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 Liar Liar [Stain]

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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Johnny Cash : Personal Jesus, Hurt - Depeche Mode : Lie to me, Stripped, A Pain than I'm used to - The Rolling Stones : Sympathy for the devil - Claude Nougaro : Tu verras - Alain Bashung : Sur un trapèze - Serge Gainsbourg : Melody Nelson - M
↳ Citation : Le patriotisme est la vertu des brutes - Oscar Wilde
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MessageSujet: Liar Liar [Stain]   Mar 27 Juin - 21:12

" Tout est là. "

Non.
Et aux yeux de Charlie, ce n'est ni un problème, ni une chose très importante.

Alors forcément, elle aurait préféré qu'il ne dise rien. Qu'il ne prononce pas cette phrase, dans laquelle roule par coulées, la nervosité du mensonge. Qu'il ne se donne pas la peine de soutenir son regard, pour le détourner ensuite dans un aveu coupable. Qu'il la laisse en dehors de ça, ne la place surtout pas face aux évidences.
" Vous êtes sûr ? " Devant la porte du minuscule entrepôt, le sac qu'il vient de lui tendre entre les bras et son vélo prêt à repartir, Charlie se permet cette audace, la générosité d'une porte de sortie. Elle essaye de l'aider, malgré la chaleur qui lui tape sur les épaules et lui donne envie de rentrer à l'intérieur comme un cloporte cherche la fraîcheur d'un mur. Malgré le peu d'estime qu'elle accorde à un si petit monsieur qui ment aussi mal. Quand on est taillé comme une brindille, on ne prend pas de risques inutiles - ou alors, on apprend à le faire bien.

Ils savent, l'un comme l'autre, que c'est un mensonge. Autant l'avouer, lui dire ce qui manque, qu'ils puissent tenter de s'arranger. Elle pourrait demander un délai, ou dire que c'était trop lourd pour une seule course. C'est à quel point elle n'a pas envie d'être mise dans cette position là. Et ne comprend pas bien pourquoi il insiste en retour : exige qu'elle se mêle de ce qui la regarde et se contente de livrer ce qu'on lui demande, sale pute.
" Tu ne sais même pas ce que c'est, pourquoi t'es encore là ?! "

C'est vrai. Pour des raisons de sécurité, elle ne connaît aucun de ses chargements, peut s'en douter parfois sans véritable confirmation, qu'elle ne cherche d'ailleurs pas à avoir. Moins Charlie en sait, mieux elle se porte. C'est pour ça qu'elle le déteste, cet homme.
Parce qu'il lui ment.
Qu'elle le sait.
Et ne devrait pas le savoir.


Ecoute les orgues, elles jouent pour toi.
Il est terrible, cet air-là.
J'espère que tu aimes, c'est assez beau non ?
C'est le Requiem pour un con.


Revenue avec son chargement vers ses commanditaires, Charlie attend la sentence sur son éternel tabouret, le verre d'eau habituel posé devant ses yeux.

Voilà un peu plus de trois semaines qu'elle fait des allers-retours au Little Darlings. De jour comme de nuit, à toute heure, dans une éternelle anarchie dans laquelle elle parvient encore à se donner une illusion d'ordre : en partant vers 2h02 ou en se donnant pour objectif d'arriver à 15h15 par exemple, pas toujours avec succès.

Ici, entre le jour et la nuit, c'est tout à fait le jour et la nuit. De son avis, elle se trouve une préférence pour la frénésie diurne, à la luxure moite d'horaires plus inavouables. C'est une ambiance de dockers, remplie de gens qui s'agitent pour agencer des caisses qui pourraient aussi bien contenir des poules que de la drogue, pour ce qu'elle en sait. Parfois, c'est entièrement vide, en dehors de ses rares commanditaires. Une fois, même, il n'y avait qu'elle et la porte derrière laquelle elle était tenue de déposer son chargement, sans regarder ce qui se passait à l'intérieur surtout. On l'a payée plus tard.

Contrairement au tout un chacun, Charlie arrive plus facilement à se faire d'illusion dans les travailleurs du jour que les substances et les mensonges de la nuit. Il suffit de se dire que ce sont des poules à l'intérieur des caisses, pour que flirte sur ses joues un vent de détente, qui n'arrive jamais quand elle est cernée par les clients des prostituées. Parfois, ça lui rappelle les tâches ingrates de la ferme, ou même les silhouettes massives des résistants qui allaient et venaient dans le hall de l'hôtel. Tous ces hommes qui se murmurent à l'oreille et se grognent des ordres désagréables, ont des airs familiers qu'elle se plait à contempler. Parfois en journée, Charlie sourit, très discrètement, de se sentir prendre part à l'agitation des autres. Même de loin. Même si elle ne veut rien avoir à faire de trop près avec ce marasme un peu incompréhensible pour elle. C'est toujours agréable, de sentir que le monde vit encore un peu, sous l'apparente agonie.

Bien-sûr, aujourd'hui, elle ne sourit pas.

Les interlocuteurs changent, aussi - quoique leurs échanges restent sensiblement les mêmes. Bonjour, d'accord, voilà, merci, au revoir. C'est bien suffisant. Mais si l'homme auquel elle a souvent affaire la nuit est gonflé d'une violence un peu lubrique qu'elle peine à appréhender, celui de la journée est agité d'un agacement perpétuel, une impatience renfrognée à laquelle elle est plus habituée. Il lui rappelle un peu Tom, qui avait constamment l'air de mauvaise humeur même quand il était content.
Au premier abord, il est plus effrayant bien-sûr : la gueule ravagée par un mal qu'elle ne veut surtout pas définir. Mais Charlie n'a pas de problème avec la laideur, pour la contempler chaque fois qu'elle se trouve face à un miroir, au point de ne plus se souvenir de ses propres traits. La laideur a quelque chose de franc, de direct, c'est une dissuasion claire au lieu des illusions dangereuses d'une belle gueule. Charlie aime contempler la laideur par association d'idées; parce que pour une raison obscure, elle se sent moins seule quand elle la voit.

Sous cette laideur, cet agacement, une agitation constante qu'elle peine à définir mais sur laquelle elle ne veut surtout pas s'attarder. Prudente, elle tient à sa survie bien plus qu'à assouvir quelque soif de mauvais ragots. Sans doute, se dit-elle, que se faire ravager le visage a tendance à vous rendre nerveux. C'est ce que les autres disent aussi, d'ailleurs, quand ils parlent de lui. Silver.
Même son nom est un peu étrange, quand on y pense.

Les noms ne sont pas prononcés de la même façon le jour et la nuit. Les menaces tendres, murmurées par les lèvres charnues des putes laissent place à des directives plus franches, des aboiements plus vindicatifs. Si tu veux pas que j'en touche un mot un mot à untel. Tu vas voir quand untel arrivera, ce que tu vas prendre. T'es déjà dans le collimateur d'untel. Putain, quand untel va apprendre ça ! Charlie a déjà assimilé quelques noms par instinct de conservation. Eriksson, bien-sûr. Ceux-là ne l'inquiètent même pas vraiment - trop petite pour être confrontée à eux un jour, elle sera morte bien avant que ça leur revienne aux oreilles. D'ailleurs elle est sûre qu'ils ne connaissent pas son existence. Dan a très bien laissé sous-entendre que ce job tournait comme un manège, et qu'elle était officiellement en sursis. C'est un peu pour ça qu'elle l'a pris, d'ailleurs. Elle ne pensait pas survivre aussi longtemps.

Maintenant, elle est bien obligée de s'intéresser.

Silver. Townsend.
Ceux-là la concernent plus.
Ce sont eux qui la tueront.
Alors, par esprit de contradiction, elle essaye de les éviter.


Je l'ai composé spécialement pour toi
A ta mémoire de scélérat
Sur ta figure blême, au mur des prisons
J'inscrirai moi-même, pauvre con.


