste silencieux. Interrogatif. Mais silencieux.

« Comment tu m’as trouvée Rafael ? » Ses traits se radoucissent, les miens font de même, inévitablement. Ils perdent de leur rigidité, ils perdent de leur froideur, ils perdent de leur distance pour se réchauffer d’inquiétude. Pour laisser tomber le givre et me laisser vulnérable. « Vous n’êtes pas revenue. » Ma voix craque sous la glace. Mes yeux, eux, sont rivés dans les siens. Comment l’ai-je trouvée ? Mon menton désigne doucement la marque à son cou. « Vous vous êtes faite agresser. » Comment l’ai-je trouvée ? « Votre chat a disparu, cela vous inquiète. » Comment l’ai-je trouvée ? Je me décolle de mon appui pour m’approcher d’elle. « Vous sortez à une heure plus que tardive dans l’un des quartiers les plus dangereux de la ville. » Ma voix se fait atone, rien de plus qu’un mince filet d’air qui, malgré tout, résonne dans l’appartement. « Et, pourtant, vous n’êtes pas revenue. Vous n’êtes pas venue me voir. Vous êtes restée seule. » Ma main se lève, hésite à aller cueillir son menton, caresser sa joue. Mes yeux, eux, ne délaissent pas un seul instant les siens. « Je ne vous ai pas trouvée, Violet. Je ne vous ai pas cherchée. » Et j’insiste sur les mots clés. Je ne l’ai ni trouvée, ni cherchée, elle s’est imposée. « Je vous ai entendue. Je vous ai sentie. Je vous avais promis de ne pas faire le premier pas, et par votre inconséquence, vous m’avez forcé à piétiner mes engagements. » Mon inquiétude est enveloppée d’une colère qui fourmille sur mon épiderme, comme la promesse d’une menace, comme les prémices d’une explosion. « Je ne vous ai pas trouvée, Violet. Je vous ai sauvée, parce que vous vous étiez mise dans une situation… vous mettant en danger. »[/i] Parce que je ne pouvais faire autrement que de la secourir. « Je ne vous ai pas trouvée, le hasard m’a placé non loin de vous. » Je n’ai pas fait le premier pas volontairement, voilà ce que je veux qu’elle comprenne. « Je pense que l’on ne peut faire l’économie d’une discussion, à présent. Mais tout d’abord, pouvez-vous aller me chercher un verre d’eau. » Le goût du sang persiste, et avec lui celui de l’inquiétude.


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MessageSujet: Re: (morienster) If by my life or death I can protect you, I will.    Jeu 25 Mai - 21:51

If by my life or death I can protect you, I will.
Rafael&Violet
Violet savait. Elle savait que Rafael n’en resterait sûrement pas là. Elle savait qu’elle pouvait gagner du temps, retarder l’explosion de cette bombe émotive mais que cela ne durerait pas. Bien qu’elle fut profondément chamboulée par tout ce qu’il venait de se passer, le souvenir du dernier échange d’avec Rafael ne cessait de lui tourner autour. Comme un vieux spectre qui se refusait à rejoindre l’au-delà. Alors ce fut dans l’offrande d’un peignoir que la jeune femme s’accorda un peu de temps. Un répit qui fut de courte durée. Malgré que les traits du changeur de forme s’adoucirent eux aussi, Violet sentait que quelque chose n’allait pas. Sa question posée n’attendait pas de réelle réponse quand elle y repensa. Autre chose attira son attention, le recul du loup. D’un geste discret Violet se pinça les lèvres, non elle ne voulait pas qu’il s’éloigne ne serait-ce que d’un centimètre d’elle. A vrai dire elle aurait voulu tout le contraire. Mais elle ne lui en voulait pas. Ses yeux rivés sur Rafael appuyé contre son maudit meuble, Violet attendit calmement que la bombe explose. Tic, tac, la sentence ne se fit pas attendre.

La jeune femme eut une drôle d’impression lorsque l’italien lui dit qu’elle n’était pas revenue. La mexicaine détourna le regard. Ce fut comme si Rafael mettait le doigt sur une plaie béante et qu’elle ne pouvait que se retenir d’hurler de douleur. Mais avant qu’elle n’ait pu rétorquer Rafael continua de débiter. Elle était blessée, sa blessure… Elle l’avait presque oubliée. Gênée la jeune femme porta sa main droite à son cou meurtri, cachant sa blessure comme on cacherait quelque chose d’honteux. Enfin Rafael s’approcha, poussant Violet à relever un regard légèrement inquiet vers lui. Il la perçait à jour, mettait en miettes toutes ses défenses en énumérant chacun des faits. L’ergothérapeute déglutit non sans mal. Elle avait appris au fil du temps qu’avec l’homme-loup, on pouvait facilement s’attendre à tout. Mais étonnement, une main se leva, une main rassurante qui vint cueillir sa joue. La jeune femme ferma un instant les yeux, rassurée comme jamais depuis ces dernières semaines. Elle était restée silencieuse tout du long, jusqu’à ce que Rafael réclame un verre d’eau. « Oui j’y vais… » se contenta-t-elle de dire avant de se soustraire à son invité.

S’éloignant vers la cuisine américaine, Violet s’affaira à remplir un grand verre d’eau pour ensuite revenir vers son bien-aimé. Elle serrait sa main libre pour éviter de trembler. Qu’allait-elle lui dire ? Elle n’avait pas vraiment su comment gérer une telle situation. « Tiens. » dit-elle en donnant le verre d’eau à Rafael. Elle s’éloigna ensuite vers sa fenêtre qui donnait sur une rue déserte à cette heure. Dos à l’italien, Violet prit une grande inspiration. « J’ai voulu revenir bien sûr. Mais il m’est arrivé cette chose et je voulais pouvoir m’en sortir seule. Tu ne seras pas toujours là pour me sauver j’en ai conscience. » elle finit par se retourner, sur son visage on put deviner un trouble grandissant. « Rafael tu sais très bien que j’allais revenir. Je suis sûre que tu le sentais. Désolée si j’ai mis à mal ton égo. Je veux juste… » elle retint un sanglot. Elle en avait marre, ses nerfs lâchaient, elle était fatiguée, elle avait peur. S’approchant de nouveau de Rafael, elle fit durée le silence un peu plus longtemps. Faisant attention à ne pas le gêner pour boire, la jeune femme enlaça la taille de l’homme-loup avec une délicatesse et une fragilité infinie. Sa tête posée contre sa poitrine, elle releva bientôt les yeux, posant son menton sur le torse de l’italien. « Je sais que tu as besoin de temps pour certaines choses. Mais moi j’ai besoin de savoir ce qu’on est tu comprends ? Est-ce qu’on est quelque chose ? J’ai subi ces trucs horribles. J’ai même appris par le Docteur Meadow que des rumeurs courraient sur nous à l'hôpital. » sa voix baissa d’un ton. Elle ne savait pas vraiment comment Rafael prendrait la nouvelle. Il aurait été capable de faire licencier tous ceux qui avaient eu la langue bien pendue.

Les bras de Violet se resserrèrent autour de la taille de l’italien. Elle reposa son oreille contre son torse et écouta calmement les battements de son coeur. Comme une mélodie apaisante pour elle et son trouble du moment. Elle ne voulait pas s’attarder sur son agression et la disparition de son chat car elle savait qu’en faisant cela, elle donnerait naissance à une tornade que personne ne pourrait arrêter. Pour l’instant elle voulait des réponses, des réponses qui la rassureraient et qui mettraient surement un terme au tourbillon de questions qui lui embrouillait l’esprit.



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Dernière édition par Violet C. Forester le Mer 28 Juin - 8:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (morienster) If by my life or death I can protect you, I will.    Sam 3 Juin - 2:09

La transformation est un processus éprouvant non pas physiquement, plus depuis des années, mais psychologiquement. Le loup a beau être toujours présent dans mes pensées, il n’a que rarement l’occasion d’y être prédominant. Phagocytant. Lorsque je me transforme, lorsque je baisse ma garde, le loup annihile mon humanité, s’accapare mes sens pour les distordre, rejeter le superflu et ne s’attacher qu’à ce qu’il juge nécessaire. Et dans ces moments-là, redevenir humain équivaut à se percer les yeux, s’écorcher vif, asphyxier ouïe, odorat, goût, toucher, vue pour n’être plus qu’une marionnette désarticulée, insensible et amorphe. Le processus ne prend qu’une poignée de seconde, mais me laisse systématiquement décontenancé. Systématiquement orphelin. Douloureusement humain. Il y a une trace de regret dans ma gorge, dans mes veines, accompagnée d’un écoeurement certain face à cette nature abjecte que j’embrasse à chaque fois un peu plus pleinement. Le loup est monstre, mais entre lui et moi, c’est l’être le plus droit. Le loup est une abomination, mais entre lui et moi, c’est la créature la plus admirable. Il n’y a rien à sauver, dans l’homme, rien d’autre que le regard que je porte sur Violet, dans un mélange de soulagement, d’agacement et d’affection inavouée. Rien d’autre que ce regard que je lui offre, une caresse, un silence rongé de toutes ces émotions humaines qui déferlent sur moi, d’une violente inquiétude à la colère la plus froide. Mes traits s’adoucissent, je m’appuie à un meuble, bras croisés.

