AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Quitte ou double, ft Anastasia

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité

avatar





MessageSujet: Quitte ou double, ft Anastasia   Dim 30 Avr - 18:25



Murderer
I'm about to hunt you down through, The big black hole right behind you, And I'm about to cut your wings away, 'Cause I've been finding out, Where you've broken in, And I will take you out, When I close you in



Son existence de solitaire avait été bousculée et sa tranquillité perturbée. Dernièrement, son quotidien avait été mouvementé, sa vie mise en danger, alors tout s'était précipité. Une horde de zombies qui avait déferlé dans les rues et qui aurait pu n'en faire qu'une bouchée, une virée dans les ténèbres des égouts qui avaient failli le happer, puis cette saleté de raid dans le bayou duquel il avait été à deux doigts de ne jamais revenir... Tout ne tenait qu'à un fil et ce dernier était toujours manipulé par un autre, quand l'orphelin avait cru innocemment pouvoir être le seul à tenir les rênes de son avenir. Un futur sombre, déjà tracé, porteur d'une vengeance qu'il avait sans cesse reculé et qu'il allait, aujourd'hui, largement accélérer. Ievseï devrait payer le prix de ses meurtres avant que la mort ne fauche le survivant de cette famille déchue que le russe avait massacrée. Il comptait anéantir cette vie avant qu'une énième catastrophe ne menace la sienne, car il ne quitterait pas ce monde sans que justice n'ait été rendue. C'était impensable. Certes, la terreur s'accrochait aux entrailles; qu'adviendrait-il lorsqu'il aurait atteint son objectif et qu'il n'aurait plus rien à quoi se raccrocher ? Plus le moindre but dans cette vie qui n'avait plus rien à lui offrir ? N'y pense pas.. Ne plus y songer, au risque de reculer. Se contenter d'avancer, sans savoir où ses pas coléreux le mèneraient, sans une pensée pour le lendemain qui l'attendait, ou pas. Peut-être ne survivrait-il pas à cette vendetta, alors tout serait réglé. Terminé.

Dernièrement, ses oreilles fouineuses avaient traîné avec plus d'attention, capté chaque détails des conversations qui pourraient le conduire à cette cible qui n'avait pas encore de visage. Les bonnes informations, les bonnes personnes... Les langues se déliaient vite en échange d'un peu d'argent et Milan avait fini par obtenir le nom d'une étrangère qui n'était cependant pas inconnue du tueur à gages. Sans savoir ce qui les liait l'un à l'autre, simplement dans la confidence d'un ressentiment dont il n'avait ni les tenants ni les aboutissants. Une alliée potentielle pour dénicher enfin ce vilain oiseau insaisissable, c'était tout ce qu'il avait retenu de cet entretien intéressant. L'ennemi de mon ennemi est mon ami disait cet adage sur lequel il espérait pouvoir compter. Le dernier de sa lignée brisée priait pour l'authenticité de ces mots livrés dans l'intimité d'un endroit peu fréquentable et pour lesquels il avait payé cher. Dans le cas contraire... Soit il aurait été simplement arnaqué d’une bonne partie de son salaire, soit conduit dans la gueule d'une louve qui avait le pouvoir de refermer dangereusement ses crocs sur lui. Quitte ou double, mais il s'était persuadé qu'il n'avait déjà plus à rien perdre. Le risque valait la chandelle et la chandelle était inestimable.

La nuit était tombée sur les rues du côté Est de la Nouvelle-Orléans, apportant avec elle le silence pesant d’un couvre-feu que le jeune voleur d’énergie bravait en laissant traîner son regard aux aguets à chaque coin de rue, surveillant attentivement ses arrières. Prudemment, il s’était acheminé jusqu’au Bones avec l’espoir de dégoter cette fameuse Bolkonsky dans son enceinte. Ce n’était pas la première fois qu’il en foulait le plancher, voilà plusieurs soirées consécutives qu'après ses heures de service au Masquerade il s’installait à une table, un unique verre à la main qu’il sirotait lentement en attendant que la désirée pénètre le club, que le hasard fasse son oeuvre. Une bien mauvaise habitude qui tournait presque à l'obsession. Le vengeur balayait chaque silhouette qui poussait les portes avec une étincelle un peu folle dans ses prunelles fureteuses. Puis sombrait dans le pessimisme, car aucune d'entre elles ne correspondait à la description qu'on lui avait fournie. Pourtant, abandonner ne faisait guère partie de ses options et ce petit manège aurait pu durer longtemps avant qu'il ne tombe enfin sur le portrait qu'on lui avait dressé.

