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 You're a dickhead | Samara

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MessageSujet: You're a dickhead | Samara   Sam 29 Juil - 1:28

You're a dickhead
Sam & Rei
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Comme chaque fois que Sam passait la nuit dans sa chambre, Rei avait un peu plus de mal à émerger. Ouvrir les rideaux avant 10h était un petit miracle qui lui laissait de lourdes valises sous les yeux. Non pas qu’elle soit du genre insatiable, mais… Passons les détails. En général, quand le jeune homme revenait d’une prestation au Mary-Rose, ses parents lui fichaient une paie royale le lendemain et il pouvait profiter au moins de sa mâtiné avant de rejoindre la librairie ou de participer aux tâches ménagères. Finalement, c’était un peu une tradition que le joyeux bordel à l’extérieur n’était pas parvenu à ébrécher. Chez les Yamada, chacun devait mettre la main à la patte. Les hommes n’étaient pas exemptés de tâches ménagères et les femmes devaient également apprendre à manier les outils. En l’occurrence, Rei était fils unique. On pourrait croire que c’était une chance mais aussi sympathiques pouvaient être ses géniteurs, aussi sévères ils se montraient parfois. En plus des notes à l’école, leur fils avait plutôt intérêt à se montrer volontaire et à obéir au doigt et à l’œil sans quoi, il essuyait quelques claques. Avec l’âge, ils s’étaient beaucoup adoucis et c’était aussi ce qui rendait le nippon vert de jalousie concernant Samara.  Elle avait débarqué chez eux comme un cheveu bien crade sur la soupe Miso et voilà que Madâââââme bénéficiait d’une suite personnelle – aussi l’ancienne chambre de Jill – et d’un traitement de faveur. Nourrie et blanchie, elle devait participer à la vie de la maison et payer un minuscule loyer dont les Yamada lui faisaient grâce deux fois sur trois. Avec le temps, Rei s’était fait une raison et pour ne pas développer d’ulcère, avait préféré faire l’impasse. Il avait ainsi fait baisser le tensiomètre de la maison et tout le monde semblait y trouver son compte. Moui… « Mais qu’est-ce que… ? » Murmura l’asiatique en arquant un sourcil, le regard vissé sur les sous-vêtements féminins qui traînaient sur le parquet de sa chambre, au pied de son lit. « Putaiiiiiin… ! » Déjà agacé par ce détail, il repoussa les couvertures et se leva aussitôt, en enfilant du même coup un pantalon de sport ainsi qu’un simple t-shirt.  « Elle me fait chier. » chantonna-t-il brièvement entre ses lèvres tout en ramassant les affaires, comme si la mélodie allait l’aider à se détendre.

Rei vérifia rapidement que personne n’était dans le couloir de l’étage pour le traverser et ouvrir la porte de la chambre de Samara, sans se donner la peine de frapper. Quand son regard croisa le sien, il vit un sourire se dessiner sur ses lèvres et préféra couper court à toute formule de politesse en lui balançant sa culotte, son soutien-gorge et son jean en boule dans la figure.  « La prochaine fois Sam, je brûle tout. » Il s’assura qu’elle ait bien compris le message en appuyant le tout d’une mimique déterminée puis claqua la porte pour se préparer un petit-déjeuner. Ce qui le rendait fou en plus de devoir nettoyer pour elle, c’était le malin plaisir qu’elle prenait à ne pas l’écouter. Qu’est-ce qu’elle s’imaginait ? Que Madame Yamada ne comprendrait pas illico presto ce qu’il se passait si elle était entrée et qu’elle avait vu les dessous de la locataire dans la chambre de son fils ? Il était hors de question que quiconque sache. Ça n’avait pas d’importance. Dans son cœur, Rei était absolument convaincu que Beith ne reviendrait jamais. Ce n’était pas la question, ni ce qui l’empêchait de vivre une vraie relation avec Sam. Pour cela, il faudrait que les sentiments qui les entouraient tous les deux soient plus clairs… Et non pas mêlés à de l’impatience ou de la colère. La passion c’est une chose, l’amour en est une autre… Rei ne doutait pas là-dessus.

