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 Stage Fright [Noah]

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MASTER OF ILLUSIONS

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The Handsome Family – Far From Any Road
Princess Nokia – Brujas
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Laura Mvula – Green Garden
Nina Simone – I Put a Spell on You
Charles Bradley - The World (Is Going Up In Flames)
Ibeyi – Oya
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Laura Mvula – Can’t Live with the World
Little Simz ft. The Hics – Gratitude
↳ Citation : A Witch is born out of the true hungers of her time. [...] The things that are most wrong here summoned me.
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MessageSujet: Stage Fright [Noah]   Lun 1 Mai - 6:37


« Isn't it ironic that a nightmare can masquerade as a dream? »


Noah & Helix
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Helix avait écumé les friperies et autres boutiques de seconde main toute la matinée, et commençait à se sentir mal. Le choix de vêtements aujourd’hui était devenu étourdissant. On ne savait plus ce qui avait été confectionné à destination des hommes ou des femmes – ce qui n’était pas pour lui déplaire –, mais elle avait aussi fini par comprendre que la société dans son ensemble conservait toujours certaines attentes, surtout lors des occasions spéciales. Or, ce soir était exactement ce qu’on pouvait qualifier d’occasion spéciale.

Les grands pontes du gouvernement se réunissaient pour un bal, désormais appelé gala, bien que le principe fût demeuré le même : on y échangeait des banalités et quelques horreurs en dévorant des mets luxueux, il y aurait probablement un orchestre et des danses, des alliances politiques se noueraient ou se trahiraient, et chacun rentrerait chez lui avec l’impression d’avoir accompli quelque chose. La sorcière, elle, espérait que la soirée s’achèverait sur la satisfaction particulière de l’assassinat rondement mené.

Mais pour cela, il fallait déjà être capable d’entrer sur les lieux du crime, ce qui impliquait, entre autre, de se fondre parmi la foule des bonnes gens bien vêtues. Les normes contemporaines de la mode étaient un enchevêtrement chaotique de prescriptions et restrictions dont la logique lui échappait constamment. Au quotidien, elle s’en amusait. Dans ces circonstances, où chaque détail pouvait déterminer la réussite ou l’échec de sa mission, elle paniquait.

La rebelle avait acquis une robe fourreau à sequins qui l’avait éblouie sur le portant débordant de vêtements usagés, mais elle se demandait maintenant si l’habit était considéré comme convenable. En outre, ce n’était peut-être pas le meilleur moyen de passer inaperçue, et la coupe ne lui permettait pas de courir, dût-elle en arriver à ces extrémités. Debout devant le miroir de sa petite chambre au dernier étage de l’Overlook, elle s’examina d’un air dubitatif. Ça brillait, ça miroitait, ça chatoyait, mais ce n’était décidément ni pratique ni furtif.

Dépitée, elle plongea pour la seconde fois dans sa propre pile d’étoffes, en quête de quelque chose d’élégant et approprié quoi que cela pût vouloir dire désormais. Helix aimait les couleurs. Les tissus se suivaient et ne se ressemblaient pas, tous ornés de motifs bariolés et tragiquement incompatibles. Ça n’allait pas. Elle allait devoir porter la robe. Dans un soupir exaspéré, elle se glissa dans le fourreau brillant, s’échina quelques minutes à en remonter l’étrange fermeture, et tenta finalement de réunir ses centaines de tresses en un chignon discipliné, adjectif qui n’avait jamais bien caractérisé Helix ou ses cheveux.

Ce frisson qui hérissait sa peau, cette désagréable effervescence… C’était l’angoisse. Celle de ne pas réussir, de ne pas se montrer à la hauteur de la mission. Autrefois, dans sa première vie comme aux Enfers, l’assurance ne lui avait jamais vraiment manqué. Elle avait confiance en ses capacités d’adaptation, en ses pirouettes verbales, en sa bonne étoile. Mais aujourd’hui… Le monde avait avancé sans elle, et elle n’était pas sûre d’être parvenue à le rattraper. Elle n’avait pas couru assez vite, s’était perdue en chemin, lambinait toujours dans le sillage des fantômes.