Son corps encore juvénile se redressa subitement sur sa chaise, le réceptacle encore plein qu'il portait à ses lèvres se figea à mi chemin, puis fut reposé en douceur sur la table de bois aux allures de nouveautés - les conséquences d'un récent incendie paraissait-il, lui n'était pas très aux faits de ces choses là -. La cible tant attendue pointait soudainement le bout de son nez aussi charmant qu'il avait été décrit, Milan était persuadé qu'il n'y avait pas d'erreur sur la personne. Le soulagement fut ressenti, la peur aussi. L'appréhension était aussi grande que le réconfort d'une longue attente qui empoignait enfin son terme. La fin d'un chapitre pénible à endurer qui en amenait un autre peut-être plus difficile encore. Soit. Sa décision était prise, il quitta sa chaise avec son récipient en main pendant que la brunette s'installait au bar, s'assit sur le tabouret libre à ses côtés sans s'annoncer. Pas un regard. Juste le silence et quelques secondes d'une hésitation qu'il ne désirait pourtant pas éprouver avant de rompre son mutisme, de se jeter directement au coeur du sujet sensible. Tourner autour du pot, à quoi bon ? « Anastasia Bolkonsky ? ». Question purement rhétorique, c'était elle, il n'avait aucun doute. Le descriptif était parfait. « Je m’appelle Hayden Barnes ». Un mensonge pour se couvrir, au cas où les choses ne tourneraient pas à son avantage. Prudence était mère de sûreté. « Je suis là parce qu’une connaissance m’a dit où te trouver et ne me demande pas laquelle, je ne file jamais mes sources. Elle m’a aussi dit que tu connaissais un certain Ievseï et c’est lui qui m’intéresse ». Il ne lui restait plus qu'à croiser très fort les doigts.
Revenir en haut Aller en bas

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 549
↳ Points : 105
↳ Arrivé depuis le : 02/02/2017
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jaimie Alexander
↳ Age du Personnage : 32 ans (72 ans réels)
↳ Métier : Journaliste / Informatrice
↳ Opinion Politique : L'argent fait le bonheur et mon opinion
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Dance of Fate - Epica | Take the Day - Turisas | Scaretale - Nightwish | The Parting Glass - Peter Hollens | 5th Symphony (mvt 1) - Beethoven | Yma O Hyd - Dafydd Iwan | Piano Concerto n°2 - Shostakovich | Nuages - Debussy
↳ Citation : " When darkness will reign and blind us all Allegiance will bind us if we do not fall. "
↳ Multicomptes : Aimée G. Townsend
↳ Couleur RP : #0066ff



les petits papiers
↳ Copyright: MiniBouh ; Crackle Bones
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Quitte ou double, ft Anastasia   Dim 30 Avr - 22:31

