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  I've got you, brother [PV Tobias]

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SUCKER FOR PAIN

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↳ Métier : Escroc, actuellement détective privé et pilleur de tombes, revendeur de sang humain pour la Falci'
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement pour des raisons qui lui sont propres.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 -1 en annihilation de la magie et 2 en cicatrisation
↳ Playlist : X Ambassadors - Renegades / Brighton - Forest Fire / The Neighbourhood - Sweater Weather / Fall Out Boy - Young and Menace / Imagine Dragons - I Bet My Life / Delta Rae - Bottom of the River / Ben Howard - Black Flies / Manchester Orchestra - Simple Math / ...
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MessageSujet: I've got you, brother [PV Tobias]   Mer 6 Sep - 0:00

I've got you, brother
We've taken different paths and traveled different roads. I know we'll always end up on the same one when we're old. And when you're in the trenches and you're under fire I will cover you. If I was dying on my knees, you would be the one to rescue me. And if you were drowned at sea, I'd give you my lungs so you could breathe.


Le crépuscule emporte le ressac de ses pensées. Dans sa caboche, le vide s’étend ainsi. Un apaisement mal venu qu’il accentue seulement en s’adossant paresseusement à la bâtisse. La fumée encombre la rétine, un filtre étrange sublimant les mystères environnants. A croire que l’inconscient a oublié à quel genre de dangers il s’expose. Un sourire courant sur ses lippes sèches, le fumeur apprécie autant sa clope que le paysage. Un sentiment de liberté l’enivre. S’il veut s’enfuir, il n’aura qu’à enjamber ces clôtures, courir droit vers l’horizon sans se retourner. Pas assez fou pour le tenter, ni réellement motivé par la perspective de finir ses jours entouré par quelques macchabées, à crever de faim. Néanmoins, il sait qu’il peut s’éloigner si l’envie lui prend et ça fait toute la différence. Il est là par choix, non par contrainte. Et dans ce nouveau décor, l’inconnu se tapit derrière chaque fourré. Cette sensation électrifie ses sens, insuffle un peu de vie dans sa pupille d’ordinaire éteinte. Pour l’heure, il guette. Mais peut-être que plus tard, il pourra explorer. L’adulte cède la place au gamin qui rêvait en grand, faisait tourner son globe terrestre en plastique en s’imaginant faire le tour du monde armé d’un sac de randonnée. La Terre a réduit ses opportunités et derrière les noms de ces villes qui ont bercé ses songes, ne se cachent sans nul doute plus qu’un tas de cendres. Du moins, le croit-il. Une pensée tourmentée le traverse quand il tente de visualiser son pays natal. Risible qu’il faille perdre quelque chose pour en apprécier la valeur. Ses souvenirs l’engloutissent le temps d’un soupir.

Dès la seconde suivante, il se reprend, tire une seconde bouffée de nicotine et affronte sa solitude avec bien moins d’allégresse. Se saboter, une coutume qu’il perpétue. Comportement marqué dans les gênes dans la mère, attitude qu’il parvient à semer en se rapprochant de la perfidie offerte par le côté paternel. A croire que leurs deux énergies se disputent l’espace dans ce seul corps. Est-ce que c’était pareil pour Tobias ? Sûrement pas. Il a toujours supplanté les malédictions familiales. Bien meilleur qu’aucun d’eux n’aurait pu l’être. L’idéaliser ne lui permet pas d’accepter facilement le deuil mais le bafouer ne rimerait à rien. Les remords s’accrochent au faciès, chiffonnent les traits. Le silence torture son mental et l’invite à goûter à la souffrance en temps d’euphorie. Alors il le distance en revenant sur ses pas, écrasant son mégot devant les portes métalliques du vieil abattoir qu’ils squattent impunément. D’une aile à l’autre, il sème ses quelques chaotiques réminiscences. Face à ses collègues, il redevient le mafieux que rien ne retient. Pas même le passé. L’agitation lui permet d’endosser son rôle à la perfection. D’un pas à la fois léger et à la fois las, il évolue en direction de ses collègues aux prises avec un zombie qu’ils allongent abruptement contre une table rouillée. Même liée par quelques attaches en cuir élimé, la bestiole remue toujours. Oswald se penche avec nonchalance au-dessus de la silhouette décharnée. Sa seule présence excite la sauvagerie du futur sujet. Les dents claquent à seulement trois centimètres de son visage. « Belle pioche. » Son absence de terreur passe pour de la bravoure, impose un respect non mérité. Ses comparses ignorent qu’il ne craint plus l’infection, l’abritant en son sein depuis plusieurs années maintenant.

De multiples raisons l’ont poussé à suivre cette petite bande hors des murs. L’une d’elle porte le prénom de sa protégée. Si Elena devait par hasard croiser la route de ces pseudos scientifiques, il préfère autant l’achever. Faiblesse de l’âme qu’il n’assume pas totalement mais qu’il reconnait pourtant. La boule au fond de sa gorge rétrécit aussi vite qu’elle a enflé devant le constat. Toujours pas elle qui subit quelques lubies fantasques et macabres d’esprits dérangés. Pour les anonymes, la pitié et la compassion fondent comme neige au soleil. Il recule de plusieurs mètres et avise le chirurgien. « Rien à signaler jusqu’ici, plutôt tranquille comme coin. » Un hochement de tête appréciateur avant que la contradiction ne survienne de manière inattendue. Un coup de feu retentit, faisant sursauter l’assemblée apaisée. « Je vais voir. » L’escroc n’attend pas de réponse et bondit en direction du complexe opposé. Accélérant le pas, la main déjà rangée contre le couteau qu’il a emporté, il fait glisser une paroi grinçante à toute vitesse pour finalement arriver au-devant de la scène.

Le regard a tout juste le temps de se poster sur la cervelle répandue au sol, sur deux de ses comparses, sur le flingue que l’un d’eux tient. Et finalement, il atterrit sur la silhouette visée. Les jambes manquent de se dérober mais l’urgence envoie une décharge d’adrénaline appréciable, congédie le choc rapidement. Aucune question ne se pose, aucun temps mort possible. L’analyse attendra. L’instinct de protection surpasse la logique. Force quasi divine qui saisit les tripes et l’oblige à sauter en direction de l’arme. Le coup part mais par chance, le danois en dévie la trajectoire en congédiant violemment la main assassine, repoussant le bras tendu. La balle se fiche quelque part dans un pilier. Après la cacophonie, la quiétude reprend ses droits. La peur coulisse dans l’œil du pilleur alors qu’il se retourne pour s’assurer de Sa survie. La surprise fracasse ses traits une fois de plus alors qu’il couve cette apparition des yeux. « T’as perdu la tête ? »  Le pistolet se redresse. A contre cœur, le scandinave tourne le dos à son protégé pour se placer entre lui et la menace. Les bras relevés, il articule, non sans peine, une de ces expressions neutres et fatiguées qui le caractérise. « Je crois plutôt que c’est toi qui a pas la lumière allumée à tous les étages. Tu sais par quoi on est entourés ? Tirer comme ça ? Combien de rôdeurs, tu crois que ça va rameuter ? » Les neurones en ébullition échafaudent des paroles à toute vitesse.

Il se surprend lui-même, parvient à faire preuve de lucidité alors que tout en lui n’a jamais été plus troublé. « Tu sais seulement qui ils sont ? » « Laisse-moi deviner, le petit barbu a culbuté ta mère ? Et l’autre a filmé ? » « J’ai pas le temps pour ton humour de merde, Madsen. Un bon témoin est un témoin mort, surtout quand il aide la résistance. » Il crache à ses mots en direction du brun. Le corps de l’insolent se raidit, il a du mal à tolérer ce geste. Mais avouer d’une quelconque façon sa relation avec leur prochaine victime envenimerait les choses. Surtout s’Il a fait l’erreur de s’associer avec la rébellion.

Très prudemment, Oswald fait un pas vers leur opposant et en signe de bonne foi, lui envoie son paquet de cigarettes. « Ecoute, voilà ce que je te propose. Tu vas calmer tes nerfs dehors, tu peux même aller frapper quelques types morts. Pendant que je m’occupe de ce type moi-même. Calmement, proprement. » Un tapotement léger contre la lame attachée à sa ceinture. « Pendant que ton pote là, il va rassurer le doc’ et la petite troupe là-bas. Faudrait aussi s’assurer que ton petit show à pas ramener quelques trucs pourris dans les alentours. » Lui donner une autre mission, jouer sur son sentiment de culpabilité quant au péril encouru. « Economise tes balles, ça sert à rien de gaspiller. J’ai la situation en main. Puis tu t’es assez défoulé, l’autre a bien morflé.» Un haussement d’épaules indifférent. Sans trop savoir comment il a réussi cet exploit, le duo finit par déserter. Pour l’instant. Dès que le rideau de fer se referme, le quadragénaire se retourne vers son interlocuteur. Son détachement s’envole immédiatement, remplacé par l’émotion palpable. Il se permet d’encaisser le choc, de céder aux battements anarchiques de son palpitant. Livide, il se contente dans un premier temps de se placer face au prisonnier. Procède méthodiquement. Ça ne peut être une hallucination et pourtant, ça lui parait impossible. Alors il lui faut des preuves. Du concret. « Tobias ? » Qu’il s’entend lui demander, la voix bien trop instable. « C'est à se demander si y a encore un visage sous la couche de poils, tu m’excuseras. » Rien de plus inapproprié, de l'absurdité face à la confusion. Tout pourvu que l'illusion ne s'évapore pas.

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MessageSujet: Re: I've got you, brother [PV Tobias]   Sam 16 Sep - 13:22

Les braises crépitent, réchauffent la carcasse gelée. Les branches craquent entre les doigts usés, viennent alimenter régulièrement les flammes. Les rétines obnubilées par le spectacle quand elles n’épient pas la pénombre, aux aguets du moindre bruit ou mouvement suspect. C’est au tour de la gamine qui l’accompagne de quadriller les environs. La jeune exploratrice qui doit encore fait ses preuves, et qu’ils lui ont collé aux basques d’autorité. Il aurait préféré s’en passer, mais il ne peut pas nier qu’elle est suffisamment débrouillarde pour être utile. Et assez sympathique pour chasser rapidement ses idées noires. Quand l’esprit s’évade trop vite, trop loin, entre les quatre murs d’une cellule putride. Il n’a de cesse d’y revenir. Comme des tiges de fer incrustées au creux de sa chair, l’attirant inexorablement vers un aimant. Une part de lui est morte ou agonise toujours là-bas, dans l’opprobre et la crasse. Il ne sera plus jamais libre, même s’il répugne à l’admettre. Peu importe à quel point il cherche à se persuader du contraire. Il berce son esprit d’illusions. Trop volatile pour rester longtemps statique, il ne se représente parfois le camp que comme une simple escale. Un point d’ancrage à la sonorité toute particulière mais qu’il lui est vital de fuir souvent. Qu’il pourrait quitter du jour au lendemain s’il le souhaitait. Il a pourtant conscience que les siens ne lui pardonneraient pas. Qu’on passe aussi vite d’allié à ennemi quand on cherche à partir pour de bon. Sa liberté taillée au couteau, découpée en pièces éparpillées aux quatre coins du globe. Mais cette prison-là a une saveur bien moins amère que toutes les autres, même avec son tortionnaire à sa tête. Le choix était vicié, mais il s’agissait d’un choix malgré tout. Mourir quelque part dans la nature. Ou rejoindre ce semblant de famille, plus soudée que les caractères belliqueux ne le laissent souvent croire.

