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 Tu Quoque Mi Frater – Ashley

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Tu Quoque Mi Frater – Ashley   Lun 1 Mai - 12:06


italique = phrases en polonais
souligné = défi rp


La lame est perlée de gouttes de sang. Le carrelage aussi. Le liquide écarlate reflète ma silhouette difforme. Le plic ploc des éviers et les aiguilles de ma montre marquent le tempo de la soirée. La chambre froide qui se trouve au bout de la pièce bourdonne et parasite notre discussion, mais Terence ne semble pas le remarquer ; il est trop occupé à essayer de ne pas craquer. Moi, je n'ai pas que ça à faire. Je pose mes mains sur les accoudoirs de la chaise à laquelle mon invité est attaché et nos nez se touchent presque. Je vois dans ses yeux qu'il commence à faiblir - ils sont grands et humides comme ceux d'un pauvre mouton qui s'apprête à se faire tondre. Les miens sont probablement moins avenant que lorsque nous nous étions rencontrés, mais il faut dire qu'à l'époque Terence n'avait pas encore merdé. J'esquisse un sourire que je veux carnassier. Ce salopard doit chanter.

« Terence, Terence... » Il commence à dodeliner de la tête. Je lui prends brusquement le menton pour qu'il garde les yeux rivés sur moi. « Reste avec nous, Terence. Je commence à perdre patience. Tu sais qu'il en faut beaucoup pour que ça arrive, alors je te conseille de te mettre à table. Tout de suite. »

Terence est au bout du rouleau. Nous dansons ce tango depuis déjà une heures et il n'a plus l'endurance nécessaire pour me suivre. Ce mec est une éponge, pas un roc, et à force de s'imbiber de sang il va finir par recracher tout ce qu'il sait. Les profondes entailles sur ses bras et son visage témoignent de notre petite conversation. Après réflexion, je me trouve presque trop tendre et je lui plante le couteau dans la cuisse pour faire bonne mesure. Il pousse un hurlement déchirant et je lui mets la main devant la bouche. Terence halète et des larmes commencent à couler. Je lui tapote la joue avec condescendance en faisant mine de m'inquiéter pour lui - jouer les sanguinaires ne m'intéresse pas, ce n'est pas un rôle qui me va au teint. Lorsque je suis en affaire, je préfère m'inspirer du reptile : être calme et posé. Un peu froid, parfois imprévisible, mais toujours maître de lui-même. C'est la seule méthode qui fonctionne réellement lorsque l'on tient le crachoir à une balance.

« Parle, maintenant. » Je recule, me redresse et tapote ma montre. Petites taquineries entre amis. « Allez mon p'tit Terence, on ne va pas y passer la nuit, on est tous très occupés. Et je suis sûr que tu aimerais bien retrouver ta femme et ta fille avant demain, non ? »

A la mention de sa petite famille, les yeux de Terence s'écarquillent. Je ne les avais pas mentionnées plus tôt car je voulais garder cette carte dans ma manche pour plus tard, mais cet imbécile ne me laisse pas le choix. Sa voix se brise lorsqu'il me répond.

« D'accord, d'accord, je vais parler. » Il déglutit avec difficulté. « La semaine dernière, j'ai rencontré un mec qui bosse pour une mafia de la ville. Je... je ne sais pas laquelle. Il voulait savoir où sont stockées tes armes, s'il y a des systèmes de sécurité, ce genre de choses. » Maintenant qu'il est lancé, il ne semble plus capable de s'arrêter. Je m'adosse au mur d'en face et sort une cigarette de ma poche. Je l'allume sans ajouter un mot. Dire que cet abruti a été l'un de mes assistants pendant un an. Un an. On ne peut définitivement faire confiance à personne.

