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 Started off as a wildfire [PV Lisa]

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Started off as a wildfire [PV Lisa]   Jeu 7 Sep - 0:40

Started off as a wildfire
We were lovers for the first time. Running all the red lights. The middle finger was our peace sign. We were sipping on emotions. Smoking and inhaling every moment. It was reckless and we owned it. We were high and we were sober. We were under, we were over. We were young and now I'm older but I'd do it all again.


Un sourire en appelle un autre. Les billets glissent au fond des poches, des liasses qui grattent la paume tandis qu’ils dévalent paresseusement les rues. Son humanité, il ne la regrette déjà plus que pour cet aspect. L’infecté se serait plu à remplir ces flacons de son propre sang. Plus qu’enchanté à l’idée que cet organisme futile fournisse sans détour, l’oseille qui pèse agréablement contre ses mains repliées. Il aurait été jusqu’à épuiser son énergie dans cette entreprise, aurait peut-être ainsi pu doubler ses employeurs. L’escroc rêve en silence, emporté par la marche de son comparse d’infortune. Au détour d’une rue, leur prochain client leur tend les bras. De nouvelles coupures pour alimenter leur butin quotidien. Dans ces quartiers hantés par la racaille et la misère, les deux mafieux font fortune, raclent le désespoir des créatures en mal de leurs dons, pour remplir leurs blousons d’or. Et quand on ne peut les payer, la négociation s’opère. Montres, bijoux, l’œil expert de l’arnaqueur réussit à dissocier le bibelot du diamant. Des maris qui troquent leur alliance pour obtenir l’objet de leur convoitise, il en a croisé plus d'un. Son regard s’égare sur l’inscription de celle qu'il vient de soutirer au dernier acheteur de la journée. Deux prénoms liés pour une seule supercherie. A quoi ça rime de graver quelques lettres sur du métal, de penser qu’un contrat suffit à cueillir l’éternité ? Oswald n'a jamais compris. Son esprit impitoyablement logique le préserve de ces considérations utopiques et absurdes. Bien trop réaliste, de toute manière, pour adhérer à un concept datant d’un autre siècle. Tandis qu’il range l’anneau, qu’il part en quête de son complice, échoué quelques allées plus loin, le danger l’interpelle. Sans faire de vagues, le roublard obtempère immédiatement à l’injonction d’un milicien.

Le soldat, un peu trop nerveux, l’oblige à s’agenouiller près du coéquipier qu’il était occupé de chercher. Un soupir franchit ses lèvres à son insu, l’œillade peu amène qu’il adresse à son acolyte, ne lui apprend rien de concluant. Son voisin a tenté d’échapper à l’autorité, l’hématome sur sa pommette en témoigne. Après l’avoir menotté à son tour, l’officier agite une fiole sous ses yeux faussement hagards. Quelqu’un les aurait vendus ? Sans se laisser démonter, le danois observe en feignant toujours la surprise le liquide pourpre. « On a trouvé quelqu'un en possession de cette petite chose cet après-midi. Un type plutôt bavard nous a affirmé que le vendeur rôdait dans les parages. Et étrange, je tombe sur deux hommes répondant à cette description à l'instant. » Par chance, les preuves se sont évaporées, la marchandise a été écoulée dans son entiéreté. Seul le liquide pourrait éventuellement attirer l'attention.  « Je ne sais pas ce qui vous fait croire que je suis lié de près ou de loin à cette affaire. Je ne connais pas cet homme. Je ne comprends même pas ce qui se trouve à l’intérieur de ce truc. » Ses intonations se parent d’une telle sincérité, que son mensonge prend des airs de vérité. Sauf que ça n’arrange pas le militaire qui croit tenir entre ses griffes, un nouveau trophée. Le scandinave a flairé la personnalité de ce pauvre type désespéré, enhardi par son besoin de reconnaissance. Ça se voit, ça se sent ces choses-là. « C’est du sang mais tu le sais très bien, ne joue pas au plus malin. On sait qu'un petit trafic illégal a débuté depuis un moment. » Mimant la confusion avant de jouer l'offusqué, le quadragénaire se permet de remonter ses mains liées jusqu’à la poche intérieure de sa veste.

Il n’en faut pas plus à leur opposant pour réagir. Ce dernier relève le canon de son arme, oblige ainsi le fumeur à stopper net tout mouvement. « Une cigarette m’aiderait, le stress, vous savez, c'est pas bon. Puis je croyais que le don de sang, c’était encouragé ? Aider son prochain.... Tout ça. Voyez, si j’étais du bon groupe sanguin, moi aussi, sans doute… » Tentative de diversion vaine. Il tente de s'acheter du temps. « Vous vous foutez de moi ? » Un rictus manque de poindre sur la bouche de l’insolent. Néanmoins, son adversaire se rapproche, ôte une clope généreusement de sa poche avant d’en extirper également la bague que le menteur a déniché juste un peu plus tôt. Lui aussi s’attarde sur l’identité des heureux époux. « Leonard ? » Oswald joue immédiatement le jeu, y voyant un moyen de parfaire sa fausse image. « Oui. Et ma femme ne va pas être spécialement ravie quand elle apprendra que son époux ne sera pas rentré pour l’heure du dîner. Tu as du feu, mec ? » Sa petite comédie a au moins pour effet de calmer nettement son condisciple. Avec difficulté, le briquet parvient à embraser la cigarette.

Tout en serrant affectueusement le filtre entre ses lippes, le criminel se laisse être fouillé. L’argent ne tarde pas à être dévoilé. L’enquêteur le brandit avec fierté, la lueur dans sa pupille annonce un triomphe bien précoce. « Et ça, tu l’expliques comment ? » « Je gagne ma vie honnêtement, monsieur. Et je ne fais confiance à personne alors je garde le cash sur moi. »  « C’est ça, ouais. Tu expliqueras ça aux renforts qui ne devraient pas tarder à arriver. » Parce qu’il n’est pas capable de gérer deux mecs comme nous ? Il a envie de rire. Envie qui s’estompe dès l’instant suivant. Dans un premier temps, la silhouette flirte avec son horizon. Il en apprécie les courbes avant de s’attarder sur les traits. La clope au bout du bec chute immédiatement, atterrit contre son jean, au niveau de la cuisse. Trainée incandescente qui poursuit sa course jusqu’au sol. Les couleurs abandonnent les joues, la stupeur entraine une tétanie momentanée. Si on lui parle, il n’écoute pas. Allez, encore une hallucination. S’entend-il penser.

