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 Some Kind Of Monster {Billie/Moriah}

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: Some Kind Of Monster {Billie/Moriah}   Sam 29 Avr - 10:02


« Loterie du RP »



Billie & Moriah
featuring



« « These are the eyes that can't see me
These are the hands that drop your trust
These are the boots that kick you around
This is the tongue that speaks on the inside
These are the ears that ring with hate
This is the face that I'll never change
This is the fist that grinds you down
This is the voice of silence no more
These are the legs in circles run
This is the beating you'll never know
These are the lips that taste no freedom
»

La tombée de la nuit, une usine déserte. Digne d'un scénario de film d'horreur pour adolescents en mal de sensations fortes n'est ce pas ? Ce soir l'ambiance est particulière. Ce soir, l'air n'est pas seulement chargé d'électricité... il est surtout chargé d'hallucinogènes. Soumises à des illusions créées par des sorciers malveillants sans même vous en apercevoir, soumises aux mêmes fantaisies macabres. Au point de croire même vos blessures physiques réelles, et inguérissables. Les portes se verrouillent, vous êtes pris au piège. Quand on vous disait que la curiosité était un vilain défaut... Ne tentez pas de briser les vitres teintées, ce serait vous fatiguer inutilement. Il va falloir vous entraider. La Grande Faucheuse vous poursuit entre les dédales des couloirs, les machines offrant des cachettes plus ou moins salvatrices. Entendez-vous les aboiements dans les dédales de la bâtisse ? Des dizaines de Cerbères imaginaires vous pistent, avides de dévorer votre chair et de ronger vos os, histoire de faire de vous leur diner infernal. Vous en sortirez-vous ? N'ayez pas peur, les illusions sont à durée limitée, elles finiront bien par s'évaporer.

Ordre de passage:
1 - Billie Rackham
2 - Moriah N. Teke



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MessageSujet: Re: Some Kind Of Monster {Billie/Moriah}   Dim 30 Avr - 23:37


« le sommeil de la raison engendre des monstres



Moriah Teke & Billie Rackham
featuring
Un million de miroirs explosèrent autour d’elle. Vrillée par les blessures ouvertes, elle retint un cri. Les corbeaux embourbés dans le pétrole vinrent se heurter à elle, l’étouffant de leurs plumes, la saccageant de leurs serres. Elle voulut hurler, mais ses poumons s’encrassaient, pulvérisés d’insecticide, de miel, de terre, de sable et de couteaux. Abasourdie, elle se traîna derrière une table, détruire. Bam, bam, bam, le cœur qui bat, qui manque d’exploser, de sauter de la poitrine pour venir s’écraser par terre, mu encore d’une énergie considérable. Il palpite, vivote, à moitié cahotant. Billie veut pleurer. Elle ne comprend pas ce qui se passe. Au loin, les grondements du tonnerre explose entre les murs – les rugissements des chiens, leurs aboiements sordides se répercutant entre les vitres, ils arrivent, ils approchent, ils courent plus vite qu’elle, ils vont la coincer, forcément, enfoncer leurs crocs putrides dans sa chair, la déchiqueter, arracher ses os, briser ses chairs, la labourer de leurs griffes. Elle sait que si elle reste là, elle est cuite. Pourtant elle est incapable de se mouvoir. Les jambes tremblantes, incapable de sortir son visage de ses mains, les joues trempées de larmes qu’elle ne sent plus couler. Elle voit. Elle les sent, glisser contre sa peau, chuchoter à ses oreilles, se glisser entre ses lèvres pour tapisser son palais de toiles. Les araignées, noires, velues, grimpent sur elle pour s’emparer de son corps, et elle reste là, prostrée, car elle ne peut rien faire d’autre. Entre deux hoquets, les murmures des Cerbères se rapprochent, ravissent ses oreilles, tentent ses poumons de s’asphyxier eux-mêmes. Elle est tentée. Que tout s’arrête. Comment s’est arrivé, putain ? Comment s’est arrivé ?

