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 The Lost Art Of Keeping A Secret [Saskia]

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WILDHUNTER

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↳ Métier : Bras-droit de Maria Velasquez ; Ancien directeur de la Parish Prison
↳ Opinion Politique : Il crache sur le Gouvernement, et emmerde la résistance. La Communauté en unique camp, au-dessus et avant tout le reste.
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↳ Citation : « Everyone is a monster to someone. Since you are so convinced that I am yours, I will be it. »
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MessageSujet: The Lost Art Of Keeping A Secret [Saskia]   Sam 12 Aoû - 20:30

The Lost Art Of Keeping A Secret

feat Saskia Amberly & leslie Maclean
i know i'm not what i used to be. i know i've rearranged my head. this is life, just keeps on chasing us around. until it catches you, you're dead. they say i'm not right every god damn night. that's why i keep it to myself. i have this tombstone quality. i know you'll never see me here. look what you've said and done for me. tomorrow when the fever breaks.i'll close my eyes and laugh

Survivre. Il n’est même plus question d’en chercher la définition dans un dictionnaire, si tant est que ces bouquins soient encore autorisés entre ces murs. Ce simple mot est devenu le propre de ce qui reste d’humanité. Un ramassis de corps flétris, tous aussi paumés les uns que les autres. Certains se débrouillent mieux que d’autres, comme toujours. Plus stupide ou plus malins, tout dépend du côté duquel on se place. Ceux qui s’autorisent à exister tels qu’ils sont vraiment, et ceux qui baissent le nez pour regarder la poussière et le sang s’amonceler à leurs pieds jusqu’à devenir aveugle. Ne même plus voir sa propre douleur tant elle est devenue familière. S’aveugler c’est renoncer. Ne plus ressentir revient à se laisser crever plutôt que de tenter de résister. Ma douleur me tient en vie, parce qu’elle fait partie de moi depuis tellement de temps que l’ignorer ou même la faire disparaître reviendrait à abandonner. Et lorsque les portes se sont refermées sur l’extérieur, je l’ai senti hurler sous la peau. Se coupler à l’angoisse, celle qui fait battre le cœur à en avoir mal à la poitrine. Malgré tous les efforts du monde pour paraître aussi froid que les murs d’une cellule, sous la peau c’est le chaos. La haine, exacerbée par les relents de trouille et les regards de travers. Violence environnante qui fait écho à celle rongeant mes veines.

On m’a respecté ici. On m’a craint, et ceux qui se croyaient au-dessus du lot, autorisés à me balancer des regards de criminels de bas étage ont rapidement compris qu’il valait mieux ravaler les élans de témérité pour s’assurer de conserver leurs yeux. Le tyran réduit à l’état de rien. Je l’ai senti venir dès l’instant où la sentence est tombée dans ce foutu bureau. Ce retournement de situation qui a fait se crisper le piteux palpitant et le reste de la carcasse avec. Flot venimeux d’un mauvais pressentiment qui a trouvé une justification à peine le premier jour à l’ombre entamé. Reconnaître les sales gueules dès l’instant où je me suis retrouvé dans l’aire commune. Sourires torves de ceux que j’ai brisés, la haine dans la pupille et la mort accrochée aux lèvres. Ne pas céder aux élans sourds de peur, et faire face. Encaisser les vengeances déplorables de ces pauvres types. Si on y regarde bien, c’est peut-être là leur manière de saluer mon retour. A défaut de poignées de mains, on se retranche sur les coups de poings. Bien plus virils certainement. Démolir l’ancien bourreau, espérer qu’il se laissera faire sans sourciller maintenant qu’il fait partie du lot. L’erreur m’a faite sourire au début. Elle s’inscrit dans les blessures sur la peau, les plaies à vifs qui zèbrent mes mains. D’avoir trop cogné en retour. Faire plus de dégâts en une journée qu’en un mois, et contraindre la sécurité à se renforcer.