Ce ne serait pas la première fois. Lisa, c’est son mirage fétiche après tout. La parfaite représentation de son insouciance envolée. Parfois, il croit l’entendre rire. Souvent, il la visualise à ses côtés. Mais il faut avouer que l’âge ne varie, d'ordinaire, jamais. Elle a toujours dix-sept ans quand les chimères se manifestent. Et ça n’est pas une gosse qui se tient juste devant lui mais une femme. Coïncidence, juste une ressemblance que son esprit malade, détraqué amplifie. D’ici quelques minutes, le fantasme s’évanouira pour placarder contre la rétine, la réalité. Et en attendant, il devra vivre avec les  émotions que ce leurre provoque inéluctablement. « Je vous en prie. Ma femme va finir par s’inquiéter. » implore-t-il. Son canular n’a jamais paru plus vrai. Et pour cause, sa supplique prend racine dans la douleur que cette apparition réveille. Maudite blonde qui secoue des plaies si mal refermées.

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MessageSujet: Re: Started off as a wildfire [PV Lisa]   Dim 17 Sep - 14:24

Started off as a wildfire

L'affaire est bouclée en un quart d'heure à peine. C'était certainement un boulot de routine dans l'esprit du gosse - un type à peine sorti de l'adolescence, hésitant, nerveux. Ils ont déjà vu pire, bien pire. Mais, elle ne s’embarrasse pas d'inutiles états d'âmes. Une seconde équipe s'occupe de ramener le prévenu, saluant leurs collègues d'un léger signe de la tête. Peu importe désormais, son esprit est fixé sur les interventions à venir. Ils bougent constamment depuis ce matin, l’œil vif, alerte. Après avoir vu les derniers détails, elle rejoint le véhicule alors que quelques bribes d'une conversation radio parvient à ses oreilles.

Des mois auparavant, la fatigue l'aurait faite trembler. Avant du moins. Les souvenirs de chacune de ses affaires s'entassaient, se mêlaient en des classements inconscients comme si elle était devenu plus machine que la conscience d'un être de chair. Plus bête qu'humaine, elle entrait dans une valse endiablée avec sa nouvelle nature, cette autre sauvage qu'elle cantonnait à l'inconscient. Elle se surprend encore aujourd'hui dans cette froideur calculatrice. On s'amuse silencieusement, même si l'on respecte, cette apparente impassibilité dans cette application à juger l'autre.

S'arrachant à ses brèves méditations intérieures, la Peacekeeper triture sa manche du bout des doigts. « La situation ? » demande-t-elle calmement. « Deux suspects, types louches, attrapés avec du sang et des billets » marmonne-t-il en couvrant les derniers grésillements de la radio. Son équipier ne s’embarrasse pas des détails ou du jargon inutile qui fait le bonheur de certains. Ouais, c'est beau ces mots qui roulent sur la langue et qui donnent des allures de professionnels. Mais les pattes dans le cambouis et les bottes dans la boue sont plus du goût de cette "fine équipe". Chez ses camarades, il n'y avait pas cette pitié amicale, juste une proximité professionnelle dont chacun savait se contentait. Elle écoute attentivement le reste des détails. Rejoindre le lieu de cette possible arrestation, c'est l'affaire d'une poignée de minutes.

Alors que l'équipe tourne au coin de la ruelle, son regard tombe sur cette scène aux accents familiers. Il n'y a rien d'exceptionnel dans cela... Du moins, jusqu'à ce que son regard se pose sur l'un de ces hommes.

Les traits sont usés, fatigués. Le visage aurait été ainsi marqué par les années s'il respirait encore. Un sosie ? Cette manifestation lui paraît ridicule, vulgaire. C'est là un songe violant la dichotomie du temps pour venir s'inviter dans ses journées. Elle secoue lentement la tête. Dans un toute autre monde, une toute autre existence, la chose lui parait de la plus grande incongruité. Après des mois de convalescence mentale, les manifestations traîtres de son passé avaient pourtant cessé.

Ce n'est qu'un hasard. Il ne pouvait être là, le fiel du regret laissant un goût amer dans sa bouche. Une fine pellicule vient envelopper ses doutes. Elle vient occulter ces pensées, focalisant l'esprit de la femme sur la situation. La fragilité de la chose l'effraie et la pousse à violemment bloquer sa mémoire, à nier toute ressemblance possible. Elle est au bord d'un précipice prête à basculer sous la moindre brise. La femme finit par laisser ses convictions noyer temporairement ces réflexions. Oswald est mort. Cette simple phrase vibre soudainement dans son esprit, comme la plus simple des évidences prête à combattre la plus tenace des apparitions.

« ... l'dit que sa femme l'attend. » Elle fixe le collègue ayant procédé à la fouille. Le gars exhibe un air patibulaire. Il hésite un tantinet, semble préférer céder à la place aux nouveaux venus. Pas besoin d'être un détective de choc pour spéculer sur les raisons de sa réticence : une bavure encore fraîche peut-être. Certainement même. Lisa tolère son attitude. C'est préférable d'avoir le terrain libre et d'éviter les rares (mais parfois présentes) prises de bec résultant des egos respectifs des enquêteurs.

Ses ongles s'enfonçent au creux de ses paumes. Une respiration. Elle concentre son attention sur la citation au point où les contours de sa réalité deviennent flous. Cette manie de chercher les faces des disparus et à les superposer sur celles des vivants n'est qu'une habitude malsaine. Le mensonge à soi-même et le déni valent mieux que la vérité ; cet homme ne sera qu'un antagonisme possible, coupable à défaut d'être innocent.

Son instinct ne la trompe pas même si ses sens tendent habituellement à la faire pencher vers la sentimentalité. A l'écart, elle échange quelques mots avec l'enquêteur sur place - des renseignements sur la situation, rien de bien majeur. « Comment elle s'appelle, votre femme ? » demande-t-elle. Une question simple, sobre. Autant attaquer le mensonge par les plus petits détails et faire son chemin jusqu'au cœur de cette toile de bobards adroitement tissée. Sa méfiance fait sourire les plus innocents. Elle plaint le commun, si facilement abreuver par les fadaises d'un nigaud quelconque.

Son collègue lui montre l'anneau qu'il indique avoir trouver dans la poche du gars. Il esquisse un geste, le lançant dans sa direction. Elle attrape le bijou au vol. Le métal est froid. A l'intérieur, deux noms gravés. Elle sent le poids de sa propre  alliance tel un membre fantôme – reléguée au fond du tiroir de sa table de chevet depuis ce qu'il lui paraît être une éternité. Le passé est insidieux, audacieux dans sa manière d'investir la moindre de ses pensées, le moindre de ses doutes. Elle préfère étudier l'objet et éviter de croiser de nouveau les traits d'un autre homme sur ceux de cet individu. « Pourquoi ne portiez-vous pas votre alliance ?
»  Peut-être se retournera-t-elle enfin et ne trouvera qu'un étranger et non le garçon qu'elle connut dans une autre vie.  
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MessageSujet: Re: Started off as a wildfire [PV Lisa]   Lun 25 Sep - 22:23

