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 « friction » ☇ pv. leslie

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MessageSujet: « friction » ☇ pv. leslie   Mar 6 Juin 2017 - 16:05



leslie & lisbeth
Get down with the victim. We both know you need them. You're stuck in the middle. Of all irrelevance. And your heart is beating. Cause you know that you gotta. Get out of the middle. And rise to the top now. When you've made it. Won't ya tell me what to do. Cause I'm playin' it all wrong. When you made it, when you made it. Won't ya tell me what to do. Cause I'm playin it all wrong. You can't fight the friction. So ease it off. Can't take the pressure. So ease it off. Don't tell me to be strong. Ease it off. You can't fight the friction. So ease it off. And get into the system. We both know you need one. The tip of the needle. Is taking over you. And your heart is beating. Cause you know that you gotta. Get out of the middle. And rise to the top now. When you've made it. Won't ya tell me what to do. Cause I'm playin' it all wrong. When you made it, when you made it. Won't ya tell me what to do. Cause I'm playin it all wrong. You can't fight the friction. So ease it off. Can't take the pressure. So ease it off. Don't tell me to be strong. Ease it off. You can't fight the friction. So ease it off.
« friction »


Colère permanente qui ne la quitte pas depuis des jours. Sentiment qui ne faiblit pas malgré le temps qui passe et piétine ses nerfs, malgré les heures qui devraient l’adoucir. La calmer. Rien n’y fait. L’allemande se mure dans un carcan de fureur et d’impatience dont le déchaînement menace à chaque étincelle. Elle bouillonne d’exaspération, à l’intérieur. Courroux suscité par son dernier échange plus que houleux avec sa progéniture. Enfant qu’elle reconnaît à peine. Qu’elle ne connaît pas du tout. Scène encore douloureuse pour la génitrice qui ne sait s’exprimer que par les ordres donnés. Qu’à travers le rôle qu’on lui a confié. Elle se trouve des prétextes, des excuses invalides pour adresser la parole à sa fille qui ne veut pas l’entendre. Ne reçoit que l’indignation en retour, comme le reflet de sa propre violence passée. Écho du comportement de la sorcière envers la gamine, hargne incessante. Indifférence non dissimulée. Des fossés aujourd’hui bien trop creusés pour les combler. Aussi fières l’une que l’autre, ne reste désormais que la condescendance pour se toucher. L’insolence pour se faire mal. Le mépris pour s’atteindre. Bêtise ou maladresse, la blonde ne parvient pas à décider. Incapable d’agir autrement, interrompue dans ses maigres tentatives restées vaines. Ne reste que la colère, persistante et durable. Depuis des jours qu’elle rumine, à serrer les poings, bien cachée dans sa caravane de fortune. Refusant de laisser voir à ces autres qu’elle pourrait flancher. Ne s’abandonne à son aigreur qu’une fois seule et isolée. Crises passagères qu’elle doit refouler une fois sortie de son espace personnel. Une fois au coeur de cette Communauté pour laquelle elle doit faire bonne figure. Et rependre en mains son statut. Elle enfile alors son armure de glace, ravale le venin qui lui brûle les cordes vocales. Pour un temps seulement.

Ce matin là ne fait pas exception. La sorcière s’efforce d’afficher son air habituel. Faire abstraction de tout le reste. Rester concentrée sur ce qu’elle a à faire et ne pas penser à tous les parasites annexes. Tout ce qui pourrait la détourner de sa mission première. De ses objectifs. Attention portée sur chaque petit détail qui attire son regard froid, l’allemande prospecte sur le campement. Analyse les tâches des uns et des autres. Vérifie que chacun effectue ce qui lui a été demandé. C’est là le secret de la cohésion de leur clan. Et la blonde y veille avec grande préoccupation. Bras-droit désignée, elle prend très à cœur sa fonction. Office qu’elle se voit dans l’obligation de partager, ce qu’elle a eu bien du mal à accepter et une contrainte avec laquelle elle a encore du mal à jongler. Peu encline à déléguer et encore moins à morceler l’autorité qu’on lui a confiée. Surtout quand son supposé binôme s’évertue à prendre des décisions seul, sans la consulter. Sans même lui en parler. Aujourd’hui sera au moins l’occasion de lui offrir un nouvel exemple de cette défiance constante. Prunelles émeraude qui percutent la silhouette d’un homme et analysent ses contours. Front plissé quand les yeux sévères se posent sur l’arme qu’elle distingue à la ceinture de celui qui n’est pas supposé en posséder une. Colère intérieur qui gronde de nouveau. Elle roule des yeux et comprend immédiatement. Elle ne fonce pas immédiatement voir le responsable de cette erreur. Préfère s’assurer qu’elle a raison avant de potentiellement se tourner en ridicule face à son allié et premier rival. La sorcière fait le tour du camp, ne dit rien de son énervement cependant. Constate à regret que d’autres son armés alors qu’ils n’ont aucune raison de l’être. Elle bouillonne, peste intérieurement. Il n’a même pas daigné la prévenir.

Lisbeth n’attend pas plus longtemps avant de provoquer une petite discussion avec son alter-ego. Les pas se pressent en direction de la caravane qu’il habite, elle sourit à quelques uns sur le chemin mais ne parvient pas à effacer son air contrarié. Les traits de la blonde sont tirés pas l’agacement. À croire qu’ils se sont tous passé le mot pour la foutre en rogne. Elle soupire à de nombreuses reprises avant d’atteindre la modeste roulotte, des bruits légers lui indiquent que Leslie se trouve à l’intérieur. Parfait, ça lui évitera au moins de lui courir après toute la journée. Bien trop énervée pour les formalités, elle entre sans frapper et claque la porte sur son passage. Exalte de laisser éclater l’énervement qu’elle refoulait jusque là. « - Je ne sais pas encore si c’est de la connerie ou un simple défi puéril de ta part mais tu ne peux pas décider d’armer toute la Communauté sans m’en parler » Le ton est brutal, la voix est claire, posée. Le regard assassin qu’elle lui lance en dit long mais c’est un air blasé qu’elle affiche. Elle exagère volontairement ses dires pour les rendre plus percutants. Inutilement, peut-être, mais peu importe. « - Il faut que tu arrêtes ça. Oublie les initiatives personnelles » Un conseil, pas encore une menace. La sorcière se retient de lui balancer tout ce qu’elle pense à la figure. Se refuse à lui donner cette satisfaction là. Pas maintenant. Pas tout de suite. Curieuse de voir et d’entendre comment - et si - le rouquin va justifier sa prise de décision trop rapide et trop bête. Trop criarde pour qu'elle ne s'en indigne pas.


Dernière édition par Lisbeth Amberly le Jeu 21 Sep 2017 - 15:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « friction » ☇ pv. leslie   Ven 9 Juin 2017 - 20:55


Privilège du roux que de souffrir du  moindre contact avec l’extérieur. Cette brûlure qui s’acharne à rougir la peau, démultiplie la rousseur en une myriade d’explosions envahissantes. Levé aux aurores pour honorer les promesses faites la veille. Bouffé par le soleil matinal et déjà de plomb, la réflexion ardente sur la surface de l’eau, même vaseuse. Mississipi ou Lac Salvador, des étendues de flotte dépourvues de ces embruns salins qui ont bercé les premières années de ma vie. Posé sur le pont d’un navire quand il était encore impossible de dépasser le bastingage pour admirer le décor. La curiosité du môme qui le pousse à en vouloir plus, toujours. A multiplier les dérives, se faire l’ami des mouettes et l’admirateur des tempêtes. Les instants d’allégresse passés en compagnie du père, ces heures qui ne se comptaient plus, sur les flots ou au port. Ecailles sous les doigts ou le rêche des cordages lorsqu’il était question de réparer les filets. L’adresse dans les gestes si souvent répétés, volés de ces moments de communion entre le rejeton et son géniteur. Avant qu’il ne troque les sourires fragiles contre la caresse de ses poings pour mater l’insolence. Ancré dans les gênes, les rudiments du moussaillon et l’art de la pêche. Métier d’une seule vie, appris sur les rivages d’une île irlandaise, magnifié sur les berges d’un fleuve de l’autre côté du monde pour gagner sa vie. La mienne. Celle de ma gamine.

Ca reste, qu’importe le temps qui passe, ces automatismes emprisonnés dans les mouvements et les pensées. Et ça s’insurge lorsque les erreurs se pointent sous les yeux. Celles de ces bonhommes qui s’improvisent pêcheurs au sein du groupe. Bras-droit qui patauge allègrement dans la vase, trempe ses fringues et se brûle la peau pour parfaire les techniques malhabiles. Je me suis bousillé les doigts contre la corde, le frisson des temps anciens au contact rêche contre la pulpe des phalanges qui ont retrouvées en une piteuse seconde les mécanismes d’un autre temps. Délaisser la distance froide et les œillades assassines à l’intérieur du camp et ne plus être affublé de son statut de second. Les discussions résonnent encore dans les oreilles, font vrombir les tempes de leurs échos lorsque je rejoins ma caravane. Des relents d’extérieur arrimés à la flotte qui alourdie les vêtements, et le besoin d’en changer. Laisser les fripes humides en tas dans un coin, les remplacer par plus sec et se foutre gentiment des rougeurs apparues sur les bras. Regard tombant alors sur le chat affalé de tout son long sur le lit, sous la vitre laissée ouverte à profiter d’un souffle d’air caressant ses poils. C’est un charmant tableau qui se dresse sous les yeux, la créature dans toute sa mignonnerie. L’instant de flottement dans les gestes avant de se rapprocher du lit pour le déloger dans les règles. Adopté par un félin délaissé, je me retrouve à me le coltiner comme s’il m’appartenait vraiment. A l’affubler d’un nom différent à chaque nouvelle journée, faute de pouvoir vraiment s'y attacher. Alors que la main s’apprête à l’attraper c’est vers l’oreiller qu’elle se tourne en dernier recours. Les sens du monstres en alerte, la menace d’une présence en approche et les doigts qui se referment contre la dague dissimulée sous le traversin.

