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 Deadnight Warriors {Rivka/Matthias}

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: Deadnight Warriors {Rivka/Matthias}   Dim 6 Aoû - 13:07


« Darkness Falls Across The Land »


Deadnight Warriors




La rumeur qui grandit, qui enfle de plus en plus. Et finit par vous atteindre de plein fouet. Vous ne vous rendez pourtant compte de rien. Pas au début, tout du moins. L'endroit où vous vous trouvez semble tout à fait normal. Vous ne ressentez rien de particulier. Rien d'autre que la présence de votre interlocuteur. Rien qui ne laisse présager de ce qui vous attend. Aucun signe alarmant, aucun facteur particulier qui aurait pu vous rendre méfiant, encore moins vous mettre la puce à l'oreille. Que la tension palpable et caractéristique de l'endroit dans lequel vous évoluez. Vous n'en avez aucune idée mais pourtant, en quelques instants, quelques secondes à peine, vous basculez dans un autre univers.

   La transition se fait dans la plus grande douceur pour endormir les suspicions. La brèche que vous traversez est invisible, impalpable. Vous pénétrez dans l'autre monde sans le savoir et faites votre entrée dans les ténèbres sans vous en rendre compte. Pas dans l'immédiat. Le décor ne change presque pas et vous abandonnez the elvenpath pour sa reproduction identique et apocalyptique située à Darkness Falls. Cette version des Enfers encore habitée par des créatures voraces, des monstres affamés qui n'aspirent qu'à vous dévorer les entrailles et vous détruire à petit feu. La promesse de longs moments de torture insupportable si vous vous laissez attraper. Elles vous attendent au tournant, les chimères dévastatrices. Atteindre une issue, une autre brèche vers le monde réel, reste votre meilleure chance de survie. Mais ces dernières se font rares et surtout très aléatoires. Alors, restez sur vos gardes si vous ne voulez pas rester piégés dans les limbes et y perdre bien plus que la raison.
   

   
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MessageSujet: Re: Deadnight Warriors {Rivka/Matthias}   Lun 14 Aoû - 17:10

Elle sent son cerveau bouillir à l’intérieur de son crâne. L’irritation noyer ses veines. Déstabilisée par cette situation impensable qui fait naître des doutes et des questionnements, qui ne cessent de la tourmenter. Elle ne fait qu’émettre des hypothèses, sur l’identité de son mystérieux maître chanteur. Dans l’espoir de déjouer tous ses complots, elle scanne toutes les pièces mises à sa disposition. A la recherche d’un indice qui pourrait la mettre sur la bonne voie. Evidemment, ses tentatives aboutissent toujours à des piteux échecs. La brûlure de la honte s’immisce à travers chacun de ses membres, comme l’éruption volcanique qui la frappe de plein fouet. Désormais, elle ne peut plus dissimuler l’intégralité de ses faiblesses derrière un masque d’impassibilité. Le maître chanteur a découvert d’autres facettes de sa personnalité. Il a touché un point sensible dont personne ne soupçonnerait l’existence. Elle a l’impression désagréable d’être un animal de foire. La peur d’être pointée du doigt, de devenir le centre de l’attention et des moqueries des citoyens lui noue l’estomac.

Elle évolue dans un monde ravagé par les préjugés et l’aliénation. Elle refuse que ses secrets soient révélés au grand jour. Elle serait prête à tout accepter dans le but de laver sa réputation potentiellement ternie par ses escapades amoureuses avec Brooke. Tout fidèle est appelé à confesser ses péchés et le besoin d’obtenir enfin l’absolution reste ancré dans son esprit. Elle se gratte l’arrière de la tête, le regard dans le vide. Réfléchit pendant un moment à plusieurs alternatives possibles. Des cernes noirs bordent ses yeux fatigués. Le dos contre un mur, elle fredonne une mélodie calme et apaisante, dans le but de chasser ces pensées dérangeantes. Elle se sent tellement sale et hideuse. Elle enclenche le jet d’eau et vide son esprit. C’est le bruit de la sonnette qui l’extirpe de ses méditations et de la cabine de douche. L’inquiétude s’affiche sur son visage. Pour ne pas s’attirer les remontrances de ses supérieurs, elle enfile rapidement son tailleur noir et son chemisier blanc.

Elle se doit de leur montrer qu’elle mérite sa place, au sein de la haute société louisianaise. Ses parents ont longuement insisté sur le rôle de l’apparence physique dans la réussite sociale. En tant que recruteuse, elle a le devoir de renvoyer une image positive à tous les individus qui croisent son chemin. Pour se donner une contenance, elle réajuste sa tenue. Elle ouvre la porte d’entrée dans un grincement, en prenant le soin d’afficher son plus beau sourire. C’est inutile. L’intrus a déjà déserté les lieux.  Il a quand même pris la peine de laisser une nouvelle lettre de menace. Ses lèvres se figent dans un pli amer, alors qu’elle frotte le papier épais entre ses doigts. Les paupières lourdes, elle hésite à s’accorder quelques minutes de répit et à remettre la sentence à plus tard. Il s’agit peut-être d’un imposteur médiocre qui abuse de sa crédulité du moment. Elle prend le temps de mesurer les conséquences d’un acte irréfléchi. Des images mentales tournoient dans sa tête. Des entretiens houleux avec les gouverneurs qui prennent finalement la décision de traîner son nom dans la boue.

