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 Aesthetics of Hate [Leslie]

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement (idéologiquement), mais il garde ça pour lui et ne se préoccupe que de sa petite personne
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2 général ; niveau 3 en détection de mensonges et en influence sur les animaux/Skinchangers
↳ Playlist : E Nomine - Mitternacht ; Oomph! - Leis ganz leis ; Marilyn Manson - Disassociative ; Fantômas - Delìrivm Còrdia ; Twenty One Pilots - Semi-Automatic ; The Neighbourhood - Afraid ; Radiohead - Creep ; Gesaffelstein - Hate or Glory ; Nine Inch Nails - Demon Seed
↳ Citation : « The boundaries which divide Life from Death are at best shadowy and vague. Who shall say where the one ends, and where the other begins? »
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MessageSujet: Aesthetics of Hate [Leslie]   Ven 21 Juil - 19:37



Aesthetics of Hate

Leslie † Leander

You, you are so special
You have the talent to make me feel like dirt
And you, you use your talent to dig me under
And cover me with dirt


Il le connait par cœur. Jusque dans ses moindres recoins. Ce dédale de pierre et de verdure, cet oasis funèbre à la beauté intimidante : le cimetière Saint-Louis.

Chaque rocher, chaque arbre, chaque sculpture est inscrit dans sa mémoire. Inscrit sur une carte, aussi, une feuille de papier bien réelle, soigneusement roulée dans le tiroir d’une commode toujours verrouillée. Une carte qui montre tout ; tous les chemins, tous les emplacements. Un plan minutieux, exhaustif, que Crowell complète méticuleusement après une nouvelle visite, puis qu’il contemple ensuite pendant de longues minutes, comme pour graver à jamais dans son esprit la foule d’informations photographiée quelques instants auparavant par ses propres rétines.

Sans doute y passe-t-il trop de temps. De jour comme de nuit. Motivé autrefois par des obligations professionnelles – maintenant, par le simple plaisir de flâner dans ces allées vertes et calmes. Peu de gens savent apprécier le charme, la tranquillité d’un cimetière. Au moins peut-il se targuer d’en faire partie. Venir ici n’est jamais une contrainte, même quand il y a quelques enjeux à la clé. Et il y en a, en ce beau matin de juillet. Mais la sensation est toujours la même : alors qu’il pousse les lourdes grilles en fer forgé, et que le grincement familier résonne doucement à ses oreilles, c’est un peu comme si Leander rentrait dans un cocon chaud, douillet, quittant des chaussures douloureuses pour plonger ses pieds dans de confortables pantoufles.

Se retrouver en terrain connu, maîtrisé, l’apaise peut-être plus, finalement, que l’apparent calme des lieux et l’éveil de la nature tout autour de lui. Une brise fraîche agite les branches des chênes. Des perles de rosée scintillent sur l’herbe. La météo offre une accalmie aussi douce que surprenante, et c’est sous les caresses du soleil, dans un halo de lumière nacrée que baigne ce trou de nature aux connotations mortifères. Leander se laisse guider par ses pas. Bientôt, les pensées obsédantes s’envolent comme une flopée d’insectes ; il en oublie de se demander pour la énième fois s’il a bien coupé le gaz, éteint la lumière de la chambre, ou s’il a, dans l’enchaînement de gestes mécaniques qu’il effectue chaque matin, eu la présence d’esprit de remplir la gamelle d’eau des chats… pour ne citer que ces exemples-là. La démangeaison irrésistible, l’envie de retourner chez lui vérifier, se dissipe pour laisser place à un objectif net, clair et précis. Il ne vient pas juste se promener, aujourd’hui. Il ne compte pas non plus se poser à l’ombre d’un chêne, pour dessiner ou réfléchir en silence. Disons qu’il est en mission repérage. De nouvelles tombes ont fleuri dans le cimetière, de nouvelles recrues sont venues grossir les rangs des trépassés. Des cadavres dont Leander ignore parfois tout, n’ayant pas eu l’occasion de les voir, de les manipuler avant la mise en bière. Des cadavres susceptibles de contenir deux-trois petites choses qui pourraient intéresser certains collaborateurs – le genre très peu recommandable. Le tout est de se tenir au courant. Récolter un maximum d’informations. Garder ouvert le champ des possibilités.

En rentrant, il s’empressera d’ajouter sur sa carte la position des monuments funéraires nouvellement érigés. Il notera aussi quelques noms qu’il aura retenus. Ce sera déjà une bonne chose de faite. Par définition, moins on prend de risques, et plus une opération a de chances de réussir. Les risques s’évitent grâce à la prévoyance, la prévoyance ne requiert qu’un peu de temps, de bon sens et de rigueur.

Une couronne de fleurs entre les mains, le tatoué pourrait passer pour un visiteur lambda. Bien que le cimetière paraisse vide, il déambule de façon faussement nonchalante entre les sépulcres, fait mine de se recueillir un bref instant sur la tombe d’une parfaite inconnue – ou presque ; il connait l’histoire de sa mort, une mort exotique et fascinante –, avant de déposer le cerceau de roses contre la pierre blanche. Difficile de placer ça à un autre endroit. Aucun parent ne repose ici. Sa femme n’a pas été enterrée, mais incinérée. Ses restes n’ont d’ailleurs pas quitté le lieu du décès. Leander les conserve jalousement chez lui, dans une petite urne. Et tous les jours, cette urne lui rappelle que, par sa négligence, par sa faute, il a détruit et perdu une des plus belles choses qui lui soit jamais arrivée dans sa vie.

Eva

Le souvenir d’un éclat de rire, d’un regard tendre, d’une main caressante. Morceaux de bonheur passé, à la saveur oubliée. Tout s’efface dans un clignement de paupière. L’homme tourne finalement les talons, se dirige vers la partie ouest du cimetière, suivant un itinéraire déjà tout tracé mentalement. Ne te disperse pas.

***

Le problème, quand on cherche à prévoir l’imprévisible, c’est qu’on finit bien souvent par se retrouver impuissant face à l’ironie et la cruauté du sort.

Combien de chances sur un million avait-il de tomber sur lui, maintenant, ici ?

Leander n’en croit pas ses yeux. Coupé en plein élan, au détour d’un sentier. Dans la pente abrupte, il manque de trébucher, se rattrape de justesse au tronc d’un vieux chêne. Bat plusieurs fois des cils, fébrilement, pour s’assurer qu’il n’a pas rêvé, tandis que ses ongles s’enfoncent avec nervosité dans l’écorce rêche. A moitié caché derrière l’arbre imposant, il se met alors à épier cette silhouette, cette silhouette si familière qui se tient là, toute proche. Accessible. Offerte. Comme dans ses fantasmes les plus sombres et les plus secrets.

L’individu lui tourne le dos. Il semble s’intéresser à une tombe en particulier, et Crowell en vient à espérer que, perdu dans ses pensées, il n’aura peut-être pas relevé le moindre bruit, le moindre mouvement suspect. Le cœur du cadet s’emballe. C’est une occasion inespérée. Un vœu qui se réalise enfin. Pourtant, il ne se sent pas prêt. Il n’est pas sûr de vouloir ça aujourd’hui. Ce n’est pas ce qui était prévu, ce n’est pas ce qu’il devait se passer… mais a-t-il vraiment le choix, à présent ? S’il n’attaque pas le premier, s’il ne profite pas de cet avantage, l’Autre ne manquera pas de le faire, et les rôles s’inverseront. Ce sera lui, encore une fois, qui se retrouvera en position de faiblesse.

Lentement, presque délicatement, il enjambe les quelques racines éparses sur le sol, puis parcourt la distance qui les sépare, se confrontant un peu plus fiévreusement, à chaque pas, à cette réalité jubilatoire. Probablement, l’ancien directeur aura eu le temps de le sentir arriver. Mais il n’aura, en revanche, pas l’occasion de se retourner. Pas avant que deux mains couvertes d’encre ne viennent se plaquer contre ses orbites, dans un claquement étourdissant.

« Devine qui c’est. »

Un ordre. Glacial, assuré, malgré la panique qui commence à se répandre dans ses veines, à suinter par les pores de sa peau. Si la haine avait un visage, ce serait sans doute celui qu’il tient coincé entre ses paumes. Cette chair qui ne va pas tarder à pourrir et à se décomposer, si le contact empoisonné se prolonge… Car Leander ne compte pas refouler ses émotions. Toute cette rage, ce dégoût, cette frustration, cette douleur qui macèrent en lui depuis des années. L’heure est enfin venue d’en faire quelque chose, d’exploiter sa rancœur à sa juste valeur. Purger le mal par le mal.

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MessageSujet: Re: Aesthetics of Hate [Leslie]   Mar 25 Juil - 20:44


Reproduire un trajet tant de fois exécuté, emprunté, au point de s’être incrusté dans l’être et l’esprit. Il n’y a plus besoin d’y réfléchir, seulement de laisser les pas guider la carcasse sans résister. Le rituel inscrit dans toute une vie, une habitude que certains considéreraient comme banale depuis le temps. Elle ne l’est pas pour moi, ne le deviendra jamais. Cinq ans, dans une existence qui a déjà été bien vécu, largement consommée, ce n’est rien. Pas grand-chose, il suffit d’y penser pour réaliser que l’ensemble a déjà disparu dans le passé. Cinq longues années qui apposent leur trace dans le cœur, marque le visage des accrocs de la souffrance. La peine qui reste présente, gravée à même la peau, elle ressort les jours de grande fatigue. Ces moments où plus rien ne compte, où l’envie de lâcher prise grignote doucement la raison et se fait tentatrice. Ces jours d’égarement où le besoin de la retrouver se fait pressant, l’appel de son absence qui rend la survie encore plus horrible à supporter. Imprimées à la rétine, les images de cette cruelle journée ne me quittent pas. Elles reviennent, lorsque la prudence se fait fragile, mémoire de l’horreur qui ne perd pas de son sordide éclat. Son sang sur mes mains, au-dessus de celui de tous les autres qui peuvent maculer la peau. Celui de ma propre fille, douloureuse ironie qui fait tressaillir l’ensemble malgré la clémence du temps. Contraste déroutant avec le jour où son corps a été mis en terre, l’averse torrentielle comme pour masquer les larmes. Elles sont là pourtant, brulure contre les paupières, le nœud du chagrin se resserrant autour de la gorge.