C’est un hurlement à glacer le sang qui l’extirpe de ses pensées, le fait se redresser brusquement. Il reconnait facilement la voix de la jeune femme, ses cris alors qu’elle semble se débattre comme une furie. Il ne prend pas le temps de réfléchir avant de s’élancer vers le bruit. Il la retrouve plus loin, à proximité d’un bâtiment délabré. Rouée de coups par plusieurs hommes, pour lui faire regretter de s’être débattue. Le sang inonde le cerveau, bouillonne rageusement dans ses viscères. La haine le rend incapable de rebrousser chemin, de chercher de l’aide au lieu d’affronter seul les scélérats. Il n’y gagne que de se faire capturer avec elle, trainer dans une aile de l’ancien abattoir. Les rétines tombent sur des scènes macabres, des expériences funestes dont ils n’auraient pas dû deviner l’existence. Des zombies sont tenus en laisse, tandis que d’autres se font éviscérer par de pseudo-scientifiques en blouse blanche. Il a le temps d’apercevoir un patient humain relié à une machine, cobaye en attente d’une greffe morbide. La douleur des coups encaissés fuse dans le moindre de ses membres, affaiblit la jambe défaillante en particulier. Parasite tenace, elle le grignote jusqu’à la moelle. Il la sent sur le point de céder alors qu’ils les trainent à l’intérieur. Il ne peut même pas compter sur elle pour prendre la fuite à la première occasion. Il espère que la gosse au moins sauvera sa peau de cette manière au moment propice, s’il se présente. C’est terriblement stupide de se retrouver prisonniers ensemble, de cette manière-là. Il se maudit intérieurement, autant qu’il peut poignarder du regard les mufles. Ils se font attacher solidement à des chaises en métal par des bouts de corde. Une partie part vaquer à ses occupations, n’en laissant plus que deux pour les interroger. Les questions fusent, demeurent sans véritable réponse. Ils prétendent être simplement de passage, au mauvais endroit, au mauvais moment. Ils ne les croient pas une seule seconde. Personne ne s'aventure ainsi hors de la ville. Pas sans quelque chose à cacher. Ils en ont de toute manière trop vu pour être épargnés. Le danois se contente alors de serrer les dents à s’en éclater la mâchoire et intime en silence à sa protégée de l’imiter. L’un d’eux croit le reconnaitre comme un résistant recherché, affirme qu’il a déjà vu son profil épinglé. Une mission unique qui le poursuit. La décision est prise sans tergiverser, d’un signe de tête entendu. Une montée d’angoisse torpille ses entrailles, s’accentue en voyant la brune à ses côtés terrifiée. L’un des ravisseurs extirpe son pistolet de sa ceinture, et tire sans même lui laisser le temps d’intervenir, de rompre le silence. De négocier.

Le bruit de la déflagration lui transperce littéralement les tympans, lui fait tourner la tête par pur réflexe. La giclée de sang glisse le long de sa tempe, le fait violemment frissonner. Pendant de longues secondes, il n’entend plus qu’un bourdonnement diffus entre ses deux tempes, la cervelle liquéfiée. Les yeux vitreux de la gosse et le front troué par l’impact aspergent ses tripes d’acide. La flaque écarlate se répand à ses pieds. Elle est à peine plus âgée que Billie. Les mains liées, les poignets endoloris, il ne pense qu’à ça. Il pourrait s’agir de sa sœur. C’est elle qui se serait retrouvée à sa place, s’il n’avait pas refusé férocement qu’elle l’accompagne. Aurait-il été si pitoyable, si peu à la hauteur si elle avait été présente ? Si impuissant à la protéger ? « - Alors tu veux toujours pas nous dire combien vous êtes dans les environs et ce que vous trafiquiez dans le coin ? » Crache le mafieux, un rictus moqueur en travers des babines. Ce serait plutôt à moi de vous retourner la question. Il s’en mord la langue, ravale son insolence vaine. Il le tuera qu’il parle ou non, il le sait. Toute la verve du baratineur s’est envolée. Inapte à desserrer les lèvres, à aligner des mots. Il ne parvient même pas à les insulter, la gorge serrée par l’effroi.

Le cran de sûreté est retiré sans attendre, mais c’est l’apparition sur le pas de la porte qui manque de le faire défaillir. Il se croit mort avant même que le rustre n’ait pressé la détente. Les pupilles écarquillées, presque exorbitées par la surprise, il ne saisit pas tout ce qui arrive tant les gestes s’enchainent vite. Son frère déjoue la trajectoire de la balle, se place devant lui. Le son grave de son timbre le secoue, le ramène à la réalité. Persuadé de ne plus jamais l’entendre, il oscille entre le soulagement et une profonde incompréhension. L’attachement inconditionnel, puis une bouffée d’anxiété, qui revient au galop. L’hémoglobine pulse dans ses veines à une vitesse inouïe, alors qu’il écoute l’ainé parlementer avec une aisance incontestable. Il les connait. Pire encore, il appartient à leur bande. L’espace d’un instant, il en vient presque à regretter que la sphère brûlante ait dévié. La colère mord brutalement dans son palpitant, fait saigner le piteux organe. Ecartelé entre une foule d’émotions contradictoires, il ignore comment réagir. La diplomatie du scandinave porte ses fruits, abandonnant la fratrie à ses retrouvailles. La raillerie saugrenue lui fait l’effet d’une décharge électrique. Il en ricane, bêtement. La présence du cadavre près de lui l’aide à ne pas sombrer dans un excès de sentimentalisme. Affreusement meurtri, il a autant envie de le serrer dans ses bras que lui envoyer son poing dans la figure. « - Qui tu veux que ce soit d’autre ? C’est tout ce que t’as trouvé à me balancer, vraiment, un commentaire sur mon apparence ? Les coiffeurs courent par les rues dans la nature, et j'ai d'autres priorités, tu m'excuseras aussi. » Siffle-t-il, hargneux. « - Tu fous quoi avec eux ? C’est ça ta vie maintenant ? C’était bien la peine de tuer notre père, si c’était pour emprunter un chemin encore pire que le sien. J’aurais préféré continuer de te croire mort que d’apprendre ça. » Le mensonge racle sauvagement le palais, déclenche aussitôt les remords. Un éclair de chagrin déchire ses prunelles, mais se fait engloutir par les vagues acérées de sa rancœur. Il ne fait rien pour retirer ses paroles odieuses. S’il n’avait pas été son frère, Oswald l’aurait sans doute laissé se faire fusiller sans sourciller. Il en aurait peut être même donné l’ordre lui-même. Qui sait ? Certainement pas lui, confronté à un étranger aux traits pourtant si familiers et aimés.

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MessageSujet: Re: I've got you, brother [PV Tobias]   Mer 20 Sep - 13:10

La réalité prend des airs de rêve l’espace d’un instant, chasse quelque peu le cauchemar dans lequel il évolue depuis une éternité. Ses yeux le couvent avec prudence, caressent ses traits avec tendresse. Son visage en rappelle un autre qui suscite la même affection mais qui achemine quelques douleurs supplémentaires dans la poitrine. Plus besoin de fouiller sa mémoire en quête de son souvenir de plus en plus altéré, sa famille se tient juste devant lui. Peut-être plus pour longtemps cependant. Le danois ne l’oublie pas. Il peut s’agir d’un fantasme créé par son esprit malade et en demande constante de repères. C’est pour cette raison qu’il ne s’abaisse pas encore pour le libérer. Dans le doute d’une disparition instantanée. Sa lâcheté l'oblige à ne pas tester la théorie de la folie. Dans l’intervalle, il l’analyse. Ce frère qui aurait donc survécu malgré les macabres prédictions de la gosse, présente plus d’une différence avec les représentations dont l’escroc s’abreuvait jusque-là. L’inquiétude creuse légèrement les rides sur le front du mafieux, impossible de ne pas imaginer les difficultés amenant à ces changements notables. Sous les sourcils de son interlocuteur, les prunelles abritent quelques braises, dispersées très rapidement par les lèvres serrées. Face à cet incendie, Oswald ne peut que se perdre dans une hilarité totalement déplacée. Cette voix devient un sanctuaire dans lequel il se réfugie volontiers. Combien de fois n’a-t-il pas souhaité pouvoir l’entendre ainsi l’interpeller ? Son ténor s’apparente à une mélodie dont il ne pourrait se lasser. Pas après l’avoir définitivement perdu. Un immense réconfort l’enveloppe, soulagement qui a provoqué ce rire franc. Il se tient encore les côtes quand les prochains reproches fondent Il s’en vexera sans doute plus tard. Pour le moment, tout ça n’a aucune importance. Il reprend volontiers le mépris s’il peut l’avoir à nouveau à ses côtés.

Seule la dernière remarque appose une marque bien plus vive sur l’aorte. Le sourire s’estompe nettement, l’air s’avale avec bien moins de sérénité. La dureté de son expression finit par céder la place à son insolence coutumière néanmoins. Avec nonchalance, il s’agenouille en face du brun et lui pince puérilement la joue sans ménager la douleur qu’il pourrait lui occasionner. Geste qui se veut seulement porteur de réminiscences de leur enfance, qui ponctue l’impertinence de l’humain, qui les oblige à se remettre dans leurs rôles respectifs. Celui de l'aîné et du benjamin. Acte délibéré pour attester également de cette vérité. Le son ne lui suffit pas. Le contact ment bien moins que ses autres sens détraqués. Il se permet d’y croire juste un peu sans se départir de sa lividité. Il accoste les iris du prisonnier en se croyant toujours en présence d’un fantôme bien que le timbre suggère une normalité totalement factice. « Je t’aurais bien répondu le père noël mais c’est pas la période et t'as même pas apporté de cadeaux de toute façon. J’ai été un mauvais garçon, pas été assez sage pour recevoir quoi que ce soit ? J’ai droit à une punition ? Je peux au moins tirer sur ta barbe ? » Une moue vient appuyer sa petite comédie. Immature au possible. L’irriter, la seule vengeance qu’il se permet d’envisager pour les amères réflexions apportées. Sans doute qu’il en pense chacune d’entre elles. Il n’y a bien que l’arnaqueur qui ne peut se passer de l'autre. Le trentenaire a déniché un autre foyer, l’a même remplacé. Pendant que lui, il en crevait de ne pouvoir lui fournir le toit qu’il méritait. Il a vécu cette absence difficilement, ne l’a jamais exprimé totalement et a ensuite gâché ses chances quand finalement, il lui est revenu à l’âge adulte. Cet acte que son cadet ne peut lui pardonner, il le hantera toujours. Mais ses remords ne changeront pas la direction que leur relation a prise puisque de toute évidence, même la présomption de mort n’a pu réparer ce tord.