Ses espoirs appartenaient au passé et elle n’avait pas osé les y abandonner. Elle avait ralenti. Patienté. Prêté l’oreille aux murmures des morts, à la recherche de bribes du Sien. Ça ne la dérangeait pas, de prendre ce genre de détours. Elle n’aurait pas hésité à tracer des spirales dans sa vie, s’il y avait eu la moindre chance. Mais elle avait aussi tenu à mener ses deux quêtes de front.

Pour la première fois, elles entraient en collision.

On ne pouvait pas reculer et avancer en même temps. On ne pouvait pas attendre et se hâter tout à la fois. Était-elle vraiment prête ? Prête à se mêler à la foule d’une nouvelle ère, à opérer un mimétisme efficace, à progresser en leur sein jusqu’à reconnaître l’opportunité qui lui permettrait de frapper ? Maîtrisait-elle suffisamment leurs rites et conventions ? Elle n’en était pas certaine. À ce stade, il était encore possible de tout annuler. Il y aurait d’autres occasions, on pouvait envoyer quelqu’un de plus expérimenté à sa place… Mais elle ne parvenait pas à s’y résoudre.
C’était sa mission, la première d’aussi grande importance. La Rébellion, cette cause plus grande qu’elle, était le moteur qui lui manquait, celui qui la forçait à se maintenir à la page. Elle ne pouvait pas se permettre de lui laisser prendre de l’avance, elle aussi. Elle devait s’accrocher.

Sur un ultime coup d’œil sceptique au miroir, elle prit donc la porte.

Dans la rue, la robe bruissait et crépitait de ses milliers de paillettes. Elle lui semblait encore plus voyante, encore plus absurde. Resserrant les pans d’un manteau de feutre sur son éclat, elle pressa le pas. La touffeur du métro l’accueillit comme un refuge. Il y faisait plus sombre, les gens se pressaient sans lui accorder un regard, indifférents et habitués à toutes les excentricités. Elle se laissa bercer par le grondement de la chenille mécanique jusqu’à ce que les carreaux immaculés d’une station des quartiers Est ne la rappellent à l’ordre. Elle était arrivée.

Sous l’ombre imposante du grand hôtel, encore allongée par le jour déclinant, Helix leva la tête. Prit une inspiration. Puis se faufila parmi les badauds qui se pressaient devant les grandes portes. Dans sa main, le carton d’invitation doré qui lui servirait de sésame. Un membre de la Résistance dont elle ignorait l’identité avait confectionné ce faux convaincant. Sa main tremblait à peine lorsqu’elle le remit au colossal videur qui encombrait l’entrée. Dissimulé derrière ses lunettes fumées, l’homme inspecta l’objet pendant quelques secondes qui lui semblèrent de longues minutes. La sorcière lui concéda l’un de ces sourires ennuyés des gens importants. Enfin, il la laissa passer.

La grande salle l’accueillit de son espace étourdissant tout empli d’échos. Tintement des verres, rires policés, partition assourdie… Helix se saisit d’un verre qui lui passait sous le nez, virevolta quelques minutes entre les convives, distribuant sourires et hochements de tête avec conviction. L’animation lui rendait sa hardiesse. Vingt minutes de badinage plus tard, elle repérait finalement sa cible, un brun élégant – ils l’étaient tous – à la mâchoire carrée. Il évoluait à son aise, charmant et charmeur, une pointe d’arrogance dans le regard, de l’air de celui à qui tout est dû. Helix n’avait aucun prétexte pour l’approcher. Mais en avait-elle besoin ?

L’homme se déplaçait un verre de champagne à la main, sirotant parfois une gorgée du nectar pétillant. Il était distrait par toutes ces mains à serrer, ces salutations à échanger… L’haïtienne glissa une main dans la pochette de vinyle doré qui complétait sa tenue. Le flacon tenait dans le creux de sa main, invisible au monde, comme un trésor précieux. Elle papillonna avec fluidité jusqu’au cercle rapproché des admirateurs du ministre, discrète dans toute sa flamboyance. En prétendant se pencher pour saisir une bouchée sur le plateau d’un serveur, elle laissa ses doigts s’égarer près du verre  du notable.

Une imperceptible secousse de la main, la concentration d’une illusion minime étirant l’espace entre ses contours et ceux de sa victime.

Le liquide se dilua dans l’alcool.

Les dés étaient jetés.