Paranoïa latente faussant le jugement, la mâchoire qui se crispe sous la force de la panique explosant dans le ventre. L’instant d’hésitation avant de réaliser, retrouver le contrôle des sens et remettre les choses en ordre pour mieux lâcher l’arme et se redresser lorsque la voix éclate dans l’habitacle. Charmante Lisbeth et sa délicate familiarité. Ta fille se donne au moins la peine de frapper. « - Je ne me souviens pas t’avoir invité à entrer… Ni t’avoir entendu frapper. » Minauderie puérile qui s’accompagne d’une œillade sombre en riposte à celle qu’elle me lance. Faire planer le silence et distiller de l’attente avant de répondre. J’ai l’esquisse d’un sourire moqueur sur les lèvres, du carnage qui s’y accroche. « - Il n’est plus question de concertations qui s’éternisent lorsque la sécurité du camp est menacée. S’ils commencent à s’aventurer aussi loin, ils finiront par nous trouver, pour de bon. Imaginons un instant que la situation se présente, et que, disons, une bonne partie des trappeurs se trouve en raid… Contre des hommes armés et entraînés pour assassiner sans réfléchir, combien de temps donnes-tu à ceux qui restent, désarmés ? » Calme impérieux dans la voix, de l’assurance sur la langue, et les pupilles qui accablent celles de l’intruse. « - Imaginons que sans mon initiative personnelle, nous soyons amenés à perdre à nouveau un nombre conséquent des nôtres… Je pense que tu as déjà compris la gravité de la situation. » Un raid qui se solde par une rencontre avec la civilisation. Les prémices d’une habitude qui n’en deviendra que plus grande, l’avancée toujours plus étendue, plus loin en direction de notre camp. Empêcher un éventuel massacre si un jour une telle chose devait arriver. Décision peut-être impulsive, futile face à la menace, mais prise pour éviter le pire.

« - Maria a été prévenue de mon intention. Dès le retour de ceux partit en raid et leur fâcheux compte-rendu. Il n’était pas question d’armer toute la communauté, uniquement ceux capables de tenir une arme sans prendre le risque de se tirer une balle dans le pied. » A la trouver ici, il semblerait que le tri n’est pas été fait comme il aurait dû. Erreur de débutant, laisser les autres faire et leur accorder un semblant de confiance. Prendre les décisions seul, mauvais réflexe de toute une vie. Ancré dans les habitudes et difficile à déloger, je courbe l'échine devant Maria, m’y efforce du moins. Face à Lisbeth, la volonté ne parvient pas à se faire docile tant la lutte pour se faire entendre est éreintante. « - Ce n’est pas ma décision qui te dérange, mais de ne pas avoir eu ton mot à dire. De ne pas être à l’origine de l’idée et de sa mise en œuvre… Puéril effectivement. » Lui offrir l’esquisse d’un sourire et du miel dans la réplique. Cinglante et corrosive. Se jouer de sa patience et de ses nerfs, comme elle peut se jouer des miens.

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MessageSujet: Re: « friction » ☇ pv. leslie   Sam 17 Juin 2017 - 23:20




Disgrâce que d’être contrainte de se résoudre à pénétrer l’intimité pour régler ses comptes. Rien qui n’arrange à sa propre paranoïa. Conséquence inévitable d’une perpétuelle provocation à son égard. Celle qu’elle perçoit dans les visages de ses rivaux, similaire à celle qu’elle devine dans les yeux clairs de son alter-ego. Censés s’épauler, pourtant si peu enclins à travailler ensemble. Elle le blâme pour quelque chose qu’elle aurait très bien pu faire. Ne peut cependant pas laisser passer l’affront sans rien dire. Sans réagir. Même si cela veut dire perdre son temps, taper contre un mur bien trop solide et hurler au milieu d’une pièce capitonnée. Même si cela ne sert à rien. Elle ne peut accepter qu’on piétine l’autorité qu’on lui a confiée sans esquisser la moindre réaction. Un comportement dommageable qui la pousse à provoquer la confrontation. Elle s’en passerait bien pourtant. Une énième discorde qui n’arrange pas l’état de ses nerfs déjà bien trop mis à mal. Piégée, comme prisonnière des responsabilités qu’on lui a données sans vraiment la concerter, elle se retrouve pourtant confrontée à ces autres qui ne veulent pas la voir agir. Aritza, d’abord. Lui, ensuite. Elle en vient à douter de tout le monde. Ascension fulgurante que celle qu’elle a connue en devenant bras-droit. Montée en grade qui peut très vite tourner au fiasco et provoquer sa descente aux Enfers. Encore. Elle le sait. Elle ne le sait que trop bien, pour avoir en partie instigué la destitution de ses prédécesseurs.

La sorcière ne daigne pas réagir à la pique lancée par Leslie. Ils n’en sont plus là. Ils ont dépassé les politesses et sa remarque la laisse de marbre. Il aurait pu ne rien dire que ça aurait eu le même effet sur l’allemande qui reste campée sur ses deux jambes, imperturbable en apparence. Bouillonnant de colère en réalité. Elle se mure dans le silence pour ne pas laisser éclater sa hargne immédiatement. Lui laisser une chance de justifier son geste, d’argumenter sa prise de décision trop rapide. Bien qu’elle jugera certainement cette explication irrecevable quoi qu’il en soit. Elle est prête à écouter. Si tant est qu’il ai quelque chose d’intelligent à dire. Mais le discours qu’il lui livre est bien loin de convaincre la blonde. Un écran de fumée qu’il lui balance en plein visage. Visiblement, le rouquin s’était préparé à avoir cette conversation à en juger par le calme qu’il affiche. Elle en conclu qu’il s’est bien douté qu’il faisait une erreur. Qu’il la faite quand même, sans prendre en compte les éventuelles divergences d’opinion qu’elle pourrait avoir. Comme cela arrive souvent entre eux et leurs caractères opposés. Son regard se glace de plus en plus quand il est traversé par les prunelles accusatrices de son vis-à-vis.

« - Épargne-moi tes beaux discours mielleux, je te prie. La gravité de la situation ne date pas d’aujourd’hui, tu le sais très bien. Cette décision aurait pu attendre une heure de plus que nous en parlions ensemble, ne joue pas la carte de la survie du groupe avec moi quand elle est complètement injouable » Timbre polaire que le teint pâle imite. Immobile, elle ne bronche pas, la sorcière. Imperturbable malgré le chahut. Malgré les provocations. Malgré la marée que se fait de plus en plus houleuse. Comme l’ambiance qui se tend, électrique. Atmosphère pesante, palpable. Le regard se baisse un instant sur le chat qui attire les iris glacées. Le félin qui s’est imposé de lui-même, comme elle à cet instant. Rictus quand le nom de Maria est évoqué. Les yeux se replongent immédiatement dans ceux de Leslie, dans une expression de réflexion feinte. Mimée pour l’occasion. Sourcils froncés, front plissé. La sorcière croise les bras un peu plus fort. « - Donc tu as pris le temps de mettre Maria dans la confidence mais tu n’as pas jugé bon de m’en parler par la même occasion. Quel manque cruel de volonté » Un air faussement déçu gagne le visage éreinté de la sorcière. Fatiguée de devoir se battre constamment contre lui. De devoir systématiquement avoir recours à la force et aux menaces pour passer au travers de chaque nouvelle journée. « - Tu aurais au moins pu prendre la peine de vérifier que le travail soit bien fait. Ce qui n’a pas été le cas, tu t’en doute. Et c’est la raison de ma présence » Sévérité retrouvée tant dans la voix que dans le regard. Patience mise à rude épreuve et défi corrosif. La blonde maintient ses positions.

« - Ce qui me dérange en effet, c’est que tu te donnes le droit de prendre des décisions bien trop importantes dans ton coin en te justifiant avec de fausses excuses. Ça, ça me dérange. Ce n’est pas une compétition, Leslie. Tu sembles l’oublier. Je me fiche bien d’être à l’origine d’une quelconque idée si sa mise en œuvre peut être bénéfique à cette communauté » La voix est clair quand elle se redresse et déroule son discours. Elle ne ment même pas, la sorcière. Ne pourrait être plus honnête avec son acolyte. Décidé à faire passer le message quoi qu’il en coûte, l’allemande esquisse quelques pas vers l’avant. S’approche du roux, discerne désormais la pluie incandescente qui parsème le haut de ses joues avec plus de netteté. La chaleur qu’il dégage pourrait la calmer, lui procurer un tant soit peu de réconfort. Il n’en est rien cependant. Il y a bien longtemps déjà qu’elle a gelé dans l’indifférence. S’y confond avec aisance sans éprouver le désir de s’en sortir. Encore moins maintenant. « - On est une équipe » Souffle léger qui l’a ferait presque rire. Le mot lui brûle la trachée. Elle n’y croit pas elle-même mais veut pourtant le convaincre. « - Essaie d’agir comme si tu prenais cette donnée en considération » Quelques pas de plus vers l’avant. Recommandation formulée au travers de ce ton autoritaire qu’elle affectionne tout particulièrement, relevé d’une pointe de légèreté faisant écho au sourire qu’il esquisse et qu’elle abhorre. Elle s’engouffre de le petit jeu qu’ils perpétuent à s’en bouffer les nerfs. Duel acerbe qui se prolonge dangereusement.
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MessageSujet: Re: « friction » ☇ pv. leslie   Ven 23 Juin 2017 - 19:58


