AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 The Darkest Minds

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 741
↳ Points : 150
↳ Arrivé depuis le : 31/07/2017
↳ Age : 99
↳ Avatar : Ed Westwick
↳ Age du Personnage : 30 ans d'apparence, 937 en réalité.
↳ Métier : Avocat (du diable). Les dissensions modernes passent aussi par la joute verbale.
↳ Opinion Politique : Velléitaire et instable. Pro-Gouvernement lorsque cela l'arrange.
↳ Niveau de Compétences : Niveau Général 1
↳ Playlist : Eivør ~ TrøllabundinCamille Saint Saëns ~ Danse Macabre Marilyn Manson ~ Tainted Love Nancy Sinatra ~ Bang Bang, my baby shot me down Slipknot ~ Vermillion
↳ Citation : “I want excitement; and I don’t care what form it takes or what I pay for it, so long as it makes my heart beat.” — F. Scott Fitzgerald, The Adjuster
↳ Multicomptes : Aucun
↳ Couleur RP : #339966



les petits papiers
↳ Copyright: British Cookie & Frimelda
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Mar 17 Oct - 13:09


Hunting is a savage pleasure
and we are born to it
Feat Kriss M. Grimm
Il se réveille chaque matin asthénique, usé par le seul désir farouche de mener sa quête qu'il s'imposa par piété. Parfois, avec la chance des beaux jours, c'est exténué des ondoiements grivois de sa maîtresse de passage qu'il se lève, pourtant anémié de par les monceaux de pensées tourmentées qui le hantent. Tyrell est un anachronisme assumé ; le quidam a conscience d'un nouveau monde nourri par d'autres dogmes païens que ceux qu'il a connus, et pourtant il se sent l'instigateur sacré du chemin vers le Valhalla. La déconvenue lui sera funeste et toute la tragédie de son existence réside en sa force de conviction qu'il ébranlera lorsque la vérité lui sautera aux yeux. Pour l'heure Tyrell semble avoir l'esprit léger, détourné par cette intrigante qu'il observe et cherche à connaître. Car par-delà son obsession, par-delà ses préoccupations, le monde semble l'attendre, inextinguible, et s'incarne en les traits d'une femme dont le regard lui remémore la mer de glace de sa belle Islande. Elle est sa Freya de Jökulsárlón* . Alors et soudain, l'hôte qui se veut prévenant admet que peut-être demeure en ses larmes salines quelque chose d'immensément sacré, à l'instar du sel de la mer qu'il idolâtra longuement. Ses pensées se dissipent lorsqu'il la toise, joueuse et nullement apeurée, s'amusant de quelque taquinerie à flirter avec son verre qu'elle roule entre les doigts. L'homme alors se surprend à déceler quelques déceptions pourtant minimes si elle venait à refuser d'y répondre : peut-être que le supplice du silence sera magnifié par ses joues rosées par le vin. Un léger rictus ourle sa lippe étonnamment patiente, et c'est donc stoïque qu'il attend. Qu'elle ne daigne se livrer ou plonger ses lèvres à la coupe. « Bien sûr que non, je ne suis pas humaine. » Elle s'est livrée, il s'en gargarise. Soulagé qu'il est de la savoir d'un autre monde, quoique l'attitude de la jeune femme put en lui instiller le doute à plusieurs reprises. A vivre parmi les fantômes du passé, le ténébreux s'accommode d'une présence daignant en faire partie ; c'est qu'il aimerait lui poser bien d'autres questions, mais son flegme l'enjoint à se taire. Il se fait élégant par le silence, préfère ne pas lui montrer le degré d'intérêt qu'il lui porte : maligne, elle pourrait en tirer profit. Ainsi la laisse-t-il continuer, taciturne mais intrigué par ce bras qu'elle contemple et examine. « C’est la mort. Elle est venue, elle m’a mordu. » Le timbre de sa voix se teinte d'une fierté (impétueuse mais dénuée de roguerie et de suffisance) laissant à deviner un ersatz d'excitation la secouant. Et ce poignet posé en sa main, avec la douceur des reliques que l'on chérit, éveille en Tyrell l'inspiration selon laquelle Kriss lui remet son bien le plus précieux. Le pouce de l'homme en caresse l'épiderme, s'interroge, mais ne pipe mot. « Depuis je suis différente. Depuis je suis libre. » Cette rage de vivre qui l'anime pourrait être contagieuse qu'il demeurerait tout de même placide. A contrario de son invitée, Tyrell regrette encore sa vie d'antan, a de fait jonché son existence présente de quelques souvenirs d'antan : il suffit d'embrasser les alentours d'un œil averti pour comprendre son amour pour les apparats bruts, presque bestiaux.

