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 Bloody Night ♦ Oswald

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MessageSujet: Bloody Night ♦ Oswald   Sam 3 Juin - 19:17


« Murder, murder - Makes your nerves jump! Murder, murder - Makes your blood pump! Bloody murder In the night! »

 
Moriah & Oswald
featuring

Murmures. Trois corps au-dessus d'une table, la lumière oscillante d'une ampoule au-dessus d'eux, qui déforme leurs ombres et les projette, loin du corps étendu qu'ils observent, scalpels à la main. Boucles sombres étendues sous une tête, peau d'orientale, les yeux noirs cachés sous des paupières closes. Elle est inconsciente, Moriah, enfermée dans le sommeil par la drogue qui circule dans ses veines, attrapée au détour d'une rue alors qu'elle rentrait chez elle. La mafia a besoin d'organes, la femme passait par là. Mauvais timing, la faute à pas de chance. Comme si souvent. Elle ne voit pas les cercles d'humidités le long des murs au moins, ne sent pas l'odeur des moisissures et des poussières, le gras sur celles des vitres de la clinique abandonnée qui ont survécu aux cambriolages. Elle ne voit pas le terne des surfaces métalliques ni les débuts de la rouille. Elle dort, ils dorment. Nul murmure du monstre en elle devenu compagnon de tous les instants et ignoré comme on ignore une acouphène avec laquelle on vit depuis trop longtemps sans espoir de jamais s'en libérer, nul geste de son corps. Ses mains reposent sur le froid du métal, sans gants, sans présenter la moindre menace. La brèche a agi, et a pris la seule chose qui aurait pu lui permettre de se défendre avec elle. Ironie, elle s'en serait réjouie, avant.

Gestes habiles des mains et la blouse libère le torse, coupée par les ciseaux, révélant la peau vierge de nécroses. Elles se font plus rares, désormais, se résorbent plus vite, présent du monstre pour davantage s'être rapprochée de lui. L'apparence de l'humanité qui revient, pour dissimuler la monstruosité qui grandit dans son esprit sous couvert de névroses et de colère, enchanter en rendant les premières graines de vanité et révolter en entendant le rire à chaque fois qu'elle ose oublier sa situation, leur situation. Les possédés sont une inconnue, de toutes manières, les chirurgiens ne se doutent de rien, alors qu'ils forment la première entaille. Récupérer une partie du foie, un rein si tout va bien, refermer, abandonner sur les lieux ou dans une ruelle, procédure familière, routinière, pour les mains qui s'embarrassent à peine de gants. Pour prétendre, et pouvoir se débarrasser des traces. Qui se soucie d'une infection, tant que les organes sont à l'abri ? Pas eux. Pas elle. Elle ne perçoit rien. Respiration tranquille, apaisée, nulle idée du scalpel qui enfin se pose sur son torse et trace la première incision. La peau qui se sépare, le sang qui affleure, commence à perler, avant de noircir.

Les hommes cillent. Reculent. La femme dort. Nécrose. Onde noire qui se forme autour de l'incision et tue la peau, prend l'aspect caractéristique des nécroses ischémiques et s'infiltre jusque dans le corps, déversant sa toxicité au passage. Regards croisés, voix emmêlées, elle n'entend rien. L'appel de leur travail, de la curiosité scientifique aussi peut-être, qui prend le dessus alors que les minutes ont continué de s'écouler. Nouvelle incision, plus profonde, qui tente de partager le sternum. Nouvelle nécrose qui se répand, instantanée. Nouvelles minutes qui passent dans l'hésitation, la porte qui s'ouvre un instant pour révéler la scène ignorée. L'autopsie de la vivante est plus intéressante, pour leurs esprits malades. La tâche est oubliée. La chair devient expérience à la place, prétexte pris pour la manipuler par la même occasion, au-delà de ce que la science demande. Sein frappé, pincé, tordu. La chair qui reste vierge de toute pourriture. La chair percée, entaillée, découpée. La nécrose qui se forme. Violacée à noirâtre, pellicule gluante, prête à se déchirer et répandre le sang noirci et les phagocytes au moindre geste trop brusque, au moindre contact trop poussé, l'une d'entre elles ôtée par un scalpel, nouvelle incision faite là où la chair était déjà morte. L'atmosphère a changé, dans la pièce. De clinique et froide, elle s'est teintée d'un voile malsain.