L’usine. Ca lui avait paru être une bonne idée. Désaffectée, sans âme qui vive alentours, elle s’était glissée entre les échafaudages, cherché une ouverture. C’était peut-être une usine chimique ? Ce genre de laboratoires pharmaceutiques ? Et même si ce n’était pas le cas, elle était certaine de pouvoir trouver quelque chose d’intéressant. Du matériel. De la nourriture, pourquoi pas ? Les vitres étaient encore intactes : personne ne semblait s’être aventuré dans ce qui apparaissait comme un oasis, une aubaine, un temple perdu pour les survivants. Elle n’y croyait pas ses yeux. C’était peut-être même trop beau pour être vrai, non ? Sur les murs, les graffitis tagués à la va-vite lui rappelaient une époque qu’elle n’était plus certaine de revoir. Le souhaitait-elle ? Elle avait aujourd’hui une vie qui lui convenait, malgré tous les inconvénients. Pourquoi s’enfermer dans un passé qu’elle ne pourrait plus jamais toucher qu’en rêve ? Quel était l’intérêt de s’apitoyer sur son sort alors que des dizaines étaient morts ? Elle était encore là, encore en vie, chancelante sur ses jambes lorsqu’il lui manquait de l’insuline, mais elle était là. N’était-ce pas ce qui comptait ? Au quatrième étage, les verres brisés d’une vitre partie en morceaux. De l’autre côté, un sac en plastique qui claquait au vent tel un drapeau, battant la mesure dans le silence de la nuit. Autant tenter sa chance. Au pire, quoi ? Elle ressortait en courant et le tour était joué. Peut-être qu’elle y trouverait le cadavre d’un campement. Elle ne pouvait croire qu’aucun survivant n’ai déjà tenté de s’y introduire.

Hurle, rafale, couchée, elle se relève. A genoux. Fais quelque chose. Bouge-toi. Les araignées tournicotent, tricotent, chatouillent sa peau pour la couvrir de baisers de soie. Elle hurle, hurle, hurle si fort que ses tympans explosent, comme toutes les vitres autour d’elle. Quand elle ouvre les yeux, le menton baigné de larmes laissant des sillons démangeant sur sa peau salie, les vitres sont toujours là, intactes, et il n’y a plus rien. Pas même les araignées. Rien que le hululement terrifiant des Cerbères au loin, qui s’approchent, inlassablement, pour venir se la faire. Les entailles laissés sur ses bras sont autant de griffures laissés par ses propres ongles. Les araignées se rétractent, se roulent en boule dans les recoins de son esprit, la laisse perdre haleine sur le sol de l’usine alors que les corbeaux de son angoisse coassent dans un coin. Elle reste là, prostrée, le temps que le temps passe. Que les secondes s’éteignent, et avec elles, la vie. Pourquoi ne peut-elle pas juste, se lever… L’angoisse, la terreur, elles la clouent au sol. Comme Jésus sur la croix, ses pieds, ses mains, tout en elle brûle d’être crucifiée sans pouvoir bouger. « — Billie putain. » Elle se parle à elle-même car il n’y a personne. Personne pour la sortir de ce mauvais pas. « — Reprends-toi. Tu peux le faire. » Elle pouvait, oui. La jeune femme avait déjà chassé une fois les insectes tissant leurs toiles dans les recoins de son esprit, alors une fois de plus ou une fois de moins…

