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 Million miles from home [Sigrid]

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WILDHUNTER

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MessageSujet: Million miles from home [Sigrid]   Mer 2 Aoû - 20:08

Million miles from home

feat Sigrid K. Laïn & leslie Maclean
But you can set sail to the west if you want to. And pass the horizon, 'til I can't even see you. Far from here where the beaches are wide. Just leave me your wake to remember you by. If you'll be my star. I'll be your sky. You can hide underneath me and come out at night. When I turn jet black. And you show off your light. I live to let you shine.

Simulacre de justice que l’on rend sans y croire. Le discours répété à outrance qu’il en devient lassant même pour celui qui l’énonce malgré toute la conviction fanatique qui se crache de ses lèvres baveuses. La mascarade pour un public absent, les gradins sont vides, les écrans restés éteints. Il n’y a rien à voir, le condamné n’existe pas dans ce système. Lui qui n’a plus sa place entre ces murs depuis qu’a sonné l’exil. Et pourtant il se tient là, les pieds fermement ancré dans le sable sur lequel aucune hémoglobine ne viendra couler aujourd’hui. J’ai de l’impassible sur le visage, l’esquisse d’un rictus cynique à en crever sur les lèvres. Je me marre, sous la peau et contre les tempes résonne l’écho d’un éclat de rire que je retiens tant bien que mal. Les dents crissent, grincent tant elles s’efforcent de rester scellées pour retenir l’hilarité déplacée. Et ça ose se dire civilisé, juste. Ce n’est qu’une blague, rien de plus qui s’étend devant mes yeux. Des pantins ridicules, asservis aux règles d’un monde perdu depuis longtemps. Eux qui vont jusqu’à renouer avec les anciennes pratiques de ces civilisations disparus, les fauves qui grognent quelque part dans les entrailles de cette arène dont le luxe et le modernisme ne font que cacher l’antique qu’elle reproduit si piteusement. Rien à dire, à ajouter lorsque la sanction tombe. Je la connais déjà, je l’ai accepté. En partie, quand il m’est impossible de faire taire l’angoisse qui perdure. Des relents de peur pure dans les veines, des idées noires et l’imagination qui se perd dans le dédale d’un chaos dérangeant. Imaginer le pire, le voir se dessiner devant les yeux malgré les paupières qui battent pour se défaire des visions assassines. J’ai forgé des ténèbres dans les entrailles de cette prison qui fut mienne. J’ai alimenté les peurs et les colères de ceux qu’elle enferme et ne recrache presque jamais. Je me suis employé à faire de mon nom et de ma seule présence, l’expérience du pire et de l’horreur. Le sourire sur les lèvres devient fixe, se perd dans les rouages d’une hilarité démente et des relents de frayeurs qui me lacèrent l’échine.

Encaisser l’annonce comme si elle m’était véritablement destinée. Accepter le jugement d’une faute que je n’ai pas commise et se dire que c’est sûrement mieux de cette manière. Le sacrifice d’un seul qui apporte un peu de valeur à ce que nous sommes vraiment aux yeux de piteux Gouvernement. Elle est là, toute la différence entre nous et eux, la notion de dévouement. Unis sans être pourtant issus du même monde, des mêmes origines. Diviser pour mieux régner n’a jamais fonctionné mais ils s’entêtent, ne comprennent pas et refusent de voir leurs erreurs. Imbéciles qu’ils sont. Ma victoire qui se couronne à leurs pieds, je suis celui que l’on condamne et pourtant, je suis plus libre qu’ils ne le seront jamais. Se retenir de cracher sur le sable immaculé lorsqu’il est temps de rejoindre l’ombre. Le gant crisse lorsque les dents s’enroulent autour de mon bras, poigne ferme qui éveille les envies de meurtres, la soif de violence et l’appel de la faim. Pulsations d’un cœur étranger au mieux qui se répercutent contre ma peau, son énergie qui me hurle à la gueule en une douloureuse provocation. J’en grogne doucement. Et toise le bonhomme quand tombent les menottes qui m’ont bouffés les poignets. Parce qu’ils savent qui je suis pour ces autres qu’ils crèvent d’envie d’asservir, le traitement n’est pas le même. Semblant de confiance que l’on accorde à ce bras-droit qui se perd loin des siens. Laissé sans surveillance dans une cellule dont on n’aura pas pris la peine de fermer la grille. M’abîmer le cul sur un banc à attendre le transfert vers l’asile de l’horreur. Troquer ces barreaux neuf contre ceux bousillés de la prison. Soupire sur les lèvres et le dos qui s’appuie contre le mur, paupières closent pour masquer l’angoisse et faire passer le temps plus vite.

Le moindre bruissement est propice au sursaut, à affoler le cœur qui vient se fracasser contre les côtes. Sens du monstre en alerte comme si je me trouvais au-dehors dans cette nature hostile. Dans les boyaux de cet édifice dont on ne voit toujours que l’arène, je suis seul face à mes frayeurs. Des relents de sueurs froids contre la peau, l’impatience qui fait battre le pied sur le sol. Des bruits de pas qui se mêlent à ceux de ce qui semblent être les fauves, quelque part dans le lointain. De l’agitation plus loin, sûrement le jury qui se complimente avant de retourner s’enfermer dans les hauteurs de leurs tours de verre. Prendront-ils seulement la peine d’avertir Maria ? J’en doute. Ca n’en vaut pas la peine, mais c’est un risque qu’ils décident de prendre. Abrutis. Perdu dans le fil de mes injures, je réalise dans un sursaut que les pas se sont rapprochés. Relents de frayeur sourde, en réflexe ancré dans les nerfs, la main qui se pose à la ceinture. Et qui ne trouve rien que du vide. Je le sais pourtant, que l’on m’a détroussé comme un vaurien à l’entrée de la ville. Merde. Souffle mort dans la poitrine et les pupilles qui guettent le néant. Jusqu’à percevoir les contours d’une silhouette qui m’est devenue affreusement familière malgré les brèves rencontres.

Palpitant fatigué qui s’affole un peu plus, soudain alimenté par autre chose de la peur et de la soif de carnage. C’est un mélange déroutant, le manque en pleine gueule, la chair qui s’enflamme à proximité de celle qu’elle a aidé à forger. Des relents d’un amour sans limite dans les veines, il est pourtant nécessaire de rester impassible. Prétendre au flegme, rester de marbre lorsque la rouquine apparaît dans le couloir qui passe devant mon poste d’attente. Se retenir de la bouffer des yeux, faire taire les élans d’affection d’un père privé trop longtemps de son aînée. Sigrid en lumière dans mes ténèbres, certainement la plus belle chose qui pouvait arriver dans cette mascarade ridicule. Elle qui éclipse le temps de sa présence les promesses sales qui m’attendent, la haine qui me ronge, envers ces autres. Envers celui qui m’a forcé à me plonger dans ce merdier.

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MessageSujet: Re: Million miles from home [Sigrid]   Dim 6 Aoû - 1:31


« Entre père et fille, tout se joue dans une marge étroite : la fille doit séduire son père et, en même temps, elle ne doit pas. »



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Cela devait être une journée des plus banales au travail aujourd'hui, routine rassurante sans pour autant être ennuyeuse, mais au lieu de ça, il y avait un je-ne-sais-quoi d'étrange qui régnait dans l'atmosphère. Depuis mon arrivée, les gens chuchotaient entre eux, comme prêts à accomplir des méfaits devant être tenus secrets. Des regards en coin et des têtes qui se tournaient pour vérifier les alentours, le Colosseum semblaient remplit de conspirateurs suspicieux. D'ordinaire chacun savait ce qu'il avait à faire et le faisait sans poser de questions, sans même réfléchir l'on pourrait dire. Tous avançaient avec une détermination sans faille dans le regard, comme si la journée tournait dans une boucle temporelle et qu'elle ne faisait que recommencer sans fin jour après jour, sans jamais sortir de sa trajectoire scénaristique. Eh bien il semblerait que le train de la routine ait quelque peu déraillé de bon matin. J'avais hésité à poser des question, pour savoir ce qu'il pouvait bien se passer de si extraordinaire mais les têtes que j'avais croisées m'avaient plutôt incitée à faire profil bas et ne surtout pas me faire remarquer. Heureusement pour moi, la curiosité ne me dévorait généralement pas les entrailles comme elle pouvait le faire avec certains et je ne me formalisais pas de l'ambiance environnante. Ainsi tentais-je de me concentrer sur les tâches qui m'étaient dévouées et ce n'était que quelques heures plus tard que je découvrais ce qui se tramait réellement.