La reine des neiges, impassible et droite de fierté au milieu de l’habitacle de la caravane. Ce ne sera qu’une dispute supplémentaire à apposer sur le tas de toutes celles qui ont déjà éclatées entre nous. Celles qui éclateront  encore. Trop semblables pour s’entendre, trop différents pour seulement se comprendre. Sa seule présence m’insupporte. Ego fracassé dès le départ, misogynie de bas étage ayant toujours été absente de mon organisme, prompt à faire corps avec l’opposé sans sourciller. Lisbeth est un douloureux obstacle impossible à franchir. L’odieuse qui se dresse face à la bonne volonté, pour mieux la fracasser au moindre geste. Comprendre, le plus rapidement possible que, face à cette femme, la lutte sera infinie. Ecrasé par l’aura d’une force harassante, se faire violence pour rester le plus courtois possible, quand dans les veines hurle pourtant l’envie de la remettre à sa place. Monstre d’autorité, j’ai toujours eu horreur de ces attitudes pédantes, l’ignorance qui se pare d’un cynisme criard. Tout ce qu’elle est depuis sa montée en grade, et la mienne. Se parer de silence et laisser glisser les paroles contre les épaules. Droiture à toute épreuve face son avancée, de la glace dans les pupilles et sur les traits. Ne pas lui offrir la satisfaction de m’enliser dans les affres de cette colère sourde qui gronde sous la peau. Patience mise à rude épreuve menaçant de se briser à chaque nouvelle altercation.

Rester de marbre malgré la difficulté de l’exercice jusqu’à ce que les derniers mots viennent briser le silence. Le sourcil qui se hausse sous le coup de la surprise, je la détaille comme si je venais d’imaginer ses dernières paroles. L’esquisse d’un rire affreusement moqueur qui s’arrache de la trachée, le cynisme collé à la gueule comme si le restant de l’attitude ne le lui renvoyait pas assez bien. « - Une équipe ? Tu ne me prends pas déjà suffisamment pour un con, il faut en plus que tu me serves de beaux discours sur l’importance de notre belle entente. » Crache l’injure dans un rictus amer. Insolence absolue, l’odieuse menteuse qui ne manque pas d’audace, je peux au moins lui accorder ça. Manipulatrice délicieuse qui parviendrait à faire chavirer tout le Gouvernement de l’autre côté des murs pourvu qu’elle en ait la chance. S’entraîner d’abord avec les membres de la communauté, les faire tomber à ses genoux un par un pour s’assurer l’entier contrôle du groupe. Admirable entreprise qui suscite un relent d’admiration et une indéniable exaspération. « - J’étais présent, avec Maria, au retour du raid. Evidemment que je lui ai fait part de mon intention immédiatement. Si tu avais été là, au lieu de te pavaner dans tout le campement comme tu sais si bien le faire, tu aurais eu ton mot à dire. » Ronronne l’injure sur la langue, le sourire de circonstance gravé sur les lèvres. Il est certain que j’ai commis une erreur en prenant la décision d’armer la Communauté. Rien qu’une partie, j’aurais dû savoir que ce ne serait pas fait correctement. Je sais maintenant qu’il faudra que je répare cette bévue ridicule, sans pour autant revenir sur ma prise de position. Qu’elle aille se plaindre auprès de Maria, je me ferais un plaisir d’assister à la discussion en spectateur silencieux. A l’image du félin, extirpé de sa sieste tranquille et à présent installé sur la petite table de l’habitacle. Foutue créature figée dans la contemplation fixe de Lisbeth. Attitude ô combien irritante, j’ai dans l’instant, un vent de fierté mal placée qui souffle dans ma poitrine envers la boule de poils.

Sortir enfin de l’immobilisme et esquisser un unique pas vers elle. Réduire à rien la distance entre nous, si proche qu’il en devient aisé de sentir la colère rugir sous sa peau d’albâtre. Dominer l’insolente et graver l’empreinte de mes pupilles dans les siennes. « - Je m’octroie ce droit parce que tu en fais autant. Tu refuses de prendre en considération mes conseils pour le bien de cette communauté ? Je me permets donc de juger qu’il n’est pas utile de te tenir au courant de toutes les décisions que j’ai l’intention de prendre. » J’ai pendant un court instant l’impression de me tenir devant Saskia. La gamine impétueuse qui provoque en se foutant des directives qui lui sont données. La fille qui ploie malgré tout l’échine lorsque la mère s’enlise dans sa ténacité bornée. « - Au lieu de vouloir te faire passer pour la seule à posséder un semblant d’importance ici,  à balancer tes ordres à la gueule des autres  sans prendre la peine  de les écouter, prend le temps de réfléchir aux conséquences de ton attitude. » Menace sous-jacente, dissimulée sous une fausse chaleur raclant la langue. Tension dans les nerfs, et le sang crade qui s’affole dans les veines. L’honnêteté d’une réplique prenant modèle sur les siennes malgré le fiel qui s’y dissimule. L’agacement évident, difficile à contenir. Impossible qu’elle soit ignorante de la frustration dans laquelle elle me plonge avec ses éternels reproches. Son attitude puérile et insolente qui n’apportera rien de bon. Malgré l’efficacité de la cohabitation, je redoute le jour où la patience ne sera plus de mise. Pris au piège dans les ardeurs d’une colère sourde, cette violence qui se destine aux autres et qui finira par se retourner contre elle le jour où supporter deviendra impossible.

« - Tu m’as fait bien fait comprendre, dès le départ, que c’était une compétition entre nous, Lisbeth. Ne viens pas jouer le rôle de la laissée pour compte devant moi lorsque les choses échappent à ton contrôle. » Du défi noir dans la pupille qui racle les siennes. Ecrase l’insolence d’un regard sombre et froid. Le cœur battant contre les tempes à rendre sourd, l’envie folle de la mettre dehors dans les règles. Retenue par un semblant de pudeur, tous ces regards qui assisteraient à la scène incongrue et commenceraient alors à comprendre qu’il y a une brèche entre nous.

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MessageSujet: Re: « friction » ☇ pv. leslie   Sam 22 Juil 2017 - 13:52




La caravane de fortune comme une prison pour sa colère. La frustration qu’elle renferme inlassablement jusqu’à s’en bouffer les sangs. Les nerfs, le coeur. Jusqu’à ne plus rien sentir tant la privation est douloureuse. Le pouvoir offert et aussitôt repris. Divisé. Décision qu’elle ne comprend toujours pas, surtout quand il s’agit de Lui. Pourquoi l’avoir choisi Lui pour la compléter Elle. Ou peut-être était-ce l’inverse que la communauté espérait en les désignant tous les deux. Peu importe. Elle doit faire avec. Sans broncher. Sans al ramener. Faire bonne figure. Quoi qu’il arrive. Et pour ça, elle se tait. Se refuse de montrer sa plus grande faiblesse aux yeux de tous. De révéler les maux internes qui la torturent au grand jour. Des mensonges. Toujours des mensonges. Tous les jours, tout le temps. Un sacrifice nécessaire pour le bien commun. C’est ce qu’elle se répète sans cesse pour mieux s’en convaincre. Bien qu’elle n’y croit pas une seconde. Elle se moque volontairement de lui, le provoque sans gêne en déblatérant des insanités qui n’ont aucun sens pour mettre ses nerfs à l’épreuve. Alors que les siens ont déjà trop souffert. Combat qui n’a pas de fin. Débat qui n’a pas de conclusion. Elle s’épuise à essayer sans vraiment chercher à faire des compromis pour que leur pseudo entente finisse par fonctionner réellement. Un accord bercé de faux-semblants qui n’a pas d’avenir dans leur univers. Un consortium mal venu qu’elle n’est pas prête de digérer. Malgré toutes ses tentatives pour lui faire avaler. Patience mise à rude épreuve. Elle ne la perd pas, cependant. Pas encore. Bien qu’il fasse preuve d’efforts extraordinaires pour la faire réagir.

« - Je vois que tu ne crois pas plus que moi à notre alliance imposée. Ça nous fait au moins une chose en commun » Rictus provocateur. Presque séducteur, qui pointe le long de ses joues pâles alors qu’elle resserre l’étreinte de ses bras autour de son abdomen. Peu encline à l’ouverture. « - Il va pourtant falloir faire avec » Le ton de l’allemande est résigné. Ça ne lui plaît pas plus qu’à lui de toute évidence. Ils vont devoir se faire violence comme jamais pour accorder leurs violons. Elle, surtout. La sorcière manipulatrice qui se démène pour obtenir ce qu’elle veut, quand elle le veut. Masque impénétrable qu’elle est désormais bien incapable de faire tomber, à force de trop l’avoir exploité. Porté, jusqu’à oublier son existence et penser qu’il représente ce qu’elle est vraiment. Alors qu’il ne personnifie que ce qu’elle est devenue, après un siècle de souffrances perpétuelles. Géhenne incessante qui la métamorphosée, changé jusqu’à son essence, son aura. Jusqu’à ce qu’elle ne se reconnaisse plus vraiment mais laisse derrière elle toutes les traces de la demoiselle rebelle et singulière qu’elle a pu être. Cette jeune fille n’est plus. Elle a disparu depuis bien longtemps déjà. Ne reste que la sorcière, incroyablement froide. Acceptée pour ce qu’elle est, et pourtant redoutée. « - J’étais présente également. Tu m’as délibérément évincée de la discussion que tu as eue avec Maria, ne prétend pas le contraire. Mais peu importe. Aie au moins la décence d’admettre que tu as fait une erreur » Timbre grave, les sons roulent sur sa langue quand elle claque contre son palais. Lisbeth sait pertinemment qu’elle aurait obtenu la même réponse si elle lui avait demandé de se jeter d’un pont. Mais cela n’a que très peu d’importance, au final. Elle se fiche du résultat. Ce qui lui tient à cœur, c’est d’appuyer là où ça fait mal. Le piquer dans sa fierté dévorante et mettre à mal sa capacité de décision déviante.

