AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Deadnight Warriors {Kriss/Mackenzie}

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 867
↳ Points : 287
↳ Arrivé depuis le : 27/08/2012
↳ Age : 26
↳ Avatar : Nobody
↳ Age du Personnage : 1 jour, 1 siècle, quelle importance ?
↳ Métier : Commère
↳ Opinion Politique : Partisan
↳ Playlist : Imagine Dragons - Radioactive
↳ Citation : - In this life now you kill or die, or you die and kill. -
↳ Multicomptes : Danny Clocker



les petits papiers
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Deadnight Warriors {Kriss/Mackenzie}   Dim 6 Aoû - 21:57


« Darkness Falls Across The Land »


Deadnight Warriors




La rumeur qui grandit, qui enfle de plus en plus. Et finit par vous atteindre de plein fouet. Vous ne vous rendez pourtant compte de rien. Pas au début, tout du moins. L'endroit où vous vous trouvez semble tout à fait normal. Vous ne ressentez rien de particulier. Rien d'autre que la présence de votre interlocuteur. Rien qui ne laisse présager de ce qui vous attend. Aucun signe alarmant, aucun facteur particulier qui aurait pu vous rendre méfiant, encore moins vous mettre la puce à l'oreille. Que la tension palpable et caractéristique de l'endroit dans lequel vous évoluez. Vous n'en avez aucune idée mais pourtant, en quelques instants, quelques secondes à peine, vous basculez dans un autre univers.

La transition se fait dans la plus grande douceur pour endormir les suspicions. La brèche que vous traversez est invisible, impalpable. Vous pénétrez dans l'autre monde sans le savoir et faites votre entrée dans les ténèbres sans vous en rendre compte. Pas dans l'immédiat. Le décor ne change presque pas et vous abandonnez Through The Never pour sa reproduction identique et apocalyptique située à Darkness Falls. Cette version des Enfers encore habitée par des créatures voraces, des monstres affamés qui n'aspirent qu'à vous dévorer les entrailles et vous détruire à petit feu. La promesse de longs moments de torture insupportable si vous vous laissez attraper. Elles vous attendent au tournant, les chimères dévastatrices. Atteindre une issue, une autre brèche vers le monde réel, reste votre meilleure chance de survie. Mais ces dernières se font rares et surtout très aléatoires. Alors, restez sur vos gardes si vous ne voulez pas rester piégés dans les limbes et y perdre bien plus que la raison.

Ordre de passage:
   1 - @Kriss M. Grimm
   2 - @Mackenzie Caulfield

 

 

 

 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t1-contexte

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 396
↳ Points : 136
↳ Arrivé depuis le : 05/07/2017
↳ Age : 27
↳ Avatar : Lou de Laage
↳ Age du Personnage : 22 ans
↳ Métier : Voleuse, Joueuse, Traqueuse, Tueuse, Mercenaire
↳ Opinion Politique : Indifférente
↳ Niveau de Compétences : Niveau 1 - Baby Monster
↳ Playlist : Between the bars - Elliott Smith ¦ Seven Nation Army - The White Stripes ¦ John and Jehn - Vampire ¦ Bashung - Madame Rêve ¦ Queen - Killer Queen

↳ Citation : To rise, first you must burn.
↳ Multicomptes : 0
↳ Couleur RP : Blanche



les petits papiers
↳ Copyright: CryingShame
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Deadnight Warriors {Kriss/Mackenzie}   Mar 8 Aoû - 11:04

Les heures glissent sur sa peau, la gercent de leurs fraicheurs, mordent ses joues, éclaircissent sa peau exsangue,  l’affament - elle grandie. La petite fille chasse, elle guette ses proies comme un petit chat, entre dans des chambres où l’âme solitaire se noie - Tue. Et chaque mort est une horde de souvenirs, ce que c’est d’être une femme, ce que c’est d’être une fille, ce que c’est d’être une mère. Dans l’océan de ces fragments sans suite, la créature apprends la beauté d’une demeure, la protection d’un habitat, l’idée du chez soi. Ce que Bastet est à l’Egypte et ce que la famille est aux hommes, cette chaleur omniprésente absente en son cœur.  Et si parfois elle se terre avec la dépouille macabre de ses restes, jamais Kriss ne reste auprès des souvenirs qui ne sont les siens, des souvenirs qui la blessent. Car tout crie là-bas qu’elle n’est pas chez elle. Car tout crie là-bas, va-t-en, ici ce n’est pas Toi.

La vérité la heurte comme un écueil, dans les méandres du labyrinthe, quelque part, ici ou ailleurs, le Minotaure a enterré le cercueil de son âme. Et ce qui reste n’est que le fantôme d’une personne. Un vide si profond qu’il n’est pas tant le symptôme que la maladie. Elle se meurt de n’être. Et elle a besoin d’être, d’avoir, pour davantage qu’un instant, lorsqu’un autre l’imagine et la possède. Kriss a le désir de se reconnaitre dans un miroir, le besoin de s’avoir se donner un nom sans douter même de son sens. Alors la chasseuse s’aventure ailleurs, plus loin, elle s’écarte de son territoire, traverse les rues, les ruelles. Dans des vêtements volés, elle arpente la Nouvelle Orléans., les cheveux lâches, électriques, caressant son visage. Elle est propre, il fait jour, elle ressemble à cette foule qu’elle traverse et même l’œil acéré des  miliciens ne la suspecte. Kriss est invisible au monde, spectatrice d’une effervescence qui ne lui inspire rien.

Kriss se cherche, s’imagine. Et si elle aperçoit parfois des âmes qui attirent son regard, étincelantes ou tristes, affamées ou bien trop amples, elle ne se sent familière d’aucun de ces corps, de ces gestes, de ces voix. Nulle attache ne la lie, rien ne fait sens. Il n’y a rien qui pourrait se répercuter dans le temps, rien qui n’accroche sa mémoire. C’est ainsi qu’elle traverse la ville, du Nord au Sud, pour découvrir enfin quelque chose. Une empreinte. Un endroit. Qui soit elle et ailleurs. Qui soit souvenir et vide. Qui soit beauté ancienne et jeunesse cauchemardesque. La métaphore de son âme en miette. Une demeure dont l’accès est difficile. Ce ne sont pas tant les buissons de roses géants des histoires noires pour petits enfants mais des herbes folles et hautes. Des petites bêtes qui déguerpissent à chacun de ses pas. Cette forteresse naturelle qui éloigne les étrangers.

Les portes s’ouvrent avec fracas et résonnent dans le noir de leurs bruits sourds. Elle entre. Les volets claquent au rythme du vent dehors, le reste est silence. Il fait nuit. Elle est entrée. La demeure est comme une seconde enveloppe autour d’elle, béante au monde comme sa plaie ouverte, mais entière, unique, complète. La maison est aussi ravagée par le temps que ce qui est encore en elle, cette chimère de personne. Et d’autant de souvenirs elle se gorge. Kriss passe la nuit à ouvrir les tiroirs, les portes, à se familiariser aux crissements de parquets et à caresser les meubles, de ses doigts fins, comme si chacun était une nouvelle note, la touche d’un piano, en noir et blanc, d’une mélopée grandissante.

Sa mélopée.
La Sienne.
Chez Elle.

En hauteur, une chambre. La fenêtre est brisée, une pierre fut lancée. Les éclats de verre jonchent le sol. Dehors il fait presque jour, mais le temps est gris, grisaille. Le temps est au jour ce que l’hiver est à la mort. Un prémisse, une idée, qui n’agace son œil, ni ne blesse ses paupières. Le lit est un peu en hauteur, le vieux tissu des baldaquins est déchiré et il y a longtemps peut-être, un pan de bois a brulé. Les draps sont poussiéreux et humides. Qu’importe, la jeune femme se roule en boule, et, alors que les oiseaux se réveillent dehors, s’endort du plus profond des sommeils.