Quitte ou double

Anastasia & Milan

Y a vraiment des soirs où je me pose des questions bêtes. Pourquoi les brioches à la confiture de framboise coûtent si cher ? Comment le con qui a découvert qu'en collant un spaghetti sur le carrelage on pouvait voir s'il était cuit s'y est pris la première fois ? Pourquoi est-ce qu'après tant d'années de certitude et de préparation d'une vengeance bien rodée je me mets à douter ? Entre nous, la troisième question est un peu plus vitale que les deux autres. Et surtout, je pense pouvoir lui donner une réponses qui tient en deux mots : putain de sentiments. Il va me rendre dingue, ce con, avec ses beaux discours auxquels j'ai envie de croire, ses attentions, sa volonté évidente de retrouver notre amitié perdue... Mais est-ce que je dois le croire ou fuir au plus vite ? Lassée, je lève les yeux au ciel et soupire. Dans ma main, mon crayon s'agite sans parvenir à se poser plus de trois secondes d'affilée sur le papier. J'ai écris un titre, c'est déjà un début, et je sais ce qu'on me demande d'écrire seulement... Ça ne m'intéresse pas, je dirais même que je m'en fous complètement mais comme on dit, il faut savoir se faire violence. Quand je baisse à nouveau les yeux, c'est pour moi le carnage qu'a fait mon crayon sur la feuille. Des gribouillis, une tête de coyote plus ou moins fidèle à la réalité, et les noms d'Andreï et de Georg dans la marge, criblés de flèches et de points d'interrogation.

Inutile que je m'acharne, je n'arriverai pas à écrire ce soir car j'ai visiblement l'esprit occupé à autre chose. Tant pis, ce fichu article attendre, j'ai besoin de me changer les idées. Je chiffonne la feuille, la balance dans la poubelle et attrape ma veste avant de quitter mon appartement en vitesse. Je dévale les escaliers sans un bruit, discrète comme une ombre et m'engouffre dans les rues sombres et mal fréquentées du quartier où je vis. Putain de ville, putain de population, putain de tout. Arrivée sur un grand boulevard, je m'immobilise. C'est bien gentil d'être sortie, mais pour aller où ? Pour voir qui ? Si tant est que j'ai envie de voir quelqu'un... Alors que je fais le tour de tout mon carnet d'adresse, je me rends compte qu'une soirée en solitaire ou avec des inconnus sera sûrement plus agréable que le « qu'est-ce qui ne va pas » qu'un ou une amie ne manquera pas de me poser dès mon arrivée. Mon choix finit par s'arrêter sur le Bones, on je n'ai pas mis les pieds depuis un bon moment déjà. D'un pas décidé, je traverse la ville, évite les coins où je pourrais m'attirer des ennuis, fais des détours et me retrouve finalement devant le Bones. Y a pas à dire, avoir un flaire d'animal c'est quand même plus efficace qu'un bon sens de l'orientation.

Quand je pénètre dans ce qui ne semble être qu'une vieille librairie défraîchie, les vapeurs d'alcool et la chaleur humaine me montent immédiatement au nez. Il y a du monde, ce soir, et la foule se masse à la fois autour du bar et des tables de jeu. Parfait. Avec un tel monde, je peux passer inaperçu et profiter de ma soirée tranquille sans que qui que ce soit vienne m'emmerder. En principe... Parce que le karma se démerde toujours pour me foutre son vilain majeur dans l'œil et me rappeler que la tranquillité c'est surfait. A peine ai-je commandé mon verre et me suis-je que je vois du coin de l'œil quelqu'un s'asseoir à côté moi. Les yeux rivés sur le barman, je n'y prête pas attention. Mais lorsque j'entends mon nom, tout mon corps se crispe et ma mai glisse instinctivement vers la ceinture de mon pantalon, où je garde toujours accroché un petit poignard. Je n'ai jamais entendu cette voix, j'en ai la certitude, mais si je tourne les yeux vers lui, il saura que je l'écoute. Et ça non merci. Pourtant, lorsqu'il me donne le mien, de nom, je démarre au quart de tour.

« J'vois pas c'que ça peut m'foutre de le savoir », je grogne en portant mon verre à mes lèvres.