Immobilisme prolongé quand il esquisse un pas vers elle. Distance qui s’amenuise encore un peu plus entre leurs deux organismes baignés de colère. Visage impassible, la blonde se refuse le moindre mouvement. Plonge son regard de glace dans celui du rouquin. Réflexion qu’elle pourrait juger plutôt juste, sans jamais le dire. « - Je suis véritablement conquise par l’investissement dont tu fais preuve pour le bien de la Communauté, comme tu le dis si bien » Ironie sous-jacente à peine dissimulée derrière un sourire invisible. Lui aussi se fout de sa gueule ouvertement, maintenant. Aussi bornés l’un que l’autre. Ils ne parviendront jamais à s’accorder. « - Mon attitude dépend de ceux qui se trouvent en face de moi. Si elle ne te plaît pas, c’est toi que tu devrais remettre en question » Murmure qu’elle articule tout près de son oreille, dans un souffle choisi et percutant. Tension palpable, elle peut sentir l’agacement rogner chacune des parcelles de son corps sali. Reproches déguisés juste pour la forme. Elle sait très bien qu’il capte chacune de ses piques et les reçoit comme autant de provocations. Elle ne se voit pourtant pas agir autrement en sa présence. Il lui impose ce comportement sans même s’en rendre compte. Ils s’en sortent comme ça pour l’instant mais l’allemande ne peut s’empêcher d’anticiper le moment où leur frustration respective explosera. Engendrant des dégâts inévitables pour toute leur Communauté. Ou pire encore.

Ultime réflexion à peine entendue. Les regards s’entrechoquent et se blessent. Les iris s’accrochent l’une à l’autre dans un air de défi qu’ils partagent. Laissée pour compte. Quelle mauvaise blague croit-il lui jouer à présent. « - Ne me fais pas croire que tu as accueilli notre nomination commune avec bonheur. Si tu avais pu devenir le seul bras-droit de cette Communauté, tu l’aurais fait. Tout comme moi » Le visage se ferme pour mieux transmettre l’honnêteté des propos. Trêve de mensonges, ça ne marche pas entre eux quoi qu’il en soit. « - En attendant, des jeunes incapables de tenir une arme - et encore moins de s’en servir correctement - se promènent avec nos flingues parce que tu n’as pas supervisé l’opération que tu as décidé d’organiser. Tu sais ce qu’il te reste à faire » Recommandation muée par la frustration et la colère inconsciente. Elle insiste sur sa culpabilité dans cette affaire. Regard bercé de noirceur qui transperce celui du roux une dernière fois avant de s’en éloigner. La blonde prend du recul, esquissé quelques pas dans la caravane et prend conscience de l’odeur nauséabonde de transpiration qui y règne. « - Tant qu’on y est, tu as parlé d’autres choses à Maria ? C’est le moment de partager tes brillantes idées » Elle est certaine que c’est le cas. Surtout ces derniers temps. L’occasion est offerte sur un plateau et elle espère qu’il s’en saisira sans réfléchir. Il est nécessaire qu’ils aient une discussion sérieuse à propos de tout autre chose quoi qu’il en soit. Mieux vaut maintenant, même s’il est encore tôt, que trop tard.
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MessageSujet: Re: « friction » ☇ pv. leslie   Ven 28 Juil 2017 - 20:30


Un sourire noir en réponse au rictus qui s’appose sur les lèvres, unique réponse face à une nouvelle attaque. J’étais loin d’imaginer, que la cohabitation serait aussi ardue lorsque nos deux noms ont émergés du lot pour se voir installés à côté de celui de Maria. J’étais aussi très loin d’imaginer que je me retrouverais à occuper une telle place dans ce groupe. L’humiliation encore ancrée au cœur, le besoin déroutant de se fondre dans la masse et de ne plus être un de ces êtres qui prend des décisions pour le bien des autres. Erreur de parcours, bêtise que de croire qu’il est si facile de renier ce qui nous a forgé pendant des années. Déterminé à faire ce qu’il y a de mieux pour eux, nouvelle communauté aux fausses allures de famille dans un monde en déroute. Ce groupe qui est bien plus soudé malgré les différents horizons et opinions qu’une véritable famille, ou même ce prétendu Gouvernement. Lisbeth fait pourtant partie de ceux qui parviennent sans trop  de difficulté à pourrir ma patience, la faire se nécroser dans ma poitrine et bousiller les nerfs. Serrer les dents jusqu’à les entendre grincer pour ne pas faire de faux-pas. Certain qu’elle s’emploie à me briser dans l’attente du moment où la résistance ne sera plus, et que l’édifice s’écroulera à ses pieds. Reine de glace devant faire face à un obstacle en travers de sa route sans accro. Ce besoin de contrôle ébranler par la présence d’un second dont elle se passerait bien.

Elle fuse pourtant sous la peau, cette irritation sourde qui me prend à la gorge. Lever les yeux au ciel avec agacement et soupirer ce trop-plein de tension qui me pèse dans la poitrine. L’éternel habitude lorsque la discussion me semble inutile, désagréable au possible. « - Bon sang… J’ai fait une erreur, je l’admets et le reconnais. Satisfaite ? » Avouer la faute, la susurrer du bout de la langue. Il a de la moquerie dans l’aveu, et une part de vérité pourtant. Je n’ai jamais eu la prétention de me présenter comme un infaillible. Malgré la mort qui coule dans mes veines, l’ensemble reste humain, voué aux erreurs et à leurs conséquences. Et il faudrait être borné ou aveugle pour ne pas voir que ce qui se passe au-dehors est une erreur. Bévue qui sera corrigée, elle le sait mais se borne à ignorer la possibilité. L’implacable volonté se lit dans ses yeux, son regard qui s’accroche au mieux avec ce défi silencieux qui lui est familier. Cette froideur assassine et ce besoin de voir l’autre baisser le regard. Nouvelle tension dans les nerfs, douloureuse cette fois tant elle est forte. Nouveau soupire, et les doigts qui s’agitent, se replient sur eux-mêmes pour endiguer la cassure. « - Epargne-moi ton ironie, Lisbeth. Elle fonctionne peut-être avec les autres ou avec Saskia, mais avec moi, tu risques de ne pas en apprécier les effets. Bien évidemment,  je suis celui qui a tous les torts. Et toi, tu es le modèle de perfection qui maintient cette communauté unie. » Rictus faussement impressionné sur les lèvres, de l’ironie à s’en noyer le cœur, venimeuse. Le murmure de son souffle contre ma peau, des frissons de répulsions qui ravagent la chair. Des relents de gêne dans la poitrine et un léger pas en arrière qui s’esquisse pour rétablir un semblant de sécurité.

Ses propos me surprennent, et un sourcil se hausse. « - Je n’ai jamais demandé à devenir bras-droit, à m’élever dans une hiérarchie dont j’ignorais tout. » Puisque nous en sommes à jouer la carte de la sincérité. « - Je me contrefous de ne pas être le seul à commander, de devoir partager avec une autre. L’autorité aux mains d’un seul reviendrait à nous rendre aussi minable que ce gouvernement derrière ces foutus murs, c’est ce que tu veux ? Ce qui s’est passé avec Javier ne t’a pas suffi ? » Désigner d’un geste vague de la main l’extérieur de la caravane et le camp qui vie au-dehors. Sous le soleil de plomb, l’ordre établi qui semble pourtant être la meilleure chose pour maintenir l’équilibre et limiter les drames. « - De nous deux, tu es bien la seule à avoir eu ce genre d’envie. A ressentir le besoin d’être la seule à avoir de l’autorité en plus de Maria. C’est quoi, un besoin compulsif d’avoir le contrôle sur tout, tout le temps ? Une pathologie peut-être ? Du féminisme aveugle qui te pousse à dénigrer toute présence masculine ? » Son attitude me dépasse. Je peux comprendre le caractère, la femme forte et indépendante. Si ce n’était que ça, elle recevrait tout mon respect. Certainement pas mon exaspération et mon besoin de m’élever contre son attitude puérile et ridicule. On ne change pas un ennemi en allié à grand renfort de battements de cils et de paroles enjôleuses. Tactique qui a certainement dû porter ses fruits, avec d’autres. « - Et je le ferais, sois en certaine. Puisque c’est mon erreur. » En conclusion à cette discussion stérile, un infime hochement de tête entendant pour appuyer les paroles et leur sincérité qu’elle ne fera que questionner ou ignorer.