C’est s’infliger une éternelle souffrance en revenant ici. Du masochisme à l’état brut pour un être incapable de vivre sans sa fille. L’élément le plus insupportable dans l’exil, aussi étrange soit-il, est certainement d’être trop loin d’elle. De cette dernière demeure somme toute affreuse et lugubre, mais devenue vitale pour éponger le sang qui s’écoule à gros remous de la plaie béante crevant le cœur. Sans elle, je ne suis rien. A peine une carcasse vide, seulement gouvernée par des pulsions de mort, la violence en baume sur la blessure, pour ne pas sombrer un peu plus dans les méandres de cette noirceur qui me dévore pourtant. Elle était le garde-fou de toute une existence, me l’enlever revenait à m’arracher mon âme. L’humanité violée sous la peau, piétinée sans pudeur puisqu’elle n’a plus lieu d’être. Ma plus belle réussite qui se change en odieux échec. Et au milieu du champ de ruine de ma peine, cette même rengaine. Celle qui me hurle que tout ce qui est arrivé, est entièrement ma faute. Elle revient se cogner contre les tempes, emportée par le sang qui s’échauffe dans les veines. Fracasse contre le crâne son maudit refrain à mesure que les pas s’approchent de la destination. Pousser doucement les portes du sanctuaire de la mort, des frissons de malaise en caresse contre la chair pâle. Cet éternel dégoût qui s’accroche à la langue lorsque le regard se pose sur cet alignement de tombes et de mausolées. Les cimetières en épouvante, pour tout ce qu’ils représentent. Ce qu’ils volent sans clémence ni regard sur le vide qu’ils laisseront dans leur quête de nouveaux locataires. Fatalité d’un corps sur le déclin qui poussait parfois l’esprit à se dire, qu’un jour aussi, je viendrais gonfler les rangs de cette armée de poussière, rongé par la vermine dans les entrailles de la terre. Renifle les relents du chagrin, les dents qui se serrent pour ne pas claquer sous la force de la peine qui me traverse. Eclair fulgurant de douleur lorsque le chemin bifurque, s’éloigne de l’allée principale pour se rapprocher de la destination. Tant désirée, et pourtant redoutée.

Loin de cet enchevêtrement de marbre et de granit abîmé, dans la partie la plus récente du charnier. En solitaire devant mes yeux malgré l’abondance de stèles, il n’y a que la sienne qui semble s’élever de terre. Immobile dans un mélange de vert et de bleu, la pierre grise est là, toujours fidèle au rendez-vous. S’approcher avec douceur jusqu’à la surplomber. S’efforcer de rester le plus neutre possible quand il est clair que tout s’effondre. La faiblesse dans les jambes, l’incertitude dans la main qui se tend pour venir se poser avec tendresse contre la pierre froide. Laisser le temps filer entre mes doigts, se perdre dans le silence d’une conversation qui n’existe pas. Seulement dans mon esprit délirant, la sensation folle de sentir sa présence même après tout ce temps. Les battements de son cœur éteint sous la pulpe de mes doigts, rugissant à travers la pierre. Le nœud se fait plus serré, la main se retire et le corps recule d’un pas. En arrière pour laisser le regard s’abîmer contre la surface lisse. La gravure du nom en lettres d’or. Zilpha et les odieuses dates scellant à jamais son passage dans ce monde. Soupirer du bout des lèvres des brides de conversation qui n’ont toujours qu’un seul interlocuteur. Vider le cœur, raconter les méandres d’une journée en éclipsant les passages les plus vils. Et renouer avec la banalité d’un temps passé, quand il était encore question de s’échanger le compte-rendu de nos journées respectives. Je me perds dans l’instant, m’enlise dans ma solitude et l’illusion de sa présence. Izzy qui s’invite dans les moindres de mes pensées, redevient le centre de mon univers au point de me faire oublier celui qui m’entoure.

Les sens du monstre en sommeil, inaptes à seulement percevoir les bruissements sur le sol. Le murmure qui se rapproche et les relents d’une présence autre que la mienne. Au milieu des morts, rien ne devrait bouger pourtant. Seul à mon arrivée, embrigadé dans la peine pour seulement imaginer qu’une autre âme puisse venir se perdre ici. Le corps sursaute, tressaille sous le joug de la panique lorsque les mains se posent sur les paupières. En réflexe, la main qui vient chercher la lame toujours accrochée à ma ceinture. Il n’y a rien, dépouillé de ma sécurité par le milicien à l’entrée de la ville. Ma langue claque contre mon palais, pensée furieuse contre le crâne et l’envie assassine d’exploser les poignets pour avoir seulement oser se poser sur moi. Comme un murmure venu d’un autre monde, la voix me semble familière. Me force à chercher dans ma mémoire, remonter le temps. Détenu, c’est évident. Son numéro de locataire me revient avant son nom, l’assemblage de chiffres qui est pour moi son unique visage.

« - Un cadavre sorti de terre…? » Le murmure s’extirpe d’entre mes dents, s’arrache et se blesse contre la crispation de la mâchoire. « - Si j’étais toi, j’enlèverais tes mains… Immédiatement. » C’est un conseil qui se fait ordre. Claque dans le silence et les doigts qui se referment, lentement. Poings serrés de frustration, les frissons de la violence en dégringolade sous la peau. « - Crowell… Jules, c’est bien ça ? » J’en suis presque sûr, mais le doute reste accroché quelque part. Le nom remplace les chiffres seulement lorsque l’ignorance s’est changée en intérêt brutal. Et lui, j’en suis certain, je l’ai brisé.

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MessageSujet: Re: Aesthetics of Hate [Leslie]   Dim 6 Aoû - 12:52


L’esquisse d’un rictus agite les lèvres du tatoué. Un cadavre sorti de terre. Étrangement, paradoxalement, cette comparaison l’amuse. Au fond, l’Autre n’est pas bien loin de la vérité. Plus ou moins mort, plus ou moins brisé, il s’est relevé. Après avoir raclé les murs, léché la crasse, après s’être roulé dans la boue et dans son propre sang, après s’être traîné en gémissant comme une vulgaire loque humaine, après s’être terré, pétrifié par la honte, il a finalement trouvé la force de se redresser. Pour renaître de ses cendres. Une renaissance célébrée à l’encre sur sa peau, et dont il pourrait se glorifier, si seulement il ne restait pas toutes ces cicatrices, ces plaies invisibles à l’œil nu, mais béantes, purulentes, dans l’intimité de sa conscience. Fruit des sévices infligés par un bourreau aux multiples visages, parmi lesquels se détache, se distingue nettement, celui de MacLean.

Deux semaines. Plus de deux semaines à essuyer ses coups et ses brimades, à absorber sa rage, cette rage qui n’aurait pas dû lui être destinée, dont il n’aurait su être l’auteur. Ravaler ses larmes, étouffer ses cris sous les déferlements d’une violence injuste et inouïe. Courber l’échine, presque docilement, par habitude, lassitude, et parce que la peur, vicieuse, s’est déjà instillée partout, paralysant les muscles, hérissant les poils, secouant les viscères. S’évader par la pensée, le regard vitreux, tandis que le corps déjà bien affaibli puise dans ses ultimes ressources. Craque. Convulse. Puis lâche. S’avachir dans la poussière, la bouche remplie de fer et d’acide. Supplier en silence un dieu improbable. Avant de se résigner pour une nouvelle ration de brutalité, peut-être plus généreuse encore… Tel a été le quotidien de Crowell à la Parish Prison, du temps où elle accueillait les perdants survivants aux jeux meurtriers appelés Hunter’s Seasons.

Jamais il n’oubliera. Tout ce que cet homme lui a fait. A quel point il s’est appliqué dans la sauvagerie, la cruauté, appliqué à faire de ce séjour un véritable enfer sur terre. Leander n’a pas été sa seule victime, il le sait pertinemment. D’autres aussi ont subi son courroux insensé, mais cela ne change rien, ne soulage en aucune façon la souffrance d’une dignité piétinée – avec consentement forcé. Souillé. C’est ainsi qu’il s’est senti, ainsi qu’il se sent et ainsi qu’il continuera de se sentir, tant qu’il n’aura pas goûté à une vengeance amplement méritée. Et aujourd’hui, le destin lui offre une occasion unique de se libérer, de se décharger de son fardeau. D’amorcer un pas vers la guérison. Vouloir faire du mal à cet individu, en frémir d’excitation, éprouver dans chaque parcelle de son être le besoin de l’écraser, le déchirer, le plier, ce n’est pas du sadisme. C’est tout bonnement thérapeutique.

Enlever ses mains ? Certainement pas… Le ton impérieux ravive la fureur, mais aussi l’angoisse sourde, latente, née de cette proximité physique des plus dérangeantes. A la fois jouissive et répugnante. L’odeur de MacLean le prend à la gorge, lui donnerait presque la nausée, tant elle est restée collée à sa propre peau, des jours durant, grossièrement mêlée à l’âcreté du sang et l’acidité de la sueur.

Peut-être attend-t-il une autre réponse. Un indice, un prénom surgi du passé. La preuve qu’il l’a marqué, que cette obsession folle est réciproque, partagée. Y trouverait-il une quelconque consolation ? Crowell en doute, et pourtant… c’est bien de la joie, une espèce de joie sale, sordide, qui fait bondir son cœur quand la bouche odieuse recrache le patronyme exact.