Je la connais comme ma poche, cette foutue prison. Chaque cellule et ce qu’elle représente. La crasse qui s’est accumulée depuis mon départ et qui rend l’endroit encore plus insalubre qu’il ne pouvait déjà l’être. Maintenir le climat de terreur, faire germer la violence dans les cœurs de ces hommes emprisonnés à défaut de l’apaiser. Cellule miteuse que j’ai appris à supporter, contraint d’y passer mes journées, un bonhomme de l’autre côté de la porte pour s’assurer de ma sécurité. Ou de celle des autres dehors, peut-être. Rictus cynique sur les lèvres, j’ai encore le goût du sang sur la langue. La faim qui braille sous la peau, renforcée par la proximité d’autant de bouffe à portée de main. Premier supplice, me nourrir va être un problème. Essence monstrueuse certainement déjà soupçonnée, balancée à la gueule du monde dans les crachats d’hémoglobine noirâtre. Second supplice, l’absence d’un traitement qui m’est presque aussi vital que l’énergie que je dérobe. Mentir délibérément aux questions d’admissions et se prétendre en bonne santé. Personne n’ira vérifier si je suis sain ou non, ils s’en foutent de toute façon. Un mois, je n’ai jamais passé autant de temps sans traitement. Redouter l’inconnu et le craindre, pour palier au problème faire venir une alternative à l’intérieur des murs. On m’a autorisé une visite, bonté surprenante après seulement quelques jours de captivité. J’aurais pu demander à voir Maria, c’est en tout logique la présence de Diwali que j’ai souhaité.

Perdu dans le fil décousu de pensées pourries, je sursaute lorsque la porte grince et laisse filtrer les bruits de l’extérieur. « - Monsieur, votre visite est arrivée. » Petit surveillant qui me sert encore du Monsieur comme si j’étais toujours le directeur de ce joyeux merdier. Lui dire de me servir les insultes habituelles ou du Leslie ne servira à rien, il a la tête aussi dure qu’une porte de cellule le brave gars. Il m’arrache un sourire qui se change en soupir lorsque le corps se relève et se met en route à sa suite La traversée de la salle commune se fait sous les sifflets et les réflexions menaçantes. Ca m’écorche les oreilles, excite les instincts du monstre et j’en ai des fourmillements dans les doigts. Mes mains me font mal, à chaque mouvement de phalanges. Douloureuses d’être ainsi inactives, tabasser sans interruption calmerait très certainement les élans de douleur. Je doute cependant qu’on me laisse tester ma théorie. Carnassier sur les lèvres, sourire de carnage qui s’estompe lorsque le silence retombe. Bruits de pas soudain assourdissants, la porte de la salle des visites s’ouvre et grince, elle aussi. Bon sang, mais personne n’est foutu d’entretenir ce bâtiment ? L’huile aussi est en pénurie ? J’ai les sourcils qui se froncent et la mâchoire qui se crispe, fusille du regard le bonhomme pour lui faire remarquer le bordel qu’une simple porte peut faire. Il s’en fout, la referme déjà et doit jouer des pieds pour se planter derrière comme un bon soldat. Au cas où ça tournerait mal. Comme si j’allais laisser parler ma mauvaise humeur sur un des miens.

C’est pourtant de la surprise qui explose sur ma trogne. Bien rapidement suivie par de la contrariété, de la colère dans les pupilles qui se posent sur la petite silhouette face à moi. Rien à voir avec l’Indien que je m’attendais à trouver ici. « - Qu’est-ce que tu fous là Saskia ? Où est Diwali ? » La question se crache sans véritable douceur. Si une part de moi se trouve étrangement ravie de se trouver face à la gamine, l’autre morceau lui, crève d’envie de la foutre dehors et de la renvoyer au camp à grand renfort de coups de pied au cul. Pour qu’elle me cherche la bonne personne, pour qu’elle se tire d’ici et évite de faire des conneries. Un renégat chez les sauvages, c’est déjà bien, autant éviter d’en rajouter un second. Elle se ferait bouffer ici, aussi farouche soit-elle.

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MessageSujet: Re: The Lost Art Of Keeping A Secret [Saskia]   Dim 3 Sep - 8:30

There’s a degree of difficulty in dealing with me.
Leslie & Saskia


" Sometimes you have to live in precarious and temporary places. Unsuitable places. Wrong places. Sometimes the safe place won’t help you.”