Qu'il me foute la paix, qu'il aille emmerder quelqu'un d'autre... Sûrement un type qui veut acheter mes services pour obtenir des renseignements sur sa femme qu'il pense infidèle ou une merde dans le genre. J'en reçois trois fois par semaine, des demandes du genre. Je m'apprête à me mettre des œillères et à faire mine de ne pas l'écouter quand il reprend, mais ce nom qu'il prononce me fait l'effet d'une décharge électrique. Ievseï... Bon sang même quand j'essaye de ne pas penser à lui, son patronyme à la con me rattrape ! Cette fois, je tourne les yeux vers l'étranger le fusille du regard. Visage juvénile, regard déterminé et allure de gringalet... Qu'est-ce qu'il peut bien vouloir à Andreï ? A moins que ça ne soit un autre Ievseï, sa cible ? Étrangement, j'ai du mal à y croire, d'autant que tous ceux qui porte ce nom dans cette foutue ville, c'est le seul que je connaisse vraiment.

« Une connaissance ? Et j'peux savoir qui c'est, ta connaissance ? On a pas gardé les cochons ensemble, mec, alors t'es gentil, va t'amuser ailleurs. »

Je me tourne à nouveau résolument vers le bar, boit une gorgée de mon verre, mais j'ai beau faire tous les efforts du monde, je sens toujours sa présence à côté de moi. Je finis par soupirer et me tourner à nouveau vers lui.

« Écoute... Je sais pas qui t'es, je sais pas c'que tu lui veux, à ce Ievseï, mais j'vais t'apprendre un chouette truc : des russes y en a un paquet, dans cette ville, et c'est pas parce que j'ai un nom qui ressemble à une marque de vodka que j'connais forcément tous les cons qui viennent de Sibérie, ok ? Maintenant fous-moi la paix. »

D'un autre côté, ça m'intrigue, tout ça. Je mens bien, ça c'est une certitude, et lorsque j'affirme ne pas connaître Andreï, je le fais avec une aisance déconcertante. J'ai pourtant bonne espoir qu'il insiste un peu, car j'aimerais bien savoir ce qu'il veut, à mon abruti congénital de rat mal... Bien aimé... J'en sais rien.

_________________


We are going to die, and that makes us the lucky ones. Most people are never going to die because they are never going to be born.
The potential people who could have been here in my place but who will in fact never see the light of day outnumber the sand grains of Sahara.

(c) crackle bones
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne

Invité
Invité

avatar





MessageSujet: Re: Quitte ou double, ft Anastasia   Lun 1 Mai - 10:44



Murderer
I'm about to hunt you down through, The big black hole right behind you, And I'm about to cut your wings away, 'Cause I've been finding out, Where you've broken in, And I will take you out, When I close you in


C'était mal barré. Doux euphémisme qui laissa un instant la jeune créature désarmée face à ce mur volcanique qu'il venait de heurter de pleine face. D'après les rumeurs qu'il avait débusquées, la réaction de la russe aurait dû se révéler moins ombrageuse, d'avantage intéressée par ce nom qui aurait dû capter toute son attention. Qui envoya malheureusement l'orphelin sur les roses, presque contre toutes attentes. Son entreprise était risquée, le résultat compromis, il avait conscience d'avoir mis les pieds dans un plat avec peut-être un peu trop de brusquerie mais la riposte n'en demeurait pas moins perturbante. Néanmoins la décontenance ne dura que quelques secondes, rapidement remplacée par ce masque imperturbable qu'il savait si bien adopter et le sortait bien souvent des situations les plus troublantes.

