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 Drawing voices deep from you [PV Katsia']

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Drawing voices deep from you [PV Katsia']   Mer 19 Juil - 1:12

Drawing voices deep from you
Walking out into the dark cutting out a different path led by your beating heart. All the people of the town cast their eyes right to the ground in matters of the heart. The night was all you had. You ran into the night from all you had. Found yourself a path upon the ground. You ran into the night you can’t be found. But this is your heart. Can you feel it ? Pumps through your veins. Can you feel it ?


Le vide s’entasse contre la pupille, ternit l’iris. L’esprit divague quand la carcasse s’immobilise. Les bruits de la rue s’enchevêtrent, engendrent une cacophonie que l’infecté ignore sciemment. La lassitude magnifie l’égarement, le rend inéluctablement hermétique au monde extérieur. Exilé dans une allée obscure, l’arnaqueur guette l’inconnu. La lanière du paquet qu'il détient, comprime sa paume. Le fardeau étire le tendon et irrite sans mal les articulations. Masse considérable qui tend le bras et relie directement le danois à l’une de ses nombreuses activités inavouables. D’ordinaire, le mafieux troque l’hémoglobine de quelques mortels contre une poignée de billets mais aujourd’hui, la transaction se pare d’une audace particulière. Le boulot d’un autre qu’il a récupéré pour s’octroyer le bénéfice d’une dette inestimable. Job ingrat et risqué qu’il exécute à l’ombre du doute. Au lieu de dissimuler quelques flacons dans sa veste, le trafiquant se voit affubler d’une valisette suspecte, encombrante. Il n’a posé aucune question, convaincu de ne pouvoir se captiver pour la réponse. Peut-être que c’est le poids d’un organe qui lui broie l’épaule. Peut-être pas. Indifférent comme trop souvent, l’escroc se contente de réagir quand le signal survient. Un halo de lumière harcèle la rétine à trois reprises et trouve sa source à la fenêtre d'une bâtisse quelconque, de l’autre côté de la rue. Le quatrième faisceau lui accorde le mouvement selon les règles imposées. Il ne lui suffit que de quelques enjambées nonchalantes pour atteindre l’immeuble d’en face. Une attitude décontractée qu’il ne doit même pas feindre. En cela, il se révèle d’une terrifiante efficacité. Habitué à flirter avec le danger et même stimulé par la perspective d’un péril imminent, Oswald ne trahit en rien le caractère illégal de son acte. Ainsi, il traverse le hall d’entrée, dépose à l’endroit indiqué sa mallette et attrape son exacte réplique à proximité. Celle-là, forcément vide. Il ressort, ensuite, calmement armé du leurre.

Quelques pas exécutés tranquillement, une cigarette au bout du bec et la fumée poursuivant le corps en mouvement. La quiétude au-dedans et au dehors jusqu’à l’accroc improbable. Le regard se relève devant une agitation particulière. L’horizon se pare d’or, une cascade encadrant un visage faussement candide. Elle file à toute allure dans sa direction. Une seconde pour dévier sa trajectoire, une autre pour reprendre le souffle évanescent et la suivante pour élaborer sa stratégie. Lui faire croire qu’il détient le magot initial, l’éloigner du vrai butin. Tant par auto préservation que par instinct de protection, fait qu’il décide d’omettre quand il se met à courir. Jouant au fugitif pour détourner l’attention de la milicienne du building qu’il a délaissé. Le scandinave construit son plan à mesure que les rues sont parcourues, rejetant de façon théâtrale aussi bien objets que passants sur sa route afin de ralentir la progression de l'assaillante.

Tenace et  endurante, Katsiaryna représente à elle seule, l’élément le plus aléatoire de son quotidien. La jeune femme est un risque permanent et réel, surgissant de recoins insoupçonnés pour le traquer à toute heure de la journée. Dire qu’il ne trouve pas ce petit jeu relativement amusant, serait mentir. Les imprévus apportent à l’aventurier de quoi nourrir son inventivité et bousculer la monotonie qui s’est imposée à son arrivée en Louisiane. Il dispose suffisamment de griefs à son encontre pour occulter une partie du passé. Suffisamment pour que la souris veuille bien piéger le plus sournoisement possible le gros matou. Jusqu’à un certain point du moins. Il l’a découvert à ses dépens mais se refuse tout aussi bien d’annoter la limite qu’il ne veut pas franchir. Il ne s’agit même pas de volonté au fond mais le solitaire se complait toujours dans son déni.

La bouche de métro se prête ainsi au reste de la poursuite. Il s’y engouffre sans la moindre hésitation, dévale les marches à toute allure, un sourire flottant sur ses lèvres serrées. Si elle parvient à l’arrêter, la frustration récompensera ses efforts vains. S’il obtient ce pourquoi il a foncé droit vers le réseau souterrain, il aura gagné cette manche et une satisfaction méritée. Le quai ne comporte aucun témoin et par chance, le métro n’a pas encore quitté cette station. Le fuyard saute dans le premier wagon à sa portée. Conscient que la prédatrice a pu, elle aussi, gagner les entrailles du tas de ferraille, l’homme se déplace rapidement, déterminé à rejoindre l’arrière du train. A seulement trois enjambées de la porte qu’il souhaite outrepasser, la machine s'arrête net. Freinage d’urgence qui oblige le corps non préparé à basculer vers l’avant abruptement. La tête heurte la cloison, l’épaule émet un craquement dérangeant. Les douleurs physiques sont très vite chassées par la peine psychique. L’esprit malade avise l’obscurité avec difficulté. A moitié affalé, le phobique ne demande qu’à se recroqueviller au sol et à fermer les yeux pour gérer la soudaineté de cette opacité. Ses sens affutés par sa nature altérée, lui permettent d’ordinaire de palier à une partie de ce souci désormais entier. A l’heure où il aimerait pouvoir se reposer sur une acuité visuelle accrue, il est forcé de constater que l’humanité a repris ses droits sur l’organisme envenimé. Phénomène incertain qui, lui, ne pimente en rien sa routine. La complique même d’une façon qui l’exaspère au plus haut point.

La terreur pour seule alliée, le quadragénaire  se met à tâtonner les parois pour se repérer. Ses doigts heurtent par chance la poignée désirée. Faux soulagement. Aucune coopération de la part de l'engin, le mécanisme parait bloqué. La panique grimpe, rend ses raisonnements bien moins cohérents. Oubliée la biélorusse, perdue dans l’espace-temps déformé par cette succession d’événements. Dans cet espace confiné, il ne reste déjà plus que ses angoisses pour exister. La main attrape le briquet au fond de la poche. Une étincelle pour réconforter le cœur en déroute, une flamme vacillante à laquelle le mental fracassé se raccroche péniblement. Mais les doigts tremblent, le pouce dérape. Le feu crépite contre la chair, le force à relâcher l’objet précipitamment. Il jure dans sa langue maternelle en s’accroupissant et rampe entre les sièges désespérément, en quête de sa seule source de lumière. Dans l’ombre, d’autres projets se construisent. Des sons que sa tare bâtit peu à peu. Des échos qu’il ne perçoit pas encore totalement, trop occupé à dénicher ce qu’il a malencontreusement égaré.

