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 Le Club des mauvais jours ♣ Solveig Erikkson

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RUNNING TO STAND STILL

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↳ Métier : Pompier
↳ Opinion Politique : Ancien victor des jeux établis dès 2012, durant la seconde campagne, Matthias s'est vu embrigader de force dans la propagande du gouvernement. La rancune couve cela dit, féroce.
↳ Playlist : Canned Heat - Jamiroquai/ Life will change - Lin Inazaumi/ A little less conversation - Elvis Presley/ Work this body - Walk the moon/ You know my name - Chris Cornell/ Are you gonna be my girl - Jet/ Last Surprise - Lin Inazaumi
↳ Citation : Les blagues : le chemin le plus court vers l'équilibre mental.
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MessageSujet: Le Club des mauvais jours ♣ Solveig Erikkson   Lun 3 Juil - 13:07


« Le Club des mauvais jours »


Solveig E. ♣ Matthias P.
featuring

Matthias arrangea machinalement le col de sa chemise, le sourire se voulant aussi immaculée que tout le reste. Le Mary Rose avait tant changé selon les dires des habitants. Plus rien ou presque ne restait réellement du nom, de cet antique navire perdu au fin fond des mers. C’était bien la Nouvelle Orléans ça, donner un nom d’épave à un bar select de la ville. Exit les jeans et bottes crasseuses ici, on déployait la mousseline et les soies. On tentait du moins. La chaleur était la même ici ou ailleurs, la moiteur plus ou moins visible sur les fronts des habitués. C’était une prérogative de riches ça aussi : croire que tout ce qui était organique pouvait être modifié uniquement avec de l’argent. Quelque part, le Mary Rose en était le plus parfait exemple.

Esperanza O’Connell, prêtresse de l’établissement et adoratrice du beau avait dressé un code vestimentaire aux portes du Mary Rose. On ne pouvait y pénétrer sans des tenues adéquates, faites d’apparat et d’un luxe qui n’avait de sens pour Matthias que durant de grandes occasions. Ça ferait du bien à Solveig. C’était ce qu’il s’était dit en la voyant il y a quelques jours taciturne et mélancolique. La douleur se peignait un peu trop fort sur son visage, un peu trop vibrant dans sa voix. Il n’y avait rien de mieux pour se changer les idées, quelque chose qui tranche, quelque chose de différent, le taffetas des sièges, les brocarts vermillon, les nappes blanches et les odeurs délicieuses de la cuisine du sud, celle raffinée qui rappelait la cuisine de la France lointaine métropole qui s’était drapé de cajun et du vêtement des îles. « Tu vas voir, on y mange très bien… ça change des tickets de rationnement. » plaisanta-t-il à demi voix.

Il s’était drapé comme à l’époque des interviews quand il représentait si bien le gouvernement et les jeux. Le mot de passe fut livré dans un sourire presque navré. Le côté V.I.P. était loin de lui plaire, cette mise en demeure pour ceux qui n’avaient pas la chance de connaitre les méandres du pouvoir était toujours disgracieux au regard de Matthias. Lui, il avait eu de la chance voilà tout. Les images du sable et du sang flashèrent dans sa mémoire avant qu’il ne décoche un clin d’œil à son amie. Il l’avait prévenue sur le dressing code, avait parié que devoir se préparer lui changerait les idées. « La patronne est un peu maniaque. » chuchota Matthias à l’oreille de la scientifique. « En attendant, elle impose les cravates mais notes bien que t’es rentrée sans encombre… alors que bon… t’es rousse tu sais. » On en est désolé d’ailleurs, ça arrive. Matthias acquiesça à ses propres paroles pleines de sagesse avant de serrer la main d’un des hommes au service de propagande qui quittait déjà les lieux. « Petersen ! Vos ne changez pas dites-moi. Si vous avez pris des couleurs. » Matthias semblait tranquille, le sourire avenant, la main tendue. « Le soleil de la Louisiane. Ça change de New York. » Les dents se découvrirent, celles de loup. « Oui, des jeux ici seront merveilleux. Les marécages, l’ambiance, les alligators… » Le pompier eut un petit mouvement de tête. « Je vais vous laisser, on a réservé. On ne fait pas attendre les anniversaires. » Un petit mensonge, de quoi déguerpir et ne plus penser aux horreurs à venir.

