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 The Darkest Minds

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: The Darkest Minds   Mer 9 Aoû - 16:52

The Darkest Minds



Les ailes déployées de l’Ange Noir. C’est le brillant de ses yeux jades, provocants. C’est le noir qui couvre ses cils, c’est l’art des femmes à maquiller leur regard. Et la pâleur de sa peau, et la légèreté de ses cheveux. Elle a, dans les pupilles, une dilatation toute animale. Elle a dans le cœur, une palpitation toute animale. Elle a, elle vit. Et elle possède. Une créature, une femme aux cheveux blonds, dorés, qui cabriole autour d’elle comme une pouliche en chaleur. Une femme dans une robe au plumage ocre, aux ailes qui battent dans la nuit, dans une parade sexuelle, dans une indifférence forcée. Et sa nuque fière et la profondeur de son dos nu, et la finesse de ses hanches. Si belle, si désirable. Petite proie chasseresse qui s’amuse à s’approcher de Kriss pour aussitôt s’éloigner. Comme le papillon de nuit qui brule ses ailes sur la surface brulante d’une lumière électrique. Comme une chatte caressante qui minaude pour ne pas mendier. Et qui sait, qui sent, le regard de Kriss se poser sur elle. S’éloigner. Le jeu des indifférences. Et qui sait, et qui sent, que les heures l’amènent inexorablement au moment où elle sera entre ses griffes, les paupières alourdies par tant de couleur, les cils longs et l’âme au bord des lèvres.

-Regarde-la, elle ne peut  pas te quitter tes yeux. Tu devrais lui sauter dessus, avant qu’elle ne disparaisse. Je ne l’ai jamais vu ici, peut-être ne reviendra-t-elle plus.

Des lèvres de Kriss se dessinent un sourire, ses yeux moqueurs s’amusent de la moue de son compagnon d’infortune.

-C’est une chance que tu n’aimes pas les femmes, tu n’y comprends rien.




A cette heure douce de la nuit, quand dorment les âmes diurnes mais s’éveillent vraiment les créatures de la nuit, le temps s’étire comme un chat amoureux. Qu’importe les secondes, minutes. N’importe que le verre de whisky qu’elle porte à ses lèvres et cette identité qu’elle revêt ici depuis deux semaines maintenant. Un masque délicat, qui s’invente pas à pas. Un nom qui l’amuse, Joy. Des habits de jeune femme, comme si elle avait toujours 18 ans. Et surtout une légèreté, une liberté facile, ici elle ne chasse pas, ici elle ne tue pas. Ici c’est zone de paix entre deux guerres, un no man’s land étrange. Elle ne combat ni son Minotaure, ni ses instincts. Elle n’essaie pas vraiment d’être normale et elle n’a pas vraiment besoin d’être quelqu’un. Ici, les cœurs battent à l’unisson, du même rythme solitaire. Ici il n’y a pas de mensonge, il n’y a que des secrets. Et personne ne se soucie guère de son vrai nom, ni de qui elle est quand vient le jour.

Et ce calme, ces trois mots qu’ils échangent, elle les achève dans un souffle.

-Allez fait moi danser.



Kriss pose son verre vide et sa main se saisie de celle de son compagnon. Une énergie nouvelle s’empare de son corps fin. Dans le faux cuir de son pantalon de seconde zone, elle s’élance sur la piste de danse. Un bijou brille à son cou, d’une toute autre valeur, du même vert que ses iris. Fissure dans l’identité de Joy.  Il brille parfois, quand une lumière passe sur la gorge de Kriss. Habillée de noir, sur des talons mi- longs, elle semble d’une désinvolture étudiée. Rebelle en herbe dans un univers où les âmes se délaissent dans leurs plus basses envies, dans leurs plus subtiles et sombres incarnations, elle semble presque sage. Elle n’a ni les bas résilles, ni la robe, ni ce besoin d’être une caricature de ce qu’elle aimerait devenir. Elle n’est ni le tranchant de la lame, ni l‘envers du miroir. Elle est Joy. Et Joy danse. Ses hanches suivent le rythme lent des notes les plus graves .Electrique, elle semble presque magnétique. Elle s’amuse. Et ses cheveux glissent le long de son dos, caressant sa peau, le tissu fin de son haut simple. Et ses yeux se ferment, progressivement, elle se laisse, se détends dans la musique qui l’élance et la retient, vague contenue d’une mer qui s’agite. Feu des marées et des nuits, elle glisse sur toutes les musiques comme si elle n’était qu’une, qui se mélange, qui se transforme, un rythme. Et les incessantes piqures de manque. Tant d’énergies, autour d’elle, tant de corps qui se pressent, de peau qui la touche. Tant de fureur de vivre, tant de folies. Elle est Joy. Et elle danse.

Un bras frôle le sien. Ses paupières s’entrouvrent. La femme aux cheveux dorés, elle s’excuse. Les lèvres de Kriss s’ouvrent dans un sourire. S’éloignant de Thomas qui lève les yeux au ciel, Joy entraine lentement l’inconnue dans un nouveau rythme. C’est un rythme diffèrent, plus lent, plus rapide. Un rythme animal, un lien qui les connecte. Kriss s’approche et l’invite à jouer. Bianca lui a appris, la lente décomposition des secondes, l’attente impatiente du contact. Et surtout, le jeu. Parfois si proche, parfois si lointaine, les yeux déposés sur sa proie, elle devient la seule, l’unique. Elle devient la proie et le prédateur. Et c’est dans un battement de cœur qu’elle déploie ses ailes. Une ombre aussi obscure que les élancements de son âme encercle la beauté lascive. Le rythme sombre qui habitent ses hanches. La douceur de sa main qui se lève, qui éloigne une mèche de cheveux. Ses doigts qui glissent, lents et caressants jusque sa nuque fière. Et ses lèvres, ses lèvres aimantes qui embrassent la femme. Ses paupières se ferment, ses ailes se referment autour d’elles, les noyant dans un cocon chaud et délicieux. Leurs cœurs palpitent, au bord des lèvres et leurs langues audacieuses se découvrent, douces et entrainantes. Le rythme change, les hanches de la créature blonde se posent sur les siennes. Kriss les retient de sa seconde main, ne cessant d’embrasser sa nouvelle âme sœur.

L’éloignant doucement, Kriss murmure à son oreille une petite monstruosité qui la fait rire. Thomas, un peu plus loin, s’est aguiché d’un homme qui fait peut-être le double de son poids. Les jeunes femmes rient. Il semble que la vie à l’éclat délicieux de leurs bêtises. Et puis, et puis les yeux de kriss perçoivent ceux d’un autre. Quelqu’un la regarde. Quelqu’un la suit des yeux dans la foule .Son cœur se serre, son âme carnivore de déploie et les ailes, les ailes de son âme s’ouvrent, immenses, comme pour effrayer tout prédateur. Son instinct à l’affut, elle devient soudain un peu plus froide et pour ne pas éveiller le doute chez sa compagne, lui murmure de l’attendre, qu’elle reviendra.

Volant à Thomas une cigarette, elle se dirige dehors. Il fait nuit, et le temps est presque à l’orage. L’air est magnétique, lourd et pesant. Contre le mur, Kriss doucement se dépose. Le mur est frais, cela lui fait du bien de prendre un peu d’air. Son esprit embué ne perçoit que les élans magnétiques de la nuit. Le vide interstellaire de la rue. Un chat sauvage qui miaule au loin. Dehors, on n’entend presque plus le bruit de cet électro assourdissant. Dehors, il fait nuit et orage, et son âme doucement se calme. Il n’y avait rien, personne. Ni de danger, ni le besoin de fuir. Que cela cesse, enfin, ces impressions de déjà-vus, ce sentiment d’être épiée. Que cela cesse, enfin, sa paranoïa persistante.

A côté d’elle, la porte s’ouvre et se referme. C’est lui. L’homme. L’épieur. Son cœur soudain bat plus fort, plus vite, d’un rythme tonitruant qui ressemble davantage au fracas taureau qui enrage qu’aux insidieux élancements de la peur. Est-il seulement réel ? Est-ce seulement la même personne ? Ou est-il ce que la lune est au soleil, une projection de la lumière sombre de Kriss dans les plis de sa propre réalité ?

Kriss murmure.

-Vous avez du feu ?



Entre ses doigts, la cigarette est une danseuse solitaire, éteinte, qui attends que résonne un nouvel air pour s’élancer sur la piste.
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↳ Métier : Avocat (du diable). Les dissensions modernes passent aussi par la joute verbale.
↳ Opinion Politique : Velléitaire et instable. Pro-Gouvernement lorsque cela l'arrange.
↳ Niveau de Compétences : Niveau Général 1
↳ Playlist : Eivør ~ TrøllabundinCamille Saint Saëns ~ Danse Macabre Marilyn Manson ~ Tainted Love Nancy Sinatra ~ Bang Bang, my baby shot me down Slipknot ~ Vermillion
↳ Citation : “I want excitement; and I don’t care what form it takes or what I pay for it, so long as it makes my heart beat.” — F. Scott Fitzgerald, The Adjuster
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MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Jeu 10 Aoû - 14:09


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Il vit passer tant de monstres sans pour autant s'en émouvoir, que lorsqu'un puissant vint vers lui quérir ses exigences délétères, le ténébreux avocat ne s'en offusqua guère. Le commanditaire, cinquantenaire brillant dans la caste politique, lui eut susurré quelques fantasmes crachés de la plume de Sade – des plus abjectes tortures aux jeux érotiques les plus turpides – et de cette appétence sordide en résulta l'envie personnifiée en les traits d'une jeune femme : Kriss. Le cœur est une carcasse qui sèche ; Tyrell accepta la traque.

~*~

Méditatif dans ce bain de lune, il darde la bâtisse comme s'il y perçut quelque chose de grand. Statique dans toute sa langueur, le traqueur darde les environs, s'en imprègne, analyse puis s'élance. Le quidam a la démarche assurée, les pupilles carnassières tel un rapace ; l'aigle fond vers le nid où probablement s'agite la proie. Il l'imagine essoufflée par l'effort, ivre d'alcool et de musique, petit cœur de phalène. Il a le bord de lippe qui ploie, s'ourle sous un rictus goguenard ; la chasse le vivifie, éclats de réminiscences d'une vie passée lorsque, lance à la main, il partait écorner les fiertés et percer les torses comme les cuirasses. Quand bien même la proie eut été une femme, Tyrell ne put y gratter quelque déshonneur. Puisque l'ancien viking ne saurait taire les aptitudes du beau sexe, en dépit de son attitude parfois phallocrate, il lui était tout autant plaisant de pourchasser la femme puisque cette dernière ne fut en aucun cas, plus faiblarde qu'un homme. Ainsi voilà qu'il s'avance de sa démarche altière, ne s'offusque ni des catins traînant leur dignité en lambeaux sur de hauts talons, ni des toxicomanes à la frêle stature et aux silhouettes faméliques. Des visions dantesques, il en a vu d'autres. La porte s'ouvre et avale en son sein la silhouette du chasseur ; il a la révérence jouissive, la tendre pudeur de celui qui s'émeut de sa proie. Il ne doute guère que le jeu ne sera si frugal ; il ne le souhaite ni éphémère, ni évanescent. L'espoir d'une vénerie vivace, ardente et excessive l'anime. Il a, sans doute, comme un goût lubrique qui emplit malgré lui sa bouche. Qu'elle lui hurle l'extase et la douleur, qu'elle étrangle ses mots dans un cri dérobé, qu'elle ploie, qu'il la bouscule et qu'il la porte aux os saillants de ses hanches. Et qu'il jure que ce jeu ne fut alléchant que pour son commanditaire marquerait le début du mensonge.

Son regard épingle puis torture le monde, se visse sur quelques hères engourdis par le son métallique et enivrant de la musique trop forte, la cherche sans la trouver encore. Ses yeux ont le brun – voire les embruns – des tempêtes, de ces cimes nordiques jamais vaincues par le vent ; ils percent les lieux avec ardeur et voilà que Tyrell enfin la remarque. Elle se meut avec sensualité contre une autre femme ; vision licencieuse, presque innommable. L'homme ravale un grognement de dégoût mais s'écrivent sur ses traits les soubresauts du mépris qu'il ne peut hélas travestir. La savoir soumise au saphisme le répugne et pourtant, l'avocat sait qu'il n'en saura que plus facile de la traquer ; le moment venu, il ne ressentira que peu d'empathie – sinon aucune – envers la proie. L'homme se fait statique, statue de glaise parmi les vivants tapageurs ; il observe et jure avoir vu sa bouche crénelée d'un sourire évanoui. Kriss l'a senti ; coup de poignard dans le cœur, trémolos insensés. Car la voilà qui fuit les bras de son amante d'une nuit, prompte à être recrachée par la houle humaine. Tyrell n'esquisse aucun geste ; la nuque courbe à peine, seules les pupilles se meuvent et accrochent la silhouette fuyante. Quand enfin il s'avance, fend la foule et sent son palpitant s'agiter de mille excitations. Excellent tonique sanguin.

« Vous avez du feu ?  » C'est d'un murmure qu'elle l'envisage. Le faciès de l'homme plongé dans l'ombre ne laisse deviner que deux pupilles éclatantes, orbes brunes et glaçantes, elles violentent l'accalmie du clair de lune. Il ne pipe mot mais s'avance, demeure à distance raisonnable puis daigne enfin plonger une main dans sa poche, de laquelle ressort un briquet. Tyrell n'est guère un grand fumeur, il trouve le goût exécrable, l'odeur pestilentielle. Mais il a compris que dans cette société cafardeuse, l'auto-destruction est un acte d'acceptation. « Habituellement... » susurre-t-il en allumant galamment la cigarette de son vis-à-vis, « ...Je n'allume pas n'importe qui. » La voix est suave, granuleuse, quoique trop impérieuse pour prétendre à quelque flirt. Sans doute aurait-il avancé d'autres palabres alanguies, s'il ne la savait pas partisane du saphisme. Tyrell se redresse et, malgré sa lugubre entrée, se pare d'un charisme puissant. Un sourire en bord de lippes, assez rare pour être convoité, quand il se fait charmant : « Vous venez souvent ici ? » Pause volontaire, il tente d'installer quelque connivence volée. « Ne m'en voulez pas mais je n'ai pu que vous remarquer ; vous êtes si pleine de vie. Ils sont si... » Haussement d'épaules, froncement de nez trahissant son ennui. « Mortels. » Ses yeux pénétrants ont la gueule, ce soir, d'un corbillard.

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Dernière édition par Tyrell Aegirsson le Jeu 21 Sep - 14:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Ven 11 Aoû - 16:18

Le silence est léger. Il palpite sur ses lèvres, qu’elle garde closes, comme un oiseau dans une cage qui tente de s’échapper. Le silence est long et l’attente palpable est tant de discipline pour la jeune âme solitaire. Tant de vagues d’énergies traversent les capillaires de son sang épais, tant d’électricité balaie ses cheveux fins, tant de fureur se dissimule sous son visage doux. Elle semble si calme, seul le reflet de ces yeux jades, plein d’émois et d’attention, semblent contrarier l’image si tranquille qu’elle aimerait incarner. Pourquoi ne lui donne-t-il tout de suite ce qu’elle exige ? L’homme est d’un rythme diffèrent. Mystique et mystérieux, il se meut avec lenteur, comme le serpent sinueux, d’écailles froides et d’âme muante, ou ces vieillards rouillés, ancien témoin d’un temps où le monde était plus calme, moins rapide, où l’appréciation du temps était à son apogée. L’homme est d’un rythme diffèrent, chacun de ces gestes traduit un savoir-faire, une retenue, une façon d’être troublante. Il n’est pas suffisamment prêt pour qu’elle se sente en danger et pourtant il reste à la frontière de cette sphère invisible qu’est son impression de la proximité. Proche et distant, dans son incarnation parfaite de la galanterie, il l’invite à l’attendre.