Helix pivota sur la pointe des pieds et s’éloigna en patinant.


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MessageSujet: Re: Stage Fright [Noah]   Jeu 1 Juin - 0:51

Retrouver le faste et la grandeur des galas, comme auparavant. La vie avait repris, malgré l’annonce lugubre du Gouvernement. Soit disant porteur d’un bien lourd secret, ce dernier s’était enfin prononcé sur le sujet : la famine frappait, fort, vengeresse. Par un hasard tout particulier des choses, la raison était inconnue quant à pourquoi personne ne s’était organisé pour pourvoir de la nourriture à toute la population. Pourquoi personne ne s’était improvisé éleveur ? Ou agriculteur ? Après tout, ce n’était pas ce type de compétences qui manquaient. Ce n’était pas le cadre de la Nouvelle Orléans et de son bayou, idylliques quant on en venait à ce type d’activités, qui empêchait cela. De l’annonce publique, il était ressorti que la vie avait repris ses droits tout autour de leur forteresse survivaliste. Alors pourquoi personne ne s’était encore posé la question ? Ca ne faisait aucun sens pour Noah. Absolument aucun. Il avait vécu Rome au Moyen-Âge. Il avait été prêtre pour les classes les plus basses de la population, et avait vu les ravages de la famine sur ses ouailles. Vu le rythme de vie qu’ils avaient tous, si la nourriture devait venir à manquer, il ne comprenait pas que des mesures restrictives n’aient pas été décidés plus tôt. Merda, ça faisait quatre ans que l’Apocalypse avait frappé. Quatre ans !
Rien de tout cela ne faisait de sens aux yeux du psychiatre. Pas plus que le faste toujours omniprésent des galas du Gouvernement, alors que tout le monde était rationné. Rien de tout cela ne faisait sens, et il planait cet âcre sensation dans l’atmosphère que ce n’était, une fois de plus, qu’un énième mensonge.

Liam, à côté de lui, n’avait rien dit de plus quant à la situation. L’apprenti sorcier avait convié son mentor à ce gala sous le prétexte que ça le dériderait un peu, comme à chaque fois. Un sourire parfait, plein de dents, un clin d’œil, et l’affaire était dans le sac. Et Noah de se maudire systématiquement, se disant que, décidément, Liam Wiggins avait vraiment son rôle dans le sang. Quoi que ce dernier puisse en dire.

La cause de ce grand rassemblement de costumes et de froufrous était inconnue à Noah, pour autant. Ce n’était pas le type de galas auquel il était habitué d’aller, ceux où il était tenu de lever des fonds pour X raison juste parce que son directeur l’avait décidé. Non, celui-là était nettement plus élégant, affichant encore plus clairement sa volonté de déballer toutes les finances de ses invités. Rivières de diamants, robes des soie, sequins, fils d’or ou d’argent, se mêlaient aux costumes obsidienne, aux cheveux parfaitement coupés ou aux mouchoirs de poche colorés. Les Ministres évoluaient dans cette marée de luxe avec un naturel effrayant. Requins d’or dans un océan de mauvaise foi. Parfaitement dans leur élément.
Et, au milieu de tous, Liam Wiggins qui serrait des mains comme un prêtre enchaînant les baptêmes. Des fans. Des employés. Des collègues. Des sinistres inconnus. Malgré son sourire éclatant, Noah distinguait aisément la lassitude alors qu’elle grandissait dans son élève. Wiggins avait beau être un arracheur de dents hors pair, il n’en était pas moins un homme. Et, comme tous les hommes, il avait lui aussi ses limites.

Au terme d’une bonne demi-heure de civilités, Noah se faufila discrètement aux côtés de son apprenti. Lui adressa un sourire de connivence, légèrement railleur, alors qu’il le vit baisser la garde pendant un quart de seconde. Bien. Ce genre d’événements leur tapait autant sur le système, à l’un comme à l’autre. Il allait se faufiler dans sa direction, lui adresser un petit mot d’encouragement, mais il n’en eut pas le temps. Déjà, de nouvelles huiles glissaient vers lui, parées pour lui prendre la tête pendant des heures sur le cours de l’écu ou n’importe qu’elle autre ânerie inutile.

