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 Viens chez moi, j'habite plus chez une copine ! (PV Andreï)

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: Viens chez moi, j'habite plus chez une copine ! (PV Andreï)   Mer 9 Aoû - 19:01


« Le hasard est le maître de l'humour » Max Ernst



Sigrid K. Laïn & Andreï C. Ievseï
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Tout en ouvrant la porte de mon appartement, je ne pouvais m'empêcher de penser que j'avais définitivement perdu l'esprit. Ramener un inconnu chez moi. Mais quelle idée ! Ce n'était tellement pas mon genre. Mon genre c'était plutôt de vivre dans le détachement permanent. Néanmoins, lui, il avait réussi à réveiller un sentiment de générosité, ou de protectionnisme peut-être, que j'estimais enfoui si profondément en moi que je pensais qu'il ne reverrait jamais le jour.
Tout avait commencé d'une façon on ne pouvait plus banale. Une rencontre fortuite entre deux inconnus, une discussion rapide quelques heures plus tôt, et ses dires m'apprenant qu'il allait sans doute dormir dehors cette nuit. Je ne le connaissais pas, mais immédiatement ses paroles prononcées je m'étais entendue lui répondre qu'il n'avait qu'à venir chez moi. Cela avait été comme une sorte de réflexe, totalement irréfléchi, presque naturel. Sur le coup, je ne saurais expliquer ce qu'il m'avait pris. J'en étais la première surprise, sans doute plus que lui même. Il faut dire que mon passé avec les hommes n'étant pas glorieux, j'avais plutôt tendance à éviter de me retrouver seule avec eux. A croire que mon instinct de conservation s'était envolé. Remarque, c'est vrai que depuis quelques temps déjà, je me sentais de moins en moins vulnérable. C'était peut-être ça...

« Entre, fais comme chez toi ! » annonçais-je à l'attention d'Andreï, en laissant la porte d'entrée ouverte derrière moi. J'espérais que ce ne soit pas trop difficile pour lui de se sentir comme chez lui, je recevais tellement peu que je ne savais pas trop comment le faire se sentir à l'aise. C'était par mes contacts de boulot que j'avais pu obtenir cet appartement après être partie de chez Maisy et même si ce n'était pas aussi grand qu'un palace avec seulement une chambre et tout le reste dans la même pièce, pour la gamine que j'étais et qui n'avait pas le souvenir d'avoir vécu entre des murs c'était déjà beaucoup. Je ne m'étais pas encore habituée à tous les avantages qu'il y avait à travailler pour le gouvernement mais une chose était sûre, avoir ne serait-ce qu'une chambre était devenu un luxe dont je ne pourrais plus jamais me passer.

J'enlevais mon manteau, que je jetais nonchalamment sur le canapé, et me dirigeais vers le frigo. Avec le rationnement je n'avais pas grand chose en stock mais il devait y avoir suffisamment pour deux. D'autant que j'avais été rationnée toute ma vie alors j'étais habituée à avoir peu et là où certains ne faisaient qu'un repas avec leurs tickets, j'en faisais personnellement plusieurs. « Je n'ai pas grand chose à manger mais ça devrait faire l'affaire... » disais-je en ramenant mon butin sur le canapé. Des fruits en conserves, du pain de mie et, comble du luxe, une grande bouteille de soda. Il y avait pire. Et puis, je ne lui avais proposé que de squatter mon canapé pour la nuit, pas de jouer les cuisinières.

Non pas que j'étais mauvaise, au contraire, j'étais plutôt bonne en cuisine. Lorsque j'étais retenue captive par le cirque ambulant, c'était souvent moi qui était de corvée de repas et, aussi avares de compliments pouvaient-ils être, j'avais souvent eu des remarques positives. Jamais de 'merci' bien entendu, mais des assiettes revenues toujours vides et parfois même un sourire ou deux. Je ne me souvenais pas que l'on m'ait appris à cuisiner quoi que ce soit avant d'être enlevée mais je connaissais certaines recettes par cœur et je me doutais bien que ce n'était pas dû au hasard. Peut-être tenais-je ça de ma mère ? Et c'est en pensant à elle que je comprenais soudain ce qui m'avait poussée à ouvrir la porte à cet illustre inconnu. Mon petit frère. Les souvenirs restaient encore flous mais je savais qu'il existait. Et j'avais quelque part en moi la conviction d'avoir été une grande sœur dévouée et protectrice. C'était cet instinct qui m'avait fait embarquer Andreï jusqu'à mon appartement sans même lui demander s'il avait une solution alternative. De toutes manières, s'il en avait eu une, il aurait refusé ma proposition.

Mon invité ayant tout ce qu'il lui fallait entre le canapé et la bouffe, je décidais d'aller me changer. D'ordinaire, c'était la première chose que je faisais en arrivant chez moi mais cette fois, avec Andreï dans les pattes, je m'étais dit que ce n'était pas poli. Seulement voilà, je sentais littéralement le fauve et j'avais pris goût à sentir le propre en étant à la maison. Aussi me levais-je sans préambule et me dirigeais vers la chambre.

« Je reviens, je vais me changer, je sens le fauve ! » disais-je tout en poussant la porte de la chambre. J'enfilais vite fait un t-shirt propre et alors que je m'apprêtais à enlever mon jeans, une idée me traversais la tête. Rouvrant la porte, je jetais un regard suspicieux à mon invité.

« Tu ne m'as pas prise pour une pute au moins ? » demandais-je, le plus sérieusement du monde. « Enfin, je veux dire... Tu n'as pas mal interprété mon invitation à venir dormir chez moi ? Parce que, soyons clairs, je ne t'ai pas fait venir ici pour coucher avec moi. » concluais-je, soudain en proie au doute.
Je ne voulais pas qu'il se fasse de fausses idées et je me rendais compte, certes un peu tardivement, que j'avais sans doute été un peu naïve sur ce coup là. J'avais très bien pu passer pour une dragueuse en manque qui cherchait à se faire culbuter toute la nuit sans avoir à tomber dans l'illégalité en se payant un gigolo. Mais ce n'était pas mon cas. Non pas que je le trouvais moche, en réalité la question ne m'avait même pas effleuré l'esprit, mais c'était surtout que je ne couchais avec personne. Jamais. L'idée même qu'un homme puisse me toucher, et me fasse aimer ça, me semblait tellement invraisemblable que je préférais ne pas tenter l'expérience. Et si c'était ce à quoi il s'attendait... Nous risquions d'avoir un léger problème.


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MessageSujet: Re: Viens chez moi, j'habite plus chez une copine ! (PV Andreï)   Mer 23 Aoû - 17:13

Viens chez moi, j'habite plus chez une copine !

Sigrid & Andreï

Il y a un paquet d’inconvénients à avoir été un rat pendant quarante ans – quelque chose dans le genre, je n’ai jamais été excessivement doué en maths. Déjà, l’haleine : quarante ans à avoir bouffé du fromage et ce qui traînait par terre, il en faut des brossages de dent pour faire disparaître ça. Ensuite, les habitudes : j’ai encore parfois le réflexe de me crisper face à un chat, et je n’imagine même pas ma réaction si on me plante devant un serpent. Mais il y a aussi des avantages et parmi ceux-là, on trouve déjà le fait de n’en avoir strictement rien à foutre de dormir dehors ou dedans, mais aussi d’avoir un talent inné pour s’inviter chez les gens et s’y mettre à son aise, piquer dans les réserves et s’approprier l’endroit en deux temps et trois mouvements. Comme là. Comme maintenant. Avec Anya, les choses ne vont pas fort, sans que je ne comprenne tout à fait pourquoi. Pas de surprise : il me semble évident maintenant que je ne la comprendrais pas avant longtemps, si je la comprends un jour, et que… et que bon sang, elle est comme Roman : jamais contente. Mais ça ne semble pas être le cas de la fille qui m’a ramassé dans la rue et qui m’a, si gentiment, proposé de venir chez elle.

Chez elle. La porte de l’appartement s’ouvre, je la suis sans complexe, sans la moindre timidité. « Entre, fais comme chez toi ! » Un clin d’œil, je la rassure dans un sourire : « Entendu ! » Qu’elle ne s’inquiète pas pour moi de ce côté-là, je repère déjà les lieux avec un regard des plus intéressés sur la décoration, sur le potentiel de l’hébergement, sur les vivres, sur les portes de sortie… j’observe, je note, je déduis. Pas bien grand, déjà plus luxueux que les autres, elle n’est clairement pas du mauvais côté de la barrière aux yeux de ceux qui ont soi-disant pris les rênes du pays, j’en suis presque certain. Faire comme chez moi ? Je commence déjà à me débarrasser de ma veste tout en glissant d’un geste parfaitement fluide et invisible mon flingue planqué dans mon dos et sous mon tee-shirt. Mes yeux fouillent de partout, j’ai presque l’impression de retrouver des moustaches et d’humer l’air à la façon d’un rat, devenu presque indifférent à la présence de mon hôte. Son manteau échoue sur le canapé, à Rome, fais comme les romains, le mien suit une fraction de seconde après et je la suis jusqu’au frigo, le cœur d’un appartement. A nouveau, mes yeux englobent l’intégralité des vivres, envisage la possibilité de les planquer et de les ramener à mes fillots, voire de chiper une bouteille de soda pour la donner à Anya, histoire de tenter un nouveau moyen de l’apprivoiser. A ma façon. « Je n'ai pas grand-chose à manger mais ça devrait faire l'affaire... » « Largement » Surtout que moi, je ne mange pas. Je la suis à nouveau vers le canapé, comme un invité serviable qui aurait – vaguement – envisagé de l’aider à porter tout ça, et je dégage même les vestes sur le côté, en en profitant pour palper les poches de la sienne pour voir s’il y a quelque chose à y récupérer plus tard. On ne sait jamais.

