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 Vicious - Marcus

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: Vicious - Marcus   Dim 18 Juin - 18:44


Living easy, living free
Season ticket on a one-way ride
Asking nothing, leave me be
Taking everything in my stride


L'eau glisse silencieusement sur la peau abîmée des mains qui reposent dans le lavabo. Les avant-bras s'appuient sur la faïence froide et rendue humide par les éclaboussures du filet d'eau. Légèrement ternie, jaunie par la lumière artificielle de la salle de bain. La pièce n'est pas agrandie par un miroir, camouflé depuis des mois d'un drap scotché, punaisé, coincé n'importe comment, tant que je n'y discerne pas mon reflet. Le robinet couine lorsque je le referme, et je m'empresse de tamponner une serviette moite sur la peau encore un peu meurtrie de mes mains. Dieu sait ce qu'elles ont vu – je me souviens à peine des dernières années. Ce qu'elles ont touché, les saloperies qui se sont nichées entre mes doigts, à quel point elles sont souillées. Je ferme les yeux, lentement agressé par l'ascension d'un bourdonnement désormais tristement familier au fond de mon crâne. M'appuie à nouveau sur le lavabo, soupire longuement. Ces dernières semaines ont été difficiles, et exténuantes. Les paupières forcent, se ferment avec davantage de vigueur, comme si elles voulaient noyer les contrariétés. Les traits se crispent et amplifient la douleur qui point dans mon crâne ; au bourdonnement grave se mêle un sifflement perçant. Ça commence. Les crises s'espacent, et j'aurais presque l'audace d'affirmer que la nécrose disparaît plus rapidement qu'avant : plus rapidement de quelques jours, s'il me fallait les compter. Que je sens des choses, que les maux de tête sont plus violents, que la chose qui vit au fond de mon ventre me domine complètement. Mais que, d'une certaine manière, nous cohabitons. Comme si j'avais simplement appris à vivre avec.

Traînant la patte jusqu'au salon, je m'abandonne sur le canapé. Le chiot grogne – elle mâche une ceinture. Mon regard se porte sur son jouet, abandonné au sol à quelques pas d'elle. Intouché, presque neuf et vierge de toute morsure. Renversant la tête en arrière, je l'appuie sur le dossier et soupire, pense à la soirée qui se profile. J'irai bosser, et je m'éclipserai lorsque l'heure sera suffisamment avancée, lorsque je n'aurai plus rien à faire au Little. Bien qu'il y a toujours à faire, au Little.
L'odeur de la pâtée pour chien emplit le salon lorsque je renverse la conserve sur un journal déplié. Orka engloutit déjà les premiers morceaux – ce chien sera une sacrée bête. Une sacrée bête qui aura sacrément besoin de manger, me dis-je en soupirant. Passant les doigts sur son dos, je gratte son arrière-train avant de me redresser, un léger sourire aux lèvres, pour la première fois de la soirée. Elle a pissé tout à l'heure, me remémoré-je, elle a de quoi boire – les prunelles glissent jusqu'à un bol d'eau, s'assurent que je n'oublie rien –, elle mange. Je peux partir. N'attendant pas mon reste, je me précipite jusqu'à la porte d'entrée, attrape ma veste au passage et me dépêche de quitter l'appartement. La porte se referme sur une poignée de responsabilités, et le chemin jusqu'au club me rappelle à d'autres. Habituelles, celles-ci, et modérées. Je n'ai jamais su assumer, je n'ai jamais été capable de faire face à trop de maturité. Distillées avec parcimonie, elles ne me dérangent pas. Balancées au visage dans une bourrasque imprévisible, je ne sais pas gérer. Et la houle semble en avoir d'autres dans sa manche, qu'elle répand tranquillement avec le vent.

Maisy, Aimée, le chien, le boulot. C'est déjà beaucoup trop intense, beaucoup trop pénible ; beaucoup trop. Et je cherche perpétuellement à m'échapper au travers d'un trou de souris, sans parvenir à y glisser autre chose que le visage.
L'air de la soirée est rafraîchissant, mais il n'efface pas le bourdonnement incessant. Il ne partira pas de la soirée, j'en suis certain. Lorsque je m'approche du club, je crois discerner la silhouette de Charlie qui s'en éloigne dans l'obscurité du bâtiment – je crois qu'elle a convenu d'un rendez-vous avec Marcus pour ce soir, plutôt dans la semaine. Ce pauvre italien n'est jamais très enthousiaste en ma présence. Un sourire carnassier, qui ne m'appartient pas, étire mes lèvres. Je crois que je m'y habitue, au malaise. Je donne, parfois malgré moi, parfois intentionnellement, beaucoup trop de raisons aux autres d'être embarrassé en ma présence. Dernièrement, c'est surtout physique – une lueur dans le regard, une peau nécrosée, un voile qui se pose sur mes traits. Les gens n'aiment pas ça, parce qu'ils ne comprennent pas. Je n'aime pas non plus ça, pour les mêmes raisons. Et pourtant, lorsque la pensée s'insinue dans mes songes, la fugacité d'une autre s'impose : je n'aimais pas ça. Les choses changent, lentement mais sûrement, à mesure que je les découvre. Que je les caresse du bout du doigts, que je les appréhende comme une bête indomptable. Les choses changent.

Mu d'une démarche conquérante, je m'avance dans le club comme s'il m'appartenait, comme toujours. Le maître des lieux ; ça n'est définitivement pas moi, mais j'aime à me pavaner comme si c'était le cas. Je m'enfonce dans l'antre des danseuses, dans l'obscurité du spectacle, et pénètre sans pudeur dans la salle dans laquelle elles se préparent. La gêne ne les atteint pas davantage – habitude ou indécence, peu importe. Passant entre les corps, je les observe sous toutes les coutures et m'assure que leur peau est vierge de toute trace suspecte, hématome, blessure, griffure. Lorsque mes doigts passent sur leur épiderme, je sens la tension – la crainte bande les muscles et dresse les poils. Quelques mots sont échangés, elles me tiennent au courant de leurs passes du soir, pour celles qui sont prévues. Les autres seront spontanées. Une fois le tour effectué, je me rends jusqu'au bar et me dépêche de commander un verre. Ici, je ne soupire pas. Je ne me traîne pas, je ne râle pas. Le dos est droit, la poitrine aussi. Le message doit passer par là, suinter de ma silhouette avant même qu'on ne m'entende parler. En tout cas, je m'y emploie. Un regard circulaire m'informe que Solveig n'est pas là ; au fond, je n'aimerais pas le croiser pendant ma parade, dans ce qui demeure être son club.
La soirée débute, se passe. Mais je reste sur mes gardes – la faim court dans les veines de tout le monde et remplace la raison. Cependant, rien n'est à déplorer ce soir, et j'entame mon cinquième verre lorsque le club se vide lentement.

Alors je m'éclipse. Je ne sais plus vraiment où Marcus doit me rejoindre – Treme ? Mais le quartier est grand, et Charlie n'est plus dans le coin. Il doit être une heure de matin et les rues grouillent de petites frappes qui, en général, ne m'approchent pas. Me triturant les méninges, j'essaie de me rappeler où. Un squat, peut-être. Même si ça n'est pas vraiment réciproque, j'apprécie les rencontres avec Marcus. Elles sont amusantes. Il est si souvent sur la réserve, un peu mal à l'aise, comme s'il ne laissait rien paraître. En tout cas pas avec moi. Il ne m'aime certainement pas, malgré un sauvetage de fesses en bonnes et dues formes. La milice, ça peut vous mettre dans un sacré pétrin, si on ne sait pas bien où traîner. Et puis je le croisais, ailleurs, fortuitement. Comme si nos destins étaient liés, hein ? Mais la bête se l'approprie, je la sens, j'entends ses murmures et je perçois la tension qui l'anime lorsqu'il est dans le coin. Lorsque quelqu'un qui n'est pas souillé est dans le coin, d'ailleurs. Elle veut abîmer, elle veut faire ressortir la crasse chez chacun et percer le vice au grand-jour. C'est à ça que je suis lié – cette facette qui se veut bonne, résolument pas viciée.
Et puis, je n'ai pas suffisamment d'amis pour passer une soirée avec quelqu'un sans échange de bons compromis. Avec quelques verres de moins, ou de plus, cette pensée m'aurait indubitablement peiné. Mais elle se fraie un chemin difficile au milieu du bourdonnement, y est étouffée, aussitôt oubliée.

Marcus, Marcus, où dois-tu me rejoindre ce soir ? J'ai des tas de choses à récupérer durant la nuit. Du fric, majoritairement. Des cachetons, de l'alcool à faire livrer, des filles, sûrement. Une soirée banale, en somme, que je compte bien partager avec le tatoué.
Et pourtant, à peine ai-je le temps de m'approcher d'un squat que je l'aperçois, entouré de quelques personnes. À quelques mètres derrière, je siffle.

« Pile à l'heure ! »dis-je, comme si j'avais la moindre idée de l'heure convenue. En avance, en retard, qu'importe puisque je suis là ? « J'espère que t'es aussi content que d'habitude de m'voir, on a une sacrée nuit qui nous attend. » Une main s'abat abruptement dans son dos, et un sourire étire mes lèvres.

Don't need reason, don't need rhyme
Ain't nothing I would rather do
Going down, party time
My friends are gonna be there too

_________________
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SIN IS SINCERE


Dernière édition par Joseph Townsend le Mer 20 Sep - 0:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Vicious - Marcus   Ven 23 Juin - 14:13

Les yeux clos, il profite du calme inhabituel du quartier où il vit pour se reposer. Il est encore tôt, mais il sait qu'il aura à ressortir après les douze coups de minuit sonnés, pour une escapade d'une durée qu'il ignore. Il reste impossible pour lui d'espérer pour autant de pouvoir connaître un vrai repos avant de retourner travailler dans son uniforme gris. Alors, après un rapide en-cas pour ne pas se réveiller de faim, il a décidé de tenter de trouver un sommeil réparateur plus tôt qu'à l'ordinaire. Et il est là, allongé sur le dos, à attendre que Morphée lui ouvre les bras. Respectueux, le malinois a vite compris que son maître n'est pas disposé à toute activité. Sagement, il a opté pour se blottir contre son flanc. L'italien peut encore le sentir, l'animal s'est endormi plus vite que lui. Amusé, et un brin attendri, il esquisse un sourire avant de glisser une main sous la fine tête du canidé, et de le grattouiller sous le menton. L’apaisement de Nero est contagieux et il ne tarde finalement pas à avoir raison de Marcus, qui sombre à son tour dans le sommeil.