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MessageSujet: Re: Drawing voices deep from you [PV Katsia']   Mer 26 Juil - 17:56

Drawing voices deep from you
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La nuit n’était d’aucun réconfort à la Nouvelle Orléans. Katsiaryna avait toujours trouvé plus d’honnêteté dans le déploiement tentaculaire des couchers de soleil rougeoyants ; ceux-là semblaient refléter avec une froide exactitude les gerbes de sang qui tapissaient la majeure partie de la ville ; ils l’aidaient à garder ses sens en alerte, lui rappelaient que son propre sang aurait tôt fait de s’ajouter à tous ceux qui composaient déjà la vaste palette du Gouvernement et du crime organisé. La nuit, elle, vous projetait volontiers au-delà de votre corps et de vos obligations, vous poussait furtivement sur la pente de dangereuses rêveries.
Il fallait ainsi lutter contre soi-même, contre le sordide mécanisme d’adaptation qui assurait la survie – l’endormissement – de la conscience humaine et lui permettait de s’habituer à une routine délétère. Katsiaryna, sans remettre en cause ses allégeances, n’entendait pas pour autant fermer complaisamment les yeux sur le prix que d’autres – innocents ou non – payaient quand elle s’acquittait de son devoir. Cautériser une plaie n’allait pas sans douleur. Et la douleur avait une extraordinaire capacité de diffusion. Elle était tout aussi salissante que le sang. Katsiaryna tâchait, dans la mesure de ce que sa bonne foi défaillante lui permettait, de refuser le confort de l’aveuglement, de préférer l’inconfort de la lucidité. Elle voulait considérer en toute objectivité ce qu’il y avait de tragique dans les nuits étouffantes de la Nouvelle-Orléans, où seuls les hurlements poussés çà et là vous servaient de garde-fou contre les pièges qu’elles vous tendaient.
Il fallait encore lutter contre soi-même et ne pas songer que l’on avait pratiquement entendu les mêmes tout au long de la journée. Katsiaryna, afin de disperser le dangereux spectre de la routine qui ne cessait de se densifier autour d’elle, n’hésitait pas à se mentir un peu pour trouver une nuance là où il n’y en avait pas forcément. Les cris pulsaient un souffle glacé dans ses oreilles et s’y imprimaient durablement comme des tambours de guerre ; mais la nuit leur adjoignait perfidement la tessiture grave des râles d’agonisants.
L’agonie du jour se prolongeait en somme dans chaque être. La nuit démultipliait tous les maux. Elle lui faisait sentir plus que tout autre moment du quotidien son incapacité à se trouver sur tous les fronts. Prendre en considération un problème, lui rappelait-elle amèrement, revenait nécessairement à en négliger un autre. Elle instillait dans son cœur une culpabilité malsaine, incurable, l’empêchait de terminer son service avec le sentiment du devoir bien accompli, en accentuant plutôt l’égoïsme qui la poussait à se préserver, à mettre un terme provisoire à ses tours de garde.
Il fallait enfin lutter contre soi-même pour « rentrer à la maison », ne pas risquer sa vie davantage. Mais elle trouvait dans l’action une échappatoire paradoxale. La fin de service la propulsait immanquablement à l’instant autrement dangereux où elle se trouverait dans le silence d’un appartement vide, prise au piège d’un face à face avec son âme – avec sa conscience qui la poussait insidieusement, jour après jour, à faire le compte des dettes qu’elle contractait auprès de l’humanité.
Elle se voyait déjà franchir le seuil de sa porte et allumer aussitôt une petite bougie à la mémoire de sa mère. Ce n’était pas tant un geste religieux qu’une façon pour elle de matérialiser la pensée qu’elle avait en permanence à son égard ; de faire en sorte que quelque chose vive avec elle et d’écouter tout ce que pouvaient susurrer les vacillements de la flamme, dans un dialogue feutré qui lui permettait un tant soit peu d’atteindre un au-delà auquel elle n’avait pas encore accès.
La notion confortable de « mal nécessaire » prenait une tout autre couleur quand vous pouviez jouir de ces moments de tranquillité empoisonnés. Le travail acharné lui avait toujours semblé plus sûr : il sanctuarisait paradoxalement son quotidien.

… Du moins dans la plupart des cas. Par moments, elle était obligée de tout mettre en jeu : son intégrité physique, et le reste.

Le reste.

Katsiaryna regardait alors la ville délabrée défiler à travers la vitre brisée d’un véhicule de fonction. Celui-ci roulait quelquefois au pas pour faciliter la surveillance du quartier et ne pas couvrir les hurlements qui s’y élevaient et leur servaient de points de repère. Certains de ses collègues, à l’intérieur, étaient encore en service, qu’ils soient vêtus de noir ou de gris. Ils devaient la déposer un peu plus loin et elle tâchait de faire abstraction, contrairement à eux, des trop nombreuses agonies qui ponctuaient le silence du Nord de la Nouvelle Orléans.

Mais une silhouette douloureusement familière obscurcit bientôt son œil.

Une décontraction insolente dans la démarche, une arrogance mâle dans les épaules…

La fixité subite de son regard annonçait déjà une prise en chasse imminente.

D’un tapotement sur l’épaule, elle intima au collègue qui conduisait d’immobiliser le véhicule. La portière ne tarda pas à se refermer derrière elle. « Ne m’attendez pas, prévint-elle laconiquement. Je me débrouillerai pour rentrer. »
Elle marcha tout d’abord, et l’adrénaline lui fit oublier le poids de ses rangers. Puis elle se mit à courir. Le professionnalisme – ou tout simplement l’intelligence – aurait voulu qu’elle se montre plus subtile dans son approche, plus furtive ; mais elle avait toujours mis un point d’honneur à lui arracher ce détachement – ce dédain – insultant du corps ; à ébranler un tant soit peu tout cet édifice de traîtrises et de railleries en le forçant à courir à son tour ; à lui faire sentir le poids de ses années et de ses mensonges par le simple essoufflement qu’elle lui causerait.
Elle avait toujours très bien su se mentir à son sujet.
Peut-être souhaitait-elle seulement se distraire des trop nombreuses fois où elle avait couru après lui – bien différemment alors. Les réminiscences de jeunesse refluaient immanquablement, la parasitaient à son corps défendant.

Elle avait d’abord couru pour le rejoindre en cachant bougonnement sa joie chaque fois qu’il était apparu au bout de la route qui jouxtait sa petite maison à Minsk.
Puis elle avait eu le malheur de grandir et d’espérer beaucoup trop de lui. Elle s’était cassé les dents – et peut-être autre chose encore, mais ç’aurait été trop dire sans doute.
Il lui avait échappé à tous égards.
Et il continuait de lui échapper effrontément maintenant qu’elle n’attendait plus rien de lui, sinon d’être en règle avec le Gouvernement.
C’était beaucoup trop encore. La mallette qu’il tenait le disait assez bien.

