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 Nos coeurs qui muent.

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MessageSujet: Nos coeurs qui muent.   Sam 3 Juin - 12:35

Héloïse, elle attendait. Patiemment, l'unique vertu qu'elle semblait maîtriser sans fausse note. Bien que la petite ne soit pas de nature ponctuelle, le temps et le métier, avaient régulé cette imperfection. Néanmoins, être trop en avance n'était pas de bonnes augures. Oh non. Tout comme Marie l'énonçait si bien, se faire désirer était tout une maîtrise. Cela permettait d'alimenter les braises du suspense, d'agrémenter la séduction avant la passion. Sauf que l'art du charme, la poupée, elle n'en était point experte. Elle comptait simplement sur son aspect, qui, selon son employeuse avait un fort potentiel, car la petite n'était pas dotée d'une âme enjôleuse. Les réflexions subtiles, les délicats touchés maquillés en gestes accidentels, les regards de braises, Héloïse en était quelque peu incapable. Bien que cela faisait un bon moment qu'elle était dans le métier, cela ne semblait pas avoir transformé sa réelle nature. Celle d'une fille aussi flamboyante que des cendres froides. De ce fait, la mélancolique Héloïse s'était apprêtée telle la manière que l'on lui avait dicté ces dernières années, de soyeux tissus chaleureux et de rivières de parures qui avaient le don de raffiner sa beauté. Apparemment.

Au bar, un verre l'attendait déjà. Le même depuis toujours, celui que la maison offrait, celui qui annonçait le début de son service. Héloïse faisait attention à ne pas facilement succomber à l'alcool, ses idées devaient demeurer claires du début jusqu'à la fin de la rencontre. Bien que ses pensées étaient aussi plates et fades qu'une feuille blanche, perdre la tête n'était pas la meilleure des idées, même avec un tel métier. Mais il était vrai qu'un léger remontant lui permettait de tirer une énergie et une volonté chimérique. Ainsi, ses doigts frêles capturèrent la coupe, l'amenant mécaniquement à ses lèvres de sang, où elle goûta d'une première gorgée le breuvage coloré. La jeune femme semblait préférer attacher son attention au cocktail pendu à sa bouche plutôt qu'à la future interaction qui était inéluctable. Il y avait ce pâle désir de profiter de ses derniers instants, seule, loin de ces artifices et ces débauches. Si seulement elle pouvait s'évader de cette cage dorée aux allures fantasques. L'optique de remballer sa personne avec ses chaussures et sa toilette clinquantes afin de rejoindre le toit, son propre refuge, lui faisait de l’œil. Mais voilà que Monsieur Ackerman n'allait surement pas tarder, rappelant ainsi sa misérable condition. Triste Héloïse.

Ainsi, le regard vitreux, elle s'attarda sur les milles et uns visages composant la masse humaine qui affluait au sein du hall. Tous lui semblaient inconnus et à la fois familier. La petite était accoutumée à cet océan de personnes, que ce soit ici ou bien à l'extérieur de ces murs luxueux. Ainsi, son esprit tenta de s'évader de cette prison charnelle que le monde lui imposait. Elle se permit avec insouciance, d'imaginer le quotidien de chacun. A quoi pourrait ressembler la vie de l'homme au chapeau rouge situé près de l'entrée ou encore ce que l'on réserve à la belle femme enveloppée dans sa robe de satin d'à côté. Dans ses illusions, Héloïse n'était jamais amer, jamais mauvaise. Pour tous ceux qui devenaient protagonistes de son imagination, ils avaient le droit à un dessein assez heureux, parfois anodin et étrange, mais tout de même avec une fin heureuse. Les tristes fatalités, la poupée les gardait pour elle. Pour elle et son existence monotone et sans saveur. Mais ce genre d'exercice aux allures futiles était un avant goût de la notion de liberté. Est-ce que vivre à travers quelqu'un d'autre lui donnait l'impression d'exister ? La petite parisienne n'en savait guère. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle sentait se vide permanent creuser son être.