La journée s’écoula au moins aussi mal qu’elle avait commencée. Puisque la Terre entière semblait tourner autour de Samara, cette dernière avait décidée qu’elle serait mal-lunée et qu’il serait amusant d’ignorer toutes les consignes que Rei lui donnerait. Passé 18h, le jeune homme avait abandonné depuis quelques temps déjà et s’était ajouté du travail pour ne pas avoir à croiser son chemin. Rangement, lessive, entretien et librairie. Hiroshi tenta tant bien que mal de faire redescendre la pression en lui racontant les quelques blagues qu’il avait entendues de ses clients mais elles auraient certainement mieux fonctionnés s’il s’était souvenu de la chute de chacune d’elles. Sur les rotules, le nippon fit l’impasse volontaire sur le dîner et se laissa tomber sur le divan du salon, réfléchissant à une éventuelle nouvelle prestation pour le Mary-Rose. Quelque chose qui les rendrait tous encore plus fous qu’aujourd’hui. Quelque chose de grandiose, il voulait voir des langues pendre et des yeux sortir de leurs orbites. Un demi-sourire étira ses lèvres mais disparu aussitôt lorsqu’il sentit deux bras s’enrouler autour de son cou et la tête de Sam de poser dans le creux de son épaule.

Par reflexe, Rei jeta un coup d’œil en direction de la cuisine et fut soulager de constater que ses parents mangeaient toujours, sans leur prêter la moindre attention. Il se dégagea de son étreinte et se retourna pour la fusiller du regard. « Mais merde Samara tu me fais chier. » Il ne l’appelait jamais par son prénom complet, à moins qu’elle ne dépasse vraiment les bornes. En l’occurrence, elle avait été absolument imbuvable toute cette journée et ce non-respect de la règle numéro 1 de leur ‘relation’ avait été la goutte d’eau. « Vas voir ailleurs. Vas lire un livre. Ou vas au diable même… Mais oublies-moi par pitié. OUBLIE-MOI. » Il n’avait pas crié, c’était d’avantage un murmure qu’autre chose. Mais c’était violent… Plus que d’ordinaire puisque Rei n’était pas quelqu’un de violent. A ces mots, il se volatilisa à l’étage et claqua la porte de sa chambre.


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MessageSujet: Re: You're a dickhead | Samara   Dim 30 Juil - 10:58

You're a dickhead
Sam & Rei
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Le poing négligemment enfoncé dans l'une de mes joues, je suis d'un œil morne les traits tracés un peu au hasard par mon crayon sur un vieux bout de papier trouvé dans le coin. J'ignore encore ce que le résultat de cette esquisse doit donner mais, soudainement insatisfaite et agacée, je la raye furieusement à grands coups de fusain avant de toute repousser en dehors du lit. Je me laisse alors rouler entre les draps défaits en poussant un gémissement plaintif presque digne d'un cétacé. Mon corps est fatigué et pourtant je n'arrive pas à trouver le sommeil. Il ne doit pas être loin de deux heures du matin, ce qui commence sérieusement à me faire désespérer. Mes yeux se perdent dans la contemplation d'une petite araignée tissant sa toile au plafond, à peine éclairée par la vieille ampoule de ma lampe de chevet. Encore une insomniaque. Toutefois la différence notable entre ma condition et celle de cette bestiole à huit pattes, c'est que j'ai pertinemment conscience de ce qui me tient fermement éveillée. Aussi déplaisant que ça puisse être, je n'arrive pas à dormir après m'être disputée avec Rei.

Enfin ce n'était pas vraiment une dispute. Encore fallait-il que ce soit réciproque. Rei a simplement décidé de s'énerver tout seul pour les plus petites broutilles du monde avant de m'envoyer paître et disparaître. « Va lire un livre » qu'il avait dit. Non mais sérieusement ? J'ai beau vivre au-dessus d'une librairie, je ne trouve rien de plus ennuyeux que de moisir devant les pages d'un bouquin quelconque.

- Crétin, grognais-je sous l'influence de cette même humeur boudeuse qui ne m'a pas quitté depuis le dîner.

Toutefois usée par cette insomnie forcée, je me relève et quitte le matelas sans grand regret. Mon pied nu envoie valser sous un meuble le fusain abandonné à même le sol que j'avais déjà oublié. J'y prête à peine attention ; L'objet vient seulement de rejoindre le gigantesque capharnaüm qu'est en réalité devenu ma chambre depuis des mois. Je traverse la pièce et récupère mon pantalon de pyjama, que j'enfile sans plus attendre pour compléter le vieux t-shirt informe que je porte. Je me fige pourtant face à la porte de la chambre, mains sur les hanches. Ma fierté rouspète, peu encline à l'idée de céder à cette guerre du silence. Me faire ainsi repousser par cet imbécile m'a franchement vexée. Mes yeux accrochent à nouveau l'arachnide colocataire du plafond. La minuscule créature s'est enfin immobilisée, bien au chaud au creux de sa toile qui aura tôt fait de disparaître dans les jours à venir sous le courroux inébranlable du plumeau de Madame Yamada. Pour l'heure en tout cas, elle semble avoir retrouvé les bras de Morphée. Je plisse les yeux. Chanceuse va.

