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 All the best people are crazy || Orfeo & Lucrezia

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MessageSujet: All the best people are crazy || Orfeo & Lucrezia   Lun 8 Mai - 20:24


De soleil aveuglant, à la tempête de neige, le temps ne mettait que quelques instants pour passer de l’un à l’autre, énième signal d’alarme d’une planète à l’agonie. Cela aurait pu me rendre folle, cela aurait dû même, mais je me sentais dans le même état. Une agonie longue et douloureuse que j’empirais par des décisions impulsives et égoïstes. Tout me semblait plus douloureux dans mon quotidien, même respirer devenait une source de douleur. Peut-être que je n’étais qu’en train de me monter la tête, à trop réfléchir à tout ce que je devais faire, à trop réfléchir à ce que je n’aurais pas dû faire. Les flashs de ces instants coupables me revenaient sans cesse, dérangeant ma concentration, parasitant ma détermination. Je m’en voulais un peu plus à chaque seconde, une boule sans nom bien installée au creux de l’estomac. Cette situation me rendait malade. Plus j’avançais, plus je réalisais que je n’étais pas prête, oh non loin de là.

Pour tenir bon malgré ma tonne de faiblesses, je ressassais la liste des choses qu’il me restait à faire. Mais ma distraction devenait futile, ne me trompant plus au bout de la première heure à l’utiliser. Rien n’allait, je n’arrivais plus à réfléchir correctement à mon plan originel. Il fallait que ce regard un peu trop bleu vienne me hanter sans discontinuer, apportant son lot de doutes et de regrets. J’étais dans une impasse, une dont je comprenais enfin que je n’en sortirais pas seule. Une seule personne me venait à l’esprit afin d’y voir plus clair. Un soutien infaillible depuis bien des années, mais un roc sur lequel j’essayais de ne pas me reposer. Orfeo avait sa propre vie, ses propres démons, qui étais-je pour lui en confier d’autres. Pourtant, il n’avait jamais ignoré la nature de mes occupations officieuses, je ne l’avais pas épargné, dans une attitude, encore et toujours, égoïste. J’avais toujours eu besoin d’une personne à qui confier la tournure que prenait ma vie, une personne qui m’aiderait à y voir plus clair, à ne pas prendre de décisions hâtives. Avec le temps, j’avais pris de l’assurance, j’avais cessé d’impliquer Orfy dans mes affaires, pour mieux finir par chuter, victime de mon égo.

Il était grand temps que je m’en remette une dernière fois à ses conseils. Je n’avais qu’à joindre le besoin à l’un item de ma liste. J’avais quelque chose à confier à mon ami, quelque chose dont il n’avait probablement pas besoin, mais quelque chose que j’avais besoin de disperser pour le mettre à l’abri de l’avidité d’Ivanov. Mais j’attendis patiemment le couvert de la nuit, quel qu’elle soit. Les lumières de mon appartement toujours allumées, j’enfilais un gilet noir à capuche, une veste noire courte, attachais distraitement mes cheveux afin de les dissimuler dans une habitude mécanique avant de me faufiler dans le couloir de mon étage. Je gagnais silencieusement les escaliers, mais au lieu de descendre, je grimpais jusqu’au toit. Je me devais de prendre quelques précautions supplémentaires depuis qu’Ivanov m’avait condamné à mort. Il était plus que probable qu’il me fasse surveiller et je n’avais pas l’intention de l’aider à mettre à sac mon entreprise. Arrivée sur le toit, je rabattis la capuche sur mon visage et me faufilais jusqu’au bord le plus proche du toit adjacent, je restais cachée quelques instants recroquevillée près de la corniche, étudiant mon environnement, repérant les gorilles chargés de surveiller mes faits et gestes. Très discrets dans leur voiture de l’autre côté de la rue, comme d’habitude. Je pris le temps d’observer le reste par sécurité avant de me relever, prendre un peu d’élan et sauter sur le toit voisin. Je répétais mon manège sur un bloc complet avant de redescendre par un escalier de secours dans une ruelle uniquement éclairée par les néons venant de la rue principale un peu plus loin.

Je ne m’attardais pas et filais directement vers l’une de mes planques. Il ne m’était pas très compliqué de planquer mes petits cadeaux partout en ville, mais je ne les laissais jamais plus de quelques jours au même endroit avant de les livrer à leurs propriétaires finaux. Je récupérais celui que j’avais préparé pour Orfeo et filais vers son appartement à quelques minutes de là. L’avantage d’habiter dans le même quartier lui et moi. J’empruntais encore une fois les escaliers de secours extérieurs pour me hisser jusqu’à son étage. Je me faufilais par la fenêtre du couloir entrouverte et rasais les murs jusqu’à la bonne porte. Je cognais discrètement sur celle, trois coups rapides, une pause, puis deux coups longs, notre petit code de reconnaissance. Il savait ainsi que je ne passais que pour une visite de courtoisie, car je n’avais pas particulièrement envie de tomber sur quelqu’un d’autre que lui avec un sac rempli de liquide à la main.

Je retins mon souffle jusqu’à ce que la porte s’ouvre sur son visage, mais ne lui laissais pas le temps de dire quoi que ce soit et me faufilais dans l’appartement, refermant la porte silencieusement derrière moi. Je pouvais enfin reprendre une respiration normale, offrant un sourire à mon petit Orfy sur la joue duquel je déposais un baiser avant de m’avancer dans le salon. Je posais le sac sur le canapé et m’appuyais contre celui-ci avant de me tourner à nouveau vers le maître des lieux.

Je suis la mère Noël avant l’heure. Un sourire amusé aux lèvres, mon instinct maternel reprit le dessus en un instant alors que je détaillais sa silhouette à l’affût du moindre signe de mauvaise santé ou autres. Comment vas-tu ?
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MessageSujet: Re: All the best people are crazy || Orfeo & Lucrezia   Mer 24 Mai - 18:27


All the best people are crazy
I can't feel no pain, I can't feel nothing but memories ••• Profond soupir alors que le corps s'affaissait sur le canapé de la salle de repos. Ces derniers jours, il avait enchaîné les interventions. L'annonce du Gouvernement avait poussé nombre de citoyens dans leurs retranchements, faisant ressortir la bestialité enfermée dans les corps. Incendies, coups et blessures, il avait vu défiler des blessés par dizaines, plusieurs maisons avaient été dévorées par les flammes. Des entrepôts aussi, beaucoup liés au Gouvernement, qu'il avait fallu sauver. Le sorcier ne savait trop quoi penser. Tout lui semblait si bien coordonné, qu'il suspectait la Résistance d'être derrière tout cela. Et cela expliquait pourquoi il avait tant de mal à s'engager à leurs côtés. Si ses idéaux n'étaient pas en accord avec la tyrannie actuelle, il rejetait tout de même les actions violentes faites par leurs opposants. Des morts étaient toujours à déplorer, et une partie de son cœur n'était toujours pas prête à tant de sacrifices. Il avait déjà connu l'Enfer, et s'y replongeait... Très peu pour lui. Il préférait rester à l'écart de tout cela pour le moment. Attendre l'instant où il pourra se glisser dans de telles activités sans aller à l'encontrer de toutes ses valeurs. Si seulement Rafael entrait dans ses pensées à ce moment-là, il aurait du souci à se faire...

On finit par venir le voir, lui offrir sa nuit, et la journée du lendemain. Il en soupira d'aise. Enfin, il allait pouvoir se poser sans qu'on l'appelle toutes les cinq minutes pour un départ de feux ou un règlement de compte qui avait mal tourné. En fait, souvent, il était obligé d'utiliser ses pouvoirs pour empêcher une mort, ou alors pour éviter qu'une personne ne parle trop. La guérison et la création d'illusions... Ils étaient devenus ses meilleurs amis en quelques années. Il les utilisait sur beaucoup, dès qu'il estimait la situation nécessaire. Et que son organisme le lui permettait. Cela n'en avait pas l'air, mais une utilisation continue entraînait un certain épuisement. Et en ce moment, il atteignait certainement le maximum qu'il pouvait supporter. C'était d'ailleurs peut-être pour cela qu'on le renvoyait chez lui. Ses supérieurs devaient vouloir éviter qu'un de leurs pompiers ne leur claquent entre les doigts. Déjà qu'ils étaient en sous-nombre.... Callum n'était toujours pas revenu, et tous le pensaient mort. Ca avait été un coup dur pour Orfeo, lui qui appréciait l'homme malgré ses airs un peu bourrus et violents. Ils étaient aux antipodes l'un de l'autre, mais ils avaient fini par bien s'entendre, notamment après les arènes. Et maintenant... Un disparu de plus à la longue liste de ceux qui avaient déjà péri. Certainement pas le dernier.