De l’abandonner comme un vulgaire sac poubelle bon marché. De lui infliger des humiliations publiques récurrentes. Parce qu’elle a dépassé les bornes et commis des délits majeurs. Parce qu’elle mériterait d’être punie par des entités supérieures. Elle aimerait parfois que des vers sortent de ses orbites. Le regard empli de sauvagerie, elle se décide finalement à décoller les bords et à se plonger dans la lecture. Le silence, en échange d’une grande quantité d’argent. Un marché qu’elle n’est pas en mesure de refuser. Elle rassemble ses affaires. Stocke dans son sac les liasses de billets demandés, quelques fioles qui pourront s’avérer utiles lors du moment fatidique. S’extirpe de son appartement, pour rejoindre la forêt fantomatique. Ecarte une énième branche menaçante qui s’agite vers elle et lui bloque le passage. Elle sent une froideur mystérieuse traverser et congeler ses membres un à un. A l’impression d’entendre des voix robotiques dénuées d’émotions. Fixe les alentours d’un air alerte, des perles de sueur perlant de son front. Un hoquet de stupeur jaillit de sa gorge au moment où son dos heurte l’abdomen du probable maître chanteur. « C’est donc vous ! Le mal éduqué qui met son nez dans les affaires des autres ». Dit-elle, avec une pointe d’irritation et de familiarité inhabituelle dans la voix.

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MessageSujet: Re: Deadnight Warriors {Rivka/Matthias}   Mar 26 Sep - 12:43

   FEATURING Rivka & Matthias

Trop tranquille. Les bungalows du quartier s’égrenaient dans les méandres de la ville d’une façon bien trop sage qui lui instillait une angoisse légère dans les veines. Rien de bien méchant en vérité, à peine les soubresauts hâtifs d’une envie palpable de déguerpir. Ici, à vue de nez, le feu mettrait quoi ? une vingtaine de minutes à peine pour sautiller de toits en toits sans que l’on ne puisse rien y faire. Les murs aux planches fraîchement peints en blanc, vieillit et écaillé par le temps donnaient une patine particulière et Matthias se contenta de cocher la case « r.a.s » avant de repartir. C’était drôle ce « r.a.s » marqué comme ça à l’encre bille sur un papier de sécurité. Rien à signaler. Comme si c’était seulement possible dorénavant. Il y avait toujours quelque chose.

Les tenues grises des gardes vous renvoyaient à une aspiration des couleurs. Le monde à la nouvelle-Orléans était monochrome, de sépia et de cendres, un mausolée au soleil. Non. Ça c’était l’arène et il n’y en avait plus ici. Matthias Se contenta d’un rapide mouvement de tête en guise de salut indétectable, caché confortablement derrière la solennité de sa tenue de pompier. La nervosité était indétectable même pour lui, une accélération tacite du pouls, un cillement un peu plus long, un désir secret de regarder ailleurs, partout sauf là où le groupe s’avançait, la conscience que baisser les yeux était peut-être suspicieux, que regarder devait l’être tout autant, qu’on ne savait plus quoi faire vraiment de son corps et de son regard mais que tout irait bien, on avait son uniforme, on était du bon côté. Quelque chose dans ce genre.

Il avait besoin de courir.

La mission accomplie, Matthias enfila ses baskets, le t-shirt qui avait un trou sur la lisière épaisse en bas à droite et glissa dans l’ocre moite de la ville. Il ne fallut que peu de temps pour que la course l’entraine un peu plus profondément dans les bois. Il y avait une incandescence organique à fouler la terre un peu plus verte, un peu plus brumeuse de la Nouvelle Orléans. Il avait perçu du mouvement du côté des bungalows habités mais avait continué son chemin sans prêter trop attention, presque tenté de siffloter s’il en avait eu le souffle. L’attention était sur le sol, les branches, les racines tordues surgissant d’un parterre de mousse, de petites feuilles et d’une végétation grouillante et secrète. Il avait senti comme un courant d’air froid, si subtil qu’un frisson le secoua avant de s’étioler. La course reprit avant qu’il ne puisse s’étirer et se poser quelques instants contre un arbre.

« C’est donc vous ! Le mal éduqué qui met son nez dans les affaires des autres »

Matthias arqua un sourcil avant de regarder autour de lui dans un réflexe stupide. On lui parlait, à lui ? Evidemment, il n’y avait personne d’autre. Son regard légèrement surpris revint sur la silhouette brune aux yeux trop grands. Mal éduqué ? « Ben, c’est à dire que j’ai tellement de qualités, c’est dur de choisir. Je réponds plus facilement à bogosse et soleil de ma vie, mais mal éduqué ça marche aussi… » Le brun passa une main embarrassée sur sa nuque. Visiblement elle le prenait pour quelqu’un d’autre. « Vous vous êtes perdue, miss ? » Trop bien fringué, une valise pendant au bras, la démarche rigide, elle jurait dans le décor végétal comme une fraise sur une quiche lorraine. « Je sais pas trop de quelles affaires vous parlez, mais je mets mon nez partout, après tout c’est mon nez, c’est normal. » Matthias tenta un sourire, presque amusé par la tournure. Un simple dodelinement de la tête comme pour s’excuser et il se décida – en bon st Bernard- à faire ce qui était correct. « Venez, je vais vous raccompagner hors de la forêt, c’est dangereux quand même, non ? Toute seule en forêt… bon c’est dangereux partout. J’ai entendu l’histoire d’une fille qui avait plongé dans l’insomnie à cause de petits pois…. Je m’appelle Matthias au fait. » Il tut le fait qu’elle lui semblait presque familière. Il avait sans doute dû la croiser deci-delà sans mettre de nom sur son visage. Avec raison, il évita le sempiternelle je crois que je vous ai déjà vu quelque part qui risquait assurément de le faire passer pour un psychopathe sexuel. « Mmmm… C’est par où déjà ? »

