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 Drawing voices deep from you [PV Katsia']

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Drawing voices deep from you [PV Katsia']   Mer 19 Juil - 1:12

Drawing voices deep from you
Walking out into the dark cutting out a different path led by your beating heart. All the people of the town cast their eyes right to the ground in matters of the heart. The night was all you had. You ran into the night from all you had. Found yourself a path upon the ground. You ran into the night you can’t be found. But this is your heart. Can you feel it ? Pumps through your veins. Can you feel it ?


Le vide s’entasse contre la pupille, ternit l’iris. L’esprit divague quand la carcasse s’immobilise. Les bruits de la rue s’enchevêtrent, engendrent une cacophonie que l’infecté ignore sciemment. La lassitude magnifie l’égarement, le rend inéluctablement hermétique au monde extérieur. Exilé dans une allée obscure, l’arnaqueur guette l’inconnu. La lanière du paquet qu'il détient, comprime sa paume. Le fardeau étire le tendon et irrite sans mal les articulations. Masse considérable qui tend le bras et relie directement le danois à l’une de ses nombreuses activités inavouables. D’ordinaire, le mafieux troque l’hémoglobine de quelques mortels contre une poignée de billets mais aujourd’hui, la transaction se pare d’une audace particulière. Le boulot d’un autre qu’il a récupéré pour s’octroyer le bénéfice d’une dette inestimable. Job ingrat et risqué qu’il exécute à l’ombre du doute. Au lieu de dissimuler quelques flacons dans sa veste, le trafiquant se voit affubler d’une valisette suspecte, encombrante. Il n’a posé aucune question, convaincu de ne pouvoir se captiver pour la réponse. Peut-être que c’est le poids d’un organe qui lui broie l’épaule. Peut-être pas. Indifférent comme trop souvent, l’escroc se contente de réagir quand le signal survient. Un halo de lumière harcèle la rétine à trois reprises et trouve sa source à la fenêtre d'une bâtisse quelconque, de l’autre côté de la rue. Le quatrième faisceau lui accorde le mouvement selon les règles imposées. Il ne lui suffit que de quelques enjambées nonchalantes pour atteindre l’immeuble d’en face. Une attitude décontractée qu’il ne doit même pas feindre. En cela, il se révèle d’une terrifiante efficacité. Habitué à flirter avec le danger et même stimulé par la perspective d’un péril imminent, Oswald ne trahit en rien le caractère illégal de son acte. Ainsi, il traverse le hall d’entrée, dépose à l’endroit indiqué sa mallette et attrape son exacte réplique à proximité. Celle-là, forcément vide. Il ressort, ensuite, calmement armé du leurre.

Quelques pas exécutés tranquillement, une cigarette au bout du bec et la fumée poursuivant le corps en mouvement. La quiétude au-dedans et au dehors jusqu’à l’accroc improbable. Le regard se relève devant une agitation particulière. L’horizon se pare d’or, une cascade encadrant un visage faussement candide. Elle file à toute allure dans sa direction. Une seconde pour dévier sa trajectoire, une autre pour reprendre le souffle évanescent et la suivante pour élaborer sa stratégie. Lui faire croire qu’il détient le magot initial, l’éloigner du vrai butin. Tant par auto préservation que par instinct de protection, fait qu’il décide d’omettre quand il se met à courir. Jouant au fugitif pour détourner l’attention de la milicienne du building qu’il a délaissé. Le scandinave construit son plan à mesure que les rues sont parcourues, rejetant de façon théâtrale aussi bien objets que passants sur sa route afin de ralentir la progression de l'assaillante.

Tenace et  endurante, Katsiaryna représente à elle seule, l’élément le plus aléatoire de son quotidien. La jeune femme est un risque permanent et réel, surgissant de recoins insoupçonnés pour le traquer à toute heure de la journée. Dire qu’il ne trouve pas ce petit jeu relativement amusant, serait mentir. Les imprévus apportent à l’aventurier de quoi nourrir son inventivité et bousculer la monotonie qui s’est imposée à son arrivée en Louisiane. Il dispose suffisamment de griefs à son encontre pour occulter une partie du passé. Suffisamment pour que la souris veuille bien piéger le plus sournoisement possible le gros matou. Jusqu’à un certain point du moins. Il l’a découvert à ses dépens mais se refuse tout aussi bien d’annoter la limite qu’il ne veut pas franchir. Il ne s’agit même pas de volonté au fond mais le solitaire se complait toujours dans son déni.