Et toujours, la femme qui dort, quand ils semblent avoir oublié tant leur tâche que l'humanité du corps devant eux, n'y voyant plus qu'un cobaye sans réelle substance ni intérêt en dehors de sa peau tâchée de pourriture, de plus en plus semblable au bâtiment où elle se trouve. Et toujours le temps qui s'écoule et qui rapproche l"instant où les drogues cesseront de faire effet, premiers frémissements de globes oculaires sous les paupières abaissées et infimes crispations des doigts qui passent inaperçues. La blouse git au sol, le soutien-gorge l'a rejoint, la peau d'ordinaire cachée avec une détermination proche du fanatisme exposée aux yeux et aux lames. Motifs qui se forment, velléités artistes des chirurgiens, toile d'entailles tout en surface qui remontent le long du cou et du visage. Ils s'enhardissent, avant de redresser la tête brusquement. Choc caractéristique du métal contre le métal, le lieu a un autre habitant désormais, les scalpels abandonnés par deux des hommes. Le troisième qui reste, brutalement ramené à la réalité et à sa tâche, alors que la femme remonte lentement à la surface escortée de son démon. La brûlure des plaies qui perce l'inconscience artificielle, et fait se crisper les traits, si peu. Frémir les doigts, à peine. Pas encore réveillée. Plus vraiment endormie. Mais couverte de plaies exposées à l'air et aux regards.
   

   
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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Re: Bloody Night ♦ Oswald   Mar 6 Juin - 20:59

Le cul collé au plancher, la fumée incendiant la rétine, les toxines contaminant les corps, un rassemblement comme un autre se faisant à l’abri de l’inquisition gouvernementale. Bien éphémère, cet effet délirant, si vite dilué par l’organisme infecté. Les restes de poudre sont emportés par son voisin. Dans quelques secondes, le peu de sensations éprouvé aura disparu. Un beau gâchis pour une frustration entière. Plus de raisons pour garder les limites intactes, plus la moindre personne à décevoir et pas le seul moyen efficace de flirter avec ce qui se rapproche de la légèreté. De l’alcool à la drogue, la malédiction lui ôte toute source de divertissement. Avachi contre un vieux mur pourri, le danois profite de la douce mais passagère aliénation, observe ses camarades avec jalousie, atteindre l’état que la corruption sanguine lui refuse. Une fois, la lucidité totalement retrouvée, il glisse une clope entre ses lèvres et amplifie les émanations nuisibles, piégées dans cette pièce insalubre. Les délires inaccessibles de ces autres l’irritent très vite. Agacé, il reprend de la hauteur, dépoussière sommairement son jean s’aidant de gestes empressés avant de rejoindre le couloir. Les craquelures dans le carrelage accueillent son mégot. Une activité lui semble nécessaire pour disperser l’énergie néfaste qui le dévaste. Aucun mafieux conscient en vue pour l’informer d’une quelconque opération alors il remonte les marches prudemment jusqu’à atteindre l’étage où tout se passe. L’ironie ne manque pas de saveur. Les champignons grignotent les cloisons, l’humidité ravage le plafond. Les vitres brisées laissent passer allégrement des courants d’air glacés. Les portes grincent, le matériel employé côtoie la rouille de l’ancien abandonné. Les quelques draps épargnés par le temps, sentent la mort, rejettent des mites. Les matelas non éventrés, abritent quelques autres insectes qu’Oswald ne se permettrait pas de déranger. On peut pratiquement qualifier cette vieille clinique délaissée, d’hantée. Un cadre parfait pour déclencher quelques frissons aux intrus.

Et l’ambiance horrifique est loin de s’arrêter à l’apparence délabrée de la bâtisse. Dans une chaise roulante rutilante, un corps est amené. Le quadragénaire s’adosse nonchalamment à la porte, totalement indifférent comme tous ceux présents à l’effet que l’endroit devrait susciter. « J’ai plus rien en stock. Vous avez de quoi me recharger ? Les gars en bas peuvent rien pour moi, apparemment. » L’un des hommes redresse le menton, l’autre hausse des épaules. Le troisième se penche vers un sac mais avant qu’il ait pu en extirper l’hémoglobine convoitée, l’escroc jette un regard distrait à leur nouveau martyre. Ses traits s’affaissent immédiatement. « Ça va pas être possible, les mecs. » articule-t-il ensuite d’une voix emprunte de bien peu de neutralité. « Te mêle pas de ce qui ne te regarde pas, Madsen. » D’ordinaire, il ne défie personne. Pas assez fou pour se faire éjecter de ce qui représente sa meilleure option pour gratter de l’argent facilement. Fait d’autant plus avéré depuis l'introduction du trafic de sang. « Ecoutez, vous allez rien en tirer de bon. Vous pouvez me faire confiance. » Cette phrase, il l’a prononcée un millier de fois pour obtenir une foi qu’il ne méritait pas. Et ceux-là connaissent très bien sa réputation pour en déduire le mensonge évident. Ses comparses se détournent de lui, reposent leurs paluches sur la silhouette échouée. Il leur faut un marché, un truc équitable qui ne nécessite pas d'explications. « Je peux vous trouver quelqu’un d’autre. Laissez-moi… Cinq… Non, deux minutes et je reviens avec quelqu’un de plus sain. Putain, je vous assure, vous allez pas apprécier ce que vous verrez. » De ça, il en est au moins convaincu et sans leur laisser le temps d’argumenter, il dévale les escaliers et se rue dans la première allée à proximité.