C’est une perle de sueur qui glisse le long de ton échine. Tes poings sont clos et du sang glisse le long de tes ongles. Tes yeux clos sont fermés si fort. C’est un mauvais rêve, un sentiment, le sentiment, encore, que quelque chose n’est pas à sa place. Les volets claquent. Mais rien, rien n’est aussi assourdissant que ton désordre intérieur. Tu cours, tu cours si vite dans ton rêve. Mais il est là, encore, à souffler son haleine monstrueuse sur ta nuque. Ton poing bat le drap. Encore. Plus fort. Mais rien ne te réveille. Il est là, si proche, si rapide, tu ne peux rien, il n’y a rien. Tu tombes. Et ton hurlement résonne dans la maison vide. Un hurlement terrible, désespéré, furieux. Une énième défaite.

La panique enserre ton cœur jeune. Tu te refugie dans un coin de ton lit, les bras autour de tes genoux. Tu regardes, tu guettes sa présence. Et pourtant tout semble normal, la chambre est bercée par une lumière chaude, tu as dormi jusqu’aux heures presque calmes d’une fin d’après-midi. Dehors, le monde semble identique à celui que tu as quitté. Et si se dessinent les méandres sordides d’un labyrinthe, une certaine paix s’en dégage.  

Il n’y a pas de Minotaure, pas de Monstres. Et pourtant, pourtant, ce frisson le long de ton échine, il ne te quitte pas. Les bruits de la maison te semblent différents. Plus lents, plus rapides, le battement des volets. Filtrée presque, la lumière du dehors. C’est impossible, et pourtant, il te semble que tu n’as quitté ton rêve, que tu es piégée, encore, dans une illusion fantasmagorique. Tes jambes se déplient, ton instinct te hurle de courir, mais tu restes presque calme. Dans le couloir tu avances à pas de chat. Te retournant parfois brutalement, mais rien ni personne ne semble te poursuivre. Seul le sentiment persiste. Ce sentiment d’être la proie de quelque chose ou de quelqu’un. Ce sentiment terrible qui rend ton œil paranoïaque et ton souffle rapide. Sur le mur les peintures se déforment et les illustres d’hier deviennent les monstres de demain.

La lumière dehors semble différente, les couloirs plus longs. Tu cours maintenant et dévales les escaliers pour rejoindre la cuisine. La lame la plus longue, au saillant le plus vif, te semble de meilleur présage que celle qui brise les os. Tu t’empares d’elle comme s’il s’agissait d’une vieille amie alors que son pommeau déjà abime ta main frêle. Tu es prête. Qu’il vienne. Au loin, un bruit, tu devrais courir, t’enfuir, encore une fois, mais ce n’est pas tout à fait le souffle de la mort qui électrifie ta chevelure, c’est plus un bruit de ce monde, un bruit de maladresse, un craquement de maison. C’est un bruit que tu reconnais et qui ne te fais pas tant peur. Les sens en éveil, tu t’avances le plus silencieusement possible. L’arme pointée, tu te prépares à tuer le monstre. Et alors que tu entends un nouveau frémissement, tu bondis sur ta proie.

Mais ce n’est qu’une Ombre que tu bouscules. Et ce monstre que tu menaces de ta lame, ressemble davantage à une femme honnête qu’à une créature malveillante.  Un instant tu te statufies, tes yeux la contemplent. Elle est Elle et Femme, étrangère et inconnue. Mais elle n’a ni les crocs, ni les cornes, et son visage ne se déchire en aucune grimace menaçante. A dire vrai, sa couleur de peau, son visage, son allure te semble davantage réel que le reste autour. La maison ne ressemble déjà plus qu’à une version plus noire de toi-même, que tu reconnais presque. Un mal sinueux, glissant le long des fissures, sur les murs, une noirceur presque lumineuse qui avale les contours et les ombres autour, plus grandes, mouvantes, avalant les dernières lueurs chaudes. Un bruit sourd résonne en haut. Tes yeux s’élèvent, puis retombent sur la jeune femme blonde, suspicieux.


Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que tu as fait ?


Et dans l’enfer clair de tes yeux transparents, les reflets de Jade semblent pleins de doutes. Est-ce le rêve ou le cauchemar ? Est-ce l’illusion, l’illusion d’autrefois qui revient comme une réminiscence. Un fragment d’hier. Est-ce ta mémoire qui se noie, et ton âme qui ne sait s’en remettre qu’à l’enfer ? Immobile, statufiée, le visage transformé par les ombres, tu gardes l’innocence de l’enfance, mais la lame, dans ta main, est prête à frapper. Il y a quelque chose de diffèrent, quelque chose qui cloche, et le monde autour de toi se transforme en sa métaphore cruelle. Seule l’inconnue te raccroche à la réalité. Seule l’inconnue suggère que tu n’es plus dans ton rêve.

Mais si ce n’est Elle, alors, est-ce toi le Monstre ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4970-kriss-m-grimm

Invité
Invité

avatar





MessageSujet: Re: Deadnight Warriors {Kriss/Mackenzie}   Mer 16 Aoû - 23:06




Trop de bruit autour, trop de chahut dedans. Trop d’interférences dans son esprit dérangé. Trop de monde qui la frôle, trop de voix qui s’entrechoquent. Résonnent contre ses tympans fragiles. Ouïe sensible, aussi sensible que l’enveloppe qui la supporte. Épiderme endossé à vif, sans armure. Déguisement salvateur laissé au placard depuis des semaines maintenant. L’impression de déambuler à coeur ouvert, l’échine décharnée et la colère flanquée au corps. Incapable de se contrôler, l’australienne est en proie à ses démons les plus terribles et les plus malsains. Trop faible pour les combattre, trop écorchée pour les faire partir. Détruite, abimée par une vie qui en contient plusieurs. À tel point qu’elle ne se reconnaît plus vraiment. Sans parler de son reflet qu’elle ne veut même plus apercevoir. Son laboratoire lui a longtemps apporté le réconfort dont elle avait besoin, ce sentiment de sécurité et de familiarité qui lui manquait cruellement. Ce temps est révolu. Elle ne se sent plus vraiment à son aise dans cet environnement qu’elle avait pourtant forgé à son image. À croire qu’elle n’est plus identique à ce qu’elle était il n’y a encore pas si longtemps. Dealeuse, trafiquante, chimiste, revendeuse. Elle est passé par toutes les étapes. Devenant créatrice, productrice assez reconnue pour qu’on veuille la garder au sein d’une mafia à faire prospérer. Et c’est tout ce qu’elle a toujours voulu, au fond. Ce qu’elle pensait vouloir. Jusqu’à aujourd’hui. Jusqu’à ce que tout change.

Les certitudes deviennent floues et disparaissent peu à peu. Ne laissant derrières elles que des esquisses à peine entamées. Des ébauches qui ne seront jamais achevées. Des décisions qui ne seront jamais vraiment prises. Elle navigue entre deux marées, sans pouvoir les traverser. Sans pouvoir atteindre le rivage. Et les gens autour d’elle en paie le prix. Réalité compliquée à avaler quand elle n’est plus sûre de rien. Pas même de ce qu’elle est devenue. Elle se raccroche aux peu de faits certains qu’elle parvient à identifier. Son activité en fait partie. Dernière bribe de normalité dans son univers complètement décharné. Commande spéciale qu’on lui a passée, le client paie assez cher pour ne pas avoir à faire à un simple coursier. La blonde se déplace en personne, non pas par envie, elle serait volontiers restée enfermée encore un jour de plus. Mais surtout par conscience professionnelle, la seule qu’elle parvient à maintenir à peu près stable. Toutes les cases de son cerveau se mélangent, excepté celles qui peuvent avoir un rapport plus ou moins proche avec sa profession. Sa passion, depuis des lustres maintenant. Rendez-vous qui ne la rassure pas du tout quand elle respire l’air frais pour la toute première fois depuis des jours, des semaines, peu importe. Elle a perdu toute notion du temps. Plantée devant la demeure la plus tristement célèbre de toute la ville, la dealeuse achève sa cigarette. Une dernière bouffée, elle s’empoisonne à petit feu, anesthésie indispensable pour survivre au dehors. Le temps de retrouver ses repères.

