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 Follow me home [PV Mackie]

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RUNNING TO STAND STILL

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↳ Métier : Créateur et rédacteur en chef du Blackbird
↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement
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↳ Playlist : Keane - Crystal Ball / Twenty one pilots - Car Radio / Daughter - Medicine / Greg Laswell - This Woman's Work / Foals - Spanish Sahara / Sleeping at Last - Light / Coldplay - Don't panic / Daughter - Doing the right thing ...
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MessageSujet: Follow me home [PV Mackie]   Mer 26 Avr - 23:59

Follow me home
Take the worst situations. Make a worse situation. Follow me home, pretend you. Found somebody to mend you. I feel numb. I feel numb in this kingdom. Chemically enlaced faces. Black out nights and tight spaces. We'll feel distant embraces. Scratching hands 'round my waist. I'll wash my mouth but still taste you. I feel numb. I feel numb in this kingdom. You better, you better, you better. You better make me better.



Fermer les yeux et s’éloigner. Partir en pensées, bâtir une autre réalité. La conscience s’élance et la main reste, accrochée au goulot de la bouteille. L’ancre et la mer contenues au fond du récipient. En déroute entre deux rivages, l’homme ne veut pas mettre pied à terre. Les flots l’embarquent, fracassent ses os contre les récifs parfois ou lui font oublier jusqu’à l’enveloppe brutalisée. Il n’est déjà plus qu’à demi-conscient de la présence étrange du gamin d’à côté. Piedro se penche pour vérifier l’état de l’ivrogne. Le rédacteur peut presque distinguer son souffle se répandre contre son front. « ‘Sieur Kaligaris, j’ai déposé vos trucs sur la table. » Un grognement pour toute réponse, les paupières restent closes et les chimères, intactes. « Z’avez une sale tronche. » Le grec remue difficilement dans son canapé élimé, tourne le visage en direction opposée. Les mots s’accumulent en bordure des lèvres mais il ne désire pas les relâcher. A quoi ça servirait ? « ‘aimez vivre dangereusement… ‘Vous reste pas une petite goutte ? »  Le silence continue à converser avec l’adolescent. Ce dernier s’en lasse bien rapidement. « Je repasserai demain, hein. Essayez de pas crever, ça serait pas cool. » Les semelles font craquer le parquet. La porte claque. Le vide revient. La pièce tournoie et emporte avec elle, le rêve décousu de l’égaré. Il se redresse et accuse les douleurs d’une grimace. Les articulations hurlent, le squelette supplie une fois de plus. Comme si l’humanité ne se suffisait plus, devenait une maladie à part entière. Les souffrances ne s’estompent jamais tout à fait depuis que l’entité a été délogée. Les membres se paralysent même quand le mental s’effondre. Les doigts se bloquent, le bras se fige, la jambe débloque. Plus tout à fait lui-même. Pas vraiment quelqu’un d’autre non plus. Il ne sait plus où il en est. Une dernière gorgée qui lui râpe la langue, brûle l’œsophage détérioré et il se relève. Il titube pathétiquement jusqu’à la cheminée à défaut de s’orienter correctement vers l’entrée. L’alcool apaise à peine les démons au-dedans mais engourdit suffisamment l’être pour qu’il puisse endurer les conséquences de l’exorcisme.  

D’un pas fébrile, le mortel rejoint un autre recoin du salon et jette un œil furtif sur le sac que son acolyte lui a apporté. Des journées, alité, à attendre que le mal passe. A espérer qu’il s’efface. Les yeux retombent très vite sur les boîtes éventrées et éparpillées à même le plancher. Son stock de médicaments, épuisé, git ainsi à ses pieds. Lui rappelle ce qu’il retarde depuis un bon moment maintenant. Les tiraillements généralisés ne lui permettent pas d’autres alternatives pourtant. L’anxiété grignote la rétine. Quelques jours seulement  depuis qu’il a récupéré son essence mais des semaines maintenant, qu’il vit entre brume et terreur. Une éternité s’est écoulée depuis qu’il l'a côtoyée. Trop pitoyable pour oser la rejoindre, bien trop ravagé pour la laisser être témoin du carnage. La belle a déjà assez d’ennuis sans qu’il y ajoute le poids des siens. Mais le problème s’amplifie cependant. Et le manque se fait tout autant ressentir. L’apercevoir suffirait à enhardir le désorienté. Sauf qu’il ne peut pas se contenter de l’admirer à bonne distance. Il a aussi besoin de ses précieuses créations, ressent tout autant la nécessité de lui parler. Une carence qui prend de l’ampleur, crispe les muscles. Une plainte est immédiatement étouffée entre ses dents serrées et un bras  s’enroule autour des côtes. Ça ne peut plus durer. Complétement enivré, il se sent tout juste un peu moins embarrassé de franchir le seuil et de divaguer dans les rues du quartier. L’air frais fouette ses traits crispés, sa barbe mal taillée, sa crinière emmêlée. Une dégaine affreuse qu’il n’annote pas. Bien conscient de sa bêtise mais bien trop déterminé pour rebrousser chemin. Tout juste assez lâche pour ne pas tout risquer.

Au lieu de se rendre directement chez sa dealeuse, il se rend sur son lieu de travail. Il offre une chance ainsi au destin de décider de son sort. Si elle n’est pas là, il se fournira auprès d'un de ses collègues comme ça. La déception serait inévitable, tout comme le soulagement. Dans les deux cas, il est perdant et gagnant. Il n’y a déjà plus aucune bonne solution à cette équation. La brise tient éveillé l'éméché et l’accompagne jusqu’à l’entrée du Little Darlings. Il suit quelques fous à proximité, entre dans la bâtisse et voit son esprit déjà confus s’embrouiller plus férocement. Les odeurs, les sons et les lumières, tout ici l’agresse. La nervosité rend ses mouvements un peu plus gauches. Les tremblements animent le squelette. L’enveloppe devenue si fragile, subit les événements. Les nerfs s’écorchent devant le spectacle affligeant. Ces femmes exposant leurs attributs, marchandant leurs carcasses contre quelques billets. Un frisson d’effroi massacre la pelure ternie du journaliste. Il déteste cet endroit abject, il n'y était d'ailleurs jamais entré. Il ne veut pas s’attarder alors il la cherche sans savoir où la trouver. Il s’apprête à interroger un membre du personnel quand une scène retient son attention déviante. Un homme tire une danseuse vers lui avec violence, fait claquer ses doigts contre la chair. Elle a mal mais elle ne dit rien. Aucun mot ne sort de sa bouche quand le rustre la malmène tout en la tripotant allégrement. Elle couine seulement quand la main se pose sur sa gorge, qu’il serre juste pour voir à quel point il peut abuser. Jusqu'où il peut aller avant qu'elle se mette à crier.

Tout se passe trop vite dans une agitation constante. Et avant qu’il ne se soit rendu compte de son propre comportement, l’éclopé se retrouve à proximité du molosse. Il retient la paume qui cherche à étrangler l’employée. L’ébriété agit sur son organisme sans la moindre cohérence. Tout se confond alors, les voix, les cris, les mouvements. Son poing heurte le nez de l’étranger. Le sang gicle. La riposte est immédiate. Le ventre prend le coup suivant, l’arcade ensuite, la mâchoire. Elias lui renvoie chaque heurt avec rage. En l’espace de quelques minutes, il croit avoir à nouveau quinze ans, s’être lancé dans une bagarre stupide pour obtenir raison sur quelque chose de peu important. Tout se simplifie et l’adrénaline le préserve des faiblesses que la conjuration a orchestrées. Mais dès qu’on les sépare, la pression revient sur les épaules. Les os tiennent mal en place, la charpente fêlée. Le trentenaire s’échoue contre le sol après qu’on l’ait relâché, essuie l’hémoglobine au coin de sa lèvre enflée d’une main affolée. Les maux se sont multipliés, il croit que son corps entier va se démanteler. Il demeure figé contre la pierre, les prunelles perdues dans le vide. On va sûrement l'éjecter. Deux paumes viennent soutenir son visage abruptement pourtant. Il croit, espère même qu’il s’agisse de la blonde. Mais ses prunelles hagardes cueillent seulement un regard inconnu. Celui de la femme qu’il vient de défendre. Ses gestes l’encombrent, il veut s’en débarrasser mais mal habile, trop saoul et trop amoché, il ne fait qu’agiter inutilement ses doigts dans le néant sans parvenir à l’écarter dignement. Il n’y a déjà plus que la douleur, impérieuse qui n’irradie pas seulement de sa guibole mais de tout son être entier. Piégé dans son propre corps, captif de son humanité et de tout ce que cette dernière lui a coûté.

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MessageSujet: Re: Follow me home [PV Mackie]   Mar 9 Mai - 20:19




L’esprit décharné. L’âme dépouillée de son essence. Les yeux qui divaguent et le cœur trop lourd qui se perd sans cesse. Disgrâce interminable quand le reflet du miroir horrifie sa cible. De plus en plus. De pire en pire. Elle l’évite pour ne pas avoir à l’affronter. Manque de courage quand il s’agit de vaincre ses propres démons. Désormais contrainte de vivre avec, sans pouvoir s’en défaire. S’en libérer. Impuissante face à ce poison qui la ronge de l’intérieur et lui dévore les entrailles. La tue à petit feu. Consciente de sa misérable condition et pourtant bien incapable d’y trouver un remède. Une solution. Elle se contente d’éloigner le mal. Tente de le dissiper, l’estomper à coups de crayon grossiers. Mais la peste revient toujours plus forte, plus douloureuse. Plus détestable. Gangrène qui prolifère de manière exponentielle, jusqu’à la rendre complètement folle. Et l’aliénation ne connaît pas de limites quand l’environnement lui sied. Quand l’hôte se montre aussi coopérative que la jeune chimiste. Offrant au monstre impalpable qu’elle abrite un cocon parfait dans lequel s’installer. Affaiblie par ce qu’elle pense être le remède à sa maladie incurable. Esseulée par envie. La blonde ne se rend pas compte de son erreur. Elle plonge tête la première et continue sur la voie de la mégarde. Avale de plus en plus de pilules. Plane de plus en plus souvent. De plus en plus haut. S’éloigne de tout ce qui la rattache au monde actuel et ses atrocités. Des occurrences qui sont loin de lui être favorables mais auxquelles elle reste éperdument aveugle.