Les minutes défilent et il me raconte tout de A à Z, sont débit aussi rapide qu'une fusée au décollage. Ce qu'il a dit à cette petite frappe voulant pirater mon business. Le fait qu'il n'avait été payé que cinq cent dollars pour cette trahison et qu'il n'avait pas hésité une seule seconde. Que je ne le paye pas assez pour qu'il prenne des risques pour moi. Que mon entrepôt dans le quartier sud va être attaqué dans deux jours et qu'il n'y peut rien. Bref, le blabla habituel des mecs qui sentent qu'ils n'ont plus rien à perdre et qui essayent de se faire pardonner au dernier moment. Une fois que mon rossignol a terminé sa mélodie, je tire sur ma cigarette et fait un signe de tête à Bobby, mon homme à tout faire. Celui-ci se dirige vers notre otage et sort une arme de sous sa veste. Terence se recroqueville sur sa chaise et commence à geindre « Non, non, non, non ! Tu m'as dit que je pourrais partir si je te disais tout ! Enfoiré ! ». Je m'arrête en bas des escaliers et me tourne à nouveau vers lui en haussant les sourcils.

« Ah oui. Désolé, j'ai menti. Tu aurais dû t'en douter, ça parait évident. »

Je hausse les épaules, lui lance un sourire, et monte les escaliers d'un pas lourd alors que Bobby tire une balle dans le torse de Terence. Dieu merci, ces cuisines sont insonorisées. Je déverrouille la porte et entre alors dans le bar miteux qui héberge ma salle de torture improvisée. Le patron, Eryk, est un ami de longue date qui me doit quelques services et qui me laisse souvent utiliser son bouiboui pour régler mes petites affaire. Je referme la porte derrière moi et prends place au bar. Mes mains sont couvertes de sang. Eryk pose un torchon propre et un verre de Whisky en face de moi.

« Alors, ce fils de pute a craché le morceau ? » Ses yeux sont rieurs, et je prends une gorgée de whisky. « Plus que ça, il m'a carrément chanté un opéra. »

Je ne le remarque pas de suite, mais quelqu'un entre alors dans l'établissement. Le bar est connu pour être un repère de criminels et de petites frappes et beaucoup de business se règlent ici entre deux pintes et un coup de couteau. Officiellement, cet établissement n'est pas un bar, cependant, mais un entrepôt désaffecté. Pour en connaître l'entrée, il faut avoir des contacts, chercher, se renseigner : ceux qui trouvent Le Warszawa savent qu'ils y trouveront de l'alcool de bonne qualité et un patron discret qui a des oreilles partout. Mais moi, je ne m'intéresse pas aux clients de ce bouge. Je prends le torchon et commence à m'essuyer les mains, savourant avec satisfaction ma fin de soirée.

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MessageSujet: Re: Tu Quoque Mi Frater – Ashley   Sam 3 Juin - 0:21

La fouille semble interminable, les jours s'étirent, et se ressemblent tous. L'oeil rivé sur les écrans de caméra-surveillance, la langue qui se délie à essayer d'interroger un passant qui aurait peut-être croisé un Nott, soupçonné d'être passé dans le coin. Des marchés scabreux conclus dans l'espoir de retrouver une soeur, pactiser avec l'ennemi juste pour tenter de réunir sa famille en morceaux. Des années que ce manège dure. L'espoir s'étiole, s'effiloche, se perd dans les lignes de code, les fils, les verres d'alcool, parfois. Les idées noires sont son quotidien et même son acharnement se met à rouiller, même sa volonté de fer commence à se tordre et faiblir. Ash n'a plus son « assistante » à ses côtés, n'a plus les encouragements de l'une ou même les cris et remontrances d'un autre. À ce stade-ci, Ash prendrait la haine et les récriminations plutôt que ce silence qui le pèse et qu'il traîne derrière lui comme on traîne un mort.

