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 The Darkest Minds

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: The Darkest Minds   Mer 9 Aoû - 16:52

The Darkest Minds



Les ailes déployées de l’Ange Noir. C’est le brillant de ses yeux jades, provocants. C’est le noir qui couvre ses cils, c’est l’art des femmes à maquiller leur regard. Et la pâleur de sa peau, et la légèreté de ses cheveux. Elle a, dans les pupilles, une dilatation toute animale. Elle a dans le cœur, une palpitation toute animale. Elle a, elle vit. Et elle possède. Une créature, une femme aux cheveux blonds, dorés, qui cabriole autour d’elle comme une pouliche en chaleur. Une femme dans une robe au plumage ocre, aux ailes qui battent dans la nuit, dans une parade sexuelle, dans une indifférence forcée. Et sa nuque fière et la profondeur de son dos nu, et la finesse de ses hanches. Si belle, si désirable. Petite proie chasseresse qui s’amuse à s’approcher de Kriss pour aussitôt s’éloigner. Comme le papillon de nuit qui brule ses ailes sur la surface brulante d’une lumière électrique. Comme une chatte caressante qui minaude pour ne pas mendier. Et qui sait, qui sent, le regard de Kriss se poser sur elle. S’éloigner. Le jeu des indifférences. Et qui sait, et qui sent, que les heures l’amènent inexorablement au moment où elle sera entre ses griffes, les paupières alourdies par tant de couleur, les cils longs et l’âme au bord des lèvres.

-Regarde-la, elle ne peut  pas te quitter tes yeux. Tu devrais lui sauter dessus, avant qu’elle ne disparaisse. Je ne l’ai jamais vu ici, peut-être ne reviendra-t-elle plus.

Des lèvres de Kriss se dessinent un sourire, ses yeux moqueurs s’amusent de la moue de son compagnon d’infortune.

-C’est une chance que tu n’aimes pas les femmes, tu n’y comprends rien.




A cette heure douce de la nuit, quand dorment les âmes diurnes mais s’éveillent vraiment les créatures de la nuit, le temps s’étire comme un chat amoureux. Qu’importe les secondes, minutes. N’importe que le verre de whisky qu’elle porte à ses lèvres et cette identité qu’elle revêt ici depuis deux semaines maintenant. Un masque délicat, qui s’invente pas à pas. Un nom qui l’amuse, Joy. Des habits de jeune femme, comme si elle avait toujours 18 ans. Et surtout une légèreté, une liberté facile, ici elle ne chasse pas, ici elle ne tue pas. Ici c’est zone de paix entre deux guerres, un no man’s land étrange. Elle ne combat ni son Minotaure, ni ses instincts. Elle n’essaie pas vraiment d’être normale et elle n’a pas vraiment besoin d’être quelqu’un. Ici, les cœurs battent à l’unisson, du même rythme solitaire. Ici il n’y a pas de mensonge, il n’y a que des secrets. Et personne ne se soucie guère de son vrai nom, ni de qui elle est quand vient le jour.

Et ce calme, ces trois mots qu’ils échangent, elle les achève dans un souffle.

-Allez fait moi danser.



Kriss pose son verre vide et sa main se saisie de celle de son compagnon. Une énergie nouvelle s’empare de son corps fin. Dans le faux cuir de son pantalon de seconde zone, elle s’élance sur la piste de danse. Un bijou brille à son cou, d’une toute autre valeur, du même vert que ses iris. Fissure dans l’identité de Joy.  Il brille parfois, quand une lumière passe sur la gorge de Kriss. Habillée de noir, sur des talons mi- longs, elle semble d’une désinvolture étudiée. Rebelle en herbe dans un univers où les âmes se délaissent dans leurs plus basses envies, dans leurs plus subtiles et sombres incarnations, elle semble presque sage. Elle n’a ni les bas résilles, ni la robe, ni ce besoin d’être une caricature de ce qu’elle aimerait devenir. Elle n’est ni le tranchant de la lame, ni l‘envers du miroir. Elle est Joy. Et Joy danse. Ses hanches suivent le rythme lent des notes les plus graves .Electrique, elle semble presque magnétique. Elle s’amuse. Et ses cheveux glissent le long de son dos, caressant sa peau, le tissu fin de son haut simple. Et ses yeux se ferment, progressivement, elle se laisse, se détends dans la musique qui l’élance et la retient, vague contenue d’une mer qui s’agite. Feu des marées et des nuits, elle glisse sur toutes les musiques comme si elle n’était qu’une, qui se mélange, qui se transforme, un rythme. Et les incessantes piqures de manque. Tant d’énergies, autour d’elle, tant de corps qui se pressent, de peau qui la touche. Tant de fureur de vivre, tant de folies. Elle est Joy. Et elle danse.