Prenant son mal en patience, le psychiatre décida de se mettre en retrait. Du coin de l’oeil, il aperçut la chevelure étincelante d’Adriana Dalle, et entreprit de la rejoindre. Avant qu’un autre éclat, bien différent de tous ceux auquel il s’était forcé à s’habituer, n’attire son attention. L’éclat d’une robe couverte de sequins, radieuse, solaire, qui complimentait une jeune femme d’une grâce particulière. Une grâce magnétique, féline. Ce n’était qu’un détail, qu’une personne dans toute une assemblée, mais la délicatesse de ses traits, ses cheveux crépus, nattés, coiffés au hasard, sa peau mate couverte de tatouages, l’intriguèrent. Ce n’était pas la seule, à avoir ce petit quelque chose qui détonnait dans cette abondance de cul-pincés. Ce n’était même sûrement qu’un hasard que son attention n’ait été portée sur cette jeune femme si belle, en ce moment précis.
Leurs regards se croisèrent, une fraction de seconde, et l’estomac du sorcier se contracta immédiatement. Les yeux sombres affichaient une détermination certaine, une sensation de danger qui irradiait dans toute son aura. Elle louvoyait avec souplesse malgré ses hauts talons, son verre à la main, et Noah était incapable de la lâcher des yeux. Quelques entrechats. Quelques sourires. Mais, à mesure qu’elle approchait, la torsion de son estomac s’accentuait. Quelque chose allait se produire. Quelque chose de néfaste.

Alors, et parce qu’il avait besoin d’une occupation, il décida de la traquer. Constata qu’elle se rapprochait de Liam, délicatement, son sourire d’apparat cachant cette froide détermination qu’il devinait dans son regard. Remarqua cette main qu’elle avait glissée dans sa pochette, ce tout petit flacon qu’elle avait empalmé. Fronçant les sourcils, Noah avait rompu la distance qui le séparait du Ministre. Avant de remarquer que, si la jeune femme n’avait pas l’air de s’être déplacée outre mesure, ses contours s’étaient floutés. Une illusion, à peine perceptible. Savamment exécutée, et ce juste à côté du plateau où Liam venait de déposer son verre. La cible eut-elle été différente, il l’aurait laissée faire, et aurait même salué son effort. Mais la meurtrière visait son apprenti, et ça, malheureusement pour elle, il ne pouvait pas le laisser passer. Alors il se faufila entre Liam et ses interlocuteurs, rapidement, un sourire affable sur le visage. Subtilisa le verre empoisonné du plateau, alors que son ami s’apprêtait à le reprendre. L’air d’un geste amical, il avait posé sa main sur l’épaule du Ministre. Un contact, pour favoriser une illusion que lui seul entendrait. La plus simple, la plus élémentaire, une voix dans ses tympans.

-Je ne boirais pas ça, si j’étais toi.

Le verre dans sa main, il esquiva le regard interrogateur de son ami d'un sourire engageant, avant de se soustraire tant à la conversation qu'à la foule qui entourait le Ministre. Liam comprendrait rapidement, il était assez grand et assez malin. Et n'en était surtout pas à sa première tentative d'assassinat.
Restait que la femme-joyaux était en train de prendre la tangente, sans même daigner rester un peu plus longtemps sur la scène de crime comme n'importe quel amateur. Le verre empoisonné toujours dans la main, il balaya la pièce du regard, cherchant l'éclat de sa robe de sequins. Une lumière singulière le capta, sur sa droite. A petits pas mesurés, entravée par sa robe, la Milady filait vers la sortie.
Hors de question. Se mettant en chasse, le sorcier se concentra. Créa l'illusion, de toutes pièces, que Liam lui-même et deux de ses plus imposants gorilles venaient intercepter la demoiselle, une illusion qui n'était réservée qu'à elle, et à elle seule. Dans un sourire charmeur, le Ministre se pencha vers elle. Lui confia, dans un souffle :

-Pas si vite, ma jolie.

Constatant que l'illusion avait capté l'attention de la jeune femme, Noah avait rompu la distance entre eux. Avait vidé le verre lézardé de poison dans une potiche, et, débarrassé de la potentielle arme du crime, s'était glissé dans le dos de la demoiselle. Liam et ses sbires disparurent dans un ricanement peu engageant, tandis que leur créateur, lui chuchotait à l'oreille mate de l'empoisonneuse.