Bâtisse hors du temps, l’insolente ne prend pas la peine d’un regard en sa direction. N’a pas de temps à accorder aux détails. Plus vite elle rentre, plus vite elle sort, et c’est tout ce qui lui importe vraiment. Livrer sa marchandise, recevoir son paiement et rentrer. Le pas se presse vers la porte d’entrée. Usage érodé, les gonds qui grincent quand elle les force à reprendre du service. L’atmosphère est lourde, pesante. En tout point propice à l’angoisse auquel elle est sujette. Elle ne remarque rien de particulier, dans cette maison flottant en rêve et réalité. Que le parquet qui craque et le vent qui s’engouffre dans les lézardes courant sur les murs. Incertaine, elle part en quête de sa proie. S’attend à tout, surtout au pire. Bien qu’elle ne s’imagine pas encore ce qui l’attend. Elle serait bien loin de comprendre, de saisir l’ampleur de sa venue ici. De l’endroit où elle se trouve et de ce que ce dernier renferme. Les prunelles avelines se promènent sur les tapisseries d’un autre âge. En quête du moindre indice synonyme d’un autre passage. Son client devrait déjà être là. Il devrait l’attendre et pourtant, la voilà à lui courir après. Le chercher, dans ce vieux bâtiment macabre qu’elle ne connaît pas. Elle jure intérieurement en s’enfonçant un peu plus dans le long couloir qu’elle surplombe. Des bruits se font entendre, venant de partout. Elle se sent oppressée. Observée. Les volets qui claquent, le bois qui travaille. Elle tente de se rassurer comme elle peut mais n’a qu’une envie. Sortir de là. Pourtant, quelque chose la pousse à continuer. À s’engouffrer encore un peu plus loin. Vision qui se trouble un instant avant de revenir à la normale en un battement de cils.

Elle croit devenir folle, si elle ne l’est pas déjà. Tout lui hurle de s’échapper en courant mais c’est comme si son corps et sa raison s’étaient dissociés. Comme dans un rêve. Incapable d’exécuter ce que son cerveau lui insuffle. Tout est étrangement sombre, comme si la lumière ne parvenait pas à passer au travers des carreaux salis et des rideaux poussiéreux. Le front plissé, la chimiste finit par accorder toute son attention à l’environnement qui la domine, bien malgré elle. Des bruits de pas qui se manifestent, elle soupire. Soupire de soulagement, alors qu’elle pense que c’est son client qui la rejoint enfin. Surprise non dissimulée quand elle découvre une jeune femme au détour d’un couloir. Lame aiguisée fermement attachée au poing, la brunette semble aussi perdue qu’elle peut l’être. « - Moi ? J’ai rien fait. Pas encore » Quelques mots qui lui arrachent la langue. Elle lève légèrement les mains pour bien mettre en évidence son innocence. Les traits de l’australienne sont tirés par la fatigue, l’épuisement, mais surtout alertés par la situation qui prend un tournant bien différent de celui qu’elle avait prévu. Ce qui la déstabilise encore plus. « - J’adorerais continuer à discuter avec toi mais avant, ce serait sympa d’éloigner un peu ton couteau de mon visage » Lame bien trop proche d’elle à ses yeux, un mouvement brusque et tout peut basculer. « - Est-ce que tu es seule ? Tu as entendu quelqu’un d’autre ? », articule-t-elle dans son immobilisme forcé. Approche calculée pour apaiser les tensions. Elle pense à l’arme à feu qu’elle porte à la ceinture, dissimulée sous sa veste. Celle qu’elle ne quitte pratiquement jamais quand elle met le pied dehors. La sortir précipitamment ne lui apporterait rien de bon. Que la méfiance de son vis-à-vis. Ou pire, une réaction un peu trop impulsive pour être anodine. Prudence, donc. La dealeuse va devoir se montrer patiente si elle veut se sortir de cette impasse, obstruée par une demoiselle dont elle peut d’ors et déjà sentir la fragilité.


Dernière édition par Mackenzie Caulfield le Lun 4 Sep - 23:13, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 396
↳ Points : 136
↳ Arrivé depuis le : 05/07/2017
↳ Age : 27
↳ Avatar : Lou de Laage
↳ Age du Personnage : 22 ans
↳ Métier : Voleuse, Joueuse, Traqueuse, Tueuse, Mercenaire
↳ Opinion Politique : Indifférente
↳ Niveau de Compétences : Niveau 1 - Baby Monster
↳ Playlist : Between the bars - Elliott Smith ¦ Seven Nation Army - The White Stripes ¦ John and Jehn - Vampire ¦ Bashung - Madame Rêve ¦ Queen - Killer Queen

↳ Citation : To rise, first you must burn.
↳ Multicomptes : 0
↳ Couleur RP : Blanche



les petits papiers
↳ Copyright: CryingShame
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Deadnight Warriors {Kriss/Mackenzie}   Lun 21 Aoû - 15:00

Les mains se lèvent, des mains pales, des mains blanches, des innocentes qui se déploient comme les ailes angéliques d’un papillon de soie. Elles ne battent comme celles, venimeuses, des papillons de nuit. L’air est silencieux entre les doigts, rien ne crépitent et rien ne crissent comme crissent les cheveux électriques de Kriss. Nul danger ne les habille, nulle violence ne les revêt. Ce sont les mains d’une artiste. Des mains fines, des mains féminines. A l’opposé des mains assassines de Kriss. Le poing levé se fait plus léger et la menace s’éloigne. Et s’il reste dans le cœur confus de Kriss une méfiance bien réelle, elle est vaguement endormie sous les mots conciliant de Mackenzie. Et s’il reste dans sa main une lame, l’extension de son âme, elle n’est plus qu’une lumière métallique qui habille l’ingénue et plus l’expression même de sa violence.

-Il n’y avait personne d’autre.

Personne d’autre. Et si c’était elle ? Et si c’était elle qui changeait tout ici ? Mackenzie ne semble la percevoir encore, cette noirceur envahissante. Et si c’était elle ? Et si c’était dans ses iris absinthes ? Dans ses yeux imprimés à jamais. Nulle demeure qui soit sienne ne pourra être en paix. Nul refuge, jamais, ne la protégea de ses monstres fantasmagoriques. Une empreinte sur sa rétine, une illusion, encore et à jamais. Et si la réalité se mélangeait à son rêve ?

Son instinct lui hurle de courir comme autrefois. Son instinct lui susurre de tuer, laisser une proie en arrière, laisser une âme pour les créatures qui dévorent, une proie pour que se repaisse le Minotaure. Un instant, court et chaste, elle l’envisage. Un instant, ses yeux se posent sur la jeune femme, des yeux clairs aux nuances cristallines, à la pupille si noire, si dilatée. Des yeux assassins. Mais un battement de cils avale la menace, la contient dans une parcelle plus profonde de son être, et déjà les yeux s’égarent sur le décor qui vire au cauchemar. Sur ses lèvres d’enfant, elle pose un doigt impérieux. Que l’inconnue se taise. Que l’inconnue se taise si elle ne veut pas être laissée pour compte. Car que ce soit dans la réalité ou dans son monde, elle est là et sa blondeur décolorée détonne dans l’univers de Kriss. Alors elle doit en respecter les règles, s’effrayer de la menace et se faire aussi petite que Kriss, le temps que celle-ci disparaisse.