Occupée à nourrir les fauves puisqu'aucune mise à mort n'était prévue ce jour, je remarquais pourtant au détour d'un couloir, le jury se diriger vers l'arène. Les chuchotements étaient désormais aux oubliettes et ils avançaient d'un pas décidé, le visage fermé, comme ils le faisaient habituellement lorsqu'ils s'apprêtaient à sceller le sort d'un condamné. Intriguée, j'attendais quelques minutes avant de leur emboîter le pas, tout en prenant garde à être la plus discrète possible. Ce n'était vraiment pas habituel ce genre de manières. D'ordinaire, les procès étaient ultra médiatisés et toute la population de la Nouvelle-Orléans savait qui allait être condamné, quand, et pourquoi. Alors que là, même moi, certes pas haut placée mais pourtant employée de l'arène, je n'avais pas été mise au courant. C'est que ce procès devait avoir quelque chose de spécial et j'avais envie de savoir quoi exactement. Peut-être était-ce une célébrité locale ? Ou quelqu'un du gouvernement ! J'allais vite le découvrir.
Cachée dans un recoin, près de l'entrée destinée au passage des fauves, je découvrais une arène complètement vide. Seule une silhouette se dressait au centre, les pieds bien ancrés dans le sable immaculé. Je connaissais ce profil, cette chevelure, cette allure... Et sans crier garde, mon cœur faisait un bond dans ma poitrine.

Ainsi donc, c'était à Leslie que l'on devait cette ambiance. Je ne comprenais pas. Je ne le connaissais pas vraiment, nous avions à peine échangé quelques mots à diverses occasions, mais je n'avais jamais eu l'impression qu'il soit une personne si influente qu'on puisse lui réserver ce genre de traitement de faveur. Mais bon, jusqu'à lors, je n'imaginais pas qu'il puisse y avoir quelconque traitement de faveur pour qui que ce soit, alors. Je ressentais un sentiment étrange sur lequel je ne pouvais pas poser de nom. Nous n'étions pas amis, pas de la même famille, nous n'avions même pas grand chose en commun j'en étais certaine et pourtant, je me sentais concernée par son sort. J'avais envie d'entendre ce que l'on pouvait bien lui reprocher et le sort qui lui serait réservé mais avec les écrans et les micros éteints, c'était peine perdue. Je ne pouvais guère m'avancer plus sans être découverte et il ne fallait pas être un génie pour deviner ce qu'il adviendrait de moi si l'on me découvrait là, à jouer les espionnes. Aussi retournais-je auprès de mes fauves.

Il était devenu difficile pour moi de me concentrer sur mes tâches tant j'étais préoccupée par ce qu'il se passait quelques mètres plus loin. Cela faisait donc plusieurs minutes que je m'acharnais à nettoyer le sol, pourtant déjà propre, de la loge de Satinka sans même m'apercevoir que la tigresse s'impatientait. Un grognement résonnait et me sortait alors de ma rêverie. « Oui, oui, je sais, j'suis pas rapide sur ce coup-là ! Mais ça va, j'ai fini, je vais te la rendre ta loge ma belle.... » lui disais-je tout en m'affairant plus rapidement.
Comme si elle avait parfaitement compris ce que je lui disais, je n'avais d'ailleurs aucun doute sur leur capacité à comprendre ce que je pouvais leur dire, elle frottait sa tête contre celle de sa sœur pour lui dire au revoir et attendait sagement que je vienne la chercher pour la ramener dans sa loge.
Des bruits d'agitation résonnaient au bout du couloir et je devinais que la sentence avait été finalement prononcée. Des pas semblaient se séparer au détour d'un couloir et bientôt le jury passait non loin de moi sans même me jeter un coup d'oeil, trop occupé à débriefer, sourires en coin et mentons hauts. Une fois que je n'entendais plus rien, et que Satinka avait retrouvé sa place, je m'aventurais d'un pas prudent vers les cellules.
Il était là, assis sur un banc, plus libre que les condamnés habituels et pourtant captif. Il me semblait fatigué mais néanmoins sur ses gardes. Aussi gardais-je le silence jusqu'à apercevoir cette lueur dans ses yeux, celle qui signifiait qu'il me reconnaissait.

« Salut. » soufflais-je doucement, lui tendant une bouteille d'eau. « Je me suis dit que tu aurais peut-être soif ? Ou qu'en tout cas, ça me ferait une excuse pour entamer la conversation... » poursuivais-je en tentant même un petit sourire.

J'étais un peu mal à l'aise, c'était la première fois que je prenais les devants. Jusqu'à présent c'était toujours lui qui avait cherché à établir un contact et moi qui répondait poliment avant de m'enfuir à toutes jambes. Cela me semblait tellement étrange que les rôles soient inversés cette fois-ci. Et puis, je n'étais pas la plus douée en ce qui concernait les relations sociales. Cependant, j'avais envie d'être là pour lui, même si c'était sans pouvoir expliquer pourquoi. Alors j'étais là.

« Qu'est ce qui s'est passé ? » questionnais-je en secouant légèrement la tête, perplexe. « Comment t'es-tu retrouvé dans cette situation ? »

Toute cette situation me paraissait tellement iréelle. Leslie accusé alors que je ne l'avais jamais soupçonné de faire quoi que ce soit d'illégal, ce simulacre de procès à huis clos, ma confusion... Il fallait vraiment que j'arrive à comprendre avant de devenir définitivement folle.


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MessageSujet: Re: Million miles from home [Sigrid]   Mar 8 Aoû - 20:05


L’absolution du hasard, ce félon tant de fois imploré, forcé et rarement apprivoisé. Les routes se sont croisées, en de bien trop rares occasions. Avide de la voir, de l’entendre. De se tenir en sa présence malgré la distance qu’elle impose quand l’être brûle de la sentir plus près. D’effleurer la chevelure de feu, les contours de ses joues, de la tendresse dans les gestes. C’est un supplice à chaque fois, de la savoir si proche et pourtant si loin. De ne prétendre, s’enliser dans la banalité de discussions bêtes à crever quand il y aurait tellement de choses à dire. Et pourtant, que peut-on dire dans une situation comme la nôtre ? La bonne vieille réplique de ce bonhomme en noir, crachée à travers un respirateur pourrie pour faire valoir sa paternité aux yeux de son môme en pleine rébellion cosmique ? Le gamin de l’époque n’a pas oublié la fameuse réplique, la scène dans son entier, à écarquiller les yeux devant l’écran pour ne rien perdre du film. C’en est ridicule, j’en souffle et laisse l’ombre d’un sourire se poser sur les lèvres avant que je ne baisse la tête. Vouer le regard à s’abimer sur le sol dénudé, par peur de ne pas pouvoir croiser le sien. Qu’elle me renie ce privilège, ignore le bonhomme et continue sa route. Dans les méandres d’un esprit fracassé par le raffut du sang contre les tempes distillé par les battements frénétiques du cœur, la question s’accroche. Que fait-elle ici ? J’ai de l’inquiétude dans la poitrine, l’étau de la peur encercle le palpitant. Crainte de la savoir en danger, elle-même victime de ces autres. Misérables imposteurs, tyrans sanglants juste bons à assassiner à défaut de rendre la justice.

