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 Nuits Blanches (Darko)

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Laugh like a jackal

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MessageSujet: Nuits Blanches (Darko)   Mar 9 Mai - 17:14


« Il faut boire de la vodka uniquement à deux occasions : lorsque l'on mange et lorsqu'on ne mange pas. (Proverbe russe) »



Darko & Mikkel
featuring

Les douzes coups de minuit allaient bientôt sonner dans ce quartier lugubre où je trainais mes guêtres. Le front penché, mon pas trop lourd résonnait sur les pavés trempés de pluie. On venait d'essuyer un violent orage mais à nouveau, les nuages s'étaient dispersés et une chaleur sourde et humide pesait sur mes épaules. Les mains enfoncées dans les poches de mon jean trop étroit, je ne prêtais plus attention depuis longtemps aux traces sanglantes qui salissaient les trottoirs. Une cigarette au coin des lèvres, la fumée s’en échappait en volutes grisâtres pour ajouter à la pollution de la ville.

Les prostituées m’accostaient, dévoilant leurs charmes et exprimant l’étendue de leur savoir faire. Clin d’œil évocateur, postures languissantes, caresses prometteuses, elles vantaient leurs mérites, cherchant à m’appâter comme elles savaient si bien le faire. Mes yeux se posaient sur ce qu’elles me présentaient, un mince sourire sur mes lèvres, je contemplais la marchandise avec indifférence. Pas très inspirant tout ça, non ça ne m’intéressait pas du tout, et j’avais pas que ça à foutre en plus… Qu'est ce que le monde était chiant. Je pris une résolution rapide face au désastre de ce que la nuit avait à m'offrir : il fallait que je change d'humeur et vite. Le quart d'heure suivant me suffit pour réussir à relever ce défi.

Il était minuit pétante. Un verre à la main, je chantais en russe, entouré d'une bande de zouaves qui ne pigeaient pas un traître mot à mon chant.

~ Je suis mort, je suis mort!
Je suis vivant, je suis vivant !
Lève ton verre à la santé de ma vie ;
Lève ton verre en l’honneur de mon trépas.
Mais bois pour moi, encore et encore
Et chante les nuits blanches avec moi !
~


Mes potes beuglaient autour de moi tandis que j'entonnai cette rengaine, saturant l’atmosphère de leurs haleines alcoolisées. La mienne n'avait pas à se plaindre en l’occurrence, elle était bien chargée elle aussi. L’ambiance était à la fête et à la décadence, l’inspiration me pénétrait, elle brûlait en moi comme un feu liquide, alors que la vodka m’inondait encore une fois dans une gorgée profonde. Dans cette gargote infâme où je passais si souvent mes nuits, le barman me concéda un regard chafouin. Le cheveux rare et la bedaine tendue, il possédait un large tablier sur lequel il essuya ses doigts graisseux et me nargua de son sourire édenté. Ce pourceau s’intitulait Jeff, il me connaissait depuis mon arrivée à la Nouvelle-Orléans, près de quatre ans auparavant. Vu ma fidélité envers son établissement, nous avions noué quelques liens amicaux et une confiance relative nous unissait.

« Hé ben l'russkof, t'as une sacrée descente pour un crève la faim. »  Me confia-t-il goguenard. « Ça t’empêche pas de mater les nibards de Ginger hein. »

J’haussai un sourcil, reposant mon verre sur le comptoir en le fixant d’un œil blasé. Pauvre Jeff, on ne pouvait pas dire qu'il soit très intuitif. Cela dit, il avait raison concernant la faim. Ces dernières semaines, le rationnement devenait de plus en plus sévère et mon amour de la bonne bouffe s'en voyait cruellement lésé. Peu de choses réussissaient à dissoudre ma bonne humeur coutumière autant que cette faim qui me creusait l'estomac.