Douzième coup de minuit. Alors que l'immeuble tout entier dort, le réveil brise le silence omniprésent dans l'appartement. Immédiatement, le chien se réveille, saute du lit et commence à s'agiter. Il sait. Même s'il n'est pas télépathe, il sait. C'est lui qui tire l'italien de son repos, non pas la sonnerie, qu'il remarque ensuite et l'éteint. Coupé en pleine phase de récupération, il émerge difficilement, d'autant plus que la motivation lui manque. Un profond bâillement l'enfonce dans son manque d'enthousiasme. Pour autant, il ne remet pas en question sa sortie nuptiale, sachant fort bien qu'au fond, il n'a pas le choix. Alors il se lève finalement, attrape un tee-shirt blanc à manches longues qu'il troque contre ses manches courtes en prévoyance de la fraîcheur de la nuit. Interrompu par le sentiment qu'un regard est posé sur lui, il s'arrête, tourne la tête, et observe son compagnon qui le fixe silencieusement. Sagement assis, le malinois est un exemple en terme de comportement à suivre. Il sait qu'il sortira, alors il attend que vienne l'heure.

Un soupir en fin de compte lâché, il reprend sa brève préparation. Il fixe un instant son survêtement, noir, se demandant s'il ne serait pas encore en train d'opter pour son si habituel look dénué de couleur. Haussement d'épaules, il n'en a cure. Après tout, ce n'était pas comme s'il passait son temps avec un sourire niais fixé sur ses lèvres. La joie, il la sortira quand se présenteraient enfin des raisons dignes de son nom. Déterminé, il ouvre une fenêtre pour prendre compte de la température extérieure, et la referme quelques secondes plus tard, dubitatif. Lorsqu'il se retourne, le chien a changé de place et se trouve à présent près de la chaise où l'italien a abandonné un sweat la veille. Sans capuche, assez long, noir, décoré de quelques marques et inscriptions blanches sur les manches, il est parfait pour une sortie de nuit. Marcus l'enfile sans se poser de question et attrape une dernière chose dans une boîte à chaussures cachée sous son lit. Une rapide vérification pour s'assurer qu'il soit chargé et le brun remet le revolver dans son étui et l'accroche sur le haut de son survêtement, à défaut de porter un pantalon à ceinture. Ses hauts longs permettent plutôt bien de le cacher et il quitte enfin l'appartement, satisfait.

Un sifflement et le chien se rue derrière ses talons. Pas de laisse, Marcus sait pertinemment que son ami lui obéira au doigt et à l’œil. Nerveusement, il porte sa main gauche à sa bouche et ronge un ongle qu'il jugeait trop long jusqu'alors. Dans quelle aventure Joseph va-t-il encore le traîner ? Son regard n'a de cesse de balayer la rue de long en large, en quête de personnes douteuses qu'il serait préférable d'éviter de croiser de trop près. Il se méfie des rues désertes de la Nouvelle Orléans, pour y avoir trop souvent été envoyé en patrouille. Sur le trottoir d'en face, un sdf et son compagnon de misère à quatre pattes. Par réflexe, Nero se met à aboyer bruyamment. « Tais-toi. » siffle le brun dans sa langue natale, accompagnant son ordre d'un geste pointant la route à prendre. Pour quelques mètres, le canidé prendra la tête. Chose qu'il fait en trottinant et observant avec curiosité tout ce qui croise son chemin. Pour sûr, il semble bien plus content que l'italien de pointer son bout de nez dehors.

Longeant les murs pour éviter autant que possible la lumière ambrée des lampadaires qu'il ne supporte, il souffle d'exaspération. Un trou de mémoire le pousse à l'hésitation. Arrivé face à un carrefour, il ne sait plus quelle rue emprunter pour arriver à bon port. Il s'arrête alors, le temps de prendre une décision. Le chien continue sur quelques mètres avant de se rendre compte que quelque chose cloche. Instinctivement, il retourne en trottinant auprès de son maître. Marcus le récompense d'une caresse pour son initiative. Il se rappelle alors, le malinois qui tournait à gauche alors qu'il fallait prendre à droite. La voici la réponse. « Merci Nero » lâche-t-il, reprenant sa route. Ils ne sont plus loin, il aurait été dommage de se perdre dans le quartier en pleine nuit, même s'il sait fort bien que Joseph ne l'emmènera pas cueillir des pâquerettes. Ce qui est, en soi, bien déplorable. Une activité légale et douce ne pourrait sûrement pas lui faire de mal. À défaut, il allait encore l’entraîner dans ses affaires dont le tatoué se fiche éperdument.

L'italien n'aime pas Treme. D'une part, pour la simple raison qu'il y passe la majeure partie de son temps lorsqu'il ne s'agit pas de traquer des rebelles. Autant dire qu'en ces temps, il n'est plus amené à y patrouiller aussi souvent qu'avant. À son plus grand malheur, dans le fond. La vermine, la violence, la misère, il n'en a pas besoin pendant ses temps libres. Ce quartier et ses magouilles le désespèrent. Le crime est partout, n'assurant à aucun moment de pouvoir traîner dans le coin sans risquer des ennuis. Malgré cela, Marcus ne peut nier qu'il préfère les bas quartiers aux hauts. Ils ont au moins le mérite de montrer la nature humaine dans sa forme la plus brute, sans la pousser à aller dans ses retranchements les plus vicieux pour se cacher. Au moins, dans Treme, il connaît d'avance tout ce à quoi il peut s'exposer. La surprise n'est finalement plus un facteur aléatoire, pour la simple raison qu'il n'y en a plus. Tout est possible, personne ne s'en voile, et c'est ce qui, finalement, pousse à l'abandon de toute crainte. Même s'il s'en répugne, en fin de compte, Marcus ne craint nullement ce milieu d'insécurité qui révèle ce que chacun a au fond de lui, lui y compris.

La façade à la mine déconfite du squat devant lequel il est supposé retrouver Joseph se dresse enfin devant lui. En revanche, nulle trace du souteneur de la Niflheim. Il fronce les sourcils, alors qu'il s'arrête contre le mur d'en face, posant son regard sur les quelques personnes présentes le dévisageant. Tant qu'ils ne bougent pas, ils ne sont pas un problème pour lui. Ce qui n'en est pas autant de l'absence de Joseph. Déjà qu'il l'oblige à sortir en plein milieu de la nuit, et manquer ainsi un repos si précieux à ses yeux, il ose en plus le faire attendre. Et dire que la nuit ne fait que commencer, il ne peut qu'en soupirer. Il va prendre son mal en patience, et attendre. Assis à côté de lui, Nero semble préoccuper par les inconnus non-loin d'eux. Un lien fort l'unie à l'italien, ainsi prend-il à cœur la protection de celui-ci. Il ne suffit que de la mise en mouvement de l'un d'eux pour qu'il se mette à grogner. Marcus le rassure d'une caresse, ne voulant pas s'attirer de problèmes pour l'instant, même s'il ne peut s'empêcher de lancer de noirs regards en direction des deux qui s'approchent petit à petit de lui.

Alors qu'il se décide en fin de compte à entrer dans leur jeu et quitter son mur pour se poster un peu plus en avant, un sifflement se fait entendre derrière lui.. Par réflexe, il se retourne, en particulier pour l'air confiant du malinois. Et pour cause, le tant attendu Joseph fait son entrée. « J'espère que c'est le chien que tu siffles comme ça. » lâche-t-il, abandonnant l'idée de lui faire remarquer qu'il est en retard. Sa grande délicatesse lui fait manquer une inspiration lorsqu'il le salue à sa manière, d'une tape dans le dos dont Marcus se serait bien passé. « Pour sûr que je suis ravi d'être ici avec toi, comme à chaque fois que tu me prives de mon lit. » Le ton est ironique, bien évidemment. Joseph sait bien qu'il l'emmerde plus qu'il ne le réjouit. « Ne perdons pas plus de temps, tu me traînes dans laquelle de tes merdes cette fois ? » Nero s'est placé en retrait, sûrement plus occupé par les drôles de marioles qui les entourent que par la présence de Joseph, qu'il a déjà rencontré et n'identifie plus comme une menace. Tapotant deux fois sur sa cuisse, le tatoué rappelle son compagnon au pied.
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MessageSujet: Re: Vicious - Marcus   Mar 25 Juil - 23:38

Les yeux roulent dans leurs orbites à la réflexion de Marcus, mais je souris. Il est amusant, vraiment. Je claque des doigts vers le malinois, le gratifie d'une caresse lorsqu'il daigne porter son attention sur moi. C'est quoi déjà, son prénom ? Héro, ou Neron... Intrigué par le groupe d'hommes qui discute plus loin, je le laisse vaquer à ses occupations et reporte ma propre attention sur Marcus. L'italien n'a vraiment pas l'air ravi de me voir, comme à chaque fois – mais il faut bien apprendre la vie quelque part, non ? « Marcus, mon pauvre vieux, t'as quel âge, déjà ? Ne m'parle pas de lit, j't'en prie, c'est faire un affront à toutes les délicieuses soirées qu'on a passées ensemble. » Dieu sait qu'elles l'étaient, délicieuses – non, pas vraiment, en réalité. C'est du boulot et Marcus n'y met jamais vraiment du sien, mais il me tient compagnie. Son agacement n'est que passif, et j'essaie de me convaincre qu'il doit, au fond, passer une soirée correcte. Qui, au monde, serait mieux dans son lit ? Je fais la moue, chasse les quelques pensées qui jaillissent dans mon esprit – certaines personnes aiment la solitude, certaines personnes ne la ressentent pas comme un poids, comme des doigts autour de la gorge. Certaines personnes aiment véritablement leur quotidien et leur chez-soi, il faudra s'y faire. Extirpant un paquet de cigarette de la poche de ma veste, j'en tire une clope et me la coince entre les lèvres. « Toujours pas accro ? » M'attendant à une réponse négative, je ne lui propose pas le paquet bien longtemps et le fourre dans ma poche. Tant qu'on a pas touché à cette merde, autant ne pas être tenté. Rapidement, la flamme s'échappe du briquet et vient griller l'extrémité de la cigarette, nous entourant aussitôt de l'odeur significative du tabac.