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MessageSujet: Re: Nos coeurs qui muent.   Mar 6 Juin - 12:30

Les doigts glissent contre le cristal avec inconfort. L’espace anxiogène génère quelques souvenirs déplaisants qu’elle ne peut étouffer d’une gorgée défendue. Le luxe abrite plus d’une carcasse ce soir, il crie sa suprématie dans ce lieu qu’elle répudie. Des tissus de qualité pour cintrer la taille de ces dames et flirter avec la carrure de ces messieurs. Des bijoux pour garnir des poignets et des souris mal accrochés qui masquent des troubles apparents. Personne n’ignore ici la crise sans précédent à laquelle la Nouvelle-Orléans tente de répondre en ce moment. La pénurie affole les masses à raison. Les riches ne peuvent même plus allonger de belles liasses pour résoudre ce problème. La panique se dessine parfois dans un regard fuyant. Le sujet sur toutes les lèvres mais jamais dans l’air, comme un tabou qu’on ravale, qui reste coincé dans la gorge et y pourrit en silence. Les apparats sont autant d’édulcorants pour camoufler les terreurs latentes que des moyens de se rassurer sur la pérennité de ce mode de vie. L’atmosphère transpire le malaise et rend toute cette mise en scène d’autant plus dérangeante. La sorcière tapote nerveusement le comptoir du bout des ongles. Ce genre d’endroit aurait pu accueillir une des réceptions que son ex-mari affectionnait tant et ce fait ne l’exhorte absolument pas au calme. La paranoïa semble de mise depuis que ce dernier a dispersé quelques rappels de sa survie dans sa chambre d’hôpital. Ce petit jeu lui en rappelle un autre, tout aussi sadique. De la même manière que la secte a marqué la porte de Declan, Isaac a indiqué son passage, annoncé une suite probable à cette entrevue ratée. La nausée ne cesse de l’incommoder à chaque fois qu’elle y pense. Livide, elle termine son soda d’une traite, espère secrètement que les bulles lui piquent suffisamment le nez pour lui donner une sensation proche de l’ivresse. Qui croit-elle tromper avec cette théorie ? Elle tuerait pour un whisky.

D’un soupir, elle ramène une main dans sa chevelure, dénoue quelques mèches avec anxiété. La paume de Burton, son coéquipier, l’arrête en plein mouvement. Ses yeux l’accusent quand sa bouche dispense une fausse douceur. Sa voix basse et mesurée lui parvient seulement parce qu’il se penche sur son oreille. « Tu veux tout faire foirer ou quoi ? Calme-toi, bordel. » Joan grimace, se retient juste à temps de lui envoyer son coude dans le sternum. « Arrête de me cracher à la gueule ton haleine de merde déjà. » Il recule par chance et relâche son poignet. Ces jolies petites comédies l’irritent encore plus qu’auparavant. Elle qui croyait ne plus devoir jouer de rôle après sa désastreuse incursion à la Sakpata, se retrouve piégée dans un tailleur à prétendre participer à ces mondanités. Troquer ses vieux jeans et ses t-shirts troués pour ce deux pièces lui en coûte. Heureusement, elle a pu éviter le port de la jupe ou d'une robe incommodante en cas d'action précipitée. Plus elle est libre de ses mouvements, mieux elle se porte. Cette mission d’observation a beau être relativement simple, les dérives restent possibles. Leur cible est proche d'ailleurs.

Le gouvernement le suspecte de retourner allégrement sa veste au profit de la rébellion. Les mutineries seraient prévisibles au vu des circonstances. Un climat électrique qui exacerbe l’imagination et enclenche une anticipation extrême cependant. Au moins peut-elle accompagner le seul collègue qui possède toute sa confiance. « Beau travail avec le fond de teint, au fait, on oublie que tu t’es faite démolir la tronche y a quelques temps. Tu ressembles presque à une gonzesse aujourd’hui. » Peut-être qu’elle le regrette finalement. Son pied coulisse vers le tibia de son acolyte si vivement que personne n’a pu voir le coup partir. «  Va te faire foutre. » Camoufler les hématomes n’a pas été si compliqué. Elle a eu le temps de maitriser cette technique avec son mariage foireux. Son passage à tabac lui a laissé plus d’une séquelle néanmoins. Ses mouvements moins fluides que d’ordinaire trahissent tout autant les meurtrissures guérissant lentement.

