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 The truth behind the mask (morienster)

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: The truth behind the mask (morienster)   Ven 1 Sep - 12:49

The truth behind the mask
Rafael&Violet
Buté, exécrable, imbuvable, prétentieux, indélicat, autant d’adjectifs qui qualifiaient Rafael Morienval selon Violet Forester. Jamais au grand jamais elle n’avait vu un pareil cas durant sa carrière. Bien sûr parfois la jeune femme tombait sur des patients plus réfractaires. Ce n’était jamais facile de voir sa vie changer souvent de manière brutale. Ce n’était jamais facile de se voir privé d’une capacité physique bien souvent indispensable pour vivre une vie convenable. Mais là… Le cas Morienval dépassait tout ce que Violet avait pu rencontrer. Les rendez-vous anciennement quotidiens étaient devenus hebdomadaires pour le plus grand bonheur de l’ergothérapeute. Fréquenter un homme comme Rafael n’était pas de tout repos. Il fallait avoir les nerfs bien accrochés et faire preuve de persévérance. Au fil du temps Violet s’était habituée et ne faisait plus vraiment attention aux remarques parfois désobligeantes de son patient. Plusieurs fois elle avait eu envie de lui tordre le cou, de l’abandonner en le traitant de goujat. Mais la jeune femme n’était pas comme ça. Alors souvent elle soupirait et se contentait de lever les yeux au ciel. C’était bien pratique quand on savait que l’italien n’y voyait pratiquement rien.  Peut-être entendait-il ses soupirs mais au vu de son comportement, il n’avait nullement l’intention de changer. Alors Violet le considérait un peu comme un grand enfant qui ne voulait pas faire ses devoirs, cela passait mieux. Gentille douce mais surtout têtue, Violet ne voulait pas abandonner et comptait bien aller au bout de cette rééducation.

Munie d’un sac en bandoulière, Violet avait quitté l’hôpital pour prendre la direction de la villa de son patient. Il était rare qu’elle mette les pieds dans de tels endroits. Bien souvent ses patients venaient à elle. Il lui arrivait de se déplacer pour les personnes âgées ou les invalides ne résidant pas à l’hôpital. Rafael était un patient qui tenait à son anonymat et cette méthode se révéla mieux pour maintenir secrète son identité. La jeune femme attendait plantée au milieu d’une vaste pièce. Elle observait les œuvres qui habillaient les murs. Des tableaux que la jeune femme trouvait magnifiques. On lui indiqua que Monsieur Morienval ne tarderait pas, Violet avait acquiescé puis s’était rendu à l’endroit habituel : le salon. Pour la mexicaine l’endroit semblait immense. Bien trop grand quand on savait que Rafael vivait seul. Du moins c’est ce qu’elle avait déduit. Qui aurait pu supporter un être au caractère aussi exécrable ?  A part peut-être un majordome au self-control inébranlable… Un vieux de la vieille qui en avait vu de toutes les couleurs et que plus rien ne pouvait toucher.

Alors que son regard clair se baladait de peintures en peintures, Violet crut entendre un bruit. La jeune femme redevint stoïque. Rafael arrivait et lorsqu’elle l’aperçut au loin, elle se dit qu’il était quand même bel homme. Elle pensa qu’il était dommage qu’un si beau personnage puisse se comporter de la sorte, car autrement, peut-être que dans un autre monde, dans d’autres circonstances, il aurait pu être son type. La jeune femme se surprit à rougir. Tout d’un coup une petite vague de panique lui pinça le cœur. Bien qu’elle sut que Rafael ne pouvait la voir, surtout d’aussi loin, elle s’imagina sa réaction s’il l’avait coincée entrain de rougir ainsi. Alors pour ne pas paraître trop bête en restant là à attendre, elle se décida à poser son sac sur une table qui trônait dans la pièce. En s’approchant elle se prit les pieds dans une chaise ce qui brisa le silence ambiant. Violet râla discrètement. Sa maladresse n’avait d’égale que sa gentillesse. L’endroit était si beau, si grand qu’elle n’avait voulu faire aucun bruit. Comme si elle avait craint que la villa s’éveille pour lui dire de se taire. C’était ridicule, Violet le savait et elle s’en voulait un peu de réagir comme ça. Le sac finalement posé elle en sortit le dossier de Rafael. Elle y notait toutes les améliorations et les détails de ses visites. Le nez plongé sur les lignes, elle se souvint que le dernier rendez-vous avait été plutôt moyen. Elle espérait que cette fois les choses iraient mieux. Elle l’espérait de tout son cœur. Elle se retourna et se concentra de nouveau. Il fallait qu’elle chasse ses précédentes pensées et qu’elle se concentre sur le pourquoi de sa présence. Elle se racla la gorge et finit par dire « Rafael je suis là ! » histoire que le maitre de maison puisse suivre sa voix même s’il avait dû la repérer avec le vacarme qu’elle venait de faire... 
 



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↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
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MessageSujet: Re: The truth behind the mask (morienster)   Jeu 7 Sep - 23:50

Une douleur, familière, tire mes paupières lorsque j’ouvre les yeux sur des ténèbres parfaites. Pas la moindre lueur, pas la moindre nuance, pas la moindre forme, rien, si ce n’est une obscurité des plus complètes. Une obscurité qui me suit depuis plusieurs semaines maintenant et que rien ne semble pouvoir altérer. Je suffoque, dans cette obscurité, alors qu’autour de moi, des draps immaculés courent sur mon lit, des murs immaculés ne sont troublés que par quelques tableaux, des vêtements immaculés m’attendent, dans une pureté et une propreté que j’exige et que j’attends de la part de mes employés. La douleur, familière, tire mes paupières. Et l’obscurité. Les draps glissent, je m’assois au bord de mon lit, cherche à sentir autour de moi ce que je ne peux voir. L’argent a rongé ma cornée jusqu’au nerf optique, détruisant sur son passage les chairs de mon œil, laissant nécrose et veines à vif. Mon visage lui-même est encore légèrement marqué par l’attentat. Même après des semaines de guérison, même après des semaines de démangeaison. Même après des semaines qui pourraient paraître miraculeuses si on faisait la sottise d’oublier que mon âme a été transformée en quelque chose d'abominable. Mes doigts glissent sur mes joues, redescendent vers mon menton, se perdent dans ma nuque. Un soupire s’échappe de mes lèvres, las et vulnérable, comme il sait l’être dans l’étreinte protectrice de ma demeure, dans son atmosphère intime et confinée, dans la paix que je connais entre ses murs qui n’ont plus le moindre secret pour moi. Mouvement souple, mes pieds nus rencontrent le parquet. Mouvement hésitant, ma main cherche en vain un appui, j’esquisse deux ou trois pas, sens la granularité d’un mur, commence à me diriger dans un silence rompu par ma respiration vers l’extérieur de ma chambre. Portes ouvertes, silence, un air frais balaie le couloir qui longe la mezzanine et donne sur un trop vaste séjour. Portes ouvertes, silence, mes ordres sont stricts, respectés, ces quelques heures qui précèdent l’aube sont les miennes, sont celles dévouées à l’homme et non au seigneur, sont les heures offertes par le loup à celui qu’il protège et souille. Ces quelques heures sont éternelles, je ne souhaite rencontre ni âme, ni vivant, je ne souhaite croiser personne qui puisse me rappeler qu’avant d’être un homme, je suis une façade, qu’avant d’être Rafaele, je suis Morienval. Lentement, guidé par le seul contact de mes doigts sur une rambarde en bois, je descends l’escalier. Hésite sur une marche.

L’étau d’une peur innée se resserre sur ma poitrine, le souvenir d’une voix me rattrape et menace de briser l’apaisement qui m’étreignait jusque-là. Se repérer dans l’espace n’est pas une nécessité. C’est se repérer en soi-même qui l’est. N’est-ce que pas ce qu’elle m’a dit, la dernière fois, quand pourtant distant je m’évertuais à l’éloigner de moi, à la décourager pour qu’elle cesse enfin de venir ? Se repérer dans l’espace n’est pas une priorité. Il faut avant tout que je reprenne confiance en mon propre corps, en mes propres instincts. Le loup sait bien plus que ce qu’il voit, que ce qu’il voyait. Le loup sait, marche en équilibre, ne trébuche pas, ne tombe pas, il court et il sait tout simplement. Ma main se raffermit sur mon soutien, mes orteils effleurent le sol du salon, se glissent hors des escaliers. Tentent de se remémorer la position de la table basse, la position des canapés. Mes heures de solitude, mes heures de calme, mes heures éternelles ne sont pas infinies, elles vont glisser entre mes doigts comme l’eau claire d’une cascade, j’essaye, encore une fois, d’ignorer mon orgueil, d’oser tendre une main craintive devant moi pour avancer, sans soutien, sans aide, sans ancre, dans l’immensité de mes ténèbres, jusqu’à la baie vitrée que je sais se trouver… ici. Mes doigts se plaquent sur le verre, un sourire simple s’étire sur mes lèvres, d’une satisfaction inavouée. Fais-toi confiance, Rafael.

« Monsieur ? » Je me retourne brutalement, toute sérénité envolée. Je me retourne brusquement, agressivité sur le visage, tension dans l’attitude, bestialité dans un regard pourtant vide de toute vie. « Oui ? » Ma voix claque, son ton ne laisse place à aucune interprétation. « Violet Forester est annoncée. » Je cligne des yeux. Ma voix perd de sa froideur. Gagne en hésitation. « Vraiment ? » Le temps s’est-il à ce point joué de moi ? Le temps m’a-t-il à ce point échappé, pour me prendre en traitre ? Ma demeure est mon territoire, ma demeure est mon armure. Alors pourquoi suis-je à ce point troublé à l’idée de paraître face à elle dans une tenue à ce point décontractée ? Ma respiration fait écho aux battements de cœur que je perçois plus que je n’entends. Des battements de cœur inquiets à l’idée d’avoir fait un faux pas. J’entends les battements de mon cœur également. Lents. Calmes. Et pourtant irréguliers. « Faites la venir. » Je concède enfin, après un silence des plus longs, remontant d’un pas lent l’escalier, me laissant guider par mon instinct, rejoignant sans attendre ma chambre, revenant sans plus tarder, ayant troqué tenue de nuit pour une tenue toujours aussi légère, d’une chemise en lin immaculée, d’un pantalon en lin à peine plus foncé.

Mes pas foulent une nouvelle fois le parquet, une nouvelle fois les marches, j’entends les battements de son cœur. Fais le deuil de ma solitude, fais le deuil de ma sérénité, inspire pour m’envelopper une nouvelle fois, pour une nouvelle journée, de cette armure qui me protège. Le sol atteint, je m’immobilise, une main sur le mur. Un fracas retentit, je me crispe. Une voix agacée, un sourire fleurit sur mes lèvres, avant d’être étouffé d’une main de fer. Et le silence, lui, revient. Je me concentre sur les sons, je me concentre sur sa respiration. « Rafael je suis là ! » Un nouveau sourire, aussitôt étouffé lui aussi, un nouveau soupir. Je consens à faire un pas dans sa direction. « Vraiment ? Votre discrétion est telle que je ne me doutais pas un seul instant de votre présence. » Ma voix oscille entre la moquerie, la taquinerie et le sarcasme, je concède un second pas dans sa direction, mon hésitation n’étant compensée que par mon orgueil. De telles séances ne me plaisaient guère, j’ai appris à leur reconnaître, de mauvaise grâce et sans réellement l’assumer, une certaine utilité. Et contrairement à ce que j’ai pu penser, la sérénité ressentie un peu plus tôt est encore présente dans mon attitude, l’intimité du lieu affaiblit encore mes défenses, me pousse à laisser la distance s’émietter. Et sa voix tout comme sa présence font disparaître, je m’en rends compte à chaque fois un peu plus, les ténèbres angoissantes, comme pour les reléguer en arrière-plan, comme pour refuser qu’elles aient la moindre importance. « Vous êtes en avance, n’est-ce pas ? » La question reste en suspens le temps d’une respiration, je fais un pas de plus. Faites-vous confiance m’a-t-elle dit, l’une de nos premières séances, avant que je ne réclame du silence et de l’intelligence de sa part d’une voix sèche et humiliée. « Et bien soit. Commençons. Finissons-en au plus vite. » Un inspiration. « Comment vous portez-vous ? » Parlez-moi, parlez-moi donc que je puisse me concentrer sur votre voix et pas sur le vide autour de moi, parlez-moi donc et repoussez mes ténèbres.