" C'est pas bon. " Le sifflement de rage du gros type penché sur son sac à dos arrache Charlie a ses contemplations pensives. Elle n'est surprise pour un sous - s'y attendait même, comme on est sûr que la nuit va tomber Elle n'était pas moins coincée avant qu'il s'en rende compte que maintenant. " Du tout. "

Pas une trace de mensonge dans cette déclaration. Qu'est ce que c'est que ce bordel ?! Face à la brute peu à même et la bave à ses lèvres, Charlie secoue la tête en toute innocence. Il a dit que tout était là, se défend-elle en toute sincérité. Qu'elle ait pu savoir que ce n'était pas vrai n'existe pas dans la réalité de ces gens et elle aura moins de mal à avancer cet argument qu'à faire comprendre le fin mot de l'histoire.

" Je ne sais même pas ce que c'est. " Argument utile. Imparable. Connu : on lui a bien dit dès le début qu'elle n'avait pas besoin de savoir. C'est le risque quand on veut être prudent dans une ère sans téléphones portables.

Elle a essayé de convaincre ce petit monsieur de dire la vérité, il ne l'a pas fait, elle ne sait toujours pas bien pourquoi d'ailleurs.

Putain ! Le gros type a déjà l'air de vouloir la frapper, et se retenir très fort de le faire. Il envoie un autre un peu moins volumineux chercher le fournisseur par la peau du cul, et lui aboie l'ordre de rester là où elle est.
Quand Silver apprendra ça !
Charlie soupire.

Abandonnée seule dans un établissement presque vide, à l'exception de quelques ouvriers à l'air effrayé, elle reste là sans trop oser s'asseoir. Il ne faut pas dix minutes pour entendre un crissement de pneus, puis la voix du petit monsieur effrayé couiner un peu derrière la porte. Jeté avec elle au milieu du tribunal improvisé, tous deux se retrouvent vite encerclés entre le gros qui vient de le ramener et le plus gros encore qui redescend avec Silver par l'escalier arrière.

Alors, c'est quoi ce putain de bordel ? se répète et mixe le réceptionniste de la commande, dans un soucis d'originalité.

" Il y avait tout ! " que le petit monsieur couine, dans un mensonge si peu crédible que Charlie s'étonne d'être la seule à même de le deviner, même dans ces circonstances. " Elle a dû le voler ! "

Cette fois, c'est avec d'avantage de sincérité que ses cils papillonnent - légitimement interloqués.

C'est à elle, qu'elle en veut, tout à coup - c'est elle qu'elle serait tentée de traiter de sombre conne.
Parce que s'il a continué à lui mentir, c'était précisément pour l'accuser ensuite. La jeter en pâture aux requins et nourrir les porcs avec ses restes, pour faire oublier qu'il leur a fait défaut.
Et elle ne s'en serait jamais doutée.

Il te reste des progrès à faire, Charile.

Voici les orgues qui remettent ça
Faut que t'apprennes par coeur, cet air-là.
Que tu n'aies pas même, une hésitation
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MessageSujet: Re: Liar Liar [Stain]   Lun 3 Juil - 20:36


Inspecte la sale gueule. Tourne et retourne, joue gauche, puis la droite. Approche le museau près de la surface lisse, la glace qui reste impassible face à l’examen qu’elle est en train de subir. On la reluque sous tous les angles pour lui faire admirer les ravages d’une gueule mutilée. Ca s’arrange pourtant. C’est pas facile à voir, mais lui, il sait. Il remarque. Que les boursoufflures purulentes, la peau tannée d’avoir été brûlée, et les autres joyeusetés d’un masque à l’acide cèdent un peu leur place à de la peau de bébé. Toute neuve, toute douce. Là, quelque part juste sur la mâchoire, à droite. Il en frôle la petite étendue du bout des doigts, le loup démoli. Il pourrait presque en chialer, de la tendresse dans le geste. Le Narcisse défiguré qui en est tout retourné à l’idée de bientôt pouvoir se pavaner avec sa belle gueule. Adieu les regards de dégoût, les jolies fleurs qui détournent leurs jolis minois sur son passage. Fous le camp les moqueries, la haine que sa mocheté inspire. Bye bye sa couverture aussi. Sans sa gueule de pruneau desséché, Logan Silver n’existe plus. Il redevient Stain Greyjoy, et lui, il est dans la merde. Ca cicatrise, c’est un soulagement pour l’italien, entiché de son charme ravageur. Malheureux comme le plus moche des cailloux sans son bouille de chérubin ténébreux. Ca cicatrise et ça ramène de nouvelles questions à la surface… Comment faire ? Une fois le masque dégueulasse jeté à la poubelle. Il ne pourra pas revenir dans ce trou à rats galeux, la bouche en cœur. C’est prendre le risque de se faire percer le corps façon passoire par le petit mafieux et ses sbires. Ces mêmes bonhommes qu’il brosse dans le sens du poil, creusant sa place au sein de la petite troupe au fil des jours. Ils se sont habitués à sa présence, adopté à contrecœur pour presque le considérer comme un des leurs. Le Silver, on le laisse seul à la maison maintenant. Le niveau de confiance plus haut que zéro, suffisamment élevé pour l’autoriser à jouer tout seul dans la cour des grands. A sautiller au milieu des pervers et des nichons qui se pavanent. A regarder de ses jolis yeux noirs comme la mort les petits cloportes qui grouillent dans tous les sens quand le club est fermé. Comme si un endroit pareil pouvait être fermé à un moment donné. Du flan, ils ont toujours besoin de leur dose d’illégal. Il l’a vue, il l’a compris le soldat infiltré.

Les phalanges tâtonnent à nouveau, une autre zone saine. Quelque part au-dessus du sourcil droit. Il le hausse, force le trait pour admirer la chose. L’esquisse d’un sourire fier sur les lèvres, et la caresse de ses doigts contre sa peau. C’est con, mais ça lui manquait. De ne plus rien sentir, pas même le souffle d’une grosse brute prête à le cogner sur sa trogne. C’est bon, de se dire que les sensations reviennent. Pas comme pour sa main, celle qu’il regarde à présent. Phalanges ouvertes et paume offerte, la pogne droite brûlée par le géniteur courroucé. C’est presque aussi moche que son visage quand on y pense, mais il a fini par s’y faire. A cette chair tannée, fripée et désespérément insensible.  Peut-être qu’il aurait réussi à s’y faire, à sa mocheté aussi… Plutôt crever. Il renifle son désaccord avec lui-même et Stain se décolle enfin du miroir qui peut souffler. Il reviendra s’y coller le lendemain, comme tous les jours, sa nouvelle routine. Inspecter, chercher les nouveaux morceaux de chair saine et sentir les petits frissons de satisfaction lui rouler dans le bide. Adieu l’affreux. Lui et l’Eriksson qui lui hérisse les poils du cul avec soin à chaque fois qu’il ouvre sa petite gueule de mafieux grotesque. Il les déteste, tous ces bonhommes. Plus il les côtoie et plus sa haine grimpe en flèche. Et plus il y pense, et moins il comprend comment il a un jour pu se ranger du côté des fouteurs de merde. Ca le dépasse à présent, Stain qui ne jure que par le Gouvernement. Ces connards qui lui tapotent sur la tête, parce qu’il n’est qu’un chien pour eux, mais il s’en fout. Ca paie, et bien. Ca lui évite de crever de faim comme la plupart des gens dans cette ville, de garder un carnet de tickets bien rempli sous la pogne. Il en ricane, tout seul dans son bureau, en pensant à tous ces idiots qui préfèrent se la jouer gros bras et crever de faim au lieu de se ranger pour vivre mieux. Tant pis pour eux, c’est pas ses affaires. Quand cette histoire sera terminée, il reprendra son poste. Ses activités et ses plaisirs. La cogne, l’odeur de mort plein le museau, le sang sur sa peau. La peur dans les yeux de ces crétins qu’il se fera un plaisir de démolir. Carnage en vue, les chicots qui claquent et se serrent sous la promesse des massacres à venir. Il en veut, en manque de ces violences gratuites qui libèrent ses instincts.