Elle sortit son couteau, se remettant maladroitement debout, au bord de l’apoplexie. Putain. De. Merde. Grouille-toi, ma fille ou cette usine sera ton tombeau. Du sang suinte du plafond, rigole contre les murs, en trombes d’eaux tourbillonnantes – comme des gouttières qui récoltent le sang des aliénés. Les murs craquent, chuchotent, ne semblent pas vouloir céder à la tentation pour la laisser sortir. Alors elle se mit à courir, cherchant une issue, un endroit où les yeux ancrés dans les fondations ne la regardent pas. Les bouches au sol s’ouvrent, veulent la manger, l’engloutir tandis qu’elle prend de la vitesse, la vue totalement brouillée. Maintenant elle peut sentir l’haleine fétide des chiens, le rougeoiement de leur regard rubis, avide de sang. Comment sait-elle qu’ils sont de cette couleur ? Elle ne sait pas, elle court, cherchant à devenir ombre parmi les ombres, à ne pas tomber entre les griffes de la meute. La meute. La horde. Qui court, court, court, bien plus vite qu’elle et qui va la rattraper, pour sûr. Elle tourne. Droite. Droite. Droite. Gauche. Gauche. Cherche une porte. S’escrime sur une poignée. Fermée. Celle-là aussi. Elle descend des escaliers, tournicotent dans les colimaçons car les vitres restent intactes sous ses coups de poing. Elle ouvre une porte, deux, tombe sur un placard à balais, sur des menthes religieuses géantes qui se donnent pour mission de lui arracher la tête. Une seconde plus tard, alors qu’elle tourne au détour d’un couloir, elle heurte quelque chose, comme un immense perce-oreille. Ca fait bien deux mètres. Elle bat des cils, incapable de faire le point entre ses larmes qui se mélangent au sang s’écoulant de son crâne. Elle s’est fait mal ? Elle s’est ouvert ? Quand enfin elle peut y voir quelque chose entre la semi-obscurité et son incapacité croissante à comprendre ce que ses yeux décryptent, elle sait. C’est un être humain. Une humaine, même, de chair et de sang, qui n’a pas de dard, pas d’aile, rien d’insectoïde. Quelqu’un. Quelqu’un… Elle s’entend parler, mais c’est tout distordu, comme si ça ne venait pas d’elle, mais d’ailleurs. « — Pardon. Je… » Pourquoi elle s’excuse ?! Putain, elle a pas que ça à faire. Elle lève son couteau devant elle – elle voit, maintenant, elle voit ! « — Pas par-là, coasse-t-elle. » Pourtant elle gardait son arme bien levée devant elle dans une vaine tentative de se protéger. Elle voulait bien faire équipe – elle en avait rien à foutre, elle voulait juste sortir de cet enfer, mais elle n’était pas folle non plus. Les cerbères, les insectes, les corbeaux, elle ne savait pas les contrôler. Les humains, déjà mieux. « — Il faut qu’on bouge. »


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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: Re: Some Kind Of Monster {Billie/Moriah}   Sam 6 Mai - 22:18


« I no longer knew what was real and what wasn’t. The lines between reality and delusion had become so blurred.  »