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I can feel your breath,
I can feel my death

≈ Then write something, yeah it might be worthless; Then paint something then, it might be wordless; Pointless curses, nonsense verses; You'll see purpose start to surface; No one else is dealing with your demons; Meaning maybe defeating them could be the beginning of your meaning, friend
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MessageSujet: Re: The truth behind the mask (morienster)   Lun 11 Sep - 11:33

The truth behind the mask
Rafael&Violet
Il arrivait. Vêtu de lin, son regard vide, Violet retint presque son souffle. Comment allait-il être aujourd’hui ? Exécrable sûrement comme tous les jours. Rafael Morienval était-il seulement capable d’être autre chose ? Dans le fond Violet aurait dû en avoir rien à faire. Il payait, elle faisait son boulot. Que pouvait-elle faire contre le caractère si particulier de son patient du jour ? Rien si ce n’était le supporter. Alors que la jeune femme tentait de se détendre, se trouvant ridicule à stresser pour si peu, Rafael amorça une remarque. Violet leva les yeux au ciel. Il avait fallu que sa maladresse légendaire la pousse dans les pieds de cette maudite chaise. Forcément, le sarcasme peu dissimulé qui enroba la critique gêna un peu plus l’ergothérapeute. « Désolée je n’ai pas fait exprès. » se contenta-t-elle de dire, comme si elle venait de fauter gravement. Alors qu’elle observait le maître des lieux, Violet se dit que cet homme n’avait rien à envier à la reine de neige. Un voile glacial enroba la mexicaine, elle n’était pas très à l’aise. Elle pestait intérieurement. Pourquoi se comportait-elle ainsi ? Finalement une question sortit Violet de sa réflexion. Elle regarda sa montre, elle était parfaitement à l’heure. Rafael avait dû se faire avoir par le temps qui lui avait visiblement filé sous le nez. « Non je suis à l’heure. Il est 10h32 Rafael. Si vous voulez la prochaine fois nous pourrons décaler le rendez-vous. » elle haussa les épaules. Elle se sentit presque coupable de ne pas être arrivée en retard. Elle s’éloigna de la table pour approcher son patient, histoire de voir si ce dernier parviendrait à la situer. Pendant ce temps Rafael continuait de parler, Violet l’écoutait d’une oreille distraite. Il voulait en finir vite. Violet ne sut pas si c’était car il ne supportait pas sa présence ou si ces séances s’avéraient être une vraie torture. Finalement la jeune femme ne put retenir un rictus de surprise quand l’italien lui demanda comment elle allait. Elle n’avait pas rêvé, Rafael s’inquiétait de savoir comment elle allait. Elle secoua légèrement la tête, déconcertée.

« Je… Je vais bien merci. La plupart de mes patients sont en bonne voie, ça me fait chaud au coeur vous savez. Enfin bon, commençons. » finit-elle par dire pour abréger la conversation.

Ce n’était pas qu’elle n’aurait pas voulu développer ou lui demander comment il allait en retour, mais elle pensait que la question de Rafael n’était là que pour la forme, histoire de paraitre poli. Elle doutait du fait qu’il puisse sincèrement s’intéresser à elle d’une autre manière que professionnellement parlant. Les rapports humains ne semblaient pas vraiment être un de ses points forts. De plus le cas Morienval ne semblait pas vraiment s’arranger. Violet en était d’ailleurs préoccupée mais elle se cachait bien de le dire. Elle  fut soulagée que Rafael ne voit pas les moues qu’elle faisait parfois lors de leur séance. Celle d’aujourd’hui serait centrée autour du toucher. Elle espérait que Rafael soit coopérant auquel cas elle devrait redoubler de détermination. En attendant Violet s’était rapprochée de son patient jusqu’à se retrouver à sa droite. « Bon Rafael voyons voir si vous avez réussi à vous approprier l’espace et si vous arrivez à vous situer. Allez vous asseoir sur le canapé je vais chercher mon matériel. » dit-elle en lançant un bref regard vers le sofa. Il était important pour elle de savoir si l’italien était parvenu à se trouver des repères dans l’espace. Surtout quand il s’agissait de sa propre demeure. Il fallait qu’il soit capable de se déplacer à sa guise histoire de pouvoir s’approprier la disposition des pièces.

En attendant que Rafael se décide la jeune femme s’éloigna et revint prendre le sac qu’elle avait posé sur la table. Cette fois elle prit la précaution de ne pas déranger les chaises. Dans ce sac se trouvaient toutes sortes d’objets. Rafael devrait les sortir et le manipuler histoire de pouvoir les identifier avec précision. Cela avait pour but de lui faire reconnaître les différentes matières ce qui l’aiderait dans son quotidien. Revenue auprès de son patient, Violet resta plantée à côté de lui. Il aurait été trop facile pour elle d’aller s’assoir. Rafael n’aurait eu qu'à suivre son ouïe. Légèrement hésitante, l’ergothérapeute glissa son bras sous celui de son patient. « Allez-y, guidez nous jusqu’au canapé. » dit-elle en masquant sa gêne. Violet faisait souvent ça, parfois elle prenait la main de ses malades et leur faisait faire différentes trajectoires, des cercles, des lignes droites, cela aidait à s’approprier les espaces. Allez savoir pourquoi elle se sentait si mal à l’aise…

 

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MessageSujet: Re: The truth behind the mask (morienster)   Mer 13 Sep - 0:09

Sa respiration, au loin, est agitée. Je l’entends, comme un souffle d’air frais, je l’entends, comme un phare dans mon obscurité, je l’entends comme un sifflement incessant venu me torturer. Le temps est-il passé si vite, le temps s’est-il joué à ce point de moi pour qu’il se soit glissé entre mes doigts sans que je n’y prenne garde ? Ma voix a claqué, faites la venir et la voici. Dans la même pièce, dérangeant mon mobilier, faisant preuve d’une maladresse exaspérante et affligeante, et la voici, rompant mon silence et ma sérénité par sa respiration bien trop sonore, bien trop hypnotisante, bien trop insistante. Elle s’immisce dans mon territoire, se glisse dans ma vie sans que je ne parvienne à l’en empêcher. Obligatoire, souhaitée par le Gouvernement, ce sont mes supérieurs qui exigent sa présence, ce sont mes quelques excès d’humilité qui ont réclamé sa venue, c’est mon orgueil qui n’a pas réussi à s’imposer suffisamment pour refuser qu’elle poursuive son œuvre jusque dans ma propre demeure. Sa présence, ses conseils, son calme et sa patience ont un don certain pour m’apaiser. Sa seule existence m’irrite, m’exaspère, me sort de l’apathie dans laquelle ma cécité aurait pu me faire sombrer. Et plus que tout, pire que tout, cette Forester accomplit à chaque séance le miracle non seulement de me tenir tête avec respect et mesure, mais également de m’offrir, doucement, lentement mais avec inéluctabilité, une nouvelle perception de mes capacités, de mes sens. Elle parvient, sans que je ne veuille vraiment l’admettre, sans que je ne parvienne à concevoir comment, à éloigner les ténèbres. A éclaircir l’obscurité. A me faire percevoir dans tout ce qui m’entoure une nouvelle dimension, une nouvelle perspective. Du toucher. Du goût. De l’odorat.

Et de l’ouïe. Entrée remarquée, respiration bruyante, ma voix se faire sarcasme et moquerie, dans cette élocution lente et soignée, acerbe et blessante qui me caractérise. Sa joie de vivre, son enthousiasme, la volonté qu’elle a insufflée dans ses mots, une part de moi prendre plaisir à moucher tout cela. L’autre regrette de me voir incapable d’y répondre sur le même ton. Sarcasme, moquerie et taquinerie, je me permets l’ombre d’un sourire, quelques pas dans sa direction, loin, si loin et pourtant si proche de la sécurité de la rampe d’escalier comme point de repère. « Désolée je n’ai pas fait exprès. » Le ton de sa voix me semble éloquent, la nuance de ses propos, les émotions si innocentes, si pures, si candides qui en transparaissent m’atteignent et je n’ai guère besoin de mes yeux pour l’imaginer laisser l’ensemble de son langage corporel s’excuser. Mes lèvres s’entrouvrent et… se referment. Se referment sans un mot, sans parler. Et bien, la prochaine fois, tentez donc de faire exprès de ne pas la faire, cela me sera particulièrement agréable, ma réponse reste silencieuse, retenue par une hésitation. Son émotion, sa voix, sa contrition, voilà qui me pousserait presque à ne pas m’attarder davantage sur le sujet.

Un sujet sur lequel je ne m’attarde, effectivement, pas. L’intimité du lieu faiblit au fur et à mesure que mon ouïe ne s’oriente que dans une seule direction : la sienne. J’entends son souffle. Ses poumons qui s’emplissent d’oxygène, son cœur qui rythme le sang de son corps, l’air qui expire de sa cage thoracique. J’entends, j’entends tout cela, j’en viens presque à oublier que je suis aveugle au reste de mon environnement tant l’ouïe prend le pas sur le reste. Cette femme, cette jeune femme, ce médecin a cet effet-là, un effet que je ne comprends pas et qui, pire que tout, m’effraie au plus haut point lorsque j’ai le courage de m’y attarder davantage que l’ombre d’une pensée. Comme à cet instant, cet instant qui se conclut par quelques mots, pour briser le silence, ne plus l’entendre respirer. Mais, éventuellement, me raccrocher à sa voix. « Non je suis à l’heure. Il est 10h32 Rafael. Si vous voulez la prochaine fois nous pourrons décaler le rendez-vous. » Un mouvement de main, un tic agacé aux lèvres, ma désapprobation se lit sur mon visage avant même que je ne prenne la peine de la verbaliser. « Cessez avec cette complaisance. Nous ne décalerons rien, je veillerai à être plus attentif. » Reproches envers moi-même, reproches envers elle-même, reproches envers une affaire déjà classée puisqu’elle m’a vue être désigné coupable. Pas plus que je n’apprécie m’attarder sur l’impact que peuvent avoir les émotions de Violet sur les miennes, il ne me plaît guère contempler mes échecs et mes torts. Aussi, la question qui suit n’a-t-elle, à mes yeux vides de toute vie, que le but d’éloigner davantage de nous ce sujet de conversation aux allures orageuses et nous déporter sur un terrain bien différent, envers lequel je ne porte qu’un intérêt des plus relatifs.

C’est du moins ce que je me plais à me répéter, alors que d’un pas hésitant, je raccourcis davantage encore la distance qui nous sépare, sans oser pour autant trop m’éloigner de mon unique point de repère physique. Mon salon est vaste, les espaces vierges de tous supports et de tous points de repère le sont encore plus. « Je… Je vais bien merci. La plupart de mes patients sont en bonne voie, ça me fait chaud au cœur vous savez. Enfin bon, commençons. » Un froncement de sourcil, je m’immobilise, m’offre le droit de pencher la tête sur le côté, comme dans un mouvement interrogatif, une recherche futile de trouver son visage dans le noir absolu. « La plupart, pas tous. Il semble évident que je sois l’un de vos mauvais élèves. » Evident. Voulu ? Certainement pas. Prévisible ? Assurément. Je me sais sur la défensive, je me sais buté, je me sais peu réceptif à ce qu’elle tente de me dire, la plupart de ses propos heurtant mon orgueil, sans que je ne puisse passer outre l’affront, sans que je ne parvienne à me convaincre qu’il n’y a nulle honte à apprendre et à ne plus savoir, tout de suite, comment atteindre l’excellence. L’échec m’écœure, l’incompétence me débecte, quant à la débilité des esprits, voilà qui n’attire de ma part que le plus profond des mépris : être moi-même porteur de ces trois afflictions m’est insupportable.

« Bon Rafael voyons voir si vous avez réussi à vous approprier l’espace et si vous arrivez à vous situer. Allez-vous asseoir sur le canapé je vais chercher mon matériel. » Et cette séance n’y fera pas exception. Sa respiration a repris ses droits, attire à nouveau mon oreille, me pousse à aller plus loin et à écouter, à nouveau, les battements de son cœur. Tambour lointain, tambour allié, repère auditif. S’approprier l’espace. Mon visage se ferme, se crispe, dévoile l’inadmissible : c’est un échec qui se profile, c’est un échec supplémentaire. Mon immobilité est un aveu, mon silence une confession. Le canapé, comment puis-je ne serait-ce que le situer, quand il me semble désormais évident que j’ai perdu le compte du nombre de pas faits depuis l’escalier, quand il me semble désormais évident qu’autour de moi ne se trouve qu’une respiration, calme et posée, et un espace immense, vide et vaste, dont je viens de prendre à nouveau conscience et dont la profondeur m’abasourdi de vertige ? Dans ma poitrine, mon cœur s’emballe. Je suis à l’oreille le déplacement de Violet à défaut de pouvoir esquisser le moindre geste. Le moindre mouvement. Ses mouvements. Qui se rapprochent, comme pour constater cet échec, encore un échec. Un geste.