Ça ne l’empêche pas de l’aimer, de vouloir tendre les bras pour l’accueillir. Il aimerait pouvoir imiter ces familles qui le faisaient d’ordinaire gerber, qu’il jalousait sans jamais se l’avouer. Pouvoir juste l’étreindre. Mais la chaleur n’intervient pas dans ces retrouvailles, ne reste que les remparts qu’Il a dressé avant la fin du monde. « Comme ça fait plaisir d’entendre le doux son de ta voix, frangin. Putain que ça m’avait manqué de t’écouter me susurrer de gentils petits mots à l’oreille. » ironise-t-il pour partager quelque peu sa déception. L’insensibilité enrobe ses prochaines intonations. L’habitude des filtres devant l’émotion, du détachement volontaire pour se protéger, ce qui ne reflète pas forcément le train de ses pensées pour autant. « Faudrait penser à changer de disque sinon. Le vieux a canné y a un bon moment, fais-toi une raison, je sais pas. Pas besoin que tu le ressuscites en reproches ou que tu l’imites à la perfection en te montrant aussi détestable. Faudrait travailler cette attitude un peu, quoi. Puis on fait ce qu’on peut pour survivre, je juge pas ton look débrayé, perso. ‘Man, elle, aurait fait une crise cardiaque en te voyant, tu sais. » Le scandinave a appris à ne jamais la mentionner, la ramener au-devant de la scène lui permet seulement de rappeler à l’aventurier, les liens inéluctables qui les unit encore malgré la rancœur. A ce songe, les pupilles s’arrêtent sur le collier, la douceur lisse le faciès immédiatement. Il ne parvient pas à arrêter un second geste plus affectueux, secoue légèrement l’épaule adverse de sa paume. Il espère vraiment qu’il n’hallucine pas. Ça le tuerait.

L’anxiété se métamorphose trop vite en colère sourde. Si tout ça relève du miracle alors il s’est fait brillamment rouler. Dire qu’il a réussi à s’inquiéter quand elle a fini par ne plus revenir, cette sale môme. L’hostilité émane de l’infecté abruptement. « Je suppose que l’autre petite saleté a pas disparu pour rien. Tu lui diras, à c’te garce, qu’elle paie rien pour attendre. Elle m’a dit que t’avais canné, y a de ça quelques temps, la gosse de ta famille de bourges là. T’étais où depuis tout ce temps ? Qu’est-ce que t’as foutu ? » Sur la fin, le ténor s’effiloche, émet le tourment vécu face à l’annonce de son décès. Ne parvenant désormais plus à cacher la vivacité de son chagrin, il contourne pudiquement la chaise et s’attaque à la corde calmement. « Tu veux m’achever à coups de pelle de suite ou on s’arrête ici pour aujourd’hui ? De rien, au fait, pour t’avoir sauvé les miches, ta reconnaissance réchauffe mon petit cœur de pierre. » Ses doigts râpent les nœuds avec maladresse. Ses tremblements l’agacent. Il déteste perdre le contrôle de la sorte. Mais comment aurait-il pu prévoir ce retour improbable ? Comment aurait-il pu se préparer à vivre ce qu’il n’oserait même pas pu rêver ?

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MessageSujet: Re: I've got you, brother [PV Tobias]   Jeu 28 Sep - 11:00

Le rire singulier éclate, franc et massif. Il résonne dans son crâne aussi fort que le coup de feu. Ces notes communicatives qui lui ont tant manqué, accompagnées de souvenirs infiniment plus tendres que leur séparation abrupte. Il les a toujours chéries, adorées. Elles ont toujours su refaire de lui ce gosse perdu sans son grand frère, qui l’observe avec une admiration sans limites. Il aurait donné n’importe quoi pour les entendre à nouveau et pourtant, elles le pétrifient en cet instant. Son sang se fige dans ses veines, fait courir des glaçons sous sa peau. L’élan d’hilarité lui semble surréaliste, avec la cervelle explosée de la gamine juste à côté. Il ne comprend pas ce qu’il peut y avoir de si drôle, dans ce contexte morbide. Il se demande si l’ainé n’est pas devenu fou à lier, bon à enfermer. Il ne sait après tout pas ce qu’il a traversé pour survivre. La démence peut aisément prendre le pas sur la raison dans ce monde qui court à sa perte. Son visage à lui reste grave, effaré. Il a encore la gorge nouée par le drame qui vient de se jouer. La culpabilité ne fait que grossir dans sa poitrine, pousse ses organes pour prendre plus de place. Il n’aurait jamais dû la laisser explorer les alentours seule, elle n’était pas prête. Une erreur de jugement, de débutant, qu’il n’est pas en mesure de réparer. Le regard sombre, il attend que les pitreries s’achèvent. L'effronterie du danois lui fait mal à en crever. Il a l’impression abjecte qu’il tue sa partenaire d’infortune une deuxième fois. Qu’il crache sur sa dépouille sans une once de compassion.

L’insolent persiste et signe, s’accroupit devant lui. Il a un mouvement de recul primitif, cherche vainement à esquiver le contact physique. Une grimace tord ses traits lorsqu’il lui pince brutalement la joue, il secoue la tête pour s’en dégager. Le rapprochement n’a rien d’agréable, rien de souhaitable avec la dose de colère qui rugit sous l’épiderme. Il n’a pas envie de ça, de se faire infantiliser. De céder à la facilité, à l’affection qui glisse si facilement dans son palpitant. Les retrouvailles auraient pu être différentes dans d’autres circonstances. L’allégresse et le soulagement de le retrouver vivant auraient pu suffire à faire s’effondrer les murs érigés entre eux avant l’apocalypse. Mais Oswald est devenu tout ce qu’il redoutait. Loin de s’éloigner de ses vieux démons, il a scellé définitivement son union avec eux. La désinvolture du scandinave le fait frémir de rage et d’affliction. Il lui en veut toujours de l’avoir privé de vraies explications, d’une confrontation avec son géniteur. Il ne demandait pas grand-chose. Seulement une rencontre pour tourner la page, se forger sa propre opinion. Le bruit ignoble de la chair qui se délite contre l’asphalte reste incrusté dans ses tympans.

« - T’aimerais quoi, que je te félicite ? Une médaille tant qu’on y est ? T’en parles toujours comme si t’étais fier de toi. Vu tout ce que j’ai pu voir quand ils m’ont trainé ici, t’as parfaitement pris sa relève. Me fais pas croire que c’est pour survivre, tu te fourrais dans les pires embrouilles même quand t’en avais pas encore la nécessité. » C’est en lui, probablement en eux, ça circule dans leurs artères et moisit à l’intérieur. Le seul héritage que leur père indigne leur a légué, bien avant de s’écraser contre le bitume. Il ne comprend néanmoins toujours pas comment son frère a pu en arriver à commettre ce meurtre, à le préméditer. Peu importe à quel point il cherche à aller de l’avant, à pardonner, sa mémoire fourbe le ramène toujours à l’affreuse scène de crime. Mentionner leur mère à la suite n’arrange rien. « - Qu’est-ce que tu en sais de comment elle aurait réagi ? Elle nous aurait vus grandir si elle en avait eu quoi que ce soit à foutre. La mienne s’en moquerait, c’est tout ce qui compte pour moi. » Il hausse avec nonchalance les épaules, feignant l’indifférence. Seul son timbre le trahit, vacille légèrement. Le collier autour de son cou dément tout ce qu’il cherche à prétendre. Il ne se passe pas un seul jour sans qu’il ne pense à elle. Sans qu’il ne regrette amèrement son absence.

L’animosité palpable grimpe d’un cran lorsque l’escroc fait référence à Billie, crache sa bile sur elle. Tous ses muscles se tendent, se crispent. L’enveloppe entière tremble de rage, il a un mal fou à se contrôler tandis que le provocateur distille son venin. Les accusations honteuses coulent en lui comme de l’acide. Personne n’a le droit d’insulter ainsi sa sœur, même pas lui. Il se mord la langue le temps de se faire détacher, se relève et se retourne aussi vite qu’il le peut dès que les liens tombent. Le poing part tout seul, en pleine figure. Il ne ménage pas sa force, réagit d’instinct. Un des travers acquis en prison, la violence mêlée à l’impulsivité. La fâcheuse tendance à réagir au quart de tour. Oswald n’a connu que le moulin à paroles, le baratineur qui esquivait les affrontements physiques constamment. « - T’auras plus de facilité à expliquer que je me sois échappé avec des bleus sur la gueule. Je te conseille vivement de ravaler tes menaces. » Articule-t-il entre ses dents, la mâchoire serrée à s’en éclater les rangées de nacre. Les prunelles furieuses poignardent les siennes, s’y ancrent. « - Je t’interdis de l’insulter, de la salir grossièrement avec tes mensonges. C’est tout ce que t’as trouvé ? T’as pas besoin d’inventer n’importe quoi, je t’en tiendrai pas rigueur si tu m’as pas cherché. J’avais pas besoin de toi là où j’étais. » Il la croit forcément elle plutôt que lui, le malfrat notoire qui a fait de la tromperie son commerce. Il ne peut pas imaginer que la gymnaste aurait pu lui faire tant de mal sciemment, par pure vengeance ou jalousie. Il s’efforce d'anéantir la pointe de doute qui s’immisce entre ses côtes, gangrène la confiance absolue qu’il voue à sa cadette.

La dernière pique est gratuite, ne pourrait pas être plus éloignée de la vérité. Le vide qui s’est creusé lorsqu’il l’a rejeté n’a fait que s’élargir, ressemble désormais à un gouffre béant au creux de sa cage thoracique. « - Je dois te remercier d’avoir empêché de se faire buter le dernier membre de ta famille en plus ? C’est supposé être normal. » Un bref ricanement s’extirpe de ses lippes, avant qu’il n’esquive les rétines claires. Il prend appui sur sa chaise, en sentant la faiblesse dans sa jambe revenir à pleine vitesse. Les billes azurées se promènent sur le sol crade, contre les murs décrépis. Elles effleurent le cadavre ensanglanté, et il referme furtivement ses paupières pour chasser la vision macabre. La déglutition lui écorche la trachée. L’interrogation légitime le décontenance et il songe à inventer, à raconter une histoire moins sordide pour ne pas s’attirer sa pitié ou son mépris. Avant de se résigner à enterrer sa fierté. « - J’étais en taule. Pendant que tu faisais visiblement tout pour y retourner de ton côté. » Lâche-t-il du bout des lèvres, en lançant une œillade en biais au fossoyeur. L’un de ses pieds racle machinalement le sol, fait s’envoler la poussière. Ses leçons de morale lui semblent subitement bien moins crédibles, pour ne pas dire hypocrites.

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MessageSujet: Re: I've got you, brother [PV Tobias]   Jeu 5 Oct - 0:59

Les secrets s’empilent entre eux, des fragments de vérité que l’un et l’autre peinent à grappiller correctement. Les regrets en bordure du cœur, s’infiltrent sans mal dans le réseau sanguin et inondent l’organisme. Un chagrin qui gèle l’os et accule l’âme dans les tréfonds de la carcasse. Recroquevillé sur ces mains attachées qu’il serrait autrefois pour le réconforter, le danois compte ses erreurs. Il n’a pas assez de doigts pour les recenser. Sous sa prunelle ternie par la douleur, l’infecté discerne quelques ravages que le temps a opéré sur les paumes chéries. L’idée de n’avoir pu soutenir de son frère alors que l’apocalypse grondait, lui lamine la poitrine et ramène aux devants de la scène, son inébranlable culpabilité. Un poids sur les épaules avec lequel il compile très mal. Il profite de son repli pour s’adonner ainsi brièvement à la détresse, délaissant son masque empreint de détachement. Mais l’escroc n’a que peu de répit. Dès l’instant suivant, il se retrouve confronter aux conséquences. Les liens tombent et avec eux, le semblant de civilité qui régnait. Oswald a tout juste le temps de se relever pour se prendre la droite de l’impulsif. La surprise le désarme immédiatement et le rend hébété. Incrédule, il cueille sa pommette avec prudence et caresse machinalement l’endroit de l’impact sans oser croire ce qu'il vient de se produire. Tobias n’a rien d’un bagarreur, n’a jamais fait de mal à une mouche. Et pourtant, ils en sont là maintenant. Les survivants ont dû s’adapter au nouveau monde, il n’en fait sans doute pas exception. Ça devrait le rassurer sans doute mais ça n'est nullement le cas. Légèrement sonné bien plus par ce qui s’est passé que par le coup pris, l’arnaqueur ne bronche pas durant la tirade adverse, se contente de regarder son cadet en s’interrogeant sur la connexion qui les unit toujours, irrévocablement. Par le sang. A quel point sont-ils devenus étrangers cependant ?

