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 Superman |Solvael|

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Silent screams, Violent dreams

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↳ Opinion Politique : Politique ? Ca se mange ?
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Christina Perri ~ Jar of Hearts / Imagine Dragons ~ Bleeding out / Epica ~ In All Consience / Delain ~ My masquerade
↳ Citation : " It is better to have faith in something than none at all "
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MessageSujet: Superman |Solvael|   Sam 22 Avr - 2:55


Superman
Spider Cochon Spider Cochon, il peut marcher au plafond, Est ce qu'il peut faire une toile ? Bien sûr que non, c'est un cochon. Prends garde ! Spider-Cochon est là ! ••• Déchiquetement, douleur, vide. Coeur lacéré, réduit en poussière. Chaque battement volait un peu plus de vie, chaque battement l'éloignait d'autant plus de ce qu'il s'était passé. Par autopréservation, les événements avaient été mis sous clef par son esprit. Vulgaire tentative d'essayer de la protéger d'elle-même. Alors, Solveig était perdue. Elle se battait contre elle-même, n'avait jamais été aussi proche de la mort qu'à cet instant. Et pourtant, elle était entourée par le luxe, une opulence dont elle n'avait pas l'habitude, elle qui avait grandi dans un petit village suédois, où son aîné volait pour leur survie. Bref, une misère bien loin de ce qu'elle côtoyait aujourd'hui. Même le lit dans lequel elle dormait lui semblait tout droit sorti d'un rêve. Un matelas moelleux, une couette l'enveloppant de chaleur lors de froides nuits de la Nouvelle-Orléans. Des moulures dont elle ne pouvait déterminer l'origine, des tableaux hors de prix. Bref, installée sur le rebord d'un lit bien trop grand pour elle, elle ne parvenait pas à décrocher ses iris ambrées et fatiguées du spectacle. Un moyen de diversion pour son cerveau, celui-là-même qui n'expliquait pas le geste qui l'avait menée dans cette situation. Qui avait bouleversé les codes jusque-là étiquetés. Sa vie s'en était retrouvé changer. Tout cela par sa faute.

Les pieds se posèrent sur le carrelage froid, le corps entreprit enfin de se relever. Une poussée de volonté qui redescendit bien quand elle croisa son image dans la glace de la chambre. Ses yeux s'attardèrent sur la forme qu'ils voyaient. Pâle. Epuisée. Vide. Elle n'était que l'ombre d'elle-même, c'est-à-dire pas grand-chose pour elle qui n'était déjà que la marionnette de son aîné. Et pourtant, elle ne décrocha pas son regard du miroir. Effrayée par son reflet, mais en même temps subjuguée. Les traits que la surface lui renvoyait lui semblaient si... Si loin de ce qu'elle était. Plus durs que ce à quoi elle se serait attendue. Néanmoins, Solveig se regardait assez peu finalement. Elle n'était pas le genre de femme à utiliser son corps pour réussir ou avancer dans les échelons. Déjà parce que son seul supérieur était son frère et aussi parce qu'elle s'en moquait de sa position. Ce qu'elle voulait, c'était le bonheur de son aîné. Bonheur qu'elle avait brisé aussi, avec son choix d'arrêter sa vie. D'ailleurs, ne pas être morte lui était étonnant. A l'endroit où elle avait enfoncé la lame, avec la force qu'elle avait mise, des organes auraient dû être touchés. Elle aurait dû mourir rapideent. Ca avait été son souhait d'ailleurs, libérer Isak d'elle, puisqu'elle était la cause de son malheur.

Se rappeler serra son cœur, la fit entrer dans un état de panique effrayant. La porte fut poussée, les marches avalées. Mais Niklas n'était pas là. Evidemment, il avait aussi à travailler. Les bras se croisèrent sur sa poitrine, les inspirations se firent plus profondes. Se calmer. Il lui fallait se calmer avant qu'elle pète définitivement un câble et que l'animal reprenne le dessus. Pas sûr que le porte-parole apprécie de retrouver certaines de ses œuvres d'art lacérées. Les tremblements finirent par se stopper, et elle alla se rouler en boule dans le canapé. Les minutes passèrent, sans qu'elle bouge du meuble. A quoi bon, elle retomberait dans une crise... Pourtant, rester ici, à ne penser à rien, ramena son esprit à Duncan. La suédoise ne l'avait pas revu depuis un bout de temps, et c'était peut-être le moment d'aller demander des nouvelles. Elle n'était pas trop loin de son lieu de travail supposément. En profiter pour y faire un tour, essayer de voir Niklas aussi. L'idée n'était clairement pas la meilleure mais cela n'empêcha absolument pas de se lever et d'aller se préparer pour une petite sortie...

L'hésitation se sentait dans ses pas, au fur et à mesure qu'elle se rapprochait des bâtiments. L'angoisse la prit au ventre, noua violemment ses entrailles. Elle avait ralenti le rythme très clairement. D'un côté, se rendre dans les bâtiments gouvernementaux alors qu'on faisait partie d'une mafia... Et surtout qu'on était la sœur du fondateur de la mafia se heurtant le plus à la Prohibition, ce n'était guère la chose la plus logique à faire. Néanmoins, Solveig espérait qu'on ne la reconnaîtrait pas. Après tout, aucun nom n'était encore associé à son visage. C'était l'avantage de s'occuper de la vente de substances illicites. Elle n'était qu'une silhouette dans la pénombre pour le Gouvernement. Une ombre que personne n'était parvenue à approcher. La vue de l'imposante grille et des gardes autour la poussa à s'arrêter. Ses pupilles se teignirent d'une peur viscérale. Les doigts furent portés à la bouche, les ongles rongés. Si près du but.... Elle ne devait pas s'arrêter. Luttant, elle fit quelques pas à découvert, puis en direction des bâtiments. Regards pesant sur elle, elle finit par s'arrêter non loin d'un milicien, et demander :

« Bonjour... Je souhaiterai parler à Monsieur Idaho ou Monsieur Ivanov. »

Utilisation des noms de famille pour offrir un ton plus formel à la demande. Et finalement ne récolter que des regards méprisants, des rires et un refus total. D'autres miliciens se rapprochèrent, la jaugèrent du regard. Elle sentait l'animal s'agiter en son sein, mais elle n'avait pas la force de se transformer. Son corps se réparait encore, recréait les stocks de sang. La jeune femme avait peur qu'une blessure se rouvre si elle forçait trop sur son organisme. Les tons se firent sarcastiques, cyniques. L'instinct s'aiguisa, lui fit comprendre qu'on lui bouchait les issues de sortie. Alors, une fois de plus, elle tenta de faire comprendre qu'elle voulait juste discuter avec une des deux personnes mentionnées. Peine perdue avec les cas qui « protégeaient » ce lieu. D'ailleurs, ils ont dû décider qu'elle était un danger pour les dirigeants, au bruit d'armes qui lui était parvenu...

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↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
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MessageSujet: Re: Superman |Solvael|   Mer 10 Mai - 22:21

« Elle réclame spécifiquement Idaho ou le boss, j’en fais quoi ? » La voix me parvient, légèrement assourdie, de l’autre côté de la porte. M’interrompt dans ma discussion. Me distrait, aussi, de par ses propos. Je fronce les sourcils, brutalement attentif. Elle, ce n’est donc pas Orfeo. « Morienval ? » Cette voix-là est bien plus proche. « Morienval ! Morienval, vous m’écoutez ? » Je me redresse, arraché brutalement à mes pensées par celui qui me fait face. Sans respect, sans la préséance à laquelle je suis supposé avoir droit, pourtant, de par mon rang, de par mon sang, de par mon héritage. Une préséance piétinée par la malédiction que je porte, pourtant. Une préséance que l’on a saccagée lorsqu’on m’a injecté dans le bras une puce pour me réduire à l’état d’un animal de compagnie, un état des plus écœurants. Je maintiens un sourire de circonstance. Un regard distant, désintéressé, absent. Une présence, une politesse affectée. De mépris et de dédain contenus, perceptibles mais trop peu mis en avant pour être reprochés. « Vous dites ? » Rien de bien particulier, cela ne fait aucun doute. Un soupir que je ne prends pas la peine de masquer, ses propos m’enveloppent à nouveau quand le loup me propose de lui sauter à la gorge et de transformer son insupportablement piaillement en gémissement d’agonie. On prend le temps de venir me mettre en garde. On prend le temps de couvrir ses mains d’un gant de velours, de se saisir de pincettes, pour me rappeler mes limites. Rappeler à mon bon souvenir que je ne suis ici ni souverain, ni seigneur, juste employé, juste réfugié, juste marque de bienveillance envers tous les naufragés du temps. Une nausée sans commune comparaison me prend à la gorge devant ces propos écoeurant d’emphase et de diplomatiquement correct. Je n’ai beau me contenter que de les entendre, sans les écouter, ils sont malheureusement suffisamment sonores pour que je ne puisse m’empêcher de les comprendre. On souhaite m’avertir que mes petites libertés ne peuvent être tolérées plus longtemps. Que mon poste, je ne le dois peut-être à aucune faveur, mais qu’une faveur m’y maintient et qu’il ne faut pas que j’en abuse. On m’assure également n’être que le messager des propos d’un on dont je ne peux que savoir l’identité. Mes doigts glissent sur la surface d’un bureau vierge de tout désordre. Une surface lisse qui me renvoie un reflet déformé par la translucidité du verre. « Elle est fichée, je suis sûr qu’il voudra la voir. » La voix, une nouvelle fois, me parvient, plus pressée. Quelqu’un lui répond, mais la suite de la conversation est couverte par la voix de cet homme, face à moi, qui est engoncé dans un costume ridicule le transformant non pas en un noble, un bourgeois, un aristocrate, un tyran charismatique ou que sais-je encore qu’il croit voir tous les matins dans son miroir, mais en limace boudinée et sujette à un tel ridicule que j’aurais pu en concevoir de une peine particulièrement dédaigneuse pour lui en d’autres circonstances. « Bien. » Une nouvelle fois, je reporte mon attention sur l’homme venu me faire la leçon. Bien. « Cette entrevue est donc terminée ? » J’en doute fortement mais ma question, si elle en a la forme par bien des aspects, n’en a guère l’intention. Cette entrevue est terminée, je lui concède un demi-sourire. Mes privilèges ne sont que parce qu’ils sont persuadés de me contrôler. De pouvoir me mâter. Nulle confiance, nul respect, juste une méfiance temporisée par leur technologie toujours fonctionnelle dans mon avant-bras. Ils ne se soucient guère de loyauté, guère d’adhésion, juste des chaînes posées sur mes poignées et maintenues par des menaces. D’une voix douce, sans cesser un seul instant de fixer mon interlocuteur, j’articule. « Rassurez-vous, je n’ai en tête que nos intérêts communs. Qu’on soit rassuré, je ne suis pas un obstacle ni un outil défectueux. » La douceur de ma voix se crispe sous un soupçon de sarcasme, s’assèche sous une goutte d’amertume. Seule une prudence encrée dans mes veines, des stries noires marquées par l’âge, me retient d’ajouter à cela une menace qui ne manquerait pas d’être mal perçue. Je me contente d’une attitude des plus détendues, désinvoltes et nonchalantes. Il plisse les yeux, naturellement sceptique. Très certainement capable de sentir à quel point je le méprise. Très certainement incapable de comprendre à quel point il sera la première proie que le loup déchiquètera le jour où je l’autoriserai à s’affranchir de ces liens qui nous enserre. J’ai un sourire carnassier lorsque je lui serre la main, il tente de faire de même, ne constitue qu’une grimace sur ses lèvres. Et sort de la pièce, me laissant droit, patient, bras croisé dans le dos.

Mais impatient de voir mes subordonnés se tenir devant moi pour m’expliciter ce que j’ai pu entendre un peu plus tôt.

Il leur suffit d’une vidéo, branchée sur une pièce destinée aux visiteurs encombrants pour que je comprenne. Une silhouette comme celle-là fait partie de celles que je retiens, pour la simple raison qu’elles m’intéressent. « Amenez-la moi » C’est ce que je finis par articuler, tout en me dirigeant vers la baie vitrée qui s’ouvre sur la Nouvelle-Orléans et s’étire sur tout un côté de mon bureau. Un bureau qui domine. Comme moi. L’ensemble de la ville. Le temps est balayé d’un soupir, les grains de sable qui le constituent s’éparpillent, me laissent face à son reflet dans la vitre. « Solveig… Eriksson. » Je détache les syllabes dans une lenteur affectée. Et lorsque je me retourne, m’appuie, mains dans les poches, contre la baie vitrée, contre la Nouvelle-Orléans, j’ai un sourire aux lèvres, différent, si différent de celui que j’offrais un peu plus tôt. Il était méprisant, celui-ci se veut apaisant. Il était menaçant, celui-ci s’avère chaleureux. Je ne veux pas la repousser. Je veux tout d’abord la tester. L’analyser. L’appâter. Voir l’animal et la victime avant de voir le parasite qu’il me faudra écraser. « Vous souhaitiez me voir ? Où cherchez-vous plutôt Duncan ? »


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MessageSujet: Re: Superman |Solvael|   Dim 4 Juin - 0:56


Superman
If I go crazy then will you still call me Superman. If I’m alive and well, will you be there a-holding my hand. I’ll keep you by my side with my superhuman might Kryptonite ••• Encerclement du petit être qu'elle était, elle s'attendait à tout moment à entendre une détonation, à ressentir la douleur fulgurante d'une balle traversant les chairs. Ca aurait été logique après tout, elle était une trafiquante de drogues, l'une de celles échappant sans cesse aux miliciens envoyés pour l'arrêter. Et la voilà qu'elle se pointait devant les bâtiments gouvernementaux. Une aubaine pour les gardes. Peut-être que les hauts gradés en profiter pour faire chuter son frère, le faire sortir de ses gongs et le capturer. Si seulement ils savaient à quel point cela ne servirait à rien. Leur relation était arrivée à un point de rupture tel qu'Isak ne viendrait pas la sauver. En revanche, elle pouvait toujours espérer que Niklas intervienne pour elle, évoquant certainement le fait qu'elle était contrainte au trafic par son aîné, et qu'elle était donc innocente. Qui croirait de telles inepties ? Personne en réalité, mais on se servirait d'elle d'une manière ou d'une autre, pour qu'elle prouve qu'elle n'y est pour rien. Ca l'aurait fait rire en temps normal, notamment puisqu'elle pouvait se transformer ou utiliser sa force pour s'échapper. Néanmoins, aujourd'hui, quelque chose clochait. Ses pouvoirs, elle ne les sentait pas autant que d'habitude. D'ailleurs, elle était incapable de se transformer, et la blessure au niveau de son ventre avait d'autant plus ralenti sa cicatrisation. Mauvais pressentiment lui tordant les entrailles...