Constater que j'en viens à être jalouse d'une araignée me pousse à abaisser la clenche. De toute façon Rei serait bien trop heureux de découvrir ma sale tête demain matin. Hors de question que je lui laisse ce plaisir. Je glisse le nez dehors et épie précautionneusement le couloir. Tout est vide et silencieux. La maison entière semble assoupie. Ainsi rassurée, je me faufile hors de ma chambre et referme prudemment la porte derrière moi. Mes orteils choisissent savamment les planches silencieuses du parquet ancien tandis que je m'infiltre à travers le corridor, jusqu'à atteindre les appartements du magicien mal luné. J'inspire un grand coup, puis frappe quatre petits coups contre le bois. Le mutisme de la demeure retombe et m'écrase lourdement. Loin de me résigner, je m'aventure à pousser doucement la porte sans toutefois qu'on ne m'y ait invité.

- Rei ?

Mon murmure vole à travers la pièce figée dans l'obscurité. Je discerne une masse inerte sous la couette qui me tourne franchement le dos. Rassérénée, je m'invite complètement à l'intérieur et m'avance de quelques pas en direction du lit.

- En fait j'ai … fais un cauchemar. Je n'arrive pas à me rendormir.

Je penche la tête et étudie la moindre réaction. Toujours rien. Je roule des yeux. Quel mufle ! Cette fois je le rejoins pour de bon et me faufile sous les draps. Je me rapproche sans la moindre gêne et enfouie mon nez contre sa nuque.

- Rei, je sais que tu fais semblant de dormir, chuchotais-je tout bas contre sa peau.


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MessageSujet: Re: You're a dickhead | Samara   Dim 30 Juil - 23:16

You're a dickhead
Sam & Rei
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Une pluie brutale frappait les carreaux de la chambre de Rei et ce dernier se glissa sous ses couvertures avec la sensation de ne jamais avoir vraiment quitté son lit aujourd’hui. Le parfum de Samara s’infiltra dans ses narines et il se laissa tomber en arrière, la tête sur l’oreiller. Sur sa table de chevet, il y avait une pile de livres commencés et jamais achevés de lire, mais dont la découverte pouvait lui valoir de gros ennuis. Pourtant, si le japonais avait pris la réforme au sérieux concernant la librairie de ses parents, il ne s’inquiétait absolument pas de garder des tonnes d’ouvrages proscris dans sa chambre. C’était son truc… Lire pour ne pas avoir à penser à autre chose. Ça et la magie, aussi. D’ailleurs, il avait pas mal de biographies de grands magiciens au travers le Monde et il se demandait parfois s’ils avaient survécu à tous ces changements. Si quelque part, ses idoles airaient un peu à son image, à la recherche de nouvelles âmes à alléger. Des bouches à faire sourire… Des yeux à illuminer.  Il ne se posait pas la question longtemps et retournait dans sa petite vie pas trop mal, dont il tirait parfois une grande satisfaction. En vérité, il gagnait plus d’argent que la grosse majorité des habitants de la Nouvelle-Orléans. Certes, il y avait toujours le gratin au-dessus, composé d’une minorité extrême de personnes qui touchaient de quoi faire vivre convenablement une nation entière. Mais il n’avait rien à voir avec ces gens-là. Les extrêmes, ce n’était pas son truc. Et puis il voyait mal à quoi pourrait lui servir une bague en diamant, ou des cheveux permanentés. Satisfait de son raisonnement, Rei s’empara d’un des bouquins, retrouva son marque-page et relu rapidement les deux pages précédentes afin de se remémorer le passage tout entier. Il avait avancé de quelques chapitres quand le bercement de la pluie eu raison de lui et qu’il sombra dans un sommeil réparateur.

