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 Maze of dark tunnels - Rhys

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Maze of dark tunnels - Rhys   Jeu 11 Mai - 19:34

Maze of dark tunnels
Rhys & Marcus

Pour certains, la vie était une succession de prises de risques. Pour d'autres, un confort absolu que rien ne pourrait déstabiliser. Enfin, il y en avait qui perdaient pied, se lançant dans des projets qui les dépassaient. Une fois dans les bras de Morphée, tous ces hommes et ces femmes se trouvaient identiques, réduits à rêver ou à cauchemarder, prisonniers de leur esprit. Cette nuit-là, l'italien avait échappé contre son gré à ce repos tantôt doux, tantôt violent. Au bas de son lit, une lourde masse occupait toute la place, l'empêchant de s'étaler comme il l'aurait souhaité. Face à un sommeil si paisible, Marcus n'avait osé intervenir, se contentant alors de se contenir dans le peu de place qu'il lui restait. Les yeux rivés sur son plafond, il avait attendu l'aube patiemment.

Extirpé finalement de son lit lorsque le chien décida de s'agiter face aux premiers rayons de soleil, il se perdit dans ses pensées. Et, alors que certains passeraient une journée de plus dans leur confort superflu, d'autres vivraient une journée aussi peu nuancée que l'était leur terne quotidien. Heureusement, ou non, ce ne serait pas le cas de l'italien. S'il avait plutôt mal pris son ordre de mission du jour, on ne pourrait lui retirer le caractère inhabituel de la conduite qui lui avait été assignée. « Sérieusement, les égouts ? » s'était-il étonné, lançant un regard interrogateur au malinois au pelage d'ébène. Lui ne pouvait pas comprendre, l'exaspération était une émotion qui lui échappait. Il ne pouvait cerner les motifs de l'irritation de son maître, bien que certains étaient gravés à même sa peau.

On disait que l'orgueil des puissants pouvait les rendre d'une naïveté déconcertante, à les en empêcher d'ouvrir les yeux face à la réalité. Perchés dans un monde parallèle, serti de pierres précieuses, d'or et de paillettes, le luxe habitait généralement bien plus que leur palais. Ils vivaient de mondanités, ou alors d'un épuisant rapport de manipulation face à l'éventualité de tout perdre, pour les plus profiteurs d'entre eux. Marcus ne pensait pas qu'ils puissent être capables un jour de changements. Demandez à un poisson de cesser d'habiter les profondeurs de l'océan, il vous répondra que ce n'est pas dans ses capacités. Après tout, un certain nombre de facteurs déterminants ont amené la hiérarchie à être telle qu'elle l'était.

Ce qui l'agaçait était que, dans bien la majorité des cas, la qualité de vie n'était pas proportionnelle au mérite. Parfois, il s'estimait bien plus qu'heureux de ne rien avoir à leur envier. D'autres fois, il ne pouvait réprouver le dégoût qu'il ressentait à leur égard. Il ne supportait pas l'idée d'un pouvoir reposant dans les mains d'une part très réduite de la population. C'était à ses yeux, dangereux. Tout autant que l'était la possibilité d'un renversement radical de l'ordre plus ou moins établi. Se méfier de tout le monde devenait peu à peu une chose plus que lassante. Ce n'était pas ce qu'il souhaitait au fond de lui et il avait la triste impression de parfois perdre son temps.

Le malinois dans ses talons, il quitta son appartement pour passer s'équiper à la milice, avant de rejoindre l'accès au cloaque et retrouver son partenaire du jour : Rhys Steinsson. Marcus n'était pas particulièrement surpris par ce choix. En règle générale, il faisait presque toujours équipe avec des miliciens plus expérimentés que lui. Et ça l'arrangeait bien, lui évitant parfois d'endosser les responsabilités d'une mission dénuée de succès. Aussi, l'associer à celui qui l'avait formé semblait judicieux pour faire équipe dans l'obscurité. Même si, sur l'instant, il s'était demandé si ça ne présageait pas une remise au clair des exigences du métier, il avait préféré penser que ce n'était pas lié à sa bouche qui s'était un peu trop ouverte récemment.

Exceptionnellement un brin en retard, il devait bien avouer que ça ne tombait pas si mal. Il n'aimait pas descendre dans les égouts, en particulier lorsqu'il ne s'agissait soit-disant que d'une ronde de contrôle. C'était, selon lui, le meilleur des termes pour maquiller une chasse à l'Homme. Ils n'étaient pas des agents d'entretien, là était le problème, ce serait une balade armée. Toute personne, un tant soit peu intelligente fut-elle, pouvait se douter que les souterrains n’abritaient pas uniquement des rats. Pour Marcus, ce ne serait donc pas une partie de plaisir. En revanche, il devait bien admettre que les résistants se cachant sous terre n'avaient pas fait un choix stupide, ils ne pouvaient avoir que très peu de visites dans un endroit si nauséabond.

Après un léger détour pour ramener Nero chez lui après cette petite balade matinale indispensable, il arriva finalement dans la ruelle où il devait retrouver Rhys, finalement pas tant en retard que ça. Telle était l'utilité d'un réveil très matinal, il en aurait presque remercié son compagnon qui l'avait empêché de bien dormir. « Ma lampe avait pas de pile, j'ai préféré en trouver une plutôt que de venir avec un paquet d'allumettes. » prétexta-t-il pour se justifier d'avance, même s'il n'avait pas vérifié que sa dite lampe fonctionne ou non. La dernière fois, il n'avait pas eu de problème avec, ainsi partait-il sur l'idée qu'il n'en aurait pas non plus cette fois-ci, même s'il devait bien avouer qu'il se sentirait assez embêté dans le cas où il n'aurait plus rien pour s'éclairer.

Il se pencha par-dessus la bouche d'égout, déjà entrouverte. L'odeur remontait déjà jusqu'à ses narines, il soupira. « Quelle idée d'aller se terrer dans un coin comme ça... » Pendant que certains allaient passer leur journée avec leur royal fessier fixé dans un confortable fauteuil, lui allait devoir tâcher de passer le moins de temps possible dans les entrailles de la ville, en supposant que son aîné partagerait son avis. Autrement, il n'était pas encore sorti de l'auberge.
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MessageSujet: Re: Maze of dark tunnels - Rhys   Ven 19 Mai - 14:11

La respiration se coupe, en apnée alors qu’il retire avec le plus de précaution possible le bandage. La peau tendue lui fait toujours mal, lui arrache une grimace d’affliction. Le morceau de tissu enlevé, c’est la vision de la chair mutilée qui s’impose aux rétines. La déchirure opérée par la lame encore visible sur l’abdomen. S’il s’est forcé à interrompre les injections d’argent depuis l’incident, les dégâts causés par la répétition des piqûres sont quasiment irréversibles. Celles supposées empêcher la panthère furieuse tapie dans ses entrailles de se manifester. L’organisme sature, peine à rejeter les substances agressives qui encombrent les veines. Le reste de son torse, lacéré de part en part, n’est pas plus beau à voir. Un juron lui échappe alors qu’il désinfecte lui-même la vilaine plaie. Il maudit autant Regan que la prostituée résistante qui l’a piégé. Il regrette amèrement que les deux s’en tirent à si bon compte, pendant qu’il souffre le martyre à chaque inspiration. La bande propre s’appose sur l’épiderme brûlant, remplace la précédente. Il se soigne lui-même depuis le début, a évité de prévenir ses supérieurs pour ne pas être écarté du terrain trop longtemps. Il a préféré utiliser le deuil récent de son épouse en excuse pour ne pas mentionner sa convalescence laborieuse.

