AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Because every single moment will be precious [PV Orfeo]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité

avatar





MessageSujet: Because every single moment will be precious [PV Orfeo]   Mer 14 Juin - 11:37

Ouvrir les yeux ce matin là n’avait pas eu l’air si compliqué. Mais si elle avait su les conséquences d’une telle journée, Kate aurait sans doute préféré les laisser clos. A la réflexion, se perdre dans les songes et l’irréalité des rêves avait quelque chose de bien plus rassurant que d’affronter une réalité qu’elle pensait définitivement éteinte. Au mieux. Le passé était quelque chose dont, bien souvent, on ne voulait pas se rappeler, et la concernant, c’était on ne peut plus vrai. Non qu’elle n’en apprécie plus la saveur des jours heureux ou n’adore plus leur paisible murmure. Mais il y avait des choses, dans cet autrefois qui est le sien, qu’elle n’avait pas le courage d’affronter. Sans doute est-ce stupide, tant elle n’est plus l’enfant innocente qu’elle était jadis et qu’une vie entière s’était écoulée depuis. Mais les stigmates d’un coeur arraché et piétiné ne s'effaçaient pas à grand coup de pinceau magique. Ou dans son cas, par l’archet d’un violon savamment maîtrisé. Le temps n’était pas seul à pouvoir panser les plaies, et pour tous ceux ayant connus l’Enfer, ce temps était une chose toute relative qui faisait presque aussi peur que le chaos lui même. L’esprit fêlé comme un morceau de verre le resterait, sans jamais pouvoir se réparer totalement.

Non vraiment, si elle avait su, elle serait resté au fond de son lit, sous les couvertures douces et moelleuses qu’elle avait la chance de posséder. La vie n’avait pas toujours souri à Kate et l’espoir s’était muré dans le silence, mais elle n’était finalement pas si mal aujourd’hui. En tout cas, la sorcière n’avait pas à se plaindre de sa situation pour le moins confortable. Riche pouvait-on dire, dans cette ère de chaos et d’horreur, dans cette vie misérable et pathétique. Riche et chanceuse, exerçant son art comme son métier, chose qu’elle n’aurait jamais pu espérer dans une autre existence. Chanceuse et protégée, par ce Gouvernement que beaucoup s’escriment à critiquer. Mais elle croit en lui, Kate, car il est bien le seul à faire quelque chose pour sauvegarder ce qui peut encore l’être, quitte à se salir les mains dans un bain de sang. Elle le sait, elle n’est pas idiote ni aveugle. Elle est seulement convaincue que c’est pour l’instant la seule et la bonne solution. Sans ce Gouvernement, elle ne serait sans doute pas à la place qu’elle occupe aujourd’hui. Et elle en tire une certaine fierté, assurer le contraire serait un mensonge. Et la jeune femme ne s’en cachait pas le moins du monde. Elle brillait par sa musique et sa fidélité pour la société actuelle. Même si on avait osé lui mettre un toutou sur le dos, elle n’en tenait pas trop rigueur aux instances supérieures.

C’était pour elles, d’ailleurs, que la jeune femme s’était levée ce matin là, quittant son bel appartement des grands quartiers pour se rendre dans le grand hôpital de la Nouvelle-Orléans. La poudre aux yeux, le mensonge, l’image et la réputation, c’était pour toutes ces raisons que la musicienne de talent et compositrice du Gouvernement s’était déplacée en personne pour jouer dans ces lieux que l’on pensait abandonnés par les politiques. Il était important pourtant de faire croire que les petites gens, perdus dans le flot d’une population à la fois trop grande et trop instables, attiraient le regard des plus grands. Qu’au fond, on ne les oubliait pas. La vérité était toute autre, et Kate le savait bien. Elle jouait d’ailleurs avec ces pauvres âmes abandonnés, son coeur blessé se nourrissant de ce mensonge faisant sourire les esprits fragiles. Qu’ils croient à cette lumière, qu’ils se réchauffent dans son sillage… car elle aurait tôt fait de disparaître. Et cette simple constatation ne l’ébranlait même pas. Elle se satisfaisait pleinement du travail qu’elle exerçait, peu importe la triste réalité.

Comme ils aiment et apprécient l’attention, ces pauvres hères qui ne connaissent sa musique quand sur le sable de l’arène ou tout ce qui ponctue les interventions du Gouvernement. Mais ils sont tous captivés par les notes qui chantent mélodieusement à leurs oreilles, envoûtant les esprits pour apaiser peut-être, tromper surtout. Quand le dernier morceau finit d’être exécuté, le tonnerre d'applaudissement fait vrombir les murs et l’air, flattant l'ego de la sorcière dont le sourire doux n’avait à aucun instant quitté ses lèvres. Elle salut ce public improvisé qui en vérité ne l’intéresse que peu. Elle les remercie, reçoit des acclamations et merci en retour. Quelques silences aussi, de ceux qui ne sont sans doute pas dupes. Eux, elle les ignore avec superbe avec un arrogant rictus. Puis finalement, elle décide qu’elle irait bien faire un tour dans l’hôpital pour rencontrer peut-être des patients moins mobiles. Certes moins par charité que caprice, mais les autres n’y voient que du feu.

Kate aura tôt fait de regretter la faiblesse de son caractère.

Il y avait cette chambre à la porte ouverte. Elle n’y aurait sans doute pas jeté un oeil si elle n’avait pas entendu le bip régulier d’une machine signifiant un rythme cardiaque régulier. Vilaine curiosité qui la fait regarder. Accablante douleur qui la fait tressaillir. A côté d’elle, un médecin chargé de la guider s’interroge soudainement de son état, la voyant s’appuyer l’espace d’un instant, faiblement, sur le mur à côté de la porte. Ce n’est rien, qu’elle répond. Ce n’est rien. C’est en tout cas ce qu’il devrait en être. Sans doute la croit-elle choquée par ce qu’elle voit dans cette chambre, de l’état du patient qui n’a rien de très flatteur. Mais ce n’est pas tant les bandages et tout le reste qui l’a fait s’arrêter sur le seuil. Elle le connaît, murmure-t-elle à l’intention du médecin. Et curieusement, elle ne sait pas pourquoi elle a accepté qu’il la laisse seule pour aller le voir. Elle ne sait même pas pourquoi elle va le voir. Si elle s’était seulement écouté, elle aurait fait demi tour pour mieux fuir plus loin, comme elle l’avait déjà fait bien des fois en la compagnie de cet homme.

Sans doute est-il temps d’affronter son passé. Mais elle n’a qu’une envie, reculer. Alors si elle pénètre dans la pièce et ferme la porte à sa suite, elle garde une certaine distance avec le lit. Les talons claquent légèrement sur le sol à chacun de ses pas, mais c’est sans doute sa respiration altérée, légèrement moins serein, qui trahi sa présence. Dieu merci, il a les yeux fermés. Car elle n’est pas certaine, Kate, de pouvoir affronter un regard qu’elle déteste autant qu’elle l’a autrefois apprécié.
Revenir en haut Aller en bas

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 281
↳ Points : 234
↳ Arrivé depuis le : 01/10/2016
↳ Age : 21
↳ Avatar : James McAvoy
↳ Age du Personnage : 30 ans en apparence & 785 en réalité
↳ Métier : Sapeur Pompier;
↳ Opinion Politique : Le monde a besoin d'un Gouvernement. Mais pas de celui-là.
↳ Niveau de Compétences : 2, création d'illusions et guérison 3
↳ Playlist : Danse macabre ~ Delain / Innocence ~ Tarja / Edge of the blade, Beyond the Matrix ~ Epica / We are murderrs ~ Xandria / Wings of Madness ~ Serenity
↳ Citation : "We both strive for the same end. Only our methods differ. Do you not see that? Peace. Stability. A world where men live without fear."
↳ Multicomptes : Ambre M. Del Nero & Solveig Eriksson
↳ Couleur RP : Darkcyan



les petits papiers
↳ Copyright: Killer from a gang ♥
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Because every single moment will be precious [PV Orfeo]   Lun 19 Juin - 2:28


Because every single moment will be precious
Time is ticking away... ••• Silence seulement brisé par les bips réguliers des machines surveillant le corps inerte. Elles indiquaient que celui-ci était toujours en vie, miraculeusement aurait dit le médecin. Néanmoins, il ne restait de cette malencontreuse rencontre que des cicatrices, les blessures ayant été refermées par des moyens moins... Orthodoxes que la médecine moderne. Tout avait été caché sous les bandages, recouvrant une bonne partie du corps. Seul le visage dépassait, étrangement en opposition avec le reste, vierge de tous dégâts, comme s'il avait été protégé d'une quelconque manière, épargné peut-être par l'animal. Parce que oui, se faire réduire en charpie aussi violemment, cela nécessitait la présence d'une bête sauvage au moins. Assez énorme selon les diagnostiques, mais il faudrait que l'homme puisse parler pour que les experts en sachent plus. Pour l'instant, la pièce restait désespérément silencieuse, outre le métronome assourdissant des machines.

La fatigue pesait sur son corps, Orfeo le sentait bien. Chaque mouvement, même imperceptible, était une galère à effectuer, et il avait fini par abandonner l'idée de se redresser ou de revenir dans la réalité. Finalement, ne pas bouger lui permettait de se plonger dans ses pensées, ses souvenirs. Les événements se succédaient avec une rapidité folle. Il se revoyait sortir de la ville après avoir manipulé l'esprit des gardes, se perdre dans la forêt environnante malgré le danger qui rôdait, pour finir par tomber une bien pire. Une bête sauvage, ou ce qu'il avait identifié en tant que tel au premier abord. Un loup qui l'avait suivi, une traque dont il n'aurait jamais pu se sortir vivant mais la peur et l'adrénaline l'avait quand même poussé à se battre. La force du désespoir diront certains, et ils auraient raison pour le coup. La mort, il venait de la frôler une fois de plus. De si près cette fois, qu'il avait cru un instant qu'il retournerait en enfer. Des siècles supplémentaires à rajouter sous la capot, ou alors la fin pure et simple. Peut-être qu'il apprécierait finalement. Mourir, et ne plus être sur cette terre. Pourtant, une petite voix l'en empêchait. Certaines personnes qu'il ne voulait pas abandonner, même s'il avait été un expert de l'abandon pendant des décennies. Darkness Falls, que voulez-vous... Il avait cherché à fuir, à se créer ce masque de connard insensible bien loin de sa véritable nature. Mais il fallait se protéger, juste se protéger, quitte à détruire les autres...

Puis il revint plus longtemps en arrière. Avant sa première mort. Les souvenirs étaient d'autant plus flous que son cerveau incapable d'emmagasiner toutes les images et les sons. Son frère était l'être le plus clair dans sa mémoire, suivie d'Azzura. Cette dernière était décédée depuis quelques années à présent, et le souvenir de cette femme eut tendance à le briser. Il l'avait appréciée, en tant que grande sœur, celle s'occupant de lui avec Rafael. Et elle n'était plus désormais, rendant la relation avec son aîné d'autant plus chaotique. Celui-là-même qui avait allumé le brasier sous ses pieds, le tuant et le condamnant par la même occasion à Darkness Falls. S'il n'était pas mort, Orfeo savait qu'il n'aurait pas fini là-bas. Néanmoins, il ne savait pas ce qui l'avait réellement mené en Enfer. Quelque chose qu'il avait fait ? Qu'il avait dit ? Qu'il avait vu ? Ou juste sa nature propre ? Des questions auxquelles il n'aurait certainement jamais de réponses, tout comme la raison qui a poussé son frère à faire ce geste. Il n'avait jamais eu d'explications, pourtant, il en avait demandé, à plusieurs reprises après l'avoir retrouvé dans ce monde-ci, à cette nouvelle époque. Sans aucun résultat.