Les yeux l’agrippent et la fuient de façon compulsive.  Les spasmes saisissent la poitrine à chaque fois qu’il l'observe. Là-dedans, ça se débat, ça crie au canular. L’esprit ne cesse de lui rappeler la précarité de son état mental à l’heure où les globes oculaires redessinent  cette silhouette un milliard de fois. Redécouvre un mystère fascinant. L’envie d’y croire accroche le corps tout aussi viscéralement que la peur noue les tripes. Cette réalité l’effraie pour plusieurs raisons. Peut-être qu’il vaut mieux que cette idylle reste là où elle est, un morceau d'histoire, un fragment du passé. Pas encore tout à fait terni par ses méfaits, tout juste par leur manque de maturité, par l’absence de leur sens des responsabilités. Mais depuis, il a fait bien pire que de lui obéir, de délaisser leur gamine sur un banc abandonné. Pour une fois, l’escroc se sent honteux de la vie qu'il a menée. Le jugement d’autrui ne l’a jamais intéressé, jamais atteint. Ce pouvoir n’est détenu que par trois personnes au fond et Lisa en fait intégralement partie. Risible au fond qu’il fasse preuve d’autant de sentimentalisme pour un flirt d’adolescent. Sans doute qu’elle a toujours signifié bien plus que ça. Elle l’a touché d’une façon qui n'a jamais pu être égalée. Il lui a donné plus d'un pouvoir sur lui, en toute conscience. Et comme un môme qui a oublié de grandir, un adulte qui réemprunte ses fringues à l’enfant qu’il était, il se sent, désormais, à l’étroit soudainement dans sa propre carcasse, dans cette existence qu’il n’a affublé d’aucun sens.

L’arnaqueur la dévisage quand la voix adverse se propage dans leur environnement sonore et déverse un peu plus de troubles sur ses émotions emmêlées. Des tonalités familières et éloignées, un vieil écho qui l’oblige à considérer la forte probabilité à ne pas être en train d’halluciner. La nervosité ne peut se manifester, il garde seulement le contrôle en mâchonnant l’intérieur de sa joue. N’oublie pas la situation périlleuse. Ni les conséquences désastreuses. Après tout, fantôme du passé ou non, la blonde a rejoint la milice. Elle n’est donc pas son alliée. Pas pour l’instant du moins. Les questions de son opposante ont provoqué plus d’un raté et se concentrer lui parait être hors de sa portée. Il détourne ainsi son attention, préférant poser son regard sur l’autre soldat plutôt et rassembler ainsi le fil de ses pensées. Sans se départir de son expression affligée, le danois poursuit sa petite comédie, félicite sa mémoire pourtant défaillante d’avoir emmagasiné le prénom de l’épouse du Léonard qu'il a dépouillé. Les inscriptions gravées dans l’or, le sont tout autant dans le crâne. « Comme indiqué sur l’alliance que vous tenez… Elle s’appelle Elizabeth. » L'accent nordique traine malgré lui, teinte son anglais perfectionné. Une idée germe très rapidement à la suite. Il tente le tout pour le tout, le besoin d’indices se faisant sentir. Aliénation ou miracle ? Il doit savoir. « Même si elle préfère qu’on l’appelle Lisa. » Les prunelles se délogent du visage masculin pour basculer vers la quadragénaire, l’attente vorace inonde l’iris avant qu’il ne finisse par hausser des épaules avec nonchalance. « Je ne sais pas pourquoi je vous raconte ça. Ni pourquoi vous me le demandez, ce n’est pas comme si vous la connaissiez. » Un soupir massacre le silence avant qu'il n'avise son acolyte à l’air toujours penaud sur sa gauche.

Il capte tout juste à la volée l’avertissement qu’il lui soumet d’un signe discret de la main. Seulement, Oswald ne veut pas y répondre, refuse de griller ses chances. Ne peut se résoudre de partir avant d’avoir éclairci correctement le mystère. « C’est plutôt embarrassant. » Prétexter l’adultère risquerait de provoquer une condamnation ferme et sans appel. Foutue prohibition. L’excuse toute trouvée se fait ainsi congédier au profit d’une justification bien plus neutre et acceptée par l’autorité. « J’exerce un métier qui ne me permet pas de la porter, mon alliance. Ma femme me le reproche souvent mais j’ai déjà manqué de la casser ou de la perdre par le passé. Comprenez, je ne veux pas risquer un divorce à cause d’une étourderie. » Une moue vient appuyer son baratin. L’autre remue près de lui. Il l’ignore sciemment, continue à coopérer.

L’autre prisonnier se relève brusquement sans attendre l'aval de son complice, le bouscule même durant la manœuvre. L’épaule de l’infecté heurte le sol abruptement, il grogne pour la forme en observant le second trafiquant se débattre avec la justice. D’un coup d’épaule violent et bien placé, le fuyard repousse le milicien avant de s’éloigner très rapidement. Ce dernier le poursuit immédiatement. Ils disparaissent tous deux à l’angle de la rue, laissant à leur sort les scandinaves. Les mains moites et la pupille aventureuse, le mafieux avise avec un peu moins de prudence son interlocutrice en se redressant péniblement. « Je le connaissais pas, savez. Mais il a pas l’air très malin, ce type, si vous voulez mon avis pour se barrer comme ça. » se contente-t-il de commenter dans un premier temps. La courbe des cils pointe vers la cigarette échouée sur le pavé. Il tuerait pour pouvoir la récupérer, absorber juste assez de nicotine pour palier à ces sentiments incontrôlés. « Vous voulez pas m’aider, m’dame ? J’ai renversé malencontreusement ma clope. » Un léger sourire vient égayer son faciès jusqu’alors légèrement crispé. « J’en ai d’autres, dans la poche intérieure de ma veste. » Stupide comme l’idée d’un potentiel rapprochement le rend affreusement impatient. Difficile de ne pas l’initier lui-même. Peut-être que ce n’est même pas elle. Ils n’ont plus dix-sept ans de toute façon, qui sait ce qu’elle a vécu pour arriver ici, face à lui. Sa logique sermonne son affectivité un bref instant.

Levant ses poignets enserrés par le métal, le captif résume le contexte pour l’inviter à approcher. « J’ai juste besoin d’un peu d’aide, je suis de toute façon, menotté et littéralement, à vos pieds. » Le rictus en coin s’élargit légèrement avant de s’éteindre. « Je peux rien faire de fâcheux. Comment puis-je vous prouver ma sincérité ? » Les paupières battent l’air. Les fesses collées aux semelles et le cœur si proche des lèvres, il réalise alors qu'il s'est légèrement penché vers l’avant. Naturellement attiré par le spectre. Ou par l’évidence. Si le Destin a décidé de la lui rendre, alors qu’il en soit ainsi. Une punition sadique ou une récompense à la survie. Il ignore encore à quel revers se dédier, sur quel pan de leur chaotique histoire s'arrêter, ne s’occupe déjà plus que du présent et des trésors qu’il semble désormais receler.

