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 Qui vole un oeuf...[Nolan/Tim]

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RUNNING TO STAND STILL

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↳ Métier : Généticien & analyste dans la brigade scientifique du gouvernement
↳ Opinion Politique : Pro gouv en remise en question (rebelle come on *.*)
↳ Niveau de Compétences : mon incroyable beauté ? Niveau 2 en rateaux, à partir de 3 la pelle est offerte !
↳ Playlist : Imagine dragon / Alt-J / StoneAge / Mumford and sons / les enfoirés (et oui quand on est français...) / the coors / the lumineers / de palmas (je sais je sais..) / les disney (aucune honte) / thriving Ivory / bien d'autres... aaah et évidement CELINE DION ! (je blague, je blague, on souffle)
↳ Citation : « L’on hait avec excès lorsque l’on hait un frère. »
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MessageSujet: Qui vole un oeuf...[Nolan/Tim]   Mar 11 Juil - 23:31


« Je te nomme Prince de.... » « Prince de Tu me touches, j'te bouffe »



TINO
featuring

Il m’est de plus en plus difficile de passer les portes de ce laboratoire. Je le sens, chaque matin, cette mine sur mon visage pourtant ce n’est pas faute d’aimer une partie du travail que j’effectue ici mais, il faut se l’avouer, ça me pèse. Toujours regarder derrière soi finit par être fatiguant et l’habitude qui nait en moi n’a rien de satisfaisant, tout au contraire. L’ennuie sonne. Ou peut être pas ça, pas que ça. Le fait de bosser pour un gouvernement qui me répugne ne m’aide en rien. Pire, le fait d’être payé pour traquer des pauvres gars souvent au mauvais moment au mauvais endroit, me donne clairement la gerbe. Et puis cette manie de me souffler la bonne idée de fermer les yeux sur des incohérences…. J’en rêve tellement d’enfoncer mon front sur la sale gueule de Mr le responsable de l’étage. Et bon sang ! Je suis sûr de ne pas être le seul, sa tête et son air supérieur… le genre de type qui n’a pas changé d’un iota avec la fin de notre ancien monde. Typique du manager de bureau qui mérite d’aller nettoyer des fausses sceptiques. Au lieu de ça il se satisfait de cette position qui le place à peine plus au dessus de la marmaille inutile que nous sommes, employés du gouvernement. A-t-il seulement conscience de sa place misérable ? Peut être. Peut être pas. C’est un scientifique, bureaucrate et carriériste, tout ce que j’aime. Mon sourire s’étend lorsque celui-ci passe entre mon bureau et celui d’Astrid, ce n’est d’ailleurs pas son nom, mais aujourd’hui elle a une tête à s’appeler ainsi. Donc, je disais, mon sourire s’étend et s’étend plus encore lorsque ses lèvres trempent dans son café. Je jubile. Je me sens tel un gamin de 15 ans désireux de faire une mauvaise farce à son prof de math et dieu ! Ca fait du bien ! Alors je ris sous cape, retourne à mon bureau, désespérément seul face à une montagne de dossiers. La dernière remplaçante a fuit, elle aussi, à croire que je pus ou que mon humour n’amuse que moi… à moins qu’elle ait senti que c’était le mauvais plan de travailler ici… Ca doit être ça, après tout mes états de service dans la disparition personnelle est plutôt remarquable en 4 ans. Morel ! Si l’avenir de ce gouvernement devait reposer sur votre rapidité à classer ces dossiers insignifiants, celui-ci serait déjà mort … Si seulement, pitié ! Si seulement ! Je croise les doigts, ferme les yeux sans me détourner mon écran pour lui offrir mon dos. Oui, si seulement. Morel ! On vous attend au 1600 Square Benj…J’vous parle ! Morel ! Ferme là mon pote, je pris pour que toi et tous tes sosies dégagent de cette ville…. J’entends, mais ces dossiers insignifiants ont toute mon attention. Allez savoir si… mon cerveau est trop lent ou si le contenu de ces dossiers n'est pas à votre porté… Je ne le vois pas mais je l’imagine. Cela fait quelques mois que nous avons eu le droit à ce scientifique bureaucrate, comme si nos laboratoires avaient besoin d’un parasite du gouvernement. Enfin, en quelques mois, le détester est devenu une routine, sourire et le prendre pour un con, aussi. Avant qu’il puisse réagir à mon phrasé, somme toute, vraiment peu terrible –je ferai mieux la prochaine fois -, il déguerpit en 4e vitesse pour les toilettes. Voila, voila, voila… ma journée pouvait enfin commencer.

Ni une ni deux, j’attrape mon sac à dos puis quitte le laboratoire non sans un regard à Astrid. Elle doit surement voir mon manège, ces petites blagues indolores qui n’amusent pour le moment que moi à l’encontre de notre guide spirituel mais ne semble pas déterminer à m’en empêcher. A moins, qu’elle ne s’en doute pas subissant simplement la mauvaise humeur du gourou une fois le laxatif passé (enfin pour aujourd’hui). Le quartier dans lequel je devais me rendre n’était pas l’un des plus agréable de Nola mais je lui trouvais un certain charme. Ne me demandez pas quoi, je ne saurai pas le dire. Peut être est-ce lié au trajet que je dois faire en courant pour m’éviter la foule, passer dans les ruelles, grimper des murs au fond d’une ruelle etc. C’était… revigorant si ce n’est amusant. Le terrain était l’une des parties de mon emploi qui me convenait le plus et le mieux. Le simple fait de pouvoir prendre l’air était en soi un bien fait mais le côté « enquête » était un réel plus. Jusque là personne n’avait vraiment saisi que c’était justement le terrain qui me permettait de « sentir » un truc louche. Des rapports ou même des éléments de preuves pouvaient très facilement induire en erreur quand elles étaient rapportées par des collègues peu scrupuleux et très attentifs à suivre les ordres ou leurs propres intérêts alors que sur le terrain, mes yeux ne me trahissaient pas. Pas aussi facilement du moins. Arrivé au coin de la rue, je ralentis mon pas de course et enlève le bras d’une de mes bandoulières pour chercher mon petit badge. A force je connais la majorité des PK qui bossent dans le coin mais leur volonté de me faire chier n’a généralement pas d’égale et, à chaque fois, ils demandent ce foutu badge. I-NU-TIL. A croire que les stéréotypes se devaient de perdurer dans ce monde ci aussi. Gros bras = Gros con. Insigne = Surpuissance. Heureusement, certains sortent du lot. Ou… pour certains j’accepte de voir au-delà des premiers constats rédhibitoires comme Joan, Al ou Halsy. Aujourd’hui, je n’ai le droit à aucun des trois mais à la Team chauve. Ravi. Badge. Ravi de te voir aussi Diuk, je rêve où tu as lustré tout ça, là haut… La ferme Morel Bon sang ! Tu me connais ! C’fou vu qu’à chaque fois tu me demandes mon badge j’ai cru que le lustrage avait des effets secondaires…. Je me déporte, évitant sa poigne et entre dans la maisonnette. C’est le bordel, la délicatesse à l’état pur. Mes yeux se posent sur plusieurs zones de la pièce, ça ressemble pas mal à l’état de mon appartement quand j’y suis retournée après m’être fait « élire roi de l’univers et prétendant au trône de la bêtise humaine » … traduction : tirage au sort = élu = petit tour dans une arène. Je fais un rapide tour des pièces du bas et m’attarde dans la cuisine, où du verre s’étale sur le sol. Un petit flash me ramène aux lèvres d’Enya. Petit flash qui étire mon sourire un instant. Un instant de satisfaction personnelle qui disparait quand des voix se portent à mon attention. Ces voix. Le reste de la Team Chauve. Diuk ils sont où tes siamois ? Occupés. Ils font le taff. Ils font le taff ? Sortant de sa bouche, ça pu. Je sors par l’arrière porte de la maison et me trouve dans une contre allée d’où je vois qui d’après vous ? Les siamois, un chien et un type. Enfin, un type… pas n’importe qui. Pas n’importe qui qui se mange une sublime droite. Légère action qui me pousse à me joindre à la petite sauterie. MOREL ! T’en mêle pas ! On fait le taff ! Oui, en frappant le premier venu, Nolan qui plus est. Abrutis. Ce n’est pas la première fois que je les vois faire, pas la première que j’interviens et visiblement pas la dernière… D’habitude Ali fait parti de la contre-intervention ce qui me donne un peu plus de crédit mais qu’importe. J’opte pour la délicatesse… oui… voila…. Pourtant c’est un magnifique coup de pied qui atterrit dans le ventre de l’assaillant de Nolan. Celui-ci titube pendant que l’autre s’avance pour m’en mettre une. J’esquive et enfonce mon genou dans son ventre. On ne touche pas à Nolan ce cousin ressuscité –ou presque-, ce rare élément familiale encore en état de vivre, d’exister, d’être présent dans ma putain de vie. DIUK ! Rappelle tes chiens de garde putain ! L’homme hésite, je le sens à nous jauger de haut en bas. Certes, j’ai l’air d’un gamin mais le gamin leur a déjà montré qu’un poing bien placé reste un poing douloureux et je sais que Nolan fait un peu plus sérieux que moi niveau carrure alors… Bordel Diuk ! Que tu veuilles te faire féliciter pour une arrestation record Ok mais que tu salopes le taff en laissant les boso endommager le coupable au lieu du colosséum c’est stupide…. Pire serait que ça permette à l’acquitté… Voici la leçon "Comment parler à un soldat visant un vrai poste de lieutenant"… Bon..de là à ce que ça marche… ce n’est pas une science exacte… En particulier après l’avoir légèrement irrité 5 minutes avant.





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MessageSujet: Re: Qui vole un oeuf...[Nolan/Tim]   Lun 24 Juil - 23:57

Qui vole un oeuf...
Timothée & Nolan



Ah, ça, c’est un talent. C’est un talent des plus rares, c’est un talent des plus convoités, c’est un talent comme on en fait peu, c’est un talent, voilà tout, qui ne se contrôle pas, qui ne s’acquiert pas, qui est offert, c’est un don, un don du ciel, un don unique et envié par tous, c’est… c’est également un foutu cauchemar. Le don de s’attirer les emmerdes. Le don de se foutre dans la merde même lorsqu’on a rien fait pour – surtout lorsqu’on n’a rien fait pour d’ailleurs – le talent de s’enfoncer jusqu’au cou dans les ennuis, et ce depuis plus de trente ans. C’est un don que j’ai reçu à la naissance, qui me colle aux basques comme un vieux chewing-gum aux cheveux. Et c’est tout aussi chiant. Pourtant, encore une fois, je n’ai rien demandé, moi. Tout ce que je voulais, pour aujourd’hui, c’était promener Gavin tranquille, le laisser trotter comme un bon brave et faire en sorte que personne n’ait l’idée plus que saugrenue de s’en faire un ragoût pour rajouter du beurre dans ses épinards. Ou du chien dans sa soupe insipide. Tout ce que je voulais, moi, c’était promener tranquille mon clébard, prendre l’air. Pas me prendre un coup de poing dans l’estomac et un deuxième dans la face.

Mais reprenons. Au début. Histoire que ce soit plus clair.
Le problème lorsqu’on n’est pas vraiment en bonne forme, c’est qu’il faut faire attention à ce qu’on mange, à ce qu’on fait. Le problème, lorsqu’on n’est pas vraiment en bonne forme dans un monde totalement apocalyptique, c’est que sur l’échelle de l’utilité, graduée de douze à vingt-trois, on se situe à peu-près entre excellent pour distraire les zombies et le prochain repas dès qu’on a fini Jean-Eugène. Et si à tout ça, on ajoute qu’en plus de ne pas être en grande forme, on est un gros traître, une victime et un mec complètement instable, souffrant en plus de légers problèmes d’identité, non seulement on a de la chance que Jean-Eugène soit passé en premier, mais en plus… mais en plus, ce n’est pas facile de retrouver sa place dans ce et ceux qui nous entourent. Et retrouver sa place, c’est ce que je n’arrive définitivement pas à faire. Je ne me sens plus chez moi au Blackbird, je ne me sens plus vraiment chez moi dans mon appartement, je me sens étranger partout et surtout dans ma tête. Surtout dans mon corps. Défaillant. Raison de plus pour que je fuie les quatre murs qui m’hébergent. Raison de plus pour que j’aille respirer.

