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 Gently - Sienna

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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↳ Arrivé depuis le : 23/01/2017
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↳ Métier : Souteneur pour la Niflheim, au Little Darlings.
↳ Opinion Politique : Contre le gouvernement, vit de la transgression des règles.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général, 2 - Sarcasme, 8
↳ Playlist : Marilyn Manson - Coma Black, A Place In The Dirt, The Fight Song *
Rammstein - Feuer Frei *
Korn - Freak On A Leash, Right Now, Punishment Time, Somebody Someone *
La Canaille, La Colère *
Imagine Dragons, Shot *
↳ Citation : « I am not loved. I am not a beautiful soul. I am not a good-natured, giving person. I am not anybody's savior. »
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MessageSujet: Gently - Sienna   Ven 9 Juin - 22:41



Gently my mind escapes into the relaxing mode of pleasure
A pleasure that will take my mind off the realities of my life

La fumée s'élève au-dessus de mon visage et se perd dans la marée de volutes. L'odeur du tabac froid, seulement réchauffée par la foule nocturne, incruste les tissus. Se mêle à celle de l'alcool, fort et décapant ; à celle du sexe, à la moiteur de corps qui se perdent dans l'obscurité, s'oublient dans la nuit. Le Little n'est pas sale, il a simplement ce caractère qui ne disparaîtra certainement jamais des murs, peu importe la vigueur que l'on pourrait mettre dans un brin de toilette. Des odeurs particulières qui me sont devenues chères et un club qui se fait entité dans mon esprit. J'y passe certainement trop de temps – je n'ai pas eu envie de voir Maisy, ces derniers jours. Un regard coule jusqu'au chien, petite boule de poils attachée à une corde sous le bar. Elle s'habitue tranquillement au brouhaha ambiant, à la musique, au bruit du verre cassé et aux va-et-vient incessants. Il n'y a que l'odeur de la clope qui s'imprime dans ses poils.
Non, je n'ai pas eu envie de voir Maisy. Ou bien est-ce elle, qui n'a pas eu envie de me voir, je ne m'en souviens plus. C'est très compliqué, et je porte instantanément le verre à mes lèvres, soucieux d'oublier son image. De ne plus penser à la douceur, aux disputes, aux réconciliations. Négliger les soucis, la faim grandissante, l'idée stupide de récupérer un chien alors qu'on a déjà suffisamment de difficultés à se nourrir correctement. Une nouvelle gorgée coule dans mon gosier. Peut-être est-ce la clé d'une affaire qui fonctionne bien, pensé-je en lorgnant sur le monde qui occupe l'intérieur du Little. Ces derniers temps, les sièges sont rarement inoccupés et les déconvenues des Eriksson ne laissent pas le temps aux gérants de se charger de l'entreprise familiale. Vivre sur les tourments du peuple, voilà un filon à exploiter.

Alors, c'est définitivement le mauvais soir pour m'éclipser, me dis-je. Et ce putain de clébard suinte les responsabilités, l'attachement, une présence que je ne saurais lui accorder. Une maturité que je n'ai toujours pas. Terminant mon verre d'une traite, je me faufile derrière le bar et détache la bête, que je traîne derrière moi. Me précipite jusqu'à la porte, cherche avec avidité le vent frais de la nuit et la fuite en avant. Il faut faire comme si je n'avais pas de boulot, personne qui comptait sur moi à part le clébard qui trottine à mes côtés, inconscient des tracas qui me harcèlent. Je fume frénétiquement, comme pour expier quelque chose, le mal invisible qui me bouffe tout entier. L'image fugace des cachetons enfermés dans la poche de ma veste s'impose et je la chasse d'une nouvelle bouffée. Je deviens n'importe quoi, un vrai bordel. La chose tente déjà de me terrasser et j'essaie vainement de l'annihiler, à coup de poison dans des veines trop creuses. Les pas me portent avec rapidité, les minutes s'écoulent par poignées et le chiot fatigue au bout de la corde. Elle n'a même pas de laisse, seulement un collier que j'ai bien consenti à acheter avec Maisy. Soulevant la bête du sol, je la coince sous mon bras comme un paquet encombrant, un truc à déposer quelque part. À force de marcher sans y réfléchir, je suis dans cette rue, dans sa rue. À quelques dizaines de mètres de son putain d'appartement. Je fais demi-tour, fuis et m'enfonce dans le quartier, repose la bête au sol et m'oublie dans la musique qui emplit les rues adjacentes. Bifurque des tas de fois, seulement pour m'éloigner plus encore à chaque enjambée.