La souffrance corporelle déserte très vite le rang de ses préoccupations immédiates. Les paroles suivent la même direction que l’acte. Il choisit à nouveau Billie plutôt que lui, forcément. Le quadragénaire ne peut pas le blâmer pour ça. Il lui a servi plus d’un mensonge quand sa sœur adoptive lui a fourni bien plus que de la poudre aux yeux. C’est à celui qui crie au loup le premier et à ce sale jeu, il a déjà perdu. D’abord abattu par la tournure de plus en plus houleuse de ces retrouvailles, le scandinave finit par retrouver ultimement des forces, les puisant dans ce qui fait le plus mal. « C’est mignon, hein, t’es là à me cracher ta haine en pleine gueule alors que t’es celui qui vient de me foutre une droite dans la tronche, qui crache sur notre mère qui était dépressive pour ton info à cause de la raclure qui nous servait de père. Parle pas d’elle comme ça, tu sais rien du tout. T’étais qu’un marmot quand elle chialait nuit après nuit parce qu’il la traitait comme la dernière merde. » Qu’Il l’insulte, le frappe si ça lui chante mais bafouer le souvenir de leur génitrice, ça, il ne peut pas le tolérer. Ça lui tord les tripes de l’entendre accuser la victime. Il mentirait s’il avouait ne pas avoir pensé de façon similaire à une époque. Mais cette phase de profonde colère lui est bien passée. Ne perdure que la faute et les faits. La fidélité au corps et l'affection intacte pour celle qui les a élevé.

Le mafieux embraie tout aussi vite sur les révélations que son interlocuteur daigne lui fournir. Sentant son palpitant se rétracter devant cette évidence. « Ensuite, tu m’annonces calmement que t’as été en taule ? C’est qui, qui s’amuse à se foutre dans les emmerdes pour le plaisir, hein frérot ? Qu’est-ce que t’as fait pour t’y retrouver ? T’as pissé sur la voie publique dans les quartiers huppés ? » Derrière la désinvolture, l’anxiété perce. Le regard s’immerge dans les iris inquisiteurs et y glisse assez de douceur pour dévoiler l’inquiétude sincère. L’ancien taulard se rappelle très bien des sévices psychiques et physiques qu’il a lui-même subi derrière les barreaux. Tout ça s’est déroulé en temps de paix, qu’a-t-Il donc dû subir en période de troubles ? Il n’ose pas l’imaginer. L’attendrissement lui fait esquisser un pas vers l’avant mais la réaction antérieure de son benjamin avorte ce mouvement. Le brun a tenté plus tôt de se souscrire à sa proximité. Inutile de réitérer l’expérience pour endurer une nouvelle déception. Les traits se durcissent face au constat. « Au passage, j’attends pas tes remerciements, ça fait même un bon moment que j’attends plus rien de toi, t’inquiète pas. » La tristesse pointe dans la voix malgré lui. Un soupir ponctue l’ensemble. L’agacement palpable fend définitivement l’indifférence. Une injure lui échappe, les doigts glissent dans la crinière alors qu’il exécute quelques pas de long en large pour évacuer son énervement.

Les émotions qu’il parvient si bien à refouler depuis la mort d’Elena, le submergent d’une seule et même onde sans qu’il ne puisse plus longtemps faire barrage de tout son bon sens. Tout ce qu’il a réussi à compartimenter intérieurement, lui échappe. C’est à peine s’il tient en place. La hargne grignote les cordes vocales à son insu et le ton monte naturellement d’un cran. « Tu crois que ça m’amuse de t’inventer un truc aussi merdique ? Ta gamine pourrie gâtée m’a croisé y a de ça je sais pas, quatre ans ? Quand tu créchais en taule, je suppose. Pendant que je lui filais son insuline, elle me la mettait profond. Mais t’as raison, protège-la. C’est sûrement le seul et dernier membre de ta famille à toi. A se demander pourquoi tu portes encore son collier hein ? Tu craches sur nous si fort, pourquoi t’as pas tout oublié définitivement ? Renie les choses à fond avant de la ramener. » Le regard se pare d’une férocité qu’il n’exprime qu’en de rares occasions.

Quelques enjambées pour se distancer de la silhouette aussi crainte qu'affectionnée afin de respirer. Il déteste perdre son sang-froid, ne supporte pas de ne pas dominer son impétuosité. Les semelles ramassent un peu d’hémoglobine et il observe, à la suite, les trainées qu’il a produites sans le vouloir. Les mains dans les poches,  il regrette amèrement d’avoir filer son paquet de clopes à l’autre abruti. Les pupilles toujours figées dans la mare de sang, il reprend. « Et ouais, c’est clair t’avais pas besoin de moi. T’aurais pu te recycler en décorateur d’intérieur et offrir à ton art, ta propre vie en retapissant ce sol. C’est peut-être ton kiff maintenant de te la jouer suicidaire pour ce que j’en sais. » Le point posé souligne une vraie question. Peut-être que la ressemblance qu’il partage avec leur mère, ne s’arrête pas à l’apparence. Qui sait. Après tout, il s'est retrouvé en prison pour une raison. Peut-être partage-t-il lui aussi un penchant pour l'autodestruction. De quoi nourrir les cauchemars de l'ainé et alimenter l'ironie ainsi que la contradiction de ce dernier.

D’autres intonations leur parviennent, quelque part à l’extérieur subitement. Elles brisent la quiétude relative régnant dans l’immensité de la pièce. Il les avait pratiquement oubliés ces imbéciles. Le trafiquant ignore si leurs chamailleries sont parvenues aux oreilles de ses acolytes et préfère autant ne pas vérifier cette théorie. Sans plus attendre, il revient sur ses pas et récupère mollement la corde échouée. Son plan se façonne très rapidement. « Je te ramène d’où tu viens. T’as qu’à jouer le jeu après je m’arrache et tu pourras faire comme si j’étais bien mort si ça te fait tant plaisir. Ou tiens, vu que t’en es à vouloir me foutre une branlée, tu peux aussi prendre mon couteau et me planter. Fratricide après le parricide, la boucle sera bouclée. » Pour marquer le coup, il lève les paumes vers le haut et joue au désarmé, lui laissant le libre accès à l’arme qu'il porte à la ceinture. Il lui offre un réel choix bien qu’il s'agisse surtout d'une mise à  l’épreuve gratuite. Jusqu’où sa haine le poussera-t-il ? Pas jusqu’au meurtre. Il ne veut pas croire que son petit frère se soit perdu à ce point.

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MessageSujet: Re: I've got you, brother [PV Tobias]   Lun 20 Nov - 1:18

L’aveu s’extirpe des lèvres presque par erreur, claque violemment contre ses tempes. Il regrette aussitôt son sursaut d’honnêteté. De ne pas avoir été capable d’inventer un mensonge basique au lieu de lâcher sans filtre l’odieuse vérité. L’espace d’une seconde, il hésite à retirer ses paroles, à prétendre à une mauvaise plaisanterie. Conscient du manque de crédibilité de l’opération, il se contente de se mordre l’intérieur de la joue. Balaie le sol crade de ses prunelles, à la recherche d’un semblant de dignité. Il se doute que son frère ne se satisfera pas de si peu, qu’une révélation en amène nécessairement d’autres. Il ne se sent pas prêt à s’épancher à ce point. Ce n’est ni le lieu ni le moment pour ça. Son vulgaire palpitant se gorge de honte. Il la sent qui s’infiltre dans sa maudite carcasse, laissant une sensation de froid glacial dans le moindre recoin de son enveloppe. Les prunelles claires bifurquent vers son vis-à-vis, s’y heurtent en dépit de l'affection qui s’y loge. La compassion qu’il peut y lire lui fait plus mal qu’autre chose. Il n’a pas envie de ça, de se sentir lié à lui pour cette raison-là. Qu’Oswald puisse se reconnaitre dans ses tourments le mortifie complètement. C’est encore trop douloureux pour être pris à la légère. « - C’était certainement pas pour le plaisir et tu peux te garder tes moqueries puériles. C’est une longue histoire et on en est de toute manière pas au stade des confessions larmoyantes, pas vrai ? J’aurais mieux fait de la fermer. » La dernière affirmation est marmonnée entre ses dents, l’énervement contre lui-même plus que jamais palpable. Il se voit mal lui raconter la succession de mauvais choix qui l’ont conduit derrière les barreaux. La nuit entière n’y suffirait pas. Il préfère ignorer la pique qui suit, la mettre sur le compte de la contrariété plutôt que de faire l’erreur de l’analyser.

Les accusations contre Billie l’écorchent, l’enragent. Leur accorder du crédit reviendrait à la faire chuter de son piédestal et il en est purement incapable. Il ne peut pas la croire si cruelle. C’est bien plus facile de remettre la faute sur un être qui l’a déçu un nombre incalculable de fois, et dont il n’attend plus rien. Il a besoin de se convaincre qu’elle lui a pardonné ses errances, qu’elle ne serait pas montrée si égoïste avec lui. Il refuse de croire qu’elle aurait pu se sentir menacée. Se persuader qu’il se serait détourné d’elle s’il avait su que l’ainé était toujours en vie. « - J’en sais rien si ça t’amuse, tout est possible avec toi. Si t’avais pas été un menteur invétéré avec moi y compris, peut être que ça serait plus simple d’avaler une énormité pareille. » Crache-t-il, déterminé à camper sur ses positions. Aussi bancales puissent-elles être. « - Qu’est-ce que tu voudrais que je fasse d’autre ? Que je te laisse proférer des menaces à son encontre sans réagir ? T’as pas honte, à quarante piges, de t’en prendre à une gamine qui fait la moitié de ton âge ? » Il le siffle, acerbe, affecté par l’allusion à leur mère biologique. Le danois fait ressortir ce qu’il y a de pire en lui, le conduit à se montrer affreusement ingrat. Il n’y a pas un seul jour où il ne regrette pas de l’avoir perdue, même si ses parents adoptifs ont comblé en grande partie le manque qu’il ressentait. Pour lui laisser une plaie encore plus béante à leur mort. « - Ce n’est pas parce que je la défends que je vous renie. Tu comprendrais ça si t’arrivais à mettre en sourdine ta jalousie à la con deux minutes. » Souffle-t-il finalement, l’amertume chassée au profit d’une pointe de douceur. Il lui semble que le malfrat n’a jamais compris ce qui est pour lui une évidence. Aimer une autre famille ne lui a pas fait oublier celle d’origine, n’a pas réduit son attachement envers lui. Ce n’est pas pour autant qu’il tient moins à lui qu’à sa cadette. Mais elle est sous sa protection et il ne peut pas tolérer que le scandinave lui manque de respect ou lui promette le pire.