Matthias installa Solveig avant de s’asseoir à son tour. La musique sucrée aux relents de jazz emplissait la pièce et il eut un signe discret du menton vers le ventre de la demoiselle. « Maintenant qu’on est plus ou moins pépouze et qu’on va manger comme des rois, tu vas me dire ce qui t’es arrivé. Je suis pompier, pas ferrailleur, je sais quand quelqu’un s’est pris une tôle quand même. »




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MessageSujet: Re: Le Club des mauvais jours ♣ Solveig Erikkson   Mar 18 Juil - 15:41


« Le Club des mauvais jours »


Solveig E. ♣ Matthias P.
featuring

Le regard qui se portait sur le miroir en pied, une pièce de luxe qu'elle n'aurait jamais pensé avoir un jour. Cependant, en vivant avec Niklas depuis quelques jours, quelques semaines, elle avait découvert une vie bien plus riche que celle qu'elle avait vécu jusque-là. Après, il y a plus de deux cents ans, au fin fond de l'ancienne Suède, le confort n'était pas le même que dans les hautes sphères de ce gouvernement. Peut-être que son frère n'avait pas choisi la bonne voie pour lui offrir la vie qu'il aurait aimé lui offrir. Enfin, elle ne lui en voulait pas. Elle s'était toujours estimée heureuse de l'avoir retrouvé en 2012. Et elle ne reviendrait jamais sur sa décision de se laisser enlisée. Parce qu'elle n'en avait pas conscience. Parce qu'elle n'était pas capable de se rendre compte que tout était devenu de pire en pire. La violence, elle avait fini par l'intégrer, par l'utiliser aussi. De plus en plus ces derniers mois en réalité. Elle s'enfonçait dans l'horreur, devenait de plus en plus insensible. Oh, elle n'allait pas y perdre son innocence, puisqu'elle n'en avait déjà plus. Néanmoins, il faudrait qu'elle se l'avoue un jour : elle avait changé. En bien, en mal, mais elle avait changé. L'autodestruction à son paroxysme, la lame arrachant chairs et organes.

La tenue portée lui semblait bien trop... Décalée par rapport à son environnement habituel. Trop belle. Trop lisse. Trop parfaite. Elle lui avait été payée par Niklas évidemment, créée spécialement pour elle aussi. Une robe longue, couleur pourpre profonde, d'une matière qu'elle serait incapable de définir. Bien trop foncée dirait-elle, bien trop travaillée surtout. Solveig ne se sentait pas forcément à l'aise dedans, mais Matthias avait été clair : il fallait être bien habillé, classe. Alors, elle se prêterait au jeu. A cette robe si parfaite s'ajoutaient une paire de boucles d'oreilles en or et diamants, et un fin collier soulignant son cou. Et la pâleur de sa peau. Même si ce n'était pas forcément la chose à souligner, puisque cela rappelait son acte fou. Elle s'observait, la métamorphe, dans le miroir qui lui faisait face. Elle se détaillait, cherchait un point de repère dans cette nouvelle tenue. Pour ne pas se perdre, trouver la bonne direction. Elle n'aurait jamais eu l'idée de porter tout ça, si la situation ne l'avait pas exigé. Cela lui permettait au moins de penser à autre chose.

L'horloge résonna dans la pièce. Le signal du départ. Solveig logeant chez Niklas, elle était désormais proche du centre « luxueux » de la ville. Quelques minutes à pied. Enfin, si elle avait pris des chaussures à tâlons, elle en aurait eu pour quelques heures. Et elle se serait cassée la gueule à chaque pas. Donc, sous sa longue robe, elle avait gardé des chaussures confortables, quoique bien plus délicates que ce qu'elle avait l'habitude de mettre.