Aucun coup ne vient, aucune détonation. Elle se détendit légèrement, osant un regard sur les gardes l'entourant. Ils s'étaient arrêtés à distance raisonnable, tout en fermant le cercle. Craignaient-ils qu'elle s'enfuit ? Cragnaient-ils qu'elle ne les attaque par suprise, pour ne pas oser l'approcher ? Certes, elle avait tout du lion en cage, prêt à fondre sur le premier bout de viande passant, mais elle était incapable de la moindre violence à cet instant. Les dents se serrèrent alors qu'une main fut posée sur son épaule. Ferme, ne tolérant aucun refus. Elle sentit ses muscles se tendre, cette envie de se dégager et de fuir le plus long possible. Mais c'était impossible. Elle s'était prise au piège de son propre jeu. Désirant simplement voir Niklas ou discuter des derniers événements avec Duncan, avoir un regard extérieur sur sa vie entièrement brisée... Elle avait perdu, et paierait certainement sa faiblesse sous peu. Et après on s'étonnait qu'elle s'enfermait dans l'ombre de son aîné. Mais c'était tellement plus simple de vivre là-dedans, d'utiliser la crainte du fondateur de la mafia pour imposer ses propres règles et ordres. Tout ça était bien plus simple que de demander de l'aide, et se rendre compte à quel point elle était proche du gouffre...

On la guida au travers des multiples couloirs, sous le regard attentif des caméras de surveillance. Son regard s'attardait sur le sol, sur les tapisseries, sur les plafonds immaculés. Parfois trop lente, on la bousculait sans ménagement. Parfois trop curieuse, on la remettait dans le droit chemin. Jusqu'à ce qu'elle se retrouve dans une pièce de... Réunion, avec du mobilier neuf. Mais surtout, l'impossibilité d'ouvrir la porte de l'intérieur. Elle était donc bloquée ici, dans l'attente qu'on vienne lui parler. Elle en profita donc pour s'imprégner des lieux, tentant d'ignorer la douleur qui se glissait dans ses entrailles. Tout irait bien. Elle ne mourrait pas aujourd'hui. C'était ce qu'elle se répétait en boucle, pour se rassurer. Après quelques minutes à tourner en rond, tel un lion en cage, elle finit par s'installer sur l'une des chaises à sa disposition. Avec la chance qu'elle avait, l'attente de son jugement prendrait quelques heures...

Elle fut médisante sur le coup. Une dizaine de minutes plus tard, la porte se rouvrit sur la silhouette qui l'avait accompagnée jusque-là. D'un geste, il la fit se remettre debout, et ce fut reparti pour une nouvelle traversée des bâtiments. Elle était perdue désormais, et bien incapable de retrouver son chemin en cas de fuite. Si les animaux pouvaient se manifester, ça l'arrangerait bien... On la laissa devant une porte, n'ayant pas d'autres choix que de la pousser et tomber dans un bureau. Bureau qui était habité, silhouette se détachant de la baie vitrée face à elle. Le décor lui paraissait bien trop luxueux pour elle, comparé à son appartement miteux au dessus du Little. Elle n'était pas à sa place, et cela se sentait à son comportement. La porte se referma, la laissant seule face à cet inconnu. Inconnu qui pourtant connaissait son identité. Sa manière de détacher les syllabes sur son nom la faisait frémir d'horreur. Certes, il en fallait peu mais elle n'était pas dans son état normal. Alors, quand il se retourna vers elle, elle se mit sur la défensive. Pourtant, il souriait, et il n'y avait rien dans son comportement qui la pousserait à se méfier. Toutefois, la méfiance était bien présente dans son cœur. Si elle souhaitait le voir ? Pour qui se prenait-il ?

« En effet, j'avais plutôt dans l'optique de discuter avec Duncan... D'autant plus que je n'ai aucune idée de qui vous êtes. »

Qui êtes-vous?. Question qui brûlait ses lèvres, qu'elle avait posé de manière détournée. L'homme avait l'air important, sans doute devait-elle le connaître. Néanmoins, Solveig était de ceux qui ne s'intéressaient ni à la politique, ni aux dirigeants. Son frère ne la laissait d'ailleurs pas se renseigner à ce sujet, notamment par rapport à Niklas. Enfin, ça c'était avant la dégénération de sa relation avec son aîné. Elle détourna le regard, déglutit à cette pensée. Ce n'était pas le moment de s'attarder sur des événements passés. Pas face à cet homme. Alors, les bras se croisèrent. Sur son ventre, celui-là-même encore marqué d'une vilaine cicatrice. Odeur de sang légèrement présente, titillant ses sens développés.

« D'où connaissez-vous mon nom ? Pourquoi m'avoir fait venir jusqu'ici plutôt que de m'enfermer derrière des barreaux ? »

La peur, la suédoise tentait de la masquer derrière une certaine maîtrise d'elle-même. Néanmoins, l'accent de son enfance trahissait celle-ci, de même qu'une simplicité dans le vocabulaire choisi. Finalement, elle avait beau vouloir faire semblant, elle était effrayée, et finalement manipulable. Un pantin dont on avait coupé les fils, incapable de se débrouiller seul. Elle se déplaça alors dans la pièce, détachant à nouveau le regard de l'homme, cherchant à trouver le moindre repère.

« Où est Duncan ? »

Question reposée, rabachée. Ses yeux ambrés se raccrochèrent à ceux de son interlocuteur, et elle tenta un vague sourire pour masquer sa gêne. Geste voué à l'échec : voilà bien longtemps qu'elle avait oublié comment faire...

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MessageSujet: Re: Superman |Solvael|   Ven 16 Juin - 22:48

Solveig Eriksson. Sœur d’Isak Eriksson. Mes pensées s’éloignent à toute vitesse de l’importun venu réaffirmer le contrôle qu’exerce le Gouvernement sur mes actions et mes libertés pour rejoindre cette silhouette escortée par mes hommes, par les Peacekeeper en charge de la sécurité du bâtiment. Solveig Eriksson, travaillant de paire avec son frère, si mes souvenirs sont bons, ou en étant à la botte ; Solveig Eriksson, porte d’entrée d’une des mafias qui pourrissent dans la fange d’une Nouvelle-Orléans décadente, d’une Nouvelle-Orléans déjà déchue. Solveig Eriksson, une métamorphe, une victime, un animal. Solveig Eriksson. Un panda roux. La fameuse panda roux. Je cherche dans sa silhouette, rousse à finir au bûcher le plus proche, des traces de cet animal ridicule. Mon regard la détaille, lentement, dans le silence. Elle n’est pas à sa place, ici. Tout en elle le clame. De son attitude à sa solitude dans mon bureau, de sa méfiance aux battements de son cœur qui ne peuvent échapper, à un seul instant, au loup qui règne en maître. Elle n’est pas à sa place, ici. Elle n’est qu’une invitée, elle n’est qu’une erreur dans mon univers, elle n’est qu’une présence tout juste tolérée. Mais elle est, également, un atout. Une carte dans ma manche. Une carte que je peux faire mienne, une alliée que je peux me forger. Et avant tout, avant tout ça… elle est comme moi. Solveig Eriksson, mes lèvres articulent avec soin des syllabes, les détachent les unes des autres comme pour les entendre claquer une à une. Solveig, Eriksson ; elle a réclamé Duncan, un peu plutôt, et un autre membre de ce Gouvernement, mais c’est devant moi qu’elle se tient après tout, interceptée au vol sans la moindre hésitation. Je ne demande pas, j’exige ; je ne demande pas, j’ordonne. Et face à cette réalité, son insolence n’en est que plus amusante. « En effet, j'avais plutôt dans l'optique de discuter avec Duncan... D'autant plus que je n'ai aucune idée de qui vous êtes. » D’autres sont morts pour moins que ça, je me contente de sourire, sans détacher un seul instant mes yeux de sa silhouette. « Aucune idée, vraiment ? » Un soupçon de rire dans mes mots, qu’il est simple de feindre, de déformer l’amusement en un masque revêtu dans un seul but. Qu’il est simple, pour moi, en de telles circonstances, de laisser glisser de mes épaules ce manteau d’arrogance et de suffisance qui me protège continuellement, pour dévoiler mes épaules de Seigneur et ce charisme porté par mon sang avec un naturel que je sais désarmant. Je ne cherche pas, contrairement à mon habitude, à l’écraser. Je me contente d’être. Le loup. L’alpha. « D'où connaissez-vous mon nom ? Pourquoi m'avoir fait venir jusqu'ici plutôt que de m'enfermer derrière des barreaux ? » A cette seconde intervention, je ne réponds que par le silence le plus calme, comme pour mieux l’épuiser dans ses questions, lui offrir l’opportunité de toutes les poser, ne la laisser que dans l’attente de réponse et la contraindre à un silence reposant. Qui suis-je, que suis-je en train d’atteindre, pourquoi, comment… c’est une enfant qui se tient devant moi. Une enfant apeurée, terrifiée. Ses mouvements la trahissent, je crois reconnaître en eux la volubilité déjà présente en Duncan. Face à ses déplacements, mon immobilité s’affirme, s’impose, se remarque à son tour. « Où est Duncan ? » La peur, la méfiance, tant de sentiments que je ne peux que considérer comme des plus primaires. Des sentiments qui tordent ses entrailles, affaiblissent son raisonnement, dévoilent ses faiblesses. Et ses obsessions. Elle n’est pas en contrôle, actuellement. Elle est acculée, elle est enfermée entre des barreaux d’une prison faite de murs, de portes et de baies vitrées, ces barreaux mêmes qu’elle vient d’évoquer. Qui suis-je ?

Je me décolle de mon appui, décroise lentement mes bras, dans des gestes mesurés ; mon inconscient me dicte le rythme de mes mots, le rythme de mes déplacements, calqué sur celui de mon cœur et de ma tranquillité. Elle se sent menacée, je suis la menace. Elle se sent enfermée, je suis son geôlier. Elle se sent acculée, je suis le prédateur. Qui suis-je ? « Duncan n’est pas ici. » Ma voix douce s’étend dans mon bureau, isolé du reste. Une voix douce, rassurante. C’est une enfant : je parle à Chiara, effrayée, après un mauvais rêve. Eriksson a-t-elle déjà l’impression confuse d’être enfermée dans un cauchemar dont la seule porte de sortie serait un réveil aussi brutal que définitif ? « Je ne voulais pas vous faire rester seule, dans un milieu aussi hostile ; si Duncan est votre ami… » Je lui offre un sourire, mes pas m’ont mené, sans la quitter des yeux, à proximité de mon bureau d’où j’extirpe, sans baisser un seul instant le regard, deux verres et une bouteille ambrée. « … alors les amis de mes amis sont mes amis, je ne pouvais agir autrement qu’en vous plaçant sous ma protection. » La bouteille se penche, les gouttes percutent le fond du verre, le remplissent, font de même avec le deuxième. « Je crains que les restrictions gouvernementales m’interdisent de vous proposer de l’alcool, mais peut-être qu’un peu de jus de pomme vous conviendra ? » Mes doigts glissent un verre dans sa direction, mes lèvres cueillent une gorgée. Et toujours, mes rétines sont perdues dans les siennes. « Tu peux m’appeler Rafaele. » L’italien se faufile, chaleureux. « Puis-je t’appeler Solveig ? » Le tutoiement m’écorche en revanche la mâchoire, marque à mes oreilles une familiarité excessive. S’attarde sur un soupir. « Ton nom ne m’est pas inconnu pour la simple raison que… je sais beaucoup de choses. » Un sourire. « En revanche, s’il est une chose que j’ignore, c’est la raison de ta présence ici. »



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MessageSujet: Re: Superman |Solvael|   Lun 31 Juil - 17:28


Superman
If I go crazy then will you still call me Superman. If I’m alive and well, will you be there a-holding my hand. I’ll keep you by my side with my superhuman might Kryptonite ••• Elle n’aimait pas, poser des questions et ne pas avoir de réponses. Pourtant, elle se heurta au silence de l’homme. Il était à sa place lui, et il le montrait bien. Elle se sentait minuscule, seule, inférieure. Ils étaient deux êtres si différents, mais l’instinct lui disait qu’il était comme elle. Un ressenti au fin fond des entrailles, rien de plus. En temps normal, son don se manifestait, lui faisait entrevoir l’espèce d’un autre métamorphe. Là… Rien. Enfin, cela allait avec ses émotions des derniers jours. Comme si ses pouvoirs avaient disparu, absorbés par quelque chose, quelqu’un… Alors, elle le détallait de son regard, de ses iris ambrées. Elle cherchait les détails qui confirmeraient ses premières pensées, tout en cherchant sa place. Sans la trouver. Elle se retrouvait dans le même état qu’à son arrivée chez Niklas. Là-bas, le luxe prévalait sur le reste, et la simplicité de Solveig s’en retrouvait étouffée. Ici, c’était un peu semblable. Le Gouvernement, c’était ses ennemis, ceux de son aîné. Les dirigeants cherchaient à  faire taire Isak, à le tuer. Elle le sentait, elle le savait, mais tant que celui-ci ne cherchait pas à les arrêter… La métamorphe ne devait pas prendre un choix personnel.

Oh, elle devait savoir qui était son interlocuteur ? C’était ce qu’il semblait montrer, dire. Et elle… Elle n’en avait aucune idée. Et plus elle le regardait, plus elle était confortée dans cette idée qu’il était un inconnu au bataillon de sa mémoire. Merde. Allait-elle périr à cause de cela ? Ce serait possible, quand on connaissait l’égocentrisme du Gouvernement et de ses membres. A vouloir être les meilleurs, les plus reconnus, ils ne supportaient pas l’idée de n’être rien aux yeux de la population, ou d’un des citoyens. D’autant plus, avec ce nom, Eriksson, la suédoise était déjà un problème, tout en étant un atout. Après tout, elle était employée de son frère, Isak, ce mafieux qui leur avait toujours échappé. Donc si l’homme face à elle tenait à s’emparer de lui… Il avait trouvé le maillon faible. Solveig. Trafiquante de drogue mais aussi passerelle pour faire stopper une des mafias de la ville. Comment avait-elle pu se faire avoir aussi facilement ? Elle aurait dû se douter qu’elle ne serait pas la bienvenue dans ses bâtiments, quand bien même son visage était encore inconnu au plus grand nombre. Solveig la secrète, elle aurait pu se surnommer ainsi. Elle existait, mais aux yeux du monde, elle n’était qu’un grain de sable. Agaçant, mais introuvable.