Le palpitant qui jusqu’alors se contentait de battre de temps en temps, comme lassé d’œuvrer pour sa survie, se met à bondir dans sa poitrine, se manifeste jusque dans ses tempes. Chaque pulsation s’apparente à une seconde perdue. Il se jette sur la première carcasse qu’il déniche, pas bien costaud, pas bien alerte. S’assurant de l’isoler avant de lui nuire, il n’opte pas pour la finesse. Il lui dérobe une partie de son énergie afin de l’affaiblir avant de l’assommer, fracassant son crâne contre la brique la plus proche. L’inanimé est transporté sur son épaule. L’asphalte râpe ses semelles, le souffle lui manque mais à aucun moment, il ne s’octroie  un arrêt. Il atteint, en sueur, le palier et y découvre une partie de l’équipe désorientée. La colère incendie les iris de l’arnaqueur. Il balance sa victime dans la pièce sans s’encombrer d’humanité, tentant même de viser le dernier et seul chirurgien restant du corps désarticulé. Heureusement pour lui, l'homme tombe maladroitement à plusieurs pas de lui, cognant le carrelage avec force.

Excédé, l'infecté admire le carnage durant une longue et interminable minute, annotant mentalement chaque meurtrissure, les comptant instinctivement. Perdre le contrôle serait aisé, attraper la gorge du seul témoin et l’observer suffoquer. Mais la vérité, c’est qu’ils ne font que leur boulot. Et qu’il s’en fiche bien que les anonymes soient dépouillés de leurs organes. Le bien et le mal, autant de concepts qui lui sont étrangers. Du moins, possède-t-il sa propre morale. Voir Moriah allongée là, mutilée en de larges endroits, fait partie intégrante de ce qu’il n’accepte pas. Et il en est le premier surpris. « Je vous l’avais dit. » La nécrose de la chair, la peau en lambeaux noircie, jusqu'au sein maltraité. La maitrise qu’il doit exercer sur sa seule personne mobilise chacune de ses facultés et ne lui permet pas de s’exprimer avec toute l’impartialité que la situation exigerait. Elle respire cependant. Le seul élément qui retient l’exécution d'un geste fâcheux. « C’était pas la peine de jouer avec, c’est pas un morceau de steak. » Sa hargne s’amplifie quand il réalise ultimement qu’elle n’est plus vraiment inconsciente. Même pas fichu de doser correctement la médication. Il pousse une succession d’injures en danois, les traite de tous les noms sans qu’aucun ne puisse s'en offenser, bénis par leur ignorance. Mais la dureté de sa langue natale congédie officiellement l’illusion d’un désintérêt même partiel.

Écœuré, il finit par pencher sur une vieille couverture reniée pour la ramasser. Sa prochaine action vise à relever le dos de la damnée pour la lui passer autour des épaules. Le plaid imbibé de la crasse environnante ne sert qu’un but, celui de camoufler les plaies. Il ne le fait pas tant pour elle que pour lui. Observer les lésions ne lui retourne peut-être pas l’estomac mais suffit à le projeter dans une instabilité qu'il ne peut se permettre. Il a besoin de toutes ses méninges pour la sortir de ce merdier. « T'es réveillée ? Moriah ? Dis un truc, bordel. » L’envie de la secouer est chassée par une toute autre idée. Avant qu’elle puisse affirmer ou infirmer l’hypothèse qui éclot, il tend la main vers le petit malin qui s’est tant amusé à la charcuter. A sa demande, il reçoit le fluide recherché et le mouvement suivant lui fait injecter le sang à l’américaine, directement dans le bras avec brutalité. Il se moque bien de l’hématome causé mais espère ne pas se tromper en l’affublant d’un don de guérison potentiellement bloqué. Après tout, les anomalies ont tendance à posséder cette particularité. Pourquoi pas la possédée ? Il la recouche ensuite, en veillant à disposer les pans de l’édredon poisseux sur sa poitrine lacérée.  Les prunelles effleurent le visage et le cou également marqués, son poing serré rejoint la table métallique à proximité. S’abattant avec une telle violence que le matériel utilisé voltige à travers la salle, alerte le duo de fuyards. Ils reviennent pour observer les événements. A leurs pieds, l’inconnu qu’il a kidnappé, git encore. Mais personne ne semble réellement s’en soucier.

_________________
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Bloody Night ♦ Oswald

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