Le liquide tournoya dans son verra sous l'action de ses doigts pendant qu'il réfléchissait à la meilleure réaction possible, à la réplique qui permettrait d'apaiser l'esprit qu'il avait échauffé. L'alcool chemina jusqu'à ses lippes, descendit lentement dans son gosier sans qu'il ne regarde sa voisine. Vidé d'une traite avant qu'il ne repose le réceptacle puis ne le repousse un peu plus loin avec une nonchalance calculée. Cette femme était quelque peu intimidante, pourtant Milan ne devait rien dévoiler du malaise qu'elle venait d'occasionner. Ce monde n'était pas le sien, cette peau dans laquelle il se glissait depuis les meurtres de ses proches n'était pas taillée pour lui et pourtant. Il n'en montrait rien. Sa voix était sereine, assurée, pleinement déterminée lorsqu'il lui fit part de son intention de ne rien lâcher. « Je pourrais aller gentiment me faire voir, si seulement je n'étais pas aussi obstiné ». Tout son corps pivota sur le tabouret, il s'adossa contre le comptoir, s'y accouda en même temps, zieuta à peine la jeune femme au passage. « J'ai pas l'intention de bouger mon cul de ce tabouret mais toi tu peux toujours aller voir ailleurs si ce que j'ai à te dire ne titille vraiment pas ta curiosité, je ne t'importunerai plus, sauf que j'en doute très fortement tu vois. Il paraît que Ievseï est un nom que tu as dans le collimateur ». Ses yeux perçants s'ancrèrent finalement sur la silhouette avec une résolution farouche. « Disons que nous sommes deux ». Capter l'attention de l'auditoire, premièrement, avant de dévoiler les détails de cette sombre affaire qu'il avait à régler avec celle qui deviendrait son alliée, ou son ennemie, mais qui ne laisserait plus le perturbateur repartir dans l'indifférence.

Le dernier né des Cohen balança quelques secondes sa tête en arrière en se mordillant l'intérieur de sa lèvre inférieure, ses paupières closes. Le souvenir de cette nuit d'horreur refaisait surface, douloureux, insupportable. Il restait profondément traumatisé par le corps inerte de son petit frère. Un enfant. Juste un pauvre gosse. Le monstre paierait pour cette atrocité, pour toute cette famille qu'il avait assassinée. Regretterait amèrement que tous ses membres n'aient pas été présents cette fameuse soirée, que le travail n'ait pas été totalement achevé, s'il se rappelait toutefois de ces visages qui n'étaient que des noms sur une liste trop longue que le tueur oubliait peut-être au fur et à mesure de ses assassinats. Cette idée était terrible et rendait plus vive une haine déjà démesurée. Cet homme qu'il pourchassait n'était qu'une ignominie qui ne méritait pas de fouler impunément cette Terre, alors qu'il avait privé des innocents de ce droit parce que des mafieux qui se prenaient pour Dieu les avaient jugés coupables d'une ambition qui avait dépassé leur pauvreté. Des parents et leur progéniture, tués pour de l'argent que le paternel avait été incapable de rembourser. Monde de merde, dirigé par les mains du Diable et de ses sbires prêts à tout pour un peu de fric, ou de reconnaissance malsaine.

L'orphelin soupira en se redressant sur son siège. Son regard assombri par son ressentiment, qui dissimulait néanmoins la souffrance que lui causait sa mémoire encore fraîche, accosta celui de l'impulsive. Son grain de voix tonna sévèrement. « Ce Ievseï là tu le connais semble t-il, du genre à tuer tout ce qui se présente sur une liste noire sans états d'âme ». Un tueur à gages de cette trempe avec ce patronyme, ça ne devait pas courir les rues et heureusement. Dans le pire des cas, si Milan faisait fausse route, un Ievseï l'amènerait forcément à un autre et il finirait indéniablement par déloger de son trou à rats celui qu'il recherchait précisément. Ces russes, une grande famille. Lui, il en avait été injustement privé. Justice devait être rendue et il était le seul à pouvoir s'en assurer. Toutefois, sa langue ne devait pas trop se délier, car ça pourrait lui causer une trop grande panoplie de préjudices. Ne pas trop en dire mais malgré tout lâcher suffisamment d'informations pour obtenir ce qu'il souhaitait de cette tigresse qui le laissait si facilement contempler ses griffes. « Nous avons un petit différend à régler tous les deux, la routine dans ce milieu ». Ses sourcils se froncèrent légèrement, malmenés par une touche de méditation. Ne sachant pas s'il s'attirerait les bonnes grâces ou le courroux de la donzelle, il fallait choisir ses mots avec grand soin, laisser entendre qu'il avait une dent contre l'assassin sans pour autant avouer que son seul désir était de la lui planter dans la carotide. Atténuer son aversion et minimiser les torts que le meurtrier lui avait fait subir. « Il a pris quelque chose qui m’appartenait et j’aimerais bien qu’il consente à me payer ce qu’il me doit, d’une manière ou d’une autre ». En massacrant tous mes proches il a volé ma vie, j'aimerais qu'il le paye de la sienne pour espérer que sa mort puisse peu à peu me rendre la mienne. Ou crever en tentant d'essayer. Pour l'heure, il fallait déjà pouvoir s'offrir les moyens de le trouver. Cette femme était l'indice le plus concret qu'il avait découvert jusqu'à ce jour. « Les langues sont plutôt bavardes quand tu lâches suffisamment d’argent sur la table, elles m’ont mené jusqu’à toi en sous-entendant que tu pourrais peut-être m’aider ». Pourvu qu'il ne se trompait pas.
Revenir en haut Aller en bas