Le silence est fragile, la voix grave de l’homme brise l’attente. Lentement Kriss se baisse, jusque porter la jouissance promise au feu de son arme glacée. Ses lèvres aspirent un air nouveau, brulé, toxique, alors que la cigarette rougeoie. Dans la nuit, dans un éclair fugace, leurs visages s’habillent de la même étincelle de lumière chaude. Kriss perçoit les traits fins de son visage, elle lève ses yeux verts, innocents, et chute dans ces yeux pénétrants qui la dévisagent. Peut-être devrait-elle avoir peur, mais les paroles de l’inconnu la font sourire. Elle le prend comme un compliment et un instant, tous doutes s’évaporent. Peut-être est-il pareil aux autres. Les hanches de kriss retombent sur le mur. Sa main délicate secoue sa chevelure, jeune pouliche fière qui agite sa crinière. Elle s’éloigne quelque peu de son emprise pour ne plus se soucier, quelque secondes, que de cet air si douloureux qui glisse le long de sa gorge, s’empare des territoires impénétrables de son intérieur et embrume son regard. La première aspiration est la plus intense. L’alcool et la nicotine s’épouse dans un terrible sentiment de contentement. La réalité lui semble plus légère et le sentiment même de danger se noie dans cette soudaine vague d’ivresse.

Il parle, encore. Il est beau, l’homme. Avec ces yeux sombres, noirs, pareils à cette nuit si orageuse. Il dégage le même magnétisme, la même douce violence tenue en bride. Elle imagine, dans son souffle, entre chaque mot, dans ses inspirations, le grave de son âme qui résonne tout à l’intérieur. Il est beau, dans son sourire qu’il esquisse, dans son regard qui la broie, dans la délicatesse de ses mots. Il la charme. Et ce n’est pas tant les mots que le son que la nuit avale. Kriss a toujours eu pour les chasseurs la plus grande des fascinations. Alors, elle le dévore du regard, sans la retenue des dames. Elle si impudente, si jeune, a le regard provocant et nulle pudeur. Elle ne se tente dans une fausse indifférence, celle des femmes, elle ne roucoule pas davantage comme une tourterelle qui se perds. Elle se revêt des reflets de son propre âme. Dans ce jeu qu’elle sent diffèrent, elle perçoit que le masque sera sans doute inutile. Elle répond dans un souffle.

-Et si mortellement attrayants.

C’est étrange, cela la trouble presque - Elle, tant plein de vie ? Oh comme elle aimerait être semblable à cette légion qui se délaisse, qui vivent la vie et craignent la mort. Oh comme elle aimerait, battre de sa propre énergie, avoir son propre rythme, sa propre voix. Oh comme elle aimerait, être si pleine de vie. Ses yeux troubles s’éloignent, elle glisse sur les contours lointains d’un monde d’humains. L’homme, il n’a décelé encore qu’elle est déjà morte. Il n’a perçue, déjà, sa renaissance. La noirceur de sang et la violence de ses caresses. Elle murmure et entre ses lèvres, l’ennui de leurs existences est presque inspirant.

-Le jour, ils portent des vêtements gris et se dissimulent parmi la multitude.

Elle aspire une seconde bouffée de l’air noir. Kriss a de leurs consciences, des fragments de mémoire. Elle ferme les yeux, l’espace d’une seconde, se rappelant le sentiment, cette sensation, quand Bianca passait le mascara sur le contour de ses yeux, quand Maria remontait lentement le bas-résille le long de sa cuisse, quand Peter passait sa main dans ses cheveux en se regardant dans le miroir. Elle se rappelle les souvenirs de ses petites proies. Quand ses yeux s’ouvrent, une excitation nouvelle perce ses iris.

-Mais quand vient la nuit, ils cessent de mentir, ils cessent de se cacher. Ils cessent d’être tant et si parfaits. Quand vient la nuit, ils perdent la raison, pour ne plus incarner que leurs pulsions. Et ils viennent ici.

Ils s’amusent. Elle s’amuse. Dans les ténèbres et au secret.

-Alors, je viens parfois.

Kriss souffle sur la cigarette, la faisant rougeoyer une nouvelle fois. Et puis, comme s’il s’agissait de son territoire et qu’elle en épiait tous les mouvements, elle affirme avec une certaine candeur.

- Je ne vous y ai jamais vu.

Lentement, elle se retourne vers l’inconnu et ses yeux de nouveau se plongent dans les siens. Lui aussi, il doit délaisser son masque parfois. Mais peut-être est-il trop sage, ennuyant à mourir et sans saveurs. Peut-être n’est-il qu’une ombre grise dont l’essence n’a d’attraction que le visage. Ses lèvres s’entrouvrent dans un sourire provocateur. Et dans ses yeux brillent mille malices. Du bout des lèvres, elle l’invite au vice.

-Est-ce la raison pour laquelle vous êtes là ?

Tuer l’ennui, ce dragon si plein d’écailles. Le pourfendre de sa lame et le bruler de sa vie.
Au fond de ses yeux bruissent déjà les feuilles des buissons grandissants. Un labyrinthe de verdure étincelante aux recoins sombres et aux lumières éteintes. Une énergie nouvelle, d’ivresses sauvages bien loin de tout bavardage.
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MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Jeu 21 Sep - 14:43


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« Et si mortellement attrayants. » Ce sont les mâchoires de l'impudence qui s'abattent sur lui. Tyrell les goûte sans se voûter, en frissonnerait presque tant ce nouveau monde lui paraît bien lisse. Il a, face à lui, les traits purs et indécents d'une femme dont le regard ne saurait être ingénu. Sans doute est-ce pour cela que le sourire du viking perdure, ivre d'envie et de chair, omettant – semble-t-il – que sa proie se soumet volontiers au péché abject du saphisme. Il a la certitude que la chasse n'en sera que plus distrayante ; il le sent jusque dans ses entrailles et cela le désole. Car le ténébreux ignore s'il daignera partager son butin, peut-être devrait-il lui même se faire marquis de Sade et délaisser son commanditaire dévoyé. Alors Tyrell daignera peut-être lui montrer sa plaie obscène : son appétence pour la luxure mais son dégoût pour l'attachement. Ah ! Mais pourquoi tant de pensées déjà, il vient à peine de la rencontrer, suivant sa traîne à la trace. « Le jour, ils portent des vêtements gris et se dissimulent parmi la multitude.  » Ce qu'elle lui susurre lui fait sens, et l'inconnu de souffler : « Hmm » pour seule approbation muée par une réflexion trouble. Voilà qu'il la dévisage longuement, l'envisage sous un autre angle malgré les ténèbres cisaillant ses traits. Diable qu'elle devait être plus belle encore sous la lumière, mais sans doute préfère-t-elle éparpiller sa beauté tels des lambeaux sous des ombres chinoises. Se dissimuler dans les ténèbres et flirter avec elles. Quelque chose de troublant émane de cette femme, elle porte le mystère tel un parfum et pourtant sonde le monde de ses grands yeux insolents comme si elle souhaitait le transpercer. « Mais quand vient la nuit, ils cessent de mentir, ils cessent de se cacher. Ils cessent d’être tant et si parfaits. Quand vient la nuit, ils perdent la raison, pour ne plus incarner que leurs pulsions. Et ils viennent ici.  » Voilà qu'elle expose encore ses théories farfelues et ainsi Tyrell ne saurait douter : l'étrangère ne se dévoile qu'à moitié, laissant glisser contre sa langue (et c'est qu'il s'y complairait bien, lui aussi, tout contre le giron de sa bouche chaude) une semi confidence. Kriss sait quelque chose qu'aucun mortel ne saurait confesser. Alors il approuve, plus ou moins, d'un signe de tête faiblard. Non qu'il ne veuille se vendre, mais le ténébreux n'adhère qu'à moitié à ses révélations : c'est jour et nuit qu'il lutte contre l'engeance qui l'habite et le dévore de l'intérieur. Quand bien même en cet instant, la volonté farouche d'agir sous la bestialité le saisit et le violente ; c'est qu'il se retient de ne pas la plaquer contre un mur. Il inspire grandement. Se réfrène.

Elle parle encore, et cela ne l'importune guère. Au contraire il lui semble que le son de sa voix cristalline est semblable à un tintement d'argent, un tressaillement de cymbales, et il s'étonne d'en saisir les sons d'autres contrées. Quelques vallées nordiques glissant vers lui par des troncs informes. « Est-ce la raison pour laquelle vous êtes là ?  » « Tu sais pertinemment ce pourquoi je suis ici. » Si la chasse perdure, l'amorce lui semble soudain trop longue. Tyrell a recouvré son visage rembruni, son regard de cendre se posant sur elle, étrangement menaçant et lui préfigurant pourtant quelques préjugés favorables. Il ne la sent ni faible ni couarde, sait qu'elle excellera dans la lutte et cela le ravit. Le vent tomba, le miaulement d'un chat en maraude perça le sinistre silence. « Tu m'as senti venir, et c'est tout à ton honneur. Tu sais que je suis ici pour toi, et je te laisse le soin de choisir ce qui se passera par la suite. La douceur ou la violence. Quoique j'ai toujours eu un faible pour cette dernière option, je préfère pour le moment rester galant. » Puisque la galanterie ne fut jamais son apanage, mais comme le jeu l'amusa, le voilà qui jubile. En soupire presque. Et d'un geste alangui se saisit de la cigarette pour la faire mourir entre ses lèvres.

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MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Ven 22 Sep - 16:04

Elle le sent, l’animal ombrageux, elle peut presque sentir son cœur battre alors qu’elle le dévisage. Son souffle est sous le joug de bien trop de calme, ses respirations sont bien trop contrôlées. Mais dans ses orbites menaçantes, les pupilles brulantes la dévorent de cette faim sauvage. Kriss aimerait tant voir sur le visage de son nouvel amour, la violence sauvage de cet animal. Mais le corbeau noir qu’enserrent des âges de damnations, se protège sous le voile d’une galanterie toute humaine, et ne lui laisse entrevoir les violences ardentes de son âme. Il reste sage. Si sage. Grondant comme un orage lointain, mais encore calme. Kriss veut la tempête, Kriss veut le voir quitter l’élégance des rois de ce monde pour se revêtir de l’appétence des bêtes sauvages. Elle aimerait, voir ce que ses sens perçoivent, et qui ne lui laissent qu’un sentiment de frustration. Kriss est étrangère à toute forme de retenue et la sienne l’irrite soudain.

La sécheresse de sa réponse fait briller de colère ses prunelles amoureuses. Et la pâleur des iris de Kriss, semblent soudain plus grandes alors que ses pupilles rétrécissent, abysses verdoyants de fureurs animales. Le tutoiement l’assassine. Il ne lui cache rien. Et si elle ne sait rien. Elle sait. Comme la souris connait le désir du chat, et la jument, de l’étalon. Le vent tombe, la tension est différente. L’orage est pris au piège des lèvres masculines. Ses mots roulent et grondent et quand il se tait, la nuit se fait plus intense.  L’homme a toute son attention. Et si sa rhétorique la laisse un instant silencieuse. C’est qu’elle ne sait encore si elle se décide de fuir. Elle hésite, la petite proie, tant elle aimerait jouer avec ce roi chat et minauder entre ses griffes. Elle hésite, la petite chasseresse, tant l’excitation de la traque est envoûtante. Alors qu’il lui vole sa cigarette, elle se laisse rêvasser sur ses lèvres charnues, imaginent les crocs qu’elles recouvrent. Elle ne fuira pas, pas tout de suite. Pas avant d’avoir goutté aux plaisirs interdits.  

Choisir ne fut jamais en son âme une simple affaire, et forcée à un choix, l’insolente ne rêve que de briser son ordonnance. S’il veut jouer avec des mots, elle n’a de toute manière ni la moindre chance, ni la moindre appétence. Kriss veut l’orage et du haut de son si jeune âge, elle le désire de tant de force, que soutenir une conversation sage ne l’amuse plus.  Alors, elle ne se soucie guère de cette aura dans lequel il se cache, Kriss s’avance  et se dépose contre son corps si ancien, déployant le sien comme une ombre qu’avale la lumière. Kriss s’échappe de son regard en s’engouffrant si près de son âme, là où l’orage couve, alors que des lèvres masculines s’échappe la fumée brûlante d’un mal tout aussi toxique. La peau fine de sa joue caresse celle de l’homme alors que ses lèvres s’approchent de son oreille pour lui confier de faux secrets.  Et, alors qu’elle est si proche de lui, Kriss se délecte de son odeur, si profonde. Il l’affame. Il l’affame et la faim bat en son cœur comme dans le bas-fond de ses reins. Une impulsion sourde la soulève et lentement, elle laisse ses hanches se déposer contre celle du male alors que sa main caressante recouvre la sienne si basse sans la serrer. Ses lèvres amoureuses murmurent.

Oh de la douceur, beaucoup de douceur …


Kriss se repose sur son souffle, puis tout aussi légère, se libère de son contact. Non sans, sur le chemin du retour, embrasser de ses lèvres furtives la mâchoire masculine, si rigide, si sure, cette blasphématoire qui se moque d’elle de toute sa sagesse, de toute sa confiance et de sa grande rhétorique. Elle susurre.

Et de la violence bien sûr…


Les paupières amoureuses battent avec lenteur alors qu’elle le regarde. Un instant, l’envie la traverse de lui voler son énergie, là, maintenant, de désamorcer le temps,  d’avaler l’orage qui le dévore et dont il lui en refuse les lumières. Ses prunelles s’attardent sur son visage alors que sa main serre la sienne. Ce n’est pas si doux, pas si tendre, elle serre plus fort que ne le ferait une amoureuse ou une petite proie. Elle le met en garde.  

Pourquoi me priverais-je ? Pourquoi choisirais-je ?


Qu’elle fasse naître l’orage, qu’elle lui arrache les pires élancements de son âme, sa brutalité adjacente que cette fausse galanterie cache. La main de l’ardente se lève et se dépose sur son visage alors qu’elle s’approche. Si près. Jusque sentir son souffle sur sa peau. Jusque se perdre dans la noirceur de ses prunelles cendres. Jusque épouser le moindre des traits de son visage. Elle aimerait qu’il implose sous les foudres de son regard. Que l’orage naisse et la broie de toute sa fureur.

Je ne sais pas, pas vraiment, ce que vous faites ici et la personne que vous espérez trouver.
Je ne sais pas, pas vraiment, ce qui se passera ensuite et cela ne m’importe guère.



Ses lèvres s’embrasent et fourmillent alors qu’elle parle. Des vagues électriques caressent sa peau, émanations amoureuse d’une séduction prédatrice. Depuis que son corps revit, le phœnix brule de mille feux incendiaires. Et le Phœnix exige qu’on repaisse ses faims. Il est si près, le corbeau noir, il devrait déjà être Sien. Elle l’exige Sien. Et malgré toute la violence de son cœur sauvage, Kriss s’empare de ses lèvres avec douceur, embrassant l’âme du Viking sans le dévorer. Sa bouche brulante découvre les rivages glacées d’un monde hivernal. Elle le découvre les paupières closes, amoureuses.  Puis, joueuse, la petite chatte referme sa main sur la peau et ses griffes douces s’enfoncent dans la joue sans blesser la peau, alors qu’une fougue toute animale s’empare de ses lèvres.  Elle l’aime, si fort, d’un amour passager et vain, se laissant traverser par des vagues d’orages. Sans lui laisser ni le droit de choisir ni de posséder. Et puis, elle l’éloigne enfin, nullement rassasiée, bien avant qu’il en ait eu assez.  