Son éloignement est un salut, l’occasion de remplir les poumons d’un oxygène devenu rare au fil de l’échange. Figé dans l’immobilisme, je finis malgré tout à abandonner mon poste, s’approcher de la table et du chat qui y trône. Effleurer du bout des doigts le crâne de la bestiole qui ronronne à s’en péter le coffre. « - Si tu poses la question, c’est que tu sais que c’est le cas, n’est-ce pas ? » Question rhétorique distraite, le regard qui se perd au-dehors. « - Dis-moi pourquoi je te répondrais. Ce qui est dit entre nous, ne regarde que nous. Je suis sûre que tu gardes pour toi des morceaux de vos conversations privées. » Alors que les mots s’élancent, je crois comprendre le but de cet abrupt changement de discussion. Elle se moque de mes discussions avec Maria, une seule l’intéresse. Sourire en coin sur les lèvres, et les doigts qui abandonnent les poils du félin qui reste planté là, à agiter son museau dans le vide en quête de plus d’attention. « - Elle m’a seulement chargé de désigner les participants au dernier raid. Rien de plus. » Le regard qui s’attarde encore un peu sur le décor extérieur avant de venir se reposer sur Lisbeth. Le nom n’a pas été prononcé, mais il est implicite. Dissimulé dans sa question, Saskia qui se glisse entre nous, en nouveau sujet de révolte. La gamine perdue et son besoin de reconnaissance. A-t-elle vraiment remarqué, Lisbeth ? Que sa fille a quitté le camp le temps d’un raid ?

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MessageSujet: Re: « friction » ☇ pv. leslie   Sam 12 Aoû 2017 - 22:16




Conflit permanent dans lequel ils s’enlisent de plus en plus. De pire en pire. Comme s’ils ne pouvaient communiquer autrement. Comme s’ils ne savaient faire que ça. Incapable de cohabiter d’une manière un tant soit peu normale, sans s’écharper et sans se balancer des insanités à la figure. C’est comme ça qu’ils fonctionnent depuis le début, depuis qu’ils ont tous les deux été choisis. L’un comme l’autre, élevés au même titre pour seconder la nouvelle leader. Lisbeth n’a jamais prétendu à une telle position. Ne l’a jamais souhaitée non plus. Se satisfaisant très bien de la place qu’elle occupait par le passé au sein de cette Communauté à laquelle elle doit sa survie. Une communauté qu’elle a essayé de préserver à son niveau, pendant longtemps. Elle a été l’une des premières à tenter de raisonner leurs précédents dirigeants, sa voix portée par la foule pour leur faire changer d’avis, entendre raison. Jusqu’à ce que ce qu’elle redoutait finisse par arriver. Le pire, elle a bien faillit y passer, une fois de plus. Des efforts qui n’auront pas été totalement vains puisqu’ils lui ont valu d’être propulsée au rang de bras-droit à la première occasion. Sans qu’elle n’exprime cette envie, sans qu’elle ne dise quoi que ce soit. Sans le vouloir. Elle s’attire les faveurs de ceux qu’elle cherche à protéger sans relâche et dans la plus grande sincérité, joue de ses atouts pour obtenir ce qu’elle désire et faire marcher droit les gens sur qui elle veille. Sévérité nécessaire et habilement utilisée par la sorcière depuis toujours.

Mais il en est un qui se montre bien plus récalcitrant, tout spécialement depuis qu’il partage son rôle. Leslie est un être profondément borné, au moins autant qu’elle peut l’être. Ce qui rend leur collaboration particulièrement ardue, l’un ne voulant jamais céder du terrain à l’autre. Discussion désagréable qui se prolonge, volontairement, sous l’impulsion de l’allemande qui bouillonne de l’intérieur mais exulte de le savoir aussi irrité. L’erreur finalement admise de vive voix, elle ne cille pas, pourtant. N’esquisse pas l’ombre d’un sourire, se contente de hausser une épaule nonchalamment. Tant d’efforts pour si peu, l’envie de la foutre à la porte sans ménagement doit le ronger. Elle endigue la satisfaction grandissante pour ne pas trop la laisser voir. Elle est bien là, pourtant. Et la blonde sait pertinemment qu’il est conscient de ce qu’il a fait, en bien comme en mal. Elle aussi. « - Je n’ai jamais eu cette prétention, la perfection m’a toujours rebutée, à vrai dire. On a voulu me forcer à l’être, parfaite. Et - crois-le ou non - j’ai longtemps craché au visage de mes précepteurs » Aveu tout droit sorti du passé. Elle délivre un extrait du calvaire qu’elle a vécu pendant de nombreuses années, égrène ce qu’elle ne dit d’ordinaire jamais. Ça la pique de dire ça, de revivre un instant ces moments d’horreur où elle a été stigmatisée, détestée pour le simple fait d’être ce qu’elle est. D’être née comme elle est née.

Les paroles de son alter-ego comme un écho étrange. Ils en sont au même point tous les deux. Semblent penser la même chose sans parvenir à se comprendre et encore moins à s’entendre. Elle a toujours soutenu Maria, la jugeant bien plus saine d’esprit que sa nièce et son mari. Et surtout bien plus apte à diriger leur groupe. Les erreurs qui ont été commises lui restent en travers de la gorge. Elle en garde des séquelles, visibles, des cicatrices à jamais visibles qui ne lui permettront jamais d’oublier. Et lui rappellent de ne pas commettre les mêmes bêtises que ses prédécesseurs. Le simple fait que Leslie évoque cet épisode et sous-entende qu’elle agisse de la même manière la met en rogne. Elle se pince les lèvres pour ne pas hurler sa colère, ravale son amertume et soupire. Brève délivrance.  « - Tu sembles oublier que j’ai subit les conséquences de ses erreurs de plein fouet. J’étais en première ligne et on ne m’a pas demandé mon avis non plus » L’énervement qui pointe indéniablement chez les deux êtres. Nerfs échaudés et bien trop éreintés, usés par le temps et l’âge. Patience qui s’égratigne. Mais le visage qui reste impassible. Il la traite délibérément de folle et c’est une chose qu’elle ne peut pas entendre. Qu’elle ne peut plus admettre. On lui a tellement répété depuis l’enfance, que quelque chose n’allait pas chez elle, qu’elle était née avec une déficience mentale quelconque. Plus tard, on l’a vue comme un démon à enfermer. Une demoiselle à interner. Point de pathologie chez Lisbeth. Que la raison palpable et tangible d’un monde qui part en vrille. « - Détrompe-toi, Leslie. Ce n’est pas de partager qui me pose problème. C’est de partager avec toi » Vérité qui se révèle de plus en plus vraie à mesure que les mots glissent sur la langue. « - Et j’imagine que c’est réciproque puisque tu t’emploies à m’évincer à chaque occasion qui se présente » Elle ne cherche même pas de confirmation ou d’infirmation. Elle s’en fiche et connaît déjà la réponse. Ne veut même pas la connaître, ça ne leur apporterait rien. Elle a dit ce qu’elle avait à dire.

Pourtant, se savoir accompagnée dans ces fonctions nouvelles est souvent un soulagement pour la sorcière. Elle se retrouve face à un mur quand il s’agit de parler avec Leslie mais il est un mur sur lequel elle peut s’appuyer. Conclusion qui la satisfait, elle hoche brièvement la tête avant de s’éloigner, offrant du répit à son allié. Un répit qu’elle apprécie tout autant, s’autorisant un coup d’œil vers le félin qui semble bien plus sympathique que l’être qu’il s’est choisi pour maître. Peut-être a-t-il simplement reconnu un congénère animal dans les reflets auburn qu’ils partagent. Peut-être est-ce l’odeur ou le simple confort de la caravane autorisée au bras-droit. Rictus en coin qu’elle laisse apparaître et qui disparaît presque immédiatement, quand la réponse qu’elle attendait finit par tomber. « - C’est donc toi qui a désigné Saskia pour y prendre part ? » Une question qui n’en est pas vraiment une. Elle explicite ce qu’il n’ose dire. Prononce ce qu’il ne veut prononcer. « - De toutes les personnes présentes au sein de la Communauté tu n’as trouvé personne d’autre, j’imagine » Elle évite délibérément son regard, promène ses yeux un peu partout dans la roulotte de fortune, les traits fermés et l’air sombre. Contient la rage qui menace du mieux qu’elle peut. « - À mois que tu l’aies délibérément choisie pour une quelconque raison, auquel cas je serais ravie de l’entendre » La sorcière joue sur les mots, faussement interpellée. Elle s’adosse au mur le plus proche d’elle et croise les bras en plongeant ses yeux ternes dans ceux du rouquin. Feignant l’interrogation la plus totale quand elle connaît déjà ses motivations. « - Elle en est revenue blessée, Leslie. Tu vas me dire que ce sont les risques à prendre pour la survie du plus grand nombre mais je te serais grès de ne pas les faire prendre à ma fille. Sans compter que ce n’est pas son rôle » Le timbre est à la fois grave et sévère. Incisif et alerté. Elle sait qu’elle n’obtiendra pas ce qu’elle veut mais au fond, peu importe. Elle ne peut pas juste partir sans rien dire et claquer la porte sans s’exprimer sur ce sujet pointilleux et hostile.
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MessageSujet: Re: « friction » ☇ pv. leslie   Jeu 17 Aoû 2017 - 19:55


L’inaltérable discussion et la tension qui l’accompagne. Dans les relents du désaccord et de l’aveuglement, baisser la garde devient impossible. Elle m’use avec une application implacable, joue avec des nerfs à vif depuis bien trop longtemps déjà pour en supporter d’avantage. Je brûle de la mette dehors, comme une malpropre, comme elle le mériterait. Nous donner en spectacle aux yeux de tous et révéler les brèches qui sévissent entre les deux bras droit du campement. Apposer la marque de la faiblesse pour donner à ceux qui auraient des envies de mutinerie tout le loisir de les utiliser à notre désavantage. Si elle a été en première ligne de ce genre d’agissement dangereux, à quoi bon s’évertuer à vouloir les revivre une seconde fois ? Leçon apprise dans la douleur qu’elle semble pourtant oublier à chaque fois qu’elle se tient devant moi. J’en lâche un soupir, premier signe de faiblesse, la tension dans les muscles tendant l’édifice fragile. Abandonne l’immobilisme et le pelage de l’animal trônant sur la table pour m’appuyer contre le mur de tôle. Croiser les bras sur le torse, en protection face aux assauts qui ne cesseront pas de sitôt. Nouveau soupir, agacé cette fois et les sourcils qui se froncent.