« Peut-être. »

Peut-être, parce que quelque chose a changé. Peut-être, parce que Jules n’existe plus, désormais. Leander n’aime pas entendre ce nom. En même temps, dans la bouche de MacLean, c’est presque comme une bénédiction. Si le tortionnaire se souvient de son ancien lui, le nouveau risque de le surprendre… et pas en bien, probablement. Plus fort. Plus puissant. Ce courage, cette audace qu’il lui manquait autrefois, dans cette cellule crasseuse, aujourd’hui il l’a. Du moins, c’est ce dont il veut se persuader. Une petite voix démoniaque, au fond de lui, lui susurre qu’il peut tout faire, tout se permettre, à présent ; qu’il ne peut que réussir, armé de ces nouveaux pouvoirs qu’il apprivoise un peu plus chaque jour. Mais il sait, néanmoins, qu’il est encore loin de la maîtrise parfaite dont il rêve tant. La sensation familière crépite sous la pulpe de ses doigts, picote la chair autour des yeux de l’aîné.

« Vérifie donc par toi-même. »

Les mains s’écartent, libèrent les paupières. Glissent le long des tempes. La gauche bat en retraite, tandis que la droite s’égare un instant, s’enroule négligemment autour d’une mèche rousse, avant de tirer dessus d’un coup sec. Geste vaguement dominateur pour faire comprendre à l’autre homme que, cette fois, il ne compte pas se laisser faire. Il les a vus, sentis, les doigts tâtonnant vers la ceinture, à la recherche d’un outil qui aurait manifestement dû se trouver là. Dépouillé, Leslie semble n’avoir que ses poings pour seule défense. N’est-ce pas là la situation la plus favorable qui soit ?

Le possédé recule de plusieurs pas, pour parer un coup éventuel. Changement de plan. L’ancien directeur souffrira, ça c’est certain. Mais avant… avant, il veut lire l’étonnement dans ses yeux. Faire monter l’irritation, la frustration. Mettre ses nerfs à vif. Jouer avec lui, comme lui-même l’a fait, cinq ans auparavant. Sans doute peinera-t-il à égaler le niveau de MacLean, en matière de torture psychologique, mais il peut au moins essayer. Tant qu’il gère encore ses émotions, tant qu’il parvient à garder la face et canaliser toute cette agressivité, cette violence qui ne demande qu’à s’extérioriser, déferler sur l’objet de sa haine et de son mépris.

« Dis-moi… de quoi te souviens-tu, encore ? »

La voix se fait douce, presque caressante. Il sait à quel point il l’envahit. Il en a pleinement conscience. Venir le bousculer ici, dans ce lieu sacré, l’interrompre en plein recueillement, dans un moment intime, censé n’appartenir qu’à lui… Oh oui, il sait exactement ce qu’il fait. Son regard se pose brièvement sur la stèle, avant de revenir vers Leslie. En cet instant, il n’est plus vraiment lui-même. Déstabiliser. Blesser. C’est tout ce qui lui importe. Il laisse les idées sombres, les pensées étrangères – et pourtant si familières – le pénétrer, le remuer de l’intérieur, lui dicter une conduite perfide à souhait. Lui imposer des images, aussi. Des visions savoureuses. Jonchées de regards suppliants, de morceaux de viande putréfiée. La nécrose rongeant, trouant la gorge de son homologue, tandis qu’il lui écrase la pomme d’Adam, enfonce ses doigts dans la chair pour mieux la massacrer. Ses prunelles étincelantes rivées à celles de son ancien bourreau. Le sourire le plus satisfait du monde accroché aux lèvres.

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MessageSujet: Re: Aesthetics of Hate [Leslie]   Jeu 10 Aoû - 20:00


L’abrupte interruption du silence, du fil de pensées chargées de douleur, cette conversation silencieuse entre un père et la mémoire de sa fille fait naître d’irrépressibles remous de haine. Du courroux sous la peau, qui pulse contre les doigts venus se poser sur les paupières. Serrer les dents face au flot de ressentiment, l’agacement qui hurle sous la chair et tout l’être qui se révulse. Brûle de repousser l’insolent sans pour autant y parvenir. Faire preuve de flegme, je m’interdis de seulement me laisser dominer par les pensées sombres qui m’assaillent. Pas en un tel lieu, encore moins devant Sa tombe. Profaner sa mémoire, souiller la terre de son sanctuaire avec le sang d’un autre, des élans de violence pure en images qu’elle ne doit pas voir. Elle ne le verrait pas, qu’elles se passent à cet endroit précis ou ailleurs, je le sais mais le cœur ne parvient pas à se raisonner. Elle vit encore, quelque part dans les fibres du palpitant fatigué, dans les brides de ces souvenirs qui s’accrochent et me submergent lorsqu’est foulé le sol de sa dernière demeure. Par respect pour elle. Parce que je m’efforce d’empêcher le monstre qui me ronge de prendre le dessus devant sa tombe. Contrôle ardu à exercer lorsque l’on a passé tant d’années sans s’encombrer du poids de la retenue. A maculer, jour après jour, la peau de la teinte écarlate du sang de ces autres qui ont subi ma haine, en exutoire pour laver la douleur de ma peine.

La créature fait partie de ceux qui ont souffert dans les entrailles de leur piteuse cellule. Si son nom a dû ressurgir de l’enfer d’une mémoire souillée, il est à présent évident qu’il est une ancienne victime. Piteuse charogne, juste bonne à plier et encaisser sans sourciller. Je l’ai détesté pour sa docilité, asservi dès la première frappe, cette loque amoureuse du plancher et juste bonne à s’y traîner. Je l’ai aimé pour les mêmes raisons. Cette absence de retour m’offrant tout le loisir de fracasser. Me détruire les poings contre sa sale gueule jusqu’à ce qu’il en crache du sang. Le voir pleurnicher à la manière d’un lâche. Ca me révulse pourtant, de voir ressurgir ces visions de carnage contre mes paupières. Ce pauvre pantin que je pensais ne plus jamais revoir lorsque sa probation a finalement touché à sa fin. Trop rapidement peut-être. Et pourtant, son nom est bien resté gravé quelque part. Son audace me surprend. L’attitude bien différence de cette soumission honteuse qui a été sa plus belle défense pendant ces deux semaines de captivité. Le grand air lui a certainement donné plus d’assurance. Rictus ironique sur les lèvres, l’irritation qui enfle au gré de ses répliques ridicules. De la gêne contre les paupières, des frissons d’inconfort dégringolent le long de l’échine et le cœur bat plus fort. Paniqué paranoïaque imaginant déjà les phalanges s’enfoncer dans les orbites, l’angoisse dans la gorge lorsque la douleur semble devenir plus vive. Avant de disparaître. Un râle sourd m’échappe lorsque l’animal s’amuse à tirer la tignasse. Je cille, à plusieurs reprises pour tenter de remettre un peu de clarté dans ma vision troublée. Avance d’un pas fébrile en direction de la stèle, je tourne le dos à l’ancien détenu et peste en silence devant ma vue qui peine à se remettre. Ca brûle près des yeux, m’oblige à y passer la main pour tenter d’atténuer la sensation gênante. Un souffle d'inconfort, quelques secondes de douleur et à nouveau le calme.

Un autre battement de cil accompagne le demi-tour et enfin le regard se pose sur la silhouette. Masque de flegme sur lequel vient pourtant germer l’ébauche de la stupeur. Ce n’est pas l’image qu’il me reste de lui. Ce barbouillage d’encre sur la peau, le travail d’un artiste morbide sur un masochiste affirmé lui donne des airs de revenant de film d’horreur. « - Bon sang… Tu as vraiment une tête de cadavre… » Je le lâche dans les notes d’un éclat de rire cynique. Moqueur à en crever, dévoile les dents dans un rictus sombre. « - Si je t’avais su à ce point entiché de la souffrance gratuite, j’y serais allé encore plus fort. » Haussement de sourcil entendu, et le rictus se fait assassin. Je me serais fait un plaisir d’en faire un véritable squelette s’il en avait formulé l’envie. Gratuitement qui plus est. Ces mutilations me mettent pourtant mal à l’aise, quelque part dans la poitrine, l’inconfort prend racine. Cadavre encore vivant, l’illusion est parfaite et fait courir des grelottements de frayeur. Ravive les douleurs, les plaies grossièrement refermées, j’ai la sensation de dents pourries dans la jambe. Les morsures qui se multiplient et font hurler le corps de douleur. Humain aux allures de zombie, l’illusion est douteuse et me dérange affreusement.

Sa question dissipe le voile, ramène l’esprit dans l’instant présent. « - Certainement des mêmes choses que toi. Celles qui doivent hanter tes heures de sommeil. » Le regard se fait incisif, l’accable de tout son poids. Et le corps se déplace, mue par un instinct ridicule, il se poste entre l’intrus et la stèle. Protecteur même lorsqu’il n’y a plus aucune raison de l’être. C’est si stupide ce que je suis en train de faire, le réaliser ne fait que resserrer le nœud autour de ma gorge. Corde souple prompte à se graver dans la chair à force de s’y accrocher. On dit pourtant que les années effacent le chagrin, dans mon cas, j’ai l’impression qu’elles le renforcent et le rendent plus vibrant encore. « - Je n’oublie rien de ceux que j’ai appris à connaître, Jules. Et toi, tu es l'un d'eux. » Je le susurre, ronronnement sur la langue fielleuse et chasse mon inconfort dans un clin d’œil aussi faux que le sourire qui me dévore les lèvres. A contrecœur, je m’éloigne de la stèle. Quelques pas sur l’herbe molle, les doigts qui en effleurent une autre le temps de laisser s’étendre le silence. Ce calme inanimé qui règne dans le charnier, des morceaux de pierre sortis de terre à perte de vue. Et nos deux âmes pour rajouter un semblant de vie dans le décor. Le cadavre a bien choisi son jour pour s’extirper de la glaise.