Son laboratoire comme seul refuge. Son échappatoire. Son appartement ne lui apporte plus aucun réconfort, aucun sentiment de sécurité. Elle se sent épiée. Des jours qu’elle n’a pas quitté les quatre murs de son officine. Des nuits passées sans dormir. Incapable de trouver le sommeil. Son rythme est complètement déstructuré, aboli par des pulsions qu’elle ne comprend pas. Peu à peu, coupée du monde, elle se referme sur elle-même. Ne veut voir personne. Évite le contact au maximum, s’empêche d’adresser la parole à ceux qu’elle a le malheur de croiser. Les seules sorties qu’elle s’autorise se résument à une pause cigarette de plus en plus fréquente, à l’arrière du Little Darlings. Elle déambule dans les couloirs comme un fantôme. Une ombre sans contour. La tête baissée, le regard qui rase les murs. À mille lieues de ce qu’elle a pu être il y a quelques mois. Une descente aux enfers qu’elle n’a pas vu venir. Un aller sans retour. Une chute qui ne connaît pas de fin. Pas de conclusion. Juste la brutalité de cette décadence interminable. Avalanche de contradictions qui l’englouti complètement, jusqu’à ce qu’elle étouffe. Suffoque. Noyée par la marée bien trop forte pour qu’elle la combatte. Cette journée ne fait pas exception aux autres, affreusement similaires aux précédentes. Cloitrée dans son atelier, porte et fenêtre closes, l’australienne parvient à peine à se concentrer sur ce qu’elle fait. Sa tache rendue de plus en plus compliquée à accomplir avec le carcan impossible qui lui enserre le crâne. Les responsabilités qu’elle endosse lui pèsent et elle tente de faire bonne figure malgré tout ce qui la perturbe. Tout ce qui la dérange.

Et définitivement, rien ne s’arrange quand des éclats de voix résonnent jusqu’à son sous-sol. Territoire piétiné par l’inhabituel. D’ordinaire, il n’y a que la musique qui parvient jusqu’à ses oreilles et tambourine contre son crâne. Une musique à laquelle elle s’est faite et qu’elle n’entend même plus vraiment. Alors, quand des bruits sourds retentissent au dessus d’elle et de son laboratoire, la chimiste se redresse. Le front plissé. Les poings serrés. Elle perd rapidement le contrôle, incapable de faire preuve de patience. La contrariété prend vite le dessus sur tout le reste et elle laisse en plan ses mesures en cours, quitte la pièce en claquant la porte derrière elle. Petite privilégiée dans un univers malsain, elle n'apprécie que très peu d'être ainsi interrompue dans son travail. Elle gravit les marches menant au rez-de-chaussée en vitesse. Le sang qui bouillonne dans ses veines et la migraine qui gagne déjà ses tempes. Le spectacle qui s’offre à elle quand elle arrive dans la salle de spectacle la laisse perplexe. Elle ne discerne pas immédiatement le vrai du faux. Les ombres des silhouettes. Tout se mélange, à vrai dire et son regard se perd. Elle finit par comprendre quand un gorille sépare les deux hommes en train de se battre. Et la réalité la frappe.

« - Elias… » Souffle à peine audible qui lui permet de reprendre les pleins pouvoirs sur son enveloppe charnelle, sa raison et sa tête. Un déclic dont elle avait besoin mais qu’elle ne savait pas comment déclencher. Avant de le voir. Lui. Les mètres qui la sépare du journaliste lui paraissent interminables à franchir et elle ne parvient pas à contenir son agacement quand une danseuse se penche vers lui. « - C’est bon Ruby, je m’occupe de lui », incombe la chimiste à la demoiselle à moitié nue. La blonde s’approche de l’éclopé et constate les dégâts. L’arcade ensanglantée, la mâchoire bien amochée. Et tout ce qu’elle ne peut pas voir. Ruby insiste, pourtant. Semble absolument vouloir aider l’impulsif presque inconscient. Ce que la mafieuse ne voit pas d’un très bon œil. « - Je te dit que c’est bon, retourne bosser » Le ton est agressif. Le regard, inquisiteur. Involontairement, cependant. Une réaction de plus qu’elle ne contrôle pas. Pourtant, quand les prunelles avelines se posent sur la carcasse amoindrie de l’écrivain, la dealeuse semble se radoucir. « - Viens avec moi, tu peux pas rester là » Murmure articulé dans une caresse qui longe le bras du blessé avant de l’aider à se relever. Faux contact, elle garde ses vieux réflexes, toujours attentive à ne pas lui causer du mal. « - Il me semblait pourtant t’avoir dit de ne jamais venir ici » Une remarque formulée à elle-même alors qu’elle le guide non sans difficulté vers son antre, là où ils ne seront pas dérangés. Rhétorique, elle n’attend pas de réponse. Bien qu’elle aimerait en obtenir. Nouvelle curiosité percée. Attention captée. Démons, pour un instant seulement, oubliés.

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I'm not the one that you want me to be + Are we just gonna stay like this forever, floating. I'm serious, my heart is furious. Cause I'm so confused when we're together. Feels like I'm choking, these emotions. I know I'm gonna let you down. So don't hold your breath now. Bittersweet in your mouth. I wish I could say what I'm feeling. I'm scared to let these words out
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MessageSujet: Re: Follow me home [PV Mackie]   Lun 15 Mai - 16:22

L’écho salvateur l’incite à tourner la nuque mais la volonté a déserté la carcasse. Ainsi, il se contente de rester là, impuissant, les prunelles éraflées par le vide logeant dans les entrailles. Recroquevillé, le buste touchant presque les genoux, il semble préserver les battements irréguliers du cœur qui chute pour mieux se remettre en place à la suite. Dès qu’il perçoit sa proximité, grappille un peu de son arôme, l’étincelle accule la noirceur dans la pupille, l’iris retrouve ainsi ses lueurs. Il la couve du bout des cils et réapprend à respirer plus sûrement. Le rédacteur aimerait pouvoir se relever, la rejoindre plus rapidement encore mais son corps échoué, n’en a pas terminé avec les séquelles laissées. Très vite, sa frustration est rattrapée par quelques lignes mélodiques. De celles qui égayent le paysage malgré leur agressivité. Quelques phrases qu’elle adresse à quelqu’un d’autre. L’amusement aurait percé si Elias avait été sobre et s’il avait réalisé la portée du moment. La tenue de Ruby, sa soudaine dévotion et la désapprobation immédiate de sa protégée. Mais l’ivrogne ne s’arrête qu’aux traits convoités, devient dépendant de ses expressions et de son bon vouloir tout entier. Mackenzie l’emporte sans difficulté, il quitte son rivage ravagé avec gaieté. Marin esseulé que la houle ramène en mer. Il tangue dès que les hauteurs sont reprises tout en se moquant bien du cap. La douleur et l’ivresse sont bien les coupables de cet équilibre incertain bien que le trouble ne soit pas loin. Il n’y accorde aucune importance. Seuls les doigts de la blonde contre son bras méritent toute son attention. Il les recouvre de sa paume un bref instant, ignorant comme à chaque fois le phénomène qu’elle produit. L’égaré ne cherche pas le moins du monde à dévier du chemin qu’elle lui fait emprunter. Pas plus qu'il ne cherche à comprendre leur environnement, les témoins de ce piètre spectacle. Des visages anonymes pour un endroit sans autre identité que le vice. Le grec apprend à oublier ce lieu maudit dès que la foule est semée, que la fraicheur balaie son visage tuméfié.

Un léger sourire lui arrache même de nouveaux tiraillements une fois l’intimité acquise. L’agacement de la belle se heurte de façon certaine à l’euphorie éphémère du soulard éperdument satisfait de l’avoir dénichée. « Et il me semble que tu n’étais pas sans savoir que je ne suis pas du genre à obéir sagement. J'éprouve un certain plaisir à enfreindre les règles. » Son ténor abimé par l’alcool ainsi que les jours de dérive, se fait plus grave encore. « Je n’ai même pas souvenir de cet avertissement, au temps pour moi. Je pourrais repartir aussi, si ma présence t’agace. Mais très franchement, je n’en éprouve pas la moindre envie. » Il s’arrête à quelques pas de leur ligne d’arrivée et agrippe subitement l’australienne. Ses prunelles rejoignent les siennes, la sondent quelques secondes. Le magnétisme agit, l’aiguille indique le Nord plus clairement. « Je ne pouvais pas attendre.. » divulgue-t-il avec fermeté, l’émotion sublimant la pensée. Plus de filtres, plus la moindre barrière entre ce qui passe par la tête et ce qui franchit les lèvres. La perdition et le manque d’inhibition le rendent plus imprudent, bien moins apte à la retenue. Ses raisonnements sont brouillons, incohérents la plupart du temps. Alors l'instinct agit. Et il ne supporte plus la distance entre les deux enveloppes. Il ne l'a jamais supportée à vrai dire. Au prix de quelques craquements, du squelette qui hurle un peu plus fort, il la rapproche, resserrant sa prise autour du coude réquisitionné. Le bras s’enroule très vite autour des épaules, de la taille. « J’avais besoin de te voir. » Un souffle qui lui échappe avant que ses lèvres ne viennent caresser la mâchoire de la damnée, papillonnent vers son cou pour mieux revenir au creux de son oreille. « Tu m’as manqué. » Les mains grimpent, gagnent le dos et cascadent dans la crinière de la dealeuse. Il y puise la fragrance salutaire, l'inhale avec attrait. Les tensions musculaires s’amenuisent légèrement, l’être s’apaise juste assez pour qu’il puisse envisager de relever la tête, de défaire quelque peu leur étreinte pour l’aviser.

Une main au creux des reins, l’autre rencontrant la joue pour y annoter l’hémoglobine qu’il a répandu sans le vouloir. Ses plaies ayant frôlées la peau opaline de la désirée. Sans la moindre transition, habité par des émotions brutes, la colère revient, elle-même exacerbée par le cocktail du désespoir et de la mauvaise liqueur. La mâchoire se serre, réveille les meurtrissures. « C’est un endroit vraiment répugnant. T’es sûre que ça te convient de bosser ici ?  Si l’un de ces animaux devait te toucher… » Un grognement illustre son propos. Les paupières se referment, la respiration erratique se contrôle à peine. L’imagination agit d’elle-même, contre lui cette fois-ci. Remplacer la danseuse par la trafiquante ne nécessite aucun effort. Envisager qu'un autre la touche sans son consentement le fait siffler de rage. « Et encore, je suis en train d’insulter le règne animal. Je me doutais de ce qui se tramait ici. Mais y être confronté... Ton ordre avait sa nécessité, j’imagine. » De ne pas assister à cette décadence. De ne pas vouloir y remédier. Que peut-il y faire après tout ?  Sans doute pas grand-chose. Le revers inéluctable à cette dictature insensée, un entre-monde qui a toujours existé de toute manière.

Le champ de vision se rouvre. La rétine se cale dans les teintes tourmentées de son interlocutrice. « Si quelqu’un devait encore te faire du mal, je ne le supporterais pas. » Le dos de la main vient chasser le sang qu’il a dispersé. D’un spasme, il se soustrait au contact qu'il a initié avant de se rappeler qu’il ne peut plus la blesser seulement par le toucher. Dépossédé du démon pour bon. Il soupire de soulagement en reprenant son action là où il l’a laissée. La complétant en soulignant les cernes de la mafieuse de son pouce, en cueillant l’angle de ses pommettes blafardes de ses paumes. « Tu ne vas pas bien.» Une affirmation. Il le voit, le sent. Plus en phase avec ses sens maintenant que la créature s’en est allée. Qui est-il pour le déclamer néanmoins ? Avec sa mine chiffonnée, son haleine alcoolisée, sa dégaine d’homme brisé. Son allure générale rendue encore plus minable par le petit combat ridicule qu’il a engendré. Face à la détresse qu’il discerne, la sienne se désarticule, se range dans un coin de sa conscience qui de toute évidence, a été congédiée depuis un bon moment. Il en omet une des raisons à cette visite impromptue. La fabrication de nouvelles drogues, de celles qui font taire les cauchemars, qui assomment les cris muets et voilent les cicatrices mal suturées. Pas besoin d’artifices pour l’instant, pas quand il la tient au creux de ses bras et que le monde ne se résume qu’au regard qu’elle lui renvoie.