Elle l’observait, cet homme qui avait décidé de se déplacer. Chaque pas dans sa direction la tendait, lui hurlait de partir. Mais le pouvait-elle réellement ? Sa force serait-elle suffisante pour ouvrir, défoncer la porte ? Si seulement. Elle s’obligea alors à rester droite, à camper sur ses positions. Réfréner la peur qui l’envahissait un peu plus à chaque seconde qui passait.

Puis la guillotine qui tomba. Duncan n’était pas ici. Si la voix rassurante tendait à calmer la jeune femme, il en fallait bien plus pour elle. Après tout, elle était dans un milieu hostile, comme il l’avait si bien souligné, et elle n’était pas certaine de pouvoir lui faire confiance à lui non plus. Elle était ainsi Solveig, à se méfier de tout le monde, en particulier des hommes. C’était son aîné qui déteignait sur elle. Il avait toujours voulu la protéger, et s’il éloignait le monde extérieur, c’était que ceux y habitant étaient un problème. Et malgré tout… Duncan et Niklas faisaient partie de sa vie. Deux hommes importants, lui ayant permis de survivre. Pourquoi celui lui faisant face ne pouvait pas rejoindre ce cercle fermé ? Oh, d’accord, il avait l’air haut placé chez les dirigeants. Et alors ? Il n’était pas le seul qui pourrait vouloir les détruire de l’intérieur… Et c’était un ami du panda roux. Alors… La lionne finit par se calmer, laissant la place à l’autre animal, moins farouche, plus apprécié. Peut-être que celui-ci se laisserait amadouer plus facilement…

Des verres posées sur le bureau, un liquide ambré les remplissant. Chaque geste semblait calculé, fait pour la détendre, lui prouver qu’elle n’avait rien à craindre en ces lieux. Interdiction de l’alcool ? Finalement, à force de vivre au Little, elle en avait oublié que la réalité était bien différente… Un verre poussé dans sa direction, et après une hésitation, elle finit par s’approcher à son tour, et le récupérer du bout des doigts. L’odeur de la pomme se glissa jusqu’à ses narines, lui faisait remarquer qu’elle n’avait jamais eu l’occasion d’en boire juste là. Elle se limitait à avaler de l’eau, pour éviter de confondre ses boissons avec de l’alcool. Une gorgée fut avalée. Le goût n’était pas déplaisant, quoiqu’un peu trop sucré.

Nom qui n’était pas américain, ça, elle pouvait encore le reconnaître. Mais il restait toujours une énigme à ses yeux. Et la suite des mots n’arrangea pas les pensées divergentes de la jeune femme… Il savait beaucoup de choses. Mais quoi exactement ? Qu’en pensait-il ? De nouvelles interrogations qui s’ajoutaient aux précédentes.

« Même maintenant que j’ai votre prénom, Rafaele, je suis incapable de savoir qui vous êtes, ou quel est votre rôle vous avez ici, même si je le devine important. »

L’accent bien plus guttural que celui de son interlocuteur, preuve de leurs disparités. Et évidemment qu’il était puissant, tout le clamait en lui. Après tout, il l’avait aussi empêché de mourir, et elle devait lui en être reconnaissante… Au fur et à mesure des secondes, la méfiance semblait s’évaporer, et la jeune femme se complaisait dans ce que son interlocuteur dégageait.

« Tout le monde m’appelle Solveig sinon, ne vous gênez pas. » Tout le monde l’appelait Solveig, mais rares étaient ceux lui adressant la parole plus que cela. Après tout, elle était l’intouchable, la petite sœur d’Isak. Et l’aîné était suffisamment effrayant pour dissuader quiconque de s’approcher d’elle ou même lui parler. « Duncan est votre ami ? Vous le connaissez bien ? »

S’il savait que le garde du corps était un métamorphe, cela pourrait guider Solveig sur la confiance à lui accorder. Enfin, elle verrait bien avec les réponses données. Une nouvelle gorgée fut prise, toujours aussi précautionneusement. Elle ne voulait pas apparaître comme mal élevée aux yeux de cet inconnu si important…

« Que savez-vous de moi ? » Question logique au vu de ce qui a été dit. Avant d’enchaîner avec sa propre réponse. Pourquoi était-elle ici ? « Je… Il s’est juste passé quelque chose il y a peu, et je voulais en parler avec un.. Un ami. Et l’endroit le plus proche où je pensais pouvoir trouver, c’était ici. Parce que… Parce que j’habite chez Niklas pour quelques semaines, donc c’est à côté... »

A côté, ça pouvait être relatif, mais les bâtiments gouvernementaux étaient plus proches de chez Niklas que du Little Darlings, là où elle créchait habituellement. Suite à ses mots, son regard se détourna, une main effleura son ventre. La cicatrice était toujours là, ses pouvoirs étant en berne depuis plusieurs jours. La marque de son geste, qui avait failli lui coûter la vie...

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MessageSujet: Re: Superman |Solvael|   Ven 25 Aoû - 23:34

D’ordinaire, mes questions n’ont pas l’habitude de rester sans réponse. D’ordinaire également, mes interlocuteurs comprennent que me faire attendre n’est pas une idée des plus brillantes. D’ordinaire enfin, ceux qui me font face savent non seulement qui je suis, mais également ce que je suis, ce que je peux faire et ce qu’ils croient être l’exhaustivité des menaces que je peux faire planer sur leur vie, sur leur confort, sur leur survie ou même sur la seule réalité de leur existence. D’ordinaire. Celle qu’on a amenée devant moi, celle qui se trouve juste devant moi, semble ignorer tout cela. Ses silences, son malaise, les battements de son cœur, ses questions… mes yeux la fixent avec acuité. Avec insistance. Je la détaille, sans gêne. Je la dissèque du regard. Calme. Patient. Solveig Eriksson. Elle n’est pas à sa place ici, elle asphyxie dans le grand espace et l’aseptisation de mon bureau déshumanisé. Elle n’est pas à sa place ici, elle suffoque dans l’opulence qui l’entoure, dans le luxe qu’elle ne connait pas, auquel elle n’est pas familiarisée. Elle n’est pas à sa place ici, et chacune de mes respirations le lui rappelle, sans que je ne le veuille. Mais sans que je ne l’empêche. Qui cherchait-elle ? Duncan. Naturellement. Qui a-t-elle trouvé ? Moi. Naturellement. Comment aurait-elle pu tomber ailleurs que dans la gueule d’un loup, du loup, de l’alpha de la meute ? Un loup qui lui sourit. Doucement. C’est une enfant qui se tient devant moi. Une enfant, un louveteau déraciné. Abandonné. Une métamorphe, comme moi. A la peau changeante, à la nature mouvante, aux instincts bestiaux, à la condition d’esclave ancrée dans sa chair, dans sa psyché. Ma patience est exemplaire, je réponds à ses questions par le silence.

Qu’elle ne soit pas si pressée. Tout mon être se déploie lentement. Prédateur. Mes bras se décroisent, j’effectue quelques pas dans sa direction. Chasseur. J’entends le rythme de son cœur, j’entends le rythme du mien, j’entends le rythme de mes mots, articulant d’une voix posée, contrôlée, maîtrisée. Seigneur. Elle cherche Duncan ? Duncan n’est pas ici. Qu’elle me nomme Rafaele, ce nom siéra au tutoiement que je lui offre, à cette atmosphère intime que je constitue autour de nous, à ce sourire doux que j’arbore. Seigneur. Mes yeux ne quittent pas un seul instant les siens alors que mes doigts trouvent des verres qu’ils remplissent sans tarder. Mes yeux restent fixés dans les siens avec une intensité que je refuse d’assourdir. Chasseur. Une nouvelle question, j’abats les barrières qui nous séparent, j’en crée de nouvelles, reconstruis le contexte qui nous environne, finis par lui tendre le verre. Qu’elle me nomme Rafaele, et je la nommerai Solveig. Et qu’elle me dise les raisons de sa présence ici, que je puisse composer avec la manière d’aborder ce qui suivra. Prédateur.

« Même maintenant que j’ai votre prénom, Rafaele, je suis incapable de savoir qui vous êtes, ou quel rôle vous avez ici, même si je le devine important. » Au moins a-t-elle une élocution soignée, à défaut d’avoir quelques soupçons de jugeote, je me contenterai de cela pour la suite. « Tout le monde m’appelle Solveig sinon, ne vous gênez pas. » Je me retiens de soupirer devant cette nouvelle manifestation de tout ce qui nous sépare. Ne vous gênez pas… N’a-t-elle pas compris que l’autorisation que je lui demandais n’était qu’un leurre agité sous ses yeux pour instaurer l’ombre d’une égalité que démentent nos attitudes ? « Duncan est votre ami ? Vous le connaissez bien ? » Mes yeux restent fixes, ma bouche reste close. Duncan est mon ami, oui. Et vous, Solveig Eriksson, êtes de toute évidence une réelle épine plantée dans sa patte. Je reste silencieux, attendant la suite qui ne devrait pas tarder. Après tout, elle semble être de ceux qui ne se contentent jamais d’une seule question mais qui jugent opportun de répandre une logorrhée interrogative des plus exaspérantes. « Que savez-vous de moi ? Je… Il s’est juste passé quelque chose il y a peu, et je voulais en parler avec un... Un ami. Et l’endroit le plus proche où je pensais pouvoir trouver, c’était ici. Parce que… Parce que j’habite chez Niklas pour quelques semaines, donc c’est à côté... » Niklas. Quelque chose. Endroit le plus proche. J’assimile, dans un sourire, ce flot d’informations, cette mine d’informations que sont tous les propos de la jeune femme. Elle voulait parler d’un événement avec un ami, et son premier réflexe a donc été de venir quêter l’oreille de Duncan ou d’Ivanov, sans se soucier outre mesure de mettre les pieds dans le cœur même du Gouvernement. N’a-t-elle aucun instinct de survie ou place-t-elle un peu trop démesurément sa confiance en ces deux personnes ? Je me vois présentement dans l’incapacité de répondre à cette question : ma curiosité est piquée au vif, je dois bien l’admettre à cet instant, lorsque mon verre – intouché – retrouve sa place sur le bureau contre lequel je m’adosse dans une désinvolture affectée. « Je vois. » Vois-je réellement ? Non. J’embrasse du regard les possibilités d’une telle discussion. J’évalue, j’analyse, je déduis, je reconstitue mon jeu avec de nouvelles cartes. J’observe le plateau d’échecs sous un nouvel angle de vue. « Si je comprends bien… » Ses questions sont pour le moment balayées, délaissées dans un coin de mon esprit. Toujours présentes, certes, mais reléguées au second plan. « Quelque chose s’est produit, quelque chose qui t’a perturbé si fortement que toi, Solveig Eriksson, sœur de l’un des plus influents mafieux des sous-bassement de la ville, te livre tout sourire au cœur même de ceux qui ont tout intérêt à mettre la main sur ton frère, ou du moins sur un levier de pression potentiel ? Voire, tout simplement, un membre éminent de ceux qui enfreignent leur loi chaque jour afin d’en faire un exemple exécuté sur la place publique ? » Ma voix n’est qu’un murmure des plus doux : nul besoin d’hausser le ton ou de se faire menaçant dans ce genre de circonstance. Les faits suffisent. « As-tu la moindre idée de ce que le verbe réfléchir signifie ou n’est-ce qu’un assemblage amusant de syllabes qui sonne de manière incongrue à tes oreilles ? » De la sévérité transparaît dans mon discours.

Un ton paternel. Un reproche. Une mise en garde. « Tu ignores ma fonction, et tu me confies malgré tout, tout cela sans sourciller ? Je pourrais être… par exemple… à la tête de ceux qui vous traquent ? Je pourrais être… par exemple… celui qui voit tout, qui sait tout, celui qui a des yeux, des oreilles et des bouches partout en ville ? Tu pourrais venir de provoquer la chute de tes deux très chers amis, en quelques phrases prononcées de manière inconsidérées… » Ma tête s’agite lentement de la gauche vers la droite, alors que ma langue claque de désapprobation. « Solveig, ce n’était pas très prudent… tu as de la chance que je sois réellement l’un des amis de Duncan. Et que je sois ton frère, aussi, d’une certaine manière, par le biais de cet animal qui sommeille également en mon être. » Ma main, posée sur ma poitrine à l’endroit de mon cœur à l’instant où j’évoquais le loup, vient se poser sur l’épaule de mon invitée. « Je ne te ferai pas de mal, sois en assurée. Et tu peux me parler comme si tu parlais à Duncan, je t’assure que j’ai son entière confiance et les moyens de te venir en aide si c’est de cela dont tu as actuellement besoin. Raconte-moi, que s’est-il passé pour que tu ais eu le courage de venir jusqu’ici ? » De la réelle sollicitude transperce ma voix, mon regard, et le contact que je lui propose par ma main.


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MessageSujet: Re: Superman |Solvael|   Mer 4 Oct - 14:00


Superman
If I go crazy then will you still call me Superman. If I’m alive and well, will you be there a-holding my hand. I’ll keep you by my side with my superhuman might Kryptonite ••• La peur qui bouffait les entrailles, les questions qui se bousculaient dans son esprit, elle ne parvenait pas à en faire abstraction. Il s’approchait, et la seule chose qu’elle voulait faire était fuir. Il parlait, l’interrogeait, et après le silence elle avait fini par répondre, déballer certains de ses secrets, qu’elle ne tenait à donner qu’à Niklas ou Duncan. Celui face à elle n’était en rien un ami, ou une connaissance. Certes, il dégageait quelque chose, et elle sentait qu’il était comme elle. Il n’y avait alors toujours pas de confiance entre eux, mais la suédoise devait l’avouer, la méfiance se mettait en berne. Celle-ci qui, normalement, avait tendance à lui empêcher de faire le moindre geste envers une nouvelle personne. La langue avait fini par se délier, les mots par sortir, les explications par se donner. Néanmoins, Solveig était restée vague, puisque le souvenir était encore douloureux, surtout sur les rares fragments encore nets qu’elle possédait de la soirée. Elle se rappelait de la douleur, du choc, de la violence de son aîné. Elle se rappelait de son geste, de la délivrance qu’elle avait voulue. Pourquoi ? Pourquoi aujourd’hui, alors qu’elle avait connu des moments bien pires au cours de sa vie ? Pourquoi ainsi, alors qu’elle avait des moyens de mises à mort bien plus propres, bien plus discrètes ? Des questions sans réponse, alors que le liquide ambré glissait dans sa gorge.

