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 The devil in me [PV Matthias]

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: The devil in me [PV Matthias]   Dim 11 Juin - 19:43

The devil in me
Shine too bright, I burnt the candle. Flew too high. I won't take anyone down if I crawl tonight. But I still let everyone down when I change in size. And I went tumbling down tryna reach your high but I scream too loud when I speak my mind. I don't wanna wake it up, the devil in me. Gotta wake up, come back to life.


La carcasse se tient au centre de la pièce depuis une minute, peut-être dix, sans doute vingt. Le danois se ment. Il croit pouvoir rester figé pour maintenir l’illusion en place. L’immobilité suggère la halte du monde. S’il ne remue pas, la réalité va peut-être se réarranger. Pendant cet intervalle, le regard converse avec le vide, il n’en retient rien. Ici, il ne se sent pas même chez lui. Le matelas traine dans la poussière, les vêtements s’empilent dans un coin. Pas de meubles, du vide à perte de vue, vision chaotique de l’existence qu’il mène depuis qu’il a atterri dans ce coin maudit. Seuls quelques objets se démarquent. Le sac qu’il a emporté avant la fuite et les quelques babioles qu’il a dérobé ci et là - conséquence directe de son esprit malade. Le peu de ce qu’il peut discerner l’écœure. Il aimerait tirer un trait. Arracher le décor à sa rétine, supprimer avec la même simplicité, la douleur qui lui comprime la poitrine. Il ne veut pas y penser mais la pression contre l’abdomen se charge de rattraper la conscience. L’arnaqueur entend encore son rire résonner dans sa tête. Tout ce qui lui reste, ce sont des impressions fugaces. Quelques fragments que sa mémoire a sans nul déformés, idéalisés. Des souvenirs auxquels il s’accroche désespérément après s'être obstiné à les confiner dans un coin de sa tête ces dernières années. La main remue, effleure la joue. Caresse qui se transforme en mutilation, les ongles s’enfoncent dans la chair. Blessure éphémère, elle se referme bien vite. Rien ne peut défaire l’emprise de la vérité sur la cage thoracique. Ni la douleur physique, ni l’impassibilité. La violence qu’il éprouve, est entière. Elle ravage l’esprit. Il trébuche en s’activant enfin, chute contre le parquet. Le menton râpe le bois, le corps ne veut même plus se relever. Alors il rampe jusqu’à la besace pour en extirper ses trésors les plus précieux.

Le bracelet d’Elena en premier, une photo qu’il ne parvient toujours pas à fixer sans sourciller et tout au fond, le seul vestige de leur famille encore en sa possession. L’alliance de sa mère qu’il a religieusement conservée. Symbole autant de la perte familiale que de l’union dont ils ont été issus. Il la porte machinalement à sa bouche un instant et s’excuse silencieusement. Il lui a juré de veiller sur Tobias, une promesse qu'il a dédié à un cadavre. Peut-être qu’elle n’en aurait rien à faire. Après tout, elle est partie de son plein gré, les abandonnant ainsi brutalement. Mais il n’empêche qu’il s’est assigné cette mission et qu’il a failli lamentablement, à plusieurs reprises jusqu'à cet instant ultime. La bague tournoie entre ses doigts. Il se surprend à lire les inscriptions, s’attendant presque à y dénicher une vérité quelconque qui l’aiderait à accepter. Seuls les prénoms de ses parents et la date du mariage le fixent en retour. La tragédie prend davantage d’ampleur. Il s’interroge sur les probabilités qu’aurait réellement un tel désastre pareil de se produire. Le suicide de la génitrice, le meurtre du géniteur et le décès du petit frère. Un rire matérialise son agitation, il se transforme presque instantanément en plainte. Des sanglots sans larmes, il est trop épuisé pour les concrétiser. Misérable, il se contente de ranger ses trouvailles. Sa main entre en contact avec le briquet que sa protégée lui avait un jour ramené. Des dessins osés se superposent sur le plastique, elle avait jugé que ça lui plairait. Une gosse insolente qui ne manquait pas d’audace, ni d’humour. Nerveusement, le pouce flirte avec la molette. La flamme n’intéresse pas le regard égaré de l’infecté.

L’escroc plonge la tête la première dans sa détresse. Il observe son chagrin de près, l’étreint jusqu’à recracher ses poumons sur le parquet. Le souffle manquant, il parle aux ombres, s’insulte sans s'épargner. C'est sa faute à lui. Quatre murs seulement pour capturer ses cris. Il en vient à blâmer la victime. Son cadet qui aurait dû rester vivant. Jusque-là il croyait s’être fait à l’idée de sa mort tout en décidant secrètement de sa survie. L’espoir démantelé et le vide concrétisé par la bouche de cette petite peste qu’il exècre. Pourquoi elle ? Pourquoi pas lui ? Comment a-t-elle pu échapper à un sort funeste quand son benjamin lui n’a eu d’autres choix que de succomber ? L’injustice a un goût de châtiment, saveur qui infecte l’esprit et propage l’idée d’un seul ricochet. Son crime, sa punition. Il a ôté une vie, on lui en reprend une autre. Les trois balles n’y ont pas suffi pour lui. Il aurait préféré. La carrure flirte avec les cloisons et dans la main, le déclencheur s’empresse de répandre le chaos.

Oswald s’en moque bien de ces gens menant leur petite vie, un étage plus bas. Il s’en fiche des autres, du mal qu’il leur causera. Il a besoin de gommer ses choix, de revoir ses options. Éteindre le feu à l’intérieur ou le laisser contaminer tout l’espace à l'extérieur. L’aliéné engloutit plusieurs goulées d’alcool, s’en tenant ensuite à une unique résolution. Il balance le récipient contre le mur, déversant ainsi les restes du contenu sur le début d’incendie. La fumée l’aveuglera sous peu, les toxines réduiront à néant ses capacités pulmonaires. La combustion totale de son Univers, un monde qui ne compte plus Tobias, ne mérite que ça. Las, le pyromane retombe sur son matelas et il attend. Déniche à proximité de sa position, éloigné du feu qui prend son temps pour ravager le coin opposé de la pièce, un autre flacon. La liqueur brûle l’œsophage. Il trinque avec ses fantômes en silence. On hurle en bas, ça tape contre le plafond. Il décide de ne plus rien entendre, se mure dans sa tristesse, serre contre sa poitrine le sac et ses inestimables trésors du passé. De moins en moins cohérent, de plus en plus porté sur sa folie, déconnecté par le choc de la révélation, habité par une vieille culpabilité qu’il n’arrive plus à refouler.