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 549
↳ Points : 105
↳ Arrivé depuis le : 02/02/2017
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jaimie Alexander
↳ Age du Personnage : 32 ans (72 ans réels)
↳ Métier : Journaliste / Informatrice
↳ Opinion Politique : L'argent fait le bonheur et mon opinion
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Dance of Fate - Epica | Take the Day - Turisas | Scaretale - Nightwish | The Parting Glass - Peter Hollens | 5th Symphony (mvt 1) - Beethoven | Yma O Hyd - Dafydd Iwan | Piano Concerto n°2 - Shostakovich | Nuages - Debussy
↳ Citation : " When darkness will reign and blind us all Allegiance will bind us if we do not fall. "
↳ Multicomptes : Aimée G. Townsend
↳ Couleur RP : #0066ff



les petits papiers
↳ Copyright: MiniBouh ; Crackle Bones
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Quitte ou double, ft Anastasia   Dim 7 Mai - 22:09

Quitte ou double

Anastasia & Milan

Ouvertement agressive, voilà ce que je suis, alors que j'envoie balader le gamin venu m'emmerder pour me parler d'un Ievseï. Sont-ils donc si connus dans cette foutue ville qu'on ne peut pas faire deux pas sans que quelqu'un mentionne leurs exploits ? Faut croire que oui... J'ai beau chercher, je ne vois pas pourquoi un type a l'air si renfrogné pourrait vouloir quoi que ce soit de négatif à Roman. C'est pas trop le genre de type à suivre les traces boueuses et sanguinolentes de son père, aussi j'écarte rapidement son nom de ma liste. Tout me porte à croire qu'il s'agit d'Andreï, parce qu'il est toujours question d'Andreï, que c'est toujours la tête de con qui se fout dans la merde ou bute le mec de trop, c'est toujours l'ahuri qui s'en sort on ne sait trop comment mais se met à dos huit personnes de plus... Quant aux autres... Faut bien admettre que je ne me suis pas trop intéressée aux deux derniers Ievseï de la famille, et qu'à moins que ce type se soit entiché de Mikkel, je vois mal ce qu'il pourrait leur vouloir. Non, définitivement, c'est forcément d'Andreï qu'il est question, et ça ne me dit rien qui vaille. Je plisse les yeux, fixe Hayden un moment puis soupire.

« T'as l'air du genre aussi collant qu'une mouche à merde, toi, pas vrai ? Alors ok. Disons que j'connais un type qui s'appelle Ievseï. J'peux savoir c'que tu lui veux ? Sait-on jamais, si tu veux lui porter des fleurs et que je ne le porte pas dans mon cœur, j'pourrais bien piétiner tes nobles intentions... »