-Vous êtes maligne, vous avez donc dû repérer les trois gorilles endimanchés à deux pas de nous. Vous êtes donc conseillée de me suivre, Milady. Dans votre intérêt comme le mien.

Son ton était posé, mais lourd de sens. Le surnom collait à la peau de la jeune femme : une beauté resplendissante, singulière, cachant de profondes envies de meurtre. La contournant, le sorcier attrapa délicatement son poignet pour l'entraîner à sa suite à travers la salle. Salua quelques gardes du corps armés d'un mouvement chaleureux de la tête, ses doigts se contractant autour de la peau brune. Sans adresser une parole supplémentaire à sa nouvelle compagne, il bifurqua vers le vestibule. Ainsi éloignés de la foule et du bruit, il relâcha enfin le bras de la jeune femme.
Clairement, elle n'avait pas apprécié d'être interceptée de la sorte. Clairement, il risquait lui aussi gros, si elle était aussi déterminée qu'elle en avait eu l'air. Si son contact la signalait sorcière, elle était peu expérimentée.
Autant lui montrer ce que quelqu'un de réellement dangereux peut faire.

Réduisant l'illusion à leur perception seule, il claqua des mains pour distraire son attention. Les murs chavirèrent autour d'eux, avant d'éclater, aspirés vers l'arrière par l'un de ces cyclones dévastateurs qu'il avait vécus à Darkness Falls. Croisant ses bras sur sa poitrine, il arrima d'avantage ses pieds dans la moquette du couloir, qui elle, tenait relativement le coup. Relativement. Le cri d'agonie de la charpente, métallique, du bâtiment, laissait entendre qu'il ne leur restait plus beaucoup de temps. L'illusion de la gravité. L'illusion du sol qui basculait, prêt à partir, à son tour, dans l'oeil du cyclone.
Puis plus rien. Juste le sourire narquois du sorcier alors que la fracture se rebouchait l'air de rien, que la soirée reprenait son cours naturels. Un éclat de rire, dans la salle de réception. Et le hurlement de la tempête, illusoire, au creux de leurs tympans. Un convive parti se soulager, les dévisagea avec surprise. Un retour à la normale, un authentique.

-La tentative aurait été louable, si l'application n'avait pas été aussi hasardeuse. Vous manquez de technique.

C'était un fait avéré, surtout maintenant qu'il avait prouvé l'une des multiples applications d'une illusion. Détaillant les traits arrondis de la jeune femme, l'aîné avait toutefois la sensation, peut-être illusoire, elle aussi, d'avoir déjà vu son visage. C'était sûrement un rêve. Probablement, oui.
Il poursuivit, le ton plus grave.

-Et de jugeote, pour avoir cru qu'un Ministre tel que Wiggins soit une cible aussi aisée. Vous auriez mieux fait de vous attaquer à Armstrong pour tout dire.

Un jeune serveur, son plateau chargé de cocktails colorés, arriva à leur niveau. Le gratifiant d'un sourire charmant, le psychiatre s'empara d'une boisson qu'il sirota tranquillement.

-Juste par curiosité, qu'avez-vous mis dans son verre ? Et comment comptiez-vous fuir ? Votre robe, vos chaussures, ne vous permettent pas beaucoup d'amplitude dans vos mouvements. Et vous avez attisé ma curiosité. Pour l'instant.



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MessageSujet: Re: Stage Fright [Noah]   Mar 15 Aoû - 4:04


« Isn't it ironic that a nightmare can masquerade as a dream? »


Noah & Helix
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Le divin frisson de l’aventure dévalait son échine, hérissant les petits cheveux de sa nuque et chatouillant ses reins. Elle aimait ça. Elle avait toujours aimé ça. À l’instant critique, toutes ses angoisses s’étaient envolées. Sa robe ne la gênait pas, elle l’étreignait tel un fluide. Ses talons fendaient la foule, lui offraient la hauteur que sa petite stature lui refusait d’ordinaire. L’effervescence générale agissait sur la rebelle comme un stimulant, effaçant ses doutes pour ne plus laisser place qu’à l’ivresse du danger.