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MessageSujet: Re: Follow me home [PV Mackie]   Mar 23 Mai - 18:38




Le contact du journaliste est retrouvé avec un entrain non dissimulé. Non sans une pointe d’amertume cependant, cette dernière complètement due à l’endroit de leurs retrouvaille. La dealeuse ne parvient pourtant pas à réprimer un sourire plus longtemps. Voir Elias dans un tel l’inquiète autant que ça l’amuse. Contradiction permanente de sa personnalité changeante qu’elle doit réapprendre à apprivoiser. Au poids déjà lourd pesant sur ses frêles épaules s’ajoute celui de l’ivrogne qu’elle s’empresse d’éloigner de l’endroit maudit. Une dernière oeillade assassine destinée à la danseuse et la blonde se détourne définitivement de ce théâtre des horreurs qu’elle n’affectionne pas particulièrement. L’angoisse la saisit déjà au corps quand elle se rend compte qu’elle s’est éloignée de son antre depuis de longues minutes. Elle se met à stresser. Se jugeant bien trop loin de sa zone de confort. Nouvelles névroses, aliénation inédite. Elle accélère le pas vers son laboratoire, ne pouvant plus attendre de retrouver la chaleur et l’obscurité de son lieu de travail. Elle fait mine de rien, pourtant. S’efforce de ne rien laisser voir à celui qu’elle guide. Il est sûrement trop amoché pour distinguer quoi que ce soit d’anormal chez elle quoi qu’il en soit. Mais son premier réflexe est bien celui de tout garder pour elle. Forçant sur sa voix pour répondre, elle commence à éprouver des vertiges. Triste existence chamboulée par un rayon de lumière qu’elle n’a de cesse d’essayer de retenir contre elle.

« - Ta mémoire te joue des tours, je suis certaine de te l’avoir dit. Au moins une fois, si ce n’est plus » La dealeuse insiste. Elle qui n’aime pas avoir tort. Surtout pas sur son terrain. Mais l’écorché arrête leur avancée alors qu’elle s’apprête à les engouffrer tous les deux dans son espace personnel. Les bras du journaliste agrippent les siens, elle se met à sourire doucement, le front plissé par l’anxiété. Son aveu lui arrache un rire nerveux. Elle n’est plus habituée à autant d’honnête brute. Lui qui a pour habitude de disserter longuement avant d’oser énoncer une vérité qu’elle connaît déjà. Surprise, elle baisse la tête avant de replonger ses prunelles avelines dans celles du ténébreux. Un geste prolongé en étreinte qu’elle finit par rendre, maigre soulagement, il lui apporte un certain sentiment de sécurité mais tout autour d’elle se met à tanguer. Ses repère sont anéantis et elle nage en plein océan depuis des jours. La chimiste manque trop de confiance en elle à ce moment pour lui faire la même confidence sans qu’il n’y trouve une part de mensonge. Parce qu’elle ne sait plus qui elle est. Ce qu’elle veut. Parce qu’elle ne se reconnaît plus. « - Tu aurais pu me prévenir avant de débarquer ici. C’est pas un endroit pour toi » Se contente-t-elle de répondre sans grande conviction. Baiser volé en douceur, elle ne la rabroue pas, en reste à serrer très fort son avant-bras pour ne pas risquer de le blesser encore plus. Trop consciente du danger qu’elle représente. « - Tu aurais pu te faire tuer, je plaisante pas. Ils rigolent pas ces types. Mon patron non plus. Une chance qu’il soit pas là » Incapable de retourner le mot doux, la mine devient grave devant l’air presque adolescent de l’écrivain. Un gamin qui ne prête pas attention aux conséquences, aux risque. Le Roméo qui grimpe au balcon pour retrouver sa Juliette. Mais la seule chose qu’elle retient c’est que les plaisirs violents ont des fins violentes. Et c’est tout ce qu’elle ne veut pas. Ça, au moins, elle le sait. Unique certitude.

Caresse contre sa joue, elle l’essuie rapidement d’un revers de la main. Détachée, elle a toutes les difficultés de la terre à maintenir son attention sur le grec. Elle était pourtant heureuse de distinguer sa silhouette parmi les ombres du Little Darlings. Mais, il semble que l’australienne ne puisse plus faire confiance à son instinct aussi instable qu’une goutte d’eau posée sur une fleur de lotus. Elle passe de l’amour à la haine en une fraction de seconde. De la joie à la colère. De l’intérêt au dédain. Elle se perd complètement dans les eaux troubles qui la submerge et se noie dans leur courant incontrôlable. Marée incessante qui lui martèle les tempes. Elle fuit son regard un instant et s’y plonge le suivant. Ses pupilles vont et viennent mais ne s’arrêtent pas plus de quelques secondes sur leur cible. « - Parce que toi tu vas bien, peut-être ? Est-ce que tu as vu ta tête ? Tu as bu, en plus de ça, alors évite les leçons de morale pour aujourd’hui, d’accord ? » Le ton est presque cinglant mais son visage s’adoucit en reprenant conscience de l’état lamentable dans lequel se trouve son vis-à-vis. « - Et je suis très bien là où je suis. Ne t’occupe pas de ça. Personne ne me touche et personne ne me fait du mal » Lassée de se justifier, elle roule des yeux et coupe court à l’étreinte en poussant Elias à l’intérieur de la pièce devant laquelle ils se tiennent. « - Allez, viens il faut que j’arrange ça maintenant », ajoute-t-elle en désignant brièvement du regard les diverses blessures du ténébreux.

« - Si tu veux tout savoir, je ne m’occupe même plus de livrer la marchandise. Ou seulement pour quelques clients que je connais bien » La chimiste le guide sur un fauteuil au coin de la pièce où elle le fait asseoir avant de s’en retourner vers ses placards. « - J’ai été reléguée au rang de machine à créer, de robot à produire » Ironie, quand elle apprécie tant la place qu'elle occupe. Elle parle pour meubler le silence. Pour ne pas le laisser lui, en prendre possession. Parce qu’elle redoute ce qu’il pourrait avoir à lui dire. « - Ce qui n’est pas plus mal à vrai dire. Je n’ai même plus besoin de mettre le nez dehors » Les derniers mots murmurés ne sont destinés qu’à elle, à peine audibles, à peine perceptibles. Elle se rassure toute seule, s’engouffre un peu plus dans le tourbillon qui l’emporte déjà loin. Elle fouille dans ses tiroirs, en tire tout un nécessaire de médecine. De l’alcool, des compresses, des pansements, des bandages. Elle met même la main sur du fil et une aiguille. « - Montre-moi », souffle-t-elle en prenant place sur son tabouret fétiche, juste en face du blessé. Elle entame déjà un premier examen visuel de ce qu’elle va avoir à arranger. Soupire de déception. De mécontentement. Elle s’en veut, finalement. De lui infliger ça en étant ce qu’elle est. En étant qui elle est. Il n’aurait vraiment pas du venir.

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MessageSujet: Re: Follow me home [PV Mackie]   Lun 29 Mai - 22:50

La fragilité des contacts suggère l’inconvenance de sa présence. Le corps lui échappe bien que l’esprit, lui, oscille. Des interprétations éphémères, soumises au bon vouloir d’une perspicacité enivrée. La belle a dressé quelques remparts bâtis de contrariétés mais le confine dans son antre pourtant avec rapidité. Le grec n’en tire aucune conclusion, abruti par ses répliques peu amènes et tout autant encouragé par son hospitalité, sans doute forcée. Les premiers pas le déroutent et les odeurs se dispersent. Procédés chimiques qui chatouillent les narines, piquent un peu ses yeux du néophyte. Les sens à vif depuis l’exorcisme, il évolue dans cet environnement avec peu d’assurance. Trop d’informations à encaisser, visuelles et olfactives. Le malaise persiste face aux réminiscences que les données sensorielles lui projettent. La pression s’amplifie tout là-haut, la boite crânienne souffre de l’état déplorable de son propriétaire. La migraine s’intensifie tandis qu’il s’enfonce dans ce sous-sol insolite. Une heure mal avisée pour subir les affres de sa déchéance. Cet endroit abrite une part d’histoire, génère davantage d’intimité que l’appartement de son hôte. Il sait qu’il n’a pas été invité, sent que ce lieu mérite pourtant une bonne dose de respect. L’alcool distend ses raisonnements cependant, le rend partiellement incohérent. Dès qu’il se trouve au centre de la salle, il en vient à craindre le sentiment que l’ensemble lui évoque. Cette même sensation qui l’accable quand il pose un pied dans une église ou tout monument dédié à une quelconque religion. Bien qu’il ait été élevé par des parents croyants, il est farouchement athée. Néanmoins, il en vient à considérer que les traces de son éducation lui imposent ces impressions. Peut-être que ces constructions imposantes l’affligent de par leur architecture et leur passé. Le labo de Mackenzie, bien que plus modeste, lui apporte la même émotion. L’insignifiance, la petitesse. Il devient étranger à ce qui l’entoure, dépassé par une atmosphère mystique, guidé par une consigne implicite. Celle de se taire, d’honorer le silence et tous les mystères qu’il semble protéger.

Religieusement, le rédacteur reste ainsi immobile dans ce sanctuaire, n’en comprenant pas encore les codes et ne parvenant pas à saisir l’entièreté de ses droits. Le regard, à défaut de s’égarer sur quelques vitraux, se permet de toiser la seule fenêtre légèrement voilée. Un rayon calcine sa rétine, il laisse ses prunelles retomber ainsi sur le plancher. Les mots volent, il les rattrape sans jamais oser froisser l’ambiance imposée. Malgré l’ivresse, les déductions sautent aux yeux quand il adresse quelques attentions au matériel voisin. Aucune surface réfléchissante n’est épargnée. Ici, elle ne se sent pas d’assumer ce qu’elle est. Par honte ou par peur ? L’un comme l’autre réveille son empathie et son affection pour la damnée. Il respire les effluves artificielles, goûte tout autant de son arôme particulier et s’enhardit une fois de plus grâce à ça. Le temps de reprendre totalement la maitrise de sa conscience morcelée, il réalise qu’il est installé dans un fauteuil et qu’elle s’apprête à le soigner. Trou noir ? Ou absence de concentration. Peu importe. Ses mains chassent l’idée qu’elle a insufflée. Il mâchonne les syllabes, la bouche pâteuse, le larynx sec. « T’occupe. Ça se refermera bien tout seul. J’ai connu pire. » Les cris, les bruits de taule, la vitre brisée. Il ferme les paupières, le temps de se reprendre. Il écarte son embarras à se trouver là pour mieux surenchérir aux idées évoquées dans un désordre caractéristique de son ébriété.