« - En quel honneur la dégaine de squelette ambulant ? Participerais-tu au carnaval cette année ? J’ignorais qu’il avait encore lieu d’ailleurs. » Moqueries gratuites, crachats d’un venin aussi glacial que les pupilles qui le scrutent. Il a des allures de proie qui s’invente de faux airs de prédateur. L’animal blessé hurlant à la vengeance, ayant soudain trouvé le courage de se dresser devant son bourreau. C’est plus fort que moi, la promesse d’un futur massacre me détruit les entrailles. Exacerbe les pulsions assassines, la violence brute sous la peau que j’ai cessé de contenir depuis cinq ans. Zilpha était mon garde-fou, sans elle, il n’y a plus de retenue. Aucun retour en arrière, seulement une avancée dans les ténèbres et les crachats de sang. La faim qui s’éveille dans le corps mort, elle hurle aux oreilles et fait pulser l’envie dans les doigts. Aussi calme que la surface d’une flaque de flotte, j’ai pourtant des grondements de tempête de fin du monde sous la peau. Brave Jules, c’est un plaisir de te revoir finalement, si tu savais…

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MessageSujet: Re: Aesthetics of Hate [Leslie]   Ven 25 Aoû - 12:57


Crowell ose. Il ose enfin. Il ose et il ose encore. L’attitude étonnement passive de MacLean lui fait pousser des ailes. Objectivement, c’est trop beau pour être vrai. Bien trop beau. Mais, grisé par le succès de cette première approche, Leander en oublie la vigilance constante dont il s’est pourtant juré de faire preuve, et va jusqu’à abandonner sans aucune réticence le peu de pouvoir qu’il exerce sur son ennemi. Sans doute aurait-il mieux fait de lui crever les yeux tant qu’il en avait l’occasion. Laisser la violente impulsion guider ses doigts jusqu’aux tréfonds des orbites, et se satisfaire d’une vengeance aussi brève que lâche, avant de prestement prendre la fuite.

Trop tard.

Le malaise est à peine visible. Tout juste palpable, perceptible, derrière l’expression d’une surprise relativement banale. Leander refuse de se laisser berner par le rire goguenard qui éclate à ses oreilles. Au fond, il le sent, MacLean est troublé par sa nouvelle apparence. Gêné, rebuté, comme beaucoup le sont, quelle qu’en soit la raison, quelle que soit la façon dont ils essayent de le cacher. Cadavre – le tatoué le prend comme un compliment. C’était bel et bien l’objectif. Donner à son visage l’apparence de la Mort, figer sur son épiderme l’illusion d’un corps pourrissant, infesté d’insectes. Fascinant phénomène que la décomposition… Dommage que si peu de gens soient de cet avis. En même temps, il se moque bien de l’inconfort qu’il peut provoquer. Presque autant qu’il s’en délecte, maintenant, face à l’Autre. Exhiber ces tatouages, ce résultat grandiose mais laborieux, aboutissement de dizaines et de dizaines d’heures de souffrance, c’est le narguer, d’une certaine façon. C’est prouver qu’il a bien plus de ressources et de résistance qu’on ne l’aurait jamais soupçonné. C’est affirmer haut et fort, c’est revendiquer avec fierté, c’est hurler qu’on a eu tort de le traiter comme un faible, un moins que rien.

Regarde. Regarde de quoi je suis capable. Regarde jusqu’où je peux aller, ce que je peux tolérer, supporter, consentir à m’infliger, si je le désire. Regarde bien.
Est-ce que tu vois ?
Est-ce que tu comprends, à présent ?


Tout en provocation. L’un autant que l’autre.

Entiché de la souffrance gratuite. L’expression fait mouche, et pendant un instant, l’ombre d’une grimace passe sur le visage de Leander. Les poings se resserrent le long des flancs. Evidemment, l’Autre n’y comprend rien. Il faut encore qu’il insulte tout ça, qu’il le ramène à quelque chose de vulgaire, de dénué de sens… Il y a des sujets sur lesquels on ne doit surtout pas plaisanter. Celui-ci en fait partie ; la conclusion railleuse de Leslie ne saurait lui arracher l’ébauche d’un sourire, même atrocement amer.

Le possédé garde le silence. Il serait bien ridicule de contester les propos de son congénère, quand il est clair que son comportement tout entier trahit son état d’esprit. Dévoile impudemment cette fixation malsaine. Taraudé. Obsédé. Oui, c’est vrai. Ces choses, toutes ces choses abominables, indélébiles, le hantent. Le pourchassent. Le traquent jusque dans ses fugues oniriques. Empoisonnent ses rêves, ou plutôt, saupoudrent d’épices ses cauchemars… Mais il sait. Il sait exactement quoi faire pour parvenir un peu mieux à dormir.

… Si tant est qu’il y arrive.

La vision de ce corps qui se déplace, s’avance droit sur lui, suffit à réveiller de douloureux réflexes. Signaux d’alerte dans l’organisme conditionné. Les tripes se retournent, protestent. Le cœur se jette violemment contre les côtes. Avec la brusque sensation de manquer d’air, Leander se surprend à reculer d’un pas. La terreur qui le gagne n’a rien de rationnel, et c’est bien ce qui la rend aussi handicapante. Impossible de se contrôler. Impossible de chasser le fantôme de l’appréhension, à fleur de peau, enraciné dans les entrailles et dans la matière grise. Jamais il n’aurait cru l’émotion si forte, si sauvage. Jamais il n’aurait pensé que soutenir à nouveau l’éclat intense de ces prunelles serait à ce point difficile. Se serait-il trompé sur toute la ligne, négligeant l’étendue des séquelles ? Surestimant la puissance de ce désir, ce besoin viscéral de châtiment, qui le consume et qui le dévore ? Réfutant ce qu’il est devenu – un maudit chien de Pavlov, tout juste capable de coincer la queue entre les pattes quand l’ombre d’une menace plane au-dessus de sa tête ?

« Tss. Tu ignores tout de moi. »

Marmonnement à peine audible. Inutile. Faux, tellement faux que ça écorche la bouche. Certes, non. La relation qui lie une victime à son bourreau peut atteindre un tel degré d’intimité… Tous deux le savent. Irréfutablement. La torture est un puissant et monstrueux révélateur. Des plus bas instincts, des peurs les plus profondes. De ce qui constitue le fondement d’un homme. Jamais Leander n’a été plus vulnérable et plus dénudé qu’entre les mains de ce tortionnaire. La belle assurance se fissure. Le doute s’installe, tandis que l’angoisse grignote du terrain. Pris à son propre piège, l’ancien détenu s’efforce malgré tout de faire bonne figure. Il lutte, lutte pour ne pas perdre de vue son objectif. Ne pas céder devant Lui. Lui qui a contribué à le détraquer de l’intérieur, Lui qui l’a modelé à l’image de son horreur et de sa folie.

Sans rompre le contact visuel, il se meut également, allant dans le sens opposé à celui de Leslie. Calquant le rythme de ses pas dans une sorte de mimétisme mi-conscient. Une nouvelle pique de la part de son adversaire, et Crowell secoue la tête d’un air condescendant.

« Tu sais ce qui se passe, le jour du carnaval, souffle-t-il sur le même ton, à la fois mielleux et acerbe. Il n’y a plus de barrière ni de hiérarchie. Les rôles s’inversent. » Les faibles prennent la place des puissants, sont sacrés rois de la fête. Les maîtres servent les esclaves. L’espace d’une journée, l’ordre du monde est bouleversé. Tradition au symbolisme inspirant, prompt à réinsuffler un peu de courage dans la carcasse. Bouleverser leur monde, le monde dans lequel ils se sont rencontrés, cinq ans auparavant – C’est ce que Leander compte faire, ce à quoi il aspire si passionnément, si désespérément.

Arrivé à hauteur de la stèle qui intéressait tant MacLean, il s’arrête. Parce qu’elle l’intéresse aussi, désormais. Quelle funeste dépouille gît là-dessous ? Celle d’un frère, d’une amante ? D’une mère ? D’un enfant ? Posté derrière la pierre grise, le tatoué s’humecte les lèvres, plisse légèrement les yeux en continuant de toiser l’aîné. Puis, il tend quelques doigts et les pose finalement sur le rebord minéral, pour caresser nonchalamment, impunément, la surface lisse et glacée, comme s’il avait tous les droits sur cette mystérieuse sépulture.

« Pourquoi cette visite au cimetière, Leslie ? » La voix est encore calme, claire, même s’il lui faut refouler les relents de crainte qui ne manquent pas de l’assaillir, sitôt son regard détaché de la silhouette haïe. « Deviendrais-tu sentimental ? T’abaisserais-tu, toi, à… un vulgaire élan d’humanité ? » Penché par-dessus la stèle, il se tord le cou pour lire l’inscription gravée en lettres d’or. « Zilpha », murmure-t-il enfin, songeur.

Rien ne prouve que l’Autre soit effectivement venu se recueillir, si ce n’est la gestuelle plutôt révélatrice qu’il a surprise, épiée, quelques instants plus tôt. Observer, enregistrer. Attendre le moment opportun. Et enfin, piquer là où c’est susceptible de faire le plus mal. Simple mécanisme de défense devant l’imminence du danger, face à cette douleur qu’il ne parvient plus à taire, qui ne cesse d’enfler dans sa poitrine. De nouveau, le Hellraiser darde sur MacLean un regard venimeux. Réfrénant son angoisse dans la traque acharnée du plus infime signe de faiblesse, première porte par laquelle il n’hésitera pas à s’engouffrer, armé des pires intentions et de toute sa créativité.