Son bras se glisse sous le mien. Un tressaillement que je ne peux retenir. Un réflexe premier de frapper, agresser, repousser. De me recroqueviller. Le loup gémit en mon sein, l’homme apeuré par la nuit reste tétanisé. Le Seigneur, lui, lutte et reste droit. Une respiration rapide au bord des lèvres. Une gorge sèche. Je suis incapable d’ignorer la pertinence de l’exercice, mais je suis incapable également d’ignorer la portée d’une telle humiliation. « Allez-y, guidez-nous jusqu’au canapé. » Ma main vient chercher son bras pour le retenir. Pour ancrer sa présence auprès de moi. Comme un appui. Et ma voix claque. « Disparaissez. ». Acide. Coupante. Glaciale. Etranglée. Vibrante d’une tension née de l’effort fait pour ne pas céder à la panique et à la violence qui l’accompagne. La précède. L’épouse. « Disparaissez, disparaissez de ma v… »

J’entends la porte claquer, j’entends le garde du corps qui nous observait, qui devait nous observer s’éloigner, s’adosser contre le mur sans oser répliquer le moindre mot. L’humiliation est complète. Ma sérénité inexistante. Et mon échec, lui, est visible dans mes ténèbres comme un feu vif et aveuglant. Aveuglant. « Je ne peux vous guider. Votre exercice ridicule se solde par un nouvel échec, j’imagine que vous vous délectez de mon incompétence et plus encore de mes défaites. » J’en doute, mes mots ne sont que des protections, que des boucliers dressés dans un mouvement désespéré. Les mois avancent, seule mon éducation, ma volonté et ma suffisance me maintiennent à distance de la panique la plus pure. Les mois avancent, les progrès sont minimes. Et l’épuisement, lui, se fait grandissant. « Je suis incapable de… » Incapable. « Tout cela ne sert à rien, Forester, tous vos efforts avec moi sont inutiles. » Un rictus. Je me rends compte qu’un peu plus tôt je taisais une nouvelle agression, et qu’à présent, ce sont des aveux que mes lèvres prononcent quand d’ordinaire c’eut été les insultes qui auraient été prononcées pour mieux vouer au silence et à l’oubli ma vulnérabilité. « La pièce est trop vaste. L’écho est trop diffus, trop dense. Je n’entends que votre cœur qui bat dans votre poitrine, que votre respiration incessante. Je n’arrive pas à faire abstraction de votre présence. » Et de ce fait, je n’arrive pas à me concentrer sur le reste. « Car si je le fais, si j’arrive à ne plus vous entendre, alors je serais seul, seul dans cette pièce, seul avec mes démons… » Ma voix oscille, se fragilise. S’emporte en réponse à cette faiblesse que j’expose. « Seul et toujours incapable de trouver ce foutu élément de mobilier. »

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MessageSujet: Re: The truth behind the mask (morienster)   Jeu 14 Sep - 8:23

The truth behind the mask
Rafael&Violet
Sûrement vexé, Rafael ordonna à son ergothérapeute de « cessez sa complaisance ». Violet aurait aimé lui rétorquer que cela n’était pas possible, que c’était quelque chose de naturel chez elle. Pourtant la jeune femme se contenta d’un silence. Il était inutile d’irriter encore plus le maître des lieux. Elle ne savait pas d’où lui venait cette fâcheuse habitude, cette manie insupportable de tout prendre mal  et au pied de la lettre. L’orgueil de Rafael était si grand que la jeune femme avait l’impression de le sentir se pencher au dessus de sa tête. Finalement elle balaya le monstre en secouant légèrement la tête. Inutile de prendre les choses personnellement quand elle avait l’impression que l’italien en voulait au monde entier. La preuve lorsqu’une fois de plus, alors que Violet s’était approché de lui, il balança l’une de ces remarques acerbes. La jeune femme se demanda soudain s’il ne les avait pas apprise par cœur, notées dans un coin de son esprit si complexe, si torturé. Une fois de plus la mexicaine leva les yeux au ciel, pourtant un léger sourire lui courbait les lèvres. Rafael était-il un mauvais élève ? Non. Il était le pire de tous. Le plus buté de tous. Violet pensait déjà en avoir vu de toutes les couleurs, surtout avec les vieillards qui pensaient avoir la science infuse et qui lui donnaient souvent du fil à retordre. Mais Rafael les avait terrassés dès les premières heures de sa rééducation. Elle l’imagina sur la première place d’un podium, râlant en recevant son prix qui n’aurait sûrement pas été égal à sa personne. Violet reprit ses esprits, l’air rieur. « Rafael vous êtes un mauvais élève car vous voulez l’être. Vous êtes intelligent, si vous acceptiez votre état et mon aide sans broncher vous pourriez vous classer parmi les meilleurs vous savez. » la vérité. La stricte vérité. Elle était aussi simple que ça. N’était-ce pas plus facile de se laisser aller dans le sens du courant plutôt que de lutter jusqu’à épuisement pour aller dans le sens contraire ? Quand Rafael le comprendrait-il ? D’ailleurs le comprendrait-il seulement un jour ? Telle était la question. En attendant Violet faisait de son mieux pour faire son travail sans que ses nerfs ne lâchent. Sa patience était au moins aussi grande que sa maladresse.

Lorsqu’elle revint finalement vers son patient, Violet constata qu’il n’avait pas bougé, il n’avait même pas essayé quoique ce soit. Son bras accroché, elle fut presque surprise de voir Rafael s’accrocher à ce dernier. Mais lorsqu’il lui ordonna de disparaître d’une voix aussi froide que du marbre, la jeune femme parut surprise. Elle commençait à en avoir marre. Elle n’était pas une esclave à qui on parle comme on veut. Après tout n’était-elle pas là uniquement dans le but de l’aider ? Alors que ses sourcils se fronçaient au dessus de ses yeux bleus, l’ergothérapeute capta le garde du corps présent dans la pièce. Elle était tellement concentrée sur Rafael qu’elle ne l’avait même pas remarqué, elle qui pourtant voyait contrairement à son hôte. Alors que l’homme s’éloignait, la jeune femme indiqua à son patient le premier exercice de la séance. Elle n’avait jamais pensé que Rafael obtempèrerait du premier coup, cela aurait été bien naïf de sa part, néanmoins la réaction fut légèrement brutale et inattendue.  Bien que les mots prononcés ne soient pas les plus encourageants ni même les plus tendres, Violet ne put passer à côté de la détresse qui émanait de son patient. Cette détresse elle la connaissait parfaitement, elle la côtoyait presque tous les jours. Seulement elle n’aurait jamais pensé Rafael capable d’avouer –même d’une manière voilée- qu’il avait peur, qu’il perdait espoir. Pourtant elle n’aurait jamais imaginé non plus qu’il s’avoue vaincu si vite. Alors après quelques secondes de silence et de réflexion, Violet tira doucement sur son bras pour se détacher du brun. « Bien. » elle se plaça en face de son hôte et lui pris les deux mains. Elle était petite par rapport à lui et même s’il ne pouvait pas la voir, Violet planta ses deux saphirs dans le regard de néant de son patient.

« Dites donc Morienval, vous êtes entrain de me dire que vous n’allez même pas essayer ? Je vous pensais plus courageux, je suis un peu déçue, je dois l’avouer. Nous sommes au moins d’accord sur une chose, mes efforts sont inutiles si vous n’en faites pas. Alors maintenant reprenez vous, je suis là vous n’êtes pas seul. » sermonna-t-elle  d’un ton qui gardait pourtant une certaine douceur.

Il était certain que Violet Forester ne comptait pas se faire marcher dessus par Rafael Morienval. Elle se battrait donc à armes égales, n’hésitant pas à l’appeler par son nom de famille au même titre que lui. Ses grands airs ne lui faisaient pas peur. Elle pouvait être facilement intimidée par la grandeur des lieux, par la richesse du mobilier, mais lorsqu’il s’agissait de son travail Violet était implacable. Riches, pauvres, Violet avait aidé beaucoup de gens, et l’italien n’échapperait sûrement pas à cette règle, qu’il le veuille ou non. La jeune femme s’était déplacé, pour lui, pour l’aider, elle ne pouvait accepter qu’il jette l’éponge si aisément.

« Allons Rafael, vous êtes descendu des escaliers, vous m’avez entendu retourner près de la table pour récupérer mon sac. Si vous avez été attentif aux battements de mon cœur comme vous dites, vous pourriez au moins essayer de vous situer. Chaque détails compte, allez y. On échoue seulement lorsqu’on arrête d’essayer. »

Sur ces mots Violet lâcha les mains de son patient et revint glisser son bras sous le sien. Elle était déterminée à obtenir un résultat. Rafael ne faisait pas ce qu’il voulait ou non, pas quand elle était présente. Autrement il ne se ferait jamais à sa cécité. Autrement les démons qui le hantaient prendraient le dessus et ce dernier se laisserait envahir. Violet le sentait. Elle sentait aussi qu’avec cet homme là il ne fallait pas se laisser faire sinon il vous écrasait aussi facilement qu’une insignifiante fourmi. Alors la jeune femme passa outre sa gêne précédente, outre l’intimidation que Rafael lui inspirait parfois et elle attendit calmement qu’il se décide à agir. Elle avait fait exprès de légèrement mettre à mal son orgueil pour le pousser à réagir. Il ne lui restait plus qu’à espérer que sa stratégie fonctionne et que personne d’autre ne viendrait troubler son hôte et ainsi lui faire perdre ses repères fragiles.


 

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MessageSujet: Re: The truth behind the mask (morienster)   Lun 25 Sep - 0:13

Sa respiration me guide, m’obnubile. Me fascine. M’hypnotise. M’angoisse. M’aveugle. C’est une lumière resplendissante qu’elle oriente dans ma direction, c’est un phare fixé sur moi, me rendant insensible à toutes mes autres perceptions. Sa respiration m’obsède, ses mots m’agressent, ses insinuations sont autant d’humiliation que de moqueries, sont autant de provocation que de candeur. Une part de moi est convaincue que ses phrases ne sont à aucun moment prononcées dans le but de me heurter et pourtant mon orgueil est incapable de passer outre. Le noir absolu me rappelle mon handicap, ses reproches me forcent à le regarder dans les yeux, lui et mon absence de progrès directement liée à mon incapacité à baisser mes défenses, à accepter d’apprendre et surtout échouer. L’échec, je ne le tolère pas dans mon entourage, je ne le tolère encore moins lorsque j’en suis le principal acteur. Et pourtant, pourtant, perdu dans cette immensité, je n’ai d’yeux que pour lui. Que pour cet échec sans cesse confirmé. « Rafael vous êtes un mauvais élève car vous voulez l’être. Vous êtes intelligent, si vous acceptiez votre état et mon aide sans broncher vous pourriez vous classer parmi les meilleurs vous savez. » Un rictus, un rire amer, un ricanement poisseux de désillusion et de lucidité, voilà tout ce que je trouve à répondre à tout cela. Mauvais élève. Suis-je un élève ? Y-aura-t-il donc au terme de ces séances une évaluation sanctionnée par des coups de fouet et des coups de bâtons, par des bûchers et des chevalets ? Ou simplement quelques meubles savamment disposés sur mon chemin pour non seulement m’égarer mais également me rappeler à chaque choc contre mes jambes l’humiliation que je subis chaque jour ? Un rictus, un rire amer, à peine plus qu’un ricanement, voilà donc ma seule et unique réponse.

Et voilà une réponse qui se teinte un peu plus d’acidité lorsque la séance se poursuit. Lorsque Forester insiste et me rabaisse davantage encore par la simplicité de sa demande. Et mon incapacité à l’exaucer. Je suis égaré, égaré dans ma cécité, égaré dans mes ténèbres, égaré dans ma panique qui s’empare petit à petit de moi, qui se fait omniprésente, dominatrice, qui me tétanise et m’empêche de faire le moindre geste, le moindre pas, la moindre esquisse de mouvement dans une quelconque direction. Aller m’asseoir sur le canapé, ne serait-ce que parvenir à le localiser dans mon propre salon, dans mon propre environnement, voilà quelque chose qui m’est impossible. Il n’y a que sa respiration dans les ténèbres, il n’y a que le froissement de ses habits que les battements de son cœur, que son bras qui se glisse délicatement contre le mien, un bras auquel je m’accroche par réflexe pour ne pas me noyer, pour ne pas me laisser étouffer, suffoquer par cette terreur qui s’insinue dans mes veines. Une terreur que je commence par transformer en colère, dans un soubresaut d’orgueil, pour assister le spectateur de ma dégradation progressive, de cette humiliation écœurante. Il disparaît, ce garde du corps inconscient, il disparaît et le silence retombe, épargné par ses battements de cœur, envahit par ceux de Forester. J’entends la porte claquer, j’entends les pas s’éloigner, j’entends, je sens, je me laisse envelopper par la vie qui émane du médecin. Par son contact. Par mon échec. La guider jusqu’au canapé ? Ma voix se fatigue, ma voix se désespère, les aveux se précipitent entre mes lèvres sans signes avant-coureurs, sans rien de plus qu’une reconnaissance de mon incompétence. Avec de la volonté, je pourrais être le meilleur de ses élèves ? Foutaise. En perdant mes yeux, j’ai perdu ma dignité. En perdant mes yeux, j’ai perdu de ma superbe. En perdant mes yeux, j’ai perdu de mon humanité. Et en perdant tout cela… en perdant tout cela, c’est le Seigneur, blessé, mutilé, déchu, qui s’est égaré en lui-même.

Son bras se déloge, j’ai un mouvement craintif pour le retenir mais trop vite, il disparait dans l’obscurité, me laissant seul, seul avec ce battement de cœur si proche et si lointain, ce battement de cœur que je me sens incapable de rejoindre puisqu’il faudrait pour cela que j’effectue un pas, un simple pas, dans sa direction. Comment puis-je me déplacer avec autant d’aisance lorsque mon âme est sereine, et rester tétanisé d’effroi lorsqu’une tierce personne assiste à mes pas maladroits ? Mon orgueil est mon handicap, davantage que mes yeux, voilà une chose dont je commence à percevoir les contours. Sans parvenir à l’admettre. Son bras se déloge donc, sa voix, elle, accompagne une nouvelle fois sa respiration. « Bien. » Et trouve mes mains.