« Mmh, ce soir... » marmonné-je, les lèvres serrées autour du tube blanc. « J'ai un sacré paquet de fric à récupérer ici et là, rien de fou. » Du fric sale, tellement souillé qu'il aurait semblé difficile de poser les pattes dessus... À une autre époque, dans un autre monde. Aujourd'hui, c'est du pognon, rien d'autre. Il n'a jamais eu si peu d'odeur, si peu de couleur. Il ne porte sur lui que les vestiges d'un passé qu'il ne connaît pas et qui est terrifiant. Quelques pas en avant et je lance la marche, l'italien à mes côtés, le chien jamais très loin. Le premier arrêt n'est pas loin, et je fume en silence durant quelques minutes. Noyé dans mes songes, j'essaie de me rappeler des moindres endroits dans lesquels il faudra se rendre ce soir. Je les ai tous en tête – du moins, je le pense. Ils passent et repassent dans l'ordre, du plus proche au plus lointain. Pourtant, j'ai le sentiment désagréable d'en oublier un, d'avoir abandonné une information quelque part. Je me creuse la tête, mais rien n'y fais. Alors, j'abandonne. « T'as pris une arme avec toi ? J'pense pas qu'on en ait besoin, cela dit, t'excite pas. » Je souris, railleur. Marcus semble tellement... équilibré. S'il ne l'est pas, c'est en tout cas ce qu'il dégage. La balance est symétrique chez lui, là où la mienne menace de s'écrouler à chaque instant. Je me visualise, bêtement, à son âge. En morceaux. Alors, me dis-je, peut-être que j'idéalise la figure de Marcus, qu'elle me paraît terriblement lisse et brillante parce que la mienne était éclatée en un tas brisures.

« 'Soir. » La silhouette s'arrache à l'obscurité, le temps de nous saluer, et nous rappelle vers elle silencieusement. Fait un pas en arrière, puis deux, retourne dans l'ombre. Un grognement en guise de salutation, je perds le fantôme du sourire qui demeurait encore sur mes lèvres, et l'éventuel air affable qui pouvait encore animer mes traits. Deviens, simplement, neutre. Ce type-là n'est pas particulièrement décharné. Il n'évoque pas le passé, comme ces êtres coincés entre la vie et la mort, il n'évoque pas le pire de l'apocalypse – on ne lui vend certainement aucune drogue. Pas à proprement parler, du moins. Il doit avoir besoin de médicaments, ceux que Mackenzie prépare de ses doigts de fée et qui coûtent une vraie blinde. Alors j'attends, muet. « Y sont bien, y marchent plutôt bien mais... » Pas de réponse. Je scrute son visage, puis ses doigts, immobiles. Les bras qui pendent le long de son corps. « Non non y sont bien, j'vais payer, mais ptèt'... Ptèt' qu'on pourrait faire un prix d'gros, j'me disais ? J'en achète tout l'temps, j'en ai sacrément b'soin, puis mon cousin auss... » Ma main s'écrase sur sa poitrine. Il recule de quelques pas, dos au mur, et tousse. Les doigts toujours en l'air, je les tends vers lui et patiente. Attends l'argent qui, finalement, ne tarde pas à atterrir au creux de ma paume. Lui signifiant notre départ d'un mouvement de la tête, je retrouve l'air libre et la rue. Le fric rejoint la poche intérieure de ma veste, à l'opposé du flingue qui se niche dans une autre.
Ma cigarette, grande oubliée, retrouve une utilité lorsque nous reprenons la marche. « Ces putain d'crevards, j'supporte pas leur pathos. »

Un nouveau silence de ma part, pendant le court trajet. Dans la rue, la population n'est pas la plus agréable. À voir, entendre, sentir. Mais ce sont ceux qui nous rapportent, peut-être, le plus. Le coin est sale, les rues pavées sont souillées de crasse et de perpétuels relents nous chatouillent les narines. L'habitude a fait son œuvre depuis longtemps et je déambule tranquillement, efface de mon visage toute expression de gêne – au fond, c'est toujours la même chose. La grosse bête bouffe la petite, alors mieux vaut se cacher dans un costume, quand bien même serait-il un peu trop large.
On tourne, bifurque, longe – une nouvelle cigarette naît entre mes lèvres à la fin du trajet, et je commence à la fumer devant les portes, autrefois vitrées, de l'immeuble décrépi. « On y est ; tu veux peut-être laisser le chien dans l'coin. » Le laissant prendre sa décision, je m'accroupis et passe au-travers de la porte cassée. Au sol, quelques bris de verre, des bouteilles, des liquides. Une odeur d'urine étouffante, de celles qui prennent à la gorge, le temps de s'y habituer. Si tant est que l'on y parvienne. La lampe torche désormais entre les doigts, je l'allume et pénètre lentement dans le hall, accompagné de Marcus. Le faisceau lumineux nous ouvre la voie, balaie incessamment le sol jonché de détritus, seringues usagées. Une table de récupération, en bois vieilli, est remplie d'ustensiles – de cuisine, de chimie, de bricolage. N'importe quoi tant qu'ils peuvent y faire fondre un peu d'héroïne.
Et comme à chaque fois, les images me prennent aux tripes, remuent en moi chairs et boyaux. Tout ce qui est déjà passé sous mes doigts, sous ma peau, tout ce qui a rongé mon corps. Je ne sais pas pourquoi je m'évertue à venir moi-même, quand d'autres tiennent spécifiquement ce rôle. Pourquoi je me propose, m'impose, même.

« Ça va pas être long. » Le souffle s'échappe de mes lèvres, brise un silence pesant. Cet endroit sent la crasse, la maladie, et la mort. La porte à battant donnant sur les escaliers n'est que partiellement ouverte et j'en éclaire l'entrée pour Marcus, qui pénètre le premier. Sur ses talons, je le suis de près et illumine les escaliers. Prostrée dans un coin, la silhouette m'arrache une grimace et quelques battements de cœur plus rapides. Maigre, les yeux enfoncés dans de profondes orbites, pommettes saillantes et teint blafard, il ne reste de cet inconnu que l'ombre de ce qu'il devait être un jour.
Abandonnant l'homme derrière nous, les escaliers sont montés quatre à quatre jusqu'au deuxième étage. Quelques bougies éclaires le couloir, ainsi que quelques lampes de fortune. Le linoléum vert est tâché de toutes parts, et l'odeur ici et plus insoutenable encore qu'au rez-de-chaussée. Toutes sortes de flagrances corporelles, naturelles et pourtant répugnantes, règnent ici. Je lance un coup d’œil à Marcus, muet, et m'engouffre dans un appartement à la porte seulement appuyée.
Il faut enjamber les déchets, bouteilles d'alcool, les chaussures et autres fringues qui recouvrent le sol. La pièce est faiblement éclairée, mais je conserve ma source de lumière. Un gobelet en plastique craque sous ma semelle. Le faisceau de la lampe-torche court sur un corps, celui d'un homme – assis sur une chaise aux coussins éventrés, il se redresse subitement en nous voyant arriver. S'il ne m'adresse qu'un bref regard, il scrute l'italien qui m'accompagne. Je m'avance et brise cette drôle de contemplation, fais mes affaires avec lui pendant que Marcus vaque à ses occupations. Quelles peuvent-elles bien être, dans ce joli squat, je me le demande bien.

En pleine discussion, je suis troublé par un mouvement sur le côté, une toux humide – braquant la lampe sur l'objet du bruit, j'y découvre une femme. Le teint jaune, ou grisâtre, les cheveux mous, elle est maigre. Vêtue d'un jean trop grand pour elle, d'un débardeur un peu trop petit, elle repose sur un matelas, lui-même déposé sur des palettes de bois. Dos au matelas maculé de crasse, les yeux mi-clos, elle tousse lentement, le corps agité de soubresauts paresseux. Me calant la cigarette entamée entre les lèvres, je garde la lampe dans une main et compte le fric de l'autre. « Marcus, la fille. Non non, y a pas assez là, on vous a déjà dit qu'on se fait payer en une fois uniquement. », dis-je au junkie. Il doit avoir cinquante ans, la peau marquée par le soleil et les tatouages, et son visage est complètement hagard. Mais ils tentent toujours d'arnaquer, peu importe leur état. « Ouais, penche-lui la tête sur le côté – elle vient sûrement d'en prendre. Elle vient d'en prendre ? » Demandé-je brusquement à l'homme, qui acquiesce, et prononce quelques mots incompréhensibles d'une voix rauque. « Mmh, c'est sûrement une espèce de mousse mais elle va t'en mettre partout, fais-gaffe... » Je marmonne, distrait, compte les billets abîmés déposés dans une enveloppe. Certains sont pliés, roulés en boule, chiffonnés, et j'ai du mal à focaliser la lumière sur l'italien.
C'est bien simple, son agacement est si palpable qu'il est à couper au couteau.

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MessageSujet: Re: Vicious - Marcus   Lun 31 Juil - 12:34

Nul besoin de tenter d'embellir la chose, l'italien sait d'avance que cette nuit sera pleine de désespoir pour lui. Traîné dans un coin si malfamé de la ville, il ne pourra pas se gonfler le cœur d'espoir face aux diverses rencontre qu'il fera avec leur tournée. Négativement, il secoue la tête lorsque Joseph lui propose une cigarette. « Toujours pas. » Il n'a jamais été tenté par le tabac, seul l'alcool est devenu son ami dans les moments difficiles, et encore. Le chien se presse à ses côtés, lui réclamant une caresse, qu'il acquiert, avant de commencer à vadrouiller autour d'eux. Un peu de fric, rien de fou ? Le brun hausse les épaules, peu convaincu. L'argent peut avoir tant de pouvoir qu'il serait plutôt bon de s'en méfier. Il est dur de laisser son porte-monnaie se vider sous ses yeux sans être tenté de compter ce qu'il reste. Il espère que ceux qui ont des dettes ne seront pas trop accrochés à leur billets, bien que Joseph saura leur faire quitter leur liasse, il n'en doute pas.

Un sourcil se hausse, alors que l'aîné interrompt leur calme. « Bien sûr. Faut bien que je puisse en finir si tu me saoules trop avec tes conneries. » Le ton est ironique, tous deux savent qu'il ne fera rien. Si Marcus a survécu à toutes les soirées passées avec Joseph, il pourra bien en tenir quelques unes de plus. De toute façon, il s'est résigné à l'idée que cela puisse cesser. Une voix qui lui est inconnue les apostrophe. L'italien cherche son chien du regard, comprenant à la mimique du souteneur qu'il s'agit là du premier client. Nero n'était pas bien loin derrière eux et les rejoint tranquillement. Il ne fait de bruit, observant avec curiosité les trois hommes. D'un geste, le brun le somme de rester à ses côtés, alors qu'ils s'approchent de l'ombre. Il ne veut pas qu'il puisse leur faire perdre du temps inutilement. Sage, le malinois reste aussi muet que son maître, spectateurs du manège. Puis ils repartent, comme si rien ne s'était passé.