Hélas l'intrigante ne se dévoile guère plus mais Tyrell ne peut en espérer d'avantage. Il consent cette réticence aux aveux, après tout que sont-ils, sinon deux étrangers dont les pupilles se font parfois menaçantes. Pour autant la jeune femme ne semble guère troublée puisque sa liesse l'anime encore et qu'elle se livre au jeu ardu du jargon islandais. « Rrriíða » Il sourit, elle réitère. Puis le voilà qui opine du chef, presque avec fierté lorsqu'elle se fait pantomime, répétant à l'intonation prête le juron qu'il lâcha tout à l'heure. Le sourire s'étiole lorsque la surprise le rattrape ; cette manie qu'elle a, délicieuse, de le toucher, l'interpelle. Sous ses doigts fins se nourrissent quelques ambitions de le connaître d'avantage, moins par le verbe que par le toucher. Et cette proximité de l'esprit – moins du  corps – le secoue quelque peu. C'est néanmoins avec flegme que Tyrell répond, une hésitation fugace sur les lèvres. « Je suis né à Reykjavik, en Islande. » Il se remémore les vastes plaines et les falaises rocheuses, la rudesse d'une nature magnifiée, les pins et les mers de glace, ce froid mordant s'engouffrant dans le sillage d'un vent vous fouettant le visage et vous vivifiant l'esprit comme les poumons. Ces réminiscences éclatent en sa pupille et strient son œil d'une nostalgie qui étrangement le rembrunit. C'est qu'il aimerait lui en dire plus, lui avouer combien il aimait ces chevauchées inspirant la crainte chez leurs ennemis, l'art de la guerre mais aussi celle de la passion. D'aucuns les nommaient 'barbares' et pourtant, ils avaient foi en l'amour passionné auquel ils attribuèrent un nom : « Inn mátki munr », la Passion Puissante. Tout, chez eux, se faisait avec véhémence. De l'amour à la guerre. « Je viens aussi d'un autre monde, où nous combattions l'imposture des idoles grâce à la faveur des dieux. » Se contente-t-il finalement de livrer. Moins pudique que poussé par la volonté de pondérer, tout comme elle, ses aveux si difficiles à livrer. Lui, habituellement si rétif. « Ce que j'en sais, aujourd'hui, c'est qu'il demeure le plus beau pays au monde. » Il le soutiendrait avec la puissance de sa conviction. Et enterre avec cette certitude, sa réponse évasive qu'il aurait souhaité nourrir s'il demeurait certain de la bonne foi de son invitée.

« Raconte-moi ta mort. En détail. » Il ne saurait se contenter de quelques miettes, cette fois. Et de reporter sur elle toute son attention, avec tant d'appétence que son regard semble famélique.

___________________
* le plus grand lac de glace d'Islande

©️ FRIMELDA


_________________
❝ Óst min, kyss mik ❞
❝ My love, kiss me  ❞ I will be wild, I will be brutal, I will be inevitable.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5042-tyrell-the-helm-of-awe http://www.mercy-in-darkness.org/t5377-a-sword-age-a-wind-age-a-wolf-age-no-longer-is-there-mercy-among-men

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 542
↳ Points : 296
↳ Arrivé depuis le : 05/07/2017
↳ Age : 27
↳ Avatar : Lou de Laage
↳ Age du Personnage : 22 ans
↳ Métier : Voleuse, Joueuse, Traqueuse, Tueuse, Mercenaire
↳ Opinion Politique : L’insouciance des jeunes pousses, volage et indifférente. Mais dans l’inconscient, le code sacré du Minotaure.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 1 - Baby Monster
↳ Playlist : Between the bars - Elliott Smith ¦ Seven Nation Army - The White Stripes ¦ John and Jehn - Vampire ¦ Bashung - Madame Rêve ¦ Queen - Killer Queen ¦ Hubert Félix Thiéfaine - Les Dingues et les Paumés

↳ Citation : To rise, first you must burn.
↳ Multicomptes : Unique
↳ Couleur RP : Blanche



les petits papiers
↳ Copyright: CryingShame
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Mar 17 Oct - 17:52

L’instant est fragile. La peau caresse la sienne, voltige sur les os, glisse le long de son visage. Electrique, légère, elle s’anime d’un magnétisme calme. Kriss aimerait fermer ses yeux pour graver les traits de l’homme dans le fin fond de son cœur aveugle. Qu’elle puisse se saisir de son image, de son visage, dans l’ombre d’une réminiscence. Ce serait tellement plus simple si elle osait, juste, happer du bout des doigts la vie, la mort, l’esprit et le corps. Cette énergie fulgurante qui semble plus calme, presque placide. Ce serait tellement plus facile, si elle dévorait une infime partie de son être, si elle lisait derrière ses yeux orageux, les émotions et les tourments. Mais elle garde les yeux ouverts et malgré la faim qui la violente, elle reste aussi légère et douce qu’un souffle d’air.

Dans les iris brillent les rivages glacés. Eblouie par sa nostalgie soudaine, Kriss se tait. Muette comme une tombe, elle ose à peine respirer. Il y a, dans la voix de Tyrell, plus d’amour qu’elle n’en a jamais eu pour son passé. Les mots qu’il emploie, ceux qui restent au secret de ses lèvres, l’émerveillement qui le saisi. Des souvenirs. Des souvenirs le traversent. Et le rendent presque heureux. D’une infinie douceur, les lèvres amoureuses murmurent, sans même réfléchir.