Si mes traits s’adoucissent, mon ton se durcit. Elle n’est pas revenue. Pire encore, elle s’est blessée et elle n’est pas revenue. Elle s’est tenue loin de moi, a trahi sa promesse, m’a forcé à faire de même. Et n’est pas revenue. Loin, le meuble qui me soutenait. Proche, sa silhouette meurtrie, ce trait brûlant tracé sur sa nuque comme un vestige de celui qui a volé la vie de ma fille. Sa main droite a beau vouloir cacher cela, c’est trop tard. Je ne l’ai pas trouvée, je ne l’ai pas cherchée. Je l’ai sauvée, et la distance que j’impose entre nous, entre nos regards, entre nos silhouettes, n’est que le reflet de cette terreur que j’ai crue un instant ressentir, cette terreur canalisée par le loup en un faisceau de violence et de menace; cette terreur dont le sang dans ma gueule est un catalyseur. « Tiens. » Mes doigts se referment sur le verre tendu, caressent les siens sans le vouloir. « J’ai voulu revenir bien sûr. Mais il m’est arrivé cette chose et je voulais pouvoir m’en sortir seule. Tu ne seras pas toujours là pour me sauver j’en ai conscience. » Mes rétines s’obscurcissent un peu plus. Je reste silencieux malgré tout, refuse de la fixer, me contente de chasser le goût du sang, redevenir pleinement humain, observer le mobilier. « Rafael tu sais très bien que j’allais revenir. Je suis sûre que tu le sentais. Désolée si j’ai mis à mal ton égo. Je veux juste… » L’indifférence me sied, je ne le sais que trop bien. Elle m’enveloppe comme une seconde peau. M’isole. L’indifférence me convient, me protège. Mais le sanglot de Violet, cette interruption dans ses propos… je ne peux y être indifférent, je ne peux rester stoïque. Et pourtant, c’est ce que je fais. Le silence qu’elle installe traîne, je ne lui concède aucun mouvement, aucun geste. J’attends, tout simplement. J’attends une raison de réagir d’une manière qui ne me trahirait pas. J’attends un mot, une erreur, un faux pas de sa part pour ne pas avoir à lui dire que ce n’est pas mon ego, qu’elle a mis à mal, mais bien autre chose. J’attends un mot, une erreur, un faux pas de sa part pour ne pas avoir à lui dire que non, je ne savais pas qu’elle allait revenir. Et qu’elle n’est pas revenue. J’attends, pour mieux la laisser parler. Raide, droit, distant. Engoncé dans le rôle que je m’impose, étouffé dans ces mensonges que je me récite. Enchaîné, aussi, dans cette terreur, cette appréhension, cette inquiétude corrosive qui me rongent plus sûrement que l’acide. Qui rende insupportable l’idée même de leur donner le droit d’exister. Je laisse Violet parler, muré dans un silence et un mutisme attentifs et surtout défensifs. Agressifs.

« Je sais que tu as besoin de temps pour certaines choses. Mais moi j’ai besoin de savoir ce qu’on est tu comprends ? » Un petit rire secoue mes lèvres à ces mots. En effet, que sommes-nous exactement ? Que sommes-nous, présentement, que sommes-nous, qu’avons-nous tenté d’être ? « Est-ce qu’on est quelque chose ? J’ai subi ces trucs horribles. J’ai même appris par le Docteur Meadow que des rumeurs courraient sur nous à l'hôpital. » Meadow. « Noah. » Le loup est omniprésent dans ce seul prénom, dans ce murmure qui m’échappe instantanément à la mention de ma némésis. Un nom, un prénom alourdis de colère, de rancœur, d’agacement. J’y retrouve les mêmes sentiments écartelés que face à Violet, nuancés malgré tout par les siècles. Noah. Pire que la saleté, pire que le mensonge, pire que tous les parasites auxquelles on puisse penser, j’ai l’impression de le retrouver derrière chaque ombre qui me tourmente.

Noah. Aussi à même de me briser que moi de le détruire. Il possède dans sa main toutes les cartes capables de me réduire à néant, de brûler tous ceux qui m’approchent. Et de toute évidence, il en a posé une première. Des rumeurs courraient sur nous. Tout me pousse à le voir lui-même comme étant l’investigateur de telles rumeurs. Et tout me pousse, également, à ne plus chercher à m’écouter, mais à m’accaparer de cette réalité pour la tordre, la distordre, la transformer en atout. Les bras de Violet m’enserrent, je ne fais qu’avec un temps de retard de même. Son contact a tout pour m’apaiser, je le sais. Son contact a tout pour endormir le loup, endormir le Seigneur, endormir le bourreau, réveiller l’artiste. Mais la mention de Noah… la mention de Noah change tout. Absolument tout. Quelques instants auparavant, il n’y avait guère qu’elle et moi dans la pièce. Quelques instants plus tôt, seule Violet me regardait, seule Violet était au cœur de mes pensées, au centre de mes choix. Mais à présent… Noah. Noah s’est immiscé entre elle et moi, comme un grain de sable. Noah s’est immiscé dans la pièce, la hante de sa rancœur, l’empoisonne de sa présence dans la discussion. J’ai besoin de savoir ce qu’on est. Que sommes-nous, aux yeux de Noah ? Que ne veut-il pas que l’on soit ? Ces rumeurs, les a-t-il semées pour détruire le peu qu’il y avait entre Violet et moi ? Les questions me torturent, accaparent mon esprit, le pervertissent alors que mes bras enserrent la jeune femme, alors que je m’éloigne de l’homme pour devenir le stratège. Alors que je me sens glisser loin de mes émotions pour ne me concentrer que sur un jeu d’échecs, inachevé, entre le sorcier et moi. Un jeu d’échec commencé il y a plus de sept siècles et demi, dans lequel les pions étant tombés les uns après les autres, ce sont les reines qui gravitent désormais autour des rois, mises à mal par les fous, mises à mal par les cavaliers, mises à mal par les tours qui ont survécu jusque-là. Mes doigts viennent cueillir le menton de Violet. Mes yeux cherchent à contempler le plateau, à prendre du recul. Mes lèvres s’étirent dans un sourire, viennent chercher les siennes, se les accaparent le temps d’un soupir, le temps d’une éternité. Vais-je jeter ma reine en pâture dans l’âpre combat qui a déjà vu chuter celle de mon adversaire, ou vais-je la faire reculer pour mieux la protéger, ou vais-je l’éloigner de moi pour la tenir à distance d’un roi un peu trop coriace ?

J’ai besoin de savoir ce qu’on est. Je souris. Que sommes-nous ? Bien plus que ce qu’elle croit. Qu’est-elle ? Bien plus que ce qu’elle croit également. « Je vous aime, Violet » Ma sincérité me déstabilise, presque davantage que tout le calcul qui conditionne cette phrase. Chacun de ces mots est pensé. Chacun de ces mots est pesé. Chacun de ces mots est avoué. La reine est avancée d’une case. « Nous sommes ce que nous souhaitons être, nous ne serons pas ce que d’autres exigeront de nous. » Mes doigts caressent à nouveau sa joue, empreints d’une tendresse sans pareille, d’une tendresse enfermée jusque-là dans ma retenue, libérée par un choix tactique visant à mener Noah jusqu’au mat. Mes mots ont beau être chargés d’une honnêteté irréfutable, ils sont souillés malgré tout par la rancœur, par une volonté de revanche malsaine aux conséquences certainement aussi désastreuses que les causes. Tâchés d’un mensonge qui ne me ressemble en rien. Mais qui, pourtant, me définit. « Vous n’êtes pas revenue, Violet. J’ai perdu bien trop d’êtres chers, je ne supporterais pas de vous perdre, que ce soit parce que je n’aurai pas été là pour vous protéger ou parce qu’une nouvelle fois, vous m’aurez promis de revenir et vous serez perdu en chemin, à nouveau. Que sommes-nous, Violet ? » Dans ma poitrine, mon cœur bat à tout rompre, incapable de faire la part des choses entre les mots que je pense, ceux que je ressens, ceux que je désire et ceux uniquement motivés par la raison la plus abrupte et la plus insensible. « Nous sommes ce que vous voudrez que nous soyons. Tout ne dépend que de vous, Violet, finalement. Parce que de mon côté, les choses semblent s’être éclaircies. Sans qu’il n’y ait désormais d’ambiguïté. »

Non, Noah, tu ne gagneras pas cette manche. Oui, Noah, je prendrai chacun de tes pions, chacune de tes tours, les unes après les autres, pour qu’au final, sur le plateau, il ne reste que ta stature. Solitaire. Meurtrie. Esseulée.


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MessageSujet: Re: (morienster) If by my life or death I can protect you, I will.    Mer 14 Juin - 11:29

If by my life or death I can protect you, I will.
Rafael&Violet
Sans qu’elle n’ait pu s’en douter, Violet venait de lâcher une bombe. Comment aurait-elle pu deviner le lien qui unissait Noah à Rafael ? Surtout après que le psychiatre se soit montré aussi investit dans sa cause, promettant presque de faire taire les mauvaises langues. Elle comprit néanmoins que l’évocation du médecin agaça Rafael. Si ce qu’elle perçut dans sa voix fut bien de l’agacement. Ses sourcils se froncèrent légèrement. « Comment tu connais le Docteur Meadow ? » demanda-t-elle naturellement. Jamais elle ne pensait Rafael capable d’aller voir un psychiatre. Son égo n’aurait pu passer la porte du cabinet, ou plutôt, cela aurait voulu dire que Rafael avait pris conscience que son comportement restait parfois douteux. L’option n’était donc pas envisageable. Mais la jeune femme n’y prêtait en vrai que peu d’attention, trop heureuse d’avoir retrouvé son homme et le creux de ses bras rassurant. Tandis que ses yeux bleus s’égarèrent dans ceux de l’italien, Violet lui accorda un sourire tendre. Elle attendait une réponse comme une délivrance. Au lieu de ça elle obtint un baiser. Un baiser qu’elle rendit avec douceur. Peut-être qu’au fond elle n’aurait pas eu besoin de plus que de goûter aux lèvres de son amant. Un court moment d’évasion avant que la séparation des êtres ne la ramènent sur Terre.