Je me laisse tomber sur le canapé comme chez moi, envisage un instant d’ouvrir une conserve avant de me souvenir que… ouais, ce ne sera pas pratique à transporter une fois ouvert. « Je reviens, je vais me changer, je sens le fauve ! » J’ai un sourire, malicieux, « Ça va, ça reste potable. Va, je ne bouge pas » Avant de me lever une fois la porte de sa chambre fermée pour me glisser d’un pas silencieux en direction des placards contenant des vivres. Rapidement, un paquet de fruits secs – parmi d’autres – glisse dans ma poche. Une petite conserve de thon hésite, j’entends un pas, je glisse instantanément au niveau de l’évier, dénichant deux verres pour me crédibiliser dans mon déplacement. Son regard suspicieux me cherche, me trouve, je me retourne dans un sourire des plus détendus en brandissant ma trouvaille. « Hum ? » Un sourire absolument loin d’être teinté d’un soupçon de culpabilité. « Tu ne m'as pas prise pour une pute au moins ? Enfin, je veux dire... Tu n'as pas mal interprété mon invitation à venir dormir chez moi ? Parce que, soyons clairs, je ne t'ai pas fait venir ici pour coucher avec moi. » Mon sourire ne disparaît pas : bien au contraire, il ne tarde pas à s’accentuer pour se transformer en rire, alors que je reviens au canapé armé des deux verres que je pose sur la table, avant de me diriger vers mon hôte.

« Ne t’inquiète pas, va. Si je t’avais pris pour une pute, je t’aurais demandé tes tarifs avant d’accepter. Et puis, de nous deux… c’est plutôt moi qui devrais offrir de payer en nature, tu ne crois pas ? » Du coup du doigt, je pousse davantage la porte. Sans aucune gêne. « C’est ta chambre ? C’est sympa, c’est plutôt grand chez toi. Tu vis seule, c’est ça ? » Question con : la réponse est relativement éloquente. Sans compter qu’elle doit me l’avoir mentionné à un moment où à un autre. Je m’adosse à l’embrasure de la porte, bras croisés. « Pourquoi cette inquiétude soudaine, d’ailleurs ? J’ai fait quelque chose qui t’a fait t’poser des questions ? » Je lui fais un sourire, un énième sourire, de ceux qui me rajeunissent, illuminent ma tête de con comme dirait Anya, et cachent relativement bien mon jeu.

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Persona non grata, C'est quand on ne veut pas de toi Persona non grata Pour qui donc sonne ce glas ? Persona non grata Page blanche du trépas ►tété©️ by anaëlle.


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MessageSujet: Re: Viens chez moi, j'habite plus chez une copine ! (PV Andreï)   Ven 1 Sep - 1:55


« Le hasard est le maître de l'humour » Max Ernst



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Je regardais le sourire d'Andreï s'élargir pour finalement laisser place à un éclat de rire. Je ne rêvais pas là ? Il se moquait de moi alors que ma question était des plus sérieuses ! Pour la politesse incombant à l'invité on repassera. Si j'avais eu un coussin dans la main ou autre chose, je le lui aurais bien jeté au visage mais malheureusement pour moi, je n'avais rien. Remarque, plutôt qu'un coussin, j'aurais encore préféré avoir mon fouet de dressage. C'était si efficace avec les fauves, il n'y avait aucune raison pour que ce ne le soit pas avec la gente masculine. Il faudrait que j'y pense à l'avenir, d'autant que ça ferait stylé de me balader avec ça accroché à la ceinture. Bref. Pour l'heure, je n'avais d'autres armes que celles que la nature m'avait offertes à savoir, mes gènes de râleuse couplés à mon ADN féminin, qui étaient sans doute bien plus redoutables que toutes les armes à feu du monde entier.

« Non mais je rêve ou tu te moques de moi ?! » demandais-je, l'air offusqué, tandis qu'il s'approchait de moi. En réalité, je n'étais pas plus offusquée qu'en colère, mais je n'avais pas envie de le laisser se moquer de moi en toute impunité. Aussi ne tardais-je pas à lui asséner un petit coup de poing dans l'épaule au moment où il arrivait à ma hauteur. Rien de bien méchant, pas même une piqûre de moustique pour un grand gaillard comme lui mais c'était pour le principe. « Ne t’inquiète pas, va. Si je t’avais pris pour une pute, je t’aurais demandé tes tarifs avant d’accepter. Et puis, de nous deux… c’est plutôt moi qui devrais offrir de payer en nature, tu ne crois pas ? » En guise de réponse, je relevais un sourcil perplexe avant de finalement céder et sourire, de façon légèrement moqueuse à mon tour. « Je préfère le cash. » répondais-je, avec un léger rire.
C'était faux, je n'en avais rien à faire de l'argent. Le gouvernement me payait plutôt bien et Lucrezia avait joué les bienfaitrices en me filant quelques liasses bien fournies, j'avais donc tout ce qu'il me fallait pour vivre sereinement pendant quelques temps et je n'avais besoin de rien de plus. En revanche, ses paroles avaient eu pour effet de me rassurer. Sur le fait que je n'étais pas passée pour ce que je ne suis pas dans un premier temps, mais également sur le fait que visiblement il n'attendait pas ce genre de choses venant de moi. Sinon sa réaction aurait été toute autre.

Ma sérénité habituelle retrouvée, je le laissais jeter un oeil dans ma chambre sans protester. « C’est ta chambre ? C’est sympa, c’est plutôt grand chez toi. Tu vis seule, c’est ça ? » Je hochais la tête pour acquiescer. « Une seule chambre, la mienne. Et si par malheur je partageais mon lit avec quelqu'un... Je n'crois pas que tu aurais été le bienvenu ce soir. » répliquais-je, amusée. J'avais beau ne pas savoir grand chose des relations de couple, je me doutais que ramener un inconnu à la maison ce n'était pas le genre de chose qu'un conjoint appréciait. A moins d'être un homme et que l'inconnue en question ne soit une femme. Ils étaient plus conciliants sur ce plan là, selon moi. Cependant il avait raison sur un point, c'était plutôt grand chez moi pour une personne seule et parfois je repensais au temps où je vivais avec Maisy. C'était sympa de savoir qu'on allait voir quelqu'un en rentrant le soir. Et même si j'aimais l'indépendance que m'offrait mon nouveau lieu de vie, il y avait tout de même des soirs où j'aimerais avoir un peu de compagnie.
Perdue dans mes pensées à fixer mon grand lit vide, sa dernière question me prenait au dépourvu. Je reportais mon regard sur lui, bouche ouverte prête à répondre sans que les mots ne me viennent quand son sourire limite béat me coupait dans mon élan et m'incitait à sourire à mon tour. « On ne t'a jamais dit que tu avais un sourire communicatif ? » demandais-je, pour gagner du temps et retrouver mes esprits. Je ne pouvais décemment pas lui confier de but en blanc que c'était en me déshabillant que j'avais pensé à ses intentions et que j'avais été prise d'un coup de flippe à l'idée qu'il veuille coucher avec moi. Non seulement, ça pouvait être mal interprété mais en plus ça demanderait des justifications que je n'étais pas prête à donner.

« Tu t'es assis sur mon canapé. Aucun homme ne s’assoit jamais sur mon canapé. Et tu n'as rien mangé alors... Je me suis dit que c'était peut-être moi que tu voulais manger. » lâchais-je avant de me rendre compte de ce que je venais de dire. Écarquillant les yeux, de nouveau nerveuse, je me redressais légèrement avant d'essayer de me rattraper. « Enfin, c'est pas ce que je voulais dire ! Surtout que dit comme ça... c'est très... Euh... C'est juste qu'une fille qui t'offre de venir dormir chez elle comme ça... Pour un mec c'est... Enfin, ça pouvait être mal interprété quoi. » achevais-je, le regard fuyant. La proximité entre nous deux ne m'aidait pas vraiment à me détendre aussi m'éloignais-je doucement en soupirant.

« Je suis désolée, j'ai du mal avec les hommes et … avec la communication en général. Surtout dans un espace confiné, ça me rend nerveuse et ça me fait dire des conneries monstrueuses mais... j'ai la solution pour ça ! » annonçais-je fièrement, en me dirigeant vers mon tiroir à sous-vêtements. Il n'était pas très rempli mais il l'était tout de même suffisamment pour qu'on ne remarque pas la petite encoche du double fond. J'extirpais une bouteille d'un bon whisky, obtenue en toute illégalité, que j'avais à peine entamée un soir d'insomnie. Une seule gorgée avait réussi à m'assommer cette nuit là mais je me souvenais très bien d'à quel point ça m'avait détendue. C'était donc pile ce qu'il me fallait là, maintenant. Affichant fièrement ma trouvaille devant mon invité, mes lèvres s'étiraient en un sourire en coin qui s'accordait parfaitement avec mon regard de défi.