Dans tes rêves ou en vrai.
Un jour, j’espère que tu m’y emmèneras.

Mais la douceur est fatale. Kriss ne s’attends à la question.
Et sa réaction, pire encore, brise l’instant fragile. Se meurt alors la paix légère qui fut sienne.

La mort.
Davantage de détails que ce qu’elle a déjà offert. C’est difficile. Dans ses yeux passe un ange pale. Ses traits sont soudain plus tirés alors qu’elle pense. Une moue sérieuse s’empare de ses lèvres plus claires, soudain malades. La question est aussi fine, aussi sure, aussi tranchante qu’un scalpel. Une lame qui se plante dans son flanc, démantelant son assurance, alors que les yeux inquisiteurs la sondent. La réponse ne lui a pas suffi. Il veut davantage. Plus que n’a jamais voulu Kriss. Ce n’est soudain plus un jeu et ce n’est plus si drôle. C’est soudain plus fort qu’elle, son intelligence prédatrice s’en revient dans sa mémoire, chasse affamée le moindre souvenir, déchire de ses crocs perfides les barrières d’âme qu’elle s’impose. Sous le choc, Kriss se recule, elle se replie dans son coin du canapé.

La mort.
Des détails la percutent. Il faisait nuit. Elle était dehors. Face à face avec la mort. La petite fille n’avait plus de regard et ses cheveux blonds étaient plein de sang. Un sang étranger. Son poignet était dans sa bouche. Son sang était sur ses dents. Son cœur plat et fade, au rythme outrageusement lent, radicalement calme avait soudain battu la chamade, pour la première fois depuis des ans. Et une vivacité avait empli ses iris. La vue – cette petite fille morte. L’odeur – forte, celle de la rue. Le touché – une vague d’électricité sur sa peau. Le corps – la douleur. La douleur immense. La douleur terrible. Les mille plumes jaillissant de chacune de ses pores. Le feu dévastateur de l’oiseau de feu. La maladie comme la mort s’emparant de sa peau pale, la mordant, la remodelant. Les cendres glacées de la nuit. L’abandon total de son identité.

La mort.
Il voudrait entendre peut-être.
La corne du Minotaure arrachant son cœur de sa cage thoracique.
Son souffle cruel, son rugissement dans le labyrinthe.
Sa constante frayeur. La terreur des impasses. L’immense douleur.
Ses mille morts. Encore, encore, la perforation de son corps.
Et puis, le piétinement, l’arrachement de sa carotide.
La chute, les membres qui se brisent. L’impact au pied de la falaise.
Les fantômes du passé comme des vautours  qui lui ont déchiré le cœur.
Les mille morts que son imagination puissent faire éclore.
Il n’y a d’illusion plus cruelle, plus terrible, que le conte sanglant d’une petite fille, que ses terreurs nocturnes. Il n’y a de torture de plus insidieuse que celle que l’on s’inflige. De plus profonde souffrance, que l’intime noirceur qui nous anime. Et le phœnix cruel, il est né de ses cendres, de ce qu’il restait de son âme, de son cœur vide, de cette fureur qui était sienne alors qu’elle était prise au piège.

Comment parler de sa mort sans évoquer sa vie ?
Ce qui n’existe plus et dont elle refuse de penser.


La mort. Il veut sa mort. Et elle ne saurait la lui offrir.
Parce qu’il lui faudrait dire alors son intime faiblesse.
Lui dévoiler ses peurs, lui susurrer ses terreurs.
Et maudire le Minotaure même à mi-voix, elle n’oserait.

Les détails sont sans importance. Je suis vivante maintenant.

Cette fois, quand elle s’empare du verre, c’est sans minauderie ni fausse coquetterie. Sur ses lèvres restent les nuances sombres de la robe du vin. Subtile réminiscence de la petite fille morte qui a mangé sa chair. Le vin nourrie son âme davantage que son palais. Dans les cendres, le tanin se mélange au sucre. Elle avale la mort, cet alcool dont elle ne saurait reconnaitre le gout mais dont elle sent les effluves. Ses yeux cognent ceux de Tyrell puis dans une provocation, elle boit son verre tout entier, d’une traite. Comme les êtres de sa race, l’alcool n’a que peu d’effet sur leur sang noir et il faudra bien davantage que du vin pour altérer ses sens et son intelligence.

J’ai le droit à deux questions.  

Kriss triche, bien sûr, assurément, elle n’a la patience d’attendre.
Il lui a rappelé la chasse, elle lui inflige une menace.

Comment s’appelle ton client ?

La question claque puis sa voix se fait alors plus douce, ce n’est pas vraiment lui qui l’agace.

Je connaitrais son nom, de sa bouche ou de la tienne.  