Lorsque j'en ai suffisamment marre de marcher, lorsque le chien semble à l'agonie, on s'arrête. Je me glisse dans une ruelle, de toute évidence attenante à un bar, et fouille du regard l'obscurité dans laquelle se camouflent quelques recoins. Rien ni personne à part une porte et le cadavre d'un vieux carton, certainement  lit de fortune d'un clochard. J'y dépose le chien et l'accroche à un vieux tuyau, noue l'épaisse corde au mieux. « Tiens, t'as d'l'eau juste là, si t'as soif. » Lui désignant une petite flaque d'eau sale, je fais la moue et abandonne derrière moi le malaise qui me traverse lorsque ses énormes yeux croisent les miens. « Ça va, je reviens. Si tu t'fais pas voler, c'est qu'on est destinés à être ensemble. » Osant une caresse sur son crâne, beaucoup moins affectueux envers l'animal selon mes humeurs, je me redresse et repars vers le bar sans un regard en arrière. Elle survivra. Et puis, elle est plutôt bien camouflée, là-bas. La porte s'ouvre puis se referme sur moi, et j'oublie déjà l'embarras. Comme si le monstre n'avait attendu que ça, toute la journée, toute la semaine. Comme si ses seules joies demeuraient dans les vices, et les miennes avec.
De toute évidence, les gérants de cet endroit profitent aussi des vicissitudes de la population – les prunelles courent sur les corps dénudés qui se meuvent avec aisance sur scène, les songes occupés par la parfaite harmonie qui règne entre leurs mouvements et les notes qui roulent dans l'air. Un verre déjà commandé, aussitôt payé, j'ai tout le loisir d'oublier.

Elles se débrouillent bien, me dis-je distraitement lorsque les danseuses quittent la scène. La musique se fait plus lente, voluptueuse, et je porte le verre à mes lèvres. Une nouvelle fait son entrée sur scène, ses pieds nus se dévoilant tout d'abord à mon regard intéressé. L'ascension des mirettes est rapide le long de ses jambes dénudées puis sur le morceau de tissu, étincelant à la lumière tamisée de la salle, qui couvre son intimité. Son ventre nu et à nouveau l'étoffe brillante qui orne sa poitrine. Sur le reptile enfin, serpent majestueux et imposant, qui repose sur ses épaules. Le spectacle se fait rapidement hypnotique et mon regard s'accroche à sa silhouette sans ciller. D'une beauté gracieuse, ses traits sont aussi peu désagréables à contempler que son corps tout entier. Et véritablement cette fois, la danseuse me fait oublier toute cette soirée, cette journée, cette semaine entière. Elle nourrit le monstre. Il se tait et se contente de faire couler dans mes veines les envies de luxure qui me dévorent les tripes depuis tout à l'heure. Sans raison, lorsque je sais habituellement contrôler mes envies, il susurre au creux de mon oreille certains désirs desquels je ne peux me détourner. Sur scène, ses mouvements sont fluides et son corps souple se trémousse harmonieusement avec celui des reptiles. Peut-être trop, peut-être le malaise aurait-il pu m'envahir si elle n'avait pas été si jolie. Une gêne vite oubliée, sitôt les prunelles posées sur son corps gracile. Les dernières gouttes d'alcool coulent le long de ma gorge, se joignent au monstre et à ses murmures importuns. À ses pieds, de nouveaux serpents que je n'ai pas vu arriver. Ils s'enroulent autour de ses jambes et grimpent le long de ses cuisses, complètent une danse. Ils ne sont pas intrus auprès de l'humaine, ils sont avec elle.
La danse se termine, les ombres éteignent les étincelles de ses vêtements et s'illuminent toujours dans mon regard. Fixant un point invisible, une silhouette disparue, les secondes s'égrainent en silence. Peu à peu, quelques conversations reprennent autour de moi et je m'abandonne à mon verre.