Les phalanges du loup s’ouvrent et se referment, comme pour témoigner de ses envies de massacre qui l’assaillent. Il serre les quenottes et tourne dans son petit bureau. Quatre murs qui lui font office de maison, des coins et des recoins qu’il connait par cœur pour y passer le plus clair de son temps. La tanière du fauve, et alors qu’il s’apprête à poser son cul sur la chaise derrière son bureau, des coups contre la porte arrêtent son geste. Stain hausse un sourcil, et fixe le panneau de bois. Comme si elle venait de s’exprimer d’elle-même. Il attend, en silence, renifle et achève de poser ses fesses lorsqu’une nouvelle salve de coups brise le silence. « - Tu l’ouvres cette putain de porte ou je te la colle dans le nez ? » Crache dans un raclement de gorge grave à crever. Il s’arrache la trachée à chaque fois qu’il doit l’ouvrir, avec cette foutue voix d’emprunt. Une grosse face passe la porte, bientôt suivit par un gros corps. Tas de gras qui se dandine jusqu’au milieu de la pièce. Bobine rougie par l’effort et sueur pour faire briller la face de lune. Ce qu’il a envie de le cogner celui-là aussi. « - Silver… Y a un problème avec la commande. La petite fouine a chipé des trucs. » Les sourcils se haussent, hurlent à eux tous seuls à magnifique qu’est-ce que j’en ai à foutre ? Le bonhomme ne bouge pas, ne se démonte pas tant que ça et désigne de la caboche la porte et ce qu’il y a derrière. Dans un soupir, Stain se lève et emboite le pas au tonneau. Traîne les pattes dans les escaliers jusqu’à rejoindre le petit troupeau déjà présent.

Sale gueule et regard noir, le Hunter les écrase tous de ses pupilles sombres. Le fournisseur et un autre gars à eux. Bouboule et une petite maigrichonne au milieu de toute cette masse de graisse. Il la détaille comme s’il la voyait pour la première fois, à la limite du grossier. Mais il s’en fout Stain, avec une face comme la sienne, on peut tout faire, personne ne dira rien. Soit ça tourne les yeux, soit ça vomit. Au choix. Ni l’un ni l’autre pourtant quand il s’agit de la petite brune. Ca le surprend mais il n’en dit rien et se contente de poser son regard sur le fournisseur. « - Tu nous traites de voleur là en fait c’est ça ? » Il le ronronne avec un sourire mielleux sur ses lèvres gercées. Bafouilles et postillons, le bonhomme se perd dans des explications pitoyables, accuse et montre du doigt la petite brune. Claquement de doigts pour ordonner au bavard de se la fermer, il en a déjà mal au crâne à supporter cette voix. Quelque pas et le voilà qui trône devant le type, contraint de se pencher pour mettre sa trogne au niveau de la sienne. Fauve face à sa proie qui la jauge, lentement. Carnassier jusque dans l’esquisse de son sourire qui dévoile des chicots impeccablement blancs et qui jurent avec sa gueule.

« - Le Monsieur ici présent semble catégorique. La cargaison était intacte en partant de chez lui. Tu as volé quelque chose, Charlie ? » Souffle-t-il, plus doux dans son timbre, les yeux toujours rivés à ceux du bonhomme. Charlie, c’est son nom à la petiote, ça lui revient. Coursière qu’il a déjà croisée, plusieurs fois sans vraiment faire trop attention à elle. Mignonne petite créature avec un petit quelque chose qui le dérange, sans qu’il ne soit capable de dire quoi. Les mains sagement nouées dans le dos, Stain se redresse, esquisse un pas en arrière et porte toute son attention sur la demoiselle, attendant patiemment sa réponse et ses explications.

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MessageSujet: Re: Liar Liar [Stain]   Mar 4 Juil - 14:53

Le tribunal achève de se constituer quand la porte s'ouvre sur les derniers acteurs d'une loi très arbitraire - un juge, deux jurés, deux coupables, comparution immédiate sans avocat représenté.

Dans un instinct acquis, Charlie laisse courir rapidement son regard sur l'assistance au complet.. Elle jauge les deux chiens d'attaque en surcharge, certaine de pouvoir les assommer sans trop d'effort, avec le soin qu'ils ont pris à massacrer leur vaisseau mère. Entre la drogue et l'alcool, les artères de la plupart de ces hommes sont comme une forêt de pins tannée par le soleil; une allumette jetée au sol et tout s'embrase. Quant au deuxième accusé, il n'est même pas à prendre en compte, il aura tout juste le courage d'aller se cacher sous une table en attendant que l'orage passe, qu'une porte de sortie s'ouvre à lui. Le dernier homme est peut-être la seule chose qui la retient encore de se débattre déjà comme un sanglier blessé. En meilleure forme que les autres, plus prompt à réagir et les réflexes à fleur de la peau restante après avoir été brûlé vif, le temps qu'elle mettrait à vouloir lui nuire suffirait à tous les autres pour la maîtriser, comme il aurait largement l'avantage si elle devait d'abord s'attaquer aux plus gros nuisibles. Charlie n'est presque pas armée, juste un canif sagement replié sur lui-même à sa ceinture : on ne laisse pas un coursier tenir un flingue dans un établissement mafieux, quand bien même il aurait les moyens de s'en payer un.

Aux abois, des tendons qu'elle retient de frémir trop perceptiblement, Charlie se résigne se résigne à subir la pièce de théâtre sans cartes pour agir. Dans un instinct animal, son regard reste résolument rivé dans la direction du dominant évident parmi les fauves, menace à la fois sociale et prédatrice la plus forte. Elle a contemplé vision bien plus laide que cet homme dans sa vie, et il faut être d'un bois bien faible pour s'effriter face à un spectacle désagréable, au point d'en oublier de surveiller le danger qu'il représente. Attentive, obligée de guetter sa présence pour d'avantage que de brèves politesses d'usage cette fois, Charlie se découvre un handicap de taille, s'il en était encore besoin, en quêtes des signaux d'alarme de cet homme. Sa peau déformée, son visage massacré par les brûlures masquent la plupart de ses expressions, au point qu'elle doit attendre de croiser son regard ou le voir subir pour en deviner la teneur, et ne peut déjà plus deviner si c'est un masque ou la ride d'une véritable émotion. Le masque est permanent, que cette chair cloquée, fondue à même les muscles, il rend leur contraction illisible et la prive de son atout d'anticipation majeur. Même sa voix, quand elle s'élève, semble comme déformée, comme si les flammes ou dieu sait quoi avait atteint sa gorge pour éroder ses cordes vocales. Un fait qu'elle ne parvient pas à comprendre mais sur lequel elle ne s'attarde pas, malheureusement obligée de s'en tenir à ce qu'il dit pour chercher à savoir ce qu'il veut.

Et si Charlie est assez douée pour deviner les intentions des gens, ce qui se cache dans les subtilités sociales, le langage y compris, n'est certainement pas un domaine dans lequel elle prétend la moindre compétence.

Inquiète, victime de l'échange et démunie de cartes pour le reprendre, elle laisse ses yeux courir du juge à l'accusé, un peu perdue. Malgré elle, son regard s'attarde sur les crocs du prédateur qui se dévoilent, blancs et bien alignés, à défaut de se montrer aussi acérés qu'elle les soupçonne de l'être. Parce que ce spectacle détonne, trop pour être ignoré ou même parvenir à s'en décrocher : cette symétrie parfaite en accord avec tous les canons esthétiques de société, au milieu d'un tas de chair informe que tout le monde dans l'assistance fuit du regard faute de pouvoir le supporter. Au moins, le murmure mielleux et la douceur du sourire émanant de lui sont surjoués, ça elle peut le dire - mais comme n'importe qui dans cette pièce, sans doute. Astuce de domination vieille comme le monde, que de montrer à l'autre qu'il n'est pas assez important pour nous émouvoir, qu'il sera mort avant qu'on eût besoin d'en appeler à nos nerfs pour le tuer. Reste cette impatience qu'elle devine un peu derrière la maîtrise, comme un chien qu'on aurait affamé au point de risquer de le voir mordre la main de son maître, mais dont Charlie ne parvient pas à être sûre.