Et Darkness Falls... Il n'eut pas le temps d'y penser que la porte se poussa. Les yeux s'ouvrirent, croisèrent ceux du médecin. Quelques mots, qui ne s'accrochaient pas à son esprit, et on lui injecta quelque chose dans les veines. Sédatifs, à l'effet que cela eut sur son organisme. Une dizaine de secondes avant que l'esprit ne s'embrouille et qu'il ne plonge dans un sommeil sans rêve.

**

Il faisait jour quand les yeux se rouvrirent une première fois. Il ne sut pas combien de temps il avait été maintenu dans ce sommeil si artificiel, mais il s'en moquait bien. En fait, il avait simplement envie d'un truc à grignoter et d'une douche. On lui apporta le premier, lui permit de faire le second dans la foulée. Les cicatrices laissées furent observées minutieusement, attentifs à la moindre possible infection. De longues minutes passées sous le crible des médecins, avant que de nouveaux bandages ne les recouvre. Cacher ces blessures qui lui faisaient si honte d'un côté. Il n'aimait pas fracturer son masque de froideur pour de telles idioties. Mais il n'avait pas le choix.

Le corps se reposa sur le dos dans le lit, les yeux se fermèrent. Quelques minutes, quelques heures. Au loin, il percevait une douce mélodie. Une de celles qui semblaient lui parler, sans qu'il ne sache réellement pourquoi. Il se laissa donc juste porter par les notes, lointaines, si lointaines... Il ne regretta pas de ne pas pouvoir bouger correctement, puisqu'il n'aurait pas pu pleinement profiter de la musique autant qu'il l'avait fait ici. Un vague sourire se dessina sur son visage, alors qu'il se replongeait inconsciemment dans des souvenirs plus heureux...

La porte se fermant lentement, suivie de bruits de talons. Une femme ? Que faisait-elle ici réellement ? La question germa dans son esprit. Il se serait presque plus attendu à Rafael qu'à une femme, puisqu'à part Lucrezia, il n'avait personne de réellement proche. Les paupières restèrent soudées, mais l'autre ne semblait pas vouloir partir. Toujours présente, sans le moindre mot. L'agacement se glissa dans les veines de l'homme, qui finit par ouvrir les yeux, se redressant soudainement. Le regard se heurta à une silhouette bien connue, lui coupant le souffle. Voilà la dernière personne qu'il aurait pensé recroiser un jour. Kate, qu'en bon connard qu'il était, il avait abandonné au beau milieu de l'Enfer. Le gorge se noua, mais les mots se frayèrent tout de même un chemin :

« Kate je... Que fais-tu ici ? Tu t'en es sortie... »

L'air devint soudainement plus pesant. Il n'était pas à l'aise, clairement pas. L'accent italien prenait le dessus dans son anglais, pourtant maîtrisé désormais. Ses entrailles se tordaient, pour peu, il vomirait le peu qu'il était parvenu à avaler jusque-là. Il aurait voulu poser mille et unes questions, s'excuser aussi, quand bien même c'était inutile. Mais il en était incapable. Finalement, il ressemblait à son aîné. Incapable d'expliquer les raisons de son geste. Incapable de s'excuser. Incapable de prendre les responsabilités, de les assummer. Il était parvenu à se cacher, à se dérober jusque-là, mais il fallait que son passé le rattrape.

« Cela faisait... Longtemps que nous ne nous étions pas revus... » Longtemps, c'était le mot. Quelques siècles. Les souvenirs se ravivaient dans son esprit. « Je ne pensais pas te revoir ici, ni dans cet état. »

Que pouvait-il bien raconter ? Peut-être parler du beau et mauvais temps ? Trop commun, mais ce serait un moyen d'éviter la conversation à venir... Puis un souvenir se rapprocha, une évocation d'un instrument que Kate maîtrisait. Evocation faite au cours d'une de leurs rares conversations, la barrière de la langue empêchant les deux d'aller plus loin.

« C'est toi qui jouais il y a quelques minutes ? »

Tout faire pour retarder l'échéance. Oh oui qu'il était lâche...

© 2981 12289 0

_________________
+Danse Macabre+
Look at what he can do. Let him show the world how powerful we can be. Because those with the greatest power protect those without. 



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
Invité

avatar





MessageSujet: Re: Because every single moment will be precious [PV Orfeo]   Mar 20 Juin - 11:52

Long et lent murmure que le chant de sa respiration. Erratique, faible, fait de soubresauts légers qui se veulent discrets, vibrant en une harmonie discordante mais parfaite avec les tambourinements affolés de son cœur. A ses oreilles, le bruit sourd qui la coupe du monde aurait presque une saveur de symphonie nouvelle. La vérité, c’est que la mélopée est plutôt celle d’un souvenir qu’elle voulait effacer. Elle n’ose le croire, elle maudit le Destin, peut-être même Dieu, d’avoir guidé ses pas sur le chemin de la curiosité. Mais ne dit-on pas que celle-ci est un défaut ? Cela n’aura jamais été aussi vrai qu’à cet instant. Le regard perdu, Kate tente malgré tout de reprendre contenance, priant que l’homme dans ce lit ne s’éveille pas, que ses yeux restent clos. Une seconde même, elle l’espère dans un coma profond, ce qui ne l'obligerait en rien alors à affronter le passé qui se déchaîne dans le flot tempétueux de sa mémoire. Le masque de chair et de porcelaine, brisé une seconde plus tôt se reforme doucement. Dans un souffle plus fort, elle force son cœur à calmer sa danse insensée.

Pourtant, c’est comme si rien ne pouvait se maintenir lorsque deux yeux bleus osent s’ouvrir pour l’observer.

Une seconde, l’irritation. Et celle suivante, la surprise mêlée à l’incrédulité. Elle n’est pas certaine de pouvoir lire autre chose dans le regard de celui qu’elle avait considéré comme un élément important de sa vie, fut un temps. Ou peut-être ne veut-elle seulement pas lire autre chose. Instantanément, son corps s’est tendu. Et s’il lui avait seulement obéit, elle aurait reculé, voire même fuit. La perspective de s’en aller était bien plus alléchante que celle de rester. Plus sécuritaire. Sa seule satisfaction, en vérité, était de constater la gêne sur le visage d’Orfeo, la même qu’elle s’escrimait à dissimuler sous un sourire léger, un regard presque doux, fidèle miroir déformant, opposé à tout ce qu’elle ressentait vraiment. A l’envie de fuite finit par se substituer la colère sourde, la haine dense, la hargneuse vengeance qui brûle et bouillonne depuis si longtemps. Oh oui, elle n’a qu’une envie, lui hurler au visage toute la rancœur pourrie qui avait fini par avoir raison de l’innocence même, de l’espoir. Dès qu’il avait commencé à parler, elle sut qu’elle le détestait.

Mais il n’était sans doute pas encore temps de se nourrir de la vengeance. Elle n’avait rien entre ses doigts pour tirer des fils qui finiraient par l’étouffer, l’étrangler. Odieux imbécile, crétin, c’est là tout ce que tu as à dire, Orfeo ? Se dit-elle à elle même, le regardant avec une certaine insistance, sans parvenir à décoller la langue de son palais pour esquisser un mot. Dans sa gorge, sa voix est morte. Dans son regard, la colère brille, si froide qu’elle déchirait la moindre forme de fragilité. Et le sourire pourtant demeure, comme un mensonge arrogant balancé au visage de l’homme. Lui qui est si mal, lui qui semble se débattre, Kate elle en apprécie la saveur amère, un maigre récompense. Bien maigre oui, car elle souffre sans doute autant. Poupée brisée de porcelaine, pourtant si fidèlement recollée.

« C’est… aussi surprenant pour moi que ça l’est pour toi Orfeo. Je ne m’y attendais pas non plus. »

Terrible est son accent qui glisse sur sa langue, alors que la voix est si douce, si calme, mélodieuse et presque chantante. Mais l’allemand natal n’a jamais quitté le ton et le timbre de ses mots, malgré cet anglais qu’elle s’est forcée à apprendre dans cette nouvelle vie si étrange. Elle est surprise, un seconde, d’entendre chez Orfeo ce même défaut, elle qui le croyait plus intégré et fondu dans la masse qu’elle même ne l’était. D’un vestige d’affection demeuré dans son cœur en miette, le souvenir d’une autre vie remonte à elle. Et s’il ne semble en rien influencer ce bien joli masque qu’elle affiche, il vient malgré toute gangrener ses pensées tumultueuses. C’est une époque si lointaine que parfois ces instants du passé semblent bien flous. Pourtant, n’y a-t-il rien de mieux pour nourrir la rancœur que la mémoire de quelques moments brisés du bonheur ?

« Oui, longtemps. » Répète-t-elle avec une légère pointe de sarcasme, mais ne cédant pas à l’envie de répondre aux derniers mots qui font enfler sa colère un peu plus à chaque seconde. Dans cet état ? Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier hein…  croyait-il qu’elle était morte ? Espérait-il même qu’elle ne s’en soit pas sortie seule et que Darkness Falls ait eu raison de son existence ? Qu’il se rassure, Kate était bien morte dans cet endroit, dépossédée de tout ce qu’elle avait, de tout ce qui faisait d’elle une personne bien. Ne restait plus que les ruines sauvages et solitaires. Oh elle se garde bien de lui préciser oui. Endormir la proie a toujours été plus efficace. Qu’il croit, se fourvoie. Qu’il pense qu’elle n’est pas pleine de haine et de rage contre lui, même si en vérité, difficile qu’il en soit autrement. « J’ai eu de la chance, je suppose. » Ce qui n’était pas totalement faux, songe-t-elle une seconde. Mais certainement pas grâce à lui.

Il fuit. Il se débat. Pour mieux éviter l’évidence comme elle aussi le voulait il y a quelques minutes. Non qu’elle ait plus que lui l’envie d’affronter le passé qu’elle aurait eu grand plaisir à oublier mais… le goût de la revanche était bien plus satisfaisant que celui de la lâcheté. Et qu’il était lâche, Orfeo, de la lancer sur un sujet qu’elle aimait, qui était le seul pilier de sa vie désormais. Elle jette un regard au violon qu’elle tient contre sa poitrine, serré entre ses bras pour lui donner un peu de contenance. De courage. Malgré elle, son sourire se fait plus tendre. Elle se souvient lui en avoir déjà parlé, de cet amour pour la musique, dans les profondeurs de l’Enfer quand les choses n’étaient encore qu’innocence.

« C’est… oui. Je suis venue ici spécialement pour ça, à la demande du Gouvernement. Pour apaiser un peu les gens, leur permettre de se changer les idées. » Ce que cela pouvait sonner comme hypocrite. Elle même n’y croit pas et ne jouait pas par charité. Même si des gens avaient apprécié le geste, tout n’était là que pour les amadouer un peu plus. « Tu as entendu d’ici ? Tu… tu as aimé ? » S’attache-t-elle réellement à l’avis de cet homme ? Curieusement, il y avait peut-être un peu de cela. C’est qu’elle était fière, Kate, de sa musique et de son talent. Dans quelques élans de vanité, elle aimait à ce qu’on la complimente. Sans aucun doute.