L’islandais sait parfaitement qu’il n’est pas en état de reprendre, que la cicatrisation est trop fragile pour le supporter. Mais l’inactivité le fait déjà crever à petit feu. Il tourne en rond comme un félin en cage. Il déteste rester seul, avec sa gamine zombie dans le garage, et ses remords plein les viscères. Ressasser en boucle tous les erreurs qui l’ont mené à cette solitude cruelle. Être d’une inutilité totale chez lui, au lieu de se vider la tête en mission. C’est plus qu’un besoin, c’est une nécessité absolue. Un manque qui lui creuse démesurément les tripes lorsqu’il s’enlise trop longtemps dans son immobilisme. Il l’a subi pendant des années, le train-train quotidien, après que sa femme l’ait contraint à quitter l’armée. Les journées qui se suivent et se ressemblent toutes. Le confort ennuyeux d’une chaise de bureau, au milieu du nid à poussière des archives d’un grand journal. Le temps perdu à trier, classer, déplacer des dossiers. La sensation d’exercer une fonction vaine qui tombe sur les épaules comme une chape de plomb. C’est pour ça qu’il n’a pas hésité à s’enrôler dans la milice. Pas parce qu’il partageait réellement les convictions des tyrans. Mais simplement pour se sentir moins insignifiant, pour échapper à cette sensation étouffante. Il est désormais convaincu qu’aucun autre système ne pourrait permettre de réguler le chaos, même si certaines de leurs mesures le débectent profondément.

Le métamorphe achève de camoufler la blessure handicapante, espère que les sutures ne le lâcheront pas au pire moment. Il verrouille sa porte et sort de sa maison sans jeter un œil à celle d’en face. Le voisin rouquin responsable en partie de sa condition physique lamentable, qui ne lui inspire que des émotions aussi violentes que contradictoires. Il préfère nier son existence tant que le tumulte règne dans son palpitant. L’idée de reprendre le travail en partant explorer un coin aussi lugubre ne l’enchante guère, mais c’est toujours mieux que d’errer comme une âme en peine en pantoufles. En avance sur son protégé, il se formalise pas vraiment de son léger retard. Ses supérieurs lui ont gentiment conseillé de recadrer le jeune italien pourtant, mais lui n’a pour l’instant jamais eu à s’en plaindre. Marcus incarne surement désormais l’idéaliste qu’il ne parvient plus à être. Il éprouve même une certaine tendresse pour lui, après l’avoir formé plusieurs années auparavant. « - J’ai failli attendre. » La langue claque contre le palais pour la forme, alors qu’il se penche pour écarter la bouche d’égout en entier. « - Faire flamber des allumettes avec l’humidité ambiante en bas, c’était même pas la peine d’y penser. Autant pisser dans un violon. » Souffle-t-il, ses prunelles claires focalisées sur le trou noir qui mène au bourbier. « - Je te le fais pas dire. » Répond-il simplement à la remarque de son collègue, l’amertume revenant coller son palais à une vitesse folle en songeant aux rebelles terrés sous terre. La haine confortablement vissée à l’intérieur de sa carcasse amochée.

« - J’espère que t’as pas l’estomac trop délicat et même qu’il est bien accroché, la dératisation risque de durer un long moment. » Prévient-il, avant d’emprunter le premier l’échelle. Il emploie volontairement des termes insultants à l’encontre de la Résistance, pour décharger ses nerfs et tester un peu le tatoué. La descente est laborieuse. Ses mains manquent de glisser à plusieurs reprises des barreaux, malgré les gants qu’il porte, et chaque à-coup réveille la douleur contre son ventre. Il encaisse en silence toutefois, s’efforce de ne pas trahir son état de santé. Une fois en bas, il patauge dans l’eau croupie, s’écarte pour laisser passer son acolyte. L’odeur âcre s’incruste dans ses narines, si forte qu’elle lui donne la nausée. Il allume sa propre lampe de poche, la plante sur le visage du brun avant d’éclairer le conduit dans lequel ils se trouvent. « - Je propose qu’on parte par là, ça te convient ? » Demande-t-il, sans vraiment attendre son approbation avant de se mettre en route. La question a été posée par pure politesse, il sait déjà où il souhaite aller. C’est vers ce sens-là que des soldats ont signalé des activités inhabituelles lors de précédentes patrouilles. C’est donc la piste à suivre.

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MessageSujet: Re: Maze of dark tunnels - Rhys   Dim 28 Mai - 23:22

Une dernière fois avant de plonger dans l'obscurité, il laissa son regard s'attarder sur les bâtiments les entourant. Il n'était encore jamais descendu sous terre par cette bouche mais il se doutait bien que ceux qui les avaient envoyés en cet endroit ne l'avaient pas fait par hasard. Cette même perspective avait pour mérite de l'agacer d'avance. L'impression que tout était un peu trop parfaitement orchestré le titillait méchamment. S'ils étaient en mesure de s'assurer que les petits miliciens qui allaient se coltiner le sale boulot ne risquaient pas d'être repérés d'avance, et de se dépourvoir ainsi de tout possible effet de surprise, il était impossible pour l'italien de ne pas se poser certaines questions. Les bons toutous qu'ils étaient étaient-ils eux aussi sujets de surveillance ou pouvaient-ils faire ce que bon leur semblait sans que ce ne soit de suite su et relevé ? Pour sa part, il aurait préféré être certain qu'on ne se fiche pas potentiellement de sa gueule.

Il reporta son regard vers la bouche d'égout, à présent pleinement ouverte. Visiblement, il semblait que la lampe soit un argument qui tenait plutôt bien la route. Il s'en satisferait aussi bien pour la prochaine fois. En revanche, il n'en serait pas autant de l'odeur. Sérieusement, pourquoi n'avait-il pas pensé à prendre un cache-cou, ou tout autre accessoire de la sorte ? Cela aurait pu lui préserver un minimum ses pauvres narines, mais il n'y avait pas pensé plus tôt. La prochaine fois, puisqu'il y en aurait sûrement une, il se montrerait un peu plus prévoyant. Il ne releva pas les premières remarques de Rhys, préférant ne pas risquer de s'enfoncer inutilement. De toute façon, ce n'était pas comme s'il passait son temps à être en avance. Il aurait très bien pu venir à l'heure en faisant la tronche que ça en aurait véhiculé le même manque d’enthousiasme. Le principal serait d'en finir au plus vite en un seul morceau.