Alors que son interlocuteur se relève en riant à gorge déployée, l’attention de la milicienne sous couverture se reporte sur une toute autre silhouette. Assise à quelques pas de là seulement, la crinière encadrant de jolis traits, elle patiente, Héloïse. Le palpitant se reserre à cette seule vue. La peur devrait couvrir du terrain mais seule une implacable frustration la saisit pourtant. Une distraction la détourne de cette observation. Les lèvres de Burton effleurent son front, lui dispensant une affection factice. Elle déteste réellement devoir miser sur leurs talents d’acteurs pour mener à bien leur mission. « Je suis sûre que ta meuf et mon… Enfin ils kifferaient de nous mater là. » grommelle-t-elle pour marquer sa désapprobation sans attirer l’attention. Le contact ne servait qu’à rendre la communication plus aisée et à semer les doutes, elle le sait. Mais elle n’apprécie pas la proximité des autres. Surtout pas celle des hommes. Celle des hommes qui ne sont pas Declan pour être plus précis. « Il se tire aux toilettes ou du moins, prétends-le faire… Je vais le pister pour en savoir plus. Bouge pas d’un pouce, pigé Valentine ? Surveille peut-être la blonde qui l’accompagne. » Il s’éloigne très vite, la laisse seule.

Sa nouvelle proie se contente de lire le menu, elle n’est pas assez intéressante pour lui faire oublier la présence de la brune. Sa concentration s’oriente dès lors vers la femme de petite vertu. Mieux vaut ne pas titiller les employées de la mafia qu’elle a quitté, non sans y laisser quelques plumes. Téméraire et bornée comme elle est, la trentenaire finit par changer de tabouret pour s’installer à côté de son ancienne protégée. La main se tend sans préambule vers le verre consommé. Les narines capturent la fragrance aussi vite. « Tu sais ce qu’on fait des gens qui sont pas fichus de respecter les règles sur la prohibition ? » Une menace qui vole, juste pour instaurer le ton de la discussion. Pour lui rappeler qui elle est en réalité. Et pour lui faire comprendre que toute menace sera inutile. De toute façon, elle peut alerter Marie autant qu’elle voudra. Elle est protégée par son travail pour de vrai désormais. « Consommer de l’alcool  dans un putain de lieu public, ça peut foutre tes miches dans une arène. T’as envie de crever, Hélo ? » Les prunelles sondent la jeune femme. « Et t’es là pour racoler, c’est ça le délire, non ? Ça aussi, c’est pas accepté. Je dois faire quoi de toi, tu crois ? » La sévérité du timbre ne trahit pas la préoccupation.  Quand bien même, elle la provoque volontairement, elle tente seulement de lui faire ouvrir les yeux sur cette réalité. Trop de gens s’autodétruisent autour d’elle. Et elle commence à ne plus pouvoir le tolérer.

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MessageSujet: Re: Nos coeurs qui muent.   Ven 9 Juin - 14:39

Son verre s'échappa de sa délicate emprise et l'orage s'abattit sans crier gare. Prise la main dans le sac. Pourtant, ce n'était pas l'effroi qui l'assaillit, mais l'abattement qui envahit ses veines, directement injectés à coup de seringues peinées. L'être fut davantage chamboulé à la vue de ce visage un peu trop familier, à l'entente de cette voix qui l'avait souvent accompagnée. Jadis. Ainsi, Héloïse laissa son âme brûler à travers les yeux de l'inquisition. Sauf que telle la tête plongée dans l'eau, les vives paroles semblaient lointaines, la gravité des réflexions en guise d'échos. Ses tympans percevaient les notions de prohibition, d'arène et de racolage. D'ailleurs, l'arène était un endroit qui semblait étrangement la fasciner, mais elle savait qu'y mettre les pieds, pouvait lui être fatale. Sauf qu'avec toutes ces menaces balancée comme des cailloux jetés sur une fenêtre, Héloïse ne savait plus ou donner de la tête. Sachant que si elle se déliait la langue, cela pouvait être sa perte. Alors, comme à l'accoutumée, il n'y avait plus qu'à mentir.