Leur marche silencieuse a pour mérite de le consoler maigrement. S'il ne peut se débarrasser de son aîné, il peut au moins être épargné de ses bavardages. En cet instant, le brun préférerait entretenir une conversation avec un lampadaire plutôt que de se risquer à s'agacer de plus belle aux côtés de celui qui le traîne dans les recoins de la ville les plus pourris les uns que les autres. Son regard cherche instinctivement le chien, qu'il a laissé gambader librement sans se préoccuper de ce qu'il fait. Il est là, non loin d'eux, se faufilant dans l'ombre des bâtiments comme ils ont l'habitude de le faire lors de leurs promenades. Il n'est plus qu'une silhouette, qui s'arrête de temps à autres pour s'assurer que les deux bipèdes dont il a la protection à assurer n'aient rien. Et puis parfois, il flaire, ayant lui la capacité de différencier toutes ces infâmes odeurs alimentant la puanteur de la rue. Il ne manque pas de déconcerter son maître, qui lui regrette grandement des parfums plus doux pour ses cavités nasales.

Finalement, ils s'arrêtent. Nero comprend qu'il est temps pour lui de se rapprocher des deux hommes et trottine vers l'italien. Il s'arrête à côté de lui, cherche sa main et trouve la caresse attendue. Marcus prend la peine de se baisser pour obtenir son attention. « Garde. » lui glisse-t-il à l'oreille avant d'appuyer son front contre le sien et de lui gratter simultanément les deux oreilles. Il sait que le malinois adore ces instants de câlin et n'en sera que plus disponible. Si quelqu'un s'approche, il aboiera jusqu'à disparition de la menace ou l'ordre qui lui sommera d'attaquer ou de se taire. Le tatoué prend une inspiration et quitte son compagnon pour s'élancer dans les talons de Joseph à travers l'ouverture. Le verre crisse sous ses chaussures, ne manquant pas de lui faire porter plus d'attention sur le sol. L'émanation d'urée ne manque pas de lui arracher une remontée d'acide, par manque d'habitude. « Merde t'avais pas plus glauque comme endroit ? » Quoique, il serait presque prêt à parier que l'autre pourrait lui trouver pire.

Son regard balaie par réflexe la pièce, pour s'assurer qu'ils soient tranquilles. Il ne peut s'empêcher de le faire, bien qu'il se doute que ça ne soit qu'inutile. La crasse omniprésente reflété la nature peu entretenue du lieu. Ça ne doit pas trop grouiller de monde par ici. Il ne peut pas non plus s'attarder, dépendant de l'unique lampe que le souteneur tient en main. Sans râler, il se glisse le premier dans les escaliers. Au moins, il découvrira le premier les petites surprises du bâtiment. Le macchabée en est le premier élément. Son sang se glace à sa vue, lui remuant les tripes. « T'as intérêt à te bouger, je veux pas finir comme lui. » lâche-t-il, peu convaincu, plutôt à fin de ne pas s'attarder sur ce gros détail. Un cadavre devrait être brûlé ou reposer sous terre, il en va du bon sens. Pourtant, ça ne semble pas si évident pour ses vivants colocataires. Y en a-t-il d'autres, comme lui, des oubliés ? Mieux vaut ne pas le savoir, pour préserver son repas là où il est.

Le second étage n'est pas plus propre que le rez-de-chaussée, loin de là. Malgré la luminosité plus présente, bien que toujours faible, le tatoué ne quitte pas son comparse. Il tient à savoir où son affaire va se dérouler pour ne pas se retrouver perdu en terre inconnue. Un craquement sous les chaussures de Joseph ne manque pas de lui arracher une légère grimace. Il n'a jamais supporté d'entendre casser le plastique, dont le son n'est pourtant pas des plus désagréables. Son pied gauche percute une bouteille, ne manquant pas de l'exaspérer de plus belle. Il serait aisé, avec tout ce bordel, de remplir plus d'une étagère. Ses sourcils se froncent, alors que la lampe n'est plus dirigée vers le sol. Que lui veut cet inconnu, à le fixer ainsi ? Il l'ignore et s'aventure dans la même mimique d'observation, jusqu'à ce que le souteneur les coupe. Qu'il paie vite ce crasseux, il n'a pas envie de s'éterniser ici.

Et pendant que Joseph fait ses affaires, l'italien arpente l'étage sans trop de curiosité. Il sait d'avance qu'il n'y trouvera rien de bien plaisant. Un soupir lui échappe, alors que la route est parsemée par les débris d'un meuble. Des tâches de sang séché sont dispersées sur l'ensemble des morceaux de bois. Il les enjambe avec méfiance, se demandant quel malheureux a bien pu venir s'écraser dessus. « Putain, fait chier. » lâche-t-il alors qu'il se prend les pieds dans un bout plus gros qu'il n'avait pas vu dépasser. Quelle belle idée que de s'éloigner sans prendre de lampe avec lui. Bel idiot, il se maudit de n'avoir pas pensé plus tôt qu'il ne se ferait pas traîner dans de jolies maisonnettes dotées d'électricité. Il est trop tard à présent et il se rattrape tant bien que mal contre le mur. Une porte est ouverte, à moitié défoncée, juste à côté de lui. Il hésite un instant puis hausse les épaules. Ce n'est pas non plus comme s'il ne s'est pas déjà fait remarquer de toute façon.

Face à lui, un homme et une femme, à moitié nus, enveloppés par la fumée des multiples joints qu'ils ont dû consommer jusqu'alors. Nul besoin de voir clair, il vaut mieux pour lui de s'éloigner de deux mollusques collés l'un à l'autre. Entre consternation et dégoût, il ne sait où donner de la tête. En fin de compte, il est préférable qu'il retourne auprès du souteneur avant de tomber sur d'autres choses qu'il ne veut pas voir. Est-ce si dur que ça de conserver un minimum de décence lorsque l'on est dans l'illégalité ? Heureusement qu'il n'était pas de service, heureusement. Il y avait là de quoi envoyer tout le monde au Colosseum. Et puis l'odeur, quelle horreur, il ne peut s'empêcher de trouver que chaque minute supplémentaire passée ici achève de le renfrogner. Sans manquer de se casser la figure une nouvelle fois, il parvient à la pièce où il se trouvait initialement. L'affaire ne semble pas avoir avancé, à son plus grand désarroi.

Sans même daigner lui jeter un regard, Joseph se permet de lui dicter ce qu'il doit faire. D'un soupir agacé, Marcus se dirige néanmoins vers la fille. À ses yeux, elle se trouve dans un état plutôt lamentable. Elle n'a rien de semblable avec l'être fantomatique qu'ils ont croisé précédemment, non. Celle-ci lui évoque un état assez comateux, qui ne manquerait pas de l'inquiéter dans un contexte différent. Quelle idiote, de s'envoyer dans un état pareil. N'a-t-elle pas conscience des risques, aussi bien juridiques que sanitaires, qu'elle encourt ? Il ne pourra sans doute jamais comprendre ce genre de comportement. Au lieu d'envoyer balader les beaux discours et les reproches, la balance penche pour la fuite de la réalité par la drogue. Stupidité. Ce n'est pas pour autant que le monde ou les autres vont changer. Décidément, son dégoût pour les toxicos est bien loin de s'estomper. Au contraire, il s’accroît à mesure que le temps s'écoule.

Il ne sait pas comment l'aider. Ce n'est pas ce qu'il fait d'habitude. Il se contente normalement d'arrestations, sans se préoccuper de ce qu'il advient ensuite. Il n'est pas médecin, pas plus qu'infirmier. La situation dans laquelle il se retrouve placé l'emmerde profondément. Elle sursaute, alors qu'il pose une main sur son épaule. « Là, tout va bien. » se contente-t-il de lui murmurer, cherchant en sa voix un ton de réconfort qui ne lui est pas naturel. Doucement, il la fait basculer sur le côté, accompagnant sa tête dans le mouvement. L'avertissement de Joseph ne lui vient que trop tard. La misérable n'a pas manqué de lui tartiner l'avant-bras. Il s'essuie sur le matelas dégueulasse, non sans penser que ça n'arrangera pas son cas. Il lève un regard glacial en direction du souteneur, toujours occupé avec ses billets. « T'as appris à compter un jour ou faut aussi que je te fasse ça ? » lance-t-il, un brin hargneux. Vraiment, il le faisait chier ce type.

Un gémissement se fait entendre derrière lui. Il se retourne vers la dépravée, qui semble perdue dans ses hystéries. Est-elle en sûreté auprès de cet homme ? Il en doute fort. Mais il ne peut rien faire pour elle, si ce n'est éventuellement prier un de ces hypothétiques dieux pour avoir un peu de bonté à son égard. Son attention faiblit et il se perd dans quelques pensées qui vont lui faire passer le temps assez vite en attendant que Joseph finisse son affaire. Une part de lui reste focalisée sur l'inconnue, dont il s'attriste de la situation. Sans-doute est-elle heureuse ainsi mais quel curieux bonheur que celui de se mettre dans un état léthargique. Des aboiements le tirent cependant de ses pensées. Nero. « Y'a du monde dehors. » Il jette un coup d’œil à Joseph, attendant qu'il l'ouvre à nouveau pour savoir s'il prend la peine de faire taire son chien ou non. Sans doute ne s'agit-il que de simples passants et le malinois s'arrêtera de lui-même.
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MessageSujet: Re: Vicious - Marcus   Mar 19 Sep - 20:28

Un soupir se fait entendre, portant avec lui tout l'agacement que l'italien semble ressentir en cet instant. À mes yeux, cette soirée n'est, d'une part, pas différente de ses sœurs ; d'autre part, elle me rappelle avec amertume ce que ça fait d'être de l'autre côté de la barrière. Là où l'herbe semble plus verte, gorgée des reflets du soleil, aux racines juteuses et dégoulinantes de plaisir en sève. Là où en réalité, le sol est, plus encore que stérile, carrément inhospitalier. Mais qu'importe la réalité, tant qu'il y a le plaisir, me dis-je avec envie. C'est le désir profond des toxicos, cet amour pour la misère. Les prunelles pâles, le regard voilé d'un drap de mort, leur décrépitude m'attire. Puis me rebute, me dégoûte, et je me méprise d'avoir pu y songer. La silhouette de celui qui m'accompagne se glisse dans mon dos et je l'écoute, d'une oreille distraite, évoluer dans la pièce. Marcus n'a définitivement pas sa place ici – il respire la santé, l'équilibre. La rigidité, même. Tenté une seconde de lui assurer que sa tâche sera plus qu'aisée – Fais-la juste vomir, bon sang – je m'abstiens et m'octroie même un ricanement. Son aigreur vient inconsciemment nourrir la bête qui grossit en mon sein, et je marmonne : « T'as pas tort de l'souligner, dans l'doute je vais reprendre du début... » Je n'en fais rien et termine tranquillement mes comptes, ne cédant pas à la lourdeur de la situation. Ces nuits sont toujours très fatigantes – les camés ne sont pas réputés pour leur honnêteté. Néanmoins, ils ne le sont pas davantage pour leur vivacité d'esprit. L'enveloppe se remplit tant bien que mal, et je constate à nouveau qu'ils ont bien suffisamment de billets roulés en boule dans des taies d'oreiller souillées pour songer à leur autoriser un retard de paiement. De toute façon, Isak ne le permettrait pas. Fourrant le tout dans l'intérieur de ma veste, j'entends le chien aboyer plus bas et penche le visage vers Marcus.