« Je te laisse le choix... Soit on tombe cette petite merveille prohibée pendant que tu me racontes quels malheurs tu as bien pu faire à ta copine pour qu'elle en arrive à te jeter dehors, soit on fait un jeu. Info/intox, tu connais ? Chacun notre tour on dit un mensonge et une vérité nous concernant et l'autre doit deviner le mensonge. Si on trouve, on boit. Tu préfères quoi ? »

Je ne savais pas s'il avait réellement une copine qui l'avait jeté dehors mais j'étais sûre qu'il y avait une histoire de femme là dessous, intuition féminine sans doute. J'étais également pratiquement sûre que c'était si l'on se trompait qu'il fallait boire mais je m'en foutais, les règles des jeux à boire devaient bien être adaptables après tout... Et j'avais vraiment besoin de boire.




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MessageSujet: Re: Viens chez moi, j'habite plus chez une copine ! (PV Andreï)   Dim 10 Sep - 17:45

Viens chez moi, j'habite plus chez une copine !

Sigrid & Andreï

« Non mais je rêve ou tu te moques de moi ?! » Si je me moque d’elle ? Mais bien sûr que je me moque d’elle. Mon sourire est éloquent, mon rire est éloquent, son regard offusqué est éloquent et attise encore plus mon envie de me foutre de sa gueule. Une fois posés mes deux verres, je fais disparaître la courte distance entre moi et la porte de sa chambre, j’encaisse le poing qu’elle lance dans mon épaule sans aucune réelle force ni méchanceté. Et comme toujours lorsqu’on parle de moi, je m’impose, je force le passage, je fais comme chez moi. Après tout : c’est ce qu’elle m’a dit de faire, non ? J’ouvre la porte, m’adosse à son montant, croise les bras dans une attitude étouffante de désinvolture. Qu’est-ce qu’elle croit, que je serai venu sans demander les tarifs ? Je ne suis pas riche, et je suis radin. Sans compter que des deux… c’est moi l’invité. C’est moi le débiteur. C’est moi, avec un large sourire, qui rétorque que de nous deux, je suis celui devrait payer pour le service. En nature, si elle y tient. « Je préfère le cash. » En rien du tout, alors. « Oh, dommage, j’ai rien sur moi. » Je réponds immédiatement à cet affront pécunier avant de jeter un coup d’œil intrusif à sa chambre, comme un changement de sujet des plus brutaux. Ou pas. Pas vraiment. Après tout, quand on paie en nature, c’est toujours bien de visiter la chambre, non ?

Un sourire goguenard, je souffre de tout un tas de défauts, mais l’absence complète de gêne ne me pèse pas vraiment, si ça peut rassurer. Je le vis très bien. Très très bien. Comme mes questions indiscrètes – et passablement cons – comme mon absence de scrupules lorsqu’il s’agit de tuer, voler, torturer, d’aller jusqu’au bout des choses pour obtenir ce que je veux. Je ne suis pas quelqu’un de très moral. Alors un coup d’œil intrusif dans une chambre franchement… « Une seule chambre, la mienne. Et si par malheur je partageais mon lit avec quelqu'un... Je n'crois pas que tu aurais été le bienvenu ce soir. » Je lève les yeux au ciel, « Oh, tu sais, on peut toujours être trois, c’est pas le genre de truc qui va me déranger », sourire coquin, sourire taquin, je ne me prive jamais de bonne réplique surtout lorsque je n’ai pas à réfléchir pour les formuler. J’ai pensé tout haut ? Et bien tant pis. La discussion se situe assez bas ? Et bien tant pis. Et puis, après tout, c’est elle et uniquement elle qui a commencé à parler de ça, hein. J’observe le lit, j’observe les rangements, je note d’instinct les objets de valeur – évidents ou non – qui s’y trouvent ainsi que les cachettes potentielles pour des armes, des bijoux et tout le reste, et je relance la conversation dans un grand sourire, pour ne surtout pas laisser le moindre problème se glisser entre elle et moi. Un plan à trois, pourquoi pas, mais pas avec ce genre d’emmerde, ça non ? Je lui fais un grand sourire, elle me répond de la même manière, et même plus : parce qu’elle arrive à me prendre au dépourvu. Vraiment. « On ne t'a jamais dit que tu avais un sourire communicatif ? » J’hausse un sourcil. « Ah ouais ? » La réponse est non. D’ordinaire, lorsque je souris, on me demande ce que je manigance ou, dans le cas d’Anya, on me fait remarquer que j’ai l’air sacrément couillon. Quand elle est de bonne humeur. J’hausse les épaules, en me décollant de mon appui, en y appuyant plutôt ma paume pour bien prendre tout l’espace de la porte. « Merci, alors, j’imagine. » J’imagine. Les compliments – c’en est un ? – ce n’est pas le genre de truc auquel je suis habitué. Vraiment. Pas ce genre-là en fait. C’est perturbant.

Vraiment. J’en oublie presque de continuer à avoir envie de l’embêter. De la taquiner. De… « Tu t'es assis sur mon canapé. Aucun homme ne s’assoit jamais sur mon canapé. Et tu n'as rien mangé alors... Je me suis dit que c'était peut-être moi que tu voulais manger. » J’éclate de rire, instantanément. Elle est si proche de la vérité, c’est bien trop amusant. Bien sûr que je n’ai rien mangé, je vais pas m’étouffer avec des trucs dégueus, merci bien. Et bien sûr qu’à un moment donné, si j’ai faim, je vais forcément finir par me servir directement sur ma vache – hum, c’est méchant ça ? – mais… J’éclate de rire devant la formulation, j’éclate de rire devant sa nervosité. « Enfin, c'est pas ce que je voulais dire ! Surtout que dit comme ça... c'est très... Euh... C'est juste qu'une fille qui t'offre de venir dormir chez elle comme ça... Pour un mec c'est... Enfin, ça pouvait être mal interprété quoi. » Elle s’éloigne, je secoue la tête sans tenter à un seul instant de calmer mon hilarité. Non mais franchement… « Ma parole, t’as vraiment l’impression que je vais te sauter dessus juste parce que tu m’as proposé de venir crécher chez toi ? » Comment ça, elle n’a parlé que d’une nuit ? Elle recule, je me retiens d’avancer, de peur de confirmer ses craintes avant même d’avoir eu la chance de la convaincre – ce qui n’était pas dans mes objectifs premiers d’ailleurs. Peut-être vaguement une idée, mais clairement pas la raison de ma présence ici, qu’elle se rassure.

Ça aurait été un bonus, bien sûr, mais ça n’aurait été qu’un bonus. Donc… voilà… hein. « Je suis désolée, j'ai du mal avec les hommes et … avec la communication en général. « Sans blague, j’aurais pas deviné tout seul. » Ce n’est pas dit méchamment, juste une énième moquerie gentillette à son intention. Histoire que je continue à m’inventer une personnalité pas trop désagréable à vivre. Surtout dans un espace confiné, ça me rend nerveuse et ça me fait dire des conneries monstrueuses mais... j'ai la solution pour ça ! » Je lui souris, considère son j’ai la solution comme une autorisation d’avancer, mes yeux dérivent – toujours aussi inévitablement – sur les sous-vêtements. Elle abuse quand même. Et… une bouteille de whisky. Oh.. « Oh, ça c’est intéressant dis-moi » Très intéressant : l’alcool n’a pas beaucoup plus de goût pour moi que tout le reste mais il a la saveur de l’interdit et… et le mérite de pouvoir, éventuellement, me faire un peu d’effet.

« Je te laisse le choix... Soit on tombe cette petite merveille prohibée pendant que tu me racontes quels malheurs tu as bien pu faire à ta copine pour qu'elle en arrive à te jeter dehors, soit on fait un jeu. Info/intox, tu connais ? Chacun notre tour on dit un mensonge et une vérité nous concernant et l'autre doit deviner le mensonge. Si on trouve, on boit. Tu préfères quoi ? » Je secoue la tête en faisant un pas en arrière… « Franchement… » Franchement quoi ? Je refuse ? Comme si je pouvais refuser ce genre de proposition, moi. « Franchement, je ne vois rien à redire, ça me va parfaitement. » Mes yeux la détaillent de haut en bas, de bas en haut. Oui, elle m’a donné le choix et oui, ma réponse s’apparente à un comme tu veux ou un les deux mon capitaine, parce que dans tous les cas, si on commence à se poser des questions l’un à l’autre, le sujet d’Anya va forcément tomber sur le tapis à un moment ou un autre, non ? Et puis… même… « Si t’es changée, let’s go. Mais tu vas vite regretter… parce que je suis russe, ma jolie. Et que pour faire tomber un russe, il faut bieeeen plus qu’une bouteille en règle générale. » Surtout lorsque ledit russe n’est plus tout-à-fait un être humain lambda.