La suite Violet fut loin d’y être préparée. Alors qu’elle n’avait cessé de regarder Rafael, attendant une sentence, ce qu’il lui avoua lui coupa presque le souffle. Les yeux de la jeune femme s’écarquillèrent, elle resta un instant bouche bée. Est-ce que Rafael venait bien de lui dire que qu’elle pensait ? Etait-ce réel ou avait-elle perdue connaissance dans cette ruelle poisseuse emprunte à une démence passagère ? « Tu quoi ? Rafael Morienval… Tu m’étonneras toujours. » finit-elle par dire, un sourire ravi au quoi des lèvres. Désormais Violet ne pouvait s’empêcher de sourire niaisement. Elle n’aurait jamais cru entendre ces mots de si tôt. Elle avait même douté que son cœur puisse aimer encore. Pourtant elle venait bien d’entendre un aveu d’amour.  Un aveu qui lui fit complètement oublier ses soucis pour un court instant. La suite ne put que la rassurer. Rafael avait changé, Violet en fut presque déconcertée. Lui qui, il y a peu encore, ne semblait pas certain de vouloir s’engager sur la même route qu’elle, sur cette route qui n’allait nulle part et partout en même temps. La jeune femme acquiesça d’un bref signe de tête.

« Je m’en fiche de ce qu’ils peuvent dire. Ce qui m’embêtait c’était de ne pas savoir moi-même si oui ou non, notre relation en était bien une. Si oui ou non tu m’aimais. Maintenant c’est différent. Leurs rumeurs n’auront plus lieu d’être puisqu’il s’agira de la stricte vérité, ils s’en lasseront sûrement. » conclut-elle dans un haussement d’épaules indifférent.

Oh oui, ce que pourrait dire les gens désormais était le cadet de ses soucis. Malgré la fatigue qui lui tendait les muscles, Violet ressentit une montée d’adrénaline dans tout son corps. Elle vint poser sa main contre celle de Rafael qui caressait sa joue, penchant légèrement la tête sur cette dernière. A l’instant elle n’aurait pu être plus heureuse. Elle se sentit également extrêmement coupable de ne pas être revenue plus tôt vers Rafael. Elle mordit sa lèvre inférieure, elle sentait ses joues devenir écarlate. Sûrement que l’italien se serait énervé s’il avait su qu’on avait bien failli lui trancher la gorge.

« Je suis désolée de ne pas être revenue, mauvais concours de circonstances. Mais tu sais j’ai eu des gens autour de moi sur lesquels j’ai cru pouvoir compter et aujourd’hui ils ne sont plus là. C’est difficile tu comprends… Mais si pour toi les choses semblent plus claires… »

Que voulait-elle qu’ils soient ? Oserait-elle le dire à haute voix ? Elle continuait de le regarder, pensive. Elle ne doutait plus non, elle était prête à se jeter dans ce grand bain aux allures de torrents incertains et troubles. Mais par les temps qui courraient mieux valait savoir prendre des risques. Elle recula d’un pas, rendant la liberté à son amant en détachant ses bras. Violet prit une grande inspiration. « Ce que je veux c’est qu’on soit un couple et qu’on se comporte comme tel. Qu’on essaie au moins, je veux pouvoir me promener avec toi sans avoir à me cacher. Et pouvoir pourquoi pas parler d’avenir. Pouvoir dire que tu es l’homme que j’aime ouvertement. » elle hocha la tête comme pour confirmer ses dires.

Pour l’instant Violet n’avait pas réfléchi à ce qu’il adviendrait d’eux sur le loin terme. Il avait fallu voir déjà en l’instant s’ils étaient sur la même longueur d’ondes. Le cap semblait être passé au cours de la discussion. Par reflex Violet revint cacher sa cicatrice parasite même si désormais elle se sentait étrangement à l’abri sous la protection du loup.



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MessageSujet: Re: (morienster) If by my life or death I can protect you, I will.    Mer 21 Juin - 22:05

Avant que je ne puisse que serait-ce faire un choix quant à l’attitude à arborer face à Violet, avant que je ne puisse ne serait-ce que me décider quant à ma position face à cette femme et ce qu’elle est, face à cette femme et ce que nous sommes, face à ses propos, face à ses pensées, face à tout ce qu’elle pose entre nous sans me quitter un instant des yeux, avant que je ne puisse ne serait-ce que comprendre ce que je ressens pour elle, avant que je ne puisse ne serait-ce que me départir de cette indifférence dans laquelle je me calfeutre, avant que je ne puisse ne serait-ce que m’offusquer pour l’ego qu’elle mentionne, avant que je ne puisse ne serait-ce qu’avoir une bonne raison pour définitivement me refermer sur moi-même, avant que je ne puisse ne serait-ce que regretter d’avoir si longtemps gardé le silence, m’être muré dans un mutisme protecteur, avant que je ne puisse ne serait-ce que répondre à ses derniers mots, à ses dernières questions, avant que je ne puisse ne serait-ce qu’étouffer ce petit rire qui s’agite à mes lèvres, avant tout cela, le nom de ma némésis s’intercale entre nous, heurte ma cage thoracique. Noah se glisse dans la conversation, me prend au dépourvu. L’atmosphère, le ton, les défis de cette discussion changent drastiquement. Irrémédiablement. Bien malgré moi. « Comment tu connais le Docteur Meadow ? » Une crispation, je suis tenté, plus que tenté même, de ne pas répondre. Tenté de laisser le loup s’en charger à ma place, de le laisser grogner, gronder de menace. Une fraction de seconde, un battement de cœur, mon regard s’est obscurci, suffisamment pour que rien ne subsiste de douceur en mes rétines. Un battement de cœur. Une fraction de seconde. Une crispation. Puis « Une connaissance. ». Puis un silence. Un silence qui s’étire. Des pensées qui s’enchaînent, un plateau d’échec qui se dessine sous mes yeux en un cillement. Il n’en faut que peu, que si peu, pour que l’évidence s’impose, pour que le choix se fasse, pour que mes lèvres aillent chercher celles de Violet comme pour les revendiquer, comme pour la revendiquer, comme pour répondre de prime abord par les gestes à sa question, avant de ne serait-ce que songer à les compléter par des mots. Mon baiser est doux, empreint de tendresse, empreint de doute, encore. Malgré tout. Si Violet se montre plus que réceptive, rien n’est fait, rien n’est joué. Un battement de cœur supplémentaire, j’ai l’impression que l’éternité se faufile entre mes doigts et brise ses chaînes, distend l’ordre des choses et joue avec mes perceptions. Une seconde devient un siècle, une seconde s’évapore en un soupir, atrophiée. Ses lèvres hantent encore les miennes lorsque je me recule. Que sommes-nous ? Nous sommes ce qui déplaira à Noah, nous sommes une victoire, un semblant de victoire. Nous sommes quatre mots murmurés, nous sommes un coup de poker, nous sommes une bravade qui me fait vivre, qui accélère les battements de mon cœur, nous sommes tout cela. Que sommes-nous ? Nous sommes ce que nous souhaitons être.

Nous sommes un choix tactique. Nous sommes un choix stratégique. Nous sommes une vérité inavouée, nous sommes une hypocrisie, nous sommes un énième détour pour soulager mon ego, ne pas le confronter à ce qui me terrifie. Nous sommes un défi, un défi que je me lance, un défi que je choisis de lancer au visage de Noah, comme la preuve, s’il en fallait une, qu’il a tort. Qu’il a tort, et que j’ai raison. Qu’il a perdu et que j’ai gagné. Gagné quoi, perdu quoi ? Je l’ignore. Mais ces quatre mots, ces quatre mots que je n’ai prononcé depuis des siècles, ces quatre mots sont lourds d’une honnêteté, certes perverties par le calcul et la manipulation, mais d’une honnêteté qui réveille en moi des émotions oubliées, enfermées, refusées. Effacées. « Tu quoi ? Rafael Morienval… Tu m’étonneras toujours. » Le sourire de Violet semble être ravi, le mien, plus prudent, est là lui aussi. Avec tout ce qu’il implique de retenue. Tout ce qu’il implique de non-dit. Ce qu’il implique d’hypocrisie. Je pense chacun de mes mots. Je doute simplement assumer réellement leur portée. Que sommes-nous ? Nous sommes ce que nous souhaitons être. Nous sommes une façade. Un mensonge. Une vérité. Un déni. Une illusion. « Je m’en fiche de ce qu’ils peuvent dire. Ce qui m’embêtait c’était de ne pas savoir moi-même si oui ou non, notre relation en était bien une. Si oui ou non tu m’aimais. Maintenant c’est différent. Leurs rumeurs n’auront plus lieu d’être puisqu’il s’agira de la stricte vérité, ils s’en lasseront sûrement. » Maintenant, c’est différent. Ma main caresse sa joue, l’autre la tient par la taille, comme pour la garder à côté de moi, comme pour garder le contact. Comme pour m’assurer de sa présence. A quoi suis-je en train de jouer ? Je l’ignore. Mais il y a un certain soulagement dans mes veines, il y a un certain apaisement dans mon regard, malgré tout. Et un soupçon, également, de culpabilité. Un soupçon que j’écrase, que j’effrite entre mes doigts, sans plus tarder. Un soupçon que je souffle en direction de Violet.