« Y a du passage. » Dis-je, pour seule explication. Imaginant quelques perdus s'engouffrant à l'intérieur de l'immeuble, j'attends que le chien se calme de lui-même. « Bon, on s'dit à dans deux semaines. » Les prunelles glissent jusqu'à la silhouette abandonnée à son sort et je ne sais plus ce que je ressens à son propos. Pitié, agacement, convoitise. Dégoût. La mosaïque d'émotions est suffisamment troublante pour que je n'ai pas envie de m'y pencher davantage. M'en détournant, c'est de Marcus que je m'approche désormais. Le chien, au rez-de-chaussée, s'exprime toujours. « J'imagine qu'il gueule pas pour rien ? » La question n'appelle pas de réponse. Le clébard de l'italien ne peut décemment pas être mal élevé. La bête doit être aussi raide que son propriétaire, me dis-je avec un amusement déplacé. Nous sortons de la pièce et rejoignons un couloir étrangement calme, à l'image de celui que nous avons laissé tout à l'heure. « Sûrement des toxicos qui passent par là. On va quand même aller voir... » Ajouté-je après une hésitation. Le chien sait sûrement se défendre, mais la fragilité de son existence flirte avec ma grande indulgence, et Marcus n'aime probablement pas l'idée de laisser la bête seule, en proie à un éventuel danger. « On devrait passer par un autre escalier, dans l'doute. » Les camés ne sont pas honnêtes, ni malins, c'est un fait. Ils sont aussi particulièrement dangereux, lorsqu'ils ne sont pas léthargiques. Tout au fond du couloir, une fenêtre aux vitres crasseuses nous fait face. N'éclairant aucunement le corridor de la lumière jaunâtre de la rue, elle semble même, si cela est possible, engloutir le peu de luminosité qui s'écrase sur le verre sale. L'aboiement de l'animal faiblit mais ne meurt pas et nous pressons le pas.

Les doigts agrippés à la fenêtre coulissante, elle m'oppose une sacrée résistance et ne cède qu'après quelques secondes d'effort. « Bon. On est qu'au premier, alors y a largement moyen qu'on s'pète pas les jambes en sautant. Allez, fais gaffe ! » Ni une ni deux, je passe les jambes au-dessus du rebord de la fenêtre et m'y assieds une seconde, vise la grande benne à ordures qui attend, la gueule béante sous mes pieds, que je m'y jette. Ah, Marcus, tu n'as pas fini de m'en vouloir pour ce soir. La benne, au couvercle inexistant, dégueule des ordures qui déposées là. Plus personne, dans le coin, ne prend la peine de mettre son bordel dans un sac. Et lorsque je saute, une légère inquiétude me frappe – putain, j'espère ne pas me planter une seringue souillée dans le cul.
Florilège d'hépatites, sida ou encore tétanos, j'ai l'impression d'aller au marché – lorsque j'atterris au milieu des ordures, je m'immobilise, soucieux. Et ce n'est que lorsque je suis certain de n'être pas en danger que je m'extrais le plus tranquillement possible de la benne. À l'entrée, je n'entends plus le chien aboyer. « Dépêche ! » Le pressé-je, à peine sorti des immondices. « Allez, y a rien d'dangereux là-dedans ! » A priori, tout du moins, mais je me garde d'exprimer mon incertitude. Le corps de Marcus imite le mien et j'imagine sans peine la répugnance qui l'étreint. Me reculant, je demeure muet mais l'observe, à l'affût d'une exclamation. Mais rien ne vient, rien d'autre que son amertume à mon égard et je lui tape l'épaule. « Ah, merde, ça m'aurait fait chier pour toi qu't'attrapes une saloperie sans avoir passé une soirée mémorable, hein ? » Dis-je, cynique. « Bon, sérieusement, le chien l'a fermée. On va s'faufiler tranquillement et voir c'qui se passe. »

L'adrénaline glisse dans mes veines et m'électrise. Dans ma poitrine, les battements du cœur s'accélèrent. Un peu d'action, que diable ! À l'angle, tout près de la porte d'entrée que nous ne distinguons pas, je me stoppe. Glisse le visage le long du mur, jusqu'à apercevoir la bête. Nero, si j'ai bien retenu son prénom, me semble particulièrement raide. Mais pas blessé. Je m'avance alors et l'abandonne aux soins de son propriétaire ; les lèvres retroussées, un léger et pourtant interminable grondement roule dans sa gorge, les yeux rivés sur l'entrée de l'immeuble, l'animal est grave. Un camé aura-t-il essayé de lui balancer un coup de pied en passant ? La lampe torche en main, je balaie le sol d'un faisceau lumineux. « Tu vas pas aimer mais... On y retourne. Quoi ; c'est plus ou moins des associés là-haut, j'peux pas les laisser comme ça... » Que nenni. J'ai seulement envie de pimenter un peu la soirée.

Rebelote. Laissant à Marcus tout le loisir de s'occuper de sa bête, puis de décider s'il veut l'embarquer avec nous ou non, je m'avance en premier. Inutile désormais d'être discret, j'ai annoncé notre arrivée de la lumière de la lampe. Au sol, rien n'a bougé depuis tout à l'heure – en tout cas, rien qui me frappe. Et si nous recommençons le petit manège, je propose silencieusement à Marcus de ne pas grimper à l'étage immédiatement. Autant profiter un peu du voyage, hein ? La crème de la crème se trouvera très certainement au rez-de-chaussé. Nous progressons tranquillement et je dois finalement admettre perdre espoir, après quelques minutes de fouille. Je m'éloigne de la silhouette de l'italien et vais ouvrir une énième porte, dans laquelle un énième et triste spectacle se joue, quel qu'il soit. « Mouais. J'sais pas, j'commence à croire qu'on a fait tout ça pour r... » La balle transperce l'air et siffle près de mes oreilles, m'étourdissant une seconde. L'adrénaline se décharge en moi comme une coulée de lave et me gifle le visage. Bouge, bouge.
Les réflexes font le reste – je me baisse, m'accroupis, cours, me jette, rampe, me camoufle dans quelque recoin obscur. Après ce coup de feu, plusieurs ont suivi et je réalise que j'ai bêtement abandonné la lampe torche au milieu du couloir. Je ne vois plus ni Marcus ni le, ou les assaillants. Mon arme entre les mains, j'ôte la sécurité et me recule silencieusement dans la pièce dans laquelle je me suis engouffré. Le sol jonché d'ordures m'empêche de progresser comme je le souhaiterais et je me cale finalement dans un coin de la pièce, l'arme pointée droit vers la porte, lorsqu'un silence brusque et pesant surgit peu à peu du couloir. Plus de coups de feu – ont-il eu l'italien ? Marcus sait peut-être parfaitement jouer de la gâchette, me dis-je. Peut-être les a-t-il tous abattus – d'ailleurs, je ne sais pas combien ils étaient. Une coulée glacée roule le long de ma colonne vertébrale lorsque je me décide à me rapprocher de la porte. À l'étage, de nouveaux coups de feu éclatent. Putain, je dirais pas non à une petite clope.

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MessageSujet: Re: Vicious - Marcus   Sam 23 Sep - 0:48

Comme si l'incommodante tâche qu'il occupe auprès de la droguée ne suffit pas, Joseph se fait attendre. La vaine tentative de l'italien de le faire accélérer n'obtient qu'un énième lancer de pique de sa part. Exaspéré, Marcus se tait et retourne à sa repoussante inconnue, dont la présence semble en fin de compte plus sympathique que celle des deux affairés. À l'instar d'une poupée déchue, elle gît sans trop de conscience sur son lit d'infortune, loin d'attirer la moindre attention des deux hommes. Elle est seule, échouée dans cet état larvaire, ne pouvant compter sur aucune bienveillance, alors qu'elle plane bien loin de cette pièce pourrie de fond en comble. Il lui souhaiterait bien qu'elle sorte de son cocon dotée d'ailes, afin de pouvoir fuir définitivement cette triste réalité. Mais il ne le peut pas, encore pas assez fou pour penser une telle chose possible. Le temps que son complice ne finisse de compter les billets, et il semblerait qu'il ne soit pas réellement pressé, le tatoué se rapproche à nouveau de la dépravée. Un soupir lui échappe, plus dénué d'agacement que tous les précédents de la soirée. Ah, elle n'est pas prête d'émerger. Un fond de compassion l'attendrit un instant, face à cette pauvre fille sans avenir, à l'instar -sûrement- de la plupart des hommes présents dans la pièce. Si le monde n'avait pas perdu toute sa tête, sans doute ne se trouverait-elle pas ici en cet instant. Ou peut-être pas. Il l'ignore mais le simple fait de penser à toutes ces jeunesses bousillées réveille en lui l'empathique qu'il peut être.

Par chance, ou pas tant que ça, le souteneur se décide à activer la transaction face aux aboiements persistants du malinois en bas de l'immeuble. Mais Marcus n'est déjà plus avec lui. En temps normal, Nero ne se montre pas aussi persistant. Le mouvement de son comparse l'intrigue. N'y a-t-il pas que de danger à l'endroit même où ils se trouvent ? La réponse est non, évidemment. L'espace d'un instant, le brun s'est pourtant autorisé à le penser. Comme si ces quatre murs qui les encerclent , miteux à en extasier des cafards, se trouvaient hors du temps. Mais dehors, à l'abri de son contrôle, la vermine de Treme ne s'arrête pas de vivre pour autant. À une telle heure, elle n'a plus rien à craindre des peacekeepers éventuellement de service, si tant est qu'elle ne s'en moque pas déjà en pleine journée. Et, alors que Joseph commence à s'activer, l'interrogeant bêtement, lâchant des remarques qui se perdent dans le vide, Marcus, lui, ne bouge pas. Toute sa concentration a quitté la pièce, focalisée sur les aboiements de son chien. En quatre ans, les deux êtres ont appris à se connaître sur les doigts de la main. L'autre ne se trompe pas, Nero n'aboie jamais sans raison. Tout autant qu'il ne s'arrête pas avant que la prétendue menace soit éloignée ou qu'il n'en reçoive l'ordre de l'italien lui-même. Quelques secondes, ce dernier hésite. Il ressent d'ici l'animosité de son protégé à quatre pattes. S'il serait mieux de lui hurler de se taire pour lui éviter des ennuis, cela reviendrait aussi à attirer l'attention à l'étage. Dans tous les cas, ils ne sont tous potentiellement plus à l'abri.