Elle portait sur elle cet exotisme étrange, me dis-je vaguement. Les dents s'appuient sur le verre, morsure inutile. Les prunelles courent dans la salle et cherchent quelque chose, quelqu'un – un rien, une femme, n'importe quoi. La danseuse, peut-être. Maisy s'impose à mon esprit, son image lutte dans mes songes ; pourtant, lorsque je vois la femme s'éclipser par une porte, je ne réfléchis pas. J'ai envie d'y aller, d'espérer n'importe quoi, d'imaginer n'importe quoi. Si ça n'est pas elle, une autre fera l'affaire. Le souffle du monstre est douloureux dans mon crâne, cuisant dans mes tripes. Il faut le soulager, hein ? Je ne peux plus lui taper sur la gueule jusqu'à ce qu'il se taise.
Alors j'abandonne mon siège, mon verre, le peu de sagesse qu'il me restait encore derrière moi et me faufile entre les tables et les individus. J'ai l'impression de pouvoir sentir son influence courir le long de mes jambes et me porter jusqu'au fond de la salle. Dresser mes doigts contre la poignée, pousser mon corps dans l'ouverture de la porte.

L'air frais me fouette le visage en même temps que l'atmosphère pesante, les aboiements d'Orka, les mots de deux hommes qui s'élèvent dans l'obscurité ; puissants et brusques, à l'encontre de la danseuse. Un bref regard vers elle, comme pour m'assurer qu'elle est gênée de leur présence et le sang fait un tour dans mes veines, électrisé par une injection d'adrénaline. Comme d'habitude, il n'y a pas une seconde pour la réflexion – trop enflammé de pouvoir enfin relâcher la tension d'une quelconque manière, je les pousse en arrière et laisse pleuvoir les coups. Les poings, trop habitués à se faire masse sur n'importe quel visage, se précipitent à la rencontre des intrus. La femme est là, contre la grille, mais je la vois à peine. Je pousse, frappe, cogne. Dans mes membres courent la frustration et l'exaspération de ces dernières semaines. Le palpitant s'emballe dans ma poitrine et mon toucher se fait mortifère, nécrosant toutes les chairs qu'il croise.
Puis c'est l'absence habituelle, un déchaînement tel que j'en oublie ce que je faisais, pourquoi, et quel costume je revêts ce soir – celui d'un sauveur, vraiment ? Dans mon crâne, un silence d'un blanc immaculé, jusqu'à ce que tout soit terminé, jusqu'à ce que j'estime que mes membres sont suffisamment douloureux.

Puis j'entends les aboiements de la chienne, la musique de la rue, le battement dans mes tempes. Claquant des doigts, j'attends que l'animal arrive et la gratifie d'une caresse sur le haut du crâne. Elle est détachée – peut-être les deux hommes ont-ils essayé de la prendre, peut-être s'est-elle détachée seule. Je l'attrape et me redresse lentement, reprends une respiration normale. « Deux, c'est l'minimum syndical... Ça va aller ? Ils vous ont touchée ? » L'animal cherche les caresses contre moi, peut-être rassurée de ma présence, et passe une langue baveuse sur le bras qui la tient. « Vous voulez vous requinquer à l'intérieur, avant d'repartir ? »

It slowly disappears to somewhere in the back of my mind
It will remain there 'til I wish to retrieve it

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MessageSujet: Re: Gently - Sienna   Dim 11 Juin - 16:22


« We're just strangers with the same damn hunger »

Sienneph
featuring

La musique accompagne ses mouvements, pourtant elle n’en perçoit aucune note. Seuls les battements de son cœur retentissent au creux de ses tympans. Comme si le reste du monde disparaissait subitement. Les visages s’évanouissent les uns après les autres, suivant un ordre très précis. La salle se vide en l’espace de quelques minutes et le silence s'imprègne de ce royaume. C’est à la fois incroyable et terrifiant. Un calme de toute beauté. Un souffle coupé. Même ses compagnons reptiliens lui semblent incapables de bouger, prisonniers de cette étrangère atmosphère répandue dans l’air. Lorsque soudain, les projecteurs s’éteignent, révélant le décor dissimulé derrière cette illusion. L’obscurité réanime son esprit, déconnecté une poignée de secondes. Les voix fracassent le silence apaisant, mettant un terme définitif à son évasion introspective. Elle regarde alors les silhouettes agglutinées au bar pour mieux s’imprégner de cette triste réalité. Une existence sous le joug de la répétition décharnée. Sienna finit par quitter la scène sans plus attendre avant de récupérer ses affaires dans les coulisses. Les vipères autour de ses bras sont rapidement dissimulées par les manches de son imperméable tandis que la couleuvre sur sa nuque -suspendue comme un collier glacé- demeure visible.

