AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Beyond The Realms Of Death (.Eliz)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2667
↳ Points : 197
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2015
↳ Age : 27
↳ Avatar : Eddie Redmayne
↳ Age du Personnage : 33 ans (254 ans)
↳ Métier : Ancien journaliste ; Prostitué
↳ Opinion Politique : Anarchiste anti-Gouvernement
↳ Playlist : Les anarchitectures – Autour de mois les fous - Les Infidèles - Que tout est noir, Saez ϟ Trouble, Halsey ϟ Mr . Brightside, The Killers ϟ One Last Song, Demon Hunter ϟ Ghostcity, Thomas Azier ϟ Shine, Years & Years ϟ Bad Blood, Bastille ϟ Children Of The Revolution, T. Rex ϟ Territorial Pissings, Nirvana

↳ Citation : « People should not be afraid of their governments. Governments should be afraid of their people »
↳ Multicomptes : Leslie MacLean
↳ Couleur RP : #f34c4c



les petits papiers
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Beyond The Realms Of Death (.Eliz)   Ven 4 Aoû - 20:09



❝ Beyond The Realms Of Death
Here we are under the same old sun. All alone yet somehow bound and unified. Dust to dust... Ashes to ashes won't take long. We search for a harbour. Somewhere to belong. What you've sown is what you reap. Our sins can't be undone

Son ombre au milieu des autres, lui qui n’est personne. Celui que l’on remarque quand on sait y regarder, à la faveur d’instants indignes et volés, certains regards l’écrasent lorsque la reconnaissance se fait dans les esprits outranciers. Alors les pupilles se baissent, ignorent l’appel ou au contraire se font insolentes. Oscille entre le subtil et le provocant, l’écho de sa vie ancrée à sa peau, dans la poussière de son monde, il avance. Ne se soucie pas des âmes qui le frôlent, le heurte, ces corps que le crèvent de leur contact. Frissons d’inconfort, la créature d’autres-tombe qui se perd dans le mirage d’une ville en pleine effervescence. Sous la chaleur qui détruit les cœurs et fait saigner les chairs, du sel sur les membres à nus pour tenter de s’offrir des esquisses de fraîcheurs factices. Une main qui passe dans les mèches folles, instaure plus du désordre et le souffle qui se crache dans le vide entre les corps. C’est un murmure qui le pousse en avant. Les réminiscences d’une discussion qui le hante. Au sortir du frivole, vice en compagnie d’une autre, lorsque les étoles viennent rhabiller les corps désabusés. Furie dont il est devenu l’amant du quotidien. Le confident de quelque fois où le besoin de vider son cœur devient plus pressant que celui de satisfaire son corps. Candide allant à l’encontre des lois de ceux d’en haut, elle qui se vautre en compagnie du minable dans le vice, et effleure du bout de ses jolis doigts savamment vernis, les contours incertain de l’occulte.

Créature aussi humaine qu’il peut désespérément l’être, s’épanchant sur les miracles d’un culte sorti des entrailles du bayou. Enfanté de croyances anciennes et sauvages, la magie venue de la terre. Celle qui s’introduit dans les entrailles encore chaudes d’animaux sacrifices, dans les fibres de paille d’une poupée dont le cœur saigne à chaque aiguille qui s’y plante. Côtoyer les morts au gré de rituel où tout se mélange. Il n’y croit pas, lui qui a été autre chose. Bien plus qu’un simple magicien du dimanche. Du surnaturel de bon marché, rien de plus. Entiché jusque dans les fibres les plus infimes de son cœur à sa magie perdue, celle qui l’a forgé et qui l’a défini pendant des années. Vide, et trop seul pour supporter ce rien qui le dévore, il a pourtant d’apercevoir un éclat qui réveillera les ténèbres de sa vie une fois la porte poussée. L’antre de ce mythe qui s’agrippe à ses pensées depuis la rencontre. Au hasard d’un doute, l’immobilisme d’une journée semblant sans fin, Regan a fini par céder aux sirènes du mythe. Curiosité mal placée, flammèche dans son cœur et l’esprit qui refuse. Résigné à n’être plus rien, juste une enveloppe comme toutes les autres à qui l’on a tout arraché sans vergogne. Qu’on lui vende une fiole de souffle pour raviver la flamme morte dans sa poitrine, les poupées et les aiguilles, il s’en moque.

La porte chuinte sous la poussée. Souffle mort dans la poitrine, la fraicheur du lieu accueillit avec un plaisir certain, le rouquin hésite. Planté là, perfusion de doute dans la veine, le besoin de faire demi-tour qui s’enroule à sa gorge. Cœur qui bat contre la poussière de sa poitrine, il avance pourtant. Laisse le regard vide se couler sur le décor, les reliques et autres composants de ce culte qui l’intrigue. Gamin dans un magasin, l’excursion malsaine vers le côté morbide, les crânes en expositions libre, main morte qui se tend comme pour se glisser dans la sienne. Elle s’approche, prompte à effleurer la mort mais se ravise. Malaise d’un instant, il a la sensation d’échos dans le crâne. Le chant des morts résonnant contre les parois de la pièce, à la mémoire de ceux qui sont tombés et depuis longtemps oubliés. Des frissons dégringolent contre son échine, l’illusion semble parfaite mais un sourire cynique s’appose sur ses lippes. Le délire de son propre esprit qui tente de se convaincre. Soupir désabusé, les pas continuent pourtant de fouler le sol au parquet grinçant. Il se rappelle cette vieille bâtisse, dans son Paris sale. Celle qui a couvée les balbutiements de leur magie, à son frère et lui. Sa souffrance qui se couple au malaise, les regrets en venin sur la langue, le cœur qui frappe contre les côtes et distille ce qui l’a poussé à venir ici. Les rumeurs d’une fille perdue, rencontres mystiques pour inviter les esprits et l’occulte dans les entrailles de la bâtisse.

Sorciers ou humains clandestins, charlatans profanes ou véritables ensorceleurs, il ne parvient pas à se décider. Apposer un nom sur ce qui plane en ce lieu, ce qui se dessine devant lui là où il pose son regard. L’explorateur sceptique qui s’arrête, immobile devant un présentoir poussiéreux. Certainement pour l’authentique de la chose, ravir le curieux ignorant et lui donner l’impression que tout est réel et empli de talent. Les doigts qui se posent sur la couverture abîmée d’un vieux livre. Cuir bousillé par le temps, noirci et écorné d’avoir trop servi. Relent nostalgique de son propre monde perdu, le sceptique s’autorise à prendre l’ouvrage en main, l’ouvrir et laisser courir l’aveugle de ses pupilles sur les pages qui se tournent au gré de son indiscrétion.

_________________
❝ Naufragé dans la nuit



On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3400-les-anarchitectu http://www.mercy-in-darkness.org/t4057-regan-bleu-blanc-sang

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 378
↳ Points : 349
↳ Arrivé depuis le : 25/07/2017
↳ Age : 31
↳ Avatar : Kate Beckinsale.
↳ Age du Personnage : 444 ans (âge réel) ↯ 39 ans (en apparence).
↳ Métier : Propriétaire du Voodoo Museum.
↳ Opinion Politique : Opportuniste. ↯ Elle va où l'intérêt la porte.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 1 (ensemble) ↯ Niveau 2 (manipulation des émotions) ↯ Niveau 3 (influence sanguine)
↳ Playlist : TWO STEPS FROM HELL ↯ new machine | PANIC ! AT THE DISCO ↯ house of memories | 30 SECONDS TO MARS ↯ end of all days | AFI ↯ miss murder | APOCALYPTICA ↯ en vie | BREAKING BENJAMIN ↯ dance with the devil | SIXX:A.M ↯ this is gonna hurt | SIXX:A.M ↯ prayers for the damned | THE FRAY ↯ heartless | HURTS ↯ somebody to die for | RED ↯ still alive | BREAKING BENJAMIN ↯ diary of jane.
↳ Citation : “ Give them pleasure. The same pleasure they have when they wake up from a nightmare. ” ↯ Alfred Hitchcock.
↳ Multicomptes : Moïra S. Everett.
↳ Couleur RP : crimson.



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS ↯ avatar & code signature.
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Beyond The Realms Of Death (.Eliz)   Lun 14 Aoû - 3:46

Beyond The Realms Of Death

ft. regan & eliz'yan  

Des jours. Des mois. Elle avait cherché pendant si longtemps qu'elle avait fini par oublier la clé de voute de son envie, le point de départ, le déclencheur. Elle l'avait oublié, et pourtant, son obsession était demeurée intacte. Alors, Eliz'yan s’était mise en quête d’un ouvrage, un seul ouvrage relatant l'ancienne époque qui avait été la sienne. Celle d'une Jane dans un monde possédé par le fanatisme. Dans une volonté masochiste d'y voir plus claire sur le monstre qu'elle était devenue, l'Hellraiser s'était mise en chasse de quelques pages noircies qui l'auraient guidée sur les pas d'une rédemption factice.

De mains en billets, de bouches à oreilles, elle avait finalement trouvé un collectionneur qui avait bien voulut lui céder un petit manuel d'histoire. La vieille paperasse jaunit avait abrité des mots qu'elle n'avait pu assumer sur l'instant. Ainsi, Eliz’yan l'avait dissimulé à la vue de tous et surtout à la sienne. Pendant des mois, elle n'y avait plus touché, et n’y avait plus songé. Pensant son obsession passée de vie à trépas, Jane avait simplement continué son semblant d'existence. Fantomatique, reflet déformé de celle qu'elle fût jadis, elle s'était faite à l'idée que le monstre façonné dans le feu méprisant du fanatisme avait pris le dessus sur l'innocente curiosité qu'elle avait incarnée malgré elle. Elle s'était faite à l'idée qu'elle n'était plus vraiment Jane. Qu'elle portait un nom fabriqué de toute pièce, pour dissimuler ses racines lacérées par les souvenirs.
Et puis, un matin pas fait comme un autre, la Brune s'était arrêtée sur son monstre intérieur. Ce monstre, elle l'avait trouvé immonde, déformé par ses propres méfaits, alimenté par ses envies et pulsions destructrices. Baignée dans son réalisme, elle avait tout fait pour l'accepter, comme la veille et l'avant-veille et pourtant.. Un besoin de retrouver ses racines fantômes s'était manifesté. Telle une faim, un besoin vorace, Eliz’ avait retrouvé son obsession masochiste, son envie de lire quelques lignes sur son histoire. Leur histoire. Pour se souvenir, pour ne jamais oublier. Elle avait envie de voir ce que ce monde nécrosé pensait de leur vie.
Alors, elle avait emmené ce livre dans son sac et était partie ouvrir les portes de sa boutique aux milles et un grigri. Là-bas, elle n'avait pas vraiment eu le temps de s'arrêter sur le vieil ouvrage, et son instinct de conservation perçut cela d'un bon œil. Et puis, il y eu cet instant de vide.

Plus une âme qui vive.
Et le silence, juste le silence.