Je reviens au niveau du canapé pour m’y laisser tomber, enlever mes chaussures, faire de la place sur la table basse pour y poser mes pieds et m’installer confortablement. Mon arme a glissé naturellement de mon dos à mon manteau, constamment à portée de main. Détail inutile, mais jamais superflu. « Pourquoi t’es pas à l’aise avec les mecs, au fait, si c’est pas indiscret ? » Si ça doit l’être mais… hé, on parle de moi, là. « Mauvaise expérience par le passé, ou pas d’expérience tout court ? Ca pourrait expliquer pourquoi tu ne fais pas payer, ou pourquoi tu n’invites jamais un mec à s’asseoir sur le canapé. C’est un canapé sacré ? Tu sais, un tapis, ça peut faire l’affaire aussi et… oh » Oh ? Miracle, Andreï se tait ? Andreï réfléchit ? Non. Andreï fait juste une pause avant de baver une autre série de connerie. « Je pense que ça doit être pour ça qu’on a fini à me foutre à la porte. D’ailleurs, tu te trompes… » J’attrape une tranche de pain de mie pour faire illusion, en mâchouille un morceau. « J’ai pas de copine, la précédente est morte. C’est mon… » Fils ? Ouais, nan, pas très crédible. « Cousin qui m’a foutu à la porte. Une sombre histoire de comme quoi j’avais dépassé les limites, j’ai pas tout compris. Il est d’un susceptible » Je lui offre un sourire désolé – oh oui, plains moi. « Du coup, je suis allé squatter chez une pote, en tout bien tout honneur, tu vois, à elle non plus je lui ai pas demandé ses tarifs. Sauf qu’apparemment, je dois trop parler parce qu’elle a fini par avoir envie de m’étrangler. Donc j’attends que ça décante un peu et… tadaaam ! » J’arrache un autre bout de ma tranche de pain de mie, un autre petit bout que je transforme en boulette et que je mâche à son tour. RIP pain de mie. « Tu sais tout. Et toi, du coup, ton histoire ? »


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MessageSujet: Re: Viens chez moi, j'habite plus chez une copine ! (PV Andreï)   Lun 11 Sep - 21:19


« Le hasard est le maître de l'humour » Max Ernst



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« Oh, tu sais, on peut toujours être trois, c’est pas le genre de truc qui va me déranger » euh, quoi ? Je marquais un temps d'arrêt. Avec son sourire taquin, je n'arrivais pas à savoir s'il plaisantait ou s'il était sérieux. Les deux sans doute. Je ne le connaissais pas beaucoup, on pouvait même dire que je ne le connaissais pas du tout, mais il y a une chose que je commençais à comprendre le concernant : il aimait taquiner, surtout si c'était pour mettre mal à l'aise alors que lui, rien ne semblait le gêner. Il avait une aisance gestuelle et dans la parole que je lui enviais presque. Je n'avais pas souvent croisé des personnes comme lui et, même si ça l'amusait de me rendre nerveuse, je crois que ça me plaisait. Personnellement, lorsque j'embarrassais les gens, je ne le faisais pas exprès et je n'en trouvais aucune satisfaction. Peut-être devrais-je ? Ca avait l'air amusant de son point de vue. Enfin bon, je préférais ne pas relever, ça lui ferait trop plaisir. Et puis, je crois que je n'aimerais pas savoir s'il est pervers au point de finir à plusieurs sous les mêmes draps. Cela me rendrait encore plus nerveuse. Alors déjà que j’enchaînais les conneries, mieux valait ne pas en rajouter. Parlant de conneries...

« Ma parole, t’as vraiment l’impression que je vais te sauter dessus juste parce que tu m’as proposé de venir crécher chez toi ? » « J'sais pas. » réponse franche, directe. C'était mon truc à moi pour déstabiliser les gens, ma franchise. Genre brute de décoffrage. Bien que cela n'avait pas l'air d'avoir quelconque effet sur Andreï. Donc, oui, je n'en savais rien et puis après tout, comment pourrais-je le savoir ? C' était la première fois que la situation se présentait. Je n'avais donc aucun point de comparaison. « Apparemment pas. » ajoutais-je, comme pour essayer de me convaincre moi-même avant d'enchaîner sur des excuses concernant ma communication maladroite. Mais visiblement ça non plus ça ne le gênait pas, que je ne sois pas douée pour communiquer. Il s'avançait vers moi, jetant sans vergogne un coup d’œil à mes sous-vêtements ce à quoi je répondais en levant les yeux au ciel. Il ne pouvait pas s'empêcher de tout regarder, partout, presque comme un inspecteur de l'hygiène. « Oh, ça c’est intéressant dis-moi » « Quoi donc ? Mes petites culottes ou la bouteille ? » demandais-je, du tac au tac, sourire en coin, comme si rien que le simple fait de tenir l'alcool entre mes mains m'avait rendue plus courageuse. De toutes manières, je lui avais proposé de l'héberger, certes pour une seule nuit, mais il allait bien falloir que je commence à m'habituer à sa présence sinon la nuit promettait d'être longue. Alors autant entrer dans son jeu et le taquiner à mon tour. Et puis, couplé à l'alcool, ça allait sans aucun doute me détendre.

Ma proposition de grand déballage à grand coups de picole semblait lui plaire mais je sentais un mauvais coup venir. Il me détaillait de la tête aux pieds puis des pieds à la tête comme pour évaluer mentalement ma capacité à emmagasiner de l'alcool. Pourtant, je n'avais parlé que d'un jeu, pas d'un concours ! Je risquais de le regretter... Et bien vite, il confirmait mes soupçons de coup fourré.
« Si t’es changée, let’s go. Mais tu vas vite regretter… parce que je suis russe, ma jolie. Et que pour faire tomber un russe, il faut bieeeen plus qu’une bouteille en règle générale. » Ah. Merde. Évidemment. Je marquais un temps d'arrêt mais ne tardais guère à me reprendre. « Oh t'inquiète, au pire je pourrais toujours t'assommer avec la bouteille quand elle sera vide ! Tu tomberas quand même ! » rétorquais-je en lui emboîtant le pas tandis qu'il se dirigeait vers le canapé. Je n'étais pas changée et mon jeans était toujours à moitié déboutonné mais je ne prenais pas la peine d'y toucher, après un verre ou deux je n'y penserai même plus. Il prenait un bout du canapé d'angle et je prenais l'autre avant de déverser le liquide ambré dans les verres qu'il avait récupéré plus tôt dans la cuisine.

« Pourquoi t’es pas à l’aise avec les mecs, au fait, si c’est pas indiscret ? » demandait-il sans préambule. Levant mon regard vers lui, je prenais quelques secondes pour inspirer un peu d'air comme si ça allait m'aider à trouver une réponse qui puisse le satisfaire et... J'attrapais mon verre pour le descendre cul sec. « C'est indiscret. » répondais-je, en me resservant.
Sans doute que ma réponse ne le satisfaisait pas puisqu'il se lançait aussitôt dans des suppositions, assez proches de la vérité il fallait dire, jusqu'à ce que son histoire de tapis ne semble le perturber plus que de raison. « ...et… oh » sourcil relevé pour souligner ma perplexité je répétais à mon tour. « Oh ? » « Je pense que ça doit être pour ça qu’on a fini à me foutre à la porte. D’ailleurs, tu te trompes… » et j'explosais de rire. Foutu à la porte à cause d'un canapé ou d'un tapis sacré ? Non, Andreï. J'étais persuadée qu'il y avait environ un millier d'autres raisons qui pouvaient pousser quelqu'un à le mettre à la porte et j'aurais parié que ça n'avait absolument rien à voir avec un meuble. « T'es sûr que ce n'est pas plutôt pour ta propension à mettre les pieds sur la table ? » le taquinais-je, riant encore de sa connerie, avant de m'installer à mon tour jambes croisées et pieds sur la table, le dos calé au fond du canapé et mon verre plein reposant sur ma cuisse.
« Et pourrais-je savoir à quel sujet je me trompe ? » demandais-je, feintant le ton ironique de la fille persuadée de ne jamais se tromper sur rien. Il répondait sans chercher à se dérober à la question, m'annonçant sans émotion particulière qu'il n'avait pas de copine parce que la précédente était morte. Il lâchait cette bombe comme s'il me demandait de lui passer le sel et j'avais du mal à me retenir de sourire devant tant d'insensibilité. Moi qui me trouvais détachée, il était dans quel catégorie celui-là ?

« Cousin qui m’a foutu à la porte. Une sombre histoire de comme quoi j’avais dépassé les limites, j’ai pas tout compris. Il est d’un susceptible » poursuivait-il dans un sourire désolé. Ce à quoi je ne pouvais répondre sans un ton sarcastique : « Oh oui, c'est sûr ! Quel susceptible ! Comment a-t'il osé se passer de ta douce compagnie ? C'est dingue ! » S'il espérait de la compassion, c'était foutu, j'avais du mal à le plaindre. J'étais sûre qu'il exaspérait facilement les gens, ce que je comprenais aisément. Néanmoins, malgré sa familiarité sans borne et son côté agaçant, sa présence commençait à me plaire. Mon appartement d'ordinaire si vide et calme semblait bien plus animé avec les papotages d'Andreï.
Il continuait ses explications et je riais une nouvelle fois en imaginant sa « pote » vouloir l'étrangler pour cause de bavardages intempestifs. Ca ne m'étonnait pas du tout. Certes, ce soir il animait ma soirée d'une jolie façon mais à la longue, ça ne devait plus avoir le même charme. Il terminait sa tranche de pain de mie tandis que je buvais une nouvelle gorgée d'alcool et la question tant redoutée tombait. « Tu sais tout. Et toi, du coup, ton histoire ? » 

J'esquissais un léger sourire. Mon histoire, je ne pouvais pas la raconter. A personne ou presque sinon c'était prendre le risque qu'un jour mes ravisseurs ne me retrouvent. « Tu es sûre que tu ne veux pas continuer ? Parler de toi à l'air d'être ton sujet préféré... » le taquinais-je gentiment avant de capituler dans un soupir.
« J'ai perdu toute ma famille dans un accident quand j'étais très jeune et depuis, j'ai vadrouillé par ci par là pendant des années. C'est qui m'a permis de beaucoup voyager mais c'est pas facile de te lier avec quelqu'un quand tu ne restes jamais plus de quelques semaines au moment endroit. Alors quand je suis arrivée ici, je ne connaissais personne. Mais j'avais envie de m'installer enfin quelque part. L'appartement, le boulot... la vie rangée, c'est assez nouveau pour moi. Ce qui fait que c'est un canapé neuf et c'est pour ça, entre autres choses, qu'aucun mec n'a posé ses fesses dessus, avant toi ce soir, bien évidemment. » répondais-je, avec humour pour la dernière partie.
C'était le récit que je servais à tout le monde quand on voulait en savoir plus sur ma vie et au final, ce n'était pas loin de la vérité. C'était juste la version édulcorée qui évitait soigneusement les détails sordides. Le plus souvent, ça arrivait à contenter mes interlocuteurs. Si ce n'était pas le cas, je m'arrangeais pour changer de sujet ou carrément fuir. Cependant, j'avais l'impression que cela ne suffirait pas avec Andreï. Aussi me décidais-je à reprendre, non sans avoir repris une nouvelle gorgée de whisky d'abord.