Relever la tête au moment où elle s’aventure près de la cellule. Non, elle n’est pas de ceux qui sont jugés. N’a rien d’une suppliciée, trop libre de ses mouvements. Trop à l’aise dans le dédale de couloir pour en être étrangère. Cœur qui se serre et douleur sur les trais fatigués, ma gamine qui sert les imposteurs. J’ignore tellement de chose à son sujet que c’en est douloureux à chaque fois que le constat se heurte à mes illusions. Les fracassent sans pudeur pour ne laisser qu’un champ de désolation. J’ai quitté un bébé, petite fille de deux ans qui embrasse son père avec candeur sans seulement se douter qu'elle ne le verra plus. Elle a dû l’oublier par la suite, le remplacer par cet autre omniprésent dans son monde. L’a-t-elle effacé de sa vie lui aussi, en conséquence du drame qui l’a marqué ? Nouveau supplice qui s’ajoute à tous ceux me tourmentant en sa présence. La souffrance qui prend le pas sur la satisfaction de la savoir proche. Trop de ratés dans une vie, trop de choses qui blessent et remuent la lame dans la plaie encore sanglante et purulente. Le corps éreinté se redresse lorsque le premier mot brise le silence. Frissons contre la peau, les pupilles qui s’accrochent aux siennes malgré la gêne. Qui s’y perdent sans parvenir à s’en détacher le temps de plusieurs battements de cœur erratiques avant de glisser vers la bouteille tendue entre elle et moi.

« - Sigrid… » Le piteux murmure s’échappe dans un souffle. J’en perds stupidement mes moyens, l’imprévu démoli la raison et l’assurance. Face à elle je suis sans défense, incertain incapable de choisir quelle attitude adopter. « - C’est une bonne excuse. Merci. » Lui rendre son sourire, fragile mais y apposer toute la chaleur qui se rue dans ma poitrine. Tendre la main et récupérer la bouteille, ne pas l’ouvrir, seulement se contenter d’y faire blanchir les articulations sous la force de la nervosité. Perplexité d’une question anodine qui me prend de court. Je lui offre le spectacle d’un condamné, criminel jugé attendant que s’exécute la sentence. Nouvelle erreur, image ridicule qui je lui renvoie. J’en rirais bien si seulement le son ne restait pas coincé dans ma trachée. L’agacement contre les nerfs, l’impression d’être dans une impasse et que quoi que je fasse, rien ne pourra arranger la situation. Raté pendant des années pour ma cadette, le redevenir pour mon aînée est une chose que j’aurais préféré éviter.

« - J’ai commis une erreur. Pour rester simple, je ne vais pas t’accabler avec les détails. » Ma voix s’arrache, fragile. Hésitante qui s’abîme contre les récifs de l’incertitude. J’en meurs d’envie, mais je ne peux pas lui en dire plus, et prendre le risque de trahir les miens en révélant leur existence avant que le pacte ne soit effectif. Peut-être sait-elle quelque chose, elle qui semble œuvrer pour le Gouvernement. Des murmures et bruits de couloir sans importance, sans le moindre doute. Elle a été au centre de nos discussions, l’intérêt tourné vers elle et elle seule. Rarement porté sur les mystères de mon existence, parce qu’ils ne méritent pas d’être révélés. Pas de suite, pas maintenant. L’horreur sous la peau ne serait qu’un moyen de la perdre une nouvelle fois.

« - Et comme toute erreur commise mérite sanction, j'attends sagement que la mienne daigne arriver. » Brin d’ironie amusée sur la langue, l’esquisse d’un sourire espiègle sur les lèvres. Apporter des brides de légèreté à une situation qui m’accable plus que je ne voudrais bien le croire. Inspirer et soupirer l’opprobre, les doigts toujours fermement agrippés à la bouteille. Détourner le regard le temps de laisser les pensées et les délires se noyer dans les méandres de mon crâne et reporter toute mon attention sur elle. M’abîmer les rétines contre les lignes de son visage, le graver dans la mémoire pour ne plus jamais avoir à l’oublier. Fierté du géniteur dans le cœur qui réchauffe toute la carcasse, la chaleur qui s’appose sur les lèvres et les traits qui se font tendres malgré moi. « - Tout va bien ? Tu vas bien ? Tu n’es pas ici pour une quelconque condamnation ? » Angoisse dans la voix, elle vibre alors que les questions fusent. Trop vite pour être retenues, se mordre la langue afin d’en arrêter le flot et ne pas l’accabler des relents d’inquiétude qui me broient les entrailles. Se redresser légèrement sans pour autant se relever. Se rapprocher tout en décidant qu’il est préférable de rester dans cette configuration. Distance entre les corps, faire taire le besoin hurlant d’être plus proche. J’ai des automatismes ancrés en moi, ceux appris auprès de Zilpha. De la tendresse à en étouffer le cœur, elle déborde et fait suffoquer. Me trouble tant elle me semble étrangère maintenant que ma vie est devenue un champ de ruines sanglantes. Renouer avec un autre morceau de celui que je ne suis plus, l’affronter et ne pas parvenir à courber l’échine pour le laisser pleinement exister.

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MessageSujet: Re: Million miles from home [Sigrid]   Sam 12 Aoû - 1:56


« Entre père et fille, tout se joue dans une marge étroite : la fille doit séduire son père et, en même temps, elle ne doit pas. »



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Il ne semblait pas vouloir me confier les raisons de sa condamnation. Je m'en rendais bien compte. Rester vague, en dire suffisamment pour contenter son interlocuteur mais sans pourtant trop en dire. Maintenir l'autre à distance ou du moins essayer. Je connaissais cela par cœur. J'agissais tout le temps de la même façon lorsque quelqu'un essayait de savoir ce qui avait pu m'arriver, ou quels traumatismes j'avais vécu. Il disait ne pas vouloir m'accabler de détails. C'était également l'une de mes excuses préférée. Comme quoi, nous avions apparemment des points communs. A moins que cela ne soit commun à l'humanité toute entière. Vouloir se préserver, ou préserver les autres, cela devait être naturel. Aussi comprenais-je tout à fait et me refusais à insister. De toutes manières, je n'aimais pas forcément les détails. C'était trop souvent sordides ou personnels. Et les aveux plus ou moins forcés n'amenaient généralement rien de bon. Hormis du malaise. Aussi bien chez celui qui se confessait que chez celui qui écoutait. Et je n'aimais pas être mal à l'aise.  

« Je comprends. » répondais-je, ni déçue, ni heureuse. J'avais eu l'occasion de m'apercevoir que la plupart des gens disait comprendre mais qu'en réalité, leurs paroles n'étaient que politesse. Ce n'était pas mon cas. J'étais sincèrement compréhensive, mais également légèrement inquiète pour lui et ce, sans pouvoir expliquer pourquoi.
« J'espère juste que la sentence n'est pas trop lourde. Mais si tu es là... La tête encore bien accrochée à tes épaules, c'est que le jury s'est montré assez clément, je suppose.» achevais-je en réponse à son ironie, dans un sourire qui se voulait plus rassurant que compatissant.

Il détournait le regard et j'en profitais pour le scruter. Je ne savais rien de cet homme, sinon que je l'avais croisé plusieurs fois. Et pourtant, je me sentais concernée par son sort. Cela semblait si anormal, pour moi qui était si détachée de tout la plupart du temps, que je me disais alors qu'en l'observant, peut-être, j'arriverais à comprendre. Je m'étais déjà demandé quelques fois s'il avait fait partie de ma vie, la vraie, mon ancienne vie, avant que je ne me fasse enlevée. Mais cela semblait si improbable. Impensable même. Et puis, il me l'aurait dit... Il n'y avait aucune raison qu'il taise une chose pareille. Moi, il ne me rappelait rien. J'avais eu beau fouiller les moindres recoins de ma mémoire, je n'avais rencontré que le vide. C'était pour cela que j'étais le plus souvent distante avec lui.