Elle pouvait prétendre être à sa place dans ce rassemblement de nantis, secouer la tête pour faire clinquer ses bijoux de pacotille et rire du fond de la gorge, le visage étiré vers les lustres miroitants. Elle pouvait valser, un cocktail à la main, serpenter entre les convives en distribuant sourires et mots doux comme autant de friandises. Helix n’avait plus envie de partir. Elle savait qu’elle le devait, une fois son méfait accompli , mais que pouvaient bien représenter quelques minutes de plus ? Si l’on y regardait bien, s’attarder un peu ne ferait qu’alléger les éventuels soupçons qui pourraient peser sur elle…

Au fond, la sorcière n’était pas dupe de son imprudence. Elle se connaissait par cœur. Quoi qu’elle fasse, quels que soient ses nouveaux desseins, rien ne lui semblerait plus aussi réel ni aussi hasardeux que ses Enfers. Là-bas, tout était question de vie ou de mort, quand bien même la mort ne se cumulait pas. Dans ce monde, si les risques étaient techniquement supérieurs, elle ne parvenait pas à prendre au sérieux une terre qu’elle avait déjà quitté depuis trop longtemps. Sa réalité alternative était ici, quand les limbes faisaient office de vérité.

Ainsi, le danger encouru cette nuit refusait de s’inscrire dans son esprit autrement que comme une éventualité lointaine et risible. Que pourrait-il bien lui arriver de plus ? Mourir et rejoindre le Tartare ? Elle y gardait tous ses repères. On ne pouvait rien contre elle. Rien. Et cette pensée l’enrageait plus qu’autre chose. Ce moment d’oubli, avec son adrénaline et ses paillettes et sa théâtralité et ses jeux de masques… C’était ce qu’il lui fallait. Une mise en abyme, un univers dans un univers qui ne lui appartenait plus. Peut-être pourrait-elle prolonger cette nuit ailleurs... Dans un lieu bruyant et animé où les gens seraient tous des étoiles filantes.

Elle virevoltait donc, sans grande conviction, vers la sortie, lorsque trois silhouettes interrompirent soudain sa retraite. La sorcière leva les yeux pour découvrir avec alarme le ministre plus tôt ciblé. Sa commissure droite s’étirait avec arrogance en direction de son oreille. Il savait. Mais la métisse voguait encore sur une rivière d’adrénaline. Il ne lui fallut qu’un quart de seconde pour se rétablir, présenter un visage innocent aux cils papillonnants. Sa voix lui échappa dans un murmure prétendument effarouché.

— Oh, Monsieur le ministre, c’est un honneur…

Elle était prête à se défendre. À endosser les minauderies offensées de la plus pure des vertus. Mais voilà que l’homme disparut soudainement, accompagné de ses deux sbires. Comme s’ils ne s’étaient jamais trouvés là. Ce qui était bien évidemment le cas. Un remous glacé la parcourut et se propagea dans tous ses membres lorsque le souffle d’une voix vint chatouiller sa peau. Si proche.

Trop proche.

Accaparée par l’illusion du ministre, elle ne l’avait pas entendu approcher. Helix s’était laissée piéger comme une débutante, une prise de conscience qui la couvrait de honte plus que d’effroi. Le ton de l’inconnu était sans équivoque, chargé d’une menace parfaitement calibrée. Elle aurait voulu se retourner, découvrir le visage de son adversaire, mais il la devança en refermant une poigne chaude sur son poignet. Son avertissement était inutile, elle se rendait bien compte qu’il n’était pas dans son intérêt de faire un esclandre. Si elle espérait se tirer de ce mauvais pas, sa meilleure chance était de convaincre cet homme, en privé, de son innocence.

Ses yeux sombres, emplis d’une incompréhension toute feinte, épousèrent une seconde la silhouette qui la guidait. Son visage s’était détourné trop vite. Elle avait aperçu le duvet d’une barbe sur une mâchoire saillante, et puis rien d’autre que ces boucles châtain surplombant des épaules moulées dans un costume de prix. Il l’entraînait et la rebelle trottinait derrière lui sans protestation, se contentant de jeter de rapides coups d’œil autour d’elle pour analyser ses options. Les hommes de la sécurité bloquaient toutes les sorties. À la moindre tentative de sa part, son garde-chiourme donnerait l’alerte. Il faudrait attendre. Gagner du temps.