« Et pour répondre à ta question concernant les hommes, on va dire j'ai eu une sorte de longue relation qui s'est très mal passée. Je n'en garde que de mauvais souvenirs ou presque. Et si par malheur je voulais oublier... Ce serait impossible.» lâchais-je doucement, finissant mon verre d'un trait en pensant aux stigmates qui zébraient mon dos. « Bref ! c'est pour ça que j'ai un manque flagrant d'expérience et que je me méfie des hommes, en général. Mais c'est sans doute parce qu'ils n'ont pas tous ton charme et ta loquacité disproportionnée ! » concluais-je, carrément moqueuse.

L'alcool commençait à faire effet et maintenant que j'étais parfaitement à l'aise, je me trouvais vachement étriquée dans mon jeans, même déboutonné. Du coup, reposant mon verre vide sur la table, je me relevais du canapé et enlevais mon pantalon sans prendre la peine d'aller jusqu'à la chambre. Après tout, il avait déjà vu mes sous-vêtements et mon t-shirt était suffisamment long pour cacher mon corps au moins jusqu'à mi-cuisses. On n'était plus à ça près.
Tout en galérant à défaire mon pied coincé dans le revers, je jetais un œil à mon verre vide.
« Au fait, tu m'as dit que t'étais russe non ? Alors je te préviens, péter mes verres quand t'auras fini de boire c'est une limite qui me fera devenir hyper susceptible et me donnera envie de t'étrangler ! » lançais-je avant de me jeter sur le canapé, déjà bien éméchée et rouge de sueur, la jambe toujours coincée. « Et puis merde hein, m'a gavée ! » capitulais-je. Le ridicule ne tue pas de toutes façons, paraît-il.

Allongée sur le dos, ou plutôt vautrée de la sorte, l'alcool semblait faire moins d'effet. Il valait donc mieux que je reste ainsi. J'arrivais toutefois à tourner la tête vers Andreï. « T'as parlé de limites dépassées avec ton cousin … Je peux savoir ce que c'était ? Histoire que je sache à quoi m'attendre en rentrant du boulot demain ! Ah et fais gaffe à ta réponse hein, je bosse pour le gouvernement moi monsieur ! » menaçais-je en levant l'index à son encontre et finissant par exploser de rire en me rendant compte d'à quel point j'étais peu crédible.




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MessageSujet: Re: Viens chez moi, j'habite plus chez une copine ! (PV Andreï)   Sam 30 Sep - 11:45

Viens chez moi, j'habite plus chez une copine !

Sigrid & Andreï

Devant son temps d’arrêt, je pars dans un nouvel éclat de rire, des plus légers, des plus enfantins, des plus taquins. Plan à trois, pourquoi pas ; mais surtout plan pour l’embarrasser, pour tenter de la faire rougir, accentuer sa gêne ou juste la mettre mal à l’aise : oui, assurément. J’éclate de rire, je lui souris, avec le naturel sans gêne qu’on me connaît, avec cette aisance sociale dont je sais faire preuve. J’habite l’espace, j’occupe l’espace, la timidité n’a jamais eu de sens pour moi, pas plus que la réserve ou la retenue. Je suis de ces hommes entiers qui suivent leurs instincts et leurs pulsions plutôt que leur raison, pour lesquels les limites sont des chaînes qu’ils subissent et dont ils s’affranchissent dès lors que ça s’avère possible. J’éclate de rire, « Apparemment pas. », je ne compte pas l’aider une seule seconde. Mon sourire est communicatif ? Il est surtout déstabilisé une fraction de seconde, une ombre qui passe bien vite devant la suite de la conversation qui le fait réémerger avec toujours cette même légèreté. Un rien me fait rire dans ce genre de contexte, un rien me fait oublier tout le reste, un rien fait naître aux plis de mes yeux des pattes d’oie, au détail de mes joues des fossettes amusées. Je ne suis pas gentil avec elle, je m’impose, je m’avance, je fais comme chez moi, jusque dans mes remarques, jusque dans mes observations intrusives. Elle est nerveuse avec les hommes, avec la communication en général ? Et bien dommage, vraiment dommage, parce que je ne vais pas l’épargner. Et mon regard dérive sans vergogne vers ses tiroirs ouverts. Vers les sous-vêtements que j’entraperçois, vers l’alcool qu’elle dévoile. Intéressant ça., je ne peux m’empêcher de commenter, « Quoi donc ? Mes petites culottes ou la bouteille ? » elle ne peut s’empêcher de répondre, pas si nerveuse que ça, finalement, non ? « Les deux bien sûr… tu as bon goût » J’ai un nouveau sourire coquin : une fois que j’ai commencé à jouer, je m’y investis tout à fait, elle a eu le malheur de me titiller. Et elle a le malheur, une nouvelle fois, de me proposer quelque chose sans même savoir où elle est en train de mettre les pieds.

Faire ce qui s’apparente à un jeu à boire avec un Russe : erreur. Faire ce qui s’apparente à un jeu à boire avec un Daybreaker ? Grosse erreur. Faire ce qui s’apparente à une jeu à boire avec moi… Comment puis-je regretter, comment puis-je même m’imaginer refuser, vraiment ? Ce serait me trahir, ce serait me parjurer, ce serait m’empêcher de jouer, de me détendre, de voir ses limites… Bien sûr que j’accepte ? Bien sûr que je sais à quoi m’attendre – on va inévitablement parler d’Anya, vous allez voir – mais bien sûr, aussi, que tout cela en vaut la chandelle. Défier un russe avec de l’alcool, même si je ne suis pas vraiment russe… folie. « Oh t'inquiète, au pire je pourrais toujours t'assommer avec la bouteille quand elle sera vide ! Tu tomberas quand même ! » J’ai un nouvel éclat de rire, mais cette fois je ne commente pas : je n’arrive pas à prédire mon comportement en règle générale. Si elle a l’idée de me frapper – je prends toujours ce genre de menace très au sérieux – alors que je commence à devenir joyeux, je ne donne pas cher de son intégrité physique. Si elle tente alors que j’ai toute ma lucidité, je ne donne pas cher non plus de son intégrité physique. A voir quels seront mes réflexes, à voir quel contrôle je saurai leur apposer… Oui, non, mauvaise idée. Et… Et mauvaise idée, en fait, l’alcool, pour elle, vu son jean à moitié déboutonné lorsqu’elle me suit que je ne peux m’empêcher de remarquer. Ces dernières minutes sont un enchevêtrement de mauvaise idée : je ne peux qu’adhérer.

Tout comme je ne peux qu’adhérer à mes pieds se posant sur la table basse, à la détente qui m’habitude, à ma curiosité à laquelle je lâche la bride sans plus tarder. « C'est indiscret. » J’hausse les sourcils, sans m’excuser pour autant. Je creuserai plus tard, ce n’est pas grave, ça me donne juste encore plus envie de savoir. Et ça ne m’empêche pas de continuer : je suis non seulement le mec qui s’invite chez les gens suffisamment pour, à la fin de la soirée, les raccompagner à la porte et la fermer sur eux, mais je suis aussi le mec qui peut faire la conversation tout seul, débiter des mensonges et des vérités sur un même temps et se satisfaire assez facilement de son soliloque. Dans la mesure du possible. « Oh ? » Et oui, oh, je réponds à ses mots d’un peu plus tôt, avec un temps de retard. Je mâchouille un bout de pain. Je m’amuse à rectifier ses propos, je m’amuse à l’entendre rire alors qu’elle ne sait même pas si je suis sérieux ou non. « T'es sûr que ce n'est pas plutôt pour ta propension à mettre les pieds sur la table ? » Je ricane, sans enlever mes pieds et grand bien m’en prend : les siens les rejoignent sans plus tarder. « Et pourrais-je savoir à quel sujet je me trompe ? » J’hausse les sourcils, comme pour lui dire ahah, tu vas voir, et…

Et tout naturellement, je m’entends lui parler de Lara, sans perdre mon sourire. Sans perdre mes fossettes. Sans perdre de mon amusement. Et son sourire me répond sans que je ne parvienne tout à fait à savoir comment l’interpréter. Certainement du mimétisme, de la gêne ou que sais-je encore : Sigrid. Tout naturellement, je parle de Lara. De Roman. D’Anya – inévitablement d’Anya. « Oh oui, c'est sûr ! Quel susceptible ! Comment a-t'il osé se passer de ta douce compagnie ? C'est dingue ! » Dans une maturité exemplaire, je lui tire la langue, avant de reprendre. Les noms ne sont pas prononcés, les liens sont déformés, mais il y a une certaine vérité derrière la réalité modifiée que je lui propose. tadaaaaam. Voilà pour ma petite histoire, résumée en quelques mots, résumée tant et si bien qu’elle n’a plus vraiment grand-chose de réaliste, mais… voilà, l’idée et là et vu son rire, vu son regard, vu son sourire : ça lui suffit, elle va s’en contenter et ce sera parfait. Je lui renvoie la balle, maintenant, je délaisse le pain pour aller piocher une – cinq – gorgée dans mon verre. Le whisky a un arrière-goût d’alcool, un goût prédominant de cendre.