La nuit tombait quand il poussa la porte de son immeuble. Un immeuble plutôt classique d'apparence. Il ne voulait pas attirer l'attention, alors celui-ci était parfait. La clef se glissa dans la serrure, ouvrit cette porte sur un espace qui lui convenait plus. Un grand séjour, dont les éléments n'étaient pas sans rappeler l'époque dont le jeune homme était issu. Un piano trônait dans un coin. Piano dont il jouait parfois, même si sa maîtrise restait faible. Il appréciait les sons qui s'en dégageaient, même s'il trouvait qu'il manquait une voix pour les accompagner par moment. La porte se referma, la clef tourna à nouveau dans la serrure. Il était chez lui, et personne ne viendrait l'emmerder. De toute façon, à y réfléchir, il avait peu de réels liens. Il était solitaire, Darkness Falls l'ayant rendu incapable de réellement s'attacher. Par peur de perdre ceux qu'il appréciait, que son frère se décide à le détruire en s'en prenant à ceux qu'il estimait. Il y avait beaucoup de raisons à cela. Et quand bien même il arrivait encore à s'accrocher, les personnes n'avaient jamais accès à tout ce qu'il était, tout ce qu'il avait vécu. Lucrezia en était l'exemple-même. Malgré toute la confiance qu'il plaçait en elle, il lui avait quand même caché une partie de sa vie. Parce qu'elle n'était pas prête à apprendre l'existence des êtres comme lui. Oui, c'était ça l'excuse qu'il avait donnée à la petite voix dans sa tête...

Il s'était alors perdu dans ses pensées, assis sur l'un des fauteuils de son salon. Quelques minutes, quelques heures, il n'y avait pas prêté attention. Il ressassait juste les mêmes souvenirs, les mêmes interrogations. Ce besoin de liberté qui étreignait sa poitrine, sans qu'il ne puisse consciemment briser les règles pour le moment. Quelques coups contre la porte d'entrée le rappelèrent à l'ordre. Un code de reconnaissance, qu'il n'avait pas eu depuis quelque temps. Un sourcil s'arqua, alors qu'il se releva soudainement et se déplaça jusqu'à la porte. Un simple tour dans la serrure et celle-ci fut ouverte, dévoilant la silhouette de Lucrezia dans l'embrasure. Un soupir alors qu'il l'invitait à entrer, avant de la laisser refermer rapidement derrière elle. Elle posa un colis sur le canapé, attisant la curiosité de l'italien. Cela faisait quelque temps qu'ils ne s'étaient pas croisés à vrai dire. Il la détailla donc, sourit néanmoins au baiser déposé sur sa joue.

La Mère Noël en effet. Il se frotta légèrement les paupières, cherchant à chasser la fatigue qui s'accumulait quand même. Ou était-ce seulement la pression, alors qu'il attendait d'en savoir plus sur sa venue ici, sur le contenu du mystérieux sac. Et il n'eut qu'une seule question. Comment vas-tu?. Les épaules se haussèrent d'elles-mêmes.

« Ca va de mon côté, même si avec les dernières annonces gouvernementales, je passe de plus en plus de temps au boulot... » Léger soupir, regard au plafond, montrant son profond détachement avec ses supérieurs. « Et toi alors ? Ca fait quelque temps que nous n'avions pas discuté. »

Le ton était un peu plus sérieux, malgré le sourire qui restait ancré sur son visage. Il s'appuya sur une commode, ses yeux bleus plantés dans ceux de Lucrezia. Il espérait qu'elle ne lui mentirait pas. Même s'il n'avait aucun moyen de déceler le mensonge en fait. Il lui faisait juste suffisamment confiance pour cela.

« Qui a-t-il dans le sac ? Et pourquoi me l'amenait à une telle heure ? S'est-il passé quelque chose dont tu aurais omis de parler ? »

Les questions s'enchaînaient, avant que Lucrezia ne puisse changer de sujet. Son regard s'était fait grave, et il espérait que le comportement presque maternel de la femme ne l'empêcherait pas de lui expliquer le pourquoi du comment. Puis il se souvint qu'il était quand même l'hôte, et qu'un certain devoir lui incombait donc.

« Tu veux quelque chose à boire ? Café, thé... J'ai aussi de quoi manger si nécessaire. Et on ferait mieux de s'asseoir pour discuter... »


Quelques mots avant de la guider jusque dans la cuisine. Ils allaient certainement en avoir pour un long moment de discussion...

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MessageSujet: Re: All the best people are crazy || Orfeo & Lucrezia   Sam 10 Juin - 23:43

Mon regard inquiet glisse sur ses traits fatigués et une pointe de culpabilité étreint mon cœur alors que je me sais en train de lui voler un rare moment de répit. J’avais une forte admiration pour la détermination d’Orfy à se battre pour sauver le plus grand nombre. Malgré les aléas de la vie, malgré les évènements toujours plus abominables, il se tenait toujours droit prêt à affronter le pire tant qu’il y avait quelqu’un à aider. J’avais dans l’idée que cette obstination à faire le bien autour de lui finirait par le tuer, mais qui étais-je pour juger le meilleur d’entre nous ? Notre relation était basée sur le respect depuis le début et je m’en voulais d’avance de l’entacher avec mes erreurs. Des explications étaient de rigueur, je le savais que trop bien, tout en souhaitant repousser l’échéance au maximum. Malheureusement, l’on ne me laissait plus de temps pour prendre de gants, j’allais devoir aller droit au but. Mon attention n’avait pas quitté mon hôte alors qu’il répondait de sa manière détachée habituelle. Pas de doute, c’était bien mon Orfy. Un sourire discret et complice étira mes lèvres. Bourreau de travail un jour, bourreau de travail toujours. Mais mon sourire se fana légèrement à sa propre question, me rappelant que trop bien ce que je faisais ici. Sans me laisser le temps de répondre à sa première question, mon perspicace ami enchaina avec des questions bien trop ciblées pour son propre bien. Mais cela allait mettre utile, moi qui avais besoin d’aller droit au but, la voie était grande ouverte. Emprisonnée par le ton et le regard qui ne me lâchait pas, mon sourire revint telle une armure. J’avais presque l’impression de devoir rendre des comptes à ce qui devrait être un paternel, bien que je n’en aie jamais fait l’expérience. L’impression était étrangement inconfortable, je fronçais les sourcils sous l’interrogatoire, soudainement mal à l’aise. Je n’aimais pas vraiment l’atmosphère de cette discussion, une pensée qui me traversa l’esprit un instant avant que je ne me réprimande moi-même. Je n’avais pas le temps pour ces considérations, mes sentiments n’avaient plus à interférer dans mes objectifs, ils ne feraient que me ralentir. Je me ressaisis avec l’aide d’Orfeo qui me proposa de le suivre dans la cuisine pour s’installer et probablement autour d’un verre que j’aurais aimé alcoolisée pour une fois. Je me raclais discrètement la gorge avant de lui suivre dans la pièce adjacente.

Un café s’il te plaît.

Mon allié depuis plusieurs jours, me permettant de ne dormir que le strict nécessaire. Après tout, du repos, j’allais bientôt en avoir autant que nécessaire. Je m’installais directement sur l’une des chaises de la pièce, laissant le propriétaire des lieux, évoluer dans son espace sans le déranger.

Disons que beaucoup de choses se sont passées depuis la dernière fois qu’on a parlé. Je vais bien ceci dit, à quelques ennuis près.

Ce n’était pas vraiment un mensonge, j’allais vraiment bien, pour le moment. Je n’avais vraiment pas envie de m’étendre sur la cause du problème en lui-même. Pas besoin de le mêler de près ou de loin aux affaires d’Ivanov par accident. Je me détournais d’Orfy laissant ma tête partir en arrière, mon regard parcourant les irrégularités du plafond.

Je vais devoir disparaître et je règle mes affaires si tu vois de quoi je veux parler.

Mon ton avait perdu toutes intonations, se faisant plus monotone, plus distant, comme à chaque fois que j'étais forcée à parler de sujets que j'aurais voulu passer sous silence. J’évoquais ma disparition comme voulue, occultant totalement le fait que j'allais probablement être froidement tuée au détour d'une dernière confrontation avec Ivanov. Mais au delà de cela, même si Orfy avait toujours su pour la Menrva, fidèle confident et soutien dans mon entreprise, c’est pour l’épargner que je l’avais tenu éloigné d’une affaire qu’il ne méritait pas d’endurer. J’avais l’impression de le salir rien qu’en évoquant mes activités illégales, encore une chose que je détestais. Je secouais la tête me rappelant encore à l’ordre sur l’inutilité des sentiments dans cette situation et repris d’un ton plus assuré.

Donc oui, comme tu t’en doutes par régler, j’entends mettre en sécurité pas mal de choses. Maintenant, je ne sais pas si tu as besoin du contenu de ce sac, mais je te fais confiance, tu sauras quoi en faire.

J’avais une confiance aveugle même. Orfy saurait quoi faire de cet argent, et j’étais quasiment sure qu’il ne le garderait pas pour lui. Mon regard tomba à nouveau sur la silhouette du jeune homme et un nouveau sourire sans joie étira un coin de ma bouche.

Il est à toi désormais, fais-en ce que tu souhaites.