Mes doigts retrouvent les siens, je me surprends à apprécier ce contact, à apprécier ce soutien dans la mer d’encre qui menace à chaque instant de m’engloutir. Mon toucher se fait délicat, de peur de la briser, de peur de la perdre. Un toucher qui se durcit malgré tous dès ses premiers mots : « Dites donc Morienval, vous êtes en train de me dire que vous n’allez même pas essayer ? Je vous pensais plus courageux, je suis un peu déçue, je dois l’avouer. » « Plait-il ? » Ma voix est une menace, une menace piquée au vif par l’insulte, une menace qui m’extraie brutalement de ma panique pour me pousser à me redresser. « Nous sommes au moins d’accord sur une chose, mes efforts sont inutiles si vous n’en faites pas. Alors maintenant reprenez-vous, je suis là vous n’êtes pas seul. » Reprenez-vous ? Mon dos se redresse, mes épaules se dégagent, mes yeux vides se glacent. Mais à aucun instant, mes doigts ne resserrent leur prise sur ses poignets. « Allons Rafael, vous êtes descendu des escaliers, vous m’avez entendu retourner près de la table pour récupérer mon sac. Si vous avez été attentif aux battements de mon cœur comme vous dites, vous pourriez au moins essayer de vous situer. Chaque détails compte, allez-y. On échoue seulement lorsqu’on arrête d’essayer. » Ses mains m’échappent à nouveau, mais ses battements de cœur, loin de s’éloigner, se rapprochent pour retrouver mon bras. Ma respiration, elle, se fait contrôlée. Maîtrisée. Tenue d’une main de fer. Par ma volonté. Chaque détail compte. Mes paupières se ferment, comme pour mieux m’enfermer – mais cette fois volontairement – dans l’obscurité. Chaque détail compte. Ses battements de cœur. Son sac. Les escaliers, dans mon dos. Le vide devant moi. Un murmure se glisse hors de mes lèvres. Fragile comme une brise, délicat comme un soupir. « Mon orgueil est mon seul handicap. » Mon orgueil, ma fierté. Mes autres sens compensent, sont là pour compenser. Doivent être le pour compenser. Mes muscles se tendent pour décoller mes talons d’un sol rassurant. Ma respiration s’emballe.

L’hésitation. Le doute. Le doute angoissant me tétanise, encore. Je dois reprendre le contrôle. Et mon bras fuit le sien, pour que ma main trouve son épaule. Reprenne le contrôle. Maîtrise la situation. Domine. « Soit. » Essayons. « Vous avez raison. » Essayons Je ne marche pas. Je glisse, d’un pas prudent, dans une direction inconnue. Je tente, puisant dans de vieux souvenirs diffus, passant outre mon orgueil lacéré, de retrouver la configuration de ma propre villa. De mon propre mobilier. Choisi, dessiné, agencé par mes soins. Suis-je à ce point ridicule que même de cela, je ne puis me souvenir ? Quelques pas, ma panique reflue, je regagne en assurance, j’oublie, j’oublie même l’innommable pathétisme que doit revêtir ma main tendue. Je gagne en assurance. Serre les dents lorsque je heurte un angle trop bas pour être autre chose que celui d’une table basse bien trop mal disposée. Ma main libre se lève, intime le silence, invite à la concentration. Je contourne l’agresseur. Et puise dans la présence de Violet le soutien qu’il me faut. Je ne suis pas seul, en effet. Et malgré ma mauvaise volonté, je refuse que l’on me considère comme un lâche pour quelque raison que ce soit.

Bien trop vite, bien trop lentement, bien trop subitement, j’heurte quelque chose, me crispant instantanément. Je m’efforce de me détendre, de tâtonner jusqu’à caresser la surface rugueuse, pourtant reconnaissable, du canapé de cuir. Et sans que je ne le veuille, je me retrouve à esquisser l’ombre d’un sourire. Me surprend également à respirer plus librement. Et à chercher à aller au-delà de cette petite victoire. « Violet… la porte, se situe dans cette direction, n’est-ce pas ? » Ma main s’agite d’un côté, s’oriente à l’opposé, ou presque. « Et par ici se trouve l’escalier de ma mezzanine. ». Je ne demande qu’une confirmation. Mais cette confirmation me terrifie suffisamment pour que je tente de la dissiper en me calfeutrant derrière la distance que j’impose entre elle et moi. Je m’assieds sur le canapé dans un soupir, me prenant la tête entre les mains, passant ces dernières dans mes cheveux, les laissant revenir me pincer l’arête du nez. « Je n’ai jamais pensé manquer un jour de courage. Et je doute en manquer un jour. Mais s’il y a bien un défaut que je me reconnais sans sourciller, c’est bien celui de ne pas être capable d’affronter mes limites avec humilité. » Mes lèvres sèches s’humectent avant de reprendre. « Pensez-vous sincèrement que ce soit faire preuve de lâcheté que d’être effrayé par la possibilité… par la certitude d’un échec lorsqu’on en peut faire autrement que d’exiger de soi la perfection ? » Mes yeux s’orientent dans sa direction, la fixant sans la voir. « N’avez-vous crainte d’échouer avec moi ? Ou cela ne vous importe-t-il somme toute que très peu ? »


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MessageSujet: Re: The truth behind the mask (morienster)   Mer 27 Sep - 10:34

The truth behind the mask
Rafael&Violet
Le malaise de Violet fut vite balayé par sa concentration. Elle crut un instant que Rafael se transformerait en une tornade d’indignation pourtant il n’en fut rien. Il n’avait pas broyé ses doigts et maintenait le contact. Néanmoins, le maître de maison semblait piqué au vif. Les paroles provocatrices de l’ergothérapeute avaient atteint leur cible. Alors qu’il aurait pu rétorquer et l’affliger de paroles acerbes, Rafael resta relativement silencieux. La jeune femme s’était attendue à pire. Un fin sourire courba ses lèvres lorsqu’elle le vit se redresser. Avec ce patient singulier il fallait user d’audace. La provocation était facile. Jamais Violet ne se voulait blessante, elle tenait simplement à faire réagir. Cela semblait marcher. Tandis que son bras s’était replacé sous celui de son hôte, elle attendit patiemment de savoir si oui ou non, Rafael se déciderait à faire un effort. Un léger silence envahit la pièce pourtant Violet restait confiante. Elle ne sut pas si le volcan d’orgueil s’apprêtait à entrer en irruption ou si ses mots avaient eut un impact. Finalement la langue se délia, un léger murmure que la jeune femme comprit à peine. Elle se pinça les lèvres, étonnée de la franchise soudaine de son patient. Violet aurait pu le dire à la seconde même où elle avait croisé l’italien. Pourtant elle n’osa pas confirmer ses propos. Il était inutile d’enfoncer le couteau dans la plaie encore béante. Elle ne doutait pas que cet aveu avait dû demander un effort considérable.

Après quelques secondes qui parurent éternité, Rafael rompit le contact. Il allait la faire déguerpir, c’était certain. Violet eut une drôle de sensation mais la jeune femme se calma aussitôt. La main de son patient venait de finir sa course sur son épaule. Et plus incroyable encore, l’italien coopéra, avouant qu'elle disait vrai. Pour une raison qu’elle ignorait, le visage de Violet s’illumina un peu trop. Est-ce que les choses anodines pour d’autres patients devenaient plus appréciables lorsqu’elles venaient de Rafael ? Secouant légèrement la tête, l’ergothérapeute murmura « alors allons-y.» avant que Rafael ne se mette en mouvement. Violet se laissa donc guider à travers la vaste pièce, ravie de constater que son patient empruntait la bonne direction. Son visage fondit en une grimace lorsque l’italien heurta la table basse. Elle garda le silence, sachant que la moindre remarque pourrait tout gâcher. Finalement après un parcours laborieux, la destination finale fut atteinte. La mexicaine sembla ravie, certaine depuis le début que Rafael y parviendrait elle le regarda tâtonner le canapé fièrement. Les interrogations de son patient la laissèrent un instant interdite. Violet fut étonnée de voir que, non seulement l’italien avait sut trouver son chemin mais semblait désormais parfaitement capable de se situer dans l’espace. Elle hocha la tête bien que Rafael ne put la voir. « Oui c’est ça, vous vous êtes parfaitement repéré vous voyez. » dit-elle en souriant de nouveau.

L’instant utopique fut bientôt perturbé par des aveux bien trop sincères pour ne pas surprendre Violet. Son sourire disparut, elle prit place à côté de l’homme dans la tourmente.  Elle hésita un instant puis se décida à apposer une main compatissante dans le dos du maître des lieux.  Ce n’était pas la première fois que l’un de ses patients se laissait envahir par ce genre de pensées. Néanmoins Violet n’aurait jamais pensé que Rafael s’ouvre à elle comme il venait de le faire. Se pourrait-il qu’un homme emprunt aux sentiments se cache derrière cette carapace d’orgueil ? Violet fit la moue. Bien qu’il ne pût la voir, elle fixa ses pupilles sur les siennes.

« Vous êtes trop exigeant avec vous-même Rafael. C’est normal d’être effrayé. En revanche c’est lâche d’abandonner. Et je suis fière de vous parce qu’aujourd’hui vous avez réussi. » elle se pinça les lèvres, cherchant comment répondre à la question. Plusieurs fois l’idée d’abandonner et de confier la rééducation de Rafael à un de ses comparses l’avait effleurée mais sa détermination était bien plus forte que ça. Elle n’avait pas lâché l’italien car au fond elle le savait capable. « Non je n’ai pas peur d’échouer avec vous. Je sais de quoi vous êtes capable, je le sens. Mais je sais aussi que vous êtes une vraie tête de mule ! Pas de chance parce que moi aussi. Alors si vous pensez que je vais arrêter de vous enquiquiner c’est raté. Je vous ai dit que vous n’étiez pas seul. » le rassura-t-elle en retirant la main amicale posée dans son dos.

Bien que Rafael s’avéra capable d’éprouver des sentiments, Violet restait sur ses gardes. Elle ne savait jamais quand le masque d’homme exécrable referait surface. Se prendre les foudres de l’italien après de tels aveux aurait brisé l’image nouvelle qu’elle se faisait de lui. Elle se demanda un instant lesquels de ces deux hommes étaient le véritable Rafael Morienval. Puis la jeune femme se souvint qu’elle n’était pas là pour une visite de courtoisie. Elle avait des horaires à respecter et sûrement que son hôte avait d’autres choses à faire. Elle se munit de son sac bandoulière posé près d’elle et le posa sur ses genoux. « Bon, continuons sur cette lancée si vous voulez bien. J’ai un sac sur mes genoux. A l’intérieur il y a plusieurs objets, des objets du quotidien. Il va falloir vous concentrer sur la matière, la forme pour deviner ce que vous avez entre les mains. » dit-elle tandis qu’elle défaisait la fermeture du sac en question. Violet tenait à rester professionnelle, il ne fallait pas qu’elle se laisse le temps de penser. Elle se maudissait d’agir ainsi en présence de Rafael. Elle se maudissait de se sentir étrangement touchée par ses doutes… Plus qu’elle n’aurait dû l’être en tout cas.


 

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MessageSujet: Re: The truth behind the mask (morienster)   Dim 8 Oct - 11:13

Vous avez raison. Trois mots, cinq syllabes. Et pourtant un aveu plus que douloureux. Une concession. Ses paroles, violentes par bien des aspects, ont frappé au défaut de ma cuirasse, dans un orgueil à vif, sans pour autant planter trop profondément le couteau dans la chair. Une frappe chirurgicale, une frappe parfaite, un électrochoc, ce qu’il fallait, tout juste ce qu’il fallait pour que je me redresse, pour que je comprenne à quel point mon comportement est non seulement stérile mais surtout mon pire ennemi. Mon orgueil est mon seul handicap, mon orgueil est actuellement davantage acteur de ma cécité que cet acide nitrique qui a rongé, détruit, consumé ma cornée. Mon orgueil est ce qui me paralyse, ce qui me tétanise, ce qui me fige et me perd dans un même temps. Mon orgueil est ce qui me pousse à agresser, à rudoyer sans vergogne. « alors allons-y.»

Mon orgueil est mon handicap, et mon humiliation. Comparable, sans nul doute, à celle qui s’abat sur moi lorsque je heurte un coin de table. Un silence, je m’entends remercier - et non simplement me satisfaire - le silence et la distance respectueuse qu’observe la jeune femme, comme pour mieux m’aider à tenir en laisse ce qui me paralyse, à mater l’espace de quelques heures ce qui me freine avec autant d’efficacité. Le temps s’effiloche, s’accélère, ralentit, ma respiration ne reprend réellement que lorsque mes doigts effleurent finalement un dossier, une matière, l’objectif visé. Un sourire menace d’éclore sur mes lèvres, de la satisfaction simple rendue amère par mon ego. Un sourire que je réprime, préférant de loin mon concentrer sur la suite. Je n’exige jamais de moi autre chose que la perfection, autre chose que le mieux, le meilleur et plus encore que cela. Mon comportement ne le montre certes pas de prime abord, mais j’exècre la médiocrité, et je l’exècre davantage encore lorsque je me révèle être la principale source, lorsqu’elle suinte de mon être comme un torrent de vices charriés par tout autant d’insuffisance. Et le silence de Violet apaise mes plaies, me permet d’endiguer ce flot d’insatisfaction. Me permet de reprendre le contrôle, en allant plus loin que l’exercice demandé. L’escalier se situe dans mon esprit, la déduction m’impose la porte. Quant à la baie vitrée, j’en viens à sentir son ombre glacée dans ma nuque. « Oui c’est ça, vous vous êtes parfaitement repéré vous voyez. » Un tic déforme mes lèvres, j’articule sans réfléchir un ricanement. « Et bien justement, je ne vois pas... » Un ricanement étonnamment dénué de sécheresse et d’agressivité, comme temporisé par ce soulagement qui se répand dans mes veines.