Il souriait, et l’observait avec attention. Elle, l’animal perdu. Lui, le maître des lieux. Elle se sentait minuscule en sa présence. Il occupait l’endroit avec charisme, là où elle essayait simplement de prendre le moins de place possible. De plus, la jeune femme n’aimait pas être au centre de l’attention. C’était bien pour cela qu’elle laissait ce rôle à son aîné, se contentant des ténèbres. Cela permettait aussi à la suédoise de ne pas être embêtée par le Gouvernement, puisqu’eux-mêmes ne savaient pas réellement ce qu’elle faisait, ni qui elle était dans le business. Aussi insaisissable que le vent, elle courrait d’une place à une autre, esquivant miliciens et autres êtres gravitant autour du Gouvernement. Elle le savait, que même son nom s’était apparenté à une illusion à un moment, un être créé par les pensées d’un homme malade, détruit. Il leur avait fallu des mois pour la trouver, et toujours aujourd’hui, peu étaient certains qu’elle faisait partie de la mafia. Elle s’en était rendue compte avec Duncan, qui semblait penser qu’elle restait juste au côté de son aîné, sans rien faire de plus. Pourtant, elle était bien plus la petite, tenant la barre quand le frère disparaissait, s’écorchait dans son antre. Elle était la raison pour laquelle tout continuait de fonctionner normalement quand l’autre n’était même plus présent.

C’était un sourire sans vie, sans profondeur qui se dessina sur ses lèvres quand Rafael entreprit de reformuler ce qu’elle venait pourtant de lui dire, y ajouter un jugement qui fit grandir colère et méfiance en elle. Mettre la main sur son frère ? Beaucoup avaient essayé, et ils avaient tous échoué. De ce point de vue-là, le Gouvernement était un amas d’incapables et d’incompétents. Une seule personne était parvenue à s’en prendre intérieurement à la mafia, s’infiltrant en tant que danseuse, tuant aléatoirement ceux sous les ordres de son frère. Solveig ne savait pas pourquoi, notamment puisque cette femme avait maintenant disparu, mais l’inconnue aura la mafia sur le dos jusqu’à sa mort. Enfin, tout cela pour dire qu’Isak serait intouchable pendant un long moment encore. Quant à se faire exécuter… Elle s’en moquait. Elle cherchait la mort, flirter avec. Peut-être qu’elle voulait en finir, sans avoir la force de mettre fin à ses jours d’elle-même ? Elle ignora la violence des mots, notamment parce que certains ne lui étaient pas connus. Incongrue par exemple. Qu’était-ce ? Définitivement, son anglais était encore loin d’être parfait.

Elle s’était confiée oui, elle, l’une des personnes les plus secrètes de la Nouvelle-Orléans. La raison ? Il était comme elle, il connaissait aussi Duncan. Et son charisme, sa prestance l’écrasaient aussi, lui offraient l’opportunité de parler. Quant à se faire traquer, en faire traquer d’autres… Elle n’y avait pas pensé. Elle était comme ça, trop simple, et bien peu à l’affût des préoccupations politiques. La métamorphe vivait dans son propre monde, dans l’ultra-violence, la douleur et l’horreur. L’intelligence politique et la manipulation, elle ne possédait en aucun cas ces capacités… Néanmoins, maintenant qu’elle était mise face à tout cela, elle comprenait, remarquait ses erreurs. Tard, trop tard. Tout pouvait s’effondrer par sa faute. Cependant, Rafael lui permit de confirmer son hypothèse. Elle était bien face à un autre métamorphe. Imperceptiblement, ses muscles se détendirent. Il devenait plus proche d’elle ainsi, augmentant le potentiel confiance qu’il avait malgré les propos qu’il tenait. Le contact physique la fit néanmoins sursauter, elle qui n’était pas franchement habituée à ce qu’on l’approche. La mention de son frère suffisait souvent à éloigner les gens d’elle, sans qu’elle ne comprenne réellement pourquoi. Il n’était pas si méchant pourtant…

« Le Gouvernement peut bien tenter de se servir de moi pour appâter mon frère, cela ne servira à rien. Aux dernières nouvelles, c’est lui qui veut ma mort, vous lui rendrez un fier service en m’exécutant. »  Et à moi aussi. Chaque parole prononcé était pensé, cru par la jeune femme. Isak avait déjà essayé de l’éliminer une fois, il pourrait très bien recommencer à l’avenir. Et il recommencera certainement, il le lui avait dit. Qu’elle se fasse tuer avant arrangerait tout le monde, sans pour autant faire cesser les activités de la Niflheim. Il y avait de nombreuses personnes désormais pour épauler cet aîné constamment au bord de la rupture, elle ne s’en faisait pas de ce côté-là. « Un membre éminent, ce serait me donner bien plus d’importance que je n’en ai vraiment. Je ne travaille pas réellement dans ce domaine. » Et elle n’en démorderait pas. Evidemment, beaucoup pensaient qu’elle était de paire avec Isak, voire qu’elle contrôlait entièrement la mafia. Si elle avait fini par avoir de l’importance, c’était simplement à cause du nom de celui-ci, pour le reste… La tuer ne reviendrait à rien, comme elle le soulignait.

Le verre finit par être posé sur une table basse, à cause de ses doigts tremblants, incapables de tenir plus longtemps un objet. Et comme elle ne tenait pas à salir la pièce… Puis elle balaya le reproche, épaules haussées : « Si vous souhaitiez réellement vous en prendre à moi, vous ne m’auriez pas empêché de me faire enfermer ou autres. Et je vous fais confiance, d’une certaine manière, par rapport à ce que vous êtes, et l’amitié qui semble vous lier à Duncan. Même si je souhaiterai le vois par la suite. » Elle ne démordait pas avec l’autre panda roux. Et elle avait volontairement sauté la partie qu’elle ne comprenait pas, ne souhaitait pas paraître plus stupide encore qu’elle n’était. Quant à la suite… Elle avait envie de signaler qu’elle pourrait le blesser s’il cherchait à s’en prendre à elle, c’était ce que la lionne lui murmurait, souhaitant avoir le contrôle à son tour. Plus sauvage, plus violente, elle induisait une certaine méfiance en cet homme, toujours. Il veut continuer à la faire parler, lui faire raconter plus en détails ce qui s’était passé. Le regard s’assombrit, se détourna. La jeune femme n’avait pas envie de repenser à tout cela, ni même de se rappeler. Mais la simple demande de Rafael avait poussé les souvenirs sur le devant de la scène. En même temps que les mots murmurés qui quittaient ses lèvres : « Un rituel raté, qui a rendu fou mon frère. Il a usé de pouvoirs sur moi et a foutu le feu à l’appartement. Quand je l’ai sorti de là et qu’il a repris ses esprits, j’ai essayé de me suicider en m’éventrant. »

La boule dans la gorge l’empêchait d’aller plus loin dans ses propos. Et tant mieux d’un côté, elle n’avait pas franchement envie de trop ressasser ce passé bien trop proche encore…

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MessageSujet: Re: Superman |Solvael|   Mar 24 Oct - 22:53

Chasseur. Prédateur. Je suis de ces chasseurs qui traquent leur proie, avec patience et inéluctabilité. L’importance de la chasse n’est pas simplement la proie et les crocs refermés sur sa jugulaire, elle est également ce qui précède le point d’orgue. Les mesures jouées, les adagio et les staccato rythmés : ces legato qui respirent et ralentissement pour mieux s’endiabler dans un allegro con fuoco final. Parce que la chasse est ainsi : symphonique. Nul besoin de hurlement, d’attroupement, de charge brutale. Parfois, elle se contente d’être une danse, un menuet glissé en faveur de quelques pas. La voix, la couleur des mouvements suffisent pour immobiliser la proie. L’hypnotiser, la fasciner, amoindrir sa vigilance. Et Solveig Eriksson ne semble pas être une proie qui fuit, qui court, qui supplie pour sa vie. Elle est le faon innocent, aux yeux grands ouverts et confiants, qui observe le loup. Les pas du loup. Qui recule mais qui ne fuit pas, incertain. Animal perdu, tu es sur le territoire de ton prédateur naturel : notre langage corporel est bien plus éloquent que mes silences. J’assimile ses réponses, j’observe, je dissèque ses respirations. Je suis le prédateur, je suis le roi, je suis son Seigneur et son maître, et tout cela n’est qu’action inconsciente. Aussi inconsciente que sa propre action, à elle, celle qui l’a menée en premier lieu dans la gueule de l’animal. Que fait-elle ici ? Elle a souhaité trouver refuge. Que fait-elle ici ? Elle pointe le coutelas sur la carotide de ses amis, dans une naïveté qui frôlerait la simplicité d’esprit de mon frère si elle n’était pas agrémentée d’une prudence inattendue. Sa prudence, je l’entends. Endormie par ma voix, endormie par mes questions, endormie par l’ensemble de cette pièce. Je l’entends et elle la sauve : je n’aurais eu que faire d’une idiote dans le cas contraire. Mais une créature perdue, de cela je peux m’en accommoder, de cela je peux me servir. En cela, je peux trouver un usage. Et une valeur. Une raison de l’épargner.

Ma voix se fait sévère, en réponse à ses propos. Reproche, réprobation, je me fais ami, je me fais frère, je me fais père, je me fais magnanime : c’est un murmure qui menace, c’est un gant de velours qui frappe et assène de légères claques. Une simple mise en garde. Le jugement que j’ajoute à ses mots, il ponctue mes phrases et mes intonations d’un amusement carnassier. Le loup enseigne au louveteau, l’alpha considère avec indulgence les faux pas de son cadet, de l’avenir de la meute. Considère avec indifférence la colère qui couve. Se complaît dans un sarcasme léger, sur lequel je ne m’attarde pas mais que je ne me refuse pas pour autant. Elle doit apprendre, elle doit comprendre, elle doit assimiler : le loup n’en fera qu’une bouchée.

Mon tutoiement se fait conseil, prudence, mes gestes accompagnent mes propos comme pour mieux les lui traduire, comme pour mieux m’assurer qu’elle comprend là où je souhaite l’amener. Parler ainsi de ses amis, parler ainsi de mon ami, les associer à une mafia aussi impliquée que celle des Eriksson, ce n’est guère prudent. Des propos comme ceux-là sont de ceux qui attirent les regards conjoints des Shadowhunter et des Services Secrets, mon regard inquisiteur et le sang que je me sais prêt à faire couler si le besoin s’en fait sentir. Fait indéniable toutefois : la chance l’a menée jusqu’à moi, la chance l’a ôtée des griffes de ceux qui auraient pu se servir d’elle pour mieux me la confier. Pour mieux confier un métamorphe à un autre métamorphe. Car seul un métamorphe a droit de parole, de justice et de condamnation sur un autre métamorphe. Car seul un métamorphe connaît et reconnaît un métamorphe. Car seule une créature peut juger une autre créature. La meute est une réalité ; elle en était déjà une quand je n’étais qu’un homme, elle s’est exacerbée au fil des siècles. La meute, la loi de la meute s’impose. Et Eriksson fait partie de ma meute. Ma main se pose sur son épaule. L’assure de mon soutien, de la confiance qu’elle peut avoir en moi. L’assure également de ma sollicitude. L’invite, encore une fois, à la confession. A l’abandon de ses réserves. A l’affranchissement de son honnêteté.

« Le Gouvernement peut bien tenter de se servir de moi pour appâter mon frère, cela ne servira à rien. Aux dernières nouvelles, c’est lui qui veut ma mort, vous lui rendrez un fier service en m’exécutant. » Je cille, j’assimile, mais je ne l’interromps pas. Ma main quitte son épaule, mes bras refusent de se croiser, ce qui me fermerait bien trop à elle, préfèrent se relâche, l’un autour d’un verre, l’autre en glissant un pouce dans la poche de mon pantalon, veste légèrement dérangée dans la manœuvre. Décontraction. Décontraction non feinte, décontraction calculée. Ainsi, dissension possible entre la fratrie de la drogue ? « Un membre éminent, ce serait me donner bien plus d’importance que je n’en ai vraiment. Je ne travaille pas réellement dans ce domaine. » Un tic brise l’impassibilité de mes traits, un tic rieur, moqueur. Bien stupide serait la personne qui se penserait sans importance : ceux qui n’ont aucune utilité ne sont d’ordinaire pas remarquées. Quiconque attire un regard, attire l’attention acquiert de par ce simple fait un soupçon d’intérêt.

« Si vous souhaitiez réellement vous en prendre à moi, vous ne m’auriez pas empêché de me faire enfermer ou autres. Et je vous fais confiance, d’une certaine manière, par rapport à ce que vous êtes, et l’amitié qui semble vous lier à Duncan. Même si je souhaiterai le voir par la suite. » En mon âme, en mon sein, résonne le long soupir d’une résignation. Naïveté et innocence sont des qualités touchantes, qu’il faut souhaiter préserver, mais si elles ont le don de m’intriguer et de me fasciner chez Violet… chez cette pauvre hère, elles attisent bien davantage mon agacement. Attisent également l’envie, joueuse, de lui planter une lame entre les côtes et de voir dans ses pupilles s’effondrer ses illusions dans un hurlement d’agonie. De briser sa candeur pour l’opposer à une noirceur qu’elle a sûrement, pourtant, déjà eu à regarder dans les yeux. Mes yeux s’obscurcissent, s’apaisent, tout comme les traits de mon visage, quand je tiens en retrait ces instincts. « Tu le verras, ne t’en fais pas Solveig. Duncan est un homme d’honneur et un ami des plus fidèles, tu as bien raison de te fier à lui de cette manière. Je peux le faire chercher si tu y tiens, mais je doute qu’il soit disponible présentement… » Ma voix, douce, continue son travail, continue son œuvre d’apaisement. Le prédateur a des crocs d’acier, mais des pattes de velours.