À l'entente des derniers mots lâchés par l'islandais avant qu'il ne s'engouffre le premier dans l'inconfortable descente, Marcus tiqua. Quelques mots venaient de se répéter dans sa tête, ancrant en lui l'irritation. Si devant d'autres il se serait tenu, devant lui il ne se gênait jamais. La mèche venait d'être allumée. « T'es sérieux ? » commença-t-il à ruminer. « J'ai plus l'impression qu'on a le rôle du chat que celui de la petite souris qui va servir d'en-cas. » Ah ça non, il ne se sentait pas bien dans toute cette histoire. Et l'idée qu'il n'était pas au bout de ses peines le titillait méchamment. Il tâcha de rester un minimum posé, empruntant à son tour l'échelle. « Te fiches pas de moi, c'est dans une chasse à l'homme qu'on se lance là. »

Il avait tant de choses à dire qu'il n'aurait su par où commencer, pas plus qu'il n'aurait jamais le temps de tout dire. À défaut, il ferma sa gueule et continua plutôt de garder d'autres remarques pour lui-même, d'autant plus qu'il n'avait pas particulièrement envie de se lancer tête baissée dans un conflit sans queue ni tête, dans lequel personne ne serait réellement en tord, pas plus qu'en raison. Et puis, les relents qui s'intensifiaient à mesure qu'il descendaient l'en empêchèrent. Diantre ! Voilà qui était bien plus gênant qu'il ne l'aurait imaginé. De plus belle, il se maudit de ne rien avoir pris pour se protéger un tant soit peu de la puanteur. « Je propose que le premier à gerber soit celui qui paiera l'apéro. » déclara-t-il, non sans cacher son malaise. Il savait parfaitement que la consommation d'alcool était malheureusement interdite mais il n'avait pu s'en empêcher.

Surpris par le faisceau lumineux qui lui arriva en pleine figure alors qu'il attrapait sa propre lampe, il releva les yeux en direction de l'islandais par réflexe, se retrouvant alors contraint de plisser des yeux jusqu'à ce qu'il éclaire une des deux seules directions possibles. Il haussa les épaules, n'en ayant que faire. « Je n'ai pas vraiment le choix je suppose. » Du moment qu'il ne les perdait pas, Marcus ne voyait pas comment il pouvait bien se plaindre. Fermer la marche et se laisser guider était quelque chose qui lui convenait plutôt bien. Ainsi, il pouvait traîner des pieds s'il le souhaitait et il n'était que rarement pris de surprise en n'était pas ouvreur. Enfin, pour cette fois-ci, il allait peut-être devoir se passer du premier avantage, n'ayant que peu envie de finir sa vie asphyxié dans un tel endroit.

Alors qu'il avançait tranquillement derrière Rhys, ce dernier visiblement peu hésitant, il se permit de s'abandonner une fois de plus dans ses pensées. Puisqu'il pouvait écarter la petite inspection de routine, il se demandait bien ce qui pouvait bien les avoir fait descendre sous terre. Devaient-ils débusquer et éradiquer tant de Résistants que ça ? Ou s'agissait-il simplement d'un petit groupe dont la présence n'était pas bien certaine ?  La seconde option lui plaisait plus, pouvant de ce fait lui éviter probablement de se retrouver à tirer contre son gré. Et puis, ils n'étaient que deux. Il s'imaginait mal en quelle mesure ils pourraient faire le poids s'ils se retrouvaient face à un groupe lui aussi armé. Dans ce cas, prendre ses jambes à son cou ne le dérangerait nullement, mais il avait du mal à imaginer l'homme qui marchait devant lui vouloir en faire autant. Il soupira, sentant d'avance qu'il n'y aurait que peu de chance pour que la situation lui convienne. Il allait devoir composer, encore.

L'endroit nauséabond avait le mérite de donner un peu de bougeotte à son esprit. Jetant de temps en temps un coup de lampe en arrière pour s'assurer d'éviter toute mauvaise surprise, il commençait à se poser quelques questions supplémentaires. « Ça faisait un moment qu'on avait pas refait équipe ensemble.» lâcha-t-il finalement. « C'est pas que ça me dérange, loin de là. Mais tu pourrais peut-être me dire si c'est normal que je passe mon temps à chasser du Résistant en ce moment ?» Tant qu'ils n'étaient pas trop loin de leur point de départ, il pouvait bien se permettre de poser quelques questions. Depuis ses débuts, son aîné représentait un certain pilier souvent bien nécessaire pour lui au sein de la milice. Il n'attendait pas de réponse particulière de sa part, il n'avait pas le sentiment d'avoir un grand nombre de reproches à se faire. Néanmoins de petites arrestations plus tranquilles allaient commencer à lui manquer à la longue s'il continuait sur ce rythme.
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MessageSujet: Re: Maze of dark tunnels - Rhys   Mer 7 Juin - 16:37

Une chasse à l’homme. Il peut sentir toute la répulsion de son collègue à l’idée, et une pointe d’irritation s’engouffre dans son palpitant en descendant le long de l’échelle. L’islandais a tendance à partager son avis d’ordinaire, à ne pas trouver vraiment de plaisir dans la traque des rebelles. Mais sa récente blessure le rend plus mauvais, plus amer. La résistante qui a cherché à le piéger a jeté de l’huile sur le feu, lui rappelant que les ennemis du Gouvernement sont par nature les siens, tous autant qu’ils sont. S’ils prenaient le pouvoir, la purge ne l’épargnerait pas. Sa seule chance de survie, c’est au fond que rien ne bouge. Que les tyrans restent en place, continuent de maintenir un ordre précaire. Il n’est pas prêt à mourir pour des libertés qui termineraient de toute façon bafouées de la même manière une fois les opposants du régime aux commandes. Convaincu que leur ambition finirait par dévorer leur humanité également. Qu’ils seraient trop assoiffés de violence pour ne pas imposer une dictature sanglante, déguisée derrière l’apparence d’une démocratie salutaire. Le métamorphe n’oublie pas non plus que son créateur croyait en ce système, qu’il le servait aveuglément en tant que peacekeeper haut-gradé. En dépit de la prohibition, des mesures affreuses à l’encontre des homosexuels. S’il pouvait fermer les yeux sur ça, lui qui avait tant souffert d’intolérance et même été battu à mort à cause de ses préférences sexuelles, c’est bien qu’il n’y avait pas d’autre issue non ? Même si fermer les yeux sur leurs mesures les plus inhumaines représente un atroce sacrifice au quotidien.

« - Bonne déduction. Je ne parlais effectivement pas de nous. » Ironise t’il, quitte à offusquer le plus jeune. Mieux vaut les voir comme de vulgaires rats à exterminer, plutôt que comme des êtres humains à part entière. Il aimerait lui-même s’en convaincre, plutôt que d’apposer les visages de personnes auxquelles il tient sur eux. Son beau-frère Elias en première ligne. Le journaliste aux idées véhiculées dans des papiers qui terminent surement plus souvent en torchons qu’en livres de chevet. Lui est sans conteste un homme bien, épris de justice, qui rendrait la société meilleure s’il entrait en politique. Mais ce ne sont pas les tempérés comme lui qui dirigeraient une fois les despotes vaincus. Ce sont les plus extrêmes, les plus affamés de vengeance, qui règneraient en maîtres sur leur nouveau terrain de jeu.