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MessageSujet: Re: Aesthetics of Hate [Leslie]   Sam 2 Sep - 16:06

Se trahir dans un pauvre mouchoir de poche. Son silence est la plus belle des réactions. Celle qui gueule et laisse deviner ce qui est en train de se passer dans les méandres de sa petite tête. Je me suis appliqué à la bousiller, j’ai appris à reconnaître sa trouille, ses élans de faiblesse. A étirer la ligne jusqu’à ce qu’elle se rapproche de la cassure sans jamais la faire céder pour autant. Son marmonnement n’est qu’une affirmation branlante qui me fait sourire. Rictus amer qui s’accompagne de l’esquisse d’un rire sec. Juste une note, celle qui sait se faire douloureuse et qui écrase tout le reste. Aussi sale que de l’acide sur la langue, l’attitude du tatoué me rappelle celle de Tobias. Cette manie qu’ils ont, tous, de se croire au-dessus de ce qui a été établi des années plus tôt, sous prétexte qu’ils respirent un air moins vicié. Possible, les choses changent et peuvent s’inverser lorsque s’ouvrent les portes. On m’a bien mis dehors, comme un malpropre. Perdre le pouvoir et le contrôle en une seule sentence, se retrouver à manger la poussière pour mieux s’en relever. Jules, si tu savais. Combien se sont péter les dents à essayer de m’éradiquer. Je suis comme la mauvaise herbe qui vient se planter dans les excavassions de tourbe, on l’arrache mais elle revient toujours. Demande à ton camarade de cellule si un jour tu le recroises, et admires sa tronche quand il te dire qu’il a failli y parvenir. Pas lui, ces crevés que tu sembles avoir envie de mimer avec ta nouvelle gueule. Demande lui aussi, ce qui en a résulté, tu verras à quel point c’est ironique comme situation. J’en frissonne malgré moi, des relents de haine et d’une satisfaction perverse. J’aurais donné n’importe quoi pour pouvoir l’admirer, la jolie figure du danois lorsqu’on lui a appris que son bourreau n’avait pas succombé à sa fièvre. Une belle crise de rire en perspective, j’en suis certain.

Et je la sens, sa trouille à cet ancien passe-temps. Elle se glisse dans ses veines bourrées d’encre, nul besoin d’être extralucide pour la sentir et la deviner. Une réaction somme toute classique de la victime face au tyran. Le recul dans les pieds, le pas en arrière qui appose un semblant de distance sans pour autant mettre à l’abri. J’en ai de la chaleur dans la poitrine. Un élan de tendresse sadique qui s’expulse de l’aorte contractée jusque dans le bout des doigts.  « - Très juste. Je ne connais que ce que j’ai fait émerger de ta piteuse carcasse. Et c’est amplement suffisant pour deviner ce qui se cache là en-dessous. » Je le lâche dans un souffle, l’éternel sourire du prédateur collé sur les lèvres. Il le connait, l’a déjà vu. En a appris le sens dans l’amertume du sang et l’acidité des larmes. Pensées crades, honteuses, mais une part de moi brûle de le démolir à nouveau. Comme pour sceller les odieuses retrouvailles de deux entités restées trop longtemps éloignées l’une de l’autre. Je l’exècre autant que je l’adore, cette intimité sale instaurée au gré des douleurs et des blessures. Ce lien indéfectible tissé entre lui et moi. A peine un hochement de tête en guise de réponse à son élan de témérité. Inversement des rôles factice qui ne fait que rendre la chute d’autant plus dure. Se péter les dents sur le sol au moment où l’on s’imagine pouvoir renverser la tendance. J’espère pour lui qu’il n’y croit pas, à cette bêtise qu’il vient de balancer comme une mauvaise blague qui ne fait rire personne.

L’avancée du bonhomme tend les nerfs. Fouille dans les tripes jusqu’à faire s’élever la nausée dans une trachée qui se resserre sous le joug de l’indignation. Ultime provocation de doigts qui se posent là où ils ne devraient pas. C’est sentir la colère fuser sous la peau, faire un pas en direction de l’inconscient avec la ferme intention de lui péter les doigts, un à un pour lui faire passer ses envies de les poser n’importe où. « - Pourquoi ne pourrais-je pas être quelqu'un de sentimental après tout ? » Miel des mots qui s’entachent d’une tension difficile à masquer. Elle fait trembler la voix, la rend plus rêche et incisive. Se glisse dans les pupilles pour les parer d’éclats de menace. Pousse la carcasse à se redresser pour se faire géant face à l’insecte. L’écraser de tout le mépris que sa seule vision m’inspire, le faire ployer d’un regard jusqu’à le voir ramper au milieu de la vermine et des fleurs desséchées abandonnées au pied des stèles. « - Le simple fait que tu sois encore là, avec ta gueule barbouillée d’encre est un élan d’humanité de ma part, Crowell. Ne fais pas l’erreur de te croire à l’abri de mon… Sentimentalisme maintenant que tu es libre. » Siffle le chant du serpent. La menace reste sous-entendue, subtilité d’un amateur tant elle est évidente. Faire du zèle et se sentir mourir lorsque le nom se murmure dans le silence de mort. Le sourire vacille, s’efface pour rendre aux traits leur immobilisme de fer. Le masque de civilité et d’une amabilité factice éclate en morceaux, se fracassent à mes pieds. L’intrusion dans mon pauvre monde vécue comme une attaque dont le stigmate fait pleurer du sang dans ma piteuse poitrine.

Serrer les dents et fait éclater les muscles de la mâchoire. Réaliser son erreur lorsqu’il est déjà trop tard. Je lui ai offert, sur le fil de quelques secondes, le tableau d’une faiblesse, la déchirure sur la toile qui s’offre comme une brèche dans laquelle il faut frapper pour tout ravager. Mon souffle se bloque, retenu prisonnier dans les poumons avant d’en être recraché avec force. Loin d’être infaillible, le tyran puise ses plus belles impuissances dans son sang propre sang. Les rejets de son existence qui se sont élevés au rang de centres de son univers. Son regard m’insupporte, cette face aux airs inhumains exacerbe les envies de destruction. Planqué derrière Sa stèle, je peux pourtant sentir l’énergie qui pulse sous cette peau devenue toile. Appétit soudain enfanté de la monstruosité qui me dévore, c’est un nouveau pas qui rapproche l’affamé assassin de sa victime toute désignée. « - Sois un bon zombie et enlève tes doigts, si tu tiens à pouvoir saluer la foule lorsqu’elle t’aura élu Roi des fous. » Les mots s’arrachent et s’écorchent contre les dents serrées. Le regard noir se fait glacial, contraste lugubre avec le rictus revenu se peindre sur les lippes. Expression de bienveillance morne, l’éclat de la dernière chance avant qu’il ne pose un pied dans la fosse qu’il a commencé à creuser. J’ai toujours admiré son inconscience. Son talent à s’offrir de lui-même, le premier coup.

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MessageSujet: Re: Aesthetics of Hate [Leslie]   Lun 18 Sep - 17:30


Non. Ce n’est pas vrai. Ce n’est pas – ce n’est plus – ce qu’il est. On ne peut pas le réduire à ça. Il n’a pas le droit de… Non ! Déglutissant péniblement, Leander ferme les paupières, comme pour échapper un instant au sourire carnassier de son vis-à-vis. Hélas, les images qui l’assaillent aussitôt sont pires encore que le spectacle du bourreau en pleine jubilation. Piteuse carcasse. Il n’aurait jamais dû faire ça. Se livrer entièrement à Lui comme il l’a fait à l’époque. Lui offrir son corps pour Ses poings avides de violence, Lui céder toutes les parts de son libre-arbitre, sans une once de réticence. Pourquoi a-t-il été si faible, si lâche ? Pourquoi n’a-t-il pas su réagir ? Pourquoi ne s’est-il pas battu, ne serait-ce qu’un tout petit peu, pour sa dignité, pour son statut d’être humain ? La honte le ravage, le gangrène comme une putain de maladie. Il se dégoûte. Il exècre sa propre image, ce reflet dont il n’arrive jamais à se débarrasser complètement, malgré l’encre qui inonde ses pores, et même si le miroir lui renvoie aujourd’hui un visage bien différent de celui d’antan.

Des voix se disputent dans sa tête. Pensées contradictoires, souvenirs déroutants, émotions volatiles et ambivalentes. Tiraillé entre la peur et ce désir de vengeance brutal, bestial, le possédé a bien du mal à retrouver ses esprits et le contrôle de son corps. Bouger au même rythme que son interlocuteur lui apparait vaguement comme la meilleure manière de se ré-ancrer dans l’instant présent. S’ensuit alors une étrange danse qui se termine, pour Leander, derrière la tombe fatidique. La tombe que Leslie était venu voir. Leslie qui continue de cracher des railleries – peut-être plus pour bien longtemps.

Bizarrement, Crowell se sent presque en sécurité derrière cette stèle. Certes, ce n’est pas un morceau de pierre qui va arrêter MacLean, s’il se décide à l’attaquer. Mais tout de même. Elle a quelque chose de spécial, cette pierre… Ce n’est probablement pas n’importe qui qui repose en-dessous. Il ne serait guère étonnant que l’autre homme rechigne à piétiner cette dernière demeure, même pour venir l’en débusquer. En vérité, Leander compte là-dessus. Il espère ne pas se tromper. Il espère viser juste. Et quelque chose lui dit qu’il n’est vraiment pas loin de la vérité. Cette tension dans les muscles du quadragénaire, peut-être. Ou le pas qu’il amorce dans sa direction, sans pour autant se résoudre à avancer davantage. Ou encore, le buste qui se gonfle et qui se redresse, sans doute sous l’effet d’un savant mélange d’inquiétude et d’indignation.

Il aurait tout à craindre, mais il a aussi tout à espérer. D’un nouveau geste de la tête, Leander balaye les objections de son homologue. Sa propre survie, un élan d’humanité de Sa part ? Bien sûr que non. Leslie ne l’aurait jamais tué. Il s’est retenu, a dosé sa force, non pas par indulgence ou pitié, mais bien parce que le contraire ne lui aurait rien apporté. Quel intérêt à l’anéantir ? Pourquoi se priver d’un exutoire aussi parfait ? Jules était certainement la créature la plus docile de cette maudite prison, la cible idéale, celle sur laquelle on peut s’acharner à sa guise, sans jamais essuyer une quelconque rebuffade, sans jamais risquer la moindre tentative de rébellion. Quoi qu’on en dise, les plaisirs les plus faciles ne sont pas forcément les moins exaltants. Tout ce qui importait à l’ancien directeur, c’était de retrouver, à chacune de ses visites, quelque chose de vivant à cogner et à malmener. Epargner, non. S’arrêter juste avant le point de rupture, oui. Il y a là une certaine nuance, mais de toute façon, Leander n’est pas dupe au point d’ignorer que les menaces et les arguments illogiques de MacLean n’ont qu’un seul but : détourner son attention de la sépulture.