Elle retrouva Matthias, toujours à l'heure. Un sourire à l'intention de l'homme qu'elle considérait comme un ami, malgré une certaine réticence au début de la part de l'autre. Il fallait dire, elle était suédoise, et ce n'était pas très bien vu de sa part. En plus d'être rousse. Un sacrilège aux yeux de l'homme, pour une raison que Solveig n'était pas certaine de comprendre. Elle le suivit, lui qui semblait bien plus à l'aise, bien plus à sa place qu'elle en ce lieu. Un mot de passe, prouvant la sélection de l'établissement sur sa clientèle. Décidément, ce n'était pas pour elle. Une remarque sur ses cheveux, accueillie avec un sourire condescendant sur les lèvres, avant que les deux êtres ne se fassent stoppés par un... Inconnu pas si inconnu pour Matthias. Quelques mots échangés, et elle pouvait sentir l'autre se tendre. Avant d'offrir une excuse à son interlocuteur pour se dégager de la discussion envenimée qui arrivait. Le Gouvernement était quand même particulier...

Ils s'installèrent, et Solveig se laissa un peu bercée par la musique en fond. Elle en écoutait peu, si ce n'était celle dansante du Little, faite pour que les danseuses se déhanchent. Un souvenir qui l'habitait quotidiennement, mais auquel elle s'était faite avec le temps. Alors qu'elle aurait pu être à la place de ses prostituées, si son frère n'avait pas été le créateur de ce bordel.

La question de Matthias la fit sourire. Un sourire contrit. Trop observateur certainement, mais il était pompier, comme il l'avait si bien souligné. C'était son boulot de remarquer ça. Solveig se laissa aller dans le dossier, attrapa un bout de nappe qu'elle tritura entre ses doigts. Un moyen comme un autre de faire passer le stress. La langue passa sur ses lèvres sèches, et une grande inspiration fut prise.

« C'est... Compliqué. » Evidemment, si ça avait été simple, elle ne serait pas ici. Elle n'aurait pas non plus tenté de cacher la blessure, et la souffrance que le tout occasionné. En temps normal, ce n'était pas si long à cicatriser. Pourquoi Diable aujourd'hui elle n'y parvenait pas ? « J'ai... J'ai essayé de me suicider. Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis enfoncée un couteau dans le ventre. »

Murmure, pour ne pas que d'autres l'entendent. Sa peau avait encore pâli un peu plus, même si le tout était atténué par le maquillage léger, mais présent, qu'elle avait mis. Tant mieux, cela lui faisait garder un teint lumineux, elle ne se transformerait pas en cadavre ambulant. Elle jetta un regard autour d'elle, s'assurant que personne ne leur prêtait réellement d'attention. Trop de luxe ici, définitivement.

« Tu vas me dire que c'est parce que je suis rousse que j'ai fait ça ? »

Ton légèrement sarcastique, prouvant que l'évocation du geste était encore épineux, douloureux. Tendue, désamparée, son regard se fit fuyant, refusant de se poser ou de se confronter à celui de Matthias. Ah, le jugement des autres, dont elle se foutait pertinemment. Sauf quand il s'agissait de ses proches. Isak. Niklas. Matthias aussi. Beaucoup de personnes quand même... Elle finit par changer de sujet, maladroitement.

« Tu as les moyens de te payer un repas ici ? Ca a l'air... Très luxueux. Trop pour un pompier. »

Ce n'était pas dit méchamment. Mais plutôt réaliste dans la manière de penser de la jeune femme. A toujours vivre dans la pauvreté, on finit par avoir du mal avec l'appréciation de la richesse...




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MessageSujet: Re: Le Club des mauvais jours ♣ Solveig Erikkson   Mar 8 Aoû - 18:50


« Le Club des mauvais jours »


Solveig E. ♣ Matthias P.
featuring
L’expression en anglais était adequate: you clean up nicely. Sous entendu, avant t’étais crade. Un truc dans ce genre. La lutte des classes c’était d’abord une affaire de vocabulaire et de tissu. Il l’avait bien compris durant les parades et autres joyeusetés gouvernementales. La propagande avait le toucher de la soie ou celle des couvertures rêches des prisons, les mots étaient codifiés, matraqués eux aussi, on vivait en dolby surround mais le son n’était jamais le même.
Solveig avait coupé le son depuis longtemps. Pas volontairement, non. Une histoire de famille. C’était dingue comment on pouvait se briser soi-même les vertèbres pour des gens juste parce qu’on avait soi-disant un partage d’ADN avec. Le frangin c’était ce que Matthias appelait tranquillement ‘un classique’. Gueule d’ange, âme de connard. De quoi faire suer les midinettes et les petits gars en recherche de sensation forte. Solveig, c’était différent. Elle était sa sœur. Elle se sentait investie d’une mission divine avec le gusse, du type marche ou crève, et si tu peux plus marcher, t’en fais pas, je te porte.

