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 Cruelle Aurore

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Cruelle Aurore   Mer 2 Aoû - 16:06

Cruelle Aurore


C’est un visage d’ange, innocent, que caresse des années d’absence. Des yeux de jade, verdoyants, que la lumière brule de mille nuances. Comme des perles, des bijoux, d’une beauté sans valeur, sur une peau pale, porcelaine. Des yeux plein d’envie et de désirs, des yeux qui regardent tout, tout le temps. Qui dévorent le monde sans s’en rassasier. Ce sont les yeux d’un enfant, d’un nouveau-né. C’est comme si l’âge n’avait affirmé les traits de son visage. C’est comme si une personnalité ne s’était encore emparée des fils de son corps. C’est comme si elle n’était qu’un fantôme, un souvenir, l’idée d’une jeune fille. Belle et irréelle, dans un monde sale et froid. Personne, elle n’est personne pour ce monde et même ses proches ne la reconnaîtraient. Personne, elle se sent personne, et même elle ne saurait se définir. Car ce qu’elle est juvénile. Car ce qu’elle est, est tant d’instincts et de doutes, de silences et d’un cri – celui de sa naissance. Comme un promeneur solitaire qui veut atteindre le sommet de la montagne, et se perds, se perds, et oublie, oublie. Qui il est, où il est et pourquoi. Pourquoi la montagne et pourquoi la vie. Il n’y a dans son regard que le désir de connaitre et la naïveté de ceux qui n’ont jamais eu les ailes froissées.

Et aussi.
Elle ne veut pas dormir.

Faut dire, aussi, les hommes, ils ne ressemblent en rien à son Minotaure. Ils ont un visage, un nom, ils ont des mains, la violence de leurs poings et la douceur de leurs caresses. Ils ont une voix, cruelle ou rauque, grave ou fluette. Ils ne lui font pas peur les hommes, ils ne ressemblent en rien aux monstres qui peuplent ses cauchemars. Et même si la ville, si grande, est pareille au labyrinthe de son bourreau et maitre, elle se sent presque à l’abri. Invisible.

L’Ariane a les cheveux longs, emmêlés, sales. Il faut dire aussi, elle n’a pas de maison. Plein de nœuds, elle ne se souvient pas ce que c'est d'en avoir. Et si Bianca a passé ses doigts dans sa chevelure, c’était il y a longtemps, au début de la nuit, il y a presque une autre vie. Et puis ce n’est pas si important, ce n’est pas ce qui gronde en elle. Désir. Faim. Besoin. Et surtout ne pas dormir. C’est comme une litanie dans sa tête et ses yeux qu’elle garde grands ouverts. C’est comme un chant, lointain, qui hante ses pas. Ses pas, elle marche. Parmi les ombres et au cœur de la nuit.

Kriss est pareille à ses princesses perdues, errantes dans les limbes comme dans la rue. Sans avoir déjà basculée du côté des mendiantes, ou celui, bien plus honorifique, des prostituées de l’amour. Et si on la regarde parfois, qu’elle croise des âmes aussi nocturnes qu’elle, elle passe comme un ange. Aussitôt vue, aussitôt oubliée, invisible. Comme si un drame couvrait son visage. Comme si la mort était le linceul de sa peau. Comme si personne ne voulait savoir et qu’il n’y avait, de reste, rien à savoir.  Les cernes sous ses yeux, la pâleur de sa peau, les lignes épuisées de ses joues. Elle semble si éveillée, et en même temps, c’est comme si elle foulait déjà les brumes éthérée d’une autre histoire, comme si chaque pas l’entrainait toujours plus profondément dans un rêve.  Un chemin que personne, personne, ne voudrait emprunter.

Dormir, Dormir, Dormir.

Les premiers reflets de l’aube, déjà, égaient son visage pale. La vie. La vie revient. La lumière est froide, elle en ressent pourtant une certaine chaleur. Elle s’en nourrie, elle s’en abreuve, de cette lumière étincelante qui éloigne la nuit, qui éloigne le besoin de s’allonger, de s’endormir. La vie, la vie et toutes ses agitations reviennent. Mais la vie, en soi, n’est plus vraiment son obsession. Sitôt elle revient et sitôt Kriss se sent étrangère. Et déjà, elle se mélange aux ombres nouvelles, grandissantes, qu’apportent le jour. Et cette odeur. Il y a une odeur dans l’air, un air de la nuit, les dernières étincelles d’un sentiment. Et ivres, ceux qui en ressortent. Il y a ce qu’il reste de noirceur avant que l’aube ne vienne laver les pavés de sa lumière pure.

