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 It's just medicine [PV Madison]

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MessageSujet: It's just medicine [PV Madison]   Ven 14 Juil - 0:43

It's just medicine
Pick it up, pick it all up. And start again. You've got a second chance, you could go home. Escape it all. It's just irrelevant. It's just medicine. It's just medicine. You could still be what you want to. What you said you were, when I met you. You've got a warm heart, you've got a beautiful brain. But it's disintegrating, from all the medicine.



Le bras épouse la forme du front, ramasse la sueur avec constance et rigueur depuis de longues minutes maintenant. De douleurs articulaires en souffrances psychiques, le grec oscille entre deux états incertains. Conscience et inconscience se disputent le terrain, les paupières chassant et accueillant l’obscurité à intervalles irréguliers. La paume part vers l’avant, rencontre le coin de la table. Les doigts craquent, le grognement déchire le silence. Sous cette main tendue, une boule de poils se glisse abruptement. Le labrador pose très vite sa truffe contre la joue de son maitre échoué dans le canapé élimé. Elias cherche à le repousser mais sa coordination bancale ne l’amène qu’à heurter toujours plus ses membres endoloris contre l’ossature de la bête. Il renonce bien vite à cet exercice et préfère se redresser. L’éclopé doit s’y reprendre à deux fois avant de parvenir à basculer de la position horizontale à verticale. Les fesses toujours calées dans les coussins rapiécés, il observe alors la pièce tanguer. La nausée oblige la bile à danser dans l’estomac. L’épuisement le préserve d’une expérience regrettable comme d’une marche fortuite dans cette maison négligée. Il demeure immobile, fixe la pénombre avec mélancolie. La fatigue ne permet jamais d’étouffer entièrement l’anxiété. Elle ressurgit toujours, tenace et endurante pour lui passer toute envie de s’activer, de s’intéresser à ce qui, d’ordinaire, le passionne. Les plus belles pensées se sont envolées, les plus beaux raisonnements sont aliénés par tout ce qu’il a ingurgité contre tout avis médical et même amical. Plusieurs personnes le réprimanderaient pour son énième pioche dans sa boite magique. Des gélules qu’il a récupéré auprès de sa dealeuse préférée et d’autres qu’il est parvenu à s’offrir grâce aux ordonnances délaissées par Carley. Il compile entre plusieurs sortes de traitement, mélange les couleurs des pilules au creux de sa paume. Elles forment une belle peinture pour son esprit malade et éreinté. Ça ne fonctionne jamais assez bien cependant. Les doses augmentent en conséquence. Juste pour aujourd’hui, pour tenir le coup. Pour que ça ne se voit pas que ça ne va pas. Le temps que ça s’arrange s’entend-t-il encore penser. Mais ça ne s’arrange jamais. Il refuse de le reconnaître, préfère assoupir les démons de quelques cocktails chimiques.

Les effets divers de ce qu’il a avalé, s’additionnent. Il plane, finit par errer du salon à la cuisine sans même le conscientiser, buttant contre les objets en chemin. Il a chaud et froid. Les battements de son cœur s’amenuisent, ils se pressent ensuite plus vigoureusement dans la gorge avant de ralentir à nouveau. De l’eau coule contre ses tempes. L’évier, la tête dedans. « Sieur Kaligaris ? » Piedro. Le voisin. Le sol se dérobe et l’obscurité l’emporte. La mâchoire cogne le plan de travail, il se mord la langue. Le goût de l’hémoglobine pour dernière sensation. Puis le néant. L’opacité d’une nuit sans étoiles. Quand l’aube perce, elle lui lamine la rétine. Les paupières demeurent dès lors closes. Le crâne s’insurge très vite contre cet éveil. D’un coup d’épaule, il se retourne dans ce qui devrait être son fauteuil. Aucun dossier pour rencontrer sa carrure. Pire qu’une mauvaise gueule de bois, tout l’agresse. De la sensation du drap contre son épiderme, à l’air qui râpe son larynx irrité, fourni par deux tuyaux qui lui rentrent désagréablement dans le nez. De longues minutes sont nécessaires pour qu’un début de compréhension atténue la panique lié à l’inconnu. Ses doigts chiffonnent le textile qui le recouvre, remontent péniblement jusqu’au menton fracassé dans la chute. Sans réellement remettre  les pièces en place, il comprend qu’il a subi un malheureux accident. Les murs immaculés et les odeurs aseptisées se chargent de le remettre à sa place dans cet établissement si souvent fréquenté. Une impression de déjà-vu l’oblige à remuer les guiboles en quête d’une réponse qu’il obtient sans mal. Pas question de voiture ou de crash de toute évidence. Ce fait ne l’arrache pas réellement aux souvenirs de cette nuit catastrophique qui s’alignent avec plus de précision dans son esprit que les circonstances de cette hospitalisation.

Son ex-femme ne se tient pas au bout du lit cette fois-ci, ce qui confirme sa première conclusion sans pour autant justifier sa présence ici. Entre deux assoupissements terrifiants de par leur soudaineté, un médecin lui explique la situation. Tétanisé par la vérité, le rédacteur reste piégé dans ses couvertures et s'attend presque à ce qu'on crie à la farce. La réalité s'impose, il a été ramassé sur le carrelage par un gosse du quartier, conduit ici en urgence. Overdose, chanceux d’avoir eu un témoin pour le sauver. Lui qui se prêtait à tant de beaux discours, lui qui incitait Rhys à vivre envers et contre tout, vient de parier sa vie au prix de sa tranquillité sommaire d’esprit. A forcer ses limites sans même remettre en cause ses agissements, il a mis en péril plus que sa propre existence. Les noms se multiplient dans sa caboche mais le pire, il le murmure du bout des lèvres. Clementine, sa fille. Dès que son ancienne épouse apprendra sa folie, elle pourra ajouter une nouvelle cartouche à son fusil. La dernière, pour l’achever. Il n’obtiendra jamais la garde de sa gamine, passera inéluctablement pour l’instable qu’il est clairement devenu. Qu’il a peut-être toujours été au fond. Il n’en sait plus rien. La culpabilité rythme les heures qui suivent. Le journaliste sombre dans un désespoir sans fond et ne peut noyer son chagrin que dans un sommeil vagabond. La force, elle, semble avoir déserté pour de bon sa carcasse asséchée. Passer si près de la mort fait cet effet, il parait.
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