La bouche de métro se prête ainsi au reste de la poursuite. Il s’y engouffre sans la moindre hésitation, dévale les marches à toute allure, un sourire flottant sur ses lèvres serrées. Si elle parvient à l’arrêter, la frustration récompensera ses efforts vains. S’il obtient ce pourquoi il a foncé droit vers le réseau souterrain, il aura gagné cette manche et une satisfaction méritée. Le quai ne comporte aucun témoin et par chance, le métro n’a pas encore quitté cette station. Le fuyard saute dans le premier wagon à sa portée. Conscient que la prédatrice a pu, elle aussi, gagner les entrailles du tas de ferraille, l’homme se déplace rapidement, déterminé à rejoindre l’arrière du train. A seulement trois enjambées de la porte qu’il souhaite outrepasser, la machine s'arrête net. Freinage d’urgence qui oblige le corps non préparé à basculer vers l’avant abruptement. La tête heurte la cloison, l’épaule émet un craquement dérangeant. Les douleurs physiques sont très vite chassées par la peine psychique. L’esprit malade avise l’obscurité avec difficulté. A moitié affalé, le phobique ne demande qu’à se recroqueviller au sol et à fermer les yeux pour gérer la soudaineté de cette opacité. Ses sens affutés par sa nature altérée, lui permettent d’ordinaire de palier à une partie de ce souci désormais entier. A l’heure où il aimerait pouvoir se reposer sur une acuité visuelle accrue, il est forcé de constater que l’humanité a repris ses droits sur l’organisme envenimé. Phénomène incertain qui, lui, ne pimente en rien sa routine. La complique même d’une façon qui l’exaspère au plus haut point.

La terreur pour seule alliée, le quadragénaire  se met à tâtonner les parois pour se repérer. Ses doigts heurtent par chance la poignée désirée. Faux soulagement. Aucune coopération de la part de l'engin, le mécanisme parait bloqué. La panique grimpe, rend ses raisonnements bien moins cohérents. Oubliée la biélorusse, perdue dans l’espace-temps déformé par cette succession d’événements. Dans cet espace confiné, il ne reste déjà plus que ses angoisses pour exister. La main attrape le briquet au fond de la poche. Une étincelle pour réconforter le cœur en déroute, une flamme vacillante à laquelle le mental fracassé se raccroche péniblement. Mais les doigts tremblent, le pouce dérape. Le feu crépite contre la chair, le force à relâcher l’objet précipitamment. Il jure dans sa langue maternelle en s’accroupissant et rampe entre les sièges désespérément, en quête de sa seule source de lumière. Dans l’ombre, d’autres projets se construisent. Des sons que sa tare bâtit peu à peu. Des échos qu’il ne perçoit pas encore totalement, trop occupé à dénicher ce qu’il a malencontreusement égaré.

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MessageSujet: Re: Drawing voices deep from you [PV Katsia']   Mer 26 Juil - 17:56

Drawing voices deep from you
Walking out into the dark cutting out a different path led by your beating heart. All the people of the town cast their eyes right to the ground in matters of the heart. The night was all you had. You ran into the night from all you had. Found yourself a path upon the ground. You ran into the night you can’t be found. But this is your heart. Can you feel it ? Pumps through your veins. Can you feel it ?