C’est comme si elle se préparait à partir, Kriss ne tient soudain plus en place. Ses jambes se tendent, la portent, la voilà soudain qui fait les cent pas. Elle fait le tour du salon, l’œil alerte comme si elle cherchait une porte de sortie. Les battements de son cœur sont trop rapides, elle tente de les ralentir en vain. La faim violente ses instincts, ses nerfs sont à fleur de peau. Elle étouffe. Dans le désir vain de s’apaiser, elle rejoint la fenêtre. Il fait nuit encore. Si elle partait maintenant, son ombre se confondrait à la nuit, personne ne la verrait. Et même la milice ne pourrait remonter sa trace. Dans un soupir, elle murmure le fond de sa pensée. C’est que les seuls secrets qu’elle lui refuse sont ceux qu’elle ne comprend guère ou qu’elle s’évertue d’oublier. Pourquoi l’obliger à revenir en arrière ?

Pourquoi veux-tu tout savoir ? C’est la même question, encore, nulle réponse ne semble te rassasier. Tu sais déjà que tu aurais dû fuir. Tu sais déjà  que je ne devrais pas être ici. Tu sais déjà qu’on m’a tué. Tu sais déjà qu’une partie de moi aimerait te tuer.

Oh comme son appétit gronde, comme il est difficile de le tenir en cage. Tyrell a une énergie à nulle autre pareille. Chaque fois qu’elle le frôle, chaque fois qu’elle le touche, sa peau est traversée par des éclairs, son cœur se serre, et alors qu’elle rêve de le dévorer, elle rêve plus encore qu’il ne la caresse. Qu’il la touche, qu’il la blesse, qu’il la séduise et la possède. Kriss aimerait le tuer, lui voler toutes les réponses qu’il ne lui offrira jamais – car les mots sont bien moins forts que les souvenirs. Kriss aimerait le tuer, mais plus encore, plus encore, elle aimerait qu’il vive. Elle aimerait se réfugier dans le feu de sa fureur, cet antre brutal plein de violences et de douceurs. Et même si loin, dans son ilot de cuir, Kriss peut le sentir. Comme une ombre dans le coin de son œil, un frisson retenu dans son échine, une chaleur sur ses joues. Il se dégage de lui un magnétisme, qui attire l’électricité de sa peau.  Kriss est fascinée par l’orage et c’est comme si toute son attention, tous ses sens, étaient tournés vers lui. Même la froideur de son calme n’apaise le brasier de ses sentiments contraires. Kriss aimerait qu’il vive, qu’il vive et plus encore, que cela cesse, que cela disparaisse, cette ascendance qu’il a sur elle, sa facilité à la chasser, à la reprendre, à la toucher, à refuser son contact.

Kriss reprend, plus calme, comme si avouer son appétit le nourrissait.
Et les yeux vagues, elle souffle ce que son cœur lui murmure depuis longtemps déjà.

Mais tu es déjà mort, n’est-ce pas ? Et je suis déjà morte.


Sa voix marque une pause, glisse dans une tonalité plus grave.

Tu as interrompu ma chasse. Et je me refuse de dormir. Demain, quand il fera jour, la lumière pénètrera ton appartement. Le jour brulera ma rétine. J’aurais faim. Et je ne serais plus capable de rester. Tu ne voudras plus de moi, non plus, pas dans ta demeure. Je suis aussi interdite que cet alcool.

Lentement la jeune femme se retourne, et se confronte à l’orage.  L’instable créature lui murmure ses secrets et chaque fois qu’elle lui parle, c’est comme elle perdait un reflet de son âme, qu’elle lui en faisait le présent. Il ne semble percevoir la profondeur de ses confessions. Kriss ne parle jamais. Jamais autant. Chaque mot est une coupure, une blessure, elle s’entaille pour mieux le satisfaire.

Tu vois, cela ne sert à rien, de poser des questions.
Quoi qu’il arrive demain, tu disparais ou je disparais.

Un sourire triste glisse sur ses lèvres.
Et c’est mieux pour toi, si je ne réapparais plus.


Kriss regrette la légèreté passée. Elle sait, au fond de son petit cœur encore rationnel parfois, que les humains ne se parlent pas comme ça. Que sa jeunesse insouciante est soudain un poids quand viennent les moments plus graves. Alors une dernière fois, elle délaisse ses armes. Lui offrant le pouvoir de la blesser une dernière fois d’une question qu’elle redoute déjà.