Ah et bien… si on ne sait même pas où l’on va soi-même, ça allait être embêtant…



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Dernière édition par Matthias Petersen le Dim 15 Oct - 11:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Deadnight Warriors {Rivka/Matthias}   Sam 30 Sep - 20:11


Ils vivent à une époque où la guerre fait rage. La révolte gronde, sur le territoire louisianais. Chaque jour, des hommes et des femmes ferment leur main en un poing serré. Vindicatifs. Les instruments de torture qui s’opposent à un gouvernement jugé trop tyrannique. Des larmes viennent se perdre à la commissure de leurs lèvres. Ils assomment les politiciens avec leurs discours implorants habituels. Ceux qui lui passent au-dessus de la tête. Ne souhaiteraient qu’une seule chose : s’enfuir loin de cet environnement austère. Leur naïveté est sans limites. Ils imaginent encore un monde où on évoluerait en toute sécurité. Entouré de longs bras protecteurs. Ils n’aspirent qu’à replonger dans leur enfance. Etre aimés et choyés. Sans qu’il n’y ait le moindre effort à faire. Ses yeux s’écarquillent quotidiennement de stupeur, lorsqu’elle trouve en eux l’immaturité d’adolescents pré pubères. Incapables de reprendre leurs esprits et d’endosser leurs responsabilités d’adultes. N’allieraient en aucun cas les notions de plaisir et de travail. L’irritation s’empare de tout son être, lorsqu’elle repense à ce manque éhonté de professionnalisme. Les commentaires de son père lui reviennent en mémoire. Accroupi devant la cheminée, il lui narrait ses journées avec enthousiasme. Un manque qui lui déchire encore les entrailles. Elle soupirait d’admiration à chaque fois qu’il entreprenait quoi que ce soit.

Aujourd’hui, elle se rend compte à quel point la majorité des citoyens paraissent insignifiants, en comparaison de cet être supérieur qui aurait pu très bien être envoyé par dieu lui-même. Dans l’obligation de s’aventurer sur un véritable terrain de chasse. De courir les rues et les forêts à la recherche de ces gamins pathétiques un peu trop attirés par l’argent. Prêts à tout pour renflouer les caisses, quitte à passer par des moyens détournés et malhonnêtes. Utilisant le chantage pour la faire céder. Rivka a beau se creuser la cervelle, rien de censé ne pourrait surgir de leurs neurones. Elle plie la bouche en un rictus mauvais, incapable de laisser ses soupçons se dissiper au contact de Matthias, qui fait partie de cette catégorie des individus qui lui hérissent le poil. Agacée par cette attitude désinvolte et allergique à ce manque de savoir vivre. Paranoïaque à souhait, à ce moment-là, elle croit même déceler une pointe de satisfaction chez lui. Le cerveau qui fourmille d’idées farfelues et l’amène sur une mauvaise piste. Elle le regarde de haut en bas. Est persuadée qu’il  s’adonne à un jeu vicieux et dangereux. Croise les bras dans une posture défensive. « Pour quelqu’un qui travaille dans le secteur public, vous avez la langue bien pendue. Un peu trop, même, si vous voulez mon avis ». Un long soupir sort de sa bouche, en signe d’impatience.

Il la met dans une situation inconfortable et dégradante. Des sornettes à n’en plus finir. Le froid se fait sentir jusqu’au plus profond de ses veines, et elle aimerait que cette affaire soit réglée une bonne fois pour toutes. Se plonger dans ses dossiers toute la nuit, incapable de rester trop longtemps inactive. Retrouver la chaleur rassurante de son appartement haute gamme. « Je vous prie d’arrêter ce manège. J’ai mieux à faire. J’ai des dossiers à traiter. Si on pouvait aller tout de suite à l’essentiel. L’argent en échange de votre silence ? Je m’interroge. Etes-vous dans une situation précaire ? A moins que vous n’incarniez un jeune homme impulsif en proie à la rebellion… ». Elle siffle toute la rage entre ses dents.

Et soudain, des hurlements d’horreur atteignent ses oreilles. L’obligeant à opter pour une trêve silencieuse. Ses yeux d’ébène scrutant les ombres mouvantes. « Qu’est-ce que c’était ? ». Elle avance d’un pas rapide vers cette scène de massacre, la peur au ventre. Coule devant l’horreur apocalypse qui se peint devant elle. Des cadavres mutilés jonchent le sol. Sous la violence du choc, les liens ne s’enchainent plus. Un gouffre est en train de se former sous ses pieds, et elle ne parvient plus à prendre de la distance. A fournir des explications logiques. Des rires sarcastiques s’élèvent dans le ciel obscur. Des créatures arrivent de toutes parts, la mâchoire craquante. La panique lui tord les tripes, mais elle s’enfonce quand même dans sa torpeur. S’imagine en train de les faire virevolter dans les airs. C’est inutile. Ses pouvoirs ne lui sont plus d’aucun secours.

