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 For you, today, it is zombieland [PV Matthias]

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MessageSujet: For you, today, it is zombieland [PV Matthias]   Mar 22 Aoû - 23:43

Une ruelle, un éclairage maladif, des poubelles renversées, des mégots, des restes de nourriture brunâtre. Une femme déambule seule. Wendy. Elle a les cheveux blonds et gras, la mine triste, les vêtements tachetés de gris, la carcasse cassée, le lard maigre, l’odeur puante. Les sans-abris grouillent dans le nord de la Nouvelle-Orléans. Une ombre passe derrière elle. Elle n’a pas le temps de crier.

Plus tard…

Wendy ouvre les yeux. Elle se redresse sur les coudes. Sous elle, la dureté d’un dallage. Elle tourne la tête à droite : des barreaux. Derrière les barreaux, un miroir qui court jusqu’au plafond. Dans le miroir, son reflet inversé et un homme debout. Elle tourne la tête à gauche : des barreaux et derrière les barreaux, l’homme. Il demande : « Vous allez mieux ? » Elle écarquille les yeux. Il répète : « Vous allez mieux ? » . Elle secoue la tête, ferme les yeux. « C’est normal, je me suis nourri sur vous. » Elle se lève subitement, animalement, brutalement. Elle se lance contre les barreaux. Elle crie, elle hurle, elle beugle, elle brise sa voix, elle dégueulasse les murs d’injures.

Plus tard…

Il ouvre les yeux. La lumière chaude de l’après-midi à moitié déclinée sur sa peau qui ronronne. La sieste a duré plus longtemps que prévu. Il se redresse sur les coudes. Sous lui, la rondeur d’un matelas. Il tourne la tête à droite : le réveille-matin qui tictac jusque dans ses tempes. 13 heures. Il a dormi une heure trente. Il tourne la tête à gauche : la porte de sa chambre ouverte. Un fantôme a dû passer par là. Il grommelle. Il passe la main dans ses cheveux. Il descend à la cave.

La cave…Plafond et sol en blanc métallisé, murs recouverts de miroirs géants. Aménagement pour éviter l’étouffement claustrophobique.  Lewis est debout devant la cage. Il est blond, propre sur lui, le polo bleu, le pantalon brun foncé. « Vous n’avez pas récupéré… » Wendy est allongée. Sa respiration sifflante. Elle a du mal de respirer. « C’est étrange… » Elle entrouvre les lèvres. « Allez vous faire foutre. » Sa voix rauque. Cordes vocales cassées. Il hoche la tête « C’est un bon début. »

Il ouvre la cage. Grincement ténu des gonds qui souffrent sous le poids des barreaux. Il se penche vers Wendy. Son odeur de femme mal lavée, mal nourrie, mal aimée. Transpiration, poussière, gras, peau carencée, cheveux emmêles, sébum, haleine fatiguée. Mais ces bruits… Ces bruits sous la peau, au-dessus des os, entre les os… Grincement des cartilages, pouls augmenté, inspiration profonde… Elle va… Elle lance son bras droit. Il évite mais… Il va devoir se fatiguer à la neutraliser avant de la transformer…

Plus tard…

Elle. Son corps inerte, ses yeux lait, sa bouche convulsée, son cœur silencieux, sa peau sans frissons, sa peau en lambeaux, sa peau déraillée, ses muqueuses rouge vif. Elle est morte à moitié zombie.

Lui. Un bouillonnement pourpre derrière le front, les joues, le thorax. Une étoile de rage brûlante prête à exploser. Qui grandit, qui grossit…   « Merde !! » Un coup de paume dans les barreaux. Les barreaux tremblent. La cave se tait. Les murs réverbèrent les tremblements. L’échec court sur les dalles et le long des miroirs. Il la voit partout allongée, amochée, zombifiée, il se voit partout debout, ses cheveux propres et blonds en bataille, son regard noir, ses joues rosies.

Il se retourne, ouvre la cage, ferme la porte à barreaux, ferme la lumière, ferme la porte de la première cave, ferme la porte de la seconde cave, monte les escaliers, ouvre et ferme la porte de la cuisine, passe devant les fourneaux anciens, passe devant les bouts de bois coupés, passe devant les couteaux ensanglantés, passe devant les chandeliers aux lueurs fantomatiques, ouvre un grand vaisselier qui geint, prend un verre, ouvre le bar réserve, prend une bouteille de vodka, se sert un verre, remet la bouteille dans le bar réserve. Il boit une gorgée. Goût de cendres. Il rouvre le bar réserve et prend la bouteille. Il va avoir besoin de plus d’un verre pour se saouler…

Heureusement, aujourd’hui, il n’y a pas de clients, donc pas d’employés. L’échec est toujours meilleur à faire passer dans la solitude. La honte… Cette saveur tenace que seul l’abrutissement de l’esprit peut faire oublier.

Plus tard…

C’est entre un mal de crâne qui pointe sur la droite et une cheminée qui tangue sur la gauche que Lewis perçoit un bruit qui se faufile insidieusement – oh, ce son serpent – et qui s’entête jusqu’à trouver ses tympans pour y marteler avec une régularité mécanique une rythmique facilement reconnaissable s’il avait un peu de fraîcheur dans son esprit englué.

Quel est donc ce son ? Assis sur le bord de son lit, il se frotte les paupières. Il inspire et expire pesamment de lassitude et de courage à retrouver. Quel est donc ce son ? « Mais non… » En quelques bonds, Lewis est dans le couloir, dans les grands escaliers, dans le grand hall.

Un homme court dans le corridor qui mène à la cuisine comme un dératé. Lewis fonce vers la cuisine, fonce vers l'homme qui court. Cette odeur qui suinte à travers les portes… « Qu’est-ce qui se passe ?? » Il hurle pour la forme. Au fond, il sait déjà.

@Matthias Petersen
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