Je savais ne pas pouvoir m’en tirer à bon compte, mais j’attendais sa réaction avant d’envisager de donner d’autres explications.
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MessageSujet: Re: All the best people are crazy || Orfeo & Lucrezia   Lun 17 Juil - 0:04


All the best people are crazy
I can't feel no pain, I can't feel nothing but memories ••• Il avait posé les questions sans même réfléchir, directement. Il avait besoin d'explications, du pourquoi et du comment. Bordel, elle se pointait quand même à une heure indécente, déposant un sac plein de... Il ne savait même pas de quoi, et Lurezia semblait plus intéressée par lui et sa fatigue que par lui offrir plus d'informations. Il aurait pu tourner en rond, faire les cent pas. Il avait besoin de ça, pour ne pas trop s'inquiéter. Parce que oui, l'inquiétude se glissait dans ses entrailles, il n'avait jamais été réellement capable de gérer ce genre d'émotions. Son regard ne quittait pas la silhouette de la femme, même lorsqu'il se déplaça jusqu'à la cuisine. Un café. Quelques secondes suffirent pour trouver le café, placé à une hauteur convenable pour le jeune homme et en mettre une dose suffisante pour les deux tasses de prévu. Il en avait bu tellement ces derniers jours, dernières semaines, c'était un peu son carburant quand les gardes s'éternisaient. Ah, si seulement il avait pu dormir plusieurs heures avant l'arrivée de son amie... Enfin, elle n'avait pas l'air en meilleur état que lui.

La machine toussotait en crachant son liquide marronné dans les deux tasses sorties par Orfeo. Blanches, avec quelques dessins de paysage. L'Italie telle qu'il ne la connaîtrait jamais. Un sourire triste alors qu'il se détournait, se cachait de Lucrezia pour sortir sucre et lait de ses placards. Le rationnement, il en était victime, comme beaucoup d'autres citoyens, mais il avait la chance de faire « partie » du Gouvernement d'un côté, et donc d'obtenir des portions plus importantes. Les dirigeants ne pouvaient pas se permettre de perdre leurs pompiers, puisqu'il s'agissait de ceux les sauvant en cas de souci. Normalement. Orfeo, cela le faisait bien rire, et s'il le pouvait, il les laissait dans leur merde le plus longtemps possible. Avec ses pouvoirs d'illusions, tout était plus simple. Enfin, il ne l'avouerait jamais ça. Il n'aimait pas parler de sa nature, de ses dons, notamment depuis qu'il avait fait les frais de la frayeur de Mikkel. Cela lui rappelait que les mages n'étaient pas bien considérés. En réalité, la plupart du temps, ils étaient même haïs. Alors, il s'adaptait, le petit Italien qui n'avait jamais demandé à avoir de tels pouvoirs. Il faisait profil bas, cachant encore plus tout ça. Peut-être qu'un jour, il irait jusqu'à modifier cette nature. Cela plairait à son frère, à n'en pas douter. Mais arriverait-il à s'accepter lui-même, en devenant un monstre ?

La reprise de parole de Lucrezia l'empêcha de s'enfoncer un peu plus dans ses sombres pensées. Ce n'était pas le moment pourtant, d'y attacher de l'importance à cette envie soudaine de se renier. Ce n'était clairement pas le moment... A quelques ennuis près. Et que ne lui disait-elle pas ? Son regard continuait de se faire protecteur, comme il avait toujours eu tendance à l'être avec celle qui l'avait sauvé. Devoir disparaître ? Les doigts s'accrochèrent au rebord de la table, les jointures blanchirent. Elle lançait ça si... Innocemment, et elle espérait qu'il garde son calme ? Bon, c'est ce qu'il fit. Mais les muscles de sa mâchoire, tendus à l'extrême, exprimaient cette rage qu'il contenait. Car, sans être violent, Orfeo pouvait tout de même avoir des sautes d'humeur ou des réactions assez surprenantes. Quand on ne s'y attendait pas. Et Lucrezia, elle, semait les indices un par un, le faisant languir alors que la situation exigeait qu'il soit au courant de tout le plus rapidement possible. Même si c'était lié à la Menrva, et que son amie n'appréciait pas le mêlait à ses affaires. Elle n'aurait d'autres choix que le faire, puisqu'il ne la lâcherait pas avant d'être sûr qu'elle n'était pas en danger.

Le bip sonore de sa machine à café l'empêcha de répondre tout de suite, et ce n'était finalement pas plus mal. Quelques secondes de répit, de réflexion, alors que les tasses se posèrent face à leur propriétaire, et qu'il s'installait face à Lucrezia. Quelques gorgées du liquide brûlant pour se donner contenance, son regard azur ne quittant pas celui de la femme.

« Quelques ennuis près ? Tu sais, ce n'est pas très rassurant de rester aussi vague... Développer la situation dans laquelle tu es m'aiderait réellement à mieux comprendre ce qui t'arrive... »

L'accent italien sur le retour, comme à chaque fois que les émotions devenaient trop fortes, trop incontrôlables. Il n'aimait pas qu'on lui mente, qu'on lui omette des informations. Et Lucrezia devait le savoir, depuis le temps qu'ils se côtoyaient. Un soupir, pour évacuer le stress qui s'agglutinait dans ses veines. Les doigts frottèrent les paupières, les tempes. Jamais il n'aurait pensé se retrouver dans une telle situation. Son regard s'enfonça un peu plus dans celui de Lucrezia, la scruta, chercha à découvrir ce qu'elle cachait. Comme si ses iris pouvaient le renseigner si facilement...

« Disparaître ? C'est-à-dire ? Parles-tu de fuir ? »

Et si tel était le cas, pour quelles raisons ?[/i] La question lui brûlait les lèvres, mais il fut incapable de la poser. Il y en avait déjà bien trop en fait... Le coude se posa sur la table, soutenant sa tête. Il s'étonnait lui-même de rester aussi calme là où une partie de son esprit lui ordonnait d'agir, de bouger. Il ne savait pas ce que Lucrezia avait en tête, mais il ne devrait pas la laisser faire. Même si physiquement, elle était plus âgée que lui, et qu'elle était convaincue de cela même réellement. Il serait capable de se placer en paternel, quand bien même il n'avait jamais eu d'enfants, et n'en aurait certainement jamais. Ah, il fallait croire qu'il en avait la fibre.

« Je regarderai ça plus tard, ça ne me semble pas être le plus pertinent pour le moment. J'espère que je ne te décevrai pas. »

Elle paraissait quand même placée pas mal d'espoir en lui, et ça l'intriguait. Pourquoi tout ça ? Pourquoi ?

« Maintenant, j'attends toujours que tu me racontes tout. Et arrête de rester vague, tu sais très bien que ça ne fonctionnera pas avec moi. »

Oh que non, il était bien trop hargneux avec elle. Il saurait ce qu'il avait besoin de savoir, coûte que coûte.

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MessageSujet: Re: All the best people are crazy || Orfeo & Lucrezia   Dim 6 Aoû - 21:00

J’avais repoussé cette entrevue le plus longtemps possible, ne voulant vraiment pas faire face à cet homme auquel je tenais, auquel j’avais confié tellement de choses, qui m’avait soutenu au fil des années. L’heure avait sonné et c’est à contrecœur que j’étais venu sonner à cette porte. Je ne voulais pas dire au revoir, c’était une chose, mais si j’étais honnête avec moi-même, je ne voulais pas faire face à celui qui me demanderait le plus d’explications. J’avais réussi à tout raconter à Kenneth, je le pourrais aussi avec Orfeo, mais comme pour le premier, je redoutais la réaction et les conséquences. Hors de question que quelqu’un d’autre ne tombe avec moi, je devais déjà m’assurer que Kenneth ne ferait rien d’insensé, je ne pouvais pas gérer Orfeo en plus.

Les secondes s’égrainaient, le silence troublé par mes quelques mots et le vrombissement sourd de la machine à café, un ronronnement doux et apaisant, vestiges d’un passé où cette action était encore anodine, quotidienne. Un passé sur lequel je m’étais interdit de m’apitoyer le jour même où j’avais pris la décision insensée de créer la Menrva. Pas d’apitoiement, mais le constant rappel des évènements, pour me rappeler mon but dans la vie, ou ce qu’il en restait. Si mon ouïe se laissait hypnotiser par son environnement, mes yeux quant à eux ne quittaient pas le profil ou alternativement le dos de mon hôte. Je ne ratais rien de sa crispation, mon propre corps répondant à cette vision. Je croisais mes doigts avec force, mes paumes soudées l’une à l’autre. Quel bon moment pour laisser son empathie refaire surface. J’attendais une réaction négative quelle qu’elle soit, mais sauvée par le gong, Orfeo retourna s’occuper de nos boissons, prenant sans doute le temps de tempérer sa propre attitude. Une vague de soulagement me traversa, bien vite étouffée par l’inconfort de la situation. La tasse au dessin ouvragée atterrie sous mes yeux alors que mon ami s’installait devant moi. L’intensité de son regard me brûlait, réveillant toute la culpabilité qui pouvait me tordre les entrailles. Le liquide contenu dans le récipient obtint alors toute l’attention qu’il méritait, mes mains s’appropriant instinctivement la tasse. Mes yeux ne quittèrent plus les ondulations du liquide alors que j’attendais encore cette réaction, autant que je l’appréhendais.