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It came to the end it seems you had heard. As we walked the city streets you never said a word. When we finally sat down, your eyes were full of spite. I was desperate, I was weak. I could not put up a fight. But where are you now ? Where are you now ? Do you ever think of me in the quiet, in the crowd ?
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MessageSujet: Re: The devil in me [PV Matthias]   Mer 14 Juin - 17:29


« And it burns burns burns... »

   
Oswald M. & Matthias P.
featuring


There’s a pattern in the system
There’s a bullet in the gun

(our hell; emily haines & the soft skeleton)


L’air avait un gout particulier ici, moite et ocre, l’or fébrile sur la langue et l’écrasante chaleur humide du bayou qui électrisait les sens. Les marais saumâtres environnants teintaient même les rêves poisseux de ses habitants. Matthias avait beau siffler sous la lune en cet instant, les longues jambes sur la balustrade du qg des pompiers de Jefferson, la chaise se balançant dangereusement sous son poids et son mouvement tranquille et l’uniforme leste sur son corps relâché, la fièvre avait raison d’une promptitude dont il était pourtant coutumier. Ici, les gestes étaient plus indolents. Le monde ralentissait malgré lui. La vivacité propre à la communauté docile se colorait d’un fanatisme bouillonnant que rien ne semblait pouvoir arrêter. On était loin, si loin, de son Oregon natal…

Matthias tendait l’oreille aux sons environnants, le porche le maintenant dans la pénombre, le silence compact en un manteau de ténèbres presque réconfortant. Une milice passa comme des fantômes de marbre sur l’autre trottoir et il leur fit un léger signe de reconnaissance, presque sans arrières pensées. On oubliait que chacun avait une histoire, chaque corps avait un parcours propre semés de crimes et de sacrifices. La milice était là pour protéger. La milice était là pour faire taire. Les deux étaient vrais.

Il était bien placé pour le savoir.

Le journal recouvert de lunes de café éparses trônaient au sol mais Matthias n’avait jamais aimé lire. Il aimait les voix – celles des autres- lui racontant des histoires, mais les lettres avaient toujours eu tendance à s’emmêler sous ses yeux clairs. Un chat noir sauta sur la rambarde et Matthias cilla, apportant un verre d’eau devenu tiède, à ses lèvres. « Un truc plus fort aurait pas été de refus… tu viens me surveiller Mistigri ? » Il réprima une grimace. Un chat noir. L’eau coula dans sa gorge dans un mouvement sec, les lèvres se gerçant déjà à nouveau sous la moiteur du pays.

Une odeur étrange vrilla l’air tandis que le téléphone se mit à brailler dans le bureau principal. Le temps d’y arriver que son supérieur avait déjà raccroché annonçant un incendie dans un immeuble vétuste à quelques blocs. L’alarme résonna entre les briques rouges réglementaires et Matthias hésita un bref instant. Il n’était que volontaire, trainant parfois ses guêtres parmi des hommes qui savaient se tenir les coudes sans juger ce qui avait été auparavant. « Tu viens. Je connais l’immeuble, pour l’instant parait que c’est rien mais faut se méfier… » Le châtain zippa sa tenue, les rangers lourdes et l’adrénaline pulsant dans ses veines.

( Il y a ces moments étranges où il regarde le feu et tout ce qu’il peut sentir c’est le sang et le sable de l’arène. La douleur est toujours aigüe près du feu. Elle est toujours salutaire également.)

Poussière, tu retourneras poussière.

« Y’a quelqu’un ? Évacuation!! » Certains étaient déjà dehors à dire vrai, pyjama doux et regards ébahis. Grimpant les escaliers, Matthias fit signe à quelques personnes de déguerpir. L’immeuble ne tiendrait pas s’ils ne faisaient pas vite, trop ancien, pas aux normes, des maisons en carton qui flottaient à même les terres sèches du sud. Rendez-lui ses lacs au bleu saphir, ses bois aux verts émeraudes, ses ciels lapis-lazuli… ici tout était inferno en devenir et il abaissa la visière sur ses yeux. « Bon sang, il est où le foyer ? » La première règle était de trouver l’origine du feu. Déjà en bas, ses collègues maitrisaient avec peine les flammes gourmandes. Les escaliers crépitaient comme tartines brûlés un dimanche matin. « Y A QUELQU’UN ???? » Un homme s’extirpa, la langue cajun mélodieuse aux lèvres. « J’comprends pas ! J'suis du nord... ah putain...» Les langues et accents du sud lui étaient ongles sur tableau noir. Il se sentait à nouveau en terre inconnue, sa lance lourde sous le bras. L’homme pointa le plafond dans de grands gestes et Matthias se pencha sur la balustrade. « QUATRIÈME ÉTAGE !! »

Lorsqu’il l’atteignit, la porte était déjà un souvenir dansant sous un soleil de chaleur liquide et un visage paisible semblait avoir y trouvé écrin. Pendant un bref instant, l’esprit de Matthias n’eut d’attention que pour la survie : les fenêtres devaient être closes, l’eau – si rare dans ce pays de vase et de boue – devait être aspergé comme fontaine gracieuse et l’homme devait être emmené en lieu sur. « Viens, faut pas rester là… » La silhouette lui sembla tout à coup familière mais il n’en pipa mot préférant ouvrir le jet d’eau sur les flammes. Celles-ci dévoraient déjà le plafond et les rideaux, déposant baisers de feu sur l’étage supérieur. Une des étagères sur le mur s’effondra presque sur l’homme. Le feu n’était pas trop grave mais il avançait inexorablement et la fumée qui s’en dégagerait serait tout aussi mortel.