Elle n’est pas revenue. Serais-je capable de lui pardonner ? De lui pardonner cet affront directement fait en ma direction ? Serais-je capable de me pardonner d’être incapable de lui en vouloir réellement, d’être davantage blessé par son absence que par sa décision, blessé par mon inquiétude que son silence ? « Je suis désolée de ne pas être revenue, mauvais concours de circonstances. Mais tu sais j’ai eu des gens autour de moi sur lesquels j’ai cru pouvoir compter et aujourd’hui ils ne sont plus là. C’est difficile tu comprends… Mais si pour toi les choses semblent plus claires… » Je fronce les sourcils. Plus d’ambiguïté, m’entends-je réellement lui dire cela ? Plus d’ambiguïté ? Elle recule, ma main la laisse s’échapper à regret. Mes yeux, eux, l’enchaînent toujours autant. « Ce que je veux c’est qu’on soit un couple et qu’on se comporte comme tel. Qu’on essaie au moins, je veux pouvoir me promener avec toi sans avoir à me cacher. Et pouvoir pourquoi pas parler d’avenir. Pouvoir dire que tu es l’homme que j’aime ouvertement. » Mes lèvres s’entrouvrent. Se referment dans un soupir silencieux. Un couple. Avec Azzura, nous nous sommes cachés. Tant d’années. Un couple. Est-ce une réalité qui a encore du sens à mes oreilles ? Aucun lien ne nous lie légalement. Aucun lien ne m’attachait aux yeux de la loi à Azzura non plus. Un couple. Se comporter comme tel. Lentement, je choisis mes mots. « Je dois vous confesser quelque chose, Violet… » Mes doigts vont chercher un verre délaissé un peu plus tôt. L’abandonnent aussitôt. Serais-je capable de m’afficher officiellement avec Violet ? Je n’ai qu’à contempler sa silhouette, la teinte de ses cheveux, l’éclat de son sourire et de sa présence pour avoir la réponse à cette question. « J’ignore si je peux vous offrir ce que vous demandez. Je n’ai jamais… pu… réellement… me promener avec…, enfin, cela va m’être une expérience relativement nouvelle. Mais pas déplaisante, ne craignez rien. Quant à parler d’avenir… notre avenir est demain. Juste demain. » J’inspire longuement. En avançant ma dame sur l’échiquier, je n’envisageais pas un seul instant qu’elle puisse s’avérer être bien plus ambitieuse que moi. Qu’elle puisse s’affranchir des coups que j’anticipais. Qu’elle puisse me surprendre, me devancer, me perdre sur un terrain aux pièges inconnus. « Ne nous avançons pas trop, Violet, vu le contexte actuel, je doute qu’il soit conseillé de se projeter. Mais… » Mais… Il faut que je fasse des pas en sa direction, voilà une chose que j’ai comprise. Il faut que j’en fasse dans sa direction, il faut que je reste cohérent dans mes choix, malgré cette peur qui me prend en tenailles. « Mais je serais ravi de vous présenter à mon entourage. Je pense que bien des gens, compte tenu de mon caractère parfois un peu difficile, vous souhaiteront d’ailleurs bien du courage. » Ou lui conseilleront de disparaître de ma vie. « Mais tout d’abord… qui vous a fait ça, Violet ? » Un pas en avant, mes doigts, ceux-là même qui caressaient sa joue un peu plus tôt, s’en prennent à sa gorge, tracent la marque laissée sur sa nuque. Mes yeux, eux, se durcissent. « Comment s’appelle-t-elle ? » Elle. Le pronom m’échappe, marque sûre que j’en sais bien plus que je n’ose l’afficher.


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MessageSujet: Re: (morienster) If by my life or death I can protect you, I will.    Mer 28 Juin - 10:01

If by my life or death I can protect you, I will.
Rafael&Violet
Il y avait eu cette réaction étrange. Cette crispation, cette hésitation. Si creuser plus loin lui était venu à l’esprit, Violet n’avait dit mot. Elle se contenta de hausser les épaules. Une connaissance. Cette réponse restait bien trop vague pour l’esprit curieux de la jeune femme. Surtout que la réaction de Rafael en disait plus qu’il ne voulait bien l’avouer. Mais était-ce le moment de s’inquiéter de ce genre de chose ? Non. Violet était fatiguée et elle n’avait guère envie de s’étendre sur la vie d’un de ses collègues de travail. Néanmoins, subtilement, elle ramènerait le sujet sur la table mais pas maintenant. Maintenant elle profiterait de l’instant présent. Un instant qui se prolongea d’un silence que la mexicaine n’osa briser. Puis l’heure des révélations sonna. Pour sûr le sujet du Dr Meadow lui sembla à des années lumières. La joie avait envahi son être tout entier, Violet ne parvint plus à effacer le sourire ravi qui étirait ses lèvres. Elle se contint néanmoins, la discussion n’était pas terminée et avec un homme comme Rafael, mieux valait s’attendre à tous les rebondissements possibles. Mais le sourire que lui rendit l’italien la rassura, apaisant les battements de son cœur mis à l’épreuve. La jeune femme savoura la tendresse de son amant. L’instant semblait irréel, bien trop beau pour être vrai. Alors Violet en appréciait chaque secondes avec minutie.

Alors qu’elle venait de poser ses cartes sur la table, on put deviner une certaine appréhension dans le bleu de ses yeux. Est-ce que Violet était allée trop loin en dévoilant ses désirs ? Elle se mordit la lèvre inférieure et posa délicatement une main contre le torse de l’homme-loup. Elle n’avait pas quitté ses yeux et retint presque son souffle lorsque Rafael s’apprêta à lui répondre. L’italien s’éloigna pour se saisir du verre. Qu’avait-il à dire qui justifie cet écart ? La main de Violet revint près de son corps. Elle ne voulait pas qu’il s’éloigne, pas alors qu’elle redoutait ses mots. La fatigue mettait ses nerfs à rude épreuve. Mais finalement la langue de Rafael se délia. Violet écouta avec attention l’homme-loup se dévoiler. Elle se rendit compte qu’elle en savait si peu sur lui. Savoir qu’il était un changeur de forme pouvait paraître être une grande part de son histoire, mais au fond, la jeune femme ignorait tout de lui. Certes il avait jadis était un seigneur en Italie, mais avait-il connu l’amour ? Avait-il eu une famille ? Violet sentait tant de choses sans pouvoir les deviner. Sûrement que Rafael n’avait pas été un homme aussi complexe dès sa naissance. Alors qu’avait-il traversé pour devenir cet être si méfiant, si exigeant ? Ce sujet elle le garderait pour plus tard aussi. Attentive, sage, la blonde hocha la tête. « L’avenir est un luxe. Tu as raison, contentons nous de vivre l’instant présent. Ce sera déjà bien. » assura-t-elle avec un vague sourire peint sur les lèvres. Dans un autre monde, si les choses n’avaient pas évolué ainsi, sûrement que la jeune femme aurait aspiré à se marier, à fonder une famille, mais dans cet ère apocalyptique, tout ce qui l’importait était de vivre. Et aujourd’hui elle savait qu’elle ne pourrait vivre pleinement qu’aux côtés de l’homme qui se tenait en face d’elle. Alors maladroitement sans doute, elle ferait tout pour qu’ils puissent vivre à deux.

La suite de la discussion illumina le visage de Violet. « Rencontrer tes proches… » pensa-t-elle à haute voix. Elle en serait ravie. Elle haussa les épaules  « Ils ne m’apprendront rien que je ne sais déjà. » dit-elle. Bien sûr que la pauvre Violet ne pouvait se douter qu’elle se trompait. Mais elle n’avait pas envie d’y penser. Ces derniers mois passés à côtoyer Rafael lui avait appris à être patiente, courageuse. Et elle ne serait pas restée si longtemps auprès de lui si elle n’avait pas pensé qu’il en valait la peine. Lorsque l’italien s’approcha d’ailleurs, la questionnant sur sa blessure, effleurant sa cicatrice, le corps entier de Violet se crispa. Elle recula vivement en baissant la tête. Toute lumière avait quitté ses traits. Elle replaça une mèche blonde derrière son oreille, soupirant. « Je ne sais pas… Enfin. Je rentrais chez moi, et puis j’ai vu quelque chose que je n’aurais pas du voir. J’ignore le nom de cette fille. Je sais juste qu’elle a tué quelqu’un sous mes yeux et qu’elle a bien failli me trancher la gorge avec son épée. J’ai eu si peur… » de grosses larmes perlèrent au bord des yeux de Violet, son regard se brouilla. « Mais… Comment tu sais que c’était une fille ? Je n’en ai parlé à personne si ce n’est… Duncan ? » murmura-t-elle en relevant le regard vers Rafael. La vérité était que Violet avait eu si peur qu’elle ne s’était confiée à personne. Jusqu’au jour où elle avait croisé la route de ce fameux Duncan qui lui avait promis de l’aide. Comme par hasard il était tombé à pic et avait semblé très intéressé par son histoire quand tout le monde l'aurait prise pour une folle. Alors est-ce que la bonne volonté de cette rencontre était en fait toute calculée ? Violet essuya ses larmes et fronça les sourcils. « Rafael est-ce que tu as quelque chose à voir avec un certain Duncan ? » les yeux de Violet devinrent comme deux éclairs prêts à s’abattre sur leur cible. La jeune femme n’aimait pas être prise pour une idiote, c’était pire lorsque cela venait de l’homme qu’elle aimait. « Qu’est-ce tu me caches ? » une fois de plus il n'avait pas fallut longtemps avant que le ciel idyllique ne devienne qu'un sale orage prêt à éclater à tout moment.