« Rei ! » L’interpellé ouvrit un œil, sans bouger. Quelle poisse d’avoir le sommeil léger, en particulier quand sa voisine de chambre s’appelle Samara Johnson. Une vraie princesse au petit pois. Fatigué d’avance par l’irruption de la jeune femme, l’asiatique décida de ne pas répondre et de simuler l’endormissement. Autrement dit, il l’ignora complètement et croisa les orteils pour qu’elle fiche le camp d’ici. C’était… Mal connaître Sam. « En fait j'ai … fais un cauchemar. Je n'arrive pas à me rendormir. » Rei manqua de s’étouffer en entendant celle-là. Elle le prenait pour qui ? Son père ? Et qu’était-il supposé faire ? La bercer en lui chantant une petite chanson ? Nom d’un chien… Ce qu’elle pouvait se montrer exaspérante parfois. « Fais comme tout le monde, vas manger un carré de chocolat, pisser un coup et rendors-toi ! » avait-il envie de lui dire en la poussant vers la sortie. Mais cela détruirait à coup sûr son magnifique jeu d’acteur. Il prit sur lui et demeura immobile.

Doucement, la brunette fit ce que toute personne sans gêne aurait été tentée de faire et se glissa à son tour sous les couvertures pour venir se blottir contre lui et enfoncer son petit nez glacé dans le creux de son épaule. « Rei, je sais que tu fais semblant de dormir. » Le nippon poussa un gros soupire tout en se dégageant de son étreinte. Il se redressa mollement et tendit le bras afin d’allumer sa lampe de chevet. Quand le visage de son interlocutrice fut éclairé d’une chaleureuse lueur, il l’observa un instant avant d’incliner sa tête sur le côté et de souffler. « Baka. (idiote) » Puis il lui envoya son oreiller dans la figure et attendit qu’elle le regarde avec ses cheveux tout ébouriffés et son air outré. « T’es venue t’excuser ? » Lui demanda-t-il avant de lui balancer une deuxième fois l’oreiller dans la figure, au moment exacte où elle ouvrait la bouche. « Nan ta gueule en fait. » Ajouta-t-il avec pas mal d’amusement dans la voix. Ce petit jeu dura encore quelques minutes, de manière à ce que Samara mange quelques plumes d’oie et à ce qu’elle cesse d’essayer de se justifier, laissant ainsi l’occasion à son amant de reprendre le contrôle de la situation. Il souriait un peu en voyant les effets de l’électricité statique sur la chevelure de la belle.

« Tu veux un tour de magie ? » Demanda-t-il finalement en se posant en tailleur, face à elle et en lui présentant une pièce luisante qu’il fit disparaître aussitôt en claquant des doigts. C’était un classique indémodable, à en juger par les pupilles de Sam qui se dilataient sous l’excitation. Elle cherchait la pièce… Et il la fit réapparaître derrière son oreille. « Tada ! » Avait-il murmuré avec un rire un peu moqueur. « La base de l’illusion Madame, c’est dans ta tête. »


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MessageSujet: Re: You're a dickhead | Samara   Lun 31 Juil - 13:25

You're a dickhead
Sam & Rei
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Si je suis venue m'excuser ? Pas vraiment. Un peu de sérieux, ce n'est pas mon genre. En vérité je suis plutôt venue gratter un pardon tacite sans réellement le demander. À l'instant même où Rei a poussé ce gros soupir, j'ai su que je l'avais justement remporté. Mais je ne m'étais toutefois pas imaginé qu'il aurait fallu payer le courroux d'un polochon pour que la victoire soit pleine et entière.

Un sifflement mécontent file à travers mes lèvres lorsque l'asiatique se lasse enfin de son petit jeu. Je fronce les sourcils et prends une moue boudeuse. Très bien, je suis réduite au silence et condamnée à accepter la vengeance de bas étage de Rei pour tout ce qui a bien pu lui déplaire aujourd'hui. Cette idée me donne envie de grogner par dépit. Mais finalement savoir que la hache de guerre est enterrée me contente amplement.

Lorsqu'il évoque un tour de magie, mon air maussade s'évapore subitement. Je m'agite brièvement pour me débarrasser des draps et me placer à genoux face à lui, les fesses calées contre les talons. Pour peu, j'aurais applaudit d'excitation comme une enfant. Mes yeux se fixent avec un regain d'intérêt sur les doigts habiles de l'illusionniste. Il sait que je raffole de ses tours de passe-passe. Je n'ai pas souvent l'occasion les voir, il paraît que je suis trop « encombrante » lors de ses répétitions à la maison. Et en ce qui concerne ses représentations, le Mary Rose n'est pas un endroit fait pour accueillir les gens comme moi. Trop pauvre, trop insignifiante. Ma main part inconsciemment caresser l'arrière de mon oreille lorsque Rei en tire la mystérieuse pièce d'argent. Je souris en coin, éberluée.