Les iris côtoient les traits blafards de la mafieuse brièvement. Il y puise ce dont il a besoin et ose abjurer la quiétude solennelle qu’il s’était imposée. « Ce n’était pas une leçon de morale. Je n’énonçais que des faits, cet endroit craint et tu ne vas pas bien. L’un pouvant entraîner l’autre mais il ne s’agit pas de ça, pas vrai ?  Ceci dit, il doit y avoir une raison particulière à ce changement  de fonction, non ? Tu étais lassée de rencontrer tes clients ? » La mine lugubre, les poings se referment et s’ouvrent à plusieurs reprises, nerveusement. Les craquelures aux phalanges déversent un peu de sang, outrepassant le phénomène de coagulation. « S’ils étaient du genre tactile et sadique comme l’autre abruti, tu me diras, c’est pour un mieux. » Son ton bourru s’accompagne d’un demi-grognement qu’il ravale par simple égard. Plus irrité qu’il ne l’aurait pensé, il éprouve le besoin de se relever. Il repousse avec douceur le tabouret de la trafiquante du bout de sa chaussure pour se faire et  s’avance vers les étagères très rapidement. Il cherche inconsciemment à capter son reflet avant de se souvenir qu’il lui serait impossible de le dénicher. Le constat est sans appel, la colère qui se terre sous sa peau n’a plus rien à voir avec sa bagarre stupide. Ni même avec sa consommation abusive d'alcool. Les douleurs articulaires diverses et celle plus importante irradiant de sa guibole, le ramènent à l’un des buts de cette visite. Un moyen comme un autre de relâcher son amertume. « Suis-je toujours l’un des privilégiés à ces exceptions ? Ou dois-je dénicher un autre fournisseur ? Je croyais être au bon endroit pour passer commande mais les signaux sont assez contradictoires jusqu’ici. » Sa franchise l’incommoderait s’il n’était pas aussi saoul et aussi déphasé.

Bel et bien vexé, animé par des craintes qu’il n’émet pas, il poursuit son non-sens. « Un endroit qui n’est pas pour moi, hein ? Je ne sais pas si je dois y voir le signe d’une inquiétude attendrissante ou le début d'une insulte quant à mes capacités à me protéger, dois-je donc m'en offenser ? Tout le monde peut se faire tuer n’importe où et n’importe quand, il suffit d’adresser le mauvais regard à la mauvaise personne. Le gouvernement s’en assure. Tu le sais aussi bien que moi. » Des cheminements qui se croisent, se confondent. Il abandonne la voie sécurisée et choisit dégringoler la colline sans prendre le temps de s’équiper. Il la dévale ainsi, la tête en premier. « C’est quoi qui te dérange vraiment ? Ma sécurité ou ma seule présence ?  Si tu ne mets plus le nez dehors, je suis censé te retrouver où, dis-moi ? » Nulle part lui hurle cette horrible petite voix au fond de son crâne. Il ne s’agit pas de sa conscience, non. Ni même du parasite, plus maintenant. Il l’attribue à cette part de lui qui n’a jamais totalement trouvé sa place ou qui l’a perdue. Cette sonorité possède le timbre impitoyable de Kaligaris Senior. Elle a peut-être chassé la colère de la vermine qui logeait à l’intérieur, elle ne fait que renforcer le chagrin qu’il se traine. « Je ne sais pas si j’ai envie d'entendre la réponse finalement. Oublie. » marmonne-t-il avant de faire des allers et venus dans l’atelier. Son mal être entretient celui qu’il croit discerner chez sa protégée. Les secrets ne l’intéressent plus dans cette impatience manifeste.  L’urgence nait de son incapacité à reprendre pied avec cette réalité.

Sa délicatesse se démantèle sans aucun avertissement. Il se retrouve ainsi face à elle à nouveau, balaie les propos qu’elle a pu lui renvoyer sur sa propre décadence. Il ne s’agit pas de lui, il s’agit d’elle. « C’est à cause de ce qu’il s’est passé dans ces arènes ? Ou bien… Il te traque encore, Mack’ ? J’ai beau avoir bu, je ne suis pas con et pas encore aveugle non plus. Encore moins insensible. Surtout quand ça te concerne… » Le ténor dérape quelque part avant la ponctuation, rend hommage à la tendresse éprouvée et à l’inquiétude qui le morcelle. Toujours hanté par la tentative de suicide de Rhys, il ne peut plus supporter les appels de détresse muets. L’anticipation d’un autre de ces drames suffit à le briser. Revivre cet enfer avec l’australienne l’anéantirait pour de bon. Le dernier coup porté à un équilibre déjà bancal, pratiquement inexistant. En la bousculant, il croit bien faire. Il croit agir autant pour elle que pour lui. « Tu n’es pas un robot et ce repli n’est pas un signe rassurant. » La paume cherche sa chevelure mais se rétracte au dernier moment par instinct de préservation. Il ne sait plus où ils en sont, où se tenir et où s’arrêter. Ce qu’il faut retenir de cette entrevue inopinée et chaotique. Ce qu’il faut éviter et ce qu’il faut encourager.

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MessageSujet: Re: Follow me home [PV Mackie]   Mer 7 Juin - 13:39




Boîte crânienne en perdition quand les pensées se bousculent et s’écorchent. Mémoire à vif, souvenirs qui saignent. Hémorragie de contradictions qu’elle ne parvient plus à contrôler. À organiser. Elle, la chimiste presque maniaque, n’arrive plus à rien. Complètement dépassée par ce qu’elle est devenue sans le vouloir. Sans le comprendre. Elle force sur sa voix pour articuler des mots qu’elle ne pense pas toujours ou formuler des bouts de phrases qu’elle pense nécessaires. Les yeux vides de toute expression. Prunelles devenues vitreuses de trop s’épuiser au travail. Perdue entre ce qu’elle veut vraiment et ce qu’elle croit désirer. Incapable de différencier sa raison de sa volonté. Elle oscille en permanence entre deux états opposés. Instable au possible, la blonde ne parvient pas à stopper cet énervement constant. Similaire aux phases de la lune qui ne cessent de changer. Aussi peu digne de confiance que l’astre nocturne. La lumière qui s’éteint peu à peu et laisse place à la noirceur du crépuscule. Elias a toujours été le symbole d’une aube nouvelle pour la jeune australienne. Depuis qu’ils se connaissent, elle a recherché son contact pour la sortir de l’obscurité qui l’enveloppait. Pourtant, aujourd’hui, plus rien ne semble pouvoir la tirer de cette armure opaque dans laquelle elle s’enferme. Volontairement ou pas, la damnée ne saurait le dire tant les ombres autour d’elles rendent difficile la lecture de ses intentions. Alors, elle se réfère aux souvenirs qui lui restent, se force à correspondre à l’image que le journaliste a pu garder d’elle. Dans ses gestes, sa voix, ses mots. Elle s’engouffre dans le mensonge qu’elle entretient depuis trop longtemps. Sans vraiment se rendre compte qu’elle fait fausse route.

Il balaie sa proposition d’un revers de la main, refuse qu’elle soigne ses plaies pourtant bien trop visibles. Bien trop sanglantes. Bien trop réelles. Elle le toise alors d’un air surpris, presque vexée qu’il ne consente pas à un peu d’attention. Qu’il refuse sa proximité après l’avoir autant réclamée. Elle ne dit rien pourtant. Ne conteste pas, puisqu’elle n’en a pas la force. Silence, pendant quelques secondes. Puis, de nouveau, le timbre rocailleux du rédacteur qui s’élève et la percute comme autant de lames entaillant sa chair. Elle se sentait déjà perdue mais le ton mi-bourru, mi-concerné qu’Elias lui concède n’aide en rien à consolider ses pensées. Pendant un long moment, elle se refuse à briser le silence. Préfère ne pas parler trop vite, de peur de laisser échapper quelque chose qu’elle pourrait regretter. Quelques secondes de répit seulement, c’est plus fort qu’elle. « - J’ai trouvé quelqu’un pour faire le sale boulot, c’est tout. Va pas chercher des problèmes là où il n’y en a pas » Sa voix est sèche, sévère. Exaspérée d’avoir à se justifier alors qu’elle n’en a aucune envie. Surtout pas face à lui, qui ose lui faire ce genre de remarques alors qu’il se présente complètement saoul sur son lieu de travail. Pas le meilleur moment pour ce genre de discours. Il ne tarde pas à la repousser, pourtant. Se donne même le droit de vagabonder dans son laboratoire. « - T’as l’alcool mauvais, Elias. Alors je vais faire comme si j’avais rien entendu. Comme si t’avais rien dit » C’est tout ce qu’elle répond à la provocation qu’il lui lance. Il perçoit sa colère, son manque d’enthousiasme suite à sa petite visite impromptue. Mais ce n’est rien comparé à ce qu’elle ressent, elle. Il n’a aucune idée de la douleur intérieure qu’elle refoule pour ne pas le blesser. Pour ne pas lui faire mal. Une fois de plus, elle se mord la langue pour ne pas cracher tout le venin qu’elle retient.

Discours qui se prolonge. La blonde soupire face à l’hostilité palpable du journaliste à son égard. Pas encore certaine de pouvoir dire si elle est due à la consommation d’alcool ou à sa propre réaction au contact du grec. Les allusions aux épreuves passées, vécues ensemble ou séparément, la font frissonner. Elle fait rouler son tabouret jusqu’à son bureau, s’y affale sans ménagement, les coudes sur la table. Elle a de plus en plus de mal à suivre le cheminement des pensées du blessé. Où veut-il en venir ? C’est la grande question qui persiste et elle n’est pas sûre qu’il possède lui-même la réponse. Elle le laisser dérouler le fil de ses réflexions, l’étirer jusqu’à l’exagération. Ponctue simplement les bref moments de silence de quelques soupirs lâchés sans y penser. Trop faible psychologiquement pour trouver quelque chose de constructif à ajouter. Les allers et venues qu’il effectue dans son antre la mettent mal à l’aise et elle compense en jouant nerveusement avec ses doigts, triture ses phalanges de manière démesurée. Oublie, qu’il lui demande. Impossible. « - Ça y est t’as fini de jouer au plus con ? » Les mots sont durs mais ceux-là, elle n’est pas parvenu à les retenir au fond de sa gorge serrée. « - Tu te pointes ici comme une fleur, complètement bourré qui plus est, tu provoques une bagarre sur mon lieu de travail et tu me fais culpabiliser pour ne pas t’accueillir les bras ouverts, est-ce que tu te rends compte de ton absurdité ? » Elle est en colère, tellement en colère. Sa voix se brise à mi-chemin et elle serre les poings pour ne pas complètement se laisser emporter. Bien trop susceptible. Bien trop sensible.