Enfant terrible aux humeurs impétueuses. Progéniture non désirée et indésirable. Depuis son aube elle a perçu l'étincelle qui couvait en elle. Mais elle a très vite compris la contre nature de la sienne, dans une société où on attend qu'elle s'efface. Alors elle l'a fait, aussi dur soit-il. La porcelaine a recouvert le feu, lisse et délicate. Un modèle de poupée que l'on aurait pu sans mal admirer derrière une vitrine. On ne lui en demandait pas plus.
Son petit minois s’est tourné vers ce père dont elle espérait l’approbation. Cette dernière semblait inaccessible, tant il lui était déjà difficile d’obtenir un regard. On lui a dit que c’était normal, elle n’était pas un garçon. Normal ? La petite a cherché une logique dans ces paroles mais n’en a pas trouvé. Pourquoi serait-elle moins bien pour la seule raison qu’elle était une fille ? Elle était déjà d’accord pour ne pas l’être à ce sujet, et s’est donc tournée vers sa mère. Elle serait sûrement capable de lui expliquer, mais aussi de la comprendre. Parler peu laisse de la place à l’observation. Elle a bien vu cet homme froid accorder le même dédain à son épouse qu’à sa progéniture. Voilà qui pouvait renforcer leur lien. Trouver l’une en l’autre ce que personne d’autre ne leur accordait.
Ah ce joli fourvoiement aussi gros qu’une poutre dans l’œil. Cette femme à l’allure froide qu’elle s’était appliquée à prendre pour modèle, s’était montrée plus impitoyable encore. Elle s’est parquée dans sa solitude, obligeant son unique enfant à faire de même. Cette dernière s’est vite rendue compte qu’il fallait apprendre à ne compter que sur soi. Les adultes n’étaient en réalité que des êtres mécaniques résolus à la modeler non à leur image, mais en fonction de leurs besoins.

Cette fille au cœur atrophié siège toujours dans un recoin sombre de ma conscience, telle une créature plus sauvage que celle que j’abrite et qui attend son heure. Petite chose malingre et avide d’une vengeance qui s’entremêle à ce besoin jamais assouvi d’affection. Brisant la porcelaine pour s’ensevelir sous ses décombres, elle nourrit une haine sans fin envers ceux qui l’ont forcé à apparaître sous un autre visage que le sien. Elle a changé pour eux, s’est pliée au moindre de leur désir. Quand elle a réalisé ce qu’elle était devenue, que rien ne serait jamais suffisant, elle est redevenue elle-même. Je suis redevenue moi-même. Quoi que j’aurais fait ils n’auraient jamais été satisfaits. J’étais donc convenue à saisir la moindre parcelle de bonheur, à prendre ce que l’on me refusait. Mon caractère volatile désormais dépourvu des brides que je lui avais imposé ne souffrirait plus de la moindre entrave. Rien ne pouvait venir restreindre ce besoin que j’avais de me sentir pleinement vivante, qui allait de pair avec celui de leur faire payer ce vide glacial siégeant dans leur poitrine.

Aujourd’hui il ne me reste plus que ma chère maman. Mes intentions sont bien loin d’avoir changées à son égard. Il faut dire qu’elle a commis des actes irréparables et n’a jamais tenté la moindre parole de contrition. Je compte bien me servir de cette fierté pour la faire tomber de son piédestal qu’elle a réussi à se forger dans ce monde. Je tiens toujours mes promesses, surtout celle faite à cette petite fille. A moi-même. Au plus elle me déçoit et au plus je la hais d’être encore capable de le faire, de maintenir en moi ce lien malsain qui me lie à elle. J’ai beau le nier de toutes mes forces, ce besoin de reconnaissance qui me révolte et me pousse à commettre les pires incartades existe bel et bien.