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MessageSujet: Re: Deadnight Warriors {Rivka/Matthias}   Dim 15 Oct - 14:01

   FEATURING Rivka & Matthias
Le regard que lui jeta la jeune femme n’avait rien de bien avenant ni même sympathique mais Matthias avait depuis longtemps cessé de prendre la température du monde dans les iris d’autrui. Les yeux ne mentaient que peu, l’âme visible, nue, sans manteau factice sur les épaules, et comme tout un chacun savait, la vérité n’aidait jamais personne, en tout cas plus depuis longtemps. Elle se prostituait au premier venu la nuit pour ne pas être vu de jour.

Soyons clair sur un point : cela n’aurait jamais dû tourner aussi mal. Ni cette sortie, ni le monde en définitive. Matthias avait pris ses baskets avec l’idée d’une simple balade, d’un peu de sport histoire d’évacuer un stress dont il était si peu familier.

Dans peu de temps, les choses se mueraient en tragédie. Les choses iraient terriblement mal dans la Nouvelle-Orléans.

Ce qui nous ramenait au présent.

« Pour quelqu’un qui travaille dans le secteur public, vous avez la langue bien pendue. Un peu trop, même, si vous voulez mon avis » Le brun eut une expression de surprise et de dédain mêlé. Elle le connaissait ? Il ne savait pas trop ce que regroupait le secteur public mais il imaginait aisément que c’était tout ce qui était lié au gouvernement. Le reste de l’injonction de la brune le fit ciller et il se redressa, presque offensé sous les reproches et le marché fantomatique qu’elle lui proposait. De quoi diable parlait-elle ? Il aurait été simple de faire le lien avec le fait qu’elle était là pour de très mauvaises raisons et qu’elle attendait quelqu’un d’autre mais Matthias était juste surpris, l’esprit démêlant encore s’il y avait là un piège quelconque, les sens en alerte, des vestiges de ce qui avait été nécessaire pour survivre. Etait-elle de ses soyeuses apparitions qui vous entrainaient sur le chemin des destructions assurées ? Il secoua calmement son visage, le regard empreint d’un embarras latent. « Pas de rébellion, voyons… » Elle était là pour le tester ? La blonde milicienne l’avait peut-être envoyé ? Il avait déjà vu cette fille quelque part et les vêtements de la milice prirent une dimension plus limpide derrière l’azur de ses pupilles.

Il leva les mains en une défense qui n’eut plus aucun sens au cri perçant zébrant l’air. Son visage se tourna vers la source présumée, un voile d’inquiétude sur le visage. « Qu’est-ce que c’était ? » Il posa un doigt sur sa bouche mais la brune avançait déjà d’un pas assuré. Pendant une poignée de secondes l’idée lui vint qu’il pouvait partir, la laisser là elle et sa mallette et ses questions et ce cri perçant dans la nuit.

L’idée passa comme un courant d’air avant que ses pas ne s’alignent sur ceux de l’inconnue au visage familier, sans même qu'il n'y réfléchisse réellement.

La terre avait disparu sous ses pieds et le souffle coupé, un hoquet silencieux glissa hors de ses lèvres. Loin, loin en-dessous, il aperçut les carcasses des corps, pâles sous la lumière de la forêt ténébreuse, recroquevillés sur le sol assombri, irrécupérables. Son bras glissa sur la taille de Rivka pour la ramener en arrière, avant qu’elle ne glisse et ne devienne pâte rouge et osseuse au milieu du reste. Matthias cligna des yeux sous l’horreur, le regard fixe sur le magma filandreux et suintant qui se déroulait en tapis sous leurs pas. « Si c’est une caméra cachée pour l’état… ou … quelque chose dans ce genre-là, c’est le moment de me le dire, Alice. » Souffla-t-il à la jeune femme, l’horreur au bout des cils. Alice au pays de la terreur avait pourtant l’air tout aussi paniquée et les créatures qui rampaient et grouillaient au sol n’avait rien de carton-pâte ni de papier mâché.

La respiration rauque, Matthias attrapa le bras de la milicienne. « Je sais pas vous, mais je crois pas qu’ils soient adeptes de thé. Taillons-nous. » Trouvons un abri. Les questions se seraient pour plus tard. On n’avait pas survécu au sable de l’arène pour finir en pâté pour… pour il ne savait quoi, en pleine forêt. La peur ne savait à rien d’autre qu’à alimenter une énergie supplémentaire, enfouie dans les entrailles de l’animal présent en chacun de nous. On ne pouvait ni l’acheter, ni la vendre, on ne pouvait pas la contrefaire, la vêtir d’illusions ou la baiser, elle émanait du ventre, implacable, commandait à vos muscles et à votre souffle sans aucun ménagement.

« Viens » Fit-il une dernière fois avant de rebrousser chemin.

L’air était plus lourd, l’atmosphère grisâtre et crépusculaire, l’éclat d’argent et de vermillon à chaque pas. Matthias posa une main sur un tronc d’arbre, levant le regard vers les cimes. S’ils grimpaient peut-être ? Il voulut en faire part à la brune mais sa main se décolla avec peine, une substance visqueuse entre la paume, les doigts et l’écorce. L’arbre bavait, charriait un dégueulis de mucus organique et Matthias recula, la main levée à hauteur d’yeux, le relent d'acide sur la langue. « Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? »

Pas le temps.

Les cliquetis des monstres aux gueules déformées s’avançaient. Trop de dents. Trop d’anomalies. Il fit signe à la brune en mimant le fait de lui faire la courte échelle. « On verra mieux. » Certes. Ou pas. Prendre de la hauteur.