Semblant de délicatesse retrouvée quand il s’approche de nouveau de la chimiste. Des propos auxquels elle reste totalement indifférente, cependant. Il l’a cherchée, malheureusement. Maintenant, retrouver la Mackenzie d’avant va lui demander beaucoup plus d’efforts. Elle disparaît au profit de ce masque de cruauté invisible, silencieux et imperceptible. « - Depuis quand t’es devenu psy ? J’ai pas demandé une consultation » Lassitude, agacement extrême. Elle n’a pas envie de lui parler de ses problèmes quand c’est lui qui s’impose dans son espace personnel. Elle ne veut pas partager ce qu’elle porte comme un fardeau sur sa conscience. Et plus il insistera, plus elle se taira. Trop bornée, trop têtue. « - Me force pas à parler si j’en ai pas envie. Tu sais que ça marchera pas. Si tu veux bavarder, libre à toi. Mais n’essaie pas de reporter la conversation sur moi alors que c’est toi qui a des problèmes. C’est évident » Regard assassin qui ne lâche pas sa cible. « - Est-ce que tu vas me dire ce qu’il se passe où est-ce qu’il va falloir que je le devine ? » Ultime provocation formulée dans un haussement de sourcils. Elle ignore le geste avorté qu’elle a pourtant perçu, préfère reporter son attention sur le journaliste. Lui transmettre toute l’animosité qu’elle ressent désormais, à force de trop la pousser à bout. Nerfs en pelote, elle ne sait pas de quelle manière ils vont se sortir de cette entrevue mal engagée. Ne sait plus quoi attendre ou espérer non plus.

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MessageSujet: Re: Follow me home [PV Mackie]   Sam 10 Juin - 1:00

Les fissures se manifestent sous la semelle mais le regard relevé ne se dédie déjà plus qu’à l’horizon. A cet infini contenu entre la paupière et la pupille, sous la courbe des cils. Il a appris à le traquer, à chaque contact et croit naïvement pouvoir enjamber l’espace vacant pour l’effleurer. Se jeter dans l’insondable, sombrer dans l’absolu et s’offrir à l’illimité. Les yeux l’appellent, la bouche le rejette. Entre leurs corps, la réalité s’articule. Des bornes bien définies, autant d’avertissements que de liens pour comprimer la chair. L’idéaliste les voit alors, ces maudites crevasses. La terre tremble depuis plusieurs minutes maintenant mais il a perdu de vue les signes. Avant qu’il ne puisse accepter le phénomène, le sol a eu le temps de se dérober, de se fendre au point qu’il n’y ait plus qu’elle, tout là-bas et lui, juste ici. Un gouffre pour les séparer. Les paroles de la mafieuse l’obligent à reculer. L’agacement s’y attarde, le timbre ajoute plus d’une dimension au contenu délivré. Le ciel s’assombrit, l’orage saccage la rétine. Le grec laisse les répliques s’amonceler en bordure des lèvres. Projeté dans un conflit, propulsé dans une succession de maladresses, il sent ses vieux mécanismes repartir. Ses réactions ont poussé autrefois Carley à bout alors il ravale chaque parole, rattrape son corps  si prompt à l'exil. L’un ou l’autre n’ont jamais rien résolu. Il ne sait déjà plus comment il en est arrivé là. Mais il est hors de question de se retrouver piégé dans une mauvaise dispute, de trouver ne fusse qu’une similitude entre son mariage foireux et l’attachement qu’il voue à la dealeuse. Il reporte son attention sur le plancher, incapable de tolérer cette hostilité plus longtemps. La mémoire devient porteuse de sagesse. Au lieu d’attaquer ou de fuir, il se tait et respire plus profondément.

En quelques enjambées hasardeuses, il distance le bureau derrière lequel elle s’est réfugiée. Un peu hagard, l’égaré termine sa course dans le fauteuil qu’il a quitté, dans ce petit coin de la pièce où il pourra subsister sans pour autant empiéter la vie privée de sa protégée. Il se replie sur lui-même, les coudes sur les genoux, le dos arrondi. Les paupières closes viennent côtoyer les paumes. Tâches dansantes dans l’obscurité qu’il s’est imposée. Le tri se fait ardu entre les raisonnements valables et les émotions brutes. Au fond, il comprend bien les reproches formulés. Lui-même ne se serait pas autorisé une incursion au Little Darlings s’il avait été assez sobre pour le réaliser. « Tu as raison, je n’aurais jamais dû me pointer ici, surtout dans cet état. Ni frapper ce salaud là-haut. » Ténor râpé par le désarroi. Le journaliste redresse la tête jusqu’à heurter du crâne, le dossier du siège occupé. Il détaille le plafond quelques instants et reprend d’une voix tout juste moins instable. « Enfin je suppose. C’était quand même un bel enfoiré, je t’assure. Tu ne peux pas m’en vouloir de souhaiter ta sécurité. Tu es peut-être apte à te défendre, je n’en doute pas d'ailleurs mais je tiens à toi, Mack. Et les gens auxquels je tiens, ils ont tendance à avoir une espérance de vie plutôt ridicule. Je voulais m’assurer que ça serait différent pour toi. » La tendresse se révèle dans la douceur des intonations. Un soupir sépare des pensées diamétralement opposées. Il est lunatique à excès, peut-être qu’elle ne se trompe pas quand elle affirme qu’il a l’alcool mauvais. Il ne s’est jamais rien produit de positif quand il était sous une quelconque influence. Bien au contraire, ses pires cauchemars ont pris forme de cette façon. « Tu as conscience de ne pas être plus psy que moi hein ? » Délie-t-il quand même pourtant avec un peu moins de délicatesse. Refoulant les explications qu’il lui doit à quelques secondes seulement.

La carrure bascule vers l’avant, la fatigue creuse les traits, rend sa dégaine plus misérable que jamais. Avec prudence, il accroche le regard adverse. « C’était égoïste de venir te voir, je ne sais pas à quoi je m’attendais. Je n’ai pas réfléchi. » Un sourire à demi-tordu sert d’excuse, talonné par quelques justifications qu’il ne veut, dans un premier temps, pas approfondir. Pas sans vouloir obtenir ce qu’il ne peut réclamer, son réconfort. La paume coulisse dans la crinière nerveusement mais dès que les premières syllabes s’élancent, le reste suit avec un naturel qui le déconcerte. L’ébriété agissant comme un sérum de vérité plutôt efficace. Elle veut qu’il lui parle. Et il ne veut pas qu’elle le repousse pour de bon. C’est sa seule issue de toute façon. Elle lui a imposé un ultimatum. « J’ai eu quelques mois difficiles. Il y a eu un décès dans ma famille. De ceux qui auraient pu être évités si quelqu’un avait réagi à temps. L’ironie, c’est que j’ai réussi à être ce quelqu'un pour une autre personne mais pas pour elle. Son mari, il a tenté de se suicider. Et je ne sais toujours pas si je l’ai vraiment sauvé ou juste enfoncé en faisant ça. » L’horrible déni qu’il a entretenu se démantèle ainsi sans avertissement, il se recroqueville un peu plus. Il a l’impression de l’obliger à vivre une agonie par pure et simple égoïsme. De l’avoir contraint à une existence moins enviable que la mort.

Ce pessimisme macabre l’accable si voracement qu'il embrasse le néant durant une poignée de secondes. Le poing serré contre le front, les yeux fermés, ses murmures complètent son récit. Ils glissent contre sa bouche frémissante. « J’ai ces fichues images qui reviennent en boucle. Les restes de son cadavre et lui, au bout de sa corde. Je ne peux pas m’empêcher de me demander quand aura lieu la prochaine tragédie. Et sur qui ça tombera. Après ce qui s’est passé dans l’arène, j'ai eu le loisir d'anticiper ce qui se passerait si ça tombait sur toi. » Bien incapable d'assumer sa pensée, il finit par arrêter les frais juste là, au sommet de sa vulnérabilité qu’il tente bien mal de recouvrir à la suite. « Mais je ne suis pas venu chercher ta pitié. De la même manière que tu ne veux pas solliciter mon aide. » La critique lui échappe, il enchaine le plus rapidement possible. « Je suis juste épuisé. Je voulais, je ne sais pas… Oublier un peu tout ce merdier. Avant que je comprenne ce que je faisais, j’étais déjà ici. Je mentirais si je disais que c’était un hasard. J'avais besoin de te voir. » Mais il n’a fait qu’ajouter une erreur de plus à sa liste. Comme il aimerait défier la gravité et survoler le fossé qui tient lieu de rempart entre eux, la rejoindre, la frôler. Porter ses démons à sa place, chasser les siens.

Trop tard pour l’espérer. Trop tôt pour chercher à rattraper ce qu’il a initié. Il se résigne à l’inéluctable. « Je ne suis pas venu ici non plus pour qu’on se prenne la tête et qu'on finisse par se crier dessus. Je suis trop ivre pour être cohérent et on n’a pas besoin de ça, ni toi, ni moi. Je ne veux pas t’incommoder plus longtemps. Si tu peux me fournir quelques trucs avant que je parte, ça m’aiderait. J’ai besoin d’antidouleurs comme d’habitude et si t’as des anxiolytiques ou des calmants, des somnifères, des antidépresseurs, je ne sais pas, un truc qui assomme, ça m’arrangerait grandement. Je m’en fiche du coût. » Sa paluche coulisse contre sa pommette fracassée, la fraicheur calmant l’hématome. Les tiraillements lui paraitront bien moins supportables une fois la sobriété retrouvée. A moins qu’il rentre avec ses comprimés. Mais aucune gélule ne pourrait remplacer ce qu’il est venu inconsciemment chercher ici et qu’il ne trouvera pas. Ni ici, ni ailleurs. Aucune sérénité, juste des ratés et la conviction d'être le seul à les aligner.

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MessageSujet: Re: Follow me home [PV Mackie]   Mer 21 Juin - 10:28




Désastre ambulant qui la submerge jusqu’à la noyer complètement. Amertume persistante qui lui laisse un goût étrange sur la langue alors que les lèvres se pincent. Douloureuse impression que l’entrevue provoquée par le journaliste tourne mal et n’est pas prête de s’arranger. Géhenne qui la rend acide et peu encline à la conversation. Anxieuse, l’australienne a bien conscience de l’état lamentable dans lequel son allié se trouve. Pour ça, elle tente de ne pas trop lui en vouloir. De ne pas trop laisser aller sa colère. L’agacement qui gronde et qu’elle ne parvient plus tellement à retenir. La proximité initié par l’éclopé la met mal à l’aise, pour la toute première fois. Elle perçoit les relents d’alcool. Odeur pestilentielle qu’elle n’a jamais supporté. Aura de mort qui lui brûle l’échine. Gêne apparente qu’elle ne parvient plus à camoufler sous ce masque permanent qu’elle s’impose. La pression autour de son crâne est bien trop forte. Bien trop présente. Carcan qui enserre son esprit jusqu’à ne plus s’entendre penser ou réfléchir. Que les pulsions malsaines qui restent et s’engouffrent jusqu’à sa volonté traînante. Lancinante. Criante. Mais réduite au silence. À tel point qu’elle se sent soulagée lorsqu’il s’éloigne enfin. Lui offre du répit dans cet environnement qu’elle affectionne pourtant tellement, mais qu’elle ne désire plus que fuir à présent. S’enfuir et tout laisser tomber pour succomber librement à l’enfer qu’elle vit. Elle n’en a pas le droit, cependant. Pas devant lui. Encore moins maintenant.