Immobile, statufiée, Kriss est à l’écoute du moindre des crissements, du moindre souffle d’air, de la moindre tonalité différente. Son instinct est pareil à celui de ses bêtes sauvages et solitaires qui trop longtemps ont parcouru les labyrinthes de la mort. Ce n’est pas tant de la peur qui fait battre son cœur mais l’excitation de la traque qu’elle devine, ce rythme si habituel dans lequel elle puise une nouvelle sérénité. La menace est un voile qui étouffe son souffle. La menace est un souffle qui murmure à son oreille mille histoires illusoires. Glisse sur sa peau, cette sensation terrible d’être épiée. Ses yeux chassent l’ennemi mais ne s’échouent que sur des larmes noires, visqueuses, qui descendent les parois de son idylle demeure et la dévore de leurs noirceurs putrescentes. Le monde se rétrécit. Sa liberté chérie semble s’envoler alors que se déploient les nouvelles arrêtes d’un labyrinthe sans fin. Tout est étouffant. La lumière, les murs qui se gorgent de cette substance impure, et même l’air est douloureux. A chacune de ses aspirations, il semble plus lourd. Tombant dans ses bronches délicates, il est une entrave au moindre des soulèvements de sa cage thoracique. Il l’étouffe. Le doigt chute de ses lèvres, sa main s’empare de sa propre gorge alors qu’elle respire. La chaleur de sa peau la rassure, mais la menace est bien là. Et elle ne peut la broyer de ses doigts. Il lui faut retrouver un air pur.

Soudain, à l’étage, un hurlement déchire le silence tenu. Les ombres se meuvent et la voleuse d’énergie les perçoit presque comme si elles étaient des extensions de sa propre âme. D’un mouvement rapide, elle se rapproche du mur, entrainant avec elle l’inconnue. Les dissimulant furtivement de toute menace en les mettant dans un angle invisible. Après le hurlement, un silence. Derrière elles, contre le mur, la substance visqueuse glisse frôlant la peau de Kriss, la faisant frémir. Le danger lui semble si réel. Ses lèvres murmurent.

-Il faut fuir.

Ses yeux enfin, se plongent dans ceux de son inconnue. Plein de résolutions, ils brillent d’une nouvelle fureur. Kriss ne sait que fuir. Lentement, elle déploie son doigt et évoque ce qu’elle ressent au plus profond d’elle-même. Il y a une créature, qui fait craquer le parquet. A l’étage, prêt à descendre l’escalier. Il y a une créature, et elle peut presque sentir son souffle putride. Il y a une créature, une force lourde qui se meuve sans grande grâce et que son instinct de chasseresse ressent comme plus grosse qu’elle-même et peut-être même plus dangereuse. I l y a quelque chose et il faut fuir.

Son doigt enfin montre le chemin qui mène à la porte. Et ses yeux questionnent. Si l’étrangère tarde à se décider, Kriss s’échappera sans elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4970-kriss-m-grimm

Invité
Invité

avatar





MessageSujet: Re: Deadnight Warriors {Kriss/Mackenzie}   Lun 4 Sep - 23:12




Réalité qui s’efface doucement. Et la blonde, totalement coupée du monde réel depuis des semaines, qui ne se rend compte de rien. Transition opérée en douceur, pour mieux tromper ses victimes. Le voile traversé est imperceptible, impalpable. Une ombre qui se pose sur la peau frêle et disparaît aussitôt. Pas un souffle, pas un bruit. Que ses pas qui résonnent sur le parquet usé. Et le vent qui fait claquer les volets. Atmosphère macabre, presque morbide. Surtout pesante, étouffante. Elle peine à respirer normalement et c’est ce dernier élément qui la pousse à lever les yeux. Prunelles avelines qui distinguent à peine les formes qui se dessinent devant elles. Tout est sombre et indistinct. Le relief à l'air de se dérober sous ses paumes et elle ne parvient pas à percevoir la fin du couloir qui la surplombe. Tout comme le plafond qui l’écrase et l’effraie par le poids qu’il impose. La chimiste se met rapidement à tousser, quintes intempestives qu’elle ne parvient pas à réfréner. Quelque chose dans cet endroit lui enserre la poitrine et compresse sa cage thoracique, quelque chose qu’elle ne comprend pas. Qu’elle n’identifie pas. Des fragments qui lui explosent devant les yeux et lui brouillent la vue. Noirceur qui se densifie, chaque seconde un peu plus.

Violence intérieure qui s’intensifie quand la rivale se montre agressive, l’arme blanche à la poigne de fer. Consciente du danger, de l’instabilité de son vis-à-vis, l’australienne s’impose en médiatrice. Mains bien en évidence, levée vers le ciel pour prouver qu'elle reste bel et bien inoffensive. Elle n’a plus froid, Mackenzie. Contrairement à tout juste quelques secondes auparavant, elle n’a plus froid. Et c’est ce qui l’inquiète encore plus. Elle devrait sentir l’air glacé saisir le bout de ses doigts, et ronger ses phalanges. Il ne fait pas froid, à la Nouvelle-Orléans. Mais la damnée semble éprouver des sensations bien différentes de la normalité, ces derniers temps. Et l’isolement auquel elle s’est contrainte n’arrange rien à son état de fatigue permanent. Le froid, elle le ressent constamment, peu importe sa tenue, peu importe l’endroit où elle se trouve. Il semble l’habiter de l’intérieur et lui brûler les os. Mais ici, maintenant, elle n’a plus froid. C’est ce qui la frappe quand elle sort les mains de ses poches, en plus de tout le reste. Le timbre frêle qui résonne très peu dans leur univers, réponse cinglante à la tentative pratiquement vaine de la chimiste. Une réponse qui lui laisse un goût amer. S’il n’y a personne d’autre, alors son client n’est pas là, c’est un fait. Et l’idée de s’être déplacée pour rien la met plutôt en colère. Elle ne voulait pas sortir de son laboratoire, la voilà dehors en compagnie d’une jeune femme troublante et troublée. Au moins autant qu’elle. Elle tique un instant devant les traits fins de la demoiselle désanchantée. Les lèvres se pincent nerveusement, impétueusement quand l’inconnue lui indique de se taire. Geste impérieux pour l’australienne qui hausse un sourcil, campe sur ses jambes de son petit air hautain. Qui est-elle pour lui dire quoi faire ? Qui est-elle pour lui donner des ordres, à elle ? Pourtant, la blonde ne proteste pas. Pour une raison qu’elle ignore, elle ne bronche pas et s’enferme dans un silence tout aussi pesant que l’atmosphère qui les étouffe.

D’abord bien plus concentrée sur la brune que sur ce qui les entoure, la dealeuse ne prête pas grande attention aux dangers que sa rivale semble percevoir. Ils ne sont que des chimères pour elle. Lointaines et intangibles. Devenue sauvage, elle n’apprécie que très peu d’être interrompue dans sa course et aurait volontiers déjà fait demi-tour si la menace ne persistait pas. Douleur intérieure qui rapidement se change en géhenne physique. Respiration haletante et difficile. Les iris froides se promènent de haut en bas, s’horrifient de voir l’obscurité les enrober de toutes parts. Sans parler de cette substance impossible à identifier qui lézarde le long des murs couverts de vieilles tapisseries. Incompréhension totale. Elle a l’impression de suffoquer, incapable de respirer normalement, sa gorge l’irrite. Ses poumons se fatiguent à une vitesse folle et elle a l’impression de s’empoisonner à chaque bouffée. Bref regard vers la rivale qui ne le restera plus très longtemps, constat effarant que la voir souffrir autant qu’elle. Solitude partagée. Elle perd ses moyens, ne sait plus quoi faire ou quoi dire tant la situation la dépasse. Elle tente de recoller les morceaux, former une bribe de réponse tangible mais rien ne vient. Le hurlement qui brise le silence lui glace le sang. Elle se retrouve projetée contre un mur, entraînée par sa complice. Un frisson lui parcoure l’échine quand la substance horripilante glisse contre sa peau diaphane. Elle retient un sursaut, cachée dans l’ombre. La notion du danger commence doucement à lui parvenir. Mais c’est plus le fait de rester dans l’ignorance qui l’effraie complètement.