Katsiaryna se précipita dans la bouche de métro sans se soucier des regards malveillants que son uniforme noir soulevait sur son passage et descendit lestement les escaliers trois à trois. Les portes du wagon se refermèrent sur l’air qu’avait brassé sa course effrénée.
Elle ne s’était arrêtée qu’une seconde, le temps d’expirer profondément et de souffler sa détermination par le nez, sans quitter des yeux la silhouette qui rapetissait dans l’encadrement des portes vitrées – toutes cassées – séparant chaque wagon.

Mais un freinage inopiné la cueillit bientôt en pleine course. In extremis, elle s’agrippa fermement à l’une des barres de métro et ancra solidement son pied fort au sol, soulevant légèrement l’autre pour que l’essentiel du choc s’y écoule sans rencontrer une résistance excessive qui l’aurait violemment projetée en avant. Elle ignora la douleur qui lui tirailla l’épaule malgré tout et repartit en titubant un peu dès que son corps eut englouti le contrecoup du freinage.
Tout le train était désormais plongé dans le noir. Une panne d’électricité, comme il en survenait tant dans le quartier. Elle savait qu’il était inutile – et extrêmement dangereux – de forcer les portes pour descendre sur la voie. Tâchant de garder son calme et de repousser le sentiment de vulnérabilité qui lui mordait les flancs, Katsiaryna sortit sa lampe torche et continua de progresser prudemment de wagon en wagon.
Elle craignit qu’il ne lui ait échappé bêtement, une fois encore. Mais elle ne tarda pas à buter contre un obstacle, qu’elle identifia comme étant la mallette qu’il avait transportée jusqu’alors. Vide, ou pleine de quelques papiers seulement, à en juger par le trop faible poids qu’elle avait senti au bout de son pied. Elle fronça suspicieusement les sourcils. Qu’avait-il encore manigancé ?
Ses yeux et le faisceau de sa lampe ne tardèrent pas à tomber sur une silhouette étendue au sol. En mouvement. Elle mesura sans un mot la distance qui la séparait de ce que la main tâtonnante cherchait et fondit rapidement dessus pour s’en emparer la première.
Quelques secondes s’écoulèrent, au terme desquelles elle substitua la lumière de sa lampe torche à la flamme capricieuse du briquet. Puis ce fut le noir à nouveau.
Elle n’aimait pas le voir amoché et vulnérable. Elle aurait préféré y être totalement indifférente.
Aussi se tint-elle à une distance raisonnable de lui. Hostile. « Pourquoi ce briquet t’est-il si précieux ? » l’interrogea-t-elle sans chercher à jouer la mascarade de leurs sempiternelles retrouvailles. « Et quelle comédie joues-tu encore ? Relève-toi, je n’ai pas l’intention d’endurer une autre de tes mises en scène. » Elle connaissait certains de ses démons. Mais pas ceux-là, dont l’étau s’épaississait subrepticement autour de lui ; pas ceux-là, qui léchaient déjà le bout de ses rangers comme autant d'ombres devenues tangibles.


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MessageSujet: Re: Drawing voices deep from you [PV Katsia']   Dim 6 Aoû - 12:21


« Darkness Falls Across The Land »


Deadnight Warriors




La rumeur qui grandit, qui enfle de plus en plus. Et finit par vous atteindre de plein fouet. Vous ne vous rendez pourtant compte de rien. Pas au début, tout du moins. L'endroit où vous vous trouvez semble tout à fait normal. Vous ne ressentez rien de particulier. Rien d'autre que la présence de votre interlocuteur. Rien qui ne laisse présager de ce qui vous attend. Aucun signe alarmant, aucun facteur particulier qui aurait pu vous rendre méfiant, encore moins vous mettre la puce à l'oreille. Que la tension palpable et caractéristique de l'endroit dans lequel vous évoluez. Vous n'en avez aucune idée mais pourtant, en quelques instants, quelques secondes à peine, vous basculez dans un autre univers.

La transition se fait dans la plus grande douceur pour endormir les suspicions. La brèche que vous traversez est invisible, impalpable. Vous pénétrez dans l'autre monde sans le savoir et faites votre entrée dans les ténèbres sans vous en rendre compte. Pas dans l'immédiat. Le décor ne change presque pas et vous abandonnez le metro light rail pour sa reproduction identique et apocalyptique située à Darkness Falls. Cette version des Enfers encore habitée par des créatures voraces, des monstres affamés qui n'aspirent qu'à vous dévorer les entrailles et vous détruire à petit feu. La promesse de longs moments de torture insupportable si vous vous laissez attraper. Elles vous attendent au tournant, les chimères dévastatrices. Atteindre une issue, une autre brèche vers le monde réel, reste votre meilleure chance de survie. Mais ces dernières se font rares et surtout très aléatoires. Alors, restez sur vos gardes si vous ne voulez pas rester piégés dans les limbes et y perdre bien plus que la raison.
 

 

 

 
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MessageSujet: Re: Drawing voices deep from you [PV Katsia']   Sam 12 Aoû - 21:59

L’opacité placardée à la rétine et la terreur enfouie dans la cage thoracique, le phobique racle le sol de ses mains. Les voix se pressent en nombre dans son crâne. Il sait que la source de cette cacophonie n’a d’autre siège que sa cervelle malmenée par quelques expériences chaotiques. Des yeux guettent, des mirages se rapprochant qu’il chasse d’une paume tremblante. La plupart de ses hallucinations le laisse indifférent. Mais celles qui naissent dans l’obscurité, se parent d’une toute autre substance. Tissu mémoriel déformé qui le ramène aux esquisses de cette peur enfantine. Des pleurs alimentent toujours ses cauchemars, construisent un sentiment de culpabilité accru. Ils éclipsent tout autre son quand la nuit fond sur lui et qu’aucune lueur ne vient l’en extirper. Sa mère qui exprime une détresse fatale à laquelle il n'a jamais répondu. La respiration devient pesante, les ongles grattent le plancher avec plus de férocité. Les cris que son esprit a engendré, se répercutent aux parois, créent un écho qui incite la tétanie. Figé et impuissant face à l’appréhension, un faisceau le rencontre ultimement. Douce et éphémère délivrance qui l’oblige à relever le menton pour croiser la silhouette familière. Un grognement pour toute réaction et l’instant suivant, le réconfort de cette lampe torche n’existe déjà plus. La femme, elle, demeure. Victorieuse et sans nul doute ravie de le dénicher dans cette position pour le moins embarrassante. L’irritation rend le danois revêche, moins enclin aux petits jeux qu’ils s’amusent à entretenir d’ordinaire. Elle lui fait savoir que durant sa transe, elle a pu rattraper ce qu’il recherchait vainement. A genoux, les poings repliés sur ses cuisses, le quadragénaire tente de s’accrocher à l’empreinte de la réalité que la blonde dessine de sa voix. Une inspiration profonde, une tentative inutile de fuir ce qui se tapit dans l’ombre. Il n’ose même pas se remettre debout. Il ne peut pas détaler face au danger, il le porte en lui.