Il espérait que tout ceci soit du pur cinéma, une propagande de plus, une vidéo estampillée par un gouvernement trop imaginatif, mais quelque chose lui disait que tout était bien réel, que l’expression terrible de Rivka était un indicateur certain que la mort et l’effroi rôdait dans les parages. Plus tard il se poserait des questions, plus tard. S’il survivrait. « J’ai pas envie de mourir ici. » Fit-il sobrement, comme une évidence.



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MessageSujet: Re: Deadnight Warriors {Rivka/Matthias}   Dim 15 Oct - 19:14

Rivka se retrouve à présent coincée, dans une pénombre angoissante, avec un atroce sentiment de solitude. Avec la désagréable impression que le sol est en train de se dérober sous ses pieds. Qu’une boule de stress est en train de se former à l’intérieur de son estomac et menace de grossir de plus en plus. Sa respiration est laborieuse. Ses joues sont en feu et des gouttes de sueur perlent sur son front, malgré le filet d’air glacé qui lui mord la peau. Les sanglots étouffés et les supplications montent dans ses tympans. Ils sonnent presque comme une marche funèbre. Son corps se tend dans tous les sens, au contact de ces créatures faisant preuve d’une barbarie légendaire, qui ont pour objectif de lui bouffer la cervelle. Les tremblements n’en finissent pas, et elle compte dans sa tête dans l’espoir de se débarrasser de la panique qui lui dévore les entrailles. C’est un échec cuisant. Ses paupières se ferment. Dans son esprit, un soleil radieux se lève lentement sur la Nouvelle Orléans.

Elle admire les rayons de lumière couleur orangée, laisse un vague sentiment de plénitude l’envahir. Pas franchement adepte des contacts physiques même anodins, elle se retourne brusquement vers Matthias dans un sursaut. Le mépris entoure chacun de ses mots. Elle prend le temps de le corriger avec une fermeté déconcertante. « Madame Avraham fera l’affaire ». La réalité la rattrape très rapidement. Ces saloperies de monstres arrivent par dizaines, un filet de bave s’échappant de leurs babines comme s’ils étaient impatients de se mettre à table. Elle amorce un mouvement de recul, murmurant des incantations dénuées de sens et toujours inefficaces. Elle puise une grande quantité de violence et de rage au plus profond de son être. Refusant de toutes ses forces que la grande Faucheuse la conduise vers les couloirs de la mort. Elle se sent impuissante, si faible à cet instant. Forcée de considérer la fuite comme la meilleure des options, lorsque les créatures envisagent de la faire rôtir comme un vulgaire gibier.

Forcée d’admettre que ce gamin, qui a tendance à tout prendre à la légère, a pris une décision qui s’avère être pertinente. « Vous réussissez encore à faire de l’humour, malgré ces circonstances ? ». Ses traits se durcissent brutalement. Dans une fausse expression de colère rattachée à un caractère déterminé, elle ne perd pas une seule seconde et fonce dans la forêt de la mort. Avance entre les branches d’arbres décharnées. Le cerveau qui fonctionne à plein régime. Elle réfléchit à toutes les alternatives possibles. Les phrases prononcées par les membres du gouvernement tournent en boucle dans sa tête à la manière d’un vieux disque rayé, ce qui fait surgir une violente migraine. Les chances de trouver une brèche pour s’échapper de cet enfer dans lequel ils sont plongés sont minces. Elle en est convaincue. La voix grave de Matthias ne tarde pas à résonner, et l’interrompt dans ses réflexions. Sa main frêle caresse à son tour le tronc rugueux de l’arbre, avant de remonter vers ses narines frappées de plein fouet.

Elle hausse un sourcil interrogateur. « Un monde sans soleil. La faune et la flore impossibles à préserver. La haine qui se nourrit de tous nos faits et gestes…». Elle observe son travail d’un œil presque critique. Avant que son regard ne se perde dans le vide, l’esprit replié sur lui-même. Elle s’accroupit, joint ses mains dans le but de lui faire la courte échelle. Arborant toutefois une moue septique. « C’est une perte de temps. Il faut trouver une brèche ». Rivka lève les yeux vers les cieux encore noirs. A la recherche d’un indice qui pourrait leur indiquer la bonne direction à emprunter. En vain. Elle bredouille quelques phrases dans un jargon incompréhensible. Les poils hérissés par la fureur, elle hésiterait presque à cracher une bordée de jurons. « C’est inutile ». Si seulement elle avait pu laisser ses doigts filer sur les reliures de ses livres. A la recherche de la solution miracle. Elle est sur le point d’exploser de frustration. Se rappelle qu’aucun écrit ne fait allusion aux ténèbres qui les avalent, et qu’elle n’aurait pas pu lever le voile sur ces mystères. « Il faut continuer de marcher ». Dit-elle d’une voix autoritaire et tranchante.