- Waw, soufflais-je sur le même timbre amusé que lui.

Ce qui me plaît le plus avec la magie de Rei, c'est qu'elle n'a rien de surnaturelle. Il n'y a pas de véritable formules, pas d'étincelles qui lui jaillissent au bout des doigts. Ce n'est rien de plus que des illusions. Je trouve ça rassurant. Les vrais mages me fichent la frousse. Ils me rappellent ce qui m'est arrivé et ce que l'un de leurs semblables a réussir à me faire. Une telle puissance et un tel ascendant sur les plus faibles, c'est effrayant.

- Comment tu fais ?

J'affiche un sourire plus franc et plus espiègle. On dit que les bons magiciens ne révèlent jamais leurs secrets. Peut-être que Rei fera une exception. Je profite de cette ouverture pour grappiller du terrain et me rapprocher de lui. Je lève les bras pour venir faire glisser mes paumes à plat contre son buste. Son cœur vibre à intervalle régulier dans son torse. Mes mains descendent jusqu'à son bas-ventre comme si j'explorais ce corps pour la première fois. Me laissant aller à ce contact, je me penche pour poser le bout de mon nez contre le sien.

- Qu'est-ce que tu sais faire disparaître d'autre sinon ?

Et comme pour lui souffler quelques idées, mes doigts s'infiltrent sous son t-shirt pour se poser sur ses abdominaux délicieusement chauds. Qu'est-ce que c'est sexy la magie.


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MessageSujet: Re: You're a dickhead | Samara   Mar 1 Aoû - 3:33

You're a dickhead
Sam & Rei
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Rei esquissa un demi-sourire satisfait lorsque Samara écarquilla grands les yeux en poussant un soupire d’admiration. Ça fonctionnait à tous les coups. Elle avait une âme d’enfant et se laissait transporter – berner – facilement. « Comment tu fais ? » Lui demanda-t-elle tandis qu’il l’empêcha vivement de lui prendre sa pièce en refermant la paume de sa main. Il lui envoya un regard bordé de sous-entendus et secoua négativement la tête. « Tu connais le dicton. » Murmura-t-il en reposant l’objet sur sa table de chevet tandis que les petites mains chaudes de la jeune femme s’insinuaient sous son t-shirt. Quand elle frôla le bout de son nez avec le sien, il appuya un peu ce contact et ferma les yeux pour se laisser bercer par ses caresses espiègles. Elle avait clairement une idée derrière la tête, mais il n’avait pas très envie de lui faire l’amour ce soir. D’abord parce qu’elle s’était montrée odieuse toute la journée, et ensuite parce que contrairement à elle, il n’était pas victime d’insomnie. Sa journée pesait sur ses paupières et il aurait souhaité qu’il en soit de même pour elle. Au moins pour qu’elle lui fiche la paix. Cependant, il n’était pas du genre à perdre patience très souvent, et Sam en profitait allégrement pour tirer sur la corde. « Qu'est-ce que tu sais faire disparaître d'autre sinon ? » Rei ne put réprimer un éclat de rire. Avec son air mutin, elle le déshabillait déjà des yeux. Il haussa les épaules et fit glisser la bretelle du soutien-gorge de son interlocutrice sans cesser de la regarder. Ils ressemblaient parfois à deux adolescents un peu timides, un peu maladroits aussi… mais sincères. Des enfants qui se redécouvrent à chaque fois et qui ne se lassent pas l’un de l’autre. Le nippon arqua un sourcil et la laissa un instant patauger dans son désir sans bouger. « Ta culotte ? » Avait-il finalement répondu avant d’écraser ses lèvres sur celles de Samara puis de la basculer en arrière en usant de tout son poids. Il céda. Sous la lueur très douce de la pièce, leurs deux hombres s’enlacèrent pour n’en former plus qu’une et le silence n’était interrompu que par leur souffles et le bruissement de savoureux baisers.