Zilpha. Le nom ne lui évoque rien, pas plus que l’emplacement ou l’aspect de la tombe. Il n’a clairement pas pu embaumer, ni enterrer cette personne, et les dates le confirment. Jeune – premier constat du thanatopracteur, après un rapide calcul mental. La piste de l’enfant, de la nièce chérie, de la petite protégée – quoi qu’ait impliqué cette relation – semble plus que plausible, d’autant que la seule évocation de la trépassée suffit à ôter tout sourire à l’ennemi. Crowell jubile. Ça y est. Il a déniché une faille, enfoncé ses doigts dans une plaie béante. La confiance revient, diffuse, instable, mais néanmoins palpable ; elle réchauffe doucement la poitrine et peint l’esquisse d’un rictus triomphant sur les lèvres du tatoué.

« Ce fameux sentimentalisme… Il est à l’origine du drame, ou bien… ? » Terrain miné. Pente glissante, sur laquelle Leander prend pourtant le risque de déraper. Chercher les mots qui blessent, les mots contre lesquels on ne peut se protéger. S’inventer une histoire entre le bourreau et la défunte, pour expliquer, pour tenter de comprendre. Espérer perfidement que l’intuition est bonne, tandis que la hargne ravivée pousse la langue à se délier. « Laisse-moi deviner, Leslie. Tu as été excessif, comme d’habitude… et maintenant, tu viens pleurnicher sur les débris d’une poupée cassée… »

La culpabilité. Un sentiment qu’il ne connait que trop bien. Même quand la mort est purement accidentelle, elle est bien souvent là, sournoise, comme un poison qui circule lentement dans les veines et vous corrode progressivement le cœur. Peut-être que MacLean fait partie des rares chanceux qui ne l’ont jamais expérimentée. Mais quand même, ça vaut la peine d’essayer.

Un pic d’adrénaline traverse le corps de l’ancien détenu, alors que l’ennemi s’avance encore, amoindrissant la distance entre leurs deux carcasses gonflées d’animosité. Les ongles rongés crissent sur la pierre froide. Oh non, Leander n’est pas près de donner satisfaction à son rival. Sans bouger d’un millimètre, il continue de le fixer, le cœur battant la chamade, mais plus déterminé que jamais à se défendre, à rester debout quoi qu’il arrive. Concentré sur Leslie, il ne s’emploie qu’à le repousser, ou du moins à le maintenir à bonne distance de la stèle, en usant de cette influence qu’il ne maîtrise pas encore très bien, mais qui a déjà fait ses preuves. Le liquide de vie, dans l’organisme adverse, devrait commencer à légèrement refroidir, ralentir sa course.

« Je ne t’obéis plus. C’est fini. Tu n’es plus personne. En fait… tu n’es plus rien. » Le temps où il aurait fait n’importe quoi pour un peu de répit, où, profondément résigné, meurtri, il aurait été prêt à subir sans broncher les pires humiliations… Ce temps-là est bel et bien révolu. « Regarde-toi. Tu as perdu tous tes jouets, et qu’est-ce qu’il te reste, à présent ? Pas grand-chose, je parie. » Allusion à l’évasion massive de 2015, à cette histoire d’expulsion, dernière fois où Crowell a entendu parler de Leslie MacLean. Un éclat moqueur dans les prunelles, le Hellraiser promène son regard sur la silhouette du roux. Non, l’autre n’a pas franchement la dégaine du type plein de prestiges, qui roule sur l’or et se vautre dans le luxe. Cela n’a d’ailleurs jamais été le cas, mais… sans doute a-t-il connu des jours plus confortables, quand il était encore à la tête de la Parish Prison. « Ah, c’était si facile avant, d’assouvir tes petites pulsions sales… Tu te croyais invincible, n’est-ce pas ? Au-dessus de tout et de tout le monde ? Mais Leslie, il va bien falloir que tu te fasses une raison. C’est fini, tout ça. Terminé. Elle est derrière toi, ton heure de gloire. Et puis, entre nous, ce n’est pas comme si tu étais resté dans la fleur de l’âge… »

Combien de temps pourra-t-il encore tenir ? Singer une assurance qu’il n’a pas, lâcher des paroles dégoulinantes de mépris, uniquement pour le déstabiliser, pour faire preuve de répondant, pour ne pas perdre complètement la face… Le duel dans lequel ils se sont engagés l’effraie autant qu’il l’excite. Une part de lui voudrait fuir à toutes jambes. Eviter les dégâts. Ne pas laisser au tyran une nouvelle occasion de lui faire du mal. Mais une autre, celle qui a pris tant d’ampleur ces deux dernières années, se moque bien des terribles conséquences. Soif de violence. Fureur. Force. Domination. Souffrance. Se blesser, se déchirer, se massacrer s’il le faut, tant qu’on est, à l’issue du processus, débarrassé de cette insupportable, intolérable frustration.

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MessageSujet: Re: Aesthetics of Hate [Leslie]   Lun 25 Sep - 20:08


Elle provoque, l’ignoble créature. S’avance sur des sentiers qui ne lui apporteront rien de bon si elle persiste à s’y bousiller les pieds. Provoque la douleur dans un cœur toujours en deuil, dont la plaie ne parvient pas à se refermer. Constamment ré-ouverte par les intentions du masochiste qui la contient en lui, par tous ces autres qui perçoivent la faiblesse qu’elle fait courir dans l’édifice supposé sans failles. Monstruosité à fleur de peau, dévorant peu à peu les restants d’une humanité saccagée, elle ne parvient pourtant pas à effacer la détresse du père privé de son enfant. Dans les méandres de ma faiblesse la plus intime, j’ai offert à l’ennemi les armes du pouvoir. Laissé miroiter devant son nez maculé d’encre la plus belle brèche dans laquelle il s’est jeté sans réfléchir. La créature poussée en avant par un regain évident d’aplomb, je m’en veux d’avoir été si crédule. A la manière de l’un de ces maudits livres que j’affectionne tant, ouvert à la bonne page, celle qu’il ne faut pas rater pour comprendre le fin mot d’une histoire sordide qui continuera pourtant de se répéter. J’ai les phalanges qui brûlent, s’ouvrent lentement et se replient dans le sillage d’une menace silencieuse. Celle qui se doit de le rester, de n’être que le fantasme d’un esprit rompu à la violence. Résister à son appel tout en sachant pertinemment que la chute est là, à quelque pas. Derrière la stèle d’Izzy, celle que la bouche fielleuse souille par ces paroles dégueulasse. Crues d’une vérité qui affole le cœur dans la poitrine, ravage l’âme dans un flot incessant de remords. Unique fautif à déclarer dans l’odieux ouvrage, j’accuse un autre, sans relâche pour me voiler la face. M’abstenir d’affronter ce jugement qui se perpétue sans cesse dans mon crâne. A chaque moment de solitude, de faiblesse. Lorsque le jour cède sa place à la nuit et à ses fantômes.

Le menacer pour lui faire ravaler ses élans de confiance est une perte de temps. L’adrénaline du fou empêche la raison, poussé en avant sur ce sentier-là, il est impossible d’en revenir avant d’avoir atteint son but. Il n’y a plus qu’à laisser couler l’injure, serrer les dents jusqu’à avoir la sensation de les sentir s’éclater à chaque seconde passée. Tolérer les mots et faire preuve d’un affolant sang-froid pour se retenir de le détruire comme il le mérite. Ce n’est qu’une question de temps avant de céder, des grains de sables dans le vent et la mécanique qui s’ébranle pour de bon. Le rire s’éclate contre la langue, acide et froid, face à ces répliques déjà entendues dans la bouche d’un autre. Marquer leurs petits esprits, par ma simple présence ou l’attention que je pouvais leur porter. A tel point que même au-dehors, le charme continue d’opérer. J’en suis flatté, l’esquisse d’un sourire sale sur les lèvres. « - Vous vous êtes passé le mot les uns aux autres? C’était quoi, votre croyance commune qui m’élevait au rang de petit dieu indestructible de la prison ? » La moquerie s’extirpe d’entre les dents serrées. Dans un souffle arraché, une désagréable sensation gagnant la surface. Elle étend ses griffes sur tout le corps, l’enveloppe dans une couverture de faiblesse dérangeante. Fronce les sourcils et racle la gorge devant l’offense, l’enveloppe vacille le temps d’une inspiration sur des pieds soudain moins sûrs. Inapte à comprendre la véritable raison d’un tel moment de faiblesse, je la mets sous le coup de la tension qui gravite sous la peau, la faim qui s’étend dans les entrailles en présence d’un gibier tout préposé à mourir sous mes doigts.

« - Vous n’étiez que des restes d’une société bouffée jusqu’à la moelle par la vermine. Des bons à rien qu’il fallait écraser pour éviter qu’ils ne gueulent trop fort et dérangent les braves gens d’à côté. On m’a refourgué les parasites, j’ai fait de mon mieux pour qu’ils le restent. » Le regard s’écrase contre la trogne peinturlurée, l’accable et étudie avec une méticuleuse précision le piteux ensemble qui se dresse devant moi. Le misérable vermisseau qui se terre derrière la stèle de ma cadette. « - Dis-moi, que te reste-t-il à toi ? Des débris de vie que tu tentes vainement d’assembler pour arrêter de claquer des dents dès que tu éteins la lumière ? » Je le susurre, le ronronne avec une douceur de dentiste prompt à venir arracher les chicots avec sa pince rouillée, le tout sans anesthésie. Avance d’un pas supplémentaire, le pied qui se pose de côté pour ne pas venir piétiner la terre sanctifiée. « - Fais le malin, Crowell. Crache ta verve comme si elle allait pouvoir te sauver. Regarde-toi, t’as la trouille, exactement comme dans ta petite cellule. A te planquer derrière une stèle, qu’espères-tu ? Que le profane que je suis n’ira pas jusqu’à te faire ramper devant elle ou t’y casser les dents ? » Grossière erreur. L’immobilisme à nouveau, dans l’attente d’une réponse qui met de trop de temps à arriver. Ma patience explose, terrassée par l’appel du carnage, la faiblesse qui ne cesse de croître sous ma peau. Une indicible part de ma raison s’obstine à le tenir responsable de ce malaise. Connerie balancée hors du crâne lorsque la distance finit par se rompre. Pardonne-moi Izzy. Tendre le bras et agripper avec toute la force du tortionnaire la maigre épaule. Les sensations reviennent, explosent sous cet unique contact. L’appel de la chair si souvent démolie, les automatismes qui reprennent les commandes.