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MessageSujet: Re: Deadnight Warriors {Rivka/Matthias}   Jeu 19 Oct - 18:13

   FEATURING Rivka & Matthias
Définitivement une femme habituée à imposer. Il le fallait bien dans ce nouveau monde, la donne aléatoire quant à ceux qui survivrait à travers les migrations forcées, les jeux cruels et les surveillances accrues. « Madame Avraham fera l’affaire » Matthias y prêta à peine attention, l’arrière de son cortex enregistrant pourtant l’information à son insu. Avraham. Il aurait pu mieux y réfléchir s’il n’avait pas fallu courir. Il peinait déjà à ne pas laisser la nausée monter en lui en vagues vengeresses. Le monde avait pris une teinte funèbre et perfide et le rendait malade de par sa noirceur qui semblait carrément pénétrer tout orifice dans cette zone sinistre. « Vous réussissez encore à faire de l’humour, malgré ces circonstances ? » Il acquiesça, un simple mouvement de tête qui glissa une mèche devant ses yeux. Il la rapatria en arrière rapidement en s’aidant de son avant-bras. Les mains étaient trop moites, la peur trop nébuleuse. Le rire et le désespoir étaient les clichés suprêmes ; les obsessions jumelles des récits d’aventure et des feuilletons télé. Ces derniers n’existaient plus, emporté par la propagande et l’absence de technologie disponible mais il s’en souvenait. C’était peut-être le pire finalement : le fait de se souvenir si bien d’avant. « Je pense que même en traversant les Enfers… ce qui franchement y ressemble beaucoup là. » Le brun leva les yeux vers l’atmosphère crépusculaire. Tout semblait baigner dans un monochrome d’argent. Un monde sans soleil. La voix de celle qu’il suspectait être milicienne déambula dans les méandres de son esprit déjà trop vagabond. Elle disait vrai. Ici, l’astre ne faisait plus office de sa présence réconfortante, un paysage digne des lendemains nucléaires. Ils l’auraient senti si ça avait été le cas, auraient constaté le souffle de chaleur avant l’éclipse de mort ; il n’y avait rien eu, rien d’autre qu’une impression étrange, un peu comme Alice traversant le miroir.

« C’est une perte de temps. Il faut trouver une brèche » Matthias se releva, toisant la jeune femme d’un air embarrassé. Une brèche ? De quoi diable parlait-elle ? « C’est moi qui fait de l’humour ? Vous êtes sûr ? » Ils étaient en forêt et elle avait soudainement décidé de blablater en une langue qu’il ne comprenait pas. « On est pas dans un escape game… à moins que ?... » Le regard se fit suspicieux. Les moyens pour mettre en place un tour de force de ce genre devait être considérable mais le brun ne mettait rien de côté lorsqu’il s’agissait de ce gouvernement. Il savait de quoi ils étaient capables pour enjailler les foules. Qui contrôlait l’espoir pouvait soumettre et qui obtenait la soumission détenait le pouvoir. C’était là les termes d’une entité pieuvre qui avait émergé au sommet après les remous que le monde avait connu. Il avait gouté le sable des arènes par et pour eux.

Matthias fronça les sourcils. « Il faut continuer de marcher » Un long sifflement perça l’atmosphère mais il leva tout de même les mains. « Attendez deux secondes vot’ majesté. Tu parles de brèche et ensuite de randonnée, je sais pas si t’as remarqué, mais y’avait trop de pattes sur certains de ces… trucs… » Il avait tout de même emboité le pas de la jeune femme, conscient que rester immobile n’était absolument pas la bonne option. Il n’avait pas envie de stagner et d’attendre les crocs effrayants dont le son tonitruant vous glaçait d’effroi, même à distance. Le vouvoiement était nerveux, le tutoiement glissant avec un réconfort que seul le danger pouvait livrer à deux inconnus. « Vous… tu as déjà vu des trucs comme ça ? » Matthias jeta un très bref coup d’œil en arrière, écartant d’un mouvement puissant les branches arachnéennes couvrant leurs chemins. « Dans la mallette…. J’aurai préféré des armes. » Fit-il en pointant d'un coup de menton la valisette que tenait toujours la jeune femme. Une tentative. Elle était louche mais tout était louche en cet instant. La démarche martiale ne trompait pas d’ailleurs, elle avait le corps guindé, l’œil rapace et le pompier cilla en ramenant son attention fugitive sur elle.

Un battement d’ailes désagréable perça leurs tympans, comme un moustique mais dont le son pointu et continu était enflé. Un flot de vapeur et d’odeur cuisante se déversa devant eux tandis que la chose surgit de l’ombre lunaire. Pour la première fois depuis très longtemps, Matthias se sentit insecte, insignifiant presque devant le rouleau compresseur mortel de violence que les trompes gluantes de l’animal promettaient de devenir si l’un ou l’autre comptait passer par là. « Oh putain…. » Il avait fait ce qu’il fallait pour survivre, s’était parfois montré impitoyable malgré lui mais ça… « Aucune chaussure viendra à bout de ce truc. »  Les yeux jaunes zébrés de noir se fixèrent sur eux et ses pattes tambourinaient furieusement contre le sol devenu moite.

Ne plus bouger. Ne plus respirer.

Tout à coup, Matthias acceptait toute idée pour s’en sortir et même l’idée d’une brèche lui sembla parfaitement censée. Il recula lentement, le cœur au bord des lèvres. On n'était plus en Louisiane. Il ne comprenait pas ce qu’il se passait ni où ils étaient, mais pour tout le danger que suintait la Nouvelle-Orléans, il n’avait jamais vu d’alligator de ce gabarit.

Tu n'as jamais vu ça tout court mon gros.

Le cliquetis des mâchoires parvint de l’arrière cette fois-ci et Matthias tourna un regard effaré vers la dénommée Avraham, un chuchotement en guise d’offrande. Ils étaient cuits. Et de brèches, il n'en avait pas vu dans leurs courses.
« J’espère que t’es bonne au saut de haie » Ils étaient tout les deux athlétiques… allez… allez…

Matthias jura silencieusement. Il aurait pu se dire que c’était un cauchemar, mais il avait appris il y a bien longtemps que les cauchemars n’existaient que trop bien.