Regrettablement, le mafieux se retrouve ainsi totalement à la merci de ses tares et de la milicienne. Il chasse les bruits fantasques en parlant plus fort, à un volume bien trop élevé pour l’espace confiné et silencieux dans lequel ils sont tous deux piégés. L’agressivité se fait congédier au profit de son insolence caractéristique. Il se donne l’illusion de maitriser une situation qui ne lui appartient plus. « C’est une bombe qui me l’a filé ce briquet. Du genre bonnet E, belle brune sulfureuse. Ton total opposé à bien y réfléchir. J’y suis sentimentalement attaché de ce fait. Je voudrais pas oublier tout le bien qu’elle m’a procuré, tu vois. » Heureusement que les ténèbres lèchent son faciès car si ses intonations suggèrent une surdité factice, elles se veulent tout de même nonchalantes. Sur ses lèvres, cependant, aucun sourire goguenard comme il aimerait le faire croire. Les traits crispés, l’homme doit mobiliser toute son énergie pour ne pas divulguer l’état de vulnérabilité auquel cet environnement hostile le soumet. « Et moi qui croyais que tu serais ravie de me voir mettre un genou à terre. » Ses réponses provocatrices ne lui achètent qu’un peu de temps. La sueur dégringole ses tempes. Les sanglots imaginaires se renforcent, il ne les supporte déjà plus. Il se met à crier pour les couvrir plus efficacement, pour ne plus y prêter l’oreille. Pour les oublier si possible. « T’as qu’à rallumer ta lampe si t’as envie que je bouge mes miches. J’ai pas spécialement envie de me manger un élément du décor ou la délicatesse de ton poing d’un seul coup. Puis tu comptes faire quoi avec ce truc de toute façon ? Me cramer peut-être ? Pas besoin d’en arriver là si tu veux que je vire mes fringues à toute vitesse, tu sais. Je pensais pas que c’était le genre de cadre que tu kifferais pour ça mais t’es pleine de surprise pas vrai, Katsie ? Une vraie sauvageonne. » La langue claque juste avant la ponctuation, révèle l’instabilité sur les dernières notes.

Étreint par l’anxiété grandissante, il finit par prendre appui sur un des sièges et reprend de la hauteur non sans mal. Ses jambes flageolantes lui apprennent qu’il est plus secoué qu’il ne l’aurait imaginé. « Putain. »  Devenu proie, il ignore pourtant encore qui est le réel prédateur. La chimère qui geint en arrière-plan ou la soldate si prompte à lui chercher des noises. Tout en progressant lentement, l’escroc se heurte, selon ses prédictions, à tout ce qui peut encombrer sa progression en ignorant sa direction. Les voix au-dedans s’accentuent. Le souffle coupé, il finit par discerner une carcasse, à laquelle les gémissements se superposent. Il veut que ça s’arrête alors il bondit pour arrêter la fiction. « Ca suffit. » supplie-t-il même d'un souffle. C'est une torture mentale sans fin. Mais si les plaintes n’ont rien de tangibles, le corps lui habite bien le lieu. Il fond sur la scandinave sans le vouloir, la percute de plein fouet avant de reculer de plusieurs mètres, légèrement sonné. Pour tenter de faire passer son coup de démence pour une manœuvre avisée, il poursuit très vite. « Allez, ça suffit de jouer, rends-moi ça. Tu risquerais de te brûler, fillette. » Son ténor rocailleux résonne dans l’habitacle. Toujours submergé par ses démons, il ne réalise pas le passage d’une dimension à l’autre, vit essentiellement dans ses enfers. Quand d’autres sons moins perceptibles se mêlent à ceux que produisent son esprit, il n’en prend pas toute la mesure. Une légère brise glacée caresse son échine, hérisse le poil. La respiration se fait plus difficilement, le décor devient menaçant. Mais tout ça, ce n'est que dans sa tête, pas vrai ? Les lamentations se transforment en une douce tonalité qui lui murmure quelques mots à l’oreille comme pour donner raison à sa théorie. Il trébuche devant les nouveaux spectres de son passé. Le pied cogne dans la valise qu’il avait emportée. Dès l’instant suivant, il la propulse contre la vitre la plus proche pour tenter de la fracasser. Il s’y reprend à plusieurs fois avec une rage animée de son désespoir. Bien loin de se douter que sa folie alerterait ce qui se terre dans cet endroit lugubre qu’il croit avoir imaginé.

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MessageSujet: Re: Drawing voices deep from you [PV Katsia']   Dim 8 Oct - 17:33

Drawing voices deep from you
Walking out into the dark cutting out a different path led by your beating heart. All the people of the town cast their eyes right to the ground in matters of the heart. The night was all you had. You ran into the night from all you had. Found yourself a path upon the ground. You ran into the night you can’t be found. But this is your heart. Can you feel it ? Pumps through your veins. Can you feel it ?


Se livrant témérairement aux dangers de l’obscurité, Katsiaryna ne s’en remettait plus qu’à son ouïe, désormais. Oswald était de ces comédiens naturels, pourvus par le Diable en personne, qui parvenaient toujours à se soustraire presque sans effort à l’examen des regards les plus acérés. Mais celui-ci, dès les premières confrontations, lui avait semblé plus redoutable encore, en ce qu’il avait appris à donner un visage à sa voix. Un véritable masque mouvant. Aussi avait-elle toutes les peines du monde à déchiffrer les manifestations de son existence perturbée. La lourdeur de son souffle, le grattement de ses ongles contre le sol souillé du wagon, son grognement enfin ; tout lui disait, pour commencer, qu’il n’était plus tout à fait le même ; comme s’il ne s’agissait pas seulement d’une marque d’irritation, mais que ces convulsions gutturales trahissaient une régression vers un autre rapport au monde, plus perceptif. Plus animal. Oswald s’apprêtait à survivre. Pas seulement à lui échapper. Mais qu’il puisse se débattre contre d’autres ennemis, intangibles ceux-là, Katsiaryna ne l’effleurait encore que du bout de la conscience.
Il ne s’était pas entièrement redressé, du reste, et l’avait par là même jetée d’une extrémité à l’autre de son orgueil : la pire, qui l’invitait à considérer avec une mesquine et vindicative satisfaction le ploiement impuissant de ses genoux ; la meilleure, qui lui rappelait avec sévérité que rien, dans la situation d’Oswald, n’était susceptible de la grandir noblement.
Rien n’était jamais simple quand elle croisait son chemin. Sa seule présence s’appliquait sur sa perception du monde à la manière d’un prisme, lui en montrait les versants les plus dégoûtants et l’obligeait du même coup à fournir un effort conséquent pour ne pas se laisser ensevelir et se raccrocher à ce qu’elle croyait juste. Oswald n’était qu’une eau sombre à la surface de laquelle miroitaient dangereusement les plus bas instincts. Mais sa conscience lui interdisait de dénier entièrement l’être humain qu’il restait, malgré tout.

Elle faillit l’interroger à nouveau, s’enquérir de son état avec une inquiétude mal dissimulée. Mais il lui épargna généreusement cet embarras.