La nuit n’était d’aucun réconfort à la Nouvelle Orléans. Katsiaryna avait toujours trouvé plus d’honnêteté dans le déploiement tentaculaire des couchers de soleil rougeoyants ; ceux-là semblaient refléter avec une froide exactitude les gerbes de sang qui tapissaient la majeure partie de la ville ; ils l’aidaient à garder ses sens en alerte, lui rappelaient que son propre sang aurait tôt fait de s’ajouter à tous ceux qui composaient déjà la vaste palette du Gouvernement et du crime organisé. La nuit, elle, vous projetait volontiers au-delà de votre corps et de vos obligations, vous poussait furtivement sur la pente de dangereuses rêveries.
Il fallait ainsi lutter contre soi-même, contre le sordide mécanisme d’adaptation qui assurait la survie – l’endormissement – de la conscience humaine et lui permettait de s’habituer à une routine délétère. Katsiaryna, sans remettre en cause ses allégeances, n’entendait pas pour autant fermer complaisamment les yeux sur le prix que d’autres – innocents ou non – payaient quand elle s’acquittait de son devoir. Cautériser une plaie n’allait pas sans douleur. Et la douleur avait une extraordinaire capacité de diffusion. Elle était tout aussi salissante que le sang. Katsiaryna tâchait, dans la mesure de ce que sa bonne foi défaillante lui permettait, de refuser le confort de l’aveuglement, de préférer l’inconfort de la lucidité. Elle voulait considérer en toute objectivité ce qu’il y avait de tragique dans les nuits étouffantes de la Nouvelle-Orléans, où seuls les hurlements poussés çà et là vous servaient de garde-fou contre les pièges qu’elles vous tendaient.
Il fallait encore lutter contre soi-même et ne pas songer que l’on avait pratiquement entendu les mêmes tout au long de la journée. Katsiaryna, afin de disperser le dangereux spectre de la routine qui ne cessait de se densifier autour d’elle, n’hésitait pas à se mentir un peu pour trouver une nuance là où il n’y en avait pas forcément. Les cris pulsaient un souffle glacé dans ses oreilles et s’y imprimaient durablement comme des tambours de guerre ; mais la nuit leur adjoignait perfidement la tessiture grave des râles d’agonisants.
L’agonie du jour se prolongeait en somme dans chaque être. La nuit démultipliait tous les maux. Elle lui faisait sentir plus que tout autre moment du quotidien son incapacité à se trouver sur tous les fronts. Prendre en considération un problème, lui rappelait-elle amèrement, revenait nécessairement à en négliger un autre. Elle instillait dans son cœur une culpabilité malsaine, incurable, l’empêchait de terminer son service avec le sentiment du devoir bien accompli, en accentuant plutôt l’égoïsme qui la poussait à se préserver, à mettre un terme provisoire à ses tours de garde.
Il fallait enfin lutter contre soi-même pour « rentrer à la maison », ne pas risquer sa vie davantage. Mais elle trouvait dans l’action une échappatoire paradoxale. La fin de service la propulsait immanquablement à l’instant autrement dangereux où elle se trouverait dans le silence d’un appartement vide, prise au piège d’un face à face avec son âme – avec sa conscience qui la poussait insidieusement, jour après jour, à faire le compte des dettes qu’elle contractait auprès de l’humanité.
Elle se voyait déjà franchir le seuil de sa porte et allumer aussitôt une petite bougie à la mémoire de sa mère. Ce n’était pas tant un geste religieux qu’une façon pour elle de matérialiser la pensée qu’elle avait en permanence à son égard ; de faire en sorte que quelque chose vive avec elle et d’écouter tout ce que pouvaient susurrer les vacillements de la flamme, dans un dialogue feutré qui lui permettait un tant soit peu d’atteindre un au-delà auquel elle n’avait pas encore accès.
La notion confortable de « mal nécessaire » prenait une tout autre couleur quand vous pouviez jouir de ces moments de tranquillité empoisonnés. Le travail acharné lui avait toujours semblé plus sûr : il sanctuarisait paradoxalement son quotidien.

… Du moins dans la plupart des cas. Par moments, elle était obligée de tout mettre en jeu : son intégrité physique, et le reste.

Le reste.

Katsiaryna regardait alors la ville délabrée défiler à travers la vitre brisée d’un véhicule de fonction. Celui-ci roulait quelquefois au pas pour faciliter la surveillance du quartier et ne pas couvrir les hurlements qui s’y élevaient et leur servaient de points de repère. Certains de ses collègues, à l’intérieur, étaient encore en service, qu’ils soient vêtus de noir ou de gris. Ils devaient la déposer un peu plus loin et elle tâchait de faire abstraction, contrairement à eux, des trop nombreuses agonies qui ponctuaient le silence du Nord de la Nouvelle Orléans.

Mais une silhouette douloureusement familière obscurcit bientôt son œil.

Une décontraction insolente dans la démarche, une arrogance mâle dans les épaules…

La fixité subite de son regard annonçait déjà une prise en chasse imminente.