Elle s'était retrouvée face à elle-même au milieu de ses bibelots plein de superstitions, ses poupées aux mille visages, et ses ingrédients à la force toute surnaturelle.. Et Eliz'yan s'était sentie au pied du mur métaphoriquement parlant. Le livre posé dans un coin lui avait lancé un appel silencieux. Un cri inaudible, une envie cruelle et elle avait finalement attrapé la couverture élimée pour découvrir la première de couverture puis la préface.
Elle ne s'y était pas vraiment intéressé jusqu'à tomber sur la table des matières qui l'avait mené jusqu'à ce chapitre tant convoité. Tournant les pages avec une rage à peine continue, elle s'était arrêtée, voire figée, face au titre donné. Les sorcières de Samlesbury. Son souffle coupé, son cœur s'affolant dans sa poitrine traduisait cet éveil d'outre-tombe d'une pauvre fille brulée vive pour ses pêchés. Parlait-il de son époux ? Et de ses enfants sacrifiés ? Oh.. Et ses sœurs.

L'index caressant les lettres ternes, elle s'arrêtait longuement sur les mots qu'elle lisait encore et encore. Elle aurait pu continuer longtemps, tristement contemplative, si le bruit de la porte ne l'avait pas arraché à sa mélancolie brutale. Le livre avait été refermé lentement tandis que son regard émeraude s'était redressé vers la silhouette émergeant depuis l'encadrement à la lumière presque trop blafarde.

Le livre posé dans un claquement discret, Eliz'yan s'était avancée d'un pas pour observer davantage encore les contours de cette silhouette masculine. Rapidement, l’Hellraiser se lança dans une observation minutieuse des traits de son nouveau venu. Peu de temps, il lui avait fallu si peu de temps pour le reconnaitre qu'elle s'était soudainement ressaisit. Jane s'en était alors allée dans son tombeau aux milles souvenirs afin de laisser place au monstre que lui rappelait son visiteur impromptu. Lui, il avait été le sang et la douleur, la beauté masochiste et la laideur sadique dans un enfer au décor apocalyptique.

Pinçant les lèvres, elle s'était décidée au bout d'une minute ou deux à sortir de son immobilisme. Un claquement de talon contre le sol carrelé et elle trahissait sa présence. Il devait lui en vouloir à mort, elle s'en doutait. Un autre pas était enchainé jusqu'à ce qu'elle se juge bien assez proche pour être perceptible et bien assez loin pour éviter qu'il lui saute à la gorge. Elle l'avait laissé derrière elle, il allait vouloir la tuer.. C'était légitime. Et pourtant, il s'en était sorti, son acolyte d'enfer, son monstre à l'âme lacéré. Elle se souvenait avoir révélé en lui la laideur endormie dans les recoins les plus reculés de sa psyché. Elle avait réveillé tout son potentiel, et aujourd'hui, elle se demandait ce qu'il avait pu en faire. Ici, dans ce monde désenchanté.

« Emile. » Qu'elle lui soufflait dans un sourire serein. C'était presque déplacé, tant elle semblait apaisée, tant elle semblait être vide de remords en parcourant ses traits de son regard émeraudes. « Tu es bien la dernière personne que je pensais voir dans cet endroit. » Elle se rapprochait d'un pas en dégageant une longue mèche brune sur le côté. Ses prunelles l’analysaient sans aucune pudeur, cherchant la faille comme elle avait pu le faire jadis. Elle cherchait à comprendre alors que leurs retrouvailles n'étaient vieilles que de quelques secondes. « Je vois que tu as réussis à t'échapper de.. Là-bas. » Elle refusait de le nommer cet Enfer. Son timbre avait souffert d'une inclinaison singulière à sa mention voilée. « Que viens-tu chercher ici ? Je pensais n'avoir rien à t'apprendre dans ce domaine .. » Elle joignait le geste à la parole en désignant les grimoires pour spécifier sa pensée. « Et il me semble que dans un autre domaine, tu n’as aucunement besoin de maitre, plus maintenant du moins. » Elle lui rappelait le bon vieux temps, sans sourciller, sans hésiter.


code réalisé par ellaenys // merci de ne pas réutiliser ♥

_________________
wicked mind
It lies in all of us. Sleeping, waiting, and though unwanted, unbidden, it will stir.. Open its jaws and howl. It speaks to us.. Guides us. Passion rules us all. And we obey. What other choice do we have ? Passion is the source of our finest moments. The joy of love, the clarity of hatred, the ecstasy of grief. It hurts sometimes more than we can bear. ↯ BTVS.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5010-for-breaking-and-for-pain En ligne

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2667
↳ Points : 197
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2015
↳ Age : 27
↳ Avatar : Eddie Redmayne
↳ Age du Personnage : 33 ans (254 ans)
↳ Métier : Ancien journaliste ; Prostitué
↳ Opinion Politique : Anarchiste anti-Gouvernement
↳ Playlist : Les anarchitectures – Autour de mois les fous - Les Infidèles - Que tout est noir, Saez ϟ Trouble, Halsey ϟ Mr . Brightside, The Killers ϟ One Last Song, Demon Hunter ϟ Ghostcity, Thomas Azier ϟ Shine, Years & Years ϟ Bad Blood, Bastille ϟ Children Of The Revolution, T. Rex ϟ Territorial Pissings, Nirvana

↳ Citation : « People should not be afraid of their governments. Governments should be afraid of their people »
↳ Multicomptes : Leslie MacLean
↳ Couleur RP : #f34c4c



les petits papiers
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Beyond The Realms Of Death (.Eliz)   Mer 23 Aoû - 16:43


Absorbé dans les mots, les lèvres bougent sans pourtant prononcer le moindre mot. Incantation mystique sous un aspect différent de celui qu’il a pu apprendre à maîtriser mais dont le sens lui est connu. Dans le silence, le mage déchu renoue avec l’ancien pouvoir ayant rugit dans ses veines pendant la plus grande partie de sa vie. A mesure que ses doigts parcourent les lignes, il se perd plus avant dans ce passé révolu, espère et guette. Ces vibrations salvatrices qui accompagnaient chaque formule, le frémissement contre sa peau à mesure que le pouvoir arraché des éléments se concentrait dans les méandres de son être, canalisé pour mieux en ressortir et accabler le reste du monde d’une puissance étrangère et bien souvent redoutée. Créature du diable, aliéné, possédé par le mal et juste bon à périr pour des méfaits dépassant l’entendement, se sentir différent, unique et pourtant commun à tous ceux partageant son essence. Nul relent de magie dans ses veines, le corps reste de marbre. Une armure vide, dénuée de son essence, à peine un sanctuaire pour un cœur à l’agonie. Lui aussi reste sourd aux appels de l’esprit. A ce besoin déroutant de s’accrocher tel un marin en pleine tempête aux récifs de ce qu’il a été. De voir ressurgir du rien ce qui lui manque cruellement. Perdu entre les lignes et les schémas occultes, le français se coupe de son environnement, oublie qu’il n’est pas seul sous la protection de sa demeure mais bien dans un lieu susceptible d’abriter d’autres âmes que la sienne. Sans même le réaliser, il retient son souffle comme pour éviter tout mouvement trop brusque, le soubresaut qui briserait le sortilège. Perdition d’une psyché dérangée, le morceau d’âme qui lui a été sauvagement arraché ne lui sera pas rendu au détour d’un ouvrage trouvé sur un quelconque présentoir. Il le sait, tout au fond de lui, que revenir en arrière est une ineptie, mais borné, Regan s’enlise dans l’illusion et persiste. Signe sa déroute et s’échine.

Un sursaut agite la carcasse figée, en écho au claquement sur le carreau. Violemment ramené à la réalité du monde, le français cille, la lumière entrant dans la pièce lui brûlant les rétines trop longtemps restées à contempler le jaune terne de la page vieillie. Les poumons se remplissent d’air dans une inspiration hasardeuse et il commence à percevoir la présence dans son dos. Chimère oscillant entre le fantasme et le réel, déroute régnant encore en maître dans son esprit il s’oblige pourtant à refermer doucement l’ouvrage. A contrecœur, comme si le charme allait finir par s’extirper des pages pour se fondre dans sa chair. Le silence morne dans sa poitrine s’effrite et le piteux palpitant s’affole malgré lui. C’est un bout de France qui vient caresser ses oreilles. Véritable identité soufflée dans le calme du lieu, roule sur les accents d’une autre langue. Ce prénom qu’il n’a plus entendu depuis ce qui lui paraît une éternité. Ce patronyme qui semble alors appartenir à un autre que lui. Peu sont ceux qui ont connu cet homme. Ménage dans les ruines de sa damnation, l’identité de l’apparition ne tarde pas à venir s’accrocher à son esprit. Pupille sombre sous les assauts du souvenir, de ce qu’elle a su éveiller en lui. Cet instinct sale, le sadisme dans sa beauté morbide. Ce qu’il renie encore parfois, lorsque la violence anarchiste lui semble aussi atroce que les rênes d’acier du Gouvernement fracassant les dents de ces pauvres âmes en déroute.

Les lèvres se plissent en un rictus amer alors qu’il s’efforce à faire lentement volte-face et affronter son ancienne alliée de l’horreur. Silhouette apprise par cœur au milieu de leur néant commun, il en ressent des frissons d’un savant mélange de haine, de répulsion et de contentement. Déchiré entre un tumulte de contradiction, le résistant se redresse, la main toujours posée contre la couverture rêche du livre. « - Jane, je te retourne la surprise. Je ne pensais plus te revoir. » Lâche-t-il dans un soupir fielleux, crache avec une douceur factice le premier relent de rancœur qui s’accroche à sa langue. Trahi par l’égoïsme de celle qu’il jugeait être une alliée. L’abandon par crainte de perdre l’occasion de se sortir de leur Enfer. Sans sourciller, le rouquin se plie à l’analyse des prunelles inquisitrices, s’enlise dans le même exercice sans faire preuve d’un semblant de réserve. Stade dépassé depuis longtemps entre eux, liés par le sang et les atrocités commises d’un seul battement de cœur.

« - Et je te ne remercie pas pour ton aide. Tu imaginais vraiment que tu serais la seule à pouvoir t’extirper de notre Enfer ? » Le reproche roule sur la langue, la voix vibrant d’un relent de haine qu’il ne parvient pas à contenir, celle qui s’accroche à ses rétines et les fait briller d’une lueur malsaine. Haussement d’épaule désinvolte face à la question, Regan qui ne sait plus vraiment ce qu’il venait chercher ici. Hormis de la désillusion et une douleur supplémentaire à apposer sur toutes celles l’écrasant déjà. « - On m’a laissé entendre que les non-initiés pouvaient se prendre pour des mages le temps de quelques séances de mysticisme obscur. Je me suis senti curieux de découvrir cette autre forme de magie. » Souffrance dans les mots, celle qu’il s’efforce de masquer. Pour ne pas laisser à son ancienne alliée l’occasion devoir qu’il est brisé. « - Ce talent appartient à une autre époque. Abandonné par son maître, l’élève a préféré oublier ses leçons. » Qu’il souffle, moqueur. L’ébauche d’un cynisme sur son sourire, le résistant s’autorise à avancer d’un pas en direction de la démone.