Je te laisse une dernière question. Choisis la bien.
Quel qu’elle soit, j’y répondrais. Et je ne mentirais pas.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4970-kriss-m-grimm http://www.mercy-in-darkness.org/t5133-time-to-time-ashes

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 741
↳ Points : 150
↳ Arrivé depuis le : 31/07/2017
↳ Age : 99
↳ Avatar : Ed Westwick
↳ Age du Personnage : 30 ans d'apparence, 937 en réalité.
↳ Métier : Avocat (du diable). Les dissensions modernes passent aussi par la joute verbale.
↳ Opinion Politique : Velléitaire et instable. Pro-Gouvernement lorsque cela l'arrange.
↳ Niveau de Compétences : Niveau Général 1
↳ Playlist : Eivør ~ TrøllabundinCamille Saint Saëns ~ Danse Macabre Marilyn Manson ~ Tainted Love Nancy Sinatra ~ Bang Bang, my baby shot me down Slipknot ~ Vermillion
↳ Citation : “I want excitement; and I don’t care what form it takes or what I pay for it, so long as it makes my heart beat.” — F. Scott Fitzgerald, The Adjuster
↳ Multicomptes : Aucun
↳ Couleur RP : #339966



les petits papiers
↳ Copyright: British Cookie & Frimelda
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Mer 18 Oct - 15:12


Hunting is a savage pleasure
and we are born to it
Feat Kriss M. Grimm
L'atmosphère trouble se mue en une autre ambiance, une insidieuse âpreté flottant dans l'air et agitant en leur sein le grondement sourd de leurs fiertés. Cette féroce délicatesse se mêle dès lors à quelques éclats de colère suspendus dans les airs, poussières d'un courroux qui se nourrit de leurs bévues. Car l'invitée se tend, se fige et se raidit. Les traits délicats de son faciès lunaire ploient sous d'autres attributs, plus rembrunis. Elle a le visage fermé, la mâchoire contrite, et dès lors bondit du fauteuil où semblait-elle pourtant à ses aises, à déployer ses longues jambes sous un corps frêle. C'est que le regard vif de l'homme la darde sans pour autant s'en émouvoir ; il lui concède les turbulences internes, les pas qui se succèdent en un enchevêtrement paniqué, les tremblements imperceptibles de ses mains. Il lui concède tout. Excepté cette abrupte manière qu'elle a, soudainement, de s'adresser à lui. Ah, qu'elle joue de sa morgue si elle le souhaite, et qu'elle s'illustre dans une vanité qui l'étouffe et la secoue, mais qu'elle ne daigne pas ainsi lui sommer quelques ordres. Très probablement a-t-il été trop avenant, trop affable et trop doux. Peut-être a-t-il, pour une rare fois, suivi ses propres règles sans un faux pas de côté. Mais l'insolente, elle, s'en émeut puis rugit, par quelques élans courroucés, tout son dédain comme tout son orgueil. Du moins le ressentit-il ainsi, alors même qu'il a compris par l'agitation trouble de son invitée, que sa question qu'il pensait bénigne a fait mouche. Placide, Tyrell porte sa coupe à ses lèvres et en apprécie le parfum chaud roulant tout contre l’œsophage. Le quidam en apprécie la robe, la toise à travers son verre qu'il lève à hauteur d'yeux et par le prisme duquel il perçoit cette paire de jambes zélée. Et l'impudente d'exiger deux questions, alors même qu'elle se refusa tout à l'heure de se plier aux règles ; Tyrell se contente de rire. Une discrétion en bord de lippes, mais dont le mépris n'a d'égal que la condescendance qu'elle lui renvoie.

Elle insiste sans se débattre, exige un nom puis s'emporte tout contre cette ire soudain qui la consume. Ce palpitant endolori qui se mue dès lors en roche – ou peut-être était-ce déjà le cas – quand remontant jusqu'à sa langue volubile il lui fait cracher quelques sommations claquant l'air. Tyrell ne donnera pas ce qu'elle attend de lui, parce qu'il se sent floué. « Soit. Alors va donc te rendre chez lui. » La voix claque en une froideur recouvrée. Elle l'indiffère soudain, quelle étrangeté. Peut-être parce que leur lien qui se voulait transcendant est rompu. Sans doute parce qu'il fut fort déçu de son jeu d'un fair-play factice. Probablement parce qu'il sent également monter en lui, à force de trop de sommations qu'il entend de cette bouche fulminante, un courroux latent qu'il tait en l'instant par d'autres gorgées de son vin. Non, peut-être ne l'indiffère-t-elle pas. Peut-être est-il simplement désabusé. Rien de ce qu'il pensait de cette rencontre n'est métempirique, rien n'est transcendant, singulier. La désillusion est gargantuesque ; elle a raison. Ils tenteront de s'entretuer pour ne plus jamais se revoir et la fraîcheur de leur excentrique rencontre se dissipera en un claquement de doigts.

Posant son verre sur la table dans un tintement familier, Tyrell caresse ses joues râpeuses en une mine pensive. Et tandis que la lionne fait les cent pas, le ténébreux se lève puis amorce quelques enjambées en une étonnante placidité. Il l'observe, plante en ses yeux ses pupilles ignescentes lorsque l'accroche daigne se faire, écoute ce qu'il juge être ses inepties. Ce flegme glacé et glaçant couve néanmoins une autre animosité qui le martèle : l'agressivité de Kriss lui empoigne les tripes et échauffe son cerveau. Ce qu'elle lui dira, comme une dernière levée d'arrogance, lui fera perdre tous ses moyens : « Je te laisse une dernière question. Choisis la bien. Quel qu’elle soit, j’y répondrais. Et je ne mentirais pas.  » Non tu n'es pas reine en mon royaume, puisque par ton hostilité mordante j'en essuyais un refus. Je n'accepterai l'infamie de te voir me régenter.