Mais aujourd'hui, c'était différent. Même si, cette fois encore, même en l'observant bien, je ne trouvais aucune réponse, j'avais envie d'être là pour lui.
Non pas que je trouve injuste qu'il se fasse condamner s'il avait fait quelque chose de répréhensible, c'était normal même. Mais j'avais l'intuition que la situation, comme le bonhomme, était complexe. Et puis, ce procès sans public, sans avocat, en sournois... Même si c'était sans doute ce qui lui avait sauvé la vie, cela ne me semblait pas équitable. Il avait beau se montrer fort face à la situation, je me doutais qu'il devait être affecté, au moins en partie. Il n'y avait rien de plaisant à se faire condamner. J'imaginais facilement la honte que l'on pouvait ressentir soit à avoir commis une erreur, soit simplement à s'être fait prendre. Et dans ce genre de situation, peu importe ce qu'on avait pu faire, personne ne méritait de rester seul, avec ses pensées pour unique compagnie.

Parlant de pensées, Leslie me tirait des miennes avec sa question et ça me prenait au dépourvu.

«  Quoi ? Oui. Non. Enfin, oui oui ça va... Je bosse ici, en fait. » répondais-je, surprise aussi bien par la question elle-même que par la pointe d'angoisse que je devinais dans sa voix. Il s'était redressé, pas levé, mais se tenait plus droit. Il me donnait presque l'image d'un chevalier prêt à dégainer son épée contre tous ceux qu'il croiserait en chemin, pour libérer la princesse retenue dans sa tour d'ivoire. Sauf qu'il n'était pas chevalier, que je n'étais pas princesse et que la tour d'ivoire, j'avais signé pour y entrer de mon plein gré. J'étais tentée de rire, mais son inquiétude dans la voix m'en dissuadait et me poussait même à réduire la proximité qui subsistait entre nous jusqu'à lors. Je m'approchais, doucement, et prenais place sur le banc à ses côtés. Entre ces murs, sa présence me semblait moins négative ou dangereuse qu'à l'extérieur et je me disais que c'était le bon moment d'entamer une discussion, une vraie discussion, qui durerait plus que les quatre mots échangés habituellement. Tournée vers lui, genou replié sous le menton, je me lançais alors sur un sujet, si passionnant à mes yeux, que j'étais sûre que mon regard se remplissait d'étoiles à mesure que les mots résonnaient.

« A vrai dire, je m'occupe des animaux du Colosseum. J'ai trois fauves et une ourse qui se trouvent dans les loges, juste au bout du couloir.» reprenais-je en un sourire tendre, mélancolique presque, avant de poursuivre sur un ton plus grave.
« Je sais qu'ils peuvent faire des choses terribles, souvent à ma demande d'ailleurs, mais... j'en suis dingue de ces bestioles. Ils ne sont pas mauvais. Bon, c'est pas des chatons mais, en réalité ils sont plutôt mignons. Et ce n'est pas de leur faute si on leur demande de tuer. Ca me dérange même un peu, quelque part. Mais bon, quand on doit condamner des criminels vraiment ignobles on s'dit que... Enfin... Il y en a … On s'dit que c'est encore une mort trop belle pour eux. » concluais-je finalement avec l'impression d'en avoir trop dit.

Depuis quelques temps déjà, j'avais commencé à m'imaginer face à l'un de mes tortionnaires dans l'arène. Il n'en ressortait généralement pas entier, ni vivant d'ailleurs. Et cette idée avait tendance à m'apaiser tel le ronronnement d'un félin. Bien entendu, je savais que les condamnés que je faisais exécuter n'étaient pas tous aussi horribles que ceux qui m'avaient fait du mal mais jusqu'à présent, j'arrivais toujours à me convaincre qu'ils avaient mérité leur sort. Je n'étais pas juge, ce n'était donc pas à moi de décider quelle sentence était la plus appropriée.

« Tu dois me prendre pour quelqu'un de monstrueux maintenant. » ajoutais-je, comme si cela était l'évidence même. Par ces mots, je ne cherchais ni excuse, ni approbation. J'énonçais juste les faits, implacable. La victime devenue bourreau, quelle ironie quand on y pensait. J'estimais qu'il valait sans doute mieux rapidement changer de sujet car même si je n'avais en rien contribué à sa situation, je demeurais tout de même du mauvais côté de la barrière. Aussi me hâtais-je de poursuivre.

« Alors avant que tu aies définitivement une mauvaise image de moi, est-ce que... Je peux faire quelque chose pour toi ? Prévenir quelqu'un, de la famille, un ami, un avocat... ? Bien que, l'avocat il aurait peut-être fallut l'appeler avant. Ce que tu veux, tu n'as qu'à demander.» concluais-je, portant machinalement la main au pendentif portant mon prénom, comme je le faisais lorsque j'étais nerveuse.



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MessageSujet: Re: Million miles from home [Sigrid]   Lun 14 Aoû - 20:10


Eluder la question et s’enliser dans le silence. Sa réponse est toute prête, elle est celle que l’on sert lorsque l’interrogé refuse d’en dire plus. Nullement convaincu par la réplique, la politesse qui pousse les lèvres à remuer pour formuler une réponse déjà mâchée. Même si c’est la meilleure chose à faire, la seule que je pouvais faire sans prendre le risque de mettre les miens en danger, je ne peux nier que ça me blesse. De la tenir éloignée alors que je n’aspire qu’à son opposé. De considérer des étrangers comme familiers et ma propre fille comme une étrangère. La dure réalité du monde, Leslie. Et je le sais. Le gamin qui s’est retrouvé avec un bambin sur les bras est toujours là, quelque part sous la couche de crasse et la vieillesse qui s’invite doucement et sûrement. Ses erreurs gravées dans la chair, remplacées par des succès qui semblent pourtant affreusement dérisoires lorsque je me retrouve en sa présence. S’il avait été différent, meilleur, le gamin n’aurait certainement pas été évincé au profit d’un autre. Famille en apprentissage qui n’aurait peut-être pas eu à souffrir d’un drame comme celui qu’ils ont connus et qui leur aura coûté leur fille. Vivre l’horreur en témoin éloigné, ne rien pouvoir faire hormis sentir la colère et la peine s’unir dans la poitrine pour la plonger dans un océan d’amertume. On m’a volé ma fille pour qu’elle se fasse enlever. Craindre le pire, s’y résigner et finalement la retrouver des années plus tard, dans les entrailles d’un bâtiment assassin à la gloire de tyrans qui se planquent derrière de la politique de dictateur. Crisper les mâchoires et faire se cogner les dents pour ravaler le malaise, dans l’instinct de la fureur, j’ai mes doigts qui se resserrent contre la bouteille qui pleure sous le geste, et le poing libre qui se ferme à en faire blanchir les articulations.

Toucher le monstre avec des relents d’inquiétude. L’esquisse de son sourire toujours hésitant me fait chavirer le cœur. La raison qui lutte face aux battements erratiques, ceux qui distillent dans les veines des litres de bienveillance. « - Et je suis certain qu’ils regrettent déjà cet élan clémence. Ce n’est pas grand-chose, ne t’en fais pas. » Ce n’est que l’affaire d’un pauvre mois. J’ai survécu à pire, des tentatives d’extermination ratées à la condamnation à mort entre les griffes et les dents pourreis de zombies affamés. De belles pensées pour se convaincre qu’au fond ce ne sera pas aussi horrible que ce qui s’incruste dans mon crâne à chaque fois que je m’autorise à y penser. Un pauvre mois et tout rentrera dans l’ordre. De quoi donner envie de ralentir la machine cependant, et faire trainer le plus possible la conclusion d’un pacte qui n’apportera rien de bon. Ils commencent déjà à nous asservir, à faire régner leur simulacre de justice dans nos rangs, ils n’en seront que plus envahissants une fois leurs nouvelles victimes coincées entre leurs murs. Tressaillements de répulsion sur la peau, la réponse de Sigrid les changent en des frissons d’amertume. Insurrection dans la poitrine, le soulèvement de la honte pour le géniteur. De savoir sa gamine aux mains de ces êtres qu’il abhorre. Esclave d’une volonté sadique, elle s’improvise bourreau comme tous les autres.