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MessageSujet: Re: Started off as a wildfire [PV Lisa]   Mer 4 Oct - 10:21

Started off as a wildfire

Seuls les quelques chuchotements de l'équipe percent l'étrange silence qui s'est instauré dans la petite ruelle. Elle l'évite, concentrant son attention sur n'importe quel autre détail de cette affaire. Il devient quelques minutes l’omission dont l'existence va de nouveau devoir être accepté. Chaque recoin de son esprit est enflammé par cette abrupte illusion. Jusque maintenant ce n'était que les spectres de son époux et de ses enfants qu'elle avait convoqué lors de ses moments de solitude les plus tenaces. Mais le voir de l'autre côté de la barrière, menotté, lui, un homme dont elle fit le deuil des années auparavant, est une probabilité sur laquelle elle n'aurait jamais compté. Civile, elle fuirait, s'enfoncerait dans les entrailles de la ville pour échapper à cette perception faussée de la réalité. Mais voilà qu'elle se confronte à cette version agrandie du gamin, père de son enfant, son seul enfant survivant si jamais celui-ci respire encore. Voici une bien macabre blague.

Au visuel déjà bien dérangeant se rajoute la méprise de l'ouïe. Il lui parait distingué le familier de la terre dans les rondeurs qu'il met sur chacune de ses phrases. Mais la présence d'étrangers n'est pas chose rare dans cette cité. Mais cette pensée s'efface lorsqu'un mot trop familier sort de la bouche de l'homme. Lisa. Elle tique immédiatement. Son propre prénom s'incruste dans une situation déjà trop étrange à son goût. Il la percute, la laisse muette quelques secondes. Quelque démon aurait-t-il fait son chemin jusqu'à elle, revêtant le masque du regret avant de venir la torturer ?

Des fissures lâches paraissent dans sa carapace si finement ouvragé. Elle peint sur ses traits un air songeur pour camoufler la confusion qui s'empare d'elle. Le hasard est traître et vicieux. Désireuse de passer à autre chose, son regard bascule du prévenu à l'alliance. Elle scrute l'intérieur du bijou, débusquant rapidement deux noms. Il confirme donc l'identité de sa dame. Ses belles paroles puent le mensonge. Elle le ressent au fond de ses tripes, un instinct primaire, celui  de débusquer le bobard naissant entre les lèvres des dizaines, des centaines d'individus tel que le gus qui se tient devant elle. Mais ses belles certitudes sont piqués par une tendresse involontaire à l'égard du scénario factice qu'a engendré l'individu. Il y a de la nostalgie non désiré et une mélancolie amère à regarder cette confrontation entre l'alliance, lui rappelant son mari, son sang, tués, et le visage d'un premier amour, tout droit tiré des limbes.

Quelques touches de ce tableau tortueux lui crient une évidence qu'elle s'ingénie à ignorer. Son sens de l'observation et ses méthodes de milicienne la trahissent, passant au crible le moindre détail concernant l'homme qui lui fait face. Une sentimentalité qu'elle ne se connaît pas nuirait-t-elle à cette analyse habituellement fine ? Sa certitude se déforme ; l'aurait-t-elle d'emblée considérer comme coupable ? La vérité lui échapperait dés lors dans sa volonté d'un jugement trop précipité. Après tout, qu'il soit considéré comme coupable, que les indices l'accablent, serait une victoire contre sa propre psyché. Elle serait ainsi débarrassé de ce spectre indésiré.  

« Quel métier ? » La question claque sèchement. Il est impératif de passer au crible la moindre petite affirmation, le moindre doute dans la bouche de ce type. Avant qu'elle ne puisse réagir, l'autre homme se lève avant de bousculer son supposé camarade. Par réflexe, elle se dresse prête à se jeter sur sa piste. Mais son coéquipier n'échange qu'un regard avant de se lancer sur les talons du fuyard. Il a l'affaire en main, signifie l'expression furtivement aperçu sur son visage. La femme jure entre ses dents. Peut-être aurait-t-elle dû saisir cette opportunité au vol ; celle de planter là cette mauvaise blague du hasard pour fuir le spectre de chair se tenant devant elle.

Elle note sa remarque comme une impertinence visant à compléter sa toile de mensonges supposés. Lisa a sciemment ignoré sa demande pour ré-attaquer avec de nouvelles interrogations. « Je suppose que si vous n'avez pas tenter le coup comme votre copain d'infortune c'est que vous devez être innocent... ou un peu moins stupide que lui. » Elle fait une pause. Ses mains se referment sur son bras. Elle l'aide à se relever, restant malgré tout sur ses gardes. L'imprudence de certains leur ont déjà coûté la vie. « Votre sincérité ? » souffle-t-elle en dévisageant l'homme. « Il suffit de me dire la vérité. » Et que j'y crois, pense-t-elle avec violence. « Que faisiez vous ici ? D'où venez-vous ? Quel est votre adresse ? » Le flot de questions s'interrompt brutalement. Les fils de l'affaire se délitent inévitablement, s'effaçant sous chacune de ses interrogations. Mais celle qui lui brûle le plus les lèvres ne les passera jamais... Oswald, est-ce que c'est toi ? Revenu de tes innombrables voyages ? Revenu d'entre les morts ? Un sourire fleurirait sur ses lèvres, de ceux égarés au fin fond de son enfance.

Evidemment, rien de ça ne se produira. Le passé avait été relégué au placard et il ne restait plus de l'ancienne Lisa qu'une évolution brisée, bancale, de la fillette qu'elle avait été.

Elle inspire calmement. « Je suppose que je peux vous aider. Après tout, vous avez été coopératif jusqu'à maintenant.  » Soulevant un pan de la veste, elle attrape une cigarette du bout des doigts avant de lui présenter. Sa main gauche heurte le briquet au fond de sa propre poche. Quelques secondes plus tard, la cigarette est enfin allumée. Si la simplicité de cette dernière lui avait paru évidente, il ne reste plus désormais que le doute, la faiblesse des preuves. Le coureur peut-être impliqué, les fioles sont suffisantes. Pour le fameux Leonard, il n'y a que les liasses d'argent en sa possession. La situation se complique ; si l'autre milicien parvient à rattraper le fuyard peut-être le livrera-t-il comme complice. « La vérité donc. La réponse à mes questions.  » murmura-t-elle en osant, pour la première fois depuis leur rencontre, plongé son regard dans le sien.
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MessageSujet: Re: Started off as a wildfire [PV Lisa]   Dim 8 Oct - 23:36