« Tu es sûre que tu ne veux pas continuer ? Parler de toi à l'air d'être ton sujet préféré... » J’hausse les épaules, montre le verre, comme une excuse pour mon silence. Quant à mes yeux, eux, ils se font bien plus honnêtes : je peux parler de moi, mais ce ne serait pas vraiment équitable. « J'ai perdu toute ma famille dans un accident quand j'étais très jeune et depuis, j'ai vadrouillé par ci par là pendant des années. C'est qui m'a permis de beaucoup voyager mais c'est pas facile de te lier avec quelqu'un quand tu ne restes jamais plus de quelques semaines au moment endroit. Alors quand je suis arrivée ici, je ne connaissais personne. Mais j'avais envie de m'installer enfin quelque part. L'appartement, le boulot... la vie rangée, c'est assez nouveau pour moi. Ce qui fait que c'est un canapé neuf et c'est pour ça, entre autres choses, qu'aucun mec n'a posé ses fesses dessus, avant toi ce soir, bien évidemment. » J’ai écouté. J’ai tout écouté avec une attention loin d’être feinte, peut-être pas assez masquée. Perte de sa famille, vadrouillage, c’est marrant, on dirait ma vie. Sans qu’il n’y ait aucun rapport vu que moi, ma famille, bah… voilà. « Je vois. » Ouais, je vois. Ou pas. Ou je ne sais pas trop. A creuser. Comme tout le reste, après tout. Parce qu’honnêtement, hein… en tant que maître de l’enfumage, je vois bien à quel point ça se pose là, son petit discours.

Alors elle reprend. Et j’écoute, toujours avec la même attention, avec la même décontraction, avec le même sourire. Je cligne des yeux, je bois une gorgée, j’arrache de nouvelles boulettes de pain de mie, les mâches sans grand conviction. Une longue relation qui s’est mal passée. Oh. Incohérence. Mauvais souvenirs, oui, j’imagine. Mais… « Bref ! c'est pour ça que j'ai un manque flagrant d'expérience et que je me méfie des hommes, en général. Mais c'est sans doute parce qu'ils n'ont pas tous ton charme et ta loquacité disproportionnée ! » J’éclate de rire, la moquerie, honnêtement, je la prends comme un compliment. « Oh, ça doit carrément être ça, ouais. » Je termine mon verre à mon tour, la suis du regard lorsqu’elle se relève, sans pour autant faire de même. Je ne la quitte pas des yeux lorsqu’elle commence à enlever son jean. Un sourire aux lèvres. Inévitablement interrogateur. « Au fait, tu m'as dit que t'étais russe non ? Alors je te préviens, péter mes verres quand t'auras fini de boire c'est une limite qui me fera devenir hyper susceptible et me donnera envie de t'étrangler ! Et puis merde hein, m'a gavée ! » Mes yeux dérivent – inévitablement encore – sur ses jambes, remontent vers son tee-shirt, s’attardent à la frontière, se relèvent. Appréciateurs. Inévitablement. J’aimerai me dire qu’elle n’a aucun moyen de savoir à quel point les courbes féminines ont toujours été ma faiblesse, à tous les niveaux, mais… mais ma lucidité conservée me force à admettre que ça doit se percevoir plutôt facilement. Mes yeux dérivent, j’en oublie presque de répondre, elle s’empare du silence pour reprendre : « T'as parlé de limites dépassées avec ton cousin … Je peux savoir ce que c'était ? » Je me penche pour me resservir, lui proposer la bouteille et… « Histoire que je sache à quoi m'attendre en rentrant du boulot demain ! Ah et fais gaffe à ta réponse hein, je bosse pour le gouvernement moi monsieur ! » Ah. Ouais. Okay. Même le meilleur des espions, même le meilleur des menteurs, même le meilleur des assassins… j’ai un temps d’arrêt, j’ai un instinct d’incertitude, un instant de flottement. Avant de retrouver mon sourire. Il va falloir qu’elle boive dans les minutes à venir, histoire que le Gouvernement ne soit plus une menace pour moi. Voilà tout. Juste une petite précaution. Je détourne le regard, dans un petit rire, m’octroyant le temps à la réflexion. L’alcool ingéré n’a strictement aucun effet sur mon organisme pour le moment. Encore heureux.

« Tu veux savoir ce que j’ai fait ? » Je me penche en avant, comme pour aller sur un ton de confidence. Mes coudes reposent sur mes genoux. « J’ai fait une soirée un peu arrosée, mes vieux réflexes ont pris le dessus… j’ai cassé toute sa vaisselle… » J’hoche la tête, comme réellement désolé par cet aveu. « Et le pire… c’était que c’était du jus de pomme, tu vois… » Je tends la main qui tient mon verre… en libère la prise pour le rattraper à quelques centimètres du sol, avec cette aisance qui ne me caractérise qu’en de rares moments. Je suis maladroit, lorsque je ne fais pas attention. Je m’avachis à nouveau dans le fauteuil dans un nouvel éclat de rire. « Mais nan, je rigole. J’ai juste couché avec sa meuf. Et impliqué son petit frère dans une bagarre de rue. Ce genre de petites choses, tu vois, rien qui ne puisse t’arriver, vu que tu as perdu ta famille et que tu vis seule. » RIP le tact. Et puis… bon, pour coucher avec la meuf de mon fils, faudrait déjà qu’elle soit en vie pour que ce soit vrai, quant à son petit frère, je parle bien sûr de Colin et de Mikkel, ses fils, mais bon, comme d’un point de vue âge, notre famille est un bordel sans nom, on n’est plus à quelques incestes près. Quoiqu’il en soit, je désigne du bout de mon verre – dramatiquement presque vide pour la deuxième fois – ses jambes. « En tout cas, tu sais mettre les mecs à l’aise, hein. Surtout ceux que tu n’accueilles que pour… » Mes doigts forment des accents circonflexes. « manger… » J’éclate de rire sans tarder. « Mais d’ailleurs, en parlant de ça. Tu m’as dit que t’avais bougé, pas facile de lier des liens, tout ça… mais en même temps, ça s’est mal passé avec un mec ? Vous étiez deux à vadrouiller ou bien… ? ». Je cherche à comprendre, j’ai été formé pour récolter les informations. C’est plus fort que moi, c’est ancré dans mon comportement, comme tout le reste. « Tu sais, en général, t’es pas obligée de partir sur de longues relations, hein. Et tous les mecs sont pas des salauds. Regarde, mon cousin c’est un mec bien. Je pourrai te le présenter à l’occasion, ça lui fera oublier sa meuf. » Je ne sais pas ce que je raconte mais comme elle l’a si bien dit, je suis très doué pour parler de moi. M’inventer une vie en partant de faits réels. M’amuser à mélanger vérité et mensonge : tout le concept du jeu qu’elle m’a proposé, d’ailleurs. Et en parlant de ça. « Tiens, d’ailleurs, t’avais proposé un jeu, hein. On s’y met ? Je commence. Hum… Info/intox… quand j’avais huit ans, j’ai fugué et traversé la moitié de l’Europe avant qu’on me retrouve. »

Un mensonge, bien évidemment.
On ne m'a pas retrouvé.