« - Cette nouvelle vie te réussit, Jane. Tu n’as en rien perdu cette aura qui t’allait bien si bien dans les géhennes. Tu es venue ici dans l’espoir de trouver de quoi contrer les méfaits du temps ? Ou bien un sortilège pour t’offrir un semblant de loyauté ? » Il s’en mordrait la langue s’il en était seulement capable. Mots et pensées s’accordent et se crachent dans des soupirs amers. L’allié blessé toise et écrase d’un regard sombre et pourtant brisé la jolie brune.

_________________
❝ Naufragé dans la nuit



On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3400-les-anarchitectu http://www.mercy-in-darkness.org/t4057-regan-bleu-blanc-sang

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 378
↳ Points : 349
↳ Arrivé depuis le : 25/07/2017
↳ Age : 31
↳ Avatar : Kate Beckinsale.
↳ Age du Personnage : 444 ans (âge réel) ↯ 39 ans (en apparence).
↳ Métier : Propriétaire du Voodoo Museum.
↳ Opinion Politique : Opportuniste. ↯ Elle va où l'intérêt la porte.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 1 (ensemble) ↯ Niveau 2 (manipulation des émotions) ↯ Niveau 3 (influence sanguine)
↳ Playlist : TWO STEPS FROM HELL ↯ new machine | PANIC ! AT THE DISCO ↯ house of memories | 30 SECONDS TO MARS ↯ end of all days | AFI ↯ miss murder | APOCALYPTICA ↯ en vie | BREAKING BENJAMIN ↯ dance with the devil | SIXX:A.M ↯ this is gonna hurt | SIXX:A.M ↯ prayers for the damned | THE FRAY ↯ heartless | HURTS ↯ somebody to die for | RED ↯ still alive | BREAKING BENJAMIN ↯ diary of jane.
↳ Citation : “ Give them pleasure. The same pleasure they have when they wake up from a nightmare. ” ↯ Alfred Hitchcock.
↳ Multicomptes : Moïra S. Everett.
↳ Couleur RP : crimson.



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS ↯ avatar & code signature.
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Beyond The Realms Of Death (.Eliz)   Jeu 7 Sep - 18:16

Beyond The Realms Of Death

ft. regan & eliz'yan  

Dans ce nouveau monde qui s'était offert à elle, Jane avait tenté d'oublier. D'effacer les marques de sa mort, d'avoir laissé de côté ses attraits les plus obscurs, mais finalement, ils l'avaient rattrapé. Parce qu'on ne pouvait échapper à son passé, à ce que le temps avait fait de nous. Selon la Possédée, le passé forgeait le présent et dessinait les contours de l'avenir. Les choix se faisaient en connaissance de cause, alimentés par les expériences vécues et parfois endurées. Ainsi était-elle devenue un monstre au fil des années puis des siècles. L'Erudit en quête de connaissance, de savoir, d'inconnu était devenue un être à l'égoïsme sans limite.

Depuis trop longtemps, depuis qu'elle les avait tous perdu, la Loyauté ne faisait plus parti de son vocabulaire. Et quiconque en venait à la fréquenter se saisissait rapidement de cet aspect caractériel de l'Anglaise. Elle n'était pas de ceux en qui ont pouvait avoir confiance. Emile avait été une de ses victimes. Dans l'horreur, il s'était accoutumé à sa violence aussi physique et moral jusqu'à ce qu'il révèle l'immonde vérité dissimulée sous la bienséance factice. Là-bas, dans leur Enfer, un voile avait été levé pour le Français, ce qui avait été un véritable régal pour Jane. Elle avait appris à apprécier sa compagnie, elle s'était nourrit de son imagination ainsi que de ses ambitions.

Dans l'immonde puanteur d'un monde décrépit, il aurait pu être un confident. Et en d'autres circonstances, il aurait pu être un ami à qui elle aurait juré fidélité. Cependant, la dureté de leur univers avait forcé Eliz'yan à demeurer dans sa bulle paradoxale, à la fois autodestructrice et tout autant conservatrice d'égoïsme. Parfois, oui, il avait pu entrevoir autre chose que le monstre qu'elle montrait à tous et à chacun. Parfois, il avait pu apercevoir cette jeune femme meurtrie par les feux de l'extrémisme et de l'enfer. Et surement que cela avait créé une brèche, un doute palpable, voir raisonnable. Cette brèche, dans le fond, était surement ce qui pouvait alimenter la rancœur d'Emile. Quelle autre explication pouvait-il y avoir ? Qu'elle se disait intérieurement. S'abimant dans ses pensées, elle s'était laissée à une observation minutieuse de son vis-à-vis en l'entendant prononcer son prénom.

Ce prénom, elle l'avait conservé mais ne laissait plus grand monde le prononcer. Il était une marque de son passé, un souvenir de ce qu'elle avait été et n’était plus aujourd’hui. Et l'entendre, lui, le prononcer, faisait naitre un sentiment douloureux chez l’Anglaise. Pourtant, Eliz'yan dissimulait tout cela derrière un sourire faiblard, mi-figue, mi-raisin. « Je suis tout de même ravie de te voir. » Son murmure était en totale contradiction avec cette rancœur qu'il lui renvoyait au visage. La raison de la Brune lui faisait pleinement reconnaitre ses torts. Elle avait toujours assumé être une femme forgée dans les miasmes de l'égoïsme.

Haussant pendant un instant les épaules à son second pic, elle finissait par croiser les bras en faisant quelques pas dans la boutique. Le bruit de ses talons ponctuait son propre silence, illustrant son instant de réflexion. Dans le fond, sa réponse était toute trouvée, parce qu'elle avait conscience d'une chose qu'Emile ne semblait pas réaliser. « Au contraire. Je savais que tu t'en sortirais sans moi, parce que tu as survécu à la folie des feux de l'Enfer. » C'était une bien douce métaphore, presque poétique. Parce que les feux, c'était elle qui les avait allumés pour le Français. « Tu peux m'en vouloir autant que cela te chante, tu sais très bien que je suis de celle à assumer leur monstre intérieur. » Ses pas continuaient à glisser contre le sol, l'amenant à rôder autour d'Emile, elle s'arrêtait dans son dos afin d'amener un murmure à son oreille. « Cette détermination, forgée dans la douleur, elle t'a permise de ne jamais renoncer et de t'échapper. » Elle le contournait finalement afin de venir lui faire face, armée d'un sourire tranquille. « Je savais. Je savais que tu allais t'échapper.. Tu n'avais pas besoin de ma main tendue. » Et surtout, elle n'était pas de ceux à tendre la main. Il le savait. Le monde de Jane était ainsi fait.

Le tsunami de rancœur qu'elle percevait dans le regard d'Emile et qui transparaissait dans ses paroles, laissait place à un doute pour Jane et une douleur pour le Français. Pendant quelques secondes, l'Anglaise se figeait, observait et ne commentait pas. Elle lui en avait bien assez fait subir pour lui offrir un méprit aussi banal en réponse à sa souffrance. Au fond d'elle, Jane ne pouvait encore le reconnaitre, mais son acolyte de l'Horreur avait été un semblant d'ami, malgré tout ce qu'elle pouvait en dire. Ainsi, elle choisit de ne pas se nourrir de son mal-être, bien qu'il ne tardât pas à l'intriguer.

« Pourquoi ? » Cette simple question était presque brusque. Brutale. Et pourtant, elle résumait bien les interrogations qui tourbillonnait au sein de la psyché de la Maudite. « Tu ne l'as pas retrouvé ? Ou l'as-tu perdue ? » L'espace d'un instant, elle présentait sur un plateau d'argent le doute. Le doute quant à son tempérament terrible en semblant concernée. Fronçant les sourcils, elle se ressaisissait aussitôt en laissant un sourire arquer le coin de ses lèvres. « Tu ne peux retourner en arrière, Emile. Vivre avec ce que tu es devenu est la meilleure chose à faire. D'autant plus qu'oublier serait gâcher tes talents, dans ton cas. » L'amusement répondait au cynisme, la moquerie glissait. Jane prenait bien assez de hauteur pour laisser, sur l'instant, les accusations l'accabler.

S'appuyant contre une vitrine de verre, elle décroisait les bras en observant ce pas fait dans sa direction. Et lorsque l'Ancien Sorcier se permettait de l'analyser, elle coulait son attention vers le reflet faiblard que la vitre lui renvoyait. Mh. Malgré toute la rationalisation dont elle était capable, Eliz'yan était nourrit par un doute perpétuel. Un doute qu'elle gardait profondément enfouit en elle. Cependant, sur ses traits, elle laissa passer malgré elle une ombre qu'elle eut vite fait d'effacer au profit d'une expression volontairement détachée et amusée.

Elle le savait. Elle savait que quelque chose clochait. Mais cela ne pouvait être que sa punition ultime pour ses crimes. S'extirpant de ses pensées, l'Anglaise haussait finalement un sourcil en reportant ses prunelles émeraudes sur son vis-à-vis. « Ah le temps.. Peut-on vraiment se sentir concerné par ses méfaits après avoir survécu à la mort ? » Le sourire revenait sur ses lèvres alors que la perplexité s'échappait de ses traits. « Je préfère mon instinct de survie à la loyauté. » Tendant une main vers Emile, elle effleurait son menton de son pouce et son index. « Moi qui pensait que tu me connaissais mieux que cela, Emile. Un monstre se cache derrière mon sourire, et bientôt, il aura dévoré ce qui me reste d'humanité. Ne perds jamais ton temps à placer ta confiance dans les êtres fait du même bois que moi. » Sa main retombait lentement alors que Jane avait pleinement conscience que dans ses paroles se dissimulaient un doute teinté d'inquiétude. Allait-elle finir dévorée par le monstre qu'elle devenait jour après jour ? C'était bien possible. Et même si la Brune se préparait à cette éventualité, elle n'était néanmoins pas prêtre à vivre sans l'ombre d'une conscience. Elle n'avait pas envie de franchir cette limite entre la Femme et le Monstre.

code réalisé par ellaenys // merci de ne pas réutiliser ♥

_________________
wicked mind
It lies in all of us. Sleeping, waiting, and though unwanted, unbidden, it will stir.. Open its jaws and howl. It speaks to us.. Guides us. Passion rules us all. And we obey. What other choice do we have ? Passion is the source of our finest moments. The joy of love, the clarity of hatred, the ecstasy of grief. It hurts sometimes more than we can bear. ↯ BTVS.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5010-for-breaking-and-for-pain En ligne

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2667
↳ Points : 197
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2015
↳ Age : 27
↳ Avatar : Eddie Redmayne
↳ Age du Personnage : 33 ans (254 ans)
↳ Métier : Ancien journaliste ; Prostitué
↳ Opinion Politique : Anarchiste anti-Gouvernement
↳ Playlist : Les anarchitectures – Autour de mois les fous - Les Infidèles - Que tout est noir, Saez ϟ Trouble, Halsey ϟ Mr . Brightside, The Killers ϟ One Last Song, Demon Hunter ϟ Ghostcity, Thomas Azier ϟ Shine, Years & Years ϟ Bad Blood, Bastille ϟ Children Of The Revolution, T. Rex ϟ Territorial Pissings, Nirvana