Fuir, dit-elle. C’est une évidence, en effet. Rester serait pure folie. La blonde hoche la tête, le front plissé, sincèrement inquiète de la situation qui se profile. Fuir, elle l’a déjà fait. Pratique courante pour la jeune femme qui a même provoqué bien pire que ça. Elle peut ressentir la dualité déchirer les tripes de l’inconnue, la peur aussi. Elle suit son regard, suit les ombres qui guident ses prunelles vers l’étage. Pas question de montrer ces escaliers, quelque chose se dégage de là-haut, quelque chose de bien plus dangereux que ce qu’elles peuvent imaginer. Elle en est certaine, elle peut le sentir. Sans pouvoir expliquer comment. Ni pourquoi. « - Viens », souffle-t-elle sèchement en attrapant le bras de la brune. Celui qu’elle tend déjà vers une éventuelle sortie. La seule porte qu’elle peut distinguer. La blonde prend les devants, attire sa complice avec elle, balaie la substance restée sur son épaule d’un revers de la mais. Persuadée que lorsqu’elle aura franchit le seuil de la demeure, tout aura disparu, qu’elle pourra retourner à sa normalité. Quelques enjambées suffisent, les doigts s’enroulent autour de la poignée alors qu’elle tient toujours fermement le poignet de l’inconnue. Elle ouvre la porte, s’apprête à prendre une grande bouffée d’air frais et retrouver la lumière du jour. Mais ce n’est que l’obscurité qui les accueille, tapissant de son ombre l’immense jardin de la propriété. Paysage aux allures d’œuvre horrifique, elle se retrouve contrainte de respirer un oxygène putréfié. Relâche sa prise en se mettant à tousser, avant de s’avancer de quelques pas seulement. Pose des yeux déçus et colériques sur l’évidence qu’elle distingue, trônant comme le plus brillant des trophées dans un vitrine, le labyrinthe comme unique porte de sortie.
Revenir en haut Aller en bas

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 396
↳ Points : 136
↳ Arrivé depuis le : 05/07/2017
↳ Age : 27
↳ Avatar : Lou de Laage
↳ Age du Personnage : 22 ans
↳ Métier : Voleuse, Joueuse, Traqueuse, Tueuse, Mercenaire
↳ Opinion Politique : Indifférente
↳ Niveau de Compétences : Niveau 1 - Baby Monster
↳ Playlist : Between the bars - Elliott Smith ¦ Seven Nation Army - The White Stripes ¦ John and Jehn - Vampire ¦ Bashung - Madame Rêve ¦ Queen - Killer Queen

↳ Citation : To rise, first you must burn.
↳ Multicomptes : 0
↳ Couleur RP : Blanche



les petits papiers
↳ Copyright: CryingShame
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Deadnight Warriors {Kriss/Mackenzie}   Lun 11 Sep - 14:50

La créature est une ombre menaçante, les élancements d’une âme décharnée, à la noirceur amère et à la faim insatiable. La créature est un monstre dont elle imagine les contours et la carcasse dans les légères variations d’ombres, dans son pas lourd et dans les raclements des griffes ou peut-être des os sur les surfaces putrescentes.  L’Ariane du Minotaure a les sens en ébullition que chevauche une imagination en clair-obscur. Elle peut presque percevoir son souffle, une haleine lourde, corrosive, un souffle plein de râles, de feulements, des narines grandes ouvertes, saillantes, pour percevoir ses proies. Son imaginaire débordant de vices dessine une créature cruelle, immense, plein d’os et de crocs. Son imaginaire se perd dans le décombre de dessins vains, car des ombres elle n’a encore la maitrise, et rien de ce qu’elle perçoit n’est clair.

La noirceur de l’air, la lourdeur de ce monde nouveau se pose sur ses épaules fines. Et ses muscles se tendent, tous et tous ensemble.  Son corps se transforme. Elle qui parfois se laisse à des postures légères, une fleur qu’effleure de son pas la vie comme le chemin, ses mains caressant les murs,  si fragile, aussi mouvante que son reflet dans l’eau, la chevelure malmenée de brise en brise. Elle qui parfois ressemble  à ses princesses désenchantées, porcelaines fanées, noyées que la marée porte, de port en port, de rivages en berges. Elle, elle se métamorphose. Alors que la noirceur envahie son monde, épouse son ombre, et que le monstre se rapproche, Kriss brule d’un nouveau feu, rayonne d’une énergie nouvelle, différente. Son visage fin semble plus dur, la résolution brille dans sa pupille. Ses muscles souples se transforment, elle semble sur des ressorts, prête au combat, électrique. Et qu’importe que sa seule arme soit une lame, qu’importe qu’elle n’ait que ses ongles pour griffes et ses dents pour crocs. Si l’affrontement s’en vient, et que fuir n’est plus une option, elle prendra le Minotaure par les cornes et mourra en combattante. Elle et, elle l’espère, sa compagne étrangère.

Dans les yeux sans fond de l’étrangère, de vapeurs exsangues et de pupilles plein de faim, il y a l’édifice fragile d’une peur enfin réelle. L’angoisse et l’inquiétude passent comme des vagues, la tétanisant pour ensuite la laisser se mouvoir, respirer et percevoir. Sables mouvantes, les cils si longs de son regard bleu rappellent à Kriss les échos de quelques drames hallucinatoires et les addictions de ceux qui se délaissent dans un monde pale, gris, de vapeurs et d’ennui quand la poudre se fait rare ou la substance intouchable.  L’agacement si habituel aux junkies, cette impulsion sourde, d’absence et d’un trop de présence soudaine, cette vivacité sèche, les perceptions qui s’altèrent et la grisaille qui s’accroche à leurs peaux.  L’étrangère lui rappelle les ombres détachées du monde, qu’elle fréquente parfois, qu’elle envie si souvent, alors qu’imperceptibles sont les présents addictifs sur son sang noir ou si rares les effets. Instable peut-être, elle l’imagine s’emporter. Il faudra faire attention, attention à elle. Attention à la paix. Car si Kriss n’est qu’à moitié dans le réel, elle est toute entière dans la chasse, jamais plus présente qu’en danger, jamais plus terre à terre que quand il s’agit de fuir ou de combattre. L’instinct de la chasse, l’instinct de la proie, l’instinct du prédateur. Inscrit dans sa peau, comme cette morsure qu’elle porte comme une fierté. Tatoué dans son âme dans les méandres torsadés de labyrinthes immuables.

La femme se saisit d’elle, referme sa main sur son poignet et serre les os comme se serrent les dents de Kriss. En silence, sans un mot, Kriss maudit cette sensation d’entrainement. La sauvage n’aime aucun lien qui se referme autour de sa peau, piège sans délicatesse dans un mouvement qui n’est le sien. Comme une entrave à  sa liberté, elle a la sensation glacée d’être pris pour une poupée. Une paranoïa passagère, séquelle d’un ancien temps, quand autrefois, on lui donnait la main, à toute heure et de tout temps, quand elle était une enfant du destin, destiné au vide et aux abimes sans perception. On lui tenait la main, l’habillait, la nourrissait. Autrefois sa liberté était en cage dans le labyrinthe cruel de son propre subconscient. Kriss déteste qu’on la possède de nouveau comme si elle était toujours cette coquille vide. Et puis, si elle doit avancer en silence, si elle doit être plus légère que le chat et plus rapide que le faucon, elle ne le peut sans son équilibre propre. Le sien, à elle, cette ligne le long de son corps, d’énergie profonde, furtive. Elle doit pouvoir courir. Son corps a son propre rythme, son corps sait fuir. Elle serre les dents mais ses lèvres se taisent. La peau tiède de l’étrangère est ferme, l’animal se fait sage.