Le jet d’eau cette fois-ci fut dirigé directement sur la silhouette dont le nom s’illumina dans son souvenir. « Fait pas le con Oswald. Remue ton røvbanan » Cul de banane était par excellence une insulte bien danoise que sa mère avait toujours adorée et que Matthias n’avait jamais vraiment comprise. Il enleva son casque le jetant vers Oswald pour qu’il le mette. « On est pas à Tivoli ici. » De quoi remuer un peu des souvenirs enfouis.

   

   

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memento mori
Il finit donc par comprendre qu'il était dans une situation que partagent beaucoup d'êtres humains, mais pas moins douloureuse pour autant, à savoir : la seule chose qui nous fait sentir vivants est aussi ce qui lentement nous tue.  ©️ by anaëlle.


Dernière édition par Matthias Petersen le Sam 22 Juil - 10:28, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: The devil in me [PV Matthias]   Jeu 13 Juil - 23:35

Les poumons accueillent les toxines avec empressement. Il respire le chaos, l’invite en son sein comme un vieil ami. Il le traite avec tous les égards, le berce, le gave de ses démons. Les flammes dansent dans l’esprit, ravagent l’espace. La chaleur à l’extérieur se dématérialise pour l’enveloppe ternie, engourdie par la solitude. Les frissons saccagent l’échine, secouent la carcasse désemparée. La sapidité nauséabonde oblige le soulard à recracher le nectar avec rage. La bouteille se fracasse contre la paroi rongée, alimente de son contenu, l’incendie à quelques mètres de là. L’idée de se projeter au cœur des dommages d’un seul et unique saut, de calciner sa chair sans plus d’émoi, lui parait séduisante mais la léthargie a repris ses droits sur sa seule personne. Le danois attend sa mort avec quiétude, certitude. Chaque seconde le rend captif des évidences, de l’intolérable vérité qui le sectionne en deux. C’est une agonie conscientisée, souhaitée. Chaque cellule de son corps se doit d’assimiler les faits avant de disparaitre pour de bon, emporté dans des enfers qu’il a lui-même crayonnés. En bâtissant son empire du vide, il ne repose plus que sur des cendres. Tobias occupe la pièce, l’habite avec facilité. L’endeuillé se projette leurs souvenirs depuis le début, suit ainsi la trame d’un film de mauvaise qualité, abimé par la vie et l’oubli. Il crève en silence de son mal être, se refusant à hurler pour offrir au désespoir le luxe d’une voix. Pantin du néant malgré lui, il se prête cependant à tous ses autres jeux en serrant ses membres agités, en les suppliant de se détacher, de s’éparpiller à tous les vents. Si ses doigts le pouvaient, ils iraient chercher le palpitant directement, l’arracheraient à la poitrine. Qu’il cesse de peser si lourd. Qu’il cesse de frapper la cage thoracique, d’avaler la moindre de ses pensées sensées.

Au milieu de la déroute, les coups, les cris et l’intrusion. Avec lassitude, le pyromane accuse l’arrivée subite du pompier. Une trace de couleur dans un environnement monochrome, un morceau qui se détache de l'ensemble. Bien trop vif et bien trop mal agencé dans cette fresque ternie. L’étranger rejoint donc son sanctuaire de perdition et le souille de sa bienveillance. Aucun regard pour la silhouette, aucune attention portée à son prétendu sauveur. Les paumes relâchent le butin sauvegardé, délaissent la dernière parcelle d’émotion présente dans la pupille. Éteint et évanoui, Oswald sombre dans une sincère indifférence pour le présent, à l’ombre de la douleur qui lui ravage le cœur. Avec une insolence caractéristique, il se surprend à saisir une cigarette, à la déposer au creux de ses lippes tandis que les injonctions coulent sur lui sans y laisser la moindre marque. Même l’eau ne parvient pas à le tirer de sa transe. Jusqu’à ce que la langue natale le tire de sa torpeur, cette saleté de dialecte qui le renvoie toujours plus à ses origines, à sa famille. A son frère. Les yeux fusillent l’homme. La surprise dérange les traits consumés par la rage avant que le détachement ne se réimpose ultimement bien que les questions demeurent. Qu’est-ce qu’il fout là celui-là ? Un autre spectre d’un passé néanmoins plus proche. Ça n’a aucun sens mais comme rien ne semble en avoir aujourd’hui, il décide de compiler avec cet imprévu de taille. « T’aimes ça la banane flambée ? Je peux agiter mon cul en direction des flammes si ça peut te faire plaisir. » Il arrache une clope sèche à son paquet, balance l’autre imbibée à terre. Le briquet lui apporte vite une délivrance sommaire, il tire plusieurs bouffées de nicotine sans s’encombrer du danger, sans esquisser ne fusse qu’un mouvement en direction de la porte. Il reste immanquablement cloué au sol et rejette même d’un coup de pied rageur le casque que Matthias lui a si généreusement envoyé.

Son mépris pour l’humanité, pour le destin et toutes ces fatalités est alors rejeté sans la moindre once de sensibilité. « Je devrais peut-être me sentir flatté et même spécial, une de ces célébrités écervelées me fait l’honneur de venir à mon secours. Quelle chance. Tu ferais mieux d’aller signer des autographes dans la rue plutôt que de résoudre un problème qui te dépasse. Puis qu’est-ce que tu en sais que ça y ressemble pas ? Tivoli, t’y as jamais été à ce que je sache ? » Un ricanement maussade lui échappe tandis qu’il va jusqu’à s’allonger sur son matelas avec nonchalance. Ses fringues lui collent à la peau, sensation détestable qu’il balaie pourtant face à l’ampleur de la situation. « Tu ferais mieux de pisser dessus, ça sera peut-être plus efficace et ça fera du spectacle en plus pour les voisins. » Un hurlement dans la cage d’escaliers soutient sa plaidoirie, quelqu’un n’a pas été évacué. Sans doute la vieille qui fait pousser quelques affreux géraniums sur le toit. Sénile et malentendante, elle représente une attraction à elle seule avec sa perruque bon marché mal calée sur sa tignasse grisonnante. Sans jamais se départir de son audace, l'arnaqueur poursuit laconiquement, se rappelant des appréhensions de son ancien allié superstitieux. « Ou mieux jette du sel par-dessus tes petites épaules pour conjurer le mauvais sort et prie pour un miracle parce que je compte pas bouger de chez moi. Ici, c’est ma piaule, vieux. Tu peux m’arroser autant que ça te chante, je vais pas me transformer en sirène et réclamer mon océan. » Aucun bluff concernant ses intentions, il ne fait même pas mine de rouler sur le côté quand les flammes se mettent à grignoter la parcelle de plafond au-dessus de sa position, quand quelques morceaux de bois échaudés s’en détachent et retombent à seulement quelques centimètres de sa tête. Le péril l’a toujours stimulé et désormais, il le sauve d’une façon que son acolyte ne pourrait et ne devrait comprendre.