On n’arrivait déjà pas à se porter nous-mêmes…

« C'est... Compliqué. » Matthias eut un mouvement d’épaules décontracté. « J'ai... J'ai essayé de me suicider. Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis enfoncée un couteau dans le ventre. » Il cilla cette fois-ci, la petite lueur au fond de la pupille, mélange de « merde tu déconnes putain » et de « ouais je comprends », l’étincelle bordélique qui fronce le nez et qui finit par se fendre d’un « Ah … ouais quand même. » Ce n’était pas sa première tentative à la rouquine, tout du moins il n’était plus trop sure. Les temps avaient changés ou peut-être plutôt que l’humanité, et ce qu’il en restait, l’avait fait. Solveig coulait, mais ils coulaient tous. Elle le faisait juste un peu plus vite. Matthias vida son verre avant de l’agiter puis de le reposer. Elle s’était enfoncé un couteau, comme ça. Il se l’imaginait parfaitement et les cils tremblèrent silencieusement vers le ventre caché derrière la table et ses coins carrés.
« Tu vas me dire que c'est parce que je suis rousse que j'ai fait ça ? » Le sourire - même imparfait -  s’éclipsa. « Ben disons que moi j’allais te raconter comment j’ai éteint un feu, faire mon gars lambda, briller un peu et tout, là je t’avoue c’est compliqué d’enchainer. » Il se rapprocha, les coudes sur la table, les bras croisés, la haute silhouette en perdition au-dessus des assiettes. « Qu’est-ce qui t’as pris putain ? T’as voulu répéter un numéro de magie ? C’est à cause de l’autre ? » L’autre. Le bidule avec le même sang. « Tu veux pas l’abandonner mais à quoi ça sert si tu t’abandonnes toi-même ? » Le visage de Matthias s’allongea. Voilà qu’il parlait comme un moine bouddhiste, encore un peu et il sortait les sandales et la toge safran. « T’as compris ce que je voulais dire… » Elle était plus futée que lui après tout, elle savait faire des trucs de scientifiques quand lui en était encore à doser combien de gouttes de sirop il fallait avec la limonade pour faire le diabolo parfait.

La tentative de changement de conversation ramena un sourire sur son visage solaire. « Si je te disais que j’ai hérité ? Attends non ce n’est pas crédible, j’ai plus de famille … enfin à priori…. Non mieux, j’ai tué un crocodile à main nue, dedans il y avait un trésor ! Toujours pas ? » Le brun dodelina de la tête. « Je t’invite, demande pas des trucs comme ça, ça me vexe. Puis oublie pas que je suis à leurs soldes, poster boy tout ça… » Il eut un haussement d’épaules, ça n’avait aucune importance. Le sable des arènes et le sang des adversaires. Aucune. D’ailleurs il ne s’en souvenait même plus, à peine des bribes.

Il ne s’en souvenait que dans ses cauchemars.

La carte leur fut présentée et ils choisirent ensemble, Matthias insistant pour qu’ils prennent des plats différents afin de pouvoir gouter dans l’assiette l’un de l’autre. « On fera ça discrètement. » Ajouta-t-il dans un clin d’œil fugace. « On va pas ternir la réputation du Mary Rose. C’est cosy y’a pas à dire… » Le regard revint vers le tissu chatoyant de la robe. Derrière il y avait la blessure, celle du corps et celle de l’âme. L’œil se fit plus sérieux, la voix plus basse. « En attendant nos crevettes exquises… tu vas m’en dire plus…je croyais que tu allais mieux… »

Il était presque embêté de l’aveu et le noya dans une gorgée de vin.