« Et toi, qu’est-il arrivé ? Tes blessures ont l’air… graves. »

Ce n’était pas comme si cela l’intéressait vraiment au fond. Mais puisqu’il jouait le jeu pour esquiver la réalité, elle voulait bien lui donner cette chance avant de frapper. De toute façon, elle avait bien encore le temps pour cela, pas vrai ?
Revenir en haut Aller en bas

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 281
↳ Points : 234
↳ Arrivé depuis le : 01/10/2016
↳ Age : 21
↳ Avatar : James McAvoy
↳ Age du Personnage : 30 ans en apparence & 785 en réalité
↳ Métier : Sapeur Pompier;
↳ Opinion Politique : Le monde a besoin d'un Gouvernement. Mais pas de celui-là.
↳ Niveau de Compétences : 2, création d'illusions et guérison 3
↳ Playlist : Danse macabre ~ Delain / Innocence ~ Tarja / Edge of the blade, Beyond the Matrix ~ Epica / We are murderrs ~ Xandria / Wings of Madness ~ Serenity
↳ Citation : "We both strive for the same end. Only our methods differ. Do you not see that? Peace. Stability. A world where men live without fear."
↳ Multicomptes : Ambre M. Del Nero & Solveig Eriksson
↳ Couleur RP : Darkcyan



les petits papiers
↳ Copyright: Killer from a gang ♥
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Because every single moment will be precious [PV Orfeo]   Sam 15 Juil - 18:57


Because every single moment will be precious
Time is ticking away... ••• Corps brisé, à l'image de cette âme qu'il tentait pourtant de réparer. Illusions subtiles de force, de puissante, dans lesquelles il s'enveloppait. Il arrivait à se jouer de certains, à faire croire à la majorité qu'il allait bien, mais cela faisait bien longtemps qu'il avait perdu son bonheur. D'ailleurs, avait-il déjà été heureux ? A chaud, il dirait que oui. Avant sa mort, à cette époque où tout paraissait si différent, à travers la lentille de sa maladie. Un retard qui l'avait poussé à être heureux, dans son monde, si loin des préoccupations de son grand-père. Et après ? Darkness Falls avait été une tombe. Sa lucidité soudaine lui avait fait prendre conscience de l'horreur à l'état pur. Et... Un moment un peu moins désespéré. Kate, celle dont la silhouette se tenait désormais face à lui. Douloureux souvenir. Ces décennies passées ensemble, à survir la plupart du temps, certes, mais cela avait rendu la solitude moins âcre, moins amère. Et il avait fallu qu'il fuit. Qu'il disparaisse. Finalement, il n'avait jamais valu plus que son aîné. Ce devait être génétique à ce point. Faire souffrir ceux qu'on apprécie, ceux qui nous entourent. Se penser si supérieur qu'aucune explication sur un geste n'avait besoin d'être donné. Tout prendre pour acquis, et tout laissser tomber du jour au lendemain si nécessaire. Sans un mot. Sans un murmure.

Il la détailla, cette femme aux traits si angéliques. Même l'enfer n'était pas parvenu à les faire disparaître. Un regard insistant, presque trop au vu de l'abandon qu'elle avait subi. Avant de détourner le regard, légèrement, de chercher à fuir la confrontation, pourtant inévitable. Ah, il était trouillard le petit Orfeo, incapable de faire face à ses responsabilités. Aussi ne voulait-il pas se rendre compte de ce qu'il était, si semblable à son aîné dans son comportement. Cet aîné qu'il haïssait rejeter. Un sujet qu'il n'avait jamais abordé avec la jeune femme. Ils n'avaient aucune langue en commun pour permettre une réelle discussion, tout du moins, avant aujourd'hui. De plus, ils avaient autre chose à penser que ressasser leur passé respectif. Définitivement. Ils connaissaient peu l'autre, et cela ne les avait jamais dérangés. C'était mieux ainsi certainement, Kate aurait-elle fait confiance à un ancien autiste, puisque c'était ce qu'il devait être ? Bon, à vrai dire, il n'en savait rien, mais en se basant sur son passé... Il se doutait que tout n'aurait pas été tout rose. Malheureusement.

La voix de son interlocutrice retentit, enveloppée de cet accent allemand qui ne l'avait jamais quitté. Cette remarque, purement pensée, ne manqua pas de faire sourire l'italien. Comme lui ne s'était jamais débarrassé du sien. Cette marque de son passé, ancrée en lui. Une marque de fabrique. C'était ainsi qu'on le reconnaissait à la caserne. Cet accent chantant, rapellant les côtes méditerrannéennes à ceux les ayant connues. Cette réflexion le faisait toujours rire, puisque lui ne les avait jamais vues. Pas une seule fois. Il aurait bien aimé finalement... Mais tout ce qu'il avait comme vision de l'Italie, c'était la maigre vue qu'offrait sa chambre sur l'extérieur. Si peu de choses comparaît aux merveilles que ce pays pouvait offrir. Il s'en rendait compte avec Lucrezia, quand elle lui racontait ce qu'elle avait vu elle, au cours de son existence. Avant que tout ne bascule dans l'horreur. D'ailleurs, c'était plutôt elle qu'il se serait attendu à voir. Bon, l'un dans l'autre, il ne savait pas bien si ça aurait été mieux. La neurologue lui aurait passé un savon, elle qui avait tendance à se comporter comme une mère à son encontre, n'ayant pas connaissance de son âge ou de sa nature. Alors que Kate... Elle semblait plus calme. Trop calme. Et autant l'avouer, il n'était pas forcément très à l'aise dans la situation...

Il la laissa parler, souhaitant avoir plus d'informations, comprendre ce qu'elle faisait ici. Si elle lui en voulait aussi, bien qu'il se doutait de la réponse. Avoir de la chance. Ce n'était pas qu'une question de chance. Et puis, il était soulagé de la voir ici, en vie. Elle prouvait qu'une femme pouvait s'en sortir seule, entière. Du moins, c'était l'illusion que Kate donnait, et lui ne chercha pas à aller plus loin. Pour se rassurer. Juste pour se rassurer. Il la sentit néanmoins changer à l'évocation de son art favori. Le violon. La première remarque à ce sujet remontait à peu de temps avant leur rencontre. Il s'en souvenait, comme toujours. Puis, comment ne pas s'en rappeler, lorsque la jeune femme tenait contre elle l'instrument. Elle avait retrouvé une place ici, à n'en pas douter. Et cela... apaisait Orfeo. Réellement. Se dire qu'elle était bien aujourd'hui, à sa place... Oui, cela lui ôtait une certaine culpabilité. Même si ce n'était qu'apparence, et qu'il allait regretter encore plus par la suite. Mais c'était mieux ainsi, il le méritait.

A la demande du Gouvernement. Les iris bleues se refroidirent, les muscles se tendirent, réveillant la douleur sommeillant en leur sein. Il n'aurait jamais pensé la retrouver de ce côté-là. Cette dictature qu'il haïssait, même s'il n'était toujours pas parvenu à rejoindre un quelconque groupe de résistants. Trop violents pour lui. Il voulait rendre leur liberté aux êtres vivants, pas les aliéner à un autre type de tyrannie... S'il avait aimé... Evidemment. Il y avait un quelque chose dans la musique qui l'avait toujours attiré. Peut-être parce qu'il s'agissait des seuls sons que sa mémoire d'avant retenait. Alors, il s'y accrochait aujourd'hui, allant jusqu'à apprendre à jouer du piano. Inutile, puisqu'il ne parvenait pas à reproduire les sons qu'il recherchait.

« Il n'y a pas de chance qui tienne dans de telles conditions. » Pause, hésitation palpable. Les doigts se serrèrent autour du drap, doigts enveloppés de bandages blancs. Si blancs, comme toute cette putain de pièce. « Je suis... Heureux que tu ailles bien. »

Que tu sois encore en vie serait plus juste, mais il y avait quelque chose d'assez... Glauque dans cette formulation qui ne lui plaisait pas forcément. Alors, il avait changé, était resté sur quelque chose d'assez simple. Peut-être que Kate lui ferait une remarque là-dessus. Comme son frère. La rage se glissa dans ses entrailles, alors qu'il tentait de garder le visage le plus neutre possible. Une rage, mêlée à bien d'autres sentiments. Un curieux mélange, risquant de le faire chuter sous peu. Pourtant, il faudrait mieux qu'il évite de les laisser sortir.

« Je comprends, pour apaiser les maux qui tourmentent leurs pauvres âmes... » Tout ça à cause du Gouvernement. De ses membres pourris jusqu'à la moëlle. Mais il se tut. Il tut ce dégoût envers cette dictature qui brûlait dans ses veines. « Oui, j'ai entendu. Cela me rappelle que je n'avais jamais eu le droit à une performance de ta part. C'était très beau. »

La pure vérité. Oh, il aurait pu être un peu plus manipulateur. Se jouer d'elle, se foutre de son art. Néanmoins, il n'en avait pas la force aujourd'hui. Pas après avoir manqué de se faire bouffer vivant par son propre frère. Alors, il avait dit ce qu'il pensait. C'était beau. C'était vrai. C'était juste. Ce n'était pas étonnant que le Gouvernement l'envoie elle plutôt qu'un autre. Une artiste, ça soulageait les cœurs, ça offrait un peu de répit dans un monde qui n'en laissait aucun. Une artiste n'effrayait pas la population. Il en avait conscience, tellement conscience...

« Je me suis juste retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Un sauvetage à la frontière du mur qui a mal tourné. Ca n'est pas bien grave. »

Il haussa les épaules, ignorant la douleur qu'un tel geste lui procurait. Il gardait son visage de marbre malgré tout. Pour ne pas apparaître comme faible certainement. Foutue fierté mal placée.

« Alors, tu travailles pour le Gouvernement maintenant ? C'est une bonne place... »

Retenir le dégoût que cela lui inspirait. Juste le retenir, Kate n'avait pas à le savoir...

© 2981 12289 0

_________________
+Danse Macabre+
Look at what he can do. Let him show the world how powerful we can be. Because those with the greatest power protect those without. 



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
Invité

avatar





MessageSujet: Re: Because every single moment will be precious [PV Orfeo]   Sam 29 Juil - 18:21

Ils sont comme deux adversaires, se regardant en chien de faïence dans un silence de mort. Nulle animosité encore, mais si elle avait dû paraître dans un regard, aurait sans doute fait vibrer les pupilles claires de Kate, embrasant l’air comme une traînée de poudre. Mais c’est le calme serein qui semble au contraire éclairer ses iris, le calme qui est semblable à celui qui cache une tempête. Ce calme qui n’est pas naturelle, qui sous ses voiles masquait une réalité bien différente, bien moins harmonieuse. Elle sait, la violoniste, que ce masque ne fait pas vrai, au vu du passif qui existe entre elle et Orfeo. Mais il était délicieux de constater que ce froid visage n’exprimant que douceur chatouillait le doute de l’homme devant elle, à tel point qu’il n’avait pas le courage de la regarder dans les yeux. Jeu exquis qui se solderait tôt ou tard par un brasier fatal, nourrit de cris jamais exprimés et de morceaux de cœur piétinés. Ce jour ou un autre, qui sait. La confrontation viendrait tôt ou tard entre eux. Et si aujourd’hui n’était pas le bon, alors demain le serait peut-être, et ainsi de suite jusqu’à ce que le Destin se décide à jouer différemment sa mélodie cruelle.

Oh si cruelle oui.

Pensait-il réellement que ses mots seraient capables d’apaiser la douleur ? De rassurer d’un passé de torture et d’horreur ? De faire oublier l’amertume de l’abandon et des longs silences ? Comme si les paroles étaient suffisantes… Comment si elles avaient la moindre valeur. C’en était risible, pathétique. Chaque mot glisse comme mélodie dissonante, comme une fausse note sur la partition parfaite. Et la seule chose qui semble un tant soit peu harmonieuse dans cette fugue, c’est ce regard tout à coup froid chez Orfeo, ces pupilles qui se voilent de glace, ce froncement imperceptible des sourcils qui juge, qui semble… déplut ? Oh comme cela importe peu, en réalité. Mais quelle belle satisfaction que de le perturber ainsi, à tel point que Kate en eut un léger rictus, froissant au passage, l’espace d’un silence, le masque tout sourire qui lui faisait office de visage.