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MessageSujet: Re: The devil in me [PV Matthias]   Dim 23 Juil - 15:41


« And it burns burns burns... »

   
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« T’aimes ça la banane flambée ? Je peux agiter mon cul en direction des flammes si ça peut te faire plaisir. » Le visage de Matthias s’allongea sévèrement et le jet d’eau fut dirigé sans cérémonie droit sur la clope allumée et la frimousse, toute aussi allumée, d’Oswald. Merde. Le type était suicidaire ou quoi ? On n’avait pas idée de s’allumer une clope maintenant. Pourquoi pas des bougies d’anniversaire tant qu’on y était ? Pour fêter quoi ? La petite voix en alarme lui fit abaisser le tuyau et réduire le débit trop puissant de la vanne. Quelque chose ne tournait pas rond, ou plutôt, Oswald tournait en rond et le monde ne le savait vraisemblablement pas.

La dernière fois qu’il l’avait vu c’était à New York, une autre vie et d’autres mœurs. Matthias y avait effleuré la vie mondaine et cosmopolite des starlettes qui avaient foulé sang et sable, une vie technicolor, tellement lumineuse qu’elle vous empêchait de voir la boue qui restait indubitablement scotchée à vos basques et dans laquelle vous pataugiez allègrement.

Oswald avait remplacé sa cigarette de façon nonchalante, le geste désabusé et le sarcasme tonitruant au bord des lèvres. Il l’avait toujours été du reste, le verbe clair et le cynisme en visière. Le coup de pied sur le casque lui fit froncer les sourcils. « Putain Oswald, merde, on a déjà du matériel miteux, shoote pas dedans. Tu fous quoi là ? » Il eut un soupir. Le danois était bien éméché et c’était comme voir un lion en cage. « Ecoute oncle Picsou, mon autographe je vais le coller sous ton nom si jamais le gérant de l’immeuble porte plainte. Arrête de déconner. » Il ne le ferait pas, évidemment. On ne voulait pas que qui que ce soit intervienne : l’argent était rare et les autorités peu compréhensives après tout. Les arènes grouillaient de faux criminels à la mie de pain, de types ou de gonzesses ayant été au mauvais endroit aux mauvais moments parfois avec la mauvaise attitude.

L’insulte glissa et Matthias secoua son visage. Il avait l’âme encline à la tendresse agacée malgré lui, le désir de lui mettre une belle tarte tout en lui promettant de lui payer une grenadine. « Me casse pas les miquettes avec Tivoli, tu sais ce que je veux dire... » Matthias s'était renfrogné. Il aurait aimé voir Tivoli à vrai dire, ou le Danemark tout court, mais il n'en restait plus rien depuis l'apocalypse. Cendres et fumées, comme ici.

Un cri sembla venir de la cage d’escalier et le brun cilla lentement. « Ou mieux jette du sel par-dessus tes petites épaules pour conjurer le mauvais sort et prie pour un miracle parce que je compte pas bouger de chez moi. Ici, c’est ma piaule, vieux. Tu peux m’arroser autant que ça te chante, je vais pas me transformer en sirène et réclamer mon océan. » Matthias fronça le nez avant de disparaître dans la cage à escalier. « J’ai trouvé la source, c’est sous contrôle !! Évacuez ! » La fumée était parfois plus toxique que les flammes en elles-mêmes et le vainqueur oublié aspergea à nouveau l’appart qui serait probablement saturé d'humidité dans quelques jours. Oswald ne pouvait plus rester ici. « Tu veux te fumer c’est un truc, mais tes voisins j’ai envie de te dire qu’ils s’en branlent. A moins que t’avais dans l’idée d’un barbecue géant… » La toux lui gratta la gorge provoquant un premier haut le cœur. Les flammes s’étaient vues remplacés par un nuage gris et Matthias alla ouvrir la fenêtre, couvant d’un œil inquiet les foyers d’incendies encore rougeoyant sous la braise éteinte. La main agrippa dans un mouvement rapide le casque au sol le déposant sur une table qui s’effondra.

Les nerfs commençaient à diablement griller.

« Bon, tu vas me dire ce qu’il se passe. C’est quoi ? Ta nana n’a pas voulu te faire un bisou ? Je t’ai trop manqué ? Je comprends, mais je suis là donc plus besoin de jouer à la torche humaine. »
 

   


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: The devil in me [PV Matthias]   Sam 12 Aoû - 2:24