Le sauveur s’éloigne de quelques pas, lui permet de récupérer son espace vital. Il en profite pour se frotter les poignets, réactiver la circulation pour ne plus sentir autant la brûlure de ses liens. Les pupilles dans la vague tentent de ne plus observer le cadavre, le désastre. Une part de lui espère se réveiller quelque part dans la nature, d’une de ces terreurs nocturnes devenues coutumières. La jeune femme proche de lui, occupée à surveiller les alentours durant son tour de garde. Mais ça voudrait dire renoncer à Lui, continuer de le croire mort. Le monde lui parait mille fois plus tolérable maintenant qu’il sait qu’il continue d’y vivre, aussi chaotique et injuste soit-il. « - On avait pas prévu de tomber sur des psychopathes qui s’amusent à charcuter des cobayes et des zombies au beau milieu de nulle part, tu m’excuseras. » Il frissonne en repensant aux horreurs qui se sont accumulées dans ses rétines. Les expériences macabres dont il ne parvient pas à saisir la finalité. « - Rien de tout ça ne serait arrivé si je ne l’avais pas laissée seule d’ailleurs… » Les remords raclent la trachée, l’étouffent littéralement. Il ne cherche pas à s’en cacher.

La bulle austère est percée par des éclats de voix, fait renaitre la boule d’angoisse dans le creux de ses entrailles. La provocation aux airs d’ultimatum le stupéfie. L’alignement d’énormités le sidère alors que le mafieux s’approche avec la corde usagée. Il n’arrive pas à déterminer s’il y croit réellement ou s’il ne fait que le tester, prêcher le faux pour avoir le vrai. Il se façonne un masque féroce, s’avance dangereusement en récupérant le poignard offert. Il se joue de l’incertitude une poignée de secondes, avant de ranger l’arme contre sa propre ceinture. Un ricanement émerge de ses lippes, vexé par la ridicule bravade. « - T’as perdu la tête ou quoi ? Tu t’es cru dans une tragédie grecque ? C’est pas parce que je t’ai arrangé le portrait que j’ai envie de t’éventrer ou que tu crèves. Pour qui tu me prends ? Me fous pas dans le même panier que toi je te prie et épargne-moi tes tests stupides. » Les sphères d’acier plongent dans les siennes, cherchent à lui démontrer sa sincérité. Il n’a récupéré la dague que pour lui donner une leçon, et ne pas se retrouver totalement désarmé en cas de nouvelle attaque de ses camarades. « - Fais ce que t’as à faire. » Soupire-t-il en tendant docilement ses deux mains, ayant assez confiance en lui pour être convaincu qu’il ne le livrera pas à l’ennemi.

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MessageSujet: Re: I've got you, brother [PV Tobias]   Dim 26 Nov - 1:26

Il aimerait pouvoir en rire. Réussir à se moquer de tout ce qu'ils se balancent. C’est sa tactique, son unique stratégie pour contrer le malaise, se déjouer des émotions. Mais face à Tobias, l’arnaqueur se trouve bien démuni. Désemparé,  il se contente ainsi de serrer la mâchoire et d’encaisser les remarques avec bien peu de patience. La moitié du discours, au moins, lui parait légitime et ça lui écorche un peu plus les nerfs de le reconnaître. La réaction de son frère n’apaise en rien la douleur. Au contraire, elle accentue le ridicule de cette situation, amplifie la brûlure. Les mots sèchent à la commissure des lèvres, plus assez de force pour alimenter le fiel. L’énergie n’est déployée qu’au moment où il lui faut approcher pour entourer à nouveau ses poignets. Méthodiquement et avec le plus délicatesse possible, le mafieux noue la corde de telle sorte que son frère puisse se détacher sans trop de mal, au besoin. Avec son benjamin dans l’équation, il refuse d’offrir la moindre chance au hasard. Les doigts s’assurent que la chair n’est pas comprimée avant de se replier. Le regard tente d’entrer en contact avec celui de son interlocuteur. La proximité et la menace réelle, proche de surcroît, le rendent affreusement nerveux. La main se contracte déjà autour du bras opposé pour mimer la poigne future. Il n’y applique aucune force pour le moment, il se contente seulement de se tenir là, prêt à jouer son rôle. Avant que le déluge ne se déchaîne, il se penche sur l’oreille du rebelle et se permet d’y glisser quelques paroles pour briser ce silence qui entretient son agitation.  « T’as raison, c’est être différent de moi que d’épargner son frère. C’est pas du tout ce que je viens de faire. T’as raison, je m’échine pas à te garder en vie, pas mon genre. Avant de me coller des cornes au front, tu devrais essayer de te demander ce qu’il s’est vraiment passé. » Le danois s’avance en l’invitant doucement à progresser le plus vite possible vers l’avant. L’impulsion ne leur achètera pas assez de temps pour quitter les lieux sans être rattrapés mais rester là n’est pas une option, encore moins une solution.

Sans se départir de son anxiété, le scandinave continue sur sa lancée. « C’est toi le comique de la famille. Non vraiment, t'as débuté une carrière de clown en taule peut-être ? Je ne vous renie pas du tout. Je ne veux pas que tu crèves. » Imitation absurde, ratée du cadet. « Deux minutes avant tu disais que j’étais mieux quand je bouffais les pissenlits par la racine. C’est bien, t’entretiens pas du tout l’incohérence. Assume un peu ce que tu penses jusqu’au bout, frangin. » La plaie ne se referme pas et à juste titre quand on sait qu'il a failli mettre un terme à son existence en le sachant décédé. La paume resserre sa prise alors que les pas se rapprochent et que le rideau de fer s’ouvre ultimement. Oswald marque un arrêt, ne relâche à aucun moment son faux prisonnier. Il délaisse les émotions chamboulant son expression et retrouve son masque d’indifférence avant de se tourner vers l’arrivant. Une silhouette féminine se dessine au coin de l’œil. « Je peux savoir à quoi tu joues, Oswald ? » Elle enjambe la distance les séparant d’une façon à la fois fluide et à la fois rigide. Martha, l’inquisition comme il se plait à la surnommer quand elle ne peut pas l’entendre. Le stress le ronge mais il n’en montre rien, vieille seulement à rester en contact direct avec son protégé. « Je l’emmène juste prendre l’air. Je me suis dit qu’y avait déjà assez de merdes à nettoyer ici. Puis je pourrai nourrir nos desséchés comme ça. Une pierre, deux coups. Pas de tâches. » Argument de raison, s’entend-il penser. Leurs expériences s'opèrent à divers niveaux. Les alimenter et en noter les effets ne parait pas insensé comparé au reste des hypothèses que l’organisation a, par ailleurs, avancé.

Arrivée à leur hauteur, la rouquine les évalue à tour de rôle. Le quadragénaire remercie le ciel d’avoir  hérité des traits paternels. C’est bien la première fois qu’il se fait cette réflexion. Sans doute la dernière. Le chasseur ne lui ressemble pas vraiment. Les similitudes ne sont visibles que pour un œil averti. Dès lors, ils ne risquent pas de se faire piéger. « Tu peux m’assurer que tu n’es pas dans un de tes sales trips ? »  « Pourquoi j’ai l’air d’avoir la cervelle à l’envers ? » Le regard de son vis-à-vis se fait transcendant, tente de le sonder. « Difficile à dire avec toi. J’aimerais juste éviter qu’on répète certaines erreurs. » « Ecoute, si je voyais des petits éléphantes roses, tu serais la première avertie. Pour le moment, ils sont juste bleus.» Un sourire ironique point sur le faciès ennemi une demi-seconde. Et il sait qu’il a gagné. Sa nonchalance sauve les apparences. « Ça ne m’amuse pas. » « Détends-toi. Je perds pas la boule. Allez, fais ce que t’as à faire. »  Les gants en latex claquent contre les paumes de la jeune femme alors qu’ils franchissent le seuil de la porte menant sur l’arrière du complexe. D’ici quelques minutes, elle aura nettoyé le plus gros des dégâts, enlevé le corps. Mais pour l'heure, il peut encore sentir son regard lui brûler la nuque.

L’air fouette les tempes à peine la semelle posée sur la terre. Pour faire bonne mesure, il bouscule son prétendu captif avec véhémence. Il n’ose même pas simuler la brutalité de peur que leur témoin s’en aperçoive. Il se méfie d'elle. A chaque coup d’épaule, la culpabilité grossit dans sa poitrine néanmoins. En traversant la petite cour accolée au bâtiment, les remords agrafés à l’âme, se multiplient. Quelques macchabées grattent la pierre à quelques pas de là, enfermés. L’homme a noté la profonde affliction du baroudeur un peu plus tôt. Il croit devoir atténuer cette peine-là. « Ta pote leur sera pas servi. J’ai dit ça pour déconner. » Il en fera ce qu’il en veut de cette information. Sans se départir de la dureté factice nécessaire pour cette entreprise, l’escroc le tire, le propulse parfois sans ménagement vers l’avant. Après avoir distancé suffisamment la bâtisse, il se permet de se montrer plus délicat dans les gestes effectués. « Indique-moi le chemin. Mais on ferait mieux de jouer la comédie encore un peu, juste par précaution. Je sais qu’ils se sont pas mal déployés autour du périmètre. Faut se méfier des psychopathes, il parait. » Il compte se taire ensuite. Mais l’écho est perturbant. T’as pas honte, à quarante piges, de t’en prendre à une gamine qui fait la moitié de ton âge ?  Il s’entête à lui briser le crâne. « Je te dirais bien que ça me rappelle le bon vieux temps, toi, moi, l'aventure mais pour toi, ça devait être le pire moment de ton existence, hein. T’étais loin de ta maman et de ta précieuse petite Billie. Elle, elle a sûrement eu droit aux confessions larmoyantes j’imagine pendant que je… » Foutais le feu à mon appartement. Il se mord la langue et continue de progresser hasardeusement pour le moment. La déception l’écroue à une amertume dérangeante. Il aimerait pouvoir faire abstraction, être plus conciliant mais la vérité, c’est qu’il en est bien incapable. L’insensible ne parvient pas à gérer des sentiments qu’il a tari pour en arriver à ce point précis. Dans ce simulacre de vie pour se faire une nouvelle fois rejeter par ce qui a toujours été le centre de son Univers.

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MessageSujet: Re: I've got you, brother [PV Tobias]   Ven 22 Déc - 16:39

L’irritation de l’aîné saccage ses propres nerfs, les lacère avec une violence inouïe. Ils rattrapent joyeusement le temps perdu. Les reproches se sont accumulés d’un côté comme de l’autre, les rongent jusqu’à la moelle. La rancœur s’est infiltrée profondément, gangrénant leurs cœurs. Il la sent, cette masse visqueuse et étouffante, dont l’emprise s’accentue à chaque battement. Elle s’étend plus loin, se disperse dans ses poumons. La guérison totale lui parait impossible. Aucun remède ne serait suffisamment puissant pour la chasser. Il peut seulement s’efforcer de la faire taire, l’ignorer jusqu’à ce qu’elle se réduise enfin comme une peau de chagrin. Il faudrait déjà qu’ils cessent de gratter la plaie, purulente d’avoir trop souvent saigné. Il ne demande que ça, au fond. Tirer un trait sur le passé, pardonner. Une part de lui l’a déjà fait, il y a bien longtemps. Mais tout ce qui l’a conduit à s’éloigner du danois est encore d’actualité. Autant si ce n’est davantage qu’auparavant. « - Tu ne retiens que ce qui te chante. Je disais que je préférais te croire mort plutôt qu’apprendre que le meurtre et la torture étaient devenus ton gagne-pain. Pas que je souhaitais que tu le sois vraiment. C’est pas mon problème si tu ne perçois pas la nuance de taille. » C’est l’une des rares choses qui l’ont aidé à tenir le choc en son absence, il le réalise maintenant. L’infime lueur d’espoir qu’il soit toujours en vie quelque part. Une braise sous la cendre. L’ignorance pour seule consolation. Son unique rempart.