Ils quittent tous les quatre la chaleur du club afin de retrouver l’air frais qui les attend à l’extérieur. Il n’est pas le seul à leur donner rendez-vous. Deux individus stagnent au milieu du chemin, tentent de s’approcher d’un pas menaçant, le regard luisant. La métamorphe les jauge assez rapidement, consciente de leurs intentions malhonnêtes propres à l’espèce humaine. Quand tout à coup, une silhouette supplémentaire apparaît. Est-ce le début des festivités ? Compte tenu de la situation, elle considère à tort le nouvel arrivant, complice des énergumènes. Il s’avère qu’il n’en est rien, bien au contraire. L’inconnu se présente sous les traits d’un allié, déterminé à lui porter secours au péril de sa propre vie. De toute évidence, il ne la pense pas capable de se défendre seule. Un fait qui l’amuse tout particulièrement. Parce qu’au fond, il n’abat pas ses poings pour elle, c’est une raison bien plus obscure qui l’incite à décupler autant de violence. Une raison qui se propage dans les recoins de son être et souille les parois de son âme dès qu’il tente de la faire taire. Cet homme se bat pour lui, ni plus ni moins.

Pour l’adrénaline qui se diffuse dans son sang, pour le goût enivrant des ténèbres au bord des lèvres. Il se bat car il aime ça, tout simplement. Il suffit de l’observer, consumé par un feu qui jamais ne s’éteint. Il brûle de l’intérieur, un incendie ravage son esprit, alimente ses pulsions, contrôle sa pensée. Il est possédé par un fléau qui le dépasse complètement. Et Sienna ne peut décemment ignorer ce qui se déroule sous ses yeux. Elle reconnaît l’empreinte du diable quand il lui sourit. « Ils ont plutôt réussi à toucher… ce qui rumine en vous. » Ce n’est pas la première fois que sa route croise celle d’une personne animée par une telle violence. Cela n’a rien d’humain, ni de commun. Quelque chose de profondément mal sommeille en lui. La jeune femme ignore l’origine de ce fléau. Les rumeurs parlent de gens possédés, aliénés, dangereux, qui perdent la tête. Littéralement. Pourtant, elle ne sent pas une quelconque menace provenir de l’individu. Surtout pas quand leurs regards se croisent au détour de cette ruelle sinistre. « Non. » Aussi net qu’un couteau tranchant, aussi froid que la mort venue s’estomper à leurs pieds, le mot introduit d’ores et déjà l’ambiance de la soirée.

Loin d’être reconnaissante, Sienna se montre plutôt distante, désagréable, en d’autres termes d’une indifférence qui frise l’arrogance. Les traits de son visage restent durs, ne témoignant d’aucune chaleur. Ses prunelles s’arrêtent un instant sur les mains ensanglantées de l’homme lui faisant face tandis que ses victimes gisent toujours à terre. « Vous devriez faire attention avec la famine qui rôde… » Elle lève finalement les yeux vers le chiot confortablement installé dans ses bras, lui réclamant de l'affection. « Un petit être si fragile. » Nul besoin d’en dire davantage. Le contexte actuel est suffisamment chaotique pour que le message soit clair. Les morceaux de viande se font de plus en plus rares et les animaux de compagnie commencent à servir de repas. Bien que cette pratique soit discutable, elle correspond à la logique humaine. Survivre quoi qu’il arrive. Cela va empirer, jour après jour, comme il est coutume lorsque la faim gronde, lorsque la fin incombe. Les esprits s’échauffent, les injustices se creusent et les crimes se justifient. Sienna envisage d’ores et déjà de quitter la Nouvelle-Orléans, rejoindre la population vivant au-delà des murs, persuadée qu’elle existe. Néanmoins, une personne la retient ici-bas. La seule capable de la maintenir si près du gouffre. Narcissa. « Vous comptez m’escorter hors du quartier ou vous allez simplement rester là avec votre clébard ? »  Question rhétorique ponctuée d’une franchise naturelle aussi vive que les serpents en sa compagnie, dévisageant l’animal proche d’eux. La proie potentielle.