« N’en soit pas si sûr. A moins que cela ne tienne du miracle. » En étant tout à fait honnête, Kate n’aurait su dire de quelle manière elle s’en était sortie dans les profondeurs absolues de Darkness Falls. Si la chance n’avait pas joué de sa mélodie pour elle, alors qui avait bien pu la guider sur le chemin de la survie ? L’instinct certainement. Et son cœur meurtri qui n’avait fait que se servir des autres pour arriver à ses fins. C’est ce que lui avait apprit Orfeo en l’abandonnant, après tout. Piètre menteur est-il, sa remarque sur ses états d’âme fait avoir à la jeune femme un léger rire. Dans son timbre mélodieux, nul amusement, juste la moquerie. Elle ne peut s’empêcher de répliquer avec une légèreté si terrible : « Ah oui ? C'est gentil. »  Doux rire, plein d'amertume. « Si ce n’était toi qui me l’avais dit, je n’y aurais pas cru. » Et elle n’y croit pas. Elle se moque bien des mots, elle en joue et se persuade qu’il en est de même pour Orfeo. Comment pouvait-il être heureux de la savoir en vie après tout ? Lui qui n’avait pas eu beaucoup de scrupules à l’abandonner au cœur de l’horreur sans un regard pour elle, sans un mot à lui adresser. Il ne pouvait que mentir. Mentir pour se rassurer. Se dédouaner de l’affaire comme on le ferait pour un pauvre animal de compagnie. Elle n’est pas particulièrement blessée dudit mensonge d’ailleurs, cela donne simplement une raison de plus pour se venger.

Ainsi, il a aimé sa performance. Devait-elle s’en réjouir ? L’orgueil de l’artiste se gonflait de plaisir face au compliment. C’était ce qu’elle avait attendu et certainement se serait-elle grandement vexée si la réponse n’avait point été celle-ci. Mais elle lui en veut à nouveau d’oser évoquer le passé, comme un souvenir qui se voudrait doux, sur ces moments qu’ils avaient vécus à deux. Jamais elle n’avait pu jouer pour lui, juste pour lui, c’était vrai. Dans cette autre vie, alors que tout n’était pas encore brisé, elle aurait pu le faire. Elle aurait voulu le faire. Jouer pour cet homme qui l’avait sauvé, qui avait veillé sur elle. Elle le pensait fiable, elle pensait qu’il voudrait la garder à ses côtés pour la protéger. Jouer pour lui aurait été une bien maigre récompense, un cadeau pour le remercier. Un cadeau sincère. Mais il n’y avait jamais rien eu de vrai. Rien sinon la douleur. Darkness Falls n’offrait après tout que ça. Les mains serrées sur l’étui du violon semblent pendant une seconde se raffermir un peu plus, son regard se perdre dans le vague et revenir à la réalité.

« Tu aurais pu, si tu étais resté. » Elle n’évoque pas quoi, elle n’évoque pas quand. Il n’y a pas besoin de préciser, il n’y a pas besoin d’en rajouter. Le reproche est perceptible dans sa voix, et plus encore dans son regard qui perce le voile de douceur pour se poser avec aigreur dans celui d’Orfeo. Une haine si vite éclipsée, remplacée par le masque habituel qui semble s’éclairer : « Je suppose que c’est parce que tu n’étais pas sensible à ce genre de chose. Mais c’est gentil de complimenter. » Fit-elle sur un ton presque enjoué, dissonant avec violence du ton précédemment employé. Elle le sait, elle en joue, pour mieux perturber et tromper, car elle ne souhaite plus attendre pour au moins frapper. Juste ce qu’il faut pour faire mal. Elle avait pourtant perçu la sincérité dans les mots du jeune homme, mais cela n’avait pas la moindre importance. Hautaine, c’est comme si elle avait marché dessus du haut de ses talons, écrasant sans la moindre pitié – et un soupçon de plaisir – cette vérité qui avait franchi les lèvres d’Orfeo. L’air de rien, elle vient s’asseoir sur le bord du lit, déposant aux pieds de celui-ci son violon, parfaitement consciente du malaise et prête à l’affermir. « Et toi, ta pauvre âme tourmentée a-t-elle été apaisée ? » Ment donc, Orfeo. Ment encore, toujours, esquive. Kate savait qu’elle n’aurait pas de véritable réponse, qu’il se cacherait, qu’il fuirait. Comme toujours. Oh sourire arrogant qui l’affronte, sourire mesquin.

Sourire qui ne s’efface guère, quand par quelques mots, Orfeo explique les raisons de son hospitalisation. Elle est néanmoins surprise, mais sa réponse ne peut s’empêcher d’être sombre, mélangé d’une taquinerie vacharde, d’une méchanceté feinte par un rire. « Ah parce que tu sauves des vies maintenant ? Tu en reviens à tes anciennes occupations ? » Par culpabilité, peut-être, semble crier son regard, qui quitte celui de son interlocuteur pour observer son état général, les bandages et les pansements qui parcourent son corps. Chaque attaque verbale était si délicieuse sur son palais... « Ce devait être sacrément dangereux néanmoins, vu ton état. » Semble-t-elle y porter la moindre attention ? L’usage le voulait, la vérité était toute autre. Il n’avait, après tout, pas l’air de beaucoup souffrir.

« Excellente place oui ! Je jouis des meilleurs avantages et je peux exercer mon art comme je l’entends. Sans le Gouvernement je n'en serais pas là, il m'a beaucoup aidé. »

Chaque mot, elle le pense. Chaque pensée est sincère. Car sans lui, elle ne serait rien. Sans le Gouvernement elle serait sans doute morte. Tout n’était peut-être pas beau, mais tous les efforts étaient fournis malgré tout. Penser autrement, c’était n’être qu’un imbécile, aux yeux de la jeune femme.

« Et toi donc, le sauvetage ? Cela te réussi on dirait. »
Revenir en haut Aller en bas

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 281
↳ Points : 234
↳ Arrivé depuis le : 01/10/2016
↳ Age : 21
↳ Avatar : James McAvoy
↳ Age du Personnage : 30 ans en apparence & 785 en réalité
↳ Métier : Sapeur Pompier;
↳ Opinion Politique : Le monde a besoin d'un Gouvernement. Mais pas de celui-là.
↳ Niveau de Compétences : 2, création d'illusions et guérison 3
↳ Playlist : Danse macabre ~ Delain / Innocence ~ Tarja / Edge of the blade, Beyond the Matrix ~ Epica / We are murderrs ~ Xandria / Wings of Madness ~ Serenity
↳ Citation : "We both strive for the same end. Only our methods differ. Do you not see that? Peace. Stability. A world where men live without fear."
↳ Multicomptes : Ambre M. Del Nero & Solveig Eriksson
↳ Couleur RP : Darkcyan



les petits papiers
↳ Copyright: Killer from a gang ♥
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Because every single moment will be precious [PV Orfeo]   Ven 1 Sep - 16:45


Because every single moment will be precious
Time is ticking away... ••• Il s’attendait à une explosion depuis que Kate était rentrée dans la pièce, depuis qu’il avait ouvert les yeux sur elle. Ils étaient deux êtres ayant partagé des années et des années d’existence dans un enfer aujourd’hui devenu la norme pour tous. Et il l’avait abandonné. Serait-il capable désormais de lui en donner la raison ? Serait-il capable de se pardonner pour ce geste ? Et elle, comment réagirait-elle ? Orfeo n’était pas stupide, même si le calme régnait pour l’instant, ce n’était plus qu’une question d’heures, ou de jours avant que la vengeance n’éclate. La rancune, il connaissait aussi, il en avait à l’encontre de son aîné, ou même de Lucrezia, pour lui avoir caché de nombreuses informations. Et pourtant, il ne se rendait pas forcément compte que ce ressenti, Kate devait l’avoir pour lui. L’égoïsme à son paroxysme : ne pas cautionner ce que d’autres nous faisaient alors que nous-mêmes l’avons déjà fait. Il était comme ça le petit Orfeo, bien trop aveuglé par ses propres sentiments. La rage qui se mêlait à l’abandon, la rage qui faisait face à l’incompréhension de son interlocutrice. La rage qui supprimait sa compassion, son empathie. La rage au-dessus de tout.

Néanmoins, il était heureux de la savoir en vie, en forme en quelque sorte. Elle ne gardait pas de séquelles physiques visibles au premier regard. Oh, peut-être qu’elle était brisée mentalement, comme de nombreux sorciers passés par l’enfer, mais cela ne se remarquait pas au premier abord. Et surtout, l’italien n’avait pas envie de se dire qu’il avait contribué à la déchéance de son esprit. Lui qui avait toujours tenté d’aider les autres, il se retrouvait finalement à plus les faire souffrir qu’autre chose. Sans le vouloir ni même le remarquer sur le coup.

Néanmoins, Kate ne se débarrassa pas de son sourire si doux, illuminant son visage. Un instant durant, il se laissa aller dans la contemplation, avant que les mots prononcés ne le ramènent dans la réalité. Elle considérait que c’était un miracle, lui non. S’il avait pourtant été élevé à une époque où la religion avait une place déterminante, il avait fini par lâcher cela une fois arrivé à Darkness Falls. Car si un dieu quelconque avait existé, Orfeo n’aurait pas eu cette existence. Il n’aurait pas fini sans raison en enfer, ou sa condition lui aurait permis d’avoir un autre jugement. Il l’espérait en tout cas, qu’il n’avait jamais rien fait de mal consciemment. Avant d’être tué. Désormais, il se doutait qu’il retournerait en enfer en cas de mort. Après tout, il bossait dans une mafia, assassinant, nettoyant les conneries des autres. Il avait perdu de son humanité, et devait certainement chercher à se racheter un minimum comme pompier. C’était une possibilité. Et autant l’avouer, beaucoup le verrait ainsi. Lui… Hé bien, ce n’en était pas loin. Il savait qu’il n’était plus tout blanc, mais qu’en tant que pompier, sauveteur, il contrebalançait son karma qui virait franchement dans le négatif. A voir quand est-ce qu’il se prendrait le retour dans la gueule.

L’ironie de Kate ne l’étonna même pas. Et pourtant, sur ce point-là, il était honnête. Enfin, il faudrait bien qu’il comprenne un jour qu’elle avait réellement été blessée, brisée par son geste incompréhensible pour beaucoup. Parce qu’il était le seul à en connaître les raisons exactes, mais qu’il préférait ne jamais avoir à les exprimer. Cela l’obligerait à replonger dans son passé, ce même passé qu’il fuyait en tout point. Sa voix finit par s’élever, en réponse à celle de la jeune femme : « Un miracle en enfer, on aura donc tout vu. » Réagir comme elle, sur le même ton, pour ne laisser place à aucune ambiguïté, mais ne pas être cerné non plus. Même si en réalité, Orfeo ne savait pas bien quoi ressentir à l’encontre de Kate. Il se souvenait parfaitement de ce qu’il s’était déjà passé. Mais ils avaient tous les deux bien changés, lui encore plus. Et ça le perturbait, bien plus qu’il ne l’avouerait. Il lui faudrait du temps pour tout remettre à plat, se rendre compte de toutes ses erreurs, celles sur lesquelles il ne s’était jamais penché. Kate, c’était le souvenir qu’il chérissait et celui qu’il haïssait. Il rappelait à sa mémoire l’abandon. Et finalement, l’avoir face à lui… Oui, c’était pesant, ça arrachait le coeur, ça réveillait ce dégoût qu’il avait envers lui-même, ça lui rappelait qu’il n’était pas mieux que son grand-père, cet être détestait par la population et sa propre descendance. Il n’était rien, et Kate le lui renvoyait en pleine gueule.