« - Enfoiré ou pas, t’aurais pas dû t’en mêler. Ici, c’est un client et tu l’as empêché de consommer » T’as eu de la chance qu’Isak ne soit pas là, pense-t-elle pour elle-même. Sans le formuler, pour ne pas lui faire poser encore plus de questions inutiles. Pour ne pas provoquer une nouvelle crise de conscience à la savoir dans ce milieu. Dans cet endroit qu’il juge de la pire des manières alors qu’elle y voit son salut. « - Tout le monde a une espérance de vie limitée dans le monde dans lequel on vit. Que tu le veuilles ou non, c’est comme ça. Ne commence pas à essayer de me tenir en laisse, t’as perdu d’avance » Les mots sont durs dans la bouche de la dealeuse. Âpres sur la langue. Le besoin de se faire entendre porté en bannière. Les tensions comme un fardeau insupportable. Il a voulu pénétrer dans son univers et depuis, la seule impression qu’il lui reste est celle qu’il veut le changer. La changer, elle. Constat qui la dérange quand ce n’est que la liberté qu’elle demande. Il n’a pourtant jamais été oppressant à son égard mais voilà qu’il prend de mauvaises habitudes. Des habitudes qu’il va devoir laisser tomber rapidement s’il ne veut pas la perdre, elle. Les intonations du journaliste sont pourtant plus douces que les précédentes mais ce ne sont que les mots qu’elle perçoit, et leurs conséquences. Une question retournée contre la dealeuse. Ça n’a aucune sens. Il joue de sa patience mais ses nerfs ne vont pas tarder à lâcher. Elle roule des yeux, soupire longuement. Il n’y a pourtant pas écrit ‘bureau des pleurs’ sur la porte de son laboratoire. Pas à sa connaissance. « - Bien sûr que non. Mais c’est toi qui est venu me voir. Pas l’inverse » Le ton est dur. Tellement sévère qu’elle s’en mord les lèvres. Regrette presque déjà d’avoir prononcé ces quelques phrases de manière aussi brutale. « - De toute évidence, en effet » Il n’a pas réfléchi, non. Elle enfonce un peu plus le clou alors que les regards se croisent brièvement. Elle rompt rapidement le contact pupillaire pour ne pas avoir à l’affronter plus longtemps. Ne peut pas supporter de le voir dans état. Minable. Lamentable.

L’australienne n'a pas pour habitude de prendre les gens en pitié. Elias ne fait pas exception. Elle le sent sur la brèche. Au bord du gouffre, sur le point de sombrer. Œillade en coin jetée à la volée alors qu’il s’apprête à lui délivrer ce qu’elle lui demande. Enfin. La chimiste prend sur elle pour afficher un air réceptif. Efforts considérables quand on pense à son propre état qu’elle gère en silence. Elle se redresse sur son tabouret, pivote de trois quarts pour faire face à l’éclopé qui semble déjà se torturer l’esprit. Elle frissonne quand le timbre rauque et rocailleux résonne dans son antre. Front plissé en signe de contrariété. Les yeux de la blonde s’adoucissent cependant, retrouvent de cette humanité qu’elle a tendance à laisser de côté ces derniers temps. La mort les enveloppe dans ses draps sombres. L’aura macabre les rattrape quand il les plonge tous les deux dans sa vie qui se démantèle. Elle, se plonge dans un silence salvateur. Pour ne pas se laisser engloutir à son tour. Pour ne pas sombrer. Sombrer dans son existence à lui alors qu’elle peine déjà à se tenir la tête hors de son propre chaos. Elle ne dit rien, pas un mot. Pas un geste non plus. Pas tant qu’il n’a pas fini. Elle avait raison de penser que quelque chose n’allait pas. Elle ne se doutait cependant pas à quel point.

« - Je suis désolée » C’est tout ce qu’elle parvient à formuler dans un premier temps. Un souffle, à peine audible. Trois mots, pour un long discours. Elle renonce à se battre en quelques instants seulement et le rejoint dans cet Enfer. Distance conservée, c’est la voix qui rassure. Essaie, tout du moins. Barrières abattues. Fossés comblés. C’est comme si elle pouvait voir ce qu’il a vu. Vivre ce qu’il a vécu. Écho destructeur à sa propre existence. Son propre échec. « - Je comprends ce que tu ressens. Se sentir impuissant face à une telle situation est sûrement l’un des pires sentiments qui soient » Elle se passe une main dans les cheveux, comme pour reprendre ses esprits. En vain. Le visage de Jayden refait surface devant ses paupières avant de s'évanouir en un instant. Elle a l’impression de flotter dans un mer de chagrin et de colère. Sur le point de se noyer. « - Elias, arrête un peu. Je vais te donner quelques antidouleurs mais c’est tout. Regarde toi. Tu es ivre. Je ne tiens pas à retrouver ton cadavre chez toi après une overdose » Les mots sont durs, une fois de plus. Percutants. Pour la première fois, elle refuse de lui donner ce qu’il veut. « - Je ne veux pas me battre avec toi non plus. Laisse-moi t’arranger ça, s’il te plaît » Coup d’œil sur les blessures du journaliste. Regard inexpressif. Vide de sens. Prunelles translucides. Son tabouret roule vers l’avant pour s’approcher du blessé. Elle retrouve ses quelques outils de premiers soins. Compresse et alcool à portée. N’agira pas sans l’accord du principal concerné. Surtout pas après ces aveux. Son autre main glisse contre la manche de l’allié et les phalanges se serrent autour de l’avant-bras. Comme pour marquer sa présence. Des excuses formulées au travers d’un geste simple. Parce qu’elle ne peut pas le dire autrement.

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MessageSujet: Re: Follow me home [PV Mackie]   Ven 14 Juil - 23:50

Les mauvais départs engendrent trop souvent des fins violentes. Depuis la naissance, le grec les collectionne et en crée des bannières rêvées pour ses géniteurs indifférents. Les erreurs s’additionnent depuis le début ici aussi et les points s’accumulent dans un coin de sa tête. Ses aveux ne modifient en rien les faits. Tout juste lui accordent-ils un semblant de sursis mais la proximité de Mackenzie s’apparente toujours à une fuite mal organisée. Sa main serre bien son avant-bras et elle se tient bien là, devant lui, prête à soigner quelques meurtrissures sans importance. Animée sans doute par la pitié qu’il aurait voulu ne jamais solliciter, l’impétueuse n’agit pas en sa faveur pour les raisons qu’il aurait souhaité. Sans doute, en attend-t-il bien trop à cette heure néfaste. Sa propre grossièreté devrait davantage l’encombrer. Il y viendra, plus tard. Quand le sang reprendra sa composition initiale et que la lucidité invitera les remords inéluctables. Dans l’intervalle, la frustration saccage ses raisonnements décousus. Les paroles qu’elle a propulsées ne se sont guère envolées. Calées dans son crâne, elles y creusent une galerie qui amplifie sans mal la migraine latente. Le journaliste ne sait même plus par où commencer. Le dénouement à cette démence passagère semble déjà joué. Cependant, il se refuse à le tolérer. Son regard la cherche alors, traque silencieusement l’étincelle. Les mots à nouveau, lui font défaut. Un léger sourire, articulé sans la moindre chaleur, vient annoter cette ironie, accentue les quelques tiraillements ressentis. Un soupir en guise de réponse, une paume qui coulisse de sa pommette fracassée à sa barbe mal taillée. Il ignore ce qu’il lui reste à faire pour colmater ces brèches. A défaut de réfléchir, il se décide à ressentir.

C’est ainsi que le dos s’arque, que le buste bascule vers l’avant. Les doigts désertent le menton pour se rassembler avec délicatesse contre la nuque de la belle. Ses lèvres glissent contre celles de l’australienne avec douceur. Acte d’une simplicité déconcertante qui lui assure un salut inébranlable. La sensation propage sa chaleur dans ses membres, lui insuffle un semblant de vie. Doux enivrement qu'il savoure précieusement. Il ne sait pas s’il est invité à ce genre de rapprochement ou s’il s’impose de façon outrageuse. Les droits se chamaillent avec les envies, se mélangent avec les besoins. Cette étrange relation chaotique qui les relie, ne lui a jamais permis de discerner les limites et de comprendre la ligne directrice. Le rédacteur s’en contrefiche du code et des règles mais pas de ce qu’elle en pense, de ce qu'elle ressent alors il recule un bref instant, effleure l’arrête de son nez du bout du sien avant de frôler à nouveau sa bouche. Son ténor rendu plus rauque sème un peu de doute au milieu des intempéries. « Ce genre de médication serait tout autant efficace. » Trop tôt pour la légèreté. Peu importe. Il s’écarte avant d’en réclamer plus qu’il ne peut, s’enfonçant dans le fauteuil où il a élu domicile pour l’instant.

Un signe de tête en direction des instruments servant aux soins pour tenter d’oublier ce que ses désirs lui soufflent. « Fais ce que tu veux, Mack. Contrairement à ce que tu sembles penser, mon but dans la vie n’est pas de tenir les autres en laisse ou de te dicter ta conduite. » Un haussement d’épaules, la tête part en arrière, rencontre le dossier. Le plafond lui renvoie le vide éprouvé maintenant qu’il a délaissé ses lippes et les quelques illusions dont il s’était fugacement abreuvé. « Les médocs me réussissent pourtant mieux que l’alcool, t’en as un bel aperçu, je crois bien. Tu me crois à ce point irresponsable et suicidaire ? Je ne vais pas jouer avec ma vie. » Une plaidoirie sans sens au vu des circonstances. « C’est juste le temps d’accuser le coup. Après j’arrêterai. » Sa voix trahit son manque de conviction. Après tout, il disait la même chose des antidouleurs au début. L’homme se redresse, capture une fois de plus les prunelles adverses. Il ne désire pas débattre bien que la décision de la mafieuse génère chez lui autant d’irritation que de panique. L’égaré misait tout sur ces comprimés pour endormir les douleurs. Il se débrouillera autrement, c’est tout. « Ou alors trouve-moi une solution efficace aux insomnies et à tout le reste. Mais ne me parle pas de méditation, par pitié. Gérer sa respiration et étendre sa conscience à son environnement, sortir de soi, ça fonctionne pour ceux qui peuvent se la mettre en veilleuse. Et tu sais que ce n’est pas le genre de la maison. » Esquive mal venue, mal amenée. La lourdeur de ces discussions, leur divergence d’opinions et la sécheresse qu’elle a manifestée, ne lui sont plus tolérables.

Pour faire bonne mesure avec cet enchevêtrement d’émotions, le trentenaire fixe le sol en signe de repentance. « Je me ferai pardonner pour tout ça. Enfin si c’est possible, j’imagine. » Il avise sa réaction avant de se rapprocher une fois de plus pour poser sa main contre le genou de son interlocutrice. Manœuvre destinée à récolter autant de sa proximité salutaire que de sa clémence. « Je n’aurais pas dû venir geindre à ta porte. J’aimerais que tu oublies tout ce que je t’ai raconté. Ou du moins, qu’on ne le mentionne plus jamais. J’ai merdé sur toute la ligne et je ne suis pas en mesure de te réclamer ça, je sais bien. » Son pouce trace nerveusement des cercles sur l’articulation qu’il a prise en otage. « Je n’ai jamais souhaité être un nid à problèmes pour toi. » finit-il par admettre d’un murmure, envahi par les sentiments qu’elle lui inocule rien qu’en se tenant là. L’affection qu’il lui porte, l’amène à retirer la pression de sa paume contre l’os. Intrusif, il l’a été de toutes les façons possibles. Plus rien à sauvegarder, si ce n’est un peu de silence pour espérer que cette entrevue n’aboutisse pas sur une conclusion plus drastique à propos de leur relation indéfinie et indescriptible. La peur ronge les entrailles, qu’elle le rejette plus ardemment. Qu’il ne reste plus rien. Que quelques baisers dérobés et la conviction d’avoir corrompu cette belle épopée qui n’a déjà plus l’allure d’un caprice mais d’une certitude.