« - Dangereuse occupation… Pour de dangereux employeurs. » Je le soupire, le regard perdu dans le vague. Brisé par les aveux, par la proximité qu’elle impose pour la toute première fois entre nous. Par la chaleur passionnée qui ébranle son récit. « - Sont-ils tous vraiment ignobles ? Il est devenu si commun d’apposer l’étiquette de la culpabilité sur le visage de ceux que l’on considère comme des nuisibles. » La question n’attend pas de réponse, les jugements diffèrent d’un être à l’autre, et elle semble douloureusement inscrite dans les rouages de la sombre machine. Esquisser l’ombre d’un sourire amer face au doute de la rouquine. Si elle savait à quel point le bonhomme assit à ses côtés peut-être monstrueux. Plus que ce qu’elle est devenue, magnifiée par une volonté étrangère à la sienne. Le monstre, je l’ai invité de moi-même à prendre possession de l’âme et du corps. Je l’ai forgé dans la douleur, nourrit par le sel de mes larmes et le sang de tous ceux que j’ai brisé pour épancher la douleur. Un soupir brise le silence, l’hésitation dans le geste qui accompagne le regard venu se s’apposer sur elle. Cœur en train de crever contre les côtes, j’ai pourtant la main qui lâche enfin sa bouteille pour venir se poser contre celle de ma gamine. « - Seulement pour quelqu’un qui applique les règles qu’on lui demande de respecter et qui, par extension, fait son travail. Nous sommes tous monstrueux aux yeux de ceux qui se croient justes. Tu n’as rien fait qui mérite que je te considère de cette manière Sigrid. » Point de vue fort peu objectif, son seul défaut est peut-être d’avoir été la victime des belles paroles des puissants de ce monde en déroute.

La main s’enlève de la sienne, et le regard se reporte sur le décor face à moi. De la gêne dans les pupilles et dans la gorge, l’illusion de la chaleur de sa peau toujours présente contre la mienne. La seule famille qui devait être prévenue se trouve juste à côté de moi. J’en ai l’esquisse d’un sourire morne sur les lèvres, le constat amer qui fait mal. « - Je doute que tu puisses faire quoi que ce soit. Quelqu’un doit normalement être déjà prévenu, pour le reste, je n’ai personne. » Je le souffle dans un léger hochement de tête, hausse une épaule avec ce qui s’efforce d’être un mirage de désinvolture. Et percevoir du coin de l’œil son geste, la main qui se pose contre sa gorge sans vraiment en comprendre la raison. « - Comment en es-tu arrivée à travailler ici ? Pour eux ? » La question est un peu trop abrupte, dans ma voix résonne les accents d’une colère naissante. Trahissent la crainte qui se fait viscérale à mesure que l’interrogation gravite dans mon crâne. Sans réponse. C’est une autre erreur de parcours qui fragilise un peu plus l’édifice et me donne la sensation que nous sommes diamétralement opposés l’un à l’autre. Que par ce seul choix de vie, les routes ne pourront plus se croiser et s’unir. Ils ne la laisseront pas quitter son poste, à moins de commettre une erreur impardonnable, une fois que les chaînes ont été passées, elles ne s’enlèvent plus.

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MessageSujet: Re: Million miles from home [Sigrid]   Jeu 17 Aoû - 20:03


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Avouer faire partie des bourreaux face à quelqu'un qui en était victime, c'était ce qui me rendait nerveuse. Bien sûr que je n'y étais pour rien mais j'avais moi-même été une victime toute ma vie. Et je savais ce qu'on pensait lorsqu'on se retrouvait du mauvais côté de la barrière. Et voir Leslie si compréhensif à mon égard... Comment faisait-il ? Sa main humide posée sur la mienne pour me rassurer, comme pour ajouter du poids à ses paroles clémentes, me faisait penser je n'étais pas une aussi bonne âme que lui. Vraiment pas. Il venait de se faire condamner et c'était lui qui me réconfortait ! Le monde tournait à l'envers en cet instant. C'était moi qui aurait dû poser ma main sur la sienne pour lui dire que tout allait bien se passer et que je compatissais à sa peine mais j'en étais incapable. Trop anesthésiée par les souffrances passées, ou tout simplement ignorante de ces manières-là, je ne savais pas faire un tout petit geste qui pour lui semblait si naturel. Et cela me chagrinait.

Machinalement, je posais les doigts sur mon pendentif, le tournant et retournant maintes et maintes fois, repensant à celui ou celle qui me l'avait offert en me disant que le jour où je retrouverais ma famille alors enfin, je saurais apprendre l'amour et les gestes tendres. Cela deviendrait peut-être même naturel pour moi aussi. Cette pensée arrivait généralement à calmer mon esprit lorsqu'il s'évadait un peu trop loin dans le chagrin, la peur, ou la culpabilité. Et tandis qu'il m'avouait sa solitude, l'empathie qui s'emparait de moi arrivait à me convaincre de lâcher mon grigri pour, à la place, venir poser mes doigts tremblants sur son épaule. C'était maladroit, inattendu et plutôt bref comme contact mais j'étais néanmoins fière d'avoir réussi à faire ce petit geste aussi anodin pouvait-il être pour lui.

« Je sais ce que c'est. » murmurais-je, compatissante.

Moi non plus je n'avais personne. Enfin, ce n'était plus tout à fait vrai à présent, mais même si j'avais quelques amis, aucun d'eux n'avait réussi à combler le trou béant qui avait pris possession de mon cœur lorsque j'avais perdu ma famille.
Reposant les pieds au sol, je regardais à mon tour le décor droit devant, avant que le silence ne soit brisé par la question abrupte de Leslie. Il trouvait mes employeurs dangereux, il me l'avait dit plus tôt et je comprenais aisément son point de vue mais il y avait quelque chose de plus dans le ton de son interrogation. Une sorte de mécontentement, ou un reproche peut-être, je ne pouvais pas le dire de façon précise pour l'instant.
Toutefois, je préférais remettre de la distance entre nous. Je me levais doucement et m'en allais poser mon épaule contre le mur froid, avant d'adresser un sourire légèrement moqueur à mon interlocuteur.

« Il semblerait qu'entre les fauves et mon prédécesseur le courant ne soit pas bien passé. Un jour ils ont décidé qu'il ferait un excellent en-cas. La place est alors devenue vacante et... Me voilà. » répondais-je, souriante sur le ton de l'humour, pour essayer de le détendre un peu avant de reprendre bien vite, bras fermement croisés sur la poitrine en guise de défense.

« Maintenant si ta question sous-entendait 'est-ce que bosser pour le gouvernement est un rêve de gosse ?' la réponse est clairement non. Je te l'ai dit, je sais ce que c'est d'être seule. Quand je suis arrivée en ville, je ne connaissais personne et je n'avais rien. Maisy, qui est devenue mon amie, m'a généreusement hébergée et m'a proposé de venir travailler avec elle, ici. » concluais-je, légèrement nostalgique en repensant à mon amie.

Je n'avais jamais pu lui avouer la vérité sur ma vie, même si cela me rongeait, alors comme maintenant avec Leslie, je m'étais toujours arrangée pour en dire suffisamment sans pour autant entrer dans les détails. Je ne pouvais pas leur dire la vérité, elle était bien trop moche et trop difficile à dire à voix haute. Et puis comment pouvais-je avouer que travailler ici ressemblait à une bénédiction pour moi ? Être du côté des plus forts, se sentir enfin en sécurité quelque part, entre ces murs remplis de personnes prêtes à faire du mal aux autres après tout ce que l'on m'avait fait à moi. Cela leur semblerait tellement illogique et pourtant. C'était ça la vérité. J'avais connu bien pire que ces tortionnaires en costards, j'avais vu le mal dans son plus simple apparat, du moins le croyais-je. Et j'étais intimement persuadée qu'ils ne viendraient pas me chercher ici, qu'ils n'oseraient plus m'approcher et c'était tout ce dont j'avais besoin. Le reste et les contreparties que cela impliquait importaient peu face à ce sentiment de quiétude qui m'habitait au sein de cette arène. Et même si parfois je doutais du bien fondé de mes actions, comme lorsque Leslie avait sous-entendu que les déclarés coupables n'étaient parfois rien de plus que des nuisibles dont il fallait se débarrasser aux yeux du gouvernement mis en place, cela ne remettait pas en cause ma position. Non pas que je sois pro-gouvernement mais, à l'heure actuelle, rien d'autre ailleurs ne pouvait me garantir autant que ce que j'avais présentement. Alors finalement, m'accommoder des mauvais côtés n'était pas si difficile.