C'est trop lourd, parfois, et trop loin aussi, quelques fois. Y'a certains jours, Ash panique, à l'idée qu'il a oublié un détail sur sa famille. Quelle exacte nuance de vert et d'or se glisse dans les yeux de l'un. Quelle est la chanson préférée d'un autre. Quelle note encore un autre a eu à son dernier examen. Quelles sont ses expressions préférées. Sur quels mots l'accent traînant et chantant de la Louisiane s'attardait. Des détails, parfois de rien du tout, mais qui s'effacent petit à petit de sa mémoire. Quatre ans. Ça paraît peu, si peu, à une échelle humaine et pourtant pour Ash c'est une éternité qui s'étire. Ce sont des secondes, des minutes, des heures, des jours, des semaines de plus sans nouvelles, sans revoir un sourire ou entendre une voix au bout du fil. Quand l'Apocalypse n'avait pas encore tout dévasté sur son passage. Quand, dans leur pauvre Sud, les Nott se croyaient à l'abri des terrifiants monstres dont on entendait parler à New York. Mais bien sûr le mal ne pouvait pas les épargner. Bien sûr, il devait se répandre et tout contaminer. N'est-ce pas là le propre du mal ?

Les poings se resserrent dans les poches du jeans délavé, inutilement. Les pas qui battent le bitume craquelé, faute d'entretien – comme si on avait du temps pour s'occuper des routes quand la famine gronde, quand les créatures dignes des enfers se déversent dans la forêt hors les murs. Ash s'aventure peu dans le nord de La Nouvelle-Orléans, s'y aventurait déjà rarement avant l'Apocalypse, fils du sud de la ville qu'il est. Mais aussi parce que désormais avec le temps, l'exode, les changements climatiques, cette partie de la ville est devenue une abomination, en proie à la désolation et aux pires engeances que l'humanité peut offrir. Entre les trous béants qui étaient auparavant des commerces, les décombres calcinés là où se dressaient jadis des maisons, Ash se balade dans un paysage en ruines qui ne ressemble plus en rien à ses souvenirs d'antan. Quand sa famille était entière et que la fin du monde n'avait pas encore frappé à leur porte. Le bruit d'une sirène furtive attire son attention, il voit la milice – peacekeepers ou shadowhunters, il ne le sait guère, ne distinguant pas l'uniforme à cette distance et n'en ayant cure – foncer vers un endroit situé à une cinquantaine de mètres de là. Probablement un nid contenant tous ceux qui tentent de contourner la Prohibition. Le regard se détourne vite, désintéressé, fatigué. Ses informations ne le dirigent pas par là aujourd'hui.

Storyville, qui aurait cru qu'un jour il poserait les pieds ici ? Sûr, Ash a grandi dans un milieu pauvre, et son père était certainement un adepte du coin, du temps de son vivant, mais lui, le fils, a toujours préféré éviter ce quartier. Oh, le crime, il y a trempé quelques fois mais jamais guère longtemps et n'y a jamais trop risqué sa peau, à s'enfoncer dans des méandres dont il savait qu'il aurait du mal à en ressortir. C'était lucratif, c'était nécessaire pour mettre à manger sur la table, mais il n'a jamais vraiment aimé ça. À part ces mois, cette année, presque, passée à en apprendre davantage sur les armes. Son esprit manuel et créatif s'est attardé sur ces créations, destructrices, certes, mais fascinantes aussi d'une certaine manière. Et au lieu d'être muselé, relégué au second plan, cet intérêt singulier a été cultivé soigneusement, patiemment. Ash doit l'admettre, une bonne partie de ses connaissances dans la confection des armes, il les doit à ces quelques mois passés au sein d'une organisation de trafic d'armes. Pas le travail dont il aurait eu l'habitude, mais après la perte de sa famille, Ash a dérivé, paumé. Fallait-il vraiment être surpris qu'il se tourne vers des milieux mafieux, en désespoir de cause ? Avant de se rendre compte que les ressources du gouvernement seraient probablement plus utiles que celles de Władek, et de retourner sa veste pour aller frapper à la porte de ceux à qui il avait adressé un si abrupt refus, des années plus tôt.