Ayant traversé la grande salle pour l’isolement d'un corridor moins fréquenté, elle récupéra l’usage de son bras et le ramena contre sa poitrine, massant son poignet comme s’il l’avait violentée. La mine chiffonnée. La sorcière n’avait pas mal, pas vraiment, mais elle comptait sur l’éventuelle pitié qu’elle pourrait inspirer. Une seconde de relâchement de la part de l’homme lui suffirait pour tenter la fugue.

Il la fixait présentement d’un regard clair et perçant qui ne lui laissait pas grand espoir. Le sorcier semblait jeune, mais elle-même avait assez vécu pour savoir que cela ne voulait rien dire.

— Écoutez, je ne comprends vraiment pas ce qui v–

Un claquement sonore interrompit dans un sursaut réprimé son début d’explication. Puis tout bascula, et elle avec. La brutale disparition des murs souleva un malaise vertigineux, encore accentué par le crissement assourdissant, comme si la structure même de l’air se déchirait, que chaque atome était brutalement arraché à son propre cœur. Helix connaissait ce son. Elle n’avait pas besoin d’écarquiller les yeux, effarée, pour assister à la progression fulgurante du typhon. Lorsqu’on entendait ce hurlement, il était déjà trop tard.

Sans réfléchir, le corps prenant le pas sur l’esprit, elle se jeta au sol, à plat ventre, les bras rabattus sur la tête en guise de maigre protection. Il n’y avait rien d’autre à faire que de réduire au maximum sa prise aux vents, s’accrocher au moindre objet enraciné et prier. Prier pour que la tempête ne vous emporte pas. Car si vous étiez extirpé à la terre, si les vents vous prenaient… Votre corps était projeté comme un pantin désarticulé à des dizaines — parfois des centaines de lieues. Il ne fallait pas espérer retrouver votre groupe avant plusieurs mois.

La nécromancienne en savait quelque chose. Ash avait un jour subi cette expulsion violente. Ils l’avaient tous crue perdue. Bien sûr, elle ne pouvait pas mourir, pas à proprement parler… Mais qui pouvait deviner où elle avait atterri ? Dans quel marais infâme, entre les griffes de quelle répugnante créature ? Elle les avait retrouvés, oui. Environ deux ans plus tard. Et personne n’avait jamais su ce qui lui était réellement arrivé. Avait-elle simplement erré pendant tout ce temps, survécu en solitaire comme tant d’autres sorciers déchus ? Avait-elle noué d’autres liens, croisé d’autres personnes ? Quelles épreuves avait-elle traversées ? Ash n’en parlait pas. Et maintenant, Helix ne le saurait jamais.

Maintenant.

Dans le chaos de ses pensées éparpillées par la tempête, ce mot résonna soudain d’une force nouvelle. Maintenant. Elle n’était pas aux Enfers, elle n’y était plus. Ce genre d’ouragan n’existait pas ici, pas sans signes avant coureurs. Son corps pourtant restait pétrifié, contracté en cette grotesque position de défense, quand bien même son esprit reconnaissait l’illusion.

— Arrêtez ça !

Silence brutal. Son sens de l’équilibre encore chaviré, elle assista sans comprendre au passage de deux pieds dans son champ de vision. La paire d’extrémités en question était chaussée de ces souliers en cuir lustré à bouts pointus que les hommes importants arboraient aujourd’hui. Ils ralentirent un instant et semblèrent hésiter avant de la dépasser. Helix ne pouvait distinguer leur propriétaire, mais ces pieds là étaient particulièrement expressifs. Perplexité et malaise se lisaient dans le claquement furtif de leurs semelles comme en un livre ouvert.

Le sol semblait encore tanguer et elle s’y agrippa des deux mains, nauséeuse, pour tenter de se relever. Utilisant un mur miraculeusement réapparu en guise d’appui, elle oscilla une seconde avant d’épousseter sa robe. L’illusionniste la dévisageait d’un air impassible, avec l’assurance de celui qui sait que rien ne s’est produit. La sorcière redressa le menton, adopta par mimétisme la posture de son agresseur. Un flegme très européen. Comme si elle ne venait pas de s’aplatir au sol devant un mirage — réaliste, certes, mais qu’elle était tout à fait capable de discerner.