Un sursaut de panique vient balayer le fiel des retrouvailles, répand un vent glacial dans la pièce. Le scandinave reste imperturbable mais la pression exécrable qu’il exerce sur son bras en dit long sur son état réel. Il suit la joute verbale sans broncher, compte silencieusement les points. Les pupilles perçantes de la rouquine le transpercent, figent le cruor dans ses veines bien qu’il maintienne effrontément le contact visuel. Aucun danger qu’elle discerne un lien de parenté entre eux, mais elle ne demande certainement qu’à retirer son nouveau jouet à l’escroc. La sadique finit néanmoins par laisser le bénéfice du doute à son acolyte, leur permettant de s’échapper. Le mafieux le bouscule sans ménagement, manque de lui faire perdre l’équilibre à plusieurs reprises. Il sent la douleur dans sa jambe qui se réveille vicieusement. Sournoise et insidieuse, elle choisit à nouveau le pire moment. Il se demande si son frère y trouve là un quelconque plaisir, accomplit sa petite vengeance avec un prétexte tout trouvé. L’idée l’effleure sans trouver réellement de prise sur lui. Malgré tout ce qu’il peut en dire et ce qu’il voudrait en penser, il sait qu’Il s’est toujours efforcé de le protéger. A sa manière, certes. Un brin malsaine et détraquée parfois. Mais il reste convaincu qu’il serait même prêt à mourir pour lui. C’est certainement la raison pour laquelle il lui épargne une critique acide à ce sujet. « - Comme s’ils allaient se gêner. Me prends pas pour un con Oswald. Pour ce que ça change maintenant qu’elle est morte de toute façon… » Il apprécie la vaine tentative pour le rassurer, sans être dupe cependant. Il les imagine déjà s’amuser allègrement avec le pauvre cadavre de la gamine. Il s’efforce de s’en moquer, de se convaincre que ce n’est rien. Juste de la chair froide, à présent que l’âme a déserté. Mais ça lui tord les viscères d’y songer. Il ne sait même pas ce qu’il va pouvoir raconter au camp. Ils ne lui confieront surement plus personne après cet échec lamentable. Il ne pourra pas non plus faire taire les mauvaises langues. Celles qui réécriront l’intrigue, pour le mettre dans la position du lâche ayant abandonné l’adolescente pour se sauver. Ce n’est pas la première fois qu’il revient seul d’une telle expédition. Il commence à épuiser son quota de ratés. La perte de toutes ses affaires jouerait toutefois certainement en sa faveur.

« - Dirige-toi où tu veux. Si tu crois que je vais t’emmener jusqu’à elle, tu te fourres le doigt dans l’œil jusqu’au trognon. Dès qu’on sera hors du périmètre comme tu dis, t’auras qu’à te tirer, je retrouverai mon chemin. » Affirme-t-il, résolu à ne pas l’amener trop près du camp. De toutes les règles au sein de la Communauté, il s’agit certainement de la plus importante. Il se refuse à la violer. Les insinuations acerbes le font soupirer d’exaspération. Il se retourne brusquement vers lui. Ses rétines claires cherchent leurs jumelles, furibondes. L’un des rares traits physiques qu’ils ont en commun. « - T’en as pas marre de jouer à l’imbécile ? Tu fais quoi là, tu prêches le faux pour avoir le vrai ? Pour la dernière fois si tu veux me revoir, mets-la en veilleuse en ce qui concerne Billie et ma mère. T’es complètement dévoré par la jalousie, c’est pathétique. T’as créé cette rivalité débile entre vous. T’as rien compris. » Crache-t-il avant de recommencer à marcher, en s’efforçant de dissimuler son léger boitillement.

Sa possessivité maladive est insupportable pour lui. Elle lui donne la sensation terrible d’être remis en cage. Ce n’est même pas comme s’il avait choisi. Comme s'il avait demandé à être adopté, à intégrer une autre famille. Le gosse ne jurait que par son grand frère, désespérant qu’il finisse par tenir sa promesse. Il n’a pas souhaité quitter son pays natal. Il n’a pas pu s’empêcher non plus de les aimer. Ses parents adoptifs, puis sa cadette. Ce n'est pas ce qui fait de lui un traitre. Il ne l’a pas oublié, il a continué de conserver précieusement ses cartes, ses précieux cadeaux. Des trésors qu’il ne partageait avec personne. Il n’a pas à s’excuser d’avoir été capable de s’attacher à d’autres. D’avoir tissé avec eux des liens aussi profonds que ceux du sang. Ils ne l’ont pas remplacé pour autant. « - C’est toi qui a tout gâché, arrête de rejeter la faute sur d’autres. Même si ce que tu dis est vrai, tu m’as perdu bien avant qu’elle n’intervienne. » Il le marmonne dans sa barbe, empli d’amertume. « - L’aventure, putain… T’en as une sacrée belle définition. Tu dois te sentir comme un poisson dans l’eau dans ce nouveau monde, non ? Ou ça a perdu de la saveur maintenant que risquer constamment sa peau est devenu la norme pour tous ? » Il ne peut pas le nier, il a rapidement déchanté sur les routes avec lui. Il se visualisait faire le tour du monde en sa compagnie. Pas enchainer les coups foireux sans profiter de quoi que ce soit.

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MessageSujet: Re: I've got you, brother [PV Tobias]   Mer 3 Jan - 0:13

Le visage fermé et le regard collé à l’horizon, le danois s’interroge sur les alternatives. Il ignore combien il pourrait en dénombrer. Dans les si qu’il aligne machinalement mentalement, l’histoire se réécrit d’une façon bien plus glorieuse. La mère en vie, les gosses terminant leur scolarité sans encombre. Peut-être qu’il aurait été à la fac. Peut-être pas. A vrai dire, tout ça n’a qu’un air de sitcom édulcorée et improbable. Dans aucun de ses petits scénarios, ça ne se termine en adoption et en fuite à l’étranger. Parce qu’au fond, c’est ce qu’il a fait. Il a quitté le pays qui lui avait arraché Tobias, enlevé Lisa et privé de sa génitrice. Associer leurs contrées natales à ses pires déceptions et cauchemars a été facile. Se convaincre qu’il voulait être partout ailleurs sauf ici, ça ne lui a pas pris plus qu’une poignée de secondes. Sauf qu’autour du globe, l’arnaqueur n’a jamais retrouvé la chaleur d’un foyer. Bien au contraire où qu'il aille, il est resté l’intrus qu'il était devenu. Plus aucun domicile, plus de refuge, seulement des points de chute. Et la chute, ça, il l’a bien expérimentée. Les regrets ne cessent de peser alors que la bouche adverse les énumère avec acidité. Même la fin du monde ne peut réparer leur relation. Pire encore, elle les divise un peu plus. Le soulagement déserte peu à peu le réseau sanguin alors qu’il maintient l’allure en silence, pressé de le voir quitter la zone d’influence de l’organisation meurtrière. Combien de fois devra-t-il se heurter au mur que le rebelle érige entre eux ? Le criminel en a la mâchoire fracassée et l’arrière-goût d’hémoglobine sur la langue. Des hémorragies fictives qu’il se garde bien de dévoiler à l’intéressé. Son cadet n’a rien du salaud qui foutrait des coups de pied à un homme déjà à terre. Et il se refuse bien de lui faire jouer ce mauvais rôle. Alors il n'en dit rien, n'en montre rien et il en crève en silence des remarques que son interlocuteur lui balance.

L’escroc maintient son mutisme un certain temps. Les nuages au-dessus de leurs crânes deviennent menaçants mais l’esprit n’est déterminé qu’à relever les détails immédiats. Comme le corps désarticulé d’une femme devant laquelle ils viennent tout de passer. Un zombie mort signifie qu’ils ne sont toujours pas seuls dans le coin. Ce qui l’oblige à demeurer un peu plus alerte. Ce qui serait plus simple si les mots du benjamin ne revenaient pas comme le ressac, cogner ses tempes. Quand le premier éclair zèbre le ciel, claque à seulement quelques mètres là, l’infecté sursaute. La pluie ne tarde pas à les submerger, emportée par des bourrasques de plus en plus violentes. D’un mouvement vif qui relève plus de l'instinct que de la logique, le quadragénaire retire sa veste pour la placer au-dessus de leurs têtes avant d’accélérer le pas. Par chance, un abri de fortune se dresse sur leur route. Un vieux cabanon au bois pourri, accueille ainsi les naufragés. Oswald propulse son protégé à l’intérieur sans attendre son consentement. La foudre claque derrière lui alors qu’il s’y loge à son tour. Le souffle court, il se place dans un coin de l’unique pièce et tord nonchalamment son blouson imbibé avant de le remettre sur ses épaules. Le regard ne se relève que pour accrocher les traits voisins. « Décidément, le karma te poursuit, frérot. Te voilà piégé en pleine tempête avec comment tu as décrit ça, ha oui, le croquemitaine qui jubile de voir le monde partir en vrille. » Un rire volontairement macabre lui échappe pour illustrer le propos, avant qu’un soupir ne le remplace. L’épuisement l’oblige à poser ses fesses contre le sol crasseux et à écouter simplement la nature se déchaîner à l’extérieur.

Le mafieux a de plus en plus de mal à se taire maintenant que l’inactivité régit la situation. Il ne lui faut pas plus d’une minute pour craquer. « Quand je pense que tu m’accuses pour la rivalité avec cette môme. Bordel, j’aurais vraiment tout entendu dans ma vie. Si moi, je savais que t’étais en vie et que je la croisais, je lui dirais moi au lieu d’inventer de la merde pour qu’elle te retrouve pas. » Le poing se serre, se desserre. Les poignets reposent sur les genoux qui tendent vers le plafond. Le dos courbé, la posture suggère un peu trop son apitoiement à son goût. « Crois ce que tu veux, après. Si ça te permet de bien dormir la nuit de penser que je suis le seul connard de l’histoire, écoute, tant mieux. Elle va s’en tirer comme d’habitude. Je suppose qu’elle t’a jamais dit que je m’étais pointé chez vous avant tout ce bordel ? Sans doute pas. » Un grommellement qui s’évanouit, les prunelles figées sur un souvenir évanescent. « Tu voulais que je fasse quoi au juste ? J’avais que dix-sept ans quand ils t’ont… » Pris, enlevé, arraché. Difficile de trouver un verbe neutre qui ne traduise pas la violence de son ressenti. Il se mord l’intérieur de la joue avant de reprendre. « … Adopté. J’étais même pas majeur. Tu sais bien que j’ai jamais voulu ça. Je sais pas ce que tu veux que je te dise. Entre tes menaces… » Il se racle la gorge et imite une fois de plus son timbre grave. « Si tu veux me revoir… » Les yeux roulent dans leurs orbites. « Ton interdiction que je sache où tu crèches et ta façon de croire que l’apocalypse, je vois ça comme Disneyland… » Les sourcils se froncent, le visage se durcit considérablement alors qu’il revoit Elena agoniser dans ses bras. Non, ça n'a rien d'un amusement de vivre dans un drame permanent. Les anciennes plaies tiraillent définitivement trop. Le ton devient plus sec en conséquence. « J’en déduis juste que ça t’arrange de me décrire comme la pire sous-merde. Et après, c’est toi qui parle de nuance. » Il reprend de la hauteur et lui arrache la corde avec peu de ménagement pour lui libérer les mains.