Mais si vous voulez m’obtenir, il vous faudra ôter vos habits gris et plonger dans les ténèbres.

Ses lèvres se moquent, dans un sourire provocateur alors que la jeune femme s’éloigne, reculant lentement. Derrière elle, la porte l’appelle, la musique si forte, l’alcool si sucré, la femme si blonde. Derrière elle, La Vie, mais elle n’a – au fond de son cœur – qu’un amour pour la mort et le danger.
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MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Mar 26 Sep - 14:29


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Des femmes, le viking en a connu. Non pas qu'il fusse l'un de ces séducteurs patentés, alertés par la beauté fragile du beau sexe à ne jamais s'en rassasier, mais bien qu'il fut jadis marié à la perfide Vinny, Tyrell s'était laissé aller tout autant que ses comparses aux privilèges patriarcaux de la polygamie. Il en avait connu des guerrières, des sages, des insolentes, des pures comme des catins. Ne s'était jamais fourvoyé quant à leurs attentes, quoiqu'un peu plus sur leurs âmes. Vinny en avait été la preuve, puisque sa trahison leur coûta leurs vies. Qu'importait aujourd'hui ; il lui semblait qu'aucune créature féminine ne put véritablement l'intriguer comme l'émouvoir. Les guerrières s'étaient éteintes au profit de femmes ankylosées par le poids d'une société phallique toute puissante. Ah, comme il regrettait la hargne vengeresse de celles qui ressentaient en leur sein la soif de conquête.

Et ainsi est-il rendu à traquer une proie dont la soumission ne semble pas acquise. Cela est un soulagement, quoiqu'une sombre frustration naît dans la poitrine du ténébreux. Pourquoi devrait-il livrer sa prise aux griffes d'un nanti vorace de quelques jeux sado-masochistes, de cris et de latex ? Pourquoi n'userait-il pas, lui aussi, de la beauté de celle dont la contenance comme la vénusté lui rappellent nonchalamment la divine Freyja ? Pourquoi ne reviendrait-il pas à ses bassesses d'antan et prendre ce qui ne lui appartient pas ? Il a soudain, tout contre son cœur nécrosé, les battements d'un flux sanguin s'accélérant sous une houle d'émotions jamais distinctes mais toujours binaires : la concupiscence et le détachement, la frustration et la satisfaction, l'agacement et le flegme. Un courroux impromptu s'empare de lui, l'un des premiers symptômes qu'il eut connu lors de sa possession, brasse l'air de ses poumons, les contracte, les contrit. Il a l'envie insatiable de commettre l'irréparable et d'abuser d'elle. En souvenirs de ses péchés d'antan. Ci-gît l'homme moderne.

Elle s'approche et le voilà qui serre le poing. Avant même qu'il ne connaisse ce nouveau monde, Tyrell ne put être relégué au rang des souilleurs impunis. Certes, il eut violenté quelques femmes de chef mais rien qui ne lui fut préjudiciable (le code martial fut après tout, de tout temps respecté), mais jamais sans conquêtes de terres ni de titres. Alors il lutte contre ses désirs dangereux et véhéments, parjure ce démon en lui qui déchire son poitrail, contracte une mâchoire contre laquelle l'impudente dépose un baiser. « Innsigla varirnar* » Quel étrange sentiment que celui du spleen malvenu ; Tyrell a usé de sa langue maternelle dans un dernier réflexe, corroborant le geste de refus d'une tête qui se tourne. Il retrouve en elle la séduction de Vinny, en redoute l'issue comme la sournoiserie. Ainsi s'éveille d'avantage en lui les affres de la malveillance ; l'envie de la prendre comme de violenter. L'homme se maîtrise encore, pourtant. Fait rouler sa nuque pour se détendre, admet que le baiser avait un goût d'avorté.

Elle l'embrasse à nouveau, se fait geôlière de ses lèvres. Le ténébreux ne la repousse plus, ni un abandon ni un effarement, seulement la promesse interne d'éprouver quelque plaisir, fut-il seulement réel. Tyrell a bien sûr conscience du jeu qui se profile entre eux, entre paroles habiles, prosodies sournoises et gestes nonchalants. C'est alors qu'il ressent comme une minime fatigue, cependant insondable. Le baiser est aussi frugal que glacé – réminiscences des landes islandaises quoiqu'il l'ignore encore. Les lèvres se quittent quand la défiance de Tyrell grandit ; voilà qu'il la toise longuement, décochant de ses yeux de braise quelques ombrages tout en la dévisageant. Elle n'est pas humaine. Le ténébreux n'en a pas la conviction pure mais semble déterminé à trouver la vérité. Et afin d'en être certain, voilà qu'il use à son tour de quelques pouvoirs par le biais de ses prunelles ; agitant en son sein ses émotions jusqu'à n'en déceler qu'une seule, la pétrir et l'exacerber : le plaisir.

La tension palpable se déploie lorsqu'il murmure enfin, ôtant sa veste et la jetant à terre à l'instar de sa cigarette (c'est qu'il prend Kriss au mot ; jeter ses habits, lui qui ne supporta pas vraiment les habits de coton des pauvres hères d'aujourd'hui, leur préférant le lin, la soie, les cuirs et les peaux) : « Bien. Allons danser et forniquer dans un coin. » La parole est cynique quoique engageante. On ne saurait déceler le mensonge de la vérité (si toutefois il fabule) de ses dires, alors qu'il s'avance vers la demoiselle ayant déjà amorcé quelques pas en arrière ; prompte à passer la porte. L'homme l'invite à le suivre d'un regard pénétrant tandis qu'ils entrent à nouveau dans les bastions de la bassesse moderne ; l'assourdissante musique lui rappelle le brouhaha des huttes viking dans un tout autre registre. Au centre de la piste, voilà qu'il agrippe la hanche féminine et la serre contre lui ; si la sensualité est brutale, elle est d'un autre temps. Le ténébreux se souvient alors qu'il ne sait pas danser (du moins pas celle-ci. La seule qu'il puisse connaître fut celle de ses ancêtres, et celle plus intime de l'horizontale au creux de sa couche) mais soit ; à défaut de se mouvoir, il la maintient tout contre elle, paume de sa main creusant le sillon de ses reins.

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* Innsigla varirnar = scelle tes lèvres

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MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Lun 2 Oct - 18:22

Sur ses lèvres bourdonnent les vibrations amoureuses de son vol nocturne. L’abeille que le miel enivre est aussi douce que l’araignée qui caracole autour de la petite proie. Elle aimerait que les fils de son âme s’entortillent et enlacent les émanations ombrageuses de celui qui, par elle ne sait quelle magie, lui résiste et l’appelle tout à la fois. Kriss aimerait que ses doigts, ses caresses réveillent chez le male impérieux les maux anciens et primitifs. La fureur et la joie. L’amour et la violence. Le désespoir et la haine. Elle le sent, elle le perçoit, les émotions qui couvent ont la violence de ses faims subites. Mais il est plus vieux, plus sage, et dans ses yeux, elle lit un calme qui lui est étranger. Une puissance profonde, glacée, que ravage des vagues d’émotions brulantes. Elle, dans son innocence naïve de la petite enfance, se meurt face aux milles figures féminines qui se cachent dans ses souvenirs. Elle n’est pas la première qu’il chasse et peut-être, la lassitude embrase son cœur. Elle joue comme une petite fille. Faut dire aussi, qu’elle n’a pas vécu les âges de maturité et les âges sages. Sa tentative désespérée de prendre le contrôle de ses pulsions de ses lèvres ardentes glisse sur la bouche glacée, se brise au récif de son âme puissante. Il n’a la naïveté des petites proies, il n’a l’innocence des petits princes, et si elle se veut s’emparer d’un roi, elle doit se montrer plus intelligente. Ou, peut-être, lui laisser choisir les heures et les secondes, les gestes et les mots, lui laisser le contrôle du temps et de l’espace, le laisser faire. Ne pas l’exiger mais l’attendre. Tisser une toile dans lequel il viendrait se pendre.

Les yeux noirs la dévisagent. Que cherche-t-il ? Envisage-t-il de la quitter ? Déjà, si vite. Et s’il partait, ne lui laissant qu’une promesse inachevée, délaissant sa proie pour une autre, plus facile, moins rétive. Et si son jeu d’enfant ne lui suffisait définitivement pas.  Les yeux perçants la dévorent, brillant d’intelligence, recherchant une empreinte, un sentiment, quelque chose. L’homme tente de lire en elle et un instant, un instant seulement Kriss se demande. Que voit-il ? Aime-t-il ou méprise-t-il l’énergie qui l’anime ? Et s’il voyait dans le fin fond de ses yeux de jades, les épines ardentes des roses, la cruauté des carrefours, les ruines de son labyrinthe ? Resterait-il ? Et s’il voyait le Minotaure, s’il percevait sa présence au fond de son cœur, ce souffle sur sa nuque qui comme l’épée menace de chuter ? S’il la découvrait si jeune, phœnix brulant de mille feux dont l’histoire, cendres fracas, est fumée qui l’embrume et étincelles qui enflamment ses angoisses. Est-ce qu’il s’échapperait, est-ce qu’il s’éloignerait ? L’homme a bien trop d’élégance et de rhétorique pour pouvoir se satisfaire d’une carcasse superficielle. Et alors qu’il la regarde, Kriss recule lentement. Les ombres s’emparent de son visage, la lumière s’éteint sur sa peau pale. La nuit la dévore, elle qui n’a jamais brillée que sous les rayons de la lune.  Il la regarde et dans ses yeux soudain nait un sentiment unique. Qu’a-t-il vu dans la nuit ? Déjà, Tyrell revient à elle, Kriss peut presque sentir de nouveau sa chaleur, comme quand elle était au creux de son corps à jouer les chats moqueurs.

L’homme se déshabille et sur ses lèvres féminines glisse un sourire. Kriss jubile et si crisse dans le fond de son cœur cette inusable méfiance, la jeune femme brille de nouveau de mille feux victorieux. Les doutes sont balayés par sa réponse, il accepte de se plier à ses règles du jeu. Et si Tyrell se joue d’elle, son sarcasme l’amuse davantage qu’il ne l’agace. C’est un peu comme s’il lui laissait la main sans la lui offrir complètement. Kriss n’a d’ailleurs, qu’un amour las pour les victoires rapides. Qu’importe s’il ment ou s’il lui murmure une réponse, il ne s’éloigne ni ne se défait de sa présence. Un sentiment de victoire embrase son cœur, Kriss est heureuse de ne pas en avoir fait son quatre heures, de n’avoir volé de ses lèvres les promesses d’orage. La jeune femme retient à peine son contentement alors qu’il l’entraine à l’intérieur. Et alors qu’il se saisit d’elle, Kriss savoure la violence de son exigence, la douceur de ses excès. Papillon de nuit et de velours, elle se pose sur lui, déposant ses  bras autour de son cou comme elle le ferait à un amant. Ses sens inhumains se tendent pour mieux ressentir celui que dissimulent le bruit et les changements de lumières. Les lueurs sur son visage, dévoilent les charmes étranges de son visage ténébreux. Il ne ressemble à aucun des visages qui ont bercé son enfance. Il n’a le regard d’aucun de ses hommes, de ses femmes qu’elle a dévoré sans même s’attarder à jouer de leurs carcasses amoureuses. L’orage semble toujours habiter sa pupille. La tentation de gouter à son énergie noire, de découvrir ce feu glacé qui l’anime la taraude. Il aiguise ses sens et la faim brule en elle, électricité qui glisse sur sa peau, s’amplifie à chacun des mouvements lents de ses hanches.

Kriss danse, tout contre lui, lentement, suivant les battements de cœur de la musique dans une interprétation plus calme. Comme si autour, tout autour, se mourrait la foule indifférente. Et qu’elle épousait la tension orageuse, se fondant en elle. La force qui la retient est sauvage est brutale, elle est infiniment et terriblement réelle. Ce n’est ni une chimère, ni un monstre lointain, ce n’est ni l’élancement de son âme, ni une illusion que génère son cœur malade. La force qui la retient la rend légère et fine. Il la fascine. Lentement, comme si s’endormait son instinct méfiant et ses pulsions assassines,  Kriss se laisse plus encore. Son corps épouse celui de Tyrell et tout contre sa poitrine, elle dépose son oreille fine.  Le cœur de l’orage est aussi profond que la nuit, aussi secret. Ses sens en éveil cherchent les émanations sanguines, le battement tonitruant de la vie. Déposée contre lui, Kriss se laisse danser au rythme du cœur qu’elle perçoit à peine. Et c’est comme si soudain, elle glissait dans les nuages brumeux et doux que déchirent les éclairs. Ses paupières sont plus lourdes. Son corps souple ondule et la faim, entrave cruelle à son souffle, semble plus douce, comme en sommeil. La musique la berce et l’entraine dans une transe sensuelle alors qu’elle se défait de ses armes, de sa carapace arrogante et provocatrice, et ne cherche plus, ni à le séduire, ni à le posséder. L’idée l’effleure même, alors qu’elle s’égare, soudain si aimante et si douce, de renoncer à gouter à ses délices intérieurs, à ne plus se faire prédatrice de son énergie.

Mais alors qu’elle se délaisse à tant d’euphorie douce, le monde autour lui rappelle que ce genre d’illusion est parfois plus cruelle que le plus sombre des labyrinthes. Ses yeux s’entrouvrent et découvrent la créature blonde qui fut autrefois sienne. Morsure brûlante du givre, rappel soudain de l’espace et du temps, Kriss se rappelle brutalement que le roc glacé qui l’enlace, est pareil à ce qu’elle fut avec la créature – un prédateur. Et si elle n’a la blondeur des innocentes, elle semble tout aussi fragile, tout aussi versatile. Peut-être ne voit-il en elle que ce qu’elle perçoit dans la jeune femme blonde, une proie facile. Et si bien sûr, elle désirait encore s’abreuver de son énergie intime, ployer l’échine serait le plus beau des pièges, mais Kriss n’a pas la patience des arachnides et leurs amours geôliers ne l’émoi guère. Ses yeux s’ouvrent grands, découvrant plus encore la femme blessée qui l’attend. Et alors que son rythme se brise dans les bras de Tyrell et qu’elle s’agite, elle perd sa connexion avec le cœur du malin. Ses sens se rétractent, son cœur à elle s’excite alors que mille pensées la traversent. Ce sentiment qu’elle ressent, qui s’exprime comme un affolement qu’elle retient tout à peine. Elle doit l’éteindre. Il est trop fort. Trop différent. Elle lui préfère la morsure cruelle du temps et l’infini plaisir de la chasse.

Kriss aimerait mentir et mentir bien, mais à cela non plus, elle n’excelle guère. Sur son visage perce une confusion, la jeune femme ne se pardonne pas de s’être tant laissée aller. Ses bras glissent, ses mains s’ouvrent et se déposent contre la poitrine de Tyrell alors que les extrémités de ses doigts légers s’attachent aux clavicules saillantes. Son échine se cambre alors qu’elle recherche le regard de l’étranger. Ses cheveux s’éloignent, glissent dans l’air, électriques. Et c’est comme si soudain le corps tout entier ressentait le besoin de s’échapper de la brutalité de ses bras, de la douceur dans laquelle elle s’était réfugiée. Elle se sent prise au piège.  Kriss ressent le besoin urgent de l’éloigner, de porter son attention ailleurs. Sur ses lèvres hésitantes perce un sourire, la jeune femme se voudrait convaincante. Sa voix est claire et sans faille mais dans ses yeux glissent des émotions contraires.