Pour l'instant, la seule chose qu'elle a comprise avant les autres, c'est que cette situation l'ennuie déjà, bien assez pour qu'il ne s'attarde pas à creuser les détails et se contente de la version qui le contrariera le moins. Elle l'a vu dans ses yeux quand il est entré, qu'il les a regardés, et a eu l'air de les détester de seulement exister.
Sauf que le savoir n'aidera pas Charlie.
C'est sa version à elle, la plus contrariante des deux.

" Non. " elle répond sans une once de latence à sa question, sans détourner les prunelles quand il tourne pour s'enquérir d'elles. Un peu vexée, peut-être volontiers drapée dans son ego malgré elle. Charlie déteste le vol et n'aime pas qu'on l'en accuse - c'est l'acte des gens qui ne peuvent pas vivre d'eux mêmes et subsistent au dépens des autres. " J'ai fait des trucs dans ma vie pour arriver là mais les seuls gens que j'ai volés, c'étaient les cadavres au bord de la route. Et ils avaient plus besoin de leurs affaires. "

Un vent de silence souffle sur l'assistance, à cette déclaration un peu étonnante, plutôt macabre. Un bon communiquant saurait qu'il ne faut pas employer des mots comme vol et cadavre quand on veut trouver grâce aux yeux d'un auditoire. Mais elle est tout sauf communicante. Un avocat lui aurait dit de s'en tenir au plus court, de pas donner de détails interprétatifs. Mais elle n'a pas d'avocat.
Constatant que cette déclaration de pure logique n'a pas eu l'effet escompté, a même plutôt tendu les deux gorilles qui l'encadrent d'une méfiance assez répugnée - sans savoir si c'est le cas de la cire fondue sur ses traits illisibles - Charlie lâche un soupir malgré elle, agacée par l'absurdité de cette situation. Si elle, ou n'importe qui du même bois qu'elle, s'était trouvé dans l'assistance, la discussion serait déjà close. Mais on ne s'entoure pas de personnes comme elle et c'est la raison pour laquelle on lui inflige ça, comme celle qui l'empêche de dire les choses et conclure le débat. On la condamnerait pour crime d'existence aussi sûrement que pour vol.

" Pourquoi je serais revenue, si j'avais volé la moitié de la livraison ? " interroge t'elle alors, campée à sa logique élémentaire, même si elle est consciente que cet argument ne vaut rien devant ce genre d'assistance. Rien que la tête de l'emploi, qu'elle n'a pas et n'aura jamais, trop directe pour être agréable à voir. Comme ce type et sa cire de chair fondue, sauf qu'elle peut attendre d'ouvrir la bouche pour devenir déplaisante. " Parce que j'étais sûre de m'en sortir, avec ma parole, celle d'un coursier qui bosse depuis un mois ici, contre celle d'un de vos fournisseurs ? Je suis pas stupide.
- ... Peut-être que t'avais nulle part où aller. "

Grognement du plus gros des chiens de garde dans son angle gauche, ponctuant un silence plus pensif, un tantinet moins désapprobateur que le premier. Décontenancée par cette réalité cuisante et incapable de dire des mensonges comme d'embellir la vérité elle-même, Charlie frissonne, tique même un peu, d'un malaise social de plus en plus évident. Ses bizarreries se dévoilent volontiers, nullité sociale flagrante dans la tension qui lui repeint les traits.

" C'est pas... entièrement faux mais...
- Ha ! " le deuxième accusé s'engouffre dans la brèche, plus doué qu'elle à ce jeu là, sans doute la raison pour laquelle il est plus haut dans la chaîne alimentaire, quand bien même son corps est maigre et son esprit plutôt imbécile à ce qu'elle a pu en voir. " J'ai déjà entendu des trucs comme ça. Des types qui ramassent ces filles au bord de la route pour arnaquer les mafias. Elles détournent le chargement pour qu'on le retrouve pas et elles séduisent les hommes de main après pour les inciter à rien dire. Je sais pas, peut-être que celle-là a un problème. " Il sourit de toutes ses dents à sa pauvre plaisanterie, sans joie, comme pour tenter de communiquer une quelconque hilarité à une assistante placide. Devant son échec, le petit homme se reprend dans un raclement de gorge, invoque l'attention du juge malgré ses difficultés évidentes à le regarder plus de quelques secondes. "  Ecoute, tu me connais, Silver. Demande à Eriksson. "

La farandole des noms, une fois de plus. Charlie se raidit malgré elle, les yeux rivés sur un mur pour lutter contre ses instincts de lui sauter à la gorge, régler ça par la seule justice qui trouve grâce à ses yeux : celles de deux animaux dans une arène qui se battent jusqu'à ce que l'un des deux soit bien mort. Mensonges, fabulations et écrans de fumées que tout le reste. Mais qu'on la laisse lui lacérer le visage et il sera peut-être moins prompt à appeler d'autres spectateurs pour le voir. Sans ça, elle a perdu - elle a déjà perdu. Que peut-elle répondre ? Demandez au putain de camé qui me sert de voisin si je suis pas honnête ? Demandez à la veuve affamée en face de chez moi si je suis pas respectueuse... " Un an que je bosse pour lui, jamais un problème de commande. Cette fille débarque et tout à coup il en manque. Je suis sûr que d'autres trucs ont disparu. "

L'assistance se tourne vers l'un des gorilles pour témoignage, la dépossédant d'objection ou de déclaration pour répondre. Incertain mais beaucoup plus satisfait à l'idée d'un viol punitif sur une gamine de vingt ans qu'une balle dans la tête d'un revendeur maigrelet, il corrobore dans une grimace entendue.

" C'est Big T. qui réceptionne d'habitude, je peux pas dire. Ce gars vendrait sa mère pour une gorge profonde. "

A bout de ce spectacle grotesque et prise de court par la vulgarité crue d'une présomption nulle, Charlie ne peut retenir une grimace dégoût. A la seule idée de fourrer ce truc dans sa gorge, même de toucher cette homme ou encore qu'on l'en imagine capable. Elle touche du doigt un sentiment dont la vie a eu la grâce de l'épargner jusque là à défaut d'autre, cette impression de souillure profonde à se voir réifiée en un instrument sexuel aussi réducteur. Un homme n'a jamais touché plus que son épaule, une vérité qui rend toutes ces hypothèses parfaitement grotesques, mais presque aussi dangereuse que les dons qu'on lui a infligés.

Si c'est pour être socialement épargnée jusqu'à ce que cinq types tombent sur la vierge dans trois heures sans que personne ne s'en émeuve, autant crever dans la bataille ou s'enfuir.

" Et qui connaît les réseaux pour revendre à la concurrence, hein ? Une gamine qui vit dans le ghetto ou un type qui vend des produits de fabrication depuis un an ? "
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MessageSujet: Re: Liar Liar [Stain]   Dim 9 Juil - 14:46


Prédateurs immobiles à dévorer des yeux la petite proie qu’ils ont si facilement attrapés entre leurs griffes. Il n’en dit rien, le loup, se contente de jouer son rôle et de faire bonne figure au milieu de ce tas de cons. Il n’a rien à dire sur la situation parce qu’il s’en contrefout. Le soldat du moins, l’apprenti mafieux lui n’apprécie pas vraiment que des éléments se soient envolés d’une livraison destiné au Little Darlings. L’illégal qui pousse à la prudence, comment faire si cette dernière commence à battre de l’aile à cause d’incapables au cerveau aussi petit que le truc qui pend entre leurs jambes ? Il s’avance en terrain inconnu, hausse un sourcil et laisse son regard noir glisser relativement bas pour lorgner les pantalons de ces messieurs. Et se faire sa propre idée sur le viril de ce joyeux troupeau. Autant occuper son temps à faire quelque chose d’utile… Selon le point de vue. Elle finit par répondre, la gamine. Tire la sale gueule de ses pensées un brin grivoises. Comme un retour dans le présent, Stain reporte son regard sur la petiote, le sourcil toujours en l’air, en une marque de surprise bien évidente. Le silence qui accueille la déclaration morbide et les coups d’oeil qui s’enchaînent. Ca l’intrigue, clairement. Et alors qu’il la détaille, de l’incisif dans le noir de ses pupilles, le loup sent naître un certain intérêt à l’égard de la petite chose. Elle soupire et les deux bonhommes plantés à côté d’elle semblent s’être raidis devant la déclaration. Changés en cadavre sous les coups de quelques pauvres mots. Elle pourrait tout aussi bien mentir qu’ils la croiraient. Gorilles stupides, juste bon à faire du zèle et qui virent blanc de fesse dès que la mort traîne dans le coin. Amateurs. Les quenottes se dévoilent à nouveau, rictus mauvais d’un fauve prêt à croquer dans la chair affable. L’amusement du monstre qui pétille dans les yeux sombres. Et Stain qui se marre. Fait péter sa gorge d’un rire grave et dissonant. Mais tellement sincère.