Cette fois-ci, il veille à s’écarter rapidement et amplifie son geste de sorte que le survivant comprenne qu’il redoute un second coup. Il n'a plus envie de lui cacher cette désillusion. « Je vais pas te demander de me revoir si ça t’est si pénible. Contrairement à ce que tu penses, j’ai jamais voulu autre chose que ton bonheur. Si c’était pas le cas, je t’aurais repris à ces gens dès que t’y as été placé, égoïstement. Mais j’ai rien fait de tout ça. J’ai même disparu du paysage pour que tu trouves ton foutu équilibre avec eux. » Et parce que ça lui était insupportable de le voir rejoindre une autre famille et d’en être exclus, rejeté. Plutôt que de se sentir abandonné et de faire la connerie de le kidnapper une nuit, il s’est juste envolé. Le plus loin possible. Définitivement, une fuite qu’il regrette plus amèrement que jamais.

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MessageSujet: Re: I've got you, brother [PV Tobias]   Dim 14 Jan - 12:29

Une énième salve de remontrances, de crachats hargneux. Puis le silence, enfin. Comme une enclume qui s’abat sur ses épaules. Un serpent qui lui noue le ventre alors qu’il s’éternise. S’il l’a blessé, l’ainé n’en montre rien. La mâchoire serrée et la mine imperturbable. L’absence de mots est toutefois infiniment plus inquiétante que le flot de paroles dont il l’a gratifié jusqu’ici. Il a beau lui en vouloir, être prêt à défendre encore bec et ongles sa petite sœur, il se sent coupable d’être peut être allé trop loin. D’avoir dépassé la limite, le seuil d’horreurs tolérable. Le mutisme le ronge plus fort que les critiques acerbes qu’il pourrait se recevoir en boomerang. L’angoisse démesurément. Toute sa vie, il a cherché à combler les blancs, s’élançant dans d’interminables monologues. Un trait de caractère attachant, qui n’était souvent qu’un tic nerveux. Un moyen de masquer ses angoisses. De cesser de réfléchir, au risque de prononcer des énormités de temps à autre. Il n’a plus six ans. Il n’est plus attablé à l’orphelinat, en train de redessiner le monde avec ses crayons de couleur. Vidé de tout espoir, il n’a plus une once de gentillesse à lui offrir. De réconfort à lui apporter. Juste des regrets et des reproches qui pourrissent à l’intérieur de son enveloppe. Ce n’est pas pour autant qu’il a envie de le voir disparaitre complètement de son existence à présent qu’il l’a retrouvé.

Des simulacres d’excuses sont sur le point de s’évader de ses lippes lorsque l’orage se met à gronder. Des trombes d’eau s’abattent sur eux, les contraignent à se réfugier dans le premier abri visible. Une cabane aux airs de mouroir, vétuste et abandonnée depuis des lustres. Il s’y engouffre sans que son frère lui laisse le choix, s’installe à un pôle opposé. « - J’ose espérer que tu crois pas vraiment à ce genre de connerie. » Persifle-t-il, en retenant un violent claquement de dents. Le froid s’immisce partout dans sa misérable carcasse, fait rouler des glaçons sous la peau. Il n’y a jamais cru au karma et à ce type de balivernes. Il est plutôt bien placé pour savoir que ce sont souvent ceux qui le méritent le moins qui récoltent le plus de souffrance. Que les meilleurs partent en premier. L’énième vague de plaintes lui arrache un profond soupir, empreint d’une lassitude évidente. « - Mais oui bien sûr, toi tu ferais tout mieux que les autres. Tu lui aurais dit ? Vu ton attitude, permets-moi d’en douter franchement. Et comment ça avant tout ce bordel, de quoi tu parles à la fin ? » Agacé, il en vient à hésiter à affronter le déchainement des éléments. Accepter de finir trempé comme une soupe pour ne plus se faire bassiner par les reproches et les jérémiades du malfrat. « - Tu crois que ça aurait suffit de te pointer chez moi la bouche en cœur de toute façon ? » Un ricanement bref le secoue. Il n’aurait probablement pas accepté de le revoir avant l’apocalypse. Obnubilé par sa rancœur comme s’ils étaient immortels, et qu’il pouvait le retrouver à tout moment. Il n’avait pas encore appréhendé la douleur infinie de ne jamais le revoir. Le gouffre de chagrin dans lequel il avait sombré en apprenant la destruction des autres continents. Il pensait qu’il resterait toujours du temps pour le pardonner.

Abasourdi, il sent l’énervement grimper face aux déclarations pourtant touchantes du danois. Il ne lui en a jamais voulu de ne pas l’avoir emmené. Il s’est bien rendu compte en grandissant qu’il n’aurait pas pu lui offrir un foyer stable, une vie décente. Sa jambe amochée tremble nerveusement en dépit de ses efforts pour la maintenir immobile, ses muscles se crispent. Il se sent fiévreux. Il se retient à plusieurs reprises de l’interrompre, mais le laisse déblatérer sans intervenir. Il ne s’autorise à répliquer que lorsqu’il retire la corde ses poignets sans précaution, lui éraflant l’épiderme au passage. Le geste net de recul l’irrite plus qu’il ne l’attendrit. Il bouillonne littéralement. «  - Parce que je devrais te remercier de pas m’avoir kidnappé quand j’étais gosse maintenant ? » Il a l’impression d’halluciner. De se heurter inlassablement à un mur, inapte à reconnaitre sa part de torts. « - Tu crois réellement que je te reproche de ne pas avoir pu me sortir de l’orphelinat ? Je suis plus un gamin. Evidemment que t’étais trop jeune. » Il secoue la tête, recentre la dispute sur la réelle cause de la déchirure. « - J’étais là quand tu l’as jeté dans le vide, putain. Juste en bas, pile au moment de la collision. Jamais je pourrai oublier cette vision. Je revois encore le corps écrasé par la chute, j’entends encore la chair se déliter sur le bitume. Ça continue de me hanter. Et toute cette mise en scène macabre… Comment t’as pu préméditer un truc pareil alors que je vivais avec toi ? » Sans réponse, l’interrogation le harcèle depuis qu’il a commis ce crime. Il n’accepte pas sa désinvolture chaque fois qu’il aborde le sujet épineux. Le manque apparent de scrupules dont il fait preuve.

« - J’en ai marre de ce dialogue de sourds. De t’entendre te chercher des excuses et pas comprendre pourquoi je lui concède le bénéfice du doute contrairement à toi. T’as piétiné allègrement ma confiance et tu voudrais quoi, que je te crois sur parole ? Que je te félicite d’avoir éliminé notre père parce que c’était un salaud ? De quel droit ? » Crache-t-il, en plantant ses prunelles furibondes dans celles du scandinave. « - Je sais plus qui t’es Oswald, et peut être que je l’ai jamais su au fond. Comment veux-tu que je te laisse t’approcher d’elle après ce que t’as fait par le passé, tes occupations dans le présent et les menaces que t’as proféré ya à peine quelques minutes ? Je passe ma vie à m’inquiéter pour elle et à la surprotéger, c’est certainement pas pour accepter que tu décharge ta colère sur elle. T’aurais accepté ça si les rôles avaient été inversés ? » C’est inenvisageable pour lui. Il refuse que Billie subisse son courroux de plein fouet. « - On se ferait virer de notre camp, voire pire si je révélais sa localisation. Il est pas question que je risque notre peau bêtement pour satisfaire ta curiosité. » Révèle-t-il finalement, en se mordant aussitôt l’intérieur de la joue. Il est possible qu’il en ait trop dit, avec un être aussi imprévisible que son frère. Il espère néanmoins qu’il se montre raisonnable, et comprenne les enjeux.

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MessageSujet: Re: I've got you, brother [PV Tobias]   Jeu 25 Jan - 13:48

Tout cet espace entre eux devient un être à part entière, une entité qu’il ne peut pas ignorer. Comme si ça lui était insupportable physiquement de se tenir à proximité, le benjamin se place à l’autre bout de la pièce. Tobias semble une fois de plus tracer une ligne fictive entre eux, deux camps s’affrontant. Cette même dualité partage l’esprit morcelé de l’arnaqueur. Entre amertume et affection, il vacille jusqu’à en avoir le vertige. Jamais, il n’aurait pensé que leurs retrouvailles se dérouleraient avec autant d’acidité. De toute façon, il n’avait rien à envisager car il le croyait mort. Les doigts lissent mécaniquement les esquisses de boucles sur son crâne, mouvement entrainé par l’humidité. L’un des rares héritages qu’il a lui-même conservé de leur génitrice. Las, il aspire l’air de manière pesante en fixant le gamin se débattre avec des émotions brutes. Les reproches, toujours, s’extirpant des lippes adverses, autant de poignards clouant le responsable à sa croix. Loin d’être un martyr, Oswald s’accorde seulement quelques nuances pour ne pas se laisser abattre par le jugement du frère amer. Les yeux traquent les prunelles de son vis-à-vis à plusieurs reprises avant de retrouver le chemin du sol. Ils en reviennent au point de départ, tout juste à l’endroit où ils s’étaient quittés. Rien n’a évolué depuis et quand bien même ils ont cru se perdre, ça n’a pas amené le rebelle à réviser son opinion de son aîné. De plus en plus divisé par l’intensité de ses propres sentiments, l'escroc exécute plusieurs pas en arrière jusqu’à ce que son dos heurte la paroi opposée. La foudre fait vibrer l’ensemble de la vétuste structure. L’orage se poursuit au-dedans, mutile la poitrine. Électrocuté par chaque mot, il en demeure sonné. Désarçonné par un tel emportement, une posture qu’il méconnait pour ne se soucier d'ordinaire que de ses intérêts. Le cœur au bord des lèvres et la main portée sur le bras où la morsure se planque, il se demande s'ils parviendront à trouver un équilibre.