« Je n'ai pas vraiment réfléchis avant de dire oui, mais je ne le regrette pas. Je suis bien payée, suffisamment pour avoir un toit plutôt chouette au dessus de ma tête et je peux m'occuper d'animaux que j'adore. Je crois que je peux m'estimer chanceuse de tout ça. La stabilité et la sécurité, c'est un luxe qui n'est pas donné à tout le monde et... Ca fait du bien d'y avoir droit, pour une fois. » reprenais-je, hésitante sur les dernières paroles.
J'aurais aimé compléter en lui disant que malgré tout, je serais prête à abandonner tout ça d'un claquement de doigt si l'on m'offrait de retrouver ma famille mais il valait mieux que je garde ça pour les séances avec mon psy, d'autant que des pas résonnaient dans le couloir. Gardant le silence le temps qu'ils s'éloignent, j'avançais de nouveau d'un pas vers Leslie avant de reprendre, la voix plus douce et plus basse qu'auparavant.

« Cela dit, ne va pas penser que je suis naïve. Je sais assez bien pour quel genre de personnes je travaille. C'est juste que... la vie est faite de choix. » Amère vérité lâchée avec tristesse mais qui ne saurait être contredite. « Et même s'il pourrait te sembler que j'ai fait celui de la facilité, ce n'est pas le cas, crois-moi. Chaque choix est dur et pour moi, celui-là l'est peut-être encore plus qu'un autre.» concluais-je en expirant, comme si cette confession m'avait coûté nombre de forces.

Pinçant les lèvres quelques instants, j'hésitais à poser la question qui me hantait depuis le début de la matinée. Mais selon moi, une confession en valant une autre, je me disais qu'il était temps de me faire des confidences à son tour.

« Mais si on parlait de toi ? Qui es-tu ? » demandais-je de façon aussi abrupte que lui précédemment, autant curieuse que lui avait été agacé. « Je ne suis pas là depuis longtemps mais ce procès à huis clos, ce n'est clairement pas le genre de la maison. Alors je me dis que tu dois être suffisamment importants aux yeux de mes dangereux employeurs pour qu'ils t'accordent ce traitement de faveur... Et je dois t'avouer que ça m'intrigue. »



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MessageSujet: Re: Million miles from home [Sigrid]   Lun 28 Aoû - 19:46


Proximité semblant malvenue, je perçois son malaise comme s’il était le mien. Comme je peux percevoir l’énergie qui pulse sous sa peau, contre la pulpe de mes doigts posés sur sa main. La retirer avant que l’appel ne devienne trop intense pour être repoussé. Je me borne à éviter son regard avec une application folle, un môme qui vient de faire sa plus belle connerie et qui, pour ne pas se faire prendre, s’obstine à regarder ailleurs. L’application n’est pas suffisante pourtant et les pupilles viennent se reposer sur elle. Capte le manège de ses doigts, et l’objet qui s’attire tant d’attention. Palpitant croulant sous ses couches de crasse qui trébuche piteusement, contre un battement et la douleur dans la poitrine. Babiole offerte peu de temps après sa naissance, comme on offre une médaille à son chiot pour être certain de se souvenir de son nom. Une idée de sa mère, lubie d’impatiente. Carcasse qui se redresse malgré le besoin déroutant de rester le plus bas possible. De la curiosité dans la rétine qui s’abîme contre la relique de ces années révolues. Et sa main qui lâche le trésor pour venir se poser sur mon épaule. J’en ai de la chaleur qui explose sous le contact, l’esquisse fragile d’une tendresse folle sur les lèvres et dans la fatigue gravée sur ma gueule.

L’instant est trop fugace. A peine le temps de s’y faire que déjà elle s’éloigne. J’en ai les mâchoires qui se crispent sous le joug de la frustration. Le soupire qui crève le silence et le dos qui revient se poser contre le mur. Foutue distance qui me bousille les nerfs. « - Dans ce cas, espérons qu’ils n’aient pas une nouvelle fois cette idée… » L’humour dans les mots fait mouche, le temps d’un frêle battement de cils. Il n’y a rien à faire, l’inquiétude revient se coller à l’ensemble en un claquement de doigt. Garce qui s’accroche et enlise l’ensemble sous des flots d’angoisse paranoïaque. Tous mes efforts pour considérer la situation sous un meilleur angle sont vains. Pas quand le danger est une constante dans son milieu. Elle n’a rien d’une gamine et je suis certain qu’elle s’en sort bien mieux seule que je ne veux l’admettre. Elle reste ma gamine, celle que j’ai perdu une fois et que je refuse de perdre à nouveau. « - Au point où j’en suis, je peux certainement me permettre de dire que je me méfie de tes employeurs et de leur sombre vision du monde. Si ce qu’ils t’offrent parvient à te contenter, c’est certainement le plus important. » Ravale ta bile et laisse la te bouffer la langue. Cracher sur ses supérieurs ne changera rien à l’ordre de ce monde décrépi. Ne me rendra pas mon poste, ne fera pas disparaitre la sentence et la menace qui pèsera sur les miens une fois les murs franchis pour de bon. « - Fais juste attention à toi. Je ne suis personne pour avoir la prétention de te dire quoi faire ou te considérer comme naïve, mais simplement… Soit prudente. » La phrase pue la réplique du père inquiet pour son rejeton. Dans les intonations de la voix et le regard qui se pose sur elle. Dite comme j’aurais pu la dire à Zilpha, sans barrière ni distance. Comme si le lien n’avait pas été brisé, et que, ni elle ni moi, n’étions des étrangers l’un pour l’autre. Je le regrette dans l’instant, d’avoir fait preuve d’une telle familiarité. Nervosité en déroute sous la peau, les doigts se rejoignent et se lient les uns aux autres.

« - Aucun choix n’est facile, Sigrid, j’en ai aussi conscience. J’ai fait des choix que je regrette amèrement aujourd’hui et si l’occasion m'était donnée de les refaire, ils seraient totalement différents. » Je le soupire, plus pour moi que pour elle. Hausse légèrement une épaule et garde un instant le silence. L’interrogation me prend de court. Evidemment que ce n’est pas commun, ils devaient bien s’en douter, ces abrutis, que ça ne passerait pas aussi facilement inaperçu. « - Ils ont eu pitié d’un bonhomme commençant à glisser lentement vers sa fin. » Moquerie cynique qui se crache dans un souffle amer. Un rictus froid sur les lèvres en guise d’appui. « - Ma sentence était déjà déterminée avant même que je ne mette les pieds ici. Le procès a été accompli pour la beauté du geste, rien de plus. » Morceau de vérité, je les pèse et les balance à la suite de l’autre. Réfléchir avant de l’ouvrir, se censurer devant sa propre gosse, la langue tenue dans un étau de fer et contrainte de taire certains éléments de l’affaire.