Citation :
Ce message est destiné à toutes personnes susceptibles de vouloir plagier ne serait-ce qu’une phrase de ce rp m’appartenant. Sachez que cette action est un crime punissable par la loi et que je n’aurai aucun problème à la faire intervenir si vous décidez de ne pas respecter le droit à la propriété intellectuelle comme le disposent les articles L122-1, L122-4, L335-2, L335-3, L335-9.
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MessageSujet: Re: Gently - Sienna   Lun 26 Juin - 1:35

Tout ça pour rien. Les mains recouvertes, déjà collantes, de sang. Du liquide carmin qui se dépêche de sécher au contact de l'air ambiant, d'un peu de vent, d'une excuse pour s'accrocher à l'épiderme et le souiller éternellement. Les prunelles inclinées vers les doigts poisseux, je regarde ce qui ne sera jamais nettoyé. Le regard glisse au sol, sur les corps déchus, les visages méconnaissables. De ceux qui ont perdu de leur superbe, qui ne seront plus jamais fanfarons. Tout ça pour rien. Le cœur bat dans la poitrine, dans les veines, les poignets et les tempes. S'accompagne du bourdonnement incessant, du sempiternel bruit de fond. Incapable de savoir si j'en suis plus troublé que satisfait, puisque les deux ne peuvent décemment cohabiter dans l'égalité, je relève les yeux lentement. Essaie de sortir de l'étreinte du monstre ; l'état second durera encore quelques instants, c'est sûr.
Loin de la chaleur qu'elle distribuait à l'intérieur du club, la femme se manifeste, me tend sans le savoir une poigne de fer et achève de m'extirper de l'emprise de la chose. Alors, je vois ; son visage, sa silhouette, le serpent autour de son cou. Putain, je déteste ces sales bêtes – les lèvres se pincent, les yeux se plissent. Suspendu à son cou, il choit élégamment, d'une délicatesse froide. D'une grâce glaciale qui, finalement, englobe la danseuse toute entière. Le bleu de ses yeux ne me rappelle pas celui de Maisy, celui de ma sœur, de mon frère. Son ton est de marbre et ne s'élève pas pour exprimer une quelconque reconnaissance. Je souris devant une ingratitude de prime abord, tire sur mes traits une expression, factice, d'intense humilité.

« Oh, il n'y a rien d'autre qui sommeille en moi que le désir de secourir madame... »

Au fond, je m'en fiche. Un peu de reconnaissance aurait traité mon fragile ego avec bienveillance, mais je ferai sans. Peut-être est-elle rendue mal à l'aise par la situation – nombreuses sont les femmes qui n'aiment pas un étalage de violence, si anodin soit-il. Peut-être est-elle touchée par l'aura qui semble se dégager de moi, et que personne ne supporte véritablement. Cette aura dont je ne sais rien mais que je devine tangible.
Pourtant, quelque chose me murmure qu'elle n'est aucunement influencée. Un regard coule sur le serpent qui lui sert de bijou – peut-être son sang est-il aussi froid que celui du reptile, dans ses veines. Je fais la moue lorsqu'elle reprend la parole, incertain. Les doutes se confirment lorsqu'elle pose les yeux sur le chiot – je souris, amusé. Serre néanmoins la bête contre moi avec davantage de fermeté. Sa langue court sur mes doigts ; elle se délecte finalement des quelques gouttes écarlates qui perlent au bout de mes doigts, roulent le long de mon poignet, sèchent finalement avant d'atteindre l'avant-bras. Me laissant même aller à un rire bref, sûrement un peu jaune, je la dévisage un instant. C'est marrant ; à une époque, ce sont les reptiles dont elle s'entoure qui auraient mérité davantage d'attention. On aurait été tenté d'en faire des accessoires, des fringues, des trucs plus inutiles les uns que les autres. Aujourd'hui, c'est un chien qui suscite l'envie – pour sa chair, pour l'idée d'un bon repas. Les priorités courent avec le vent et nous perdent. Arrachant ma main à l'emprise de Orka, je la pose sur son crâne, inconsciemment protectrice. Alors, après une hésitation, je réponds, sarcastique :