Tu vois cette femme, là-bas ? La blonde.
Elle est magnifique et, tu vois je suis sure qu’elle sera une partenaire extraordinaire.

Ses yeux s’adoucissent, la perspective de lui offrir sa petite proie l’enflamme soudain. Comme si se rhabiller de l’insolence des jeunes chasseresses l’éloignait de ce sentiment étrange. Comme si elle reprenait le contrôle de sa personne. Et puis, ne plus entendre le cœur orageux de l’étranger, lui permet de bruler de nouveau de sa propre énergie. Ses mains se serrent, elle ferme ses poings sur sa poitrine de l’homme alors qu’elle se rapproche de lui et murmure, aguicheuse.

Si tu veux, je te l’offre.

Et pareille à ses chats qui déposent au pied des personnes qu’ils aiment, les corps tièdes des oiseaux multicolores, elle attend avec impatience qu’il se saisisse du butin de sa chasse, partageant avec lui son amour du jeu, l’éloignant d’elle tout autant, pour ne plus ressentir les affres de trop de paix et de plaisirs qui pourraient venir gâter son terrible besoin de liberté.
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MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Mar 3 Oct - 11:11


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Feat Kriss M. Grimm

Et si tu dois m’anéantir,
En te quittant je souffrirai.
Comme l’ami qui s’attache au bras de l’ami,
Je t’étreins avec toute ma force :
Si tu n’as plus aucun bonheur pour moi
Soit ! Il me reste –La souffrance



Au commencement de leur rencontre s'installa l'ambivalence.

Tyrell ne peut se défaire de la proie frémissante entre ses griffes, plaquée là contre un cœur qui s'engorge puis se noie et pourtant. Ah, pourtant ! Qu'est-ce donc que ce fil de pensées s'enchevêtrant dans son esprit revêche ; le voilà qui la cherche âme plus que le corps. Il sent en elle un ersatz de chasseresse ; elle a, à son compte, bien plus d'un trophée qui ne saurait se revendiquer de la douceur ni de l'innocence. Pour autant le ténébreux ne s'en intrigue que moyennement ; c'est qu'il aime ce mystère qui l'entoure et flotte autour d'elle à son image. Vaporeuse. Il n'ignore pas non plus qu'elle ne peut fuir une fois saisie par lui ; les quidams s'adonnent au combat du corps à corps (car c'est le combat qui a rendu grand les plus grands. De ce triste constat, Tyrell pourrait en porter témoignage) Le moment est unique, l'instant leur appartient. Ignorant les tumultes d'une musique sourde et rythmée, ils s'adonnent aux méandres de la torpeur et de la volupté. La nuque masculine s'habille des mains minces et languissantes de l'infante ; elle ondule, soupire, le toise. L'homme observe la rondeur de ses pupilles et ce bleu pâle fatigué par l'éclat du soleil ; c'est qu'il s'en amuserait s'il ne cherchait pas à sonder son esprit. Mais la défiance lovée en son giron ne répond guère à l'appel de la chair ni de l'envie ; Tyrell la serre d'avantage contre lui, s'approprie sa chaleur comme la rondeur de ses menus seins qu'il plaque contre le fin tissu de sa chemise. Voilà qu'il omet le but de sa présence et maudit en son for intérieur et sans ambages le commanditaire de la chasse : c'est que le Viking préfère s'attribuer le trésor plutôt que le remettre. Il n'a jamais été très généreux lorsque vint le temps du pillage. En lui s'aiguisait la fatuité qu'il eut toujours porté en tant que Jarl, quelque peu émoussée depuis qu'il eut rencontré la mort sans jamais trouver le Valhalla. Alors de ses yeux luisants d'arrogance nouvelle, corroborés par un sourire plein d'appétence (c'est que notre pauvre hère a faim, à trop se repaître de quelques bribes de femmes, nullement guerrières, depuis trop longtemps), le faciès de l'homme esquive la douceur de ces lèvres qui l'appellent – et pourtant nullement ne tentent de l'atteindre – contourne la joue fraîche et rose, puis se niche dans le cou blanc de l'insolente. Un baiser se mourant dans une morsure, entre le pincement et la volonté véritable de molester sans pour autant lui nuire de quelques douleurs malvenues, puis il se redresse et la toise. Resserre ses mains dont les ongles semblent vouloir griffer la peau à travers le tissu, se l'approprier, en abuser, s'en nourrir. Il est évident que cette femme n'a rien d'humaine, sans quoi elle n'aurait guère l'effronterie convulsive de l'intriguer sans grand effort. Ce qui est mortel, à ce jour, ne peut plus être guerrier.

« Tu vois cette femme, là-bas ? La blonde. Elle est magnifique et, tu vois je suis sure qu’elle sera une partenaire extraordinaire.  » Elle a dans la voix quelques modulations passionnées qu'aucun homme – il en est certain – ne saurait oublier : un tressaillement charmant, un murmure piquant, quelques notes arrangées au détour d'une tonalité lascive. Mais ses yeux glissent et se défont de lui. L'homme soupire, réprime un grognement, fronce les sourcils de désapprobation. Il finit néanmoins par se retourner sous la requête de la proie-chasseresse (à qui il n'a toujours pas décliner son nom, ni même n'a usé de galanterie afin de s'enquérir du sien, quand bien même il le connaît) et accroche de sa pupille fielleuse la jeune concernée. La suie pour ornement de ses prunelles semble clamer un profond agacement lorsqu'il fusille la désignée – « Qui es-tu pour ainsi déloger de mon corps, de mes lèvres comme de mon intrigue celle que je désire engloutir ? », néanmoins Kriss s'aventure encore, l'interpelle de nouveau, aiguise en lui un étrange intérêt. Tyrell dévisage ainsi la blonde, l'envisage quelque peu ; il est vrai qu'elle porte la beauté en étendard mais, outre son accusation de saphisme à son encontre, quelque chose semble le mettre en proie aux doutes. Quand alors Kriss donna à entendre en un murmure qu'elle pouvait nourrir la potence, forçant le ténébreux à se pencher pour mieux l'entendre. « Si tu veux, je te l’offre.  » Les regards se croisent, se heurtent puis se suspendent. Ni le feu ni la glace ne sauraient éteindre la curiosité qui l'habite alors et pourtant, Tyrell se méfie. Il ne connaît que trop les stratagèmes ennemis visant à la diversion. Le voilà dès lors qui lui sourit, narquois, sans pour autant relaxer ses griffes : « La proposition m'est alléchante. » Il ment. Si la sacrifiée n'est pas laide, elle porte en péché les affres de l'homosexualité. Une lueur de dégoût, à peine visible, strie sa rétine. « Et pourtant deux questions me taraudent : pourquoi la préférerais-je à toi ? Je te l'accorde, la blondeur de ses cheveux était gage de beauté dans mon pays mais elle semble aussi fade et morose qu'un chrétien sodomite que j'aurais castré à la hache. » Il jubile, engouffre en ses poumons une bouffée d'air qu'il souhaiterait vivifiante, aux effluves de pins et de sels. « Et surtout ; de quels dons as-tu hérité pour ainsi décider de la vie d'autrui ? » Regard de connivence, il poursuit derechef. « Séduction ? Persuasion ? Ou autre privilège... » (« accordé par les dieux » aimerait-il prononcer. Il se retient pourtant.) « … qu'aucun mortel ne saurait expliquer ? » Le silence se fait assourdissant malgré la musique alentour ; les lèvres de l'islandais sont scellées néanmoins son regard se fait éloquent ; il persifle dans une feinte aménité. Puis de nouveau, Tyrell se penche – cette fois à son oreille quoique lorgne sur son cou – puis lui déclame : « Je dois néanmoins saluer ta tentative rusée pour me détourner de toi. Aussi je te fais une offre : soit je te ramène chez moi et je me ferai galant, du moins si j'y parviens. » Sa voix chaude et basse excite, quoique ses propos ne sauraient habilement répondre à la véracité ou au sarcasme. Difficile de le savoir. « Soit je repars avec cette blonde fadasse et auquel cas, je te le promets, je ne viendrai plus te chercher. » Car après tout, le commanditaire peut bien aller se faire foutre.

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MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Mer 4 Oct - 19:16

L’attention de l’homme glisse et s’éloigne. Le voile est plus léger et si la tension reste, l’air est plus souple, moins électrique. L’oxygène qu’elle respire n’est plus si plein de la lourdeur des émotions vaines. Kriss retrouve ses ailes noires, de velours, qui glissent autour d’elle, ombres chaudes et amoureuses, ondes de plaisirs et de contentement. Dans la nuit, elles se déploient et nul ne pourrait détecter leurs plumages. Elles entourent celui la retient et lentement s’enroulent autour de lui. Pour qu’il reste, pour qu’il étouffe, pour qu’il s’éloigne, pour que son attention lui revienne. L’indécise ne sait ce qu’elle désire. L’indécise voudrait tout et tout à la fois. Et la sensation vague d’offrir sa proie et de perdre son prédateur est tant de mystérieux sentiments contradictoires qu’elle se blesse aux ardeurs paradoxales de son âme brûlée. C'est que, cet homme qu'elle ne connait pas, elle l'aime déjà.

Les yeux du chasseur se posent sur sa proie et elle perçoit dans ses pupilles le dégout comme la curiosité. Aime-t-il le présent qu’elle lui offre ? Kriss ne saurait lui offrir une maigre pitance. A lui qui a effleuré son âme et parsemé son cœur d’orages, et dont elle se doit de dire adieu, elle aimerait un présent unique. Et rien n’est plus personnel  que l’incarnation de ses désirs, l’âme qu’elle a charmée et dont elle souhaitait s’emparer,  la vie palpitante de la biche dorée que le chasseur caresse avant de tuer.  L’ingénue sonde son regard, se perds dans les détails cendrés de ses braises endormies.  Perçoit quelques sentiments, elle s’amuse alors qu’il ouvre son présent. Retire le papier brillant. Le jeu s’estompe et sur la toile ne reste plus que des fragments d’histoires. Et la blonde, si belle, créature qui s’agace de sentir leurs regards sur sa peau et qui faussement les ignore, dansant pourtant dans une ultime tentative de rappeler Kriss à elle. Sans doute rêve-t-elle de s’accorder le luxe de la gifler, de lui crier mille tempêtes ou de l’envoyer paitre. Qu’importe, dans les prunelles de Kriss, elle est toujours aussi belle. Alors quand claquent les désamours de Tyrell, la brune s’offense.  Son visage si plein de déceptions s’habille d’une moue boudeuse. Il balaie la valeur de son offrande, de questions curieuses, qu’elle perçoit comme une remontrance.   Et si dans ses paroles percent les résonnances étranges d’autres contrées et d’u nage ancien, Kriss ne s’en révolte tant son refus la désole.

Qui est-elle pour posséder la vie d’autrui ? Et comment se permet-elle ? C’est vrai, Kriss n’a guère l’habitude qu’on lui dise non. Et peut-être cesserait-elle ses offenses si des refus entachaient sa confiance sans faille. Kriss est sans éducation et son bastion est de méandres et de chemins. C’est ce qu’elle aimerait lui dire, peut-être. Kriss ne possède rien, mais a tant avoir parcouru des labyrinthes, elle les perçoit partout, tout le temps. Son âme les dessine dans ses interactions avec le monde, les hommes, les femmes. Et dans un murmure, une promesse, une avance ou un regard, elle les entraine dans les couloirs tortueux. Ou les perds alors, si elle désire s’en défaire. Comme elle tente de le faire de Tyrell. Il n’a, hélas, la naïveté des ignorants. Dans un baiser chaste et court sur ces lèvres qu’elle aimerait faire taire, elle chasse son regard perçant, et se réfugie dans une douceur passagère. Mais à son oreille, déjà, il esquisse un nouveau choix. Et déjà  son cœur se sert, une colère l’enserre. Il n’aime son présent et elle n’aime son offre.

Dans un soupir elle se fait l’avocate de sa belle, ne sachant déjà que l’homme excelle en cet art et ne lui laissera aucune victoire. Et alors qu’elle lui murmure au creux de l’oreille, la beauté de sa proie et les raisons de la choisir, sa langue roule, lente et amoureuse. Kriss la jalouse.

-Elle est l’incarnation même de ce que j’aime ici. Des frissons glissent le long de son échine à chaque caresse.  Elle s’agite et palpite aux moindres des infractions. Elle est venue, le cœur au bord des lèvres, pour qu’on dévaste la grisaille de ses journées mornes. Qu’on l’amuse. Elle serait prête à vendre son âme au Diable.

Ne parlait-il pas de Diable ou de Dieu, un peu plus tôt ? Et si Kriss est étrangère à toute religion, elle connait l’expression et lui trouve plein de mordant. Mais ce n’est pas vraiment les mots qui glissent le long de sa langue sans s’en libérer, ce n’est pas vraiment le fond de sa pensée. Kriss ne saurait lui exprimer ce qu’elle ressent auprès d’elle. Sa faim qui gronde, l’électricité d’une peau qui affame. Tyrell ne semble être de sa race et ne pourrait peut-être comprendre l’attraction des proies plus faciles. La seconde s’éternise, elle ne sait que dire qui ne soit indécent, et alors qu’elle repense à sa question étrange, elle se décide à lui répondre sous forme d’une accusation qu’elle soupire.

-Toi aussi, tu veux que l’on t’amuse.

Kriss se cambre pour pouvoir lire dans ses yeux, la réponse à sa question silencieuse. Et puis ses lèvres osent, avec une innocente douceur, dans une candide provocation.

Ne me laisses-tu pas choisir ?  

Un sourire glisse sur ses lèvres, un peu triste. Elle a la mélancolie fragile des anges noirs. Sa main se pose sur le cœur de l’homme, elle l’écoute, l’entends, et alors que s’esquissent des mots d’adieux, ils ne chutent dans sa bouche et restent, coincés dans sa gorge. Multiples et nombreux. Dans ses yeux peut-être passe un au revoir. Et sa bouche s’ouvre, se referme. Le cœur de l’homme gronde et roule, il n’est pas si calme qui ne semble. Elle attend qu’il s’agace, puis dans un soupir s’invente une raison de rester.

Elle, si belle, ne mérite un amour forcé.

Ni la morsure insidieuse de Kriss, cette offense. Sa séduction versatile, ses jeux malsains, le déploiement de toute son imagination pour l’amener à un homme hésitant. Alors qu’elle la dévore du regard une dernière fois, elle grave son empreinte dans le fin fond de ses iris. Kriss regrettera peut-être de la laisser si facilement s’échapper. Mais alors qu’elle la voit, les fantômes hésitants d’une romance entre elle et celui qui la tient si fort contre lui se déploient. Brulures et fouets, ils agacent ses instincts possessifs. Les lames de la chevelure étincelante, la froideur de sa peau fine, des scènes d’outrance et de vulgaire. Elles glissent dans ses pupilles et Kriss n’aime pas ce qu’elle voit. Celui dont elle évite le regard, elle le veut sien. Alors, enfin, s’échappe une confidence.

Je t’ai menti, je suis étrangère à ces gens.

Ses yeux se cognent au sien, elle s’excuse presque de l’avoir comparé à sa petite proie.

Et toi aussi, allons-nous s’en.