L’air saturé de souvenirs, l’embarque dans un drôle de voyage. L’organisme soumis d’ordinaire à son éternel défaitisme, aspire à l’espérance, construit quelques attentes qu’il ne se serait jamais permis. La pupille traque la moindre preuve quand le corps cherche à susciter un frôlement vaguement inopiné à la première occasion. L’esprit malade se contredit, cependant. Quand bien même, tout ceci n’aurait de sens, il se plait à savourer chaque seconde. L’idée qu’elle ait survécu, réchauffe quelque peu sa carcasse défraichie. Bien plus probable qu’il la réinvente sur les traits d’une étrangère, qu’il simule ou non, d’ailleurs, la ressemblance d’une hallucination. Peut-être simplement que l’impression provient de ses envies démesurées. Qu’est-ce qu’il en sait ? Plus le temps s’effiloche, plus il se perd en hypothèses grotesques, plus il égare tout autant son sang-froid ainsi que sa lucidité. Ainsi sa réflexion devient plus hasardeuse, son baratin manque en substance de seconde en seconde. Ses débuts relativement glorieux, font place à une comédie de moindre qualité alors que les questions se font plus insistantes et que la situation dérape du côté de son complice. Ses pensées s’entremêlent d’autant plus quand la blonde l'aide à se redresser et accède à sa requête. Elle se rapproche nettement de lui en conséquence. Difficile pour lui de ne pas chercher à en faire de même pour aspirer son parfum, tenter d’établir de nouvelles connexions entre passé et présent. Il se raidit bien au contraire quand les doigts tombent dans la poche, veille à contrôler le train désordonné de ses songes et maitriser ainsi ses actes. L’uniforme de la milicienne lui rappelle constamment que le péril n’est pas loin. Il tente de se focaliser sur ce fait, le temps qu’elle termine sa manœuvre. Il ne peut s'empêcher de s'interroger néanmoins. Est-ce que la Lisa qu’il a connu, aurait été capable d’autant de générosité en situation critique ? Qu’est-ce qu’il peut en savoir ? Il ne l’aurait jamais imaginée rejoindre une armée.

Le regard attendri malgré lui, il reporte son attention sur le pavé, le temps qu’elle sorte son propre briquet pour embraser la cigarette. Les remerciements s’extirpent difficilement de son larynx. Deux bouffées de nicotine plus tard, il revient agripper la silhouette voisine et se heurte à l’azur. L’escroc mordille le filtre nerveusement avant de relever ses poignets toujours entravés, pour ôter la clope de son bec. « Je suis boulanger, ‘voyez. J’avais juste une urgence à gérer concernant mon entreprise. Mon apprenti est un abruti fini qui a cru bon de faire brûler quelques pains de nuit. » Un soupir pour ponctuer le tout. Le mensonge lui parait plus faux que jamais pourtant. Le choix du métier aurait pu être plus travaillé, bien mieux amené. Les prunelles enfoncées dans les siennes, ne lui permettent pas d’apprécier sa logique habituellement affutée. « Puis en ce qui concerne mon adresse, même si c’était très sympa de votre part de me filer une clope et que vous êtes tout à fait charmante, m’dame, je ne révèle jamais de telles informations à la première rencontre. Il faut entretenir le mystère un minimum. » Emporté par l’inspiration du moment, l’arnaqueur se surprend à étendre un sourire légèrement aguicheur sur son faciès avant de se rappeler de son petit show. De l’alliance. « Ma femme ne me le pardonnerait pas qui plus est. Et je ne vois pas en quoi, ça serait révélateur...» Un haussement d’épaules tout à fait nonchalant vient souligner l’ensemble. « Vous avez dit vous-même que j’étais un peu moins stupide que l’autre tarte, je n’oserais jamais faire quelque chose d’ idiot, qui me mettrait dans une position aussi fâcheuse… Je n’ai pas spécialement envie de mourir. Faire de mes enfants, des orphelins serait atroce. Sans parler de la veuve qui devrait les nourrir. » Enfoncé jusqu’au cou dans son canular, le danois se sent affreusement mal à l’aise. Une sensation qui ne lui est pas spécialement familière mais qui prend de l’ampleur face aux spectres.

La vérité lui brûle les lèvres. Après tout, elle lui a réclamé. Est-ce qu’elle se souvient seulement du gamin qui l’a, un jour, obligée à s’enfuir d’un orphelinat, les surveillantes à leurs trousses ? Du sale gosse responsable de sa grossesse ? Que ferait-il si elle ne s'en rappelait pas ? Et que fera-t-il quand le mirage s’effacera ? La peur fait de lui, un lâche et l’oblige à rester muet. Les traits contractés par l’appréhension et le doute, il observe la pénombre sans réellement la mesurer. Deux traits de couleurs viennent très vite déranger cette rêverie. Il ne lui faut qu’un quart de seconde pour comprendre la situation. Son acolyte a désarmé le soldat qui venait de le retrouver. Ce dernier cherche à se planquer. Tout se passe très vite, trop vite, dans le dos de la scandinave. « Derrière toi ! » Oswald bondit, reprend de la hauteur d’un seul mouvement avant d’agripper le bras de la quadragénaire pour la tirer en arrière sans plus attendre. Les menottes claquent contre ses poignets quand il exécute l'action, irritent la chair.

Juste à temps avant que le premier coup de feu parte, que la balle siffle à proximité de leur position, il la propulse vers l’avant pour la mettre à couvert à l’angle de la rue, derrière une façade. Quand le second tir retentit, il place instinctivement son corps devant le sien en veillant à ne pas l’effleurer plus que la décence l’autorise. Ses propres réactions le déstabilisent mais il décide de l’ignorer pour l’heure, penchant plutôt le museau pour aviser la scène chaotique. La cigarette accrochée au bout des lèvres, manque de chuter. « Vraiment pas malin, ouais. Non mais quel con même. » Ne peut-il s’empêcher de commenter à voix basse. Au pire, il a protégé une innocente qui se doit de croire à son innocence. Au mieux, il a évité à son ancienne idylle, de se manger l'impact. Dans les deux cas, il craint de la voir s’interposer entre le malfrat et son collègue. C’est son boulot, imbécile. Sa conscience martèle ses tempes. « Vous pourriez me retirer ça, non ? Je pourrais peut-être me montrer plus utile ? » Il relève les paumes et montre les bracelets métallique. Ultime tentative de recouvrer un peu de sa liberté, totalement désespérée et vouée à l’échec. Mais seuls les fous n’oseraient le tenter.

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MessageSujet: Re: Started off as a wildfire [PV Lisa]   Mer 18 Oct - 22:50

Started off as a wildfire

Le paquet de cigarettes accompagne le briquet qui atterrissent au fond de ses poches. La proximité avec l'homme la rend nerveuse ; elle lui rendra son bien plus tard. Même chose pour l'alliance, ce bijou-monument de sa relation avec une femme dont elle doute encore de l'existence. Par principe, elle continue à se méfier de lui. Chacun des mots, de ces dires fractionnés en une multitude d'informations finissent dans d'invisibles dossiers au fond de son esprit. Les sourcils froncés, elle relève le petit jeu du type avec un brin d'agacement.