D’un tapotement sur l’épaule, elle intima au collègue qui conduisait d’immobiliser le véhicule. La portière ne tarda pas à se refermer derrière elle. « Ne m’attendez pas, prévint-elle laconiquement. Je me débrouillerai pour rentrer. »
Elle marcha tout d’abord, et l’adrénaline lui fit oublier le poids de ses rangers. Puis elle se mit à courir. Le professionnalisme – ou tout simplement l’intelligence – aurait voulu qu’elle se montre plus subtile dans son approche, plus furtive ; mais elle avait toujours mis un point d’honneur à lui arracher ce détachement – ce dédain – insultant du corps ; à ébranler un tant soit peu tout cet édifice de traîtrises et de railleries en le forçant à courir à son tour ; à lui faire sentir le poids de ses années et de ses mensonges par le simple essoufflement qu’elle lui causerait.
Elle avait toujours très bien su se mentir à son sujet.
Peut-être souhaitait-elle seulement se distraire des trop nombreuses fois où elle avait couru après lui – bien différemment alors. Les réminiscences de jeunesse refluaient immanquablement, la parasitaient à son corps défendant.

Elle avait d’abord couru pour le rejoindre en cachant bougonnement sa joie chaque fois qu’il était apparu au bout de la route qui jouxtait sa petite maison à Minsk.
Puis elle avait eu le malheur de grandir et d’espérer beaucoup trop de lui. Elle s’était cassé les dents – et peut-être autre chose encore, mais ç’aurait été trop dire sans doute.
Il lui avait échappé à tous égards.
Et il continuait de lui échapper effrontément maintenant qu’elle n’attendait plus rien de lui, sinon d’être en règle avec le Gouvernement.
C’était beaucoup trop encore. La mallette qu’il tenait le disait assez bien.

Katsiaryna se précipita dans la bouche de métro sans se soucier des regards malveillants que son uniforme noir soulevait sur son passage et descendit lestement les escaliers trois à trois. Les portes du wagon se refermèrent sur l’air qu’avait brassé sa course effrénée.
Elle ne s’était arrêtée qu’une seconde, le temps d’expirer profondément et de souffler sa détermination par le nez, sans quitter des yeux la silhouette qui rapetissait dans l’encadrement des portes vitrées – toutes cassées – séparant chaque wagon.

Mais un freinage inopiné la cueillit bientôt en pleine course. In extremis, elle s’agrippa fermement à l’une des barres de métro et ancra solidement son pied fort au sol, soulevant légèrement l’autre pour que l’essentiel du choc s’y écoule sans rencontrer une résistance excessive qui l’aurait violemment projetée en avant. Elle ignora la douleur qui lui tirailla l’épaule malgré tout et repartit en titubant un peu dès que son corps eut englouti le contrecoup du freinage.
Tout le train était désormais plongé dans le noir. Une panne d’électricité, comme il en survenait tant dans le quartier. Elle savait qu’il était inutile – et extrêmement dangereux – de forcer les portes pour descendre sur la voie. Tâchant de garder son calme et de repousser le sentiment de vulnérabilité qui lui mordait les flancs, Katsiaryna sortit sa lampe torche et continua de progresser prudemment de wagon en wagon.
Elle craignit qu’il ne lui ait échappé bêtement, une fois encore. Mais elle ne tarda pas à buter contre un obstacle, qu’elle identifia comme étant la mallette qu’il avait transportée jusqu’alors. Vide, ou pleine de quelques papiers seulement, à en juger par le trop faible poids qu’elle avait senti au bout de son pied. Elle fronça suspicieusement les sourcils. Qu’avait-il encore manigancé ?
Ses yeux et le faisceau de sa lampe ne tardèrent pas à tomber sur une silhouette étendue au sol. En mouvement. Elle mesura sans un mot la distance qui la séparait de ce que la main tâtonnante cherchait et fondit rapidement dessus pour s’en emparer la première.
Quelques secondes s’écoulèrent, au terme desquelles elle substitua la lumière de sa lampe torche à la flamme capricieuse du briquet. Puis ce fut le noir à nouveau.
Elle n’aimait pas le voir amoché et vulnérable. Elle aurait préféré y être totalement indifférente.
Aussi se tint-elle à une distance raisonnable de lui. Hostile. « Pourquoi ce briquet t’est-il si précieux ? » l’interrogea-t-elle sans chercher à jouer la mascarade de leurs sempiternelles retrouvailles. « Et quelle comédie joues-tu encore ? Relève-toi, je n’ai pas l’intention d’endurer une autre de tes mises en scène. » Elle connaissait certains de ses démons. Mais pas ceux-là, dont l’étau s’épaississait subrepticement autour de lui ; pas ceux-là, qui léchaient déjà le bout de ses rangers comme autant d'ombres devenues tangibles.