Ash n'en est pas fier, surtout au vu de la dégradation rapide de sa relation avec le Polonais, réduite pratiquement à néant aujourd'hui. Mais entre sa famille et un ami – peut-être même un meilleur ami, un mentor – Ash n'a jamais vraiment eu le choix.

L'ingénieur sait que la piste qu'il suit aujourd'hui est mince, presque risible. Une silhouette capturée sur caméra, un profil qui rappelle des souvenirs, même pas un visage net. Mais c'est tout ce qu'il a, avec cet espoir tous les jours plus faible qui bat au creux de sa poitrine.

Quand il passe les portes de cet endroit lugubre, qui pourrait à peine être qualifié de bar (et qui ne l'est d'ailleurs officiellement pas), il ne s'attend pas vraiment à tomber sur ce visage familier. Pas celui du frère qu'il cherchait, non, du moins, pas celui de sang. Ses pas s'arrêtent une seconde, hésitent, avant de reprendre leur marche, les pupilles rivées sur la forme bien connue. Devrait-il être surpris, au fond, de retrouver le Polonais au Warsawa ? Ash rejoint le bar, se pose aux côtés de l'animal familier. Il évite de prêter attention au torchon à la couleur suspecte. Les affaires mafieuses sont rarement propres.

« Je prendrais la même chose. » adresse-t-il au barman, en désignant du menton le verre de whisky entre les mains de Władek.

L'imagine-t-il, cette tension ? Des années de silence, c'est difficile à briser, douloureux aussi, d'une certaine façon. S'excuser, faire comme si de rien n'était ? Non, ce n'est pas la solution, mais il ne sait pas vraiment comment aborder la situation non plus. Ash n'est simplement pas doué avec les gens. C'est pour ça qu'il se réfugie dans ses machines, ses calculs, ses problèmes mathématiques. Ça, au moins, il peut comprendre et dompter.

« Bonsoir, Władek. »

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MessageSujet: Re: Tu Quoque Mi Frater – Ashley   Mer 7 Juin - 17:44


« Je prendrais la même chose. »

Cette voix me hérisse le poil. Elle remue des souvenirs que j'essaye d'oublier depuis un petit moment et une aigreur qui ne me ressemble pas. Ma mâchoire se crispe imperceptiblement et mes yeux deviennent glacials. Je les garde fixés droit devant moi, comme si je n'avais rien entendu. Le barman me lance un regard interrogateur, surpris de voir un petit amerloque se pointer à côté de moi comme si on avait gardé les chèvres ensemble. Je lui fais un léger signe de tête, lui donnant l'autorisation de servir un verre à l'intru qui a interrompu notre conversation. 

« Bonsoir, Władek. »

Nouveau crispement. Il n'a pas l'air de vouloir bouger. Et qu'est-ce qu'il fout là après tant d'années, d'ailleurs ? La décence, c'est pour chiens ? Je tire une dernière fois sur mon minuscule mégot et l'écrase dans le cendrier qui côtoie mon verre avant de pivoter sur mon siège pour faire face au nouveau venu. Je hausse les sourcils, exhalant les volutes de fumée par les naseaux. D'habitude plutôt enjoué, mon visage est maintenant de marbre. Une esquisse de sourire goguenard flotte sur mes lippes mais elle est sans chaleur, sans substance.

« Ashley. » Je savoure une gorgée de mon verre, prenant bien soin d'installer entre nous une ambiance pesante. « Je te demanderai bien comment tu vas mais... disons que ça sous-entendrait que nous sommes amis, alors je vais m'abstenir. »

C'est bas, je l'admets volontier. Mais que voulez-vous, je ne pardonne pas facilement.

Je lui offre mon sourire le plus hypocrite qui soit puis pose un coude sur le comptoir. Le menton en équilibre sur les phalanges, je le scrute d'un air faussement méditatif. Mon ami le barman ne sait plus se mettre et se glisse à l'autre bout du comptoir pour servir un autre client. La musique de fond crachotée par une vieille radio vient rythmer le silence qui s'est installé entre nous alors que je détaille le visage de mon interlocuteur. Tant de souvenir remontent à la surface, c'est intolérable. Juste intolérable.