« - C’est toujours aussi facile d’assouvir ses pulsions, Jules. Regarde, il n’y a personne qui viendra nous interrompre ici aussi. » La main libre désigne le restant du cimetière puis vient agripper brusquement la gorge de mon ancien protégé. Puise dans les forces matées par la fatigue pour détacher ses semelles de la terre humide, briser le dos contre celui de l’ange en granit posté à côté de La tombe censée le protéger. « - Fais-nous plaisir et couine comme tu sais si bien le faire. C’est bien là le seul moment où je parviens à apprécier le son de ta voix.» Supplique murmurée contre la peau du tatouée, en une caresse indécente qu’il sera le seul à entendre. Et les doigts qui se resserrent, serpents s’enroulant autour de la proie. A en faire rougir la carne, y planter les ongles bientôt rejoint par leurs jumeaux. Deux mains promptes à fracasser la trachée au moindre mot de trop. Messagères du charnier régnant en-dessous, c’est de la frustration qui me prend à la gorge face à la proximité. La faim du monstre explose gratte et supplie. Patience. C’est se contraindre à rester de marbre, à sentir le cœur frapper au point de faire battre les veines sous la peau fine. Les sentir vibrer sous la pulpe de mes doigts, de la mort dans le regard qui s’accroche à celui de l’ancien détenu.

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MessageSujet: Re: Aesthetics of Hate [Leslie]   Lun 16 Oct - 13:10


Un dieu. Dans la bouche de l’Autre, ça sonne ridicule, absurde. Et pourtant, le terme est presque approprié à la situation. Quand on est enfermé entre quatre murs, dans la crasse et dans l’obscurité, quand, privé de tout, l’être cherche désespérément une source de stimulation, une motivation quelconque, une chose à laquelle se raccrocher… Dans de telles circonstances, oui, les rares créatures qui croisent votre route sont susceptibles de prendre une importance considérable. Démesurée. Une importance que vous ne leur accorderiez pas, ou du moins pas aussi spontanément, follement, en temps normal. Avec un étrange pincement au cœur, Leander repense à Tobias. L’image de son ancien codétenu, à moitié englouti par la pénombre qui régnait en maître dans leur misérable cellule, s’impose à lui, avant de vaciller, s’évanouir comme la flamme d’une bougie sur laquelle on se hâte de souffler. Peut-être est-ce Tobias que MacLean évoque à demi-mot. Combien sont-ils à avoir essayé de Le coincer, à s’être soulevé contre Lui, réclamant vengeance ? Peu importe, dans le fond ; le bourreau est toujours debout et c’est, en soi, un constat suffisamment odieux pour occulter le reste.

Bons à rien. Parasites. Les mots le heurtent comme autant d’injures personnelles. Un déchet pour la communauté, voilà ce qu’il était après sa défaite aux jeux. Mais il ne l’est plus. Objectivement, non, il ne l’est plus. Il a trouvé un travail, pour lequel il est respecté. Il a une situation. Il n’a plus rien à voir avec cet artiste raté, entretenu par sa femme, qui se jette avec ferveur dans un show télévisé des plus abjects, ceci afin de prouver à une société branlante et corrompue qu’il n’est pas complètement dénué de valeur… Leander serre les dents. Il aurait été idiot de croire que quelques insultes bien tournées suffiraient à faire taire l’ancien directeur. Heureusement, toutes les flèches n’ont pas raté leur cible, et il y a au moins un sujet sur lequel Leslie a perdu sa langue. Cette satisfaction, celle d’avoir réussi à Lui injecter une dose de douleur, aussi infime soit-elle, rien ni personne ne pourra la lui enlever. Ce n’est pas rassasiant, certes. Mais c’est déjà ça. Alors Crowell encaisse, il résiste, il accueille du mieux qu’il peut les moqueries et les affronts, dans l’attente d’un moment favorable pour mordre à nouveau. Plus méchamment, cette fois.

Il sait très bien, pourtant, qu’un petit rien pourrait le faire basculer dans la terreur la plus profonde. Le poil se hérisse, tandis qu’un pas supplémentaire vient encore tronquer la distance qui les sépare. Incapable de Le repousser, incapable de Le contrôler, incapable d’endiguer cette avancée progressive, fatidique, cette intrusion imminente dans sa zone de confort, le possédé se bouffe la lèvre inférieure, plus nerveux et frustré que jamais. Tout son corps, contracté derrière la stèle, transpire la nervosité qui le gagne et contre laquelle il devient de plus en plus difficile de lutter. Claquer des dents. Typiquement le genre de tableau qu’il refuse d’offrir, mais… c’est ce qu’il fait, n’est-ce pas ?… ce qu’il n’a jamais vraiment cessé de faire… La concentration vole en éclats derrière ses paupières closes, et il lui semble devoir fournir un effort surhumain pour ne pas se laisser glisser le long de la pierre, accablé par ces paroles crues, criantes de vérité. Réalise-t-il alors à quel point les menaces proférées sont proches de s’accomplir ? Probablement pas. Pas avant de sentir le vent siffler contre son visage, et les doigts de l’Autre, tels des serres acérées, s’emparer de son épaule.

« Espèce de… »

La main qui empoigne brutalement sa gorge terrasse l’ultime élan de contestation. Injure avortée dans le gosier, lequel ne laisse échapper qu’un faible hoquet sous la violence du choc. Les pieds se détachent du sol. Le dos s’écrase contre une statue voisine, entre les deux ailes déployées d’un ange de granit. Traits crispés par la douleur. Gémissement plaintif qui se fraye un chemin parmi les voies obstruées. Les yeux cerclés de noir roulent dans leurs orbites, affolés, le cœur cogne comme un forcené, mais ni les bras, ni les jambes ne répondent à l’appel. Tétanisé, Leander ne peut qu’assister, impuissant, au terrible spectacle qui se dresse devant lui : le faciès de son éternel agresseur, plus terrifiant et plus imposant encore dans la clarté matinale, se penchant en avant pour lui susurrer à l’oreille des vocables que son pauvre cerveau ne cherche même plus à analyser. Puis, cette seconde pince qui vient en renfort de la première. La pression des griffes sur l’épiderme surchauffé, le sang qui perle à fleur de peau. Le voile blanc qui, doucement, presque sensuellement, brouille son champ de vision, recouvrant le charnier d’une délicate chape de brume.

Asphyxiante plongée dans le passé. La boucle se répète… inexorablement. Certains diront qu’il l’a bien cherché. Qu’il n’a récolté que ce qu’il méritait, avec ces fanfaronnades et ces dangereuses provocations. Il n’a pas été malin. Il aurait dû… mais est-ce déjà trop tard ? Se pourrait-il que tout finisse ainsi ?

« N-n… » Se battre pour sa survie, se battre pour la plus infime goulée d’air. D’étranges gargouillis jaillissent de sa gorge. Des larmes de colère, de désespoir, emplissent ses prunelles dilatées à l’extrême, tandis qu’il suffoque, qu’il s’enfonce, qu’il perd un peu plus pied, à chaque seconde, avec cette réalité insoutenable. La trachée prête à éclater, comme les veines douloureusement saillantes, palpitantes, que le monstre s’acharne à compresser. Mais soudain…

Une décharge électrique. Le corps qui se réveille dans un brusque sursaut. Réflexe salvateur, pulsion de vie hurlant dans toutes les fibres de son organisme, lui ordonnant de flanquer un genou rageur dans l’entrejambe du bourreau. Les mains du tatoué, fébriles, s’agrippent à leurs jumelles, poussent, tirent, griffent, grattent, bientôt secondées par cette nécrose quasi-automatique qui, sans doute à elle seule, permet la libération définitive du cou meurtri. Prenant appui contre la pierre, le possédé puise dans ses dernières forces et, rendu plus vif et plus téméraire par la soudaine montée d’adrénaline, se jette contre son ennemi, tête en avant, avec toute la violence dont il est capable. Son crâne heurte de plein fouet la mâchoire de Leslie, mais aveuglé, transformé par cette puissance obscure qui l’habite et qui vient brusquement d’exploser, il ne se laisse pas arrêter par la douleur. Continue de forcer comme un beau diable, jusqu’à entraîner l’autre homme dans une lourde chute sur l’herbe mouillée. Ecrase son bassin contre l’abdomen adverse, sur lequel il grimpe aussitôt pour tenter de le maintenir au sol, compensant par là même, de façon instinctive, leur différence de carrure – inégalité qui fait que, s’il n’avait pas réagi assez vite, MacLean n’aurait probablement eu aucun mal à l’éjecter d’un coup d’épaule.

Il ne réfléchit pas, il n’en est plus capable. Une lueur démoniaque danse dans son regard, alors qu’il attrape de ses deux poings tremblants d’émotion le col du tyran. C’est ainsi que les choses doivent se terminer entre eux. Pas autrement. Mû par une indescriptible vague de dégoût, Crowell se racle la gorge, avant de cracher à la figure de l’agresseur devenu agressé. Une main plaquée sur Sa clavicule, l’autre fouillant la terre autour d’eux, il finit par se saisir d’une petite pierre pointue que son esprit ébranlé lui présente comme l’arme idéale. Haletant, délirant, il la lève alors au-dessus de la tête du quadragénaire, comme pour le frapper avec. Frapper, frapper, frapper. Jusqu’à Lui fissurer le crâne, jusqu’à faire gicler des flots carmin hors de Ses orbites. Défoncer cette gueule. Pulvériser ce regard, pour qu’il ne puisse plus jamais lui perforer l’âme.