Elle n’en concevait de toute manière aucune honte, ce qui lui facilitait l’exercice. Tout sorcier ayant fréquenté leur géhenne personnelle connaissait cette réaction instinctive. Pour les autres… Ils ne savaient rien. Ce mirage avait d’ailleurs l’avantage de la renseigner sur son créateur. L’homme n’était pas à sous-estimer. Elle cilla un peu à sa remarque désobligeante, la contrariété fusant un instant sur son visage. Elle manquait de technique ? La rebelle était tentée de se vexer, mais elle devait admettre qu’il avait raison.

Son philtre était parfait. Concentration idéale, inodore, insipide, indétectable. Discret. Mortel. Le décès aurait dû survenir dans quelques heures, sans crampes, bave aux lèvres, hémorragies ou autres symptômes spectaculaires. Un simple arrêt cardiaque. Silencieux, efficace. La potion était un chef d’œuvre. C’était elle-même, le problème. Son manque de discrétion, son incapacité à se fondre dans ce paysage encore trop étranger. Une planification brouillonne. Parce qu’elle avait voulu agir seule. Leur prouver. Mais Helix avait toujours été meilleure en groupe qu’en solitaire.

Le sorcier s’employait maintenant à critiquer sa victime, et elle croisa les bras, boudeuse comme un cancre pris en faute. Ah, il piquait sa fierté. Elle aurait voulu défendre ses actes, sa méthode, ses décisions, quand il aurait été plus judicieux de clamer son innocence. Sûrement était-il déjà trop tard pour cela. Butée, elle était parvenue à conserver le silence, comptant toujours sur une dérisoire possibilité de fuite. Les questions dont l’assaillait sa sentinelle prouvaient qu’il n’avait pas perdu une miette de ses faits et gestes.

Inutile de mentir désormais, il n’y avait plus qu’à suivre le mouvement et s’en sortir autrement. Dénouant ses bras, l’Haïtienne se détendit soudain, comme si elle avait brusquement abandonné toute volonté de résistance. Un sourire sibyllin aux lèvres, elle attendit patiemment que le serveur s’éloigne pour répondre, d’une voix où pointait un soupçon de fierté.

— Héllébore noir, digitale, antimoine et cinabre, lacé d’un maléfice éclipsant. Je comptais simplement repartir comme j’étais venue, la fuite n’aurait pas dû être nécessaire.

Elle approcha son adversaire de quelques pas insolents pour mieux reprendre, en réponse à la question précédente.

— Je ne sais pas si Armstrong aurait été plus aisé, mais il n’était pas à portée de fiole. Et je n’avais pas imaginé que ma cible s’entourait de gardes du corps aussi peu… fréquentables.

Le nez pointé en avant, elle gratifia le magicien d’une œillade narquoise. Encore une fois, le moment était certainement mal choisi pour faire preuve d’arrogance, mais la tentation était irrésistible. Dans un effort d’humilité somme toute assez sincère, elle accrocha les mains dans son dos.

— J’en conviens, je n’aurais sûrement jamais fait une bonne espionne. Mais éclairez-moi donc, comment auriez-vous procédé ? En plongeant la salle entière dans une vision cataclysmique ? Subtil, en effet…

Le sourire moqueur s’était adouci, mué en simple espièglerie. Certes, elle ne s’était pas totalement départie de son impertinence, mais n’était-ce pas de bonne guerre ? Derrière cette mutinerie larvée rôdait toutefois une interrogation plus pressante. Une ombre passa dans les yeux de la Rebelle. Son sourire s’évanouit.

— Pourquoi le protégez-vous ? Il est de ceux qui nous ont exploités à leurs jeux immondes, de ceux qui nous ont marqués comme des bêtes. Sa main s’était instinctivement portée à sa nuque, ou une mince cicatrice témoignait de l’extraction de sa puce. C’est la même engeance. Ça vous est égal, d’être toujours leur pantin ?

Elle avait beau essayer — et en réalité, elle n’essayait pas le moins du monde — elle ne comprenait pas. Ils n’avaient pas baigné dans les arcanes les plus sombres du pouvoir, ils n’étaient pas morts et ressuscités pour servir de valets à ces clowns. À ses yeux, la traîtrise du maître illusionniste était plus condamnable que sa simple tentative d’empoisonnement, et elle tenait à le souligner.


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Stage Fright [Noah]

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