L’air fétide devient de plus en plus irrespirable, chargé des relents infectes de l’eau croupie. Les restes d’argent dans son organisme atrophient légèrement ses sens surdéveloppés, mais ne l’y rendent pas insensible pour autant. Ses tripes se tordent à intervalles réguliers, alors que des vagues nauséeuses remontent le long de sa gorge. Ce n’est pas ce qui l’arrête, mais il espère néanmoins s’y habituer rapidement avant d’être contraint de régurgiter de la bile, l’estomac horriblement vide. « - Tu m’as l’air bien parti pour allonger la monnaie le premier. » Se moque t’il gentiment, en faisant mine d’être moins atteint que le tatoué. Il ne relève pas l’interdiction, qu’il bafoue lui-même allègrement. Les bars clandestins ouverts aux soldats prêts à fermer les yeux sur les activités illicites des patrons en échange de généreux pots de vin prolifèrent, et il a sa propre réserve chez lui. L’alcool est souvent le seul réconfort qu’il lui reste, même s’il risque gros à contourner ainsi la prohibition, lui qui est supposé de surcroit montrer l’exemple. Il n’a jamais été un modèle de vertu, ce n’est pas l’uniforme qui change la donne.

L’exploration se poursuit dans le silence, à peine troublé par le bruit lourd des godasses dans la flotte. Il reste concentré, attentif au moindre bruit. Il fait de son mieux pour ignorer la plaie qui le lance parfois, comme une vive piqure de rappel. La douleur le motive à accélérer le pas, désireux d’évacuer l’animosité qui lui vrille les entrailles. L’italien rompt leur relative discrétion en le questionnant. Ses scrupules ont beau être déguisés derrière une curiosité légitime, Rhys sait les reconnaitre. Un soupir perce sa trachée, sans pour autant qu’il ne coupe sa marche. « - Tu te poses sérieusement la question ? Ils ont toujours été la cible principale à abattre, mais avec l’attaque récente de la prison, ça va devenir encore pire. Ce n’est que le début, tu ferais mieux d’accepter l’idée rapidement, car les opérations de ce genre ne vont faire que s’intensifier jusqu’à ce que la milice démantèle la majorité du groupe. » La mission explosive a eu le mérite d’être suffisamment conséquente pour faire parler d’elle. Pour redorer le blason d’une Résistance en berne depuis des années, depuis le simulacre de trêve. Une telle opération, même partiellement ratée, ne peut que déclencher des vocations. Offrir une visibilité inespérée aux indociles. « - T’as un problème avec ça Marcus ? » Demande-t-il, en jetant un œil sur le côté à son protégé. La question est purement rhétorique. Il sait que c’est le cas, il peut le déceler dans le son de sa voix. Il le connait suffisamment bien pour être persuadé également. « - On est entre nous, tu sais bien que j’irai jamais te dénoncer ni te faire la morale. Mais vaudrait mieux que tu reprennes tes esprits avant qu’il ne soit trop tard, les rebelles ne s’amusent pas à trier les bons des mauvais dans nos rangs. Pas les plus impliqués d’entre eux du moins. » Il le croit vraiment, qu’aucune rédemption ne leur est accessible. Il ne peut que le comprendre. Lui-même estime ne pas mériter l’absolution. Pas après tant de temps au service des puissants, à commettre des actes impardonnables. Le petit a peut être une chance. Pas lui.

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MessageSujet: Re: Maze of dark tunnels - Rhys   Ven 16 Juin - 21:18

La fatigue. Lui qui était d'ordinaire endurant à la tâche, se trouvait peu à peu remis en question. Le doute n'était pas un luxe qu'il pouvait se permettre, tous ceux qu'il pouvait être amené à côtoyer semblaient de ce même avis. Au fond de son être, rien ne le repoussait pourtant à la chose. Il ne voyait pas de mal au fait de se laisser errer sur quelques questions de morale, dont certaines seraient nécessaires d'être posées à bien des personnes. Lui acceptait de ne pas avoir le cœur à surmonter tous les obstacles. Lui regrettait profondément ces années d'antan au cours desquelles le monde lui était paru incroyablement beau et la vie si douée de sens. À présent, la désillusion l'habitait. Depuis près de cinq ans, il ne savait plus réellement s'il ne vivait pas une mascarade. C'était parfois trop invraisemblable pour y croire. En ces temps particulièrement. La seule surprise qu'il pouvait avoir, c'était celle de ne pas s'étonner. Celle de ne plus ressentir la moindre excitation à l'idée de faire quelque chose, comme s'il lui manquait une partie indispensable de sa jeunesse.

Ce vide le tourmentait, parfois. En ces temps plus qu'en d'autres. Lorsque l'adrénaline était supposée tendre chacun de ses muscles, éveiller son instinct primaire. Celui qui dans une autre époque, l'aurait poussé à agir machinalement, sans avoir aucun contrôle sur lui-même, et à aimer ça. Mais ces choses qu'on lui demandait, dépassaient complètement ce qu'il était prêt à faire. Il ignorait si ses nerfs lui permettraient de tenir plus longtemps ainsi. Ce qui, pour certains n'était plus qu'une affaire banale, le répugnait encore terriblement. Il en était ainsi, et il ne pouvait pas en être autrement. La notion de réaction de défense ne lui était pas inconnue mais à usage excessif, elle prenait la désespérante allure d'un maquillage de crime face auquel il ne parvenait à fermer les yeux, répugné  par l'inégalité des traitements, des positions, des luxes. Et ce sentiment désagréable que tout ce qu'il pourrait faire pour aider ce Gouvernement qu'il désapprouvait pourrait à tout moment se retourner contre lui. Parce qu'il n'était qu'une marionnette, que l'on remplacerait une fois devenue inutile.

Et ses tripes qui s'accrochaient tant bien que mal pour ne pas rendre leur contenu dans cet environnement putride auquel elles n'étaient qu'aucunement habituées. Alors que la taquinerie de son aîné lui arrachait une fine grimace, l'idée qu'il pourrait effectivement perdre un peu d'argent en rentrant n'étant absolument pas à écarter. Tout semblait lui indiquer qu'il ne garderait sûrement pas un bon souvenir de cette virée sous terre, au même titre que des autres. C'était sans compter sur l'étroitesse du tunnel qui réveillait en lui un sentiment d'angoisse. Les lieux clos, sans grande possibilité de mouvement, n'évoquaient à ses yeux qu'une impossible fuite ainsi qu'une unique issue en cas de face à face. Soit il pouvait être fait comme un rat, soit ce seraient les autres. Et par les autres, il s'agissait des dites crapules qu'ils étaient supposés immobiliser de manière irréversible. Allaient-ils en trouver ? Combien seraient-ils ? Il l'ignorait. Tout ce qu'il savait se résumait à sa capacité à suivre l'islandais les yeux fermés. Pour le reste, il ne pouvait qu'espérer.

La poisseuse échelle leur ayant servi d'accès désormais loin derrière eux, il sentait peu à peu la désagréable sensation d'asphyxie s’immiscer dans ses poumons. L'air, aussi bien sain que pollué de la surface, lui manquait déjà. C'était comme s'il suffoquait, sans pourtant n'en avoir d'autre raison que les mille odeurs répugnantes baignant dans l'atmosphère souterraine. Ce qui n'empêcha pas pour autant Rhys de réagir à ses paroles. Diantre ! Ce dernier n'eut pas pour effet de lui donner un peu de baume au cœur, au contraire. Il sentit ses épaules s'affaisser, à mesure que son mentor appuyait sa réplique de propos que Marcus ne pouvait que redouter. S'il avait certainement besoin d'entendre tout ça pour accepter pleinement l'idée qu'il allait devoir prendre sur lui pendant un bon moment, il éprouvait quelques difficultés à en digérer l'idée. Aucun mot ne sortit alors de sa bouche, ne sachant que trop bien qu'il ne pouvait rien répondre pour défendre sa cause, l'islandais ayant raison.