Les réalités se superposent le temps d’une illusion mais la perspective demeure. Il y a le premier plan, cette dimension où Matthias s’échine à arracher l’enveloppe au lieu damné. Et il y a le second, celui où Oswald se retrouve piégé. Coincé dans un entre-monde bâti d’hallucinations et de souvenirs, le danois se surprend à amener sa folie au centre de la pièce, de son propre chef. Les spectres sont un doux rêve alors que la réalité s’apparente davantage au cauchemar fantasque. La perte d’Elena pèse encore trop sur sa poitrine pour y ajouter si vite le poids de celle de Tobias. Une charge différente, une souffrance ancrée bien plus sournoisement dans la chair. Une brûlure qui débute dans la gorge, dégringole la cage thoracique pour atteindre le nombril et se propager dans l’être entier très vite. Comment peut-il lui parler d’incendie à l’extérieur quand le feu a déjà tout saccagé à l’intérieur. Les yeux se perdent toujours sur le plafond en décomposition partielle. Il prend de longues inspirations pour inviter les toxines dans ses poumons quand son interlocuteur s’acharne toujours plus, tente d’invoquer un peu de lucidité d’un humour bien trop léger pour une situation aussi dramatique. Peut-être que ça provient d'une habitude, celle de traiter avec des autres, de ceux que l’escroc juge de faibles d’esprit. Les influençables, les pauvres fous qui placent leur confiance dans les plus mauvaises mains et s’étonnent ensuite de recevoir quelques coups. Ce genre d’approche ne peut fonctionner sur quelqu’un qui n’a cessé de construire des allées à ses vices et des cimetières à ses vertus. Un ricanement lui échappe, soumet sa raison à son inébranlable démence. La distraction ne suffit pas à décourager l’enhardi. Pendant quelques instants, l’arnaqueur s’est surpris à le souhaiter. Pourvu que sa voisine se casse la jambe, que le sauveur inopiné soit contraint à évacuer lui aussi, la vieille femme entre ses bras. Et qu'il le laisse en paix. Les paupières basculent une fois de plus. Il ne peut conquérir la sérénité, pas tant que la guerre se fera au-dedans.

Suffisamment irrité par la présence oppressante de son ami, l’égaré se permet d’annoter une manœuvre qui renforcera inéluctablement les flammèches restantes. La fenêtre s’ouvrant ainsi et attisant la braise. « Merci de m’aider à parachever cette belle œuvre. Donne un peu d’air au feu en ouvrant la fenêtre, histoire que ça prenne plus facilement. Si t’as pas fait l’école des clowns, t’as au moins dû passer par celle des cons, non ? » Le pousser à bout jusqu’à ce qu’il agisse réellement. Les bienfaiteurs et les pacifistes ont toujours eu le don d’agacer le malhonnête. Il se méfie particulièrement de ce genre de bienveillance gratuite, il a suffisamment perdu foi en l’Homme pour ne pas croire le premier venu. Quand bien même, cet homme lui a prouvé à maintes reprises sa profonde bonté, il refuse d’acheter cette attitude. C’est facile de se donner le beau rôle après tout. « Tu sais bien que je m’enflamme pour toi, mon petit Matty. Qu’est-ce que j’y peux ? Pas besoin de jouer aux jaloux en ce qui concerne mes autres conquêtes. Viens donc là et admire la fin du monde. » La paume tapote le matelas, l’invite à s’installer juste à côté de lui. D’un même temps, il se redresse pour aviser l’étendue des dégâts.

Relativement lassé par ce petit manège, le pyromane continue sur sa lancée, sans s’encombrer de la moindre émotion. « T’es là pour me faire subir une thérapie ou pour pouvoir garder ton job en balançant de l’eau sur tout ce qui crame ? Depuis quand tu te la joues pompier d’ailleurs ? C’est pour attirer l’attention des gonzesses ? Faut dire que bon, le coup du héros miraculé qui embrasse ses biceps, ça pouvait pas marcher cent ans. La célébrité éphémère, ça doit être dur. Plus personne ne se souvient de qui t’es et de ce que t’as fait, pas vrai ? Tu dois pas super bien l’encaisser. Tout ça pour ça. Je te filerais bien une pièce pour la peine. Ca paiera pour le matériel miteux ainsi, hein. » Ironique que ça vienne de celui qui va sûrement se retrouver à la rue, une fois de plus. Accumuler les richesses pour les dilapider aussi vite, l’histoire de sa vie. « Je vais pas bouger le cul d’ici, tu l’as déjà capté. Enfin, je crois. Pas bien certain que tout soit raccordé correctement là-haut, je t’avoue. » L’index tapote la tempe gauche frénétiquement pour souligner l’énième affront. L’éméché ignore après quel genre de réaction il court ainsi. Etre abandonné à son triste sort ou bien frappé, mis en pièces. Tout sera plus simple que de sortir de là pour affronter un monde où son frère n’existe pas. « Tu crois vraiment que tes menaces m’inquiètent ? Colle-moi un procès, fous-moi dans une arène, qu’est-ce que j’en ai à foutre ? T’aimes ça les arènes toi en plus, pas vrai ? Tu sembles avoir la conscience bien clean, l’ancien gagnant. Rappelle-moi comment t’as fait pour atteindre le podium ? Et dire que ça veut sauver la veuve et l’orphelin… » Il rigole nerveusement, enfonce ses ongles dans son misérable support et attend encore, que quelque chose se produise.

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MessageSujet: Re: The devil in me [PV Matthias]   Mar 19 Sep - 20:13


« And it burns burns burns... »

   
Oswald M. & Matthias P.
featuring

Il emmerdait secos à danser dans le feu comme ça. Danser sous la pluie ça c’était déjà vu, mais au milieu des flammes ? « Tu sais ce qu’on dit Oswald, lorsqu’on n’attend plus que la mort, c’est qu’on peut être certain d’être encore en vie. Tu t’enflammes pour tout. Prière d’arrêter d’avoir le cœur au niveau des yeux et ramène ton cul vers la sortie. De toute cet immeuble est moche… au moins je comprends pourquoi t’as voulu en faire un barbecue. » Ah là là, il allait falloir lui mettre une beigne hein ? Ça allait finir en pugilat et il avait des fringues de pompiers. Le gouvernement n’était pas spécialement porté sur la sécurité du chaland pour remplacer aisément ce genre de matériel et Matthias eut une moue agacée. « La fin du monde je l’ai déjà vu. » De sable et de sang. Du rouge toujours. C’était la couleur, non ? Quoiqu’on fasse il y avait toujours du rouge de partout.

La chaleur environnante lui fit tirer sur son col noir. Il y avait une fascination souterraine et malhabile pour la rapidité intraitable des incendies. Le feu avait la propriété double d’être bienveillant et assassin. Soi l’on apprenait la prudence face à un tel élément, soit on crevait derechef.

Visiblement Oswald avait décidé de tenter la seconde option.