Des progrès, je peux en faire, je peux accepter d’en faire. Effectivement. Mais inévitablement, ils seront insuffisants à mes yeux, ils le sont déjà. Inévitablement, également, ils seront bien trop lents, bien trop misérables, bien trop… bien trop médiocres à mes yeux pour que je conçoive ne serait-ce que de les laisser exister l’espace d’une poignée de seconde. Ne craint-elle pas d’échouer, ne craint-elle pas l’échec ? Que ce soit avec un homme comme moi ou d’autres, l’échec est inévitable lorsqu’on accepte ne serait-ce que de trébucher une seule fois.

Un mouvement, le sofa s’affaisse d’un côté, si peu mais pourtant suffisamment pour que je le perçoive, mon dos se crispe lorsque sa main m’effleure, je suis las de chercher à fuir le contact et me contente de le tolérer pour le moment. « Vous êtes trop exigeant avec vous-même Rafael. C’est normal d’être effrayé. En revanche c’est lâche d’abandonner. Et je suis fière de vous parce qu’aujourd’hui vous avez réussi. » Un rictus déforme mon visage, morcelle mon indifférence, s’accapare mes émotions pour les mettre en relief, sans que je ne parvienne à les démêler, sans que je ne parvienne à les classer pour mieux les étouffer. Trop exigeant : « Quiconque ne cherche l’excellence n’est voué qu’à l’oubli et la médiocrité. » Mes lèvres se font l’écho de mon aïeul, dans une philosophie de vie que j’ai fait mienne par la force des choses. Une philosophie dont il était la principale source d’opprobre, bien évidemment et que j’ai choisi voilà des siècles de cela de rendre indissociable de mes actions. Mes choix, mes idées, mes décisions sont peut-être discutables, je les sais toutes, presque toute, en accord avec mes convictions. Et l’échec, cet échec cuisant que j’entends évitant coûte que coûte, n’en fait pas partie.  « Quiconque ne cherche l’excellence n’est voué qu’à l’oubli et la médiocrité. », voilà donc ce que je peux répondre à sa remarque sur l’exigence que je m’impose. Quant à la fierté qu’elle évoque… je me garde bien de la commenter.

La fierté, associée à mon identité, n’est qu’un vestige, qu’une illusion, qu’un nouveau spectre de ce qui n’a jamais été. De ce qui n’est plus depuis des années. La seule fierté qui puisse subsister, c’est celle que je porte, c’est celle qui me maintient le dos droit, celle qui habite et imprègne chacun de mes muscles, celle qui empeste l’arrogance, la suffisance et l’orgueil, celle viciée par une culpabilité que je suis trop lâche pour regarder dans les yeux. Bien trop lâche. L’incohérence de mes propos m’arrachent à nouveau l’ombre d’un rictus, tandis que c’est à mes pensées que m’arrache à nouveau Forester et répondant à ma question. N’a-t-elle donc aucune crainte d’échouer avec moi pour mettre autant d’enthousiasme en toute chose ? « Non je n’ai pas peur d’échouer avec vous. Je sais de quoi vous êtes capable, je le sens. Mais je sais aussi que vous êtes une vraie tête de mule ! Pas de chance parce que moi aussi. Alors si vous pensez que je vais arrêter de vous enquiquiner c’est raté. Je vous ai dit que vous n’étiez pas seul. » Sa main disparait, se rappelle à mon souvenir, creuse un manque qui me pousse à la chercher, à nouveau, dans ces ténèbres qui m’entourent. « Vous êtes une femme étrange, Violet. » Et étrange, elle l’est avec certitude, pour se permettre autant de familiarité avec moi tout en s’astreignant à un respect suffisant pour ne pas attiser ma colère. Nous sommes deux funambules, elle en équilibre sur le fil de mon orgueil ; mes pas se portant eux sur une faille imperceptible entre folie et cruauté.

Des mouvements, je subodore dans un soupir qu’elle s’apprête à poursuivre. Froissement de tissu, bruits d’objet, c’est un sac qu’elle vient de poser sur ses genoux, j’en ai la certitude. Un panel d’informations est disposé devant moi, seule la vue manque à l’appel. « Bon, continuons sur cette lancée si vous voulez bien. J’ai un sac sur mes genoux. A l’intérieur il y a plusieurs objets, des objets du quotidien. Il va falloir vous concentrer sur la matière, la forme pour deviner ce que vous avez entre les mains. » Un froncement de sourcil, un froncement éloquent, ma main vient chercher l’épaule de la médecin, glisser le long de son bras. Dans un toucher délicat, un effleurement qui s’attarde sur sa main, sur ses doigts, avant de trouver le sac mentionné. « Avez-vous conscience que la plupart des objets de votre quotidien sont étrangers au mien ? » Me sens-je obligé de préciser, alors que ma main hésite, s’enfonce dans le sac et cueille le premier contact qu’elle rencontre, s’abime à ses angles, le sort pour l’observer avec l’aide de mon autre main. L’objet, solide à n’en pas douter, n’évoque rien à mon souvenir. « Vous échouerez avec moi, Violet. » Mon regard est fixe, en direction d’un mur, en direction de ténèbres mais certainement pas dans la direction de sa respiration. « Il n’y a aucune fierté à éprouver, vous savez. C’est une montre n’est-ce pas ? » Un tic-tac est oppressant, mais je suis incapable de me rendre compte si c’est réellement l’objet que je tiens entre mes mains qui en est à l’origine ou si le responsable est autre, caché dans le sac. Mes doigts le délaissent quoiqu’il en soit, partent en quête d’une nouvelle énigme. Prennent à parti cet instant pour laisser mes pensées continuer à discourir librement. « Veuillez me pardonner pour mon excès d’indifférence et de mauvaise humeur, ce matin. Savez-vous que les heures qui succèdent directement à l’aube sont les plus sereines qu’il soit ? L’atmosphère est dénuée de parasite, mes repères me semblent naturels… votre arrivée impromptue m’a véritablement dérangé. C’est un livre et ceci est un peigne. » Ma franchise est coupante, je la tempère par ce que j’espère être une voix véritablement douce. Il y a quelque chose en elle qui me retient de la briser, de la blesser comme je pourrais le faire sans hésitation pour d’autre. Il y a quelque chose chez cette femme de fascinant. De déstabilisant. Elle sait me sortir de mes armures sans me forcer à contrattaquer, elle reste polie, distante mais dans un même temps, elle sait s’immiscer à proximité de moi sans que je ne sache comment la faire fuir. Sans même que je n’en ai l’envie. Vous n’êtes pas seul. D’un mouvement fluide, je repose les objets et me lève. M’orientant de manière à lui faire face. Mes repères, je les perds si facilement que c’en est angoissant. Mais lorsque je les retrouve, lorsque je sais où fixer mon attention… Je souffle. Lentement. Tends la main dans sa direction, sans réellement savoir au-devant de quelle décision je vais. « Reconnaître de menus objets n’est guère un problème, d’autres sens complètent la vue. Ce sont les grands espaces qui me déstabilisent. Savez-vous danser, Violet ? »

En voilà une idée des plus saugrenues. Mais voilà également ce que me propose mon instinct, voilà également ce que me propose une impulsion inattendue que le loup me conseille de suivre, curieux de voir où cela nous mènera.


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MessageSujet: Re: The truth behind the mask (morienster)   Mar 10 Oct - 13:19

The truth behind the mask
Rafael&Violet
Bien trop gênée par la bourde qu’elle venait de faire, Violet se pinça les lèvres. Sa gêne s’en alla bien vite lorsqu’elle entendit Rafael ricaner. Ce n’était pas l’un de ces rires tinté de méchanceté, un de ces rires railleur que la jeune femme haïssait. Ses muscles avaient donc fini par se détendre. Doucement Violet prit place à côté de son patient. Sa main délicatement posée sur le dos de ce dernier, la jeune femme se surprit à faire la moue. Elle ne savait presque rien de cet homme ni de son passé. Néanmoins en l’entendant parler elle devinait en ses propos une éducation sévère, une course à l’exigence. Elle imagina un instant des parents stricts, attendant de leur garçon l’excellence lorsque ce dernier aurait dû s’amuser, profiter des années d’innocence qu’il lui restait. « Rafael je ne sais pas ce qui vous rend si catégorique mais ça m’épate. La recherche de l’excellence peut aussi vous faire passer à côté de beaucoup de choses vous savez. Mais ce n’est pas le sujet… » finit-elle par dire en secouant doucement la tête. Violet, éternelle optimiste, ne voyait pas les choses sous le même angle que son hôte. La perfection n’existait pas à ses yeux et dans un monde chaotique comme le leur, profiter de chaque parcelle de bonheur était primordial. Passer sa vie à chasser une illusion d’excellence n’était qu’une perte de temps pour l’ergothérapeute. Le risque de passer à côté de son existence était bien trop grand et la vie bien trop courte.

La main amicale quitta le dos de Rafael pour venir se saisir de son sac. La réponse de l’italien arracha un drôle de sourire à l’ergothérapeute. C’était bien la première fois qu’on la qualifiait d’étrange. Le plus étonnant dans tout ceci fut que Violet le prit presque comme un compliment. « J’espère alors que pour vous être étrange est une bonne chose. » dit-elle en masquant tant bien que mal son amusement. Violet finit par reprendre son sérieux en présentant l’exercice du jour. Pour une personne lambda, cela servait à distinguer les objets du quotidien lorsqu’on devait fouiller dans son sac pour se saisir de son portefeuille, de ses clés ou autre. Pourtant immédiatement Rafael interpella l’ergothérapeute qui commença à craindre le pire. Sans qu’elle ne s’en rende compte ses sourcils se froncèrent légèrement. Puis un frisson courut le long de son dos lorsque la main de Rafael rencontra son épaule. La mexicaine, pour la première fois depuis qu’elle exerçait, se sentit légèrement gênée. Elle espéra de toutes ses forces que son patient ne remarque rien puis se concentra sur ce qu’il faisait. Elle finit par reprendre ses esprits et répondit à la remarque précédente « Rafael n’abusez pas, je suis sûre que vous utilisez la plupart de ces objets. » Rien n’était moins sûr. Violet ne pouvait se douter que l’homme assis à ses côtés avait traversé les époques, foulé la Terre durant des siècles.

L’exercice se poursuivit. Violet qui pensait la discussion précédente close s’étonna lorsque Rafael affirma qu’elle échouerait en s’occupant de lui. Ses paupières clignèrent rapidement sous la surprise. Il avait semblé si sûr en disant ces mots. Une fois de plus il venait de lui clouer le bec. Cela prit quelques secondes pour que Violet trouve de quoi répondre. « Vous avez cette étrange manie de passer du coq à l’âne comme si de rien était. Je n’échouerais pas, je ferais mon maximum pour vous aider. Et oui, c’est bien une montre. » annonça-t-elle dans un haussement d’épaule. L’agacement était largement perceptible dans le timbre de sa voix. La jeune femme n’avait pas été agressive, on aurait plutôt dit une grande enfant boudeuse. Que Rafael remette ses capacités en doute la vexait, elle n’aurait pas voulu qu’il le devine pourtant elle sut qu’il était sûrement trop tard. Alors que ses doigts se crispèrent autour du sac, Violet faillit le lâcher lorsque Rafael reprit la parole. Les traits de son visage s’adoucirent. Décidément cet homme était un véritable ascenseur émotionnel. Tantôt l’ergothérapeute avait envie de le secouer pour qu’il cesse de dire des âneries, tantôt elle avait envie de le prendre dans ses bras et de le serrer fort contre elle. La sincérité soudaine dont il venait de faire preuve la laissa une nouvelle fois sans voix mais pas pour les mêmes raisons. Rafael s’ouvrait, enfin Violet aperçut l’homme, et ce qu’elle décelait lui plaisait. Compatissante elle se mit à sourire bien qu’il ne puisse la voir. « Ce n’est rien, je comprends tout à fait vous savez. C’est vrai que parfois vos réactions sont un peu compliquées à suivre mais je sais que la situation n’est pas facile à supporter. Si vous le souhaitez la prochaine fois je pourrais venir dans l’après-midi, pour que vous puissiez profiter tranquillement de votre matinée. Je ne voudrais pas être le parasite qui perturbe vos seules heures de répit. » assura-t-elle en hochant doucement la tête. Cette franchise avait dû couter au maître des lieux. Loin de se vexer Violet comprenait. Chacun de ses patients réagissait différemment, il fallait juste qu’elle parvienne à apprivoiser les réactions sans les prendre trop à cœur. Parfois cela s’avérait périlleux mais cela ne l’avait jamais été autant qu’avec Rafael Morienval, c’était une certitude. « C’est exact, mes objets sont reconnaissables finalement. » poursuivit-elle avec malice. Les choses étaient trop belles pour qu’elles ne durent. Rafael reposa les objets sous le regard curieux de son médecin. Que faisait-il ? En avait-il déjà assez de sa présence ? La jeune femme releva ses yeux clairs vers l’homme qui lui faisait désormais face. Elle ne comprit pas tout de suite où il voulait en venir lorsqu’il lui tendit sa main. Au delà d’une invitation à se lever, elle se douta que son patient avait autre chose en tête. Et pour la troisième fois, la jeune femme resta bouche-bée. « D… Danser ? » répéta-t-elle, surprise. Elle posa son sac près d’elle et se saisit de la main que lui tendait son hôte. La dernière fois qu’on l’avait invitée à danser Violet était au lycée, c’était durant son bal de promo. Depuis elle n’avait fait que s’acharner corps et âme dans ses études puis dans son travail.