« Que me vaut donc l'honneur ? »

Ashley, Ashley... Tu n'es pas au bon endroit, mon grand. Vraiment pas. Pas après avoir retourné ta veste et m'avoir lâché pour le gouvernement. Je sais que je ne suis moi-même qu'une petite chienne de traître quand il s'agit de défendre mes intérêts, mais jamais je ne tolérerai ça des gens qui bossent pour moi. Et encore moins de la part de quelqu'un que je considère comme un frère, comme mon meilleur ami. Ashley s'est cru tout permis, a abusé de notre amitié pour me voler mes petits secrets et s'est barré. Bien sûr, il m'a expliqué pourquoi, et c'était parfaitement logique... mais je ne suis pas du genre à m'embarrasser de détails. Surtout qu'il se pointe comme une fleur, avec un bonsoir et une risette, comme si de rien n'était ; ça a le don de m'exaspérer.

Eryk trouve le courage de revenir vers nous et dépose nonchalament un verre devant mon voisin de comptoir. J'en profite pour sortir une nouvelle cibiche de ma poche. Je la coince entre mes lèvres, les yeux toujours plantés dans ceux d'Ashley, aussi froids que Terence doit à présent l'être au sous-sol.

Mais putain, où va le monde ?

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MessageSujet: Re: Tu Quoque Mi Frater – Ashley   Lun 26 Juin - 21:59

Non, il ne l'a pas imaginé, cette tension.

Elle habite le Polonais, irradie de tout son être. Est-ce sa présence qui l'irrite autant ? Le fossé creusé est-il si grand que Władek n'est même plus capable de le supporter à peine quelques secondes ? Peut-être est-il trop naïf, Ash, à croire que changer de camp ne change rien. Que passer de la mafia au gouvernement sera facilement pardonnable. Compréhensible. Si le choix a été logique, les émotions le sont rarement, elles. Ash a fait son choix en pensant au mieux pour lui, pour sa famille, sans vraiment penser aux autres. Le Nott est égoïste et il le sait. Sa peau et celle de sa famille avant celle des autres. Ça a toujours été comme ça. Ça le sera toujours.

Il évite son regard, mais Ash peut deviner les yeux qui fusillent l'horizon plutôt que lui, il le devine dans la posture rigide, la crispation des mâchoires. Ash n'est pas doué avec les gens, pas pour leur parler, mais il sait les lire, au moins un peu. Va-t-il l'ignorer totalement ? Les yeux bruns suivent les mouvements du Polonais, du barman, et la tension le gagne lui aussi, petit à petit. Un instant, Ash a oublié qu'il n'était plus forcément dans les grâces du trafiquant d'armes. Et qu'avoir un ennemi dans ce milieu ? Ce n'est pas la meilleure des idées.

Le verre est servi, néanmoins, et Ash le saisit sans en prendre une gorgée pour le moment. Il attend une réaction, un signe de reconnaissance. Il ne tarde guère. Władek se tourne bientôt vers lui, pivotant sur son siège, expression froide, sans réel amusement.

Son nom tombe, presque comme on annonce une sentence de mort. Et ce qui suit installe définitivement un froid glacial entre eux. Ash avait ses soupçons, mais les entendre confirmés ainsi le désole. Il n'a pas totalement coupé les ponts le Nott, il ne l'a pas voulu, mais Władek a pris le retournement de veste bien plus sérieusement qu'il ne l'aurait cru. Ash pensait que le Polonais comprendrait, qu'il verrait le raisonnement derrière sa décision. Il ne serait pas heureux pour lui, non, certainement pas, mais il comprendrait. Il pensait que leur amitié allait au-delà d'une pure relation de travail. À croire qu'il a eu tort. Dès que Ash s'est détourné du trafic d'armes, c'est pratiquement comme s'il n'existait plus aux yeux de Władek. Est-il frustré d'avoir perdu un ami ? Ou un ingénieur qualifié pour améliorer ses armes et ainsi donc lui offrir une marge de profit certaine sur ses nouvelles inventions ? Des armess qu'on ne trouverait pas ailleurs sur le marché ? Peut-être un mélange des deux. Il n'a jamais été doué pour se mettre à la place des autres.