Son sang ne fait qu'un tour, alors que Joseph lui signale qu'il serait plus prudent d'aller voir. S'inquiète-t-il donc ? Le brun ne sait comment le prendre, mais ne préfère pas s'en réjouir. Lui ne connaît pas cette maudite piaule, pas plus qu'il n'a l'habitude de fréquenter le quartier lors de ses heures perdues. Mais sa propre inquiétude vis-à-vis du canidé le pousse à obéir docilement sans trop se poser de questions. Pour le peu qu'il s'agisse de quelqu'un d'impatient, Nero pourrait vite venir à bout de toute forme de patience par son insistance. Marcus peut sentir son corps se tendre nerveusement. La situation est loin de lui plaire et à mesure que les secondes s'écoulent, sa mobilisation croît de plus belle. Toute sa concentration est à l'affût du moindre signe de danger. Les avertissements du dehors ne cessent pas et l'accélération de l'aîné ne manque pas de provoquer en lui un énervement nouveau. Oui, c'est bien le stress qui l'envahit. L'incontrôlable inquiétude qui prend peu à peu le contrôle de chaque parcelle de son corps. Le sentiment d'impuissance à l'idée de ne pas être au contrôle de la situation. L'instinct protecteur qui s'accroît à mesure que la peur pour son compagnon à quatre patte prend son pied. Ils doivent trouver un escalier, vite, il ne supporte pas l'idée de le laisser loin de lui plus longtemps. L'intonation des avertissements du canidé le laissent trop dans le doute pour qu'il ne puisse déterminer avec précision s'il y a de réel soucis à se faire.

Planté au bout du couloir, il observe Joseph avec agacement. « C'est ça ton escalier sérieux ? Une fenêtre ? » Bordel, ne manquait plus que ça, des coups foireux dans le genre. Franchement, il n'en revient pas. Une issue de secours dans un immeuble, ce serait trop demander ? Et, alors que Joseph lui expose son plan, l'italien explose, dans sa langue natale. « Non mais tu veux qu'on prenne ce risque ? T'es vraiment barjo toi ma parole. » L'engueulé ne doit pas y comprendre grand chose, mais il continue sans s'en apercevoir. « Bordel, tu me fais vraiment chier avec tes plans à la con. Des toxicos, des poubelles et puis quoi encore ? » Il fulmine, lui lançant plus d'un regard noir. Et, alors que Joseph se lance sans trop se préoccuper de lui, le tatoué désespère. Il est vraiment sérieux. D'abord il le traîne dans les coins les moins fréquentables de toute la Nouvelle-Orléans comme un larbin, le privant d'une belle nuit paisible, mais voilà qu'il tente à présent de lui rompre les jambes. Il ne manquerait plus aussi qu'il tente de le tuer pour de bon et ce sera le combo gagnant. Ses yeux verts pétillant de haine, il plonge son regard dans ladite benne supposée le réceptionner. À priori, Joseph s'en est bien tiré. D'abord une jambe, puis l'autre, il trouve finalement le peu de calme nécessaire à s'immobiliser au bord de la fenêtre pour son grand saut. Bien entendu, ce serait trop demander de tomber au moins sur une poubelle un minimum décente.

Et l'autre, là, qui le presse. « Mais fermes ta sale gueule un peu. » Après tout, c'est sa faute. Quoi qu'il advienne, Marcus n'est pas prêt d'oublier. Dans sa dernière injure, il se lance avec énergie, pressé d'en finir. Heureusement, l'andouille a vu juste, il s'en sort très bien aussi, si ce n'est le fait qu'il ne sait pas exactement dans quel bordel empestant il a atterri. Finalement, il se tait, après avoir envoyé silencieusement au diable tous ces fichus camés. Se sortir des déchets et bien trop désagréable, si bien qu'il comparerait aisément cette odeur à celle des égouts de la ville. Pour le moment, son stock de mauvaises pensées est vidé, et il ne se contente plus que d'incendier Joseph du regard, alors que celui-ci fait comme si de rien n'était. « Après toi alors. Perdons pas plus de temps. » Sérieusement, il n'a pas tout de même pensé qu'il allait s'en tirer comme une fleur après ça. Nulle question que ce soit lui qui prenne des risques, bien qu'il n'ait pas encore retrouvé son chien. Fort heureusement -pour Joseph-, il n'y a rien à déclarer. Apercevant le premier homme qui lui est familier, Nero ne dit rien, conditionné par les missions dans lesquelles il a pu accompagner son maître. Et, lorsque ses yeux noisettes rencontrent enfin ceux du tatoué, tous deux se détendent immédiatement. Tout va bien, c'est déjà un poids de moins sur les épaules. « Bon chien. » le félicite-t-il, alors que ses mains grattent l'animal derrière les oreilles. Qu'il est bon de le savoir en parfaite santé.

Si l'instinct papa poule de l'italien se calme un instant, Joseph le ravive presque aussitôt. La réaction de Marcus est immédiate, son sang bouillant encore dans ses veines. « T'es sérieux ? J'en ai rien à foutre de ces gens, t'as ton fric non ? » Mais ses paroles sont sans effet, sans doute l'aîné n'a-t-il tout bonnement pas prévu de lui laisser le choix, une nouvelle fois. Un profond soupir lui échappe, alors qu'il le regarde rentrer le premier. Hésitant, il glisse son regard apaisé sur le malinois à ses côtés. L'ébène l'observe avec détermination, son instinct de chien d'attaque éveillé. Le tatoué comprend dès lors que le chien s'est branché sur sa case mission. Quoi qu'il se passe, il sera comme au travail. Les mots ne sont plus nécessaires à lui dicter la conduite qu'il doit suivre, l'homme en est certain. Par prudence, il sort son arme de son étui, la charge, et tâtonne ses poches pour trouver ses balles de recharge. Il refourre ensuite le pistolet à sa place, sans refermer son conteneur et s'élance sur les pas de Joseph, imité sans tarder par le malinois qui se met à longer les murs. Chacun sait ce qu'il a à faire, ils se sont formés pour ça. Observant une distance raisonnable de l'ouvreur, l'italien ferme la marche en prenant soin d'être certain que rien d'où ils passent ne leur échappe.

Il ne sait pas ce que Joseph a fichu. Mais le calme est rompu par des coups de feu. Plaqué au sol, Marcus se glisse près d'un meuble, attrapant son flingue. Le chien, lui, n'a pas couiné. Joseph non plus, également. Il en déduit que tout le monde va bien. Il ne lui en faut pas plus pour adopter une position offensive. De nuit, il ne peut se permettre d'attendre sagement que leurs agresseurs se présentent. La présence de Nero est aussi un facteur décisif. L'italien n'a pas peur de mettre de côté ses principes s'il s'agit de le protéger. Pour rien au monde il ne prendra le risque qu'il lui arrive quelque chose. Sans plus traîner, il répond aux tirs. Ce que les intrus ne savent pas, c'est qu'un peacekeeper accompagne la vermine. En conséquent, Marcus a un avantage considérable au niveau de l'entraînement. Les milieux sombres ne le dérangent pas, bien que la lampe abandonnée de son côté le rendra plus visible. Une balle se loge dans le mur, à proximité. En parallèle, un râle retentit de l'autre côté. Il en a touché un. Ne criant pas victoire, il se déplace rapidement de deux mètres, afin de pouvoir atteindre celui qui continue de tirer. Et finalement, les coups de feu s'arrêtent. Ici, ils n'étaient donc que deux. Un si petit effectif dans un tel endroit laisse à penser qu'il n'est pas à l'abri d'une surprise. Après tout, il reste bien du monde à l'étage. Cette simple pensée l'interpelle. Là-haut, il y a encore la fille. Une brève hésitation, et il se lance.

De son côté, le malinois apparaît, en forme. « Va chercher Joseph. » lui ordonne-t-il, alors qu'il récupère l'arme du première homme tombé, non sans se tâcher les mains de sang. Il ne bouge plus, certainement mort. Son sang ne fait qu'un tour. Il n'est pas encore l'heure d'avoir des regrets. L'arme est presque vide, mais déjà plus performante que la sienne. Il l'embarque donc et s'approche des escaliers, sans réfléchir. Une dispute semble d'actualité dans une des pièces. Marcus monte les marches une à une, prenant soin de ne pas trébucher dans le défunt échoué sur l'une d'elles. Il ne sait pas ce qu'il fait, mais il doit se dépêcher avant que le chien ne le rattrape avec le souteneur. Mais il n'a pas le temps d'achever son ascension qu'un coup de feu retentit. Il provient de la pièce dans laquelle ils ont fait affaire. Le tatoué se force à rester discret. Seulement, la vision qui s'offre à lui dans l’entre-bâillement de la porte le pousse à précipiter les choses. Il tire sur tous les hommes debout, sans réfléchir, et se rue dans la pièce lorsque aucun d'eux ne semble apte à répliquer. Alors il laisse tomber l'arme qu'il a piqué et se rue vers le matelas de la droguée. « Putain. » marmonne-t-il, désemparé. Victime du premier coup de feu, elle a été touchée au ventre. Impuissant, l'italien s'empresse d'enlever son pull et de le presser contre la blessure. Elle ne paye pas mine, pourvu que Joseph ne tarde pas à le rejoindre. Il ne sait pas non plus s'il n'y a pas d'autres vermines dans le coin, mais ce n'est plus ce qui le préoccupe.
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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: Re: Vicious - Marcus   Jeu 5 Oct - 1:06

L'italien ne semble pas apprécier la tournure qu'ont pris les événements. Peut-être ne ressent-il pas, au fond de ses tripes, l'adrénaline qui bout littéralement et électrise tout son corps. L'adrénaline appelle la rage, aveugle et dénuée de peur lorsqu'elle court sous ma peau, hérissant à peine les poils sur mon épiderme. Le corps tout entier s'habitue à tout cela, il n'y a plus rien qui vive dans mes entrailles lorsque le danger me frôle. Plus rien d'autre que l'excitation, intense et invincible d'insensibilité. Peut-être est-ce cela, le véritable danger. Ne plus le voir.
Marcus, lui qui d'habitude sait se faire si discret, parfois taciturne, semble renouer avec ses racines. Les insultes, qu'elles fusent en italien ou dans une langue que je comprenne, ne m'atteignent pas vraiment. Trop occupé que je suis à tendre l'oreille, à me demander quelle surprise peut bien nous attendre à l'intérieur, les doigts parcourus d'électricité. La chose remue dans mon corps, anime mes membres. Somnolent, l'instinct de survie disparaît sous l'ombre massive de la chose qui sévit en moi. Au loin, je crois entendre l'italien qui s'adresse à son chien, affectueux. Certainement soulagé de voir la bête saine et sauve au pied de l'immeuble, comme je l'ai été un instant moi aussi. J'ai cru l'entendre également riposter, s'agacer – mais il n'y a rien à faire. Si les décisions sont prises dans la seconde, elles ne peuvent faire demi-tour que dans la seconde, sans raison apparente, mais certainement pas sous une quelconque pression. Au contraire, même, me dis-je bêtement.  