↳ Citation : « People should not be afraid of their governments. Governments should be afraid of their people »
↳ Multicomptes : Leslie MacLean
↳ Couleur RP : #f34c4c



les petits papiers
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Beyond The Realms Of Death (.Eliz)   Dim 17 Sep - 20:37


Echo horrifique d’un temps qui se croyait révolu. Rejeté dans les méandres d’une existence perdue de vue depuis des lustres au point de s’être enlisée sous la poussière. Ce que l’esprit s’est efforcé d’ignorer pour ne pas sombrer à nouveau, lâchant de temps à autre des brides de ces ténèbres écorchées dans les veines du Français, comme une dose quotidienne pour lui permettre d’avancer sans trébucher. Certitude d’un fou pourtant, il sait qu’il est inutile de renier ce qui compose les fibres même d’un être. Forgé dans son entier par les méfaits et la malice humaine, apprenant les rouages du mal à force de trop le côtoyer, il a vu sa pureté se faire déchiqueter par l’ignominie de ses semblables qu’il s’est mis à abhorrer avant même d’être capable de comprendre le sens du mot. Dans son armure faite de vide, les cendres ne cessent de voleter au gré de ses humeurs. S’échauffent lorsque le sang ne fait qu’un tour et que l’anarchie s’élève dans sa poitrine faite d’un acier fragile et prompt à s’enflammer pour les causes qu’il juge juste. Il s’est perdu, Regan, dans les méandres de sa propre douleur. Se targe sans honte de la dominer et de ne plus l’éprouver, s’aveugle et se cache du pire. Parce qu’il sait, que cette part infâme de lui est toujours présente. Rose lui a offert à nouveau la stabilité dont il avait besoin après ces années de damnation. Depuis qu’elle n’est plus à ses côtés pour l’apaiser il s’efforce néanmoins, de maintenir ce contrôle qu’elle a exercé sur lui. Dans l’insolence de sa solitude, un pansement qui endigue la chute totale de l’esprit et maintient le cœur en place quand il se serait déjà effondré depuis longtemps.

Les paroles de son ancien bourreau lui arrachent des sourires amers. Relents de haine luttent contre les braises nichées entre ses reins. Cette folie sale que la brune exacerbe dans son être, ce qu’elle a su sublimer sous ses élans de sadisme pur. Il la détester pour ça, le fait encore mais une infime part de lui éprouve de la reconnaissance envers cette alliée incongrue qui lui a froidement offert de quoi supporter les supplices des géhennes. « - C’est ce que tu te racontes pour parvenir à fermer l’œil ? » L’acerbe s’arrache d’entre ses dents serrés. Raillerie froide à la dureté de glace, les pupilles accablent et écrasent de tous les tourments qui le dévorent. « - Savoir n’était pas une donnée suffisante pour juger de l’issue. Tu savais surtout que tu ne ferais rien, jamais, qu’une sortie vienne se coller devant ta figure ou que je me retrouve en fâcheuse posture et implore ton aide. » Il a de l’amertume sur la langue, la raclure du ressentiment dans le timbre, comme un flot intarissable qui ne demande qu’à se déverser aux pieds du démon. Se sentir proie face au prédateur qui entregent de jauger sa victime. Tourne autour du résistant jusqu’à faire se tarir son souffle dans sa poitrine, suspendu dans sa course pour maintenir l’équilibre branlant d’un calme en peau de chagrin. « - Ton égoïsme est aussi reluisant que ta capacité à assumer les côtés les plus noirs de sa charmante personne. » Souffle-t-il lorsqu’elle revient lui faire face. Peinture peu reluisante d’une créature qu’il a appris à connaître et il pensait  y parvenir au moins jusque dans les couches supérieures de son portrait noircit par l’infamie.

Incrédule arrache un spasme amer à la carcasse brisé. Un élan de rage folle qu’il s’efforce de maîtriser, d’étouffer dans l’étau de ses bras qui viennent se croiser contre son torse. Dans un battement de paupières, l’éclipse du réel s’invite et déverse devant sa vision le carnage mérité. Bris de verre, ouvrages éparpillés sur le sol dallé et la divine figure mutilée dans les cristaux de la vitrine la plus proche. Sang putride en unique couleur dans sa vision altérée, le cœur hurle contre les côtes, battements effrénés d’une symphonie morbide. L’emprise du tyran reste inchangée, malsaine et enivrante au point de faire trébucher le résistant contre le précipice de sa propre déraison. Perdu dans les délires de son esprit brisé, il se crache contre les récifs du présent, revient dans la conversation dans une inspiration fébrile et les pupilles deviennent fuyantes le temps d’effacer les mirages du carnage de ses rétines. « - Je vis avec tellement de choses que je m’efforce d’ignorer, tu serais surprise de constater que je commence à exceller dans l’exercice. » Murmure rêche et brisé extirpé d’une gorge nouée à s’en asphyxier. La tension dans l’enveloppe n’en devient que plus pesante lorsque le contact s’invite dans leur étrange entrevue. Des frissons de répulsion brusque contre l’échine, infime impulsion de recul dans la mécanique et le regard se fait menace. « - Leçon durement apprise, je t’en remercie. J’ai depuis longtemps abandonné l’idée de faire confiance à qui que ce soit, ici ou ailleurs. » Moqueur dont la légèreté sonne aussi faux que le léger rictus venu arquer les lippes. Son prénom comme une injure, une odieuse blessure qu’elle ravive à chaque fois qu’il franchit ses lèvres. Il est persuadé qu’elle aussi a délaissé son ancienne appellation pour s’offrir une nouvelle renaissance. Curiosité déplacée, la question intrigue mais meurt contre les lèvres. De nouvelles présentations reviendraient à tout recommencer. Une nouvelle fois. « - Tu t’adresses à un fantôme, celui que tu as connu n’existe plus. J’ai pris grand soin de le détruire une fois recraché dans cette nouvelle existence. » Détruire la gêne dans un soupir et un infime pas en arrière. Défense fragile et ô combien éphémère.

« - Aussi charmant soit-il, ce monstre qui se dissimule derrière ton sourire, tu devrais t’en méfier. A lui laisser trop de liberté, il pourrait finir par se retourner contre toi. Qui sait, il pourrait se fatiguer d’être l’esclave de ta volonté et tes lubies. » Insolence peinte sur les traits, il raille et crache sur qu’ils ont été l’un pour l’autre. S’improvise oiseau de mauvais augure bien loin de se douter du véritable sens de ces paroles. Mortel incapable de percevoir l’essence différente qui rugit dans les veines de Jane. Celle qu’il a si stupidement perdue. « - Je doute cependant que les êtres dénués de conscience et d’un tant soit peu de bon sens soient aussi à leur aise ici qu’en Enfer. » Hausse les épaules sous l’influence d’une désinvolture morne. Les nouveaux monstres de ce monde chaotique se feront un plaisir de dévorer les âmes fractionnées comme les leurs. Ce n’est qu’une question de temps. Elans de sadisme et de violence sublimés par les Enfers, révoqués et méprisé à présent lorsqu’ils ne servent pas le bon maître. Pendant une infime seconde, le résistant oublie sa haine à l’encontre de la brune, la fait à nouveau basculer vers son seul et unique ennemi, ce gouvernement qu’il exècre.

_________________
❝ Naufragé dans la nuit



On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3400-les-anarchitectu http://www.mercy-in-darkness.org/t4057-regan-bleu-blanc-sang

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 378
↳ Points : 349
↳ Arrivé depuis le : 25/07/2017
↳ Age : 31
↳ Avatar : Kate Beckinsale.
↳ Age du Personnage : 444 ans (âge réel) ↯ 39 ans (en apparence).
↳ Métier : Propriétaire du Voodoo Museum.
↳ Opinion Politique : Opportuniste. ↯ Elle va où l'intérêt la porte.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 1 (ensemble) ↯ Niveau 2 (manipulation des émotions) ↯ Niveau 3 (influence sanguine)
↳ Playlist : TWO STEPS FROM HELL ↯ new machine | PANIC ! AT THE DISCO ↯ house of memories | 30 SECONDS TO MARS ↯ end of all days | AFI ↯ miss murder | APOCALYPTICA ↯ en vie | BREAKING BENJAMIN ↯ dance with the devil | SIXX:A.M ↯ this is gonna hurt | SIXX:A.M ↯ prayers for the damned | THE FRAY ↯ heartless | HURTS ↯ somebody to die for | RED ↯ still alive | BREAKING BENJAMIN ↯ diary of jane.
↳ Citation : “ Give them pleasure. The same pleasure they have when they wake up from a nightmare. ” ↯ Alfred Hitchcock.
↳ Multicomptes : Moïra S. Everett.
↳ Couleur RP : crimson.



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS ↯ avatar & code signature.
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Beyond The Realms Of Death (.Eliz)   Jeu 21 Sep - 3:16

Beyond The Realms Of Death

ft. regan & eliz'yan  

Au royaume des Damnés, Eliz'yan avait été un cauchemar pour bien des Êtres. Tyran de la douleur et Reine du sacrifice, elle avait œuvré pour sa survie et son plaisir sadique au nom de cette fin qui était venue la cueillir sur un bûché. On aurait pu excuser ses penchants, s'ils n'avaient pas été alimentés par sa propre déchéance, s'ils avaient été l'œuvre du démon qui rampait sous sa chair. Mais non.. Non, l'Anglaise n'avait eu aucune excuse et n'avait jamais demandé la rédemption. Elle se targuait d'assumer ses méfaits et face à Emile, cela était prouvé avec presque trop de simplicité. Dans le fond, elle aurait pu regretter ce qu'elle lui avait fait subir, cependant, elle n'y parvenait pas. Parce que c'était en faisant naitre Son Monstre qu'un véritable lien s'était créé entre eux.
Eliz'yan aurait pu le conserver si son besoin de survie n'avait pas supplanté leur relation infernale. Cependant, on ne pouvait la changer, parce qu'elle ne le souhaitait pas. Se jugeant irrécupérable, elle s'était elle-même enfermée dans un cercle vicieux. Le sadisme était devenu son mantra, alors que bien souvent, ses actes finissaient par la faire souffrir. Loin de connaitre les plaisirs masochistes, elle serrait les dents et s'accrochait aux bons souvenirs afin d'avancer.

Elle aurait pu apaiser sa fureur, elle aurait pu avouer sa faute et faire montre de regret. Mais l'un comme l'autre avait conscience que tout cela ne serait que mensonge. Jane se résignait à ne pas l'offenser d'avantage, il ne méritait pas cela. Alors, face aux relents d'amertume qu'il lui envoyait à travers des mots, elle gardait les lèvres closes et une attitude sereine. Surement que cette attitude n'était pas la clé pour établir un véritable dialogue, mais la Damnée avait conscience qu'il était en capacité de lui survivre. Il l'avait déjà fait une fois.