Qu’est-ce donc ? Qu’est-ce donc, l’événement qui l’a troublée suffisamment pour la pousser à courir en direction du Gouvernement, en direction de ceux qu’elle devrait craindre plus que tout. Dans ma direction ? Ses souvenirs se font murmures quand ils franchissent ses lèvres, se font douceur à mes oreilles, à mon attention toute tournée vers elle : une attention qui confirme la valeur de ma protégée. « Un rituel raté, qui a rendu fou mon frère. Il a usé de pouvoirs sur moi et a foutu le feu à l’appartement. Quand je l’ai sorti de là et qu’il a repris ses esprits, j’ai essayé de me suicider en m’éventrant. » Suicide. Rituel. Quel mot me trouble, me choque le plus ? Quel mot réveille la fournaise de la colère, assèche la décontraction, embrase la nonchalance pour n’en laisser que des cendres et la raideur d’un roc ? Le loup se replie, le Seigneur s’avance, j’ai encore dans mon sang, dans mon cœur, dans mon âme la douleur de la mort et surtout, surtout, la douleur de la terreur quand mon humanité s’est retranchée, quand mon humanité s’est étiolée alors que je sentais mon créateur s’évaporer dans le néant. Rituel. « Ton frère est un sorcier. » Est-ce cela l’important dans ses mots ? Certes oui. Est-ce cela l’important à ses yeux ? Certes non. « Et tu as tenté de te tuer. ». La distance disparaît sans que je ne fasse le moindre geste : c’est l’intensité du regard que je lui porte qui accentue brutalement notre proximité. « Ta vie est précieuse, Solveig, et la malédiction que nous portons fait qu’elle est plus que difficile à ôter. Tu n’as, j’en suis certain, fait que t’infliger souffrance et supplice sans que ton objectif ne soit plus qu’effleuré. » Nul reproche, nulle réprobation, nulle moquerie dans ma voix : un unique constat l’habite. « Tu vaux bien mieux que ce désespoir, Solveig. Tu vaux bien mieux que la souffrance, tu vaux bien mieux que la douleur, tu vaux bien mieux que la malédiction qui te transforme en bête. Tu vaux mieux que tout cela, crois-moi. » Suis-je en train de croire ce que je dis ? Mon ton, ma voix, mes yeux, mon regard, mes gestes, mes mots l’affirment. Ma conviction se fait palpable. Spectre d’une conviction que j’aimerais avoir à mon égard. Echo de mes propres tentatives de mettre fin à mes jours. Mon empathie n’est pas feinte, pas plus que la colère qui couve malgré tout. Et perce sans plus tarder.

Rituel. « Le rituel dont tu parles… qui en était l’objet ? Toi ? » Où puis-je trouver ton frère, pour achever ce que le feu n’a pu faire grâce à ton intercession malvenue ?


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MessageSujet: Re: Superman |Solvael|   Dim 19 Nov - 2:04


Superman
If I go crazy then will you still call me Superman. If I’m alive and well, will you be there a-holding my hand. I’ll keep you by my side with my superhuman might Kryptonite ••• La peur, qui étreignait le coeur, s’effaçait petit à petit. Puis revenait, brutalement, la faisant suffoquer. Etouffée par ses propres émotions… Et le charisme de Rafael qui s’ajoutait à tout cela, ébranlant le peu de raison qui lui restait. Devait-elle lui faire confiance, lui qui était à la solde de ses ennemis ? Il n’avait pas tort dans ses mots, dans ses reproches. Et pourtant, une part d’elle était endormie. Il ne pouvait pas lui faire de mal, il était comme elle. Un métamorphe, comme il le soulignait si bien, comme elle le ressentait si bien. Une main sur son épaule, paternel, étreinte qu’elle n’avait jamais reçue. Le regard se fit interrogateur, et l’enfant égarée se fit plus petite, plus renfermée. Inconsciemment, les yeux se baissèrent, le visage se fit fautif. Il la manipulait, la contrôlait par son comportement. Avec moins de violence que son aîné, il savait pourtant s’imposer auprès d’elle. Et la peur s’enfuit, se fit la malle. Lentement, elle quitta ses yeux, et son coeur. Comme un nuage dans le ciel : elle finit toujours par passer. Même s’il faut le temps, ou la bonne personne pour aider. Un coup de vent, pour presser cette sensation étouffante de partir, et la libérer.

Puis le contact se rompit, et l’apaisement se dissipa, aussi vite qu’il était arrivé. A cet instant, les prunelles ambrées se relevèrent, retrouvant celles bleu turquoise de l’homme. Qu’y cherchait-elle ? Du réconfort. De quoi contrebalancer la méfiance, la peur, l’horreur. Son regard s’attardait sur les traits de l’autre. Elle lui enviait le contrôle et le calme dont il faisait preuve. Elle, elle cédait bien trop à son instinct, aux impulsions que l’esprit lui donnait. Agressive, déraisonnée, suicidaire, autant de mots à  l’opposé de Rafael qui pourtant la caractérisaient parfaitement. Deux métamorphes aux antipodes de l’autre. Qu’était-il lui ? Une créature majestueuse certainement, pleine de confiance en soi. Il devait être loin du petit panda roux qui se nichait en son sein. Plus proche du guépard, ou du lion. Animaux se déplaçant en meutes, avec un alpha à leur tête. Alpha que lui était, aux yeux de la jeune femme. Nerveusement, elle tira sur ses manches, masquant ses scarifications. Il lui faisait déjà assez de reproches ainsi, pas besoin de rajouter une cause supplémentaire. Et oui, elle avait clairement ce sentiment d’être remise dans le droit chemin par une autorité familiale. Ce qui ne pouvait que lui faire du bien…

Elle déblatéra, et il ne la coupa pas, sauf pour évoquer Duncan. Un homme d’honneur, un homme proche. Solveig avait cru le comprendre, ou s’en doutait. Si elle restait secrète sur sa vie en général, cela ne l’empêchait pas de se confier à quelques personnes, quand le fardeau devenait trop lourd. Et c’était le cas aujourd’hui. Rafael avait beau être membre du Gouvernement, lui rappelait à quel point elle devait se méfier, et éviter de mettre en danger ses amis, elle continuait de faire comme si de rien n’était. Quelques mots fut murmurés, avant l’aveu : « Ca attendra alors, je ne veux pas le déranger non plus... » Le discours commençait à se plier aux désirs du métamorphe. Si lui pensait que le panda n’était pas disponible, alors elle se plierait à sa demande, et attendrait. Ce n’était pas comme si elle avait autre chose à faire de ses journées, maintenant qu’elle était en convalescence – plus forcée que voulue –. Alors, les valves s’ouvrirent. Pour tuer le temps, pour offrir à l’homme ce qu’il souhaitait : la raison de sa venue ici. Un entrelacs de murmures, qui obligeait le silence pour être entendu.

Elle pouvait le sentir perturber, une fois qu’elle se tut. Ou alors était-ce simplement son imagination. Ce n’était pas la première fois que son esprit lui créait des illusions. Son frère déteignait bien trop sur elle finalement, et sa folie finirait par se mêler à la conscience de sa cadette. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle ne se brise, si pleine de fissures qu’elle était. La force mentale, elle s’était toujours dit qu’elle ne l’avait jamais eue la petite Solveig. Sinon, elle n’aurait pas suivi son frère, et elle serait parvenue à l’arrêter, l’empêcher de sombrer. Mais non. Elle était faible, à se laisser manipuler comme un vulgaire pantin. Elle laissait passer toutes ses colères, tous ses caprices, tout en se disant qu’il finira bien par se raisonner. Elle se comportait comme une lâche, à fuir la confrontation qui pourrait pourtant tous les sauver. Une affirmation, à laquelle elle répondit par automatisme : « Oui. » Son frère était un sorcier. Ce n’était pas à cacher, au vu de ce qu’elle avait dit. Deuxième affirmation, même réponse : « Oui. », comme un disque qui se rayait, une partition qui se répétait.

Il la fixait, de son regard profond. Le bleu azur la transperçait, et ses pupilles se détournèrent, se posant sur la vitre derrière lui. Solveig, elle n’avait jamais aimé soutenir les prunelles des autres. Il y avait quelque chose de dérangeant à être détaillée avec intensité. Elle avait l’impression qu’on scrutait le moindre de ses mouvements, pour mieux apprendre à la connaître, la cerner, et par la suite la manipuler. Et cette simple pensée lui donnait envie de fuir, retrouver son appartement moisi, mais un point de repère dans ces ténèbres. De nouvelles paroles, et des mots qui attirèrent son attention. Malédiction. Elle l’avait déjà entendu de la bouche de Mikkel. C’était ainsi qu’il se considérait lui aussi. Une malédiction. Solveig avait toujours eu du mal à comprendre cette idée. Était-elle réellement la seule à avoir demandé et accepté son sort ? Certainement. Jusqu’ici en tout cas. Le reste lui laissa échapper un rire nerveux. Que savait-il d’elle finalement ? Peut-être qu’elle méritait ce désespoir, après tout, elle ne s’était jamais battue contre. La question la laissa muette, le temps qu’elle la comprenne. L’anglais commençait à s’embrouiller…

« Non… Non, ce n’était pas moi… Il voulait ramener un de nos frères morts… Mais c’était il y a tellement longtemps ce décès, ça ne pouvait pas marcher. Il est juste tellement buté Isak, dans sa recherche du pardon. » Les informations se glissaient hors de ses lèvres, sans qu’elle ne le perçoive. Avouer son geste, sa tentative, avait eu pour mérite de faire retomber la pression qui pesait sur ses épaules. Plus légère, plus libre, elle se permettait d’évoquer ce passé longtemps caché, repoussé. Elle ne l’aimait pas, puisqu’elle se souvenait encore de l’aîné à cet époque-là. Plus heureux, plus serein, plus humain. Tout le contraire de l’ombre qui subsistait aujourd’hui. Enfin, la suédoise n’avait jamais été capable de voir les tares de ce frère adulé. « Pourquoi… Est-ce que tous les métamorphes sont supposés porter leur nature telle un fardeau ? De tous ceux que j’ai rencontrés, aucun ne l’apprécie. Tous se battent pour s’en débarrasser, ou alors détestent l’animal qui est leur alter… » Véritable interrogation qui plombait son cœur depuis des mois. Jamais la question ne s’était posée, jusqu’à ce que Mikkel entre dans sa vie. « Suis-je réellement la seule à avoir abandonné de plein gré mon humanité ? » Le regard se raccrocha à celui de Rafael. Une réponse sincère, voilà ce qu’elle voulait, lui qui apparaissait si sage, si sûr de lui. Était-elle une anomalie, même pas foutue de ressentir la même chose que les autres face à sa condition ?

« Je ne vaux rien non. Et il faut croire que la Mort et moi, c’est une histoire bien plus compliquée qu’un coup d’un soir... »

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MessageSujet: Re: Superman |Solvael|   Sam 30 Déc - 20:06

L'innocence est une denrée rare, je le conçois fort bien. Je ne suis pas exempt de toute culpabilité. Je la tue, je la piétine, je la méprise, je m'en moque et je l'éradique, l'innocence ne peut survivre autour de moi, elle ne peut qu'être préservée avec attention, ou disparaître sous l'aura de mort et de violence qui m'environne. Qui environne toute chose, toute personne, tout acte et toute pensée. L'innocence est une merveille, mais une merveille qui n'a aucune autre raison d'être que de nous rappeler à tous et à chacun ce que l'on a eu, ce que l'on a perdu, ce que l'on nous a arrachés. L'innocence. Qui me fascine, qui m'obsède, qui m'asphyxie aussi, comme la lumière éclaire les ténèbres pour mieux les étreindre et les faire pâlir. L'innocence, touchante. La naïveté. Crédulité. Candeur. Stupidité. L'innocence va de pair, maladroitement, malheureusement, avec la stupidité. Comment les êtres innocents peuvent-ils survivre suffisamment longtemps pour se reproduire, toucher les monstres et les métamorphoser, un peu, à leur contact ? En étant protégés par ces monstres. Les innocents sont des parasites, que les monstres prennent sous leur aile, comme pour mieux les préserver, comme des êtres en voie de disparition seraient mis en sécurité dans des parcs, observés comme des bêtes de foire. Ils ne survivent qu'en étant profitables, qu'en étant nécessaires. Qu'en se heurtant à des cas désespérés, subitement enclin à laisser en vie par goût de l'exotisme, par le regard intrigué qu'ils lui portent. Parce que l'innocence fascine, oui, mais l'innocence intrigue. Je ne comprends pas comment la sœur d'un parrain d'une mafia peut s'avérer être aussi... innocente. Dans son regard, elle est innocence. Dans sa méfiance timide, elle est innocence. Jusque dans l'animal qui la représente, la petite Eriksson est innocence. Et stupide, si stupide... Endormie. Innocence. Elle éveille en moi un sourire, touché, amusé par son regard, par son attitude, petite proie prise au piège. Elle éveille en moi l'envie de la protéger, de la préserver, de la prendre sous mon aile. Pour l'exploiter, pour la manipuler, pour extraire d'elle tout ce qui me sera utile, oui. Mais aussi pour l'empêcher d'être davantage salie par tout le reste. Ma main trouve son épaule, s'y attarde. Paternelle. Puis s'échappe, pour l'abandonner, pour la libérer. Pour achever mes propos. Et écouter les siens. Le loup gronde, le loup s'agite, mais l'homme reste impassible, tranquille, détendu. L'homme est en maîtrise. L'homme est le maître, l'homme contrôle, l'homme effectue des pas de danse légers dans une conversation où il est le meneur, où il dirige le quadrille. Qu'elle ne s'inquiète pas, elle verra Duncan en temps et en heures. Qu'elle ne s'inquiète pas, je représente mon ami, je représente mon bras droit. Qu'elle ne s'inquiète pas, Duncan est un homme de confiance, l'un de ceux entre les mains duquel je remettrai ma vie. Presque sans hésiter. Presque sans m'inquiéter. Qu'elle ne s'inquiète pas, il viendra. Quand je l'autoriserai, quand je l'avertirai, quand j'en aurai fini avec elle. « Ca attendra alors, je ne veux pas le déranger non plus... » Un fin sourire encourageant se répandit sur mes lèvres d'ordinaire pincées de mécontentement. Mes yeux se font, eux, attentifs.