« Ah ouais, merci du conseil. Bah, elle sera bientôt suffisamment grande pour plus qu'les crevards la regardent comme un rôti. » Un sourire aux lèvres, je l'observe. Crevarde, ouais. « Et j'dois m'inquiéter de qui ? Eux, ou vous ? Un coup d’œil vers le serpent autour de son cou accompagne les quelques mots. Ce sont ces saloperies de reptiles qui veulent bouffer le clébard, ouais – feignant de n'être nullement inquiet en leur présence, j'ai malgré tout un mouvement de recul. Ouais putain, je déteste les serpents – sournois, fourbes, ils se glissent dans l'obscurité et guettent la fragilité d'une proie. Passant les doigts dans les poils du chien, je la réconforte silencieusement – Mais oui, tu seras bientôt aussi grande qu'un poney, ma jolie. La femme reprend la parole, aussi froide qu'un putain de glaçon, et je l'observe sans mot, un instant. Le temps d'une seconde, puis deux, puis cinq. Si je cherchais aveuglément, naïvement, la chaleur d'un corps pour la nuit, c'est complètement foutu. Peut-être est-ce un signe, me dis-je amèrement. Un signe qu'il est temps d'arrêter de chercher à combler la solitude nocturne, par tous les moyens, et rien d'autre. Pourtant pas prêt à le faire, je chasse l'idée saugrenue de mon esprit. « Ouais. Bien sûr. » J'ai envie de balancer une saloperie, une saloperie qui me brûle les lèvres et remonte le long de mon gosier. Mais cette femme, je ne la connais pas – peut-être sera-t-elle plus affable après quelques minutes, peut-être a-t-elle besoin de prendre confiance. Elle ne sera sûrement pas aussi désagréable tout le temps que ça durera, me dis-je, l'espoir portant allègrement mes mots. Posant le chien au sol, je relève un regard vers la femme. Amusé, soupçonneux à la fois, je souffle, détachant les deux mots soigneusement : « Pas touche. »

D'un mouvement leste, je m'approche des corps gisant au sol. Il était sûrement inutile de les tuer, me dis-je vaguement. Les mains courent sur leur veste, s'immiscent sans gêne dans une intimité qui ne leur appartient plus vraiment. Se fourrent dans les poches, fouillent sans vergogne. Dans ce monde, il n'y a plus vraiment de honte à avoir, plus de honte à ressentir d'agir de cette façon. Ceux qui sont morts n'en auront plus besoin. Glissant deux tickets restaurateurs dans l'intérieur de ma veste, je récupère enfin tout ce qui a un semblant d'intérêt – un chargeur, un peu d'argent, des clopes. Je me redresse et secoue un petit sachet entre mes doigts – la poudre blanche s'y balance d'un côté à l'autre, un peu tassée malgré tout. « J'vais pas m'en servir, t'en veux ? Pour égayer tes soirées. » Un sourire étire mes lèvres, narquois. Le tutoiement s'immisce naturellement, vieille habitude qui n'en démord pas. Encore une fois, le contexte est essentiel – c'est difficile de vouvoyer les gens, de conserver cette distance polie, lorsqu'on partage les mêmes soucis, qu'on patauge dans la même merde. C'est même, à mes yeux, un peu hypocrite. Alors je ne me force pas, peu enclin à tordre mes habitudes pour une bienséance qui se meurt, emportée dans la houle aveugle de l'apocalypse.
Me rapprochant d'elle, je fourre le sachet dans ma poche – n'importe qui au Little en fera bon usage. « Bon, j't'escorte jusqu'où, exactement ? » Le chien nous suit tranquillement, disperse ses urines un peu partout dans la rue, passe d'un côté à l'autre de mon corps. « J't'ai vue, à l'intérieur. C'était... particulier. T'as une putain de connexion avec eux. » Un regard, à nouveau, vers le collier ; je me demande un instant où sont les autres. Sur scène, ils étaient plus nombreux. Les prunelles glissent le long de son corps une seconde, les imaginent camouflés ici ou là. « Tu danses tout l'temps ici, ou t'es une sorte de, j'sais pas, d'itinérante ? Question strictement professionnelle, bien sûr... » Un sourire goguenard étire mes lèvres et j'enfonce les mains dans les poches de ma veste.