 
Billie & Moriah
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Le sang dans les oreilles, la fuite dans les veines, la terreur dans les poumons, le râle dans la gorge. La peau bruisse et se déchire en éclats de verre noirs, qui dévoile ses os et les épines érigées le long de leur blancheur calcaire en joyaux d'écarlate et de déchéance. Ses prunelles vibrent, tremblent, se font kaléidoscopes pour mieux épouser les grondements des bêtes qui la poursuivent, serres effleurant sa peau en longs sillons sanglants qui se repeignent de boue noirâtre et de vase pourrissante, crocs brûlant l'arrière de ses chevilles pour la précipiter toujours plus avant. La course n'est que trébuchement, le lieu est un intestin recroquevillé sur lui-même tout de tours et de détours, à la chaleur pourrissante. Sueur qui perle le long de sa peau en ruisseaux d'acides, qui gravent son corps de leurs messages cryptiques. Un long bruissement le long de ses tympans, murmure sans fin, sans sons, sans sens. Tout est exacerbé, joue le long de ses nerfs comme des lames de scalpels, trace la ligne entre le frisson de crainte et l'agonie ouverte. Pensées qui se défont comme une toile. Raccommoder les images, retisser la toile, défaire la trame de la chaîne, retrouver le motif. Le moment où le fil de son esprit a été tiré, a laissé sa marque en creux derrière lui, lucidité emportée. Avancer, oublier, se cogner. Le sol et le plafond et les murs qui s'inversent constamment et la prennent dans leur vertige, pieds qui trébuchent, corps qui tombe, obligée de ramper, nouveau basculement, se relever, recommencer, le couloir qui s'étire, devant, derrière, autour, s'élargit et se resserre, tente de l'accoucher quand elle se raccroche aux éclats de réalité qui dansent devant elle et la provoquent  de leurs rires cruels. Le souffle s'accélère, sa gorge devient cage, dents de fer autour de sa trachée, qui broient et empêche l'air d'entrer. Les mains s'y portent, s'accrochent, les ongles y plongent et ne peuvent que gratter la surface, tentent d'y accéder, de défaire l'étau, poumons qui paniquent, dyspnée qui s'installe. Polypnée, le morceau de réalité qui murmure, moqueur, la voix douloureuse, explosive, coulée de lave dans de l'eau, jamais entendue et pourtant connue, chose en elle qui se joue de la barrière entre eux devenue perméable au fil du temps, qui gagne ce qu'elle sait et l'agite devant elle le temps d'une moquerie avant de se perdre de nouveau dans la cacophonie osseuse. Course des plaquettes et cellules, vagues de l'eau et la lymphe, contractions des muscles, convulsions des nerfs, hérissement de la chair, ondulations du monde, tout trop présents, tout qui submerge, impossible de respirer, bouche qui s'ouvre et agonise, avale l'air qui se prend au piège avant d'atteindre les alvéoles, tâches noir soleil devant ses yeux et monde qui tourne et tourne et se retourne et la détourne jusqu'à se donner lui-même le vertige, obligée de s'échouer contre un murplafondsol de se trouver couchéedeboutflottante, gravité une notion perdue, poursuivants égarés le long d'un détour dans une veine étroite à l'entrée barricadée, Moriah qui trébuche au-travers et se sauve sans le voir.

Silhouette déformée par la peur qui s'approche, lame qui oscille devant ses yeux en un ruban d'argent, murmure qui se reforme en un mot, invocation mortifère, le monstre qui veut se repaître de son sang et lui arracher sa peau, fasciné par la voix quand elle fixe, inerte. Bouger. Comment ? Son corps est plomb, ses poumons sont troués, l'air n'est qu'un souvenir, sifflement asthmatique, bouche qui avale l'air et croque l'oxygène, qui tousse le dioxyde de carbone, hochement de poupée brisée, genoux qui craquent en se déployant et l'éloignant de son autel gisant. Les aboiements se reforment, les croassements recommencent à s'empaler dans ses os, vers qui frémissent aux abords de ses yeux alors qu'elle fixe l'étrangère. Face humaine, lame tremblante, voix étrange d'oscillations pendulaires et de rigueur métrique. L'air a le goût du sang, son menton se peint de rouge sans qu'elle s'en rende compte, sa joue pourrit de l'intérieur et envahit son palais d'une texture nécropole, estomac se levant pour partir au loin, torse qui le suit pour le rattraper, gorgée brûlante ravalée à l'acide brulant comme l'azote. Les mots sont perdus, dans ses cordes vocales ravagées, dans le vide où devrait se former le son. La tête oscille au bout d'une colonne ressort sans rebondi à la place, acquiesce mollement, pieds qui se trainent, accélèrent, main tendue comme un réflexe qui effleure la peau de l'autre et se retire aussitôt, brûlée par la possibilité de l'avoir contaminée. pas de noir, pas de temps qui ronge la chair, surprise avalée par le cri muet alors que des serres se plongent dans ses cheveux et la tirent en arrière. De nouveau la main qui se referme, cou de plumes sous ses doigts, ailes qui battent, pieds qui courent, paumes qui tordent. Corbeau aux plumes de goudron sous ses doigts, qui les couvrent et les collent alors qu'elle le serre et le bat contre un mur, ongle arraché dans un éclat de douleur, sang en rigoles dans sa nuque, qui poisse les cheveux, sensation trop familière désormais pour être effrayante, vague mémoire de s'être perdue une fois déjà qui remonte, nul Chevalier à ses côtés, juste un duo désœuvré aux raisons effilochées.