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MessageSujet: Re: Deadnight Warriors {Rivka/Matthias}   Dim 22 Oct - 21:30

L’inconscient continue de se perdre dans ses rêves. Incapable de s’échapper de la prison du néant. Au lieu d’agir, il laisse l’espoir renaître de ses cendres. Probablement d’une naïveté et d’un idéalisme à frôler la bêtise. Rivka se demande vraiment vers quels horizons s’égarent ses pensées. Devenant un adepte de l’humour noir à chaque fois que l’angoisse grandit sournoisement. Elle a reçu l’éducation d’une fille de bonne famille. Dans l’obligation d’appliquer le règlement familial à la lettre. De faire preuve de sérieux et d’assiduité. Le retour à la réalité revenant toujours brutalement, lorsqu’elle regarde autour d’elle dans l’espoir de trouver une échappatoire. Il n’y a plus rien à voir. Enfermée en elle-même. Barricadée dans son cœur qui tambourine faiblement dans sa poitrine. La passion est interdite, et elle se contente de suivre les ordres de ses supérieurs, aveuglement, comme une brave petite fille. Ou de les imposer sans jamais hausser un sourcil. Montrant une forme d’autorité et de supériorité. Se voyant confier de hautes responsabilités après des années de dur labeur. La peur continue de lui ronger l’estomac, alors qu’elle sent que les ténèbres l’attendent pour la dévorer. Bien déterminée à vaincre ses démons, elle en arrive à la conclusion selon laquelle ils s’étoufferont. Il est hors de question de baisser les bras, même si loin du but.

Elle incarne une femme robuste. Solide comme un roc, même après toutes les épreuves traversées. Encaissant les chocs sans trop broncher, comme un valeureux soldat. Elle excelle dans la fabrication de masques de froideur. Y refoulant toutes ses émotions. Cachant des facettes plus sombres derrière des gestes emplis d’habiletés, un tailleur qui lui sied à la perfection, des mots soigneusement choisis. Elle a pourtant du mal à respirer. Elle a parfois l’impression de ne plus rien contrôler du tout. Il est difficile de se raccrocher à quelque chose de rassurant, d’oublier le gouffre qui s’ouvre sous nos pieds, lorsqu’on a tout perdu. Elle continue de lutter. Refuse de pleurer éternellement sur des cadavres. Parce que toute bonne cause le mérite. « Taisez-vous ! Je réfléchis… ». Le changement de ton ne présage rien de bon. Elle le corrige avec une fermeté déconcertante. Comme si le petit chef n’aspirait qu’à faire de lui un bon petit chien docile, adoptant un comportement serviable, se pliant à chaque requête. Se concentrant de toutes ses forces sur cette mission de survie, elle sent à peine cette lueur de suspicion consumer le regard de son allié. Tente de contrôler le tremblement incessant de ses membres. Elle étudie toutes les options qui s’offrent à elle.

Malicieuses, ses mains rencontrent les poches de sa veste, à la recherche d’une arme, d’un téléphone ou autres babioles. Rien. Toujours sous l’emprise de la rage et de la déception, elle en devient impolie et distante. « Le vouvoiement semblait plus approprié ». La respiration laborieuse, elle prend quand même le soin de répondre à sa question, d’une manière évasive. « Seulement dans les livres ». Refusant de lever le voile sur les théories élaborées par les membres du gouvernement. Conviée lors des réunions importantes. Elle reporte son attention sur le sac de billets. L’ironie de la situation ne lui échappe pas. « Je ne pense pas que ces créatures soient très vénales et prêtes à marchander, si vous voulez mon avis. Trouver des armes serait plus utile ». Elle lève les yeux au ciel, la bouche en cul de poule et le visage écarlate. Pourtant débarrassée de son uniforme qui lui colle encore à la peau. Elle enfouit son menton dans sa veste, pour lutter contre l’air frais qui lui fait grincer les dents. Avant que des hurlements stridents ne viennent marteler ses tympans, et que l’odeur piquante s’infiltre à travers ses narines.

Ses yeux roulent sous la nausée qu’elle sent venir, et de nouvelles bouffées de panique l’envahissent. La moue haineuse, les coups de pieds et les injures fusent. Mais la contre-attaque ne se fait pas attendre, et elle est violemment projetée dans les airs. La douleur la plie en deux, et elle se relève difficilement sur ses jambes. Elle doit prendre la fuite, et laisser les cadavres derrière elle. Se tirer avec Matthias dans une direction opposée, semble être la seule alternative possible. Le cœur battant à vive allure, elle se lance dans une nouvelle course effrénée. Les quelques rayons de soleil qui ressortent des nuages l’arrêtent dans son élan. Un sourire de soulagement s’étire sur ses lèvres, à mesure que la distance qui sépare la forêt de la vie citadine se réduit. « Je crois que nous sommes rentrés. Tout est redevenu normal ». Elle cherche le maître chanteur du regard. Il n’y a personne. La gorge sèche d’avoir trop marché, elle s’adresse à Matthias. « J’ai un long rapport à rédiger. Ravie de vous avoir connu ». Elle prend un air plus sérieux, lorsque son regard se perd sur un Matthias pratiquement à l'agonie. Elle jette un coup d’œil rapide à ses blessures, et prend l’initiative de le conduire à l'hôpital. En tant que citoyenne modèle. S'apprêtant à lui venir en aide, afin de franchir la végétation desséchée.