Son regard s'était vidé de toute émotion, aussi bien négative que positive. Réflexe d'auto-protection que celui de s'éloigner temporairement de la vague qui s'apprêtait à s'abattre sur lui. La véritable douche froide serait repoussée à plus tard, lorsqu'il serait prêt à s'affronter en face à face. Alors il accepterait d'abandonner ce petit lambeau d'espoir auquel il s'était accroché ces derniers temps. Et enfin, il mènerait un profond dialogue en son fort intérieur, pour se convaincre que ses épaules auraient la force de porter le poids de sa mauvaise conscience. Si la tâche s’avérerait trop lourde, il jetterait son dévolu sur l'encre, comme il l'avait fait de si nombreuses fois. Il soutint le regard de l'islandais, rabaissant davantage sa lampe vers le sol humide en revanche. Depuis le temps, il avait effectivement pu se conforter dans la conviction qu'il pouvait lui faire confiance, même si leurs points de vue pouvaient diverger, comme il en était le cas en cet instant. Dans le fond, le tatoué savait tout de même qu'il avait tord. Un jour ou l'autre, il regretterait de n'avoir pas classé d'office tous les Résistants dans le même sac. « C'est ridicule. Avec un tel système nous sommes juste condamnés à voir tout ça se répéter tant que nous n'aurons pas disparu. » lâcha-t-il finalement.

L'optimisme ne faisait plus vraiment partie de son vocabulaire, s'en cacher était inutile. Pour autant, il n'avait pas encore abandonné son poste. Son arme était chargée, et prête à emploi à tout moment. Seulement, il n'engagerait sûrement pas un affrontement qui pourrait être éviter avec une méthode plus diplomatique. Là encore, Rhys ne lui en laisserait sûrement pas le choix. Malgré tout, il savait pertinemment que la seule chose qu'il avait à faire était de le suivre tranquillement et de tâcher de ne pas compromettre leur mission. Quitte à devoir traîner dans les égouts, autant que ce ne soit pas simplement pour rentrer bredouille. « Tu sais où ils se trouvent au moins, tes rats ? » En employant ce terme qui l'avait pourtant fait tiquer plus tôt, il signalait que le message était reçu, même s'il ne l'approuvait pas totalement. Plutôt que de s'attendre à une réponse positive, il préférait davantage entendre qu'ils n'étaient plus loin. L'endroit était assez incommodant pour lui éviter la patience d'effectuer longues recherches.
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MessageSujet: Re: Maze of dark tunnels - Rhys   Dim 25 Juin - 2:30

Le silence et la froideur, en écho à la dureté de ses paroles. Une part de lui aurait sans doute préféré que Marcus se révolte, aille plus loin dans sa pensée. Qu’il lui serve un grand discours humaniste, prônant la cause des rebelles. Qu’il bouscule ses certitudes pour le pousser au changement. Souffler un grain de sable dans l’espoir vain de déclencher une tempête. Mais son collègue ne bronche quasiment pas, rompu par ses arguments. Quelque part, ça le déçoit presque, le milicien chevronné. Il lui suffirait pourtant de traverser quelques pâtés de maison pour trouver son beau-frère, l’écouter refaire le monde sans l’épargner. Mais il n’a pas le courage de rejoindre Elias, peu importe à quel point il en a envie. Peu importe à quel point il n’a cessé de lui manquer au fil des années. Le vide creusé par son absence ne s’est jamais comblé pleinement et à présent que sa femme est morte, il s’est transformé en un gouffre béant. Il ne peut pourtant pas tirer un trait sur tout ce temps perdu à se haïr, à se mépriser. Même s’il reste désormais sa seule famille, ils ont trop changé. Les deux gamins soudés et fusionnels n’existent plus, ils ont emprunté des chemins drastiquement opposés. C’est certainement ce que l’islandais endure le plus difficilement. Cette solitude forcée qu’il a partiellement provoquée, en commettant de graves erreurs. C’en est risible pour lui qui l’a toujours crainte, en dépit de son aptitude à se déchirer avec tout son entourage. Il n’incarne probablement rien d’autre que son propre pire ennemi.

« - T’as une meilleure solution ? Je t’écoute. On a bien vu ce que la trêve avec la Résistance a donné. » La question est sincère, mais la remarque qui l’accompagne suinte l’ironie. L’Alliance n’a strictement rien amené de bon. Elle a seulement fait reculer les frondeurs, pour leur permettre de mieux revenir sur le devant de la scène le moment venu. L’attaque de la prison en est un triste exemple, et seulement le commencement de ce qui les attend désormais au tournant. Il est convaincu que la dictature leur a offert sur un plateau d’argent le moyen de la détruire à terme, aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur. L’apparence d’erzatz de démocratie ne trompe personne. Le Président reste un dictateur qui ne dit pas son nom. Rien ne vaut une guerre pour révéler ce qu’on a dans les tripes, à ce qu’il parait. L'adolescent qu’il était autrefois n’aurait sans doute jamais imaginé qu’il emprunterait la plus effroyable des voies. Il se serait vu retourner le canon contre lui-même plutôt que d’avoir à tuer des innocents ou des résistants. Il ne sait que trop bien ce qui lui est arrivé à ce gosse téméraire. Il a appris que sa naissance reposait sur un ignoble mensonge. Que son géniteur n’était rien d’autre qu’un infâme violeur, un monstre. La vérité l’a broyé. A fait de lui une piètre coquille vide, prête à bafouer tous ses principes pour un semblant d’adrénaline. Pour assurer la sécurité des siens également. Un objectif bien raté avec son épousée enterrée et son enfant zombie. Mais un choix parfaitement justifié à l’époque, et qu’il continue d’assumer à présent.

« - Si je le savais, tu crois qu’on serait là seulement à deux ? » Réplique le militaire, pas plus renseigné que le tatoué. Officiellement, il ne s’agit que de repérage. Il ose espérer qu’ils n’auraient pas envoyé deux soldats au casse-pipe, même s’il n’est pas toujours en odeur de sainteté avec ses supérieurs. Lorsqu’il ne sabote pas ses missions, il est après tout loin d’être un mauvais élément. Alors qu’ils s’approchent d’un virage, des bruits légers de pas se font toutefois entendre. Le métamorphe s’arrête net, fait un signe au plus jeune pour lui intimer de rester muet. Il se recule sur le côté, charge son arme pour faire face à une potentielle menace. Avant d’avancer doucement et progressivement vers l’embouchure. Pour voir débouler au loin un trio d’intrus. Les rats n’hésitent pas à tirer sur eux, reconnaissant l’uniforme caractéristique des peacekeepers. La première balle lui égratigne l’épaule, lui arrache un râle de douleur. La souffrance s’ajoute à celle qui lui barrait déjà l’abdomen. Sous la fureur, la riposte est immédiate. L’un des projectiles d’acier atteint un des hommes en plein crâne, puis la femme à la jambe. Le dernier tente de la trainer, avant de l’abandonner là pour ne pas se faire trouer la peau avec elle, et certainement chercher des renforts.