« Je suis là pour… » Matthias accusa le coup, la ligne de la mâchoire se faisant tranchante sous le poids des mots dur à avaler. Ça n’avait rien d’un jeu, ou peut-être que si. Peut-être qu’Oswald avait raison que tout ceci était une mascarade à la con qui visait à soulever de la zouze. « Ta geule. » L’ancien victor des jeux fronça le nez, un pli sévère sur les lèvres avant de se fendre d’un haussement d’épaules. « Je veux pas que tu me fasses une dissert’ en trois points sur ma vie, je la connais figure toi, j’ai eu des billets VIP, first class, position balcon. Je veux que tu utilises le grain de maïs que t’as chopé par hasard et qui soi-disant te sert de cervelle avant qu’il ne se transforme en popcorn caramel. Le feu ça brûle… au cas où tu saurais pas. Allez, viens... » L'autre ne bougeait pas, c'était à s'arracher les cheveux! Oswald était en cet instant l’équivalent d’un troll superstar à gratter pile où ça faisait mal.

Il fallait offrir parfois ce que le public désirait, Matthias était bien placé pour le savoir. Il avait été tendre, vert, encore rond d’une jeunesse effacée quand il était entré dans l’arène. Le gouvernement avait réparé ça, lui avait donné des angles et des imperfections grenat. « J’avoue, le rouge ça te va bien. » Siffla-t-il en venant vers lui. « Tu m’en voudras pas mais si je dois te traîner… » La fumée se faisait plus épaisse et le jeune homme tira le tuyau d’incendie et se mit à tourner avec autour d’Oswald. « J’espère que t’as bu assez pour que mon tour fonctionne… tu sais comment j’ai gagné au fait ? Je t’ai déjà raconté ? » Il n’avait jamais été un fin stratège, avait été un cancre absolu à l’école, préférait nettement mater les jambes de ses camarades de classes plutôt que le tableau derrière le prof, mais il avait la survie innée et d’un coup sec il tira le tuyau lourd, le nœud se refermant autour de son camarade. Ce dernier pouvait en sortir et s’il le faisait il faudrait recourir aux poings. « Les hommes sont des imbéciles. On m’a demandé de réciter une prière devant chaque combat… ça faisait bien avec le peuple américain, ça me rendrait chouchou. Ça a marché je t’avoue. J’en avais une géniale, comme je faisais que mimer, personne n’a rien vu. » Matthias se rapprocha de son ami, un œil inquiet sur l’état de la chambre. « Protège-nous de nous-mêmes. Si tu peux pas, fais-en sorte que ce soit rapide et sans douleur. »

Sous le feu, il pouvait presque sentir l’odeur lointaine de ses souvenirs.

   


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MessageSujet: Re: The devil in me [PV Matthias]   Lun 2 Oct - 1:18

La voix adverse se mêle aux crépitements. Étrange comme la mémoire se manifeste parfois, renvoie quelques impressions imprécises et pourtant, porteuses d’une puissance émotionnelle inégalable. Le feu dans l’âtre, les jambes repliées pour accueillir le poids salutaire du bambin. Contre lui, Tobias n’avait pas trois ans. L’adolescent qu’il était, s’en occupait parfois un peu trop comme un adulte, quand la mère ne parvenait pas à gérer toutes ses tâches. Elle assumait deux rôles après tout. Un regard vers l’extérieur, tout en se détachant du gosse qui jouait en toute innocence, le danois observait le paysage. Il ne neigeait pas, encore un noël qui ne serait pas blanc. Les décorations avaient été accrochées, l’odeur des bûches se désagrégeant dans la cheminée se mêlait aux mets que la génitrice leur avait préparé toute la journée. Papa n’est pas là, leur avait-elle dit. Papa ne viendra pas, il n'y aura que nous. Tant mieux qu’il avait pensé alors, Oswald. Il avait dressé le couvert plus tard dans la soirée bien déterminé à ne pas laisser leur père gâcher leur soirée. Et il avait réussi à les faire rigoler. S’il ferme les yeux, il peut s’y retrouver dans ce salon à partager cette couverture avec eux, à se sentir en sécurité. Entier. A croire que chaque séparation, chaque absence a morcelé son être en un millier de morceaux. Depuis combien de temps ne se ressemble-t-il plus ? Ça a débuté avec le suicide de la mère, ça s’est poursuivi avec le départ de Lisa et ça s’est achevé avec l’adoption de son cadet. Tout cet enchainement a provoqué inéluctablement la suite. L’homicide involontaire, les méfaits plus ou moins graves. Elena devient une lueur au milieu de cette temporalité bien sombre. Mais elle aussi, il l’a perdue. Il étouffe ses cris contre ses lippes serrées, aucun son pour exprimer le désespoir qui fond sur sa carcasse d’ordinaire si éteinte et si détachée.

Alors que l’esprit divague de plus en plus qu’il aspire les toxines avec toujours plus d’empressement, l’autre émet quelques commentaires qui l’atteignent à peine. Il est vrai qu’il n’a pas la cervelle en place, il n’a accumulé que les mauvaises décisions. Jamais, il n’aurait dû laisser une autre famille prendre soin de son frère. Jamais, il n’aurait dû tendre un piège à leur géniteur dans Son dos. Trop tard pour revenir en arrière. Et trop tôt pour aller de l’avant. Il reste bloqué dans cet entre-deux qui ne l’intéresse franchement pas. Quand il repose son attention sur Matthias, c’est à peine si la vie illumine encore la rétine. Il l’écoute, sa petite histoire. Il peut presque se dépeindre les scènes, annote l’émotion qui fissure légèrement l’assurance de son comparse. Ils ont tous connu leur bataille, perdu des guerres. Et tout ça pour quoi au fond ? Le timbre de l’infecté repart avec plus de lassitude que jamais. Subsister lui demande trop d’énergie. « C’est jamais assez rapide. Et rarement sans douleur. » Il hausse des épaules, repense à la rouquine sans le vouloir. Le cœur déjà trop serré, se crispe davantage. La main comprime la poitrine en réaction. Pour palier à cette démonstration de mal être, il reprend avec toujours plus de nonchalance dans la voix. « Je me suis pris trois balles dans le thorax un jour. Je te le déconseille. La meuf avait beau être bien roulée, je vais te dire, elle valait pas la peine que je me bouffe la haine de son mec. » Quand il y repense, ça aurait été bien que ça se termine juste là. Un moment d’extase, une mort digne de ce qu’il est. Peut-être que la gamine serait encore en vie.