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MessageSujet: Re: Gently - Sienna   Dim 9 Juil - 22:49


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Elle peut sentir sa retenue à des kilomètres, imprégnant l’air d’une odeur particulière. A l’image d’un animal sauvage retenu en cage, forcé de contenir sa férocité pour ne pas être exposé. Sienna connaît parfaitement ce sentiment, bien trop familier à son goût. La métamorphe dissimule sa double nature depuis des années, contrainte de garder le serpent en sommeil afin de refouler ses pulsions assassines. Hélas, le temps n’efface rien, il attise l’envie, le besoin, le désir. Au fond de son être, une violente lutte se livre au prix de son humanité. Et d’une certaine façon, il lui semble l’apercevoir dans le regard de son interlocuteur. Comme un cri de désespoir dans l’obscurité, étouffée par un brin d’espoir que la nuit ne parvient à désamorcer. En somme, une bombe à retardement. Le calme dont il fait désormais preuve l’interpelle au plus haut point. Elle l’observe d’un air perplexe, tourne la tête d’un côté puis de l’autre, manifestant un temps de réflexion. Sa question l’amuse, consciente des regards venimeux qu’il décerne à son compagnon reptilien. La jeune femme le dévisage avant de finir par lui fournir une réponse adéquate. « Pourquoi choisir ? Cela serait du gâchis. » L’espace d’un instant, ses yeux percutent ceux de l’inconnu. Ils semblent chercher ce quelque chose qui le différencie du commun des mortels. Cette petite étincelle ensevelie qui attend de pouvoir se libérer. Cette ressemblance qu’ils partagent sans même en avoir conscience.

Les corps inertes au sol ne parviennent à susciter son attention. Au contraire, insensible, elle ne se sent pas vraiment concernée par le sort de ces malheureux. Le monde connaît un tournant plutôt chaotique, alors des victimes, il en pleut sans cesse. « Qui a dit que j’avais besoin de les égayer ? »  D’une voix presque mélodieuse, elle jette un froid supplémentaire sur l’atmosphère de la ruelle. Pourtant, son comportement laisse supposer le contraire, prête à sillonner le quartier aux côtés de son bienfaiteur. Sa proposition acceptée, il ne lui en faut guère plus pour se mettre en route. « Tu verras. » Sienna possède l’art et la manière de liquider une question. Quelques mots, un bref regard glacial et le tour est joué. Néanmoins, elle ne se ferme pas complètement à son interlocuteur, alternant ainsi entre distance et proximité. En effet, l'hybride lui accorde rapidement le tutoiement, concédant peu d'importance à cet attrait de langage. « Je viens certains soirs avec mon escorte. » Un sourire vient effleurer ses lèvres, amusée par les regards qu'il ne cesse de lui lancer, devinant pertinemment la raison de ces assauts visuels. Néanmoins, elle ne dit rien à ce sujet. « Et toi tu es un habitué ? » D'ordinaire, une fois sur scène, la danseuse effectue un panorama de la salle pour repérer les visages des spectateurs mais elle vient tout juste de commencer dans ce club.

Par conséquent, l'individu lui est aussi inconnu que les malfrats crevés dans la rue. Au bout de quelques semaines, sa mémoire sera capable de faire le tri. Pour l'instant, il lui faut traiter avec les informations présentes et surtout, les imprévus récurrents de son existence. « Je dois savoir si nos chemins vont se recroiser. » Confidence pour le moins étrange qui ne la déconcerte pas. A croire que Sienna pense chacun de ses mots, induisant alors une question évidente : pourquoi ? Pourquoi doit-elle savoir ? Que représente cet intérêt soudain ? La jeune femme n'en rajoute guère plus et son silence devient loquace. Ses doigts passent sur la peau écailleuse de la couleuvre, toujours suspendue à son cou, aussi froide qu'une nuit d'hiver. Toutes deux dévisagent l'homme aux multiples facettes. Proie ou prédateur ? Il est probablement des deux. Un mélange lunaire et mystérieux façonné par la nuit elle-même. De quoi retenir toute son attention. Inexorablement attirée par les ténèbres qui émanent des êtres de la nature, la métamorphe ne peut refouler son intérêt croissant à l'égard de cette créature. Est-elle humaine ? La réponse paraît simple, beaucoup trop simple pour être une conclusion définitive. Bien que l'anglaise ne soit pas en mesure de l'expliquer ni même de comprendre cette certitude crépitant dans son estomac, elle sait que la réponse est compliquée. Beaucoup plus compliquée...


Citation :
Ce message est destiné à toutes personnes susceptibles de vouloir plagier ne serait-ce qu’une phrase de ce rp m’appartenant. Sachez que cette action est un crime punissable par la loi et que je n’aurai aucun problème à la faire intervenir si vous décidez de ne pas respecter le droit à la propriété intellectuelle comme le disposent les articles L122-1, L122-4, L335-2, L335-3, L335-9.
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Gently - Sienna

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