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MessageSujet: Re: (morienster) If by my life or death I can protect you, I will.    Dim 23 Juil - 14:11

Combien de mois, combien d’années, combien de siècles me séparent de la dernière fois que ces trois mots ont franchi mes lèvres ? Trop. Trop peu. Ma sincérité me laisse à bout de souffle, mes doigts caressent sa joue, des souffles et des mots s’échappent un peu plus, dans une tendresse empreinte de retenue, dans un choix tactique à l’implicite cruel et la franchise déstabilisante. Nous sommes ce que nous voulons être, n’y a-t-il pire affirmation alors que mes mouvements, ce pion, cette reine avancée sur le damier n’est en soi qu’une réponse faite à une attaque ennemie ? Nous sommes ce qu’elle voudra que nous soyons, nous sommes des pions, nous sommes des rois : enchaînés dans un cercle restreint de possibilités, puissants, vulnérables, au cœur d’un maëlstrom de tactique et de stratégie. Au cœur d’un empire de glace et d’indifférences, d’émotions enfermées, étouffées, noyées. Toute mon omnipotence est déversée dans ses yeux clairs, prise au piège dans cette main qu’elle pose sur mon torse. Dans ces questions qu’elle me pose, dans cet engrenage qui m’emporte, qui m’entraîne, qui me fait perdre le contrôle, petit à petit. L’avenir. L’avenir est un terrain risqué, l’avenir est un terrain en lequel je ne crois pas, en lequel je ne crois plus depuis des années. L’avenir, nous ne pouvons nous permettre de l’envisager, je ne peux me permettre de l’envisager, pas tant que la peur enserrera mes tripes et raccourcira mon souffle, la peur de m’engage, la peur de commettre une nouvelle fois une erreur dont je ne me relèverai pas. « L’avenir est un luxe. Tu as raison, contentons-nous de vivre l’instant présent. Ce sera déjà bien. » Parler d’avenir est un luxe, véritablement, que je ne peux lui offrir. Trop de monstruosités corrosives dans ce monde, trop de perversion lascive, trop d’échecs assurés. Contentons-nous de vivre l’instant présent, je souffle un « Contentons-nous d’aujourd’hui, oui, et savourons-le comme un présent inestimable » alors que mes lèvres ne meurent que d’effleurer une nouvelle fois les siennes, étirées dans un sourire fragile. Un sourire qu’il me faut raffermir.

Je ne peux lui promettre d’avenir, c’est un fait. Mais je peux lui promettre d’autres voies à emprunter, je peux lui promettre des pas en avant, d’autres mouvements de pions. Ses déplacements sont illimités, dans toutes les directions, je la pousse sur le côté, vers un entourage inexistant ou peu s’en faut. Duncan n’est guère envisageable pour le moment, puisqu’elle l’a déjà rencontré dans d’autres circonstances, mais j’ai suffisamment de personnels dans ma villa pour que la présentation lui suffise, apaise ses craintes un temps. « Rencontrer tes proches… Ils ne m’apprendront rien que je ne sais déjà. » La longue traîne des fantômes de mes meurtres se répand dans la pièce, s’agglutine, s’entasse et recouvre Violet en une fraction de seconde, comme un voile apposé sur mes rétines, comme une illusion ironique destinée à moi-seul, l’ombre d’un désastre annoncé, les prémices d’un cercle vicieux. Comme un air de déjà-vu toxique. Des siècles plus tôt, les secrets m’ont détruit, ont détruit ce que j’avais de plus cher. L’histoire est-elle vouée qu’à se répéter, l’histoire n’est-elle vouée qu’à se reproduire, les rôles changeant pour plus de cruauté ? « Assurément, vous avez été aux premières loges de ma certaine tendance à me montrer… difficilement accessible. Et vous avez déjà prouvé votre capacité à me tenir en échec, également » L’humour transperce mes lèvres, agite ma voix, glisse devant moi comme une nouvelle protection. Mes ’proches’ ne lui apprendront en effet rien de ce qu’elle ne sait déjà. Le reste, ils le lui tairont, j’y veillerai avec soin. Mais en attendant… Les seuls secrets que je tolérerai seront les miens. Les siens n’ont pas le droit d’être.

Qui donc a osé tracer sur sa gorge une ligne écarlate, qui donc a osé effleurer le moindre de ses cheveux ? Qui donc, qui est cette femme, qui est-elle, que lui voulait-elle exactement, que sait Violet de plus à son propos que ce qu’elle a pu, si naïvement rapporter à Duncan des semaines plus tôt ? Ma voix se durcit, mes yeux s’obscurcissent, mes propos m’échappent et je subis directement les conséquences de mon interrogatoire : le corps de Violet se crispe, son visage se referme. « Je ne sais pas… Enfin. Je rentrais chez moi, et puis j’ai vu quelque chose que je n’aurais pas dû voir. J’ignore le nom de cette fille. Je sais juste qu’elle a tué quelqu’un sous mes yeux et qu’elle a bien failli me trancher la gorge avec son épée. J’ai eu si peur… » Mes yeux clairs accrochent les siens, je n’ose répondre quoique ce soit, de peur de faire un faux pas qui la ferait taire. Je me contente d’encadrer son visage de mes mains pour essuyer les larmes perlant à ses paupières, je me contente de souffler un « Cela ne se reproduira pas » à l’intonation de promesse. De certitude. D’agacement, également : elle ne m’apprend, rien, rien de plus, et…

« Mais… Comment tu sais que c’était une fille ? Je n’en ai parlé à personne si ce n’est… Duncan ? » Son murmure me met en garde. Trop tard. Mon faux pas d’un peu plus tôt. Et mon silence l’empire. Le recul imposé entre elle et moi l’accentue davantage encore. « Rafael est-ce que tu as quelque chose à voir avec un certain Duncan ? Qu’est-ce tu me caches ? » Une crispation. Un tic. Mon visage se referme. Ce que je lui cache ? Bien des choses. Si je me sens coupable et que je compte m’en repentir en lui confessant la vérité ? Pas le moindre du monde. Si je suis conscient que la relation qui nous lie est bien trop fragile pour qu’elle accepte un refus et un silence, pour qu’elle accepte un aveu et une confidence ? Je soupire, m’écartant davantage encore, établissant une distance entre nos deux êtres, entre nos deux corps. « Il se pourrait que vous fassiez référence à l’une de mes connaissances. » Une pause. « Cela dit, Duncan semble être un prénom des plus courants et il se pourrait également que nous ayons à faire à un quiproquo des plus dangereux. » Je joue, le temps de choisir mes mots, choisir mes propos. Je gagne du temps par des pirouettes, et adossé à un mur, je croise les bras pour lui faire face une nouvelle fois. « Mais soit. Je ne vous cache rien, Violet, je vous l’assure. En revanche, je ne peux vous tenir une liste exhaustive de tous mes faits et gestes. » Sécheresse. Agressivité. Ma voix est glacée. Coupante. « Duncan Idaho fait partie de mes proches. C’est l’une des rares personnes à avoir toute ma confiance, à ne l’avoir pas trahie pour le moment. C’est également l’homme à qui j’ai demandé la faveur de veiller sur vous. Un peu trop tard, visiblement. » Un nouveau soupir, je me contrains au calme et à la douceur. « C’est un ami, Violet. Qui se soucie de moi. Qui se soucie donc de vous. Il m’a peut-être transmis quelques informations à votre propos mais il… » Une pointe de douleur dans la poitrine me coupe le souffle. Me laisse épuisé. S’évapore pour ne laisser que la flagrance résineuse d’un mal-être à l’origine introuvable. Inexplicable. Inexprimable. Un poids sur la poitrine qui éclot. Que j’écarte comme un vulgaire moucheron venu me distraire. « Il ne… » Une sensation qui va en s’amplifiant malgré tout. Je fronce les sourcils. Plisse les yeux, secoue légèrement la tête. Déglutis pour humecter une gorge brutalement asséchée. « Il ne doit pas être source de conflit entre nous. »


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MessageSujet: Re: (morienster) If by my life or death I can protect you, I will.    Jeu 27 Juil - 11:20

If by my life or death I can protect you, I will.
Rafael&Violet
Le tenir en échec. Comment pouvait-on sérieusement tenir en échec un homme de sa trempe ? Violet n’avait dit mot, mais elle avait souri, car pour elle se laisser guider par ses sentiments n’était en rien un signe de faiblesse. Elle l’aurait bien dit mais elle n’était pas certaine que Rafael partage sa pensée. Alors elle s’était contentée d’un sourire. Un sourire qui mourut tandis que la conversation devint plus sombre et solennelle. Sa blessure, sa mésaventure qu’elle avait voulut égoïstement garder pour elle. Heureusement il y eut ses mains, comme un rempart de tendresse, une douceur infime. Comme une enfant, Violet se laissa faire. Elle fit une moue triste tandis que Rafael séchait ses larmes. Elle avait l’air d’être redevenue cette petite fille fragile qui pleurait lorsqu’elle venait de faire un cauchemar, la fillette qui se glissait dans le lit de ses parents les soirs d’orage. Loin d’elle la femme qui avait découvert que tous ses proches n’étaient en fait que des monstres. Elle se laissa envelopper par l’aura protecteur du loup. Une nouvelle fois il la sauvait et la rassurait. Jusqu’à ce doute, ce détail infime pour quiconque mais pas pour Violet. L’attitude changea, le visage redevint adulte. Elle recula, se crispa. Ses sourcils froncés montrèrent une hostilité toute nouvelle envers son sauveur. Une question puis un silence. A distance, Violet mêla son regard cristallin à celui du changeur. Etait-il seigneur ou menteur ? La réponse vint bien assez tôt, une réponse qui n’amusa vraiment pas la jeune femme. Duncan était un nom commun disait-il. Un quiproquo. L’ergothérapeute était parfois naïve mais elle n’était pas idiote pour autant. Elle arqua un sourcil, étonnée de l’audace et en même temps, habituée à ce genre de détour. Rafael ne voulait sûrement pas perdre la face. Les bras de Violet se croisèrent par mimétisme. Elle campait sur ses positions. La sentence tomba. La jeune femme leva les yeux au ciel et parut soudainement exaspérée. Elle haussa les épaules, parlant en même temps que l’homme-loup.