Puis, dans un éclair, elle se rappelle. Les yeux n’étaient si doux, le chasseur si empreint à la douceur.  Le labyrinthe se referme sur elle, il suffit qu’elle lui rappelle son offense, la vrai raison de sa présence, quand bien elle l’ignore. Cette épée de Damoclès qu’elle a ressenti aux prémices de leur rencontre. Et ce bien avant qu’elle ne s’amuse à le séduire, bien avant qu’elle ne s’abaisse à prendre plaisir de sa présence et à se loger si près de son âme brûlante. Et peut-être cessera-t-il son numéro de charme. Peut-être lui-meme se devra de choisir et de chuter avec elle. Il n’y a d’amour brisé le plus cruel, que celui dont elle s’inflige.

Tu étais bien venu pour une raison, non ?

Et sur ses lèvres, se brisent l’amer moqueur, oiseau suicidaire qui se jette contre la falaise. L’inhumaine créature lui offre sa propre personne en pâture.
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MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Jeu 5 Oct - 12:18


Hunting is a savage pleasure
and we are born to it
Feat Kriss M. Grimm
Elle a de ces peaux qui provoquent le contact, aspirant les doigts oblongs du conquérant. La blonde en sacrifice a beau attiser le regard fielleux du ténébreux, il n'en déloge ni les mains ni l'étau de l'épiderme de la proie (encore eut-il fallu que Tyrell ne l'observe encore ainsi, tant la chasse se muait en avarice, incapable qu'il était de rendre pareil butin), se cale même tout contre son souffle lorsqu'il lui propose son ultimatum. A prendre ou à laisser. L'éclat de véracité strie sa rétine brune ; l'homme est sincère et serein et pourtant, il n'ignore rien des pertes que son audace pourrait lui imputer. Sa mine rembrunie se ferme encore lorsque Kriss porte sur la désignée son réquisitoire, prompt à hisser la blonde sur un piédestal, dans le secret espoir d'attiser l'appétence de son vis à vis. Ah, certes, elle a la verve affûtée et le verbe joli, mais l'islandais ne se laisse guère berner. Car dans l'alcôve de sa pupille luit un tout autre désir qui ne porte ni de nom ni d'attribut semblables à la femme aux cheveux d'or. Il a jeté son dévolu sur elle, cette brunette aux yeux bleus et à l'âme de guerrière. Il apprécie son éloquence, la force tranquille de son insolence, le voile de ses cheveux battant ses épaules frêles à chacun de ses pas. Il aime, aussi, à la voir se battre pour que son offrande soit acceptée. Mais rien n'y fait. Ni la détermination avec laquelle elle décrit l'inconnue, ni les épithètes qu'elle emploie, ni même les promesses qu'elle déploie. Tyrell ne la quitte ni du regard ni des lèvres, se contente de froncer le nez dès lors qu'il désapprouve. Son monde n'est pourvu ni de Diable ni de débauches saphiques. L'oeil retors – ah, quoique séduit par son interlocutrice, faut-il enfin l'avouer – Tyrell se redresse et use à son tour de sa loquacité. « Tu me laisses pleins pouvoirs et voilà que tu discoures de frissons, de ses amours, de chaleur et d'envies, à t'enquérir peut-être de mon désir éventuel pour elle. Mais là, jolie, regarde, tu souris... » De son index il la touche, caresse le bord de sa lippe contre lequel se niche, en effet, un soupçon de sourire. Bien caché derrière quelques bribes illusoires de l'en défaire. « Tu souris parce que tu sais. Tu connais mon désir en cet état, et donc tu sais. Mon désir te rompt les lombaires. » Sourire de connivence, comme il a l'air charmant ! Son air est mordant, son rictus même est plein de promesses qui déchirent, morcellent, labourent la chair. La sienne en l'occurrence. Mais le revers de la belle est sans appel, voilà qu'elle lui répond, sans se démonter : « Toi aussi, tu veux que l’on t’amuse.  » Cela l'interpelle. Bien sûr qu'il le souhaite, et pas seulement en termes lubriques. Son existence est insipide, elle est en disette. Par manque de conquêtes, de drakkars et de sang. De chrétiens que l'on disloque, de femmes que l'on prend et d'hydromels que l'on boit. Et elle, s'érige face à lui, remuée de promesses et d'attentes ; elle est de celles qui vous jaugent, vous aiment puis vous confessent : 'je vous dirai donc d'ici quelques jours, si cette histoire mérite selon moi de finir mal. ' Elle est de ces intrigues qui blessent et qui tuent. Tyrell pourtant, s'était juré de ne plus se laisser choir dans quelque romances aux effluves ferreuses d'hémoglobine. Ci-gît sa fébrile résignation.

Et de cette faiblesse surgit la perfide jalousie – sentiment qui lui fut étranger si longtemps. Comme il pique, comme il démange ! Et ce myocarde alangui qui gronde et palpite sous ses griffes, quelle inconstance ! C'en est gênant d'humanité – lorsque l'objet de ses convoitises toise une dernière fois la danseuse aux cheveux blonds. Ce qu'il y lit l'insupporte ; l'envie, la frustration puis la dépossession. Quelques réflexions se mêlent à ses pensées troubles et Tyrell se remémore soudain le refus de ses premiers baisers : l'attrait débauché de cette femme pour d'autres intruses de son sexe. Voilà alors qu'il hésite, soupire puis grogne. Lorgnerait bien sur un verre d'alcool mais la Prohibition mise en place bride ses envies impulsives. Tout, ce soir, semble lui échapper. A quoi bon brûler d'une flamme, fusse-t-elle dangereuse, s'il ne peut se consumer. L'homme sent en lui cette bête endormie qui se déploie comme au petit matin, baille et vocifère ; une ire impromptue s'immisce en son sein, contre laquelle il espère lutter. Mais c'est la voix cristalline de l'infante qui éteint la braise et le ramène à lui : « Je t’ai menti, je suis étrangère à ces gens.  » Instant délétère, de ces troubles qui s'engorgent et ces pseudos vérités qui se noient. Kriss l'intrigue d'avantage, malgré la défiance de son regard qui jamais ne cille ni ne ploie. Sous de longs cils, peut-être, il aurait pu fermer les yeux. Ne plus entendre ni écouter, seulement chercher à se fondre ici, tout contre elle, dans les ténèbres puis en finir. Le chantage du Viking, quoique fort rustre, incite à déceler en lui son envie d'aller plus loin : il savoure véritablement l'idée de pouvoir la connaître.

Elle l'incite à quitter des lieux, l'homme l'invite à faire le premier pas. Dévorer ses reins de ses yeux, à défaut d'y toucher encore.

Indéfectible, Tyrell la suit au-dehors comme il entreprend de la séduire en silence. Puisque leurs palabres semblaient faire écho à la chaleur de leurs corps, mais puisque le verbe s'avérait plus vulgaire que le toucher – du moins l'Islandais le concevait ainsi – le ténébreux se contente de ne piper mot à mesure qu'ils pénètrent le ventre de l'obscurité. Il a, bien sûr, entendu la question de la mésange et se plie à son tour à l'exercice de la réflexion : de quel étrange instinct de survie est-elle affublée ? Puisqu'il aurait été bien plus aisé de détourner le chasseur de sa proie, voilà qu'elle l'y ramène dans une relative sérénité : elle était non loin de se défaire de ses griffes, quand elle embrassa soudain, naïve et confuse, la violente ambition de venir se lover à nouveau dans le giron de ses bras de maton. Maton qui, plus encore, lui imposa l'ignominie d'un chantage. Ce dernier tord sa bouche d'une moue pensive puis d'une voix aussi constante que chaude – dépourvu de frissons malgré la nuit fraîche, il ignore le froid lui mordant la peau – s'acquitte à la plus pure des vérités : « Un de mes clients, suffisamment riche pour s'octroyer bien des fantasmes, a vu en moi des qualités de pisteur. Il m'a demandé de te débusquer afin de te ramener à lui... » Le regard brun du potentiel bourreau se visse au loin. Sans qu'il ne cille ni ne tremble, l'homme confesse sans ambages ni remords le sinistre projet dont elle était la cible. « ...Pour mieux t'enfermer quelque part, entre sa collection de poupées, de liens et de menottes. Ca ne doit pas être si mal, si tu es adepte de la souffrance et du non consentement. Mais qu'il aille se faire foutre. » Comme un grain trop prosaïque dans sa voix. Une banalité de trop. Il argue derechef : « De toutes façons, quand les gens disparaissent on n'en a plus rien à foutre, pas vrai ? » Question rhétorique qu'il lance à hauteur d'un ton trop usuel, de ceux dont l'on dispose lorsque l'on évoque la pluie et le beau temps. Quand alors ses pupilles accrochent le visage de la jeune fille ; tout en elle l'interpelle. De sa tranquillité à sa docilité de le suivre... Quoique le terme « docile » ne peut lui être imputé, pense-t-il soudain. Kriss a quelque chose à cacher, à vivre, voire à mourir. Il la questionne, curieux, stoppe même le pas tant l'intensité de la demande est grande : « C'est quoi ton mal de vivre, Kriss ? Pourquoi tu ne t'enfuis pas ? »

Son prénom a sur ses lèvres comme une exhalaison lascive. Une envie d'y planter les canines puis de déchirer la sonorité grinçante de chacune de ces lettres. Projections fantomatiques de son corps nu et cambré sous des draps de lin. Elle a, très certainement et tout comme lui, le besoin viscéral de ressentir les choses – fussent-elles véhémentes et malsaines. Pourquoi le suit-elle ainsi, dans l'expectation très probable de se donner à lui (âme ou corps, qu'importe) et de se violenter. Pourquoi ne pas courir se mettre à l'abri. Il ne le sait que trop : c'est qu'ils jubilent volontiers des instants sans éclats et les voilà, maintenant, morts mais bien vivants, à ne plus ressentir si l'impact n'est pas assez violent.

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MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Ven 6 Oct - 15:20


Tyrell a une voix douce et grave qui se perd dans la nuit. L’orage tonne encore au loin, mais la nuit est légère, aussi légère que l’humeur de Kriss. La fraicheur caresse sa peau, une rosée fine se forme sur ses cheveux soudain plus ronds. L’électricité se replie dans ses sphères intérieures et une douceur s’empare des arrêtes de son visage. Son destin ne lui appartient plus, plus vraiment. Elle lui laisse la gravité de l’instant et le soin de ses tourments. Et alors qu’il lui énonce les insanités de son maitre, un sourire glisse sur ses lèvres, s’attarde. Lui non plus n’est pas prêt à l’offrir à un autre.

Il s’arrête et la regarde. Kriss, son nom, comme elle aime comme il le prononce. Elle aimerait l’entendre encore, entre ses lèvres, elle aimerait le lui faire dire, encore. Quelque part, dans le fin fond de son âme, elle note avec soin que le commanditaire connaissait son vrai nom. C’est si rare qu’elle le donne vraiment. Ses yeux curieux questionnent une seconde, peut-être devrait-elle lui demander le sien, puisqu’il se fait si intime. Puis s’éteignent, elle attendra qui lui en fasse le présent. Son attention est toute à lui, un nom lui enlèverait peut-être quelque peu de sa grâce, de son mystère. Il est celui qui sait et elle, l’ignorante. Et pourtant le voilà déjà plein de doutes. Les questions sont douces mais profondes. Il s’inquiète peut-être déjà. Ne devrait-il se satisfaire de ce qu’il possède, pourquoi cherche-t-il à la comprendre ? Elle-même ne sait exactement ce qui l’anime, elle est bien trop jeune pour avoir un œil clair sur ses propres actions. Kriss pourrait lui mentir, mais il a posé les armes, déjà, et il mérite des réponses. Lui expliquer les méandres du labyrinthe prendrait trop de temps, et puis, s’il n’est plus étranger à son âme, il n’est encore suffisamment proche pour entendre, entendre vraiment, ce qui lui est difficile à dire. Alors Kriss tente une explication qui soit plus terre à terre, moins fantasmagorique.

J’aurais déjà pu m’enfuir.

N’a-t-il pas vu combien de fois elle y a songé ? S’enfuir. Se faire la belle, lui offrant un présent ou se jouant de lui. S’enfuir et le fuir aussi pour ne se gorger que de l’insouciance de rencontres superficielles. Cela aurait été si facile, elle n’a de demeure ou de nom qu’elle garde. Et ses habitudes juvéniles changent sans cesse. Elle aurait pu partir et ne plus jamais le revoir. Kriss est une grande artiste de la fuite. Elle aurait pu lui laisser la fille et se satisfaire de sa promesse. Elle aurait dû, sans doute. Mais la fuite lui semblait davantage cruelle que toute offense qu’il pourrait lui faire.
Elle soupire.

Je me suis déjà enfuie tant de fois.


Le cœur est las de tant d’histoires redites. Le labyrinthe et ses impasses ont quelque peu mortifié son optimisme. Il n’y a guère de fuite qui ne soit éternelle, l’oubli est rare et mieux vaut se saisir de son destin avant que l’épuisement ne gagne les membres fins, et n’use le mental encore flamboyant. S’enfuir n’a de sens que s’il y a une raison de disparaitre, une raison qui ne soit seulement une crainte subite ou une peur narquoise, une vraie raison. Elle pourrait le fuir lui, mais son client, son client ne mérite même pas tant d’attention et d’effort. Son visage s’éclaire alors qu’elle imagine les chemins interdits. Sa main retrouve le chemin de celle de Tyrell, elle ose ranimer le contact qui fut leur. Avec une grande délicatesse, elle porte la main masculine sur son cœur. Un cœur fragile et délicat, qui s’envole pour un rien, s’affame d’un silence, se meurt d’une remontrance et brille comme un feu noir sitôt qu’il s’enflamme. Un cœur fragile, aux recoins interdits, qu’elle retient sans cesse. Un cœur qui ne saurait mentir.

Sens-tu vraiment de la peur ? Je n’en ai pas.

Le palpitant est doux et s’il crépite, c’est que la main de Tyrell sur sa poitrine fine réveille une envie de jeu oh combien moins verbal. Les yeux noirs de l’ombrageux lui inspirent bien des paroles de corps qui ne sauraient s’exprimer par des mots. Mais la question le taraude et elle ne saurait l’éluder davantage. Il lui faut lui répondre.

Qu’importe ce que ton commanditaire souhaite me faire, et quand bien même il y parviendrait, il serait puni pour ses offenses. Crois-tu vraiment que je me laisserais faire ? Peut-être me retiendrait-il un moment et qu’importe la souffrance, mais l’issue semble inévitable. S’il me touche, s’il baisse la garde, s’il ne me tue pas à temps –et je lui donnerais bien des raisons de me garder en vie, crois-moi - je ne serais plus sienne et il sera mien. Et alors, c’est certain, je m’en sortirais.

La faiblesse de l’homme lui semble acquise. Son verbe soudain méprisant grince une effronterie.

S’il n’est capable lui-même de m’attraper, c’est qu’il ne me mérite pas et ne saurait me retenir en cage.

Ses lèvres se font plus douces. Elle pose sa seconde main sur le cœur de Tyrell, mais elle est bien trop émotive pour pouvoir ressentir ce qu’il ressent. Elle ne perçoit que sa chaleur, dans le froid plus pénétrant de la nuit. Kriss s’excite d’une soudaine inquiétude et sa main se serre autour de celle de Tyrell, la serrant davantage contre son cœur fautif. Et si ce qu’elle disait le faisait fuir ? Tyrell semble fort et sa brutalité naturelle présage d’un gout certain pour la bataille, la fureur, mais elle ne voudrait lui faire peur. Et puis c’est la première fois qu’elle déploie les vérités cruelles, sur elle, sans ni plus de détour et d’impasses. Son instinct à elle est autant de fureur de vivre et de besoin de tuer. Son appétit pour la mort et le danger prend naissance dans cette faim qui la dévore. Elle murmure.