Il y a bien peu de choses, de personnes qui le tempère. Le grand rouquin à l’amabilité peu évidente en fait partie. Les humains ne sont pas ma tasse de thé. J’interagis avec eux par obligation la plupart du temps. Je suis devenue et restée un animal solitaire, qui n’apprécie que la compagnie de ses semblables. Lui, en fait partie. Il possède cette animalité débordante, cette force indéniable et une volonté que rien n’arrête. Pas même mon insolence et mes perpétuelles remises en question de ses ordres. Je crois qu’il sait que malgré ça, il a mérité mon respect. Il est l’un des premiers à m’avoir accordée le sien, ne s’arrêtant pas sur mon air de gamine mal peignée au caractère irascible. Ma petite créature affamée s’est emparée de sa confiance comme d’un trésor, guettant de ses yeux immenses chacune de ses attentions. Il a ravivé ce besoin de reconnaissance comme personne ne l’avait jamais fait. Pour lui aussi elle est prête à perpétrer des actes insensés, mais différents de ceux que lui inspire cette ingrate génitrice. Retourner Diwali comme un flan et quitter la sécurité du camp pour lui rendre visite en prison en fait partie.

                                                                          -

Cet endroit me met mal à l’aise.  Ce n’est pas le bâtiment en lui-même ni son état de décrépitude. Il y a quelque chose de malsain qui s’en dégage. Une impression que je ne saisis pas, mais qui pourrait faire revoir à la hausse l’image que j’avais de la prison dorée dans laquelle j’ai grandi. Quand les portes se sont refermées derrière moi j’ai perçu l’insidieuse insinuation. Un murmure comme une promesse qu’elles pourraient ne plus jamais s’ouvrir.  
J’avoue qu’avant l’incarcération de Leslie ici, mes pensées ne s’attardaient guère sur cet endroit et les pauvres erres qu’elle accueille pour des motifs moins justifiés qu’improbables. Il se pourrait que mon comportement ait justifié depuis longtemps ma présence ici, mais jusque-là je m’en étais sortie s’en jamais me faire attraper. Que voulez-vous les félins savent se faire discret quand ils chassent. Sans compter que je ne reconnais aucunement l’autorité de toute cette bande de pantins en costumes. Je respecte déjà au minimum celle du camp, je trouve que c’est bien assez me demander.

Si ce n’est pour la chasse et cette vocation de dernière minute d’agricultrice, la patience n’est pas réellement mon fort. Ma vie d’humaine et ma mère ont usé cette qualité jusqu’à la corde. Toute impulsive que je suis, je sais qu’il va me falloir la saisir des deux mains pour ne pas commettre le moindre faux pas. Ce n’est pas vraiment le lieu pour perdre mon calme, quand un simple regard de travers pourrait me valoir plus qu’une petite garde à vue. Je n’avais pas pensé que me conduire suffisamment bien pourrait s’avérer aussi difficile. Pour être honnête je n’avais pas pensé à grand-chose une fois que j’avais appris pour Leslie. Toute ma réflexion s’était focalisée sur comment me rendre du point A au point B, pas sur comment agir une fois arrivée à destination. Tout compte fait, j’aurais peut-être dû. L’animal en moi ne supporte pas la vue de toutes ces cages. La nana avec un minimum de respect pour elle en moi, ce qu’elle ne supporte pas ce sont ces regards un peu trop appuyés qui la détaillent. Franchement vu mon allure, ces gars doivent vraiment crever de faim plus bas que l’estomac. Quand un des gardiens me parle d’une fouille corporelle pour vérifier que je n’apporte rien de suspect avec un peu trop d’enthousiasme, je vois rouge. Cette journée risque de s’annoncer pleine de surprises. Lui qui comptait repartir avec ses mains, et moi qui comptais repartir tout court.

- Et qui est-ce que tu viens voir ?
- MacLean, Leslie.


Bon dieu, tutoies-moi encore une fois et ta langue y passe aussi. Je le dévisage avec de moins en moins d’aménité. Franchement il faut vraiment que ce soit pour le rouquin que j’en supporte autant. Je ne l’aurais pas fait pour ma mère. Quoi que… Si, j’aurais mis le temps mais je serais venue. Je me serais assise face à elle tout sourire pour détailler son apparence d’une hygiène douteuse et ses beaux traits aristocratiques étirés par la faim et l’impatience. Je n’aurais pas prononcé un seul mot, me contentant de manger devant elle la nourriture que j’aurais apporté. Pour finir j’aurais tapoté sa joue avec un air faussement compatissant et je me serais barrée sur une nuage de pur bonheur. Mais il s’agissait de Leslie. Il avait mérité que je ne tue personne pour pouvoir le voir.