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MessageSujet: Re: Follow me home [PV Mackie]   Dim 6 Aoû - 21:16




Entrevue chaotique qui se prolonge d’une manière inattendue. À l’image de la relation qui les lie tous les deux. Reflet déplorable de ce qu’ils sont devenus au fil de leurs rencontres. S’il a été là pour elle dans ses moments les plus sombres, il ne peut rien au mal qui la ronge de l’intérieur et la tue à petit feu. À force d’épauler le journaliste, l’australienne en a oublié ses propres démons. Elle est parvenue à les mettre de côté pendant longtemps, préférant garder au premier plan les angoisses qu’elle se faisaient pour Elias. À raison, elle se sait désormais. Maintenant que les vérités ont éclatées. Mais le poison qui lui bousille le cerveau s’est réveillé bien trop brutalement pour qu’elle puisse en assumer les conséquences. Comme si, à force de le refouler, il avait gagné en puissance. Maintenant indélogeable et surtout incontrôlable, il l’empêche de vivre comme avant. Lui torture l’esprit et lui insuffle des pensées morbides. Des pulsions qu’elle se refuse d’avoir, qu’elle s’interdit complètement puisqu’elles ne ressemblent pas à celle qu’elle veut être. Ressemblent trop à celle qu’elle était. L’adolescente prête à tout pour se débarrasser des nuisibles autour d’elle. Des bribes de son passé qui la hantent sans arrêt, des images encore trop vives qui se rappellent à sa mémoire bien trop souvent pour qu’elle soit en paix. Comme si on voulait la voir replonger dans cette période noire de sa vie. La pousser à sombrer de nouveau, plus loin que son état actuel déjà bien pitoyable.

La douceur est à la fois subtile et inévitable. Les doigts qui s’agrippent à la nuque fragile de la dealeuse et le baiser qui s’empare de ses lèvres pâles. Elle ne cherche même pas à l’éviter, ne réagit pas tellement non plus. N’a pas le temps de véritablement comprendre le geste ainsi initié. Y répond par réflexe plus que par authentique envie. La remarque légère lui arrache à peine un sourire. Un souffle distant et un haussement de sourcil tout au plus. Il tente de sauver les apparences ou de retrouver un semblant de normal. Elle trouve cette démarche bien vaine, en un sens. La tendresse serait sans doute efficace pour guérir les maux de l’éclopé mais pas ceux de la blonde. Elle se sent comme prisonnière de sa propre enveloppe, incapable de s’en défaire et s’il essaie de la rassurer sur son désir de liberté, elle ne perçoit qu’une infime partie du message qu’il veut sans doute lui faire passer. « - Ravie de l’entendre », articule-t-elle nonchalamment en se tournant vers les instruments à sa disposition. Un soupire accompagne ses gestes quand elle enfile des gants. Protection aussi bien sanitaire que vitale quand la gangrène se transmet par simple touché. Elle évite son regard en écoutant le discours d’une oreille. Déjà partie plus loin, ailleurs. Une part d’elle qui n’est plus vraiment là. Ramenée brutalement sur place par une promesse qu’il ne tiendra pas. Ça, elle le sait.

« - Juste le temps d’accuser le coup, c’est ça oui » Un rire macabre échappe à ses lèvres alors que les mots du grec lui rappellent des souvenirs pas si veux que ça. De fausses paroles balancées en l’air par des âmes aussi perdues et mortifères que celle d’Elias à cet instant. « - Je les entends encore d’ici. ‘C’est juste le temps de passer à autre chose, Mack. Juste le temps de me remettre, d’accuser le coup, Mack’. C’est ce qu’ils disent tous, mes clients, la première fois que je leur vend ma came. Je connais la chanson. Et ils sont tous devenus des habitués. À la différence que tous autant qu’ils sont, ils peuvent bien finir à moitié crevés dans le caniveau que ça me passe au dessus. Mais pas toi. C’est hors de question que ça t’arrive » Elle lâche la sentence d’une traite, sans lui laisser le temps de l’interrompre. Elle ne peut même pas dire ou certifier qu’il ait bien compris la gravité de ce qu’elle lui avoue. Il est aussi drogué que tout ses clients. Aussi accro aux médicaments qu’un héroïnomane à sa drogue. Le besoin ressenti autrefois apaisé et réveillé par les épreuves parfois trop nombreuses et trop dures pour un seul homme. Elle le comprend parfaitement, ne le juge pas pour ça. Comment pourrait-elle alors que c’est exactement comme ça qu’elle est devenue ce qu’elle est aujourd’hui. Mais elle refuse de le voir se laisser aller à la facilité de petits comprimés qui délivrent une illusion de bien être éphémère. La chute en est trop violente. Elle l’a expérimentée, souvent. Et ne s’habituera jamais vraiment à cette sensation. « - Tu joues avec ta vie sans même t’en rendre compte. Au mois autant que moi » Conclusion presque cruelle à sa petite démonstration exécutée sans même un regard pour le blessé qu’elle s’apprête à soigner. Rendue amère aussi bien par la situation que par sa condition.

« - N’oublie pas que tu parles à une junkie déterminée. Des solutions, j’en ai. J’en trouve » La sévérité dans le timbre n’est même pas contrôlée. Elle ne se rend plus compte du ton qu’elle prend avec lui. La blonde aimerait pouvoir lui rendre la douceur dont il tente de faire preuve à son égard, sans y parvenir. Son esprit décharné est bien trop occupé à contenir le monstre pour s’autoriser une quelconque légèreté. Le front plissé, elle se tourne enfin vers le journaliste pour lui faire face, un coton imbibé d’alcool dans la main. Le rapprochement initié lui permet de mieux s’exécuter mais les doigts qui glissent sur son genou lui arrachent un frisson. Elle ne bronche pas, pourtant. Se contente d’effectuer ce qu’elle a promis. « - Laisse tomber », souffle-t-elle en désinfectant toutes les plaies qu’elle parvient à discerner. Elle ne lui en tient même pas rigueur, au fond. Se désole simplement qu’il ait attendu d’être dans cet état pour venir la trouver. « - C’est pas toi le problème. Reste un peu tranquille, s’il te plaît » L’australienne évite soigneusement de plonger ses prunelles inexpressives dans celles trop sombres de son patient. Elle attrape rapidement quelques strips et raccommode d’un geste habituel l’arcade ainsi abîmée. Plus de sang visible sur le visage de l’éclopé. Que quelques hématomes qui ne tarderont pas à s’intensifier. Son labeur achevé, elle s’attarde un instant sur son travail en détaillant le visage rapiécé d’Elias. La chimiste finit par retirer ses gants, les jette sur la console non loin d’elle, satisfaite. « - Tu vas me dire comment c’est possible ou tu comptes garder ce petit secret pour toi ? » La main nue s’attarde un instant sur la joue du journaliste, jusqu’à ce que la pourriture habituelle apparaisse, avant de la retirer. Le ton est à la fois joueur et inquisiteur. Elle a bien remarqué qu’il n’avait plus cet effet sur elle. Il l'a touchée à deux reprises sans qu’elle n’en souffre. Intérieurement, ça la rend dingue de ne pas savoir. Elle crève d’envie de pouvoir en faire de même mais reste privée de cette liberté. Elle ose finalement plonger ses iris avelines dans le regard sombre du journaliste. Espère ainsi pouvoir garder au moins un souvenir positif de leur entrevue. Puisqu’ils en sont rendus aussi loin.

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MessageSujet: Re: Follow me home [PV Mackie]   Dim 13 Aoû - 1:30

Plus rien ne trouve sa place. Ni ses lèvres contre les siennes, ni son regard dans le sien. De la tendresse à l’indifférence, du rejet aux soins, ils voguent en eaux troubles.  Le grec se surprend à boire la tasse tandis que les flots grimpent et l’emportent. Mackenzie, quant à elle, ne semble déjà plus hanter le rivage. Vers quel monde s’oriente-t-elle seulement par elle-même ? A moins que quelques démons ne lui tiennent la main ? Il le sait mieux que quiconque qu’elle n’évolue pas vers le crépuscule sans raison. Et pourtant, ils en sont là. Lui qui s’échine à garder la tête hors de l’eau et elle qui s’égare dans la brume. Elias a appris que la solitude est plus douloureuse quand elle se manifeste à proximité des êtres aimés. Dans cette autre vie, quand l’alliance entourait encore l’annulaire, il ne vivait que comme un exilé au sein de son propre foyer. Isolé de sa famille alors qu'ils occupaient les mêmes pièces. Alors qu'il partageait un lit aux draps glacés. Le corps à ses côtés qui ne se tournait plus jamais vers lui. Les silences écorchent d'une façon plus létale l'âme quand l’espace est occupé. Il n’y a rien de plus cruel que de partager l’air de quelqu’un qui n’a jamais l’esprit au même endroit que soi. Toujours ces mauvais parallèles, toujours ces blessures qui ne sont pas tout à fait guéries. Qui ne pourront sans doute jamais l’être tout à fait. Celle de l’union ratée, de l’échec marital et des erreurs qu’il s’est juré de ne jamais reproduire. Mais oui, ils en sont là pourtant. A se parler sans se voir, à se chercher sans se trouver. Rien ne se ressemble mais tout est pareil au fond. Et le cœur vibre de la même intensité, de cette anxiété qui crispe les traits, qui rend toutes ses décisions futiles, toutes ses actions, stupides.

Ainsi, sa douceur n’a pas désarmé la dealeuse. Ainsi, elle s’obstine sur cette route qui l’éloigne de ses sentiers. L’aube n’a jamais parue plus inaccessible. Les mots s’alignent une fois de plus pour le ramener au point de départ, avec plus d’incertitudes au fond des poches. Il ne dit pas un mot quand elle lui en distribue plus d’une trentaine. Il n’ouvre pas la bouche quand les compresses effleurent la chair détériorée. Si elle fuit ses yeux, lui se contente de la détailler avec plus d’insistance. Tandis qu’elle ôte ses gants, il croise les bras sur la poitrine. Retenir ses paroles ne lui réussit pas. La frustration a rendu chacune de ses pensées plus sombres que nécessaire. Mais ce qu’elle dit n’a rien de rassurant. Pour lui mais surtout pour elle. Comment peut-elle délier avec autant de facilité sa vulnérabilité et espérer ensuite qu’il se taise ? Avant d’avoir pu réagir, elle le désarçonne en déposant sa main contre sa joue. Un contact qui ramène un peu de chaleur, calme brièvement la fièvre qui l’habite.