S'arrachant à son mutisme, elle finissait par venir lui répondre, à cette première raillerie, presque trop froide pour être véritablement douloureuse. N'avait-il pas compris depuis le temps ? « Je n'ai plus besoin de me raconter d'histoires pour trouver le sommeil. » C'était une dure réalité pour Eliz'yan, parce que dans le fond, ses cauchemars étaient entachés par des actes plus immondes que ses tortures infernales. Son péché originel était bien plus puissant que tout ce qu'elle avait vécu ensuite.. Du moins, selon elle. « Tu n'aurais jamais imploré mon aide, jamais. Tu avais pleinement conscience que là-bas, la survie prévalait sur tout le reste. Alors pourquoi m'en veux-tu autant ? Parce que je ne suis pas une menteuse sentimentale, qui a abandonné ses préceptes élémentaires pour te sauver ? Tu t'es sauvé par toi-même, tu n'avais pas besoin de moi. Je suis peut-être une garce sadique et sanguinaire, mais je n'en demeure pas moins fidèle à mon propre code de conduite. » C'était surement la seule chose à laquelle elle était fidèle, à présent. Un semblant d'agacement colorait son timbre alors qu'elle laissait les mots s'échapper. D'ailleurs, elle ne retenait pas ce sourire alors qu'elle haussait les épaules. « Au moins, je suis charmante.. » Ah. C'était une manière comme une autre de voir les choses, pensait-elle aussi rapidement qu'elle avait pu laisser échapper ses mots. Sa langue claquait contre son palais alors qu'elle finissait par enchainer. « Au demeurant, mon égoïsme me permet de survivre et de ne pas me laisser détruire par autrui. Peux-tu en dire autant ? »

La confrontation, elle était certaine qu'il cherchait la confrontation, à la sortie de ses gonds. Mais elle n'avait pas envie de réagir.. Pourtant, les mots acérés et les pics avaient passés la frontière de ses lèvres. Plissant les yeux, ses iris émeraudes dardaient minutieusement l'attitude de son vis-à-vis alors que finalement elle percevait cet instant fugace où il vacillait. Elle lui avait déjà demandé ce qui n'allait pas. Il se dérobait à son interrogation. Il n'avait pas envie de lui répondre parce qu'elle n'inspirait pas confiance.. Et cela se comprenait amplement, cependant son visage signait à la négative alors qu'elle finissait par reprendre après son murmure. « Mensonge. Je pourrais mettre ma main au feu que tu te fais bouffer par tes démons intérieurs.. Ce n'est pas en fermant les yeux qu'ils vont disparaitre. » Alors même que l'instant d'après, il reculait à son avancée, elle laissait retomber sa main afin de la glisser le long de sa hanche. « Si tu le dis. Tu as peut-être abandonné l'idée, mais tu es bien prompt à venir me reprocher de ne pas t'avoir offert ma confiance. Qu'en aurais-tu fait avec le temps ? L'aurais-tu finalement ignoré comme tes démons que tu te vois incapable d'assumer, parce qu'elle était le symbole de tes méfaits ? Mh. » Eliz'yan regrettait soudainement cet ami, cet acolyte qu'elle avait connu dans les Géhennes. Il lui manquait. Il était bien loin de celui qui lui faisait face. C'était presque inacceptable.

« Ah. » Un fantôme. Emile était un fantôme. Non, elle n'y croyait pas. L'Anglaise était de ceux à penser qu'on ne pouvait changer. « Pour sûr, j'ai la sensation de me retrouver face à un fantôme. Cela est bien regrettable. A quoi bon survivre à la mort pour ne même pas vivre véritablement ? » C'était là une autre vérité qui s'échappait de ses pensées alors qu'elle contournait Regan afin de faire quelques pas dans la boutique. Les nouvelles paroles du Français avaient la saveur de prophétie sur la langue de Jane alors qu'elle s'arrêtait et prenait le temps de s'abimer au creux de ses pensées. « Qui sait. Ma volonté et mes lubies sont siennes, jusqu'à présent. Peut-être que cela n'est qu'un paradis éphémère teinté de rouge, mais au moins, cela en est un. Et s'il sonne le glas de mon existence, alors je pourrais me targuer d'avoir bien vécu. Ou d'avoir simplement vécu. Après tout, tu le sais mieux que personne, des êtres comme nous ne méritent pas la rédemption. Nous sommes des damnés, alors.. A quoi bon rejeter ce qu'est devenu notre nature ? Autant l'assumer et vivre pleinement.. Autant vivre jusqu'à en crever. » Dos à Emile, elle esquissait un sourire qui trahissait un trouble qu'elle ne voulait laisser voir à personne. Elle savait que son chemin était celui des damnés.. Jane avait conscience que dans le fond, son instinct finirait par la trahir un beau jour et que son âme serait consumée dans le processus. Parce que quelque chose n'allait pas chez elle.. Quelque chose n'allait vraiment pas.
Tirée de ses réflexions, l'Anglaise laissait échapper un léger rire sans véritable joie alors que son visage signait à la négative. « Ce monde est pourrit jusqu'à la moelle. Au moins, on peut présager que l'Enfer est pavé de bonnes intentions, alors qu'ici.. Ils n'ont aucune excuse. Aucune. Je suis peut-être égoïste, mais eux, ils sont avides et désenchantés. » Ce monde, elle ne le portait pas dans son cœur. Des fanatiques d'une nouvelle génération peuplaient les rues d'un monde en pleine décadence.



code réalisé par ellaenys // merci de ne pas réutiliser ♥

_________________
wicked mind
It lies in all of us. Sleeping, waiting, and though unwanted, unbidden, it will stir.. Open its jaws and howl. It speaks to us.. Guides us. Passion rules us all. And we obey. What other choice do we have ? Passion is the source of our finest moments. The joy of love, the clarity of hatred, the ecstasy of grief. It hurts sometimes more than we can bear. ↯ BTVS.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5010-for-breaking-and-for-pain En ligne

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2667
↳ Points : 197
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2015
↳ Age : 27
↳ Avatar : Eddie Redmayne
↳ Age du Personnage : 33 ans (254 ans)
↳ Métier : Ancien journaliste ; Prostitué
↳ Opinion Politique : Anarchiste anti-Gouvernement
↳ Playlist : Les anarchitectures – Autour de mois les fous - Les Infidèles - Que tout est noir, Saez ϟ Trouble, Halsey ϟ Mr . Brightside, The Killers ϟ One Last Song, Demon Hunter ϟ Ghostcity, Thomas Azier ϟ Shine, Years & Years ϟ Bad Blood, Bastille ϟ Children Of The Revolution, T. Rex ϟ Territorial Pissings, Nirvana

↳ Citation : « People should not be afraid of their governments. Governments should be afraid of their people »
↳ Multicomptes : Leslie MacLean
↳ Couleur RP : #f34c4c



les petits papiers
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Beyond The Realms Of Death (.Eliz)   Jeu 28 Sep - 10:36


S’échine à corrompre, faire naître la flamme sale de l’impulsivité sadique les ayant tous deux rongés des années auparavant. Ce masque qui se brise dans une inspiration, laisse s’étendre toute la noirceur nichée dans les cœurs. Il s’efforce de la garder contenue, quelque part dans sa poitrine, de s’enliser dans l’insensible qui dicte sa conduite depuis son retour parmi les vivants. Elle est pourtant l’une des rares à éveiller ses instincts les plus sombres. Pour les avoir découverts dans les affres de l’Enfer, pour les avoir décupler et façonner à l’image de ses propres délires sadiques. Différents et semblables sous la peau, là où d’autres n’y verraient rien, ils savent. A quel point le lien entre eux peut-être ignoble et détestable. Combien il est devenu une nécessité douloureuse pour le français au fil des moments passés en sa compagnie. Jane, sa catharsis et sa Némésis, et pour cela, la part de lui vouée à l’horreur ne l’en adore que plus encore. « - Bien entendu. Quand on en est devenu le personnage central, à quoi bon continuer de s’en raconter. » Cynisme à fleur de langue, le venin nécrose la chair alors qu’un sourire amer s’appose sur les lippes ourlées de taches de rousseur. Elle s’accroche à son flegme, l’insolente qui lui refuse cette justice qu’il attend pourtant. A quoi pensait-il en venant ici ? A rien. Seulement à renouer avec son ancienne magie, d’une façon ou d’une autre, peu lui importe. Mais certainement pas à faire face à une alliée depuis longtemps considérée comme disparue, rayée de son existence morcelée.

L’irritation se peint lentement sur les traits du français, ravagés dans les rouages d’une frustration grandissante. Tension dans les muscles, le corps poussé en avant par sa soif aveugle de vengeance. Elle a raison pourtant, l’anglaise qui lui dicte ses répliques avec froideur. Nul compte à rendre, seulement la présence de l’autre dans les situations de calme. L’abandon au premier heurt. Il aurait fait de même dans leur situation, très certainement. Dérogeant à ses valeurs endommagées par la damnation, abandonnant une alliée dans les géhennes pour s’en sortir lui-même. Ce n’est que justice et pourtant, celui qu’il fut à l’époque ne cesse de lui en vouloir. Ravage les pensées au gré de ses sombres envies, Regan faisant violence à ses propres pulsions pour ne pas s’y soumettre. Mortel sans ressources face à la puissance coulant dans les veines de la brune, l’équilibre inexistant et la promesse de sang sur le carrelage. Le sien. Sans ses illusions, il n’est plus grand-chose. A peine un terroriste à la main hésitante, aux idéaux bafoués par sa propre volonté. Piteuse créature privée de toutes les pièces formant son édifice, il se disloque au gré des bourrasques qui le heurtent sans parvenir à se reconstruire comme il le souhaiterait. « - Tu parles comme si tu étais certaine de toutes ses choses. Que savais-tu de moi à ce moment-là ? Hormis que j’étais un excellent pion à torturer et un allié dans tes instants d’horreur pour peindre ton monde de la couleur du sang de ceux que nous avons détruit ? » Lâche-t-il dans un souffle amer. « - Tout est décuplé là-bas et tu le sais aussi bien que moi. Ce n’était pas nous mais seulement l’attitude naturelle qu’il fallait adopter pour rester en vie… Si tant est que cela puisse être considéré comme vivre. » La verve s’étiole dans une fragile inspiration. Justesse dans les propos, le résistant qui n’existe plus vraiment. Il erre dans le chaos de ce monde, s’achète une place en remplissant sa carcasse de rêves de liberté et de charnier. Massacre des puissants pour se sentir vibrer et effacer le vide le temps d’un battement de cils et d’un sourire victorieux.