« - Avec moi, ou quelqu’un d’autre, tu agirais de la même manière. Tu me places comme le nœud du problème, mais une collaboration se fait à deux. » Je le lâche dans un souffle, de la tension dans la voix. Celle qui s’éternise sous la peau, qui s’accroit à chaque nouvelle confrontation. Je me demande parfois, si j’avais cédé à ses avances, où en serions-nous maintenant ? Certainement pas là. Asservi comme tous ceux qu’elle mène avec assurance, prompt à tout lui céder et à la laisser commander. Dominer les discussions et ne laisser que sa seule voix s’élever et parler en notre nom à tous les deux. Possibilité qui me révulse tant elle ne me ressemble pas. Jamais enclin à faire profil bas devant les règles ou la volonté d’un autre, il aurait été malvenu que je le fasse devant elle. La perfection n’est peut-être pas son fort, mais sa volonté de fer est certainement sa plus belle arme pour se faire respecter. Je la contre parce qu’elle m’oblige à le faire, la remettre à la place qui est la sienne et qu’elle semble bien souvent oublier, ce semblant de pouvoir partagé qui n’est pas uniquement prisonnier de ses jolis doigts. Une toute autre attitude de sa part, et elle obtiendrait bien d’autres résultats avec moi. Rictus cynique sur les lèvres, l’irritation se change une piteuse victoire personnelle. J’ai écrasé la corde sensible, fracassé la glace de l’armure pour aller effleurer ce qui se rapproche le plus d’un cœur dans cette poitrine d’acier. Les enfants ou la plus belle faiblesse de leurs parents.

« - C’est là le véritable but de ta venue, n’est-ce pas Lisbeth ? Pour me cracher ton mécontentement à la figure parce que j’ai mis Saskia dans l’équipe du dernier raid ? » Ronronne sur les accents d’un amusement malsain, j’ai la voix qui tressaille et du feu dans la prunelle lorsque le regard se repose doucement sur la jolie blonde. Allons Lisbeth, c’est bien trop commun pour toi. Trop facile presque, de trouver la faiblesse, le point de rupture qui la fera céder à ses colères. Remontrances qui m’accablent sans un regard, éviter le contact pour cracher le monologue et ne pas flancher. J’accepte les mots, en silence, sans me départir de ce sourire cynique venu s’accrocher à mes lèvres. J’ai le plaisir du prédateur prompt à voir sa proie se briser. L’excitation malsaine du tyran ayant poussé sa victime à bout, frêle victoire face au supposé adversaire. L’amusement du gamin qui vient de tendre son plus beau piège à son meilleur ennemi. Saskia, le nœud de la guerre. Face à face dans l’espace exiguë de la caravane, les regards se heurtent enfin.

« - Je l’ai fait parce que je savais que ça te mettrait en rogne, et j’adore te voir en colère, ça te rend beaucoup plus charmante que lorsque tu tires ton éternelle figure de mégère irascible. » Je le susurre, mielleux d’une ironie cinglante. Faussement séducteur dans le regard qui se permet de la détailler comme pour appuyer les mots. L’instant de flottement avant que le flegme ne se ré-appose sur la trogne. Le sérieux du second mit de côté pour continuer la discussion. Je ne l’ai pas choisi par hasard, par besoin de faire ployer les nerfs de sa chère mère sous l’angoisse et la colère. Seulement parce qu’elle est aussi apte que n’importe quel autre à se rendre au-dehors. « - Ce n’est pas son rôle, mais elle fait partie de la communauté, et participer aux expéditions est l’affaire de tous. Elle était pour moi la plus apte à se joindre au reste du groupe. Et crois-moi, je suis le premier désolé qu’elle ait été blessée » Véritable douleur dans la poitrine, savoir la gamine blessée ou en mauvaise passe me dérange plus que je ne voudrais l’admettre. Même si elle est aussi dérangeante qu’une épine dans le pied, qu’un malheur lui arrive, par ma faute ou non, m’est difficilement supportable.

« - Il faut malheureusement qu’elle en arrive là pour que tu daignes t’intéresser à elle et la considérer comme ta fille ? Tu la traites comme n’importe quel autre ici, ne blâme pas ceux qui en font de même. Elle est peut-être à sa place dans le rôle qui lui a été attribué, mais sa présence chez les ravitailleurs est un avantage que l'on ne pas ignorer. » Il suffit de la regarder pour se rendre compte qu’elle excelle certainement plus dans la traque et la discrétion que dans l’art des plantations et des récoltes. Erreur de placement qu’elle compense avec brio, remplissant ses fonctions malgré ses élans de rébellion agaçants. « - Ce n’est plus une enfant, Lisbeth. Saskia n’est pas faite pour rester enfermée et elle est certainement bien plus apte à s’en sortir là-dehors que toi ou moi, ou n’importe qui d’autre dans ce foutu campement. » Le timbre se fait plus glacial, vibre de notes plus implacables pour faire passer la pilule. Nous sommes trop différents, sur tout, et encore plus sur ce point qui fait tâche entre nous. Sa gamine qu’elle rejette et qui en souffre, c’est aussi évident qu’un poing dans la gueule. Peine déroutante cachée sous des élans de sauvagerie et de rejet. Je serre les dents, mâchoire crispée à en devenir douloureuse et les phalanges qui se plantent dans les bras. « - Si tu tiens tant que ça à la protéger, comporte-toi comme la mère que tu devrais être pour elle, et non pas comme sa supérieure. » C’est un évident reproche qui se crache sans douceur. Le regard qui se fait aussi dur les traits ravagés par l’exaspération. Suicidaire jouant avec le feu, je viens de jeter une grenade savamment dégoupillée à ses pieds.

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MessageSujet: Re: « friction » ☇ pv. leslie   Ven 1 Sep 2017 - 21:52




Confrontation provoquée et prolongée. Elle en vient rapidement à la véritable raison de sa présence ici. L’antre de l’alter-ego comme caisse de raisonnance à sa colère. La tension rebondit contre le préfabriqué, emprisonnée entre quatre murs impénétrable. Un temple pour leurs conflits, chambre funéraire de l’image publique qu’elle s’est forgée. Les masques tombes doucement, laissent place au vrai visage derrière la comédie. Feindre la coopération pour assurer la survie du groupe, ne pas laisser entrevoir les mésententes, ne jamais paraître en désaccord. Mimer l’unisson pour le propager sur les silhouettes affaiblies qu’ils guident tant bien que mal. La sorcière se protège en entretenant le conflit, puisqu’elle n’a toujours connu que ça. Armure de gel qui s’est forgée tout autour d’elle, au fil du temps et des épreuves. Carapace autrefois imperméable mais qui semble s’effriter peu à peu. Sans qu’elle ne cherche vraiment à empêcher le phénomène, elle ne fait rien pour l’accélérer non plus. Trop fière pour admettre ses failles, elle trouve des alternatives qui les justifient. Autant de prétextes à asseoir son rôle et affirmer ses positions, toujours en faveur de la Communauté qu’elle protège sans relâche. Quitte à devoir la sale besogne, mal vue par tous, ou presque. S’approcher de l’ennemi pour mieux le cerner. Négocier un traité qui leur sera bénéfique. Puisqu’ils n’ont plus le choix. L’impatience qui s’égratigne doucement sous l’épiderme brûlant quand la vie des siens est en danger. Un aspect qui semble échapper à son allié, bien trop occupé à lui mettre des bâtons dans les roues.

Sourire en coin comme ultime réponse aux reproches qui ne l’atteignent plus vraiment. Sourire qui se fane lentement, laissant dans son sillage les marques d’un passé tourmenté, ridules de fatigue aussi bien morale que physique. La remarque ne trouve pas assez grâce aux yeux de la sorcière pour y accorder plus de réflexion, encore moins perdre de son temps à y formuler une réponse. Peut-être n’a-t-il pas non plus tout à fait tort, au final. Indépendante et solitaire de nature, la vie en communauté n’est pas un acte naturel pour l’allemande, bien que cela représentait un idéal dans son esprit de petite fille stigmatisée. Une communauté qui l’accepterait pour ce qu’elle est, sans chercher à la changer, c’est ce dont elle a toujours rêvé, d’aussi loin qu’elle s’en souvienne. C’est pour cette raison qu’elle se bat si durement pour le groupe qui l’a sauvée. Bien que cette nouvelle manière de mener son existence soit complètement contraire au siècle passé à ne penser qu’à sa propre survie. Elle se fait violence à chaque instant et y trouve une satisfaction non dissimulée, galvanisée par le combat qu’elle mène contre elle-même. Et contre la volonté de Leslie. Visage éreinté qui se crispe à l’évocation de la demoiselle aussi rebelle que sa mère à son âge. Plus similaires qu’elles ne veulent bien l’admettre toutes les deux. Saskia est sa plus grande faiblesse. La seule qui pourrait la faire plier. Et ça la ronge de savoir que le rouquins puisse l’utiliser contre elle, en toute connaissance de cause. C’est en partie pour ça, qu'elle garde ses distances avec sa progéniture. Du moins, c’est ce dont elle se persuade.