La sentence tomba, et elle fut bien plus douce que ce que j’imaginais. J’avais envisagé le pire comme à mon habitude, sans prendre en compte l’homme qui m’accueillait chez lui. Un léger sourire déforma mes lèvres, le nez toujours dans ma tasse, invisible au regard de mon ami. Je le retrouvais bien là, à toujours tout vouloir savoir, même quand j’avais voulu le protéger de ma vie. C’est bien de cette manière qu’il m’avait amené à lui avouer l’existence de la Menrva. Un acte de foi que de lui raconter cette partie de ma vie, mais malgré la confiance que j’avais en lui, il ne savait pas toute l’histoire et ne la connaîtrait jamais, je l’espérais.

Je sentais son regard insistant sur moi et cédait pour relever mon visage vers le sien, mon regard rejoignant le sien. Son enchaînement de question me fit rire, nerveusement, mais c’était tout de même un léger rire, bref. Mais ces dernières paroles me calmèrent, ne laissant trainer qu’un petit sourire tendre. La gentillesse innée de cet homme me sidérait toujours un peu. Me faisait culpabiliser aussi. Il ne voulait pas me décevoir alors que j’étais celle qui le décevrait s’il savait, et il finirait bien par savoir un jour ou l’autre. Je ne pouvais pas lui mentir, c’était une de mes rares certitudes. La seule option qu’il me restait, était d’omettre certains points. Un soupir m’échappa avant que je ne me lance dans une demi-confidence.

Tu sais, si j’étais ton médecin, je te diagnostiquerais un sérieux problème avec le contrôle. Une tentative d’humour qui tombait un peu à l’eau, je devais bien le reconnaître, mais j’aurais essayé. Une moue s’imprima sur mon visage avant que je ne me décide à me jeter à l’eau. Bien la version courte alors. Un de mes clients a découvert que je ne lui vendais pas des œuvres authentiques. Il a des moyens assez conséquents pour m’obliger à travailler pour lui. C'est ça ou il me prendra tout par la force. Je suspendis mon discours, pas certaine de devoir continuer, j’allais encore plus inquiéter mon ami, mais je savais qu’il ne me laisserait pas m’en sortir aussi facilement. Je secouais la tête et continuais à contrecœur. Comme tu t’en doutes, il en est hors de question. Ma détermination ou mon obstination aveugle me poussait sans doute à prendre de mauvaises décisions, mais personne et surtout pas quelqu’un du gouvernement, ne me dicterait ma conduite. La Menrva continuera à exister malgré mon absence, mais j’ai besoin de disparaître des radars. Mon regard se braqua dans le sien avant que je n’ajoute. De tous les radars.

J’attaquais là le point le plus compliqué, je voulais m’assurer qu’il comprenait bien ce que cela impliquait. J’allais disparaître, qu’il le veuille ou non et il ne pourrait pas rester en contact avec moi. Avec le temps, et sans la moindre nouvelle, j’espérais que ma disparition serait moins soudaine.
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MessageSujet: Re: All the best people are crazy || Orfeo & Lucrezia   Lun 4 Sep - 20:10


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I can't feel no pain, I can't feel nothing but memories ••• Chaque mot avait été prononcé dans l’optique d’obtenir une réponse. Et pourtant, il savait que Lucrezia pourrait lui mentir, les esquiver. Elle venait tout juste de le faire d’un côté… Il ne pouvait s’obliger à dire la stricte et complète vérité, sauf en utilisant ses pouvoirs, ceux-là-même qu’il avait maintenu secret aux yeux de son amie. La question se posait réellement. Parce qu’il voulait la protéger, mais elle ne l’aidait pas en cachant d’elle-même des informations sur sa vie, sur sa situation. Pour débarquer au milieu de la nuit, il y avait quelque chose de plus grave derrière cette disparition. Et cela le stressait, le bouffait à un point qu’il n’aurait jamais pensé possible. Peut-être qu’il s’était trop attaché à cette femme finalement, et que désormais il s’inquiétait pour un tout et un rien. Seulement, son instinct lui hurlait que c’était bien plus grave que tout ce qu’il pourrait avoir à l’esprit. Ca concernait la mafia après tout, enfin, il s’en doutait, avec le sac qu’elle lui avait donné… Un léger soupir alors que les fesses prenaient place sur un de ses tabourets, que les tasses trouvaient leur place devant leur propriétaire du jour. La femme face à lui plongea les lèvres dans le liquide brûlant sans attendre. Cherchait-elle à éviter les questions de cette manière ? Elle devait pouvoir le savoir, que cela ne fonctionnerait pas…

Alors, il attendit, laissant le silence se faire après ses paroles. Il tentait, d’un côté, d’avoir un comportement similaire à celui de son aîné. A lui, personne ne lui refusait jamais rien. Un ordre, une demande, et on s’y pliait. Il avait tout du seigneur, tout hérité de ce grand-père si haï. Orfeo, lui, ne savait rien de cette époque, n’avait pas reçu la même éducation. Voilà pourquoi il avait tant de mal à  agir de la sorte, à obliger les gens à lui parler, à avoir de la prestance. Enfin, ce n’était pas ce qu’il voulait. Il s’embrouillait lui-même l’esprit avec tout cela, incapable de savoir ce qu’il désirait vraiment. Le regard finit d’ailleurs par se détourner, les doigts finirent par masser les tempes, espérant par la même occasion supprimer la tempête qui faisait rage à l’intérieur de son crâne. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne vire fou là… Il fallait que Lucrezia brise le silence désormais, le remette dans le droit chemin. Juste quelques minutes de plus, maintenir loin ce qui menaçait de le faire basculer.

Puis la voix de Lucrezia s’éleva, seul éclat de lucidité dans les sombres pensées qui l’assaillaient de toute part. Etait-ce la possibilité qu’elle meurt, comme elle semblait si bien le sous-entendre, qui le faisait autant plonger ? Impossible de le savoir, pour l’instant. Et il ne voulait pas avoir raison sur ce point, étonnamment. Le diagnostique, elle pouvait déjà lui donner… « Tu crois que ça changerait quelque chose dans ma façon d’être ? » Sourire en coin, amusé par la déclaration. Un souci avec le contrôle, clairement… Et il ne changerait certainement plus, à son âge. Enfin, il ne s’attarda pas plus que cela là-dessus, au vu des informations qui lui arrivaient dans la gueule. Les muscles se tendirent, le regard azzuré se refroidit, et les doigts serrèrent un peu plus la tasse blanche usée qu’ils tenaient. Aucun mot ne passa la barrière de ses lèvres, il se contentait désormais d’écouter. Dans tous les cas, serait-il capable d’empêcher les tremblements de son ton, ou même la colère qui allait résulter de ses mots ? Certainement pas, alors, dans le doute, le silence serait sa meilleure arme. Bordel, elle allait réellement choisir sa mort pour sauver la Menrva ? Elle était folle…. Enfin, c’était ce qu’Orfeo comprenait, et qu’il ne laisserait pas faire.

« Donc si je comprends bien, tu vas disparaître dans l’espoir que cette personne laisse tomber ses envies de vengeance ? C’est d’une lâcheté... » Les mots étaient durs, le jugement présent, bien plus qu’habituellement. Parce qu’il voulait la protéger, parce qu’elle était importante à ses yeux. « Sinon, tu crois vraiment qu’il s’arrêtera à ta disparition ? S’il est aussi puissant que tu sembles le penser, il prendra la Menrva de force. L’être humain est attiré par le profit, et il pourra s’en faire avec ton réseau, ton recul lui sera bien plus profitable que si tu t’opposes à lui… » Son regard ne relâcha pas celui de la brune. Non, il n’y avait aucune hésitation dans ses propos, et il ne cherchait pas à y aller par quatre chemins. Elle l’avait souligné, ils n’avaient pas le temps pour ça. Il s’affala contre le dossier, s’obligea à prendre de profondes inspirations. Un moyen comme un autre de retrouver son calme, de ne pas s’affoler. Puis une nouvelle question, pour empêcher la fuite de son amie : « Qui t’a obligé à faire ça ? Personne n’est infaillible, tu dois bien le savoir, alors il y aura toujours un moyen pour le faire tomber avant qu’il ne mette ses plans, quels qu’ils soient, à exécution... » Un nom. Il voulait un nom. Si elle refusait de faire quoi que ce soit, lui prendrait les responsabilités. La mort n’avait jamais été un souci pour lui.

« Je peux t’aider. » Le couperet qui tombait. Peut-être était-il temps de dévoiler sa véritable nature...

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MessageSujet: Re: All the best people are crazy || Orfeo & Lucrezia   Mar 12 Sep - 14:40

La colère, un sentiment que je suscitais souvent ces temps-ci, je pouvais la reconnaître à l’instant même où les iris de mon ami perdirent leur chaleur habituelle. Mes yeux s’attardèrent un instant sur ses doigts prêts à broyer la pauvre tasse. Une colère froide et contenue que je n’avais jamais vu chez Orfeo. Venir ici avait-il été une erreur de jugement ? Je me laissais bien trop gouverner par mes sentiments ces temps-ci et cela me desservait. Combien de temps pour que je le réalise ? Combien d’erreurs avant que je prenne les bonnes décisions ? J’aurais dû agir autrement, ne jamais mettre les pieds dans cet appartement avec le propriétaire présent. Je savais pertinemment qu’il ne me laisserait pas partir facilement, pourtant j’étais venue. Est-ce que je voulais inconsciemment qu’il me fasse changer d’avis ? Etais-je si désespérée que je mette la vie de mon ami en danger ? Un sentiment d’angoisse me noua la gorge alors qu’un malaise latent prenait possession de mon corps plus je réalisais la vérité : j’avais commis une énorme erreur. Mon regard s’échappa vers la porte. Avais-je le temps de l’atteindre et de partir sans un mot ? Probablement. Mais une force inconnue me tenait clouée à cette chaise. L’illusion d’une échappatoire disparut aussi vite qu’il était apparu alors que la sentence s’échappa de ses lèvres.
 