Les mensonges. Héloïse ne les aimait guère. Synonyme d'illusions et de contre-façons, ces derniers n'engendraient uniquement que désillusions et blessures. Et bien que la jeune femme de cire, n''appréciait pas ces tournures chimériques, elle ne pouvait malheureusement s'en détourner. Pas seulement spectatrice, elle était pleinement actrice des mensonges des autres, tout comme des siens. Pour commencer, il y avait cet univers dont le chaos régnait, imposant ses règles et ses vices, mais que le gouvernement maquillait par des propagandes utopiques financées par la chair et le sang de son propre peuple. Pourtant, cela n'avait pas dont de la révolter, puisque la tête dans les nuages, elle-même se plaisait à embellir les choses à coups d'imagination et d'insouciance. Puis il y avait elle, la petite fille dans un corps trop grand pour elle, ainsi que sa condition. Sa condition de dérobeuse de vitalité et sa condition consistant à ouvrir la fleur de pulpe de son entre-jambe aux plus offrants. Un monstre et une pute. D'un côté elle prenait et de l'autre, elle donnait. Un cycle où le mensonge, finalement manipulait ses actes et ses pensées.

Et Joan lui avait menti. Douloureuse trahison. Les pupilles de verres se plantèrent sur ce visage aux souvenirs bouleversants pour l'âme froissée d'Héloïse. La petite voyait des traits difformés par la rancœur et la gravité, traduisant une étrange animosité par rapport à cette situation et à la vie, qu'elle lui reconnaissait si bien. Durant un instant, la métisse imagina la palette de sentiments que pouvait illustrer le minois de son amie. Il était vrai que c'était plus souvent la dureté et de glaciales allures qui marquaient la pâleur de sa chair. Et d'ailleurs, Héloïse aurait bien aimé voir d'autres émotions, mais c'était Joan... Joan, femme de poigne, femme de fer. Ses mots étaient aussi tranchant qu'une lame de poignard et pourtant ce n'étaient pas eux qui avait le plus écorchés le cœur de la poupée. Au fil du temps, elle l'avait bien discerné, il ne s'agissait pas de la méchanceté gratuite. Sauf qu'aujourd'hui, ce n'était pas le même rythme d'antan. La mélodie était différente, car tandis que la danse mélancolique d'Héloïse était restée inébranlablement la même, c'était celle de Joan, qui avait basculé de bord. La milice. Quoique, finalement, elle avait toujours été du côté de la loi. Et puis "amie" ? Elle n'était plus vraiment sûre du terme, sachant que sa sœur et sa supérieure la considéraient davantage comme un être nuisible à abattre qu'autre chose. Mais elle venait de la nommer Hélo, alors peut-être qu'elles étaient encore proches... La petite était perdue, maltraitée par l'égarement et le chagrin.

« ... Je dois faire quoi de toi, tu crois ? » Et bien qu'ainsi, les mensonges tissaient son existence sous les minutieuses aiguilles du destin, Héloïse ne savait pas vraiment les utiliser à son avantage. Inventer des histoires, oui. Mais, de manière cohérente, cela lui était difficile. Alors, devenir muette à propos des sujets dérangeant était la meilleure solution. C'était également l'un des nombreux conseils d'Hemma qui connaissait l'incapacité de sa jumelle à mentir directement. Se taire, sans faillir, détourner l'attention, ça c'était dans ses cordes. Sauf que son visage ne pouvait trahir l'incommensurable peine qu'instaurait la présence de cette nouvelle interlocutrice. « Joan... Ca faisait longtemps... Depuis la dernière fois. » La dernière fois. La fois où le rideau s'était abaissé sur sa réelle identité et ses attentions. Triste fois d'ailleurs. Elle avait une petite voix Héloïse, non pesée par la culpabilité d'être surement prise en flagrant délit, mais par l'abattement ainsi que le fait qu'elle ne savait point comment faire face à cette situation. On ne l'avait pas préparée, pas à échanger avec une personne qui avait tout pris et ravagé, sur son passage. Alors qu'Hemma elle, devait surement savoir... « Tu vas bien ...? » Maladroite avec les mots, elle tenta et tâtonna, sachant que tout ceci était vain. Puis, elle revint distraitement sur la question probablement rhétorique de Joan, mais dont elle, la réponse lui échappait. Car c'était Héloïse, l'enfant perdue après tout. « Je sais pas, Joan... Je sais pas ce que tu dois faire...»