Et si c’était toi qui devais t’enfuir ? Je t’ai donné une chance de partir et tu ne l’as pas vraiment saisi. Et si tu m’emmenais ce soir chez toi et que demain tu disparaissais, qu’on n’entendait plus parler de toi.

Elle ose même avoir la langue aussi odieuse que l’homme qui jure.

Est-ce que quelqu’un en aurait quelque chose à foutre ?

Kriss a abandonné l’idée de le blesser depuis longtemps déjà. Et quand bien même son énergie l’attire et l’enivre, elle n’a le désir de la lui voler. Pas encore. Ou pas de cette manière. Elle la veut toute entière, toute à elle, à la couvrir de voluptés. Mais il ne doit plus croire à une quelconque faiblesse. Il ne doit pas davantage baisser sa garde parce qu’elle se laisse. L’envie de dévorer son âme la hante. Et s’il se laisse surprendre, elle pourrait peut-être y parvenir. Le froid fait frissonner son échine animale, la noirceur de la nuit habille d’ombres gesticulantes son visage quand elle parle. Les mots ont enfoncés son âme dans des pensées moins douces, elle préfère revenir à quelques goujateries amoureuses, avant qu’il ne songe vraiment à s’éloigner.

Elle susurre, écho joueur.
Ton désir me rompt les lombaires.

Ses hanches glissent dans la nuit et se déposent de nouveau, là où elles n’auraient jamais dû quitter l’homme, tout contre lui. Leurs peaux s’effleurent, les doigts s’emmêlent. Les cœurs s’approchent et se tiennent, chacun, au creux de leurs mains. Elle l’appelle à lui. Ses yeux grands ouverts, qu’un rayon de lune allume, se lèvent vers les siens. Elle tente de déchiffrer dans ses prunelles le dégout comme la haine, l’amour comme le désir. Elle parle, et sa voix ondoie dans la nuit. C’est qu’elle voudrait qu’il oublie tout le reste. C’est qu’elle voudrait que tout le reste n’existe pas. Qu’ils savourent l’éphémère comme le grand, sans toutes ses pensées délétères.

Jouons donc sans nous soucier de toutes ses bêtises.


Qu’il embrasse la mort sans peur, ou l’éloigne. Qu’il l’embrasse ou la chasse. Elle le laisse choisir. Puisqu’il la désire et qu’elle s’offre toute entière, sans même chercher à lui mentir sur sa nature prédatrice, Kriss espère qu’il percevra les reflets dorés de son âme, ce phœnix cruel qui s’amourache pour de petites proies, qui laisse derrière lui des cadavres froids, qui le désire lui aussi et qui pourtant se tient à l’écart.

Et puis dans un silence, son cœur s’assassine. Le palpitant manque un battement, chat amoureux qui s’assomme, légèreté qui s’amenuise. Il est un danger qu’elle craint plus encore. Et qu’elle garde au silence de ses lèvres closes.


Non ce qui me fait peur est tout autre.
Ce qui m’effraie c’est de te laisser en vie.
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MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Mar 10 Oct - 14:38


Hunting is a savage pleasure
and we are born to it
Feat Kriss M. Grimm
La brume humide et froide dépose sur leurs peaux frissonnantes quelques minces gouttelettes flottant comme de la rosée. De la fraîcheur ou de l'excitation, il ne sait que peu ou proue ce pourquoi il tremble légèrement. Pourtant dores et déjà noyé au sein de la pupille océane de la jeune femme, le ténébreux contemple l'oeuvre pure d'un ersatz de pluie brumeuse qu'il découvre forgeronne ; une mèche humide balafre la joue féminine et l'homme se surprend à y voir comme un trait de peinture vermeille. Et sous cette rosée éparse se distinguent les ondulations de sa voix lui faisant l'effet d'un tonique ; il lui suffit d'en suivre les intonations, bouffées d'émotions et d'effronterie, de s'en nourrir et d'alimenter son cœur sec. Les imaginations les plus impudentes le hantent jusque dans son souffle rompu par quelques trémolos échauffés, le ténébreux n'en pipe mot pourtant mais toise de ses yeux fauves la lune les trempant d'une humide lumière. Nul élan romantique à cette attitude néanmoins, c'est que l'islandais se questionne soudain et tisse en son cerveau un univers aussi ineffable que méconnu par ses pseudo contemporains. Il a alors tout en lui cette réflexion mystique rompant tout esprit cartésien qu'il miroite le temps d'endosser ses nippes d'avocat : la vieille âme est persuadée de vivre sous le giron des dieux qu'il adorait à une époque lointaine. Ce soir il se surprend à voir la pluie s'abattre peu à peu sur les trottoirs dépouillés, déployant sur eux ses ailes humides, alors même qu'une nuit radieuse s'était dévoilée à eux quelques minutes plus tôt. Si la jeune femme qu'il eut comparé tout à l'heure à Freya était de connivence avec le ciel, alors peut-être serait-ce là l'intervention divine de Freyr. Dieu de la prospérité, commandant au soleil comme à la pluie, lui renvoyant quelques signes. Il divague. Il semblerait que elle aussi.

Puis la voix de Kriss éclate sa bulle léthargique, dans un timbre clair et forcé : « J’aurais déjà pu m’enfuir.  » dit-elle. C'est certain, pense-t-il. La question qui le taraude étant : pourquoi ne pas l'avoir fui alors ? Sans doute subsiste en ces réflexion quelque envie, égoïste sinon illusoire, qu'elle ne soit restée que pour lui. C'est que Tyrell, dans son insurmontable préoccupation de son ego, passait pour naturel son refus non pas de la gente féminine mais de toute forme d'attachement à leur encontre. Son cœur était depuis sa première mort – puisqu'il en attendait une autre, elle s'appelait Ragnarok et de fait, il la cherchait sans discontinuation – une constante, une invariable note sans rythme ni émeute, et la coupable de ce crime de myocarde portait le nom de Vinny. Il eut suffit cependant de rencontrer cette jeune femme aux yeux clairs pour remettre en doute, et dans un laps de temps littéralement renversant, ce qu'il prenait pour acquis. Kriss avait instillé en lui l'intrigue comme l'intérêt, en sus de susciter chez lui quelque convoitise due à son inénarrable beauté (le lecteur pourrait tout à loisir être confus par l'épithète employé et pourtant, Tyrell voyait en elle et sans conteste, les charmes les plus exquis qui lui étaient donnés de voir. Un coup folie, un coup de foudre d'esthète).

Conscient des sonores battements de son cœur – voilà qui était fort désagréable. Il en avait omis que quelque vie put se lover tout contre son torse – Tyrell préfère sceller la lippe et la laisser s'exprimer d'avantage. Elle se confesse sans ambages quoique demeurant sibylline, et admet avoir fui déjà tant de fois. Si son interlocuteur ne relève pas, par pudeur plus que par désintérêt, il se demande de qui et pour quoi elle fut captive. L'intonation de sa voix, pleine de tintements, se brise tout contre un sentiment qu'il perçoit comme sombre. Alors l'islandais se tait encore, préférant admirer la mise à nue que de souiller la confession de quelques palabres malvenues. Il prend tout ce qu'il peut prendre, avec avidité et appétence, admire la force de ses aveux qui la dépouillent et agitent en la pupille de l'homme quelques lueurs d'émotions lubriques vibrant dans son silence. Ce qu'il ignore encore, c'est qu'elle prend, elle aussi.

Elle se saisit de sa main, et cela le secoue d'intrigue. Il se laisse faire, quelle étrangeté ! Empressé qu'il est de toucher encore et de sentir tout contre sa paume quelques soubresauts ou bien quelque silence. Le torse féminin n'est cependant bruyant que de battements d'ailes légers, imperceptibles quoique tangibles au toucher qu'elle force dans une féroce délicatesse. Tyrell relève le menton pour mieux dissimuler son trouble, la morgue viking lui bat les tempes et l'enjoint à raidir sa nuque. C'est pourtant d'un regard réceptif aux émotions qu'il la toise. « Sens-tu vraiment de la peur ? Je n’en ai pas.  » Quelques mots bénins dont la sonorité amorce d'autres réminiscences lointaines.

~*~

Reykjavik, en l'an 1007

Une silhouette grande et râblée se découpa sur le palier de la hutte ; le pas s'était fait brutal mais, dès lors que le jeune homme avait passé la porte, il s'arrêta derechef. La jeune fille solitaire releva la tête, tendant son long cou d'opale vers cet inconnu qu'elle ne redoutait pourtant guère. On lui avait promis fortune, gloire et époux honorable, et ce qu'elle perçut de son visage ourla dès lors sa lippe en un sourire convenu. Le garçon avait déjà quinze ans, fort bien constitué et forgé du sel de la mer et du sang de leurs ennemis, il avait cette mâchoire toujours contrite, polie de mille mots aiguisés tels des épées. Sans doute était-ce pour cela qu'elle était si anguleuse. Alanguie sur son lit de paille, la jeune vierge avait pour toute intimidation des joues rosées et pleines, quoique sa position lascive ne pouvait que sous-entendre son appétence certaine pour l'apprentissage de la vie et de ses plaisirs. Elle était, pourtant, aussi pucelle que cette Vierge Marie que ces sodomites de chrétiens adulaient tant. « Je suis... » « Tyrell Aegirsson, Jarl de Reykjavik, descendant du guerrier Erik Thorvaldson. Puissent tes exploits futurs comme ton ancêtre te mener au Valhalla, noble Jarl. » Elle soulevait ces mots en un radieux sourire de dévouement et d'admiration. L'éclat de vénalité couvant dans son regard échappa cependant au Jarl qui s'avançait alors. Elle était jeune, d'une année sa cadette, quoique déjà dessinée aux allures de femme. Alors que porté par les élans de virilité qui étaient dus à son rang comme à son sexe, Tyrell avait matière à employer son expérience dont elle, était dépourvue. Et pourtant nul tremblement à son échine, un corps offert avec l'assurance et la conviction d'un amour éclatant, jamais dompté. Elle l'aimait déjà, cela le secouait quelque peu. Tyrell s'avança avec la légèreté du galant mais la puissance d'un chef, puis porta la main vers ce corps d'un blanc neige. Glissant les lanières de cuir de son corsage, pour mieux dévoiler ce ventre nu et plat ; landes vestales trouvant chemin vers une menue poitrine. « Tu es Vinny, première fille du Jarl de Styykishölmur, descendante de Bjarni Herjólfsson. » Cette dernière opina du chef, toute tremblante de désirs et non d'assentiments. « Tu trembles. Mais de désir et non de crainte. Du moins je le crois. » Il s'en inquiéta pourtant quelque peu. Plaquant avec douceur la main chaude de son futur époux contre son nombril, elle s'étira puis ronronna telle une chatte, dans la fervente volonté d'apaiser son inquiétude : « Sens-tu de la peur ? » Sourires de connivence. Il se pencha alors sur elle, luisante comme de l'argent, baisant sa bouche insolente et adorable. Et leur gémissements de se confondre aux crépitements du feu de la hutte.

~*~

De nouveau la voix cristalline de Kriss le ramène à lui, c'est quelque peu secoué (de trouble, ou mordu par la fraîcheur de la pluie tombant plus drue du ventre lourd des nuages) qu'il la toise de son regard pénétrant. Pourtant le récit de l'impudente lui octroie un sourire mordant, ravi probablement d'être ainsi tombé face à une belliqueuse tout comme lui. Il peut sentir sa force mentale émaner de ses mots, glisser sur ses lèvres rubicondes pourtant douces et à la fois si acérées. Sa beauté, tout comme sa vivacité d'esprit, demeurent astringents : elle décape tout ce dont elle ne veut pas. En l'occurrence, Kriss refuse qu'il ne voit en elle qu'une simple proie, et le lui fait comprendre en se présentant comme prédatrice. Cela ne le surprend guère ; il l'a pressenti jusque dans son baiser coupable. Et lui, aurait tant aimé le lui rendre mille fois que cela n'aurait guère été suffisant.

Elle n'a pas peur. Il peut sentir le calme assourdissant d'un cœur en latence. Sans doute est-elle trop confiante, ou bien rassurée. Sans doute a-t-elle perdu toute foi de recouvrer ces lambeaux de crainte et de vertige faisant de vous un être humain. C'est pourtant en guise d'humanité qu'elle dépose sa main sur le torse masculin ; défiant, Tyrell amorce un geste de refus pourtant vite avorté. Aucun dégoût porté à cette spontanéité rustre, mais les souvenirs encore cuisants d'un amour hypocrite ayant pour seul linceul le mensonge et sa propre mort. L'islandais a, depuis lors, tiré un trait sur les sentiments. Il s'en méfie et les darde avec réserve et un mépris émouvant. Alors il se tend, sent ses poumons se contracter sous une respiration irrégulière, la moiteur de sa nuque enhardir son corps entier. Las, qu'il aimerait pouvoir la repousser et, dans un élan cruel, lui affirmer d'un œil retors qu'il lui conviendrait de seulement découvrir son corps. Qu'une fois repu de sa carcasse il la jetterait aux vautours. C'est un autre monde qu'il découvre, entre la funeste passion et l'inconvenance exaltante. Ce qu'elle lui susurre corrobore ses pensées ; elle n'est pas l'innocente qu'elle paraît être. Ceci n'a pour effet de ni le troubler – puisque guère surpris – ni même de l'affoler – puisque étrangement séduit par l'idée. Tyrell la pénètre de ses yeux de suie, l'écoute avec assiduité, n'en perd pas une miette. Ce qui le perturbe néanmoins, c'est la faculté qu'elle a de saisir sa réserve amoureuse puis d'enserrer sa main afin de ne pas le laisser s'en réchapper. Une chaleur troublante émane d'elle (à l'instar de ses palabres menaçantes ne déroutant pas le viking), et c'est son cœur qui s'efforce de jaillir à ses lèvres. L'instant est volé, fugace, beau. Elle, ne le désarme pas. Le prévient au contraire. Se heurte à une relative méfiance qu'elle abaisse, et par ses mots adopte le mimétisme : « Jouons donc sans nous soucier de toutes ses bêtises.  » De sa proposition naît un rictus, entre l'excitation et l'intense réflexion. Tyrell se fait silencieux mais l'observe, lorsque enfin ses lèvres, si près des siennes, daignent déverser quelques réponses. « Je ne discuterai pas tes menaces, je sais qu'elles sont sérieuses. Je ne douterai pas de tes aptitudes, je sais qu'elles sont réelles. Mais il y a une chose que tu dois savoir. » Il se penche à l'oreille, et en un murmure se confesse à son tour. « J'ai une mission ici-bas, et je ne saurai disparaître tant que je ne l'aurai pas menée à terme. » C'est impossible, il en est certain. Si Tyrell erre encore dans les immondices de ce monde, c'est pour mieux prouver sa valeur et ainsi gagner les faveurs des walkyries et des dieux lui ouvrant les portes du Valhalla. Le reste n'est que fioriture. Naïf, il se sent donc invincible à défaut d'être immortel.