Il parlait étrangement fort, tout à coup, comme ceux qui s’évertuaient à tenir une conversation tout en gardant leurs écouteurs dans les oreilles, croyant bêtement qu’on ne les entendrait pas car eux-mêmes ne percevaient plus le son de leur voix. Katsiaryna ne se doutait pas qu’elle touchait juste, en un sens. Oswald parlait fort, comme s'il craignait de ne pas s’entendre. Comme s’il fallait couvrir autre chose. Elle fronça suspicieusement les sourcils, voulut lui faire remarquer qu’elle l’entendait parfaitement et qu’il n’avait nul besoin de hurler ; mais ses cassantes paroles, signant soudainement le retour de l’homme qu’elle connaissait – qu’elle avait appris à connaître à ses dépens –, lui firent l’effet d’une violente claque sur la bouche.
Elle se sentit sonnée de s’être presque laissée attendrir. Et c’était ainsi qu’elle se laissait stupidement harponner par ses sempiternels et durs sarcasmes. Une fois encore. C’était ainsi qu’elle devait à nouveau recourir à ce mécanisme de défense paradoxal : mordre à l’hameçon des illusions qu’il distillait, commencer de croire à la position de force qu’il prétendait, comme toujours, se donner ; tout cela pour se barricader enfin, derrière ses traits durcis par la pénombre et une inavouable rancœur. Elle ne le voyait toujours pas, ne voulait pas le voir, et faisait complaisamment l’erreur de croire qu’elle pouvait lire l’expression de son visage à même le grain de sa voix.

Pour se protéger, elle avait à présent besoin de contempler exclusivement le salopard dans la peau duquel il se mettait. Tous deux loupaient ainsi le coche de la vérité et y trouvaient pareillement leur compte.

Son poing ganté se resserra fermement autour du briquet tandis qu’il l’attaquait là où il savait pertinemment que la petite fille et l’adolescente n’étaient pas tout à fait enterrées. Eh bien ? S’était-elle donc attendue à autre chose que cette récurrente grossièreté qui la blessait et la renforçait tout à la fois par la colère et l’impatience qu’elle lui inspirait ? « Touchante façon de vivre dans le passé et de t’agripper à des fantômes. » murmura-t-elle avec un soupçon de fiel de dans la voix – son fantôme, à elle, ne figurait pas dans le lot. « J’ignorais néanmoins que tu étais du genre à garder en mémoire tout le bien que l’on a pu te faire et à t’en montrer reconnaissant – mieux, à t’en sentir redevable. Je suppose que tu es plein de surprises, toi aussi. Et je m’en souviendrai la prochaine fois, si tu survis jusque-là. » Elle se hasarda enfin à faire un pas vers lui dans le but de le saisir et de le mener jusqu’aux locaux de la Milice. « Ce n’est pas moi qui te fais mettre un genou à terre, Oswald, mais ton indécrottable faiblesse. Je n’ai donc aucune satisfaction à en tirer. Et puis, contrairement à toi, je ne me réjouis jamais – presque jamais – des insuffisances des autres. » Peut-être aurait-elle dû, songea-t-elle très fort. Cependant elle s’immobilisa comme il criait encore, prête à se défendre en cas d’attaque. « CESSE de hurler ou mon poing finira effectivement par te bâillonner. » feula-t-elle en rangeant le briquet dans l’une des poches en cuir assemblées à sa ceinture.
L’obscénité faussement légère de ses paroles résonnait encore à ses oreilles et il lui semblait qu’elle lui salissait l’âme. Égal à lui-même, Oswald jouait, encore et encore. Il profitait éhontément de ce que, quelques années plus tôt, le simple fait d’entendre sa voix ait pu lui hérisser agréablement l’échine. Plus il s’amusait avec ses naïvetés passées, les manipulant sans la moindre délicatesse, plus elle sentait s’épanouir – pourrir – dans son cœur l’irrépressible désir de lui enfoncer la trachée du plat de sa semelle.

Ils avaient tous deux une erreur à se reprocher et à ne jamais se pardonner ; tout ceci était de bonne guerre, sans doute ; mais Katsiaryna s’obstinait à croire, puérilement, qu’il restait celui qui avait irréparablement ouvert les hostilités.

Elle refusait de regarder en face ce que ses représailles avaient pu avoir de disproportionné, de même qu’elle refusait d’entendre les bouleversements qu’il avait au fond de la voix.

Elle se laissait en somme submerger par le ressentiment, lui sacrifiant aveuglément la prudence qu’exigeait la situation. Le professionnalisme aurait voulu qu’elle se montre attentive au froissement de ses habits lorsqu’il se releva enfin – lourdement, aurait-elle alors pu deviner –, au tremblement de ses jambes dont l’effort devint perceptible à travers le soubresaut de sa voix. Bien qu’elle se soit précédemment mise en garde par instinct, elle ne fut pas en mesure d’esquiver la charge du mafieux ; la collision l’emporta sur quelques pas, sans lui laisser le loisir de le saisir ; déjà, il s’éloignait d’elle, qui ne s’était aperçue de rien.

Katsiaryna se rétablit dans un grondement agacé. La pénombre ne lui avait pas permis de voir les contours d’Oswald s’estomper brièvement. Cela suffisait, de fait : elle ne commettrait plus la moindre erreur. « Il est toujours utile de savoir que tu es en mesure de te lever et de courir. » dit-elle en allumant de nouveau sa lampe torche. Elle ne soupçonnait pas encore à quel point ils allaient en avoir besoin. « Laisse-moi cependant te faire remarquer que ce n’est pas en me fonçant dedans que tu parviendras à récupérer ton précieux briquet. » D’une façon improbable, la voix lui manqua tout à coup. Elle toussa, croyant avoir un chat dans la gorge, mais s’aperçut qu’elle avait en réalité du mal à respirer. Elle ignorait tout de l’envers où ils venaient tous deux d’atterrir. Les spécificités en étaient d’autant plus imperceptibles au premier coup d’œil que le Metro Light Rail figurait depuis quelques années parmi les lieux les plus délabrés de la Nouvelle-Orléans. Ce fut en déplaçant le bout de son faisceau lumineux qu’elle finit par distinguer une étrange luisance par endroits. Elle se raidit aussitôt, comme instinctivement consciente du danger ; inspira lourdement, et eut le sentiment de s’intoxiquer. Un cri dont elle ne parvint pas à identifier la provenance s’éleva subitement au loin. Son premier réflexe fut d’ignorer le frisson de peur qui la parcourut et de mettre la main à son arme, dans la perspective de se défendre contre une éventuelle agression.

Mais un autre cri, distinctement inhumain celui-ci, déchira le silence du Metro Light Rail et lécha les parois du wagon jusqu’à les atteindre dans une réverbération lugubre.