« Ne retourne pas la situation Rafael. » grogna-t-elle, indignée.

On voyait à la moue de Violet qu’elle était exaspérée par le comportement de l’homme en face d’elle. C’était étonnant car parfois elle n’avait qu’une envie, celle de se jeter dans ses bras, quand des fois elle n’avait qu’une envie, celle de se jeter à son cou pour l’étrangler. Mais la jeune femme n’était pas violente, pour l’instant elle était simplement déçue. Elle attendait néanmoins la chute car visiblement l’italien n’en avait pas fini au niveau des révélations. La suite d’ailleurs eut le don de l’agacer un peu plus, la pauvre. Elle hocha frénétiquement la tête puis haussa les épaules.

« Ben voyons, il en a de la chance ce Duncan. Il a gagné le Saint-Graal, la confiance de Monsieur, grand seigneur Rafael Morienval, quelle chance ! Allons l’envoyer surveiller cette pauvre maladroite de Violet. » rétorqua Violet.

L’aide proposée par Duncan n’était donc en rien spontanée. Violet aurait dû s’en douter mais sa détresse avait sûrement fossé son jugement. Ou peut-être était-ce simplement sa fâcheuse manie de croire que les gens renfermaient tous du bon en eux. Elle secoua négativement la tête en marmonnant pour elle-même. Duncan l’avait suivie et avait donc fait exprès de renverser son café, quand elle y repensa elle s’en voulut d’avoir été si naïve. Et puis Rafael se remit à parler, justifiant son geste dans une voix qui se révéla empreinte au calme et à la douceur. La jeune femme quant à elle fusillait le loup du regard, presque boudeuse. En soit elle devina que toute cette mascarade n’avait pour but que celui d’assurer sa sécurité. Mais une fois de plus la méthode s’avéra maladroite et humiliante. Violet fronça les sourcils, non pas de colère mais d’incompréhension. Rafael venait de stopper brutalement dans sa révélation. Quelque chose n’allait pas, Violet le comprit immédiatement. Elle savait que ce n’était pas du genre de la maison de se montrer en difficulté, ainsi il ne s’agissait pas là d’un détour pour éviter la dispute mais d’un réel malaise. Violet attendit, Rafael semblait livrer une bataille intérieure. Il sembla ne pas vouloir montrer son trouble. Mais lorsque la jeune femme le vit froncer les sourcils elle comprit qu’elle devait passer outre sa colère.

« Rafael qu’est-ce que tu as ? » elle décroisa ses bras et s’avança vers lui l’air plus inquiète que jamais.

Jamais elle n’avait vu Rafael en difficulté si ce n’est lors des premiers rendez-vous. Elle savait que sa nature le rendait résistant, plus qu’un simple humain. Alors d’où venait ce mal qui l’empoisonnait si soudainement ? Ce n’était sûrement pas la culpabilité qui venait le heurter. Violet déposa ses deux mains sur les joues du changeur et l’obligea à la regarder en face.

« Regarde moi, dis moi ce qu’il se passe. Si c’est une tentative de diversion elle n’est vraiment pas drôle. » dit-elle tandis que son visage était devenu synonyme d’inquiétude profonde.  Et s’il lui arrivait quelque chose ? Violet n’y connaissait rien au surnaturel, elle ne connaissait pas les processus ni les réactions des changeurs de forme. Elle avait peur et s’en voulut presque pour la dispute qui les déchirait quelques secondes plus tôt. Elle rompit le contact pour laisser ses doigts se saisir du verre d’eau qu’elle tendit à l’italien. Elle se sentit soudainement démunie. Elle se rendit compte qu’elle ne pourrait jamais le protéger comme lui l’avait fait et son visage s’éteignit soudain.  



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MessageSujet: Re: (morienster) If by my life or death I can protect you, I will.    Dim 30 Juil - 2:29

Aux premières loges. Violet devrait réellement s’estimer chanceuse. Chanceuse de m’avoir vu vulnérable pendant des mois. Chanceuse de s’attirer de ma part une sympathie, une curiosité, une fascination à chaque fois renouvelée. Chanceuse de pouvoir se permettre de me répondre sans subir les moindres représailles. Chanceuse de meurtrir sans cesse mon ego sans que je ne puisse, pour une raison des plus obscures, la blesser au point de lui en passer l’envie de récidiver. Et pour récidiver… elle a été aux premières loges de mon caractère que je sais difficile sans qu’il ne me semble pour autant utile de l’assouplir. De le modifier. Je suis un homme méfiant, je suis un homme désabusé, je suis un homme renfermé. De l’enfant, de l’adolescent, de celui qui voyait l’avenir avec une foi et un espoir inébranlable, de celui qui savait ce qu’il souhaitait, de celui qui confiait son cœur, sa confiance, sa loyauté pleinement, sans arrière-pensée, il ne reste plus rien. Il ne reste plus que le loup, l’animal blessé. Celui que Violet soigne, celui qu’elle apaise, celui qu’elle a eu l’honneur de rencontrer. Aux premières loges. Elle a été la première à tenir en échec mes agressions, elle a été la première à véritablement s’obstiner, continuer à espérer, à voir en moi l’homme que je pensais mort.

Et elle s’étonne, s’offusque, s’agace de savoir que oui, effectivement, je suis peut-être à l’origine de sa rencontre des plus fortuites avec Duncan ? Ma crispation ne peut lui échapper, pas plus que ce rictus nerveux qui précède d’une fraction de soupir l’assombrissement de mon visage. Je lui cache bien des choses, cela tombe sous le sens et elle serait bien sotte de s’en étonner. Bien sotte, également, elle serait de m’en tenir rigueur, de me tenir rigueur du souci que je me fais pour sa santé, pour sa survie, pour l’entourage qui la menace et celui qui échoue à la protéger, à veiller sur elle. Duncan. Si mes mots cherchent à noyer le poisson dans un premier temps, il est clair que cela ne mènera à rien, et la distance imposée entre elle et moi le lui confirme implicitement avec que je ne lève les sous-entendus. « Ne retourne pas la situation Rafael. » Mes yeux se font de glace. « Ne m’interrompez pas. » Et ma voix se fait sécheresse, avant de poursuivre, d’un ton des plus formels et didactiques. Je ne cherche pas à m’excuser, je ne cherche pas à me justifier, je ne cherche à poser les faits. Je n’ai pas à m’excuser, je n’ai pas à me justifier, un seigneur, un ministre ou quelque puisse être l’appellation d’usage au XIXe siècle pour désigner les hommes de mon rang, un seigneur ne s’abaisse jamais à disserter sur ses choix et ses décisions. Il les fait, il les prend et cela doit être accepté à défaut d’être compris. Duncan est l’une des rares personnes, si ce n’est la seule, à avoir ma confiance, Violet devrait être flattée plus qu’offusquer, et c’est une insulte envers ma personne que de réagir aussi vivement à une prévention dont elle aurait pu, aurait dû, se douter d’elle-même si elle avait pris le temps de réfléchir un tant soit peu. Mais soit. Une inspiration. Je prends le temps d’observer son comportement. Comprend-elle son erreur ? « Ben voyons, il en a de la chance ce Duncan. Il a gagné le Saint-Graal, la confiance de Monsieur, grand seigneur Rafael Morienval, quelle chance ! Allons l’envoyer surveiller cette pauvre maladroite de Violet. » Mes lèvres s’entrouvrent. Surprises. Prises au dépourvu. Promptes au sarcasme, promptes à l’acidité, elles restent sèches, elles restent arides, elles restent silencieuses.