Las donc. Elle ne se nomme guère Freyja.

Il s'avance à grands pas – pour ne pas dire s'élance. Et d'une main ferme empoigne la gorge de la jeune femme dont il n'ignore ni la force mentale, ni les ambitions et ni les pouvoirs. Mais cette brutalité patentée, inhérente à sa vie de toujours – éternelle – , ne saurait être contrôlée. Il serre d'avantage, mais ne secoue pas. Son regard pénétrant s'emplit de menaces et de mort, lui qui se voulait prévenant tout à l'heure. « Je ne laisserai personne m'intimer ses ordres et moins encore sa bénédiction. » Il siffle, une rage des temps anciens strie sa pupille ébène. « Je suis las à présent, puisque ta parole ne vaut rien. Tu n'as de fair-play que cette probité funeste envers tes instincts criminels et pourtant... Pourtant... » La main se referme quand lui succède l'avant-bras de l'assaillant, plaquant le cou délicat contre la baie vitrée. « Il t'est impossible de parler de ta propre mort. Et peut-être ai-je moi aussi, l'envie d'en découdre avec toi. » La colère l'habite et le ronge, la force d'un feu puissant le fait voir rouge ; pour mieux corroborer sa menace il laisse se nécroser l'épiderme de celle qui, tout à l'heure, l'intriguait tant. Tyrell relâche néanmoins son emprise, comme une volonté mutique de ne pas mortifier d'avantage sa chair, puis s'éloigne et s'ébroue : « Pars maintenant. » Cette voix étonnamment basse et suave se confond dans l'orage lointain. L'islandais patiente, mais pas suffisamment. « MAINTENANT ! » Puisque de toute évidence, et parce qu'elle le confessa d'elle-même, mieux valait pour elle qu'elle ne réapparaisse plus.

Dans ces adieux furibonds, le nébuleux protagoniste ne lui déclina pas même son nom.

©️ FRIMELDA


_________________
❝ Óst min, kyss mik ❞
❝ My love, kiss me  ❞ I will be wild, I will be brutal, I will be inevitable.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5042-tyrell-the-helm-of-awe http://www.mercy-in-darkness.org/t5377-a-sword-age-a-wind-age-a-wolf-age-no-longer-is-there-mercy-among-men

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 542
↳ Points : 296
↳ Arrivé depuis le : 05/07/2017
↳ Age : 27
↳ Avatar : Lou de Laage
↳ Age du Personnage : 22 ans
↳ Métier : Voleuse, Joueuse, Traqueuse, Tueuse, Mercenaire
↳ Opinion Politique : L’insouciance des jeunes pousses, volage et indifférente. Mais dans l’inconscient, le code sacré du Minotaure.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 1 - Baby Monster
↳ Playlist : Between the bars - Elliott Smith ¦ Seven Nation Army - The White Stripes ¦ John and Jehn - Vampire ¦ Bashung - Madame Rêve ¦ Queen - Killer Queen ¦ Hubert Félix Thiéfaine - Les Dingues et les Paumés

↳ Citation : To rise, first you must burn.
↳ Multicomptes : Unique
↳ Couleur RP : Blanche



les petits papiers
↳ Copyright: CryingShame
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: The Darkest Minds   Jeu 19 Oct - 14:10

L’orage éclate. Ses pas déchirent l’air. Les yeux de Kriss se ferment, l’éclair d’une seconde, elle attend l’impact. Mais la paume ne la frappe, elle vient sur sa gorge et les doigts arachnéens se referment. Les yeux s’ouvrent plein de fureur, ses mains viennent contre ce poignet qui ose lui voler, l’espace d’un instant, sa liberté. Il parle, s‘agace, comme un enfant capricieux qui fait une colère. Elle refuse de jouer à son jeu, le voilà qui l’accuse de mentir. Tyrell resserre encore sa prise, un feulement glisse entre ses lèvres. La fureur bouleverse sa jeunesse enflammée. Et ses mains brulantes se couvrent d’une électricité surnaturelle. Il se tient juste là, à la menacer comme une petite fille alors que sa peau touche la sienne. Il est si proche, elle peut sentir sa fureur étincelée de mille feux, elle peut la percevoir dans ses pupilles animales. L’énergie l’attire, elle se stupéfait de tant de colère. L’énergie l’attire. Elle peut presque sentir sa peau féminine bouillir, les émanations courir le long de ses capillaires. Il suffirait qu’elle se laisse aller pour l’aspirer tout entier.  L’effet qu’il a sur elle en est presque cruel tant la faim se fait incisive et profonde. Le phœnix hurle, tout à l’intérieur. Kriss s’enflamme, sa colère se mêle à sa faim et ses pupilles soudains se dilatent. Il est si proche, son souffle balaie son visage. Son énergie palpite contre la sienne.  Les mains de Kriss se crispent contre la sienne. Elle s’était promis de ne pas le blesser mais voilà que soudain, il lui intime, de la manière la plus violente qui soit, de le faire. Ses yeux se ferment, le temps d’un battement d’âme dans son cœur outragé, et quand ils se rouvrent, ils sont plus résolus.  Lentement et avec grande difficulté, elle retire ses mains. Et alors qu’il l’étouffe sans vergogne les referme en des poings qui restent, au bord de cette main intrusive, tout contre elle, mais sans la posséder.  Proche, s’il s’en viendrait cruel ou fatal, mais contrôlé. L’un s’élance avec lenteur et sans agressivité pour se poser contre ce cœur fou qui rugit. Le cœur guerrier s’outrage et ses battements si forts, bercent ceux de Kriss. Il refroidie sa colère alors même qu’il succombe à la sienne.
Elle souffle du bout des lèvres alors qu’il la menace.