Mon regard se posa doucement sur mon accusateur. J’avais du mal à encaisser le jugement, mais me gardais bien de faire la moindre remarque, ce n’était que la pure vérité après tout. Pourtant la remarque me blessa, je pensais vraiment que de tout, ce serait celui qui serait le moins prompt à me juger et à me condamner. Quelle serait sa réaction s’il savait à quel point je m’étais abaissée à la lâcheté et à la cruauté, je n’osais l’imaginer. J’écoutais religieusement la suite, consciente du besoin de s’épancher que j’avais fait naître avec mes propos. Je ne pus néanmoins pas retenir un sourire désabusé à ses hypothèses. Non, Niklas ne récupérerait jamais la Menrva, jamais il ne pourrait en tirer profit, je l’avais confié à des mains plus que compétentes, plus puissantes en un certain sens. Seule, je n’étais pas de taille contre lui. J’aurais pu demander de l’aide, j’aurais pu essayer de sauver ma peau, mais la vérité, c’est que je n’y tenais pas. J’attendais la mort comme une délivrance depuis des années sans avoir le courage de la provoquer.
 
Le moment que je redoutais arriva bien plus vite que je ne l’aurais voulu. Lui donner un nom, l’impliquer dans mon problème, le mettre en danger. Il en était hors de question. Toute trace de sourire disparut alors mon regard se durcit à son tour. Ses dernières paroles finirent de me mettre en colère, seule émotion gérable à cet instant pour ne pas crouler sous la peur. Je lâchais brusquement ma tasse, pointant un doigt accusateur vers lui.
 
« Il est hors de question que tu interviennes, tu m’entends ? » Les mots avaient de mal à sortir de ma gorge, la panique limitant mon allocution. Je fermais un instant les yeux, me forçant à prendre une respiration pour me calmer. Ma main vint sagement se reposer sur la table, jouant avec la tasse sans s’en saisir. « Infaillible ne s’applique pas à cette personne, il est intouchable, tout ce que tu risques à m’aider c’est tomber avec moi. »
 

Je voulais le supplier de rester en dehors de cette histoire, mais je ne savais pas si cela aurait une quelconque utilité. La colère guidait ses paroles, c’était un réflexe de l’imiter, mais peut-être pas la bonne solution non plus. La colère ne m’aidait en rien ces derniers temps, au contraire elle envenimait toutes mes relations. Elle, ma plus fidèle amie, qui m’avait aidé à garder la tête hors de l’eau pendant des années. Me séparer d’elle était une épreuve, mais je me devais d’essayer une nouvelle approche.
 
« Ecoutes je ne suis pas venue pour me battre avec toi. C’est une cause perdue d’avance, tu dois l’accepter comme je l’ai fait. J’ai limité les conséquences autant que j’ai pu. Je peux t’assurer qu’il ne prendra jamais avantage à mon retrait, bien au contraire il a perdu au change. S’il est intouchable, il a tout de même des limites à son périmètre d’action. »
 
Je ne savais pas comment lui faire lâcher le morceau. Peut-être que c’était une cause perdue aussi. La fuite resterait une option potable finalement.
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MessageSujet: Re: All the best people are crazy || Orfeo & Lucrezia   Ven 20 Oct - 22:55


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I can't feel no pain, I can't feel nothing but memories ••• Il se sentait dans une situation similaire que s’il faisait face à son aîné. Une certaine incompréhension pesait dans son esprit, dans ses entrailles. On refusait de lui parler, de lui donner des informations capitales. Et l’impression qui en ressortait, c’était qu’il était inutile, indigne de confiance. Il n’aimait tout simplement pas cela, et c’était la raison pour laquelle la colère était ressortie, qu’elle s’était imposée. Un moyen de gérer au mieux cette foutue frustration, qui s’accrochait un peu trop. Il aurait pourtant aimé garder cette image d’ami altruiste, parfait. Néanmoins, il était loin de l’être, quoi qu’il fasse pour le cacher. Chasser le naturel et il revient au galop, n’est-ce pas ? Les doigts blêmes se serraient un peu plus sur sa tasse, alors qu’il entrepenait de garder le visage le plus neutre possible. Lucrezia n’avait pas besoin de gérer la colère de l’italien en plus de tous les problèmes qui lui tombaient dessus. Orfeo aurait dû être capable de se contenir, d’accepter cela. Si elle le voulait, alors soit, il n’était personne pour faire la moindre remarque. Et pourtant… Et pourtant, il ne s’était pas gêné, avait utilisé des mots froids, violents, cassants, sans la moindre hésitation. Putain qu’il s’en voulait. Mais pour l’instant, tout était embrouillé dans son esprit, contrôlé par les émotions.

Sa colère finit par se transmettre, et Lucrezia réagit de la même chose, avec la même force. Alors, ils en étaient arrivés à ce point ? Celui où le ton monterait, où ils s’affronteraient, ni l’un ni l’autre souhaitant céder le moindre morceau de terrain. Néanmoins, Orfeo avait bien plus de possibilités pour faire craquer Lucrezia. Et il se rendait compte désormais qu’il n’hésiterait pas à user de ces procédés pour la faire parler… Même si elle était son ami, la personne la plus proche de lui en un sens. Même si après, elle le haïssait de tout son être, ne souhaitait plus jamais le revoir. Il pourrait simplement la protéger, détruire l’objet de ses angoisses, lui rendre tout ce qu’elle avait sacrifié pour lui, toute l’aide qu’elle lui avait apporté sans le connaître, alors qu’il revenait dans le monde réel après des siècles passés en enfer… Il lui devait bien cela, qu’elle l’approuve ou non. Quelques gorgées supplémentaires de café furent prises, alors qu’il écoutait les paroles de son amie. Aussi dures, aussi vraies qu’elles soient.

Ne pas intervenir. Il n’avait pas à intervenir. Le sourire se dessina sur ses lèvres, légèrement plus malsain qu’habituellement. Il n’avait pas à le faire, mais il le ferait quand même. Et que l’autre soit intouchable ne le dérangeait pas, puisqu’intouchable ne signifiait pas qu’il ne pouvait pas le faire tomber. Bien au contraire, ce serait juste un peu plus chalangeant. Mais Lucrezia ne savait tout simplement pas qu’il avait vécu pire. Et aussi que son frère était un membre du Gouvernement, envers lequel tous les deux vouaient une certaine haine. Il n’aimait pas se heurter à son amie, mais il ne lâcherait pas l’affaire non plus. C’était un bras de fer, mais un bras de fer qu’il était certain de remporter.

Et les propos suivants ne changèrent rien à ses pensées, à ses envies, tout en le perdant un peu plus. Lucrezia soulignait que le périmètre d’action de la personne était limitée, et pourtant, elle était supposée disparaître. Si elle connaissait les faiblesses de celui qui la recherchait, elle pouvait facilement rester en vie, rester à la lumière du jour, et le prendre au piège. Ou alors elle mentait, et là, Orfeo appréciait nettement moins. Il ne put d’ailleurs pas retenir ses mots de passer la barrière de  ses lèvres :

« Tu sais que j’attendrai d’avoir mes réponses avant de te laisser repartir. Et s’il le faut, je te collerais aux basques pour ne pas que tu disparaisses de ma vue. » Son regard bleu acier accrocha celui de la femme. A cet instant, il devait être plus proche de son aîné que de lui-même. Tant pis, cela lui importait peu désormais. Tant qu’il pouvait la sortir de là… « Hé bien, je tomberai et toi tu t’en sortiras. Il faut faire des sacrifices parfois. » Et si ce devait être le sien, il foncerait.

Puis un soupir quitta ses lèvres, alors que ses pouvoirs commençaient à jouer avec l’esprit de Lucrezia. Il n’était pas fière de son geste, il ne le serait certainement jamais, mais ce n’était pas pour autant qu’il ferait marche arrière. L’illusion prit forme devant les yeux de la femme. Une situation de confiance, une situation qui l’obligerait d’un côté à parler. A dire la vérité. De la pire des façons possible, prise en traître. Tant pis, il avait l’habitude qu’on le haïsse. « Qui veut s’en prendre à toi ? Qui t’oblige à te cacher ? » Réponds-moi, comme une injonction donnée dans l’illusion. La culpabilité lui bouffait le coeur, mais il n’arrêtait pas. C’était trop tard de toute manière, il n’avait plus qu’à assumer son acte...