Un bras frôle le sien. Ses paupières s’entrouvrent. La femme aux cheveux dorés, elle s’excuse. Les lèvres de Kriss s’ouvrent dans un sourire. S’éloignant de Thomas qui lève les yeux au ciel, Joy entraine lentement l’inconnue dans un nouveau rythme. C’est un rythme diffèrent, plus lent, plus rapide. Un rythme animal, un lien qui les connecte. Kriss s’approche et l’invite à jouer. Bianca lui a appris, la lente décomposition des secondes, l’attente impatiente du contact. Et surtout, le jeu. Parfois si proche, parfois si lointaine, les yeux déposés sur sa proie, elle devient la seule, l’unique. Elle devient la proie et le prédateur. Et c’est dans un battement de cœur qu’elle déploie ses ailes. Une ombre aussi obscure que les élancements de son âme encercle la beauté lascive. Le rythme sombre qui habitent ses hanches. La douceur de sa main qui se lève, qui éloigne une mèche de cheveux. Ses doigts qui glissent, lents et caressants jusque sa nuque fière. Et ses lèvres, ses lèvres aimantes qui embrassent la femme. Ses paupières se ferment, ses ailes se referment autour d’elles, les noyant dans un cocon chaud et délicieux. Leurs cœurs palpitent, au bord des lèvres et leurs langues audacieuses se découvrent, douces et entrainantes. Le rythme change, les hanches de la créature blonde se posent sur les siennes. Kriss les retient de sa seconde main, ne cessant d’embrasser sa nouvelle âme sœur.

L’éloignant doucement, Kriss murmure à son oreille une petite monstruosité qui la fait rire. Thomas, un peu plus loin, s’est aguiché d’un homme qui fait peut-être le double de son poids. Les jeunes femmes rient. Il semble que la vie à l’éclat délicieux de leurs bêtises. Et puis, et puis les yeux de kriss perçoivent ceux d’un autre. Quelqu’un la regarde. Quelqu’un la suit des yeux dans la foule .Son cœur se serre, son âme carnivore de déploie et les ailes, les ailes de son âme s’ouvrent, immenses, comme pour effrayer tout prédateur. Son instinct à l’affut, elle devient soudain un peu plus froide et pour ne pas éveiller le doute chez sa compagne, lui murmure de l’attendre, qu’elle reviendra.

Volant à Thomas une cigarette, elle se dirige dehors. Il fait nuit, et le temps est presque à l’orage. L’air est magnétique, lourd et pesant. Contre le mur, Kriss doucement se dépose. Le mur est frais, cela lui fait du bien de prendre un peu d’air. Son esprit embué ne perçoit que les élans magnétiques de la nuit. Le vide interstellaire de la rue. Un chat sauvage qui miaule au loin. Dehors, on n’entend presque plus le bruit de cet électro assourdissant. Dehors, il fait nuit et orage, et son âme doucement se calme. Il n’y avait rien, personne. Ni de danger, ni le besoin de fuir. Que cela cesse, enfin, ces impressions de déjà-vus, ce sentiment d’être épiée. Que cela cesse, enfin, sa paranoïa persistante.

A côté d’elle, la porte s’ouvre et se referme. C’est lui. L’homme. L’épieur. Son cœur soudain bat plus fort, plus vite, d’un rythme tonitruant qui ressemble davantage au fracas taureau qui enrage qu’aux insidieux élancements de la peur. Est-il seulement réel ? Est-ce seulement la même personne ? Ou est-il ce que la lune est au soleil, une projection de la lumière sombre de Kriss dans les plis de sa propre réalité ?

Kriss murmure.