***

2 : 24 du matin. Aussi ironique que cela puisse paraitre, Samara était parvenue à refiler à son amant son insomnie comme on refile une saloperie d’MST. Le regard fixé sur le plafond, les bras croisés sur la poitrine, Rei comptait les secondes entre deux petits ronflements de sa partenaire. Des petits ronflements mignons qui d’ordinaire le faisaient sourire et craquer, un peu. Il faut dire que plus d’un marin serait heureux d’être à sa place. Il suffisait de voir comment les hommes la regardaient dans la rue même lorsqu’ils allaient ensemble faire une course. Des mains baladeuses et des réflexions déplacées. Le quotidien des jolies femmes parait-il.  Pourquoi la fin du Monde y changerait quelque chose ? Les mentalités dégueulasses auront beau avoir la vie dure, elles restaient bien ancrées dans les mentalités et étaient plus difficiles à exterminer que des bactéries sur un vieux ballet à chiotte. Rei se remémora le jour où Beth avait poussé un homme dans le lac de Central Parc, en plein hiver, après que ce dernier l’ait sifflée. Puis, rouge de colère, elle lui avait envoyé tous les cailloux des environs sur la tête jusqu’à ce que son fiancé ne parvienne à la tirer en direction d’un Taxi. Un moment éprouvant qui leur avait valu un fou rire incontrôlable sur le reste de la route.

Un soubresaut de la part de Sam arracha Rei à ses pensées. Il l’observa dormir quelques instants, un peu comme on regarde un documentaire sur la reproduction des écrevisses, puis il leva à nouveau les yeux au ciel, lèvres pincées. Son cœur cognait presque douloureusement contre sa poitrine et une angoisse lui enserra la gorge. Une angoisse sortie de nulle part dont il ne ressentait que l’amertume, sans en connaître les raisons. N’y tenant plus, il donna plusieurs coups de coudes à Sam, jusqu’à ce que cette dernière gémisse et se réveille péniblement. « J’arrive pas à dormir. » Dit-il quand elle leva son visage en sa direction. Etrangement, la voir éveillée – bien qu’il soit fautif – leva une grosse partie de son angoisse et il ne ressentit pas la moindre culpabilité. « C’est bon ? » Il posa sa main sur son épaule et la secoua légèrement « Tu m’écoutes ? » Puis il se redressa et posa sa tête sur la paume de sa main. « Tu crois que si les choses avaient été différentes… Le Monde, toute cette merde dehors… Est-ce que tu penses que tu m’aurais remarqué ? Est-ce qu’on serait dans le même lit ou est-ce que tu serais mariée à un grand blond, avec des enfants ? » Il fronça les sourcils quand le visage de sa fille décédée fit son apparition dans son esprit puis secoua une nouvelle fois la tête, visiblement songeur. « C’est fou comme on s’adapte à toutes les situations. » Soupira-t-il en glissant une main molle dans sa chevelure noire de jais. « Au final si t’es là, c’est parce que tu as voulu voler le déjeuner de mon père. Ça tient à rien du tout. » C’était un peu douloureux… Mais agréable à la fois de se rendre compte que malgré tout, la vie trouvait toujours un chemin. Réconfortant et tellement effrayant. Tous ces morts qui n’auront pas leur place dans l’histoire. Seulement des chiffres dans de futurs livres d’histoire. Rei eut un frisson. Il remonta la couverture sur son ventre et se pencha en avant jusqu’à ce que ses cheveux frôlent le drap. « La philosophie de l’insomniaque n’a décidément rien à envier à celle d’un pilier de comptoir. » Ajouta-t-il sur un ton de plaisanterie, tout en dirigeant ses prunelles encre sur Samara.    



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MessageSujet: Re: You're a dickhead | Samara   Mer 2 Aoû - 10:36

You're a dickhead
Sam & Rei
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Le coup de coude me tire d'une torpeur sans rêve à mon plus grand dam. Contrairement à Rei, j'ai un sommeil aussi lourd que du plomb. Je crois qu'il s'agit là encore d'un détail de mon existence qui s'est retrouvée altéré par l'animal aux longues moustaches qui se cache en moi. Si j'ai un mal fou à fermer l'oeil la nuit, c'est que ma partie féline adore profiter de sa vie nocturne. À l'inverse, lorsque je parviens à tomber endormie, le chat paresseux prend à nouveau le dessus pour se prélasser le plus longtemps possible sous la chaleur doucereuse d'une couverture. Je suppose que c'est ce qui explique mes lourdes difficultés à émerger d'un court repos à deux heures trente du matin. A moins que cela soit commun et répandu chez tous les êtres humains de cette foutue planète. Merci Rei.