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MessageSujet: Re: Le Club des mauvais jours ♣ Solveig Erikkson   Dim 17 Sep - 22:39


« Le Club des mauvais jours »


Solveig E. ♣ Matthias P.
featuring

Elle qui était pourtant si secrète avait lâché une bombe en expliquant, avec des mots plutôt directs, ce qu’elle avait fait, ce qu’elle s’était fait subir. Une tentative de suicide, bien loin d’être propre comme pouvait l’être l’ingération de médicaments. Elle savait que la deuxième option aurait été moins douloureuse. Néanmoins, voir son frère s’enfoncer dans l’addiction et la drogue lui avait définitivement passé l’envie d’y toucher ne serait-ce qu’une seule fois, et ce même pour se suicider. Il y avait trop de souvenirs, de mauvais souvenirs, accrochés à cette pratique. Et malgré tout, elle ne pouvait les occulter… La réaction de Matthias ne se fit pas attendre. Elle pouvait sentir à quel point il était déboussolé, ou plutôt qu’il ne savait pas comment réagir à cette annonce. Après tout, ce n’était pas la première fois que Solveig essayait de mettre fin à ses jours. Elle flirtait tant avec la mort la petite, depuis des mois, des années. Il l’avait déjà croisée à l’hôpital, les bras ensanglantés d’une énième tentative, d’une énième blessure à son propre corps. Elle en avait besoin, de toutes ces souffrances, pour se rendre compte qu’elle était encore sur cette terre. Un mal pour un bien dira-t-elle, cachant l’atroce vérité et recherche.

Les mots suivant lui arrachèrent un sourire. Elle aurait préféré l’écouter raconter sa journée, ou le dernier incendie sur lequel il était intervenu. Il s’agissait d’un meilleur sujet de discussion que sa tentative de suicide en réalité… Et elle aurait préféré se taire, cacher ce qu’elle avait fait. Finalement, la suédoise se sentait honteuse, bien plus que d’habitude. Et dans tous les cas, c’était son boulot de sauver des vies, il aurait compris ce qui s’était passé assez rapidement. Alors, elle avait pris les devants. Pour le meilleur comme pour le pire. Et avait tenté un trait d’humour qui n’était absolument pas passé. Puis la réalité dans la face. Qu’est-ce qui t’as pris ? Une excellente question, à laquelle même elle était incapable de répondre. Il y avait une accumulation de raisons certainement, de telle sorte que la seule porte de sortie qu’elle se soit trouvée a été de chercher la mort. Aucune rationalité dans ce geste, elle le savait bien. Et abandonner l’autre, ce frère qui était tout pour elle… Impossible. Tout bonnement impossible. Parce qu’il n’était pas seulement son sang, non, il était bien plus que cela…

« Je ne peux pas l’abandonner, parce qu’il se suicidera sinon. Et s’il meurt, je suis condamnée. »

Il était son sorcier, en plus d’être son aîné. Et elle lui devait respect et obéissance d’un côté, puisqu’il pouvait la faire mourir de douleur, littéralement. Les doigts se glissèrent dans ses cheveux roux, et une profonde inspiration fut prise. Parfois, une part d’elle réalisait à quel point Isak était toxique. Parfois, elle se rendait compte qu’il fallait mieux qu’elle s’enfuit loin, pour retrouver un équilibre. Parfois… Son esprit récupérait le contrôle. Mais les tripes et le coeur n’étaient jamais bien loin, la rappelant à l’ordre à chaque fois que ce genre de pensées lui traversait l’esprit. La survie, elle ne connaissait pas. A présent, aucun mot ne sortait, bloqué par la boule formée dans sa gorge. De légers tremblements avaient pris possession de ses mains, alors que la réponse à l’invitation se faisait entendre. La curiosité mal placée, bien évidemment… Il n’avait pas envie qu’on lui pose de questions à ce sujet. Et elle se souvenait qu’il avait fait ces jeux, ceux de la dictature qu’elle n’avait jamais réellement suivis. Parce que son frère refusait qu’elle regarde l’horreur des arènes, ou les parades des gagnants, à la gloire du Gouvernement. Néanmoins, Solveig était plutôt innocente du point de vue de celui-ci.