-Vous avez du feu ?



Entre ses doigts, la cigarette est une danseuse solitaire, éteinte, qui attends que résonne un nouvel air pour s’élancer sur la piste.
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MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Jeu 10 Aoû - 14:09


Hunting is a savage pleasure
and we are born to it
Feat Kriss M. Grimm
Il vit passer tant de monstres sans pour autant s'en émouvoir, que lorsqu'un puissant vint vers lui quérir ses exigences délétères, le ténébreux avocat ne s'en offusqua guère. Le commanditaire, cinquantenaire brillant dans la caste politique, lui eut susurré quelques fantasmes crachés de la plume de Sade – des plus abjectes tortures aux jeux érotiques les plus turpides – et de cette appétence sordide en résulta l'envie personnifiée en les traits d'une jeune femme : Kriss. Le cœur est une carcasse qui sèche ; Tyrell accepta la traque.

~*~

Méditatif dans ce bain de lune, il darde la bâtisse comme s'il y perçut quelque chose de grand. Statique dans toute sa langueur, le traqueur darde les environs, s'en imprègne, analyse puis s'élance. Le quidam a la démarche assurée, les pupilles carnassières tel un rapace ; l'aigle fond vers le nid où probablement s'agite la proie. Il l'imagine essoufflée par l'effort, ivre d'alcool et de musique, petit cœur de phalène. Il a le bord de lippe qui ploie, s'ourle sous un rictus goguenard ; la chasse le vivifie, éclats de réminiscences d'une vie passée lorsque, lance à la main, il partait écorner les fiertés et percer les torses comme les cuirasses. Quand bien même la proie eut été une femme, Tyrell ne put y gratter quelque déshonneur. Puisque l'ancien viking ne saurait taire les aptitudes du beau sexe, en dépit de son attitude parfois phallocrate, il lui était tout autant plaisant de pourchasser la femme puisque cette dernière ne fut en aucun cas, plus faiblarde qu'un homme. Ainsi voilà qu'il s'avance de sa démarche altière, ne s'offusque ni des catins traînant leur dignité en lambeaux sur de hauts talons, ni des toxicomanes à la frêle stature et aux silhouettes faméliques. Des visions dantesques, il en a vu d'autres. La porte s'ouvre et avale en son sein la silhouette du chasseur ; il a la révérence jouissive, la tendre pudeur de celui qui s'émeut de sa proie. Il ne doute guère que le jeu ne sera guère si frugal ; il ne le souhaite ni éphémère, ni évanescent. L'espoir d'une vénerie vivace, ardente et excessive l'anime. Il a, sans doute, comme un goût lubrique qui emplit malgré lui sa bouche. Qu'elle lui hurle l'extase et la douleur, qu'elle étrangle ses mots dans un cri dérobé, qu'elle ploie, qu'il la bouscule et qu'il la porte aux os saillants de ses hanches. Et qu'il jure que ce jeu ne fut alléchant que pour son commanditaire marquerait le début du mensonge.

Son regard épingle puis torture le monde, se visse sur quelques hères engourdis par le son métallique et enivrant de la musique trop forte, la cherche sans la trouver encore. Ses yeux ont le brun – voire les embruns – des tempêtes, de ces cimes nordiques jamais vaincues par le vent ; ils percent les lieux avec ardeur et voilà que Tyrell enfin la remarque. Elle se meut avec sensualité contre une autre femme ; vision licencieuse, presque innommable. L'homme ravale un grognement de dégoût mais s'écrivent sur ses traits les soubresauts du mépris qu'il ne peut hélas travestir. La savoir soumise au saphisme le répugne et pourtant, l'avocat sait qu'il n'en saura que plus facile de la traquer ; le moment venu, il ne ressentira que peu d'empathie – sinon aucune – envers la proie. L'homme se fait statique, statue de glaise parmi les vivants tapageurs ; il observe et jure avoir vu sa bouche crénelée d'un sourire évanoui. Kriss l'a senti ; coup de poignard dans le cœur, trémolos insensés. Car la voilà qui fuit les bras de son amante d'une nuit, prompte à être recrachée par la houle humaine. Tyrell n'esquisse aucun geste ; la nuque courbe à peine, seules les pupilles se meuvent et accrochent la silhouette fuyante. Quand enfin il s'avance, fend la foule et sent son palpitant s'agiter de mille excitations. Excellent tonique sanguin.