Les coups de feu, l'agitation, l'obscurité – le tout s'abat sur nous sans aucune mesure et il faut faire avec. Reclus dans un coin de la pièce, j'attends quelque chose. Un bruit, une ombre, un mouvement quelconque. N'importe quoi. Le silence est soudain très oppressant, comme s'il chuchotait dans l'ombre. Les paupières s'abattent plusieurs fois, mais le décor ne bouge pas d'un pouce. Les ombres m'ont toujours désarçonné – plus on les regarde, plus elles s'animent. Plus on les dévisagent et moins elles sont statiques, se font même menaçantes lorsque l'on sait les distinguer. Alors, lentement, elles œuvrent. Bougent, dansent douloureusement dans cette semi-obscurité étouffante, dans ce putain de silence. Les doigts se crispent autour de l'arme, les yeux se plissent lentement dans une vaine tentative de stabiliser la pièce. Me redressant lentement, dans un lent et délicat froissement de tissu, les prunelles se fixent sur la porte. Il n'y a certainement aucun piège à craindre. Ce sont des toxicos, qui s'opposent à nous. Des merdeux qui ont eu la chance de poser la main sur une arme, rien de plus. Sur mes deux jambes, je me décide à faire quelques pas dans la pièce. La sensation de danger déjà envolée, une cigarette rejoint le bord de mes lèvres sèches, la flamme éclairant succinctement la pièce. Le temps d'une seconde, plus de fantômes le long des murs.
Dans l'entrebâillement de la porte, la silhouette du chien s'impose lentement. Les oreilles dressées, il me voit immédiatement et s'approche. Dressé à la baguette, me dis-je, vaguement impressionné. « T'as quoi ? Tu viens m'chercher ? » La cigarette entre les lèvres, les doigts sur le crâne de la bête, je le gratifie d'une caresse rude. Imitant son propriétaire, je souffle : « Bon chien, Nero. Bon, on décolle, t'en dis quoi ? » L'arme à nouveau en main, je sors de la pièce, l'animal à mes côtés.

Touchant du pied les corps gisant au sol, je les fouille. Passe la main à l'intérieur de leur veste, récupère tout ce qu'il y a à récupérer dans ce foutoir et repart tranquillement avec le chien, pas particulièrement pressé malgré la situation. Marcus doit être à l'étage – la réponse à mon interrogation se fait entendre et relance la machine au fond de ma poitrine. Boum, boum. Les battements explosent en même temps que les déflagrations, au-dessus de nous. Le chien se tend et moi, j'exalte soudain. Il fallait bien que tout revienne, subitement. Les fourmillements, le cœur, le souffle, l'adrénaline. Plus encore que de s'y habituer, on en redemande continuellement. Le corps toujours à l'affût d'une dépendance, il sait s'entourer pour que l'esprit ne soit jamais seul. D'un mouvement, nous rejoignons les escaliers. Il faut enjamber les cadavres, ne pas avoir un seul regard en arrière pour les corps encore chauds, et rejoindre l'italien. Le silence est revenu – quoiqu'en tendant l'oreille, quelques bruits se font encore entendre dans la pièce qui nous accueillait plus tôt. Le chien l'a entendu bien avant moi et il s'avance, prudent. L'arme entre les doigts, la cigarette au bord des lèvres, je m'autorise à tirer dessus brièvement – sait-on jamais que ce soit la dernière. Mais il n'y a rien ni personne sur notre chemin pour troubler cette lente progression.
Pénétrant lentement dans la pièce sombre, les corps sont nombreux au sol. Trop nombreux. Une exclamation m'échappe, brute. « Le vieux ! Merde, il est où, qui l'a buté ? » Je me précipite vers son corps. Ainsi, il semble beaucoup plus pitoyable encore. La mort a cela de fascinant qu'elle est d'une simplicité effarante. Je passe les mains sur sa veste et dans ses poches, récupère quelques billets roulés en boule et les fourre dans les miennes, suivis des drogues en tout genre que j'y trouve. « Putain, j'y crois pas. Un putain de client en moins, et un sacré client... » Marmonné-je en me relevant. Marcus se tient près de la fille, visiblement contrarié.

Autour de nous, les fantômes de noir vêtus nous observent. Leurs pupilles abyssales contemplent nos moindres faits et gestes. La fille ne tardera pas à les rejoindre, me dis-je vaguement lorsque je m'approche. L'italien presse un tissu sur son ventre et je demeure silencieux. Tire une dernière fois sur ma cigarette avant de la jeter au sol, l'éteins sous ma semelle. Je les observe, circonspect, et engloutis les derniers pas qui nous séparaient encore. « Montre. » Dans la voix, une once de patience, un peu de compréhension. Tendant les bras vers le corps mince et fragile, je relève le tissu assombri par endroits ainsi que le vêtement que porte la fille au-dessus de la plaie. Dans l'obscurité, le visage de la victime fait peine à voir – sa blessure plus encore. Un grognement indistinct en guise de réponse, je replace le pull sur la plaie sanguinolente. Relevant le visage vers l'italien, je fais la moue. « Ça sert à rien d'se la coltiner, elle va nous ralentir et... » Un haussement d'épaules termine la phrase, lorsque je porte à nouveau les yeux sur elle. La main libre se glisse jusqu'à son front, moite de sueur. « Dans son état, ça servirait à rien, tu l'sais. » Ajouté-je avec assurance, sans pour autant me délester de ce qui ne sera bientôt plus qu'un poids mort dans mes bras. Pauvre toxico, me dis-je amèrement. Pauvre toxico qui flirte avec ma pitié. La touche et l'étreint. C'est ce que les drogués réussissent toujours à accomplir – m'attendrir. Et puis, c'est une femme.
Plus je cogite, moins l'envie de la lâcher au milieu des autres cadavres brûlants s'impose. « Bon, t'as raison, on la prend avec nous. J'sais pas c'qu'on va faire d'elle mais bon... »

Il me paraît évident qu'elle ne survivra pas. Il me paraît même certain, pour être honnête, qu'elle ne tiendra pas une dizaine de minutes. Mais, et si ?. Un coup d’œil vers Marcus et je me redresse, la fille dans les bras. Princesse déchue, tombée en déliquescence. Elle ne pèse rien, comme s'il n'y avait déjà plus suffisamment de vie en elle. « Allez, on bouge. J'pense qu'on est enfin seuls, mais ça vaut l'coup de jeter un coup d’œil. » Nous rejoignons le couloir silencieux, les ombres fantomatiques sur les talons. Seuls nos pas viennent troubler ce repos soudain – tous les autres, sont-ils morts ? Des camés en moins, des clients de perdus, me dis-je avec amertume. Mais qu'importe, puisque nous ramenons fièrement un semi-cadavre de notre petite aventure...
« Y a personne. Qu'est-ce qu'on fait d'elle ? » Je pense à voix haute et me réponds presque automatiquement. « Doit y avoir du matos et des médicaments un peu partout ici. On peut aussi s'dépêcher et l'emmener se faire soigner... » La seconde proposition est présentée avec bien moins de conviction, mais prononcée tout de même. Aucune des deux n'étant séduisante à mes yeux, je poursuis mes réponses automatiques et m'adresse à nouveau à moi-même. « J'imagine qu'en se pressant, on peut la déposer quelque part. J'connais un type qui peut essayer d'la rafistoler et qui vit pas très loin, mais va falloir se faire discret, ça t'va ? » Marcus n'aurait pas attendu, la main pressée sur la plaie, s'il ne tenait pas à ce qu'elle s'en sorte.

Nous repartons. Elle gémit à peine, le souffle si léger qu'il faudrait un silence de mort pour le percevoir, l'oreille tendue et les sens affûtés. Les pas pressés lorsque nous passons dans les rues, carrément précipités lorsque les ruelles nous camouflent des regards curieux. Plus que quelques pâtés de maison, et elle faiblit de seconde en seconde. Je me détache, ne lui accorde bientôt plus rien d'autre que quelques coups d’œil pressés, à attendre qu'elle s'éteigne. Que son corps s'alourdisse tranquillement dans mes bras, que sa tête dodeline avec souplesse dans le vide, que dans ses yeux se reflète le vide infini. Que son souffle soit absolument imperceptible, qu'importe la disposition.
Je me stoppe soudain. Dans la lumière jaunâtre du lampadaire, son visage semble encore bien plus émacié que tout à l'heure. Les orbites creusées, les joues minces, elle ne dévisage plus rien. Je me passe de tout commentaire à l'égard de l'italien et me recule. Dépose le corps quelque part, camouflé dans l'ombre. Personne ne veut crever dans le caniveau, ou y reposer, mais il n'y a rien de plus à faire.

Quelques secondes s'écoulent et je glisse une cigarette entre mes lèvres, l'enflamme d'un mouvement pressé. Fume un instant, attends je ne sais quoi, avant de me retourner vers mon acolyte de cette nuit. Il y aurait plusieurs choses à dire. La voix lente, tranquille, je demande : « Bon... Un verre serait pas d'trop, t'en penses quoi ? »

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MessageSujet: Re: Vicious - Marcus   Mer 11 Oct - 0:39

Le temps lui semble n'être plus qu'une notion lointaine, qui lui devient étranger à l'instant même où il jette un regard paniqué sur la jeune femme. Mû par ses instincts premiers, le voici qui tente tant bien que mal de stopper le flux sanguin trop abondant. L'italien agacé s'est endormi pour un temps, remplacé bien malgré lui par cet autre qu'il a toujours été mais qui se cache désormais, ne ressurgissant que lors de situations qui lui font perdre tous ses moyens. En l'occurrence, la panique en a été le principal facteur cette fois-ci. Sa couverture stable et désintéressée lasse place, sans trop en avoir le choix, à  son humanité. Cette humanité qui l'a initialement poussé à vouloir servir les autres de la meilleure manière possible, bien avant que ne commence sa lente descente vers la conscience de son inefficacité. Tout à coup, tous ses maux et préoccupations gravés dans son épiderme disparaissent, pour que l'homme dépourvu de son sentiment de sécurité surgisse. Le contrôle est dors et déjà perdu, il en a conscience. Sa sensibilité lui joue des tours, même après tant d'années de lutte pour l'ignorer, en souffrant plus ou moins. Sa colère est oubliée, tout autant que l'est son dégoût initialement éprouvé en début de soirée, alors qu'il franchissait le seuil de cette antre de la misère. L'inquiétude seule baigne dans son regard, dont l'iris arbore des nuances de gris, reflet de la petite part de lucidité qu'il lui reste. Au fond de lui, la possibilité que sa cause soit perdue reste trop présente, le poussant vers plus d'espoir.