Elle n’eut pas le temps de répondre, la carte étant tendue dans leur direction. Elle se rapprocha alors, écoutant les recommandations de Matthias. En fait, même si elle était capable de lire, elle avait encore du mal à comprendre certains mots dans les situations de stress, d’inconfort. Alors, mieux valait que ce soit l’homme qui lui édicte les possibilités. Prendre deux plats différents pour goûter dans l’assiette de l’autre, avoir deux univers dans les papilles.. Quant à ne pas être assez distingué pour l’endroit… Elle faisait déjà tâche dans l’environnement elle, notamment parce qu’elle était plutôt connue pour tremper dans le trafic de drogues et de médicaments. Pas sûr que la Mary Rose apprécie ce genre de personnes dans leur établissement. Néanmoins, le sérieux finit par reprendre le dessus. Il allait falloir reparler, tenter d’expliquer son geste. Et sur le coup, il n’y eut que le silence pour répondre à Matthias. Les yeux s’étaient détachés du visage de l’homme, étaient venu s’attarder sur ses mains, bien trop pâles.

« Je n’aime pas trop me souvenir de ça… Je ne pense pas qu’il y a une raison en particulier. Juste l’accumulation des derniers mois, et la goutte d’eau qui a fait déborder le vase… Ce n’était pas sa faute, non, je ne pense pas. Juste la mienne. J’aurais dû l’arrêter dans son entreprise, j’aurais dû l’arrêter bien plus tôt, mais j’en ai été incapable... » Et l’appartement au-dessus du Little avait en partie brûlé, en même temps qu’une partie de son esprit. Elle ne l’avouait pas, mais il n’y avait pas que son corps qu’elle avait brisé, non. Il y avait la dernière part d’innocence qui s’était volatilisée, l’enfant qui avait péri ce soir-là. « Je préfère mourir pour lui que finir abandonné. » Notamment parce qu’elle avait déjà été abandonnée une fois, et qu’elle savait ce que cela faisait. Et elle ne souhaitait pas que cela recommence, oh non… Une profonde inspiration fut à nouveau prise, alors qu’un léger rire la secouait.

« Je pensais aussi, que tout allait mieux, et irait mieux. Mais il faut croire qu’on ne se débarrasse pas si facilement de ses vieux démons… Ils me collent à la peau, quoi que je fasse pour les faire dégager… A croire que je les aime trop. » Oui, ce devait être ça. Elle en avait bien trop besoin finalement, pour ne pas se sentir vide. Ils lui permettaient de ne pas être seule, à leurs manières. Elle les entendait, murmurés dans le creux de son oreille. Doucement, insidieusement… Elle secoua ses cheveux, alors qu’une serveuse vint déposer les entrées devant eux. Une fois celle-ci repartie, Solveig piocha une crevette et la grignota.

« Et je suis désolée de t’avoir mis mal à l’aise avec ma remarque… J’ai toujours eu du mal avec les relations décidément. » Elle ne s’y ferait jamais, de devoir faire attention à ses mots à ce point. Après, elle avait toujours vécu dans des petits villages, ou entourer de ses frères. Et discuter avec d’autres personnes n’était clairement pas quelque chose qui faisait partie de son quotidien…



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MessageSujet: Re: Le Club des mauvais jours ♣ Solveig Erikkson   Sam 14 Oct - 12:31


« Le Club des mauvais jours »


Solveig E. ♣️ Matthias P.
featuring
Il ne comprenait pas. Pour quelqu’un qui avait passé des jours à survivre littéralement, qui avait gouté pleinement les bienfaits du soleil sur son front et de l’eau dans sa gorge, vivre était une source de force inépuisable. La mort pouvait certes apparaitre comme tranquille et peut-être salvatrice, mais elle avait aussi une odeur d’inévitable qui faisait qu’il ne voyait pas vraiment comment on pouvait la rechercher. Sans doute, malgré les aléas d’une vie chamboulée par une Apocalypse, n’avait-il pas souffert autant que d’autres. Peut-être aussi, qu’il n’était pas programmé pour ça, le constant désir de ne pas se laisser sombrer plus fort que tout le reste. Il n’y avait guère de jugements particuliers à avoir sur le sujet, une simple constatation : il n’avait jamais réellement eu envie de mourir tout simplement.

Son regard glissa sur le visage sobre de Solveig. La suédoise avait un patrimoine génétique qui n’avait rien d’enviable. Son frère était complétement déglingué lui aussi, la drogue et les vapeurs de la folie n’était jamais bien loin de ses actions. En personne au cœur d’or, Solveig s’était toujours pliée en quatre pour son frère, là où Matthias lui aurait volontiers dit d’aller casser surtout les rotules du garçon. « Pas de bras, pas de chocolats ».