« - Peut-être, mais je préfère tenter ma chance. Rester aveugle et me dire qu’ils finiront par s’apaiser. » Se fourvoyer sans détour, c’est encore ce qu’il sait faire de mieux à présent. « - J’aurais peut-être aimé une preuve, quelque chose qui m’aurait donné l’impression de ne pas avoir été une fois encore victime de ton esprit tordu. » Souffle-t-il après un court moment de silence. La raclure d’un étrange malaise coincée dans son timbre. A quoi bon, il n’en sait plus rien. Ses certitudes et son existence n’étaient tournées que vers une seule. Sans cette lumière dans son monde déchiré, il se sent perdu et désœuvré. « - Cette question me poursuit à chaque nouvelle journée que j’affronte. » Murmure qui se dérobe, tout comme le regard venant un instant s’abîmer contre le sol. Perte d’éclat qui se dérobe à la vue de la brune, tournant le dos à son ancien allié. « - Admirable point de vue. Avoir été condamné une fois à toutes ces horreurs ne t’as pas suffi ? La rédemption ne nous appartient pas, pas plus que cette seconde chance. Je ne rejette rien, j’apprends à exister sans laisser cette… Nature m’engloutir une nouvelle fois. Survivre serait plus juste. » Reproche dans la voix, malaise sous la peau devenant étouffant. Un soupir s’arrache, et fatigué de rester immobile, le visiteur s’autorise quelques pas dans l’antre de l’anglaise. Joue des phalanges contre les objets pouvant passer à proximité comme pour ancrer une nouvelle fois son esprit dans la véritable raison de sa présence en ce lieu intrigant.

« - Tu ne m’as pas répondu… Est-ce vrai ce que j’ai pu entendre au sujet de cet endroit ? C’est toi, qui t’improvises maîtresse de cérémonie et fais étalage de tes dons pour leur donner l‘illusion qu’ils les possèderont à leur tour s’ils se perdent dans les bouquins que tu vends ? » Regard rivé aux étrangetés pieusement gardées à l’abri des inconscients derrière leurs vitrines. Fourmillements d’espoir et de curiosité dans les doigts, chaos aortique dans la poitrine. Un battement plus fort que les autres lorsque les doigts se posent contre un flacon au contenu de couleur sombre, à peine un sursaut qui disparait aussitôt lorsque les rétines s’arrachent des reliquats, et se reposent sur Jane. « - Qu’a-t-elle de plus cette magie que celle qui fut la nôtre ? » Sourcil légèrement levé, un infime mouvement de tête en direction des objets de sa curiosité. Du passé dans la phrase, comme pour souligner ce qu’il n’est plus. Ce mystère qu’il laisse courir autour de ces supplices qui lui auront arraché les derniers morceaux de son âme. Faiblesse qui l’insupporte, à la manière d’un enfant capricieux refusant de montrer à son pire ennemi qu’il ne peut rien contre lui. Juste de l’esbroufe, dissimulée sous une banale couche d’indiscrétion.

_________________
❝ Naufragé dans la nuit



On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3400-les-anarchitectu http://www.mercy-in-darkness.org/t4057-regan-bleu-blanc-sang

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 378
↳ Points : 349
↳ Arrivé depuis le : 25/07/2017
↳ Age : 31
↳ Avatar : Kate Beckinsale.
↳ Age du Personnage : 444 ans (âge réel) ↯ 39 ans (en apparence).
↳ Métier : Propriétaire du Voodoo Museum.
↳ Opinion Politique : Opportuniste. ↯ Elle va où l'intérêt la porte.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 1 (ensemble) ↯ Niveau 2 (manipulation des émotions) ↯ Niveau 3 (influence sanguine)
↳ Playlist : TWO STEPS FROM HELL ↯ new machine | PANIC ! AT THE DISCO ↯ house of memories | 30 SECONDS TO MARS ↯ end of all days | AFI ↯ miss murder | APOCALYPTICA ↯ en vie | BREAKING BENJAMIN ↯ dance with the devil | SIXX:A.M ↯ this is gonna hurt | SIXX:A.M ↯ prayers for the damned | THE FRAY ↯ heartless | HURTS ↯ somebody to die for | RED ↯ still alive | BREAKING BENJAMIN ↯ diary of jane.
↳ Citation : “ Give them pleasure. The same pleasure they have when they wake up from a nightmare. ” ↯ Alfred Hitchcock.
↳ Multicomptes : Moïra S. Everett.
↳ Couleur RP : crimson.



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS ↯ avatar & code signature.
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Beyond The Realms Of Death (.Eliz)   Sam 7 Oct - 2:40

Beyond The Realms Of Death

ft. regan & eliz'yan  

L'Enfer, cela avait été les Autres. L'Enfer, cela avait Eux. Ils avaient commis l'impensable et pour cela, il n'y avait aucun retour en arrière possible, aucune rédemption mise en perspective. Peut-être que Jane refusait cette rédemption parce qu'elle se punissait de ses méfaits passés. Elle avait connu l'horreur et s'était élevée dans l'immonde, mais cela n'était rien en comparaison de son acte premier. La clé de voute de son édifice était demeurée caché pour Emile, malgré tout ce temps passé ensemble. Elle ne lui avait jamais livré les clés de ce coffre aux horreurs qui avait renfermé les corps sacrifiés de ses enfants. L'Ancienne Sorcière n'avait pu mettre de mots sur ce qu'elle avait fait, surtout pas pour se vanter de ses méfaits. Pas ceux-là.
Surement était-ce cet Acte-là qui avait éveillé le Monstre qu'elle était devenue là-bas. L'Anglaise ne savait plus vraiment. Cette intersection sur son chemin de vie qui avait tout fait basculer, elle ne pouvait le reconnaitre, ni même le dater. Sûrement que sa route s'était teintée de sang à force de cadavres laissés dans son sillage.. Tout ce qu'elle savait, c'était que les premières gouttes laissées dans le sable de ses souvenirs ne s'étaient jamais effacées. Elle avait tenté d'en amoindrir l'impact, cependant, elle n'y était jamais parvenue. Dans son esprit, dans ses rêves, dans ses cauchemars.. La mère déchue les entendait encore rire puis pleurer. A son oreille, la Damnée entendait encore parfois leur dernier souffle dans la plus cruelle des illusions.

A bien y regarder, Emile et Jane n'étaient que des créatures brisées par leurs méfaits. Si l'un s'échinait à survivre en se fourvoyant, l'autre s'attachait à vivre la tête haute. L'Anglaise refusait de se faire engloutir par ses démons, c'était surement pour cela qu'elle les avait dévorés en premier, quitte à se transcender en monstruosité. La Brune le reconnaissait pleinement : elle était nocive pour quiconque voulant l'approcher, tout comme elle avait pu l'être pour Emile. D'ailleurs, il avait toujours vu juste dans son jeu, surement était-ce pour cela qu'elle esquissait un sourire à la teinte désabusée lorsqu'il la blâmait d'être le personnage central de ses.. Histoires. « M'accuserais-tu d'être nombriliste alors que je ne suis que réaliste ? » Cette question, Jane la laissait bien volontiers à la rhétorique alors que ses épaules se haussaient brièvement.

L'Anglaise ressentait cet agacement, cette irritabilité à fleur de peau qui habitait son Acolyte d’Antan, et pourtant, elle ne lui offrait pas cet apaisement tant convoité. Elle ne lui donnait pas ce qu'il souhaitait recevoir : La guerre des mots transcendée en guerre des maux. Cette confrontation, il l'espérait pour trouver un semblant de paix, pensa-t-elle, mais elle se refusait à lui offrir. A la place de cela, Jane fit le choix de lui livrer les clés de sa vérité, de ses vérités. C'était à lui de la croire ou de réfuter ses propos, à partir de là, Eliz’yan ne pourrait en faire davantage. « J'en savais bien assez, à l'époque, pour faire tomber tes chaines et t'accepter à mes côtés. » La langue claquait contre son palais alors qu'elle finissait par reprendre, non sans un sentiment naissant d'exaspération. « Mes instants d'horreur ? Mon monde ? Ce monde était également le tien. Tu as contribué par tes idées et tes envies à le peindre de sang. Là-bas, j'étais sûre de moi, oui. Parce que tu étais aussi monstrueux que moi. Un monstre aux principes bafoués par les circonstances. »

Jane aurait pu en rire, mais elle préférait se draper de calme et de distance en l'observant de cette œillade émeraude, fixe et inquisitrice. A l'observer ainsi, l'Anglaise eut presque l'impression que tout ce qui roulait sous sa chair ne demandait qu'à s'en extirper : le mal, le bien, la douleur et l'horreur. Emile sembla, tout à coup, bien trop tiraillé pour l'Anglaise. Devait-elle lui tendre cette main qu'elle ne lui avait pas tendue là-bas ? Pourquoi ? Pour qu'il la rejette avec dédain et mépris humanisé. « L'attitude à avoir là-bas, elle revêtait de multiples possibilités. Tu aurais pu être la victime, l'observateur ou le bourreau. Mais tu as choisi d'être le bourreau, comme j'ai pu choisir d'être le monstre. » S'activant finalement dans l'esquisse de quelques pas, Eliz'yan en venait à croiser les bras alors qu'elle retenait l'ébauche d'un rire en reprenant le cours de ses paroles. « Le bourreau. Ce n'est pas ta résistance qui a attiré mon œil et éveillé mon intérêt, mais plutôt ton esprit, ton imagination. »

Ses bras retombaient alors qu'elle s'arrêtait afin d'observer les étalages pendant un chapelet de secondes. Pure folie.. Pensa-t-elle lorsqu'Emile se fourvoya sans vergogne face à elle. Dégageant une longue mèche brune de l'ovale de son visage, elle inspirait profondément en revenant porter son attention sur son vis-à-vis. Une preuve. Une victime. « Dis-moi, Emile. Le rôle de victime te plaît-il autant que cela ? Il m'importe peu d'être considérée comme étant un bourreau ou un monstre. Mais toi, affectionnes-tu ton statut de victime ? » Cette question avait fait gagner en froideur le timbre d'Eliz'yan. Il savait combien elle avait méprisé ses victimes. Elle s'était amusée à leur détriment, au dépend de leurs cris et souffrances. « Ce chemin que nous avons fait ensemble, là-bas, me semblait être la meilleure des preuves. As-tu oublié ? La rancœur a surement altéré tes souvenirs, mais là-bas, tu étais mon égal. » Elle n'en avait pas envie.. Jane n'avait pas envie qu'il la force à reconsidérer ce lien qui s'était tissé entre eux. Seulement, son Ancien Acolyte se plaçait dans une posture qu'elle abhorrait de plus en plus. De plus en plus fortement.

Perdue dans ses pensées, la Damnée s'interrogeait sur le chemin parcouru par le Français depuis sa sortie des abîmes. Elle aurait pu lui poser la question, mais quelque chose lui disait qu'il allait se dérober. Ils n'étaient pas dans une situation qui suscitait la confiance ou les confidences. Surement était-ce pour cela qu'elle faisait le choix de ne pas relever ses propos, jusqu'à ce qu'il aborde le sujet de la damnation et de la rédemption. « Survivre, tu parles. » Qu'elle finît par cracher, non sans une dose de venin alors que son visage signait à la négative à la suite de cette simple réaction verbale. « Qui te dit que nous vivons une seconde chance ? Que l'issu ne sera pas la même, au final ? En quoi avons-nous mérité de sortir de là-bas ? Mh ? La rédemption, je n'en veux pas, si elle signifie se voiler la face. Je refuse d'oublier ce que j'ai fait et de rejeter du pied ce que je pourrais faire pour survivre. » Une nouvelle pointe d'agacement émergeait dans son timbre à l'inclinaison anglaise alors qu'elle enchainait si simplement. « Nous avons été condamné à raison, et libéré à tort. Fermer les yeux sur ce qui nous a mener sur ce chemin, c'est faire offense aux premières victimes de nos méfaits. » Ces victimes-là, elle avait toujours refusé de lui en parler. Et surement refuserait-elle encore aujourd'hui.