La tentation plie son échine, qu'importe si de ces lèvres mortifères il se doit de mourir à nouveau. D'un frôlement sensuel à sa bouche il la goutte et la devine, quand enfin en capturant le galbe il l'embrasse. Avec douceur, avec brutalité, avec une soif inextinguible. Il sait qu'une fois le baiser donné à cette femme, et qu'il eut mêlé à son souffle éphémère autant de visions que de fantasmes, il livrerait quelques faiblesses qu'il ne saurait plus taire. L'envie avait mis à mal sa velléité. « Je sais pertinemment que je devrais fuir. » Un nouvel aveu des plus graves quand, se détachant de ce corps frêle comme de ces lèvres, il admet sans ambages que si la fuite ne dépend pas de ses menaces qu'il pense illusoires, elle découle de tout autre chose. Pourtant il demeure, fait même un geste envers Kriss l'amenant à le suivre. Quelques minutes de marche encore, quand apparaît dans leur champ de vision une silhouette de tôle et d'acier qui se fait des plus rares : une voiture. Sciemment offerte par un fortuné client, don que l'on qualifiera en toute franchise de pot de vin. L'avocat ouvre alors la porte et y enjoint la demoiselle à s'y engouffrer, remarquant l'air étonné de cette dernière face à la singularité de son bien mais qu'il couvrira par ce simple argument : « J'habite à l'Est de la ville, dans le French Quarter. » Il leur sera plus rapide ainsi de remonter le chemin, et plus aisé peut-être d'illustrer auprès de la jeune femme les vices qui l'habitent, notamment la cupidité et la convoitise.

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MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Mer 11 Oct - 19:11

Dans les cendres de son regard, Kriss perçoit le feu étrange. L’orage, l’orage tonne. Sitôt qu’elle le touche, les braises flamboient. Sitôt qu’elle s’éloigne, les étincelles se font incisives. Dans la suie, elle découvre des sentiments contradictoires, cette buée noire de désirs inachevés. Contre ce cœur qu’elle possède du bout de ses doigts impudiques, elle perçoit le sporadique. L’homme se refuse, se laisse, résiste. La méfiance irise ses cils d’un semblant de dureté. Des réminiscences passent comme des éclairs.  Il s’émeut de sentiments paradoxaux. Et si parfois il semble se détendre, il s’agace tout autant – flamboyant et calme, dans un mélange de paix farouche et de résistance froide. Il s’enflamme, s’éloigne. Laisse le silence embrumer son assurance. Il est si proche mais reste, au loin, regardant la scène, se refusant d’y pénétrer. Comme si son fantôme s’était échappé de son corps, comme si l’intimité lui faisait peur. Et pourtant Kriss s’acharne, déploie ses charmes avec douceur, l’invitant à la rejoindre. Si près de lui et si possessive, elle désire son attention, l’exige, l’empêchant de s’échapper alors qu’elle le retient contre son cœur. Et même ses griffes amoureuses se font plus profondes, plus tranchantes, elles pénètrent son regard à défaut de sa chair et le retient, vivant et présent, au plus proche qu’il le lui permet. Sous l’humidité chaste de la pluie fine, de fin filins liquides glissent sur la peau masculine, comme le long de l’échine de la femme. Elle voudrait y poser ses lèvres et lentement les happer en son intérieur, qu’il ne se laisse distraire ailleurs. Mais elle reste immobile, statufiée mais bien vivante, légère et prête à s’envoler ailleurs. Kriss n’a la patience d’aucun, mais elle s’évertue à respecter les désordres intérieurs qui palpitent dans son regard indécis. Il voulait des réponses, elle lui laisse les dévorer, les recracher, les remâcher encore. Elle lui laisse déchirer la vérité de ses crocs acides, ce verbe qu’il emploie comme une arme.

Kriss s’attends à la morsure d’une offense insidieuse, mais il répond par une confession qui la laisse pensive. Et si les lèvres sont si proches alors qu’elles parlent, lui murmurant des désamours, Tyrell lui semble plus distant encore. Celui qu’elle désire n’est aussi versatile qu’elle ne l’est. Il a un but, une raison, et sa vie ne saurait lui appartenir. Une déception glisse dans son regard, la confusion habille son visage d’une pâleur mortifère. Les ombres grimpent sur les plis, les rides, percutent les arrêtes de son visage. Elle fronce son nez, s’inquiète, se questionne. S’il tient à la vie, que fait-il auprès d’elle et pourquoi donc traine-t-il dans les bas quartiers ? Quelle est donc cette mission qui lui fait plier échine et qui lui vole toute inconscience ?

Mais la confusion est passagère, il avale son attention. Ses lèvres passent sur les siennes, promesse légère. L’œil s’excite, Tyrell attendrie son âme de tant de douceur. Elle le laisse faire, ne cherchant à posséder davantage qu’il ne lui offre et quand bien même une pulsion possessive la traverse, elle garde en bride cette impulsion électrique qui l’invite à lui déchirer ses dernières défenses d’une énième offense amoureuse. Ses paupières se ferment alors qu’il l’embrasse. Et alors qu’il laisse enfin se déployer les émotions orageuses qui l’animent, elle savoure la douce violence qui le traverse. Son échine, sa nuque, est plus souple, elle le laisse la tordre, se soumettant à ses lèvres impératrices pour ne rien perdre de ses émois brutaux. Dévorant la moindre des parcelles d’âme qu’il découvre, sa faim si profonde, le désir qui martèle ses reins, et même cette faiblesse latente qui palpite doucement, lentement. Si elle ne l’a dérogé de sa ligne de mire, elle a percuté son assurance et violé la barrière fine de son habilité polie. Si l’intimité qu’elle lui impose l’a peut-être dérangé, il se confond plus profondément encore dans le vice. Habillant ses lèvres masculines de toute la violence de ses sentiments  contraires, fantasmes cruels, déperditions passagères. Il lui insuffle une douleur oh combien succulente, qui résonne dans son âme comme un présage cruel. Et quand bien même, elle tente de retenir son cœur qui s’étiole, battant soudain si fort, le voilà qu’il s’emballe et enrage. Un fruit interdit que la pècheresse ne saurait retenir, la cruauté même de son âme possessive, effrayée par cette faim brutale, incandescente. Ce désir qui la brule, enraillant sa tentative sage de rester éphémère et volage. Dans sa quintessence, elle ressent que les blessures qu’il lui susurrera auront l’indélicatesse de la tenir en cage, dans l’attente de cette orage qui la broie. La vie brule sur ses lèvres comme un feu interdit, remplissant le vide et la lassitude, décimant les no man’s land de son âme, mettant à sac ses désirs de contrôles. Le Phœnix découvre les étincelles sauvages d’une fureur de vivre qu’elle ne connaissait encore. Dans son inconscience, elle se refuse à entendre les battements de son cœur qui s’affolent. Et alors que Tyrell s’offre aux sentiments qui s’abattent sur lui comme des vautours pour le dépecer du reste de son assurance tranquille, Kriss se fait l’intime promesse de bousculer son être. De dépecer de son cœur exigeant cette distance sage qu’il entretient, cette mission qui le possède, ce besoin de vivre qui le retient. Pour ne plus être que l’unique maitre de sa raison. Pour qu’il l’aime, vraiment, comme elle rêve qu’on ne l’aime, avec la passion de ceux qu’indiffère la vie. Qu’il soit prêt à mourir pour elle, puisque la mort semble être importante pour lui. La venimeuse ne saurait se laisser posséder sans exiger en retour.

Les lèvres s’échappent, susurrent un adieu. Echo de ses pensées toxiques. Ses paupières lourdes peinent à se relever, elles s’élèvent et chutent de nouveau comme les ailes d’un papillon de nuit, alourdies par la pluie fine et la fatalité fragile de l’affirmation. Il brise le contact et la sensible se sent dépossédée. Il avoue sa faiblesse et une culpabilité soudaine s’empare de son regard. A tant vouloir l’orage, à tant s’affamer de son énergie belliqueuse, elle le blesse déjà. Il s’éloigne. Il a raison. Elle le laisse partir. Il revient à son calme. Elle est perdue.  Elle disparait dans ses pensées. Se murmure dans son âme quelques excuses, scenarios où elle s’arrêtait, tournerait talons, disparaitrait dans la nuit. Mais aucune ne lui semble convaincante. Dans un soupir, elle songe qu’à l’aube, elle s’enfuira. Et s’approchant de lui, elle pose la main dans le creux de son bras, s’accrochant à lui avec légèreté, pour ne pas dérailler vers des continents interdits.

La voiture éveille son attention, Kriss se détache de lui et alors qu’il l’invite à pénétrer le monstre de métal, lui caresse d’abord le flanc, comme s’il s’agissait d’un animal. Dans ses souvenirs lointains, quand elle était encore petite fille, le moteur rugissait d’une force tranquille, son père était un homme calme. Faisant le tour de la portière, elle passe auprès de lui et lui vole un chaste baiser avant d’entrer. Oh comme cela est confortable, la petite mendiante ne mesure pas sa chance, elle ne connait vraiment les heures post apocalyptique toute embuée qu’elle était dans son illusion. Mais le cuir est délicat, sa peau aime la chaleur qui s’en dégage.  Ses jambes s’étendent, elle retire ses chaussures, talons indélicats. Et, alors qu’il s’installe à ses côtés, elle met sa ceinture – son père était un homme prévenant. Ersatz d’autrefois, un sourire plein d’excitation couvre son visage.

C’est étrange, c’est grisant, le ronronnement du moteur. Les vibrations de l’acier sur les routes imparfaites. La vitesse qui glisse sous elle. Cet aura mécanique qui l’encercle. Kriss n’a pas l’habitude des endroits clos. Emois clautrophobiques, sa demeure, gigantesque et en ruine, est un palais des courants d’air que le vent traverse. La chaleur intérieure du véhicule lui rappelle les années lointaines de son existence perdue, cette identité qu’elle rejette. Ces mains se crispent, les variations métalliques la laissent désenchantée, un frisson détestable l’enlace. Son sourire se meurt. Des réminiscences surgissent parfois, au détour d’une rue. Les lumières passent sur son visage d’enfant, sa bouche boudeuse reste close. Le passé à l’amer gout de l’ennui. Pour se débarrasser des sentiments désagréables, elle décroche sa ceinture, vulgarité sécuritaire. Et vient tout contre lui, son séduisant conducteur. Elle mordille son cou, l’enlaçant de son bras. Sa voix a le divin sacro-saint gout du jeu.

Vas plus vite.

Tyrell est immobile, il ne peut s’enfuir. Alors elle l’embrasse posant une seconde sa main sur ses yeux. Avant de s’enfuir sur son siège avant qu’il ne la punisse. Kriss ouvre la fenêtre, y passe sa tête.  Ses mille cheveux fins sont des fouets qui brulent son visage. L’humidité et la vitesse sont acides et cruelles, quand elles sont sœurs, mais tellement jouissives. Dans un geste, elle pose ses mains sur les rebords hauts de la portière et porte son bassin en hauteur, dans cet équilibre précaire. En dehors et en dedans, tout à la fois, elle s’accroche à la paroi, déployant sa tête en arrière. La vitesse est grisante, son cœur s’enflamme, ses sens inhumains brulent, son instinct de survie lui crie de rentrer. Mais le murmure du vent, plein d’amours et de promesses, dégrise ses pensées. Dans un virage, elle manque de tomber, ses jambes se rattrapent au dernier moment à l’accoudoir, elle y rentre son pied nu. Et se subjugue de tant d’émoi. Le futur est rapide, il s’approche à vive allure. Son corps se remplie de joie, tant la mort a effrayé le farouche de l’animal et excité l’appétit du monstre. Quelques éclats de rire traversent sa poitrine, l’air est si difficile à respirer quand il est rapide. Puis se meurent. Au loin, l’ombre d’une milice la revêt d’un peu plus de sagesse.

Kriss revient dans  le véhicule, s’étonne presque que Tyrell n’ai déjà disparu.  

Je ne suis jamais vraiment venu par ici.
Il parait qu’on y respecte la prohibition.

La question est légère.  Ses yeux se font plus attentifs sur la route. Kriss a une mémoire presque instinctive pour les labyrinthes et qu’importe s’il l’emmène vraiment chez lui, elle ne le laissera pas la perdre.
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MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Jeu 12 Oct - 15:56


Hunting is a savage pleasure
and we are born to it
Feat Kriss M. Grimm
Dès lors que ses mains agrippent le volant de cuir, le quidam se remémore quelques vestiges pas si lointains ; les hésitations des premières fois, à conduire un monstre d'acier dont il découvrait à peine l'existence. Les tâtonnements imputés à l'inexpérience, les revirement trop brusques,  les freinages abrupts et autres mésaises dans ses mouvements corroborant l'idée certaine selon laquelle il était plus accommodant et naturel de monter à cheval que de manoeuvrer pareil engin. Fort heureusement, les années passées dans l'antre des mortels avaient drapé Tyrell de quelques bienséances convenues et autres us et coutumes qu'il dut ingérer rapidement. Le viking discourtois et rustre s'était dissipé sous les nippes d'un avocat certes véreux, mais dont la verve et l'élégance se fondaient fort bien parmi les puissants. Il avait appris à se vêtir coquettement, à tenir une conversation sans user d'injures ni d'invectives, et hélas à accepter (du moins en apparence) les déviances du monde moderne. Quoique cette truculente transformation ne put véritablement gommer ce qu'il était vraiment, et en cela jaillissaient parfois de ses lèvres quelques palabres offensantes ou idées saugrenues déroutant ses interlocuteurs. D'aucuns le trouvaient à la fois rustre et élégant, ce qui ternissait son image ou au contraire nourrissait l'intrigue distillée par cet étrange personnage. Ce soir néanmoins, Tyrell conduit avec l'assurance du pragmatisme, quoique fourmillent en son crâne mille flux de pensées abortives. A peine éclosent-elles tout contre son lobe que d'autres réflexions s'y entremêlent. La demoiselle à ses côtés a beau demeurer près de lui, elle lui semble fugitive et suscite en son sein quelques troubles et déroutes dont il ne souhaite guère se séparer.

Ce qui le ronge, ce scepticisme vénéneux se levant derrière ses fantasmes et envies, ferme son visage ténébreux. Sa pupille observe la route déserte sans grande chaleur, comme un flegme un peu froid de se retrouver au volant d'une carcasse pourtant convoitée. Car la voiture, si elle est rutilante, se fond sans grande difficulté dans ce paysage dantesque ; la carrosserie cabossée à quelques endroits se fait le tribut virulent des pauvres hères des bas quartiers cherchant à démolir ou s'approprier ladite automobile, les jantes sont salies de poussière et le pare-choc montre quelques signes d'usure. Pour autant, l'engin est utile comme il suscite en nombre de badauds la jalousie ou la colère. C'est néanmoins sa fonction propre de se rendre rapidement d'un point à un autre qui ravit son propriétaire, lui qui pourtant se fait esthète à ses heures. Il suffit de jeter un œil à Kriss.

Et elle de se lover contre lui, lui éveillant quelque surprise, puis de rompre à nouveau ses évasions de l'esprit. Un frisson lui broie, littéralement, la nuque. Il la tend puis la courbe, tire plus encore, tente de retarder l'inévitable et l'ineffable baiser. Le geste est aisé mais douloureux ; si Tyrell tend à l'éviter, ce n'est ni par aversion et moins encore par dégoût, mais parce qu'elle le terrifie. Par ses courbes, sa beauté gracile et ses gestes souples, elle suscite en son sein quelque trouble le rendant nerveux ; la peur très probable de se trouver au point de non retour et ainsi de voir soudain sa vie confuse et désordonnée si elle venait à s'évaporer. Une expression indéfinissable, à la fois inusitée et vaguement reconnaissable, passe alors sur le visage de Tyrell. Sa froideur le tient en otage, quand son corps tout entier s'enflamme et le trahit ; sa main se pose sur la cuisse de l'inconstante sans pour autant se faire pressante ni vulgaire. « Vas plus vite. » Le concerné opine du chef et accélère encore ; il lui tarde de toutes façons d'arriver à bon port. Quand bien même la silhouette massive du Royal Honesta Hotel soulève en lui quelques doutes ; peut-être devrait-il y inviter la demoiselle plutôt que de la mener chez lui. L'idée fait son chemin, strie son regard brun de vacillements quand finalement sa langue claque contre son palais. Ce serait alors un rendez-vous, pense-t-il dans un conciliabule solitaire. Et alors, quelle banalité, quelle fadeur, quelle accoutumance médiocre ! Kriss mérite bien mieux que le faste d'un tête à tête et de beaux atours. Elle n'a que faire de la routine et de la monotonie des bonnes mœurs sociales. Elle mérite bien, il faut l'avouer, quelques impasses ténébreuses, directions évasives et autres chemins de traverse quitte à se confronter à la discourtoisie du ténébreux.