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MessageSujet: Re: All the best people are crazy || Orfeo & Lucrezia   Mer 6 Déc - 16:45

Je m’enlisais, plus les mots s’échappaient de ma bouche, plus je me sentais chuter au fond du trou. Pourquoi étais-je si maladroite avec ce qu’il me restait de proches. Au lieu de dissuader Orfeo, j’avais l’impression de l’encourager. Bien qu’il soit très bon dans l’art de dissimuler ses émotions, quelques réflexes éclataient dans ses traits. Je n’y reconnaissais pas les traits habituellement calmes et sereins de mon ami. Son sourire me glaça le sang sur l’instant. Jamais je n’avais vu une telle expression sur son visage. Qu’avais-je pu dire pour qu’un tel sourire étire ses lèvres. J’étais pendue à ces dernières dans l’expectative.

J’accusais le coup de ces paroles, choquée par ce qu’il venait de me jeter négligemment à la figure. Il comptait sacrifier sa vie pour la mienne ? Dans quel monde vivait-on ? Je n’arrivais même pas à admettre la véracité de ces propos tellement ils me semblaient aberrants. Comment pouvait-il tenir ce discours alors qu’il n’avait pas un dixième des cartes en main. Je voyais déjà Niklas ne faire qu’une bouchée de lui. Peut-être une balle dans la tête, histoire d’être assorti à Seraphina, un mort de plus dans ma longue liste de dommages collatéraux. L’image du corps sans vie d’Orfeo fut le déclic qui délia ma langue en un instant.

Mais tu es complètement fou. Que crois-tu pouvoir faire ? Tu veux que je te rappelle quel métier tu fais ? Je veux bien que tu aies un complexe du héros, mais de là t’imaginer tout-puissant. Redescends sur terre, nom de Dieu !

La panique se faisait sentir dans les tremblements de ma voix, même si je tentais d’être ferme et agressive. Quitte à me le mettre à dos, il était hors de question que je l’entraîne là-dedans avec moi. J’amorçais un mouvement furibond dans l’intention de me lever et partir, le planter là restait ma dernière option face à son entêtement. Mais à peine à moitié levée, la panique et la colère refluèrent en un instant. L’impulsivité de mon intention retomba comme un mauvais soufflet, en même temps que mon corps retombait complètement sur la chaise. Courcicuitée, je fixais Orfeo sans le voir, le fil de mes pensées m’échappant sans que je ne puisse rien y faire. J’entendis sa voix, les questions auxquelles il souhaitait tellement des réponses, je lui avais déjà répondu pourtant, pourquoi insistait-il ?

Ivanov.

Le nom glissa sur ma langue sans que je ne me donne l’autorisation de le prononcer. Mes yeux s’écarquillèrent de stupeur alors que mon regard se fixait enfin dans son regard. La stupéfaction laissa bien vite place à la panique. Il savait, que me restait-il à faire pour le retenir ? Je ne pouvais pas le menacer de me rendre, cela ne ferait que renforcer son idée. Alors quoi ? J’étais encore une fois impuissante. Obligée de contempler l’ampleur des conséquences liées à mes erreurs.

Je t’en prie, réfléchie avant de faire quelque chose de stupide. Tu n’es pas de taille, personne ne l’est dans cette ville.

Le périmètre d’action de Niklas ne s’étendait pas au-delà de ces murs, heureusement pour moi, heureusement pour la Menrva. Mais comment expliquer cela à Orfeo sans l’impliquer encore plus dans cette histoire. Je me penchais soudainement au-dessus de la table pour agripper son poignet.

Il n’y a rien que nous ne puissions faire. J’ai confié la Menrva à quelqu’un que Niklas ne connaît pas, elle survivra. Moi, je dois disparaître avant que quelqu’un d’autre ne se fasse tuer à cause de moi.

Dans mon élan, je venais d’aborder un sujet que j’aurais voulu enterrer. Orfeo ne savait pas jusqu’à quel point je m’étais mouillée pour la Menrva, il ne savait pas que le sang s’était mis à couler, que ce soit de mon fait ou non. La honte me submergea, mon regard se décrocha du sien pour venir échouer sur nos mains, avant que je ne retire la mienne pour me caler à nouveau dans ma chaise. Cette conversation allait de mal en pire.
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MessageSujet: Re: All the best people are crazy || Orfeo & Lucrezia   Mer 27 Déc - 1:51


All the best people are crazy
I can't feel no pain, I can't feel nothing but memories ••• Il s’en voulait, Orfeo, de l’avoir manipulé. Il aurait voulu revenir en arrière, et s’arrêter à temps. Cependant, il préférait vivre avec le remords de s’être joué d’elle avec son don, que le regret de n’avoir rien fait alors qu’il avait les cartes entre les mains. Il s’en voulait d’y avoir pensé dans un premier temps, puis de l’avoir appliqué. Pourtant, il n’y avait qu’un sourire sur son visage, mêlé à ces étranges billes d’acier dans son regard. Contraste, bien loin de l’homme qu’il montrait au quotidien. La douceur, la sérénité, tout c’était envolé lorsqu’il avait compris ce que Lucrezia s’apprêtait à faire. Il ne pouvait, ni ne voulait, l’abandonner. Il avait déjà laissé tomber quelqu’un une fois, et la culpabilité rongeait ses entrailles depuis, le menant jour après jour un peu plus à sa perte. Rajouter celle qui lui avait permis de se relever à cette liste, certes courte, le plongerait à nouveau en enfer. Il le savait, que les ténèbres n’étaient pas loin, n’attendant qu’un faux pas de sa part pour l’envelopper, et l’étouffer. Il résistait, autant que possible, mais viendrait un jour où il se ferait engloutir. Et il arrivait à grands pas, l’italien le sentait…

Violence dans les mots, qu’il supporta sans broncher. Le silence était de mise, avec la concentration dont il avait besoin. Son pouvoir était vicieux, il pouvait mettre du temps à se mettre en place, à se laisser utiliser. Et il fallait éviter la déconcentration, ce que Lucrezia était à deux doigts de faire. Si prêt du but, il aurait tout détruit. Mais l’illusion se créa, l’illusion se glissa dans l’esprit de sa victime du jour. Le sourire devint plus triste alors que la réussite de son projet n’était plus à craindre, alors que l’une des personnes les plus importants de sa vie venait de succomber à un de ses pouvoirs. Un goût amer dans la bouche, il écouta la réponse offerte. Ivanov. Putain, comme s’était-elle foutue le porte-parole du Gouvernement sur le dos ?! L’illusion se dissipa instantanément. Même pas foutu de la maintenir dans l’énervement, la frustration. Il aurait pu lever la main sur Lucrezia, avec la colère qui lui brûlait dans les veines. Il aurait pu, s’il était incapable de se contrôler. Là, il se taisait juste, serrait les poings en affichant un visage fermé. Il lui en voulait, à la femme, de ne pas lui avoir dit dès le début. Et le reste des mots ne faisait qu’attiser le feu en son coeur.

Réfléchir avant de faire quelque chose de stupide ? Il la contempla, le regard noir, pupilles presque trop dilatées. Son sang-froid combattait son irrationalité, avec fracas, violence. Heureusement, personne ne pouvait lire dans ses pensées, et encore moins Lucrezia. Elle prendrait certainement peur… Contact sur son poignet, le faisant sursauter. Il ne put s’empêcher de ricaner en entendant la suite. Donc, il n’était pas au courant de tout. Super. Magnifique. Il se rasseya, glissa ses doigts dans sa nuque. La tension était retombée de son côté, alors qu’il ouvrait une nouvelle fois sa gueule : « Hé bien, il me semble que beaucoup de choses ont été gardées secrètes, hein ? »  Railleur, le ton semblait l’être, bien loin de la lassitude présente dans le fond de son regard. « Tu étais bien plus impliquée dans la mafia que tu ne me l’avais dit en premier lieu. »  Aucune confiance entre eux deux alors ? Une boule dans la gorge l’empêchait de continuer, alors, il en profita pour boire quelques gorgées de ce café qui était désormais insipide. Pourtant, ça lui offrait une certaine contenance à l’homme, et ça le calmait.