Il est dix-huit heures, je sors respirer. Je ne suis pas aller travailler, je ne suis pas aller chercher des carcasses électroniques à démonter, vider, séparer pour récupérer ce qui est réutilisable et balancer le reste. Je suis resté toute la journée dans mon lit à faire le ventilateur, à m’entremêler dans mes draps, je suis resté toute la journée à faire des aller-retours entre ma cuisine-salle de potions aux murs qui commencent à être gras des fumées poisseuses des mixtures que je tente de concocter tous les jours pour remplacer la technologie médicale que je refuse de recevoir, à laquelle je refuse d’avoir véritablement accès, en bon couillon terrifié et buté que je suis. Je suis resté toute la journée enfermée. Puis Gavin en a eu ras-le-bol. Et il est dix-huit heures je fous un pied dehors. Je dégringole les marches à un rythme aussi épique que celui d’une limace neurasthénique, j’atteins le rez-de-chaussée en levant les bras et en m’attendant à recevoir une médaille, j’ouvre la porte, libère la bête, enfonce les mains dans mes poches, inspire un grand bol d’air bien vicié, bien chargé d’odeurs diverses et variées qui te rendrait jaloux de Voldemort, aka Sans-nez, et… j’essaye de suivre un chien curieux, et… et back in time, la suite, j’ai déjà commencé à la raconter. Il s’agissait avant tout d’éviter les emmerdes – donc les rues fréquentées – et d’éviter également que des gens prennent l’expression se préparer un hot-dog au pied de la lettre ou plutôt de la recette.

Dix-huit heure trente. Même pas une demi-heure dehors. Et je termine au mauvais endroit. Au mauvais moment, le timing parfait : c’est ce qu’on appelle le talent. Gavin a disparu dans une ruelle, j’ai vraiment la flemme de m’enfoncer dans l’obscurité et pire encore : je fatigue. Physiquement, je fatigue. Je sens mes muscles manquer d’air, mon cœur se démener comme un beau diable sans grand succès… je sens la transpiration imprégner mon tee-shirt sous l’effort physique et la moiteur de la ville. « Gavin ! Au pied, trouffion, parce que si je dois venir te chercher, c’est la fessée assurée ! »

Dix-huit heure trente, et cinquante secondes, mon chien arrive en courant, obéissant pour la première fois depuis deux mois. J’en serai ravi s’il n’était pas suivi de deux gus en uniformes. Peacekeeper, fini de rigoler. Inutile que je songe à partir en courant : je me sens capable de trébucher au premier pas. Inutile d’espérer disparaître dans un claquement de doigts, à la seule idée de lancer un sort, j’ai le cœur au bord des lèvres. Je lève la main, mal à l’aise, écartant l’index du majeur, dans un geste de paix des plus universels. « Hey, je viens en paix ? » Je recule, eux ne ralentissent pas. Pire, ils me surplombent. « C’est moi qu’tu traites de trouffion ? » J’ai un moment d’incompréhension. Les yeux dans le vague. Puis un éclair d’intelligence. Qu’est-ce que je vous disais un peu plus tôt ? Un don, un véritable don : mon chien n’est pas le seul être de la Nouvelle-Orléans à s’appeler Gavin ? « Quoi ? Non, non, non… je ne te connais pas, mec, qu’est-ce que vous faites dans le coin ? » Je raccroche la laisse de Gavin à son cou – mon chien, hein, pas le Peacekeeper, je ne suis pas suicidaire à ce point. De toute manière, une laisse, il en déjà une, de reliée à un Gouvernement que j’exècre au plus haut point, et encore plus après avoir été l’un de ses rouages par procuration. Quoiqu’il en soit, à peine je me relève, ils me plaquent contre le mur, et moi, je suis trop faible pour riposter autrement que sans succès. « Toi, qu’est-ce que tu fais dans le coin ? » Je sens venir le coup fourré. Et son poing dans la gueule. Et son poing dans mon estomac, qui me plie en deux en me vidant les tripes. Mauvais endroit, mauvais moment, mauvaise réplique… un don, un putain de don. Mes mains agrippent ce qu’elles peuvent, un nouveau direct m’envoie rouler au sol. Et Gavin me fixe avec le QI d’une moule accouplée à un litchi – mon chien, encore une fois, même si je doute que l’homme ait un QI beaucoup plus élevé. « Mais qu’est ce que… putain ! »

Je n’ai jamais été un grand orateur, ça c’était dans le package liam. Moi, je n’ai récupéré que la malchance et une capacité accrue à encaisser les coups, qui fait que je me relève malgré tout, de justesse, pour voir un pied se précipiter vers Gavin – l’homme, cette fois, pas le chien. Et au bout de ce pied : « Tim ? » Je titube, non sans me tenir le ventre, frappé un peu plus tôt. DIUK ! Rappelle tes chiens de garde putain ! Je me rapproche que mon cousin, me redresse comme je peux, pose une main sur son épaule. Bordel, c’est quoi ce bordel ? Bordel Diuk ! Que tu veuilles te faire féliciter pour une arrestation record Ok mais que tu salopes le taff en laissant les boso endommager le coupable au lieu du colosséum c’est stupide…. Pire serait que ça permette de l’acquitter… Colosséum. « Quoi ? » Je recule, lâche l’épaule de Timothée comme si elle venait de se transformer en lave en fusion. Je recule, acculé. Pris au pied. Non. « De quoi le colosséum ? C’est quoi ce bordel ? J’ai rien fait ! Qu’est ce qu’il se passe au juste ? J’ai déjà été jugé, j’ai déjà survécu au colosséum, vous avez pas le droit de… Tim, c’est quoi ce bordel ? » Parce qu’autant, la poisse, la malchance, mon talent inné pour me foutre dans la merde, c’est marrant deux minutes, autant là… « Non, non, il est hors de question que je joue au bouc émissaire. Je suis juste un gus lambda, là… j’ai rien fait. Tim, dis leur que j’ai rien fait, je promenais juste mon chien… » Oui, la boule de poils qui reste sagement assise dans un coin, c’est mon chien. Un berger allemand des plus agressifs comme on peut le voir. Qui doit actuellement croire qu’on joue dans la joie et la bonne humeur. Con de chien. « Je vous jure que si vous me touchez à nouveau, je… » Je hurle ? Extrêmement crédible. Je vous chatouille ? Encore plus. Il y a quelques mois, j’aurais été capable de vendre chèrement ma peau, mais je ne suis en train grande forme, sans dialyse convenable, sans médicaments réguliers. « J’ai des connaissances en haut lieu, et… » Des connaissances comme le frère que j’ai voulu assassiner. « Et elles seront très mécontentes. » La crédibilité est morte.

RIP, Crédibilité. Je t’ai mangée.

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He says save me, save me; She says maybe, maybe… She starts to turn away when he says… Promise me you’ll never let us go Push me, Crush me, Then save me, save me She stops walking, walking; He stops falling, falling He looks her in the eyes and he says… - ©️ by anaëlle.
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MessageSujet: Re: Qui vole un oeuf...[Nolan/Tim]   Mer 26 Juil - 21:52

Je sens le regard de Diuk sur moi, sur lui, sur le duo qu’on forme un bref instant lorsque Nolan pose sa main sur mon épaule en chancelant. Je sens son envie d’ordonner à ses chiens de garde de nous réduire en cendre mais d’un côté, j’ose espérer qu’il se doute que me foutre à l’hosto n’aurait pas vraiment d’intérêt. Une certaine satisfaction pour lui – pas pour moi c’est certain- mais pas un intérêt puisque le dossier de ce vol et du meurtre resterait sur un bureau inoccupé. Sauf si l’autre crétin à lunettes sert à ça, me remplacer ? Non… peut-être… tiens, je ne suis pas sûr d’apprécier ce soudain éclair de lucidité. Non, je confirme, je n’aime pas du tout. Déjà parce qu’il devrait s’installer dans MON labo, utiliser MON matos et ensuite parce qu’il n’aurait aucun problème à valider toutes les conclusions stupides que peuvent apporter les collègues dans la simple idée de « réduire la pile ». Non, je n’aime pas ça. Et puis, est-ce que je pourrais revenir ? Parce que…. Parce que ça me ferait chié, en fait… un peu .. un peu beaucoup de perdre un taff que je fais bien. Oh, dieu ! C’est que je l’apprécie toujours ce taff ! Je secoue la tête, tout étonné de cette affirmation et très motivé à ne pas finir à l’hosto. En prime, je ne suis pas certain qu’Enya apprécie de m’y retrouver une nouvelle fois. A moins que ce soit ça, qu’elle aime tant chez moi… cette capacité a accepté les droites comme on accepte un bout de pain de chez Ferdinand en bas de la rue Paul Valéry… hum, douce France. Quoi !? Du sérieux de mes pensées, je m’extrais pour capter la forme en « oh » de la bouche de Diuk, visiblement coupé dans son verdict puis, pivotant pour capter la forme en « oh » de la bouche de Nolan, visiblement totalement paniqué. La comparaison en est presque cocasse si bien que j’en ai du mal à garder ma garde, prêt à en découdre si jamais il fallait défendre le cousin. Mon regard se pose donc sur lui, qui agite les mains et recule. Sérieux, avec une réaction pareille personne pouvait l’accuser, non ? Je jette un œil aux siamois qui se regardent à leur tour. C’est dingue, je les trouve vraiment stupides. Tout le temps. Tim, c’est quoi ce bordel ? Attends, Tu l’connais ? J’hésite là, tout de suite tant il s’affole mais j’imagine que j’aurai la même réaction que lui dans un cas similaire. Le terme « colosséum » fait parti des mots qui affolent. Merci le gouvernement. Merci les types comme eux. Et.. oui. J’ai pas vraiment le temps d’en dire plus puisque Nolan se défend de nouveau. J’en abaise ma garde et me tourne vers lui, lève les mains en main en faisant un geste lent. No détends toi, c’est bon… Mon regard se pose sur Gavin. Gavin… Gavin, c’est pas le … ? Je me tourne vers l’un d’eux, lève le doigt vers lui avec un grand sourire mais j’ai pas le temps de m’exprimer. Nolan enchaine et soudainement j’en oublie la situation, j’en oublie un risque –qui existe tout de même- qu’il soit dans la merde, j’en oublie le reste, le monde, le gouvernement, le mort dans sa chambre…. Et une envie de rire me prend. Mes yeux glissent doucement vers Diuk puis vers Nolan et puis, trop tard… je ris.