« - Tu vas bien ? » Un bref coup d’œil jeté à son compagnon de galère, pour jauger son état physique. Il ne s’attarde toutefois pas sur son cas, s’avance vers leur proie abimée. « - Comme on se retrouve, Pearl. » Il le grogne à proximité de la brune, en la reconnaissant finalement. La prostituée qui l’a piégé honteusement pour le tuer. Qui y serait parvenue sans l’intervention de Regan. « - Tu devrais être mort. » Elle le crache avec toute sa haine, le fusille violemment du regard. Il devrait l’être en effet. La plaie contre son abdomen pourrait lui prouver qu’il n’est d’ailleurs pas passé loin de ce résultat. « - Il aurait fallu finir le travail toi-même pour ça. Une erreur de débutante, dommage. » Persifle-t-il, le timbre gorgé d’un amusement glacial. Il attrape sans ménagement le bras de la débauchée, la relève avec une hargne non dissimulée, en cognant avec une fausse maladresse son corps contre le mur. S’il avait été seul, il se serait contenté d’agripper la tignasse en désordre, avec encore moins de délicatesse. Avide de vengeance. Mais en présence de son protégé, il cherche à museler la rage qui rugit furieusement dans ses viscères. Désespérément.

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MessageSujet: Re: Maze of dark tunnels - Rhys   Jeu 27 Juil - 16:01

Si on le lui laissait faire, Marcus serait bien capable de refaire le monde. De toutes parts, des améliorations pouvaient s'envisager pour équilibrer la situation. Il y croyait lui, du fond du cœur. Le qu'il restait de l'humanité partait de bien trop loin pour ne pas pouvoir espérer un peu de changement. Ce n'était que bien déplorable de se contenter de s'entre-tuer jusqu'à ce qu'une idéologie s'impose et que l'autre plie définitivement l'échine. Il n'y était pas encore prêt lui. Tant que son cœur battrait, il trouverait l'énergie qu'il lui fallait pour garder les yeux ouverts sur la réalité, aussi hideuse qu'elle continuerait de l'être. Il ne devait pas se laisser écraser tel un fébrile papillon. À ses yeux, la solution immédiate était l'attente. Ne pas agir et attendre que tout s'effondre, même si c'était chose plutôt compliquée. Le Gouvernement reposait sur des piliers trop fragiles à ses yeux, autrement ils ne déploieraient pas autant d'énergie à tenter d'exterminer la Résistance.

Un jour où l'autre, ce qui ne semblait être qu'un petit accroc, pourrait évoluer en une plaie béante. Il fallait attendre, que l'on tire suffisamment sur la corde pour qu'un fil se rompe, puis un autre, jusqu'à se déchirer toute entière. Tôt ou tard, elle finirait par casser, c'était inévitable. Rien n'était indestructible. La chute serait belle, il en était persuadé. Ce jour là, il serait le premier à se réjouir, accoudé sur le rebord de sa fenêtre. Ses cheveux auraient peut-être commencé à blanchir d'ici là, ou peut-être pas. Nul rictus ne se dessinerait sur ses lèvres, comme à son habitude. Le sérieux resterait gravé sur son visage, comme il l'était déjà si omniprésent. Mais dans ses yeux de glace, se refléteraient les flammes du siège du Gouvernement. Alors que des colonnes de cendres s'élèveraient vers les cieux, ses poumons s'empliraient enfin d'un air de renouveau. Il lui fallait absolument rester en vie pour voir ce jour arriver.

« Il faut cesser d'agir. Tôt ou tard, les deux camps se casseront la gueule. Ce sera le moment parfait pour instaurer un nouveau régime. Le pouvoir ne doit plus reposer dans les mains d'un seul homme. » C'était ça, son idée. Simple, long, mais qui risquait de ne pas mettre tout le monde d'accord. La remarque de son mentor a suffit à lui délier la langue. Le brun sait de toute façon qu'il n'a rien à craindre en s'exprimant en sa présence, si ce n'était autre qu'un regard désapprobateur. Rhys était peut-être même le seul avec lequel il pouvait aborder ce genre de sujet en toute bonne conscience. Nulle méfiance n'animait l'italien à son égard. Avec les mois puis les années passées sous son aile, il avait appris à lui faire confiance. Il était convaincu que si les intentions de l'islandais avaient été mauvaises, il s'en serait déjà rendu compte depuis bien longtemps.

Il s’apprêtait à répondre à nouveau, à dire qu'il n'y mettrait pas sa main à couper. Qu'il ne s'étonnerait pas d'être envoyé au casse-pipe. Il méprisait suffisamment ceux qui lui donnait des ordres pour en arriver à croire qu'ils s'en fichaient éperdument de perdre un pion ou deux. Il n'en eut pourtant pas le temps, stoppé dans son élan par l'islandais. Par réflexe, il jeta un coup d’œil en arrière, éclairé par sa lampe, pour s'assurer que personne ne les suivait avant de continuer d'avancer doucement dans les talons de son aîné. Il les entendait lui aussi, ces pas de l'autre côté du tournant. Les Résistants ouvrèrent le feu en premier, bien plus rapide qu'eux. Marcus ne tarda pas à les imiter, poussé par la sensation d'être pris au piège dans un tunnel si étroit. La situation aurait pu être différente. S'il n'avait pas senti leurs vies menacées, il aurait hésité. Mais sans d'autre issue, il ne pouvait que répliquer.

L'échange fut bref. Le tatoué était bien incapable de déterminer qui avait touché qui. Aussitôt qu'il eut tiré, une balle ricocha contre le mur, avant de venir se loger dans son bras droit. Il étouffa un bruit sourd, pris de surprise par la douleur alors qu'en face, le trio s'effondrait. Sous le choc, il en avait manqué de lâcher son arme. Par chance, c'était déjà une mauvaise chose d'évitée. « Ça va. » se contenta-t-il de répondre, alors que l'islandais se tournait vers lui. Inutile de se faire un sang d'encre tant qu'il ne saurait pas ce qu'il se passait. En retrait pendant que Rhys se chargeait de la femme au sol, il enclencha la sécurité de son arme pour retrouver ses deux mains libres. Il s'éclaira. La balle semblait s'être logée dans son bras en évitant les vaisseaux les plus importants s'il se fiait à son saignant raisonnable. C'était déjà des complications évitées, même si la douleur n'en était pas pour autant agréable.

Intrigué par l'échange entre le milicien et la résistante, il se pressa d'enlever ses gants pour les compresser contre sa plaie. La lampe désormais éteinte trouva place dans sa ceinture pour lui permettre de garder au moins une main libre. Il se rapprocha de son mentor. La luminosité moins intense ne masquait pas les émotions de ce dernier. Il n'allait pas pour autant plaindre la dite Pearl, qui, à l'entendre dire, méritait plutôt ce qu'il lui arrivait. Mais le brun pensait cependant que le moment et la manière n'étaient pas les mieux choisis pour la faire payer. « Sortons d'ici avant que d'autres ne nous tombent dessus. » déclarait-il alors. Si le coin était infesté de ces gens, l'italien était prêt à parier que celui qui avait fuit n'allait pas tarder à avertir ses comparses que deux miliciens traînaient dans le coin. Nul besoin de s'amocher d'avantage, mieux valait rebrousser chemin.