« - Je n’existe plus pour ceux qui vivent ici.Ou peut-être parfois dans les rumeurs qui continuent de courir à mon sujet. Il fut un temps où j’ai été un pion au service de ceux qui t’emploient aujourd’hui. En mémoire de cette époque révolue, et pour le bien de plans qui ne peuvent pas encore être révélés, ils ont jugés plus utile de me garder en vie… » Je me déteste lorsque les énigmes viennent se coller dans mes paroles. Ce rôle de vieux sage qui ne me va pas mais qui ne cesse de revenir sur le tapis. Juste pour ça, ce foutu petit détail, je préfèrerais que cette affaire de mystère entre le Gouvernement et le groupe soit déjà résolue. Promise à devenir publique pour ne plus prendre le risque de cracher le morceau au détour d’une conversation banale. Ils se taisent pour éviter une révolte. Du cassage de gueule en règle par ceux qui désapprouveraient la venue de loups dans la bergerie. Dans leurs rangs ou dans ceux de cette préposée résistance. Des crétins dans tous les camps, inutiles et pathétiques. « - Il n’y a pas grand-chose à savoir de plus, Sigrid, je ne suis que ce que l’on veut que je sois. » L’aveu fait mal, parce qu’il sonne tellement faux. Dans mes propres pensées, comme une injure qui se murmure. S’en vouloir face au silence qui se créer sous la contrainte. J’en rirais à m’en péter la gorge si je n’étais pas le premier concerné par toute cette histoire. Enlisé dans le mensonge jusqu’au cou, j’étais loin de me douter qu’en acceptant la sentence d’un autre, je me retrouverais là.

« - J’espère que cela parvient à satisfaire ta curiosité. » Je le souffle comme une conclusion à un échange qui ne fait pourtant que commencer. Ravale mon envie de combler le vide et de prendre le risque, ce petit risque qui me dévore, de finalement oser la prendre dans mes bras. Effacer ce qui peut venir graviter sur ses traits et qui me blesse bien plus que n’importe quel coup dans la gueule.

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MessageSujet: Re: Million miles from home [Sigrid]   Ven 8 Sep - 21:06


« Entre père et fille, tout se joue dans une marge étroite : la fille doit séduire son père et, en même temps, elle ne doit pas. »



Leslie Maclean & Sigrid K. Laïn
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Sombre vision du monde. A ces paroles je n'avais pu m'empêcher de sourire. Je n'avais jamais imaginé que Leslie puisse avoir un côté idéaliste mais il est vrai que nous n'avions jamais autant discuté qu'entre ces quatre murs. Je le découvrais peu à peu à mesure que la conversation avançait et je commençais à me dire que plus rien ne justifiait la méfiance que j'avais pu avoir à son égard, bien que nous n’ayons absolument pas la même vision du monde. Selon moi, ce monde était déjà sombre de tous les côtés et même au milieu. Pourri jusqu'à la moelle même. Et rien ne pourrait jamais changé ça. Nous vivions à une époque où les petites filles de huit ans se faisaient enlever et maltraiter toute leur vie durant, on pouvait difficilement imaginer pire non ? Alors ce gouvernement là ou un autre... Je me refusais à croire que cela changerait quoi que ce soit. Cela dit, il en fallait des optimistes et des gens comme Leslie. Des qui se méfiaient et qui s'inquiétaient encore du sort de leur congénères, même si son incitation à la prudence me surprenait. Ce n'était pas tant la réplique en elle-même qui me semblait étrange mais plutôt l'intonation de sa voix. Comme si ma vie lui importait réellement, que ça comptait pour lui. Or, personne ne souciait autant de moi à part Lucrezia qui était devenue comme une mère de substitution. Alors, avec Leslie, on n'en était pas encore au point où j'avais également un père en remplacement de celui que j'avais perdu, mais son côté protecteur me réchauffait suffisamment le cœur pour que je n'aie pas envie de répondre par une pirouette sur le ton de l'humour comme je l'aurais fait habituellement.

« Promis. » soufflais-je alors, le plus sérieusement du monde. D'ailleurs, c'était peut-être cette impression de valoir quelque chose à ses yeux qui m'avait poussée à me confesser sur mes choix car je me trouvais bien plus loquace que d'ordinaire. Et même si discuter aussi librement avec quelqu'un ne m'était pas familier, ce n'était pas désagréable pour autant. Sans doute parce qu'il n'était pas du genre à juger, il semblait comprendre ou en tout cas respecter ma vision des choses et c'était ce que j'appréciais le plus chez lui. Je n'irai pas jusqu'à dire que sa condamnation est une bonne chose, mais en tout cas cela nous a permis cette entrevue. Un mal pour un bien comme disent certains.

A l'évocation de la pitié qu'avaient eu mes employeurs à son égard, je ne pouvais m'empêcher d'étouffer un petit rire. Ils n'étaient vraiment pas du genre à avoir pitié de qui que ce soit. Mais plutôt que de l'interrompre, je préférais écouter avec nonchalance ce qu'il pouvait ajouter à ça. Ca partait mal puisque je ne croyais absolument à ses premières paroles mais peut-être serait-il plus honnête par la suite ou au moins, me servirait-il une excuse valable à laquelle je pourrais croire. Et finalement, son récit ne me servait ni excuses mensongères -ni explications détaillées ceci-dit- mais j'en apprenais toutefois beaucoup. Ainsi donc il avait lui aussi bossé pour le gouvernement. Il savait alors très exactement de quoi il parlait en m'intimant la prudence, bien plus que je ne l'avais crû en le prenant simplement pour un idéaliste contestataire. Il fallait avouer que cette révélation, que je n'avais à aucun moment soupçonnée, me troublait quelque peu. Il se disait ancien pion mais je n'étais pas d'accord, bien au contraire. Les pions ne sont que de la chair à canon pour mes employeurs, j'en suis persuadée.

« Si tu as bénéficié d'un tel traitement de faveur c'est que tu as toujours eu beaucoup d'importance aux yeux de mes employeurs, et aujourd'hui sans doute plus jamais.» disais-je, par pure rhétorique.
Je brûlais d'envie d'en savoir plus mais j'arrivais à me contenir pour ne poser aucune question. Il respectait ma vision des choses sans me juger, alors je pouvais bien respecter sa volonté de ne pas trop en dire. Quant à savoir si cela avait suffit à satisfaire ma curiosité...

« Non. » répondais-je en toute franchise avant de lui offrir un sourire amical, comme peu de personnes en avaient eu le droit avant lui. « Mais je m'en contenterai. » ajoutais-je bien vite.

J'avais parfois du mal avec les conventions sociales et bien souvent, j'étais trop franche. Trop par rapport à ce que mes interlocuteurs avaient l'habitude de supporter. Heureusement pour eux, comme pour moi sans doute, il fallait que je sois en confiance pour être aussi franche que je puisse l'être sur des sujets sensibles et ma confiance, on ne la gagnait pas comme ça. Cependant, avec Leslie, j'avais envie de continuer sur ma lancée. Depuis notre première rencontre, et malgré la méfiance qu'il m'inspirait jusqu'ici, j'avais toujours eu cette impression qu'il pouvait être une pièce manquante du puzzle qu'était ma mémoire et maintenant que la discussion prêtait à la franchise, je ressentais le besoin de lui exprimer mon ressenti vis à vis de lui.

« En réalité, je ne suis pas aussi curieuse d'habitude. » commençais-je, en venant reprendre place sur le banc froid. « J'ai une sorte de détachement avec les choses et les gens tu vois ? Chacun est libre de faire ou penser ce qu'il veut, je m'en tape. Mais … avec toi c'est différent. Je ne sais pas comment l'expliquer. La première fois où on s'est vus, je me suis méfiée de toi comme de la peste ! Et pourtant, y avait quand même un truc qui m'incitait à te parler. Je sais pas pourquoi. Et aujourd'hui, quand je t'ai vu dans l'arène … je me suis sentie concernée par ce qui t'arrivait. C'est étrange comme sensation, je suis pas habituée. » achevais-je, haussant légèrement les épaules comme pour justifier mon incompréhension de tout ça.