Dernière édition par Héloïse Laroche le Sam 5 Aoû - 17:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nos coeurs qui muent.   Jeu 15 Juin - 1:12

Rien dans la prunelle pour annoncer l’émotion. Cette femme, habituée à n’être qu’une enveloppe à disposition des plus frustrés, se refuse à lui délivrer, ne fusse qu’une expression. A force d’être maniée par bien trop de mains rugueuses, Héloïse a dû étouffer sa personnalité, abandonner son âme quelque part sur un de ces trottoirs. Représentation grotesque qui poursuit la sorcière dès qu’elle songe à cette profession. Bien qu'elle se refuse concrètement à qualifier cette activité de métier, ne dénichant là-dedans qu’une forme d’esclavage obscène et abjecte. Le regard effleure la carcasse de sa comparse avec bien plus de vigilance que la voix emportée. La réincarnée s’imagine des sévices que la brune n’a pas subi. Ou tout du moins, dont elle ne semble pas souffrir dans l’immédiat. Les séquelles psychologiques sont plus dangereuses qu’une poignée d’hématomes. De celles-là, on ne guérit jamais tout à fait. A force de prêter les traits de son ex-mari aux clients de sa protégée, la milicienne enchaîne les amalgames et attise son mécontentement. Le verre reposé sans grand émoi, le coude s’adosse au comptoir, une main file sous la mâchoire, soutient la tête. L’autre paume se pose sur le genou, les doigts tapotant l’os avec nervosité. Combien d’infractions taira-t-elle pour écarter ceux qu’elle veut préserver des chemins escarpés de la justice totalitaire ? A chaque crime passé sous silence, une nouvelle erreur inscrite sur sa longue liste. L'entêtée devrait courir après les succès pour assurer sa place au sein de la milice. Mais toute évidence, elle n’enchaine que les échecs volontaires depuis un moment. Sa carapace est bien moins hermétique qu’elle ne l’a été quand elle s’est portée volontaire pour gonfler les rangs de cette armée. A croire que les résolutions ne peuvent tenir plus d’une poignée d’années. L’ancienne et la nouvelle Joan cohabitent d’une façon bancale dans ce seul corps. Un équilibre précaire qui n’engrange que plus de soucis.

Bien loin de tarir son inquiétude, la trentenaire isole ce seul sentiment pour en faire sa cause. Bien incapable de quitter son siège, de détourner son attention de la jeune égarée - ce qui lui garantirait pourtant un semblant d’éthique professionnelle, de ne pas pousser le vice de la sollicitude à la conversation. Il est trop tard pour ce genre de considérations de toute façon, elle vient d’amorcer la discussion et ne peut s’empêcher de prêter l'oreille aux réponses. Les premiers mots à outrepasser ces lèvres si délicatement dessinées heurtent l’américaine. Un timbre d’une neutralité effarante soutenant ces paroles vides de sens. Les ongles grignotent l’articulation contre laquelle ils pianotaient jusque-là. La rage contracte les traits de la milicienne tandis que la suite du discours n'apporte que plus de fuel au feu que son interlocutrice a provoqué. La question la gifle littéralement à tel point qu’elle remet en cause la naïveté de l’émettrice. Aucune ironie à discerner et pourtant, cette interrogation demeure inappropriée, presque cynique. Comme une provocation qu’elle aurait balancée afin de favoriser l’hostilité. « Tu te foutrais pas un peu de ma gueule ? » grogne alors l'ancienne mafieuse. « Tu joues avec le feu, gamine. T’as vraiment envie de te bouffer le retour de flammes ? » Les yeux se font assassins, la posture se réajuste. La jambe droite glisse au-dessus de la gauche. Le dos relevé, la solennité pour maintenir une certaine distance, histoire de ne pas confondre les démons.