« Tu pourras lui régler son compte plus tard. Là-haut personne ne t'en empêchera. » ajoutait-il pour achever de le convaincre. À la surface, ils ne seraient pas confinés. Ils ne seraient pas en territoire inconnu et pourraient faire ce que bon leur semblait sans que personne ne les en empêche. Rhys pourrait faire ce qu'il veut de la pauvre folle qui avait pris le risque de se le mettre à dos, personne ne se mettrait en travers de son chemin. Pas même lui, il s'y engageait. Et la milice ne devait pas en avoir grand chose à faire du traitement réservé aux rebelles dénichés. Cette femme était perdue d'avance, il ne pouvait rien faire pour elle, pas plus que pour le malchanceux qui avait été tué. Quand à ceux qui subsistaient, ils n'avait qu'à quitter le coin, à présent qu'ils savaient qu'ils pouvaient être délogés à tout moment. Pressant son aîné du regard, Marcus attendait qu'il rouvre la marche.
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MessageSujet: Re: Maze of dark tunnels - Rhys   Ven 28 Juil - 20:59

Attendre que tout s’effondre pour agir. Il n’est pas certain d’adhérer à l’idée, pas plus qu’il n’est convaincu de l’avenir du procédé. L’italien oublie selon lui qu’il a choisi un camp en rejoignant la milice, que les soldats comme eux ne peuvent pas se targuer d’être neutres. Qui reprendra les rênes d’ailleurs, une fois que les deux extrêmes se sont entretués ? La population servile, celle qui a courbé l’échine pour sauver sa peau ? Qui a suivi les variations tyranniques sans sourciller ? Rhys est loin d’être convaincu que des lâches ou des suiveurs aient les épaules pour dompter le chaos. Ils vivent dans un monde trop détruit, trop pourri jusqu’à la moelle, pour espérer instaurer une telle utopie. Le pouvoir corrompt de toute manière tous ceux parviennent à s’en emparer. « - Parce que tu crois vraiment qu’il est entre les mains d’un seul homme à présent ? Qu’il suffit de le tuer pour ramener la paix ? » Un ricanement s’échappe, racle la gorge. La vision que se fait le tatoué d’un changement de régime le laisse profondément sceptique, pour ne pas dire qu’il la trouve presque empreinte de naïveté. « - Les résistants ont essayé à New York, on a vu le résultat… Le président n’est qu’un pion interchangeable. Abats-le et un autre prendra aussitôt sa place. Et puis remplacer ce système par quoi au juste, une démocratie participative peut être ? Si le peuple avait des idéaux humanistes, ça se saurait. » C’est certainement ce qui a manqué à l’islandais pour s’engager, changer son fusil d’épaule en rejoignant les résistants. Il n’a aucune foi en l’humanité. Il est persuadé qu’elle avance vers sa propre destruction chaque fois qu’elle en a l’occasion, même lorsqu’elle pourrait se détourner du gouffre. Que c’est sa vocation. « - Tu devrais démissionner. » Marmonne-t-il finalement. Un simple constat, dénué d’aigreur ou d’amertume. Il pense réellement que le plus jeune n’a pas sa place parmi eux, qu’il a encore une âme à sauver. Qu’il devrait probablement rejoindre ceux qui se battent pour l'anéantissement de la dictature. Ou tout simplement ne pas participer à son maintien en œuvrant dans ses rangs.

L’échange stérile s’interrompt brusquement, par une salve de tirs. La douleur engendrée par ses blessures renforce sa colère, raffermit sa prise contre le bras de la rebelle. L’entrelacs de ressentiment et de frustration lui broie littéralement les tripes. Il a passé trop d’heures à ressasser sa pénible mésaventure pour ne pas saisir l’opportunité de la brutaliser. Une part de lui entrave ses pulsions meurtrières néanmoins. Infime, elle parvient pourtant à brider partiellement l’animal qui couve sous la peau, et ne demande qu’à se repaître du malheur de sa proie. Il sait que d’une manière ou d’une autre, l’information remontera jusqu’à Regan. Même si le rouquin n’a de toute évidence pas tenu sa promesse de garder la harpie éloignée de lui, qu’il se répète qu’il ne lui doit rien, il sait qu’un nouveau meurtre de sa part sera forcément mal accueilli. La prostituée vengeresse n’a rien de comparable avec l’épouse froidement assassinée, mais ce sera un affront supplémentaire. Une énième bavure qu’il pourrait éviter. Il vaudrait mieux qu’il en finisse là avec elle, d’une balle dans le crâne, plutôt que de laisser la culpabilité l’emporter. Traitresse plus que jamais susceptible de le faire flancher.

L’insistance de son collègue l’extirpe de ses pensées embrumées, l’enjoint à regarder en arrière. Empli de ténèbres, désert, rester dans ce tunnel ne serait-ce qu’une minute de plus n’en reste pas moins dangereux. Le bruit des détonations a pu alerter d’autres frondeurs, et il ne tient pas plus que Marcus à en découdre avec eux. Ils sont trop peu nombreux pour faire face à une nouvelle attaque, n’ont plus assez de munitions. Il peut sentir de plus le sang s’écouler de la plaie barrant son abdomen. Sans la pénombre, son ami aurait vu la substance écarlate teinter dangereusement l’uniforme blanc. « - Très bien, on remonte. » Capitule-t-il après un bref instant d’hésitation, avant de s’emparer de ses menottes de ses doigts libres. Il boucle rudement les mains graciles, non sans avoir bataillé pour qu’elle cesse de gigoter. La hargne de la furie ne l’enjoint qu’à resserrer le métal le plus fort possible autour des poignets. « - De quoi te rappeler des souvenirs. » Acide, il le vocifère dans le creux de son oreille, suffisamment bas pour être difficilement entendu. Comme une promesse de pires tortures. Il n’a pas la moindre envie d’étaler les détails honteux du piège qui s’est refermé sur lui, mais il apprécie de se venger en rendant la pareille à l’enjôleuse. Les frissons de répulsion de la brune se répercutent contre sa propre enveloppe, lui arrachent une satisfaction abjecte. Sans ménagement, il la bouscule vers l’avant pour la faire avancer.