« Appelle moi encore comme ça et j'te plombe. Les russes sont susceptibles et ils ont la gâchette facile, alors un peu de respect.» Lui répondis-je sereinement, tout en portant ma main à ma poche pour en sortir un objet au canon prometteur. « Et t’es naze, Ginger est plate comme une limande, y'a rien à voir. Hum. »

Au Barloche, la direction était tolérante avec les armes à feu. Ils prétendaient fouiller les clients à l’entrée pour la forme mais jouaient aux aveugles, au plus grand plaisir des membres de gang de rue qui y pullulaient comme des termites. Même si la prohibition s'était renforcée, il n'était plus question que je me ballade dans Storyville sans arme. Mon grand-père m'avait bassiné pour que j'accepte d'en porter une et je m'y étais résigné, bien que je n'avais jamais eu l'occasion de tirer. Heureusement, d'ailleurs. Consentant un sourire entendu à Jeff qui s’écartait prudemment, je lorgnai vaguement sur les danseuses qui se trémoussaient sur les tables. La direction était également fort tolérante envers la prostitution. C’était le paradis, en somme. Sauf que les courbes féminines ne m'intéressaient absolument pas.

« Ouais ouais, fais pas ton mariolle et range ton jouet, Mikky. » Souffla le barman en retournant à ses bouteilles. « J’ai déjà assez avec ces deux là. M’étonnerait pas qu’il y ait du grabuge ce soir… Si ça pouvait éviter de tourner à la bagarre générale pour une fois, ça m’arrangerait. »

Rangeant mon flingue dans ma ceinture, sous mon blouson, je suivis du regard l’endroit que me désignait Jeff. La porte des chiottes avait été condamnée et un ivrogne était en train d’essayer de l’enfoncer en beuglant, jurant que si on l’en empêchait encore, il pisserait devant nos yeux au beau milieu de la pièce. Je contemplai en même temps l’arrivée monumentale d’un second type au visage rougeaud, dont le regard agressif décourageait à lui seul toute intrusion dans le domaine sacré que représentaient les cabinets. Il ébroua ses joues rubicondes en s’avançant pesamment, attrapa son compère par la peau du cou au passage et l’entraîna vers le comptoir. Faisant offrande généreuse de ses postillons, il entama une salve de compliments à l'adresse du barman, d’une voix de stentor.

« Pourriture! Saloperie de barman de merde! T’as voulu nous empoisonner, c’est ça? Ta Vodka c’est la pisse du diable et de tous ses putains de démons… J’en veux encore! Passe moi une bouteille, et dépêche! »

S’ensuivit un rire tonitruant dans lequel il s’étouffa à moitié. L'autre ivrogne était déjà en train de mettre sa menace en pratique. Il avait ouvert sa braguette et se soulageait contre la paroi du bar. Voir les protestations de Jeff et sa détresse face à l’attaque du duo infernal me faisait bien marrer. J'avais retrouvé ma belle humeur, l'ambiance dégueulasse de ce bar poussaient mes démons intérieurs à danser une farandole dans mon crâne. Je me foutais royalement de n'avoir dans l'estomac que de la vodka concentrée. Bonheur divin, en vérité, je n'en étais que plus vite bourré. Et tandis que j'abandonnai sans scrupules le pauvre barman à la défense de son bar, je m'éclaircissais la voix pour entonner le second couplet de ma chanson, à l’affût d'admirateurs éventuels. On ne savait jamais. J'avais vaguement remarqué un mec à l'allure calme et tranquille, posté dans un angle du Barloche dont la dégaine semblait tout à fait charmante. Certes, il paraissait assez réservé et peut-être un peu froid en comparaison des autres gais lurons du coin. Cela dit, je me décidai à lui dédier ma chanson russe en trinquant vers lui, lui faisant offrande de ma voix mélodieuse.

~Hey- Hey- Hey,
Lis un Abécédaire, allez!
Hey- Hey- Hey,
Speak Russian or Die!
Hey- Hey- Hey,
Lis un Abécédaire, allez!
Hey- Hey- Hey,
Speak Russian or Die
!~





_________________
The Jackal comes, blood lust on his lips. He craves the dead, our lives in his grips. He's after our hearts, he'll chew and swallow. Blood pours from his mouth, our lives will soon follow. Death comes to those who wait, He feels this. Eyes wide. We try to run from our past, but the truth we cannot hide.


Spoiler:
 
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