« Je ne peux pas l’abandonner, parce qu’il se suicidera sinon. Et s’il meurt, je suis condamnée. » Le brun cilla dans l’incompréhension. Solveig était une énigme à ses yeux. Il était simple, avait une philosophie qui consistait presque de l’ordre du paresseux traversant la route. L’idée de ne reposer que sur autrui pour sa propre survie lui semblait férocement impossible, comme une évidence. « C’est euh… ça pue. » Oui voilà. C’était toxique. Pourquoi quiconque restait dans ce genre de travers relationnel lui explosait le cortex. « Je n’aime pas trop me souvenir de ça… Je ne pense pas qu’il y a une raison en particulier. Juste l’accumulation des derniers mois, et la goutte d’eau qui a fait déborder le vase… Ce n’était pas sa faute, non, je ne pense pas. Juste la mienne. J’aurais dû l’arrêter dans son entreprise, j’aurais dû l’arrêter bien plus tôt, mais j’en ai été incapable... » Matthias leva les yeux au ciel. « Un incendie a toujours un foyer, une allumette, une cigarette mal éteinte, une plaque de four laissée à l’abandon. Je suis désolé de crever ta bulle suisse, cupcake mais ça n’existe pas le ‘pas de raisons en particulier’. » Il n’insista pas plus cela dit, conscient que rien ne ferait entendre raison à la scientifique acharnée dont le potentiel était gâchée par des tourments internes. Chacun ses obsessions se fit-il avec philosophie, et si les frangins Ikea en étaient porteurs l'un pour l’autre-une obsession aux relents destructeurs- il savait ne pas pouvoir y faire grand-chose. Il tenterait nécessairement, par bravade, parce qu’après tout sauver autrui c’était se sauver soi-même quelque part, mais il savait dorénavant que sans le bon vouloir de chaucn, il n'y avait pas de lumière possible.

Le plat de crevettes semblait peint dans son assiette et l’odeur de la mayonnaise faite maison le fit saliver.  « Et je suis désolée de t’avoir mis mal à l’aise avec ma remarque… J’ai toujours eu du mal avec les relations décidément. » Il esquissa un sourire avant de croquer dans son plat. Ah la nourriture, une constante impérissable d’un plaisir infini. Il était des satisfactions qui avaient la même candeur à 5, 20 ou 75 ans et laisser fondre un met succulent sur sa langue en faisait partie. « Au fait, ta robe… elle te va bien. » Fit-il joyeusement, le sourire confiant et si terriblement boyish de ceux qui peuvent passer des ténèbres à la lumière en un clignement d’œil. « Les relations c’est pas compliqué. On parle aux gens et puis voilà c’est une relation. » Il eut un dodelinement de la tête. « Je sais que t’aimes ton frère, mais la famille ça protège normalement. Si ça détruit c’est qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark comme dirait tonton Hamlet. » Un haussement d’épaule fit vibrer son long corps, les papilles en exergue dans sa bouche. Il se retenait visiblement de ne pas tout gober sur la table, grimaçant parfois sous le simple geste de reposer sa fourchette. « Tu devrais sortir plus souvent. » Matthias acquiesça doctement à ses paroles avant de se souvenir que son dérangé de frère rendrait probablement la chose absolument obsolète. Son regard papillonna vers la fourchette de Solveig avant d’éclater de rire. « Attends, non non il te faut un petit toast. Laisse-moi faire. Cuisinier Matthias Petersen. Je veux pas être lourd-lourd m’enfin t’es suédoise, t’as pas de papilles gustatives. » Il lui adressa un large sourire, tartinant d’une couche de mayonnaise aussi épaisse que le toast ce dernier et garnissant le tous des crevettes roses bombées. « Voilà. Tu m’en diras des nouvelles ! » Il se prépara la même chose, le verbe fluide et le bavardage presque inconséquent. « Tu travailles toujours dans… euh… » Ah la partie scientifique. Matthias eut un air décomposé, lançant un regard désemparé vers la jeune femme.



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memento mori
Le corps traduit des mots qui ne viennent pas, des douleurs partent du ventre et irradient chacun de ses membres, un à un. ©️ by anaëlle.


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Le Club des mauvais jours ♣ Solveig Erikkson

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