Bordel ! Si on m’avait dit ce matin que je verrai ça… Et je ris. Bordel, j’ai l’air complétement taré –ce qui ne va faire que confirmer la grande notoriété que je me coltine depuis 2013 – mais bon sang c’est bon. Je pose une main sur l’épaule de Nolan en secouant la tête. J’aurai pu payer pour vivre ça …. Morel ! Qu’est-ce qui te prend !? Fais pas chier, DEGAGE ! Le ton fait retomber immédiatement le comique de la scène. Non mais ils voient pas ? Ils percutent pas ? Ils sont stupides ou justes débiles ? J’en ai ma claque des idiots et d’eux particulièrement. Oh ca va, t’as pas d’humour ? Avoue que c’est ridicule comme situation…. Nolan promène son chien à côté d’une baraque où y a eu un meurtre et un vol et là, deux caïds des temps modernes lui tombent dessus… et le top, attends, c’est que l’un d’eux à le même nom que son chien ! Mon sourire s’élargie malgré le sérieux que j’essaye de faire passer. Le balourd passe au violet tant sa mâchoire se crispe en voyant que l’association des prénoms m’amuse tant. Gavin s’approche et m’attrape le col, geste qui m'indispose depuis qu'on m'a kidnappé. Je lui offre alors un grand sourire et enfonce ma main dans sa tête, me place de côté, lui plie le coude avec le mien puis lui redonne un coup avec celui-ci, agrippe sa main et applique une torsion désagréable pour me retirer de sa prise. En le lâchant enfin, je reprends un temps plus sérieux. Il n’a rien a voir la dedans, le petit malin de la maison s’est blessé à la main ou l’avant-bras en cassant la vitre… Ouvrez les yeux, regardez sa main.. Je montre sa main de mon index. Votre manière de vous "en occuper" reste un mystère pour moi… Diuk, rappelle les, ce n’est qu’un malheureux mal entendu… Le silence s’installe durant ce qui me semble une petite éternité. J’en profite pour le tourner vers Nolan, offrant mon dos comme conclusion à l’altercation. Ca va vieux ? Je t’ai connu plus en forme… Mes sourcils se froncent, instinctivement, je n’aime pas ça. Il a toujours été le premier à se relever malgré les chutes mais le voir aujourd’hui agir ainsi ne me plait pas. Voir qu’on le frappe non plus. C’est bon pour cette fois, qu’on te retrouve plus dans les parages et FOUS TON CLEPS EN LAISSE ! Le trio s’éloigne. Morel, c’est pas la pause café ! Va te plaindre à mon boss ! Je rajoute plus bas Abruti… faudrait déjà qu’il arrive à le joindre… j’ai comme qui dirait mis un complément alimentaire dans le café de celui-ci… il doit vivre aux dépends des wc… J’agrandis mon sourire et propose d’une main à Nolan de se poser dans le jardin du mort. Quoi ? On risque pas de le déranger…

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MessageSujet: Re: Qui vole un oeuf...[Nolan/Tim]   Mar 8 Aoû - 13:44

Qui vole un oeuf...
Timothée & Nolan



Je suis sûr que ça ferait bien rire Elias. Ou du moins que ça le ferait rire l’espace d’une poignée de minutes. De secondes. L’espace d’un bref éclat de rire blasé, résigné, lassé par les embrouilles dans lesquelles je me mets constamment. Deux Peacekeepers sur le dos, dont un que je viens d’insulter sans faire exprès, une scène de vol-meurtre-crime quelconque juste à côté, et mon cousin. Soit le début d’une mauvaise blague - à croire que ma vie n’est qu’une succession de blagues de plus ou moins bons goûts, soit le début d’un film policier des plus fumeux, genre feuilleton de l’été d’arte que l’on regarde en bouffant une carotte parce qu’il n’y a plus que ça à la télé et dans le frigo. C’est dire le niveau de décrépitude. C’est dire, aussi, à quel point je suis dépassé par ce qui m’entoure lorsque je me retrouve face à mon cousin, plié en deux de douleur. Et titubant. Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer exactement ce qu’il se passe ?

Quoique… je crois que j’aurais préféré continuer à l’ignorer. Au mot colosseum, je me sens perdre le peu de couleur qu’il me restait. Au mot colosseum ma réaction ne se fait pas attendre. Et la situation, déjà pas vraiment désopilante, perd encore en humour. Se dénude et se dévoile telle qu’elle est réellement : immensément dangereuse. Pour moi. Pour Liam. Pour Timothée. Pour Elias. Pour Giulietta. Pour tous ceux que je côtoie. Qu’on s’intéresse à moi, et on s’intéressera à mon entourage. Qu’on s’intéresse à moi et on s’intéressera à mes activités. A mon travail. Inexistant en apparence. Qu’on s’intéresse encore à moi, et on se souviendra vraiment de moi. Comme si on ne s’en souvenait pas assez. Déjà, d’ailleurs, j’accumule les bourdes : visiblement notre lien de parenté, à Tim et moi, ne sautait pas aux yeux et aurait pu rester dans l’ombre. Attends, Tu l’connais ? Je me raidis, me crispe, veux prendre les devants. Je n’irai pas au colosseum. Je ne veux plus avoir à faire quoique ce soit avec la pseudo justice de ce qu’il reste des Etats-Unis - plus fragmentés qu’unis, d’ailleurs -, je ne veux… No’, détends toi, c’est bon… Je considère Timothée avec une panique non dissimulée. Me détendre ? “T’es sérieux ?” Je lève les mains pour me mettre en garde, je me plie à tout ce que je peux avoir appris en vingt ans de self-defense, je tente d’expliquer la situation, sans succès de toute évidence, vu les regards que se lancent les Peacekeeper. Ils ne me toucheront pas, ils ne m’emmèneront pas, ils…

Un éclat de rire. Bordel ! Si on m’avait dit ce matin que je verrai ça… Au moins, on est quatre - cinq en comptant mon clébard - à ne rien comprendre à la réaction de Timothée. J’aurai pu payer pour vivre ça… J’écarquille les yeux. Soit il est en train d’empirer la situation, soit il est en train de la sauver, mais dans tous les cas, mon cousin a un sacré grain. Et un sacré humour. Que je ne suis pas sûr de partager. Pas tout de suite du moins. Morel ! Qu’est-ce qui te prend !? Tu m’enlèves les mots de la bouche, Mastodonte. Fais pas chier, DEGAGE ! Ceux-là, en revanche, même si tu me les enlèves de la bouche, ils t’auraient été adressés. “Tim, tu m’expliques la blague, parce que j’aimerais bien rire aussi…” Je me mords la lèvre, pas certain que la situation se prête réellement à rire, en vrai. Enfin...

Oh ca va, t’as pas d’humour ? Avoue que c’est ridicule comme situation…. Nolan promène son chien à côté d’une baraque où y a eu un meurtre et un vol et là, deux caïds des temps modernes lui tombent dessus… et le top, attends, c’est que l’un d’eux à le même nom que son chien ! Je me facepalme sans plus de cérémonie devant cet éclaircissement de la situation… qui s’aggrave dans un même temps. Meurtre et vol, donc, c’est bien d’une réelle scène de crime dont on parle, d’un crime dont on m’accuse sans plus de cérémonie parce que j’ai réellement foutu les pieds dans le mauvais quartier, au mauvais moment. Non, je ne ris pas vraiment, désolé, Tim. Pourtant, j’ai de l’humour mais là… on parle de ma vie. Un mouvement, j’ai à peine le temps de réagir - et de vouloir m’interposer, qu’on me pousse d’une main et se saisit du col de Tim d’une autre. Quelques pas en arrière, ma faiblesse physique n’est pas de taille, j’assiste, maintenu par un Peacekeeper, à la dérouillée que prend l’autre Gavin. Bon sang, mon cousin est sacrément balèze. Plus que moi actuellement. Je suis un dur à cuire, mais pas un ninja. Il n’a rien à voir la dedans, le petit malin de la maison s’est blessé à la main ou l’avant-bras en cassant la vitre… Ouvrez les yeux, regardez sa main.. Je referme ma main par réflexe, une cicatrice en étoile marque ma paume mais remonte à trop de mois pour qu’on puisse m’en tenir rigueur. Je me débats faiblement, mais le Peacekeeper resserre sa prise et menace implicitement de me déboîter l’épaule. Non merci.

Votre manière de vous "en occuper" reste un mystère pour moi… Diuk, rappelle-les, ce n’est qu’un malheureux malentendu… Le silence s’installe, Gavin et Diuk - non mais ce nom, c’est vraiment le sien ? - se consulte du regard quand Timothée saisit l’occasion de se tourner vers moi. Ca va vieux ? Je t’ai connu plus en forme… J’hausse les épaules comme je peux. “On va dire que la dernière fois qu’on s’est vu, on venait pas de me frapper, ça doit jouer” J’essaye de répondre sur le ton de l’humour, mais l’humour m’a déserté en même temps que l’instinct protecteur de mon chien, apparemment. Mon épaule est en tension, mon poignet est au bord de la rupture, je lutte pour ne pas faire quelque chose de stupide comme, à tout hasard, balancer mon crâne dans le nez de celui qui me retient. A croire que Liam a réellement déteint sur moi et m’a réellement appris à tempérer mes réactions. C’est bon pour cette fois, qu’on te retrouve plus dans les parages et FOUS TON CLEBS EN LAISSE ! Le mec me libère, je prends immédiatement mes distances en massant poignet, coude, épaule. “Pas trop tôt”, je marmonne à son intention, “Tu pouvais pas te bouger, toi ?!” j’engueule mon chien. Et non l’inverse. Gavin, pour toute réaction, trotte dans ma direction et halète pour réclamer des caresses : tu as vu, j’ai été bien sage dans mon coin. Couillon d’animal.

… de celui-ci… il doit vivre aux dépends des wc… Mon attention se reconcentre sur mon cousin, essaye de raccrocher les wagons de ses propos pour en tirer une phrase cohérente, considère sa main qui désigne un jardin - celui du mort. “T’es sérieux, là, Timothée ?” Je fronce les sourcils. “Tu veux pas non plus qu’on se fasse un pique-nique en vidant son frigo ?” Liam a vraiment marqué mon âme, je reconnais dans ma voix son sarcasme et son acidité plutôt que mon humour et la légèreté habituelle. Dans ma poitrine, mon coeur peine à retrouver un rythme cardiaque normal. Et moi, je peine à être juste moi. Déséquilibre. instabilité. J’étais moi, avec mon chien, j’étais moi, devant les deux PK, je suis devenu Liam à l’instant où ils ont évoqué les arènes. “Est-ce que tu peux m’expliquer exactement ce qu’il s’est passé ici ? Et ce que je risque encore ? Gavin, lâche moi un peu.” Mon berger allemand me fixe avec de grands yeux de mal-aimé. “Et qu’est-ce que tu fais dans… ah oui. Tu es avec eux, c’est ça ?” Où est Nolan ? Où est mon sourire ? Où est la douceur de ma voix, le rire qui s’y cache ? Mes questions sont coupantes, arides, ce sont celles que je posais lorsque j’avais encore le costume du ministre. Sauf que je n’arrive pas à m’en défaire. “Est-ce que tu as un truc à boire ?” Une pause. “Sans diurétique si possible.”

Si ce n’est pas trop demander.

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MessageSujet: Re: Qui vole un oeuf...[Nolan/Tim]   Mer 23 Aoû - 12:43

On va dire que la dernière fois qu’on s’est vu, on venait pas de me frapper, ça doit jouer. J’hausse un sourcil et lui offre un léger sourire. Pourtant mes pensées partent dans le temps, s’accroche à ma dernière vraie entrevue avec mon cousin. La première depuis nos 8 ans et la dernière en date. Le monde s’est écroulé sous nos jambes alors que j’étais persuadé qu’il avait fini mort sur une chaise d’exécution par la faute de son propre frère puis..il était apparu presque au pire moment. Il était revenu à un enterrement comme si la mort d’un ami avait fait apparaitre la vie d’une famille. Bastien était lui aussi présent ce jour là, je n’étais pas encore habitué à lui et n’étais pas près à en parler que j’ai confiance ou pas en mon cousin. Que je sois surpris de le différencier de son frère ou non. Le cabot s’était immiscé en peu de temps dans ma vie et avait pris une place toute aussi importante que mon cousin aurait dû récupérer. Mes voila, deux ans se sont écoulés sans que ce fameux verre d’eau n’a été partagé. Chacun impliqué dans des chemins n’ayant pas de place pour renouer avec un passé potentiellement tout aussi douloureux que le présent. Les histoires de famille n’ont rien de réjouissant. Mes cousins et ma tante étaient mes bouées. Aujourd’hui tout ceci est bien révolu. Deux ans sont passés et je suis bien étonné de percuter que j’ai plus eu l’occasion de croiser Liam que Nolan. A l’époque, je ne voulais pas qu’il me voit fou alors que j’aurai probablement apprécié pouvoir lui parler de ces dernières années. Quelque part, j’ai toujours eu une confiance aveugle en lui et le sentiment était resté après toutes ces années. Mais l’égo et la peur du regard d’autrui ont fait le reste…. Résultat ? Nous sommes là, l’un en face de l’autre avec un naturel plus ou moins assumé alors que nous ne savons rien l’un de l’autre. Ou pas grand-chose. Ou plutôt qui ne vient de nous, volontairement. Aucun échange. Aucune confidence. Aucun fou rire au détour d’un verre même d’eau. Il est là, amoché par des cons pour une raison débile. Je suis là, profondément énervé de le voir ainsi, profondément inquiet mais avec une curieuse attitude décontractée face à la stupidité de mes collègues. Il ne doit pas me comprendre, ne pas savoir ce qu’il se trame derrière mes prunelles. Il ne sait rien de ces dernières années, de ces derniers mois. Nous sommes une famille étrangère. Une famille.