On lui ordonne, elle court. La porte derrière elles se referme bruyamment. Dans son âme le son résonne, encore et encore. Tout s’accélère, tout se prépare à une accélération brutale. Elle peut sentir pulser son cœur dans sa cage thoracique. Tout s’accélère, tout s’accélérera mais  l’instant lui-même s’étends dans le temps, chat paresseux qui s’étire, s’étire et s’étire encore. Des yeux mi-clos, une image qui se dessine, l’espace différent, elles sont ailleurs, c’est certain. Un monde imaginaire, de plantes tentaculaires, d’ombres menaçantes, enserrées dans les ténèbres, qu’une lumière putrescente couvre de laideurs. Kriss reste étrangement calme, elle respire lentement, prenant son temps, habituant ses bronches à la lourdeur invasive de l’air épais. Dans l’œil du cyclone, ce monstre éprouvant. Dans l’œil du cyclone, quelques secondes au calme. C’est comme un nouveau jeu, c’est comme chaque fois qu’elle se retrouve devant un nouveau labyrinthe, juste après avoir perdu, juste après que le Minotaure ai dévoré son âme. C’est comme à chaque fois. Le silence qu’annonce la tempête. Alors que sa compagne tousse, sons aigus et sourds qui traverse le calme de l’instant présent et appellent les monstres, elle enserre de sa main le poignet malmené. Elle ferme ses doigts sur les traces chaudes de Mack. Murmure, comme si l’air étouffait sa voix. Murmure, dans l’œil du cyclone avant que la tempête ne les atteigne.  

-Ne fais pas de bruit.


Mal est fait. L’œil se déchire, la paupière se ferme et les ténèbres tombent. Le monstre a entendu. La porte, la toux. Ou peut-être leurs odeurs. Qu’importe. Le monstre n’est plus en veille, le monstre chasse. D’un bond la splendide créature franchis une vitre. Les milles éclats de verres traversent le ciel, tombant plus lentement comme s’ils traversaient l’air, tranchait l’épaisseur lourde. Milles échardes cruelles, fragments brutaux, qui pourraient traverser leurs peaux. Mais passent à côté d’elles et ne blessent l’animal. Elles chutent du ciel dans un bruit cristallin. Comme une pluie de lames. Comme une pluie de larmes. Une nuée claire aiguë, la symphonie d’une brisure. Le temps se déchire et si rien ne dure, la tempête a l’amer gout de déjà-vu.

Une incarnation de la beauté morbide, l’animal, dans son cruel, a la gueule immense et le souffle fort. Dans ses yeux malins, du même vert que ceux de la belle, une faim sans fond. La mort, la mort l’appelle. Et la chasse, la chasse commence. Quelques instants encore, alors que statufiée Kriss ne bouge, il les regarde. Sa tête ondule lentement, il attend le moindre mouvement brusque pour se jeter sur elles. Il n’est pas temps de courir, pas temps de fuir, pas encore. Lentement Kriss lève sa main ouverte comme pour dire à Mack, qu’elle n’ose regarder, de ne pas bouger. Les yeux fixes, alors qu’elle admire le monstre, elle perçoit les griffes qui ont mordu le parquet, elle découvre des crocs longs et noirs. Magnifique instrument de la mort, la créature, dans son superbe, la fascine. Comme elle aimerait s’allier à pareille créature de la nuit, chevaucher sa croupe, chasser du même souffle. Mais hélas, l’animal les regarde comme s’il découvrait de nouvelles proies et non de nouvelles compagnes.

Kriss parle, comme si elle jouait à un de ces jeux d’enfant. La voix calme, et pour la première fois enfin, ce n’est pas un murmure ou  un souffle, c’est sa voix, posée sur le velours de l’air putride, qui épouse l’air et s’élance, forte  et sure.

-Trois.

La créature la regarde, droit dans les yeux. Elle feule doucement, s’agace. Le monstre félin est si proche, Kriss entend l’air qui pénètre sa gueule, gorge sa cage thoracique, fait vivre son organisme bruyant.  Une gueule immense qui ne semble perturbée par l’air lourd. La créature fait partie du rêve, la créature est le nouveau Minotaure. Elle est le monstre de leur histoire.

-Deux.


La voix est plus douce. La créature secoue son corps de toutes ses forces, faisant tomber les derniers morceaux de verre, s’ébrouant comme un chien. La créature est si proche qu’un fragment de verre glisse le long de la peau de Kriss, sur son visage, laissant s’échapper un fin filet de sang noir.  Une larme malsaine sur son visage d’ange. Kriss reste insensible, immobile, sans perdre son décompte.

-Un.


C’est le signal, son signal, à Mack – puisse-t-elle le comprendre. D’un geste rapide, Kriss lance sa lame sur la créature. Puis sans attendre, se retourne et court le plus vite possible. Légère, elle passe près de Mack, qu’elle effleure de sa main, l’invitant à courir, l’invitant à la suivre.  

-Vite, le labyrinthe.


Kriss s’élance dans  le labyrinthe sans un regard pour le monstre qui hurle derrière elles. La créature a l’œil qui saigne alors que la lame, enfoncée entre les paupières, brule son regard. Furieuse, la féline putrescente tente de retirer la lame d’un coup de sa patte puissante, blessant plus encore son visage. Dans l’air lourd résonne son hurlement  de douleur, elle abandonne la lame sur son visage et reprends sa course. Maudites soit-elles, elles paieront pour l’offense.

Et même le labyrinthe ne sera suffisamment grand, suffisamment profond, suffisamment sinueux pour les protéger de sa fureur.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4970-kriss-m-grimm

Invité
Invité

avatar





MessageSujet: Re: Deadnight Warriors {Kriss/Mackenzie}   Mer 20 Sep - 15:45




La menace semble permanente dans cette atmosphère cadavérique. Les ombres qui les défient et les surplombent comme autant de risques qu’elles prennent à rester dans cet endroit. L’esprit divague un instant, jure intérieurement d’avoir quitté sa zone de confort. Une seconde plus tard, la chimiste reprend brutalement pieds dans la réalité qui les entoure. Rien ne paraît vraiment réel, pourtant. Cauchemar qui se prolonge pour son plus grand désespoir. La matière visqueuse qui lui glisse sur l’épaule et racle son épiderme pâle la dégoute. Elle grimace, étouffe. Peine à respirer. La cage thoracique comprimée par la peur et les poumons encombrés par les particules flottant dans l’air trop lourd. Il devient difficile pour ses prunelles avelines de distinguer les silhouettes alentours. Ne subsiste que celle de sa prétendue alliée. L’inconnue embarquée dans cet Enfer avec elle. Tout aussi involontairement. Le hasard est un poison comme un autre en qui l’australienne n’a pas confiance. Ayant toutes les raisons du monde de s’en méfier. C’est bien lui qui l’a entraînée dans cette situation troublante, sans qu’elle ne puisse rien y faire. Sans qu’elle ne puisse s’y opposer. Tous ses muscles se tendent à l’extrême, ses nerfs en font de même. Irrémédiablement. Les poings se serrent encore un peu plus en entraînant l’inconnue vers la seule porte de sortie qu’il leur reste. Plus d’autre choix possible, plus d’autre solution envisageable. La menace est trop grande. Gronde. Elle peut la sentir peser sur elles. L’issue paraît simple mais la noirceur les enveloppe de sa complexité ambigüe et insolvable.

L’ordre lui vient naturellement. Directive qui n’est pas contrôlée mais résulte de l’instinct de survie prononcé. Elle se met à courir vers la porte dont elle distingue à peine les contours, au bout du couloir qui les écrase. Le palpitant s’emballe entre les côtes et le souffle de la blonde est court. Elle ne pense qu’à l’air frais qu’elle espère trouver derrière la cloison morbide. Les bronches ne parviennent plus à faire le tri et absorbent tout ce qu’elles ingèrent. Elle s’empoisonne à petit feu sans pouvoir inverser la tendance. Comprendre ne fait plus partie de ses priorités. Elle se fiche de savoir où elles ont atterri, puisqu’il semble évident qu’elles ne sont plus totalement là où elles devraient être. Elle ne pense qu’à échapper à ce qui les attend. Et retrouver la sécurité habituelle de son laboratoire au plus vite. Quitter ce monde macabre dont elle ne saisit pas l’origine. La blonde lâche finalement sa prise, jugeant la sauvageonne assez raisonnable pour ne pas s’enfuir. Elle n’a aucune chance de s’en sortir seule, elle en est bien consciente. Silence pesant qui ne présage rien de bon. Sur le seuil de la demeure, c’est un jardin horrifique qui se dessine devant elles. L’australienne ne respire pas mieux dehors que dedans, le déplore en soupirant. L’ordre donné la laisse perplexe mais la dealeuse ne s’en offusque pas. Obéit du mieux qu’elle peut en retenant les quintes de toux qui l’assaillent. Peine à ne pas laisser éclater sa douleur physique. Junkie assumée qui n’est pas faites pour les environnements pollués. Organisme bien trop mis à mal pour survivre dans un tel endroit. Le bruit attire la créature qui grogne au loin et les membres de Mackenzie se crispent, tétanisés par la peur.