« Je crois que votre femme comprendrait si elle vous voyait dans cette situation  » tranche-t-elle. Hors de question d'entrer dans la danse, le ton est coupant, glacial. Malgré tout, son regard se voile un instant lorsqu'il évoque sa marmaille. Sa gorge se serre alors qu'elle se met à maudire silencieusement cette mélancolie malpropre. Alors qu'il évoque ses rejetons sans père, elle songe, elle, à la mère sans enfants engoncée dans son uniforme de milicienne.  

Elle daigne relever les yeux pour le dévisager, faisant fi de cette sensation de malaise qui persiste. Les lèvres pincées, la femme se voit déjà le refiler aux collègues ou le laisser repartir ; tant qu'elle n'ait plus à traiter avec cette farce macabre qui se tient devant elle. Peut-être n’espère-t-elle pas que ce qu'il déblatère soit la vérité car cela voudrait alors dire que les espoirs d'une résurrection inattendue d'Oswald s'envoleraient soudainement. Mais à quoi pense-t-elle ? Sans pouvoir s'en empêcher, ses rêveries fugaces lui font entrapercevoir sa propre histoire, racontée cet homme qui se révélerait alors à elle comme ce spectre relégué au fond de ses songes. Alors que ses lèvres s'entrouvrent sur une énième interrogation, l'interjection de l'homme la paralyse. Ce n'est qu'à l'intervention du suspect qu'elle doit sa survie, projetée en arrière. Surprise, trahie, distraite, la voici recroquevillée derrière un homme... Les mots lui manquent tandis que l’improbable s'est produit. Ses propres doutes l'ont trahi. Elle se sent lâche, protégée par un homme envers lequel tout ses soupçons sont tournés.

« Je...  » Le sifflement d'une balle met prématurément fin à une phrase à peine commencée. « Saloperie  » laisse-t-elle échapper de rage, ignorant désormais la présence de l'homme à ses côtés. Notant de nouveau sa présence, elle se retourne vers lui les yeux écarquillés. Pourquoi ? Elle ne parvient pourtant pas à poser sa question, étouffée par sa fierté blessée et l'urgence de l'instant. L'audacieuse demande de son sauveur achève de la laisser sans voix. « Je ne peux pas  » La violence et le dédain que les gens de son métier auraient tendu à mettre dans leur voix est absent de sa réponse. Le pire est qu'elle l'envisage, tremblant doucement, déconcertée par ce qu'elle pourrait désormais ranger dans les pires jours de son existence.

Mais, c'est cette envie tenace et primaire de survivre qui guide ses gestes. Elle l'associe malgré elle à la reconnaissance un peu amère envers cet homme. Alors que son bon sens lui crie de l'ignorer, une partie d'elle lui murmure de le libérer. La clé qui gît désormais au creux de sa paume semble s'être alourdie. Une poignée de secondes plus tard, les menottes gisent sur le sol. Le métal froid lui brûle la peau de par ce qu'il représente, suspendant les multiples issues de cette décision au dessus de sa tête telle une épée de Damoclès. Des mois plus tôt, jamais ô grand jamais n'aurait-t-elle cédé à la requête du prisonnier.

Mais tout était alors si différent. Au cœur de tout ça, Lisa ne peut s'empêcher de penser aux paroles du gars, au profil qu'il lui a peint et au risque pris pour sauver la peau d'une représentante de la milice. Tout se contredit et plus rien ne fait sens. « Je garde tout de même un œil sur vous. Je n'hésiterais pas à faire usage de la force si vous me jouez un sale tour.  » lâche-t-elle d'une voix qu'elle voudrait menaçante.

L'effet est sans doute un peu gâché par son imprudence précédente. Tant pis. Il a su prouver sa bonne foi après tout, si l'autre gars règle son compte, ça fera tâche sur le rapport, s'il n'a pas raconté de bobards... il a peut-être des gosses après tout.. Les excuses, de la plus mince à la plus sentimentale, sont intérieurement passées en revue. Désormais, elle se retrouve à commettre l'une des plus belles erreurs de sa carrière à cause d'une poignée de mauvais sentiments. Mais sa confusion ne signifie pas qu'elle serait incapable d'agir pour le stopper si jamais il lui venait à l'idée d'abuser de sa confiance. « Ne me donnez pas de raison de vous menottés à nouveau  » gronde-t-elle en ramassant rapidement les menottes pour les ranger dans sa veste. Pour l'instant du moins. 
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MessageSujet: Re: Started off as a wildfire [PV Lisa]   Lun 23 Oct - 23:13

Dans les prunelles de la milicienne, il aimerait pouvoir se réinventer une vie. Peut-être que ça lui paraitrait plus facile de décliner son identité, de palper la vérité plutôt que de passer son temps à la frôler sans jamais l’aborder. La ressemblance s’incruste si vivement dans la rétine qu’il continue de s’interroger sur ses chances. Bien trop proche d’elle pour réussir à gérer les émotions qui s’acheminent dans la poitrine, il prend le risque de lui adresser un léger sourire dénué cependant de chaleur. Ses mains sont aussi gelées que le palpitant piégé dans le thorax. Une éternité qu’il a passé à s’envelopper de souvenirs. Jusqu’aux portes de la mort, c’est à elle qu’il pensait encore. Anormal d’en faire une obsession sur des décennies, puéril même. Ridicule. Quand il se surprend à y porter un songe, il se moque ouvertement de son propre comportement. Il court après quelque chose qui n’existe plus. Comme à son habitude, il veut atteindre ce qu’il a perdu, saboté. Les paumes redescendent devant le refus bien moins virulent que prévu. Oswald la détaille avec précaution. Le prénom encore sur le bout de la langue, il a envie de bousculer le scénario, de raturer ces dernières minutes et de rejouer le script avec un autre texte. A la place, le lâche se contente d’être là, d’occuper la place logique. Celle du criminel. Les quenottes grignotent le filtre alors que les braises s’agglutinent au bout de la clope. De l’autre côté du mur, les cris s’amplifient entre le soldat et le loubard. Des échanges houleux qui n’annoncent aucune négociation mais attisent les hostilités. L’instinct de l’escroc le pousserait à s’enfuir avant d’être à nouveau la cible de balle perdue. Et ça serait plus simple de faire faux bond à la blonde si elle n’alimentait pas ses doutes.