« Va savoir, c'est peut-être ton grand âge de 'bonhomme glissant sur sa fin' qui me rappelle une figure paternelle et me pousse à m'inquiéter pour toi ! » ajoutais-je en riant. Je préférais repartir sur un peu d'humour. D'abord parce que ça ne fait jamais de mal, et ensuite parce que je ne voulais pas forcément tomber dans le mélodrame en le remerciant de s'inquiéter pour moi alors qu'il venait d'être condamné et qu'il était en train de croupir entre quatre murs à l'ambiance glaciale. Même si je le pensais sincèrement, les remerciements ce n'étaient pas ma tasse de thé, on ne m'avait jamais appris ce genre de choses. Pour ça, j'avais plus tendance à privilégier l'action que les mots aussi avais-je une idée.

« Il y a un petit restaurant dans le quartier français. Ils servent des desserts incroyables. Peut-être qu'un jour, on pourrait y aller ensemble ? Si ça te dit...» demandais-je tout en me disant que parler bouffe maintenant, enfermés dans une cellule, n'était peut-être pas l'idée du siècle.



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MessageSujet: Re: Million miles from home [Sigrid]   Mer 20 Sep - 19:49


Suspendre le temps et faire pleurer les secondes jusqu’à les voir s’écraser sur le sol froid de la cellule, désœuvrées, sans le moindre impact sur les deux âmes gardées par les barreaux. J’en veux encore au merdeux pour sa conduite et sa faute, ces élans puérils qui m’ont conduit ici. Je lui en veux mais la reconnaissance vient laminer le reste pendant le temps que durera cette conversation. Premier véritable échange, où la réserve semble avoir été oubliée quelque part entre le sable de l’arène et les cages de ces fauves qu’elle adore. Méfiance de l’une et bafouilles ridicules de l’autre résonnent comme de mauvais souvenirs appartenant à deux autres personnes. Ces étrangers qui n’ont fait que se croiser sans jamais prendre le temps de s’arrêter. Ne serait-ce que quelques minutes pour se lancer dans la normalité d’une entrevue banale. Rien n’est banal de nos jours, et encore moins la relation qui nous unie tous les deux. Je n’ai même plus envie de lui répondre, fusille les mots dans mon propre crâne pour me contraindre à me la fermer. Juste l’écouter, encore et encore jusqu’à n’avoir plus que le son de sa voix dans les oreilles. Pourrir mes sens en sa compagnie, marquer l’esprit de sa présence jusqu’à lors bien trop rare. Combler le vide avec les miettes qu’elle accepte de m’offrir, sentir le manque disparaître à force de se faire bouffer par son regard clair. M’abîmer la rétine sur les contours de son visage et me dire que c’est bien ma gamine. Celle que j’ai perdue, au commencement de ma vie minable. Celle qu’un pauvre abruti n’aura pas été capable de protéger comme il aurait dû le faire. Foutue femme et son besoin de papillonner quitte à foutre des vies en l’air. Crache ta haine Leslie et rejette tes fautes sur les dos des autres. Tout est tellement plus aisé lorsqu’il est question de fustiger d’autres que soi. J’en serre les mâchoires, nuage de haine assombrissant la trogne fatiguée et le regard qui vacille sur le sol. Sur les mains jointes, les pognes bouffées par les taches de rousseur, l’âge et le sale. Pauvre vieux, tout ce temps que tu as perdu.

Mon importance est aussi factice que ma condamnation. Elle crève d’en savoir plus, je le sens à sa voix. Ce timbre qui vibre d’envie, s’efforce de contenir le trop plein de question pour ne pas froisser. Ce tremblement déjà entendu, dans les notes d’une autre voix. Sa cadette qui devait faire de tels efforts pour retenir sa curiosité maladive. Pupilles fixes qui croient alors apercevoir la petiote, à serrer ses petits poings de frustration tout en rétorquant que la réponse donnée lui convient. Malice dans les yeux clairs, et les traits de la gamine qui se parent d’une singulière maturité. Battement de cils pour effacer le souvenir, revenir dans le présent et se heurter à d’autres traits. D’autres yeux, toujours dans ces teintes de bleu. La génétique qui oscille entre le feu et la glace. Franchise qui fait naître un sourire fatigué sur les lèvres, avant de s’effacer lorsque Sigrid revient s’installer sur le banc. Silence de ma part durant toute sa tirade. Les sourcils qui se froncent parfois, de la neutralité qui s’efforce de s’installer sur les traits quand ses mots me touchent avec une force affolante. Ca gueule et ça cogne dans ma poitrine, aorte en désordre prompte à exploser sous un trop plein d’émotions dont elle n’a plus l’habitude. Que puis-je faire face à tout ça ? Rien. Me taire, m’emmurer dans un silence qui m’est affreusement douloureux. Inspirer à m’en détruire les côtes, soupirer longuement et faire craquer les phalanges tout en me redressant légèrement sur ce maudit banc. Les mots blessent. Les mots touchent. Attendrissent la vieille carne, l’esquisse d’un pâle sourire sur les lippes. De la franchise plein le cœur et dans le regard qui se pose sur la rouquine.

L’invitation est touchante. Inutile pour une créature dans mon genre. Le dessert le plus divin du monde n’aura qu’un goût de cendre sur ma langue. Elle n’a pas à le savoir, pas maintenant. Apposer l’étiquette du monstre en plus de celle du condamné, dans la même poignée de minutes n’est pas la meilleure chose à faire. A défaut, j’acquiesce dans un hochement de tête. « - J’en serais enchanté. » Le murmure s’extirpe avec difficulté de la trachée asséchée. Abrupt et fébrile, le cœur bat la mesure du silence. Pensées en désordre dans le crâne qui s’y cognent avec hargne pour gagner le droit d’être prononcée en premier. A défaut, ce sont des bruits de pas qui brisent le calme. Sentence dans le couloir, fantôme prenant finalement les allures d’un bonhomme en uniforme, parfait dans son rôle. « - C’est l’heure. » De quoi ? Du thé ? Du Jugement Dernier ? Mord-toi la langue pour retenir la moquerie, il n’a pas une tête à plaisanter le pauvre bougre. L’automatisme s’invite dans le corps qui se redresse. Abandonne l’appui douloureux du banc pour retrouver de sa hauteur. Elle se lève, elle aussi. Et dans l’instant, elle me semble affreusement fragile, vulnérable au milieu de ce décor gris et froid. Pincement dans la poitrine, j’ignore royalement l’uniforme et brise la distance. Main qui se pose doucement contre la nuque de la rouquine jusqu’à l’attirer un peu plus près. Suffisamment pour laisser l’empreinte de mes lèvres se poser doucement contre son front.

« - Prends-soin de toi Sigrid. »
Ces paroles que l’on peut sortir à son marmot avant qu’il ne parte pour l’école. Passe une bonne journée, sois sage, ne fait pas de bêtise. C’est vide de sens et en même ça gueule. Serait-ce déplacé de dire que j’ai peur pour elle ? Inscrite dans mes entrailles, elle reste là, cette angoisse sourde. Maudit la distance, les murs dressés entre nous comme des menaces. L’ignorance en punition, mis à l’écart de sa vie depuis son commencement. Le pauvre géniteur qui n’a pas eu la force de révéler à sa progéniture ce qu’il est réellement pour elle. Une prochaine fois, ce n’est que partie remise. S’en convaincre pour ne pas sombrer, cracher à la face du monde et passer ces nerfs sur le militaire en faction planté devant la porte de la cellule. Le contact se brise dans un frisson, mémoire tactile enregistrant le contact contre la pulpe de mes doigts. Je m’abstiens de regarder en arrière, avance à la rencontre du geôlier qui dans un excès de zèle affreusement ridicule m’agrippe les poignets et les ceinturent de menottes étincelantes. Première fois ? Je n’en serais pas surpris. De l’autre côté du miroir, une main sur l’épaule qui me pousse en avant dans le boyau de couloir vide. Instant de douceur avant le début du calvaire, les nerfs retrouvent leur tension et les dents grincent à nouveau. Ce n’était qu’un interlude au milieu du chaos. Une promesse de retrouvailles qui se couple à celle d’une vengeance amplement mérité pour maintenir l’édifice à flot durant le prochain mois. Un pauvre mois, Leslie, un petit rien quand on a déjà vécu tant de choses.

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