Courbé au-dessus de l’exécrable carcasse, le geste suspendu, il ne sait ce qui le retient. Ce qui l’empêche de céder immédiatement, radicalement, aux pulsions monstrueuses qui courent sous sa peau. Peut-être est-ce son humanité bafouée qui le rattrape, ou les vestiges d’une trouille pourtant balayée par cette sauvage et irrésistible effervescence… Peut-être est-ce le besoin d’apprécier, de savourer pleinement le retournement de situation, avant de franchir une nouvelle ligne rouge. Une chose est sûre, en tout cas : cet instant d’hésitation pourrait bien lui coûter très cher.

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MessageSujet: Re: Aesthetics of Hate [Leslie]   Ven 20 Oct - 20:19


Meurtre dans la pupille, cette haine viscérale inspirée par la vermine gangrène la chair à mesure qu’elle prend son essor dans la carcasse. Folie sourde d’un être bouffé par le besoin de violence, en écho à la peur qui se lit dans l’œil affolé de la proie. Un retour en arrière, de quelques piteuses années. Revivre sous le regard du monde ce qui se passait à l’ombre de barreaux d’acier. Le tortionnaire et sa victime, en un couple à l’intimité bien plus poussée que n’importe quel autre duo se bouffant du regard dans les salons douillets de cette foutue ville. S’employer à ravager le corps et la raison pour devenir le pire cauchemar des âmes purgeant leurs peines. Devenir l’unique source de terreur jusqu’à sentir la peur suinter des peaux moites et abîmées. En ressentir un plaisir sale à chaque fois que les regards se baissent ou que les membres tremblent de trouille. On apprend à l’aimer, cette sensation faussée d’être le centre d’un univers décadent. Sa raison de rester debout, et l’élément central de sa destruction. Maintenir les taulards en vie tout en s’appliquant à les briser, un par un, tous d’une manière différente, propre à ce qu’ils pouvaient être. Une connaissance morbide des recoins les plus sales de tous ces hommes vivant dans les entrailles d’un monde reclus et pourri.

En cet instant, à sentir l’affolement se ruer sous la peau tatouée, la sensation de pouvoir se rue à nouveau dans les artères. Mon cœur en écho à celui de l’ancien détenu, hurlant à en crever contre mes côtes. Affectueuse douleur dans la poitrine, celle qui fait naître l’adrénaline, pousse le corps en avant et éveille les instincts. Ces automatismes sadiques et assassins, ceux de l’homme poussé dans les retranchements de sa destruction massive qui se couplent à présent aux automatismes de la créature engendrée des griffes de ces cadavres qui font trembler les âmes sensibles. Saloperies abhorrées malgré le contrôle que ma nature m’offre sur eux. Frères sous la couche de carne avariée, la pensée me tire un irrépressible frisson de dégoût, fait germer la nausée sur la langue. Serre les mâchoires et en retour à la réalité, les doigts se serrent encore plus contre la gorge. Crisse la peau, se contractent les veines en une supplique pour que tout s’arrête. Je le sens, sous mes doigts, l’air qui se fait mort dans sa poitrine tourmentée. La symphonie de son cœur en panique, du sang qui se rue dans les artères et l’énergie qui supplie. Appelle au larcin sans la moindre pudeur. Fauve au désir attisé par la promesse du carnage, les lèvres se retroussent en un rictus animal, dévoilent les dents du prédateur alors que le regard ne cesse de s’accrocher à celui, paniqué, du petit Jules.

« - De quoi, hein ? Monstre ? Tyran ? Bourreau ? C’est juste, très juste. » Le cynisme se souffle contre la peau brûlante. Au rictus du fauve s’ajoute le sourire sarcastique de celui qui a accompli son œuvre. Brisé l’être dans ces derniers retranchements pour le voir crever de trouille même sous l’éclat morne du jour. « - Ta liberté n’a fait que te rendre plus pathétique que tu pouvais déjà l’être, Jules. » J’ai du dédain dans le timbre, la voix qui vibre  des échos d’un plaisir monstrueux. Larmes sous les paupières, j’en grince d’un rire cruellement insolent. Victoire dans les ongles qui s’incrustent dans la chair affable, la surprise s’invite pourtant lorsque le corps à l’agonie s’éveille malgré tout. Pulsion automatique de l’humain qui s’accroche, le réflexe qui accompagne ce retour à la surface m’arrache à odieux râle de douleur lorsque cette dernière fuse entre les cuisses. Spasme dans les doigts sous le choc, ils refusent pourtant de lâcher, de s’avouer vaincus aussi aisément. Aussi stupidement. Malgré les mains qui s’accrochent aux miennes, je persiste et signe dans mon besoin de voir ployer sa sale gueule et lui faire bouffer l’argile comme il le mérite. Insistance qui s’étiole lorsque des mains noircies du tatoué, l’encre glisse. En une perfide illusion, il se repend, englouti ma peau bouffée par la rousseur. Le contact dérange, éveille l’angoisse qui me pousse à le lâcher comme si sa chair était devenue ardente. Instant de perdition durant lequel le regard incrédule se fixe à la carne visiblement en train de se nécroser dangereusement. Et lui offrir l’occasion de prendre l’ascendant. Le cadavre dans les dents, le sang qui remonte sur la langue et fend l’air dans un crachat amer avant que le dos ne se démolisse contre la terre. Dans un râle de douleur, les paupières se ferment le temps que le décor cesse de vaciller. Et soupirer à nouveau lorsque la victime se fait bourreau.

Il a de la folie dans le cœur, et il m’est difficile de nier que cet élan de réplique aussi soudain qu’inattendu attise la mienne. Renforce mes convictions et le besoin de le détruire plus encore. Accentue l’injure lorsque la haine se crache dans la figure, ma rage qui éclate dans le ventre. Pousse le corps à s’insurger, refuser la domination malgré la force qu’il impose dans sa prise. Ongles et talons raclent la terre, les reins se tendent et se creusent dans un violent réflexe pour le faire chuter. Peine perdue, l’exercice se solde alors par un immobilisme brusque. Figé dans un calme insolent face à la menace de son arme improvisée. Pitoyable scène de lutte perdue d’avance, notes d’un rire grinçant qui s’extirpe des crocs du monstre, ma tête retombe alors contre la terre. Dans une expiration, je contemple l’amoncellement gris au-dessus de nous et repose les yeux sur la chair noircie de mon avant-bras. « - Tu pues la trouille, c’est à vomir, Crowell. » Je crache mon venin à la figure de ce misérable dominant en pleine crise de conscience sans une once de pudeur, la douceur d’une provocation pouvant s’apparenter à de la folie suicidaire dans le timbre.

« - Aussi pitoyable que ton ancienne copine de cellule. Lui aussi a hésité lorsqu’il a voulu en finir, et il l’a regretté... » Mentionner ce maudit raid n’était pas la meilleure chose à faire. J’en ai du désordre dans le crâne et dans les reins. Un amoncellement de merde qui s’entasse et me broie le cœur. Un trop plein de sentiments différents qui engluent doucement le système, bouchent les artères et perturbent la mécanique d’un cœur déjà bien bousillé. Le sang battant à tout rompre contre les tempes, c’est tout le corps qui se fige. Volonté conjurant les ténèbres sous le fragile soleil de ce fébrile début de matinée, l’ombre projetée par ma carcasse s’en détache, enroule ses doigts de suie contre le poignet du tatoué pour brider ses élans de témérité. Courbure rapprochant les enveloppes, ma propre main vient alors s’agripper à celle échouée sur mon torse. Fermement, les phalanges s’y accrochent, scellent le contact des chairs ennemies. Grouille sous sa peau, son énergie qui file, gicle d’un édifice pour s’ancrer dans un autre. Faire valser la puissance folle du misérable, attiser cet instinct de survie déplorable aperçu dans ses pupilles démentes. Le cœur qui hurle, cogne contre les côtes à mesure que le larcin perdure. J’en feule d’un plaisir fauve, fourmillements dans les entrailles et le tyran se redresse alors légèrement.

« - A défaut d’avoir pu m’assassiner comme il l’entendait, il m’a rendu véritablement monstrueux comme vous vouliez que je le sois. En fin de compte, on se ressemble toi et moi maintenant, tu ne trouves pas ? » Ronronne l’aveu contre la langue, les visages si proches que les souffles se mêlent. Relents de mort contre le palais, je m’enlise dans la duplicité, lâche le poignet pour entraver la gorge. Dans un claquement de langue insolent, l’ombre libère la main et son arme de fortune. Fourbe usant alors de la faiblesse injectée dans ses veines pour l’envoyer balader. Relâcher la nuque dans un geste brusque et le faire s’écrouler dans la terre humide sous l’impulsion. Le contact soudain brisé me laisse un goût d’inachevé sur la langue, le besoin pressant du monstre qui hurle de recommencer. A défaut, le fébrile se contente de prendre appui sur la stèle la plus proche afin de se relever. « - Tout ceci n’est pas qu’une farce alors… Tu es aussi pourri là-dedans que ces tatouages le laissent présager. Qu’es-tu donc pour parvenir à accomplir de telles horreurs ? Véritablement un parasite recraché de sa tombe ? » Haussement de sourcils accompagnant la question, et l’attention qui se reporte sur mon ancien détenu. Détaille la silhouette avec l’intérêt du prédateur, la curiosité dans les veines et les sens en alerte, prompts à briser un quelconque nouvel élan de démence assassine. Je m’enlise dans un égocentrisme douteux, persuadé que si une horde de zombies n’a pas pu venir à bout de l’ordure que je suis, un misérable caillou n’y pourra pas grand-chose non plus.

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† madness is sanity
a world of burning flames, white wings scorched to black, and a heart consumed by rage, oh darling,
you were just born to be a devil
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Aesthetics of Hate [Leslie]

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