Les pupilles ne parvenaient plus à s’accrocher à la femme. Peut-être avait-il peur de la colère qui pouvait encore y être perçue, écho de la perte de contrôle qu’il avait eue. « Je suis loin d’être stupide Lucrezia, tu devrais le savoir. Et sache que chaque personne dans cette ville possède une faille, une faiblesse. Un proche, un enfant, un amant… Il faut seulement la trouver, pour appuyer dessus. »  Un léger sourire en coin. Lui, il avait suffisamment vécu pour savoir cela. C’était d’ailleurs pour cette raison qu’il avait laissé Kate après un siècle à l’accompagner. Trop risqué de rester, quand une personne dangereuse voulait votre mort. Elle s’en serait prise à elle, cette connasse. Alors, il avait fui, avait effacé ses traces. Il suffisait de trouver le point faible d’Ivanov, cette personne importante, et de la briser, pour lui faire comprendre qu’il n’était pas aussi intouchable qu’il aimait le montrer…

« Et oui, je suis fou, tu devrais le savoir depuis le temps, Lucrezia. »  L’accent italien coula sur sa langue, alors que le sourire s’accentuait et ses yeux retrouvèrent ceux de son interlocutrice. « Et je pense être mieux placé que toi pour jouer avec lui. » Glacial, alors que les mots s’enchaînaient, inarrêtables. « Parce que je n’ai pas fêté mes trente ans récemment, mais mes sept-cent quarante-vingt-cinq ans. Je ne suis pas un humain mais un sorcier. Quand tu m’as récupéré, en 2012, j’avais erré pendant plus de sept siècles en enfer. Mon italien vient donc de ce que tu considères comme ton moyen-âge. »  On avait connu mieux comme manière de révéler des secrets. Mais Orfeo n’avait plus le temps de prendre des pincettes. « Et si tu as révélé le nom d’Ivanov, c’est à cause d’une illusion que j’ai créée pour te manipuler. » Et un dernier coup pour l’enfoncer. Final de toute beauté, qui verrait certainement Lucrezia fuir. Qu’importait…

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MessageSujet: Re: All the best people are crazy || Orfeo & Lucrezia   Jeu 8 Fév - 18:43

Le silence… Pesant et angoissant. Une situation que je n’aurais jamais pensé vivre avec lui. Comment avions-nous autant dérapé déjà ? Je voulais juste déposer ce putain de sac et repartir, pourquoi les sentiments m’avaient encore poussé à impliquer mes proches. Je n’étais qu’un poids pour eux, pire, j’étais une menace, l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de ma tête n’épargnait visiblement pas grand monde sur son chemin. J’étais et resterais la cause des maux de mon entourage, pour ne pas changer. Mais égoïstement, je cherchais encore leur compagnie pour alléger les tourments de ma vie, c’est ce que j’avais encore cherché auprès d’Orfeo ce soir. Que ce soir le karma ou non, je récoltais l’exact opposé de ce que je voulais, en tout cas, je le méritais. La fureur que je voyais brûler au fond de ces yeux ? Elle m’était uniquement destinée, aucun doute à avoir là-dessus. Un regard qui me broyait le cœur, si seulement ce n’était que le cœur. Je me sentais rapetisser dans ma chaise, comme une gamine prise en faute, redoutant la colère de son père. Étrange comme sensation, puisque je n’avais jamais eu de père. Peut-être avions-nous été trop proches pour que je ne saisisse l’ampleur du danger qui me guettait, peut-être est-ce pour cela que je ne le redoutais pas assez. Pourtant, son rire me fit l’effet d’avoir affaire à un parfait étranger. Je ne connaissais pas l’homme qui se tenait devant moi, je ne reconnaissais pas celui qui m’avait soutenu, celui que j’avais aidé.

Un profond malaise s’installa alors qu’il brisait enfin son silence étouffant. Il ne faisait aucun effort pour cacher sa colère, voir son dégoût et au fond, je ne pouvais pas lui en vouloir. Je lui avais caché tellement de choses, lui qui était mon confident. Trahison. Je pouvais très bien sentir le coup de poignard que je venais de lui infliger, mes remords bien que présents, ne suffiraient pas à l’apaiser. Malgré tout, les mots se battaient pour échapper à ma bouche, pour m’expliquer, me justifier, me faire pardonner. Je refusais de m’abaisser à ce comportement, il ne ferait qu’énerver d’avantage mon ami. Je me levais enfin, avec l’intention de finir ce que j’avais commencé, quitter cet endroit pour ne plus jamais y revenir. L’amertume remontant le long de ma gorge, alors que je savais que nous en resterions là pour toujours. J’aurais tellement aimé ne pas partir sur cette note. Debout, face à la table, je lâchais quelques mots qui me brûlaient la langue.

Crois-le ou non, c’était pour te protéger de moi.

Prendre le chemin de la sortie fut plus compliqué que ce que j’imaginais, du plomb semblait s’être accroché à mes semelles, si bien, que je n’étais arrivé à la porte de la cuisine lorsque la voix d’Orfeo me retint facilement. « Je suis loin d’être stupide Lucrezia, tu devrais le savoir », mes yeux se fermèrent deux même sous les mots assassins. Bien sûr que je le savais, mais j’avais le pressentiment que la suite allait me déplaire. Je me tenais immobile, une main sur le montant de la porte, lui tournant le dos alors que ses mots me donnèrent la chair de poule. Où était le bon saint-Maritain que j’avais connu ? J’idéalisais peut-être mon ami depuis trop longtemps pour accepter qu’il me tienne ce genre de discours. « Et oui, je suis fou, tu devrais le savoir depuis le temps, Lucrezia. » Mon prénom dans sa bouche à cet instant me fit me retourner dans un sursaut, mon regard accrochant le sien en un instant, suspicieux.

Rien n’aurait pu me préparer à la suite. Je devins livide au fur et à mesure que l’ampleur de ces révélations se faisait un chemin dans mon esprit réfractaire. J’aurais pu continuer à tout rejeter en bloc comme j’en avais l’habitude, mais c’était Orfeo, qu’il invente toute cette histoire pour me blesser n’avait aucun sens. D’un coup, cela me frappa. Je revis mon échange avec Duncan plusieurs mois plus tôt. Deux personnes me tenant un discours du fond des âges en si peu de temps ? Pouvais-je seulement me permettre de considérer cela comme une coïncidence. Je mis encore quelques secondes à vraiment considérer ce qu’il s’était passé quelques minutes plus tôt. Les mots sorcier et illusions tournaient en boucle sans qu’il ne se passe rien de plus dans mon esprit. Je levais mon index vers Orfeo dans un signe pour le faire patienter alors que ma bouche s’ouvrit sans qu’un mot ne s’en échappe. Clairement, c’était trop pour moi en une seule fois. Je ressentais pour la première fois, un besoin impérieux de mettre de la distance entre nous. Pour se faire, je quittais la pièce pour rejoindre le salon où j’entamais des allers venus frénétiques. Je n’arrivais pas à réfléchir, je n’arrivais pas à encaisser et cela faisait naître une réelle panique en moi. Je continue à arpenter la pièce sans un mot, m’immobilisant de temps en temps pour me tourner vers Orfeo, une question sur le bout des lèvres, mais je n’arrivais même pas à les formuler. Ce n’est qu’au bout d’un temps indéterminé que je me laissais tomber sur le canapé sans aucune délicatesse, le regard perdu dans le vide.

Porca puttana troia…

Cela faisait une éternité que je n’avais pas juré en italien, mais à cerveau courcicuité, nous ne ferons pas de reproche. Le pire, c’est que je n’éprouvais toujours pas les prémisses de la colère d’avoir été trahie à mon tour. Alors c’était ça sa vengeance ? Déballe-moi tes secrets, je trouverais toujours pire à te balancer au visage. Je finis par planter mon regard dans celui de cet étranger que j’appelais encore ami, les sourcils froncés par une intense révolte interne.

Dans l’éventualité où je serais prête à te croire… Putain tu marques un sacré point…


Les mots m’arrachaient littéralement la langue. Je ne voulais rien reconnaître du tout et continuer à m’accrocher à mes principes et à mes connaissances. Je secouais la tête avant de la prendre entre mes mains, j’étais en train de me perdre moi-même, j’aurais pu m’en arracher les cheveux. Je me levais dans un sursaut, pointant un doigt tremblant mais accusateur sur mon hôte.

Mais je ne crois que ce que je vois et tu le sais très bien, alors vas-y, montres moi de quoi tu es capable.

La peur me faisait être arrogante et provocatrice. J’avais besoin qu’il se plante, qu’il ne fasse rien, que je puisse continuer à vivre dans le déni. Je ne pouvais pas commencer à croire des histoires à tenir debout. La magie et tout le tointoin ça n’existait pas, point.
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MessageSujet: Re: All the best people are crazy || Orfeo & Lucrezia   Mar 27 Fév - 0:54


All the best people are crazy
I can't feel no pain, I can't feel nothing but memories ••• Il avait ouvert sa gueule, déballé ce qui avait été passé sous silence pendant presque six ans. Six longues années qu’il était apparu à nouveau sur cette Terre, qu’il était tombé sur sa sauveuse. Six longues années durant lesquelles il lui avait menti, parce qu’il la savait incapable de faire face à la réalité. Il avait pensé la protéger en taisant sa véritable nature, et son âge. Et pourtant, en y repensant, c’était peut-être l’inverse qui s’était produit. Tout finissait par exploser et se savoir un jour. Dans leur cas, ça avait été de la pire des manières. Il avait usé de son pouvoir sur elle, il l’avait manipulé pour qu’elle lui révèle une idée. Elle avait désormais toutes les raisons du monde de lui en vouloir, de le détester. Il donnait l’impression de s’en moquer, de se foutre de la perdre, mais ce n’était absolument pas le cas. Elle était l’une des personnes les plus importantes à ses yeux, il tenait à elle comme il s’était refusé de tenir à quelqu’un pendant des siècles. Parce que c’était trop dangereux, avec les fous qui y rôdaient. Mais Lucrezia… Il la protègerait. Même si cela signifiait renier l’amitié qui les liait, la sacrifier. C’était mieux que de la voir morte.