Il aurait pu avoir le droit à un morceau s’il était resté. Le reproche, il le sentait, il le vit aussi, dans ce regard haineux qu’elle lui porta. Quelques secondes qui suffirent à réduire à néant les rares traces d’espoir d’une réconciliation qui se promenaient. « Si j’étais resté, tu serais morte. » Il ne supportait pas cette remarque, celle qui insinuait qu’il avait fait son choix sans penser aux conséquents. Orfeo avait de nombreuses failles, mais il n’était pas stupide pour autant. Qu’elle le croie ou non, ce n’était pas, ou plus, son problème. La colère se lisait dans le fond de son regard, alors qu’il avait entrepris de se redresser de ce foutu lit d’hôpital. La peur, l’espoir, tout s’était envolé avec la froideur de son ton. « On peut ne pas être sensible et tout de même faire des compliments Kate. » Définitivement, il avait laissé la fausseté et la manipulation au placard. En lui raisonnait seulement la violence, bouffeuse de vie depuis des millénaires. « Mon âme va très bien, je te remercie de t’inquiéter. » Non, elle n’aurait pas plus d’informations. Il n’avait jamais aimé parler de lui, et ce n’était pas aujourd’hui qu’il allait commencer. Alors, il fuyait, laissait quelques mots pour Kate, comme un os qu’on donnerait à un chien. Une comparaison peu sympathique, mais qui allait bien avec le contexte.

Chaque mot de Kate semblait être prononcé pour lui faire comprendre à quel point il ne valait rien, cherchait simplement à se donner des excuses. Peut-être était-ce la raison qui l’avait poussé à se diriger dans cette branche plus qu’une autre, inconsciemment, mais il n’en savait trop rien. Il faudrait aller voir un psychiatre pour en savoir plus à ce sujet. Mais étrangement, il allait éviter Noah… « Je suis juste pompier, il en faut bien pour savoir les fesses des membres du Gouvernement, non ? » L’animosité était désormais bien présente. A quoi bon la cacher, alors que Kate ne faisait qu’entretenir sa propre haine ? « Ca ne l’est pas tout le temps, tout dépend des missions. » Le mensonge qui continuait, qu’il distillait chez l’autre. Elle n’avait pas à savoir que tout était bien plus compliqué. De toute façon, elle n’était même pas au courant de ce qu’il était réellement, qu’il avait un frère, que tout était à cause de ça… L’esprit s’embrouillait, le coeur s’enflammait. Chaque pulsation douloureuse broyait un peu plus le fil de ses pensées. Il se perdait.

« Content qu’il ait au moins aidé une personne alors, encore plus si c’est toi. » La première partie était un mensonge éhonté, la seconde nettement moins. Oui, il était plutôt heureux qu’elle s’en soit sortie, même si c’était avec l’aide de ceux qu’il détestait plus que tout. Dans un effort certain, il se leva, posa ses pieds sur le sol. Tenir debout réclamait bien plus de force et d’équilibre qu’il n’aurait pensé. Enfin, il survivrait.

« Tu trouves ? Ou tu dis ça parce que tu seras ravie de me voir mourir à cause de cela ? » Il sourit, avec une froideur qu’il ne se reconnaissait pas. « Pas besoin de faire semblant. »

© 2981 12289 0

_________________
+Danse Macabre+
Look at what he can do. Let him show the world how powerful we can be. Because those with the greatest power protect those without. 



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
Invité

avatar





MessageSujet: Re: Because every single moment will be precious [PV Orfeo]   Dim 1 Oct - 22:16

Un miracle en Enfer. Beau paradoxe qui n’en était pas tant un, il n’était au final qu’une illusion montée sur la scène d’un grand théâtre ; un prologue dissonant qui achevait l’acte premier avec bien des fracas. Car le ton d’Orfeo ne laisse plus place au doute et ferait presque monter dans la gorge de Kate un ronronnement de délicieuse extase. Sur son visage, il y a le sourire d’une passagère victoire. Une victoire qui n’était rien comparée au véritable but qui façonnait son être. Mais ces quelques notes harmonieuses n’étaient qu’un début fort plaisant. Qu’il s’agite, cet cher Orfeo, qu’il laisse peu à peu tomber les masques, qu’il affiche le vrai visage qui est le sien. Elle n’avait plus la naïveté d’autrefois, la charmante musicienne, et dans les rictus mauvais de son sourire se cachaient la haine et la rage de voir cet imbécile lui mentir, encore et encore. Il osait, devant elle et après tout ce qu’ils avaient vécu, jouer de quelques tours et rouerie en mimant une sincère inquiétude ? Elle n’y croyait pas. Le jeu était bien trop mauvais, bien mal exécuté... Ou peut-être était-ce seulement qu’elle n’était plus capable de faire confiance, à lui comme à personne ? Après tout, le mal était visible partout, caché dans le moindre regard, la moindre plissure de lèvre, le moins trémolo d’une voix émue… A ses yeux, tout n’était qu’un mensonge qu’il se fallait d’observer, d’analyser et casser si nécessaire. Ne pas croire ce que disent les autres… ne pas se fier à leurs masques. Elle savait depuis longtemps désormais qu’Orfeo n’était qu’un menteur. Et le menteur ne la tromperait pas à nouveau.

Oh comme elle est fière ! Il perçoit sans mal le reproche. Il n’était de toute façon pas caché. Et il ose, lui, à nouveau prétendre à quelques mensonges ? Comme s’il était possible que Kate croit à ces paroles, après tant d’années de doute et d’abandon. Le cœur était brisé, piétiné, les sentiments arrachés, brulés, transformés en une poussière depuis longtemps envolée. Elle n’était plus en mesure de voir la vérité quand elle voulait se faire criante. Elle préférait lire la colère dans les yeux d’Orfeo, ce satisfaire de cette haine qu’elle faisait naitre par quelques remarques piquantes bien senties, des accusations sous-jacentes qui n’étaient pourtant jamais vraiment explicitées. Elle est bien contente, au fond, qu’il soit capable de lire entre les lignes, qu’il accuse le coup de chaque morsures offertes. « Oh, c’est tout ce que tu as trouvé comme excuse ? » Dit-elle avec un nouveau petit rire, cachant cette douce hilarité derrière une main, geste parfaitement calculée. Elle se savait détestable, pire qu’une harpie, moqueuse de toutes les paroles données, piétinant ce qui aurait pu être un début de réconciliation.

Elle n’en voulait pas.

Du moins s’en convainc-t-elle. Car elle ne peut prétendre qu’au fond, loin dans les entrailles de son corps, elle ne ressent pas la terrible douleur d’autrefois. Elle ne peut reconnaître que les restes éparpillés de son cœur ne vibrent pas de revoir ce visage autrefois tant important pour elle, phare de sa nuit sans lune, le soutien incontesté de l’Enfer dans lequel elle était tombée. Deux pauvres victimes qui ne savaient pas pourquoi ils avaient sombrés si bas. Et qui aujourd’hui n’était plus que des ombres pourries et décharnées, des êtres ne pensant que par eux et pour eux. En tout cas, c’était ce qu’elle était devenue, belle Kate. Une poupée de porcelaine brisée et recollée, manipulée par des fils qui n’étaient plus tant ceux de son cœur que ceux de son esprit. Froid esprit au demeurant, calculant pour mieux ne pas tomber dans les pièges des autres marionnettistes.

« C’est vrai. Je prends le compliment alors. » Glisse-t-elle avec cette légèreté qui inspirait le malaise, comme s’il ne s’agissait que d’un jeu à ses yeux. C’était presque le cas, et elle se trouvait très douée, à cet instant. « Et de rien. » Oh si vilaine menteuse. Mais le coup n’est que rendu. Car après tout, Orfeo ne jouait pas non plus carte sur table, alors pourquoi agir différemment ?

« Hé oui, il faut bien des vies à sacrifier pour celles qui sont indispensables. Oh ! Pardon, je ne devrais pas dire ça. » Oh bien sur qu’elle devait le dire, qu’elle voulait le dire. Et si elle ne pense pas forcément ce qu’elle dit, elle s’amuse parfaitement des réactions et de l’horreur que peuvent receler les mots qu’elle laisse échapper comme si de rien n’était. Fausse ingénue, elle espère simplement blesser Orfeo, arguant qu’à ses yeux, sa vie n’est rien d’autre qu’un mouchoir qu’on utilise et qu’on jette. Se rendait-elle seulement compte de la douleur qui titillait son propre cœur, sous la force de la haine et de la vengeance ? Elle n’entend pas les hurlements stridents, elle ne les écoute pas. Seule la mélodie dansante et rassurante de la rage chante à ses oreilles. Pourtant, les cris se font plus forts, plus terribles, quand dans les mots d’Orfeo, elle entend plus qu’un mensonge. Elle entend un soupçon de vérité. Une vérité qui fait mal. Une vérité qu’elle ne veut même pas comprendre ! Pourtant, il faut bien ça pour qu’un instant, son sourire s’éclipse, laissant une moue incrédule, peut-être surprise, certainement triste. S’en veut-elle seulement de tout ce qu’elle a pu dire avant ? Pas le moins du monde, car l’élan de vérité, entre tous les mensonges, n’était finalement rien. Alors pourquoi faisait-il si mal ? Elle n’a pas envie d’y répondre, le chasse d’un mouvement de tête alors qu’elle observe son interlocuteur se lever.

Fuyait-il sa présence, à nouveau, alors qu’elle venait tout juste de s’asseoir sur le lit ?

Pire que la fuite, c’était presque une mise au point claire et précise, demandant cette fois de poser les masques, ne plus simplement jouer. Elle aurait pu en rire avec beaucoup d’amusement, Kate, puisqu’il était clair qu’Orfeo n’était pas capable lui même de faire preuve de sincérité. Pourtant, le sourire froid qu’il lui renvoi fait naitre aucun sourire chez la jeune femme. Si elle affirme son regard en plongeant ses prunelles dans celle de son ancien ami, ses yeux ne riaient pas, ne souriaient pas, n’avaient plus la moindre parcelle d’ironie. La colère et la haine vibraient, oui, mais elles n’étaient pas seules. Elles n’avaient jamais été seules.