Les quenottes capturent la lèvre inférieure quelques instants. « Tu sais ce que tes petits potes m’ont fait. Fais pas genre  t’en as quelque chose à branler de ma santé. Je suis sûre que t’aurais kiffé ça toi aussi de me cracher à la gueule quand j’aurais canné. Pas de bol, hein. Que la connasse soit encore vie pour te taper la misère quand t’es venue là pour sauter un petit merdeux. » L’acidité érode jusqu’au palais, érafle la langue si vivement qu’elle ne parvient pas dans un premier temps, à disperser d'autres lignes mélodiques à la suite. Les iris dévient de la française au reste de l’assemblée. La femme qu’elle est censée surveiller, ne présente toujours pas la moindre anomalie comportementale. Elle en déduit qu'elle peut donc l’occulter pour un moment. Un soupir marque la fin de cette surveillance furtive. Dès la seconde suivante, elle se penche vers son acolyte, éjecte autant d’agressivité de sa voix que d’anxiété du regard. « Je vais te dire ce que tu vas commencer par faire, c’est m’expliquer ce que tu fous ici. Tu vas te taper quel salaud ? Un habitué ou un petit nouveau ? » Les filles de joie. Une dénomination qui insurge la divorcée. Le bonheur ne peut pas se trouver dans les draps de ces gens sans cœur qui entretiennent ce système monstrueux. Il ne s’agit même pas de mettre le montant sur une sensation, il s’agit d’étiqueter un corps, d’en faire un objet à disposition du plus offrant. Réduite à moins qu’un être vivant doué d’une conscience. Certains diront que ces femmes disposent de leurs existences, qu’elles ont décidé sciemment de pratiquer une telle activité. Mais quand Joan relève les yeux, elle ne voit pas quelqu’un de confiant, quelqu’un qui suit cette voie par réelle envie ou conviction. Tout ce qu’elle perçoit, c’est l’égarement.

La petite poupée lui parait perdue, un pied pris dans l’engrenage et l’autre vacillant dans le vide. Elle veut la secouer, l’obliger à rejoindre le rebord, d’ôter sa maudite cheville de cette mauvaise mécanique. De repartir, peut-être en boitillant au début mais chaque conséquence vaudra cette liberté. « C’est quand que tu vas te sortir les doigts du cul et te trouver une putain de vie qui te forcera pas à ingurgiter de la merde pour oublier ce que t’es en train de foutre ? T’en as pas marre d’être une foutue victime ? » Les cordes vocales mettent en forme le discours qu’elle aurait voulu qu’on lui tienne une décennie auparavant. Quand échouée au sol, elle attendait qu’un miracle la tire de cette misère. Mais depuis longtemps, elle sait que la félicité n’est pas un fruit qu’on cueille au plus bel arbre du jardin. Dans son cas, c’était davantage la pomme pourrie qu’on ramasse près des racines. Son odeur et son aspect dégoutent dès le début et elle rend d'ailleurs malade dès la première bouchée. Mais à chaque fois qu’elle dévale l’œsophage, il est plus facile de s’y acclimater. Si on prend la peine de la terminer, on peut en trouver d’autres de meilleures factures à proximité. Récompensée finalement par la vérité qu’on se refusait à voir, par l’existence qu’on a sciemment abandonnée et reprise. Quelque chose lui disait qu’Héloïse était aussi de ceux-là. De ceux qui se laisseraient volontiers mourir plutôt que d’affronter la sapidité fétide de la vie.

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MessageSujet: Re: Nos coeurs qui muent.   Mar 25 Juil - 22:19