Une fois relaché, il gronde son chien qui s’approche pour obtenir une récompense bien méritée pour son comportement exemplaire. Un rire s’échappe. T’es sérieux, là, Timothée ? Tu veux pas non plus qu’on se fasse un pique-nique en vidant son frigo ? Je quitte la contemplation du chien encore en demande d’amour pour le visage de Nolan. Je ne reste pas bien longtemps silencieux mais ne m’empèche pas de chercher l’erreur dans ses traits. Bah… on est en pénurie…faut bien quelle serve sa bouffe non ? J’hausse les épaules ne cachant pas le rictus amusé logé sur mes lèvres. Ce sarcasme dépourvu de teinte d’humour ne lui va pas mais qui suis-je pour douter ? Je plaisante, si l’idée t’insupporte, on peut se poser là quelque instant… elle est confort cette ruelle… elle offre tout ce qu’on veut avoir dans une ruelle… déchets, pisse de badot, poil de chiens…animal mort…. Je me penche tout en parlant à mon cousin et caresse Gavin. J’ai toujours aimé les chiens, je fais parti de la team chien plus que chat mais ça n’a jamais empêché les chats de squatter mes différents balcons et appartements comme si j’étais le saint protecteur de la cause des chatspottés… Je l’aime bien ce petit gars, même s’il serait plus utile en défendant mieux son maitre… de temps en temps. Ici, ça aurait foutu la merde… Gavin se faisant attaquer les rousignols par son homonyme canin….. MAGIQUE. On devrait même l’y entrainer ! L’idée amuse mon esprit en besoin de légereté et je me redresse pour exposer mon éclair de genie mais mon regard croise celui de Nolan. Mon dieu, qui es-tu ? Est-ce que tu peux m’expliquer exactement ce qu’il s’est passé ici ? Et ce que je risque encore ? Il s’inquiète vous me direz, c’est normal mais ça me titille. Fortement. Et qu’est-ce que tu fais dans… ah oui. Tu es avec eux, c’est ça ? Accentuant le « eux », je prends cela comme une légère insulte, un dédaignement –comment ça ça n’existe pas ? - prononcé. Je lève un sourcil prenant la mesure de la tactique à aborder à présent. L’humour, le sarcasme, l’ironie, l’agacement, la colère…. Une pointe de vérité peut être ? Il enchaine, demande à boire. Mon sourcil se lève davantage, sortant bientôt de mon visage. En ce moment c’est plus facile de trouver sans qu’avec tu sais… Je fais tomber mon sac de mes épaules, le pause au sol en m’abaissant et l’ouvre, laissant apparaitre un contenu en désordre bien qu’on puisse clairement distinguer la crosse d’une arme à feu. Je fouille et en sors une bouteille d’eau que je lui tends avec un sourire complice. Comme quoi, on finit par se le boire ce verre d’eau… Cette référence nous transporte à presque des années lumières tant les évènements qui ont succédé le décès de Maarten étaient… violents/troublants/trop nombreux… J’ai presque l’impression de distinguer l’appel au souvenir dans ses yeux mais ne suis pas bien sur de retrouver l’homme que j’y ai vu autrefois. L’impression que j’ai est totalement différente d’ailleurs. Ma main tape son épaule dans un ancien geste fraternel et agrandit mon sourire. Hé Nolan, reviens ! Laisse Liam dans sa prison dorée… Mon clin d’œil reste dans l’air un instant sans savoir si cela a eu un quelconque effet. Un regard autour de moi, me fait choisir un espace dans la ruelle sur lequel mes fesses se trouveront à leur aise et je me laisse tomber sur le sol dans un soupire. Je suis désolé Cousin, je n’ai pas été très attentif ces deux dernières années… et encore moins ces derniers mois quand, potentiellement tu aurais eu le plus besoin d’un petit soutien …familiale. Je n’ai donc pas choisi l’agacement, la colère ou l’humour mais plutôt la sincérité. Il y a plusieurs mois, les frères se sont « brouillés » amenant une belle catastrophe. Contre toute attente, Liam fit le choix d’assumer pour son frère comme un bon retour des choses (et réaction qui m’a fait relativiser les évènements antérieurs). A ce moment là, j’étais au beau milieu d’une arène, très loin de la réalité puis, quand je suis revenue, il m’était devenu impossible de lire les journaux, d’entendre la radio ou simplement regarder les informations. En vérité, je n’ai su ce qu’il s’était passé qu’en revenant au bureau face à un dossier que je n’aurai jamais imaginé lire. Je me souviens avoir couru jusqu’à l’ascenseur, avoir appuyé 10000 fois sur le bouton du bon étage puis avoir déboulé dans les bureaux du ministre avec la ferme intension d’exploser mon poing sur la face de Liam. Puis, je l’ai vu sortant d’une réunion, très strict /hautain /sûr de lui (comme à son habitude). Je l’ai vu échangé un regard avec sa secrétaire. Je l’ai vu entrer dans son bureau, s’arrêter devant la porte, soupirer longuement. J’ai vu son visage une fois assis sur son siège, le regard dans le vide, la main moins assurée. Je ne saurai dire pourquoi je ne suis pas entré dans le bureau pour l’appeler par son prénom, le vrai, Nolan mais je me suis détourné, j’ai repris l’ascenseur et je suis retourné travailler. J’aurai pu y aller, l’aider d’une manière ou d’une autre. J’aurai pu m’inquiéter pour son frère, mon autre cousin enfermé au colosséum mais je n’ai rien fait de tout ça. Mon cerveau a ripé et s’est concentré sur des choses qui me semblaient beaucoup plus futiles… Qui ne dépendaient pas de ma famille et des risques que celle-ci prenait encore. La situation est finalement revenue à la normale peu de temps après. Nolan est retourné à sa vie, Liam faisant de même rattrapant d’éventuelles boulettes de son frère. Qu’en sais-je ? Je ne leur ai pas adressé la parole depuis…

Ton frère m’a surpris, il ne t’a pas abandonné à ton sort cette fois-ci et contrairement à ce qu’on aurait pu croire, tu as bien joué son rôle. Maintenant c’est derrière toi Nolan.. un coup d’œil vers son chien… et caresse le ! Il a été parfait ce petit ! Oui, il n’a rien envenimé et c’est déjà pas mal. Pour ce qui est du présent, tu ne risques rien. Le dossier sera sur mon bureau pas celui de mon collègue, ils auront du mal à te mettre quoique ce soit sur le dos… tu vois, l’avantage de bosser avec eux. Tu as bien du voir les petits jeux de pouvoirs qui existent dans la tour non ? J’agrandis mon sourire me penche en arrière pour faire craquer mon dos puis reviens à ma position initiale. C’est comme une bonne vieille série politique à suspens sauf qu’on est dans du post apocalyptique donc il y a des monstres, du surnaturel, de la famille et l’extinction de la race humaine en prime… Mon rire s’étale, espérant progressivement retrouver le sourire de Nolan. Je l’avais déjà vu à l’enterrement, quelque chose de chaleureux et d’habituel avait repris vie entre nous et j’aurai aimé le sentir à cet instant. Ce petit rappel qu’il existe des liens plus indéfectible que d’autres. Est-ce un rêve ? une illusion ? Je ne sais pas mais ça fait du bien de croire de nouveau, d’être soi.

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MessageSujet: Re: Qui vole un oeuf...[Nolan/Tim]   Sam 9 Sep - 17:50

Qui vole un oeuf...
Timothée & Nolan



Je m’y connais en humour. Je crois. J’ai un répertoire de blagues assez large, de l’aveugle qui rentre dans un bar au combat d’un petit pois et d’une carotte en passant par une sombre et tragique histoire de bélugas – sans parler des mammouths ; je m’y connais en humour. Et pourtant, là, j’ai dû mal à voir ce qui est si drôle que ça dans la situation. Non, c’est faux : je vois tout le potentiel humoristique de la chose – merde alors, tomber sur un homonyme humain de son chien, faut le faire quand même – mais j’y suis totalement imperméable. La mention des arènes, la menace d’une arrestation, ça a un don certain pour annihiler, ou du moins neutraliser ma capacité à rire de tout et de n’importe quoi. Je ne ris pas. Pas vraiment. Il est sérieux, là, le cousin ? Il était sérieux en étant mort de rire, il est sérieux maintenant en me proposant d’aller taper la discut’ dans le jardin du mec qu’on vient à peine de m’accuser d’avoir tuer ? Il est sérieux, là ? Il veut vraiment qu’on s’improvise un pique-nique et qu’on vide son frigo ? Bah… on est en pénurie…faut bien qu’elle serve, sa bouffe, non ? Il hausse les épaules, je secoue la tête. Je ne suis pas drôle, aujourd’hui, je ne suis pas du tout marrant même, mais que voulez-vous, hein… je n’ai pas envie de rire. Et je crois que ça se voit, je crois que ça se sent, je crois même que ça peut se comprendre. « Pas comme ça, mec… » Pas comme ça, non. Déjà, s’il a de la bouffe, je suis à peu près certain qu’on va venir la chercher, ensuite… ensuite quoi, Nolan ? Tu te comportes comme un citoyen modèle maintenant ? Je serre les dents. Je plaisante, si l’idée t’insupporte, on peut se poser là quelques instants… elle est confort cette ruelle… elle offre tout ce qu’on veut avoir dans une ruelle… déchets, pisse de badaud, poil de chiens…animal mort… Je serre les dents, le regarde caresser Gavin. « Ta gueule, Tim. » Oui, qu’il se la ferme, on a éventuellement d’autres endroits où aller que cette ruelle insalubre, on a sûrement d’autres choses à faire que de se servir dans les biens du mec tué-volé-assassiné que sais-je encore.

On peut peut-être envisager de… je ne sais pas moi, éclaircir la situation ? Comme m’expliquer, tiens, dans quelle merde je me suis encore fourré sans faire attention où je mettais les pieds ? Comme m’expliquer ce qu’il fait là, aussi ? Bon d’accord, pour cette dernière question, il me suffit de réfléchir pour comprendre, pour avoir une réponse. C’est vrai que lui aussi, il est avec eux. Mon frère œuvre du côté du pouvoir, mon cousin aussi. Je suis le seul de la famille, apparemment, à avoir choisi la clandestinité des plus complètes, je suis le seul, aussi, à… je ne suis plus rien. J’ai été du côté du pouvoir, aussi. Du pouvoir. Comme si je leur reconnaissais la moindre légitimité, comme si je leur reconnaissais la moindre autorité, comme… mon rythme cardiaque s’accélère, j’ai le regard hanté, j’ai un sentiment d’incohérence à me savoir simple anonyme dans la rue et pas à ma place en haut de la tour du Gouvernement. J’ai comme l’impression que… Il faut que je me calme. Que je reprenne contenance. Que je chasse Liam de mes pensées. Que je cesse de me réfugier dans sa manière d’être. Que je retrouve un camp, que je retrouve une stabilité, je retrouve une ligne directrice dans ma vie. Avancer. Conquérir chaque jour un peu plus Giulietta. Avance. Ne pas m’arrêter, ne pas regarder en arrière. Ouvrir des grimoires, reconsidérer avec un sérieux emprunté à mon frère ma nature de sorcier. Emprunter à mon frère son attention, sa concentration, son implication. Me perdre un peu plus dans Liam pour… Je me mords la lèvre et mes yeux hantés s’apaisent en accrochant les pupilles de mon cousin. En tentant de me raccrocher à la réalité en me fixant sur un besoin des plus simples. Boire. Un peu.   En ce moment c’est plus facile de trouver sans qu’avec tu sais… J’hausse les épaules, mon regard accroche la courbe d’une arme à feu, je sens dans ma main le poids de la mienne, son fantôme, j’entends l’écho d’un coup de feu, je… J’attrape dans une inspiration tendue la bouteille qu’il me passe, le remercie même dans un grognement. Comme quoi, on finit par se le boire ce verre d’eau… J’esquisse un sourire face à cette complicité qui nous lie, lui et moi, qui lie Nolan et Timothée, l’espace d’une respiration. « Pas faux ».