A ce propos, je reporte mon attention sur le garde qui pour une raison que j’ignore me regarde autrement. Depuis que j’ai prononcé le nom de mon visiteur. Non, je dois me faire des idées. Je me contente de le suivre dans un dédale de couloirs miteux, me retenant de respirer cet amoncellement d’odeurs infâmes sur lesquelles je préfère ne pas m’attarder et qui agresse mon odorat aiguisé. Il me fait pénétrer dans la salle des visites, aussi chaleureuse que le reste du bâtiment. Waou, les visites conjugales ici doivent envoyer du rêve.
Je me laisse tomber sur une chaise qui a connu de meilleurs jours et croise mes jambes sur la table. J’ai l’air plus désinvolte que je ne le suis en réalité. Je n’ai pas pris le risque de venir jusqu’ici pour simplement contrarier ma mère, quoi que ce soit un bonus non négligeable. Quand j’ai su que l’autre bras droit de la Communauté avait atterri dans cette prison, j’avais ressenti plus d’inquiétude que je ne l’avouerais jamais. Ce purgatoire n’était pas connu pour ses bons traitements. Sans compter qu’on ne prendrait pas la peine de gaspiller une nourriture qui manquait déjà pour les rebus de la société. Il fallait que je sache, il fallait que je fasse quelque chose même si ça ne l’aiderait pas plus que ça. L’inaction me rendait folle.

La porte s’ouvre enfin pour laisser entrer une trogne qui n’a pas l’air d’avoir perdu sa hargne, et pas uniquement à cause de ma présence ici. Je ne peux m’empêcher de sourire franchement face à son air renfrogné. Je pousserais bien le vice jusqu’à crier « Surprise ! » mais quelque chose me dit qu’il n’apprécierait pas cette pointe d’humour subtile. Sachant qu’il avait demandé Diwali, il était évident qu’il ne m’accueillerait pas à bras ouverts. « Ah moi aussi je suis contente de te voir ! Je suis venue t’apporter des oranges bien sûr. » Je me lève pour m’avancer avec lenteur à sa rencontre. « Et bien… » J’affiche un sourire aussi innocent que crédible. « Disons que quand il se réveillera, il se peut qu’il ne soit pas d’excellente humeur. C’est fou cet effet que j’ai sur les gens quand même. » Je sais bien pourquoi il a demandé à voir Di et pas moi. Enfin, je le sais en partie. Ce qui n’est pas assez à mon goût. Voilà une autre raison de ma présence ici. Il se passe quelque chose que je ne comprends pas. Mais la prédatrice en moi sait se montrer patiente pour obtenir ce qu’elle veut.

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MessageSujet: Re: The Lost Art Of Keeping A Secret [Saskia]   Jeu 21 Sep - 11:27


Demander le calme et récolter la tempête. On se fout de ma gueule en me jouant une blague du plus bas effet. J’ai gaspillé mon unique droit de visite pour un moment en tête à tête avec Diwali, vider mon sac et cracher sur tout ce qui me passe dans le crâne devant son armure impassible. Récolter des brides de son éternelle compréhension et sentir l’effet se faire immédiat sur l’état déplorable des nerfs et de l’âme. L’Indien et ses effets apaisants, rien que sa présence est un calmant presque aussi efficace que les potions et autres baumes qu’il est capable d’extraire de plante dont le nom seul me dépasse. La botanique et moi de toute façon, j’ai été capable de retenir le nom des fleurs préférées de Zilpha, l’effort s’est arrêté là. Je rumine en la voyant plantée sur cette foutue chaise, installée comme si elle était chez elle. Cette désinvolture qui m’amuse d’ordinaire m’arrache les nerfs et fait s’entrechoquer les dents avec hargne. Deux choix face à moi : me tirer, tout bonnement, sans rien dire. La planter là avec ses idées tordues et retourner me pourrir le corps et l’esprit dans le taudis misérable qui me sert de cellule. Ou profiter de l’instant pour engager la conversation, prendre des nouvelles de l’extérieur et apprécier la compagnie de la gamine comme je peux le faire au-dehors. L’unique ombre à ce tableau est que nous ne sommes pas au-dehors. Prisonniers entre les murs dans d’autres murs. Que j’ai connu par cœur, jusqu’au moindre recoin. La moindre tâche de moisissure sur un mur, même si d’autre se sont rajoutées depuis. Délabrement en accord avec la chute du reste du monde, renforcé par le degré de pourriture des détenus qui sont balancés là-dedans sans plus de réflexion.