Le cou arqué, les cheveux dégringolant de part et d’autre du visage, il relève le menton légèrement pour toiser son interlocuteur. « Ouais, t’as raison c’est un dialogue de sourds. Le même pratiquement qu’on a déjà mené y a de ça plusieurs années. A quel moment t’as pas capté que j’ai jamais voulu ça ? Je voulais lui foutre les jetons, Tobias, pas le balancer du haut de ce bâtiment. » Le ton sec lui permet de camoufler une instabilité particulière. Le regard retombe sur le bout des chaussures. Si le maintien corporel suggère une certaine docilité, la voix, elle, se fait plus grave, plus forte que jamais et recrache la rage que cette injustice provoque. « Tu juges sur quelques éléments mais toi, t’étais qu’un putain de gosse quand ça s’est passé. Tu te rappelles de que dalle, j'ai veillé à ce que tu aies le moins de souvenirs possibles de cette merde. C’est pas toi qui a dû la sortir de l’eau, qui a dû frotter le sang ensuite. Qui a appelé les secours, qui a dû leur expliquer de long en large la situation. Pas toi non plus qui a dû faire des choix pour l’achat du cercueil alors que t’avais même pas l’âge légal de te foutre une cuite. » Sa phrase termine en grommèlements inaudibles. A croire que l’accusateur le pense dénué de toute conscience, qu’il croit être le seul à subir ces cauchemars aux précisions macabres. « Il ne s’est pas retourné quand il s’est tiré. Il en avait rien à foutre de toi, de moi et encore moins d’elle. Il s’en servait juste les jours où il avait besoin de tirer son coup. Il nous a abandonné, tu croyais que j’allais lui pardonner comme ça ? Je voulais qu’il assume sa connerie, qu’il s’excuse. Mais c’est parti en diagonale. Il a osé nous trainer dans la boue, il nous a insultés et il a dit des choses sur elle… » Un frisson parcourt l’échine. Catin, faible d’esprit, une imbécile qu’il avait pris en pitié et qui ne parvenait même pas à le satisfaire. Trop conne pour se tuer. Cette partie du drame lui est si limpide en comparaison au reste. C’est là que tout s’est joué, là qu’il a perdu totalement son sang-froid.

Les pupilles se voilent quelques secondes, les intonations deviennent blanches, dénuées d’émotion. « Il s’est jeté sur moi et tu connais la suite. Mais j’ai déjà payé pour ça au cas où tu l’aurais oublié. Doublement. » En allant en taule et en perdant Tobias. Il se masse le front en reprenant. « J’espérais pas que tu m’accueilles d’une grande tape dans le dos quand j’ai voulu revenir vers toi mais j’avais besoin de t’expliquer ça. Et ta Billie-là m’a fait comprendre que je devais plus jamais te revoir. Mais j’ai pigé, ok. C’est elle, ta famille.» Difficile de l’admettre. Au fond, il a passé plus de temps aux côtés de cette gosse que de lui. La fatigue affective a raison de ses dernières forces. La sincérité remplace l’insolence et le défi, il se décide à tout sortir vu que de toute manière, ils sont en train de tout jeter sur la table. « Je sais pas pour qui tu me prends. Jamais je ferai du mal aux gens qui te sont proches. Ta sale mioche, je l’ai même aidée quand je l’ai trouvée, ok. Même si de toute évidence, elle le méritait pas. Donc tu vois, hein. Moi, je suis pas aussi puéril qu’elle. Et ma curiosité, elle t’emmerde au passage. Bordel, je t’ai cru mort, mec. C’est pas une idée que je me faisais, elle me l’a affirmé. Tu crois que ça fait quoi d’apprendre un truc pareil ? Hein ? Je veux pas que ça se réalise pour de vrai, putain, c’est tout. Laisse-moi aller le plus loin possible pour que je m’assure que tu vas pas te faire dépecer par le premier macchabée qu’on croise. Je sais pas dans quel état est ta guibole et je préfère pas parier là-dessus. » Un peu plus de culpabilité pour lui alors que les iris s’orientent vers le membre défectueux. Avant de s’attendrir davantage, il se redresse. « Puis j’en ai rien à foutre de tes remerciements, j’aimerais juste que t’arrêtes de me caler des cornes sur la tronche pendant que tu idéalises l’autre chipie. Un effort surhumain pour toi, j’en doute pas. » La langue claque. « Je croyais naïvement qu’avec cette fin du monde, t’aurais été un chouïa plus chaleureux avec moi. Désolé d’être encore là pour te les briser, écoute. » Une fois le point posé, il entrouvre la porte et vérifie l’état de la tempête. Pas spécialement pressé de ressortir. Il a la désagréable sensation d’avoir obtenu sa dernière entrevue avec le trentenaire. Et cette fatalité, il ne parvient pas à l'accepter.

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MessageSujet: Re: I've got you, brother [PV Tobias]   Sam 10 Fév - 22:50

La bile s’échappe des lèvres sans discontinuer. La vanne ouverte, forcée par son ainé, déverse un torrent d’amertume et de rancœur. Les reproches fusent comme des lames de rasoir lancées à l’aveuglette, forgées par le fiel accumulé durant des années. Elles le blessent tout autant en atteignant leur cible. Les plaies internes deviennent béantes, répandent leur cruor partout. C’est un vrai carnage à l’intérieur de la piteuse carcasse. S’exprimer à voix haute le broie, après avoir intériorisé sa colère autant de temps. Son courroux supplante la douleur cependant, l’empêche de s’arrêter. Il faut que ça sorte. Il ne tolère plus les réponses évasives, les esquives en forme de pitreries. Aucun soulagement à l’horizon pourtant. Il se sent horriblement vaseux lorsqu’il achève ses accusations. L’impression tenace de se retrouver paumé au milieu de l’océan, avec les éléments qui se déchainent violemment à l’extérieur. Dans une embarcation de pacotille, prête à s’écraser contre les récifs à tout moment. Il en a le mal de mer, le vertige de tanguer constamment entre sa fureur et son attachement. Loin d’avoir le pied marin.

Lorsqu’il se tait enfin pour que son frère s’exprime, ce sont des vagues de chagrin qui l’engloutissent. La réminiscence macabre a été enfouie profondément en lui. Il n’en garde que des bribes, des images floues. Les détails ont été effacés par la conscience traitresse, sélective. Celle qui échange les souvenirs contre des traumatismes. La vérité crue contre les terreurs nocturnes. Les maux dont il souffre sont bien plus sournois, bien plus insidieux que ceux qui détruisent son ainé depuis toujours. Le traitement différent de la scène ne l’empêche pas d’être affligé par la perte cruelle de leur mère. Oswald a raison toutefois. C’est surtout son acharnement à le protéger qu’il a gardé en mémoire. L’unique certitude qu’il possédait étant enfant. La conviction qu’il ne l’abandonnerait sous aucun prétexte. Certainement la seule chose qui l’avait empêché de sombrer dans le gouffre qui s’offrait aux gosses comme lui, orphelins maintenus dans un endroit lugubre par la contrainte. Le centre de son monde, qui chassait les angoisses et la peine comme on balaye la poussière. Il lui vouait une confiance aveugle, et c’est bien la raison pour laquelle il ne conçoit toujours pas l’absence de réciprocité.

Un long silence accueille les explications provoquées, alors qu’un souffle froid s’engouffre à l’intérieur de l’abri. « - Tu vois, c’est ça le plus malheureux avec toi. Faut te pousser dans tes retranchements pour obtenir autre chose que le je-m’enfoutisme habituel. » Déplore-t-il, des éclats de verre coincés en travers de la gorge. Les rétines claires s’ancrent à la silhouette, cherchent le regard fébrilement. « - T’avais besoin de me dire tout ça ? Moi j’avais besoin de l’entendre ya dix ans, et t’as pas été foutu de me répondre. Ni même de me faire assez confiance pour pas préparer ton sale coup en douce. C’est ça qui a été le plus terrible à supporter. Que tu daignes même pas m’informer de ce que tu comptais faire. » Il aurait voulu se faire son propre jugement. Constater de ses propres yeux quel déchet doublé d’un salopard était leur géniteur. Il ne se faisait aucune illusion sur lui, mais il aurait voulu qu’on ne le prive pas de l’occasion de s’y confronter. « - J’aurais pu comprendre la soif de vengeance. Elle m’a mené dans les mêmes travers que toi des années plus tard. Mais que t’organise ça dans mon dos, comme si j’étais qu’un vulgaire étranger, comme s’il avait pas des comptes à me rendre à moi aussi… » Un aveu pour d’énièmes remontrances. Pas prêt à s’épancher pour autant. A croire qu’ils avaient ça dans le sang. Voués à gâcher leur vie exactement de la même manière. En orchestrant une mise en scène ridicule, avec pour dernier acte un drame inévitable. « - Je parviens toujours pas à te le pardonner. » Souffle-t-il, en serrant puis desserrant le poing pour faire partir les picotements au creux de sa paume.

Ta sale mioche. Elle le méritait pas.
Les crachats hargneux continuent de tourner dans la caboche, attisent l’irascibilité patente. Ils tournent en rond. « - Je l’idéalise pas, je veille sur elle, c’est tout. Tu crois que ça me fait pas du mal à moi aussi qu’elle ait pu prétendre ça ? » Le mensonge lui semble abominable. Sans doute pour ça qu’une part de lui reste dans le déni. Préfère attendre la version des faits de la diabétique, alors que le danois se montre de plus en plus convainquant. « - Pourquoi je te ferais revenir dans ma vie ? Puisqu’on en est à parler de mérite. Tu me parles de survie mais t’es juste monté de plusieurs degrés dans le vice en rejoignant ces tarés. Comment tu peux participer à ces saloperies et espérer que je sois chaleureux avec toi ensuite ? T’aurais pas sourcillé si ça avait pas été moi. » Une autre chose qu’il n’encaisse pas. C’est bien au-delà des simples escroqueries d’antan, même des vols à main armée. Il ne parvient à ressentir qu’une brutale répulsion en imaginant ce à quoi Il s’adonne désormais. «  - Tu sauras jamais à quel point je suis soulagé de te savoir en vie. Mais j’ai déjà touché le fond, c’est pas pour me remettre à creuser. » Il ne réfléchit pas avant de lui asséner de nouvelles horreurs. Ne réalise pas aussitôt combien il risque de s’en mordre les doigts. Jusqu’au sang, jusqu’à entamer l’os.

« - Ya longtemps que j’ai appris à composer seul avec ma jambe amochée, et on est d’ailleurs plus très loin du camp. Les vivants m’ont apporté infiniment plus d’emmerdes que les macchabées faciles à duper. » L’éclopé se relève sans doute trop vivement, juste pour prouver ses dires. Ignorant l’éclair fulgurant dans son tibia. Il a sa méthode pour ne pas se faire dévorer quand sa guibole le lâche. Peu effrayé à l’idée de se couvrir le corps d’entrailles de zombies s’il le faut. Sur le point de sortir, il esquisse contre toute attente un pas vers le scandinave lorsqu’il le frôle, brise la distance de sécurité. Malgré l’animosité qui lui brûle les veines, il n’hésite qu’une fraction de seconde avant de le serrer dans ses bras. Le geste est gauche, presque déplacé. En contradiction totale avec ses critiques tranchantes. Il n’obéit qu’à son instinct, qui lui hurle que le contact est vital. Qu’il aurait probablement mieux fait de commencer par ça, plutôt que de le cogner. Des regrets qui restent informulés, coincés dans la trachée. « - C’est toi ma famille, depuis le début. Arrête d’être mauvais parce qu’elle en fait partie aussi. Être son frère m’empêchera jamais d’être le tien. » Il murmure la promesse contre son oreille, puis se détache à contrecœur de l’enveloppe fraternelle. « - Me suis pas, il m’arrivera rien. » Affirme-t-il avec toute sa force de persuasion avant de s’extirper dehors. Peu convaincu qu’il lui obéisse vraiment. L’orage calmé lui permet au moins de s’échapper avant d’aggraver encore plus leur situation désespérée.


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