Fracas indescriptible. Le monstre traverse les vitres de l’étage et retombe un peu plus loin. Les éclats de verre fendent l’air lourdement, manquent de les blesser toutes les deux mais elles semblent éviter le pire. La blonde se protège les yeux pendant quelques secondes avant de poser ses prunelles sur la créature qui les a prises en chasse. Elle a la grâce du félin et la cruauté de la bête. Gueule immense contre laquelle elles n’ont aucune chance. Un goût de mort lui tapisse le palais en découvrant l’absurdité qui les menace. Comment cela est-il seulement possible ? Les deux femmes restent immobiles, tout comme l’animal qui les jauge à distance. Le monstre semble les mettre en garde. Les prévenir, qu’au moindre mouvement, c’est leur salut qui les attend. Un plaisir malsain que de regarder l’espoir s’évanouir dans les yeux de sa proie. Les iris ambrées de la chimiste parcourent la silhouette féroce de la bête, ses crocs effrayants et ses griffes capables d’éventrer la terre elle-même. Instrument du chaos qui lui coupe le souffle. La brune à ses côtés se met à bouger lentement. À compter. Trois. L’animal se met à grogner, domine l’univers dans son ensemble. Ce sont elles les intrus dans cette demeure. Deux. Le crissement de débris de verre qui s’échouent sur le sol visqueux. Douce mélodie annonciatrice du pire, le monstre prêt à bondir. Un. L’inconnue passe à l’action et lance son couteau vers la créature. Mack reste pantoise mais ne cherche pas à comprendre. La dernière image qu’elle perçoit avant de se mettre à courir est celle de l’animal qui hurle de tout son coffre en se tordant de douleur. Comme un animal en colère. Un animal blessé. Aveuglé.

La dealeuse ne se fait pas prier, s’enfuit aussi vite que ses jambes et son organisme affaibli le lui permettent. Elle suit la brune qui la devance, sans regarder derrière. Son premier réflexe est de se saisir de son arme. La blonde empoigne le pistolet qu’elle garde à sa ceinture, unique protection contre les menaces quotidiennes relatives à ses fonctions. Certainement bien inutile dans leur situation. Elle s’engouffre dans le labyrinthe à la suite de la sauvage, la rattrape non sans difficulté. Le montre à leurs trousses, elle ne seront pas assez rapides pour le semer. Mackenzie court sans s’arrêter, arpente le chemin sinueux qu’elles se retrouvent contraintes d’emprunter. Gauche, droite. Elle perd le sens des directions. Uniquement guidée par les cris du monstre qui les suit. Son seul désire est de s’en éloigner le plus possible, mais elle se rend bien vite compte que cette solution ne les sauvera pas. Les jambes qui faiblissent, elle ne pourra pas continuer à s’enfuir indéfiniment. La fatigue la gagne bien trop rapidement. Alors elle pense. Réfléchi. Et s’arrête, sans prévenir. Au détour d’une allée, elle stoppe brutalement sa course, écoute les bruits alentours, observe tout ce qu’elle peut observer. Elle se retourne et déjà, peut voir la bête qui s’approche dangereusement. Emportant tout sur son passage, emportée par sa fureur. Certainement prise de folie, ou se croyant prisonnière d’un rêve dont seul la mort peut la délivrer, Mack se tient là. Plantée sur ses deux jambes, prête à accueillir le monstre qui fonce droit sur elle. La blonde resserre l’étreinte de ses doigts autour de son arme. Attend. Encore et encore. Jusqu’au dernier instant. Jusqu’au dernier moment. Jusqu’à ce que la gueule béante de l’animal soit assez près pour qu’elle en distingue l’intérieur, chaque crocs acéré, chaque aspérité. Assez près pour le sang du monstre blessé l’atteigne et que quelques gouttes lui tombent sur le visage. Vision d’horreur, grognement sourd. Elle tend le bras, et, dans un hurlement, vide son chargeur.
Revenir en haut Aller en bas

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 396
↳ Points : 136
↳ Arrivé depuis le : 05/07/2017
↳ Age : 27
↳ Avatar : Lou de Laage
↳ Age du Personnage : 22 ans
↳ Métier : Voleuse, Joueuse, Traqueuse, Tueuse, Mercenaire
↳ Opinion Politique : Indifférente
↳ Niveau de Compétences : Niveau 1 - Baby Monster
↳ Playlist : Between the bars - Elliott Smith ¦ Seven Nation Army - The White Stripes ¦ John and Jehn - Vampire ¦ Bashung - Madame Rêve ¦ Queen - Killer Queen

↳ Citation : To rise, first you must burn.
↳ Multicomptes : 0
↳ Couleur RP : Blanche



les petits papiers
↳ Copyright: CryingShame
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Deadnight Warriors {Kriss/Mackenzie}   Ven 22 Sep - 12:25

Les épines noires des roses putrescentes sont ce que la jalousie est à l’amour, un poison cruel, une ramification malfaisante d’une histoire en rouge et noire. Des excroissances nerveuses, les synapses brûlantes de ce réseau de mailles, de ronces, qu’épousent les arbres et les buissons. Les épines noires sont le venin sinueux du labyrinthe, son arme la plus innocente alors qu’elles attendent que les peaux tendres se glissent tout contre elles. Métaphore désenchantée de la beauté amoureuse, elles ont la finesse et le piquant de l’aiguille. Les rosiers  sont légions, entortillés les uns dans les autres, parfois plus grands qu’elles alors que les jeunes femmes courent le long des couloirs du labyrinthe. Parfois ils disparaissent et l’air semble moins étouffant. Parfois ils les recouvrent, les enferment dans ce qui devait être autrefois un joli couloir fleuri.  Et alors, le monde se referme autour d’elles, et leurs rétines ne perçoivent plus que le piquant des épines. Elles sont prises au piège. Plus elles s’enfoncent dans le labyrinthe et plus la corde se resserre autour de leur cou. Et le jardin silencieux, et les fleurs affamées, ne bruissent ni ne murmurent, les ronces sont faussement endormies, elles attendent patiemment que les jeunes femmes se perdent dans les lianes tortueuses des couloirs sinueux du labyrinthe.

Le feu de son corps se déploie dans ses membres. Elle brûle. Ses jambes en feu, à l’agonie, ne ralentissent ni ne se languissent, elles déguerpissent. Sa trachée, incendie douloureux, avale l’air plus qu’elle ne le respire. Son cœur, son cœur au sang si épais, bat si fort dans sa cage thoracique que de chacun de ses battements, une douleur fulgurante traverse sa poitrine. Ce feu, cette violence physique qu’elle ressent, Kriss ne la connait pas, pas vraiment. Dans son rêve, dans son illusion, Kriss courrait, c’est vrai, mais avec la légèreté des enfants que rien n’arrête. Son corps  était sportif, elle était endurante. Elle rêvait et son âme rapide déjouait les pièges du Minotaure. Et dans son rêve, le labyrinthe décrivait les mêmes boucles incessantes et les impasses étaient tout autant nombreuses. Dans ses cauchemars, illusion cruelle, métaphore ardente, le labyrinthe était tant d’épreuves, parfois davantage psychologiques que physiques, que ce n’était pas tant courir qui était douloureux, mais survivre, malgré les plaies et les images. Alors ce feu qui brûle ses membres, ce souffle qui manque, Kriss les ignore, Kriss les oublie, elle ne voit que ce que ses paupières ouvertes découvrent. Les tournants, les fleurs mortes, les carrefours et même, parfois, les statues morbides.