- Merde, va te faire une tisane.

Je pousse un gémissement affligé et rentre la tête dans l'oreiller. Avec un peu de chance, mon esprit est encore suffisamment assoupi pour retomber doucement mais sûrement dans un sommeil profond. Mais c'était sans compte sur l'insistance de l'asiatique, qui semble-t-il n'a pas fait attention à mes conseils désespérés. Sa main secoue mon épaule, et cette fois je perds pour de bon la légèreté apaisante qui me faisait somnoler. Un soupir s'échappe de mes lèvres. Vaincue, je roule sur le dos, acceptant d'écouter les spéculations hasardeuses du magicien.

- Comme si j'avais le choix, grognais-je en réponse à sa question, passant une main sur mon visage.

Rei entend à peine mes ronchonnements, prit qu'il est dans le flot visiblement captivant de ses pensées. J'en viens à me jurer de lui arracher les yeux s'il m'a réveillée pour me parler d'un nouveau tour de magie, lorsque ses tracas se révèlent enfin. Je me raidis. Bien loin de remarquer ce changement de comportement, il continue sur sa lancée. Mon esprit est brutalement et définitivement tiré des vapes. Qu'est-ce qui aurait bien pu se passer sans la fin du Monde ? Merde, mais qu'est-ce qui lui prend ? La question me tord les boyaux. Si le Monde avait poursuivi son court normal, si la sorcellerie n'était resté qu'un mythe perpétué par les contes pour enfant, je ne serais plus là aujourd'hui. Je serais restée pour toujours sur un foutu lit d'hôpital, coincée entre quatre murs d'un blanc macabre. J'aurais été la victime d'une maladie neurologique foudroyante. Ma langue pâteuse se fait sèche. Je peine à déglutir, luttant silencieusement contre l'angoisse contagieuse que mon amant m'a refilé pour mieux s'en débarrasser. Mes paupières se ferment brièvement pour recouvrer un calme serein. Je me redresse sur le matelas et trouve appuie contre le mur dans mon dos. La boutade finale de Rei filtre dans le doux silence de la chambre, juste avant que ce dernier ne repose son attention entière sur moi. Je roule des yeux pour la forme.

- Ça tu l'as dis.

Je me penche vers lui, subitement plus sérieuse et compréhensive quant à ses interrogations.

- Si les choses avaient été différentes, à l'heure actuelle tu serais avec ta femme, et avec ta fille.

J'appuie chacun de mes mots après les avoir longuement pesé. Mes yeux ne quittent pas les siens, étudiant les traits de son faciès avec attention. On ne m'a raconté que les grandes lignes de l'histoire de Rei. Je sais qu'il a perdu sa fiancée quelques années plus tôt, avant d'apprendre la mort subite de son enfant lors d'une féroce intervention de la milice. Je ne cherche pas à lui faire de mal, ni à retourner le couteau dans une plaie qui peine à cicatriser. Mais seulement à éclaircir ses drôles d'idées. La nuit porte rarement conseil. En réalité, elle rend plutôt fou. Je finis par afficher un petit sourire forcé et détourner le regard, avant de continuer :

- Quant à moi, je serais restée toute ma vie à Monroe.

Et j'y serais morte. Je réprime fermement le frisson d'horreur qui menace de me secouer l'échine. Tout ceci est un point de ma vie que je préfère garder sous silence. Malgré toutes les confidences faites sur l'oreiller, je n'ai jamais avoué à Rei pour la fin tragique qui m'a frôlé. Cette histoire aurait soulevé des questions. Cela m'aurait obligatoirement conduit à lui avouer ce que je suis, un aveu que je souhaite éviter à tout prix par peur de voir ce lien fragile et précieux qui nous unit être irrémédiablement détruit.

- Écoute Rei, repris-je en posant une main bienveillante sur son bras. S'il y a bien une chose qui est sûre, c'est que tu peux faire autant de suppositions que tu veux ... ni toi ni moi ne pourrons pour autant changer la face du monde. Tu ne peux pas revenir en arrière, ne te détruis pas le moral avec ce genre de chose. Tu veux un câlin ?

Je conclus avec un sourire mi-tendre, mi-taquin. Les conversations crépusculaires aussi tristes, ça plombe l'ambiance.


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