« Je ne vous promets rien mais si vous pensez que cela peut aider, je n’ai pas d’objection. D’ailleurs vous pourriez m’apprendre, je vous laisserais mener la danse pour cette fois. »

Debout face à son patient, Violet sentit son cœur battre à la chamade dans sa poitrine. Elle devinait ses joues devenir rouges écarlates. La jeune femme avait parfois son côté fleur bleue, pour elle certaines activités relevaient d’un romantisme pur. Elle sentit la gêne l’envahir. Non pas qu’elle n’eut pas envie de danser, simplement elle n’aurait pas imaginé le faire dans le cadre de son travail. Travail qui lui prenait tellement de temps que tout romantisme avait disparu de sa vie depuis bien longtemps. Elle se sentit légèrement idiote. Pourquoi faillait-il qu’elle en face toute une montagne ? Pourtant cela faisait des semaines qu’elle côtoyait cet homme… Prenant une grande inspiration, Violet garda la main de Rafael dans la sienne. « Je vous suis. Vous êtes vraiment un homme surprenant vous savez. Aussi surprenant que je peux être étrange. Par contre soyez indulgent, c’est plutôt rare qu’on m’invite à danser vous comprenez.» c’était d’autant plus rare qu’on le fasse dans l’intimité relative d’une luxueuse villa, dans un salon des plus somptueux. En d’autres circonstances Violet se serait presque crut dans un drôle de remake de la Belle et la Bête. Mais elle se rappela bien vite qu’elle n’était qu’une simple ergothérapeute, que Rafael était son patient et que le but de tout ceci était de l’aider. Elle prit une nouvelle inspiration et revint à la réalité, encore plus gênée qu’auparavant de s’être égarée si loin dans son esprit.  « Alors qu’allez-vous tenter de m’apprendre Rafael ? La valse peut-être ? La valse est tellement élégante ça vous irait bien. » et voilà qu’elle ne cessait de parler, sûrement une manière de se détendre un peu plus. L’ergothérapie n’avait plus aucun secret pour elle, le reste en revanche…


 

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MessageSujet: Re: The truth behind the mask (morienster)   Sam 28 Oct - 15:19

« Rafael je ne sais pas ce qui vous rend si catégorique mais ça m’épate. La recherche de l’excellence peut aussi vous faire passer à côté de beaucoup de choses vous savez. Mais ce n’est pas le sujet… » Une moue s’agite sur mes lèvres, peu encline à concéder la moindre approbation. L’excellence n’a jamais été autre chose qu’une obligation. Et si mon aïeul me l’a imposée de prime abord, cette recherche constante, éreintante, systématique s’est immiscée dans chacune de mes respirations pour en devenir indissociables. L’excellence va de pair avec l’intégrité, avec la droiture de son âme et l’opiniâtreté de ses prises de position. L’excellence est un devoir et avant tout, une nécessité. Que le commun ne s’en rende pas compte n’est en rien une surprise, qu’il insiste pour me faire croire que c’est erreur n’est qu’une source de désintérêt et de déception. Quiconque ne cherche l’excellence n’est voué qu’à l’oubli et la médiocrité, mon cœur bat en symbiose avec ces mots, malgré les siècles, malgré le temps, malgré les échecs et cette même médiocrité que j’ai embrassée, enlacée, dans une chute interminable vers un déclin des plus écœurants. L’excellence est une nécessité. Elle me maintient droit, elle m’offre un but, elle m’offre une direction même quand la nuit la plus obscure s’étire autour de moi. L’excellence est une nécessité, quoi que puisse en penser Forester. Quant à la fierté qu’elle évoque… elle est aussi incongrue que les propos que le médecin tient en réponse à mes questions. Son absence de crainte attise ma curiosité, me pousse à émettre de sincères doutes quant à sa franchise, quant à sa lucidité. Ses propos sont étranges. Son comportement est étrange. Sa manière d’agir, d’être, de réfléchir, tout ce qui la constitue est une énigme que n’amoindrit pas, loin de là, sa douceur en toute chose. « J’espère alors que pour vous être étrange est une bonne chose. » Un haussement frôle mes épaules. « Je ne saurais le dire, mais considérez donc cela comme un compliment puisque ce n’était pas un reproche. » Et de compliments, je me sais tout particulièrement avare d’ordinaire. Quoiqu’il en soit, la séance se poursuit.

Et mes idées restent fixes, fermes, tout comme mes convictions. Violet échouera avec moi et peu importe, en définitive, ce en quoi elle croit. La séance se poursuit, la conversation également. Agrémentée d’interruptions, agrémentées de remarques. Les objets dans le sac qu’elle me tend me sont certainement inconnus, mes pensées s’appliquent cependant à voltiger autour de nous, dans des va-et-vient incessants entre ce dont nous parlions et ce sur quoi elle souhaite que nous nous concentrions. Pas de fierté à éprouver, l’objet que je tiens en main est une montre, au tic-tac traître si simple à reconnaître, si oppressant de par sa régularité. « Vous avez cette étrange manie de passer du coq à l’âne comme si de rien était. Je n’échouerai pas, je ferai mon maximum pour vous aider. Et oui, c’est bien une montre. » Un tic détériore mon visage en un sourire crispé, mes doigts délaissent la montre et se perdent à nouveau dans l’obscurité peuplée d’angles, de surfaces, d’arêtes et d’aspérités. Mes mots, eux, se perdent à nouveau également. Dans mes pensées, dans le recul que je prends face à non seulement à mon comportement vis-à-vis de ma cécité mais aussi vis-à-vis de cette femme. Si fascinante par bien des aspects. Si particulière et intrigante. Des excuses franchissent mes lèvres sans que je ne fasse le moindre geste pour les retenir, comme une conclusion désarmante du fil de ma réflexion. Excès d’indifférence et de mauvaise humeur, j’ignore si je me positionne avec ces mots dans l’euphémisme ou l’exagération. Mais la franchise est de mise, à l’instar de mon honnêteté en tous points, une honnêteté malmenée par mon aveuglement, adoucie par le ton de ma voix dénué d’agressivité. « Ce n’est rien, je comprends tout à fait vous savez. C’est vrai que parfois vos réactions sont un peu compliquées à suivre mais je sais que la situation n’est pas facile à supporter. Si vous le souhaitez la prochaine fois je pourrais venir dans l’après-midi, pour que vous puissiez profiter tranquillement de votre matinée. Je ne voudrais pas être le parasite qui perturbe vos seules heures de répit. » Un flottement, un haussement frémit ç nouveau sur mes épaules. « Cela pourrait être une solution. » Mais une solution qui me laisse circonspect de bien des façons. Je relâche les objets, laisse mourir son C’est exact, mes objets sont reconnaissables finalement qui m’agace et cherche la décontraction dans un soupir. D’un mouvement fluide, je me lève, d’un mouvement grâcieux, je tends la main dans la direction de Forester, cessant la réflexion pour osciller vers l’écoute de mon instinct. Reconnaître de menus objets m’est aisé ; pas d’oppression, pas d’errance, absence de cette sensation écrasante d’immensité. Il m’est aisé de visualiser ce que je touche, ce que j’appréhende. Il en est cependant loin d’être de même lorsqu’on parle des grands espaces. Comme celui qui nous entoure. Et qu’existe de mieux pour appréhender son environnement que la danse, la danse que ces pas feutrés, glissés, esquissés ? Savez-vous danser, Violet ? Les airs de mon ancienne existence rythment mes pensées, s’appuient sur le tic-tac de la montre, s’en affranchissent et m’en libère. « D… Danser ? » Ses doigts se glissent dans les miens, je recule d’un pas, nous éloignent du canapé. « Je ne vous promets rien mais si vous pensez que cela peut aider, je n’ai pas d’objection. D’ailleurs vous pourriez m’apprendre, je vous laisserais mener la danse pour cette fois. » Pour cette fois. Est-ce un sourire, est-ce un rictus ? Ni l’un ni l’autre, juste de l’amusement sincère qui s’agite sur mon visage. « Je n’envisageai pas qu’il en aille autrement, Violet. » Je ne l’envisageai pas pour la simple raison que ne pas mener la danse m’est inconcevable. Dans quelque domaine qu’il soit. « Je vous suis. Vous êtes vraiment un homme surprenant vous savez. Aussi surprenant que je peux être étrange. Par contre soyez indulgent, c’est plutôt rare qu’on m’invite à danser vous comprenez.» Ma main se saisit plus fermement de la sienne, sans pour autant cesser d’être délicate. « J’ose espérer qu’être surprenant n’est pas un reproche de votre part. Et je doute en effet que la danse soit dans les priorités de cette époque. » Je recule davantage encore, avec précaution, sans parvenir un seul instant à jauger de la distance qui me sépare d’un obstacle quelconque.

« Alors qu’allez-vous tenter de m’apprendre Rafael ? La valse peut-être ? La valse est tellement élégante ça vous irait bien. » Un nouveau sourire éclot sur mes lèvres, je sens revenir cette sérénité présente un peu plus tôt quand s’élèvent dans mon esprit des rythmes anciens. Un, deux. Trois-quatre. « Une valse, pourquoi pas. » Ce n’est pas une danse de mon époque, mais j’en apprécie l’élégance, comme supposé. « Même si… » Je me mets en mouvement, glissant une main dans son dos, guidant ses pas lorsque je me déplace. « Je pensais davantage à une mazurka. C’est européen. Suivez-moi » Nous piétinons, dans un premier temps, pour prendre la mesure d’une proximité nouvelle. « J’aime danser. Comme vous l’avez mentionné, il y a une élégance rare. Une beauté manifeste. Une sérénité marquée par le rythme et la complicité entre un homme et sa partenaire. » Mes pas se font plus marqués, eux-aussi. Souples, légers, délicats, je nous fais prendre de l’ampleur. Un, deux, trois, c’est un rythme de trois qui me guide. « La danse, à toutes les époques, est un dialogue, un langage, une discussion » Un, deux trois,. « Vous n’avez pas à apprendre, Violet, il vous suffit de ressentir, d’écouter et de respirer » Je ferme les yeux, des yeux qui me sont inutiles. Un, deux, trois, le rythme se casse et sautille, se différencie de la valse pour changer les appuis. Mon talon heurte celui de Forester, étrangère aux subtilités d’une danse ni de son époque, ni de la mienne. Mes yeux se rouvrent. « L’excellence n’a plus de sens lorsqu’on parle d’art, de musique, de danse, de peinture. C’est un de mes refuges. » Et c’est une de mes libérations. Pourquoi suis-je en train d’évoquer tout cela ? Mes propos ne souffrent d’aucune nécessité. Juste d’un besoin incompréhensible de me justifier, de continuer à me faire pardonner, d’établir une relation autre que distante avec cette femme qui me connait dans la faiblesse et la vulnérabilité la plus détestable. « Pourquoi faites-vous preuve d’une telle persévérance et opiniâtreté avec un homme que vous n’aimez ni ne respectez, Violet ? » Je nous fais esquisser un quart de tour, prudent dans nos déplacements pour nous contraindre dans cette aire dégagée qui semble nous entourer. « Est-ce de la bonté ou de la stupidité ? »

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MessageSujet: Re: The truth behind the mask (morienster)   Jeu 2 Nov - 12:01

The truth behind the mask
Rafael&Violet
Un drôle de sentiment avait envahit la jeune femme depuis qu’elle avait aperçu Rafael. Une sensation étrange qui ne lui disait rien de bon. Elle avait surmonté son ressenti, essayant tant bien que mal de se concentrer sur ce qu’elle était venue faire ici. Petit à petit les questions avaient fini par disparaitre de son esprit. L’ergothérapeute était parvenue à se concentrer sur le côté technique de son travail, écartant tout questionnement personnel. Tout s’était donc déroulé normalement jusque là. Rafael s’était comporté de manière étrange, comme à son habitude. Pourtant Violet devina moins d’amertume dans les remarques de son hôte du jour. La sincérité sembla même pointer le bout de son nez. La jeune femme en fut surprise. Cela ne fut rien comparé à la demande surprenante qui avait suivi. Savait-elle danser ? Violet avait accepté l’invitation, se persuadant que cela pourrait servir dans la rééducation de son patient. Tout ceci était uniquement professionnel. Rien de plus. Pourtant la jeune femme savait que tout cela était loin d’être une bonne idée. Elle le savait car cette drôle d’impression était revenue faire battre son cœur un peu plus fort. Ce fut pire encore lorsque ses doigts se mêlèrent à ceux de Rafael. Elle sentit ses joues devenir rouges. Elle se dit qu’heureusement, tout cette mascarade resterait dans l’ombre. Qu’aurait pensé son patient en la voyant rougir de la sorte ? Et elle, qu’en pensait-elle ? Qu’était-elle entrain de faire ? Ce n’est qu’une danse Violet, calme-toi ne cessait-elle de rabâcher dans son esprit. La voix du brun finit par la sortir de son litige intérieur. Alors qu’elle se laissait guider, la mexicaine ne put retenir un sourire. « Prenez ça comme un compliment. (elle hocha la tête) Beaucoup de choses se perdent à notre époque. » Conclut-elle sans savoir qu’elle faisait face à quelqu’un d’assez vieux pour avoir connu le Moyen-âge.