C’est un homme aussi affamé qu’elle. Qui la regarde, la suit, l’attrape. Il ne voit pas la plante de ses pieds ensanglantés – elle a abandonné les talons de  Bianca il y a longtemps déjà. Il ne voit pas ses cheveux défaits, son air fatigué et le sentiment de vide qui l’habite. Il ne voit même pas la plaie sur son bras, la marque noire d’une espèce différente. Il ne voit que ce qu’il voit. Cette robe noire au tissu délicat. Ce visage innocent et cet air perdu. Il ne voit que ce qu’il voit. La jeunesse, le doute, la faim, la déperdition. Une proie facile, un chaton égaré, une demoiselle en détresse.

Elle ne voulait pas dormir.

Et sa poigne enserre le poignet fin de la jeune femme. Il la jette contre le mur. Une perle de sang glisse le long de ses cheveux. Elle la sent presque, une odeur de délivrance, une odeur de violence. Il se serre contre elle, et derrière le mur froid, râpeux, abime sa peau fine. Il pue. L’alcool et le désespoir. Il pue. Ses lèvres s’ouvrent, elle le maudit dans la nuit. Il pose son bras sur sa gorge pour la faire taire, elle feule comme un chat sauvage. Et ses doigts griffent son corps, son visage, tout ce qu’elle peut toucher. Il ne s’en soucie guère, le monstre est déjà en dehors de sa cage. Il lui crie de se taire. Kriss commence à paniquer, son corps lui échappe, son âme est aux abois. Elle essaie de se rappeler, comment, déjà ? Ce qui lui était venu naturellement quand elle chassait, lui est soudain hors de portée alors qu’elle est petite proie.

Lui non plus, il ne veut pas. Dormir.

Tu ne peux pas, tu es prisonnière de son odeur et même son âme te donne envie de vomir. Tu es prisonnière de sa peau, qu’il colle à toi, de ce bras qui étrangle tes cris. De sa sueur que tu sens contre toi. Tout chez lui te répugne. Mais il te tient, si fort. Tu es prisonnière de son monde à lui, un conte désenchanté où  les jeunes femmes ne sont que monnaie sonnantes et trébuchantes ou bassesses grasses. Il pue. Rappelle-toi ! Ce n’est pas le tien. Tu te rappelles. Il y avait un Monstre, un Monstre gigantesque, il n’avait pas de visage, pas vraiment de nom et tu fuyais, tu fuyais, tu fuyais. Fuir, tu essaies en vain, ton corps fatigué ne semble avoir la force de soulever le poids de l’homme et derrière toi le mur si dur est une impasse. La chasseresse feule, ce n’est pas un Monstre, ce n‘est pas Ton monstre, ce n’est qu’un homme. Mais même son énergie, si proche, n’appelle ta faim. Son souffle obscène écorche tout. Tes pouvoirs semblent néants. Tu es perdue petite fille, perdue dans le labyrinthe d’une autre histoire. Un coup de poing dans ton ventre semble étrangler ta dernière résistance. T’arrêtant enfin, tu le regardes droit dans les yeux. Cet homme. Des yeux aussi bleus que le bleu de l’océan. Des pupilles dilatées. Une faim que tu ne reconnais que trop bien, l’envie de détruire quelque chose de beau. L’envie de détruire. L’envie de posséder. Tes lèvres laissent échapper un murmure.

« I will kill you.
I will hunt you and I will kill you.
You better have to kill me first. »


« Je te tuerais.
Je te chasserais et je te tuerais.
Tu ferais mieux de ne pas me laisser vivre. »



Son corps se tends, prêt à retenir l‘impact, prêt à soutenir l’insoutenable. L’animal ne se débat plus, il se prépare déjà à une riposte. Il aimerait fermer les yeux, il aimerait même s’endormir. Mais Kriss garde les yeux grands ouverts.

Que l’homme fasse une erreur, et elle lui sautera à la gorge.  


Le Minotaure, il est si loin.
Le Monstre, ton Monstre.
Lui, il saurait te protéger.
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Cruelle Aurore

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