Pas faux. Il nous aura fallu deux ans, pour le boire, ce verre d’eau. Deux ans qui sont passés à une vitesse ahurissante, deux longues, petites, effarantes années. Et une bouteille d’eau, plus qu’un verre. Pourtant, j’ai l’impression, la sale impression, d’être à des années-lumière du Nolan qui reprenait contact avec son cousin le jour d’un enterrement. A l’époque déjà, j’avais voulu me faire passer pour Liam. Puisque j’étais supposé être mort. A l’époque, je songeais déjà à éventuellement l’utiliser, juste pour savoir, juste pour savoir si son rein… si mon rein était vraiment en train de lâcher, si le sien pourrait éventuellement me sauver. Deux ans plus tard, je n’envisage même plus une opération, je n’envisage que, vaguement, de survivre par mes propres moyens, de me dépêtrer, de me défaire du filet dans lequel je suis emprisonné, de régler mes problèmes par mes propres moyens. A l’époque, déjà, je jouais le jeu de Liam. Je mentais ; je pensais pouvoir rester en marge, rester dans son ombre, rester… Hé Nolan, reviens ! Laisse Liam dans sa prison dorée… Je sursaute. Je crache : « Quoi ? » Il s’assoit, je reste debout. Acculé. Menacé. Sur la défensive. Nolan, Liam, Liam, Nolan. J’ai le regard hanté, j’ai le regard perdu. J’ai l’esprit épuisé, aussi. Je suis désolé Cousin, je n’ai pas été très attentif ces deux dernières années… et encore moins ces derniers mois quand, potentiellement tu aurais eu le plus besoin d’un petit soutien… familial. Mon regard se fait suspicieux. Incertain. Et moi je reste muet. Deux ans, deux ans, deux ans. Et pourtant tellement plus, j’ai l’impression, lorsque je sens la fatigue peser sur mes épaules, la fatigue de la maladie mais aussi la fatigue mentale. Un soutien familial. « C’est pas grave » J’avale une nouvelle gorgée d’eau, mais mon œsophage reste la proie d’une toute autre sécheresse. « De quoi tu parles ? » Je sais très exactement de quoi il parle. Ma question n’est là que pour me faire parler, me sortir de mon mutisme, reprend pied, me débattre, tenter de garder la tête hors de l’eau.

Ton frère m’a surpris, il ne t’a pas abandonné à ton sort cette fois-ci et contrairement à ce qu’on aurait pu croire, tu as bien joué son rôle. Maintenant c’est derrière toi, Nolan… Je refuse de comprendre, je secoue la tête. J’ai du mal à me rendre compte que Timothée est la personne la plus à même de nous percer à jour, Liam et moi, parce qu’il l’a fait à une époque ou même nos parents en avaient été incapable. J’ai du mal à me rendre compte que… et caresse le ! Il a été parfait ce petit ! Pour ce qui est du présent, tu ne risques rien. Le dossier sera sur mon bureau pas celui de mon collègue, ils auront du mal à te mettre quoique ce soit sur le dos… tu vois, l’avantage de bosser avec eux. Tu as bien dû voir les petits jeux de pouvoirs qui existent dans la tour non ? Je le fixe du regard, encore, en refusant d’admettre que Timothée semble réellement avoir reconstitué le puzzle dans son intégralité. En refusant d’admettre, aussi, qu’il met justement le doigt dans la plaie qui refuse de cicatriser. Effectivement, oui. J’ai vu les jeux de pouvoir. J’y ai participé aussi. J’ai vendu mes convictions, vendu ma loyauté, vendu tout ce qu’en quoi je crois, tout ce pour quoi je me bats, pour protéger Liam. Pour jouer le jeu de Liam. Pour obéir à Liam. Pour… Je prends mon inspiration, me concentre sur ce qu’il dit, mon bavard de cousin. C’est comme une bonne vieille série politique à suspens sauf qu’on est dans du post apocalyptique donc il y a des monstres, du surnaturel, de la famille et l’extinction de la race humaine en prime… Sans y parvenir pour autant. Je glisse encore.

Je glisse dans cette incertitude. Dans cette identité trouble qui fait que je ne suis plus vraiment moi, que je n’ai jamais été vraiment mon frère, que je ne sais plus ce que je veux, ce que je fais, ce que je vaux. Pendant des années, j’ai exécuté toutes les demandes de Liam parce que j’étais persuadé que je lui devais bien ça. Qu’un peu de prison, qu’un petit passage à tabac, qu’un peu de fric, ce n’était pas cher payé pour un rein donné sans en avoir eu le choix. Pendant des années, j’ai couvert mon jumeau mais pas une seule fois je me suis parjuré, parce que je continuais malgré tout à construire ma vie, même s’il la détruisait systématiquement. Parce que je savais où j’allais, je savais ce que je voulais. Mais maintenant… J’inspire, comme si respirer était déjà quelque chose de compliqué. Bon, d’accord, dans l’effet, ça le devient. Mais ce n’est pas le sujet. J’inspire, je panique, je tente d’endiguer la panique, je regarde autour de nous, certain de voir des micros en attente d’une confession qui ferait tomber mon frère, je cherche une raison de me méfier. De partir en courant – chose impossible dans mon état. Je sais que je peux avoir confiance en mon cousin mais… « Qu’est-ce que tu veux, Tim ? Qu’est-ce que tu attends de moi ? J’ai rien à voir, je ne veux rien avoir à faire avec tout ça. Je… je ne veux plus rien avoir à faire avec le Gouvernement et à la base, Gavin est un putain de berger allemand, je vais pas le caresser alors qu’il les a laissés me frapper sans agiter la moindre oreille et… » Et quoi ? Et ma gueule. Timothée a raison, Gavin a bien réagi dans son absence de réaction. Attaquer un Peacekeeper, ça aurait aggravé les choses, mains…

Je fais quelques pas vers Tim, m’assois à mon tour tout en grimaçant et en me tenant les côtes. Je connais tous les symptômes d’une insuffisance rénale, je connais toutes les conséquences. Si j’ai déjà eu un arrêt cardiaque, c’est que la situation est catastrophique. C’est que mon hypocalcémie est déjà bien installée. C’est que mes os sont bien plus fragiles et donc que la fêlure des côtes est plus qu’envisageable. Merci les mecs. Je rends à Timothée sa bouteille d’eau. « Tu es sûr que je ne risque rien ? Je veux disparaître, Tim. Je veux juste qu’on oublie que j’existe, je veux que Nolan disparaisse complètement. » Sachant que Nolan est déjà en voie de disparition. « Comment tu sais ? Comment tu as su ? C’est si évident que je ne suis pas lui, qu’il n’est pas moi… » Je secoue la tête. « Comment peux-tu être si sûr de qui je suis ? » Je remonte mes jambes vers ma poitrine, appuie mes bras dessus, laisse ma main offerte à un Gavin qui vient s’amuser à la lécher. « Je ne sais moi-même plus vraiment, Tim. Je ne sais plus ce que ça fait d’être juste Nolan. Juste moi. » Je me mords la lèvre. « Liam ne m’a pas sauvé la mise. J’y ai cru. Et quelque part okay, il l’a fait. Mais… j’ai joué à leurs putain de jeux de pouvoir, j’ai envoyé des mecs en prison, des mecs qui auraient pu être moi, juste pour lui sauver la mise… il m’a foutu dans une prison pire que l’ancienne, et je n’arrive même plus à en sortir. » Et j’aimerais avoir autre chose que de l’eau à boire, à cet instant.

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MessageSujet: Re: Qui vole un oeuf...[Nolan/Tim]   Jeu 14 Sep - 0:37

Être soi. Je ne suis pas encore convaincu de m’être retrouvé ou, simplement « trouvé ». J’oscille entre plusieurs états de ma personnalité. C’est comme un millefeuille, plein de couche d’existence se superpose et à la fin ça fait un truc potable, censé être bon. Alors j’ai moi-même mes étages d’existence racontant un bout de mon histoire et traduisant celle-ci sur mon monde, le notre. Je ne sais pas si ce millefeuille est bon, est « bien ». Je pense que je m’en sors pas mal malgré tout… Après tout, je ne me suis pas abandonné en cours de route… pas tout à fait. Ce n’est pas grâce à moi, ça c’est certain. Une partie du chemin s’est faite sans mon consentement avec des évènements dont je me serai bien passé et avec des rencontres qui me sont essentielles. J’imagine qu’à plusieurs points de fracture, j’aurai pu totalement m’enfoncer dans une toute autre personnalité. L’enfance aurait pu me marquer différemment, l’abandon de ma famille (qui au final s’est fait dans les deux sens), l’apocalypse ou, pire, la traversée de l’Amérique…. Les premières arènes, les dernières arènes… Etre soi c’est un mystère et quelque part, je recherche toujours le regard de l’enfant que j’étais dans le miroir… un regard et un consentement. Nolan est le seul ici, avec son frère, a avoir connu celui que j’étais. Quelque part, ils sont les seuls à pouvoir m’accorder le consentement « oui, tu es resté fidèle à toi-même ». Tiens… c’est peut être pour ça que je ne leur ai pas parlé. Encore moins à Nolan. Je n’étais pas moi-même, une pâle copie et aujourd’hui… aujourd’hui je n’en sais trop rien. D’autres paires d’yeux me décrivent avec des sentiments qui me font du bien alors… alors j’imagine que je peux être satisfait, non ? Au final, c’est une quête sans fin et je vois bien que Nolan se trouve perdu au milieu d’un miroir en morceaux. La sensation de vide et de flou n’est pas agréable, elle rend malade et s’immisce avec une facilité toujours plus déconcertante. Je la sens toujours en moi, en attente. Qu’est-ce que tu veux, Tim ? Qu’est-ce que tu attends de moi ? J’ai rien à voir, je ne veux rien avoir à faire avec tout ça. Je… je ne veux plus rien avoir à faire avec le Gouvernement et à la base, Gavin est un putain de berger allemand, je vais pas le caresser alors qu’il les a laissés me frapper sans agiter la moindre oreille et… Mes yeux le gardent en visé, mon visage garde un léger sourire, apaisé. J’aimerai être aussi efficace que Maisy mais je n’ai jamais été doué pour rappeler quelqu’un à la réalité, pour l’apaiser. Alors je m’efforce de garder une attitude posée et sure d’elle. C’est pas gagné, c’est certain mais je le vois dans ses yeux, il est comme moi. Pire encore, il est précisément là où je me trouvais il y a encore quelque mois. Non, soyons honnête là où je me suis re-retrouvé lorsqu’il y a eu l’appel aux volontaires pour les raids. J’en frissonne. Ce gouvernement me tuera d’une façon ou d’une autre, que je le veuille ou non.