"La sortie..." Deux mots comme des râles d'agonie, inaudibles, reprendre la course, trébucher et se projeter contre un mur, paroi qui vibre sous son corps et râpe la peau comme une langue avide de la vider de toute vie. Se redresser, osciller, monde qui tourne toujours comme la toupie qu'il est, pensées papillons qui se cognent dans l'obscurité, un filet de lumière dans un reflet de verre, courir vers lui, sans pensée, réflexe qui fait emporter l'autre. Ne pas se séparer, jamais. Devenir siamoises, seul moyen de survivre, deux esprits brisés pour en reformer un apte à penser, pas la place de s'inquiéter de la salir de nouveau, menace des bêtes qui feront plus un déterrent. Les sangsues ornent toujours sa peau de camées mémoires aux contours visqueux, les bêtes continueront à la faire ornement si elles les saisissent, serres pour graver, becs pour vider et poncer, crocs qui déchirent et réarrangent, la changeront en un bas-relief détaché du sol, tout de blanc et de chair et de mort. Tableau de beauté morbide, beauté qui l'effraie, image du rejet, murmure qui perd ses mots, se noie de nouveau. Air qui revient au moins, un peu moins de valse pointilliste dans ce qui l'entoure, entrainer l'autre à travers une porte, s'y coller, s'y plier, halètements, hoquets paniqués, joues qui poissent de larmes tout justes remarquées -larmes, sang, autre, même indifférence, détail trop dur à gérer, trop de choses à la fois, tri impossible, tout mis dans un seul sac étiqueté "plus tard", couvert par l'avalanche acide dans ses nerfs. "Qu'est-ce qui se passe... C'est les Jeux ?" Pensée craintive, ravalée, expulsée. C'est un nouveau Jeu, ce lieu ? Ou elle s'emmêle seule dans une toile de trouble, trop de tout pour retrouver le début, le lieu venu explorer, convoquer, ne sait plus ne sait pas oublié. Se concentrer, oreille qui traque les grondements de gorges affamées, cœur qui palpite et explose, rythme de lapin, yeux noirs proie, dents trop faibles et ongles trop courts, pas d'arme tangible autre que la souillure contagion. Des vers qui s'abattent en pluie sur elle, ondulent en faisceaux gluants, tentent de creuser son être pour se gorger de son essence alors qu'un cri s'arrache à sa gorge. Les premiers d'entre eux pénètrent entre ses doigts, se repaissent de son œsophage, nausée qui les rejette en masse de blanc noir restes défaits alors que les ongles grattent et griffent et tentent de défaire, Moriah paniquée qui piaffe et rue et les asticots qui continuent de tomber et de valser pour mieux être placés quand la mort saisira les corps.
   

   

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MessageSujet: Re: Some Kind Of Monster {Billie/Moriah}   Lun 15 Mai - 22:13


« le sommeil de la raison engendre des monstres



Moriah Teke & Billie Rackham
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« La sortie… » Tours d’ivoire au milieu des jappements, les deux mots sortent, sont vomis, dans une plainte chétive. La sortie, oui, ce serait une bonne idée. Pourtant, même si ces deux mots symbolisent la survie, le résultat d’une équation insoluble, la seule chose que Billie n’a jamais voulu, elle ne sait pas. Elle ne sait plus. Les murs valsent, tressautent, s’enchevêtrent tandis que les râles de ce qui les poursuit se font plus violents, plus perforants. Elle voudrait pouvoir sortir une carte, une boussole, quelque chose pour les guider dans ce dédale de pierres et de soufre mais elle ne le peut. C’est à peine si elle tient sur ses jambes, os brisés qui se désarticulent à chaque battement de coeur. Peut-être qu’elle dit autre chose - B. ne sait pas, il n’y a que les chiens, les chiens qui les poursuivent, qui vont les tailler en pièces, devenir proie au lieu d’être chasseur. B. aime les chiens. Elle aimerait en avoir un d’ailleurs - pas de bol, elle a un renard, mais c’est pas si mal quand même, un renard. C’est pas commun, un renard. Mais elle n’a pas de haine pour les chiens - même qu’ils pourraient être gentil, non ? Non…