Se plonger dans ses réminiscences ne lui apporte rien. Alors il se penche sur celles de son acolyte. « Ça a vraiment fonctionné le coup de la prière ? Les gens sont cons, putain. Si y avait un Dieu, je lui cracherais à la gueule perso. Tu lui roulerais pas une pelle, toi, quand même ? » Les bras serrent les genoux subitement. Recroquevillé sur lui-même, il se permet de toussoter légèrement quand la fumée encombre ses poumons. Les paroles sortent sans son accord. Il n’y a plus rien de sensé dans son crâne, plus rien de réellement tangible. « Ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers, parait. T’sais quoi, c’est vrai. C’est pour ça que je vais sûrement pas crever, hein. Pour ça que j’ai toujours pas crevé d’ailleurs, pas faute d'avoir eu quelques occasions pour ça. Putain de fatalité de mes deux. » Quand un second morceau de bois s’effondre au-dessus de sa tête, il l’esquive sans même le vouloir. Les réflexes, l’habitude ou peut-être un sursaut d’instinct de survie. Il roule sur le côté in extremis et se cogne le front violemment durant la manœuvre, contre le coin d’un meuble. Légèrement sonné, il se contente de gémir et d’injurier les ombres.

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MessageSujet: Re: The devil in me [PV Matthias]   Sam 28 Oct - 14:51


« And it burns burns burns... »

Oswald M. & Matthias P.
featuring

Les vies des autres, on les effleurait du bout des doigts. On entendait les phrases à leurs propos dans un vide sidéral, l’empathie étreignant le cœur puis s’envolant comme fumée. « Il n’a pas eu une vie facile ». Puis plus rien. On acquiesçait doctement, l’œil compréhensif, on comprenait. Une vie pas facile ça vous résonnait dans l’âme, pile entre les côtes. Matthias ne savait jamais quoi dire, le sourire ou une petite blague en clôture pour ne pas laisser l’autre se faire liquide. Sa mère le lui avait si souvent dit : si on ne s’occupait pas du passé, lui venait toujours s’occuper de vous. C’était ça les vies pas faciles. Il avait eu de la chance Matthias, l’enfance en éclat solaire, de l’amour sur ses joues en forme de baisers, des rires près des lacs.

Les vies des autres, on les effleurait du bout des doigts mais la plupart avait des gants parce qu’on leur avait appris à en mettre.

« C’est jamais assez rapide. Et rarement sans douleur. » Matthias cilla, le regard glissant sur le profil du danois. Il était déjà si loin, Oswald, les souvenirs affluant sur la langue, le cœur en héritage pourpre. « On se bouffe toujours la haine de quelqu’un. » D’un mec, d’une fille, d’une névrose, d’un gouvernement, du monde… la haine c’était le sentiment le plus anormal et le plus récurent qui soit. L’erreur de l’Humanité. On vivait ensemble, les passions au bout des bras en se connaissant à peine, mais rien n’y faisait. Dans les beaux livres on se gavait d’amour, dans les beaux discours aussi mais la véritable constante, c’était la haine de soi, de l’histoire « pas facile ». La vie était trop immédiate, trop en gros plan. C'était le paradoxe. Le côté déroutant. Exactement le contraire de ce à quoi l'on s'attendrait. Car bien sûr on ne pensait jamais à ces relations, quand on les vivait, on ne pensait pas aux éraflures, aux moqueries et aux douleurs encaissées. Penser - réfléchir - supposait une dissociation, de la distance, là où Matthias sentait d’abord par le corps. La mémoire ne pouvait s'exercer qu'une fois éloignée de sa source alors personne ne savait pourquoi on haïssait tout comme personne ne comprenait pourquoi on aimait.

Des coups de foudre, il y en avait dans les deux cas.

« Ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers, parait. T’sais quoi, c’est vrai. C’est pour ça que je vais sûrement pas crever, hein. Pour ça que j’ai toujours pas crevé d’ailleurs, pas faute d'avoir eu quelques occasions pour ça. Putain de fatalité de mes deux. » Le pompier se contenta d’acquiescer, légèrement perturbé. Il préférait la simplicité, les questions ça n’amenait pas à grand-chose, se rendre compte que les corps n’étaient que de la pure mécanique, il y avait suffisamment fait face dans l’arène. En touches ocre et vermillon, la pulpe animale voulait jaillir des veines, toujours. Beaucoup trop. Il en avait conclu qu’on mentait aux gens, depuis la nuit des temps. C’était la faute des curés et autres grands prêtres qui brandissaient l’idée stupide que le corps et l’âme étaient dissociés. Matthias s’y refusait, ça ne faisait qu’un et quand on cessait de vouloir absolument le bonheur que d’un seul au dépend de l’autre, on allait franchement mieux. Les deux allaient de pair, les deux devaient être heureux. Ou pas. C’était selon la pente des évènements, mais on voulait vivre et respirer, la curiosité appelait à savoir de quoi serait fait demain, l’âme s’entremêlait avec amour et haine au corps offert.

Ce n’était pas que pour les autres les corps, c’était aussi pour soi.

Le brun regarda le danois rouler au sol et se cogner dans un bruit aiguë, un grognement étouffé. « Tu t’es fais mal. » De tant de façon. Ce n’était que justice la bosse. C’était bien foutu quand même le monde. « T’es con, bon sang. » Il y avait du soulagement dans la voix, ce souffle clinquant de répit. « Je te paye un café, allez viens… un café bien noir. » Couleur cendres, comme ce qu’il restait de l’appartement maintenant que les derniers foyers d’incendies fumaient comme souvenirs épars.

Il avait haussé les épaules quand ses collègues étaient arrivés, avait rendu sa veste en prétextant de la paperasse puis un interrogatoire du dénommé Madsen, avant dernier étage. En temps normal, les choses n’auraient pas coulés si facilement mais déjà le téléphone des urgences tonnait de sa musique stridente et le camion et ses tentacules d’eau repartaient vers d’autres histoires, d’autres tragédies.