Alors, vas-y, fais-le.

Kriss ne craint pas la mort. S’il la menace, qu’il la prenne. Qu’il tente du moins, Kriss sera peut-être moins docile, si elle perçoit une vraie attaque. Ou peut-être même sera-t-elle plus conciliante, la violence et la douceur ont toujours eu raison d’elle quand les mots la brulent et la dévorent, faisant éclater sa fureur. Une brulure étrange s’empare de son cou, elle perçoit un asséchement de sa peau, la lente nécrose qui la possède, glisse sur sa peau pale, aussi menaçante que le serpent qui glisse sur l’eau, la saccageant de ses plis énergiques. La mort s’approche, voile brumeux, incendie ciblé, elle peut la sentir caresser son derme en rebrousse-poil. Elle qui aime tant que la caresse doute soudain, le toucher ne lui plait plus.  Ses yeux se plissent, elle hésite. La mort a toujours eu pour elle le gout d’une renaissance. Combien de fois est-elle tombée sous les coups du Minotaure ? N’a-t-elle pas survécu à la morsure de la Mort ? Peut-être que s’il la tuait vraiment, elle reviendrait encore. Mais le Phœnix hurle, la morsure de sa peau est étrange, ce n’est pas si sûr qu’elle renaisse de ses cendres. Lentement Kriss ouvre ses doigts. Sa promesse lui semble soudain ridicule, pourquoi donc s’abstenir ? Il met à mal sa parole, ses confidences, il se moque d’elle, il brise sa confiance. Et fini d’ensevelir l’équilibre fragile de leur rencontre sous un amas de colères infantiles. Mais alors qu’elle s’apprête à se parjurer, le voilà qui se désintéresse d’elle.

Tyrell ordonne, encore. Fut-il élevé comme un prince pour croire qu’il puisse ordonner le monde ? Il ordonne, et l’orage s’éteint. L’énergie s’est échappée, elle ne la perçoit plus, pas si proche. L’air reflue dans sa gorge que le feu froid abime. La première inspiration est douloureuse. La seconde un peu moins. Son pas léger l’éloigne. Comme promis, elle disparait, emportant avec elle ses chaussures et ce verre vide qui a touché sa bouche. Ce sera comme si elle n’avait jamais exister. Dans son dos, au loin déjà, résonne son cri, réminiscence furieuse de sa présence. Au fond, il a raison. Disparaitre maintenant ou demain, quelle importance. Alors qu’elle franchit la porte de l’immeuble, une palpitation étrange s’empare de son cœur soudain serré.

Dehors, la pluie la lave de sa colère. L’ombre glisse dans les angles, évite la milice et rejoint les territoires qui sont siens. Dans un coin de rue, elle délaisse ses chaussures et brise le verre. La pluie est froide, elle calme sa peau brulante, éloigne la faim, apaise de cœur en outrage. Alors qu’elle rejoint les ruines de sa demeure, la pluie se fait plus forte. Kriss ôte ses habits mouillés qu’elle jette sur la pelouse. Son visage se tend vers le ciel, ses lèvres s’ouvrent, elle avale le présent de la nuit. Et alors que sa main se porte à sa gorge, s’éteint le dernier reste d’offense. Glissant sur sa peau nue, sur les bleus de ses hanches, sur son échine indomptée, sur ses jambes blessées, la pluie l’enlace d’une douceur glacée. La liberté a le doux amer gout de la déperdition.   Dans un soupir, se meurt l’orage et sa volonté. Elle rejoint les ombres et alors qu’au loin se lève le jour, s’endort dans le palais des courants d’air.