Katsiaryna craignit d’avoir compris. La stridence du hurlement, qui avait aussi quelque chose du feulement, l’avait jetée dans les réminiscences de ces rares – mais de plus en plus fréquentes – patrouilles qui s’étaient mal terminées. Elle revoyait les corps mutilés, les crocs luisants de salive et de sang. Mais elle n’avait pas pour autant été mise dans la confidence et elle sentait à présent tout le poids de son ignorance. Sa main quitta son arme avec résignation. Elle savait qu’il lui faudrait absolument fuir le combat qu’elle avait naïvement cru pouvoir livrer l’instant précédent : n’ayant pas soupçonné une seconde que des créatures puissent la cueillir dans l’enceinte même de la ville, l’équipement lui manquait. La lourdeur de ses insuffisances et de sa frustration remplaçait celle des fusils et des lance-grenades.

Sans un mot, elle coinça le manche de sa lampe torche entre ses dents et chercha fébrilement son biper pour envoyer un message d’urgence au reste de la Milice. Mais elle demeura stupide face au dysfonctionnement inexplicable de l’appareil. Son cœur gonfla dangereusement et éclata à ses tempes. Un autre hurlement acheva de lui glacer le sang. Lorsque celui-ci se remit en mouvement, ses pulsations résonnèrent à ses oreilles comme un glas : tout son corps sonnait lui-même le moment de la curée où il allait inévitablement être jeté en pâture. Son corps dépecé.

Aux tambours de son cœur s’ajoutèrent soudainement ceux d’Oswald qui tentait désespérément de briser une vitre avec la mallette qu’il avait laissée tomber. Il la sortit de son inertie. Tandis que ses doigts se refermaient à nouveau sur sa lampe torche, ses yeux, opacifiés par le désir de survivre, s’étaient fixement arrêtés sur lui. L’instinct dégueulassement humain la submergea un instant, la poussa à éteindre la lumière : le laisser là, songea-t-elle en ne s’appartenant plus, faire de lui la proie idéale, la diversion rêvée pour ne pas être dévorée à son tour ; s’ôter du pied et du cœur l’épine qu’il a toujours représenté à ses yeux.

Mais la nausée lui étreignit l’estomac comme un sursaut d’humanité glacé la forçait à retrouver ses esprits. L’impartialité et le devoir reprirent sévèrement leurs droits, la lumière éclaboussa de nouveau les parois du wagon : un civil, tout dangereux et parasite qu’il soit, restait un civil.

Or ce civil, tout dangereux et parasite qu’il soit, était un imbécile qui allait les faire repérer en un rien de temps.

Aussi ne s’attarda-t-elle pas davantage : elle se précipita sur lui pour l’obliger à lâcher la mallette au moyen d’une clé de main ; et plutôt que de le libérer, s’empara de ses menottes pour lier son poignet au sien. Sans ménagement, elle l’attira en arrière en lui expliquant qu’ils allaient rebrousser chemin, se rapprocher de la précédente station dont ils ne s’étaient pas beaucoup éloignés et traverser le reste de la voie pour rejoindre le quai et s’extirper de la bouche de métro. Un hurlement macabre la mit en garde. « Dépêche-toi, Oswald, on ne joue plus, tu l’as dit toi-même. Nous ne sommes pas seuls. » Comment tout cela était-il possible ? Courir, courir le plus vite possible sans attirer l’attention. Elle ne possédait qu’une arme de poing et deux fumigènes. « Il va falloir se passer de lumière. » La perspective de tomber nez-à-nez avec une créature faillit lui mouiller les yeux. Ce n’était pas le moment de faiblir. « Je crois… » Malheureusement, elle ne connaissait pas exactement la façon dont ces monstres fonctionnaient. Les fumigènes pouvaient les distraire, mais elle craignait que la lumière de la lampe torche ne les attire vers eux et ne leur permette de garder leur trace, de même que l’odeur de leur panique.

Une première porte céda sous leur progression. Doucement, se dit-elle sans réussir à s’obéir, le bruit était une empreinte comme les autres. Derrière eux, le fracas d’une vitre que l’on brise couvrit bientôt le craquement de leurs pas, rapidement suivi d’un son mat, comme si un corps avait mollement atterri sur le sol avant de reprendre sa course. La panique voila un instant ses yeux accoutumés à l’obscurité. Elle se sentit obligée d’allumer la lampe torche pour mémoriser sur une courte distance le chemin à suivre, sans soupçonner ce que la lueur avait de salutaire pour son prisonnier ; puis il fallut l’éteindre de nouveau. Sans doute la rallumerait-elle par intermittence ; mémoriser ; courir ; recommencer ; ne pas mourir.


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MessageSujet: Re: Drawing voices deep from you [PV Katsia']   Jeu 19 Oct - 1:11

Dans les ténèbres, les terreurs construisent la prochaine aube. Renouveau macabre aux rayons de suie, le jour où la fin embrasse l’homme. Oswald respire la nuit, avale l’encre sans jamais effleurer les étoiles. Sur sa langue, le goût traine, dérange. Des toxines qui râpent la langue, qui saccagent le larynx. L’air l'entourant, ressemble à une seconde peau qui colle et oppresse. Les doigts veulent la gratter, la retirer couche après couche. La gorge supplie peu à peu, la rétine s’humidifie sous la pression atmosphérique. Les voix chuchotent encore dans les ombres. A moins que ça ne soit les ombres qui chuchotent et miment des voix ? Le danois redouble de vigueur en balançant la mallette contre la vitre inutilement, répétant le geste jusqu’à en avoir mal aux articulations. Des mains l’arrêtent. Il sursaute, menace de frapper l’apparition avant de se souvenir. La sueur perle sur son front, les tremblements animent son corps de soubresauts inconvenants. La panique s’insinue toujours plus douloureusement dans le réseau sanguin. Il se raccroche avec désespoir au contact de la blonde, fait tomber la valisette et s’en remet à son timbre intransigeant pour recouvrer un semblant de lucidité. En temps normal, il se serait insurgé ou moqué du ton autoritaire que la scandinave emploie mais la normalité a foutu le camp en même temps que le sang-froid. Il ne cherche pas vraiment à déchiffrer pour l’heure la situation et ne réveille nullement la conscience tapie sous la folie douce. A la place, l'escroc suit de près la trentenaire, le souffle court et l’enfer frôlant les talons. Les paroles résonnent dans son crâne. Pas seuls, pas seuls. Lui, il ne l’est jamais tout à fait. Parfois, ils fichent la paix mais trop souvent, les fantômes s’invitent. Mirages visuelles, sonores. Il a envie de leur répondre. Aujourd’hui ne fait pas exception.