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MessageSujet: Re: Viens chez moi, j'habite plus chez une copine ! (PV Andreï)   Lun 16 Oct - 20:44


« Le hasard est le maître de l'humour » Max Ernst



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« Tu veux savoir ce que j’ai fait ? » bah évidemment que je le voulais ! J'avais beau être légèrement éméchée, j'avais encore conscience que mon invité avait l'air d'une catastrophe ambulante et voulais savoir à quoi m'en tenir. Aussi écoutais-je religieusement son histoire de jus de pommes, perplexe, moqueuse même, le soupçonnant ouvertement de me raconter n'importe quoi jusqu'à ce qu'il ne se mette à jouer avec son verre. Enfin, son verre mais qui m'appartenait à moi. « Je te préviens que si tu te loupes, tout ce qui tombe par terre, tu le nettoies avec ta langue, y compris les morceaux de verre ! » annonçais-je, le plus sérieusement du monde. Je n'avais absolument rien à faire qu'il casse ma vaisselle mais je n'avais aucune envie de jouer les bonniches à nettoyer après son passage. J'étais déjà bien sympa de l'accueillir, il ne fallait pas abuser. J'avais fait ça pendant trop longtemps et je ne voulais plus le refaire, pour personne, parfois même pas pour moi, c'est dire. Sans se vexer, il s'avachissait de nouveau au fond du canapé et explosait de rire.
« Mais nan, je rigole. J’ai juste couché avec sa meuf. Et impliqué son petit frère dans une bagarre de rue. Ce genre de petites choses, tu vois, rien qui ne puisse t’arriver, vu que tu as perdu ta famille et que tu vis seule. »  cette justification-ci me semblait déjà plus réaliste que la première. Il avait une tête à coucher avec la femme de quelqu'un d'autre sans se soucier des conséquences. C'était incroyable pour moi de voir quelqu'un d'aussi libre qui n'avait pas l'air de se ficher de tout ou presque. Si je ne l'avais pas ramassé dans la rue cette nuit, il aurait dormi dehors sans que ça ne le perturbe plus que ça. Et il se permettait de me dire des choses infâmes alors que je l'hébergeais ! Incroyable. Quelque part, j'étais impressionnée. « Ca c'est un coup bas ! Pour ton cousin et pour moi. Mais en même temps, je suis bien contente de ne plus avoir de famille et vivre seule sinon... tu aurais été capable de coucher avec ma sœur, dans MON lit, et m'empêcher de dormir toute la nuit! Moi... Qui ai eu l'extrême gentillesse de t'offrir le gîte et le couvert ! » répliquais-je en rigolant, bien que je sois intimement persuadée de la véracité de mes propos.

Il désignait mes jambes aux trois quarts dénudées, se moquait de moi en riant et comme l'on m'avait toujours dit que la meilleure défense c'est l'attaque... Je ramenais mes jambes sur moi, arrachais d'un coup sec le bout d'ourlet qui était resté coincé sur mon pied et lui jetais le jeans roulé en boule en pleine figure ! En plein dans le mille et fière de moi, j'écartais les bras de manière victorieuse et criais « strike ! » avant de joindre mon rire au sien. A bien y réfléchir, cela faisait vraiment des lustres que je n'avais pas passé une si bonne soirée. La dernière devait remonter au temps où je vivais avec Maisy et ça me faisait vraiment du bien de rire sans ne plus penser à rien d'autre. Malheureusement, une fois les rires éteints, il reprenait son interrogatoire sur des points imprécis que j'avais laissé échapper. « Mais d’ailleurs, en parlant de ça. Tu m’as dit que t’avais bougé, pas facile de lier des liens, tout ça… mais en même temps, ça s’est mal passé avec un mec ? Vous étiez deux à vadrouiller ou bien… ? » évidemment, j'avais fait une bourde. Il fallait que je repense mon récit pour la prochaine fois. Ou alors que je monte une histoire de secte. Ca passerait peut-être mieux. Et puis ça pouvait être crédible... En plus ça ne donnerait pas spécialement envie aux gens de poser des questions. Ou en tout cas, moins qu'une banale histoire de couple. Et si évidemment, la personne à qui je raconte ça n'est pas aussi curieuse et sans-gênes qu'Andreï. Bref ! J'avais le temps d'y penser ultérieurement parce que là, il attendait une réponse. Prenant un air plus sérieux, je hochais doucement la tête avant de répondre. « Ouais, on était deux. C'est pour ça que j'ai débarqué seule ici, sans connaître personne. Je l'ai lâché en route, pour être le plus loin possible de lui. » et ça, ce n'était pas un mensonge. C'était valable comme explication aussi, autant que la secte, et plus simple peut-être, d'ailleurs.

« Tu sais, en général, t’es pas obligée de partir sur de longues relations, hein. Et tous les mecs sont pas des salauds. Regarde, mon cousin c’est un mec bien. Je pourrai te le présenter à l’occasion, ça lui fera oublier sa meuf. » haussant un sourcil, je me relevais tant bien que mal pour m'asseoir en tailleur sur le canapé. J'avais arrêté de boire quelques dizaines de minutes et cela avait suffit à me rendre capable de tenir assise sans que l'appartement ne se mette à tourner à m'en filer la nausée. Tous les mecs ne sont pas des salauds, bien sûr... sauf que jusqu'à présent, aucun ne m'avait prouvé le contraire. Pas même lui, qui avait été capable de sauter la copine de son cousin. Si ça ce n'était pas être un salaud, je ne m'appelais pas Sigrid. Et puis, personnellement, j'étais tombée sur pire que de simples salopards. J'avais côtoyé la vermine de la pire espèce, des tortionnaires sadiques, des kidnappeurs d'enfants, violents et le pire du pire, c'est que même là où j'aurais dû être en sécurité, à l'hôpital, j'étais également tombée sur un tortionnaire qui voulait me faire du mal. Il fallait le faire quand même ! A croire que j'étais un aimant à pervers sadiques ! Mais bon, étant donné que je ne voulais pas lancer le débat, du moins pas maintenant, peut-être plus tard, un jour, mais pas ce soir, je préférais détourner la réponse.
Je le regardais donc, mi amusée mi-perplexe, avec un léger sourire au coin des lèvres. « En gros, tu lui voles une femme et en guise de dédommagement, tu lui refiles une parfaite inconnue c'est ça ? Tu m'as pris pour du bétail ou quoi ?» demandais-je, faussement outrée. « Merci de proposer mais, non merci. Je ne veux ni ton cousin ni plus personne. » concluais-je, parfaitement sincère.

Bien loin de se formaliser de mon refus, et comme depuis le début de cette soirée, il ne tardait pas à embrayer. « Tiens, d’ailleurs, t’avais proposé un jeu, hein. On s’y met ? Je commence. Hum… Info/intox… quand j’avais huit ans, j’ai fugué et traversé la moitié de l’Europe avant qu’on me retrouve. » Je faisais mine de réfléchir sérieusement. Ouais, non, en fait je réfléchissais vraiment. Ca m'intéressait et puis surtout, j'aimais bien gagner. « Hmm... C'est dur ça ! Même si je t'imagine bien faire ça... Je dirais que tu avais au moins dix ans ! Attends je réfléchis... » cogitais-je à voix haute. « Ou alors tu es venu ici, mais sans passer l'Europe ! » continuais-je, toujours aussi impliquée, avant de reprendre sur un ton victorieux. « Ou non ! Je sais ! Tu n'as pas fugué ! On t'a jeté le plus loin possible de chez toi, c' était pas ta volonté ! » même si c'était une pointe d'humour j'étais sûre que c'était une possibilité crédible. « 'Fin quoi qu'il en soit, c'est une intox ! J'ai bon ? » demandais-je les yeux débordant d'espoir, prête à sauter sur le canapé telle une pom pom girl un soir de match.

« Bon, j'imagine que c'est à mon tour... »  reprenais-je en me resservant un nouveau verre, le temps de trouver quoi dire qui ne soit pas trop personnel tout de même. Il savait déjà que j'avais de problèmes de communication, des soucis avec les hommes en général, que j'aimais picoler, que je bossais pour le gouvernement... En fait, il savait plus de choses sur moi que la plupart des gens que je voyais depuis plus longtemps et plus souvent. Mais bizarrement, ça ne me dérangeait pas. J'avais même envie d'être un poil plus sincère avec lui. Non pas qu'il m'inspirait une totale confiance, au contraire, mais sa compagnie me faisait du bien finalement. « Il faut que je réfléchisse et je n'ai jamais su réfléchir le ventre vide... » disais-je en me levant subitement. J'allais jusqu'à la cuisine pour récupérer, caché au fond du placard, un minuscule pot de beurre de cacahuètes, que j'avais réussi à négocier assez cher auprès de mon restaurateur préféré.

Reprenant place sur le canapé, je me faisais le plus égoïstement du monde un sandwich sans lui en proposer -estimant qu'il était suffisamment sans gêne pour ne pas avoir à réclamer avant de se servir s'il en voulait- et soudain, levais le couteau en l'air d'un geste brusque. Certes, je risquais de passer pour une psychopathe violente mais c'était juste le geste de l'illumination neuronale sans le « eurêka » qui allait avec. « Aaah, j'ai trouvé ! Je me suis échappée de l'asile psychiatrique ! Info ou intox ?» balançais-je en souriant avec toute l'innocence dont je pouvais faire preuve. C'était faux, je ne m'étais pas échappée, on m'avait laissée sortir.

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MessageSujet: Re: Viens chez moi, j'habite plus chez une copine ! (PV Andreï)   Jeu 9 Nov - 0:28

Viens chez moi, j'habite plus chez une copine !