Pauvre Héloïse. Pitoyable enfant ébouillantée. Miséricordieuse à en grincer des canines. Elle était celle que l'on pointait du doigt au moindre éclat, à la moindre bêtise. Celle dont le nom retentissait seulement lorsqu'un mal était commis. Sinon, oubliée était la poupée, écartée. Une nouvelle fois accusée à tort. Cette fois-ci d'une moquerie risible. La mélancolique devenir moqueuse ? Balivernes. Pourtant son interlocutrice à le charbon de ses sourcils qui plie l'échine. Il y a une certaine aigreur qui s'invite au sein des couleurs de la belle Joan. Mais les biles oculaires ne roulèrent point, le regard ne s'abaissa pas. Le chérubin ne l'avait jamais fait, pas même lorsqu'elle se retrouvait au coin, punie par la maîtresse. Puis le bronze de sa pulpe se contorsionna légèrement sous le doigté de l'accablement. Sorcière mesquine. La vile jouait avec son devoir de bon petit soldat de la Sakpata. « Dis pas ça, Joan. » S'échappait le bruit torturé pareil à un glapissement éteint. L'inertie de ses dires. Syllabes aux cartouches toutes épuisées, à l'impact déplorable. Ses interventions étaient cadavres, toutes aussi peu ambulantes. Se serait-elle interposée ? Aurait-elle empêché les coups de s'abattre ? La fille des trottoirs n'auraient été qu'une spectatrice de plus. Tels ces personnes en quête de divertissement, installés dans ces sièges sanguinolents des arènes. Meurtris en était le palpitant de la parisienne à l'entente de la brutalité qu'avait enduré Joan. Les prunelles en cherchèrent le violacé des ecchymoses jonchant l'envers de sa porcelaine de peau. Pourtant, il lui était difficile de retenir une quelconque rancœur à l’égard de ses camarades. C'était Valentine qui avait fait acte de traitrise, pas eux.

Houle séditieuse percutant la bouée égarée. Héloïse était ce flotteur esseulé au rivage, dont l'écume la berçait de sa violence et de ses fracas. Les paroles en demeuraient de même. La fiévreuse Joan adjurait des explications, une vérité dont elle en devinait l'évidence souillée. Mais la légitimité n'était plus d'actualité. Depuis la révélation de ses véritables attentions, Joan avait elle-même dépravé ce droit. Piétinant cette clé qui lui donnait un accès fragile aux activités damnées de la mélancolique. Abattement croissant, où l'âme se froissa face à cette tentative intrusive de sa personne. De ces acerbes questions, il y avaient ces poings tambourinant aux portes de ses abysses. Ainsi, à l'image de ses cordes vocales, la trappe demeura scellée sur le sujet. Barricadée. Et probablement condamnée pour la peacekeeper. Seule la suite fut capable de délier la langue abîmée. « Je ne vois pas en quoi c'est mal d'être considéré comme une victime. Il en faut bien. » Il en fallait bien de tout pour faire un monde. Le parfum du trépas l'illustrait-elle donc à l'image d'une victime ? En était-ce une fatalité ? Dans la jungle de son ovale, fleurissaient les interrogations. Réponses aux pétales nuancées. Victime était de ces étiquettes que reine était la civilisation, attribuait du bout de son glaive. Mais la société aux mille visages était d'humeur changeante. Un jour, la poupée ornait la pitié en costume, tout comme le lendemain, la futilité arborait ses traits. Tout était une question de points de vue finalement.

« Mais qu'est-ce que tu fais là Joan ? » Prunelles forgées dans la tortueuse peine s'insinuant au creux des braises de la traîtresse. La poupée de verre lorgnait en toute légitimité son interlocutrice. Ses cils fracassant les pommettes à coups de battements involontaires. Curiosité tailladant l'ébène de ses pierres irisées. Creusant quelques peu le vernis maussade de ce regard minable. « Je ne pense pas que tu sois revenue spécialement pour moi. Ce serait trop beau. » Une tonalité gravée par un rictus soulevé. L'abstrait peignait l'effluve de voix écumant ses lippes. Phalanges d'argiles ayant sculptées cette mine désuète du pantin. Il y avait également ce son étouffé, pareil au hoquet d'un rire dénué de saveur. Le temps de Joan était bien trop précieux pour pouvoir s'octroyer la futilité de sa présence. L'insigne gouvernemental évitait avec par-simonie de bafouer son blason dorée avec les débauches maquillées. Tapis sous la luxure opulente, les rires clinquants et les parures démesurées en tocs, la crasse. Bas les masques, la souillure valsait au rythme des hypocrisies. Et Héloïse, triste fillette, se faisait bousculer au sein de ce ballet tumultueux où les coups de coudes fusaient pareils à des coups de baguettes d'orchestre. Mais l'accoutumée faisait que la fragile n'était que ce simple rat d'opéra, dont les yeux n'en accaparaient pas l'intérêt. Et non cette danseuse d'opéra que la milicienne était sûrement venue voir.
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