« Tu sais pourquoi je suis parti. Je n'ai jamais rien caché. » répond calmement Ash, avant de finalement boire une gorgée du whisky servi. Il lui brûle la gorge.

Et c'est la vérité. Que Ash n'a pas claqué la porte du jour au lendemain. Il a expliqué ses raisons, atrocement pragmatiques qu'elles sont. Le gouvernement avait les moyens financiers et technologiques pour lui permettre de retrouver sa famille. Les renseignements, aussi. Władek, pour toute l'admiration et l'affection qu'il lui vouait, ne pouvait pas l'aider à retrouver les autres Nott. Presque un an, Ash résista, garda espoir. Avant que ce ne soit trop dur, avant de ravaler sa fierté pour aller frapper aux portes d'un gouvernement pour lequel il n'avait jamais vraiment voulu travailler. Mais il a le sacrifice dans la peau, dans sa chair, dans ses os, et si la tyrannie en place, celle qui avait indirectement fait éclater sa famille pouvait lui permettre de la retrouver ? Ash allait courber l'échine. Parce qu'il est l'aîné d'une fratrie, d'abord et avant tout. Il ne sait pas vraiment être autre chose que ça.

Le sourire tourné vers lui est faux, pue la comédie. Ash s'en hérisse quelque peu. Mérite-t-il vraiment une posture si hostile ? Presque méprisante ? Il n'a jamais menti, jamais trahi. Alors pourquoi le Polonais le traite-t-il comme s'il lui avait planté un coup de couteau dans le dos ? Ash l'avait toujours traité avec respect, avec chaleur. Mais tout semblait être effacé aujourd'hui et le froid qui régnait entre eux l'agaçait autant qu'il le désolait. Il n'avait pas voulu ça, mais Władek n'était-il pas trop borné ?

« Je ne suis pas venu te chercher toi, c'est un pur hasard que je te croise. Il paraîtrait qu'un de mes frères a été aperçu ici. Je suis venu vérifier. »

C'est bas, c'est atrocement bas, et ça ne manquera certainement pas de blesser Władek dans son orgueil. Mais Ash n'aime pas mentir, il n'en a pas le goût, et c'est la pure vérité. Il n'aurait pas cru tomber sur son ami – ou ancien ami, plutôt – ici. Peut-être pouvait-il espérer obtenir un semblant de coopération de sa part ? Ash ignore comment le mafieux pourrait réagir. Ils se sont rapprochés grâce à leur passé semblable, tous les deux fils de rien, tous les deux hommes qui se sont forgés eux-mêmes. Mais là où Ash a toujours eu sa famille nombreuse à l'esprit, il sait que Władek était fils unique. C'était une des raisons pour lesquelles ils s'étaient rapprochés. Ash l'avait vu comme un mentor, un meilleur ami, le grand-frère qu'il n'a jamais eu, qui l'a conseillé, aidé, cru en lui, donné sa chance. Peut-être que la désertion n'a été que plus cruelle. Mais ce n'est pas faute de ne pas avoir voulu maintenir contact. Le tort est des deux côtés.

« Tu m'en veux toujours autant ? » ne peut-il s'empêcher de demander.