Les crocs s’enfoncent dans son bras - non, juste les doigts qui s’y enroulent pour la tirer vers la suite du couloir, vers les murs en PVC, vers les parois en verre qu’elles n’arrivent pas à briser. Elles reprennent leur course chaotique, titubent, deviennent amies, peut-être, s’échangent des informations, sûrement. Billie ne boit pas beaucoup, surtout depuis l’apocalypse. Enfin apocalyspe… Elle sait même pas pourquoi elle a utilisé ce mot. Mais quand elle buvait encore, quand les bulles remontaient dans sa gorge surtout quand il s’agissait de champagne, ça lui faisait le même effet. La tête qui tourne, les jambes qui ne répondent plus vraiment, on rigole, bêtement. Là elles rigolaient pas, mais elles avaient des rictus quand même. C’était pas rien, nan ? « Qu’est-ce qui se passe… C’est les Jeux ? » Enfin un peu de bon sens, une question qui peut amener des réponses, une question pas trop dénuée de sens. Elle ne saurait pas dire pourquoi mais Billie est persuadée qu’il s’agit de tout, sauf des Jeux. Pourquoi elle serait là, d’abord ? Elle avait juste vu une putain d’usine. « Pas les Jeux. Là, tu veux pas qu’on aille là ? Le temps de… » Elle montre de son doigt tout distordu les conduits d’aération au plafond, accessible par de grandes grilles. On dirait qu’ils sont assez grands pour les contenir toutes les deux. Peut-être que les molosses les lâcheraient deux minutes ? Mais cette sensation entêtant, l’odeur, les hauts-le-coeur, cette envie de dégueuler à chaque porte qu’elles passaient, ce n’était pas normal. Elles avaient beau être terrorisées, la terreur, ça la connaissait Billie. Et ça ne ressemblait pas à ça. Là, elles pataugeaient en plein cauchemar. Etait-elle endormie, dans son lit, au camp ? Allez grand-frère, vient me réveiller, s’il te plait. Mais elle le sait, au fond d’elle, qu’elle n’est pas endormie. Que tout ça n’est pas un rêve. « On peut grimper là-haut, laisser passer les chiens mais… La perception des choses est… Pas pareille. J’ai du mal à parler. Comment es-tu arrivée ici ? » C’était totalement décousu mais elle voulait en apprendre plus sur la demoiselle avec qui elle rasait les murs. « Je ne vais pas pouvoir courir comme ça bien longtemps… » Est-ce que c’était un malaise ? Le manque criant d’insuline ? Est-ce que c’était à cause de ça que son cerveau se fracassait toutes les deux minutes contre sa boîte crânienne ?

« On est entrées par quelque part, on doit bien pouvoir sortir, mais il faut qu’on réfléchisse. » Bonjour madame qui enfonçait les portes ouvertes. Heureusement, B. commençait à reprendre ses esprits. Tout n’était pas encore net, il y avait des flous, des bugs, parfois elle passait d’une salle carrelée à une salle complètement lambrissée, mais il faisait toujours nuit, les murs dansaient toujours, les fenêtres, bouches béantes se moquaient d’elle. B. était devenue l’Alice au pays des Usines, complètement camée par ce qu’elle ne connaissait pas, grANDISSANT POUR FINALEMENT RAPETissir sans vraiment comprendre pourquOI COMME SI TOUT AUTOUR D’ELle n’avait finalement pas la bonne taille. Elle était soudainement grande, forte, fière, féroce, et l’instant d’après elle n’était qu’une petite chose, fragile, que les Cerbères voulaient déchiqueter entre leurs crocs. Mais une chose restait, au fil des pièces, au fil des couloirs qui se ressemblaient tous et qu’elles engloutissaient sans jeter un regard en arrière : les conduits d’aération restaient là, bien présents. Au détour d’un chemin, alors que ses poumons menaçaient l’implosion imminente, dans le reflet d’un miroir brisé sur le sol, Billie les vit. Ils étaient là, griffes raclant le sol. « Si tu as une meilleure idée, je prends, mais faut faire quelque chose… » Être deux lui faisait pousser des ailes - elle retrouvait ses mots, éloignait les araignées autour d’elle. A deux, elle se sentait plus forte, oui. Ferme-la,
B., ferme-la, tu parles trop.