« - Si vous pouviez voir vos gueules. » Qu’il balance entre deux éclats de rire. Il en a mal au bide mais putain que c’est bon de rire un peu. Ca lui manque, ses élans de folie, de se foutre de tout et d’en rire jusqu’à ne plus avoir une seule dose d’oxygène dans les poumons. Tout ce qu’il est, et qu’il s’efforce d’effacer. Parce que Silver ne se marre pas, ou plus, parce que l’acide sur la gueule ça lui a bouffé son humour. A Stain aussi, mais face à ce genre de trognes de benêt, c’est plus fort que lui, il faut que ça sorte. Ca picote aux coins des yeux, les larmes qui flirtent sur la ligne de ses cils, qu’il bat à s’en luxer les paupières pour remettre de la netteté dans sa vision altérée par son hilarité. Phalanges bouffées par le feu d’un temps passé qui viennent en renfort pour effacer d’un geste bref le sel dérangeant. « - Quelque chose à redire à ça ? Faites pas les âmes sensibles, on a tous été contraint à un moment donné de faire la même chose. Virez moi cet air choqué de vos trognes, ça vous rend encore plus con que d’habitude. » Grince à nouveau, cette voix qu’il va chercher loin dans les bas-fonds de ses cordes vocales. Elle sonne presque faux comparée aux notes de son rire, mais il s’en fout, personne ne fera gaffe. Personne n’a cherché à gratter la surface pourrie qu’il leur offre depuis son arrivée dans les rangs. Parce qu’il n’y a rien à chercher, le message est bien passé, Greyjoy est mort. De quoi rassurer le petit Eriksson, un problème de moins à gérer. Si seulement il savait, ce petit crétin, que son acolyte n’a que la vengeance qui se heurte dans le ventre. Et le nom d’un autre coincé sous sa sale gueule. Bientôt, bientôt elle n’existera plus. Cette carte ignoble de peau pourrie. Il en frissonne malgré lui, se mordille la lèvre avec impatience.

Plaidoirie à rallonge, elle se justifie la petiote, marque des points. C’est évident, mais personne ne veut la croire. Il soupire, fatigué et presse ses doigts contre ses tempes comme pour faire dégager une mauvaise migraine. Les deux bonhommes échangent un regard devant le geste, visiblement conscients que lorsque l’associé se câline les tempes, c’est pas bon signe. Il relève brusquement le nez, papillonne des paupières en direction petit homme. « -  Ah, Isak nous aurait-il rejoint ? » Surprise dans la voix qui monte légèrement dans les aiguës, sous la surprise. Dans un regard circulaire, il balaie la pièce du regard à la recherche d’Isak. Mais rien, seulement eux, les prédateurs, et la petite proie. « - Malheureusement non. Je sais pas où il est encore allé, je m’en cogne, et j’ai pas besoin de lui demander pour savoir que je te fais pas confiance. Et lui non plus. » Hausse les épaules et agite les doigts devant le pif du type pour bien faire comprendre que c’est de lui qu’il parle. Et de personne d’autre. Il est peut-être en train de se mettre à dos un fournisseur relativement important, mais il s’en fout. Tant mieux, ça ne fera qu’aider sa quête de destruction. Un fournisseur en moins, le petit mafieux qui fait la tronche et un morceau de l’entreprise illicite qui se casse la gueule. Finalement, il lui plait bien, ce petit tribunal improvisé et les conséquences qui risquent de pointer leur nez.

Continuent les paroles inutiles. On se décharge, passe l’accusation de l’un à l’autre pour au final toujours en revenir à la même chose. C’est personne. Comme des gamins, en simple constat, l’absence d’une bonne paire de burnes pour assumer la faute. « - On te paie pour faire ton boulot, pas pour accuser tes petits camarades. Ni pour les traiter d’allumeuses, de putes ou de tous les mots crades qui peuvent passer dans ton petit crâne de pervers. » Il en a les chicots qui grincent, la mâchoire qui se serre sous la force d’un agacent qu’il peine à contenir. Le fauve gratte sous la peau, lui déchire le ventre. Et il en a envie, Stain, de le laisser sortir. Muter en plein milieu du club presque vide, et les éventrer dans les règles de l’art. Fourrer son museau dans les entrailles encore chaude et lécher, à s’en limer la langue, le sang brûlant. Il en a le goût sur la langue, des frissons de plaisir sale et doit se faire violence pour ravaler ses pulsions fauves. Alors il recule d’un pas, serre doucement le poing jusqu’à sentir les ongles meurtrir sa paume.  « - Et apparemment, messieurs, ce brave Big T. ne serait pas le seul à vendre n’importe quoi pour un peu de réconfort. Profitons de la petite chose mignonnement coincée là, et on se tire sans rien dire. C’est le genre de deal qui vous conviendrait ? » Et maintenant qu’il énonce de sa propre voix l’idée, la nausée lui gratte le palais. C’est dégueulasse, profondément nul comme sentence. Facile aussi, alors qu’il reporte toute son attention sur Charlie. Du vide sur la gueule et la pupille qui examine comme on reluque une pute avant d’accepter de la sauter. On se regarde, dubitatif, mais inconsciemment, les mâles interrogés hochent la tête, acquiescent le deal. Petite conne qui devrait se la fermer mais qui continue de creuser sa tombe. Il grogne, crache son mécontentement. Comme un signal, une méfiance qui se jette aux pieds des gorilles, ils se rapprochent de la gamine, se retiennent encore par un étrange miracle de poser leurs paluches sur elle.

« - Tu ne te démontes pas, alors que tu devrais pourtant te taire et faire profil bas. Tu te surestimes j’ai l’impression. » Il ricane, moqueur à en crever. Pendant un instant, il estime que c’est certainement le mieux. Arrêter là, et la jeter en pâture aux bonhommes qui n’en feront qu’une bouchée. Fermer les yeux sur l’offense sale et se dire que si ça peut arranger les affaires de tout le monde, pourquoi pas. Sacrifier l’innocence pour sauver le profit. Il en hausse une épaule, presque convaincu par ses propres pensées. « - On perd notre temps. Elle a mis la main dans le panier, c’est clair mais elle dira rien. Faut pas laisser passer ça. » Regain d’autorité, le gorille remonte ses manches. Camionneur qui s’en va fourrer ses mains dans le moteur de son engin. Et le voilà qui traîne son tas de muscles vers la fautive. Les griffes des deux autres qui se referment contre ses petits bras, et Stain qui ne fait rien. Il attend, patiemment. La noirceur de ses pupilles vides accrochées à celles de la condamnée. De l’indifférence sur sa face fondue, il tressaille lorsque le type le frôle. Et agrippe dans un geste frôlant la perfection la nuque de l’apprenti garagiste. Accroche ses ongles dans la chair à le faire couiner, et envoie sa sale gueule embrasser goulument la table la plus proche. Pif qui éclate et pisse le sang sur le bois et entre les doigts. « - Tu vas la fermer ta gueule deux secondes, tu me files la migraine. » Stain qui sature et fatigue. Le spectacle a suffisamment duré, et le pauvre petit entracte qu’il vient de s’octroyer ne suffit pas pour apaiser ses envies de meurtres.