Ils t’ont bien amoché ces crétins… Simple constat face à ses difficultés à s’asseoir. Tu es sûr que je ne risque rien ? Je veux disparaître, Tim. Je veux juste qu’on oublie que j’existe, je veux que Nolan disparaisse complètement. Mon corps se tend, ma respiration s’angoisse et mes yeux s’affolent en le détaillant. Sensation de peur sourde, presque stupide puisqu’il ne fait que parler en « image » mais j’ai trop longtemps vécu dans la peur de perdre l’un de mes cousins…. L’enfance marque. L’enfance ressurgit. Comment tu sais ? Comment tu as su ? C’est si évident que je ne suis pas lui, qu’il n’est pas moi… Je fronce les sourcils, joue avec mes doigts afin de détendre mon esprit…ce qui ne marche pas. Je ne suis pas sûr de comprendre son inquiétude. Ou… ou peut-être est-ce plus que j’ai peur de comprendre. Ça me rappelle… Comment peux-tu être si sûr de qui je suis ? Je secoue la tête comme pour répondre à son propre geste. Je n’en sais rien. Je n’en sais rien et j’en suis persuadé. Comment veut-il que je lui exprime par des mots ce qu’une sensation dicte à mon corps et traduit comme vérité absolue ? Même si mon corps avait tort, je ne le croirais pas tant cette vérité m’a prise au corps. C’est si rare d’être convaincu sans raison qu’il faut savoir en profiter, faire confiance. Mon cousin change de position et je retrouve là aussi une vieille habitude, une gestuelle empruntée à un passé lointain. Je souris, m’apprête à le lui faire remarquer mais il enchaine.

[…]j’ai joué à leurs putain de jeux de pouvoir, j’ai envoyé des mecs en prison, des mecs qui auraient pu être moi, juste pour lui sauver la mise… il m’a foutu dans une prison pire que l’ancienne, et je n’arrive même plus à en sortir. Ma respiration s’est arrêtée un instant qui m’a semblé une petite éternité avant de repartir avec une sorte d’appel d’air. Je secoue la tête pour masquer la gène que ses confessions font naitre en moi. Je ne sais pas quoi lui dire. Je ne sais pas plus comment réagir. Ce n’est pas que je ne le comprends pas, je le comprends surement plus que n’importe qui mais… mais je n’ai pas les mots. Moi, moi le bavard aux allures juvéniles et aux langages stupides…. Je ne trouve rien à lui dire. Et la raison est simple : je n’ai moi-même pas trouvé les réponses. Je peux lui dire pourquoi je sais que c’est lui mais je ne peux pas le convaincre de qui il est. Soyons honnête je ne sais pas plus qui il est aujourd’hui. Je reconnais l’enfant et l’ado. Je reconnais l’impression qu’il me donnait à l’époque et ce qu’il semblait être devenu avant le couloir de la mort. Mais ensuite… je ne sais pas. Je ne peux pas lui dire qui il est, pas plus qu’il peut me dire qui je suis. Cette prise de conscience me coupe le souffle, parce que l’admettre me fait mal. Fait mal à ce que j’aurai aimé être pour lui, à ce que j’aurai aimé vivre avec ma famille… Je m’appelle Timothée Gabriel Morel, je suis né il y a 30 ans en France, j’ai toujours cru que sauter du haut des arbres finirait par me faire voler et grandir. Je me suis cassé le bras en suivant mes abrutis de cousins dans un ravin. J’ai joué les espions pour leur permettre de voler les gateaux d’anniversaire et les cadeaux avant l’heure. Pour une raison obscure j’ai toujours considérer les cerises comme les fruits du démon tant je devais courir vite pour aller poser mon cake une fois ingurgité… il existe même une théorie selon laquelle c’est ma digestion étrange des cerises qui m’a appris à courir si vite…. Je souris en y pensant, les images défilent, j’entends presque nos rires. J’ai été élevé par des sorciers qui n’aimaient pas la simple humanité. J’ai grandi dans l’inconfort d’une fausse famille, une fois abandonné par elle et l’autre fois l’abandonnant… Mes parents n’avaient rien de réels, ma tante semblait plus humaine… rien n’a vraiment été réel. Du moins c’est ce que j’en ai conclu lorsque tout le monde m’a laissé à mon existence de « pauvre humain ».

J’ai grandi, découvert la vie. J’ai fuit, je me suis battu pour trouver ma place puis la garder. J’ai… Je m’arrête, le dévisage. Sur ce coup là, j’ai du mal à avaler ma salive. J’ai tué pour continuer d’exister. J’en ai oublié ce qui fait de nous des êtres humains, j’ai refusé de m’attacher jusqu’à ce que je comprenne que c’était inévitable. J’ai perdu des amis, j’en ai rencontré d’autres. Je baisse la tête. J’ai contribué à l’arrestation de nombreuses personnes, à leur puçage,  à leur emprisonnement peut être leur mort… J’ai retrouvé mon frère, l’ai détesté et pourri…. J’ai envié sa vie. J’ai voulu sa vie. J’ai cru qu’il aurait mieux valu qu’il soit à ma place… j’ai rêver à être un autre puis je l’ai perdu, définitivement. J’hausse les épaules, au point où on est…. Je suis devenu fou, je l’ai imaginé près de moi durant un an… pour te dire, il a disparu le jour où je l’ai embroché dans l’arène… pile à notre anniversaire … pas mal non ? Je secoue la tête. J’ai perdu l’envie de vivre, la culpabilité m’a rongé et j’en ai oublié de vivre durant un moment. Cherchant les raisons de mon existence…. De ma présence au sein d’un gouvernement que je répugne, de ma présence tout court sur un sol que je méritais pas. Je soupire, relève la tête avec un sourire. Et puis … on m’a rappelé que j’étais Timothée. Que mon nom n’avait pas à signifier grand-chose. Que j’ai toujours du mal avec les cerises, que je saute toujours de toit en toit dans l’espoir de m’envoler. Que je cours encore plus vite à la recherche d’une autre route. Que je joue à l’espion au milieu de mes dossiers. Que j’ai quitté ma famille pour découvrir qui je pouvais être tel le simple humain que je suis. Que j’ai tué pour protéger des vies. Que je bosse dans cette tour pour cacher le maximum de personne et éviter de fausses accusations. Que j’ai, bien étrangement c’est vrai, aimé mon frère au point de l’imaginer près de moi. Que l’on me fait toujours confiance. Que l’on me voit moi, comme quelqu’un d’honnête… Je m’étire de nouveau pour évacuer ce que ce discours avait comme effet sur moi. C’était bien la première fois que je faisais ce chemin étrange à voix haute, que j’exprimais de cette manière…qui je suis. Je ne sais pas si tout ce blabla peut t’aider à faire ton propre chemin vers qui tu es mais, une chose est sûre… tu es Nolan. Si je t’ai reconnu dans la tour ce n’est pas que tu étais un mauvais Liam c’est juste que tu étais un Nolan jouant le rôle de son frère pour le protéger. Tu l’as fait des milliers de fois et rien n’a changé… Je sais reconnaitre celui qui a toujours aidé son frère et son cousin…. Et ton frère a repris le même rôle qu’il avait déjà endossé avant ça, lorsque nous étions gosses pour t’aider à son tour. Ma main passe sur mon visage. Je ne sais pas de quoi est fait le Nolan de la trentaine, c’est sûr mais ton entourage proche oui. Penses  à eux, à leur manière de te parler et de voir et tu sauras qui de Liam ou du Nolan se trouve dans ce corps… Je lui prends l’eau des mains, épanche ma soif. Je n’accepte pas ce que je dois faire au bureau mais si je veux avoir la possibilité d’agir 1 fois tous les 10…20…30 dossiers…. Alors je n’ai pas le choix. Le miroir ne me renverra jamais qui j’aimerai être de toute façon… c’est foutu … et toi, tu as fait ce qui était nécessaire pour pouvoir continuer d’agir ensuite Je soupire, me penche en arrière et lâche un léger rire en passant ma main dans mes cheveux. Bah merde…. Faut croire que j’ai plus besoin d’un fort taux d’alcoolémie pour sortir des pensées psychanalytiques ou philosophiques ou que sais-je …. Désolé, je n’ai jamais été doué pour réconforter autrui …


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MessageSujet: Re: Qui vole un oeuf...[Nolan/Tim]   Jeu 12 Oct - 0:36

Qui vole un oeuf...
Timothée & Nolan



La chute n’a pas de fin. Elle est lente, continue et surtout infinie. Je la sens, autour de moi, se déliter. Mon identité. Je la sens se dissoudre lentement mais sûrement dans un magma compact qui ne serait ni tout à fait Liam, ni tout à fait moi. Qui ne serait plus qu’un conglomérat de réactions et d’émotions indissociables du reste, indissociables de ce qui m’entoure, indissociable, surtout, de ce que l’on attend de moi. Je n’ai jamais agi par le regard des autres, j’ai toujours contrôlé le mur infranchissable entre ce que j’acceptais de faire pour Liam, et ce que je faisais pour moi-même. Sauf que le mur est fracassé, que le mur est en ruine, que je me prends chaque matin les parpaings dans la gueule et que je n’arrive pas à me redresser, à endiguer l’eau qui s’échappe par la brèche du barrage, par la brèche de l’ancien barrage. L’eau des faux-semblants s’écoule, s’en vient inonder le petit village tranquille de mon moi. N’en laisse que des ruines. Encore. Nolan, reviens ! Laisse Liam dans sa prison dorée. Je sursaute, je me débats, je comprends sans tarder que Timothée, même après deux ans sans nouvelle, n’a pas changé d’un pouce. Je comprends que Timothée est toujours le même, toujours celui le plus à même de nous percer à jour, Liam et moi. Ce qui n’a pas de sens. Pas le moindre sens. Comment arrive-t-il à dissocier Liam de moi, alors que moi-même, j’ai fini par m’y perdre ? Qu’est-ce qu’il veut dire par là, par tout ça, finalement ? Il me faut toute ma concentration pour ne pas paniquer, pour ne pas m’échauffer, pour ne pas m’écrouler. Il me faut toute ma concentration pour ne pas fuir une conversation qui, je ne m’en doute que trop, ne peut pourtant avoir qu’un effet positif sur moi. Mon cousin est ce qui se rapproche le plus d’un frère, avec les défauts d’un frère en moins. Et les qualités devenues défauts en moins également. Timothée, je le comprends, me connait. Me comprend. Suffisamment pour me voir quand je ne me vois pas. Mais pas suffisamment non plus pour ne pas me haïr.

Assis à côté de lui, je n’arrive pas à me retenir. De parler. De réfléchir à voix haute. J’ai cédé à l’instant où j’ai commencé à m’asseoir, de toute manière. J’ai cédé à l’instant où j’ai commencé à répondre. Je veux disparaître. Je veux laisser Nolan disparaître, et s’il y a une personne au monde qui puisse comprendre, à mes yeux, c’est Timothée. Parce que l’autre personne la mieux placée serait Liam et Liam… est indisponible. La famille, amusante chose que la famille. Comment est-ce que mon cousin a su ? Qu’est-ce qu’il a vu, qu’est ce qui a empêché Nolan de s’effacer complètement, au final ? Parce que ça m’échappe. Parce que je m’échappe. Nolan a beau avoir Giulietta, je me demande si ça suffit. Je me demande même si elle ne mériterait pas quelqu’un de mieux que moi. Je t’aime, qu’elle m’a dit. Je t’aime et pourtant, plus ça va, plus je me demande s’il reste quelque chose de ce Nolan qu’elle aime. S’il ne s’est pas totalement dissout dans les faux-semblants, dans l’hypocrisie, dans une comédie qui n’a que trop duré, qui devient tragédie. Mon frère m’a épargné la prison. Mon frère m’a épargné les arènes. Mais en faisant ça, il m’a enfermé, il m’a enchaîné à lui plus sûrement que jamais. Et ça… J’ai les yeux rivés sur le sol, je refuse de regarder Timothée. Je refuse de lire l’inévitable dans ses yeux, une incompréhension ou une pitié ou que sais-je encore que je ne supporterais pas.