« Vous avez du feu ?  » C'est d'un murmure qu'elle l'envisage. Le faciès de l'homme plongé dans l'ombre ne laisse deviner que deux pupilles éclatantes, orbes brunes et glaçantes, elles violentent l'accalmie du clair de lune. Il ne pipe mot mais s'avance, demeure à distance raisonnable puis daigne enfin plonger une main dans sa poche, de laquelle ressort un briquet. Tyrell n'est guère un grand fumeur, il trouve le goût exécrable, l'odeur pestilentielle. Mais il a compris que dans cette société cafardeuse, l'auto-destruction est un acte d'acceptation. « Habituellement... » susurre-t-il en allumant galamment la cigarette de son vis-à-vis, « ...Je n'allume pas n'importe qui. » La voix est suave, granuleuse, quoique trop impérieuse pour prétendre à quelque flirt. Sans doute aurait-il avancé d'autres palabres alanguies, s'il ne la savait pas partisane du saphisme. Tyrell se redresse et, malgré sa lugubre entrée, se pare d'un charisme puissant. Un sourire en bord de lippes, assez rare pour être convoité, quand il se fait charmant : « Vous venez souvent ici ? » Pause volontaire, il tente d'installer quelque connivence volée. « Ne m'en voulez pas mais je n'ai pu que vous remarquer ; vous êtes si pleine de vie. Ils sont si... » Haussement d'épaules, froncement de nez trahissant son ennui. « Mortels. » Ses yeux pénétrants ont la gueule, ce soir, d'un corbillard.

© FRIMELDA


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The Helm of Awe
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MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Ven 11 Aoû - 16:18

Le silence est léger. Il palpite sur ses lèvres, qu’elle garde closes, comme un oiseau dans une cage qui tente de s’échapper. Le silence est long et l’attente palpable est tant de discipline pour la jeune âme solitaire. Tant de vagues d’énergies traversent les capillaires de son sang épais, tant d’électricité balaie ses cheveux fins, tant de fureur se dissimule sous son visage doux. Elle semble si calme, seul le reflet de ces yeux jades, plein d’émois et d’attention, semblent contrarier l’image si tranquille qu’elle aimerait incarner. Pourquoi ne lui donne-t-il tout de suite ce qu’elle exige ? L’homme est d’un rythme diffèrent. Mystique et mystérieux, il se meut avec lenteur, comme le serpent sinueux, d’écailles froides et d’âme muante, ou ces vieillards rouillés, ancien témoin d’un temps où le monde était plus calme, moins rapide, où l’appréciation du temps était à son apogée. L’homme est d’un rythme diffèrent, chacun de ces gestes traduit un savoir-faire, une retenue, une façon d’être troublante. Il n’est pas suffisamment prêt pour qu’elle se sente en danger et pourtant il reste à la frontière de cette sphère invisible qu’est son impression de la proximité. Proche et distant, dans son incarnation parfaite de la galanterie, il l’invite à l’attendre.

Le silence est fragile, la voix grave de l’homme brise l’attente. Lentement Kriss se baisse, jusque porter la jouissance promise au feu de son arme glacée. Ses lèvres aspirent un air nouveau, brulé, toxique, alors que la cigarette rougeoie. Dans la nuit, dans un éclair fugace, leurs visages s’habillent de la même étincelle de lumière chaude. Kriss perçoit les traits fins de son visage, elle lève ses yeux verts, innocents, et chute dans ces yeux pénétrants qui la dévisagent. Peut-être devrait-elle avoir peur, mais les paroles de l’inconnu la font sourire. Elle le prend comme un compliment et un instant, tous doutes s’évaporent. Peut-être est-il pareil aux autres. Les hanches de kriss retombent sur le mur. Sa main délicate secoue sa chevelure, jeune pouliche fière qui agite sa crinière. Elle s’éloigne quelque peu de son emprise pour ne plus se soucier, quelque secondes, que de cet air si douloureux qui glisse le long de sa gorge, s’empare des territoires impénétrables de son intérieur et embrume son regard. La première aspiration est la plus intense. L’alcool et la nicotine s’épouse dans un terrible sentiment de contentement. La réalité lui semble plus légère et le sentiment même de danger se noie dans cette soudaine vague d’ivresse.