Et se durcissent. Violemment. Brusquement. Asséchés de colère. Rituel. Ce n'est pas une question que je lui pose, c'est une affirmation que j'articule. Son frère, son frère qui n'avait pour le moment que le mérite de m'agacer et d'être l'objet d'une quête d'informations vient soudainement de s'obscurcir. De se voir auréolé d'un manteau de ténèbres. Ce n'est pas une question que je lui pose, mais c'est une réponse qu'elle m'offre. Une première fois. Automatiquement. « Oui. »  Son frère est un sorcier. Ce n'est pas une question que je lui pose, une nouvelle fois, mais sa réponse vient tout aussi rapidement. Même réponse. Même ton. « Oui. ». Le loup se redresse, jusque-là allongé, endormi, bercé par les battements réguliers de l'homme. Le loup se redresse, le Seigneur se déploie. Et je la fixe, quand sous mes yeux s'agencent non pas un tableau mais un amas de pièces difformes qui s’emboîtent pourtant maladroitement, dessinent un motif. Et une certitude émerge. L'angoisse. De veines tranchées. De fracas des eaux désirant broyer les os. Ce coup de feu, tiré pour déchiqueter la chair, déchiqueter les poumons, exploser un cœur manqué de trop peu. Le sang, répandu plus d'une fois. Par vengeance, par colère, par désespoir, par jeu, par lassitude. Qui, de nous, de ceux que nous sommes, de ceux qui sont maudits, n'a pas tenté une fois d'attenter à ses jours ? Mes yeux restent figés dans les siens. Paternel. Loin, est le mépris que je peux ressentir pour sa crédulité, sa naïveté, la facilité avec laquelle je la manipule. Loin, sont mes objectifs. Omniprésente, sont l'inquiétude et l'empathie. Incongrus. Effrayant. Comme ma colère. Violente. Destructrice. Contrôlée et maîtrisée, dans ces questions que je pose d'une voix tendue. Colère latente. L'attente d'une réponse. Une réponse qui finit par arriver. Qui ne me satisfait pas. « Non… Non, ce n’était pas moi… Il voulait ramener un de nos frères morts… Mais c’était il y a tellement longtemps ce décès, ça ne pouvait pas marcher. Il est juste tellement buté Isak, dans sa recherche du pardon. » Juste buté ? Mes yeux, mes yeux sont clairs de la limpidité des faits. Froids, de la glace répandue dans mes veines et ma respiration. Fixes, de ma détermination. Violent, de cette tempête qui broie mon esprit, assèche ma douceur, aiguise ma monstruosité. « Pourquoi… Est-ce que tous les métamorphes sont supposés porter leur nature telle un fardeau ? De tous ceux que j’ai rencontrés, aucun ne l’apprécie. Tous se battent pour s’en débarrasser, ou alors détestent l’animal qui est leur alter… Suis-je réellement la seule à avoir abandonné de plein gré mon humanité ? » Son regard accroche le mien. Mon regard heurte le sien. Sincérité libre contre fureur en cage. Fureur qui tournoie dans mes pupilles claires alors qu'elle poursuit, indifférente au loup qui montre les crocs, réclame  la soumission et la morte pour ces propos sans le moindre sens. « Je ne vaux rien non. Et il faut croire que la Mort et moi, c’est une histoire bien plus compliquée qu’un coup d’un soir... » Mâchoire crispée. « Pour l'avoir cherchée avec tant d'opiniâtreté, en effet, il me semble qu'il serait plus juste de parler de prostitution. » L'acide se fait brûlant. Agressif. Le loup plante ses crocs, l'homme inspire et se contrôle. Encore. Savoir-faire de sept décennies mis en œuvre. « La nature est déformée, distordue, outragée devant notre existence. Nous sommes des abominations. Notre nature d'homme et de femme a été pervertie par la sorcellerie. » Ton d'enseignant, ton de connaisseur : mes propos sont alourdis d'une certitude sincère. De la gravité des convictions, figées dans le contrôle de mes mots, de mes gestes, de mes actes, pour ne pas l'égorger pour l'horreur de ce qu'elle vient de sous-entendre.

Je ne conçois pas qu'une personne ait pu volontairement abandonner une humanité plus que précieuse. Je ne le conçois pas, je ne me sens pas capable de l'accepter et encore moins de le pardonner. A mes yeux, pour cet aveu, elle mérite la mort. Une mise à mort prompt et définitive. Une étreinte glacée. Qui désire la monstruosité se fait pire que le monstre. Pire que le sorcier qui l'a transformée. Elle n'est pas victime. Elle est... Mes pas me détournent d'elle, mes doigts effleurent la surface de mon bureau quand, armé de mon verre clapotant d'ambre, je me rapproche des baies vitrées qui m'offrent une ville à mes pieds. « Certains ne souffrent guère d'observer leur alter ego dans les yeux, parce que la nature la plus bestiale et la plus profonde d'un homme n'est que rarement un spectacle des plus agréables. Ceux-là, il faut ni les juger, ni les condamner, Solveig. Juste les considérer avec patience et compassion, lorsqu'on en est capable. Certains ne parviennent pas, malgré le temps, à accepter la torture qu'on a fait à leur âme sans leur consentement, les libertés qu'on leur a arrachées, les futurs qu'on leur a volé. Ceux-là non plus, tu n'as le droit ni de les juger, ni de les condamner. Juste de les considérer avec patience et respect, soutien et patience, encore une fois. » Duncan est clairement le représentant des premiers, quand je suis un parfait exemple du second. Un parfait exemple hypocrite, le loup est mon âme, mon âme est un loup, une bête, que je n'accepte ni ne tolère, mais avec lequel j'ai appris à cohabiter malgré tout. « Ceux qui méritent, en revanche, un jugement et une condamnation exemplaire, ce sont ceux qui se vantent d'avoir coopéré à un crime écoeurant, outrageant, parce qu'ils se font complices de celui qui a entériné le sort. » Moralisatrice, ma voix s'éteint. S'atténue. Menaçante, elle reprend. « La malédiction que nous portons est un fardeau avec lequel on se doit d'apprendre à vivre, mais que l'on ne devrait jamais souhaiter à quiconque. Et s'être offert à la monstruosité d'une nature bestiale, pour chercher la rédemption dans la mort et s'offusquer de ne pas la trouver, c'est faire preuve d'une lâcheté sans pareille. » Menace. Reproche. Acidité de la voix. « Tu ne vaux pas rien, Solveig, tu vaux le poids de tes actions et de tes choix passés, tu vaux le poids de tes actions et de tes choix à venir. Pas encore faits. Tu vaux le poids des promesses que tu portes. De tes possibilités. » Une pause, une hésitation, infime, avant de reprendre.  « Fort heureusement pour toi, tu ne vaux pas uniquement le poids du respect qu'on peut te porter, parce qu'en sachant que tu as choisi ta condition de bête, j'ai bien peur qu'en effet, tu ne vaudrais plus rien. Fais bien attention à ta valeur, Solveig. Elle te rend indispensable. Et sans elle, tu deviens dispensable. Avec ce que cela peut impliquer. »


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MessageSujet: Re: Superman |Solvael|   Jeu 22 Fév - 21:10


Superman
If I go crazy then will you still call me Superman. If I’m alive and well, will you be there a-holding my hand. I’ll keep you by my side with my superhuman might Kryptonite ••• Il y avait énormément d’émotions dans son cœur et son esprit. Perdue au milieu de celles-ci, elle laissait ses réflexions se faire à haute voix, sans penser un seul instant qu’elle se mettrait dans une situation délicate. Mais Solveig, elle avait surtout fini de se lamenter sur son sort, depuis le temps. Elle s’en foutait, de sa nature, de la mort qui l’enveloppait dangereusement. Là où d’autres cultivaient la peur, le combat, la violence, elle… Elle s’était engourdie, dans le froid de son cœur, de son environnement. Elle était mafieuse, elle était morte la gamine. Elle avait ce regard vide de ceux qui avaient trop vu d’horreurs pour s’attarder sur les nouvelles. Elle était de ceux qui se retrouvaient avec du sang sur les mains, un peu plus chaque jour, et dont l’innocence se brisait en morceaux aux pieds de l’Humanité. Et la suédoise, elle était aussi une exception. Que ce soit dans le milieu criminel, ou en tant que métamorphe. Elle était cette exception qui agaçait, et celle qui avait appris à s’imposer. Après tout, n’avait-elle pas choisi de devenir pantin, de se faire assujettir ? Pour survivre, par deux fois. C’était à elle de prendre ses responsabilités, plutôt que de les faire porter à d’autres, non ?

Pour certains, il fallait juste se faire écraser par leur poids, et celui de son existence. Tu ne devrais pas assumer. Tu devrais continuer de te détester, comme tu l’as déjà fait par le passé. Tu n’es rien Solveig, à part un monstre. Y’avait comme des mots murmurés au creux de l’oreille, preuve de son enchaînement à un aîné destructeur. Sans lui, elle n’était rien. Sans lui, elle n’était qu’un monstre. C’était ainsi qu’elle l’avait toujours perçu, pour tout ce qu’Isak avait fait pour lui, malgré le récent dérapage… Incapable de voir à quel point il était un problème. Et elle aussi. La fureur qui apparut soudainement dans le regard de l’homme l’effrayait, mettait en marche son instinct de survie. Et elle pouvait percevoir, au fond de son cœur, la lionne engourdie, qui cherchait à se débattre, à rugir. C’était douloureux, tellement douloureux… Le pouvoir avait fui ses veines, sans raison, la poussant à abandonner les instincts pour quelques heures, quelques jours. Ca la bouffait pourtant Solveig. Là où d’autres auraient soupiré d’aise, elle, elle avait besoin des petites voix, et ces présences réconfortantes. Sans elles, elle était si seule la gamine… C’était ses uniques amies à vrai dire, elles qui lui permettaient de ne pas sombrer définitivement…

L’autre ne le voyait pas ainsi. Sur le coup, Solveig ne rebondit pas sur la première réponse, pour toute la vérité dont elle recélait. Rafael avait raison, point. Quant à la suite… Déformée, elle l’était certainement. Et puis, elle vivait avec le fait que son entêtement avait provoqué la mort de plusieurs personnes, ou leur transformation en abomination. Ils s’étaient tous brisés, tous ces êtres qu’elle aimait, autant elle tenait tout particulièrement. « Je n’ai jamais été vraiment humaine. » Elle n’était qu’un être entraînant la mort. Sa mère, son père, ses frères. Tous en avaient fait les frais, comme si une malédiction pesait sur ses épaules. Pourtant, aucun sang de sorcier n’était dans ses veines. Non, elle était l’image-même de l’enfant innocente, qui avait juste les mauvais esprits qui lui tournaient autour, lui rappelant sans cesse qu’aucune issue n’était possible. Il se détourna l’homme, se contrôlant de sentiments qu’elle sentait, percevait, sans forcément les comprendre. Pourtant, elle recula d’un pas, dans le silence. Elle creusa la distance, l’imposa autant que lui qui s’éloignait jusqu’à la baie vitrée. « Je n’ai jamais été là pour juger quiconque. Je n’en ai ni les connaissances, ni l’utilité de le faire. Je sais juste… Je sais juste que la plupart n’ont pas choisi, et j’en veux à ce qui leur en font ça. Mais se haïr est-il toujours la meilleure solution ? »

Peut-être était-ce la seule en réalité. La menace, la morale, arrachèrent ses entrailles, la peur s’insinua dans ses veines. Elle aurait pu pleurer. Elle aurait dû fuir. Et y’avait la lionne qui se débattait, cherchait à faire entendre sa voix. Dans son regard ambré, l’effroi se mêlait à une combattivité nouvelle. Elle n’aimait pas être menacée malgré tout. Elle restait une mafieuse, derrière toutes ses failles, et surtout, profondément instable. Alors, ses émotions basculaient d’un extrême à l’autre. « Je suis lâche. » Y’avait le murmure qui se brisait, derrière la façade de glace. Y’avait la confiance qui s’écorchait, le peu durement acquis. Y’avait la réalité qui vacillait, se floutait, derrière les larmes qui paraissait s’accumuler. Mais y’avait les mots qui trouvaient quand même leur chemin hors de sa bouche. « Vous aviez parlé de ne pas juger, sauf lorsque quelque chose vous déplaît ? » Elle s’enfonçait. Mais, Solveig, elle avait déjà connu pire. Et c’était ça son problème. Elle avait déjà connu pire que cet homme. Et elle en avait marre de se laisser marcher sur les pieds en permanence. Ca, c’était l’influence de la lionne, alors que le panda était toujours endormi dans un coin. Il lui faudrait un peu plus de temps pour le secouer lui…

Les bras se croisèrent sur sa poitrine, le regard fuit. Elle se contentait de sourire, de tristesse, aux mots assassins qui continuaient. Etrangement, la méfiance repointait le bout de son nez, mais ferait-elle le poids face aux paroles ? « J’ai toujours été dispensable, c’est pour ça qu’on me pousse vers la mort, qu’on m’en parle au quotidien. Et pourtant j’suis là, face à l’un des hommes les plus puissants de la Nouvelle-Orléans. » T’as peur de toi-même Solveig, avoue-le ? « Et ça m’bouffe cette nature, mais c’tout ce que j’ai, pour faire face au silence qui m’entoure. » Et aux chaînes de l’aîné. « J’m’en débarrasserais si je le pouvais, mais c’est la seule qui m’permet de foutre un pied devant l’autre sans m’effondrer. » Y’avait la voix qui s’accélérait, le ton qui devenait plus rauque, et les accents suédois qui se dessinaient derrière l’anglais. Elle était terriblement seule, dans cet appartement miteux, dans ce milieu impitoyable qu’étaient les mafias. Pas une épaule sur laquelle réellement se reposer, que des marionnettistes qui cherchaient à l’utiliser, à se jouer de ses faiblesses. Mais Solveig, elle n’en pouvait plus de se battre pour arracher les fils. Alors, elle se laissait faire. Alors, elle oubliait qui elle était sans…

Elle s’était accroché un sourire sur ses lèvres, triste, vide, masquant par la même occasion ses troubles. « Et pourquoi ne me tuez-vous pas ? » Allez, vas-y, laisse parler ton sang…


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MessageSujet: Re: Superman |Solvael|   Sam 7 Avr - 0:37

Mes avis sont tranchés. Assumés, trempés dans de l’eau glacé après avoir mené au rouge vif de l’embrasement dans une flamme purifiante. Mes avis sont affutés, mes avis sont tranchés, mes avis sont tranchants. Et absolus. Je ne conçois guère que l’on puisse se démunir volontairement de son humanité, tout comme je ne conçois guère que l’on puisse se repaître dans une abomination telle que la nature que l’on m’a imposée. Adoptant ce point de vue-là, je ne peux que la toiser avec écœurement, je ne peux que la toiser avec mépris, je ne peux que la toiser avec le plus grand dégoût, le dégoût que m’inspirent tous les sorciers, le mépris que m’inspirent tous les sorciers, l’écœurement que m’inspirent tous ceux qui délaissent leur pureté pour embrasser de leur plein gré la salissure du surnaturel. Et si je contiens tout cela derrière un visage impassible, et si je dissimule tout cela derrière un regard froid et une voix moralisatrice, je n’en pense pas moins. Ma sympathie naturelle pour toute personne partageant ma malédiction, l’oreille attentive que je peux prêter aux propos et aux ambitions de Duncan, la compassion que je me sais éprouver pour tous ceux à qui l’âme a été arrachée sans qu’ils n’y puissent rien faire, tout cela n’est qu’étouffé sous l’aveu de cette ingrate. Le loup se moque, le loup ricane de contentement, l’homme n’a qu’une envie : l’égorger. Abréger les souffrances de son humanité rejetée, abréger les souffrances de son esprit faible et brisé. La malédiction que nous portons est un fardeau, la malédiction que nous portons est perversion de l’âme, la malédiction que nous portons est monstruosité. Et si mes propos se font jugement, ce jugement même contre lequel je viens de la mettre en garde, je les estime justifiés. Parce que de telles règles ne se sont jamais appliquées à mon auguste personne, me chuchote l’animal, parce que mon ego et mon aveuglement m’interdisent d’observer ce dont j’accuse les autres et dont je me rends coupable également à chaque respiration. Je vis avec le poids de celui qui ne saurait plus se défaire sans le loup mais qui consacre chaque seconde et chaque battement de cœur à le haïr : incohérence. Contradiction. Paradoxe. Paradoxe comme le regard que je pose à nouveau sur elle, quand mes mots s’achèvent et s’échouent sur la surface de son épiderme. « Je n’ai jamais été vraiment humaine. » dit-elle, je n’en doute pas un seul instant. « Je n’ai jamais été là pour juger quiconque. Je n’en ai ni les connaissances, ni l’utilité de le faire. Je sais juste… Je sais juste que la plupart n’ont pas choisi, et j’en veux à ce qui leur en font ça. Mais se haïr est-il toujours la meilleure solution ? » complète-t-elle, sans que je ne sourcille ni ne relève l’effronterie de ses propos. Elle ne mérite rien de plus que mon mépris, ses questions ne méritent rien de moins que mon silence. Se haïr n’est pas la meilleure solution, mais se haïr est une évidence, une plaie que l’on laisse suppurante pour éviter qu’elle ne cicatrise et que l’on risque de l’oublier. D’oublier que nous ne sommes que des êtres humains brisés, des êtres humains écartelés, des êtres humains qui ne méritent même plus ce qualificatif. Comme elle, elle semble l’oublier. Comme elle, elle semble ne plus le voir. Comme elle, elle semble désormais l’ignorer, que ce soit délibérément ou non.  