« - Et après vous vous dites mafieux… C’est comme ça qu’on règle les problèmes, à baver sur celui qui la tirera en premier ? Vous le rangez dans votre fut’ votre flingue maintenant c’est ça ? » Crachats d’ironie alors que l’autre chancèle, la main vissée à son pif. La carcasse se redresse et il se fait menaçant, l’affreux qui pointe un index rageur en direction du petit bonhomme. « - Les seuls trucs qui ont disparu, c’est tes couilles. Trouve-toi en une nouvelle paire pour assumer tes conneries. T’as piqué dans ta propre cargaison, démerde toi pour nous livrer ce qui manque. » Ca ne l’amuse plus, et ça se lit sur sa gueule. Les traits bouffés par des relents de colère autant que par les ravages de l’acide. Le petit bonhomme qui hoche la tête, vivement, à se la faire décoller. Pique du nez vers ses pieds, incapable de soutenir le regard noir de l’italien. « - Lâchez-là. Et cassez-vous. Je veux plus voir vos sales gueules, l’affaire est close. » La conclusion du procès se lâche dans un crachat. Le timbre fracassé par la rage. Il se retient, de les massacrer comme ils le méritent. Se retient, d’en coller une à la gamine qui lui a fait perdre son temps. « - Toi tu restes par contre, ma belle. J’en ai pas fini avec toi. » Place au sous-entendu crade, le nez défoncé qui en glousse en traînant la patte vers les coulisses. Les trois autres qui restent là, et hésitent à se lancer des regards de crétins pour savoir ce que l’autre à l’intention de faire. Ca finit par faire son chemin, et les voilà qui lâchent la gamine et s’écartent lentement.

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MessageSujet: Re: Liar Liar [Stain]   Lun 10 Juil - 22:18

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche


Le rire éclate - répand un tressaillement inerte dans l'assistance. Tonitruent, immotivé, il se décharge comme une traînée de poudre dans un caisson sous vide; une gesticulation démente parmi des pantins immobiles. Aussi incertaine que les autres, Charlie fixe cet homme qui rit de ses grandes mirettes bleues, sans savoir de quelle folie s'agit cette hilarité pleine. Ce qu'il peut y avoir de drôle, de même un peu revigorant, à l'image des macchabées, aux gueules qu'ils provoquent. Peut-être que ça change, tout simplement; peut-être que ça lui fait voir d'autres gueules que celles qu'on lui tire habituellement, qui doivent être toujours un peu les mêmes - un peu lassantes. Peut-être que ces gueules blêmissant pour autre chose que la sienne sont une bouffée d'hydrogène dans les flammes d'amertume qui le dévorent d'habitude.

Il n'est pas beaucoup plus doux que son amertume, ce rire. Il fait l'effet de graviers jetés dans les tympans, d'un massage aux tessons de bouteille - il y danse toute la gamme de l'insulte et de la revanche. Mais il est franc - surprenant. Il a le goût familier des choses qu'on ne veut pas entendre, qu'on n'a pas le choix d'écouter un jour ou l'autre. Echo de psychose ou tonnerre d'une honnêteté trop forte pour être bienveillante, Charlie ne saurait le dire. Au moins, c'est quelque chose. Quelque chose d'autre que le vide abyssal suintant de tous les autres - et de cet endroit, cette ville, ou encore les autres et aussi les autres.

Il sonne faux, ce rire.
Ou trop vrai.
Pas dans l'intention. Au contraire, la spontanéité dont elle fait preuve est, aux oreilles de Charlie, une élégie à la sincérité. Elle en entend chaque note, grave, comme des fréquences de cuivres, trop basses pour l'oreille humaine. Des sons qui viennent d'en bas, dans le gouffre de ses tripes, les contractions spastiques de son diaphragme sous des impulsions nerveuses autonomes et immatures. Pas un pâle copiste de gorge : une symphonie d'entrailles, tellement reposante. Revivifiante. Et cette chose, qui gratte sous la surface de sa peau - juste en dessous, prête à la déchirer pour surgir, presque comme si c'était elle qui lui cloquait les chairs à force de pousser à contre sens. Une rage violente, un truc dément, un truc qui grouille et ne cesse jamais d'être en mouvement.
Mais l'intonation. Il y a une dissonance. Une voix qu'elle n'entendait pas jusque là. Comme si les cordes vocales frottés au papier de verres retrouvaient la pureté juvénile de son humanité d'antan. Comme si on arrachait l'appareil d'un trachéotomisé et qu'il recouvrait l'entièreté de sa parole, la fraîcheur de ses vingt ans.

Dans le reflet d'une vitre, hachés entre les halos des lampes et les silhouettes montagnardes, elle voit les deux visages qui se font face, d'une boursouflure ambulante et une peau décharnée sur une gueule creusée. Cette image la choque, une seconde - se tatoue dans son subconscient à l'encre de Chine. Deux horreurs ambulantes et les psychoses de leurs âmes, dévoilées par une simple vitre.
Le fou rit, l'autre le regarde.

Peut-être qu'il est comme toi, Charlie. Peut-être que c'est ce qui arrive, au bout du compte. Le reflet rattrape la réalité et te transforme. Cette force qui te ronge pousse jusqu'aux dernières barrières, les jointures si fragiles de ton épiderme - elle le déforme, irrémédiablement. Elle te rend folle, d'amertume et de rage, réjouie par les morts, avide d'en avoir plus. Peut-être que cet homme que tu regardes, c'est ce qui t'attend bientôt.
Et qui violerait une femme qui lui ressemble.



Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche


Mais l'hilarité s'estompe et l'amer se répand à nouveau par vagues dans le goût d'une voix redevenue esquintée. Difficilement arrachée à sa contemplation, Charlie doit s'enquérir de son jugement présent, s'employer à nouveau à se défendre - avec la maladresse qui la caractérise. Cet interlude musical a bizarrement poussé loin les automatismes robotiques de ses acquis sociaux, cette rigidité qui la caractérise et sans laquelle elle ne survivrait pas aux Hommes plus de quelques secondes. Ses intestins se contractent et gargouillent dans un rythme plus viscéral, les frissons qu'elle réprime toujours poussent et cheminent jusqu'à fleur de sa peau. Et le chemin que prend la discussion ne l'aide pas à trouver de façon plus pragmatique d'aborder les choses.

Elle essaye, pourtant. Aidée dans ses efforts par l'avis du juge, qui lui semble favorable - ou du moins clairvoyant. L'homme qui tient sa vie entre ses mains est un fou avec un goût tangible et précieux pour la mort mais il a un regard d'une clarté unique sur les choses. Comme un instinct animal, une force qui ne s'encombre pas des mensonges de société, malgré ses grands airs et ses jeux dans ldes cours trop grandes. Ses répliques lui donnent de l'espoir, l'espoir d'avoir affaire à un raisonnable psychotique, une psychose qui a raison. L'espoir que tout s'arrête enfin, qu'à la fin de cette journée elle puisse au moins ressentir la fierté de ses efforts récompensés. Ca ne lui arrive plus si souvent - ni de faire des efforts, ni d'en voir les fruits quand il se trouve qu'elle en fait. Alors aujourd'hui, peut-être - peut-être que le monde n'est pas devenu si moche, peut-être qu'il existe encore quelques individus honnêtes parmi tous ceux qui la flinguent de leur lâcheté, la rongent de leur avidité, la tabassent de leurs mensonges. Charlie se défend parce que c'est injuste, encore d'avantage si le juge a déjà clôturé l'affaire, compris toutes les preuves. Elle se défend avec la force d'une révolte qu'elle n'ose plus ressentir, quand il est question de son corps et de l'usage qu'elle peut en faire, parce que c'est un sujet qui la violente. Même quand on le lui reproche et qu'on la sous-estime - parce qu'elle s'estime et se connaît parfaitement elle-même - Charlie serre les dents dans la force d'une rébellion sourde, alimentée par un espoir naissant. Elle ne se laissera pas faire. Et dans cette pensée soudaine, il y a les échos de la mort, les promesses du diable.


Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le gout qui me tourmente
Le gout qu'est le plus fort


La petite conversation prend soudain une autre tournure. Avant d'avoir surmonté ses incapacités, eu le temps de comprendre comment, elle sent deux prises se resserrer autour de ses bras, d'un contact dont la seule existence lui invoque un spasme de dégoût. Sans ses automatismes rigides pour contrer ses phobies ridicules, Charlie les prend en pleine gueule, ces dix boudins de peau enfoncés dans la sienne. Instinctive, révulsée, elle tire à contre sens, sur un étau qui se resserre en retour, sans beaucoup d'effort.

Et elle s'attarde moins sur l'autre paire de boudins qui s'approchent ou sur ce que ça veut dire, que sur l'initiateur muet de cette entreprise macabre. A vif, une lueur d'incompréhension folle dans le regard, Charlie se secoue pour invoquer son regard, lui demander pourquoi. Il y a même, dans les relents d'une terreur bien rare affluant tout à coup dans sa gorge, sans qu'elle n'y ait la moindre emprise, l'estampe floue d'une supplique inconsciente. La lueur implorante d'un affolement incontrôlé. Et l'indifférence qu'il lui balance dans la gueule en retour, comme des miettes à un clébard, envoie un éclair aveugle, un coup d'éclat sourd droit dans son esprit à vif. Ces yeux qui osaient avant la transpercer du regard, même agressivité, qui n'expriment maintenant plus rien qu'une morne lassitude à l'égard de l'horreur, invoquent en elle une bouffée de haine dantesque, une envie de meurtre venue des entrailles de la terre. Elle rétracte ses pupilles en un assaut animal, contracte son corps à lutter à nouveau contre ce qui l'enserre, moins pour s'échapper cette fois, que dans un élan d'attaque - une tentative d'assaut droit sur lui. Une envie de tuer, bien plus que de fuir.

Parce qu'il a menti.
A un moment ou un autre, il a menti, s'est foutu de la gueule du monde. Quand il clamait son dégoût révérencieux pour les vulgarités de ce monde, ou maintenant qu'il les ignore, il y a un odieux mensonge, une faiblesse d'esprit, une lâcheté ignoble. Qu'elle ne méritait pas - comme elle ne mérite pas ce jugement ou la sentence qui se profile. Il le sait, n'a pas le droit de prétendre l'ignorance après s'être vantée de tant de clairvoyance. Tout son corps se révolte à cette idée, la moindre fibre de son être a mal de ce dont on l'inflige, ce à quoi on veut la réduire. Elle les tuera tous. Elle les massacrera jusqu'au dernier avant que ça lui arrive, même à se faire éviscérer pour la peine. Tout, mais pas ça. Et son ventre se tord d'une terreur sans nom, quand la main va pour toucher son visage. Et la terreur se mêle à la rage, dans un marasme incroyable, des bulles d'air dans la nécrose de son tourment.

Nécrose à l'origine de toute ses terreurs.

Le mouvement qui s'approchait d'elle ralentit, presque imperceptiblement. Le visage porcin qui la domine se contracte dans une douleur qu'il n'identifie pas encore. Mais il n'a pas le temps de comprendre et Charlie n'a pas le loisir de se sacrifier sur l'autel de ses pulsions, que le visage disparaît de son champs de vision. Il va s'écraser sur une table en contrebas, révélant celui de l'odieux menteur, la main encore serrée sur sa nuque, à l'origine d'un mouvement si vif que des yeux humains ne pourraient pas le recomposer. Le regard agrandit et le souffle court, Charlie l'écoute asséner sa dernière sentence sans l'entendre. Elle sent les étaux se desserrer sans comprendre. Et voit les silhouettes s'effacer les unes après les autres sans plus l'énergie d'assimiler la scène. Le regard perdu au sol, enroué d'une lueur d'animal acculé au mur, elle cherche un souffle, une respiration profonde, une goutte de sens commun dans l'océan de ses envies meurtrières.

Il y a la chose qui grouille, maintenant. Qui a senti les barrières s'affaiblir et s'est jetée sur l'aubaine comme la misère sur le monde. Elle remue sous sa peau, va chercher ses nerfs et ses muscles pour les contrôler, dans l'espoir enfantin, joueur, d'une toute petite giclée de sang.
Mais Charlie lutte encore. Encore et toujours.
Elle ravale une salive qui ne sent pas comme la sienne, qui a le goût amer de l'adrénaline et le manque de sang plein les molécules. Elle se calme, l'espace de ces maigres secondes que l'assemblée met à se dissoudre. Ne cherche plus à comprendre, ne veut plus comprendre.

Ni ce jeu de menteurs auquel elle a participé comme une amatrice, ni cet homme à qui elle accordait tellement d'indulgence. Parce qu'il était laid. Fou. Différent. Auto proclamé clairvoyant.
Une partie d'elle se sent trahie. Ces réflexes d'enfant encore chevillés au corps, qui l'empêchent encore de détester assez le monde pour en entendre tous les mensonges. Cet espoir stupide qui persiste malgré toutes les preuves, de penser qu'il existe des schémas humains à sauver, des êtres moins faciles, lassés, narcissiques que les autres.

Charlie se calme, mais ne s'endort pas. Ni d'épuisement, ni de reconnaissance, ni même d'une volonté devenue inexistante à trouver la moindre qualité à son juge. Alerte, le coin de son oeil le voit amorcer un mouvement. Aussitôt, sa main se porte à sa moche arrière, où dort le canif acéré qui lui sert de défense. Elle voit qu'il la voit faire ce geste mais elle n'en démord pas, ne quitte surtout pas la portée de son arme. Au contraire, elle assume d'un seul regard, d'une éloquence parfaite. Elle relève les yeux pour ne perdre aucun geste,  les muscles tendus, la pupille agrandie pour mieux voir.

Sur la défensive, l'instinct chevillé au corps, Charlie ose un reproche mutique à l'endroit de ce visage qui se fichait de la condamner à un sort atroce. Un reproche d'enfant persistant à refuser les réalités de ce monde. Cette naïveté stupide et trahie qui l'encombre encore, comme une tumeur maligne dans ses entrailles.
La colère sans filtre d'un être qui ne comprend toujours pas d'où vient la malfaisance, si bien cachée d'habitude, sous ses traits robotiques.


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MessageSujet: Re: Liar Liar [Stain]   Dim 16 Juil - 16:30

Douceur du sang sur la peau, l’écarlate qui goutte lentement sur le sol pourtant déjà nettoyé en prévision de l’ouverture du lieu de débauche plus tard dans la journée. A l’heure où tombe la nuit et où les dévergondés se réveillent de leurs nuits de fureur insolites. Dommage, il va falloir repasser par là. Les petites âmes qui trainent dans la pièce ouvrent des grands yeux sur la scène, papillonnent des paupières stupidement. Détaillent la silhouette du co-gérant qui vient de défoncer la gueule d’un de ses employés. Ca tremble certainement sous les peaux moites, l’angoisse qui grouille dans les entrailles et délie les bides. Qu’ils en chient dans leurs frocs, il s’en contrefout. Appâter par l’appel de la crasse, le fauve hurle. La détresse de la gamine lorsque la sentence est tombée, ce goût sale du vice sur la langue et le besoin de sang qui glisse contre sa trachée. Il en a l’odeur dans le nez, les myriades de nuances qui s’écorchent et explosent dans son cerveau en un feu d’artifice de jour de fête. Tous les neurones qui pétaradent joyeusement, affolés par la promesse d’un carnage. Ce besoin incessant de violence, mis en sourdine depuis qu’il est venu se foutre dans le repère du mafieux en apprentissage et des jolies gambettes qui s’écartent d’une pichenette. Pauvre de lui qui ne fait que servir de pantin au premier quand il se sent nauséeux rien qu’à l’idée de tripoter de la pute pourtant divine à regarder.