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MessageSujet: Re: Some Kind Of Monster {Billie/Moriah}   Mar 23 Mai - 0:24


« I no longer knew what was real and what wasn’t. The lines between reality and delusion had become so blurred. »

Billie & Moriah
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Invisibles, les drogues dans l'air, inaudibles, les respirations des sorciers qui donnent vie à leurs hallucinations et les enferment dans leur étau de panique. Perdues dans les vapeurs opioïdes, impossible de discerner les échos étranges des griffes des chiens infernaux contre le carrelage ou le froissement artificiel des plumes, les frémissements des ombres, ou tout autre signe avertissant de l'hallucination. Il n'y a que la peur exacerbée, qui brouille les sens et les pensées, laisse l'immédiateté de la survie, à n'importe quel prix. Fuir pour sa vie, jusqu'à être prises au piège et essayer de s'en sortir. Ou juste de sortir. Incertitude, les lèvres qui s'étirent en rictus jumeaux pendant qu'on court pour sauver sa peau. L'humour est plus noir que le goudron, mais il est là, irrépressible jusque dans le cauchemar, alors même que les vers ondulent contre sa peau et entrent dans sa bouche, glissent jusque dans son œsophage, l'étouffant, impossible de vomir pour les expulser, les ongles paniqués qui glissent dans son cou et s'y enfoncent pour tenter de les extraire. Les mots de l'autre femme se distordent sous les ondulations dans ses oreilles et son corps, deviennent comme des vers eux aussi. Pas les Jeux. Le reste se perd, le principal reste, plus terrifiant encore. Les Jeux, elle aurait pu comprendre. Cette situation, elle ne la comprend pas, larmes qui commencent à dévaler ses joues et les brûler, rire hystérique qui gargouille dans sa gorge.

Doigt levé, tête qui suit le mouvement, conduits d'aération qui traversent le plafond comme des vers géants, des intestins. Les yeux sont exorbités quand ils se posent sur la jeune femme avant que le visage opine en silence, sèchement, asticots qui se détachent de sa peau dans le mouvement. Bonne idée. Continuer d'avancer malgré tout, de salles en salles, quelque chose d'artificiel dans leurs déformations, les haleines des chiens qui les poursuivent et brûlent la peau par l'appréhension d'être retrouvées par eux. Ancienne usine, quelque chose qui cloche, oui. La perception... "Des drogues ? Mais... c'est une usine..." Ânonner les mots, les syllabes, comme une enfant qui apprend à parler. La peur qui mâche les sons, les asticots qui bouchent la gorge, les sens en perdition. Avancer quand même, sourcils qui se froncent, pieds qui trainent et s'emmêlent. La terreur qui électrifie la peau et rend les nerfs visqueux, besoin d'un maximum d'espace entre l'autre femme et elle et nécessité de rester soudées. Elle relâche son bras à la place, la main qui frotte frénétiquement le mur pour en chasser la sensation imaginée de chairs liquéfiées. Pas le fruit d'une hallucination des sorciers, celle-ci. Juste son esprit trop fatigué qui se met de la partie, le monstre qui s'agite et amplifie la peur d'un nouveau cran, qui accélère encore le cœur, trop de battements, l'organe qui palpite trop vite, trop fort, semble déterminer à exploser en elle ou à se faire pulpe à force de se battre avec sa cage thoracique.