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MessageSujet: Re: Deadnight Warriors {Rivka/Matthias}   Dim 5 Nov - 15:18

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« Taisez-vous ! Je réfléchis… »

C’était impressionnant, vraiment, cette façon de le vouvoyer quand bien même ils étaient en plein film d’horreur. Une caractéristique des miliciens, peut-être même encore plus des miliciennes dont les corps taillés dans des marbres aux accents mythologiques se devaient d’être plus froid encore au sein d’une patriarchie dangereuse. « Le vouvoiement semblait plus approprié » Il cilla, lui jeta un regard plus ou moins médusé malgré lui, le geste clair en ramenant la masse de cheveux informe dont il était doté, en arrière. «On n’a pas toujours ce qu’on veut… sinon je serais présentement avec un coca dans mon salon. » Fit-il un peu plus décontenancé encore par l’attitude, comme si l’environnement étrange n’y suffisait pas.
Du reste, Matthias ne chercha pas à creuser. Les livres ça n’avait jamais été une grande passion chez lui, et pourtant, il ne doutait pas que tous les secrets du monde s’y trouvait. Il lisait trop lentement, les lignes et les mots parfois bougeant d’eux même devant ses yeux. Les maux de tête lui avaient toujours fait poser les ouvrages d’un air mécontent et légèrement honteux. Il en aimait pourtant les histoires et les aventures, les connaissances et la sonorité, mais il voyait dans les bibliothèques des sanctuaires qui lui étaient interdits et en concevait un léger ressentiment.

La réflexion roula, lointaine, écrasée par les pas rapides de Rivka sur le sol. « ATTENDS ! » Le moi était en suspens, tellement évident qu’il n’avait pas besoin d’être prononcés. Qu’aurait-elle pu attendre d’autre ? la mort qui rôdait sereine dans l’obscurité de ce monde ? Des bruits en cliquetis semblaient s’accrochaient à leurs talons dans leurs courses folles et Matthias n’arrivait pas à déterminer s’il s’agissait là des battements d’un cœur trop emballé ou de créatures ténébreuses glissant à toute allure au sol. Il lui semblait... il lui semblait voir ses arbres frémir de quelques vies cachées, l’éclat des cadavres au sol comme autant de trompe l’œil. Les branches sombres remuaient, les feuilles noirâtres s'agitaient comme sous l'effet d'un tourbillon de vent, et tombaient. Un froid intense s'empara de lui lorsqu'il vit des formes noires se déverser et s'élancer telle une marée vers la montée.

C’est là qu’il la sentit se détendre, une fraction de seconde, tout au plus, avec la même luminosité que le mince filet de soleil déchirant l’atmosphère macabre. Une brèche. Elle avait eu raison et ils avaient trouvés. « Saperlipopette… » Le paroxysme de l’incompréhension salvatrice. Le sourire qui s’étirait sur le visage de la brune se perdit en miroir sur le sien, oh le soulagement dans les entrailles ! Si terrifiant encore. « C’est pas le moment de penser au boulot.… j’ai besoin d’un verre. » D’un verre ou d’une bouteille. Qu’est-ce que c’était que ce bordel ? Des rumeurs sur des disparitions, sur des buveurs de sang et des créatures, il y en avait tant depuis des années maintenant. Des légendes urbaines que chacun disait avoir rencontré et combattu avec plus ou moins de chance, mais Matthias n’avait jamais frôlé d’aussi près tout ceci et il rattrapa la silhouette fine, des questions, il avait mille questions.

Il aurait aimé les poser.

Durant une fraction de seconde, Matthias connut une douleur tellement intense qu'elle allait au-delà de tout ce qu’il n’avait jamais éprouvé. C'était comme de tomber vivant dans un chaudron à viande. Tandis qu'il était brûlé, déchiqueté et malmené, il fut stupéfait que sa conscience puisse survivre aussi longtemps, alors que son corps n'était plus que des terminaisons nerveuses, de la peau et de la chair marqués au fer rouge sous du mucus épais et sirupeux.

Il avait glissé au sol, la tête se heurtant au cailloux et brindilles, happé par l’une des créatures aux dents pointues et à la gueule béante. Maintenu au sol par des pinces de la taille de son torse, Matthias hurla en sentant le liquide mielleux couleur de cristal acide lui tomber sur la chemise pour mieux la brûler. L’impression perdura sur la peau tandis qu’un vertige lui brouilla l’esprit. Il n’était pas mort dans l’arène pour terminer sa course dans un coin reculé d’une forêt perdue dans la Louisiane. Ses mains s’étirèrent, les doigts tendus vers n’importe quoi. Un coup de feu retentit qui fit geindre la bête et laissa juste assez d’espace pour que le poids d’une pierre envahisse sa paume. Matthias frappa de toute ses forces avant de rouler au sol et d’agripper une autre pierre, plus lourde, la lançant sur la face de la chose qui hors de son royaume froid fait de ténèbres, se mit à se recroqueviller sous les coups et les balles.

Le souffle fit une bulle de sang. Matthias tourna son visage endolori vers la brune revenue sur ses pas, suivit d'une autre chemise noire qui tenait l'arme toujours pointée vers lui.
Il avait voulu lui dire qu’elle ferait son rapport après mais un galimatias s’échappa de ses lèvres tandis que la brûlure au torse le ramena à lui-même. Un énorme bleu pourpre et incandescent sur sa peau le fit frémir et il tomba, inconscient.



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