Lorsqu’elle proposa une valse, le sourire qui lui rendit Rafael fut une agréable surprise. L’avait-elle seulement déjà vu sourire aussi sincèrement ? Alors c’était vrai… Il était capable de sourire, capable d’éprouver autre chose qu’une amertume sans faille. Cela adoucissait ses traits et le rendait plus charmant encore. Un courant électrique stoppa net toutes les pensées de la jeune femme. Elle se redressa immédiatement lorsque la main de son cavalier rencontra son dos. Qu’avait-elle à réagir comme une enfant ? Pourquoi se sentait-elle soudainement si mal à l’aise ? Le contact avec ses patients faisait parti de son quotidien. Pourtant avec lui cela paraissait différent. Violet prit une grande inspiration. Rafael était peut-être aveugle mais il était loin d’être idiot. Tôt ou tard si elle n’y prenait pas garde, si elle ne se contrôlait pas, il remarquerait son malaise. Le connaissant il prendrait la mouche sans savoir ce qui rendait la mexicaine si mal-à-l’aise. En vérité elle l’ignorait elle-même, ou refusait de l’admettre. Car cela était impossible. D’aucune logique. Ses poumons remplis d’air frais, Violet tenta de se détendre à nouveau, de reprendre le fil du temps. « Je ne suis jamais allée en Europe, à mon grand regret. Je suis sûre que ce continent avait beaucoup à offrir avec une culture si riche. » Dit-elle avec une certaine mélancolie dans la voix. Sa main s’était posée sur l’épaule de son cavalier du jour. Elle se laisserait donc guider par son hôte. C’était lui qui mènerait la danse cette fois. La jeune femme commença à faire quelques pas, suivant le rythme qu’imposait Rafael. Elle avait souvent rêvé enfant, devant les dessins animés, se disant que les princesses avaient de la chance. Jusqu’à ce que l’activité de ses parents ne brise tous ses rêves et sa pureté d’enfant à jamais. Pourtant la jeune femme était restée optimiste durant tout ce temps. Violet écoutait Rafael avec attention. Il se dévoilait, laissait apparaître l’homme qui sommeillait en lui. L’homme vivant, un danseur qui n’avait pas besoin de voir pour ressentir la musique. Jamais elle n’aurait pu imaginer une chose pareille. Alors la mexicaine se contenta de sourire une nouvelle fois. Il fallait apercevoir le temps que la brèche était encore ouverte, avant que Rafael ne se ferme de nouveau. « Je n’aurais jamais imaginé tout ça. Vous semblez parfois si résigné. » Avoua-t-elle avec une pointe de tristesse dans la voix.

Les deux corps finirent par valser, se mouvant dans la pièce avec une certaine subtilité. Violet resta prudente, faisant d’abord quelques pas timides. Elle essaya de suivre la cadence. Jusqu’à ce que Rafael, comme s’il avait pressenti son appréhension, lui conseille de se laisser enivrer. Alors la jeune femme tenta de lâcher prise. Elle se décoinça un peu, mettant de côté l’ergothérapeute qu’elle était pour laisser place à la femme qui sommeillait en elle. Au fur à mesure, Violet se libérait, faisant tomber toutes les barrières qu’elle avait pu dresser entre elle et son patient. En même temps, la langue de Rafael se déliait, l’homme se confiait. La mexicaine sembla surprise par autant d’honnêteté. Elle rougit lorsque son talon heurta celui de son cavalier. Ce fut comme un retour à la réalité. Qu’était-elle entrain de faire ? Etait-ce pour lui qu’elle avait accepté ? Ou était-ce pour elle ? Tout d’un coup la réponse fut totalement floue. Plus il se dévoilait, plus la jeune femme comprenait. Voilà pourquoi Rafael était un artiste. Voilà pourquoi il s’était réfugié dans la peinture. Tout sembla s’emboîter avec une logique fulgurante. Un refuge, bien sûr. C’était une manière pour lui de s’exprimer sans avoir le poids écrasant de l’excellence sur les épaules. Il pouvait être, tout simplement. Alors la jeune femme comprit à quel point perdre sa vision avait dû être une chose horrible. Elle ne contrôlait plus rien. Durant quelques secondes la barrière professionnelle qu’elle s’était imposée tomba. Balayée par la sincérité inhabituelle de son patient. « Nous avons tous besoin d’avoir une porte de sortie. Quelque chose qui nous fait du bien. » répondit-elle en reprenant doucement la danse.

Tout aurait pu être parfait. Cette danse, cet instant. C’était sans compter sur le naturel de l’italien qui revint au galop. Violet aurait dû s’y attendre néanmoins la véracité des questions la percuta de plein fouet. Elle fronça les sourcils, manquant de trébucher tant elle fut perturbée. « Mais qui vous dit que je ne vous apprécie pas ? Et que je ne vous respecte pas. M’avez-vous déjà trouvé irrespectueuse Rafael ? » demanda-t-elle, curieuse et heurtée en plein cœur. Un quart de tour, le rêve s’assombrit un peu plus. Pourquoi avait-il fallut que tout ceci s’arrête ? Et pourquoi Rafael pensait-il que Violet était incapable d’être sincère envers lui ? Est-ce que sa cécité avait emporté avec lui toute confiance qu’il pouvait avoir en autrui ? La vraie question était : pouvait-il seulement faire confiance à quelqu’un ? La mexicaine fut soudainement blessée. Elle trébucha pour de bon et manqua de tomber. Perturbée elle détacha le lien d’avec Rafael. Cette fois s’en était trop, elle faisait n’importe quoi, elle en avait conscience. Elle s’enfonçait, jouait à un jeu dangereux. Elle s’approchait trop près de cette flamme qu’était son patient. Le mystère qui l’entourait la rendait folle. Et son cœur qui battait à la chamade aussitôt qu’elle entrait en contact avec lui. Elle devait fuir, loin de tout ça. De toute cette mascarade. Avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’elle ne se brûle. « Tout ceci était une mauvaise idée. Je suis désolée Rafael, je n’ai pas été correcte. » Prétexta-t-elle pour se justifier. En vérité la panique commença à l’envahir. Elle n’avait jamais ressenti une chose pareille et cela commençait sérieusement à l’effrayer. Quelle était donc cette chose qui avait su la détourner de son professionnalisme ?


 

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MessageSujet: Re: The truth behind the mask (morienster)   Dim 12 Nov - 17:08

Ma main se perd sur son côté, effleure son vêtement, découvre la chaleur de sa peau sous ce tissu qui nous sépare. Ma main se perd sur son côté, sur son dos, découvre le contact de son haut avec légèreté, avec douceur. Rien de plus qu’un effleurement, mes doigts s’emmêlent d’un côté aux siens. L’effleurent de l’autre. Danser. Une idée saugrenue, une impulsion plus qu’une réflexion. Un désir plus qu’une lucidité. Et pourtant nous voilà debout, guidés par cette main que je lui ai tendue et dont elle s’est saisie. Nous voilà debout, de la musique résonnant à mes oreilles aux rythmes cadencés de l’Europe. Qu’est-ce donc que cette danse que je lui propose ? Une trêve, une fenêtre entrebâillée sur l’homme plutôt que sur la bête, sur des excuses plutôt que des insultes. Qu’est-ce donc que cette danse que je lui propose ? Une folie, assurément, que je ne comprends pas mais que je savoure déjà par ce passé dans lequel elle me projette. Vous êtes vraiment un homme surprenant, un sourire se dessine sur mes lèvres, comme un trait de crayon déposé sur une toile. Visible, tangible, et pourtant si fin et délicat qu’il a l’immatérialité d’une toile d’araignée. Ce n’est qu’une danse, que quelques pas esquissés. Je recule, je la guide dans une immensité de ténèbres, éclairées par ce toucher concret. « Prenez ça comme un compliment. Beaucoup de choses se perdent à notre époque. » Le crayon insiste sur mes lèvres, pour affirmer ce léger sourire. Et cette respiration douce, cette sérénité qui se fraye un chemin dans mes veines pour s’emparer de mes muscles. Beaucoup de choses se perdent, mais surtout… « Beaucoup de choses se sont perdues, oui… » Bien des convictions, bien des justices, bien des droits se sont égarés dans des folies. Mais l’art, l’art a survécu. Et avec lui ces émotions que j’ai pu véhiculer par son biais. L’apaisement qu’il m’a transmis.

Que puis-je lui enseigner ? La valse, son rythme ternaire, un-deux-trois, ses plein et ses déliés, oui. La valse possède une élégance rare, et l’élégance, comme elle le pressent, est au cœur de mon attirance pour la danse. Même si l’inégalité de la mazurka s’empare davantage de moi. Dans ses lenteurs et ses accélérations, dans la douceur et la constance de sa mélodie, dans le rythme qui chante dans mes oreilles et dans mon âme. Européen. Comme moi. Même si les continents ne sont qu’une réalité abstraite dans mon esprit. « Je ne suis jamais allée en Europe, à mon grand regret. Je suis sûre que ce continent avait beaucoup à offrir avec une culture si riche. » Sur mon épaule apparaît l’effleurement de ses doigts. D’un mouvement, je lui conseille en silence de glisser davantage vers mon omoplate. Symétrie des positions. Je mène la danse, et dans un premier temps, je me contente d’imprimer le rythme dans des pas timides. Des pas délicats. Des piétinements. La recherche d’un équilibre, indépendamment de la présence de Violet. La recherche d’une sérénité. Une impulsion, un quart de tour se dessine. Un, deux, trois, le ternaire se brise. Un, deux, trois, mes mots ne sont que des chuchotis. Un, deux, trois, l’apaisement se glisse jusqu’à mon cœur pour en ralentir le rythme. Et suspendre le temps. J’aime danser, voilà une évidence. J’ai toujours aimé danser, même en Italie. Surtout en Italie. Des danses codifiées, des danses libératrices. Danse des corps, danse des âmes, danse des silhouettes et des sourires, danse des relations. J’ai toujours aimé ces pas esquissés, ces complicités et ces communications silencieuses qui accompagnaient, qui accompagnent deux partenaires. L’excellence, nous l’évoquions un peu plus tôt, est une nécessité. L’art, est une transcendance. Loin de l’excellence, il n’a plus qu’une seule priorité : la transmission. D’émotions. L’excellence devient futile dans ces moments-là, pour la simple raison qu’elle va de soi. Il y a une excellence rare dans une âme totalement dénudée. « Je n’aurais jamais imaginé tout ça. Vous semblez parfois si résigné. » Un fin sourire. « Vous l’avez dit vous-même, Violet. Beaucoup de choses se perdent. »

Et peu, bien peu, trop peu se retrouvent. Bien trop peu se préservent à l’identique. Comme à cet instant, alors que je me défais de mes responsabilités, de leur poids sur mes épaules. Dans l’intimité de cette matinée, dans l’intimité de mon séjour, dans l’intimité de ma nuit éternelle, je m’autorise à respirer. A tenter de faire comprendre à Forester qu’en dépit de mon caractère, en dépit de mon intransigeance et de ma cruauté, l’excellence se révèle également en moi dans cet attachement pour les arts que rien, ni personne, n’a pu étouffer en moi. Artiste. L’enfant candide égorgé dès les premières années de sa vie a trouvé son refuge dans les arts. Respirer. Nos mouvements s’accordent lentement, les pas se parent d’une assurance nouvelle, ils se heurtent, se déstabilisent, se retrouvent. Le rythme accélère malgré lui. Malgré moi. Petit-à-petit, je sens dans mes bras les muscles de Violet se délier, les miens se décrisper de concert. Petit à petit, on trouve notre rythme, je retrouve des sensations d’un temps ancien, une paix irréelle. Réserve balayée, distance émiettée. Je ne la vois pas, la distance qui sépare encore nos deux corps, mais je la sais infime. Je sens son souffle caresser mon cou, je sens ses doigts se repositionner, glisser, je sens les miens faire de même. Et ses doigts dans les miens chercher leur équilibre. « Nous avons tous besoin d’avoir une porte de sortie. Quelque chose qui nous fait du bien. » Mon murmure se faufile entre nous, en réponse au sien. « C’est exact. » Mon murmure se faufile entre nous, mon corps se laisse aller, mes pensées également. Pourquoi suis-je à ce point à train de me confier à elle, comment puis-je entrouvrir mon âme pour lui la laisser contempler à loisir un éclat de cette douceur en mon sein, que je n’accepte ni ne reconnais, que je n’ose regarder dans les yeux de peur de la ternir ?