Il grogne dans sa barbe, le fauve. Reluque la gamine d’une pupille noire et sale, l’éclat de mort dans le fond de ses yeux noirs. Chicots qui claquent sous le contrecoup de sa hargne qui n’a pas été totalement assouvie. C’est certainement ce qui lui manque le plus. Ce manque d’action. Frapper du connard de temps à autre, c’est bien, mais pas suffisant pour un être rompu à la brutalité comme lui. Pas quand elle est inscrite dans la moindre fibre de son être, dans ses gênes comme un portrait sale qu’on se traine depuis le berceau jusqu’à la tombe. Héritage d’un père taré à l’excès, justifiant ses actes derrière les idéaux de la religion pour mieux faire passer la pilule. Et frapper son marmot jusqu’à lui faire pleurer et pisser du sang, pour la beauté du geste. Le plaisir de briser sa propre chair, juste pour se rappeler qu’elle vient d’un putride adultère. Fils de pute, et fils de rien. Petit bâtard qui est devenu grand et qui s’emploie à illustrer dans les règles de l’art la définition de cet odieux mot.

Que doit-il faire maintenant ? Se péter les rétines à admirer toutes les nuances du sang collé sur la table, et celui qui se suicide par terre ? Il ne peut malheureusement pas en détacher son regard, pas encore. Obnubilé par la vision, le fauve tant les doigts et les écrasent dans la petite flaque. Du plat de sa main brûlée, barbouille de rouge les chairs cicatrisées depuis des siècles. Insensibles au contact, il en a pourtant des frissons de plaisir qui grattent contre ses reins. Sans hésiter, c’est bien ça qui lui manque le plus. La liberté de pouvoir péter des gueules sans vraiment rendre de compte. Ca fait partie du job, de démolir du révolté et du hors-la-loi. Planquer sa brutalité fauve sous l’uniforme noire parce que ça fait forcément plus classe, et rentrer le soir avec une poignée de chicot supplémentaire à ranger dans sa boite. Il devrait sérieusement penser à les collectionner, toutes ces dents qu’il démolit. Sourcil qui se hausse sous la réflexion et trogne qui oscille vaguement, d’accord avec lui-même. Il y pensera quand il pourra sortir de cette merde dans laquelle sa petite vengeance l’a traîné. Et premières quenottes dans sa boite, celles de Eriksson. Pourquoi un doigt aussi ? Le majeur, ça fera bien. Ca se rajoute sur la liste des horreurs qu’il prévoit dans sa tête, soufflée par la petite voix de la haine. Son ange gardien, sa nouvelle meilleure copine. Stain qui broie du noir, rumine et s’en fait grincer les dents dans le faux silence qui règne à présent dans la pièce. A peine troublé par les petites mains qui s’affairent dans son dos. La paume de sa main racle dans la petite flaque, l’étire en traînée écarlate, s’immobilise un petit moment et finit par s’en détacher. Paume ouverte et offerte à l’examen de ses yeux de prédateur. Beauté simple affichée devant lui, il repeindra le Little Darling en rouge sang lorsque sonnera son heure. Bientôt. Pas assez rapidement à son goût mais ça viendra. Il a déjà commencé à cicatriser comme il le devrait, c’est un pas de plus vers la sortie. Celle qui clignote en lumière verte au-dessus de la porte, dans le fond de la salle. Celle qu’il lorgne un petit moment avec une envie déconcertante. De la faiblesse dans son cœur démoli, l’envie de courir comme un con jusqu’à la porte et de se tirer. Sûrement pas, il a encore bien trop de choses à régler. A commencer par la gamine qui est toujours plantée là, quelque part dans son dos.

Stain soupire, crache dans un souffle sa lassitude et un morceau de la frustration qui tend ses nerfs. Malgré la migraine qui lui grignote le cerveau, il se repasse au mieux le fil de ce qui a pu se passer. Les accusations et toutes les autres conneries sorties des bouches des cons qui ne sont plus là à présent. De se retrouver seule avec la prétendue fautive l’aidera peut-être à voir les choses plus clairement, et décider s’il vaut mieux lui tapoter sur la tête avec fierté ou balancer son petit corps dans la bene derrière le club. Ce serait plus simple comme solution. Radicale, certes, mais au moins il n’aurait pas à devoir se coltiner encore d’autre discussion inutile. Balancer des mensonges à la gueule du monde, c’est son truc. Les décortiquer en revanche, ça l’emmerde profondément. Nouveau soupire, et la pogne propre qui se colle sur sa sale gueule. Lisse les traits et s’autorise une séance de gratte-menton bien méritée. Démangeassions en pagaille sur sa tronche,  les irritations qui se multiplient au gré des apparitions de croûtes et autres merveilles offertes par un masque à l’acide. Une mémé lui a un jour dit de se coller du miel sur la face, pour accélérer le processus. Comme s’il avait que ça à foutre de se tartiner la trogne, pourquoi pas se peindre les orteils en rose bonbon pendant le temps de pause. Connerie de vieille morue déconfite.

« - Maintenant que les clowns se sont tirés, on va discuter entre braves gens civilisés. Ou du moins essayer. » Il le balance sans lui accorder un regard, à la gamine. Tire une chaise en arrière et y pose son cul, écarte la guibole pour pousser du pied l’autre chaise qui lui fait face. En une invitation à venir s’installer à la table de la réconciliation, Stain qui s’efforce de garder son éternelle nonchalance quand c’est la débandade sous sa peau. Le Silver qui a de la tension à revendre dans ses muscles, celle du soldat qui lui sert de corps. Silver dont les yeux semblent encore plus noirs que d’ordinaire lorsqu’ils se posent enfin sur la petiote. « - Je vais pas te bouffer. Pose ton cul. » Ca claque presque comme un ordre quand ça se veut rassurant. Rien à foutre qu’elle se mette à chialer, qu’elle soit traumatisée ou tous les trucs qui sont susceptibles de passer dans la cervelle d’une fille. « - Et rassure-toi, t’es pas mon genre de toute façon, je te ferais rien. » Sourire chaleureux sur le visage fondu, ça sonne plus comme une grimace semi-comique mais qu’importe. Il fut un temps où elle aurait pu lui plaire, la petiote. Epoque qui lui semble bien loin maintenant qu’il y repense. Parce qu’il en a une autre dans la peau. Même s’il se borne à la traiter de tout et de rien,  à la détester, il ne parvient pas à l’oublier. Elle et celle qui semble vivre sous la peau laiteuse. Ces deux morceaux de sa vie qui font ce qu’il est et sans lesquels il n’est rien. Juste un assemblage de chair vide.

« - Si, comme tu l’affirmes, tu n’as rien piqué et que l’autre est persuadé qu’il manque des choses dans ses affaires, il y a eu un couac quelque part. » Une attaque de mafieux teigneux dont elle ne se souviendrait pas. Une invasion extraterrestre peut-être. Un vol de leprechaun… Il a des explications à la pelle, toutes plus connes les unes que les autres, mais qui expliquent pourquoi il manquerait des choses dans la livraison effectuée. Le milicien gratte des ongles le bois miteux de la table, dans un geste rude qui traduit la tension de ses nerfs, le besoin latent d’exploser encore quelques trognes pour se calmer. Et lentement, il vient poser ses yeux sur Charlie. Sa sale gueule qui s’offre sous le meilleur angle pour faire courir du dégoût sur sa petite peau pâlichonne. Qu’elle baisse les yeux et se complaise en explications chiantes. « - Alors, tu m’expliques un peu mieux l’affaire ? » Lâche-t-il en agitant ses doigts encore rouge de sang devant le vide entre eux. Pressé d’en finir mais curieux d’en entendre plus. Parce qu’elle a quelque chose de bizarre cette gamine, et ça l’intrigue sérieusement.

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Liar Liar [Stain]

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