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MessageSujet: Re: Tu Quoque Mi Frater – Ashley   Ven 11 Aoû - 12:13


Ashley laisse tomber sa fausse timidité et je dois avouer que je l'ai bien cherché. Il me répond cash, ça m'arrache un petit sourire. Tu sais pourquoi je suis parti. Je n'ai jamais rien caché. Je lève les yeux au ciel. Oui, les raisons qu'Ashley m'avaient données avant de se tirer étaient tout à fait logiques et si j'avais eu une famille j'aurais sans doute fait pareil, mais depuis quand un mafieux est censé être raisonnable ? Moi, en tout cas, je ne serais jamais raisonnable. Ce n'est pas dans ma nature, j'en ai rien à foutre de jouer franc-jeu. Je bois une gorgée de mon verre mais ne réponds pas, cela dit. Je ne peux pas acquiescer, ce serait ridicule. Je ne suis pas venu te chercher toi, c'est un pur hasard que je te croise. Il paraîtrait qu'un de mes frères a été aperçu ici. Je suis venu vérifier. Oh. D'accord, pas de préambule avant le poignardage en règle. Je me retrouve un peu con mais j'arrive encore à le cacher derrière mon habituelle façade moqueuse. En soit, la présence d'Ashley concorde avec tout ce que je sais de lui, depuis toutes ces années. Comme lorsque je l'ai rencontré, comme lorsqu'il a quitté mon organisation : sa vie tourne autour de sa famille et rien ne compte plus à ses yeux. Là encore, il n'est là que pour ça.
J'hausse les sourcils, intéressé dans une moindre mesure. Ah oui ? J'ai du mal à imaginer un Nott traîner dans un rade comme le Warszawa. Je désigne la salle d'un geste évasif, plus narquois que jamais. Il doit tremper dans des trucs pas nets, s'il a été aperçu ici. Je ne veux pas spécialement le faire paniquer mais c'est la vérité. Personne ne vient ici pour passer une soirée entre potes, le bar n'a pas exactement pignon sur rue. On vient ici pour acheter de la drogue et des armes, mettre un contrat sur la tête de sa mamie pétée de thunes ou pour ouvrir un business de prostitution - pas pour jouer au scrabble. Je scrute Ashley d'un air entendu, j'attends qu'il me fasse part de son analyse de la situation. Où est-ce qu'il a obtenu son information, où est-ce qu'il va pouvoir chercher ensuite, je suis curieux et j'aime bien savoir ce qui se trâme. Surtout quand ça touche un endroit que je fréquente aussi souvent.
Après un petit moment, Ashley me surprend à nouveau. Comme s'il regrettait d'avoir été un peu rude, il me sort un rameau d'olivier de derrière les fagots. Tu m'en veux toujours autant ? C'est Ashley tout craché. Même avec une volonté de fer, c'est vraiment difficile de le détester. Je pousse un soupir en me passant une main sur le visage. Oui. T'as vraiment été un petit con, Ashley. Et tu sais que je supporte pas qu'on me laisse sur le carreau. Une taffe de cigarette vient ponctuer mon exaspération. Mais je ne te déteste pas. Pas vraiment. C'est ma manière de lui dire que je comprends. Que ça me casse les couilles, mais que je comprends. Parler avec lui me rappelle à quel point notre amitié était forte et ça me gave royalement. Il était comme un frère. En y réfléchissant bien, ça doit juste me soûler qu'il ait préféré ses frères de sang plutôt que moi. Puéril, je l'admets volontier, mais j'ai jamais dit que j'étais le mec le plus mature de La Nouvelle Orléans. Je bois une nouvelle gorgée de mon verre, soudainement moins tenté par la confrontation, allez savoir pourquoi. Je lui jette un regard de côté, le jauge. Il a l'air crevé mais j'ai du mal à me souvenir si c'est normal ou pas. Mes doigts pianottent sur le comptoir, j'essaye de mettre de l'ordre dans toute cette histoire. Alors comme ça tu cherches toujours ta famille. T'as déjà retrouvé tes autres frères et soeurs, ou c'est ta première piste sérieuse ? Je n'ai pas du tout envie de l'aider, mais je suis vraiment trop gentil.

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Tu Quoque Mi Frater – Ashley

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