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MessageSujet: Re: Drawing voices deep from you [PV Katsia']   Dim 6 Aoû - 12:21


« Darkness Falls Across The Land »


Deadnight Warriors




La rumeur qui grandit, qui enfle de plus en plus. Et finit par vous atteindre de plein fouet. Vous ne vous rendez pourtant compte de rien. Pas au début, tout du moins. L'endroit où vous vous trouvez semble tout à fait normal. Vous ne ressentez rien de particulier. Rien d'autre que la présence de votre interlocuteur. Rien qui ne laisse présager de ce qui vous attend. Aucun signe alarmant, aucun facteur particulier qui aurait pu vous rendre méfiant, encore moins vous mettre la puce à l'oreille. Que la tension palpable et caractéristique de l'endroit dans lequel vous évoluez. Vous n'en avez aucune idée mais pourtant, en quelques instants, quelques secondes à peine, vous basculez dans un autre univers.

La transition se fait dans la plus grande douceur pour endormir les suspicions. La brèche que vous traversez est invisible, impalpable. Vous pénétrez dans l'autre monde sans le savoir et faites votre entrée dans les ténèbres sans vous en rendre compte. Pas dans l'immédiat. Le décor ne change presque pas et vous abandonnez le metro light rail pour sa reproduction identique et apocalyptique située à Darkness Falls. Cette version des Enfers encore habitée par des créatures voraces, des monstres affamés qui n'aspirent qu'à vous dévorer les entrailles et vous détruire à petit feu. La promesse de longs moments de torture insupportable si vous vous laissez attraper. Elles vous attendent au tournant, les chimères dévastatrices. Atteindre une issue, une autre brèche vers le monde réel, reste votre meilleure chance de survie. Mais ces dernières se font rares et surtout très aléatoires. Alors, restez sur vos gardes si vous ne voulez pas rester piégés dans les limbes et y perdre bien plus que la raison.
 

 

 

 
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MessageSujet: Re: Drawing voices deep from you [PV Katsia']   Sam 12 Aoû - 21:59

L’opacité placardée à la rétine et la terreur enfouie dans la cage thoracique, le phobique racle le sol de ses mains. Les voix se pressent en nombre dans son crâne. Il sait que la source de cette cacophonie n’a d’autre siège que sa cervelle malmenée par quelques expériences chaotiques. Des yeux guettent, des mirages se rapprochant qu’il chasse d’une paume tremblante. La plupart de ses hallucinations le laisse indifférent. Mais celles qui naissent dans l’obscurité, se parent d’une toute autre substance. Tissu mémoriel déformé qui le ramène aux esquisses de cette peur enfantine. Des pleurs alimentent toujours ses cauchemars, construisent un sentiment de culpabilité accru. Ils éclipsent tout autre son quand la nuit fond sur lui et qu’aucune lueur ne vient l’en extirper. Sa mère qui exprime une détresse fatale à laquelle il n'a jamais répondu. La respiration devient pesante, les ongles grattent le plancher avec plus de férocité. Les cris que son esprit a engendré, se répercutent aux parois, créent un écho qui incite la tétanie. Figé et impuissant face à l’appréhension, un faisceau le rencontre ultimement. Douce et éphémère délivrance qui l’oblige à relever le menton pour croiser la silhouette familière. Un grognement pour toute réaction et l’instant suivant, le réconfort de cette lampe torche n’existe déjà plus. La femme, elle, demeure. Victorieuse et sans nul doute ravie de le dénicher dans cette position pour le moins embarrassante. L’irritation rend le danois revêche, moins enclin aux petits jeux qu’ils s’amusent à entretenir d’ordinaire. Elle lui fait savoir que durant sa transe, elle a pu rattraper ce qu’il recherchait vainement. A genoux, les poings repliés sur ses cuisses, le quadragénaire tente de s’accrocher à l’empreinte de la réalité que la blonde dessine de sa voix. Une inspiration profonde, une tentative inutile de fuir ce qui se tapit dans l’ombre. Il n’ose même pas se remettre debout. Il ne peut pas détaler face au danger, il le porte en lui.