Il y avait de la colère en lui, colère qui l’avait poussé à l’irréparable. Et il s’en moquait. C’était fait de toute manière, les mots s’étaient échappés, comme l’eau dans une rivière. Le flot était passé, et il ne pouvait plus le rattraper, ni même le stopper. Ils se fixaient, comme deux coyotes prêts à sauter sur l’autre. Mais au fond, ils n’étaient que deux humains blessés, trahis par l’autre, et qui cherchaient vengeance, regret. Ils avaient voulu se protéger mutuellement, mais rien n’aurait pu plus les détruire que leur comportement respectif. Et désormais, le feu avait été mis aux poudres. Quelques secondes, quelques minutes, de ce nouveau silence, encore plus destructeur. Et lui, il retenait le regard de celle qui avait voulu fuir, mais qui avait pourtant écouté jusqu’au bout. Le croirait-elle ? c’était une excellente question, à laquelle il n’avait pas la réponse pour le moment. Alors, il attendait, suspendu à ses lèvres, à sa respiration. Il pouvait presque entendre la course effrénée de son cœur à elle. Ou peut-être était-ce le sien, qui supportait mal la pression qu’il avait lui-même imposé. Puis le calme devint de trop, et il chercha à le briser. Pour se faire réduire au silence d’un simple geste de la main. Elle avait toujours eu ce charisme-là Lucrezia. Un mouvement, et tout le monde s’y pliait. Pas étonnant qu’elle soit à la tête d’une mafia, et en danger permanent.

Il ne la quittait pas du regard, alors qu’elle arpentait le salon. Il avait fini par s’appuyer sur l’encadrement de la porte de la cuisine, suffisamment loin pour lui laisser son espace vital, mais de manière à quand même l’avoir dans son champ de vision. On ne savait jamais, si elle était prise d’une lubie et cherchait à s’ouvrir les veines ou se suicider… Ca ne devrait pas arriver, mais sait-on jamais.

Puis elle se laissa tomber dans le canapé, et le juron lâché le fit avaler de travers. Ah oui, quand même… Elle devait être salement perturbée pour en arriver là. Et lui… Lui gardait simplement le silence. Tant qu’elle ne rengagerait pas la conversation, il garderait la bouche fermée, les lèvres pincées. Puis elle entreprit enfin de mettre des mots sur ses pensées, et il en fut soulagé, malgré la rancune tenace qui s’accrochait aux parois de son cœur. A la demande, il ne put que rouler des yeux, et se rapprocha de quelques pas. « Si tu le demandes, je ne vais pas me faire prier… » La magie se glissa sur le bout des doigts, et une nouvelle illusion apparut devant le regard de Lucrezia. Cette fois-ci, plutôt que de la pousser à parler, il s’agissait de souvenirs qui se dessinaient devant ses yeux. Une villa de cette Italie disparue depuis bien longtemps. Rafael, avec quelques années de moins. Et lui-même, avec son retard, son autisme de l’époque. Qu’il survive jusqu’à sa vingtaine avait été un miracle, dans une époque si égoïste.

La vision dura quelques minutes de plus, basée sur ses souvenirs, sur une musique jouée au piano par son aîné, sur des tableaux qui avaient marqué son cerveau embrouillé. Ce n’était pas grand-chose, mais il l’avait plongé dans une époque qu’elle n’aurait jamais dû connaître, ou voir. Et quand l’illusion se brisa, elle se retrouva à nouveau chez Orfeo, dans son salon. La voix s’éleva rapidement : « Je peux aussi guérir les blessures, mais je n’ai pas particulièrement de devoir blesser quelqu’un pour cela. Y’a aussi des discussions avec les fantômes, ou ramener un mort à la vie pour quelques minutes… Rien de bien ragoûtant. » C’était un peu dégueulasse, quand même. Il se rapprocha, s’installa sur le tabouret à côté de son piano. Il ne savait plus trop où il l’avait obtenu celui-là, encore un achat inconsidéré… « Je sais que tu es hyper cartésienne comme femme, que tout ce qui peut être magique ou fantastique te déplaît. Mais ce n’est que la vérité, qu’elle plaise ou non. »

Un long soupir quitta ses lèvres, alors que l’agacement redescendait d’un cran. Il ne pouvait pas dire que la rancœur était partie, mais au moins la colère. Il lui en voulait encore d’avoir menti, mais il était désormais plus calme, prêt à parler. « Alors quand je dis que je peux gérer la situation avec Ivanov, c’est parce que j’ai nettement plus d’expérience que toi. Et que j’ai survécu à l’Enfer, donc je saurais m’en sortir. » Fais-moi confiance Lucrezia. Juste une fois. Il n’en demandait pas beaucoup.

Son regard s’accrocha à celui de l’italienne. Pourquoi en étaient-ils arrivés là ?  

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MessageSujet: Re: All the best people are crazy || Orfeo & Lucrezia   Dim 8 Avr - 15:54

« Si tu le demandes, je ne vais pas me faire prier… »

Pardon ? Il n’allait quand même pas oser ? Je regardais mon ami s’approcher de moi sans la moindre hésitation ou trace de gêne. Je n’eus même pas le loisir de paniquer à me demander ce qu’il allait faire que je me trouvais propulsée dans un monde qui m’était complètement étranger, tout en m’étant désagréablement familier. La panique finit par arriver malgré moi, m’empêchant de respirer quelques instants. Je n’étais maîtresse de rien, je ne pouvais que subir tout ce qu’Orfeo m’imposait, des instants qui aurait pu durer des années ou quelques secondes, l’ensemble de mes repères m’avaient abandonné. Je finis par me résoudre à observer cet étrange feuilleton un peu trop réaliste. Mon cœur se serra même à la vue de cet enfant, comme à chaque fois que je voyais un enfant tel que ma mémoire se souvenait de Lucas. J’aurais voulu tendre les bras vers celui que je voyais renfermé sur lui-même, un instinct bien trop profond pour que je le réprime. Mais soudain tout s’arrêta, mon champ de vision se brouillant un instant. J’émergeais de ce monde avec la sensation de sortir la tête de l’eau, respirant enfin normalement. C’est la voix d’Orfeo qui me permit de vraiment reprendre pied dans notre réalité. Je l’écoutais me faire une liste de ses pouvoirs sans arriver à vraiment en prendre réellement note. J’étais encore assez déboussolée, assez pour ne pas tiquer sur cette histoire de revenants. Il me fallut quelques secondes de plus pour pouvoir me concentrer à nouveau pleinement sur notre discussion, juste au moment où il reprenait la parole.

Je ne retins pas une moue à son commentaire. Il ne s’agissait pas de plaire ou non, je ne portais pas de jugement de valeur sur les choses dont je refusais simplement d’accepter l’existence. Cependant, il n’avait pas totalement tort, je n’aimais pas devoir briser cette muraille de déni que j’avais passé ma vie à ériger. Mais quel choix me restait-il ? Je ne pouvais plus faire l’autruche, pas quand on me mettait le nez dans la merde à ce point. Je commençais à envisager qu’effectivement, il saurait très bien gérer Ivanov, en tout cas bien mieux que moi. Mais si Ivanov n’était pas humain lui non plus ? La panique revint me ronger en un claquement de doigts. Je m’exhortais au calme l’instant suivant. S’il avait eu le moindre pouvoir, il en aurait usé contre moi plus tôt… N’est-ce pas ? Coupée dans ma réflexion, je levais un regard à la fois perdu et paniqué vers Orfeo.

L’enfer ?

J’étais loin d’être croyante, mais comme tout à chacun, je connaissais toutes les métaphores religieuses autour de l’existence d’un paradis et d’un enfer. Orfeo utilisait-il une figure de style ? Aux lumières de ces confidences, j’avais un fort doute sur ce sujet. Je secouais la tête doucement, essayant d’effacer la stupéfaction de mes traits. Je n’aimais pas faire des suppositions sur un terrain glissant comme celui-ci, je me trouvais complètement ridicule. Je pris une bonne respiration avant de me pencher en avant, les coudes en appui sur mes genoux, mes mains jointes, ma tête posée sur celle-ci. Je devais aller de l’avant, voilà la seule certitude qui s’imposait à moi à cet instant. M’accrocher à ma détermination était ma dernière ligne de défense.

Ok, il va falloir que tu m’expliques tout. C’est tout ou rien. Tu as commencé alors finis maintenant.


Je ne savais même pas par quoi je voulais qu’il commence, pourquoi, comment, quand, quoi ? Je fermais les yeux un instant, essayant d’organiser mes propres pensées avant de me lancer dans cette nouvelle histoire de fous. Devait-il me raconter sa vie depuis le commencement ? Ou me dire ce qu’il était, ou bien m’expliquer cette longévité ? Mes paupières se rouvrirent pour se poser sur ce petit garçon qui n’en était pas un.

Est-ce que tu peux me raconter ce qu’a été ta vie avant notre rencontre ? Pourquoi étais-tu dans cet état ?

Autant repartir de notre propre rencontre, même si je me doutais qu’il lui faudrait aussi m’expliquer qu’elle avait été sa vie à partir de là jusqu’à aujourd’hui, doutant d'avoir la bonne version en tête. L’avantage, c’est qu’avec cette histoire, j’en oubliais presque Ivanov et ma situation plus que critique. Peut-être était-ce juste une bonne excuse pour m’échapper de cela un moment.
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All the best people are crazy || Orfeo & Lucrezia

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