Il parle, encore. Il est beau, l’homme. Avec ces yeux sombres, noirs, pareils à cette nuit si orageuse. Il dégage le même magnétisme, la même douce violence tenue en bride. Elle imagine, dans son souffle, entre chaque mot, dans ses inspirations, le grave de son âme qui résonne tout à l’intérieur. Il est beau, dans son sourire qu’il esquisse, dans son regard qui la broie, dans la délicatesse de ses mots. Il la charme. Et ce n’est pas tant les mots que le son que la nuit avale. Kriss a toujours eu pour les chasseurs la plus grande des fascinations. Alors, elle le dévore du regard, sans la retenue des dames. Elle si impudente, si jeune, a le regard provocant et nulle pudeur. Elle ne se tente dans une fausse indifférence, celle des femmes, elle ne roucoule pas davantage comme une tourterelle qui se perds. Elle se revêt des reflets de son propre âme. Dans ce jeu qu’elle sent diffèrent, elle perçoit que le masque sera sans doute inutile. Elle répond dans un souffle.

-Et si mortellement attrayants.

C’est étrange, cela la trouble presque - Elle, tant plein de vie ? Oh comme elle aimerait être semblable à cette légion qui se délaisse, qui vivent la vie et craignent la mort. Oh comme elle aimerait, battre de sa propre énergie, avoir son propre rythme, sa propre voix. Oh comme elle aimerait, être si pleine de vie. Ses yeux troubles s’éloignent, elle glisse sur les contours lointains d’un monde d’humains. L’homme, il n’a décelé encore qu’elle est déjà morte. Il n’a perçue, déjà, sa renaissance. La noirceur de sang et la violence de ses caresses. Elle murmure et entre ses lèvres, l’ennui de leurs existences est presque inspirant.

-Le jour, ils portent des vêtements gris et se dissimulent parmi la multitude.

Elle aspire une seconde bouffée de l’air noir. Kriss a de leurs consciences, des fragments de mémoire. Elle ferme les yeux, l’espace d’une seconde, se rappelant le sentiment, cette sensation, quand Bianca passait le mascara sur le contour de ses yeux, quand Maria remontait lentement le bas-résille le long de sa cuisse, quand Peter passait sa main dans ses cheveux en se regardant dans le miroir. Elle se rappelle les souvenirs de ses petites proies. Quand ses yeux s’ouvrent, une excitation nouvelle perce ses iris.

-Mais quand vient la nuit, ils cessent de mentir, ils cessent de se cacher. Ils cessent d’être tant et si parfaits. Quand vient la nuit, ils perdent la raison, pour ne plus incarner que leurs pulsions. Et ils viennent ici.

Ils s’amusent. Elle s’amuse. Dans les ténèbres et au secret.

-Alors, je viens parfois.

Kriss souffle sur la cigarette, la faisant rougeoyer une nouvelle fois. Et puis, comme s’il s’agissait de son territoire et qu’elle en épiait tous les mouvements, elle affirme avec une certaine candeur.

- Je ne vous y ai jamais vu.

Lentement, elle se retourne vers l’inconnu et ses yeux de nouveau se plongent dans les siens. Lui aussi, il doit délaisser son masque parfois. Mais peut-être est-il trop sage, ennuyant à mourir et sans saveurs. Peut-être n’est-il qu’une ombre grise dont l’essence n’a d’attraction que le visage. Ses lèvres s’entrouvrent dans un sourire provocateur. Et dans ses yeux brillent mille malices. Du bout des lèvres, elle l’invite au vice.

-Est-ce la raison pour laquelle vous êtes là ?

Tuer l’ennui, ce dragon si plein d’écailles. Le pourfendre de sa lame et le bruler de sa vie.
Au fond de ses yeux bruissent déjà les feuilles des buissons grandissants. Un labyrinthe de verdure étincelante aux recoins sombres et aux lumières éteintes. Une énergie nouvelle, d’ivresses sauvages bien loin de tout bavardage.
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