Alors qu’il conclut sur cette note, comme si elle l’avait perçu elle-même, elle l'arrache soudainement aux bracelets métalliques. L’oblige, de ce fait, à relever le regard vers elle, incrédule. Quel membre de l’armée aurait consciemment obéi à une telle injonction. Est-ce qu’elle voit en lui, ce qu’il voit en elle ? « Merci. » Se contente-t-il de répondre, la voix un peu moins assurée et les pupilles voilées par le trouble. Pour la forme, le prisonnier se masse les poignets. Mouvement douloureusement familier, rappel inconfortable de son passage en taule. Calmement, il termine sa cigarette avant d’écraser le mégot au sol. La fumée recrachée, le danois revient poser son attention sur la scène en arrière-plan. « Vous inquiétez pas, m’dame. » qu’il articule laconiquement tout en avisant le spectacle. Deux coups de feu retentissent. Il se remet à couvert dès le premier tir. Un cri retentit, brut, viscéral. L’un des deux a été touché. Le milicien. « Mais quel con. » prononce-t-il malgré lui dans sa langue natale. Alors qu’il passe le nez hors de leur abri de fortune, son acolyte se met à brailler « Oswald ! Ramène-toi ! » Il gueule, encore et encore. Le scandinave se contente de regarder à gauche et puis à droite comme s’il s’attendait à voir quelqu’un d’autre débarquer. Il finit par hausser des épaules en direction de son interlocutrice, feignant de ne pas être celui que l’autre appelle.

Malgré son air innocent, il guette la réaction de son vis-à-vis. Si les masques doivent tomber, c’est sans doute maintenant. La nervosité l’oblige à rallumer une troisième clope et à tirer précipitamment plusieurs bouffées de nicotine. « Votre collègue s’est fait toucher à la jambe. » informe-t-il à voix basse. « Il est immobilisé mais pas en danger immédiat. » Si on considère qu’un flingue braqué sur la tempe n’en est pas un. Le quadragénaire s’achète un temps précieux pour la dissuader de se mêler au chaos.

Mais c’est sans compter sur son complice déterminé à rentrer au bercail avec son comparse. Le fugitif finit ainsi par les dénicher, se plantant face à eux subitement. La folie habite l’iris, il pointe immédiatement son canon vers la femme. Face au péril, l'autre mafieux bondit et l’allié ne s’attend pas à le voir se retourner contre lui. L’effet de surprise réussit. Le fumeur attrape la main adverse et la comprime, tord le bras très vite. Le coup part en l’air par chance. La tête cogne le front, un poing vole, se fiche dans les côtes. Les mains frappent à tour de rôle, l’infecté accuse chaque martèlement ennemi et parvient ultimement à dégager le flingue de sa paume. L’objet valse et s’échoue au sol à plusieurs mètres de là. Le souffle court et la sueur recouvrant le visage, le trafiquant avise son opposant avant que la bagarre ne reprenne de plus belle. Oswald veille à ce qu’il ne s’approche pas de Lisa, à ce qu’il focalise son attention uniquement sur lui. Pas sûr que cette action lui vaille la sympathie de ses autres collègues de travail. Un choix qu’il a pris inconsciemment et qu’il renouvelle consciemment à chaque nouveau coup envoyé.

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MessageSujet: Re: Started off as a wildfire [PV Lisa]   Mer 8 Nov - 20:17

Started off as a wildfire

Une vague de regrets et de doute s'est emparée d'elle à l'instant où les menottes ont touché le sol. Il est trop tard pour reculer désormais. Elle a saisit cette opportunité au vol et quelques seront les conséquences, elle y fera face la tête haute. Mais c'est nullement la perspective de réprimandes ou les remords à l'égard de sa propre lâcheté qui accapare son attention. Il y a quelque chose au fond de ses tripes, un instinct primaire qui lui susurre de faire confiance à cet homme. Après tout, s'il n'était pas intervenu, elle serait peut-être en train de se vider de son sang sur les pavés.

Y-aurait-t-il un quelconque intérêt pour un trafiquant de risquer sa peau pour sauver celle d'un membre de la milice ? Cette conjonction d'éléments troublants semble peindre un comportement erratique chez cet individu. Peut-être est-t-il fou ? Peut-être est-elle en train de se diriger vers un piège qu'elle ne soupçonne pas le moins du monde. Relevant la tête, elle le détaille du regard, superposant malgré elle son visage à celui d'un mort. C'était comme si ce geste, cette initiative de libérer cette drôle d’énergumène avait arraché le voile épais qui obscurcissait sa perspective sur les choses. « De rien » répond-t-elle machinalement, tentant malgré tout d'éviter son regard. L'odeur du tabac bon marché lui pique le nez. L’œil vide, elle observe le mégot écrasé sur le sol avant de relever la tête, méfiante, bien décidé à ne pas se faire surprendre si jamais l'homme décidé de lui fausser compagnie (ou pire).

Il cherche à la rassurer, une tentative qui la fait sourire. L'ironie de la chose est plus que comique après tout – voilà qu'une milicienne exemplaire et expérimentée prend l'initiative de se planquer derrière un civil. Un suspect, corrige-t-elle mentalement. Soudainement, elle se raidit en entendant les coups de feu. Sa main se referme sur la crosse de son arme, une initiative qu'elle aurait sans doute dû prendre plusieurs instants auparavant. Puis, viennent les cris.

Oswald.

La conscience de la présence de sa langue natale dans la bouche de l'individu lui parvient d'un coup, en décalé, accompagné par les cris de leur assaillant. Ce déclic, fruit de l'inconscient maladif, de souvenirs maladroits et refoulés – l'a fait soudainement reculer. Il nie pourtant. Y aurait-t-il quelque chose à interpréter à travers son attitude ? L'évidence la frappe en plein visage. Son arme manque de lui échapper des mains. Ses doutes s'évanouissent brutalement.

Suis-je folle ? Suis-je en train de perdre la raison ?

Non.  

La voix de "Leonard" la ramène à la réalité, direct dans ses bottes de milicienne. « Merde » siffle-t-elle, la mâchoire serrée et les yeux dans le vague. C'est comme si elle se retrouvait désormais dotée d'une vision double, un regard duel sur la situation. Son sang ne fait qu'un tour et l'urgence de l'instant prend le pas sur ses soudaines révélations intérieures. Si elle cédait à ce lui crie son instinct, il ne lui faudrait que quelques secondes pour plonger direct vers son collègue et ainsi fausser compagnie à son spectre personnel. Puis, il y a cet instant, aveugle, et celui qui suit où, clignant les yeux, les doigts serrés sur son arme, elle fait face à son assaillant, prêt à tuer pour se tirer de cette sale situation. « Le con... » laisse-t-elle échapper. Le type pointe son canon vers elle. Son sort est certain, il ne suffit que d'un coup d’œil sur le visage du type pour lire ce qui chauffe dans sa caboche.