Avancer, encore. Le thème des dernières semaines, avancer encore et encore, le thème de sa vie, avancer pour ne pas s'effondrer, ne se laisser s'émietter que devant de trop rares personnes. Dans le verre d'une vitre rendue miroir par l'obscurité, elle peut voir son cou. Humain, parce que Balrog se laisse dominer plus aisément qu'avant. Noir et pourri, parce que ses onglet se sont trop acharnés sur la chair et y ont laissé leurs traces. Même en lui rendant son image, il reste le vrai propriétaire de son corps, de son fonctionnement. La haine chasse tout un instant, aveugle et blanche, toute des palpitations et de sa respiration qui compte plus de CO2 que d'oxygène, avant d'être noyée par un son fait de cauchemars. Griffes qui crissent contre le carrelage, raclent, les premiers râles des bêtes qui ne demandent qu'à se nourrir de leur sang. La vague pensée que si quelqu'un voit son cou, sa monstruosité sera révélée qui se défait aussitôt en pensées-éclairs qui hérissent sa peau et accélèrent encore encore encore son cœur. Moriah... Tu risques de mourir trop tôt. La voix de Calder dans son esprit, qui lui tire un rire épuisé. La phrase qui prend des accents prémonitoires, alors qu'elle fixe la trop jeune femme à ses côtés. "Pas d'autre idée, non... Tu es la plus légère de nous deux, à vue d'oeil. Si je te hisse, tu peux atteindre la grille et l'ouvrir ? Je trouverai un moyen pour te rejoindre." Elle n'en voit pas. Rien où prendre appui, rien pour prendre élan, l'autre pas assez forte pour la hisser ni même assez grande. L'une d'entre elles sera en sécurité au moins, tandis qu'elle la hisse, les muscles qui tirent et qui hurlent, les yeux qui oscillent nerveusement entre le plafond et les bêtes. Elles ne se pressent pas. Pour quoi faire, elles sont prises au piège. Le crissement de la grille, le raclement plutôt, qui transperce les tympans et manque faire lâcher prise. Nouvelle pluie d'asticots qui la couvre, quand elle parvenait enfin à passer outre ceux déjà sur elle, qui commencent aussitôt à s'enfouir dans sa peau, à se délecter de son cou mort. Parler à travers eux, comme étouffée. "Je te rejoindrais. Je dois juste retourner à la salle d'avant..." Franchir le mur des chiens. Si ils ne la dévorent pas vivante. Si ils sont d'humeur à poursuivre leur chasse, plutôt que d'abattre leur proie. "Il y avait une étagère, si je l'escalade, je pourrai te rejoindre. Tout ira bien." Tout ira mal. Pas le choix pourtant. Prier, fort. Et ne pas lui laisser le choix.

Les crocs s'enfoncent, s'accrochent, déchirent, mordent sans douceur mais sans force non plus. Blesser, pas tuer, affaiblir, pas abattre. Ils ont tort, elle répand sa pourriture, elle, sans gêne, elle hurle sa douleur quand une mâchoire se referme autour de sa cheville et la frappe de son autre pied, et elle réussit. La grille qui cède, l'asile des conduits, lourd métal remis à sa place comme dans un réflexe (trop vu Jurassic Park petite, l'esprit trop fatigué pour faire la différence entre raptors et chiens infernaux, trop mal pour faire plus que des gestes automatiques), se rouler en boule et fermer les yeux. La folie, la douleur, le palpitant tremblant, fébrile. Juste une minute. Juste une minute pour souffrir. Et elle se remettra en route, elle rampera, elle avancera avec ses dents si nécessaire. Promis. Mais juste une minute, avant. Pour essayer de se rappeler ce que c'est que la sécurité.


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Some Kind Of Monster {Billie/Moriah}

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