Violet n’a, de toute évidence pas compris. Mais moi, de mon côté… ne lui parlais-je pas, des semaines plus tôt, de confiance ? Ne lui parlais-je pas d’une confiance refusée, d’une confiance rare, méritée, gagnée, d’une confiance à construire ? Je reste muet un instant, immobile. Véritablement figé, alors que je me rends compte, lentement, avec prudence et crainte, de la cruauté dont je viens de faire prendre. Violet n’a de toute évidence pas compris mon raisonnement. Mais moi, je n’ai de toute évidence pas appris non plus de mes erreurs. Et si je suis incapable de les reconnaître… « C’était inconvenant de ma part. » Si je suis incapable de les reconnaître véritablement, je peux toutefois tenter de ne pas les reproduire, je peux m’efforcer de ne pas les accentuer, je peux malgré tout faire mon possible pour ne pas agrandir les plaies. Ma voix s’adoucit. Mon soupir me contraint à plus d’indulgence. A davantage de patience. Présenter les choses sous un autre point de vue me semble nécessaire, j’essaye d’apprendre le langage de Violet. D’écarter les damiers, les pions, les cavaliers, les tours et les fous pour exposer des amitiés, de la confiance, encore, et quelques discussions. De l’inquiétude. De l’affection. Exposer ma vulnérabilité pour qu’elle n’en tienne pas rigueur à un intermédiaire. Qu’elle ne tire pas sur le messager. Et qu’elle évite, également, de tenter de frapper l’émetteur. Je choisis mes mots, je m’évertue à faire preuve de pédagogie, je…

Un trouble s’empare de mon être, comme une agression intangible. Il reflue le temps d’une respiration, revient amplifié. Se répand dans l’ensemble de mes muscles. Comme une douleur latente, à la frontière de ma conscience. Comme une menace, l’ombre d’un fantôme. Une fatigue. Une lassitude. Qui ne s’évapore pas, loin de là. Je m’interromps une première fois. Puis une seconde. Ma respiration devient compliquée, de la sueur perle à mes tempes, comme une sensation d’étouffement que je ne connaissais pourtant plus depuis des mois. « Rafael qu’est-ce que tu as ? » Le mouvement de Violet éveille en moi un réflexe des plus primaires : un geste de recul. Alors que je souffle pour dissiper la gêne. Ce n’est qu’une gêne. Passagère. Et pourtant aux effluves familiers. Un vertige. Un grondement. Une sensation d’enfermement, d’étouffement. Ses mains se posent sur mes joues, elles me paraissent de glace : mon visage est fournaise ; mes pupilles brillent d’un éclat fiévreux. Signe supplémentaire de la panique qui se loge, lentement et sûrement, dans ma poitrine, je la laisse faire lorsqu’elle me force à la regarder dans les yeux, à me raccrocher à ses pupilles, à son regard. « Regarde-moi, dis-moi ce qu’il se passe. Si c’est une tentative de diversion elle n’est vraiment pas drôle. » Ma respiration s’accélère, erratique. De plus en plus hors de contrôle. Je reste silencieux, refuse le verre d’eau qu’elle me tend, l’écarte d’un geste de la main, reviens chercher ses doigts que je pose à nouveau sur mes joues. Mes mains s’accrochant à ses poignets, remontant lentement vers ses épaules, nerveuses. Si c’est une tentative de diversion, elle n’est vraiment pas drôle. Je murmure un pénible « Je ne suis pas homme à faire dans le drôle, Violet, tu devrais le savoir à présent. » avant de fermer les yeux, de me raccrocher à ma cécité, à son contact, de me raccrocher à l’une des choses que je ne m’avoue pas. Il m’est plus simple de m’en remettre à Violet lorsqu’elle devient la seule réalité tangible de mon univers. Lorsqu’il n’existe plus rien d’autre qu’elle. Et moi. Et cette sensation qui me ronge. Qui m’asphyxie. Dis-moi ce qu’il se passe.

« Je ne sais pas… » Je souffle. Un murmure. Aux antipodes de ma voix sèche, de mon ton imperturbable d’un peu plus tôt. Mes barrières sont en ruine, mes armures sont brisées, jonchent le sol dans des éclats de verre coupants sur lesquels je meurtris mes pieds nus. « Je me sens mourir Violet, je… » Non. Je ne me sens pas véritablement mourir. Je me sens revivre. Et je me sens enchaîné. Au loup. Qui se débat. Comme des siècles plus tôt. Il se débat, lacère mon esprit, lacère mon être. Comme appelé par la Lune, comme appelé par la mort. Comme appelé par… « Violet, je vous aime. » Les mots m’échappent, comme une supplique. Je ne suis pas homme à céder devant la peur. Ni homme à ployer le genou devant la terreur. Et pourtant, lorsque je rouvre mes yeux pour le poser sur la femme devant moi, je les sens noyé de larmes, de larmes nées de cette compréhension. Le loup veut sortir, le loup veut m’enchaîner. Le loup veut m’asservir. Me réduire à l’état de bête. Le loup veut m’enfermer. Arracher ce qu’il reste de mon humanité. Je deviens bête. Mon sorcier meurt. Comme des siècles plus tôt. Et mon impuissance… j’assiste, sans aucun recours, à la destruction de mon humanité, au massacre minutieux de ces liens qui me relient à mon enveloppe d’homme. De ces liens qui me relient à Violet. « J’ai peur. Je ne sais pas… je ne sais pas quoi faire… Ne m’abandonnez pas. » Je plonge mon regard dans le sien, suspendu à son regard pour y concentrer mon humanité, pour l’opposer au loup qui se déchaîne et dont les griffures risquent d’apparaître sur ma chair si je m’obstine à le contrer. J’ai la conviction que si je le laisse gagner ce combat, il n’en aura plus jamais d’autres. Alors mes mains relâchent les épaules de Violet et l’enlacent brusquement, brutalement pour la tenir contre moi.


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MessageSujet: Re: (morienster) If by my life or death I can protect you, I will.    Jeu 3 Aoû - 11:56

If by my life or death I can protect you, I will.
Rafael&Violet
Violet perdit presque contenance. Elle avait adoptée une attitude hostile quand en face d’elle elle ne retrouvait pas un loup mais un homme. Etait-ce l’habitude qui l’avait conduite à sortir les griffes d'emblée ? Elle se questionna lorsque Rafael avoua l’inconvenance de son acte. Le visage féminin s’adoucit un temps. Tout ceci parut étrange, tellement étrange que Violet s’attendit à une contre attaque cinglante qui la désignerait responsable. Et puis vint le mal, le vrai, ce mal inconnu qui heurta le changeur de plein fouet. Ce mal qui inquiéta Violet et qui la fit oublier toute colère.  Mais lorsqu’elle s’avança, l’homme-loup recula. Elle se douta au fond qu’une situation comme celle-ci ne devait guère enchanter Rafael. Lui qui n’aimait pas dévoiler le moindre signe de faiblesse se retrouvait à devoir lutter pour chasser sa gêne. Au début Violet n’insista pas et posa simplement des questions. Mais elle ne put rester longtemps statique fasse à la détresse grandissante de l’homme qu’elle aimait. Elle prit ça comme un signe du destin. Comme si une force inconnue venait lui rappeler que la vie était une chose fragile, un file délicat dont il fallait apprécier chaque centimètre parcouru. Dans la quête d’apaisement, Violet posa doucement ses mains sur les joues de Rafael. Sa peau était de feu, la jeune femme ne pouvait retenir l’inquiétude grandissante qui s’emparait d’elle. Par professionnalisme sûrement, elle tenta de paraître calme, sa voix restait douce. Elle se laissa faire lorsque l’italien vint reprendre sa main après avoir refusé le verre d’eau. Elle perçut dans son regard une certaine incompréhension ce qui ne la rassura absolument pas. Et puis vint un murmure, une réponse à sa question. Une réponse qui déboussola un peu plus la jeune femme.

« Je devrais le savoir… » murmura-t-elle distraite.

C’était la première fois que Rafael la tutoyait et mine de rien, cela lui fit plaisir plus qu’elle n’aurait pu le croire. Le vouvoiement n’était qu’un rempart entre eux, un espace de plus que Rafael n’avait jamais dépassé jusqu’alors. Mais loin de perdre le nord, Violet devina que s’il s’était laissé aller de ce côté-là, c’était uniquement car son état s’aggravait. La réjouissance fut donc mise rapidement de côté. La voix brisée continua d’évoquer l’ignorance sur l'origine du mal qui rongeait l’homme-loup. Violet se sentit un peu plus désemparée. « Mais qu’est-ce qu’il t’arrive bon sang ? » ragea-t-elle, non pas à l’encontre de Rafael mais à l’encontre de son impuissance totale. Que pouvait-elle faire si ce n’était regarder l’homme qu’elle aimait souffrir ? En toute impuissance. Et puis son sang se glaça littéralement. Je me sens mourir Violet la jeune femme devint de marbre, comme si la foudre venait de s’abattre sur le haut de sa tête. Un éclair froid. « Ne dis pas n’importe quoi Rafael. » dit-elle en caressant ses joues brûlantes de ses pouces. Elle ne savait guère ce qu’il allait se passer mais ce qui lui importa à ce moment précis fut de calmer son bien-aimé. « Tu ne vas pas mourir tu m’entends ? Tu ne peux pas mourir. » affirma-t-elle. Cette fois cela fut totalement exclu, elle ne pouvait imaginer une telle option. Pourtant la déclaration d’amour qui suivit donna une impression étrange à Violet, comme un adieu. Les choses qu’on se doit de dire à ses proches lorsqu’on sent la vie s’en aller. « Je t’aime aussi Rafael, je m’en veux tellement de m’être énervée tout à l’heure. » dit-elle en baissant la tête, presque honteuse. Cette dispute n’était plus qu’un grain de sable dans un océan de détresse. Une détresse qui perla bientôt au coin des yeux de Rafael. Violet crut rêver. Jamais elle n’aurait pensé voir Rafael pleurer un jour. Jamais elle ne l’aurait pensé capable d’une telle chose. Et si finalement, était-il véritable entrain de mourir ?

La peur Violet la devina dans ses yeux bien avant que Rafael n’avoue en être la victime. Son visage tombait de tristesse, la jeune femme sentit son cœur se froisser. Alors tout ceci allait terminer de cette manière ? Un mal qui ronge l’homme qu’elle aimait et qui lui arrachait sans aucune cérémonie ? La jeune femme resta silencieuse et se laissa enlacer. Elle posa son oreille contre la poitrine de l’italien, écoutant son cœur battre difficilement. Elle ferma les yeux, laissant une larme rouler contre sa joue dans l’intimité de l’étreinte. Ses bras enlaçaient la taille de son amant avec force, comme si elle ne comptait plus jamais le laisser partir.