Ainsi alors que Katsiaryna  fait céder la première porte, il gueule à l’attention des hurlements chimériques. « La ferme, la ferme. » Le quadragénaire sait très bien à qui ils appartiennent. Ils sortent toujours à la nuit tombée, vampires d'un autre temps venu écailler les tympans. Arrivé dans l’autre wagon, le dément a le malheur de se retourner en direction d’un bruit sourd. Celui-là lui parait différent. Bien différent de ceux qu’il a recueilli jusqu’ici. « Qu’est-ce qui se passe ? » Finit-il par demander d’un murmure. L’opacité placardée à la pupille est brièvement chassée par un faisceau lumineux. Marin traquant la lueur du phare alors que la mer se déchaine de part en part, il soupire de soulagement durant un bref instant. Mais dès le suivant, il réalise que le décor n’a plus rien de commun et que les réactions de la biélorusse n’ont pas plus de cohérence en considérant leur conflit initial. L’appréhension  de l’infecté se métamorphose subitement. Les paumes agrippent la carrure de la milicienne, la rapprochent drastiquement de lui. « Tu le vois ? Tu le vois toi aussi ? On est pas … On est plus… C’est pas… » Une injure échappe à l’arnaqueur, sifflée dans sa langue natale. « Je sais pas, merde. Je sais pas ce qui est réel et ce qui l’est pas. Tu peux être contente, c’est ton œuvre en partie. On va crever comme des sales merdes parce que j’ai perdu la boule. » Les doigts s’enfoncent dans l’épaule adverse avant qu’il ne relâche sa prise. Derrière eux, quelqu’un ou quelque chose remue, approche et l’oblige à remettre à plus tard ce règlement de comptes mal venu. Il la pousse vers l’avant abruptement sans réfléchir et tente de renverser tout ce qui se trouve sur leur passage pour ralentir la progression de la créature.

La cécité exacerbe chaque seconde un peu plus sa nervosité. Le flegme envolé et la vulnérabilité atrocement démontrée, l’homme décide de ne plus s’encombrer de faux semblants. Pas tant que leur existence est menacée. Derrière eux, la bête rampe lourdement. Gagne du terrain. Dans un accès de désespoir, l’orgueilleux saute sur la soldate. « Ton arme. Ton arme, bordel de merde. » Difficile de réussir à dénicher la crosse du flingue, difficile de savoir où chercher alors qu’il tente avec ridicule d'atteindre la meneuse tout en continuant leur course effrénée.

Seconde porte, la main écarte vivement la femme et il s’y jette de tout son poids, sur la maudite paroi. Deux, trois fois. Elle s’effondre soudainement dans un odieux craquement et il suit le mouvement de façon imprévue. Le menton heurte le sol pour la seconde fois. L’hémoglobine viciée inonde la cavité buccale. La langue gonflée par la morsure ne l’intéresse pas. Très vite plus rien ne semble, d’ailleurs, avoir d’importance parce que son bras est enroulé par quelque chose de non identifié.

Matière indescriptible quand il y pose ses doigts. Visqueux, mou, odeur nauséabonde. Une tentacule semble enserrer l’épaule, applique de drôles de ventouses contre la chair et le comprime jusqu’à la douleur insoutenable. Non contente de sa réussite, la chose le traine entre les rangées de sièges correctement alignés. Il se débat durant une poignée de secondes. Le pied se retrouve piégé à son tour. La semelle droite frappe la gauche à toute allure, l'adrénaline va et vient dans l'organisme. Il se sent tellement vivant pour être bientôt bien mort. Le corps racle l’habitacle. La souffrance le fait presque tourner de l’œil. Alors que les appendices cessent de le tirer, une silhouette se dessine. Le ténor de l'arrivante dévore le cœur du blessé. « Alors le vieux ? C’est l’heure de la pause pipi ? Tu vas pas faire dans ton calbute quand même. » Elena, la gamine. Sa gamine. Tout ça c'est dans sa tête, forcément. Pas réel. Pas réel. Ça n’empêche pas un sourire de poindre. Elle est là pour l'accueillir dans le trépas. Ça a un certain sens. « T’inquiète pas, fillette. T’inquiète pas. » Qu’il chuchote avec chaleur et douceur, attendri malgré lui. Résigné à quitter cette réalité et à embrasser l’autre. Celle où l’adolescente, sa protégée, vit encore. Là où son esprit repose peut-être loin du corps putride qu’il n’a pas réussi à abattre par faiblesse. Tellement d’erreurs pour aucune rédemption. C’est bête. Il a laissé filé plus d’une occasion. En lâchant un soupir, il relâche toute la tension de ses muscles et attend sagement son châtiment.  Pourquoi lutter ? Tout est déjà joué.

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MessageSujet: Re: Drawing voices deep from you [PV Katsia']   Hier à 15:31

Drawing voices deep from you
Walking out into the dark cutting out a different path led by your beating heart. All the people of the town cast their eyes right to the ground in matters of the heart. The night was all you had. You ran into the night from all you had. Found yourself a path upon the ground. You ran into the night you can’t be found. But this is your heart. Can you feel it ? Pumps through your veins. Can you feel it ?


La morsure métallique qui se refermait toujours un peu plus durement autour de son poignet au gré des cahots de leur course lui rappelait en permanence qu’elle avait un tout autre type de monstre au bout du bras. Celui-ci s’était fait étonnamment docile dans son sillage, en apparence disposé à la suivre sans lui jouer l’un de ces mauvais tours qu’il mettait ordinairement un point d’honneur à penser pour lui pourrir l’existence. Encore en-deçà de la vérité, elle ne croyait devoir ce sursaut de bon sens qu’à l’instinct de survie qui continuait de chercher l’échappatoire idéale, laissant en suspens le sort qu’il allait lui faire sitôt que l’opportunité de sauver sa peau à coup sûr se présenterait. Mais peut-être aurait-elle préféré l’entendre proférer ses sarcasmes familiers et ses moqueries désobligeantes plutôt que ces incompréhensibles « La ferme, la ferme. », hurlés trop tard pour lui être réellement destinés. Katsiaryna tâchait de ne pas se laisser distraire, de garder toute son énergie pour conserver cette épuisante posture qui consistait à se méfier de tout ; mais le rempart érigé autour de sa concentration s’était malgré elle fissuré ; une pensée s’enfuyait déjà, entièrement tournée vers lui, soupçonnant enfin les étranges angoisses qui le tourmentaient. Excédée par ses propres faiblesses, elle tira un coup sec sur les menottes qui les liaient pour lui intimer de revenir à lui, à l’urgence et à l’extrême précarité de leur situation. Mais c’était peine perdue. Ses interrogations, lorsqu’il se hasarda à s’immobiliser en plein enfer, achevèrent de l’alerter. « Il se passe que nous allons tous les deux crever si tu t’obstines à t’arrêter de courir alors que nous sommes poursuivis ! » s’écria-t-elle avec une supplique au fond de la voix. Par bonheur pour son attention déjà défaillante, elle ne perçut pas le soulagement incompréhensible qu’il eut au bout des lèvres lorsqu’elle ralluma brièvement la lampe torche pour considérer le chemin qu’il leur restait à parcourir. Elle voulut tirer à nouveau sur les menottes, remettre en branle le mécanisme déficient de ce corps trop lourd pour elle, mais les grandes mains d’Oswald s’abattirent sur ses épaules et la clouèrent sur place pour la forcer à distinguer dans l’obscurité ce qu’elle ne voulait surtout pas voir. « Je sais pas, merde. Je sais pas ce qui est réel et ce qui l’est pas. Tu peux être contente, c’est ton œuvre en partie. On va crever comme des sales merdes parce que j’ai perdu la boule. » La gifle partit aussitôt, sèche, pleine de mécontentement, de rancœur et d’impuissance. « Ressaisis-toi ! Ça, dit-elle en désignant la main qui venait de le frapper, c’est aussi réel que la créature qui va faire de toi son quatre heures si tu restes planté là. On va crever comme des sales merdes SEULEMENT PARCE QUE tu ne m’écoutes pas, Oswald ! » L’impulsion brutale qu’il lui donna en la bousculant la fit se sentir incroyablement légère, l’espace d’une seconde ; elle s’élança de nouveau, respirant la cendre insaisissable qui semblait composer l’air. La créature s’était dangereusement rapprochée d’eux. Ils avaient stupidement amenuisé leurs chances d’en réchapper et elle se laissait maintenant aller, sans n’y rien pouvoir faire, à des ressassements pleins d’amertume. L’accusation d’Oswald ne lui avait pas échappée. Il lui était impossible d’ignorer ce à quoi il faisait allusion et elle se sentit obligée d’y revenir, refusant de reconnaître dans ces circonstances critiques l’occasion rêvée de lui demander pardon lui signifier qu’elle regrettait, peut-être, ne serait-ce qu’un peu : il avait ses torts, dans l’histoire, dans leur sotte histoire, et le fait de les relativiser se serait apparenté à la complaisance de ceux qui se résignent à mourir. Aussi l’accabla-t-elle à nouveau, comme pour lui donner encore un peu de l’énergie du désespoir, comme pour insinuer dans leur cœur la promesse tacite de se faire mutuellement ravaler ces mots chargés de fiel dès que la mort les talonnerait d’un peu moins près : « Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même, Oswald. Tout ce que j’ai à me reprocher, c’est de m’être aujourd’hui laissée attraper bêtement, comme toi à l’époque. » Le fracas des rares obstacles qu’il parvenait à jeter sur la route de la créature couvrit à moitié ses paroles, cependant, et elle ne put en dire davantage : il lui fallut se soustraire aux tâtonnements de ses mains et les repousser sèchement, coup sur coup, pour l’empêcher d’accéder à son arme. « N’y compte pas ! » cracha-t-elle pour lui rappeler aussitôt qu’il devait se concentrer sur la fuite. Elle n’était pas encore désespérée au point de céder une arme à feu à un individu aussi dangereux. Oswald se laissait de toute évidence submerger par la panique – et son propre cœur éclatait de même – ; mais elle refusait de se laisser désarmer, dans tous les sens du terme, par la vulnérabilité qu’il avait malgré lui consenti à dévoiler.