Sa douceur appelle la douceur. Sa gentillesse appelle une gentillesse. Et sa pureté appelle une pureté que je ne peux lui offrir, que je ne peux que tenter de composer avec les vestiges de l’homme réduit en pièces par l’animal. Les vestiges de l’homme, ses doutes et ses certitudes. Comment fait-elle donc pour s’obstiner avec moi, alors que nul respect ni affection n’a sa place dans une relation entre un patient et son médecin, entre ses venues et mon attitude insultante ? Mon murmure s’impose, j’imprime un nouveau quart de tour mais elle m’échappe, trébuche. « Mais qui vous dit que je ne vous apprécie pas ? Et que je ne vous respecte pas. M’avez-vous déjà trouvé irrespectueuse Rafael ? » L’équilibre tout juste trouvé est malmené, secoué, je perds mes repère quand elle perd les siens, quand je dérape, quand mes mots dépassent ma pensée. La révèle, avec une brutalité qui me ressemble. Je suis cru, dans mes propos. Dans mes mots. Dans mon vocabulaire. Et elle trébuche à nouveau, s’éloigne. « Tout ceci était une mauvaise idée. Je suis désolée Rafael, je n’ai pas été correcte. » Mes doigts enserrent son poignet avec fermeté. Violence ? Je suis incapable de le déterminer, je sais juste que… « Pardonnez-moi, je vous ai blessée ? » Cela m’importe-t-il ? Il est étrange de constater que la réponse à cette question est belle et bien affirmative. A-t-elle déjà eu un comportement irrespectueux envers moi ? Oui, bien sûr que cela mes propres attentes, ses remarques sont nombreuses à l’avoir été mais. « Vous m’avez mal compris, Violet. Je m’étonne juste… » Mes doigts cherchent sa main. Son bras. Trouvent son épaule. Tombent dans son dos. Se lovent contre ses omoplates. Ma posture est celle d’un danseur, quand mon souffle et mon âme sont ceux d’un funambule. D’un mouvement de poignet, j’imprime une rotation, pour la faire voltiger devant moi avec douceur. La danse est fragile, fissurée je m’en rends bien compte par mes questions. Je ne sais exprimer mon interrogation Je ne trouve pas les mots.

Que suis-je donc en train de faire ? Nous devrions faire la séance, comme d’ordinaire, pas esquisser des pas de danse sans musique, sans suite. De quoi avons-nous donc l’air, à quoi suis-je donc en train de ressembler ? A un idiot. « Vous n’êtes pas irrespectueuse, je n’ai pas dit ça, Violet, ne déformez pas mes propos. J’ai dit que vous ne deviez avoir aucun respect pour moi. Mais vous le masquez avec savoir-faire et tact. Chose dont je suis dépourvu, il semblerait. Quand à m’apprécier ou non… voyons… » Nos corps s’écartent vraiment. « Je ne cherche pas à être apprécié. En règle générale. » Je m’écarte davantage encore, alors que l’envie me prend d’au contraire me rapprocher d’elle. « Mais il s’avère que, de mon côté, vous m’êtes finalement d’agréable compagnie. D’où… la danse. Pour vous montrer que je ne suis pas juste un aveugle, un haut dignitaire, un seigneur arrogant et insultant. Voyez ça comme une faveur. Et des excuses. » Des excuses, vraiment ? Je fronce les sourcils, pour mieux me rectifier. « A moins que ce ne soit un cadeau. Une danse avec un homme que peu ont le loisir de rencontrer. Pour vous remercier. Pour votre patience. » Est-ce uniquement pour cela ? « Mais peut-être, en effet, n’était-ce qu’une mauvaise idée. Déplacée de surcroît. Agréable, bien évidemment, mais déplacée. Pas plus que vous, je n’ai l’occasion de danser. La première victime de toutes les guerres est l’art et la beauté. Alors que ce sont les deux choses qui importent réellement aux âmes. »


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MessageSujet: Re: The truth behind the mask (morienster)   Mer 15 Nov - 8:56

The truth behind the mask
Rafael&Violet
Le lâcher-prise, cette danse, ce moment. Les révélations tombaient comme une pluie fraîche en pleine canicule. Une pluie rafraichissante, rassurante. Violet se laissait aller à cet instant de détente. Il sembla presque hors du temps. Dans d’autres circonstances elle n’aurait jamais accepté de danser avec l’un  de ses patients. Mais Rafael avait cet aura, cette force mystérieuse  qui faisait qu’on ne pouvait rien lui refuser. L’ergothérapeute n’osa imaginer ce que cela pourrait donner si l’homme n’avait pas perdu la vue. Son regard devait vous transpercer de part en part, lire à travers l’âme, la jeune femme en était persuadée. Néanmoins à mesure que les danseurs s’appropriaient l’espace, la mexicaine en apprit un peu plus sur son hôte. Il avait l’air d’un être torturé. Elle avait appris à les reconnaître avec le temps. Sa résignation, son aplomb lorsqu’il affirmait que beaucoup de choses s’étaient perdues poussèrent l’ergothérapeute à ne pas faire de remarque. Bien qu’elle aurait aimé affirmer le contraire, elle savait au fond que Rafael avait raison. Le monde qu’ils arpentaient n’était plus qu’un leurre. Un leurre dont il fallait néanmoins tirer profit. Car au final ils étaient vivants. Et ce genre d’instant partagé le rappelait à Violet.

A force de s’éloigner du chemin, la jeune femme avait fini par baisser sa garde. Fort heureusement pour elle, Rafael la rappela à l’ordre. Le retour à la réalité fut brutal à l’image des paroles qu’elle venait de recevoir en pleine figure. Après s’être rattrapé de justesse, Violet préféra s’éloigner, installer une distance de sécurité. Ce fut sans compter sur Rafael qui la retint d’une poigne de fer. Comme quoi il savait très bien se repérer quand il le voulait. Le geste fut vif et si surprenant que l’ergothérapeute n’osa pas résister. Elle resta immobile, ses yeux bleus grand ouverts sous la surprise. Elle fixait Rafael comme s’il venait d’apparaitre. Loin d’une vision divine, la situation tournait clairement au vinaigre. Violet s’en voulut terriblement d’avoir accepté cette danse, d’avoir cru que Rafael s’ouvrait enfin. Ses lèvres s’entre-ouvrèrent mais se refermèrent aussitôt. L’italien s’excusait ? Ou du moins s’inquiétait-il d’avoir blessé la jeune femme. Jeune femme qui secoua légèrement son poignet pour exprimer son mécontentement, à défaut qu’il puisse le lire sur son visage « Bien sûr que vous m’avez blessée. » dit-elle comme s’il s’agissait d’une évidence. Car pour elle les propos de Rafael avaient été maladroits. Avec le temps les remarques glissaient de plus en plus facilement sur la jeune femme, mais celles-ci furent celles de trop. Surtout que tout ceci n’était qu’un tissu de calomnies. Une erreur de jugement. Violet était agacée et ses joues devenues rouges en témoignaient. Elle s’en voulait de plus en plus, elle aurait voulu fuir, partir loin de cette maison et ne plus y revenir. Elle avait à peine dépassé la limite que le karma la punissait déjà. Et voilà que Rafael lui disait qu’elle l’avait mal compris. Le visage fermé, la jeune femme à l’air boudeur attendit quand même d’entendre les potentielles explications sur la méprise. Mais celles-ci ne vinrent pas tout de suite. Curieusement l’italien sembla déterminé à faire continuer la danse. Violet n’en revenait pas pourtant elle se laissa faire. Pouvait-elle vraiment lui en vouloir ? La réponse s’avéra négative. La mexicaine était bien trop douce pour éprouver de la rancune. Surtout quand il s’agissait de Rafael.

Après ce tour furtif, la conversation reprit. Violet sembla calmée bien qu’un air boudeur imprimât toujours les traits de son visage. Les paroles arrivèrent enfin, les sourcils de l’ergothérapeute se froncèrent alors qu’elle hochait la tête. « C’est certain l’art du tact vous échappe encore légèrement. » avoua-t-elle. Le ton n’était en rien agressif, après tout Rafael faisait sûrement beaucoup d’efforts pour reconnaitre cela. La distance entre eux se creusa un peu plus, Violet en profita pour regarder son ex-cavalier de haut en bas. Que pouvait-il bien se cacher derrière l’enveloppe charnelle de Rafael Morienval ?  Une question qui taraudait Violet bien plus qu’elle n’aurait dû. Rafael était un mystère à résoudre. Qu’avait-il vécu pour avoir des réactions aussi étranges ? Des mots aussi brutaux et des réflexions aussi ancrées ? Il ne cherchait pas à être apprécié… Il s’écartait encore, comme si soudain Violet avait représenté un danger. La jeune femme n’y comprenait plus rien. Ils auraient dû s’en tenir à une séance classique, tout se serait passé comme d’habitude et cette gêne qui lui rongeait l’estomac n’aurait jamais eu lieu d’être. La situation n’aurait pas pu devenir plus étrange enfin jusqu’à ce que l’italien fasse une nouvelle confidence. A demi-mot et d’une manière qui lui était propre, il avoua apprécier la compagnie de son ergothérapeute. Voilà tout le paradoxe qu’était cet homme. S’il ne lui avait pas dit, Violet aurait continué de penser qu’il la haïssait et que sa présence lui était fort désagréable. Après tout ne lui avait-il pas, quelques dizaines de minutes plus tôt, fait comprendre qu’elle était venue perturber un moment d’accalmie ? Voilà ce qui clochait chez son patient. Il était indescriptible. Avec lui Violet se sentait aveugle elle aussi. Incapable de déceler la moindre chose, la moindre émotion. Sauf peut-être dans les rares sourire que Rafael lui offrait.

« Rafael vous êtes un homme, je ne vous vois pas comme un aveugle. Ce serait vous réduire à bien peu de choses. Je suis là pour vous aider. Je… J’apprécie aussi votre compagnie, mais j’ai toujours pensé que ma présence vous était insupportable. Je suis un peu surprise. » avoua-t-elle en se pinçant les lèvres.

La main de Violet passa contre sa propre nuque, elle était mal à l’aise. Elle n’était pas là pour apprécier ses patients, pas de cette manière en tout cas. Mais bien que les mots lui semblèrent maladroits, la mexicaine décela une fragilité nouvelle. Un sentiment qui la perturba un peu plus. Pourquoi venait-il d’avouer tout ça ? Au fond Violet aurait préféré savoir que son patient ne la supportait pas, comme ça elle aurait pu continuer à faire son métier sans s’écarter de son but. Avec le temps Violet s’était enfermée dans son travail. Elle dépensait tout son temps libre afin de pouvoir aider les autres. Elle avait perdu l’habitude que les choses s’inversent. Que ce soit à elle qu’on veuille faire plaisir. C’était d’autant plus étrange que cela venait de Rafael Morienval, l’homme qu’elle avait qualifié d’insupportable dès les premières minutes en sa compagnie. Jamais elle n’aurait pensé en arriver là. D’ailleurs si quelqu’un avait prédis ce moment la mexicaine n’aurait pu réprimer un fou rire. Mais la situation ne prêtait plus à rire maintenant. « J’accepte vos excuses. J’aimerais quand même que vous ne vous fassiez pas de fausses idées à l’avenir. Vous savez je choisis mes patients. Je peux en changer quand je veux, reléguer la rééducation à un de mes collègues. Alors si je suis là ce n’est pas pour rien. » elle s’approcha un peu, réduisant la distance récemment installée entre leur deux êtres. Elle hésita un instant puis porta sa main droite contre la joue de son patient. Elle posa un regard tendre sur lui. Au fond Rafael la touchait. Sa maladresse dans les relations humaines laissait clairement à penser que quelque chose se tramait dans cette tête butée. Violet ne prétendrait jamais savoir ce qu’il en était, néanmoins elle ne voulait pas que Rafael se sente abandonner dans l’épreuve qu’était sa guérison. Dans l’épreuve que semblait être son existence. Le pouce de la jeune femme balaya la joue avec tendresse. « Tout se passera bien. Vous aurez l’occasion de danser à nouveau. Ne soyez pas si fermé. Et puis vous savez ce n’est pas parce qu’on ne cherche pas à être apprécié qu’on ne l’est pas. Même si je dois dire que vous ne rendez pas la tâche facile. » avoua Violet en retirant soudainement sa main. Elle était folle. Ses joues tournèrent cette fois au rouge écarlate. Elle jeta un coup d’œil à sa montre, soudain soulagée de constater que la séance se terminerait officiellement dans quelques minutes. « La séance est pratiquement terminée. Il est presque l’heure. Je vais vous laisser à vos occupations. » Intérieurement Violet remercia le temps d’être venu à son secours. Car la situation était devenue si étrange qu’elle aurait été incapable de poursuivre et faire comme si tout ceci ne l’avait pas perturbée.




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