Dès la seconde suivante, il rattrape le poignet de cette paume qui lui échappe pour la remettre contre sa pommette de force. « Je m’en fiche. Que ça me brûle la peau, que ça me fasse perdre un œil. Je m’en contrefous. La distance est bien plus difficile à vivre. De toute manière, ça guérit tout seul. Ne te détourne pas de moi à cause de ça. » Sans lui offrir le choix, il fait descendre les doigts de la damnée jusqu’à son cou, tente de capter ses iris éteintes. Pour faire bonne mesure avec son attitude inflexible, il répond avec sincérité à son interrogation. Aujourd’hui, il ne fera aucun détour. « Comment c’est possible que moi je ne te blesse pas ? Je croyais qu’on évitait tous les deux le sujet à vrai dire. Au temps pour moi, il y a quelques verrous qui sautent tout de même. » Son ton un peu revêche se pare immédiatement de plus de douceur. « Un ami à moi m’a aidé. A me débarrasser de ça.  Enfin je crois…  Je ne sais pas ce qui est plus recommandé ceci étant dit. Rester comme ça ou subir ce… Peu importe ce que c’était.» Il pose la dextre de l’australienne sur son genou cette fois-ci et caresse calmement le dos de cette main qu’il ne craint pas durant quelques instants avant de lui rendre sa totale liberté.

Sans oublier tout ce qu’elle a pu lui balancer un peu plus tôt, il poursuit. « Alors moi, je ne peux pas te faire part de mes inquiétudes mais toi, tu as le droit de tout me refuser ? Qui de nous deux tente de contrôler l’autre ? C’est l’hôpital qui se fout de la charité, Mack. T’es en train de m’avouer tes faiblesses et de me dire de ne pas suivre ton exemple. C’est d’une ironie. Tu peux prendre soin de moi à ta façon mais moi, je dois me contenter de la fermer ? » Il aspire l’air et le rejette pesamment. « Je dois faire quoi de toutes ces infos à ton avis, Mack ? Les digérer et passer à autre chose ? Te regarder sombrer comme ça ? Après ce qui s’est passé dans l’arène, après qu’on se soit retrouvés, je croyais que… » Les paupières basculent, le front rejoint la paume. Il a cru qu’ils avaient pris un certain tournant dans cette relation inqualifiable et chaotique. Faire deux pas pour reculer de trois. Dire qu’il venait enfin d’accepter l’attirance. Elle le fait désormais courir après son ombre. Les doigts lissent le menton, les prunelles se fixent au sol. Il se sent tellement idiot, tellement stupide d’avoir cru en cette chance inouïe. Une étoile filante rien de plus, rien de moins. Un vœu qui se perd déjà dans l'immensité d'un Univers indifférent. « Tu me soignes d’une main et me renvoie dans mes enfers de l’autre. Qu’est-ce que je dois comprendre exactement, dis-moi ? » Que la sortie se trouve juste là c’est ça ? songe-t-il sans toutefois oser l’ajouter.

Le regard s’oriente vers la porte qu’il a empruntée, la mort dans l’âme. « Ce n’est plus moi qui recule. Tu m’as accusé de le faire la dernière fois. Qu’est-ce qui s’est passé depuis ? » Ce qui viendrait ensuite, serait forcément néfaste. Il la sait incapable de communiquer avec la même sincérité, bien trop sur la brèche pour accepter ce qu'il ne cesse de remuer. Mais l’alcool ne lui permet pas de retenir ce qu’il ressent et pense. La détresse, non plus. Il est lassé de perdre tous les gens auxquels il a, un jour, tenu. Il ne peut pas tolérer qu’elle vienne s’ajouter à cette liste. Il ne peut pas la regarder faire et demeurer silencieux, résigné. Soumis à ce qu’elle a décidé pour eux deux sans même s’enquérir de son opinion.

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MessageSujet: Re: Follow me home [PV Mackie]   Hier à 16:54




Esprit solitaire exacerbé à l’extrême. Elle pensait cette part d’elle-même définitivement éradiquée, disparue depuis longtemps. Il semble pourtant qu’elle s’accroche inlassablement à son échine meurtrie. Une sangsue qui lui pompe son énergie à longueur de temps et l’empêche d’avancer. D’aller de l’avant. Elle s’engouffre dans des méandres lointains sans pouvoir en revenir. Ses pulsions nocives encouragées par ce parasite qui lui déglingue le cerveau. Si elle était parvenue à mettre ses petits travers de côté, le démon ne fait que leur donner du relief. Les remettre sur le devant de la scène. Et toutes ces petites choses qu’elle a longtemps essayé d’éradiquer, jusqu’à y parvenir, finissent par refaire surface les unes après les autres. Multipliées de manière exponentielle, jusqu’à ne plus laisser de placer à tout le reste. Tout ce qu’il y encore de bon en elle. Que le poison qui ronge ses veines et empoisonne le sang, délétère l’hémoglobine jusqu’à la noircir par sa pestilence. Elias était son dernier rempart avant la folie. L’australienne a tout fait pour ne pas le voir tomber à son tour mais il semble que lui aussi finisse par lui échapper. Il lui glisse entre les doigts sans qu’elle ne puisse le retenir. Et le voir s’éloigner sous son impulsion malsaine la rend encore plus dingue. Elle agit à l’opposé de ce qu’elle désire vraiment. Guidée par les voix toxiques qui lui dévorent l’esprit, perpétuelle bataille contre sa propre volonté. Elle est longtemps parvenue à restreindre le venin mais la fatigue est désormais bien trop grande pour qu’elle ne puisse y résister. Faiblesse de l’esprit, occasion immanquable saisie par la vermine impalpable.

Discours décousu qui n’a pas vraiment de sens. Elle le déblatère sans réfléchir et sans penser aux conséquences qu’il peut avoir. Une part de sincérité s’y engouffre pourtant. Dernière bribe de la véritable chimiste dissimulée derrière le pillard. L’entrave qu’il oppose la rend nerveuse. Il retient sa main contre son gré, s’inflige la douleur en toute connaissance de cause, renie les dégâts qu’elle lui procure. Mackenzie se pince longuement les lèvres, grimaçante. Elle cherche à récupérer le contrôle de la situation, pour se rassurer. Tire sur son poignet pour qu’il le lâche, sans succès. L’emprise est bien trop forte et la vision macabre la dérange. « - La distance est un mal nécessaire », persiffle-t-elle entre ses dents alors qu’il décide pour elle de ses geste. Les doigts crispés, elle suit les phalanges du regard, contemple l’horreur qu’elle provoque sans pouvoir y remédier. Elle se bat contre elle-même pour ne pas devenir plus désagréable qu’elle ne l’est déjà. Se mord la langue pour ne pas lui hurler sa fureur au visage, contient sa voix qui tremble et tout ses membres qui brûlent de retrouver leur libre arbitre. Les prunelles sont vides, seul les traits trahissent l’inquiétude. Elle n’en peut plus de ce contact qui le détruit. Elle se retient de la moindre réflexion quant à l’omission qu’il a faite. Ne pas lui dire qu’il était débarrasser du parasite qu’ils partagent était une erreur. Rien d’étonnant quand c’est tout ce qu’ils parviennent à faire l’un envers l’autre. « - Regarde-moi, Elias. Comment ça pourrait être pire ? » Pire que ce qu’elle est devenue. À cause de ça. Pire que d’agir contre sa raison. Pire que d’être contrainte de s’éloigner des seules personnes qui comptent vraiment. Et affronter les épreuves qu’elle a du affronter ces derniers temps a décidément été un supplice d’un tout autre niveau avec cette chose qui détraque sa personnalité. Lui, mieux qui quiconque, devrait le comprendre.

La blonde ramène brusquement sa main contre elle quand il daigne lui rendre sa liberté. Soupire las non dissimulé, elle perd de plus en plus ses moyens face au journaliste qui semble décidé à la mettre à l’épreuve. Il trouve toujours à redire, peu importe les confessions qu’elle veut bien lui faire. Les vérités qu’elle veut bien lui avouer. Les marques d’affections qu’elle veut bien lui montrer. Aussi insignifiantes soient-elles. « - Je ne t’interdis pas de prendre soin de moi, je te dis simplement que tu t’attaques à la mauvaise cible » Elle se frotte les tempes. L’impression de s’engouffrer encore un peu plus dans des travers dont ils ne pourront pas revenir. Pas indemnes. « - Tu penses que je suis en danger ici, à faire ce que je fais mais c’est l’une des seules choses qu’il me reste, qui me fait me sentir vivante et c’est surtout ce que j’aime faire. Me faire changer de voie, c’est me changer moi. C’est pas ça le problème, tu mélanges tout. Je te les donnerai tes médocs, si y'a que ça pour te faire plaisir » Timbre éraillé, agacé, éreinté. Il compare leurs maux comme si cela était possible. Mais la blonde n’a pas la sensation de ressembler de près ou de loin à qui que ce soit d’autre en ce moment. Plus seule que jamais. Même en la présence du grec. « - Tu croyais quoi ? Que ce serait facile ? C’est ce que j’aurais voulu aussi, je peux te l’assurer. Pour une fois, j’aurais aimé que tout soit simple » Les mots lui manquent pour exprimer sa déception. Elle le confronte un instant du regard avant de se détourner de nouveau. Comment ont-ils pu en arriver là ? La réponse lui paraît simple et pourtant, elle est incapable de la formuler.

« - Je ne comprends pas moi-même, comment veux-tu que je te donne une réponse claire ? » Le timbre est rocailleux et surtout fébrile. La dealeuse est épuisée de se débattre contre une ombre. La nervosité la gagne, elle perd pieds et commence à se laisser aller aux tendances néfastes que le monstre lui insuffle. « - Il ne s’est rien passé et tu n’as pas à t’en vouloir pour quoi que ce soit, c’est tout ce que je peux te dire » Le reste, elle n’en a pas la moindre idée. Comment en est-elle arrivée à vivre recluse pendant des semaines, à repousser le seul être qui lui apport un peu de réconfort, à se plonger dans une solitude dévastatrice ? Tout n’est que brouillard et les images se dissipent devant ses prunelles avelines. Vision trouble qu’elle tente de guérir en se frottant les yeux. « - J’ai l’impression de devenir folle » Un souffle qui lui échappe, aveu salutaire, elle en doute. Espère, pourtant. Elle s’enfonce sur son tabouret, affalée, les coudes retombent sur les genou couverts de bleus. Stigmates de ses nuits passées sur un sol trop dur. « - Je suis perdue, Elias, complètement détraquée par ce truc dans ma tête. Et c’est toi qui prend les coups » La blonde n’ose plus le regarder. Elle devrait y ajouter des excuses mais elle en est incapable. « - Je pourrais pas t’en vouloir si tu veux partir, mais c’est pas ce je veux. J’ai toujours besoin de toi » Plus que jamais. Même si elle semble montrer le contraire. La dealeuse est une contradiction à elle toute seule. Lui faire tout ces aveux lui a demandé des efforts impossibles. Aller à l’encontre de ce que lui hurle le parasite est une épreuve de chaque instant et elle lutte pour obtenir la victoire sur son rival permanent. Elle évite le regard adverse pour ne pas subir son courroux. Triture quelques mèches de ses cheveux décolorés. Trouve un intérêt futile dans tout autre chose pour minimiser ses dires. Réparer l’irréparable. Si c’est encore possible.

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