Je le détaille, cherche à capter une émotion, une animosité ou une excitation dans ses iris mais rien. Il est froid, stoïque et tout dans son attitude semble avoir été calculé pour ne rien laisser transparaître. J'ai beau fouiller dans ma mémoire, impossible de savoir si je l'ai un jour croisé ou non. De toute manière, son visage ne m'évoque rien. C'est donc forcément un type à qui Andreï a fait du tort avant que je ne commence à le traquer et ça, c'est quelque chose qui me déplaît profondément. A quoi bon avoir échafauder un plan pour faire tomber Andreï s'il se débrouille tout seul pour se saborder ? Parfois, je me dis que mes efforts ne sont vraiment pas récompensés à leur juste valeur. Alors, à défaut de trop m'avancer, je l'observe, l'écoute et reste silencieuse. Une liste noire, cette fois je n'ai pas besoin de plus de détails pour savoir qu'il s'agit d'Andreï. Mes lèvres s'étirent en un sourire amusé et passablement insultant tandis que je porte mon verre à mes lèvres. Allons bon. Encore un témoin gênant que cet abruti a oublié d'abattre. Alors qu'il finit par m'avouer qu'Andreï lui a pris quelque chose, je ne peux m'empêcher de ricaner.

« Allons bon... Qu'est-ce qu'il t'a pris, ce con ? J'vois que deux solutions. Soit il t'a piqué ta gonzesse et se l'est tapé avant de la jeter, soit il l'a butée. Ou tu vas me sortir le refrain de l'orphelin qu'un assassin a dépossédé de sa famille ? Navrée d'être aussi crue, gamin, mais dis-toi une chose : t'as bien d'la chance d'être en vie si c'est à la seconde option que tu es confronté. »

On peut lui reprocher bien des choses, à Andreï, à commencer par le fait que c'est un gros con aveugle, mais on ne peut pas le taxer de mal bosser. C'est un assassins excessivement doué, dépourvu de sens moral et de scrupules, un tueur à gages qui bute ses semblables sans éprouver le moindre remord derrière. Alors oui, ce Hayden a bien d'la chance d'être en vie. Je délaisse alors mon verre et me tourne sur mon siège pour faire face à mon interlocuteur. Tenace, le gamin. Et bien renseigné, qui plus est.

« Je vois... Tu ne me donneras pas les noms de tes informateurs car je suppose qu'ils t'ont déjà parlé de moi ? Je serais curieuse de savoir ce qu'ils t'ont dit... »

Sont-ce des gens au courant de mes activités d'informatrice et d'ancien assassin ? Si je ne tue plus comme avant, je n'ai rien perdu de mes talents pour le meurtre et une chose est sûre, si quelqu'un m'a balancé, il ne va pas profiter longtemps de son argent.

« Admettons que je connaisse ce Ievseï. Admettons aussi que je sache des choses à son sujet. Et on va arrêter d'admettre, de toute manière tu es tellement persuadé que je le connais que tu ne me lâcheras pas. Si tu savoir quelque chose à son sujet, va falloir délier la mienne, de langue. J'dis rien sans qu'on m'aide ! »

Quelque part, je m'en fiche un peu qu'il me paye, mais je veux savoir si les infos que je suis susceptible de lui donner sont vraiment vitales ou s'il bluffe. Et surtout, il faut que je le retienne suffisamment longtemps, au cas où il serait un danger potentiel pour ce vieux rat d'égout dégénéré qu'est Andreï.

« Alors j't'écoute. Qu'est-ce qu'il t'a fait et qu'est-ce que tu veux savoir de lui ? Si t'as été bien renseigné, tu sauras que mes infos sont plutôt fiables. »

A-t-il quelqu'un dans cette ville qui connaisse mieux Andreï que moi ? A part peut-être Georg, j'en doute.

_________________


We are going to die, and that makes us the lucky ones. Most people are never going to die because they are never going to be born.
The potential people who could have been here in my place but who will in fact never see the light of day outnumber the sand grains of Sahara.

(c) crackle bones
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
 

Quitte ou double, ft Anastasia

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Quitte ou double.
» Le ministre Genéus rentre dans le débat sur la double nationalité.
» LA COMMISSION SUR LA DOUBLE NATIONALITE MIEUX EFFECTIVE QUE CELLE DE L'ARMEE !
» Double nationalité: Une promesse dans le vent ?
» Haiti- Parlement: Double nationalité

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Fifth Chapter :: Memories-