Une part de moi se révulse et s’indigne à l’idée d’avoir participé à cette mascarade. Pantin d’une politique aujourd’hui exécrée, comme tous les autres. Quand il est à présent question de se croire supérieur et de leur cracher à la gueule sans retenue. Ai-je été aussi pitoyable que tous ces crétins que j’abhorre à présent ? Peut-être, je m’en fous, cela ne me regarde plus. J’ai abandonné des morceaux de mon passé dans les déchets qui s’amoncèlent au pied des portes de la ville. En exil, il n’y a pas assez de place pour la culpabilité et ce que l’on a pu être avant de devenir un morceau de chair errant dans le vide. La première réplique est aussi amère que les oranges qu’elle prétend m’apporter. Froisse les nerfs et se colle sur la figure comme une mauvaise gifle balancée un peu trop fort. « - Epargne-moi ton insolence, je n’en ai pas besoin. » Les dents ne se desserrent pas, comme pour retenir un trop plein d’acide, les élans de tension qui doivent à tout prix restés canalisés au mieux pour ne pas faire une erreur supplémentaire. Sait-elle la raison de ma présence ici ? Le doute s’invite dans mon crâne alors qu’elle se lève et continue sur sa lancée. Délicate Saskia, fidèle à elle-même qu’importent les circonstances. Dans un autre contexte, un piteux élan de fierté serait venu se glisser dans ma poitrine. Il est présent sous la peau, ce n’est qu’un infime tressaillement qui s’étouffe devant la rage contenue et les premiers relents d’appréhension délirante.  

« - Je parie que tu es venue seule en plus d’avoir pris la place d’un autre ? Et que tu n’as prévenu personne de pas petite escapade… Je suis déjà coincé ici, je n’ai pas en plus besoin de voir débarquer ta harpie de mère sous prétexte que sa foutue gamine a encore préféré n’en faire qu’à sa tête. » Le début sonne comme un constat balancé pour moi seul. Au fil de la tirade, les mots se changent en reproche, un sermon qui se fait incisif à mesure que les mots s’échappent de mes lèvres. Le regard qui s’efforce de se faire le plus dur possible quand, malgré tout ce que je peux dire ou clamer, sa présence me rassérène. Se contraindre à la toiser pour la rendre affreusement minuscule et dans une simple attitude, la remettre à sa place. Tactique qui fonctionne avec les autres, parfois avec elle mais la gamine est aussi bornée et impétueuse que sa mère. Certainement plus facile à raisonner néanmoins. Les bras se croisent sur le torse, la carcasse qui se mure dans une attitude distante, le supérieur peu enclin à lui laisser la moindre chance de s’immiscer près des brèches d’affection si faciles à deviner lorsque l’on sait y regarder.

« - Tu n’as rien à faire ici, Saskia. Epargne-nous de nouveaux problèmes, à tous les deux, et retourne au camp. » Le conclure dans un souffle. Ca m’arrache presque la langue de la jeter dehors, mais l’inquiétude prend le pas sur le reste. Cette absence de bon sens qui l’a mené ici sans réfléchir j’en suis certain, m’agace. Aussi touchante soit-elle, son inconscience est son plus exécrable défaut. Elle est pourtant apte à se débrouiller seule la gamine, l’a prouvé et le prouvera encore si le besoin se fait sentir. Je m’inquiète pour elle c’est vrai, mais surtout pour les conséquences de sa présence entre ces murs… Tempête blonde en chaleureux accueil à ma sortie du trou, des reproches plein la gueule que je ne serais certainement pas d’humeur à entendre ni à encaisser. « - Et rembarque tes oranges. J’ai toujours eu horreur de ça. » Réplique cynique, moqueuse à en crever qui se pose sur les lèvres en un rictus honteusement amusé. L’éclat vient chatouiller les pupilles malgré le besoin de rester hermétique. Foutue gamine capable d’éveiller le pire comme le meilleur dans les cœurs de ceux qu’elle croise et provoque.

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