Le trajet s’effectue dans un simulacre de silence, chargé de tensions et d’électricité. A plusieurs reprises, elle tente de bifurquer, se fait remettre brutalement sur le droit chemin à chaque essai manqué. S’il n’avait pas eu à la porter ensuite, il l’aurait certainement assommée. Arrivés devant l’échelle, il appuie son arme contre son dos pour lui intimer de rester tranquille. « - Passe devant, on va fermer la marche. » Ordonne-t-il au peacekeeper, avant de retirer le cran de sécurité, juste pour l’effrayer avec le cliquetis métallique. « - T’avise pas de faire la moindre connerie dans la montée, tu ne ferais qu’aggraver ton cas. » Crache t’il, glacial. Il se doute qu’un coup de pied en arrière est forcément tentant, et ne tient pas à faire l’expérience d’une chute de plusieurs mètres. Il met un écart suffisant entre elle et lui pour éviter toute tentation, la laisse se débrouiller avec son handicap. La grimpée lui semble interminable, le cisaille d’affliction à chaque marche. Une fois l’air frais retrouvé, il aide la prisonnière à se relever, avec la délicatesse qui le caractérise, puis la maintient fermement. Il rabat son gilet contre son ventre, pour masquer la trace pourpre sur ses vêtements. Ses barrières de nacre crissent à s’en éclater la mâchoire pour contenir ses tremblements. Il se fait violence pour ne pas chanceler. Des vagues de froid mitraillent sa silhouette, supplantent sa soif de représailles. Pas assez pour lui permettre de s’échapper cependant. « - Rentre chez toi, je vais m’occuper d’elle. Je me chargerai du rapport. » Il ignore encore quel sort exact il va réserver à l’anarchiste, mais il sait que la décision ne dépend que de lui. Son allié s’est engagé à ne pas s’en mêler.  

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MessageSujet: Re: Maze of dark tunnels - Rhys   Dim 3 Sep - 23:44

Démissionner. La sentence lui en secoua les tripes, bien plus que l'odeur nauséabonde qui l'incommodait tant depuis le début de la mission. Démissionner. Juste un mot, qui signifiait pourtant bien plus. L'abandon de son poste, pour trouver un autre métier susceptible de mieux lui convenir. Démissionner. S'admettre vaincu et se replier en quête d'une situation qui serait plus bénéfique à son moral ainsi qu'à sa santé. Dans l'idée bien sûr où il pourrait trouver un nouveau métier dans lequel il ne passerait pas son temps à vouloir refaire le monde. Démissionner. Accepter que, tout le chemin parcouru jusqu'alors, n'a tout bonnement servi à rien d'autre qu'à perdre des années de sa vie. Il savait pourtant à quel point cette fameuse vie est précieuse, pour sa propension à s'écourter sans crier garde. Démissionner. Prendre un nouveau départ, pour une vie plus sereine. S'il aurait suffisamment de nerfs pour tout reprendre de zéro, ou tenter d'en avoir l'air.

C'était un bien bon mot, une bien efficace solution. Mais en était-il seulement capable ? Il l'ignorait et en doutait profondément. Dans le fond, Marcus avait toujours fait en sorte de se retrouver dans sa zone de confort, dans ce milieu qu'il avait toujours connu mais qu'il ne reconnaissait presque plus avec le temps. Les désillusions ne le laissaient pas indemne, pas plus que la sensation désagréable de s'accrocher à un espoir vain venait entacher son moral. Qu'est-ce qui l'empêchait alors de franchir le pas ? La réponse était simple, tellement qu'elle tenait en deux syllabes, qu'il pouvait aisément susurrer. Fixée au bout de ses lèvres, elle attendait impatiemment depuis des mois qu'il ose enfin la prononcer. Que sa confusion cesse pour qu'enfin, il admette ce qui le poussait réellement à ne pas prendre de risques, au-delà de toute conviction. Elle était pourtant tellement proche de sortir, il ne suffisait que d'un instant d'abandon pour être enfin énoncée.

Et si elle se décrochait enfin de ses lèvres pour se perdre dans un courant d'air ? Elle était pourtant simple cette réponse, elle qui ne se déclinait que sous un nom : la peur. La peur de se retrouver enlisé dans un merdier plus profond qu'il ne l'était déjà. La peur de tomber sans parvenir à se relever. La peur de perdre ce semblant d'équilibre dont il essayait tant bien que mal de faire preuve. En un sens, elle était plutôt belle cette peur. Sous sa forme la plus intense, elle poussait à sauver sa peau, alors que dans un autre, elle pétrifiait et destinait à la fuite. Elle n'était pas méchante, ô que non. Mais elle n'était pas uniquement bonne. La peur de Marcus était cette zone de gris. Ni blanche, ni noire, il ne pouvait savoir ce qu'elle pouvait lui réserver. Tout laissait présageait que du bon et du mauvais s'y trouvaient, dans des proportions qu'il était incapable de déterminer. Et il le craignait depuis toujours, le sentiment de doute.

Son regard glissa vers leur prisonnière. Elle gardait un air fier et dédaigneux, en dépit de ses poings liés. Elle n'était pas en bonne posture, loin de là. Et l'italien s'était engagé à ne pas se mêler de son sort. Entre autres, selon lui, elle était perdue. Sans doute s'en doutait-elle déjà, il ne lui fallait pas non plus une grande vivacité d'esprit pour en arriver à cette conclusion qui s'affichait comme une évidence. Cependant, elle ne semblait pas le moins du monde effrayée, comme si elle s'était préparée d'avance à cette éventualité. Rien n'avait pourtant laissé présager qu'elle tomberait sur l'islandais ce jour-là. Marcus ignorait ce qu'elle lui avait fait mais ce n'était d'ors-et-déjà plus son problème. Il avait d'autres chats à fouetter. Et soigner son bras en faisait partie. C'en était même le numéro un de la liste, avant de retrouver son cher compagnon à quatre pattes.

Le chemin du retour lui sembla durer une éternité. S'il oubliait peu à peu l'inconfort de la puanteur dégagée par ce lieu on-ne-peut-plus glauque, ainsi que l'impression d’oppression que lui donnaient initialement les étroits dédales, le temps lui, passait plus lentement que jamais. Sa gorge était nouée et aucun son ne semblait ni pouvoir ni vouloir en sortir. Son mutisme traduisait certainement son malaise. L'italien ressentait sans grande difficulté la haine de son aîné, qu'il n'était alors pas nécessaire de connaître pour capter l'idée générale de ses pensées. L'ambiance générale du retour s'avérait donc être tendue, et peu agréable. Marcus traînait des pieds, sentant peu à peu les effets de sa douche froide. Il ne réfléchissait pas plus vite qu'il n'avançait, se contentant déjà de savoir où il allait. Au final, il devait plutôt s'avérer satisfait, ils n'auraient pas traîné bien longtemps dans les souterrains. Mais il ne parvenait pas à trouver une once de satisfaction, bien trop blasé par son expérience.

Lorsqu'ils arrivèrent enfin à l'échelle par laquelle ils étaient descendus un peu plus tôt, ce fut un soulagement nouveau qui lui redonna un semblant d'énergie. Il allait bientôt pouvoir rentrer chez lui et se changer les idées, bien qu'il n'y croyait que peu. Ainsi ne se fit-il pas prier lorsque l'islandais lui somma de passer devant. La douleur de son bras lui arracha cependant une grimace de douleur, bien qu'il s'estima nettement moins souffrant que la résistante. Mais il ne pouvait rien pour elle, il n'y avait pas d'autre moyen de remonter à la surface et le passage était bien trop étroit pour qu'elle soit portée, d'autant plus que ni lui ni Rhys ne le ferait. Et lorsque ce dernier l'invita à prendre congé, Marcus ne rechigna pas, bien loin de là. « Merci. » lâcha-t-il enfin. Merci de ne pas lui faire savoir ce qu'il comptait faire de la femme. Merci de lui épargner la paperasse. Et merci pour la leçon aussi, certainement.
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