Je refuse de regarder Timothée. Je m’attends même à ce qu’il se casse et qu’il aille tenir une conversation plus palpitante et plus intéressante avec quelqu’un de plus palpitante, plus intéressant et surtout plus équilibré que moi. Gavin, par exemple. Gavin le chien, hein, même pas l’autre qui m’a sûrement fêlé des côtes. Je m’attends à tout, sauf à ses premiers mots, après un silence interminable. Je m’appelle Timothée Gabriel Morel C’est un coup de poing que je me prends. Je le regarde, interloqué. Puis, au fur et à mesure qu’il poursuit, sans que je ne parvienne à voir où il veut en venir, je me surprends à le regarder. Vraiment. J’ai un sourire lorsqu’il parle de sa fracture au bras, pas parce que je suis sadique, juste parce que je me souviens de cette époque. Avant mes treize ans. J’ai été élevé par des sorciers qui n’aimaient pas la simple humanité. Mon sourire s’aggrave. Il est humain, je suis sorcier. Ma mère a eu deux petits sorciers, mon oncle et ma tante n’en ont eu aucun. Injustice, alors qu’ils en réclamaient, alors que nous, on ne l’espérait pas nécessairement. Je me sens presque coupable, devant ça, d’avoir mis de côté si longtemps ces capacités venues de nulle part. J’ai grandi, découvert la vie. J’ai un petit rire. Je ne devrais pas. Mais… J’ai grandi. Moi aussi. Un peu tard. J’ai découvert la vie. Je ne peux pas m’empêcher de me l’imaginer. D’essayer de le vieillir. J’ai tué pour continuer d’exister. J’ai la gorge sèche. Je n’ose pas parler. Et pourtant, je commence à me demander vraiment où il veut en venir. Je commence à essayer de comprendre ce qu’il veut me dire. J’ai perdu l’envie de vivre, la culpabilité m’a rongé et j’en ai oublié de vivre durant un moment. Cherchant les raisons de mon existence…. De ma présence au sein d’un gouvernement que je répugne, de ma présence tout court sur un sol que je méritais pas. Une nouvelle fois, mes yeux se perdent, cessent de le regarder. Ses mots trouvent leur écho dans mon âme, brutalement. J’étais en équilibre, accroché au monologue de Timothée : il vient de me prendre en traitre et de couper le fil. C’est moi qui ai tué. C’est moi qui ai travaillé pour un gouvernement que je hais. C’est moi qui cherche des raisons à ma survie jusque-là. Je ne devrais pas survivre. Je me bats, continuellement, pour survivre. A la maladie. A mon frère. A ce meurtre dont j’ai été accusé à tort. A mon inexistence. A ce fratricide que j’ai voulu faire. C’est moi qui cherche à comprendre les raisons de ma survie, de ceux qui se battent pour ma survie quand moi, je cesse de me battre. C’est…

Et puis … on m’a rappelé que j’étais Timothée. Que mon nom n’avait pas à signifier grand-chose. Je me prends la tête entre les mains. C’est étrange comme Timothée semble avoir un don pour trouver la juste raison de faire un détour sur la Grande Muraille de Chine lors d’un trajet entre Paris et Marseille. Et pourtant il arrive à bon port. Il arrive vraiment à bon port. Je ne sais pas si tout ce blabla peut t’aider à faire ton propre chemin vers qui tu es mais, une chose est sûre… tu es Nolan. Si je t’ai reconnu dans la tour ce n’est pas que tu étais un mauvais Liam c’est juste que tu étais un Nolan jouant le rôle de son frère pour le protéger. Tu l’as fait des milliers de fois et rien n’a changé… Je sais reconnaitre celui qui a toujours aidé son frère et son cousin…. Et ton frère a repris le même rôle qu’il avait déjà endossé avant ça, lorsque nous étions gosses pour t’aider à son tour. Je garde la tête plongée entre mes mains, parce que je suis incapable d’assumer son regard. Incapable d’assumer ce qu’il dit. Est-ce que c’est vraiment Nolan, celui qui est prêt à tout, absolument tout, pour son frère ? Si Liam a vraiment fait tout ce qu’il pouvait pour me protéger, alors non. Non, ce n’est pas vraiment Nolan, c’est juste Wiggins. Je secoue la tête. Mes mains remontent dans mes cheveux, avant que je me redresse et que je les laisse retomber sur mes genoux. Je ne sais pas de quoi est fait le Nolan de la trentaine, c’est sûr mais ton entourage proche oui. Pense à eux, à leur manière de te parler et de voir et tu sauras qui de Liam ou du Nolan se trouve dans ce corps… J’y pense. J’y pense constamment. Elias… Elias n’a pas reconnu Liam, à la prison. Giulietta, Giulietta n’a pas voulu me reconnaître de prime abord, ne m’a reconnu qu’à l’hôpital. Je t’aime. Je me raccroche à ça. Je me raccroche vraiment à ça. Sans parvenir à savoir… si même ça, je le remets en question, que vaut tout le reste ? Bah merde…. Faut croire que j’ai plus besoin d’un fort taux d’alcoolémie pour sortir des pensées psychanalytiques ou philosophiques ou que sais-je …. Désolé, je n’ai jamais été doué pour réconforter autrui… Je secoue la tête. Je n’ai pas prononcé un mot depuis qu’il a commencé à parler, je sais. Mais… Un murmure. « Tu n’es pas nul. » Bien au contraire. Un murmure. Je soupire. « Je m’appelle Nolan Wiggins. Abel, pour certain. Tu connais l’histoire d’Abel et Caïn ? » Amusant de voir à quel point ça lui semblait simple de parler, à quel point ça me semble compliqué. Je n’arrive pas à organiser mes pensées. « Je suis né le treize mai 1983. J’ai un frère, qui s’appelle No… Liam. Mon frère s’appelle Liam. Mon frère s’appelle Liam, putain. » Et ma tête heurte le mur qui me sert de support. « Je suis… je sais pas… Je sais pas, Tim. Je ne suis plus celui qui courait de partout, je ne suis plus celui qui réclamait des tours de magie à Liam, je ne suis plus celui qui réclamait son doudou, je ne suis plus celui qui avait toujours le sourire. Je ne suis pas celui qui a dragué Milène pendant plus de six mois, avant de se rendre compte qu’en fait, elle n’acceptait de bosser en groupe avec lui que pour avoir de bons résultats. Je ne suis même pas celui qui s’est fait virer de son boulot à cause de Liam. Je ne sais pas, Tim. » Je ne sais plus. « Quand je me regarde, quand je regarde mon entourage… mon entourage, c’est qui ? Liam ? S’il te plaît… Je ne le comprends pas. Je ne le comprends plus depuis des années. Partant de là, comment veux-tu que je me comprenne… Mon entourage, c’est qui ? Giulietta ? Je l’aime, mais il y a toujours le spectre de Liam entre nous. Elias ? Elias m’en veut parce que, justement, Liam s’est encore interposé entre lui et moi. Partout où je regarde, Timothée, je vois Liam. Il ne reste qu’un seul Wiggins. Qu’un seul Wiggins, bordel. » Et moi, moi je m’échauffe. Lentement mais sûrement. Je m’échauffe, parce que parler, c’est extérioriser mes émotions. Parler, c’est mettre des mots sur des pensées chaotiques. Parler, c’est… réfléchir ? « Tu te rends compte que depuis 2012, j’étais supposé être mort, et que depuis qu’on m’a reconnu officiellement comme vivant, c’est depuis ce moment-là que moi, je suis vraiment mort ? Depuis ce moment-là, partout où je vois mon reflet, je vois celui de mon frère. Tu es le seul à voir Nolan. Toi et Giulietta êtes les seuls, mais même dans les yeux de Giu, même dans ses yeux, putain, j’ai peur d’y voir l’ombre d’un doute. »

Je secoue la tête, me relève dans une grimace, mes mains tenant mes côtes. « Et ce n’est même pas le plus triste. Le plus triste, Timothée, c’est que la seule chose qui me permette de ne pas devenir fou, c’est que la seule chose qu’on n’ait jamais vraiment pu partager ou échanger, Liam et moi, c’est que la seule chose qui n’a toujours été qu’à moi, et bien elle est en train de vraiment me tuer. Comme si Nolan était voué à disparaître vraiment. Mon rein m’a encore lâché, Tim. A croire que dans notre famille, les jumeaux ne vont pas par deux. Les jumeaux sont voués à s’éliminer, comme une anormalité régulée par la nature pour qu’il n’en reste plus qu’un à chaque fois. » Je secoue la tête en faisant quelques pas, incapable de rester véritablement immobile. Peut-être est-ce une trace de Nolan, tiens, cette hyperactivité latente. Gavin me suit du regard, je le sens prêt à sauter sur ses pattes pour me suivre. « Je ne suis qu’un fantôme. Plus que jamais, je me donne l’impression d’être un fantôme, qui refuse de totalement partir, mais qui ne peut pas vraiment rester. Je suis coincé, coincé entre ce qui faisait que j’étais moi, moi et moi seul, moi, distinct de mon jumeau, et ce qui a fait que j’ai pu prendre sa place. Nous n’avons jamais vraiment été fusionnels, je crois. Et bien cette fusion nous a tués. » Je m’immobilise face à mon cousin. « Je m’appelle Nolan Wiggins, je suis né le 13 mai 1983. Et je ne sais pas qui je suis, ce que je suis, ce que je veux. J’ai trois constantes dans ma vie : mon dévouement malsain pour mon frère. Mon amour inconditionnel pour Giulietta. Et un cousin qui voit les fantômes, même ceux de son cousin disparu. »

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MessageSujet: Re: Qui vole un oeuf...[Nolan/Tim]   Mar 24 Oct - 18:07

C’est bien assuré. Je n’ai jamais, ô grand jamais été très efficace pour soutenir qui que ce soit. J’ai toujours trouvé les pires mots, les pires refrains, les pires actes. Si certes, on a toujours fini par en rire avec mes amis les plus proches, j’en ai pas moins perdu d’autres. Que voulez-vous, je suis un éternel maladroit du langage. Ce n’est pas pour rien que je finis toujours dans des situations compliqués non ? Bon, mes kidnappings, l’arène, ma session de volontariat… tout ceci n’avait aucun lien avec ma maladresse mais tout ce qui en a découlé, les erreurs, les mauvais mots, les mauvaises blagues, les indécisions, les doutes… tout… tout le reste… probablement. Et face à lui, ce cousin admiré, aimé, perdu, retrouvé, oublié puis retrouvé… je n’ai pas envie de le perdre. Ni d’être maladroit. Ni blessant. Ni quoique ce soit qui puisse pour une raison ou une autre briser définitivement le petit fil qui reste tendu entre nous. Avant…Avant c’est une corde. Une corde en acier, indestructible. Puis elle est devenue une simple corde de pécheur pour finir par ce pauvre fil, tendu par le manque de complicité et de vérité entre nous. Aucun n’a su faire l’effort. Aucun n’a réellement voulu se livrer sur un plateau par simple peur de disparaitre pour une simple croyance : celle que la famille peut encore avoir du sens. Je crois bien que nous n’étions pas convaincus par cela. Les années ont brisé notre famille. Les années ont détruit les wagons qui auraient pu faciliter cet échange et nous n’avons jamais cherché à retrouver la même gare, le même train. C’était surement un erreur. Non. C’était une erreur. Il n’y a qu’à voir sa posture, son murmure, sa détresse. Je suis désolé cousin. Désolé que la vie t’ait volé ton identité. Il faut croire que c’est un truc de famille. Une sacrée merde. Une malédiction… …e suis… je sais pas… Je sais pas, Tim. Je ne suis plus celui qui courait de partout, je ne suis plus … S’il fuit mon regard, moi, je ne lâche pas son visage. Tout en lui me fait écho. Pourquoi sommes nous restés éloignés ? Quelle bêtise. Quand je me regarde, quand je regarde mon entourage… mon entourage, c’est qui ? Liam ? S’il te plaît… Je ne le comprends pas. Je ne le comprends plus depuis des années. Partant de là, comment veux-tu que je me comprenne… J’abaisse la tête. Il vaut mieux éviter qu’il se définisse uniquement par le regard de Liam, c’est certain. On peut pas dire que leur relation soit des plus saines. C’est dommage. C’est dommage comme le passé peut nous marquer. Nous marquer et nous brûler. Je pourrais presque voir la marque de celui-ci sur l’épiderme de Nolan ; une main, une main gigantesque sur son torse vers son cœur. Une marque qui s’étend à mesure que son propre regard brûle d’une colère que je comprends parfaitement. Une colère qui se nourrit du désespoir de se sentir disparaitre. Incapable que nous sommes à nous comprendre sans les autres. Incapable que nous sommes à nous définir avec le regard des autres. J’ai longtemps cru en une utopie qui portait mon nom puis en cette distopie qu’était la vie, l’avenir et la mort des Morel. Je commence tout juste à comprendre qu’au milieu de l’utopie et de la distopie, il y a un bout de vrai, un bout de vie, la mienne. Alors si je suis capable de l’imaginer peut être que Nolan en sera capable ? Lui qui m’est si éloigné tout étant si proche de ce qui traverse mon âme. J’ouvre la bouteille, bois. Mon entourage, c’est qui ? Giulietta ? Je crache.