« - Je ne suis pas venue te cracher quoi que ce soit à la figure, Leslie. J'espérais sincèrement que tu sois assez censé pour comprendre mon mécontentement sans que nous en arrivions là », articule-t-elle doucement, une pointe d’amertume dans la voix. La blonde n’apprécie que très peu de devoir se mettre en colère, crier n’est pas dans sa nature et sortir de ses gonds encore moins. Il semble pourtant que sa patience l’abandonne quand la chair de chair entre en jeu. Elle serre les dents pour dissimuler l’agacement qui se propage dans son système. Les phalanges se crispent et se détendent alternativement autour de ses bras, imposant avec elles un rythme respiratoire plus convenable à l’air serein qu’elle cherche à se donner. L’amusement que le bras-droit démontre à ce moment ne l’étonne pas. Au contraire. Regards assassins qui se croisent, plus durement à chaque fois. « - Si c’est me voir en colère qui te plaît tant, ça peut s’arranger » Timbre rocailleux, elle le rétorque sans une once de légèreté dans la voix. Lui, contrairement à d’autres, n’a jamais cédé à ses avances. Pour ça aussi elle le respecte mais le petit jeu dans lequel il s’est lancé est bien trop dangereux. Surtout, il ne la fait pas du tout rire. Elle le toise froidement, de ces yeux inertes et sévères qui lui sont propres. Elle se fiche que ça ne marche pas avec lui. Elle n’en est plus à feindre autre chose que ce qu’elle ressent vraiment, plus quand il s’agit de sa fille. Le détachement public est loin de refléter ce qu’elle ressent vraiment, malgré son manque de volonté à prouver le contraire. « - Je me fiche que tu sois désolé », souffle-t-elle immédiatement. Les beaux discours lui deviennent insupportables. Elle roule des yeux en soupirant, plus capable d’entendre le rouquin s’exprimer. Surtout à propos de sa gamine.

« - Je connais sa valeur au sein de notre Communauté, j’estime simplement qu’une alternative aurait pu être envisagée avant de lui faire prendre tous les risques. Tu sais, tout comme moi, qu’elle serait capable de tout pour m’atteindre alors si je ne peux pas lui faire entendre raison, et si tu as ne serait-ce qu’une once de considération pour elle, réfléchi bien avant de l’envoyer au casse-pipe » Les mots qui s’enchaînent naturellement. Le front qui se plisse tant l’inquiétude est réelle et sincère. La sorcière n’est pas dupe, elle a conscience de la réalité des liens qui les unissent tous les trois, à leur insu certainement, mais bel et bien présents. Elle le lui demande sans vraiment le formuler. Un reproche autant qu’une supplique. La seconde qui s’efface au profit de la mère, bien dissimulée derrière son masque. « - Et qui es-tu pour me donner des leçons à ce propos ? Certainement pas le père - ni l’homme - de l’année. J’apprécie tes brillants conseils en termes de relation mère-fille mais tu peux les garder, tout comme ton jugement déplacé » La voix se fait grinçante. Cassante. Il commence à sérieusement lui pomper l’air à lui faire la morale comme si c’était elle, la gamine de l’histoire. La langue qui claque contre le palais, mécontentement évident. « - Ne sois pas si condescendant, je te prie. Si tout était si facile que tu le décris je n'en serais jamais arrivée là » Elle ne serait pas là, du tout. Le dos qui se redresse doucement, elle plante de nouveau son regard glacé dans celui du rouquin. Elle souffre du rejet autant que sa fille, sans savoir comment l’endiguer. Mère forcée, maternelle sur le tard. Dont les marques d’affections se résument à une prison lunaire. Elle comprend les reproches, sans pouvoir les admettre.

« - Je suis confrontée à une sorte de dilemme, Leslie. Me comporter comme la mère dont ma fille à besoin, ou rester le bras-droit que cette Communauté toute entière doit avoir. Et malheureusement pour toi, mon second rôle est trop important à mes yeux pour que je l’abandonne. Tu vas évidemment me contredire, mais tu sais, au fond, que je ne peux pas être l’un et l’autre à la fois » Elle cherche à s’en convaincre elle-même autant qu’elle veut le convaincre, lui. Elle sait qu’elle à raison, de ne pas traiter son enfant en privilégiée. Cela ne lui attirerait que des ennuis et elle ne peut pas risquer cela quand la demoiselle rebelle prend part à des raids où tout un groupe pourrait se liguer contre elle. La sorcière connaît les risques, tous, sans exception. Ceux venant de l’extérieur, comme ceux venant de l’intérieur. Argument qu’elle garde en tête en permanence.


Dernière édition par Lisbeth Amberly le Sam 16 Sep 2017 - 17:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: « friction » ☇ pv. leslie   Mer 6 Sep 2017 - 20:14


Disons-le le plus honnêtement du monde, elle m’agace. Frappe à grands coups dans le champ de ruine de mes nerfs, égaye ma tendance à laisser tomber les élans de patience pour offrir tout le loisir à cette rage sourde qui me dévore de s’exprimer. Je m’efforce pourtant, de rester de marbre. De lui offrir ma plus belle indifférence et les relents amers de mes ironies cinglantes. Je les affectionne, ces joutes avec elle, presque autant que je peux les détester. Parce qu’elle me renvoie l’image d’un adversaire digne d’intérêt. Parce qu’elle fait exploser devant mes yeux mes propres tares et tout ce que j’abhorre dans l’être humain. Inconsciente capricieuse qui fustige ce qu’elle possède de plus précieux au nom d’un pouvoir futile et éphémère qui se cassera la gueule bien plus tôt qu’elle ne le pense. Ses paroles glissent comme de l’acide, poussent les traits à se durcir malgré les lèvres qui se sculptent dans l’esquisse d’un sourire narquois. L’amertume se dévore avec douceur, piquée au vif là où ma douleur est la plus forte. Trompes les si tu le souhaites, Lisbeth, ces artifices ne fonctionnent pas avec moi. Instinct commun de ceux qui ont fait don à un autre être humain d’un morceau de leur chair et de leur héritage. S’enflammer lorsque cette même chair est en danger, menacée par l’inconscience des autres, l’aveuglement de tout un monde que seuls les créateurs sont capables de voir. Les réactions diffèrent des miennes, mais se ressemblent. Rapprochent les contraires qui ne demandent pourtant qu’à s’exploser à la gueule. Dans un autre contexte, un autre temps, nos discussions auraient été bien différentes et plus agréables, c’est une certitude.

« - Il n’y avait rien à comprendre. Tu préfères n’être que le bras-droit de notre Communauté, très bien. Es-tu froissée lorsqu’un élément lambda du groupe est envoyé en raid ? Non. Si nous suivons ta vision des choses, pour Saskia il doit en être de même. » Claque la langue contre le palais, acide de l’irritation contre les lèvres. Continuons de nous enliser dans un amusement de parade pour la sentir faiblir encore un peu plus. La jolie blonde qui multiplie les efforts pour se contenir. Elle en est sublime, dans sa froideur à toutes épreuves. Suis-je un gamin à vouloir la voir exploser ? Perdre son flegme aussi charmant qu’irritant et la voir telle quelle est vraiment ? Peut-être, mais je m’en moque. Paraître est un exercice qu’il faut réserver à ceux qui vivent derrière les murs, les endormir de bonnes attentions et d’un calme dont ils nous pensent dépourvu. Excellente actrice qu’elle peut-être, si on la laissait faire, elle finirait à la tête de cette anarchie sanguinaire. Papillonne stupidement des cils et le sourire n’en devient que plus fort lorsque la pensée s’écrase contre mon crâne. Elan de tendresse poisseuse dans les pupilles qui la détaillent comme si elle venait d’arriver. L’imaginer dans les atours de l’office et se retenir de lui balancer un éclat de rire à la figure pour ne pas la froisser plus avant. Ravaler la réplique incongrue qui germe sur la langue, et se complaire dans le silence.

Son inquiétude touche quelque chose dans la poitrine, mais les mots sonnent comme des injures. Ces reproches qui éveillent des envies sombres, le besoin irrépressible de la faire taire et pas de la plus belle manière qui soit. Foutre aux orties le respect incombant à la gent féminine et se borner à la considérer comme un nuisible à éradiquer. Ce serait tellement plus simple si tout était aussi facile. J’ai de l’acide dans la gorge et des frissons de haine contre la colonne. Touché à mon tour là où la souffrance est la plus intense. Serrer la mâchoire et grincer des dents pour ravaler le flot de haine et se contenter de lui jeter le regard le plus glacial que je puisse avoir en réserve, menace insolente gravée à même la trogne. « - Je ne suis qu’un spectateur du petit jeu que vous jouez toutes les deux, et qui n’a pas pour habitude de garder le silence. » Susurré entre des dents serrées à en éclater. Dernière offensive qui laisse sans voix. Pauvre créature perdue face un dilemme qui n’a pas lieu d’être. Choqué ? Très certainement. Cet un nouvel écart qui se creuse entre nous et qui pousse à la considérer sous un autre jour. Renforcer cette image de créature vénale amoureuse du pouvoir et de rien d’autre, au profit de celle plus humaine qui devrait pourtant primer sur la première.