« Oui je trouve. Ce serait mentir que de dire le contraire, puisqu’après tout, tu m’as sauvé autrefois. » Enfin, le véritable sujet semblait s’être lancé. Les non-dits allaient peut-être pouvoir exploser. Pourtant, c’est toujours avec calme qu’elle continue, sans détourner le regard, pleine d’une détermination farouche. « Je n’ai pas le désir de te voir mourir Orfeo. » Et les mots étaient curieusement sincères. « Mais tu n’as certainement pas idée d’à quel point je t’en veux. Oh oui je t’en veux, de m’avoir abandonné, d’être parti comme si je n’étais rien. Comme si je n’avais jamais rien été à tes yeux. Je crois qu'en fait, je te déteste pour ça. » Les « si » n’étaient là que pour la forme. Avec le temps, Kate c’était persuadé qu’elle n’avait de toute façon jamais compté plus que cela dans le cœur d’Orfeo. Que tout ce qu’elle avait cru vrai, que tout ce que son cœur avait un jour ressenti n’avait jamais été réciproque. Pauvre petite fille naïve et encore rêveuse. Brisée, déchirée comme un misérable bout de papier. « Tu peux bien dire que tu as fait ça pour m’éviter des ennuis. La mort hein ? Je l’étais déjà, nous l’étions déjà tous les deux. Un mot, rien qu’un seul, c’était trop te demander peut-être ? » La voilà qui enfle et qui gronde, la colère. Au cœur des braises, les flammes peu à peu s’élèvent. Elle est persuadée pourtant que jamais elle n’aura de réponse. Et pourtant, bêtement, elle se prend à espérer.
Revenir en haut Aller en bas

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 281
↳ Points : 234
↳ Arrivé depuis le : 01/10/2016
↳ Age : 21
↳ Avatar : James McAvoy
↳ Age du Personnage : 30 ans en apparence & 785 en réalité
↳ Métier : Sapeur Pompier;
↳ Opinion Politique : Le monde a besoin d'un Gouvernement. Mais pas de celui-là.
↳ Niveau de Compétences : 2, création d'illusions et guérison 3
↳ Playlist : Danse macabre ~ Delain / Innocence ~ Tarja / Edge of the blade, Beyond the Matrix ~ Epica / We are murderrs ~ Xandria / Wings of Madness ~ Serenity
↳ Citation : "We both strive for the same end. Only our methods differ. Do you not see that? Peace. Stability. A world where men live without fear."
↳ Multicomptes : Ambre M. Del Nero & Solveig Eriksson
↳ Couleur RP : Darkcyan



les petits papiers
↳ Copyright: Killer from a gang ♥
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Because every single moment will be precious [PV Orfeo]   Mer 25 Oct - 14:04


Because every single moment will be precious
Time is ticking away... ••• Il aurait dû rester calme, se reposer, définitivement. Les blessures encore présentes sur son corps n’étaient pas de celles dont on était supposé se relever au bout de quelques heures, jours. Enfin, il fallait partir du fait qu’il était là depuis bien une semaine, si ce n’était plus. Et son frère avait dû jouer de ses relations pour qu’il obtienne un traitement plus rapide. Des sorciers certainement, le Gouvernement devait en avoir une tripotée. Il y avait déjà Kate. Putain, il n’en revenait toujours pas de la voir face à lui, de la savoir entre les crochets de ceux qu’il haïssait. Cependant, il ne pouvait faire grand-chose contre cela. C’était de sa faute si elle s’était retrouvée dans cette situation, c’était son abandon qui avait tout causé. S’il avait porté un peu plus son courage, il serait resté avec elle, aurait continué de la guider. Mais il avait cru qu’il n’en serait pas capable. Alors, il l’avait laissé tomber, avait fui. Lâchement diront certains. Et plus les minutes passaient, plus il se calquait sur cette pensée. Il n’avait été qu’un lâche. Pourtant, cela demandait du courage de se retirer pour ne pas qu’une autre soit blessée à sa place. Prendre le rôle de monstre, pour maintenir en vie ce qui faisait battre notre coeur. Cette partie commençait à s’effacer, se dégrader. Il ne voyait que la finalité, la douleur provoquée chez la jeune femme..

Et son sourire aussi, preuve de sa fierté par rapport à la colère provoquée. Malgré tout, Orfeo était incapable de la ravaler, de retrouver sa sérénité habituelle. Trop tard, il était trop tard. La remarque de Kate ne fit qu’attiser la rage qui lui brûlait ses entrailles, et ne manqua pas de le faire réagir. Trop rapidement, persiflant entre ses dents : « Si ça pouvait seulement être une excuse, ce serait bien plus facile aujourd’hui. »  Les derniers voiles tombaient, laissaient apparaître les vérités. Et il avait fallu des siècles pour cela. Enfin, Orfeo ne savait tout simplement pas que Kate était encore en vie, sinon, il aurait tenté de venir lui parler dès sa sortie de l’enfer, maintenant que le danger avec la folle était passée. Prends-le, ton foutu compliment. Tu ne sembles vivre que pour cela. La mauvaise foi s’infiltrait dans son esprit, sans pour autant transparaître dans son discours. Il se savait en partie responsable de son comportement, alors, pourquoi lui cracher dessus ?

Et pourtant, elle ne lui facilitaient pas la tâche la petite. Désormais aussi pourrie que les autres membres du Gouvernement, elle n’essayait même pas de le cacher, descendant le bas peuple dès que possible. Sans chaque « citoyen », les tyrans ne seraient rien, manqueraient de tout. Elle ne se rendait pas compte que, sans respect, ceux-ci finiraient par se rebeller ? Qu’ils continuent de se comporter comme des chiens les hauts-placés, et ils auront un retour de flamme des plus violents. Orfeo, quant à lui, se contentait de toiser Kate, passée de victime à bourreau. Il ne savait plus quoi penser, les émotions tourbillonnant dans son esprit. La colère oui, mais aussi l’écoeurement, le dégoût, la peur, l’horreur… Et un peu de bonheur, sous toutes ses couches, de la savoir encore debout. Un mal de crâne commençait à pointer le bout de son nez, rajoutant une douleur physique supplémentaire à son corps déjà massacré. « Et après, on se demande pourquoi les résistants gagnent de plus en plus de terrain… A se faire considérer comme des merdes par des gens comme toi, ils finissent par se rebeller. »  Et la rue avait toujours fini par faire tomber les dictateurs. Du moins, avant l’Apocalypse.

Son regard glaçant se posait sur la rousse, désormais assise là où lui s’était relevé. Instinct de fuite, ou simple envie de ne pas apparaître diminué ? La froideur avait repris place sur son visage, vibrante de haine et de colère. La vérité, il avait toujours eu du mal à la dire, mais c’était familial. Son grand-père lui avait caché un nombre incalculable de réalités, son aîné continuait cette entreprise. Orfeo ne pouvait pas échapper à ce qui le définissait : le mensonge. Enfin, jusqu’à aujourd’hui. Il avait peut-être fallu trois siècles, et un abandon, pour parvenir à ouvrir les vannes de la vérité. Celle-ci serait douloureuse, violente, leur arracherait le coeur. Mais c’était peut-être nécessaire pour crever l’abcès, quand bien même l’italien n’avait aucune idée de comment ils évolueraient par la suite. S’entretueraient-ils, ou la relation s’apaiserait-elle ? Une question importante, sur laquelle l’homme ne s’attarda pas. « C’est bien de souligner que j’ai fait quelque chose de positif au moins. »  L’ironie palpable dans ses mots, dans son ton. A quoi bon la cacher, alors que les deux semblaient l’utiliser à outrance.

La suite l’étonna, le fit tomber de haut. Ne pas le voir mourir ? Elle mentait. Après tout, elle venait de lui faire plus ou moins comprendre durant de longues minutes que le voir vivre ne faisait pas partie de ses projets. Ou il extrapolait la colère à son encontre. Dans tous les cas, il restait silencieux, perdant un peu de sa colère au passage, rapidement ravivée par les propos de la jeune femme. Il s’en rendait compte, à quel point il avait foiré. Il l’assumait d’un côté, mais évoquer les raisons de sa fuite… Non. Il ne pouvait pas. Et il ne voulait étrangement pas ressasser le passé, même s’il était déjà trop tard… La réaction ne se fit pas attendre, piqué au vif comme il l’était. « Tu as été la personne la plus importante à mes yeux. Et tu l’es certainement toujours. C’est la raison pour laquelle j’ai fait le choix de t’abandonner. J’assume, et tant pis si tu continues de me détester. Tu aurais fait la même chose à ma place. »  Il fallait aimer quelqu’un suffisamment pour partir sans rien dire, sans la mêler à une sombre histoire de prison et de tortures. Orfeo avait énervé les mauvaises personnes, et dans un monde où mourir était impossible, cela impliquait une dose de souffrance sacrément supérieure à supporter. Il ne voulait pas mêler à tout ça, alors… « Oui, c’était trop. Le moins tu en savais, le plus tu survivrais sans te retrouver avec des tortionnaires sur le dos. La protection était plus importante que les états d’âme à ce moment-là. » Peut-être que je réagirai autrement aujourd’hui...

Ses yeux bleus finirent par se détourner, le corps recula. Il en tremblerait presque de rage, s’il n’était pas capable de contrôler sa colère. Quelques secondes pour essayer d’évacuer, quelques secondes pour se reconcentrer. Trop tard. Deux pas suffirent à engloutir la distance qui le séparait d’elle. Les doigts se posèrent autour du visage de la jeune femme, le front prit place contre le sien. Proximité voulue, imposée. Il savait qu’il n’en ressortirait pas indemne, mais qu’importait.

©️ 2981 12289 0

_________________
+Danse Macabre+
Look at what he can do. Let him show the world how powerful we can be. Because those with the greatest power protect those without. 



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
Invité

avatar





MessageSujet: Re: Because every single moment will be precious [PV Orfeo]   Sam 16 Déc - 18:37

Quelles curieuses paroles sortaient Orfeo à cet instant. Osait-il critiquer le Gouvernement en encensant les actions criminelles des Résistants ? Ces imbéciles incapables de comprendre les actes des plus grands et de refuser de rester à la place que le destin avait décidé pour eux ? Kate exécrait ces gens là. Moins par conviction que par loyauté envers ceux qui l’avaient sauvé, mais le sentiment restait le même, vivace et farouche, tel un brasier qu’une mince étincelle pouvait éveiller et faire flamber. Elle n’hésiterait pas une seconde, la belle rousse, à dénoncer une de ces personnes qui s’opposait au Gouvernement, qu’elle fut un ami ou non. Après tout, c’était sa tâche de soutenir ceux en qui elle croyait et faire tomber les ennemis de sa cause. L’humanité restée en vie avait besoin du Gouvernement pour survivre. Ceux qui ne croyaient pas en cela n’étaient que des idiots, des naïfs ou des êtres convaincus que la liberté était le don le plus précieux du monde. Non, c’était faux, parfaitement faux. La paix avait bien plus d’importance, et bien jaugée, elle permettait la survie de tous. Sans ce contrôle de la foi et des vies, c’était la porte ouverte au chaos le plus total. Elle savait bien ça, Kate, puisque l’Enfer où elle avait vécu n’était régit par aucune loi. La loi offrait un cadre protecteur. Voilà la vérité que beaucoup se refusaient de comprendre.

Et à écouter les vindicatives paroles d’Orfeo, elle cru, pendant une seconde, que celui-ci était d’accord avec ceux qu’elle combattait. Mais peut-être était-il juste outré de ses propres mots à elle, fait spécialement pour le blesser. Elle pensait, d’une certaine manière ce qu’elle disait, convaincue que chacun avait une place, un rôle à tenir, et que la mort, le sacrifice était nécessaire. Pourquoi s’inquiéter de ces pauvres vies sans importances ? Tout au fond d’elle pourtant, la musicienne savait que ces pensées de surface qu’elle entretenait étaient horribles, monstrueuses, l’éloignant d’une humanité qui lui était chère. Mais il fallait croire que la jolie Kate était capable d’aller loin pour blesser celui qui avait trahi son cœur et son âme. Et que tous les mots, fussent-ils cruels et inhumains, étaient acceptables pour justifier sa rancœur plus profonde que les abysses des océans. Bien des réponses lui vinrent à l’esprit, quand Orfeo termina de lui asséner ce coup bien faible et maigre. Mais elle se contenta d’hausser les épaules et d’adresser un sourire moqueur et triomphant. Elle faisait partie des gagnants, que lui importaient la voix et l’avis de cet homme qui n’était plus rien à ses yeux aujourd’hui.

(MENSONGE). Il n’est pas rien. Sinon tout ceci n’aurait pas de sens.