« Je suis lâche. » Mon regard se durcit davantage et ma voix douce résonne en un murmure : « Oui. » qui ne laisse nulle place à la discussion. « Vous aviez parlé de ne pas juger, sauf lorsque quelque chose vous déplaît ? » Mes sourcils s’arquent dans une interrogation et un défi que je lui lance, celui de poursuivre sur la voie de l’effronterie, une effronterie qu’une gamine comme elle semble si bien l’être ne saurait mener suffisamment loin pour irriter le loup. Pense-t-elle réellement faire naître en moi le moindre sentiment de culpabilité ? « Je ne juge pas, j’observe. » je prends toutefois le temps de rectifier. Mon attitude, elle, en change pas un seul instant. Et mes yeux la dévisagent encore, cherchant dans son corps et son regard, dans son attitude et ses propos ce que Duncan peut bien apprécier chez elle au point d’avoir gagné sa confiance. Et éventuellement son affection. Duncan est mon humanité, par bien des aspects, et si je ne me sais guère fiable sur le plan des relations aux autres, je sais que lui l’est bien davantage. Et que s’il faut que je place ma confiance en une personne, ce doit être en Duncan. Ses bras se croisent, son regard fuit : je poursuis. Sans me taire, sans ralentir, sans hausser le ton, sans même le faire varier de quelque façon que ce soit. Moralisatrice est ma voix, moralisatrice elle le reste, teintée de reproche, teintée de mise en garde. Elle ne vaut fort heureusement pas que le poids du respect qu’on peut lui porter, elle vaut également les conséquences de ses actions, les répercussions de ses actes, les sources de ses décisions. Le poids de ses décisions. Devenir un monstre. Ma voix finit par s’éteindre, et mon attitude l’invite à répondre.

« J’ai toujours été dispensable, c’est pour ça qu’on me pousse vers la mort, qu’on m’en parle au quotidien. Et pourtant j’suis là, face à l’un des hommes les plus puissants de la Nouvelle-Orléans. Et ça m’bouffe cette nature, mais c’tout ce que j’ai, pour faire face au silence qui m’entoure. J’m’en débarrasserais si je le pouvais, mais c’est la seule qui m’permet de foutre un pied devant l’autre sans m’effondrer. » Un rictus déforme mes lèvres, le mépris enfle encore et encore dans ma poitrine, piqué d’une amertume et de cette compassion que je pensais étouffée, asphyxiée, noyée par tout le reste. « Tu regrettes. » Telle est ma conclusion, tel est le résumé de ses propos, de ce qu’elle veut me communiquer, de ce que je comprends. Dispensable, tout être humain l’est, toute créature l’est davantage encore. Ca me bouffe, cette nature. Ne l’a-t-elle pas cherchée ? « Et pourquoi ne me tuez-vous pas ? » Finit-elle par faire écho aux désirs de l’homme, aux désirs du loup, aux pulsions meurtrières et sanguinaires du bourreau et du justicier. « Pourquoi ? » reprends-je dans un souffle en m’approchant d’elle, un pas, un infime pas qui me place à portée de sa gorge, qui place mes crocs à portée de sa carotide où bat un sang trop vif, trop cruel, trop énergique. « J’ai un honneur. » Et je me détourne d’elle, suffisamment pour lui tourner le dos, quand mes mains s’enferment dans mes poches et mes yeux se posent sur la ville étendue devant nous. Cette baie vitrée est une illusion de puissance, une illusion de liberté. Une illusion et une bouffée d’oxygène. Mes yeux trouvent dans le verre le reflet de sa silhouette. Mon regard est déformé par le miroir et l’intermédiaire de la surface vitrée, mais il est bel et bien posé sur elle lorsque je reprends. D’une voix toujours douce, toujours maîtrisée. Contrôlée. « J’ai un infini respect pour Duncan. Tu mérites de mourir, Solveig, et tu en es consciente. Je ne tolère guère les abominations, je tolère encore moins ceux qui cherchent l’autodestruction, et ceux qui s’aveuglent consciemment quant à la monstruosité qui les héberge. Sais-tu pourquoi je ne porte pas les sorciers dans mon cœur ? Parce qu’ils déforment les lois, piétinent les libertés. Ecrasent l’ordre naturel des choses. Parce qu’ils s’arrogent des droits qu’ils ne possèdent pas. Il faut bien une justice, il faut bien un juge, il faut bien un bourreau. Tu n’as pas ce rôle, je l’ai. Voilà pourquoi je peux me permettre de te juger. » Je lui fais une nouvelle face. « C’est une véritable souffrance pour moi de voir l’humanité dépérir, laisser peu à peu place à des êtres comme eux. Comme ton frère. Et à des êtres comme toi qui s’accrochent à ce qui les a réduits à néant. Ta nature te déplaît, pourtant tu l’as réclamée. La vie te déplaît, pourtant tu t’y accroches, d’une manière ou d’une autre. N’as-tu aucune cohérence, n’as-tu aucune constance ? » Est-ce la marque et une constante, justement, de ceux comme elle et moi, qui ne trouvent aucun équilibre entre ce que leur âme brisée désire et cette vie transformée en fardeau qui les étouffe ? Je contemple en elle ce que je hais le plus dans mon reflet, dans cette silhouette déformée que me renvoient les miroirs lorsque je m’y croise. « Je ne te tue pas parce que tu as la confiance de Duncan, parce que Duncan a ma confiance. Je ne te tue pas, mais tu mériterais de mourir. Peut-être, également, parce que puisque tu cherches la Mort avec empressement, te l’offrir serait faire acte d’une clémence que je ne suis pas certain que tu mérites. Peut-être, également, parce que ta mort ne présenterait aucun intérêt, ni pour toi, ni pour moi. Tu es précieuse par ce que tu ne contrôles pas, d’une certaine manière. » Elle est précieuse pour atteindre l’autre Eriksson, qu’elle ne se fasse aucune illusion.


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MessageSujet: Re: Superman |Solvael|   Mar 29 Mai - 23:31


Superman
If I go crazy then will you still call me Superman. If I’m alive and well, will you be there a-holding my hand. I’ll keep you by my side with my superhuman might Kryptonite ••• C’était trop tard. Chaque mot prononcé lui prouvait qu’elle ne pourrait pas refaire marche arrière. Solveig, à défaut d’être particulièrement brillante ou intelligente dans les affaires, elle savait jouer avec la Mort, elle savait l’attirer. Danse macabre dont elle était la reine, rêve inatteignable, puisque tout n’était qu’une illusion. Qu’était le bien ? Qu’était le mal ? Devait-on nécessaire suivre les ressentis des Rois, leurs peines et leurs haines ? Nombre d’êtres étaient partis en croisade, en guerre sur demande d’un éminent noble, mais celui-ci avait-il forcément raison ? La métamorphe devait-elle croire l’italien, devait-elle courber l’échine face à ses mots, cette virulence, cette majesté s’échapper de son corps ? Oui, lui criait sa méfiance, sa peur de se faire écraser. Non, répliquait l’indépendante, la mafieuse. Elle n’avait pas à se traîner au sol, à s’abandonner. Elle se détestait déjà assez ainsi. Elle n’avait pas à creuser dans l’horreur, dans la haine. Oh, elle pouvait pourtant. Elle pouvait se faire tabasser, balancer à terre, se détruire. Mais elle ne voulait plus. Elle ne pouvait plus être la petite fille effrayée, le panda recroquevillé sur lui-même. Son frère avait besoin d’elle, et la métamorphe devait être debout pour lui. Baisser les yeux n’était plus une possibilité, alors, la tête se releva, la peur fut avalée. Mourir aujourd’hui n’était pas une option.

Elle heurta ses iris ambrées à celles de l’Italien. Elle était capable de sentir la colère, le dégoût. Y’avait comme un sixième sens, une odeur qui flottait. L’olfactif avait toujours été puissant chez elle. Y’avait la lionne qui tournait en rond, solidement tenue en laisse. Le silence étouffait, mais le silence est d’or. Alors, la mafieuse le maintint aussi. Et y’eut le dos qui se redressa, les doigts qui se serrèrent autour de son verre. Il n’était plus question de boire, d’apprécier le moment. Il fallait se concentrer, oublier la petite fille perdue dans le grand froid suédois. Elle avait avancé. Elle devait avancer, quitte à froisser des haut-placés. Pour l’instant, elle n’était que la sœur sans intérêt, celle qui agaçait par ses ventes, mais qui ne représentait pas un danger. C’était drôle l’image qui pouvait être renvoyée au gouvernement, malgré les rapports qui devaient s’entasser sur leurs bureaux. Elle devait être forte, parce que son frère avait perdu pied, qu’il s’était effondré. Il lui fallait tenir un fort en son absence, tout en se cachant derrière son image. Les dirigeants étaient si stupides, pour voir que ce qu’ils désiraient.

Elle était lâche, et il le lui confirmait. Devait-elle souligner qu’elle n’avait pas sollicité son avis ? Mais il se sentait en confiance pour tout lui dire. Ca cogitait là-haut, ça explosait dans son crâne. Il observait. Et elle rit. C’était nerveux, c’était instinctif. Et c’était si stupide. « Vous devez être fascinant comme homme. » Si compliqué, si rigide… Que cachait-il ? Non, en vrai, elle s’en moquait. Y’avait jamais eu de compassion ou d’empathie dans les émotions qu’elle rencontrait envers lui.

Regrettait-elle réellement ? Elle laissa le silence y répondre durant de longues secondes, où seules leurs respirations se posaient. Ca servait à rien de mettre des mots sur les émotions, elle n’était même pas sûre de pouvoir le dire sans s’écrouler. Il s’approcha. Un pas. Un seul. Et elle ne bougea pas. Les sens décuplés, elle attendait juste. Mais quoi ?

Un honneur. « Non, tu n’en as plus. » Pour en être arrivé à sa position, il avait dû sacrifier celui qui lui restait. Mais en avait-il encore en arrivant dans cette époque ? Oui, Solveig le soupçonnait d’être bien plus vieux que l’âge physique qu’il dévoilait. De combien, elle n’en savait rien, mais il était trop neutre, trop sage finalement. Qui es-tu réellement ? Elle le laissa s’éloigner, se bercer dans la vue de la ville qui s’étendait sous la baie vitrée. Il avait le pouvoir entre les mains. Pourtant, elle était encore en vie. Son instinct animal qui l’empêchait d’attaquer une semblable, ou n’en avait-il simplement pas le pouvoir ? Un sauvage maintenu par les entraves du gouvernement… Elle, elle avait au moins l’illusion d’une liberté, aussi éphémère soit-elle. Une tirade, un discours qui n’attira que de la mélancolie sur son cœur. Elle souriait, mais l’affront s’était transformé en une profonde tristesse. Pas pour elle non, mais pour lui. Solveig, elle n’avait jamais été en accord avec sa nature, et pourtant, c’était sa principale protection. Parce que y’avait personne qui s’intéressait à elle, personne qui voulait la protéger, personne qui voulait l’aimer. Il fallait qu’elle se débrouille seule, dans un monde qui voulait seulement la manipuler. Pour ce qu’elle était. Pour ses liens.

« Crois-tu que j’ai besoin de ta tolérance ? » Elle était passée au tutoiement, elle avait dépassé les bornes. Qu’importait ? « S’auto-proclamer juge et bourreau… Tu n’as pas à l’être, mais tu t’enfermes dans ton rôle. Chaque être sur cette planète est une abomination, une évolution. Les sorciers le sont par ce qu’ils sont capables de faire. Les humains par leur attirance à la folie. Les zombies par leur essence-même de voleurs d’énergie. Et nous… Nous ne sommes que des êtres soumis à la volonté d’un autre, sans être capable de tuer notre sorcier pour mettre fin à notre malédiction. » Les métamorphes étaient paradoxales. La plupart se haïssaient, voulaient en finir. Et pourtant… Et pourtant, peu parvenaient à se débarrasser de celui les ayant aliénés. Parce que cela signifiait mourir. Et personne n’était prêt à cela.

Cette fois, ce fut à elle de bouger, à elle de s’accrocher, dans ce calme extérieur tout relatif, calmant les élans de douleur de son ventre. « Il faudrait être stupide pour croire à un quelconque équilibre chez nous. » Il n’était pas différent. Il pensait tout avoir sous son contrôle, il en avait besoin. Pourquoi ? Il avait besoin de cette haine. Pourquoi ? Il avait besoin de se désigner bourreau. Pourquoi ? Des questions, toujours des questions, et aucune réponse à l’horizon.

Il n’y avait aucune émotion, alors qu’elle n’était rabaissée qu’à une ombre. Elle survivait, parce que Duncan était apprécié par Rafael. Elle survivait, parce que Isak était considéré comme un plus gros poisson. Et qu’elle, elle serait l’appât utilisé en temps voulu. Elle n’était pas assez forte aux yeux du gouvernement Solveig. Elle n’était qu’une petite vendeuse de pacotille, mais elle était la sœur d’un mafieux. L’humain, quelle que soit sa nature, restait un expert pour se voiler la face. Un instant, la jeune femme avait cru l’homme différent. Mais tout n’était qu’une illusion, qu’un vulgaire château de cartes. « Ca a toujours été la raison invoquée… » Elle survivait soi-disant grâce aux autres Solveig. Et d’un côté, c’était la vérité, même si les mois à venir allaient prouver le contraire. Elle avait grandi, elle s’était souvenue de qui elle était. Et de ce qu’elle devait à son frère, ce foutu amour, ce besoin de le savoir en vie.