Je l’aime, mais il y a toujours le spectre de Liam entre nous. Bah merde. Elias ? Boutade ? Elias m’en veut parce que, justement, Liam s’est encore interposé entre lui et moi. Partout où je regarde, Timothée, je vois Liam. Il ne reste qu’un seul Wiggins. Qu’un seul Wiggins, bordel. Mes sourcils se sont froncés malgré moi. Mes pensées se sont heurtées à des visages bien trop connus mais quel était la probabilité pour qu’on soit en contact avec les mêmes personnes ? Pour qu’il puisse aimer avec l’une de mes amies, amante qui plus est. Ce monde était-il devenu microscopique ? Pour ce qui est d’Elias, leur amitié ne m’étonnerait pas bien que je ne connaisse pas particulièrement ce dernier. Enfin… la surprise passé, j’étale tout de même un sourire. Si Giulietta c’est Gui… Nolan s’en sort pas mal. En dehors de la noirceur de son sang, de ses envies un peu trop violentes, Gui reste l’une des personnes en qui j’ai le plus confiance. Ils ont surement de la chance de s’être trouvé au beau milieu de ce monde pourri. Comme quoi les bons dans le temps peuvent rapprocher…. Elle frôle les combiens Gui à la base ? Tu te rends compte que depuis 2012, j’étais supposé être mort, et que depuis qu’on m’a reconnu officiellement comme vivant, c’est depuis ce moment-là que moi, je suis vraiment mort ? […]mais même dans les yeux de Giu, même dans ses yeux, putain, j’ai peur d’y voir l’ombre d’un doute. Avec Bastien c’est sur que ça aurait été plus facile…. Faux jumeaux obligent, on avait des tronches quelque peu différentes… mais Bastien est mort. Mort. Enterré. Disparu de ma vision, de mon ouïe…. Je soupire en observant le sol. Je mets un certain temps avant de reporter mon regard vers mon cousin et ses propos. Il doit cessé de se tourmenter pour des histoires de fantômes qui n’existent pas. Qui n’existeront jamais. J’ai trop longtemps cru en des conneries pour le laisser s’enfoncer dans de mêmes stupides observations. Il n’a pas le temps pour ça. Il n’a pas le temps de se perdre. Il a sa vie nouvellement retrouvée à fouler à grand coup de bottes. Il a ses multiples chances accordées à remercier. Comme si Nolan était voué à disparaître vraiment. Mon rein m’a encore lâché, Tim. Mes doigts se contractent, serrent la bouteille qui, sous la pression, éjecte le bouchon mal vicé. Mon visage s’est lui aussi refermé, plus encore que jusqu’à présent, qui l’aurait cru ? Me tenir éloigner de lui n’a pas été compliqué et pourtant mon attachement à ce grand débile me revient en pleine poire. D’abord ce besoin de le protéger à mon tour face aux siamois de la stupidité, maintenant cette plaie par balle dans ma poitrine. Ca fait mal. Ca fait mal parce que cette annonce renvoie à un passé qui fut heureux malgré la maladie. Qui fut heureux et anxiogène car rien ne garantissait que chaque journée se passerait sans encombre, avec le sourire de nos vies. Le coup me rappelle à ce passé où nous ne savions pas comment réellement réagir devant la maladie. Nous n’étions que des gosses. On voulait s’amuser. On voulait faire les cons. On voulait vivre. Puis… la maladie se rappelait à nos jeux d’enfants au milieu d’une chute, d’une crise de douleur, d’un faux sourire pour nous rassurer. Je revois le coup que Gavin lui a porté et mon regard, furieux, se tourne vers la maison. Enfoirés. Ma haine transpire de tous mes pores. La haine pour ces cons, pour l’ensemble de tous ces cons. La haine pour cette vie qui veut nous maudire. Encore. La haine pour ces souvenirs que j’aurai aimés laissé brûler dans un enfer familiale. Ne plus ressentir ce tourment, cette inquiétude.

Et il reprend la parole. Comme si la bombe qu’il venait de me lâcher n’avait pas provoqué de cataclysme. Il me parle de fantôme alors que sa carcasse est toujours de ce monde, le foulant sans honte face aux morts, les vrais, pas les zombis, pas les gens en sursis. Je me redresse à mon tour, l’observe de bas en haut pendant qu’il finit de lâcher des comparaisons futiles. Je sais parfaitement ce qui se cache en moi, m’ayant déjà amené à exprimer ma rage de vivre et de vaincre par de mauvaises actions comme…ôter la vie au profit de la mienne et, en cet instant, je sens cette part de moi faire des bons. Comme si la situation l’amusait tant cela a un impact sur mon être. Un chamboulement qui fait tressauter ma patience. La patience que j’ai envers ce monde. Envers l’être humain. Envers moi. Envers la vie. Envers mon cousin. Nolan….Alors je ne réfléchis pas et rétrécis la distance qui nous sépare pour lui exploser ma paume sur sa face. Geste qui, je le sais pertinemment, aura probablement des conséquences… Qu’importe je veux qu’il se réveille. En d’autres circonstances, avec son frère par exemple, c’est mon poing qui aurait saboté son visage. Nolan ! J’enchaine, et frappe une seconde fois, sous le bas de son menton. Je ne recule pas, qu’importe s’il se sent l’âme de répliquer. Nolan !!! Je m’approche même encore un peu. NO-LAN ! Je le foudroie à défaut de le frapper encore. Ca va, t’entends !? Tu sens les coups !? Tu sens un picotement sur ta gueule de jumeau encore en vie !? Parce que je t’assure, j’ai essayé de frapper mon frère quand il était mort…. Ça n’a jamais marché ! Alors à moins que tu caches sacrément bien une infection zombi tu es EN VIE ! Je serre le poing. Le visage de Bastien ne semble pas vouloir se dégager de ma mémoire. Quoique je dise, quoique je fasse, je me sentirai toujours coupable de n’avoir rien fait pour l’aider. Nolan est en vie et je n’aurai pas à assumer le remord d’être arrivé trop tard. D’avoir assumé l’existence de ma famille trop tarD. D’avoir voulu être présent…trop tard. Dis moi encore que tu es un fantôme et je t’explose au sol pour être bien sûr que tu ressentes la douleur comme n’importe quel être humain de ce putain de monde ! Je n’ai rien de sympathique…. Je n’ai rien à voir avec mon passé, mon enfance. Je ne lui montre rien qu’il ne connaisse. C’est normal… 17 ans nous sépare. 17 ans de transformation. 17 ans de mensonges. 17 ans d’obstacles. 17 ans de choix. Ta malédiction n’est qu’une merde pour ne pas assumer tes choix….nos choix…. Tu as merdé en voulant en finir avec ton frère, tu as merdé en te battant en frontal contre lui, tu as merdé en croyant que tu lui étais redevable quel qu’en soit le prix. Tu merdes encore en croyant qu’il vaut mieux que toi ! Que sa vie mérite plus que la tienne ! Sans ménagement, j’arme mon pied et frappe sur le genou gauche. Nolan ! Tu as merdé ! Mais tu as merdé parce que tu voulais croire …. Quelque soit ta croyance…. Tu t’y es tenu et tes choix en ont découlé…. TU as fait ce que TU pensais bon à ce moment là ! Qu’aurais-tu voulu faire de plus ? Etre devin ? Percer la vérité absolue de la vie sur terre ? Comprendre ce qui peut bien passer par la tête de ton frère !? PERSONNE NE SAIT ! Je lève les bras et les yeux au ciel. Personne tu entends ? Pourquoi nous sommes tous deux encore en vie alors que nous avons la sensation d’avoir perdu plusieurs mondes depuis notre naissance !? J’en sais rien ! Pourquoi mon frère s’est donné la mort au lieu d’affronter ses démons ? J’en sais rien ! Pourquoi je l’ai frappé au lieu de le prendre dans mes bras ? J’en sais rien ! Pourquoi je te frappe ? J’hausse les épaules dans un sourire. Ca je sais…. Et tu le sais aussi… Nolan n’aime pas toucher terre. Ce n’est pas son genre. Profondément, ce n’est pas lui. A moins que les années ne l’aient définitivement transformé en une pâle copie. Je n’y crois pas. Je ne sais pas tout ce qu’il y a à savoir du mec de 30 ans face à moi mais c’est à mon tour de croire en ce que tu es comme le fait Elias et Gui…. Giulietta. Je recule d’un pas, accoste un nouveau sourire. Parlons-en tien, si on parle bien de la même personne…. Une rebelle de la forêt de 1000 ans d’âge….Et que c’est à toi qu’elle a choisi de dévoiler qui elle est vraiment c’est qu’elle a très bien perçu l’homme qu’elle avait en face d’elle. Son regard ne devrait pas t’inquiéter…. Puis je soupire… Liam, lui c’est une autre affaire ! Tu n’as rien à lui dédier, ni ton temps, ni ton amour si cela te met dans un état pareil… Tu n’as plus le droit de gâcher ta vie pour lui comme il n’a plus le droit de gâcher la tienne. Il t’a sacrifié à son profit bien trop de fois pour que tu le laisses t’abattre par son simple remplacement…. Mes sourcils se froncent, ma main se lève, le menace au milieu de l’espace qui nous sépare. Tu entends NO-LAN ? Tu n’as plus le droit de gâcher ta vie à cause d’autrui. Tu as eu trop de chances pour continuer de vivre alors que tu penses ou pas le mériter aujourd’hui tu vas me faire le plaisir de te démerder pour faire en sorte de mériter la suite ! Je le désigne de haut en bas. Continue à emmerder ce gouvernement de merde, à aimer Gui, à te prendre la tête avec ton pôte et profites en pour te trouver d’autres gens qui te regarderont comme celui que tu es : NOLAN. Je m’approche, pose une main sur son épaule. Mon frère est mort parce qu’il a fuit ses problèmes et qu’il ne voyait plus d’autres portes de sortie. Toi tu en as encore même avec un rein défectueux. Si tu dois crever c’est avec ton prénom en grosse lettres imprimées dans ta tête …. Pas un autre et pas ailleurs cousin ! Je soupire. Et si tu as besoin d’un signe distinctif fais toi tatouer un N sur le haut du front… Ma main se détache de son épaule pour aller taper sa joue,  sans violence, une tape amicale qui cherche à secouer ses prunelles. Juste un peu. Juste assez pour y lire son prénom en plein milieu….

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Qui vole un oeuf...[Nolan/Tim]

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