Le discours de l'Anglaise était à deux vitesses, il portait en son sein deux visages, deux conceptions. C'était le reflet de son ambivalence entre la Jane, mère, épouse et folie amoureuse ; et Eliz'yan, le monstre assumé, sanglant et nocif. A Emile, elle ne lui avait jamais réellement expliqué cette nuance, parce qu'elle avait renoncé à le faire à quiconque. C'était sa nuance, son mystère, sa petite histoire qu'elle tentait de ne jamais se raconter avant de dormir afin de ne pas éveiller les cauchemars devenus intemporels.
S’extirpant de ses pensées, l'Anglaise s'arrachait à son observation contemplative du vide afin d'en revenir au Français. Cet endroit. Ah oui. C'était là une autre histoire.. Un peu longue. Comme beaucoup de ses histoires. « Je ne fais étalage de rien du tout. Nul besoin lorsque la magie est véritablement là, passant le seuil de la boutique, jours après jours. » Qu'elle lâchait finalement, étrangement calmée. Changer de sujet apaisait le monstre de ses souvenirs et la colère naissante qui s'apprêtait à se déverser sur Emile. L'œil du cyclone laissait place à l'interrogation. Suspicieuse, elle détaillait longuement son acolyte de l'horreur, repassant dans son esprit ses réactions, ses faits et gestes, ses mots. Et lorsque la dernière question lui arriva à l'oreille, la réponse s'imposa d'elle-même. « L'espoir. » C'était bien étonnant de la part d'Eliz'yan. Elle, tributaire de cette image de monstre, se plaisait à véhiculer un semblant d'espoir ? C'était le monde à l'envers, ou une vaste blague. « Je te l'ai dit, ce monde et ses habitants sont désenchantés. » Coulant un regard sur les alentours, elle poursuivait sur cette même ligne de pensée. « Soit. Fondamentalement, je n'apporte aucun espoir, si ce n'est l'expectative d'un monde qui n'a pas perdu toute sa magie. Je me plais plutôt à offrir une bonne leçon aux plus aveugles et une aide aux plus courageux. C'est amusant. » Cette attache à ce qu'elle fut et n'était plus, elle avait appris à l'affectionner. Ce qu'elle fut et .. N'était plus. L'idée s'imposa alors à son esprit et passa la barrière de ses lèvres sous la forme d'une question. « Aurais-tu perdue ta magie ? » C'était brusque et réfléchit à la fois. Dardant d'un regard inquisiteur Emile, l'Anglaise voulait comprendre.




code réalisé par ellaenys // merci de ne pas réutiliser ♥️

_________________
wicked mind
It lies in all of us. Sleeping, waiting, and though unwanted, unbidden, it will stir.. Open its jaws and howl. It speaks to us.. Guides us. Passion rules us all. And we obey. What other choice do we have ? Passion is the source of our finest moments. The joy of love, the clarity of hatred, the ecstasy of grief. It hurts sometimes more than we can bear. ↯ BTVS.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5010-for-breaking-and-for-pain En ligne

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2667
↳ Points : 197
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2015
↳ Age : 27
↳ Avatar : Eddie Redmayne
↳ Age du Personnage : 33 ans (254 ans)
↳ Métier : Ancien journaliste ; Prostitué
↳ Opinion Politique : Anarchiste anti-Gouvernement
↳ Playlist : Les anarchitectures – Autour de mois les fous - Les Infidèles - Que tout est noir, Saez ϟ Trouble, Halsey ϟ Mr . Brightside, The Killers ϟ One Last Song, Demon Hunter ϟ Ghostcity, Thomas Azier ϟ Shine, Years & Years ϟ Bad Blood, Bastille ϟ Children Of The Revolution, T. Rex ϟ Territorial Pissings, Nirvana

↳ Citation : « People should not be afraid of their governments. Governments should be afraid of their people »
↳ Multicomptes : Leslie MacLean
↳ Couleur RP : #f34c4c



les petits papiers
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Beyond The Realms Of Death (.Eliz)   Mer 11 Oct - 20:19


Différence de jugement, altérations dans les mémoires. Enterrer les méfaits sous la poussière et le sang, s’appliquer à se forger un nouveau monstre pour remplacer l’ancien. Un qui se veut plus juste, s’enlise dans son aveuglement à haïr les puissants pour ne pas affronter les démons de son passé enraciné dans la cendre de sa damnation. Il sait, que son retour aurait pu être tout autre. Si la solitude lui avait tendue les bras une fois les portes de l’enfer ouvertes, rien n’aurait changé. L’inscription de souffre et de sang gravée à même sa peau serait restée là, béante et suintante. Prompte à tout détruire, continuer de faire pleurer l’écarlate dans les souffrances et les soupirs de ses victimes, sélectionnés à l’arrachée sans aucun considération pour leur statut et leur appartenance envers telle ou telle cause. Regan se dit juste, parce qu’il a choisi son camp, et qu’il veille à ne pas ravager ceux pour lesquels il se bat. Parce qu’il n’a plus la force de voir ses mains se maculer du sang de ceux qui lui ressemble. Ces semblables volontiers torturés puis exterminés au nom de sa propre soif de douleur. Pour ignorer celle qui le rongeait de l’intérieur, vengeance toute trouvée pour faire taire les hurlements de son cœur en morceaux. Effacer dans les larmes de ces autres celles qui ont souillées ses joues durant les odieux instants où il fut victime et non bourreau. Avant qu’il ne regarde la violence véritable droit dans les yeux et ne comprenne qu’elle est son salut. Jane lui a été salutaire, bien que la rancœur soit à présent maîtresse de l’amas de chair dans sa poitrine. Sans elle, rien ne peux prouver qu’il aurait tenu. Qu’il serait devenu ce qu’il est aujourd’hui. Elle a donné un sens à sa haine, lui a offert la renouveau dont elle avait besoin pour qu’il soit capable de la contrôler et la faire totalement sienne sans plus avoir à être dominé par elle. L’alliée dans les ténèbres qu’il s’est efforcé d’oublier et dont le retour dans son monde fracassé sonne comme un dangereux aléa.

« - Victime avant d’être bourreau. Pendant plus de temps qu’il n’en faut pour véritablement le vouloir. Sans toi, rien n’aurait changé. » La précision s’arrache d’entre les dents serrées en un murmure rêche. « - Et dans le cas contraire, tu aurais continué à me voir comme un rejet à détruire pour le plaisir de ton sadisme ? Ma souffrance pour nourrir le monstre sous ta peau ? » Incompréhension envers l’intérêt que l’anglaise a pu lui porter lorsque la réplique face à ses odieuses attentions a fini par créer un gouffre dans l’esprit du français. L’éveil de la haine, la goutte de sang faisant déborder le calice de sa patience, victime éructant sa haine et son besoin de destruction sans entraves. Ignorant que cet élan de rébellion signerait le début d’une bien étrange relation. D’un lien teinté d’écarlate qui lui a affreusement manqué dans les premiers instants de sa renaissance. Etrangement, la brune lui a manqué, bien qu’il ne le remarque seulement maintenant. Comme un élément dont on parvient à se passer pendant tant d’années, et qui, dès l’instant où son absence est remarquée, devient nécessaire pour que le reste continue de fonctionner sans ambages. « - Je n’ai pas oublié, comment le pourrais-je ? Permet-moi d’en douter. J’étais ton allié, ton second mais ton égal, en es-tu vraiment certaine ? » Souffle-t-il, le cynique accroché à sa langue et les pupilles qui frissonnent d’une malice sombre alors qu’elles se reposent sur la sorcière.

« - En rien, nous ne l’avons pas mérité, c’est un hasard qui nous a recraché ici. Rien de plus. Il n’y a pas à oublier, ce n’est pas possible de le faire. Je n’ignore pas ce que j’ai été là-bas, mes actes présents sont peut-être plus ressemblants à ce que j’ai pu faire en ta compagnie que je l’imagine, mais ceux qui sont visés méritent cette violence et cette haine. » De bien belles paroles pour dissimuler les doutes et les peines. « - On nous a condamné à être damné, mais certainement pas devenir des ennemis, après tout, nous étions tous similaires. Que l’issu soit la même ou non, peu m’importe, je n’ai plus grand-chose à perdre ou à retirer de cette vie alors l’Enfer ou le vide quand tout sera finit, c’est une bien piètre différence. » Loin de se leurrer, l’ancien sorcier est presque certain que rien ne les attend la prochaine fois. Juste le néant, rien que le néant, comme pour tous les autres. C’est une chance qu’ils ont pu avoir, aussi monstrueuse soit-elle. Une bénédiction sale sans aucune véritable rédemption à la clé. Les doigts posés sur la couverture de l’ouvrage tapotent le cuir fatigué. Distraction amère, le silence contre les lèvres à mesure que les paroles de son ancienne alliée résonnent dans le silence de la boutique déserte. « - Amusant…Sans doute. » Leurrer l’inculte, apprendre des rudiments inutiles pour ceux qui ne savent pas vraiment. L’espoir, en lueur impossible à atteindre. Ce qu’il cherchait en venant ici, sans vraiment y croire et pourtant quelque chose dans sa poitrine s’éveille. Résonne au rythme de pensées balayant son crâne et sa raison. Faisant germer des peut-être dans le champ fertile de son humanité imposée.

« - Je suis surpris cependant, qu’un tel lieu soit encore debout quand on connait l’amour de ceux qui nous contrôlent pour tout ce qui défit la normale. Tu ne redoutes pas que l’un de ces aveugles finisse par trahir l’espoir que tu leur donnes ? » Il est lui-même une de ces anomalies continuant de perdurer malgré les interdits. La fâcheuse tâche sur la toile immaculée d’une politique viciée, celle que l’on ne peut que voir mais que l’on refuse d’ôter. Utilité inavouée, ancrée à même la chair de tous ceux qui viennent se perdre contre les récifs de sa carcasse brisée. On prohibe la magie tout en la cherchant, comme tout ce qui est interdit, il devient automatiquement attirant. La question se fait assassine contre la peau pâle. Regard inquisiteur écrasant l’aplomb le temps d’une brève hésitation, les pupilles du résistant se dérobent et se perdent contre d’autres horizons. « - Non… » Son mensonge ne le convainc pas, résonne des tressaillements de sa voix attristée. Du vide laissé par l’absence de cette sorcellerie qui scella sa première existence avec la seconde. Froncent les sourcils sous les relents de l’amertume, sa rancœur changeant de victime pour peser dans sa poitrine. Fautif parmi tous ceux ayant participés à sa chute, Regan a du noir sur les traits, les mâchoires qui se crispent sous le joug de ces tourments menaçant de se graver sur la surface faussement impassible de son visage.