Toutes les histoires finissent mal, lui murmure la part de son être encore un tant soit peu réaliste. Son caractère mortel en est le plus évident rappel, il ne peut que tenter de l'ignorer. Rien n'est plus éternel que la finitude, toujours présente en ce monde. Les ambitions d'une mémoire éternelle des guerriers grecs de légende ne sont plus que des rêves depuis fort longtemps. La gloire n'est plus suffisante pour palier à l'oubli inévitable. Quelques années après sa mort, personne ne se souviendra de lui, tout autant que personne ne se souviendra de cette inconnue lorsqu'elle se sera éteinte et que d'autres cas auront remplacé le sien. Le temps fait son effet, il n'en doute pas. Pourtant, ses mains tatouées s'entêtent à maintenir le tissu roule en boule contre la blessure de la frêle dépravée. Dans le fond, il ne sait plus ce qu'il fait., hormis attendre le retour d'un peu plus de pessimisme pour lui ouvrir les yeux et ôter ce voile néfaste qui lui entrave la vue. Croire ne rime plus à rien lorsque le malheur rythme la vie des survivants. Mais il s'accroche à ce lien depuis trop longtemps pour le lâcher un jour pour de bon. La chute vers l'infernal brasier du mal ne l’intéresse pas, bien qu'une trop grande part de ses fréquentations ait déjà pu s'y abandonner au moins une fois. Peut-être est-il temps pour lui de tester l'expérience, ne serait-ce que pour être certain de ne rien manquer. Mais son corps ne répond plus, obstiné à ne pas quitter la mission qu'il s'est donné.

Finalement, une voix brise le silence. Joseph pénètre dans la pièce. Le brun n'a pas prêté attention à sa première question, trop surpris de ne l'avoir entendu venir, sûrement trop accaparé par ses pensées. De toute façon, tout s'est passé trop vite pour qu'il ne garde de souvenir précis de ce qui s'est passé. Ce qu'il a fait lui échappe, ayant agi sans trop réfléchir, en proie une fois encore à sa panique. Il en a abattu quelques uns, c'est un fait, mais son regard s'est trop vite détourné des corps gisant à terre pour qu'il se souvienne de leur nombre exact. En revanche, il n'a pas oublié avoir agi pour tenter d'éviter le pire à la droguée. Finalement, son timing était trop court pour qu'elle n'échappe à un tir. Obtempérant silencieusement après un temps de réaction, il se décide après une hésitation à lâcher le pull comprimé contre le ventre de la pauvre immobile, pour laisser à l'autre le loisir d'observer sa blessure. Dans le fond, il redoute que tombe le jugement, dont il sait qu'il sera bien plus réaliste que le sien. La sentence tombe bien vite, dès les premières paroles qui commentent l'observation, se perdant dans le vide. Le mutisme désormais maître de l'italien l'empêche de protester. Il sait que tout ce qu'il pourra prétexter ne sera que vain. Elle est condamnée, mais l'espoir d'une mort un peu plus décente ne le quitte pas. Ils ne peuvent pas la laisser là, seule, sans aucune aide au milieu des cadavres. Les deux hommes semblent s'accorder sur ce point, ce qui ne manque pas de l'apaiser légèrement.

À quelques pas d'eux, en retrait, le malinois observe silencieusement, fondu partiellement dans l'obscurité. Lui sait, aucune émotion n'altère sa compréhension de la situation. Lui a compris de suite ce qu'il se trame en cette pièce sans n'avoir besoin de parler leur langue. Leurs attitudes et l'odeur suffisent à l'orienter. Lui préfère se tenir en retrait, évitant ainsi de donner un peu trop d'espoir à son maître, qui ignore pourtant son recul, trop préoccupé dans l'observation des moindres faits et gestes du souteneur. Ce dernier prendra la décision à sa place, ce qui lui épargne un mince poids sur la conscience. Fort heureusement, un poids léger, puisqu'il est décidé de tenter l'impossible. Sensiblement, ses épaules se détendent. Un léger soupir de soulagement lui échappe, la pauvre demoiselle va avoir droit à sa chance. L'abandonner à un destin tout tracé pour s'écourter sans tarder entre cadavres et camés n'était pas une idée à son goût. Ils vont tenter de l'aider, c'est tout ce qu'il attendait. Advienne que pourra, les cartes vont être placées dans les mains de la poupée de chiffon, il ne sera plus qu'à elle et à la bonne fortune de décider de son sort. S'il croyait en l'existence d'une entité supérieure, Marcus se mettrait probablement à prier. Mais il ne le fait pas, n'ayant jamais été trop en faveur de la cause religieuse. Quel prétendu Dieu laisserait-il autant souffrir ses sujets ? Le Diable, à la rigueur, pourrait en être capable. La question de prière n'est alors plus à soulever, puisqu'il n'y aurait aucun intérêt à venir en aide à ses pantins.

Un hochement de tête silencieux répond à la question de Joseph. Tout lui va, du moment qu'ils ne la laissent pas seule. Il serait prêt à rester immobile auprès d'elle à attendre qu'elle s'éteigne ou qu'un miracle se produise s'il le fallait. Le malinois prend les devants, alors que le brun se met dans les traces de l'aîné, après une brève vérification de son chargeur. Il est vrai qu'ils peuvent avoir oublié une vermine, bien qu'il en doute. Seulement, s'ils se font déjà fait surprendre une fois, l'italien ne sait plus à quoi s'attendre. Son silence l'accompagne toujours, alors qu'il descend les marches avec prudence, guettant le moindre bruit. Mais personne ne semble décidé à venir les troubler une nouvelle fois, fort heureusement. Il en sera mieux ainsi. La conscience des maux qu'il a causé, des vies qu'il a pu ôter, commence peu à peu à prendre appui sur ses épaules. Il s'est abaissé plus bas qu'il ne l'aurait souhaité, juste pour une inconnue, alors qu'il rechigne à faire feu en service. Les conditions sont différentes, sûrement. Il en fait plus par protection que par loyauté envers un Gouvernement en lequel il ne croit pas. Son regard se pose sur la jeune femme, alors que Joseph, lui, continue de penser tout haut. Son état n'a nullement l'air de s'arranger mais une part de lui persiste à croire qu'ils vont réussir à la sauver. Autrement, tout cela aura été fait pour rien. Il presse le pas, pour ne pas les retarder, bien que son esprit soit ailleurs.

Et soudain, ce rythme de marche qui s'était ancré en lui, l'aidant à maintenir sa tête vide, se retrouve stoppé par l'arrêt de Joseph. Après une hésitation, Marcus pose finalement une dernière fois son regard sur le visage désormais figé à jamais. Il ne sait trop ce qu'il ressent alors, confus. Une petite part de lui déplore que l'inévitable vienne de se produire alors qu'à l'opposé, il s'effondre. Ils n'ont rien pu faire pour elle. Sans doute son passif la destinait depuis longtemps à une telle fin, mais aucun d'entre eux ne peut l'affirmer avec certitude. Une inconnue. Au mauvais endroit, au mauvais moment. Une part de culpabilité se mêle à son impuissance, contestant son inefficacité. S'il s'était mieux appliqué dans son travail ces derniers temps, bien que la lutte contre la Résistance prône depuis trop longtemps, peut-être qu'ils n'auraient pas à abandonner un corps aux rats, en attendant que quelqu'un daigne l'inhumer. La trouvaille d'un cadavre n'est plus une chose rare, ça ne suscitera pas autant de questions qu'auparavant. Pourtant, il ne songe pas une seconde à soumettre ses pensées au souteneur, ce serait sortir de l'ombre, chose peu prudente pour tous deux. Une sensation de froid l'interrompt, alors qu'il se perd dans ses pensées, le regard divagant autour de la défunte. Une truffe humide vient se frotter contre une de ses mains pendantes, venant réclamer une caresse, plus destinée à réconforter le bipède que son compagnon quadrupède. L'italien obtempère avant de se décider à retrouver un semblant de présence.

Alors que ses idées tentent de retrouver un air d'ordre rationnel, l'autre brise le silence une nouvelle fois. Le brun lui accorde de nouveau de l'intérêt, ayant trop négligé sa présence dans ses inquiétudes. Une moue légère de réflexion se dessine sur ses traits. « Si t'as encore d'autres merdes à faire, autant en finir au plus vite. » Loin de lui l'envie de se tenir éloigné du saint démon qu'est la boisson. Au contraire, en l'instant, il préférerait s'y noyer pour se remettre les pendules à l'heure plutôt que de faire un tour de plus dans des affaires qui n'ont rien de bénéfique pour lui. Seulement, si la nuit doit encore durer, le mieux serait d'en finir au plus vite, au lieu de tenter en vain de noyer une baisse de moral, qui n'en sera qu'accentuée par la suite. Son regard de glace glisse vers la silhouette sombre immobile non-loin de lui. Silencieusement, le maître et l'animal s'interrogent. Est-ce que ça ira ? Probablement, jusqu'à se trouver enfin seul avec sa conscience, et le vécu qui lui pèse déjà. Tournant les talons, il tâche de s'éloigner de la contemplation inutile de la mort, qui les côtoie déjà trop pour qu'il n'ait davantage besoin d'en ressentir une présence trop proche. Son pull est lui aussi abandonné, par prudence. Après tout, il ne serait pas très hygiénique de le récupérer, bien qu'il tente pourtant de se récupérer lui-même dans un retour à la raison.

Il s'éloigne de quelques pas, avant de se retourner vers l'aîné, qui a encore allumé une cigarette. « Alors, où va-t-on ? » Inutile de tenter de faire croire que son moral n'a pas été affecté par la tournure des événements, ce serait se foutre ouvertement de sa gueule. Il n'a pas tenu à tenter de la sauver pour l'oublier de sitôt à l'instar d'un simple objet de divertissement passager. Curieusement, toutes ses sombres pensées dirigées vers Joseph se sont apaisées, remplacées par celles dont il s'accable à chaque fois qu'il franchit la porte de son appartement. La situation lui est déjà plus familière, bien que de trop. Un soupir lui échappe, alors que trop de réflexions se bousculent encore dans ses neurones. Un regard interrogateur est alors dirigé vers l'autre. Dans le fond, il ne sait pas ce qu'il veut en cet instant, abandonné de toute envie. Quoiqu'il soit décidé, il approuvera, du moment qu'il puisse y tuer un peu plus de sa nuit, qui ne risque pas d'être complétée de sommeil. Morphée ne le trouvera pas cette fois-ci. La partie n'était pas jouée d'avance mais il semblerait à présent que ce soit peine perdue, l'oiseau de nuit est dépourvu de toute envie de retrouver son nid.
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