Preuve en est de sa main légère et joueuse qui vient le rendre aveugle, l'espace d'une seconde. Bien assez pour que, sa vision recouvrée, Tyrell ne daigne donner un brutal coup de volant afin d'éviter des vides-ordures étalés sur la route. « Ríða *, Kriss ! » La course les secoue, quoique ne semble guère affecter la jeune femme dont l'attitude transpire la vie et la légèreté. Alors l'islandais pose sur elle ses yeux vifs comme il dévore à son tour cette soif intarissable de liberté qui la consume. Et quelque chose de prodigieux se produit : il rit. Par petites touches, quelques faibles tressaillements, mais c'est un rare sourire sincère qui s'esquisse à ses lèvres. De ceux dotés de la faculté de transmettre l'ivresse et la jouissance et qu'on ne rencontre à sa lippe, si on a de la chance, que deux ou trois fois à l'année. Le monde extérieur s'étiole et il ne demeure qu'elle, elle dont la silhouette et les rires attirent indubitablement son regard. Et de la toiser, avec la passion du dévot, un parti pris irrésistible en sa faveur.  Enfin – hélas – la course se termine sur quelques considérations lucides de la jeune femme : « Je ne suis jamais vraiment venu par ici. Il parait qu’on y respecte la prohibition. » « Hmm. Il paraît. » La réponse se fait conjointe à son regard lointain : évasive.

Quand enfin l'homme pose pied à terre, il se surprend enfin à penser que Kriss pourrait dès lors faire preuve de sagacité et de s'enfuir. C'est d'un regard magnétique qu'il la toise par-dessus son épaule, comme un intention véritable de la harponner avec véhémence. « On y est. » Perdus aux pieds d'une bâtisse visiblement restaurée avant que ne tombent sur l'humanité les feux apocalyptiques, Tyrell affirme volontairement un fait évident. Mais ces trois mois appuient d'avantage sa résolution égoïste de ne pas la laisser fuir, en la poussant vers le concret. Il enjoint donc son invitée forcée à le suivre dans la cage d'escalier dont l'aspect se fait bien loin de l'insalubrité du quartier qu'ils viennent de quitter. S'ouvre alors à eux quatre étages plus haut, le cocon du ténébreux - lui qui n'invita que bien peu de personnes en son antre pour cause d'aspiration à la sérénité.

L'appartement est grand et lumineux, quoique des couleurs ocres s'imposent en maîtresses. La décoration épurée s'habille de matériaux nobles et bruts : du bois sombre, du cuir, de l'acier et des briques grises. Une peau de bête – synthétique, cela va sans dire – tapisse le sol au niveau du grand canapé de cuir noir, envers lequel Tyrell déploie son bras. « Je t'en prie. » Et de se diriger vers le bar de bois et de briques séparant le salon de la cuisine, derrière lequel l'homme se penche pour y trouver quelques victuailles. Il hésite mais ne se ravise guère, sortant de son meuble une bouteille de vin rouge elle aussi offerte par un client reconnaissant. Un breuvage de piètre qualité (on peut y lire en lettres rouges : 'Cépage rouge de Californie, 2010', alors que le généreux donneur avait longuement insisté sur la finesse et la puissance du vin français), mais qu'importe ; l'alcool que l'on y trouve a des effets grisants. Remplissant à moitié deux ballons, l'homme qui se veut distingué rejoint dès lors sa convive sur le canapé – à distance raisonnable car, de toute évidence, s'il se sait rustre à ses heures il n'en demeure pas moins parfois délicat – et pose sur la table basse de bois poli les verres teintés d'une superbe robe rouge. « Je te propose un jeu. » La voix suave du ténébreux se fond outrageusement à l'ambiance satinée. « Chacun pose à l'autre une question. Si cet autre refuse d'y répondre, il boit une gorgée. » Pause de connivence. Minime. « Cela aurait été plus bénéfique avec un alcool plus fort, mais je n'ai que ça. Je commence. » Il sourit, un peu narquois, un peu prédateur, avant de plonger son regard dans les eaux troublées de son vis-à-vis. Lui imposant ses règles sans accepter un seul refus. « Es-tu vraiment humaine ? » Il a ce doute lové en lui, un pressentiment né de ce premier baiser funeste. Et ce même doute d'instiller en son regard une lueur aussi bien véhémente et bestiale que joueuse.

___________________
* "fuck off"

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MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Ven 13 Oct - 17:45

We should say. She’s Ice and Fire.
They should say. He’s Ice and Fire.




Légèreté et troubles, l’âme incandescente se réjouit de tant d’attention. Un voile de possessivité d’abat sur ses épaules, sombre et funeste vision d’avenir qui devrait la faire fuir. Mais Kriss glisse un sourire amusé, lève les yeux, attentive alors que palpitent ses pensées. L’immeuble est immense et gris, perpendiculaire. Les lignes d’acier, presque aussi vieilles que ce monde, sont rigides et dans les barreaux, les cadrans, les fenêtres sont d’une symétrie affligeante. Le monde des hommes s’étend devant ses yeux, propre et ordonné, malgré la grisaille sale des anciennes fumées apocalyptiques. Il brille sur les contours, un luxe palpable, une ferme résolution à la perfection. Le monde de Tyrell percute son œil, il est tant de richesses ici qu’elle ne pourrait s’en saisir. Et les arrêtes, les contours sont comme les reflets brillants des barreaux d’une cage dorée dans lequel on enfermerait un oiseau. Les yeux de jade, innocents et sans valeur, se posent sur Tyrell qui sent probablement son hésitation. Que fait-il ici ? Tyrell a la froideur sereine des hommes qui chassent le pouvoir, mais que fait-il de son appétit pour la vie et la décadence ? Peut-être l’immeuble n’est que le coffret, le faux apparat, le masque sur son visage. Le long des escaliers, qu’elle franchit pieds nus, ses chaussures pendantes dans sa main, elle le laisse l’entrainer plus profondément encore dans un univers qui lui est étranger. Devant une porte s’arrête, attends qu’il la fasse entrer. Une curieuse excitation retient son souffle.

L’appartement est différent. Il est plus grand qu’elle n’aurait pensé. Il y est facile d’y respirer. L’air est clair, le souffle ne se cogne pas si vite aux murs. Le luxe est léger, la décoration presque animale, primitive. Kriss se rassure quelque peu, s’avance dans l’espace et s’en approprie les contours. Elle marche sans bruit, toute attentive, comme une jeune biche qui s’approche de la rivière. Ses yeux glissent sur les couleurs, les matières, et alors que Tyrell s’affaire, elle s’approche de la vitre. Les hauteurs ont toujours fait frissonner une certaine mélancolie toxique et nostalgique le long de son échine. L’attrait pour le vide ronge soudain son âme. De la fenêtre, elle peut voir le monde, la nuit qui l’habille de mystères. Et dans la noirceur, les déflagrations. Comme des coups de feu, des images furtives. Le passé est cruel, il se jette sur elle sitôt qu’elle se fatigue. Que dirait le Minotaure de la demeure de celui qu’elle courtise ? Que dirait-il d’elle ? Kriss n’a rien à faire ici, elle appartient au petit peuple qui se meurt de faim. Dans sa demeure en ruine, elle peut s’échapper à son destin, puisqu’elle s’éloigne de toutes les luttes de castes. Et si parfois, dans d’infimes frémissements résistants, elle jette son dévolu sur des proies comme Tyrell, bien trop riche pour être innocent, la jeune femme se refuse à s’approcher de ceux qui connaissent son ancienne identité. Il ne faudrait pas que ses pères aient vent de sa renaissance. Si loin d’eux, dans leur antithèse, Kriss songe cependant aux jumeaux. Et alors que l’ombre de Tyrell passe sur le reflet de la vitre, il lui semble voir le monstre cornu, ce Minotaure qui suit sa trace. Son cœur se serre. Que dirait-il d’elle, le Minotaure s’il s’en venait si près ? Il se moquerait de sa faiblesse, l’obligerait à imposer son sceau sur Tyrell dans une métaphore asphyxiante de la mort. Que dirait-il d’elle ? Si mal habillée dans une demeure embourgeoisée. Avec ce pendentif si brillant au cou, volé bien sûr. Il la maudirait d’un regard. La coquetterie et l’avarice ne sont pas les attributs d’un chasseur. Elle se détourne de la fenêtre et suit l’injection de celui qui, bien présent, la ramène à la réalité, s’installant sagement sur le canapé.

Sur le cuir, la légère s’adoucie. La chaleur d’une peau même morte a toujours apaisé la sienne. Elle regarde Tyrell, s’amuse de le voir soudain si détendu. L’homme ne fait qu’un avec son monde, se fondant dans les ombres, brillant sous la lumière. Son pas résonne, la vie qui l’enserre est soudain plus chaude. Elle ressent presque les irradiations de sa présence sur les meubles froids et dans l’air tiède. Alors qu’il s’installe auprès d’elle, elle le contemple sans détour. C’est la première fois que son visage n’est dévoré par les ombres et les lumières furtives du dehors. Ses traits sont fins, une certaine douceur se dégage de son visage masculin. Son regard suie est moins perçant, son propre appartement semble lui donner un sentiment de sécurité ou peut-être juste de plaisir. L’homme se fait plus joueur.

A l’idée d’un jeu, son imaginaire s’enflamme. Elle en écoute avec attention les règles, s’amuse de tant de frivolité et alors qu’il saute sur sa première question, un sourire perce sur ses lèvres. L’humanité est une denrée qu’il ne saurait dévorer et l’homme connait déjà la réponse à sa question. C’est que cela n’est pas vraiment un secret qu’elle cherche à lui cacher. Cependant, l’ingénue ne répond pas tout de suite, elle s’amuse de son attente, écarquillant ses grands yeux clairs comme s’il lui faisait une offense. Lui, la traiter de monstre ? Lentement et sans le quitter du regard, la jeune femme déploie son bras et attrape le verre. Dans sa paume, le ballon se dépose parfaitement. L’agréable sensation de fraicheur la fait jubiler. Quittant des yeux son pauvre monsieur, elle laisse la robe ondulée, mille reflets rouges sombres sur sa peau pale. Elle lève le présent interdit, en savoure l’odeur. Ses lèvres se posent contre le verre, elle envisage de le laisser sur sa faim, de boire l’onctueux nectar plein de vie. C’est qu’à force de lui poser des questions, c’est qu’il la déshabillerait toute entière. Son besoin de la comprendre est déroutant. Mais avant que le liquide sanglant ne touche ses lèvres charnues, elle repose le verre, les yeux moqueurs cherchant les siens. Et d’un ton joueur, fière de sa goujaterie, Kriss lui réponds la vérité comme une évidence.

Bien sûr que non, je ne suis pas humaine.

Lentement Kriss plie les jambes et les glisse sous elle. S’agenouillant un peu plus en hauteur, dans une posture cambrée et animale, féminité lascive alors qu’elle se détend enfin, Kriss lève son bras à la recherche la cicatrice fine, qu’elle a pourtant tant de fois triturée dans l’espoir de la garder comme un étendard sur son poignet. Elle y passe son doigt, la peau y est sensible, rosée. Un frisson glisse le long de son échine. Oh comme la morsure était douce. Comme s’il s’agissait de son bien le plus précieux, elle offre le poignet déposé dans sa seconde main à Tyrell. Et mystérieuse, raconte sa version de l’histoire dans une excitation à peine retenue.

C’est la mort. Elle est venue, elle m’a mordu.

Le Phœnix originel, sa première mort. Si sa nature est monstrueuse aux yeux des autres, elle est pour elle ce que l’or est à l’avare, la cocaïne aux junkies, du pain à celui qui meurt de faim. La plus belle chose qui soit au monde. Le plus beau présent qu’on lui ait offert. Son seul espoir sur terre, brulant en elle comme un feu salvateur.

Depuis je suis différente. Depuis je suis libre.

Sa voix s’emballe, légère et rapide. Son œil vif brille de mille feux. Elle ne songe pas aux conséquences de ses aveux. Bien au contraire, elle aimerait bien lui dire, l’énergie qui l’attire comme une feu brulant, les souvenirs qui glissent en elle comme les tourments, ce lien qui se forme parfois. Et son sang épais, et les vagues d’électricité qui parcourent sa peau, cette hypersensibilité qui la bouleverse chaque jour davantage, cette faim sublime qui déchire son être d’une stabilité fragile. Mais ces lèvres restent closes, elle retire son bras. Ses mains passent autour de son visage soudain plus sérieux, éloignant les mèches rebelles. Elle murmure.

A moi.

C’est difficile, c’est terrible. Kriss se partage entre l’envie prédatrice de tout savoir de lui, et celle d’apprendre par les gestes davantage que par les mots. Des questions traversent son regard, les pupilles dilatées ne quittent les siennes, et la futile soudain s’immobilise. Son souffle se fait plus lent et si martèlent les battements de son cœur, elle se tue. A son oreille, le Minotaure cruel murmure que plus elle le connaitra, plus il sera à sa merci. Et sa faim, sa faim rugissante acquiesce en silence. Les mains sur ses cuisses, qui glissent lentement, Kriss n’ose s’approcher par le verbe ou le corps. L’envie de jouer, la tentation de le voir boire ou se confronter à sa question, lui donne une vague impression de pouvoir sur lui alors elle se remémore tout ce qu’elle sait sur lui. Et dans une étincelle, elle ose enfin. Elle murmure, incertaine.

Rrriíða

La jeune femme répète, un peu plus fort, un peu plus sure d’elle, le dernier choc linguistique qui fut sien. Et malgré son terrible accent, cela ressemble un peu plus à la façon dont Tyrell avait jeté le mot, comme une insulte, avec la douceur incrédule et naïve de l’innocente qui ne sait ce qu’elle dit.

Rríða

Ses yeux glissent le long des arrêtes étranges du visage de l’homme. Il est d’ailleurs. Il est d’autrefois. Quelque chose lui échappe entre les lignes, il ne ressemble à nulle personne qu’elle ait pu voir. Il est étranger. Lentement Kriss s’approche pour le voir de plus près, comme une petite bête curieuse. La lumière douce se pose sur le visage masculin sans ombres brutes. Ses yeux de jade sont d’une douce inquisition. Ses lèvres s’entrouvrent dans un sourire plein de fascination. La douce lève sa main et lentement la pose sur le visage de l’homme, laissant son pouce découvrir les traits inconnus. La tempe, la pommette, cette mâchoire plein de force. Elle souffle.

D’où viens-tu ?

Il a la beauté illustre des vieux rois, la sagesse froide de ces dieux étrangers dont il semble avoir prêté allégeance. La fureur de vivre brutale, comme un besoin de bataille. Et ces impulsions d’hier, murmures subtiles, blondeurs évanescentes et hache tranchante.
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