Et le labyrinthe, le labyrinthe est toujours le même, toujours différent. La rosace amoureuse des sens interdits s’habille seulement d’un semblant de clair-obscur, plus obscur que clair, alors que les milles tourments de Darkness Falls la revêtent de sa dentelle visqueuse. Les lumières sont différentes mais l’histoire est la même, le labyrinthe n’a pas de fin, elle enchaîne les intersections auprès de sa compagne sans en percevoir le bout. Le labyrinthe, lui-même, n’est pas vraiment important, c’est la course du monstre qui les anime. Le monstre dont elle sent la présence, perçoit la fureur et le souffle. Le monstre de son âme qui chevauche ses rêves pour la dévorer.  Un monstre qui hurle, parfois, pour ne pas qu’elle en oublie sa damnation.

L’étrangère disparaît soudain. Ses jambes ne rythment plus les siennes, et son souffle fort ne la guide plus dans les ténèbres. L’étrangère n’est plus. Kriss arrête sa course et revient sur ses pas, soudain partagée entre ce sentiment d’appartenance qu’ont les loups quand ils courent ensemble, et cette indifférence attenante pour cette femme dont elle ne connait ni le nom, ni l’âme. Ses sens en éveil, prête à bondir, elle se rend enfin compte de sa détresse respiratoire. Son cœur menace d’imploser et ses lèvres entrouvertes dévorent l’air. Son organisme tout entier menace de chuter, de se perdre dans les lianes courtes des herbes malades, pour ne plus se relever. Elle est épuisée. Seuls ses yeux, grands ouverts, semblent encore si plein de cette fureur de vivre. Dans le fond de sa pupille, là où la lumière épouse la noirceur de son cœur, Mack est une ombre qui glisse. Qui décharge son chargeur, comme au ralenti, alors que la créature se jette sur elle, la gueule grande ouverte.  Les détonations du canon de la Junkie percutent l’air comme autant de déchirures brutales. La belle et la bête, dans leur duel à mort, roulent au sol, se mélangeant dans les pupilles de Kriss, alors qu’un sang mortifère se déploie autour d’elles, les tachant d’un mal putrescent.

Quand tout cesse, il ne reste plus qu’un champ de bataille après la dernière déferlante, calme et gémissant, alors que les armes chaudes ont laissé derrière elles des cadavres refroidissant d’âmes guerrières. La créature semble tout en peine, les râles forts de sa gorge trouée par les balles, sont tant de douleurs qu’elle gémit sourdement. Alors Kriss s’arme de son courage et s’approche doucement. Mack est à terre, un peu plus loin, étendue sur le sol. Dans un souffle, sans quitter des yeux la créature de crainte qu’un soupçon de vie n’anime ses pattes pleines de griffes, Kriss murmure.


-Ça va ? Tu peux te relever ?

La créature étend son encolure sur la terre, son souffle se fait plus tenu. Elle, si grande, si monstrueuse, semble soudain terriblement calme. Lentement Kriss s’approche. Le monstre redresse un peu sa tête, menace de mordre, mais les doigts fins de Kriss sont plus rapides. Ils caressent la peau épaisse mais douce de leur Minotaure. Et, alors que la faim broie son âme, la voleuse avale de toutes ses forces les derniers sursauts d’énergie de la bête. Les paupières de la créature se ferment, elle n’a plus la force de lutter, et celles de Kriss se closent également. Les souvenirs du monstre sont étranges, inhumains, ils la percutent par vague, sans sens ni convention. Ils la percutent comme des coups de griffes, mordent de leurs crocs imaginaires sa peau tendre et le visage de Kriss se crispe. C’est douloureux et malsain. L’énergie est aussi noire que l’âme malfaisante, venimeuse elle l’abreuve de douleurs et la recouvre d’un voile étrange – Kriss semble plus pale, ses cheveux plus sombres. Pendant quelques secondes, elle fait partie de ce monde, pendant quelques secondes, elle devient le monstre, le monstre qui se meurt. Jusque, dans le dernier râle sourd de la bête, la faucheuse ne l’achève.

Kriss reste un instant silencieuse, perdue dans les fragments d’images du monstre. Au loin de longues plaintes bestiales, hurlements douloureux d’une progéniture orpheline, se répercutent à l’infini, dernière symphonie pour la mère cruelle.  Sans un égard pour la carcasse et malgré son immense respect pour la créature chasseresse, Kriss retire son couteau de l’œil crevé. Elle frappe de son pommeau les gencives de la bête et en retire les canines immenses, crocs aussi tranchants que la plus fine des lames. Présent de la mort aux petites proies du monstre, récompense aux chasseresses. Kriss garde un des crocs de la créature et présente le second et son arme de cuisine à Mack.


-Tu préfères un croc ou le couteau ?

Elle semble soudain pensive, tentant de remettre en place les fragments d’image qui la traversent encore. La créature ne sera pas morte en vain. La porte de sortie est quelque part, quelque part dans les souvenirs du monstre.


-Je crois que je sais comment sortir. C’est dans le labyrinthe, tout au centre.

Ses yeux s’illuminent soudain et sur ses lèvres se posent le papillon furtif d’un sourire. Kriss remercie en son âme le monstre. Cherchant des yeux une offrande pour la créature elle découvre les pétales velouté d’une rose noire. Avec une délicatesse toute amoureuse, la jeune femme cueille la petite beauté venimeuse et alors que le croc coupe la tige, elle ressent la morsure amère du rosier cruel. Epouse innocente de la mort, l’épine amoureuse glisse le long de sa peau  blanche. L’Artiste dessine sur la feuille pale, la ligne majestueuse d’une petite mort. Mais le sang, le sang qui s’écoule sur son bras, est noir, plus sombre maintenant que l’air pestilentiel de Darkness Falls le gorge de son oxygène cruellement lourd.  Le sang est fort, visqueux, il lutte quelques secondes, avant de bruler de mille feux – douleur qui la percute. Une onde électrique balaie son cœur fort. Son souffle se coupe quelques secondes. Elle porte sa main à sa poitrine. Cela brule. Cela brule. Son corps se resserre, ses yeux se ferment, si fort. Entre ses lèvres s’échappent un soupir alors que le venin traverse son âme et la bouleverse.

Mais ce n’est pas tant l’électricité qui traverse Kriss qui est dangereuse, ce n’est qu’une épine, une toute petite épine. Une petite mort, de quelques secondes. Ce qui affole son œil et ses sens, c’est la vague d’électricité qui parcourt le rosier et les rosiers autour. Le flux dans les ronces est rapide, presque imperceptible et pourtant déjà les lianes se réveillent. Les roses endormies brillent d’un nouvel éclat. Les épines semblent plus longues et déjà oscillent lentement en leurs directions. Le labyrinthe se réveille, le labyrinthe se réveille et il est affame.

Alors que remise de sa paralysie passagère, Kriss dépose la fleur sur le corps de la bête, les ronces déjà entourent les jarrets du monstre et l’attirent progressivement dans le buisson.


-Il y a une statue, quelque part au centre, une statue et un puits.
C’est peut-être notre chance.

Regardant soudain sa compagne de haut en bas, elle cherche des yeux les faiblesses et les blessures, puis murmure, soudain inquiète.


-Ça ira ? Il faut qu’on y aille.

Puis comme une confidence de sa bêtise.

-Ne laisses pas les ronces te toucher.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4970-kriss-m-grimm
 

Deadnight Warriors {Kriss/Mackenzie}

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Warriors of Crom (WoC)
» New Warriors : semaine 1
» [Partenariat] Warriors Cats Adventure
» Unstoppable Warriors - Communauté Multi-Gaming
» Mackenzie Browning

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Fifth Chapter :: Memories-