Sigrid & Andreï

Est-ce que je suis déjà un peu éméché ? J’aimerais. J’aimerais, vraiment, que quelques gorgées me suffisent, pour que tout s’éclaircisse et devienne relativement simple mais j’ai du mal à me souvenir de ma dernière vraie cuite. La faute à un organisme qui assimile plus que bien toutes les substances étrangères pour mieux les éliminer et les faire disparaître en un rien de temps. Encore un avantage à avoir des skinchangers dans les services secrets, tiens : ils ne peuvent même pas perdre le contrôle au cours d’une mission à cause d’un verre de vodka en trop ou quelques herbes illégales. Depuis quand est-ce que je n’ai fini par terre à cause de l’alcool ? Plus de cinquante ans, plus ou moins. Et donc non, je ne suis pas encore suffisamment éméché, mais ça ne m’empêche pas de rire avec légèreté, c’est déjà ça, franchement. Ca ne m’empêche pas non plus de jouer avec ses nerfs, de jouer avec les mots, de mentir avec souplesse et de déformer la réalité comme je sais si bien le faire pour la transformer à mon avantage - ou du moins comme ça me convient. Mon fils devient mon cousin, mon petit-fils devient son petit frère, la famille Ievseï, déjà un gros bordel, devient un chaos sans nom. C’est beau. Mais ça me va, ça me plaît, ça dédramatise et je raconte n’importe quoi. Mais que du parfaitement plausible. « Ca c'est un coup bas ! Pour ton cousin et pour moi. Mais en même temps, je suis bien contente de ne plus avoir de famille et vivre seule sinon... tu aurais été capable de coucher avec ma sœur, dans MON lit, et m'empêcher de dormir toute la nuit ! Moi... Qui ai eu l'extrême gentillesse de t'offrir le gîte et le couvert ! » J’éclate de rire une nouvelle fois, soupire - une nouvelle fois encore, à quel point je suis un gentilhomme puisque si ça avait été le cas (le lit, la soeur, tout ça), je ne l’aurais tout de même pas laissée dormir sur le canapé. Et oui. J’ai des principes, parfois. Contestables, les principes, mais… mais il faut faire avec.

D’ailleurs, en parlant de faire avec, elle va devoir également faire avec mon franc-parler et mon absence complète de tact, de délicatesse, d’indulgence ou que sais-je encore comme conneries que les gens ont inventé pour vivre en société. Ses jambes dénudées, je les pointe, avec amusement et moquerie. Tant pis pour elle, elle avait qu’à savoir mettre un jean ; ou plutôt le mettre ailleurs que dans ma figure : je me le prends en pleine face dans un nouvel éclat de rire. Je le laisse s’éteindre avant de glisser à nouveau dans les questions. Celles qui vont pointer les faiblesses de son récit, les failles de son histoire ; je vous ai parlé de mon absence complète de politesse ? Je n’étais peut-être pas le plus doué des agents, mais j’ai de bons restes. En quelque sorte. « Ouais, on était deux. C'est pour ça que j'ai débarqué seule ici, sans connaître personne. Je l'ai lâché en route, pour être le plus loin possible de lui. » J’arque un sourcil, la libère d’un « Okay, ça m’va » approbateur : excuse acceptée, miss Sigrid. Mais ce n’est pas pour autant que je vais la lâcher sur le sujet : j’enchaîne.

Parce que oui, la faire rencontrer Roman me semble une idée des plus brillantes. On ne sait jamais, si la ramener à la maison intéresse mon fils, et si lui l’intéresse elle, je passerai non seulement pour le Cupidon de l’histoire, mais en plus pour le bon Samaritain, ou autre chose dans le genre. En somme, pour un mec bien. Presque. Peut-être. Je ne sais plus : je me ressers un verre, ça vaut mieux. Elle, elle se relève et moi, j’attends le verdict. Un verdict qui arrive plus ou moins. Plutôt moins que plus. « En gros, tu lui voles une femme et en guise de dédommagement, tu lui refiles une parfaite inconnue c'est ça ? Tu m'as pris pour du bétail ou quoi ?» Je lève les yeux au ciel en me levant à mon tour pour mieux me réinstaller, et surtout continuer le jeu de je-vide-je-remplis auquel je commence à un peu trop participer. « Allez, tout de suite les grands mots… je veux que votre bien, moi ! » Piètre défense, je sais. Mais bon. « Merci de proposer mais, non merci. Je ne veux ni ton cousin ni plus personne. » J’ai une mine des plus tristes, de celles qui ont un don pour semer le doute chez l’autre quant à la véracité de ma tristesse. J’ai une mine des plus tristes, une fraction de seconde, avant d’opter pour l’autre réaction possible : faire rebondir la conversation, bong bong et embrayer sur autre chose. Parce que bon, voilà, tout de même : on n’est pas là pour être ici, hein, comme on dit chez nous.

Et puisqu’on est là, autant faire le jeu qu’elle a proposé. Et je commence bien sûr par une infox. Oui, parfaitement, une infox. Si je triche ? Bien évidemment. Mes propos sont vrais, presque totalement vrais. A la seule intox qu’on ne m’a pas retrouvé, on m’a trouvé. Ma Russie m’a trouvé. « Hmm... C'est dur ça ! Même si je t'imagine bien faire ça... Je dirais que tu avais au moins dix ans ! Attends je réfléchis... » Je remplis les verres, le sien comme le mien. J’anticipe. « Ou alors tu es venu ici, mais sans passer l'Europe ! Ou non ! Je sais ! Tu n'as pas fugué ! On t'a jeté le plus loin possible de chez toi, c'était pas ta volonté ! » J’éclate de rire sous cet éclat de génie : ça aurait presque pu être ça, quand on y pense, mais non. Enfin oui. Je ne sais pas trop. « 'Fin quoi qu'il en soit, c'est une intox ! J'ai bon ? » Je souris, avec espièglerie. Pour faire durer le suspense. Histoire de… soupirer. Secouer lentement la tête, ô affliction, ô malheur, ô désespoir. « Presque… c’est une intox, ouais, mais pas sur le point que tu pensais. Le seul truc faux, c’est que j’ai pas été retrouvé. Après, en soi, ouais t’as presque raison, on voulait tellement pas de moi qu’on ne m’a pas des masses cherché. Et… tadam ! » Tadam, je vide le verre cul sec, avant de me râcler la gorge, comme un bonhomme, comme un vrai Sibérien. Très crédible, le Sibérien d’Alsace. Je m’étouffe même. C’était bien à moi de boire, hein ?

« Bon, j'imagine que c'est à mon tour... » Je m’avachis davantage sur le canapé, étends à nouveau mes jambes pour occuper l’espace. « Je crois bien, ouais. » Je crois bien que c’est à mon tour d’en apprendre plus sur elle. « Il faut que je réfléchisse et je n'ai jamais su réfléchir le ventre vide... » Je lève les yeux au ciel, m’étire. « C’est c’qu’on dit ouais. J’suis sûr qu’en vrai, ta vie est tellement une intox que tu peines à en trouver une qui puisse passer pour une info ! » Elle revient avec de quoi bouffer, moi, j’ai refait un tour de la déco, à la recherche de détails. Oh, et j’en ai profité pour remettre mon flingue bien hors de vue, mais toujours à ma portée. Tout est dans le détail. Tout, absolument tout, jusqu’à ma crispation et ma main qui a effleuré ledit flingue en réponse à son geste brusque et son couteau. Mon sourire a eu beau rester en place, en une fraction de seconde, je me suis senti devenir fauve. Le temps d’un battement de cœur. « Aaah, j'ai trouvé ! Je me suis échappée de l'asile psychiatrique ! Info ou intox ?» J’éclate de rire, en me glissant à nouveau dans la décontraction, dans la désinvolture. Dans la détente. « О Боже ! » Le russe me prend par surprise. « Elle est bien trouvée celle-là ! Alooooors, laisse moi réfléchir. » Je rapatrie mes jambes, je me redresse pour appuyer mes coudes sur mes genoux, dans la posture adéquate pour un enquêteur. Parce qu’on parle bien d’une enquête-là. « Alors… j’imagine que pour que ce soit aussi gros, c’est une info déguisée sous une intox, mais en même temps, c’est justement peut-être trop gros… hum… tu me poses une colle, là ! » Ou pas. Je gagne juste du temps, pour me laisser de quoi chercher des conneries à baver. Est-ce qu’elle s’est enfuie d’un asile ? Honnêtement, j’ai envie de dire que non. Déjà parce qu’elle me semble presque sensée, mais aussi parce qu’on ne s’enfuit pas d’un asile. On devient juste suffisamment timbré pour en être libéré. Non ? Ou alors… « Bon, vu que tu as refusé non seulement le plan à deux, mais aussi le plan à trois, et qu’en plus tu n’es pas chaud pour mon cousin, alors que franchement, hein… » Je me désigne : « On ne refuse pas les héritiers de mère Russie », bah ouais, « Je suis quasi sûr pour l’asile. La question, c’est : est-ce que tu t’en es échappée, est-ce qu’on t’en a laissé partir ou est-ce que tu… » J’ai la tête du mec qui réfléchit tellement bien qu’il a trouvé la réponse.

Oui. Parfaitement. La réponse. L’ultime réponse. « Tu ne t’es pas échappée. Tu y es encore, nous sommes tous dans un asile de fous, et il s’appelle la Nouvelle-Orléans, c’est bien ça ? » Je me rallonge, avec un grand sourire fier aux lèvres. « J’vote pour l’intox. » Et ouais. Et je fais même mieux : « Et tant qu’on y est… info ou intox : je suis un complet inadapté social, qui frôle la sociopathie et qui mériterait grandement d’être interné ou même foutu en prison ? » Et pour le coup, c’est de la pure info. A mes yeux. Je sas, je me rends compte, je l’ai toujours su que le peu d’humanité qu’Anya et Lara ont su insuffler en moi, tout ça, c’est mort. Roman le maintenait en vie, en était le principal souffle de vie, Mikkel, Colin, Lizzie, à leur façon, en sont les combustibles. Mais le feu de mon humanité n’est plus qu’à l’état de braise. Et ma moralité n’est guère mieux. Je suis un sociopathe, ou quelque chose s’en approchant, je n’ai pas le terme correct en tête, mais l’idée est et reste là.

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