« - Crois-tu ? Je dirais que tu en es là parce que tu l’as voulu, que ce mode de fonctionnement étrange est le seul que tu connaisses et dans lequel tu peux exister. Tu te caches derrière de nouvelles responsabilités pour ignorer les plus importantes. Elle est là, la différence entre nous Lisbeth. Je n’aurais jamais fait passer mes enfants après une chose aussi éphémère qu’un simple… poste ? » Le timbre se fait cassant, brime et écrase de reproches que je ne cherche pas à étouffer. Enrobé dans le miel du dédain et d’un jugement qui devient accablant. Elle a commis l’erreur qui la condamne à mes yeux. Et nous revoilà au point de départ, cet éternel conflit d’intérêt. Ma présence qui entrave sa domination, et l’illusion corrosive venue se coller dans son crâne, celle qui la pousse à croire que je n’attends que ça, qu’elle abandonne son rôle. « - Il n’est pas question de moi dans cette histoire et tu le sais. Si ma déposition peut te pousser à arrêter de te comporter comme une garce de première et bien soit, allons voir Maria pour lui annoncer que je te laisse les pleins pouvoirs. » La proposition s’énonce d’un ton monocorde. Sans chaleur, sans conviction, seulement une lassitude commune qui se fait pressante dans la poitrine. Devenir vide pour ravaler le bouillon de rage qui brûle dans la gorge.

Je lâche mon appui, esquisse un pas en direction de la porte, près à l’ouvrir pour tenir parole et aller accabler Maria d’un désagrément dont elle se passerait bien. L’instant de doute avant de faire volte-face et revenir pour se poster devant Lisbeth. Laisser planer le silence et mes doigts qui effleurent avec une fausse douceur la ligne de sa gorge. Menacent de l’emprisonner dans un étau de fer sans pourtant le faire. Intimidation silencieuse, prompte à s’accrocher au cou gracile pour mieux la contraindre à ravaler sa suffisance au moindre mot de travers. Proie de choix fatiguée de devoir plier l’échine face au tyran prédateur, elle a suffisamment joué avec mes nerfs pour la journée.
« - Laisse-moi juste te mettre en garde, Liz. Méfie-toi de ma patience, et du jour où elle finira par céder, tu regretteras amèrement d’avoir fait de moi ton ennemi et non ton allié. » L'avertissement se murmure comme se soufflerait la douce caresse d’une parole enjôleuse. Façade de circonstance sur les traits, la courbe d’un sourire peint dans une chaleur fausse sur les lèvres. Pupilles de glace creusant dans les siennes sans pudeur. Proximité renforçant l’attraction, cette énergie brûlante qui pulse dans ses veines et que je peux sentir sans même la toucher. Elle en devient dangereusement fascinante, éveille la faim qui se cabre sous le contrôle qui s’impose à elle. Dérober sans ménagement cet éclat de rébellion et la voir chuter sur le lino, comme une vulgaire poupée de chiffon délaissé. Il y a quelque chose d’affreusement plaisant dans le côté funeste de ce fantasme absurde. La certitude de ne pas pouvoir m’arrêter à temps si par pure puérilité j’en venais à la dépouiller de son énergie me contraint à faire machine arrière. Laisser les phalanges effleurer un bref instant là où la peau se fait plus fine pour y faire vibrer les veines et s’éloigner. Quelque pas et déjà sentir l’emprise se réduire.

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MessageSujet: Re: « friction » ☇ pv. leslie   Sam 16 Sep 2017 - 18:20




Exaspération voilée par le masque de glace. Agacement dissimulé avec de plus en plus de difficulté. Les injures fusent à l’arrière de son crâne mais ce n’est que le timbre mielleux qui transparaît. Les notes sont sévères dans la trachée de la sorcière, brutales, parfois. Toujours tranchantes. La patience s’amenuise dangereusement dans les veines, finira par disparaître totalement. Il sera trop tard quand les nerfs se briseront sous le poids de l’irritation. Trop usés par la confrontation et toutes les précédentes. La blonde garde le cap, maintient les apparences pour ne pas flancher, ne pas admettre ses faiblesses et ses torts, surtout pas devant Lui. Il est un pilier solide contre lequel elle s’appuie mais qu’elle aimerait tout autant démolir. Relation conflictuelle dans l’esprit tordu de l’allemande qui aurait préféré qu’un autre soit choisi à la place de ce personnage qu’elle juge détestable. Les caprices formulés n’en sont pas vraiment, puisqu’elle les juge légitimes. Montrer l’exemple dans son rôle de bras-droit, elle le fait pour tous les membres de la Communauté qu’elle protège. Mais Leslie garde une place à part et leurs rapports n’encouragent pas la diplomatie. Équipe gagnante malgré tout, ça l’insupporte de constater que leur duo fonctionne aux yeux de tous, quand dans les coulisses elle peste chaque jour de devoir cohabiter avec le rouquin. Conclusion qu’elle déplore quand elle aurait de loin préféré pouvoir ne serait-ce que choisir avec qui collaborer, ou faire cavalier seul. Cette dernière option l’aurait sans aucun doute bien plus satisfaite mais Leslie marque un point. Ils ne vaudraient pas mieux que leur nouvel ennemi si les positions de pouvoir n’étaient distribuées qu’à une seule paire de mains.

« - Très bien. Peut-être devrais-tu songer à suivre ma vision des choses plus souvent, dans ce cas », rétorque-t-elle dans la précipitation. Ne supportant pas de l’entendre prononcer le nom de sa progéniture. Possessivité latente qui s’éveille comme l’instinct maternel, violemment et sans prévenir. Les poings se serrent le long de la silhouette abimée par les années. Elle serre les dents, retient les insultes au fond de sa gorge en crispant ses joues. Le teint autrefois blafard est désormais élimé, usé par la lumière solaire beaucoup trop côtoyée. Il veut jouer au plus sage alors qu’il est le premier à commettre des erreurs. Il n’a aucune leçon à lui donner, certainement pas en matière de parentalité. Comment pourrait-il comprendre ? Comment pourrait-il ne serait-ce qu’imaginer, ce qu’elle a vécu plus jeune, ce qu’elles ont vécu toutes les deux ? Et comment se permet-il de les juger pour quelque chose dont il ignore tout ? Qu’il se taise, par pitié. « - Je ne peux que te suggérer de changer tes habitudes et de garder ta langue derrière tes dents », persiffle la sorcière hautement agacée par le ton moralisateur emprunté par son prétendu allié. Les nerfs qui se tendent encore un peu plus, ne tarderont pas à imploser. Elle ne veut plus parler. Ne veut plus débattre ou déblatérer. C’est une conversation vouée à l’échec. Peu importe ce qu’elle fera ou dira, il s’efforcera de prôner l’inverse. De la contredire pour la faire ployer. C’est peine perdue.

« - Il n’est pas uniquement question d’un poste mais de la survie de tous, y compris la sienne ! » Sévérité et énervement palpable dans la voix. Elle le fusille du regard, le toise sur place. Les phalanges se crispent et les ongles raccourcis pénètrent dans la chair durcie des paumes. Elle lui jetterait tout ce qui lui tombe sous la main à la figure, si elle pouvait. Si sa position le lui permettait. Si elle ne risquait pas de mettre en péril la bonne entente de leur groupe déjà mis à mal par la discorde. « - Évidemment, c’est moi la garce et toi le parfait gentleman. Tu aurais pourtant fait sensation dans le rôle du tartufe. Dommage, tu passes à côté de ta carrière » Lèvres pincées, elle serre les mâchoires, observe le petit jeu du bras-droit, contemple la scène qu’il lui offre avec dédain. Utilisant Maria comme prétexte derrière lequel se cacher, se réfugier. Un comportement qui ne la surprend pas. Le gamin qui va tout rapporter à la maîtresse après la récréation. Incapable d’assumer ses actes jusqu’au bout. La leader a bien d’autres chats à fouetter que de régler leurs différends. Et il y en a tellement. L’allemande n’est pas aussi stupide et ignorante. Mais la situation semble bien vite prendre un nouveau tournant. Proximité brutale et contact presque violent, les doigts masculins et sales effleurent la gorge de la blonde qui ne bronche pas. Ne cille pas. La menace est murmurée sur un ton assez trompeur mais qui n’abuse pas la sorcière. Elle plisse le front en plongeant ses iris claires dans celles du rouquin. Meurtrière.

« - Tu n’es pas mon ennemi, Leslie. Jusqu’à ce que tu te déclares comme tel », souffle-t-elle comme unique réponse. Toujours sous le joug de l’emprise bien trop proche, trop menaçante. Attraction fascinante qu’elle perpétue dans chacun de ses gestes. Elle pourrait lui infliger les pires supplices, lui faire croire aux pires horreurs juste parce qu’elle en a envie. Lui aussi, pourrait la briser sur place. Pourtant, ni l’un ni l’autre ne bougent. Le sang s’agglutine dans sa carotide alors que le regard s’accroche un peu plus à celui de son vis-à-vis. Éloignement salvateur qu’il lui autorise enfin, elle serait presque déçue que la confrontation en reste. Mais c’est certainement mieux comme ça, pour tous les deux. À trop vouloir s’atteindre, ils vont finir par se faire vraiment mal. Trop mal pour en revenir. « - Il vaut mieux qu’on en reste là, pour cette fois. Je n’étais pas venue te voir pour épiloguer à propos de la relation que j’entretiens avec Saskia quoi qu’il en soit, mais seulement pour confirmer ce dont je me doutais déjà », déplore-t-elle dans un soupire alors qu’il s'éloigne encore un peu. Ultime regard avant de se diriger à son tour vers la porte précédemment empruntée. « - N'utilise pas Saskia pour m’atteindre, Leslie. C’est tristement décevant de ta part » Tu peux faire mieux, s’empêche-t-elle d’ajouter. Les phalanges tournent la poignée de la caravane sans attendre. Elle quitte l’habitation de fortune avec une note d’amertume qui persiste. Une seconde de répit avant de retrouver ses fonctions officielles. Querelles immuables qui constituent certainement l’essence même de leur collaboration. Éreintantes jusqu’à l’os.

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« friction » ☇ pv. leslie

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