« - Echangée contre une autre forme sans vraiment le vouloir. Que l’on m’a ensuite arrachée sans attendre mon assentiment. » L’aveu s’extirpe avec peine. Comme une dénonciation de la prétendue faiblesse qui est la sienne, cette nouvelle nature qu’il abhorre, elle qui le contraint à être orphelin. Dépourvu de ce qui l’a composé depuis son plus âge, de ces talents dans lesquels il avait fini par exceller. « - En fin de compte oui, j’ai perdu ma magie. Je suis devenu aveugle moi aussi. » Hausse les épaules pour cacher la souillure, le résistant lâche finalement l’ouvrage prisonnier de sous ses doigts. Et se résigne à reposer son regard sur son ancienne alliée. Il a de la douleur dans la pupille, la flamme incendiaire d’un défi insolent, la brisure de cet espoir qu’elle prétend offrir à ceux qui lui en font la demande. Les mots resteront morts contre sa langue, lui qui se refuse à formuler sa requête mais dont le myocarde se serre à chaque piteux battement.

_________________
❝ Naufragé dans la nuit



On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3400-les-anarchitectu http://www.mercy-in-darkness.org/t4057-regan-bleu-blanc-sang

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 378
↳ Points : 349
↳ Arrivé depuis le : 25/07/2017
↳ Age : 31
↳ Avatar : Kate Beckinsale.
↳ Age du Personnage : 444 ans (âge réel) ↯ 39 ans (en apparence).
↳ Métier : Propriétaire du Voodoo Museum.
↳ Opinion Politique : Opportuniste. ↯ Elle va où l'intérêt la porte.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 1 (ensemble) ↯ Niveau 2 (manipulation des émotions) ↯ Niveau 3 (influence sanguine)
↳ Playlist : TWO STEPS FROM HELL ↯ new machine | PANIC ! AT THE DISCO ↯ house of memories | 30 SECONDS TO MARS ↯ end of all days | AFI ↯ miss murder | APOCALYPTICA ↯ en vie | BREAKING BENJAMIN ↯ dance with the devil | SIXX:A.M ↯ this is gonna hurt | SIXX:A.M ↯ prayers for the damned | THE FRAY ↯ heartless | HURTS ↯ somebody to die for | RED ↯ still alive | BREAKING BENJAMIN ↯ diary of jane.
↳ Citation : “ Give them pleasure. The same pleasure they have when they wake up from a nightmare. ” ↯ Alfred Hitchcock.
↳ Multicomptes : Moïra S. Everett.
↳ Couleur RP : crimson.



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS ↯ avatar & code signature.
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Beyond The Realms Of Death (.Eliz)   Mar 17 Oct - 1:20

Beyond The Realms Of Death

ft. regan & eliz'yan  

Porter un regard lissé de toute culpabilité sur le monde, c'était ainsi qu'était faite Eliz'yan. Elle s'était forgée dans les feux Dantesques dans l'expectative de survivre à sa propre peine, à son propre mal. Elle avait fermé la porte aux sentiments pour que plus personnes n'osent désormais atteindre son cœur brisé. Ravagée de l'intérieur, Jane s'était transmutée pour ne pas avoir à subir son avenir mais plutôt à le vivre pleinement. Car si la vie se devait d'être une garce, alors elle serait la plus garce d'entre toutes. A force d'habitudes forgées par des siècles de noirceur, sa ritournelle personnelle était finalement devenue seconde peau, amère réalité. Surement était-ce en cela qu'Emile divergeait autant d'elle. Parce que lui, la porte de ses sentiments n'était pas encore scellée et il était encore marqué au fer rouge des méfaits qu'il avait enduré. Il n'avait pas assez bandé ses plaies, pas assez, pas aussi fortement que nécessaire.

Silencieuse, observatrice, l'Anglaise observait son Allié d'antan afin de saisir les nuances qui l'animaient. Ces mêmes nuances que le sang et l'immonde avaient fini par dissimuler à force d'acharnement. Mais voilà que tout était revenu à la surface, trop simplement, trop rapidement au goût de la Damnée. Les lèvres se pinçaient alors qu'elle gardait pour elle quelques paroles l'espace de trop longues secondes. Sans elle, rien n'aurait changé.. C'était certain. « Et sans moi, les choses ont encore changé. » C'était là une nouvelle constatation de la part de la Brune qui n'émettait aucun jugement véritable. Son timbre ne trahissait aucune inclinaison particulière et ne faisait que transmettre une simple idée reçue. Mais dans le fond, ce qui avait changé ne lui plaisait guère. Devait-elle pour autant forcer le destin et ramener Emile sur son chemin noir ? Eliz'yan était indécise, incertaine.

Un sourire se hissait finalement sur ses lèvres, alors qu'elle ne prenait même pas la peine de dissimuler un amusement rouge. Ces bons souvenirs, elle semblait en retirer encore, une once de plaisir noir. « Ta souffrance pour façonner le monstre sous ma peau. Ta souffrance, celle des autres, n'importe laquelle. » Les victimes, elle avait arrêté de les compter depuis bien longtemps, simplement parce que Jane avait passé un semblant d'éternité dans cet Enfer-là. « Tu m'as prouvé, à l'époque, que tu valais mieux que de souffrir. » Alors, elle avait arrêté de lui faire endurer mille et un tourments. C'était aussi simple que cela dans la bouche de l'Anglaise. Ses méfaits gagnaient une teinte ordinaire dans le discours du monstre.
Cette violence, leur violence. Cette violence ordinaire avait été leur quotidien, leur lien, leur présent et supposément leur futur. Mais tout avait changé. Plongée dans ce passé pas si lointain, Eliz'yan esquissait quelques pas dans la boutique afin de se caler contre le comptoir et dans une impulsion, s'assoir dessus. Jambes croisées et visage penché sur le côté droit, son regard émeraude observait longuement Emile alors qu'un soupçon de sourire renaissait à la commissure de ses lèvres. « T'ai-je seulement déjà nommé mon second ? Tu as choisi par toi-même cette place. Elle aurait pu être tienne, cette place d'égal, si tu l'avais voulu. »

Et finalement, à l'amusement naissant succédait une lueur plus obscure dans son regard. Le hasard. Elle n'aimait pas le hasard, elle le méprisait.. Lui et ses aléas. Nouant ses mains entre elles sur ses cuisses, elle se faisait oreille attentive aux propos d'Emile alors que finalement, son visage signait à la négative. « Le hasard.. Tu parles. » Qu'elle marmonnait, de manière à peine audible avant de finalement reprendre, plus clairement. « Te placerais-tu en tant que juge et bourreau, maintenant que tu as vécu l'Enfer ? Tu n'es donc pas aussi blanc que tu le laisses paraitre, Emile. Ou quel que soit le nom que tu arbores aujourd'hui. » Quelle douce ironie. Elle ponctuait ses propos d’un geste volatile de la main. « Quoiqu'il en soit, là-bas, nous étions tous coupables et égaux devant nos châtiments. Par la suite, certains ont été châtiés plus que d'autres, ma foi. C'est un peu le principe de la loi du plus fort. Mais ici ? Ne reste-t-il aucuns innocents ? De pauvres hères coupables d'influences ou de méprises ? L'heure du jugement n'est pas encore venue pour eux, alors pourquoi avancer leur horloge ? » A première vue, on pouvait croire que Jane prenait la défense d'une humanité en perdition. Mais ce n'était pas vraiment cela.. Pas vraiment. Elle était bien plus curieuse de comprendre le fonctionnement de cette mécanique enraillé qui plaçait certains en tant que juges et d'autres en tant que coupables. En Enfer, tout c'était justifié parce que le lieu s'y prêtait, mais ici ? C'était bien obscur pour elle.

« A quoi bon chercher la rédemption lorsque finalement la fin ne fait aucune différence ? » Elle achevait son questionnement par un haussement de sourcil lorsqu'Emile parlait de sa fin. Cette question les ramenait sur le chemin de leur discussion initiale quant au but de la rédemption et à l'expectative de s'accepter avec son monstre intérieur. « Je pose bien des questions mais je suis avant tout curieuse de.. Comprendre. » Oui, elle avait juste besoin de comprendre ce qui animait son Ancien Allié.
Et finalement, la lumière se faisait progressivement sur sa nature nouvelle. L'instinct de l'Anglaise ne l'avait pas trompé, quelque chose était différent. Il était différent. Ses traits mutaient au fur et à mesure alors qu'elle s'obscurcissait au gré des paroles d'Emile. La magie échangée la ramenait brutalement à sa propre évolution. Sa magie à elle, elle avait changé, elle s'était altérée pour se transmuter en autre chose.. Autre chose, un peu comme ce qu’elle était devenue. Inspirant profondément, Eliz’yan se figeait néanmoins lorsque son vis-à-vis abordait le sujet de son humanité gagnée. Il était devenu humain, parce qu'on lui avait arraché sa magie.. Ou cette autre magie. L'inquiétude naissait alors dans les entrailles de la Damnée alors qu'elle dissimulait au mieux le trouble qui l'agitait par des traits lissés de toute réaction. Ses prunelles émeraudes détaillaient longuement l'expression du Français alors que finalement, elle se décidait à briser son mutisme au profit d'une énième question.

« Quelle autre forme de magie ? Qu'est-ce qui t'es arrivé ? Je n'arrive pas à comprendre que l'on puisse.. » Changer de magie ? Si, elle pouvait. Perdre sa magie ? Oui, c'était là, le fond du problème. Si cela était possible, elle refusait que l'on puisse agir de la sorte avec elle. Jane préférait être un monstre doté de magie qu'un être humain sans défense dans ce monde dégénéré. « J'ai besoin que tu éclaires ma lanterne sur ce qui a pu t'arriver. » Étrangement, Eliz'yan semblait bien plus sérieuse que sarcastique. Bien plus pensive que moqueuse. Elle ne jouait plus.





code réalisé par ellaenys // merci de ne pas réutiliser ♥️

_________________
wicked mind
It lies in all of us. Sleeping, waiting, and though unwanted, unbidden, it will stir.. Open its jaws and howl. It speaks to us.. Guides us. Passion rules us all. And we obey. What other choice do we have ? Passion is the source of our finest moments. The joy of love, the clarity of hatred, the ecstasy of grief. It hurts sometimes more than we can bear. ↯ BTVS.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5010-for-breaking-and-for-pain En ligne
 

Beyond The Realms Of Death (.Eliz)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Commande Death at Koten
» Cities of Death
» AD&D Forgotten Realms 2nd: collection quasi-complète à vendre
» Mes Death Skullz
» Death Guard contre Crimson Fist de Tarkand

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Third Chapter: New Orleans :: Western New Orleans :: Voodoo Museum-