Y’eut un bruit sourd, et le verre se brisa en morceaux. Le liquide ambré, mêlé à un rouge profond, s’écrasa sur le tapis du bureau. Elle l’avait tâché… Ses iris s’accrochèrent aux éclats, et un murmure quitta ses lèvres : « Je regrette… Je regrette la folie qui s’est emparée de mon frère aujourd’hui. Je regrette les morts qui se sont accumulés à cause des sortilèges. Je regrette tout ce sang sur mes doigts, et toutes ces âmes que j’ai condamnées. » Y’eut comme une pause, un flottement, et ses iris récupérèrent celles de Rafael. « Mais c’est moi le monstre, et je n’ai pas à m’apitoyer sur mon sort. » Parce que tout le monde s’en fout de moi. Personne ne prend la peine de me voir autrement que par le prisme de mon frère. « Surtout que j’ai quelqu’un à protéger. Et que les liens du sang prévalent sur mon existence. » Elle lâcha les derniers morceaux, observa ses doigts maculés de coupures. « Tu ne peux pas le comprendre. » Peut-être que lui, il avait supprimé toute trace de son passé…


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MessageSujet: Re: Superman |Solvael|   Sam 23 Juin - 15:40

« Non, tu n’en as plus. » Mes rétines heurtent les siennes. Un honneur. En ai-je réellement un, en ai-je réellement encore un ? Oui. Je refuse de remettre en question cette certitude. Oui, j’ai un honneur. Un honneur brisé, un honneur malmené. Mais un honneur toujours présent, respectant une morale, respectant une idée bien arrêtée de la justice, courant sur une lignée marquée distinguant blanc et noir, noir et blanc, dans ces nuages de gris qui m’environnent et que je tiens pourtant à étiqueter. J’ai un honneur, quoique l’on puisse croire. Et je cherche à le préserver, je cherche à le respecter. Et à cet instant, voilà bien le seul filin de soie qui me retienne de planter des crocs dans sa carotide, de chanceler et de basculer en loup pour mettre fin à sa pitoyable existence. Regrette-t-elle sa transformation ou l’assume-t-elle au contraire ? A cette question, je n’attends aucune réponse : ce n’est qu’une affirmation articulée d’une voix posée. J’ai un honneur, et c’est cet honneur qui m’interdit de lui prendre la vie, de la supprimer, de l’arracher comme on ôterait une épine agaçante perdue dans sa voute plantaire. C’est cet honneur et le respect que je peux avoir pour Duncan qui retiennent mon bras, c’est cet honneur et le respect que j’ai pour Duncan qui retiennent le loup. Parce qu’elle mériterait de mourir. Tout être monstrueux se satisfaisant de son sort, oubliant l’horreur de sa situation et l’abjection qui rime avec chaque respiration pervertie, toute personne revendiquant la décadence de son organisme en quelque chose d’anormal, de contre-nature, ne mérite que la mort. Définitive, brutale, sanglante. Une expiation dans un dernier soupir d’agonie. Tout être cherchant à pervertir la nature ne mérite que la mort : et cette métamorphe ne déroge en rien à la règle, s’y plie plus que jamais. Seul mon honneur et mon respect pour Duncan la préserve, qu’elle le comprenne. Qu’elle l’assimile. Parce que ce sera son seul bouclier. Et ce rôle de juge, jury, bourreau, ce rôle qu’elle me reproche, c’est le mien. Pas le sien. « Crois-tu que j’ai besoin de ta tolérance ? » Son tutoiement abime mon orgueil, l’écorche, je le décore d’un rictus. « S’auto-proclamer juge et bourreau… Tu n’as pas à l’être, mais tu t’enfermes dans ton rôle. Chaque être sur cette planète est une abomination, une évolution. Les sorciers le sont par ce qu’ils sont capables de faire. Les humains par leur attirance à la folie. Les zombies par leur essence-même de voleurs d’énergie. Et nous… Nous ne sommes que des êtres soumis à la volonté d’un autre, sans être capable de tuer notre sorcier pour mettre fin à notre malédiction. » Mes yeux se fixent dans les siens. Elle s’approche, elle se met en mouvement, l’animal se réveille en elle. Ne voit-elle pas qu’elle se contente de répéter les propos que je viens de formuler, sans en saisir pour autant l’essence et la conclusion la plus évidente ? Chaque être est une abomination, il nous incombe de ne pas l’oublier, et de préserver l’innocence de ceux qui n’ont subi aucun changement de nature. De les préserver de l’extinction, aussi, et d’achever notre travail par le meurtre, justement, de tous les sorciers y compris de celui à l’origine de notre propre transformation. Mes yeux la fixent d’un air sévère. Et la laissent parler, sans l’interrompre, sans gaspiller salive et énergie à lui opposer des arguments qu’elle n’entendra pas. « Il faudrait être stupide pour croire à un quelconque équilibre chez nous. » Mes traits se durcissent. Mes lèvres se pincent, pour mieux rétorquer un agacé et acide « Ne prends pas ton cas pour une généralité » que je ne cherche pas un seul instant à retenir. Persifflage, colère et agacement sont de mise, dans une atmosphère dont la chaleur est peu à peu rongée par la glace.

Une glace qui se brise en même temps que le verre qu’elle laisse échapper, qui heurte le sol, se répand en fragment, en liquide trop vite imprégné de tapis. « Je regrette… Je regrette la folie qui s’est emparée de mon frère aujourd’hui. Je regrette les morts qui se sont accumulés à cause des sortilèges. Je regrette tout ce sang sur mes doigts, et toutes ces âmes que j’ai condamnées. Mais c’est moi le monstre, et je n’ai pas à m’apitoyer sur mon sort. Surtout que j’ai quelqu’un à protéger. Et que les liens du sang prévalent sur mon existence. Tu ne peux pas le comprendre. » Le silence retrouve ses droits. Sitôt qu’elle cesse de murmurer, ses yeux rivés sur ses doigts constellés d’étoiles pourpres, le silence reprend ses droits. Et la colère, loin de s’apaiser dans ma poitrine, se rancit en une amertume piquetée de mépris. Un écœurement qui se perd dans mes poumons, remonte ma trachée, empli ma gorge d’un goût âcre et persistant. Lentement, mon propre verre glisse, intact, sur la surface de mon bureau. Et d’un pas, le contact se fait intime, j’explose la distance pudique à laquelle chaque être vivant se tient d’instinct, pour surplomber la métamorphe à la langue si bien pendue, au caractère si volatile. Elle n’est pas uniquement une de ces bestioles innocentes dont j’ignorais l’existence avant de connaître Duncan. Elle revêt autre chose, une nouvelle instabilité, une nouvelle incohérence, un nouveau déséquilibre. Partager mon être avec le loup a déjà la saveur d’un trop, je peine à me représenter l’horreur d’un trio. Voire de plus encore. Je regrette la folie qui s’est emparée de mon frère. Folie. Tous les sorciers sont des fous, des fous inconscients, inconséquents, intolérables. C’est moi le monstre. « Bien sûr que tu es un monstre. » Nul doute dans mon esprit. « Bien sûr que nous sommes des monstres, chacun d’entre nous. Et que nous ayons, ou non, quelqu’un à protéger, cela ne change rien. » Tu ne peux pas comprendre. Que ne puis-je donc comprendre ? Le besoin de protéger un être ? La folie d’un frère ? Les regrets qui nous taraudent, la culpabilité qui nous pourchasse, quand nos mains sont trempées et rougies du sang de victimes ? Les cauchemars enracinés dans une existence interminable, peuplés de loups, de carnages, de brasiers et de cœurs arrachés, de gorges tranchées, et d’une souffrance incomparable face au corps désarticulé d’une enfant morte trop jeune ? Que ne puis-je donc comprendre ? « Il ne suffit pas de savoir, il faut assimiler. Il ne suffit pas de se savoir monstrueux, il faut craindre ce que ça implique. Il ne suffit pas de vouloir protéger. » Ma mission, mon devoir n’est-il pas de protéger, justement, ces têtes du Gouvernement, ces ministres ? Ma vie n’a-t-elle pas toujours tourné qu’autour de la protection, justement ? La protection de l’humanité, de sa pureté relative, contre l’affront des surnaturels ? « Il ne suffit pas de vouloir protéger. Il faut être capable de le faire, sans se perdre, sans perdre de vue des limites à ne pas franchir. Tu te crois forte, tu te crois meilleure que moi, ou du moins mon égale, mais tu ne vaux rien, Solveig, parce que tu ne respectes rien, tu ne préserves rien, tu sembles te perdre dans des excuses et un aveuglement répugnant. »

D’un pas en arrière, je reprends de la distance. Et d’un geste de la main, je clos. Je clos une conversation stérile, je clos une déception amère. Je clos la discussion. « Mais tu n’entendras pas, tu n’écouteras pas, tu es butée, fermée, têtue. Insolente. » Un temps de silence. Mes yeux trouvent les siens, juste avant de s’en désintéresser. « J’avertirai Duncan de ton passage. » Et je me détourne d’elle : elle n’existe plus, et si elle ne comprends pas à mon attitude qu’il est temps pour elle de tourner les talons, et bien soit. Qu’elle patiente si ça l’amuse.


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MessageSujet: Re: Superman |Solvael|   Jeu 5 Juil - 21:38


Superman
If I go crazy then will you still call me Superman. If I’m alive and well, will you be there a-holding my hand. I’ll keep you by my side with my superhuman might Kryptonite ••• Qu’était-ce l’honneur ? Elle avait souligné que lui n’en avait plus, mais savait-elle réellement ce que cela signifiait ? Solveig n’était pas stupide, mais elle était loin d’être intelligente pour autant. Elle était dans ce vaste gris d’entre-deux. Elle n’avait pas l’éducation de Rafael, elle ne se montrait ni reine, ni supérieure. En fait, comparé à lui, elle se sentait humaine. Il avait au moins le mérite de lui avoir offert cela, non ? Elle n’était pas un monstre, contrairement à ce qu’il soulignait. C’était lui qui l’était. Il était un bourreau, il tuait de plus en plus de monde jour après jour, il n’avait aucun regret dans ses actes. Elle, elle était dévorée par tout cela. Elle se haïssait un peu plus à chaque fois, quand son boulot la faisait se plonger dans l’hyperviolence et la haine. Mais y’avait rien qu’elle pouvait faire contre, à part se battre pour mourir. Et même en le souhaitant de tout cœur, la Faucheuse se contentait de la torturer. Elle l’emmenait, et la déposait à quelques pas de la délivrance, derrière un mur transparent infranchissable. La métamorphe ne pouvait que poser ses mains dessus, et attendre, espérer que tout prenne fin, avant qu’on l’aspire à nouveau dans les ténèbres.

Elle ignorait les remarques acides et incisives, cherchant à tout prix à protéger son cœur. Finalement, elle aurait dû se taire. Elle aurait simplement dû attendre Duncan, ou le chercher plutôt que de s’ouvrir à cet homme, même si cette appellation ne lui correspondait pas. Si elle avait laissé le côté gamine reprendre le dessus, elle aurait tiré la langue et se serait cassée dans la foulée, claquant la porte comme preuve de son agacement. Cependant, ce serait donner raison à Rafael quant à son inutilité. Et Solveig refusait cela. Le monde entier lui offrait raison, elle, elle tenait à se rebeller. Elle ne saurait l’expliquer mais son corps, comme son esprit, recherchaient l’indépendance et la liberté. Être jugée par les autres, elle l’avait trop été. Peut-être qu’aujourd’hui, il était temps qu’elle ne se laisse plus marcher sur les pieds. N’était-elle pas une mafieuse, bien que contrôlée par un frère aîné ? Elle devait, pouvait se battre. Du moins dans l’imaginaire collectif. La réalité était bien différente. « Tu te voiles bien la face. » Ne pas prendre son cas pour des généralités, certes, mais attention à ne pas tomber dans l’extrême inverse…

Et il se rapprocha, soudainement. Un pas pour envahir l’espace vital, un pas pour la surplomber. Et elle encaissa, sans un mot en plus. Les lèvres se pincèrent juste, la langue claqua contre son palais. « Si, cela change quelque chose. Parce que nous pouvons apparaître comme bien pour une personne. » Quoi qu’il dise, quoi qu’il en pense. Elle n’avait que faire de son avis l’enfant. Elle n’en avait plus rien à foutre. Et elle rit. Beaucoup trop par rapport à la situation, mais le sérieux, et les paroles de Rafael, avaient eu raison du sien. Il se pensait au-dessus de tout, mais Solveig savait que ce ne serait qu’une question de temps avant qu’il chute. Personne ne reste indéfiniment à une place de roi… « Je préfère rester moi plutôt que de devenir comme toi. Je n’ai pas à me perdre en manipulation et en jugement de l’autre. » Pause. Seconde réaction. « Tu n’as aucun droit d’agir ainsi. » Ce serait les dernières paroles de la métamorphe à ce sujet. Déjà, parce que Rafael clôturait la conversation. Ensuite, parce qu’elle en avait marre. Elle avait épuisé son stock de patience, et même la peur qui faisait pulser son cœur commençait à être agacée. Tout était faux. Tout n’était que manipulation dans ce monde.

Les cicatrices se résorbaient doucement, preuve de sa nature, mais aussi de sa maîtrise. Elle était métamorphe depuis longtemps, et elle ne se détestait plus. Ou si, mais pas tout le temps, pas à cause de la bête en son sein. Les derniers mots lui firent simplement hocher la tête, comme dans une ultime acceptation des compliments. Lui les crachait en tant qu’insultes, elle ne les considérerait jamais ainsi. Et il se détourna, signa la fin définitive de leur rencontre. Solveig s’était mise un nouveau membre du gouvernement à dos. Les talons se tournèrent, les pas s’enchaînèrent, et elle s’arrêta sur le pas de la porte, dans un ultime affront : « Merci. » Pour Duncan. Pour ne pas l’avoir tuée. Pour la sous-estimer. Pour l’avoir crue. Pour l’avoir poussée à se rebeller. Pour l’avoir rendue meilleure d’un côté…

Et elle traversa les étages dans la foulée. On ne tenta pas de l’arrêter, et retrouver l’air frais lui fit le plus grand bien, nouvelle liberté découverte…


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