***


Quand vient l’heure de la chasse, Kriss a la patience des chats qui guettent le moindre mouvement d’herbe dans la suspicion une souris. Dans les ombres qui l’enlacent, l’embrassent et la recueillent comme son enfant, elle entre et se dissimule. Tyrell ne lui a pas donné le nom de son client, lui refusant le présent d’une chasse facile, s’attachant à elle d’un lien invisible, intouchable et à peine palpable. L’épée de Damoclès est une ombre sur son échine, une épine qui la blesse, une sensation désagréable que sa liberté pourrait se mourir derrière une cage. Le commanditaire, elle pourrait l’attendre, revenir dans ses endroits où on l’imagine, espérer qu’il vienne à elle. L’idée que Tyrell puisse le prévenir et lui voler une longueur d’avance caresse son esprit, aussi elle s’éprend d’une toute autre stratégie, sans doute soufflée par un vent d’obsession qu’elle tente, tant bien que mal, d’éradiquer. Ainsi débute sa traque. Kriss le suit. Et si jamais elle ne se montre à lui, le monstre se cache dans les coins, à l’abri de son regard, suffisamment proche pour ne pas le perdre, suffisamment loin pour être invisible. Kriss suit Tyrell, transformant son amour glacé en une palpitante métaphore de la chasse. Chaque jour, des hauteurs ou des bas-fonds, elle le voit partir de chez lui, dans un ronflement de moteur.   Puis revenir, parfois l’œil conquérant d’une victoire juteuse, parfois calme, placide, le pas plein d’ennui. L’œil pale ne perçoit que sa silhouette, lui imagine des vies étrangères, incapable de suivre la voiture trop rapide.

Alors que les jours passent, que les nuits déploient leurs ombres sur sa peau, l’âme apprend. Quand elle ne garde un œil sur les vas et viens de Tyrell, Kriss se transforme. Aiguisant son esprit et son corps, elle prend des petites missions d’abord, le vol, et puis, très vite, le meurtre. Développant de nouvelles identités, elle recouvre sa maison en ruine de petits butins, collectionnant ses succès, se créant un réseau de regards qu’elle pointe sur Tyrell. Des mendiants, des petites gens, les rebutés de ce monde, ceux qui, comme elles, sont libres et terriblement en danger par le gouvernement. Qui ont tout le temps de chercher où s’en va cette voiture. Qui acceptent l’argent qu’elle vole. Ils lui murmurent des destinations, feulent qu’il se mesure aux grands, lui demandent de garder distance. Mais Kriss toujours le rejoint, s’habillant de mille déguisements, dissimulant son visage. Glissant dans son sillage, elle découvre son quotidien. Et même ose, un jour, entrer dans une de ses audiences, s’approchant plus encore du vautour alors même qu’il dépèce une rhétorique trop fragile. Entendant son verbe claqué avec entrain, un sourire amusé glisse sur ses lèvres, ainsi n’est-elle pas la seule à subir les foudres de ses caprices. Au creux de son oreille échoue ce nom qu’elle tenait de ne pas apprendre. Tyrell Aegirsson. Elle aimerait ne pas s’en souvenir mais il s’inscrit dans son cerveau aussi certainement que les restes de leur étrange rencontre la confond de sentiments divergents. Puissent toutes les tempêtes d’Islande balayées cet homme de tout son orgueil.

Au passage des heures, des semaines, se glissent des ombres, des clients qu’elle entrevoie, des habitudes qu’elle apprend. L’homme public ne lui arrache pas autant d’intérêt que l’oiseau de nuit, aussi Kriss se refuse de le suivre dans ses intempéries nocturnes, quand les ténèbres pourraient la rendre plus fragile. Et puis un jour, enfin, elle voit s’approcher de lui un homme dont elle connait le visage. S’éloignant alors de l’islandais, Kriss entreprends de suivre celui qu’elle pense être sa vraie proie. L’homme est bien trop riche pour être si facile d’accès.  C’est avec un soin tout particulier qu’elle entreprend de le suivre, de chasser ses heures, de noter le moindre de ses départs, de ses arrivées, de tisser une toile autour de l’insecte pour en sectionner le dard. Jusque noter l’instant parfait. Déployant alors sa cruauté comme un étendard alors même qu’elle l’enferme dans un piège dont elle en est l’appât, Kriss se fait le Minotaure de son âme et s’offre le plaisir de sa mort. Une semaine après la secousse de son décès, l’infante reconnaissante se glisse dans le parking. Croche la serrure de la porte de Tyrell et pose sur le siège qui fut sien un petit coffret. Dessus, en lettres longues et reliées  écrites par sa main encore enfantine, le prénom du Viking. A l’intérieur, la chevalière du mort.


Coup de Foudre glacé.
Elle se promet de ne plus jamais apparaître à ses yeux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4970-kriss-m-grimm http://www.mercy-in-darkness.org/t5133-time-to-time-ashes
 

The Darkest Minds

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

 Sujets similaires

-
» Crazy Minds
» Rebel minds :: 23 janv :: 2h28
» [AAR Darkest Hour mod33] German Austria, you wonderful country
» Soviet Power ! [AAR - Darkest Hour - The Great Campaign]
» [AAR/récit Darkest Hour] Pour un Reich Millénaire

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Third Chapter: New Orleans :: Northern New Orleans :: Storyville-