« Rafael je suis là, je n’irais nulle part et tu n’iras nulle part tu m’entends ? elle redressa la tête calme toi, respire, tu vas y arriver, j’ai confiance en toi, après tout ce temps... »

La seule chose en laquelle Violet n’avait pas confiance à ce moment la fut la vie qui sembla soudainement, pour une raison inexpliquée, quitter le corps de l’ancien Seigneur. Ces siècles d’errance ne pouvaient s’achever d’une manière si brutale. Mais la mort était comme l’amour, elle arrivait et s’emparait de vous sans que vous ne puissiez lutter. Violet pourtant n’était pas prête à affronter cette épreuve, elle en avait déjà trop traversé. Que pouvait-elle faire si ce n’était serrer Rafael de toutes ses forces, les forces qu’il lui restait car la nuit avait déjà été si éprouvante mais ce n’était comparable à l’épreuve qu’elle subissait à ce moment là. L’épreuve d’une vie. L’épreuve d’une mort elle n’en savait rien. Il avait fallut tant de douleur pour révéler Rafael et maintenant que la révélation était faite, il était impossible que ce chapitre s’achève par la mort tragique du protagoniste principal. Violet n’était pas Juliette, et donc Rafael ne serait pas Roméo. « Lutte contre ce mal qui te ronge. Je t’interdis d’abandonner. Je sais que tu peux le vaincre. » murmura-t-elle tandis qu’elle ferma les yeux comme pour ne pas avoir à affronter la réalité devenue insoutenable.




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MessageSujet: Re: (morienster) If by my life or death I can protect you, I will.    Mar 22 Aoû - 18:50

C’est un poison qui s’insinue dans mes veines. Une asphyxie brutale et pourtant lente. Insidieuse. Je sens les pattes d’une araignée effleurer ma chair, accrocher ma peau, tracer son chemin en moi pour me tuer. Réveiller l’animal. Au rythme des battements de mon cœur et de ceux, agonisants, de mon créateur. C’est un poison qui réveille en moi des terreurs que j’ignorais. La peur de mourir. La peur de me perdre. La peur de me retrouver pris au piège dans une enveloppe qui me révulse par bien des aspects. La peur de m’en trouver heureux. La peur de m’en satisfaire. La peur, enfin, de perdre le contrôle. Mes mots trahissent mon état : je suis terrifié. Pire que tout, ce tutoiement qui m’échappe fait de moi un homme au bord du précipice, qui contemple dans ses mains les lambeaux de ce qui le protéger. Ma vulnérabilité, Violet l’a déjà vue. Elle m’a tendu la main lorsque je n’étais qu’un animal blessé. Mais c’était une vulnérabilité contre laquelle je me sentais capable de me battre, comme une blessure envoie de cicatrisations, définitivement mais figée. La vulnérabilité qui me noie à cet instant est toute autre, les larmes qui se glissent bien malgré moi dans mes pupilles, mes bras qui la cherchent, qui s’agrippent, qui exigent un contact, ces mots qui la supplient, comme un aveu, comme le dernier souhait d’un condamné à la plus pernicieuse des morts. Je suis une bête. Je suis un animal. Le loup lacère ma chair, exige la couronne, exige le trône, exige tout et promet de ne rien laisser de moi. Je suis loup. Je suis homme. Je suis bête. Et si je concède le moindre recul, tout cela sera balayé, il ne restera que le prédateur. Apeuré. Sans conscience. Comment le sais-je ? Conviction profonde, réminiscence d’un autre temps. « Mais qu’est-ce qu’il t’arrive bon sang ? » La colère de Violet est une gifle, je tente de prendre ma respiration. Je me sens mourir : voilà un mensonge qui prend place en ma gueule, remplace l’inexplicable. L’irrationnel. Je le sent mourir aurais-je dû dire pour être exact. Mais comment pourrais-je formuler et souligner une fois encore la monstruosité de ma situation ?

« Ne dis pas n’importe quoi Rafael. » Ses doigts caressent mes joues, je les retiens une fraction de seconde. « Jamais » Ma voix est à bout de souffle. Mes défenses sont à terre. Mon orgueil est décharné, simple cocon lacéré, dont les lambeaux s’accrochent aux ronces de mon état. Rien, strictement rien, ne me maintient actuellement debout. De longs tremblements remontent ma colonne vertébrale, fissurent ma cage thoracique. Rien ne me retient, seules les affirmations de Violet me soutiennent. « Tu ne vas pas mourir tu m’entends ? Tu ne peux pas mourir. » Des larmes s’échappent enfin. « Ne dites pas de sottises… tout le monde meurt un jour », certains plus tard que d’autres. Je veux fermer les yeux, me retrancher en solitaire, je veux nier ce qui est en train de se passer, nier le simple fait de m’écrouler face à elle, mais rien n’y fait, l’inexorable s’approche et je suis acculé. Contre un mur. Contre mon âme. Contre la douleur de la transformation que je rejette. La peur est mon pire ennemi. Elle me toise, elle m’affaiblit. Elle dispose des éclats de verre sous mes pas pour que je m’écroule. Elle me paralyse. Elle m’aveugle. Elle fait de moi un véritable animal pris au piège. Je vous aime, mes mots se répètent, se font écho de pensées enfin libérées de leur prison d’orgueil. Si je l’aime ? Voilà une certitude. Et une peur supplémentaire. Celle de me laisser aspirer une nouvelle fois par un tourbillon d’émotions au toucher aussi délicat qu’une mer, qui caresse un matin et brise le lendemain. « Je t’aime aussi Rafael, je m’en veux tellement de m’être énervée tout à l’heure. » Un bref mouvement, je refuse ce qui m’apparait comme des excuses aussi maladroites qu’injustifiées. S’est-elle énervée un peu plus tôt ? Bien sûr. A juste titre ? Je serais prêt à reconnaître que ses remarques, loin d’être exemptes de défauts, n’étaient pas infondées. Mais s’il est correct de s’en vouloir ainsi face à cet étau qui m’étreint la poitrine, emballe mon rythme cardiaque et m’ôte à chaque seconde un peu plus le peu d’humanité qu’il restait en mon sein ? Ce n’est pas le moment, murmure mon âme. J’ai peur, formulent mes lèvres. Car ce n’est guère le moment, non plus, de la reprendre. Juste de me raccrocher à ce qui me lie à elle, à ce que j’accepte de regarder en face, comme une lumière distante au fond d’un tunnel des plus obscurs.

J’ai peur. N’y-a-t-il pas plus enfantin que cet aveu, que ces larmes, que cette étreinte que je lui réclame sans lui autoriser le moindre refus ? Et qu’elle m’offre sans arrière-pensée. Le temps se suspend à l’instant où mes iris frôlent les siennes. Le temps se suspend, je m’y perds sans retenue. Ses mots, je ne les entends plus. Sa voix, elle, devient omniprésente. Ses injonctions, alors que le loup s’impose de plus en plus, transforme mes pupilles, les allonge, fait pression pour briser mes muscles les uns après les autres, ses injonctions deviennent mon univers. « Rafael je suis là, je n’irais nulle part et tu n’iras nulle part tu m’entends ? » Tu m’entends. Mieux, je l’écoute.   « Calme-toi » Mes muscles se détendent une fraction de seconde. « … respire, tu vas y arriver, j’ai confiance en toi, après tout ce temps... » Mes poumons s’ouvrent à la recherche d’oxygène. Toute ma concentration n’est tournée que dans cet objectif. « Lutte contre ce mal qui te ronge. » Lutter. Que puis-je faire d’autre que de lutter ? Lâcher prise. Me laisser aller. Cesser cette torture que je m’impose dans ses bras. Que je m’impose lorsque j’ouvre les yeux, lorsque chaque jour, je laisse mon cœur battre dans ma poitrine. Lutter. Que puis-je faire d’autre que lutter ? « Je t’interdis d’abandonner. Je sais que tu peux le vaincre. » Interdire. Un frisson secoue mon corps. Puis-je vaincre le loup ? Non.

Puis-je retarder l’échéance ? « Embrasse-moi. » Mon cœur tonne à mes tempes. Le sien tout autant. Mes lèvres quant à elles rencontrent l’angle de sa mâchoire avec une douceur tendue d’empressement. « Aime-moi. » Ses injonctions étaient des ordres. Les miennes sont des suppliques. Je cueille ses lèvres avec passion, réveille l’homme qui aime, l’homme qui aime passionnément, celui qui a défié son univers pour Azzura, celui qui a détruit son univers pour Azzura. Celui qui se donne, complètement, celui qui se perd, complètement. Celui qui agonisait jusque-là, aux plaies suppurantes de colère, de rancœur, au sang vicié de remords, de culpabilités. « Sauve-moi. » murmurent mes lèvres. « Violet, vous êtes ma… »

Les fils de la marionnette sont brutalement coupés. La pression reflue. Violemment. Douloureusement. Le loup s’évapore. La peur s’apaise. Le poison disparait. Je m’effondre soudainement, sans prendre conscience que ma phrase meurt inachevée. Inconscience. Les ténèbres m’arrachent à l’animal, m’arrachent à la réalité aussi. M’arrachent à ses bras. A ses yeux. Vous êtes ma rédemption.

RP terminé


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I can feel my death

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