Regrettablement, le mafieux se retrouve ainsi totalement à la merci de ses tares et de la milicienne. Il chasse les bruits fantasques en parlant plus fort, à un volume bien trop élevé pour l’espace confiné et silencieux dans lequel ils sont tous deux piégés. L’agressivité se fait congédier au profit de son insolence caractéristique. Il se donne l’illusion de maitriser une situation qui ne lui appartient plus. « C’est une bombe qui me l’a filé ce briquet. Du genre bonnet E, belle brune sulfureuse. Ton total opposé à bien y réfléchir. J’y suis sentimentalement attaché de ce fait. Je voudrais pas oublier tout le bien qu’elle m’a procuré, tu vois. » Heureusement que les ténèbres lèchent son faciès car si ses intonations suggèrent une surdité factice, elles se veulent tout de même nonchalantes. Sur ses lèvres, cependant, aucun sourire goguenard comme il aimerait le faire croire. Les traits crispés, l’homme doit mobiliser toute son énergie pour ne pas divulguer l’état de vulnérabilité auquel cet environnement hostile le soumet. « Et moi qui croyais que tu serais ravie de me voir mettre un genou à terre. » Ses réponses provocatrices ne lui achètent qu’un peu de temps. La sueur dégringole ses tempes. Les sanglots imaginaires se renforcent, il ne les supporte déjà plus. Il se met à crier pour les couvrir plus efficacement, pour ne plus y prêter l’oreille. Pour les oublier si possible. « T’as qu’à rallumer ta lampe si t’as envie que je bouge mes miches. J’ai pas spécialement envie de me manger un élément du décor ou la délicatesse de ton poing d’un seul coup. Puis tu comptes faire quoi avec ce truc de toute façon ? Me cramer peut-être ? Pas besoin d’en arriver là si tu veux que je vire mes fringues à toute vitesse, tu sais. Je pensais pas que c’était le genre de cadre que tu kifferais pour ça mais t’es pleine de surprise pas vrai, Katsie ? Une vraie sauvageonne. » La langue claque juste avant la ponctuation, révèle l’instabilité sur les dernières notes.

Étreint par l’anxiété grandissante, il finit par prendre appui sur un des sièges et reprend de la hauteur non sans mal. Ses jambes flageolantes lui apprennent qu’il est plus secoué qu’il ne l’aurait imaginé. « Putain. »  Devenu proie, il ignore pourtant encore qui est le réel prédateur. La chimère qui geint en arrière-plan ou la soldate si prompte à lui chercher des noises. Tout en progressant lentement, l’escroc se heurte, selon ses prédictions, à tout ce qui peut encombrer sa progression en ignorant sa direction. Les voix au-dedans s’accentuent. Le souffle coupé, il finit par discerner une carcasse, à laquelle les gémissements se superposent. Il veut que ça s’arrête alors il bondit pour arrêter la fiction. « Ca suffit. » supplie-t-il même d'un souffle. C'est une torture mentale sans fin. Mais si les plaintes n’ont rien de tangibles, le corps lui habite bien le lieu. Il fond sur la scandinave sans le vouloir, la percute de plein fouet avant de reculer de plusieurs mètres, légèrement sonné. Pour tenter de faire passer son coup de démence pour une manœuvre avisée, il poursuit très vite. « Allez, ça suffit de jouer, rends-moi ça. Tu risquerais de te brûler, fillette. » Son ténor rocailleux résonne dans l’habitacle. Toujours submergé par ses démons, il ne réalise pas le passage d’une dimension à l’autre, vit essentiellement dans ses enfers. Quand d’autres sons moins perceptibles se mêlent à ceux que produisent son esprit, il n’en prend pas toute la mesure. Une légère brise glacée caresse son échine, hérisse le poil. La respiration se fait plus difficilement, le décor devient menaçant. Mais tout ça, ce n'est que dans sa tête, pas vrai ? Les lamentations se transforment en une douce tonalité qui lui murmure quelques mots à l’oreille comme pour donner raison à sa théorie. Il trébuche devant les nouveaux spectres de son passé. Le pied cogne dans la valise qu’il avait emportée. Dès l’instant suivant, il la propulse contre la vitre la plus proche pour tenter de la fracasser. Il s’y reprend à plusieurs fois avec une rage animée de son désespoir. Bien loin de se douter que sa folie alerterait ce qui se terre dans cet endroit lugubre qu’il croit avoir imaginé.

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