Le haut lâchement noué à la taille, le t-shirt aux petits trous épars, Matthias rajusta Oswald contre lui avant de le remettre assis, la taille de la bosse sur son front arrachant un sifflement gouailleur. « Blessure de guerre. » Le sourire se fit léger. Bien sur c’était un suicide, un de poivrot en plus, quelle idée, franchement mais quelle idée… « T’sais, on n’est pas obligé d’être heureux pour vivre par contre le contraire… si. Refais plus jamais ça. Vraiment. » Les longues jambes se déplièrent. « Un peu d’eau sur la gueule et un café chez les gringos d’à côté. Ça me semble un bon plan… aussi t’as une piaule pour dormir parce que là on se croirait dans une mine ?… Appelle une de tes ex. au pire. » Gros sourire. Héhé.


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MessageSujet: Re: The devil in me [PV Matthias]   Ven 3 Nov - 22:08

Ils s’agitent autour de lui. Ils vont, ils viennent, se mélangent au décor avec imprécision. Les secondes deviennent minutes. Les interrogations se multiplient, arrachent au crâne mal mené de nouvelles salves de douleur. Il ne remue pratiquement pas alors que la ponctuation l’agresse. A chaque question, les scènes se jouent. Il n’a pas osé les  poser à la gamine parce qu’il avait peur de savoir. De connaître les détails sanglants. Mais l’imaginaire revête bien plus de périls encore que la réalité. Alors qu’il revit le drame, la raison revient le saluer, le prépare aux potentielles accusations de l’équipe ayant débarqué. La mécanique du mensonge ne s’est pas arrêtée au même moment que celle du cœur. La langue allongera donc les inepties. Et la bosse à la tête qui ne cesse de gonfler, jouera son petit rôle dans cette comédie. Le regard parcourt le paysage désolé, les fondations ternies par la calcination. Ici, les souvenirs empestent la solitude et la misère. Dans cet antre, le diable a débuté par un deuil et termine sur cette même note. Combien d’autres pans de son être devrait-il encore égarer entre ces quatre murs ? Au lieu de se retourner, il vaut mieux avancer. Les flammes n’ont pas invoqué l’aube, elles l’ont juste retardée. L’amertume fissure encore le palais et le chagrin, la rétine. La pupille éteinte, la carcasse repliée et l’esprit déconstruit, le danois devient une ombre. De celle qui avale le gris pour ne plus jamais distinguer le reste de la colorimétrie. Les odeurs âcres soulèvent l’estomac à quelques reprises. L’incendie ne passe pas à l’intérieur pourtant. Comment arrêter la propagation de ce mal là ? Les pharmaciens fournissent soi-disant les pilules du bonheur quand les psychologues prétendent pouvoir extirper la souffrance de la cervelle. Oswald, lui, ne croit à rien. Si ce n’est à la fatalité. Et la sienne, c’est de crever dans cette agonie émotionnelle lentement. Un jour à la fois. Résigné à son sort, il parvient tout juste à allonger le bras pour récupérer le sac qu’il a délaissé. Comme un môme égaré, il le serre à nouveau contre sa poitrine, oubliant sans doute qu’il n’étreint pas le corps des trépassés.

Les mots et le contact de Matthias le dérangent dans sa détresse, froissent ses convictions. Bien trop à fleur de peau, écorché jusqu’à l’os pour pouvoir maintenir le détachement initial. La moquerie s’effrite et au sourire, il ne répond qu’avec agacement. Dès qu’il le peut, il s’écarte, au maximum de son comparse et ne remarque même pas que les autres pompiers ont déjà fui le lieu du sinistre. «  Tu peux garder ta philosophie à deux balles pour ta belle gueule, pigé. T’es bien le seul glandu de ce patelin pourri à parler de bonheur alors que le monde est totalement foutu et qu’on est tous plus ou moins condamné à morfler sur le long terme. Je sais pas si je dois saluer ta connerie ou ta naïveté mais l’un ou l’autre, la ramène pas. » Le regard défie celui de l’interlocuteur. Sa proposition lui passe par-dessus la tête. Il ne peut pas lui dire que le goût de la caféine s’apparente à celui de la cendre. La combustion se poursuit toujours dans sa carcasse, inutile qu’il en fasse un rappel. Inutile qu’ils entretiennent de nouvelles conversations futiles qui n’aboutiront qu’à l’irritation au mieux et à la tristesse au pire. « J’ai pas besoin de toi. Ni de personne. Range ta putain de pitié et lâche-moi les basques. » Le pyromane se relève à ces paroles. Un vertige le surprend, l’oblige à s’appuyer contre une poutre encore stable. Foutue réflexe, maudite bosse.

Les doigts se raccrochent avec férocité à la sacoche qu’il compte bien emporter avec lui. Un grognement cherche à dissuader son acolyte de lui prêter main forte tandis qu’il tangue sur ses guiboles. « Va sauver le monde, fais-toi plaisir. Si ça te donne l’impression d’être quelqu’un et d’avoir un sens à ta vie. Ton petit déni doit être sensationnel. On dit toujours heureux les simples d’esprit.  Ça semble bien vrai pour toi. » Méchanceté gratuite pour s’assurer de ne pas être suivi. Le suicidaire s’oriente ainsi vers la sortie d’une démarche incertaine. Aucune destination. Ce ne serait pas la première, ni la dernière fois qu’il terminerait sa journée sous un pont de toute manière. Ça ne lui fait ni chaud, ni froid. Quant à l’homme qui l’a sauvé de multiples façons aujourd’hui, il se décide de ne plus y penser dès qu'il franchit le seuil et ne considère pas cet acte comme héroïque. Aucune dette à rembourser. Seulement un contretemps dont il se serait bien passé.

- Sujet terminé -

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❝ The darkness can descend, we can relish all the pain ❞
It came to the end it seems you had heard. As we walked the city streets you never said a word. When we finally sat down, your eyes were full of spite. I was desperate, I was weak. I could not put up a fight. But where are you now ? Where are you now ? Do you ever think of me in the quiet, in the crowd ?
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The devil in me [PV Matthias]

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