La couche bien enfouie de ses sentiments est grattée bien contre son gré, et pourtant, c’est pleinement consciente qu’elle révèle le fond de ses pensées. Si terribles et si douloureuses. Comme si les exprimer les rendait plus vraies que nature. Et si la colère joue avec son cœur, la peur tiraille en arrière plan. Celle d’être à nouveau rejetée, de comprendre qu’en vérité, toutes ses craintes étaient vérifiées. Qu’Orfeo l’avait bel et bien abandonné parce qu’elle ne comptait pas, qu’elle n’était qu’un poids inutile, faible, sans intérêt. Comme ces êtres sans importance qu’elle s’était amusé à critiquer. Sombre ironie. Pourtant, Kate n’afficha rien de visible sur ses traits, sinon cette flamme latente de colère, attendant enfin les explications, espérant vainement qu’Orfeo lui en donnerait. Serait-il capable de tomber les masques, de cesser de mentir, comme elle venait de le faire, offrant à cet homme un avantage sur elle ? Elle pensait ne plus pouvoir être blessée par les paroles de l’italien, mais elle savait, tout au fond de son cœur ramassé et pathétiquement recollé qu’il suffisait de peu pour le piétiner de nouveau.

Elle lit la surprise dans le regard si bleu d’Orfeo. Est-ce la vérité qui le surprend ou les propos tenus ? Elle l’ignore. Mais le maintien si parfait de ses manières et de ses masques semblait s’être éclipsé. Instinctivement, tout son corps s’était tendu lorsqu’il fit mine d’ouvrir la bouche. Son souffle ne s’était-il pas arrêté, lui aussi, pour au moins une poignée de seconde ? Sans doute, mais la jeune femme ne s’en était pas aperçue. Jusqu’à ce que la révélation frappe de plein fouet et que l’air commence à lui manquer. Surprise, impénétrable, l’incrédulité se peint sur ses traits. Elle n’ose croire ni espérer. Et elle sait que si elle se laisse à nouveau prendre dans ces filets, elle tomberait de trop haut pour se relever. Sous des dehors de colère pourtant, les mots semblent sincères, plus piquants que la plus acérées des épines, plus mordants que le plus coupant des crocs, plus brûlant que la flamme même du soleil.

Son cœur hurle cependant, et sa raison tout autant. Non ! Non elle ne l’aurait jamais abandonnée ! Parce qu’elle est loyale et qu’elle l’aimait ! Parce que toute sa vie tournait autour de lui, dans cet Enfer de massacre et de haine, de chaos et de distorsion. Non elle n’aurait pu faire pareil, même si elle ignore ce qui l’a fait fuir la première fois. Mais ensemble ils auraient pu faire de grandes choses, se protéger. N’est-ce pas ce que font ceux qui s’aiment ? Cela dit, elle s’est surement trompée sur ça aussi. Ceux qui aiment n’abandonnent pas. Alors Orfeo mentait, c’était forcé. Encore une excuse pour l’amadouer. Une excuse pour la faire flancher.

Ne cherchait-il que ça, ce maudit italien qui hantait ses pensées ? Ne cherchait-il qu’à la blesser ?

« Non ! Tu mens ! Tu n… » Mais la phrase ne trouvera jamais sa fin. Les mots se meurent dans sa gorge, quand Orfeo se retourne vivement vers elle et qu’il s’approche.

Trop près. Bien trop près.

La distance fut franchie en deux pas. Leurs peaux s’effleurèrent, réveillant mille et une sensations d’autrefois. Comme oublier cette proximité qui les avait rapproché ? Cette intimité farouche et brulante ? Cette passion au cœur de l’Enfer ? Elle en tremble, la belle Kate, de ce contact imposé par Orfeo, si horriblement mesquin d’user de ce genre de technique. Elle lui en veut. Oh plus terriblement que jamais ! Mais elle se perd pourtant un instant dans les souvenirs que ce souffle, si proche du sien, lui inspire. Cette odeur si différente et qui pourtant lui rappelait sans aucun doute cet homme qu’elle avait aimé. Elle aimerait tant… Ô Seigneur… poser juste un instant ses lèvres sur celles si proche d’Orfeo, goûter à ce désir qui brûle et détruit. Elle le voudrait, mais la rancœur se rappelle à elle, emmenant avec elle sa sœur la colère. Rouvrant les yeux, elle se plonge dans les prunelles d’un bleu si pur qui l’observent.

« Ce n’est pas juste… tu es cruel avec moi Orfeo. Tu n’as pas le droit de faire ça… après tout ce temps. J’ai cru… » Murmure-t-elle d’une voix étranglée d’un sanglot. J’ai cru que je n’étais rien… hurlent ses pensées et tout son être. Elle le croit encore. C’est tout ce à quoi elle peut se rattacher. Son cœur, elle sent qu’il pourrait se rompre, qu’un simple coup pourrait le briser de nouveau. « Eloigne toi ! » Ose-t-elle un instant ordonner. Elle se voulait forte, elle se voulait autoritaire. Mais les mots manquent de conviction autant que ses gestes pour essayer de le repousser. Mains sur le torse bandé d’Orfeo, elle tente de l’éloigner de lui, mais ce sont les larmes qui commencent à sillonner ses joues qui l’empêchent d’agir avec force. Une seule chose lui vient alors, dernier bouclier qui lui reste pour épargner les morceaux de son cœur fracassé.

Une claque. Faible mais qui résonne assez pour la faire reculer elle, lui donnant l’aplomb suffisant pour chasser les larmes. Elle prit alors une bonne respiration, tentant de redonner à ses paroles une force suffisante.

« Je ne te pardonne pas. Tes explications n’ont rien de suffisant ! Si j’étais vraiment importante pour toi, tu me dirais là, immédiatement, pourquoi tu m’as abandonné. »
Revenir en haut Aller en bas

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 281
↳ Points : 234
↳ Arrivé depuis le : 01/10/2016
↳ Age : 21
↳ Avatar : James McAvoy
↳ Age du Personnage : 30 ans en apparence & 785 en réalité
↳ Métier : Sapeur Pompier;
↳ Opinion Politique : Le monde a besoin d'un Gouvernement. Mais pas de celui-là.
↳ Niveau de Compétences : 2, création d'illusions et guérison 3
↳ Playlist : Danse macabre ~ Delain / Innocence ~ Tarja / Edge of the blade, Beyond the Matrix ~ Epica / We are murderrs ~ Xandria / Wings of Madness ~ Serenity
↳ Citation : "We both strive for the same end. Only our methods differ. Do you not see that? Peace. Stability. A world where men live without fear."
↳ Multicomptes : Ambre M. Del Nero & Solveig Eriksson
↳ Couleur RP : Darkcyan



les petits papiers
↳ Copyright: Killer from a gang ♥
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Because every single moment will be precious [PV Orfeo]   Ven 26 Jan - 2:46


Because every single moment will be precious
Time is ticking away... ••• Les langues s’étaient déliées, la colère l’avait poussé dans ses retranchements. Pourtant, Orfeo ne regrettait pas un seul mot de ce qui était sorti de sa bouche. Il aurait dû, certainement, avoir un quelconque remords, mais chaque pulsation de son coeur renvoyait dans ses veines suffisamment d’adrénaline et de rancoeur pour l’en empêcher. Pourtant, ce n’était pas tant contre Kate qu’il en avait, mais surtout contre lui, contre son propre comportement voilà des siècles de cela, et ce foutu Gouvernement, qui avait profité de la faiblesse de la rousse pour l’embrigader. Ah, qu’il aurait aimé avoir la force, la puissance, pour briser les liens qui la maintenaient prisonnière, sans se rendre compte qu’il en était à l’origine. Enfin, il devait le savoir, mais sa conscience ne voulait pas le voir se briser, s’enfoncer dans les ténèbres. Parce qu’il n’était pas loin l’italien, de rechercher le pouvoir pour anéantir les autres. De compromettre son âme déjà perverti, si cela pouvait lui permettre de la sauver. Mais la sauverait-il réellement ? Certainement pas. Il était le seul souci dans sa vie, et pour lui permettre de continuer à vivre, il lui faudrait périr. Un sacrifice, qui ne devrait pas poser de problèmes à Kate, non ? Vu comment elle considérait la vie humaine…

Pulsations trop violentes, esprit embrouillé, et il se trouva à quelques centimètres de Kate, doigts enveloppant son visage. Sous ses mains rendues rèches par son métier de pompier, et le maniement des lances et autres objets de sauvetage, la peau étrangement douce de l’Allemande. Les souvenirs remontaient, en même temps que sa fragrance entêtante. Ah, qu’il aurait aimé ne pas être si lâche, et l’embrasser une nouvelle fois. Juste pour que le goût de ses lèvres ne soit plus un souvenir, qu’il reprenne pleine conscience dans son esprit. Pourtant, il y avait toujours ces chaînes qui l’en empêchaient, au nom d’un foutu consentement qu’il attendait. Il aurait pu forcer, c’était ainsi que les choses se faisaient il y a huit siècles. Qu’elle soit d’accord ou non, la femme se pliait aux exigences. Mais Lucrezia était passée par là, avait supprimé le reste de son éducation, pour lui inculquer celle du XXIème siècle. Plus douce, plus tolérante, plus attentive. Ses doigts effleurèrent ses cheveux ambrés, geste répété des dizaines, si ce n’était des centaines, de fois en Enfer. A l’époque, il suffisait à le rassurer lui-même, au milieu de l’horreur. Aujourd’hui, il se rendait compte à quel point cela lui manquait.

Il la dévisageait, de ses deux grandes iris bleues. Il attendait une réaction, un refus, un geste. Et rien ne lui répondit à part le silence. Puis les mots s’effondrèrent, se brisèrent. Sa respiration se voulait calme, apaisante, alors que la tempête se déchaînait en lui. C’était peut-être ce qui lui permettait de rester debout, alors que le corps était encore faible, malgré le sang de son aîné qui coulait désormais dans ses veines. Liquide carmin de métamorphe, pour accélérer la régénération et la cicatrisation. C’était étrange de se dire que lui l’avait sauvé, après l’avoir tué deux fois…

L’ordre fut scandé, sans grande conviction. Et lui n’arrivait pas à se détacher, à reculer. Il aurait dû, ce n’était que quelques pas, qu’un contact à briser. Mais il n’avait pas envie, non. Il avait eu tellement peur, oui, tellement peur de la savoir morte, malgré tout. Malgré les sacrifices, aussi physiques qu’émotionnels. Que l’autre l’ait retrouvé, et se soit permis de la torturer, par vengeance. Tous les scénarios étaient passés par son esprit, le meilleur comme le pire. Il avait frôlé la folie, à se dire qu’il avait pris la mauvaise décision… Et finalement, elle s’en était sortie. Alors certes, ils n’étaient plus dans le même camp, et l’abandon avait laissé une trace indélébile dans le coeur de la jeune femme. Mais elle était en vie, et c’était tout ce qui comptait à ses yeux. Pour le moment. Flamme de possessivité au fond du coeur, réveillée par la vision de la rouquine.

Larmes perlées qui coulaient sur les joues. Il effleura la peau pour les supprimer, les faire disparaître, sans la moindre trace de violence. Comme une mer ayant retrouvé son calme après une tempête… Un crescendo stoppé en pleine course, qu’il espérait source d’apaisement..