Une autre porte leur barrait la route, à présent. Etourdie par sa difficulté croissante à respirer, Katsiaryna essaya de forcer la serrure qui résistait inopportunément à ses mains tremblantes. Ce dut être trop long pour son compagnon d’infortune qui chercha brutalement à prendre le relais. À mesure qu’il s’écrasait contre la porte, la forçant à se tenir tout près, les menottes achevèrent de lui arracher la peau du poignet. Elle tenta confusément de lui faire remarquer que ce n’était pas la bonne méthode, ayant toutes les peines du monde à s’emparer de sa lampe torche pour la rallumer et la braquer vers l’intérieur du wagon qu’ils venaient de traverser. Ses yeux s’agrandirent quand elle aperçut la créature rampante dans le faisceau lumineux, progressant inexorablement vers eux. Elle n’eut pas le loisir de ranger sa lampe torche pour saisir son arme, néanmoins ; la porte céda enfin sous le poids d’Oswald qui, violemment propulsé en avant, l’emporta du même coup dans son élan. Elle chuta avec lui ; la lampe roula au sol, s’éteignit ; il y eut comme une stridulation glaireuse qui lui donna pour de bon le sentiment d’être une proie sans recours. La peur la glaçait tant, désormais, qu’elle souffrit à peine de sa mauvaise réception. Elle n’eut que vaguement conscience de tâtonner dans l’espoir de récupérer sa lampe torche, mais sentit bientôt sous ses doigts, avec une acuité que seule donne l’imminence de la mort, un corps abominablement visqueux. Foudroyée, les yeux bordés de larmes où l’effroi et la rage se mêlaient, elle retira brusquement sa main ; mais au même moment, elle perçut, impuissante, que la présence d’Oswald s’éloignait. Son propre bras, menotté au sien, finit par se tendre à son tour pour suivre son cheminement. Elle comprit que la créature venait de réussir à s’emparer de lui. Un hurlement dans le cœur, Katsiaryna tira de toutes ses forces dans le sens opposé, l’appelant désespérément pour l’exhorter à ne pas se laisser entraîner. « T’inquiète pas, fillette. T’inquiète pas. » Il lui sembla au même instant que quelque chose venait de crever dans sa poitrine – pas son cœur, se persuada-t-elle, elle ne voulait plus en avoir pour ce crétin-là. Un regain d’énergie inespéré – qui était assurément dû à son instinct de survie et certainement pas à la tendresse inavouable que lui avaient inspirée des paroles dont elle avait naïvement cru être la destinataire – lui permit de redoubler d’efforts pour empêcher la créature de l’attirer tout à fait à elle.

Sa voix se mua de nouveau en supplique lorsqu’elle l’appela pour la énième fois.

Quand elle voulut se redresser afin de se ménager une assise plus solide, la semelle de ses rangers glissa sur la substance gluante que la créature répandait sur son passage. Sa prise sur Oswald perdit de sa fermeté, elle sentit son bras échapper irréparablement à l’étau fragilisé de ses doigts.

Ce fut en agrippant sa main in extremis qu’elle s’aperçut qu’il avait cessé de se débattre, qu’il n’y avait plus la moindre tension, la moindre trace de lutte dans ses muscles.

Cet imbécile fini.

« OSWALD ! » hurla-t-elle subitement d’une voix enragée où la tronçonneuse slave avait repris tous ses droits. « Tu n’as pas le droit d’abandonner ! OSWALD ! BATS-TOI ! » Sans réfléchir, ni se soucier de l’absence de visibilité ou des conséquences dramatiques que son initiative pourrait avoir, Katsiaryna s’empara enfin de son arme de poing pour tirer aveuglément devant elle, dans l’espoir d’atteindre le corps de la créature. Elle ne fut cependant pas en mesure de déterminer le résultat de son action ; ou plutôt, l’enroulement d’un tentacule autour d’elle lui apprit qu’elle avait échoué. La crosse de son arme ne lui fut d’aucun secours et elle dut l’abandonner, quelque part contre le flanc d’Oswald, dont le corps était désormais moins proche de la mort que le sien. Il avait suffi d’une seconde pour que le tentacule la neutralise à la façon d’une camisole. Elle ne voyait plus rien, à présent, seulement les taches lumineuses que provoquaient le manque d’air comme la créature l’étouffait. Elle sentit l’une de ses côtes se rompre sous la force de l’étreinte qui devait la dissuader de se débattre.

Pourtant elle aurait aimé pouvoir mordre cet ennemi qui avait fait son jeu de l’obscurité et de leurs faiblesses. Elle aurait aimé pouvoir hurler.

Elle aurait aimé pouvoir vivre, éventuellement.


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