Elle est aussi surprise que lui lors que le coup part. Impuissante, emplie de rage, elle voit "Leonard" se jeté sur l'attaquant. Ne perdant pas une seconde, la femme s'empresse de ramasser l'arme. Reculant lentement, la stupéfaction se peint sur son visage alors que son allié improvisé la défend au péril de sa propre vie. « Stop ! » rugit-t-elle furieuse. «  Ça suffit !  » La tête lui tourne mais elle tient en joue les deux hommes étalés sur le sol. Rapidement, elle se décale, profitant de la faiblesse de l'attaquant pour le viser directement. Il se fige, relâchant d'un coup ses muscles. «  Bougez... et je n'hésiterais pas à vous abattre.  » Sa voix ne tremble pas. Et il ne lui suffit que d'un regard pour voir la détermination presque meurtrière qui peut se lire sur le visage de la femme. Il la jauge, avant de regarder l'autre homme sans prononcer un mot. Apparemment, il ne s'attendait pas à l'attaque et continue à accuser la surprise causée par celle-ci. « Oswald » chuchote Lisa avant de répéter le nom un peu plus fort. « Oswald. Qui est Oswald ? » demande la milicienne. Elle retient sa respiration, réprimant les tremblements qui s'empare de ses membres. Telle une machine brisée, elle répète sa question - espérant vainement qu'il contredirait ses doutes, que la familiarité de ses traits s'évanouiraient ou qu'un autre nom aurait prononcé à la place de celui-ci qu'elle avait cru reconnaître.

Mais au fond, elle savait. Elle savait que tout ça était bien trop réel.
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MessageSujet: Re: Started off as a wildfire [PV Lisa]   Mer 15 Nov - 1:01

Les souffles s’envolent, s’évanouissent dans la nuit. D’alliés en ennemis, relié antérieurement par des serments tacites, de ceux qu’Oswald n'a jamais compris ou enregistré. Les promesses, il ne les conjugue qu’à l’imparfait et les brode de ses regrets. Que cette femme soit ou non, un fragment du passé, il a déjà décidé où placer sa loyauté. Il faudrait être fou pour ne pas se ranger du côté de l’autorité à l’heure du péril de toute manière. Le danois ne regrette rien alors qu’ils sont allongés, le corps endolori et la respiration branlante. Alors que le flingue est braqué sur eux et que le mensonge s’effrite un peu plus sous ses yeux. Les poings se rangent, les carcasses se redressent et la milicienne retrouve son plein pouvoir. Les paumes relevées vers le ciel, le scandinave avise vaguement du coin de l’œil, son ancien acolyte qui ne semble vraiment pas comprendre ses agissements. Le quadragénaire soupire tandis qu’il anticipe la suite logique des événements. Son prénom dans la bouche de la blonde résonne avec une douce familiarité, de celle qui crispe le cœur. Il s’est convaincu depuis plusieurs minutes qu’il se l’invente, cette impression de déjà-vu. A force de rêver éveillé, il se prend les pieds dans ses propres attentes démesurées. La déferlante lui parait proche et l’esquive, improbable. Tout se démantèle lentement, son si beau stratagème, réduit à néant en quelques phrases seulement. Les traits contractés de la soldate ne lui offrent que peu d’interprétations possibles sur ses éventualités et sa capacité à parachever son oeuvre d'une quelconque pirouette. La confusion et la rage qui animent son collègue sont tout autant parlantes. La décision doit être prise. Il aurait préféré plus tard que tôt mais là n’est déjà plus la question. Le salaud aurait préféré que le fou furieux crève avant de pouvoir le vendre. C’est cet homme-là qu’il est devenu. Cette personne insensible et sans scrupule qu’il va devoir présenter au fantôme de son idylle à jamais égarée. Le jugement attend et l’accusé éprouve plus d’une difficulté à avancer à la barre.

Avec prudence, il reprend de la hauteur au même moment où le complice se met à ricaner et à répliquer d’un  « A votre avis ? » à l’interrogation de leur opposante. Les sourcils froncés et les mains toujours tendues vers les nuages, le mafieux cesse de jouer. Non sans avoir fichu un dernier coup de pied dans les côtes du captif, il analyse sa situation et cherche un angle de vue qui ne lui parait pas trop misérable à aborder. Comment assouplir la portée du canular ? Il l’ignore encore quand il gonfle ses poumons d’air afin de parler. « Est-ce vraiment important de le savoir ? » se contente-t-il d’articuler sereinement, s’achetant du temps inutilement. Cette femme n’est pas stupide. Ses minutes sont comptées et donc, précieuses. Sa réflexion hasardeuse ne vient nullement appuyer cette valeur temporelle. Elle la saccage même. Il se raccroche désespérément aux branches. « Je vous ai sauvé la vie. A deux reprises. Cela ne compterait-il pas dans la balance ? » Sa moue innocente vient ponctuer ce fait avant que le sérieux ne revienne lisser le faciès. « Je le connais à peine pour tout vous dire et je ne savais pas trop ce qu’il se passait. » Du baratin, toujours plus de baratin alors que l’autre crache à ses pieds. «  C’est ça Madsen, t’as pas de couilles. »  « Et toi, pas de cervelle. » Riposte-t-il avec un peu trop d’empressement, transporté par sa soudaine spontanéité. Les bras toujours relevés, il compte ses chances de ne pas être jeté en pâture dans l’arène. Elles sont minces. Il ne craint même pas la mort. Mais n’aime pas spécialement l’idée qu’elle lui soit délivrée d’une manière aussi peu glorieuse, pour des raisons aussi ridicules.

Calmement et prudemment, le trafiquant revient hanter les prunelles de la métamorphe. Foutu pour foutu, il se décide à tenter toutes ses cartes et à titiller un peu, cette étrange conception qu’on nomme Destinée. Ces conneries, il n’y croit qu’à moitié. La fatalité lui semble réelle, celle d’enchaîner les mauvaises décisions pour se retrouver face à la sentence. Ironiquement, le roublard s’y est fait à cette facette de l’existence, l'inévitable qu'on ne peut esquiver. Désabusé, il ne pense pourtant pas faire les frais d’une puissance mystique qui se déciderait à aligner les planètes et à réunir deux anciens amants oubliés. La chance n'a jamais été de son côté. Et ça n’aurait aucun sens. Mais pour Lisa, il est bien tenté d’en inventer un. Alors, il exécute quelques pas lentement dans sa direction. Sa voix n’est plus que chuchotement. « Vous me rappelez quelqu’un. » Les semelles claquent contre les pavés. Il compte sur la bienveillance adverse pour ne pas se manger de balle immédiatement et se dit qu’il préférerait encore mourir comme ça. Au moins, il se fera tirer dessus pour de meilleurs raisons que la dernière fois. Avec au centre des préoccupations, la bonne personne cette fois-ci. En quelque sorte. « Quelqu’un que je n’ai pas croisé depuis une éternité à vrai dire. » continue-t-il en mâchonnant son anglais pourtant perfectionné, mettant un peu plus en perspective cet accent nordique qu’il n’a jamais tout à fait perdu.  « Et si c’est bien toi… » La langue natale chasse celle d'emprunt, vient souligner son propos alors qu’il se colle pratiquement au canon de l’arme. Il n’achève pas sa phrase mais sa pensée, elle, poursuit son chemin. Si c’est bien toi, tu as le choix de te taire ou pas. De tirer ou non. Il s’attend à tous les scénarios possibles sans sourciller, le regard accostant l’azur et les mains rejoignant les flancs finalement.

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Started off as a wildfire [PV Lisa]

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