Jusqu’à la claque. Pas forte, non, mais il y avait l’intention derrière, le rejet. Les mains se détachèrent, et il la laissa reculer, une nouvelle fois. La fuite, ils n’étaient bons qu’à cela, tous les deux. Il se mordit l’intérieur de la joue, pour ignorer la colère grondante, raclant l’intérieur de sa cage thoracique. Elle cherchait à rejoindre l’extérieur, sans succès. Orfeo la contenait encore trop, mais bientôt…

« Tu as cru quoi ? Que je t’avais abandonnée de gaieté de coeur ? Que je t’avais lâché dans la nature sans raison, si ce n’était mon égoïsme ? Voyons Kate, tu as quand même appris à me connaître… » Rancoeur toujours ancrée en lui, qui perçait dans son ton. Ses doigts retrouvèrent ses propres cheveux, et soudainement, l’adrénaline retomba. La respiration se fit plus rauque, les dernières machines branchées à lui semblèrent s’exciter, se dérégler. Calme... La question, en sous-entendu, et il ne put empêcher un rire nerveux de secouer sa carcasse. Il s’appuya sur son lit, à nouveau. Béquille à son existence, ces derniers jours…

Il en avait assez, de se battre, de cacher. Il avait atteint le point de non-retour, dans son esprit brisé. Elle voulait savoir ? Hé bien elle saurait. Elle dégagera certainement par la suite, mais il n’en avait que faire des conséquences. Tout était déjà perdu, et ce, depuis son premier choix. Tout le reste était inutile. « Donc tu veux vraiment savoir… Comme si tu étais prête. » Le venin continuait de claquer contre sa langue, mais l’homme avait déjà capitulé. Se battre en vain, il n’en avait plus envie. « Darkness Falls était loin d’être une balade de santé, et pas seulement à cause des créatures. Non, les pires monstres, c’était les sorciers eux-mêmes. Il y en avait dont le but était d’assouvir leurs pulsions les plus malsaines, en torturant les nouveaux arrivants. » Sourire en coin, yeux glacials. « Et comme tu le sais, on ne meurt plus une fois en Enfer, mais la douleur existe toujours. » On était toujours là, avec les bras en moins, les corps détruits. Et tout recommençait, repoussait, dans un cercle vicieux que beaucoup auraient voulu briser. « J’ai été pris en grippe par l’une de ces personnes, parce que j’ai eu l’audace de lui enlever certaines de ses victimes avant qu’elle ne l’enferme. » Les doigts s’accrochèrent au drap rêche, alors qu’il combattait le retour des souvenirs, et les douleurs fantômes témoins de son passage par les geôle. « Et ils ont fini par me retrouver. S’ils t’avaient vue, ils t’auraient capturée et torturée. Alors j’ai pris la fuite. Je préférais ma mort à la tienne. »

Il n’y avait rien dans ses pupilles, à part un vide abyssal. Période noire de sa vie évoquée, d’où le ton tranché, détaché. Il était tendu désormais, prêt à exploser au moindre mot…  

©️ 2981 12289 0

_________________
+Danse Macabre+
Look at what he can do. Let him show the world how powerful we can be. Because those with the greatest power protect those without. 



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
Invité

avatar





MessageSujet: Re: Because every single moment will be precious [PV Orfeo]   Lun 29 Jan - 16:16

Qu’il ne s’arrête pas…

Que ses mains continuent de caresser ses joues et d’effacer les larmes qui y perlent. Qu’il continue à transmettre sa chaleur par cette indécente proximité. Que ses doigts jouent encore dans les mèches folles de ses cheveux, qu’ils leurs offrent une danse éternelle… Ô Seigneur, si seulement tu entendais ta brebis égarée… Tu ferais en sorte de lui épargner toute cette souffrance qui germe au plus profond d’elle, qui grignote chaque parcelle de son âme jusqu’à offrir à ton regard une chair laissée à vif, noircie de pêchés et d’angoisses. Mais tu n’es pas là et elle est seule face à ses propres démons. Il n’y a rien pour arrêter ce contact si doux qui pourrait la faire chanceler. Rien qui pourrait l’empêcher de sombrer dans ce regard si clair qui l’appelle et la rend démente. Non rien, sinon la plus pure des haines qui s’éveille comme brûlée par la foudre, qui claque jusqu’à l’esprit de Kate et la fait réagir, plus par survie que réelle envie. Si elle avait trop tardé, elle n’aurait su se détacher du sentiment d’éternité que promettait ce regard.

Orfeo n’était certainement pas ce salut qu’elle attendait. Juste ce souvenir douloureux qui appelait à la plus profonde des afflictions de son passé.

Non. Il n’y avait pas de pardon. Pas encore.

Elle pouvait avoir l’air faible, misérable, pathétique même, cela elle voulait bien l’accepter. Mais toutes ces années de solitude avaient fini par payer. Si son cœur était brisé, des éclats de vie laissés à l’abandon et mille fois piétinés, il s’était néanmoins recouvert d’une couche solide et glaciale. Son esprit aussi s’était renforcé, aussi robuste que le fer et l’acier ensemble, aussi tranchant qu’une lame ou une griffe. Et même si les sentiments pouvaient la submerger voire la dépasser, elle savait que l’éternité de souffrance qu’elle avait endurée lui rappellerait pourquoi elle détestait cet homme autant qu’elle l’aimait.

Elle l’aimait oui, mais pas assez pour céder. Et qu’il l’a regarde ainsi s’il voulait, qu’il se moque et la prenne pour une idiote, cela n’avait que peu d’importance. Une seule chose vibrait au plus profond de cette enveloppe de chair blessée : le désir de vérité. Pourtant, serait-ce seulement une source de réconfort ? Non. Bien sûr que non. Cela serait seulement un aboutissement, la fin d’un livre, le début d’une nouvelle page. Cela changerait-il quelque chose à sa haine ? Paradoxalement, Kate en venait à songer que sans elle, sans cette flamme qui l’avait fait survivre au plus profond des Enfers et sortir dans le nouveau monde, elle n’aurait plus de raison de vivre. Bien entendu, il y avait sa musique, son Paradis, sa raison d’être, mais elle était accordée à cette solitude presque lassante. Alors quoi, devait-elle finalement fuir ? Alors qu’elle avait retrouvé Orfeo après toutes ces années ? Elle qui le pensait mort et se réjouissait presque de cette perspective ? Tant de choses s’opposaient en elle, à tel point que son esprit aurait pu imploser mille et une fois. En cet instant par exemple, malgré la contenance qui peu à peu lui revenait, elle savait son cœur était encore bien trop emballé et que les larmes demeuraient au bord de ses prunelles. Mais la flamme continuait de la faire vivre, par cette haine vitale qui n’était pas si loin de l’amour, parfois.

Et pourtant… il osait lui formuler un tel reproche ? Il osait lui dire une telle chose, après tant d’années, alors que c’était lui qui l’avait abandonné ? Décidément, il se moquait bien d’elle. Amer sourire qui se dessine sur ses lèvres, cynique certainement, moqueur aussi, mais véritablement grinçant. Evidemment, quelle idiote était-elle… Elle aurait dû croire en lui éternellement et se faire bouffer comme une proie en attendant sagement qu’il revienne !

« Et toi, tu me savais vulnérable non ? Tu crois que je n’y ai pas pensé ? Que je ne me suis pas imaginée mille fois les raisons qui t’avaient poussé à partir ? Tu crois que la solitude laisse indemne en Enfer ? J’ai cru en toi plus longtemps que tu ne peux l’imaginer ! Je me suis rongée les sangs plus que tu n’as jamais dû le faire ! » Un mot de toi aurait suffit ! Une fois encore, c’était ce que son cœur lui criait. Mais les mots ne traversèrent pas la barrière de ses lèvres. Elle était incapable de lui répéter, lui qui semblait incapable de le comprendre. Au fond, c’était cela le plus triste. Tous deux n’étaient plus que des entités de haine, de colère, d’amertume, impuissants à écouter l’autre.

Comme le calme qui prend place dans le regard d’Orfeo, celui-ci revient peu à peu dans celui de Kate. Elle lit chez lui une lassitude froide, qui la ferait frémir si elle même n’était pas aussi remontée. Elle l’avait rejeté, et de toute évidence, c’était ce geste qui avait le plus affecté Orfeo. Mais il n’imaginait certainement pas une seule seconde le mal qu’il avait fait en s’approchant d’elle de la sorte. Non, il n’avait pensé qu’à lui, cet égoïste vicieux et cruelle qui avait prononcé des mots si vrais qui lui avaient percé le cœur. Et voilà qu’à nouveau, le venin danse sur le bout de la langue de l’Italien, supposant qu’elle n’était pas prête à entendre les raisons de sa fuite passée. Allons donc, la pensait-il toujours aussi vulnérable ? Soit, elle s’était laissée emporter par les réminiscences de ses souvenirs, mais elle avait changé, Kate. Elle n’était plus la petite poupée docile et effrayée qui chantait au cœur de l’Enfer sa naïveté. Cette partie d’elle était enfoncé au plus profond de son âme, cachée sous des couches et des masques qui cachaient à tous la réalité : celle d’une fille brisée.

Alors elle attend, avec une arrogance toute affichée, les bras croisés et l’œil fier, un soupçon en colère.

Elle attend et n’aime pas ce qu’il dit. Une fois encore. Avait-il eu raison de vouloir garder pour lui tous ces secrets ? Pendant un instant, elle songe que oui. Car détester Orfeo gratuitement sans avoir les raisons de sa fuite était plus simple que d’accepter qu’il ait – possiblement – raison. Elle se souvenait parfaitement de ces personnes macabres et cruelles qui avaient envahi Darkness Falls. Mais elle se souvient que c’est surtout après le départ d’Orfeo qu’elle en a eu conscience et qu’elle s’est à son tour enfuit. Maintes fois, elle s’était dite que son ami s’était fait prendre par ces fous, que mille tortures lui étaient infligées… et puis elle avait renoncé à croire à cette excuse. Finalement, ce n’était pas totalement faux.

Etait-ce cela que tu attendais, Kate ?

Maudite soit sa conscience qui murmurait au plus profond d’elle tout son désarroi et sa tristesse. Elle pourrait lui asséner des coups gratuitement. Lui reprocher de s’être intéressé à ces victimes et de ne pas les avoir laissé à son sort. Que c’était sa faute à lui s’il s’était fait remarqué et que sa bonne volonté avait joué bêtement contre lui. Oui, elle pourrait cracher tout cela à son visage, dans un élan total de mauvaise foi. Elle ne le fit pas. Parce qu’elle savait comment était l’Orfeo de l’époque. Elle savait comment il avait été avec elle. Doux, patient. Pas ce sale con glacial et cruel. Ils avaient trop changé l’un et l’autre. Et pourtant, celle qu’elle était devenue aujourd’hui ne parvint pas à jouer de sa langue si habile. Elle ne sut quoi dire, si ce n’est retourner un regard désolé, sincère. Puis ces yeux se détourne de ce froid abyssal auquel elle fait face. Elle l’avait cherché après tout.

« Tu avais raison. Ce n’était pas quelque chose que j’étais prête à entendre. » Comme cela lui écorche les lèvres de l’avouer, elle pourtant fière. Mais elle ne peut nier à cet instant que la vérité lui ôte toute perspective d’avenir. Face au silence, un murmure de voix répond, la sienne, si faible : « Nous… nous aurions pu fuir ensemble. Nous éloigner de ces sorciers fous… Tous les deux on… on pouvait le faire, pas vrai ? » Fol espoir de cette Kate du passé, revenue hanter pour une seconde les traits de cette nouvelle poupée rapiécée si mesquine. Une pointe de douceur, un brin de naïveté aussi.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé








MessageSujet: Re: Because every single moment will be precious [PV Orfeo]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Because every single moment will be precious [PV Orfeo]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Quel moment vous a le plus marque dans l'annee electorale USA?
» En ce moment à la télé...
» Un moment de déprime [Libre]
» Un petit moment de réconfort
» Such a precious toy, boy you’ll be my foil. [Luce & Jim]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Fifth Chapter :: Memories-